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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 15:05
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique Plusieurs morts dans un affrontement entre Séléka et Anti-Balaka à Kaga-Bandoro

 

http://rjdh.org/ PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 17 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 17 septembre 2016 (RJDH)—Un affrontement a eu lieu vendredi 16 septembre dans la soirée entre des fractions ex-Séléka et des miliciens Anti-Balaka au village Ndomété situé à 10 kilomètres de Kaga-Bandoro, faisant au moins une dizaine de morts et plusieurs blessés, a-t-on appris des sources hospitalières.

 

Cet affrontement est survenue après la visite du président Faustin Archange Touadera le 4 août dernier dans la ville pour parler de la paix et du désarmement. Des sources hospitalières ont fait savoir qu’au moins dix (10) personnes ont été tuées et une quinzaine de blessés enregistrés après les événements.

 

Le Préfet de la Nana-Gribizi, Gaston Yendemo, joint par le RJDH alors qu’il se trouve à Bangui, a confirmé l’attaque« oui la situation est sérieuse, il y-a eu au moins cinq personnes tuées et des pillages. Je continue à recouper les informations sur les raisons de cet affrontement car la ligne téléphonique est mauvaise », a-t-il confié au RJDH.

 

Une source sécuritaire a précisé au RJDH que des miliciens Anti-Balaka auraient pris fuite dans la brousse « des représailles des ex-Séléka s’en sont suivis sur la population civile. Des commerces et maisons ont été pillés. La radio Kaga, nouvellement installée a aussi été pillée et des civils repartent en vague sur les sites des déplacés », a-t-elle expliqué, sans donner les raisons de ce nouvel affrontement.

 

Des structures humanitaires sont aussi touchées. L’ONG Person in Need Relief Mission (PNRM), installée à Kaga-Bandoro depuis mai 2016 a été pillée par des hommes armés.

 

Joint par le RJDH, le porte-parole de la Minusca n’a pas été en ligne y compris celui du gouvernement pour donner leur version des faits.

 

Dans la journée du vendredi vers 11 heures, les commerces ont été fermés suite à la sortie massive des ex-Séléka avec leurs armes de guerre. Des humanitaires ont été interdits de sortir de leurs bureaux à cause de ce mouvement inquiétant.

 

Ce matin du samedi 17 septembre, on rapporte la présence des casques bleus de la Minusca pour sécuriser les endroits stratégiques notamment l’aérodrome et l’hôpital préfectoral de Kaga-Bandoro, qui a été fermé le 12 septembre suite à l’incursion des ex-Séléka avant d’être rouvert le 15  septembre. Ces derniers avaient violenté le personnel soignant et traumatisé les malades pour mettre la pression afin de soigner leurs compagnons d’armes blessés dans un accident de circulation

 

La ville de Kaga-Bandoro, l’un des fiefs des rebelles de la Séléka, est contrôlée par le général Alkatim, un ancien soldat de 2e classe de l’armée régulière (FACA), promotion 2004 qui avait soutenu la rébellion de François Bozizé en 2003 avant de rejoindre la Séléka en 2011.

 

 

Centrafrique : Plus de 40% d’enfants atteints de malnutrition sévère et aigue à Bouar

 

PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 17 SEPTEMBRE 2016

 

BOUAR, 17 Septembre 2016 (RJDH)—De sources proches de l’hôpital préfectoral de Bouar, plus de 40% d’enfants souffrent de la malnutrition sévère et aigue à Bouar. Au moins, deux enfants meurent de cette maladie par semaine dans cette ville, selon les mêmes sources.

 

En évoquant la malnutrition, un cadre de l’hôpital préfectoral parle de situation inquiétante « aujourd’hui plus de 40% d’enfants souffrent de la malnutrition sévère et aigue. La situation est plus inquiétante que l’on ne saurait imaginer » a confié cette source sous l’anonymat.

 

La même source a précisé que plusieurs enfants meurent chaque semaine de cette maladie, « nous enregistrons régulièrement des cas de décès d’enfants malnutrition. Pour être précis, un à deux enfants meurent de la malnutrition sévère et aigüe par mois ».

 

L’hôpital préfectoral tente d’apporter les soins à la limite de ses moyens sauf que les aliments distribués prennent d’autres directions, « l’hôpital de Bouar prend en charge gratuitement les enfants atteints par cette maladie, malheureusement, les produits distribués, sont vendus sur le marché et au quartier », regrette un autre responsable de l’hôpital.

 

Une évaluation menée dans la Nana Mambéré, Mambéré Kadei, Sangha Mbaéré et la Lobaye a révélé que 16% des enfants de moins de 5 ans souffrent de la malnutrition aiguë et 6,6% de la malnutrition sévère aigue.

 

Centrafrique : L’ancien ministre Christophe Gazam Betty dément la présence des soldats chinois à Birao

http://rjdh.org/ PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 17 SEPTEMBRE 2016

BANGUI, 17 septembre 2016 (RJDH)–Christophe Gazam-Betty, ancien ministre d’Etat, silencieux depuis quelques mois, est sorti de sa réserve sur l’affaire des soldats chinois signalés à Birao. L’ancien ministre d’Etat a installé à Birao une société de gardiennage dont les agents s’occupent de la sécurisation du site pétrolier où une entreprise chinoise fait des recherches. La société de Gazam-Betty, est au cœur de polémique depuis l’annonce de la présence des soldats chinois dans cette zone. L’ancien ministre d’Etat répond au RJDH sur la présence des Chinois à Birao, l’origine de sa société, le statut des agents, les relations avec les groupes armés dans la région.

 

RJDH Monsieur Christophe Gazam-Betty,Bonjour

 

Christophe Gazam-Betty Bonjour

 

RJDH : Vous êtes ancien ministre d’Etat mais vous avez mis créé une société de gardiennage dans le Bamningui Bangoran et la Vakaga. Vous qui portez un projet dans ces parties de la RCA, est ce que vous pouvez confirmer la présence signalée des soldats chinois à Ndélé où une entreprise chinoise fait des prospections de pétrole ?

 

CG : Les gens doivent arrêter de fantasmer parce que tout cela, c’est du fantasme. Où est ce que vous avez vu l’armée chinoise installée dans le nord du pays ? Aujourd’hui même les techniciens qui travaillent sur le site pétrolier sont en vacance, il n’y a personne et ils sont en train de chercher à rentrer.  Demandez à ceux qui véhiculent ce type de nouvelles, d’en apporter les preuves.

 

Il ne faut pas rester sur la présence des chinois, pour moi, c’est de l’invention et du fantasme. Aujourd’hui, il y a autre chose qu’on cherche à faire. C’est d’arrêter le projet pétrolier voilà.

 

RJDH : Mais quels sont ceux qui cherchent à arrêter le projet ?

 

CG : Ceux qui diffusent ce genre de nouvelles. Quel objectif poursuivent-ils? Qu’est ce qu’ils veulent réellement en mettant la population dans des situations de détresse et de pression.  Cela devait être sanctionné. Il faudrait qu’il y ait des dispositions qui permettent au pouvoir public d’interpeller et aussi bien les journalistes que ceux qui  diffusent ce genre de nouvelle.

 

Vous ne pouvez pas aller sur une station radio, dans un journal ou sur un site, racontez des énormités. Vous dites que Djotodia fait des courses au marché de Ndélé alors qu’il est à Cotonou, vous dites qu’il est à Birao. Mais qu’est ce que vous racontez comme ça ?

 

RJDH : C’est plutôt Nouredine le n°2 du FPRC qui est dans les environs de Ndélé, vous le confirmez ?

 

CG : Il est dans les environs de Ndélé mais ce n’est pas de ça que vous dites à la population. Vous dites que Djotodia fait des courses au marché de Ndélé, mais ce n’est pas sérieux.

 

RJDH : Le RJDH n’a jamais dit cela !

 

Je n’indexe pas le RJDH mais ces journalistes qui disent que je suis à Birao avec Djotodia. Mais que signifie cette pantalonnade là ! Ceux-ci doivent arrêter.

 

Je crois qu’il va falloir qu’au niveau des textes qui régissent le métier de journalisme et de la presse et au niveau de la gestion de la sécurité du pays, que ceux qui annoncent des coups d’Etat par ci par là, des rebellions par ci par là,  qu’on leur demande au moins de répondre aux questions qui ? Que ? Quoi ? Qu’ils nous disent qui fait le Coup d’Etat, qui finance, qui fait quoi. Ça ne sert à rien d’ameuter les gens. Non ce n’est pas sérieux. Il faudrait que ceux qui répondent ce genre de nouvelles et bien qu’ils soient sanctionnés. Parce que c’est aussi une manière d’insécuriser le pays que de raconter de tel phénomène. Il n’y a aucun militaire chinois sur le territoire centrafricain à Ndélé qu’est ce qu’ils ont à faire là bas. Vous vous pensez que un Etat, une puissance comme la Chine va déployer une force sur un territoire étranger comme ça ?

 

RJDH : Mais il y a au moins des soldats chinois au  niveau de l’Ambassade à Bangui !

 

Ah ! Mon cher ami, depuis qu’il ya des forces spéciales  à l’ambassade des  Etats Unis, vous trouvez normal ! Il y a des militaires français dans l’ambassade de France, c’est normal ! C’est leur territoire, les chinois ont le droit d’avoir la protection des militaires chinois dans leur territoire qu’est leur ambassade.

 

RJDH : Donc ces soldats sont à Bangui et non à Ndélé !

 

CG : L’Ambassade de Chine a failli être détruite comme d’autres sites autour comme l’Assemblée et le ministère des Affaires étrangères. Ils ont pris la peine d’analyser leur situation sécuritaire et ils ont fait garder leur ambassade alors où est le problème ?

 

Les 200 forces spéciales à l’Ambassade des Etats Unis, vous n’avez jamais soulevé ça comme problème. Aujourd’hui quand je vais à  l’ambassade de France, je vois des gendarmes français, ça ne pose pas de problème. Pourquoi voulez vous en faire un débat ? Ils ne sont pas en nombre opérationnel. Ils gardent leur  site dans ces conditions, ils sont protégés par le traité international de Vienne. Les sujets de sécurité du pays, ce n’est pas ça.

 

Si vous posez le problème de sécurité de l’Ambassade de Chine, posez également le problème de sécurité de l’Ambassade de France, des Etats Unis de la même manière, on ne peut pas autoriser et trouver normal que les autres pays ont leur force et que pour les chinois, on en fait un problème. C’est autre chose qu’on veut faire.

 

RJDH : Monsieur le ministre vous avez crée une société de gardiennage à Birao dans la Vakaga et dans le Bamingui Bangoran et ce sont vos agents qui selon les informations protègent le site pétrolier où travaillent les chinois. Comment vous êtes arrivé à créer cette société. Il semble que vous n’engagez que des combattants Séléka.

 

CG : Cette société, je ne l’ai pas créée que pour les sites pétroliers. Mais je ne travaille pas qu’avec les chinois. J’ai crée ma société et j’ai choisi le créneau d’aller sur les secteurs  sensibles tels que le pétrole et autres. C’est ainsi que vous allez voir que le matériel chinois qui a été protéger pendant deux ans n’a pas subi de perte. Il fallait que quelqu’un le fasse. Et ceux qui l’ont gardé au lieu au moins de leur dire merci, mais vous les vilipendez.

 

RJDH : Vous avez créé cette société depuis très longtemps ?

 

J’ai crée ma société pour au moins faire autre chose. N’oublier que j’ai été ministre de la communication et de la réconciliation nationale. J’ai été normalement avec l’ancienne structure vice président du DDR, je me suis occupé de cette question là.

 

RJDH : Vous avez créé votre société pour faire du DDR.

 

 CG : Ma société fait du pré-DDR et je suis en avance  et aujourd’hui je travaille avec les Nations-Unies qui surveillent mes activités. Le panel des experts des Nations-Unies croise les listes que j’ai avec la liste des gens qui sont recherchés. Et il arrive qu’on me dise, faites attention à tel ou tel nom. On travaille sur cette base là. Les critères sont les suivants : le volontariat. Je dis aux gens, vous m’avez dit que vous avez pris les armes parce que, parce ce que etc.., aujourd’hui il y a un projet qui est le vôtre. Qui va développer la région, qui va régler le problème de la mauvaise répartition des richesses dans le pays et qui va résoudre le problème du sous développement  et du désenclavement d’une région. N’oubliez pas que j’ai été ministre résident de la Vakaga, donc j’étais en charge de connaitre les problèmes de la Vakaga.

 

Il ne va pas falloir que je sois candidat à une élection présidentielle que je trouve de solution. Je suis citoyen, je suis patriote. Je n’ai pas à annoncer que je suis ami à tel où tel président pour que le président là, m’aide à faire des solutions dans mon pays. J’ai deux ou trois petites relations qui peuvent m’aider à  apporter des solutions aux miens.  Je viens dans les villages, je leur demande au  nom d’une préférence nationale de garder leur village de le protéger contre les invasions des gens qui viennent d’ailleurs et qui mettent le désordre et les gens comprennent. Aujourd’hui ces gens sont occupés à protéger les sites et vous voyez bien qu’il y a moins de désordre dans la Vakaga et dans le Bamingui Bangoran.

 

Je dis aux jeunes au lieu de vous enrôler dans la rébellion, vous demandez un statut social, je vous le donne, vous êtes salarié, vous êtes déclarés, vous avez une carte de travail.

 

Qu’est ce qui interdit cela ? Pourquoi tant de débat, il y a des sociétés qui font la même chose.  Pourquoi vous ne parlez pas aussi de cela comme vous le faites.

 

J’essaie d’apporter ma part de contribution patriotique. Aujourd’hui, j’essaie de donner un peu de revenus aux gens qui protègent un projet qui va changer la donne au niveau national.

 

RJDH : Nous savons que dans la région, il ya le FPRC de Nourredine et le MPC d’Alkatim. Quelles relations entretenez-vous avec ces groupes armés ?

 

CG : Personne ne me dérange et je ne dérange personne.

 

RJDH : Est ce vous avez rencontré Nourredine qui est signalé dans les environs de  Ndélé ?

 

CG : Non,Nourredine est  dans un village à 80 ou 100 km de Ndélé. Il n’est pas dans la ville. Il arrive qu’il passe à Ndélé quand je ne suis pas là et on n’a pas eu l’occasion de se voir.

 

RJDH : Et Alkatim du MPC ?

 

CG : Alkatim, il est à Kaga Bandoro. Au mois de novembre, ses hommes sont venus saboter le site, je lui ai demandé  de se retirer et je l’ai fait, j’ai aidé le gouvernement à restaurer l’autorité de l’Etat.

 

RJDH : C’est là où vous avez remis de l’argent à ses éléments. On parle de quelques millions.

 

C’est une campagne de diffamation orchestrée par certains journaux. J’ai vu dans un journal que moi, j’ai donné 20 000 000 de franc à Nouredine. Le Confident, j’aurai pu le trainer devant la justice, qu’il apporte la preuve de ce contrat de partenariat  dont il parle, mais tout ça, on ne répond pas au coup de pied de l’âne ! Quand les éléments de MPC étaient arrivés, je leur ai demandé de rester à plus de 80 km et on a parlé pour qu’ils partent. C’est 2 millions qui étaient remis.

 

RJDH : Qui a remis cet argent ?

 

Je vous dis que 2 millions ont été remis, je crois que c’est suffisant car l’essentiel que des vies soient sauvées et le site protégé. Il faut savoir aujourd’hui que certaines personnes ne veulent pas que le projet là réussisse.

 

RJDH : Christophe Gazam-Betty, les agents de sécurité que vous engagez sont-ils armés ?

 

CG : dites moi,  qui n’est pas armé dans ces zones ? Et je vous dirai.

 

RJDH : Ils sont alors armés ?

 

CG : je n’ai pas dit ça ! Je vous demande si vous êtes courageux de venir avec moi, et de me dire qui n’est pas armé la bas, je vous répondrai.

 

RJDH : Est-ce que c’est vous qui fournissez les armes ou les agents amènent leurs propres armes ?

 

RJDH : Que vous inspire les cinq mois de présidence de Touadéra ?

 

CG : je crois qu’à partir du moment où  la transition qui a commencé  pour ma part à Libreville et qui a fini par les élections n’a pas réglé le problème du désarmement, et bien, nous n’avons pas aidé MonsieurTouadera à asseoir un pouvoir qui va dans le sens de la reconstruction.

 

RJDH : Vous vous culpabilisez ?

 

CG : si vous voulez, j’ai géré la transition comme beaucoup d’autres, je dis globalement nous n’avons pas désarmé.

 

RJDH : Christophe Gazam-Betty je vous remercie

 

CG : Je vous en prie.

 

Propos recueilli par Sylvestre Romain Sokambi

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 15:02

 


 

Les élections présidentielles post-crise ont été organisées par l'Agence Nationale des Élections dans des conditions sécuritaires hypothétiques. Le premier tour qui avait lieu le 27 décembre 2015 a connu la participation de trente candidats à la magistrature suprême. La particularité de cette élection est la présence massive des candidats indépendants, candidats sans étiquette politique, un phénomène de mode dans l'embryonnaire démocratie centrafricaine. Les candidats dits indépendants sont généralement des dissidents ou des radiés des partis politiques. Le candidat n°2 a été plébiscité dans les deux tours et élu Président de la République. Une première dans l'histoire des élections en Centrafrique qu'un candidat indépendant gagne les présidentielles.

 

Après cinq mois de gouvernance, les centrafricains s'interrogent légitimement de savoir à quand le parti politique du President Touadera ?  Un parti politique par définition est un groupement d'hommes qui partagent les mêmes intérêts, les mêmes opinions, les mêmes idées sur l'organisation et la gestion de la société et qui cherchent à les faire triompher en accédant au pouvoir. Cela suppose la présence d'un projet de société où une feuille de route bien définie. Un parti politique est alors une organisation structurée au service d'une idée. Logiquement, faire de la politique en dehors d'un parti politique n'est pas adapté car il ya un risque élevé de pilotage à vue. L'élu de la nation continuera t-il a géré le pays sans mettre en place son parti politique ?

 

En d'autres termes, peut-on gouverné un pays sans être affilié à un parti politique ? Si tel est le cas, le mathématicien de Boyrabe est entrain de révolutionner ou de réinventer la démocratie et la gouvernance en Afrique. A défaut de parti politique, l'ancien parti du President de la République, le KNK est-il tacitement homologué comme parti au pouvoir ? Son ancien parti est-il le seul qui détient en filigrane la réalité du pouvoir ? Entend t-il transformer le groupe parlementaire qui lui est favorable à l'assemblée nationale en parti politique ? Nous sommes sans ignoré que mettre en place un parti politique digne prendra quand même quelques temps ( élaboration, validation des statuts etc...) le pays attendra t-il ce processus ?

 

Ne serait-il pas très illusoire de construire un véritable parti politique dans la précipitation ? Une telle démarche ne constitue t-elle pas un handicap sérieux à l'émergence et à la croissance économique du pays ? Faisons un peu du politiquement correct, quelle est actuellement la couleur politique du President de la République ?Gouverner un pays sans parti politique a aussi des vertus pour la démocratie car ce dernier peut prendre le President de la République en otage et monopoliser le débat politique.

 

Certaines études ont prouvé à contrario que gouverner sans parti politique peut affecter la légitimité du locataire du palais de la renaissance et le fragiliser en cas de crise d'une grande envergure. Dans la même logique d'idée, qu'adviendrait-il si le groupe parlementaire qui lui donne la majorité nécessaire pour gouverner le lâche a mi parcours ? Nous pensons que dans cette circonstance, on assistera à la mise en danger de l'homme et par la même occasion de l'institution qu'il représente.

 

S'agissant du processus de désarmement déjà engagé, la présence d'un parti politique fort et implanté sur l'étendue du territoire national devrait être un atout. Nonobstant l'absence de parti politique, nous exhortons le chef de l'Etat de ne pas faire avancer le processus DDR a son rythme car il ya généralement un décalage entre la feuille de route et les aléas du terrain. Ce déphasage n'est souvent pas perceptible par nos décideurs. Mais attention, ne le dites à personne, si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections

CENTRAFRIQUE : À QUAND LE PARTI POLITIQUE DU PRESIDENT TOUADERA ? par Bernard Sélemby Doudou
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 14:35

 

 

Par Christian PANIKA  © 2016 AFP 18.09.2016 à 11:00

 

Une vingtaine de personnes ont été tuées depuis vendredi dans le centre de la Centrafrique dans des attaques lancées par des hommes armés issus de l'ex-coalition rebelle séléka, illustrant la fragilité de la stabilisation d'un pays ravagé par des violences intercommunautaires en 2013-2014.

 

"Au moins 20 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans des attaques lancées vendredi par des éléments ex-séléka contre Kaga Bandoro et des villages environnants, provoquant la peur parmi les habitants qui ont fui en brousse ou encore vers les localités voisines", a déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable de la gendarmerie centrafricaine.

 

Ces attaques qui se sont poursuivies samedi "ont fait 19 morts dans des villages, dont celui de Ndomété, très affecté par ces nouvelles violences" autour de Kanga Bandoro, selon la même source, qui a également fait état de morts à Kanga Bandoro sans pouvoir donner un bilan précis dans un premier temps.

 

Dans un communiqué, la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) a indiqué dimanche avoir "décidé de renforcer son dispositif militaire à Kaga Bandoro et Ndomété pour prévenir toute détérioration de la situation".

 

"La Force de la MINUSCA est déjà intervenue à Ndomété pour séparer les belligérants afin d’éviter des répercussions sur la population civile, ainsi qu’à Kaga Bandoro afin de renforcer la sécurité dans la localité, notamment tant celle de l’hôpital que des déplacés", ajoute le communiqué de la Minusca, qui compte quelque 10.000 Casques bleus.

 

- Neutraliser les groupes armés -

 

Kaga Bandoro est le fief du Front populaire pour le renouveau de Centrafrique (FPRC) de Noureddine Adam, groupe armé issu de l'ex-coalition rebelle Séléka.

 

Noureddine Adam est sous le coup de sanctions internationales pour son implication présumée dans les tueries intercommunautaires de 2013-2014.

 

"Les assaillants lourdement armés ont incendié des dizaines de maisons d'habitation qu'ils ont pillées dans ces villages, emportant de surcroît des biens et animaux domestiques. Certains habitants qui le peuvent ont pris la route de Bangui, ou se sont réfugiés à Sibut" ville voisine, a encore le responsable de la gendarmerie.

 

Toujours de même source, "ces attaques, selon les habitants de Kaga Bandoro, en fuite à Sibut, feraient suite aux informations faisant état de regroupement d'éléments anti-balaka dans les villages situés autour de Kaga Bandoro. Ces derniers s'apprêteraient à déloger les ex-séléka les accusant de prendre en otage la population".

 

La prise du pouvoir par les Séléka en 2013, après le renversement de l'ex-président François Bozizé, a précipité la Centrafrique et ses 4,5 millions d'habitants dans le chaos avec une contre-offensive des milices anti-Balaka majoritairement chrétiennes.

 

Le conflit a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés d'après les Nations unies.

 

L'intervention militaire française de l'opération Sangaris, fin 2013, puis le déploiement de Casques bleus, ont permis de stabiliser la situation sécuritaire, mais des bandes armées continuent de sévir dans plusieurs régions de ce pays dont l'histoire est jalonnée de coups d'Etat, de mutineries et de rébellions.

 

Dirigée par Michel Djotodia, actuellement en exil, la coalition Séléka a finalement été chassée du pouvoir en 2014 sous la pression internationale.

 

Après une transition politique, les Centrafricains ont élu début 2016 à la tête du pays Faustin-Archange Touadéra.

 

Avec l'aide de la communauté internationale le nouveau président tente de mettre en oeuvre un programme de désarmement des groupes armés qui tiennent la population sous leur coupe dans leurs fiefs.

 

 

Massacre dans un village du nord de la Centrafrique, selon la présidence

 

ABIDJAN, 17 septembre (Reuters) - Des rebelles de la Séléka ont tué 26 civils dans un village du nord de la République centrafricaine, a annoncé samedi un porte-parole de la présidence.

 

"C'était un massacre", a dit Albert Yakolé Mokpeme, qui a précisé que l'attaque s'était produite dans le village de Ndomete. "Les Séléka sont allés de porte en porte", a-t-il dit.

 

 (Joe Bavier; Henri-Pierre André pour le service français) 

Centrafrique: au moins 20 morts dans une nouvelle flambée de violences
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 14:27

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

 

Bangui, 17 septembre 2016 - La Mission Multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA) dénonce les actes de violence et de pillages survenus vendredi à Kaga Bandoro, suite à des tensions entre éléments anti-Balaka et ex-Séléka à Ndomete puis à Kaga Bandoro.

 

La MINUSCA regrette la perte de vies humaines et les blessés enregistrés et dénonce par ailleurs les attaques contre la communauté humanitaire et le personnel des Nations Unies. Un travailleur humanitaire a été sérieusement blessé.

 

La MINUSCA appelle les protagonistes à cesser immédiatement les hostilités et précise qu’ils seront tenus responsables pour leurs actes. Elle met en garde tous ceux qui facilitent et alimentent ces tensions dans la préfecture de la Nana Gribizi ou ailleurs en Centrafrique dans le but de mettre en cause la stabilité du pays.

 

La MINUSCA a décidé de renforcer son dispositif militaire à Kaga Bandoro et Ndomete pour prévenir toute détérioration de la situation, conformément à son mandat de protection des populations civiles. La Force de la MINUSCA est déjà intervenue à Ndomete pour séparer les belligérants afin d’éviter des répercussions sur la population civile, ainsi qu’à Kaga Bandoro afin de renforcer la sécurité dans la localité, notamment tant celle de l’hôpital que des déplacés. Elle poursuit également des patrouilles dans la ville et sur l’axe Kaga Bandoro-Ndomete.

 

La MINUSCA est en contact permanent avec les autorités centrafricaines ainsi qu’avec les responsables locaux pour des mesures conjointes, afin de mettre un terme aux violences. La Mission appelle les communautés de Kaga Bandoro à ne pas céder à la panique et à rejeter toute tentative de manipulation ou tout désir de vengeance.

 

La MINUSCA continue de suivre de près l’évolution de la situation tant à Kaga Bandoro que sur l’ensemble du territoire national et n’hésitera pas à prendre des mesures appropriées pour éviter toute déstabilisation et pour assurer l’intégrité territoriale.

 

______________________________________________________________________________

Bureau de la Communication et de l'information publique 

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine 

 

https://minusca.unmissions.org  | @UN_CAR | https://www.facebook.com/minusca.unmissions

LA MINUSCA MET EN GARDE CONTRE TOUTE ATTEINTE A LA SITUATION SÉCURITAIRE
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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 01:11

 

 

APA - Addis-Abeba (Ethiopie) - 2016-09-16 18:49:01 L’Ethiopien Abebe Sélassié Aemro a été nommé Directeur du Département Afrique du Fonds monétaire international (FMI), a annoncé vendredi, la Directrice générale du FMI, Christine Lagarde.


Dans un communiqué, Mme Lagarde a fait remarquer que “Abebe apporte une compréhension profonde des défis qui assaillent l’Afrique, pour avoir travaillé en étroite collaboration avec les décideurs de toute la région, durant une bonne partie de sa carrière.


Elle a déclaré que la capacité éprouvée de Sélassié à asseoir un leadership intellectuel, son bilan en matière d’établissement de relations de collaboration, sa profondeur d’analyse, et sa chaleureuse collégialité font de lui l’homme idéal pour diriger le travail du FMI avec les membres du FMI en Afrique sub-saharienne.

“Ayant eu l’occasion de travailler avec Abebe au cours des cinq dernières années, je suis frappée par son bon jugement, son intégrité et son engagement pour le travail d’équipe”, a-t-elle déclaré, ajoutant que “Le FMI demeure profondément attaché à servir nos membres en Afrique”.


Lagarde a exprimé l’espoir que Abebe apportera un mélange unique de grandes connaissances et d’expériences à son nouveau poste de Directeur du Département Afrique.

 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=4862985#sthash.aXKAKcoU.dpuf

Un Ethiopien nommé Directeur du Département Afrique du FMI
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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 01:07
Centrafrique : une rentrée scolaire sur fond d’insécurité

 

 

APA Bangui (Centrafrique) - 2016-09-16 17:03:36 - Près de deux millions d’enfants centrafricains vont reprendre le chemin des écoles lundi, pour une rentrée scolaire sur fond d’insécurité, car certaines zones du pays sont encore sous occupation des groupes armés.


La ville de Bouar située à l’ouest du pays a été choisie pour abriter la cérémonie officielle marquant le démarrage de rentrée scolaire 2016-2017.

De nombreuses écoles du pays souffrent d’un déficit de salles de classe, d’enseignants et de matériels didactiques.

Présentant cette situation difficile que traversent les écoliers centrafricains le représentant de l’Unicef en Centrafrique Malick Fall a déclaré qu’au moins une dizaine d’écoles sont occupées par des mouvements armés. 

Ce qui prive plus de dix mille élèves de cours. 

Il a également souligné que l’Unicef va distribuer des kits scolaires à près d’un million d’élèves ainsi que des matériels didactiques à certains enseignants.

Pour la réussite de cette année académique, la fédération nationale des parents et étudiants de Centrafrique a déjà entrepris de sensibiliser la population sur les bienfaits de l’école. 

Elle a également demandé aux parents d’élèves de procéder au nettoyage des établissements scolaires afin de favoriser une rentrée effective des classes.

L’Unicef s’est engagé à redéployer les enseignants dans certaines régions d’accès difficile. 

 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=4862970#sthash.Swwph08e.dpuf

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 01:03
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : La Banque Centrale annonce la réglementation des pratiques dans les banques commerciales

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 15 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 15 Septembre 2016 (RJDH) — Dorénavant, les billets de banque seront certifiés par la BEAC avant leur mise en circulation. C’est ce qui ressort d’une rencontre ce mercredi 14 septembre 2016 à Bangui.

 

La circulation de faux billets de banque est un frein à l’économie et cela interpelle les institutions bancaires et monétaires qui ont décidé de prendre des mesures préventives. A cet effet, la Banque Centrale a organisé un séminaire d’authentification des monnaies.

 

En présence des Magistrats, les experts de Banque, les caissiers du trésor public et des établissements de micro-finance, le Directeur de l’émission monétaire et de la circulation fiduciaire de la Banque Centrale, Eric Goro a souligné les procédures d’authentification des monnaies avant de demander aux concernés de la respecter.« Mesdames et messieurs caissiers et caissières des banques commerciales et du trésor, en principe vous ne devriez pas remettre en circulation les billets versés à vos guichets. Ceux-ci doivent être versés à la Banque centrale afin qu’elle s’assure de leur authenticité et de leur qualité avant leur mise en circulation. Dans quelques mois, la banque centrale réglementera certainement les pratiques actuelles », a indiqué Eric Goro.

 

Le Directeur de l’émission monétaire et de la circulation fiduciaire de la Banque Centrale a rappelé qu’il « ne s’agit pas qu’un billet est faux. Il faut savoir s’il a été fabriqué de façon artisanale ou de façon industrielle. Nous devons connaitre les méthodes utilisées pour renforcer la prévention ».

 

Il a ajouté qu’en matière d’investigation, « la compétence de nos experts est telle qu’ils sont capables de déterminer si les contrefaçons saisies proviennent du même contrefacteur », a-t-il ajouté.

 

Toujours sur cette procédure d’authentification, Ali Chaïbou, Directeur National de la BEAC a souligné que cette mesure dissuasive vise entre autre à rassurer les partenaires de RCA. « La monnaie c’est aussi une question de confiance, donc il faut restaurer cette confiance. Nous sommes un pays post-conflit, nous avons une économie sinistrée et les autorités sont entrain de déployer des efforts pour la relance économique et le développement. Nous ne pouvons pas accepter que les faussaires puissent  essayer de nuire à l’économie nationale », a-t-il martelé.

 

Ce séminaire d’authentification intervient trois mois après des cas de fausses monnaies dans une agence bancaire au km5, mais aussi après celui des primes versées aux fauves de Bas-Oubangui avec les faux billets.

 

 

Centrafrique : La rentrée scolaire hypothéquée dans certaines écoles suite aux cas de vandalisme

 

PAR NOURA OUALOT LE 16 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 16 Septembre 2016 (RJDH)—La rentrée scolaire risque d’être difficile dans certains établissements à Bangui et dans quelques villes de provinces. Cette situation est liée au multiples cas de vandalisme subis par ces écoles.

 

Les multiples vols de table-bancs et de matériels didactiques constatés au niveau des écoles Yakité, Castors et à Bouca risquent d’hypothéquer la rentrée fixée au lundi 19 septembre prochain. La rentrée administrative fixée au 15 septembre dernier, n’a pas eu lieu selon le constat du RJDH.

 

A l’école Yakité  comme à Castors, plusieurs tables-bancs ont été volés et les bureaux des directeurs vidés, d’après le chef  du quartier Castors, Félix Kolouane qui regrette le manque de réaction des parents et des responsables de ces établissements, « les voleurs ont vidé les bureaux des directeurs et des administrateurs. Ils ont aussi emporté les portes et les table-bancs qu’on vient de confectionner. Nous avons mis la main sur quelques voleurs et nous avons appelé les directeurs et quelques parents, ils sont venus constater mais sans rien dire », a-t-il déploré.

 

 En plus du vandalisme, au moins dix d’écoles restent occuper par des hommes armés à travers le pays, rendant difficile la reprise des cours.

 

Le même constat est fait à l’école de Bouca qui a subi les mêmes cas de vandalisme. Difficile en ce moment de savoir si les activités scolaires vont reprendre d’ici le  19 septembre au sein de ces écoles.

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 21:01

 

CHRONIQUE

 

Source : LE MONDE Le 15.09.2016 à 17h51

 

Revenu à Bangui le 3 août, Jean-Francis Bozizé n’est pas seulement le fils de l’ancien président centrafricain François Bozizé, évincé du pouvoiren 2013 par la rébellion de la Séléka.

 

Dans une autre vie, Jean-Francis Bozizé, a été sous-officier parachutiste dans l’armée française. Nul doute qu’il a gardé des liens personnels avec certains de ses compagnons d’armes devenus officiers d’active dans différentes unités des forces françaises. Plus stratégique encore, Bozizé fils a été ministre délégué à la défense nationale de la République centrafricaine (RCA) de 2008 à 2013.

 

Allégeance des anti-balaka

 

Signe de son influence intacte dans le pays, à peine Jean-Francis Bozizé a-t-il posé pied à Bangui que les anti-balaka, milice chrétienne formée pourcombattre les ex-rebelles musulmans de la Séléka, ont trouvé en lui leur leader naturel. Cette allégeance est d’autant moins surprenante que les liens entre la famille Bozizé et la milice chrétienne sont un secret de Polichinelle. L’ancien ministre délégué à la défense de Centrafrique et ancien sous-officier de l’armée française a également reçu à son retour le soutien de plusieurs officiers Gbaya, son ethnie, dont certains lui doivent la fulgurante ascension de leur carrière.

 

Dans le camp d’en face, on se prépare aussi à éviter toute surprise venant de la réorganisation des anti-balaka autour de Jean-Francis Bozizé. Les ex-rebelles musulmans, un temps alliés au régime du président tchadien Idriss Deby Itno, ont eux aussi entrepris de se grouper dans la région de N’delé, dans le nord, pour préparer « la guerre » ou la paix, selon l’évolution de la situation.

 

Ils ont à cet effet de nombreuses cartes entre les mains. D’abord, leur armement n’a jamais été entièrement récupéré. Il est même à redouter qu’ils aient entièrement reconstitué la partie qui leur avait été prise par l’armée française aux premiers jours de son intervention du 5 décembre 2013. La liberté de mouvement entre le Tchad, la Centrafrique et le Soudan dont jouit Nourédine Adam, emblématique chef de Séléka, est aussi un levier non négligeable aux mains des ex-rebelles qui ont chassé Bozizé du pouvoir.

 

Touadera effacé et affaibli

 

Dès les cent premiers jours de son arrivée au pouvoir, on sentait Faustin-Ange Touadera dépassé par l’ampleur de la tâche de reconstruction de l’Etat qu’il a trouvée. Sa gestion du retour de Jean-Francis Bozizé est venue conforter ce sentiment d’atermoiements et de flottement au sommet de l’Etat.

 

En effet, mis dans la confidence de son projet de retour par le fils Bozizé lui-même, le président centrafricain n’a pas réussi à le dissuader de revenir au pays. Il l’avait même reçu au palais présidentiel le soir même de son arrivée à Bangui, comme s’il ne savait pas qu’il était sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé en 2014 par la justice centrafricaine. Ce sont donc les Nations unies qui ont finalement imposé l’arrestation de Jean-Francis Bozizé au pouvoir centrafricain qui l’a remis en liberté au bout de quelques jours. L’ancien ministre de la défense de la Centrafrique et de son père jouit désormais d’une liberté totale et ne manque pas manifester son influence dans la vie publique. Là-bas son retour est perçu dans certains milieux comme la seconde phase du retour de « l’Etat Bozizé ». La première fut, explique-t-on, les différentes nominations des proches de l’ancien chef de l’Etat à des postes stratégiques et dans le cabinet de son successeur. Et pour boucler la boucle, certains n’excluent plus d’en arriver à la troisième étape de la « restauration du régime Bozizé » qui pourrait être consacrée par le retour au pays de l’ancien président François Bozizé actuellement en exil entre Kampala, la capitale ougandaise, et Addis-Abeba, en Ethiopie.

 

Malédiction du diamant

 

Derrière la volonté des Bozizé de revenir à Bangui pointe non pas le souci de participer à la construction de l’appareil d’Etat mis à terre par la mauvaise gouvernance et le cycle de rébellions permanentes, mais surtout un enjeu financier. Il s’agit de toute évidence de reprendre le contrôle du business des pierres précieuses dont le diamant, qui n’a jamais profité au bien-être du peuple centrafricain, estimé à près de 5 millions d’habitants, environ deux tiers vivant sous le seuil de pauvreté. Preuve de cette main basse sur le diamant par les élites au pouvoir, un ex-ministre centrafricain a raconté avoir transporté pour le compte du chef de l’Etat une mallette contenant 2 millions d’euros en liquide tirés du trafic du diamant. L’amertume de n’avoir pas reçu sa commission l’a tenaillé au point de nous faire cette confidence.

 

C’est dans ce business du diamant qu’il faut trouver les raisons de l’enrichissement du président Bozizé (2003-2013) tout comme l’explication à l’exil doré à Cotonou de l’éphémère chef de l’Etat Michel Djotodia (mars 2013-janvier 2014). Les groupes armés et leurs dirigeants ne sont pas en reste dans cette ruée vers les pierres précieuses. Ils contrôlent des circuits entiers de trafic du diamant et n’ont aucune peine à trouver des acheteurs locaux et internationaux. Au regard des enjeux financiers énormes que présente le contrôle des « parties utiles » du territoire centrafricain, il est donc à craindre que le retrait annoncé de la force française « Sangaris » pour la fin décembre ne fasse basculer à nouveau la Centrafrique dans la violence et l’instabilité.

 

Seidik Abba, journaliste et écrivain, auteur d’Entretiens avec Boubakar Ba, un Nigérien au destin exceptionnel, éd. L’Harmattan, 2015.

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/15/ce-que-cache-le-retour-de-jean-francis-bozize-a-bangui_4998384_3212.html#jVDpWGOskBhfpBZf.99

 

Lu pour vous : Ce que cache le retour de Jean-Francis Bozizé à Bangui
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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 20:43

 

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L’on se souvient encore, dans un passé relativement récent et peu glorieux, que le pouvoir seleka justifiait urbi et orbi sa prise du pouvoir à Bangui par le délaissement par l’Etat central de régions entières laissées, selon lui et à juste titre, en déshérence. Le président autoproclamé de cette coalition était allé jusqu’à déclarer, au débotté et sans ambages, sur les ondes de Rfi que cette nébuleuse a dû franchir le Rubicon en s’emparant, par la force, des affaires de l’Etat parce- qu’ils -les représentants de cette organisation- avaient, je le cite, «  faim, que l’Etat central ne s’occupait pas d’eux ». En d’autres termes, les institutions de la République les avaient abandonnés purement et simplement. Ce qui n’était pas complètement faux.

 

Si Certains ont cru bon exprimer leur sentiment d’abandon et leur mécontentement vis-à-vis de l’Etat par la violence politique avec tout son cortège de violations des droits humains, de restriction des libertés publiques, d’emprisonnements, de tortures et de menaces sur les Opposants ainsi que les acteurs de la société civile ; D’autres- certainement la majorité silencieuse- l’expriment, sans broncher, dans la frustration légitime, se contentant de ronger leur frein. Cela ne veut pas dire que ceux-ci n’auraient pas un quelconque droit à une reddition de comptes de la part des gouvernants sous le fallacieux prétexte qu’ils observeraient stoïques leur situation.

 

Qu’à cela ne tienne, qu’en est-il plus de 3ans après la plus grave crise de l’histoire politique de la RCA ? Qu’en est-il plus de 3 ans après cette déclaration  on ne peut plus claire du chef du régime de la Seleka? Apparemment, rien de concret et de positif- allant dans le sens d’un accroissement des libertés accordé aux populations- ne s’est produit en dehors des consultations électorales démocratiques du début de l’année 2016.

 

Car la crise a perduré et de plus belle. La transition politique- qui a duré un peu plus de 3ans- ouverte avec le départ de la Seleka du pouvoir a connu des fortunes diverses sans pour autant régler le fonds du problème en dépit de certaines bonnes volontés et bonnes dispositions d’esprit.

 

N’empêche, au moment où, la RCA tente cahin-caha, nonobstant l’aide substantielle de la Communauté internationale, de se sortir de son bourbier, toutes les pistes de solutions doivent être explorées et exploitées. L’on ne saurait se permettre de prendre le risque de faire l’économie de solutions ayant fait leurs preuves ailleurs et potentiellement transposables au cas centrafricain.

 

Nous pensons, pour notre part, à la technique éprouvée de la décentralisation-municipalisation accélérée et la décentralisation-régionalisation accélérée comme modes de gestion des Collectivités locales.

 

Faut-il également le rappeler, la RCA n’a jamais été capable d’organiser, à son avantage, des élections locales pluralistes depuis son accession à la souveraineté nationale. C’est-à-dire plus de 50 ans après son indépendance.

 

Aussi, au moment où, le pays s’apprête à honorer un rendez-vous crucial de son histoire- je pense à la table ronde de Bruxelles du mois de novembre prochain réunissant gouvernement centrafricain et Bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux-, cette technique de gestion des collectivités locales- Communes, Départements ou Régions selon les cas- doit être UTILEMENT présentée à nos partenaires internationaux pour ensuite être testée sur le terrain au plan national.

 

Si des élections municipales doivent être organisées à plus ou moins moyen terme (I), des élections régionales doivent, tout autant, être prévues à brève échéance (II) dans le cadre, je le répète, d’une vaste politique de décentralisation. A ne pas confondre décentralisation et déconcentration, deux concepts politico-administratifs susceptibles de prêter à confusion.

 

La décentralisation opère, de façon horizontale, un transfert de compétences de l’Etat vers les collectivités territoriales et la déconcentration réalise, de façon verticale, un transfert de compétences de l’Etat central vers les niveaux locaux de l’Etat.

 

Le décor étant planté, nous pouvons maintenant aborder le fond de notre sujet.

 

I. Des élections municipales à impérativement organiser.

 

Le premier volet de la politique de décentralisation concerne l’organisation des élections municipales dans les 179 villes- si je ne m’abuse- que compte le pays.

 

Des élections municipales doivent être d’autant plus organisées que la nouvelle Constitution en vigueur prévoit le bicamérisme avec la mise en place d’un Sénat élu au suffrage universel indirect. C’est-à-dire par les grands électeurs que sont les Conseillers municipaux et les Conseillers régionaux.

 

Et, aux termes de cette loi fondamentale, la chambre haute assure, au niveau national, la représentativité des collectivités locales ou territoriales (Communes et Régions ou Départements).

 

Je rappelle, à toutes fins utiles, que les Communes administrent un domaine municipal, gèrent des services comme les crèches, bibliothèques, créent et entretiennent écoles maternelles et primaires, mènent une action sociale et peuvent se doter d’une police municipale. De nombreuses compétences peuvent être exercées au sein de l’intercommunalité.

 

Point n’est besoin ici de jeter la pierre à Paul, à Jacques, à Abdoulaye ou à Hussein en ce qui concerne sa responsabilité politique et pénale dans la  carence institutionnelle que connaît le pays et ayant entraîné, de facto, son naufrage continu et, pour ainsi dire, sa faillite.

 

Le temps nous exige désormais d’aller à l’essentiel afin de trouver une solution satisfaisante aux nombreuses souffrances du peuple centrafricain. Ces souffrances portent des noms : l’insécurité physique et la fragilité psychologique, la famine, la malnutrition infantile, la pauvreté pour ne pas dire la misère, les maladies et notamment la pandémie du sida, le sous-développement ou l’absence de progrès social etc. 

 

L’occasion est, aujourd’hui, donnée aux nouvelles autorités politiques issues des dernières élections présidentielles et législatives pluralistes de l’histoire du pays d’organiser des élections municipales sur l’ensemble du territoire nationale. Cela suppose, vous me le souligneriez à juste titre, la mise en œuvre réussie du processus DDRR (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement), autre défi de taille des pouvoirs publics à relever. Mais c’est cela aussi l’une des responsabilités régaliennes de l’Etat : être capable de mener, de front, plusieurs actions connexes et/ou multiformes. Coordonner différentes activités concomitamment.

 

Vous en conviendriez avec moi que l’organisation de ces élections- que nous appelons de nos vœux-, exige, en amont, la pacification totale du pays. Processus qui a d’ailleurs déjà commencé avec le soutien actif et décisif de la communauté internationale et reçoit, par ricochet, notre total assentiment.

 

Cette phase du processus de parachèvement de notre jeune démocratie doit être transparente, ouverte et inclusive afin que les populations puissent s’y approprier et s’y identifier réellement et que cela ne prête plus le flanc à la mise en mouvement de manœuvres de déstabilisation. D’où qu’elles viennent.

 

Il faut, de grâce, dorénavant épargner au pays la pratique généralisée et contestable- et qui n’a que trop durer- des Délégations Spéciales- chargées notamment de conduire les destinées de nos villes-, qui ont toujours fait florès en RCA, nées du simple fait du prince et qui peuvent, au passage, servir de prétextes fallacieux à des personnes mal intentionnées, en mal de voir le pays toujours voguer à reculons ou à contre-courant, voire de sombrer dans le chaos permanent. Pour ainsi faire de la RCA, le pays de l’entropie et la risée du monde.

 

En tout cas, je refuse de m’inscrire dans ce schéma apocalyptique.

 

Le pouvoir de Bangui doit se recentrer sur ses activités régaliennes dans un système libéral- libéralisme entendu au sens politique du terme- et dans un Etat de droit et donner, un peu plus, de marge de manœuvre à nos territoires.

 

C’est dans ce contexte que l’organisation d’élections régionales s’impose.

 

II. L’organisation d’élections régionales, gage de la politique de bonne gouvernance démocratique

 

L’autre volet de la politique de décentralisation vise l’organisation d’élections régionales dans les 16 préfectures que compte le pays.

 

A titre d’information, les principales compétences des régions sont la création et l’entretien des lycées et Collèges (s’agissant du cas centrafricain), l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, les transports publics interrégionaux et éventuellement les aéroports régionaux. Elles sont chefs de file pour le développement économique et des acteurs essentiels de la politique sous-régionale de cohésion.

 

Les régions pourraient, le cas échéant, se voir attribuer d’autres compétences comme le ramassage scolaire, les services régionaux d’incendie et de secours (SRIS), l’aide sociale et la santé, la gestion des routes et des voies navigables.

 

L’organisation d’élections régionales pourrait être une des pistes de sortie de crise à la grave crise centrafricaine. Les autorités issues des dernières élections libres doivent saisir l’opportunité de cette table ronde de Bruxelles avec les principaux Bailleurs de fonds pour examiner cette piste. Mieux vaut tenter une expérience qui présente des garanties pour les Citoyens à tous points de vue que de ne rien faire du tout.

 

Le statu quo ante n’a, jusque-là, produit aucun résultat bénéfique à la RCA. N’en déplaise aux partisans de la politique du sur place, aux adeptes de la politique de l’autruche ou aux Cassandre.

 

Les régionales ont pour effet de permettre aux habitants ou ressortissants des collectivités territoriales concernées de prendre définitivement en mains les affaires de leurs territoires. Cela n’exclut en rien les différents mécanismes institutionnels de contrôle de l’Etat dans un Etat fortement décentralisé.

 

Cela ôterait à quiconque l’argument du délaissement, par l’Etat, de son territoire (sa région d’origine ou la région d’origine de ses parents).

 

L’Etat central doit, bien entendu, continuer à jouer son rôle de garant de la cohésion sociale et du pacte républicain en apportant les subventions et dotations nécessaires aux territoires concernés dans le cadre de « sa politique des grands travaux et de l’aménagement du territoire » afin doter le pays d’équipements et d’infrastructures modernes et ainsi le situer sur la voie de l’émergence répertoriée à l’agenda politique de la République et dorénavant considérée comme l’alpha et l’oméga de notre politique. L’horizon politique de la RCA sans lequel aucune perspective crédible, aucun développement ni progrès social n’est possible compte tenu du retard accumulé dû aux multiples errements et turpitudes du passé.

 

Point n’est besoin de marteler, ici, que chaque Centrafricaine et chaque Centrafricain en sont solidairement coresponsables d’autant plus qu’est en cause la Maison Centrafrique.

 

En vue de réduire progressivement l’inégalité entre les régions, l’Etat devra tester la méthode dite de péréquation. La péréquation est un mécanisme de redistribution qui vise à réduire les écarts de richesse, et donc les inégalités, entre les différentes collectivités territoriales. C’est-à-dire que, transposé au cas centrafricain, les régions les plus riches- Dieu seul sait qu’il y en ait- aideront au financement de celles qui sont plus démunies en termes de ressources naturelles et d’infrastructures.

 

C’est aussi contribuer à une forme de solidarité entre les régions que nous qualifierons de principe de solidarité interrégionale.

 

L’objectif, in fine, c’est de faire de nos régions de véritables pôles régionaux de développement.

 

 

Notons que, dans nos précédentes études thématiques, nous avions déjà fait une large place à la question de la décentralisation en RCA ; problématique considérée comme une des clés du problème centrafricain.

 

                                                                             Fait à Paris, le14/09/2016

 

                                                                Wilfried Willy Hetman-Roosalem

 

                                                     Observateur attentif de la scène politique centrafricaine

L’enjeu de décentralisation, l’une des pistes probables de solution à la grave crise centrafricaine par Wilfried Willy Hetman-Roosalem
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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 20:35

 

 

Jeune Afrique 15 septembre 2016 à 10h28 — Mis à jour le 15 septembre 2016 à 11h41 Par Pierre Boisselet

 

Son job est un casse-tête. Depuis un peu plus d’un an, le diplomate gabonais Parfait Onanga-Anyanga est à la tête de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca). Dans ce vaste pays, les violences communautaires demeurent fréquentes. L’État s’est effondré et tout est à reconstruire.

 

Son prédécesseur, le Sénégalais Babacar Gaye, n’avait pas résisté : les scandales sexuels impliquant des Casques bleus l’avaient acculé à la démission. Onanga-Anyanga a décidé de prendre ce problème à bras le corps. Mais il y en a de nombreux autres. Pour l’instant il tient bon et, malgré l’immensité des défis, se veut même raisonnablement optimiste.

 

Jeune Afrique : La Centrafrique a réussi ses élections, en début d’année. En revanche, on voit peu de progrès sur le plan sécuritaire. Comment expliquer ce paradoxe ?

 

Parfait Onanga-Anyanga : Je crois qu’au contraire, ces élections ont été possibles parce que les conditions sécuritaires minimales étaient réunies. Où en serait la Centrafrique sans la Minusca et la force française Sangaris ?

 

Ceci étant, les problèmes de la Centrafrique ont des racines profondes. Il y a une culture de la violence politique dans ce pays. Elle s’est transformée en violence sociale et communautaire. En 2013 l’arrivée des Séléka et de leurs éléments incontrôlables a donné lieu à une violence inouïe et une réponse tout aussi abominable des Anti-Balaka. Ce pays a touché le fond et ce traumatisme n’est pas parti.

 

Il reste énormément à faire. On a pu apporter une stabilité relative et maintenant les autorités légitimes vont devoir prendre à bras le corps ces problèmes.

 

Aujourd’hui, il y a des tensions communautaires violentes et une très forte criminalité parce que l’État n’est pas présent. Il va falloir réduire le niveau de violence dans ce pays, avec notamment le programme de désarmement, démobilisation, réintégration (DDR) et le rapatriement d’éléments armés qui ne seraient pas d’origine centrafricaine.

 

Mais c’est un pays très vaste, coupé en deux par le manque d’infrastructures. On ne peut pas envisager un déploiement sur tout le territoire et une fin des violences par la seule approche sécuritaire.

 

Il va donc falloir obligatoirement dialoguer avec les chefs de guerre ?

 

Il n’y a pas le choix. Et le président [Faustin-Archange Touadéra] a fait le bon choix. Le processus de désarmement est situé au sein même de la présidence. Maintenant, il faut que les chefs de guerre acceptent le retour à l’ordre constitutionnel et à la paix. Il est temps qu’ils montrent un vrai leadership national. Je crois que la majorité l’a fait. Il en reste un ou deux dont les revendications ne facilitent pas les choses. Mais c’est la voie à suivre.

 

Je crois que le président va dans le bon sens

Mais de nombreux Centrafricains disent : « il ne faut pas encore récompenser les rebelles ». Et en effet, ce type de processus a déjà eu lieu à de nombreuses reprises. Comment sortir de ce cycle ?

 

Ce sera le septième processus de désarmement de ce type. La Centrafrique est le pays qui a connu le plus grand nombre de missions de maintien de la paix. Il faut en effet changer la méthode et je crois que le président va dans le bon sens. Il a refusé l’entrée au gouvernement des gens qui ont leurs armes pour seule légitimité.

 

D’ailleurs les groupes armés ne comprennent pas que l’on ne fasse pas comme avant. Ce sont principalement les ex-Séléka : ce sont eux qui sont le plus armés et qui ont une capacité de nuisance. Il faut qu’ils acceptent le projet d’une société en paix.

 

Mais pourquoi ces chefs de guerre se désarmeraient-ils volontairement si on ne leur permet pas de jouer un rôle à l’avenir ?

 

Le gouvernement centrafricain dit : « désarmons, allons vers une pacification de ce pays », et ensuite seulement, des éléments seront intégrés dans des forces de sécurité sur la base de leur compétence. Il faut qu’elles soient républicaines, représentatives et professionnelles. Pour y arriver, il y aura un filtrage et une mise à niveau.

 

Le processus de désarmement n’a pas vraiment commencé. Quels sont les blocages ?

 

On avait fait un « pré-DDR ». Mais nous nous sommes rendu compte qu’il était très difficile de s’engager dans un programme aussi complexe avec des autorités de transition. Ce gouvernement, légitime, va le mettre en œuvre.

 

Mais disposera-t-il des moyens de pression nécessaires sur ces groupes armés après le départ annoncé de la force française Sangaris ?

 

Il ne m’appartient pas de commenter les décisions de l’État français. Jusque-là la collaboration avec cette force a été excellente. La bonne nouvelle c’est que nous pourrons bénéficier de capacités françaises, notamment en matière de renseignement pour combler certaines lacunes. La force de la Minusca est en train de s’outiller. Nous nous dotons de moyens de mobilité et de projection pour pouvoir avoir une présence et un contrôle sur le territoire. Nous allons aussi nous doter de moyens modernes tels que les drones. Enfin l’Union européenne forme des militaires centrafricains et nous allons travailler avec eux.

 

Nous ne sommes pas une force d’imposition de la paix

Y a-t-il un risque que les ex-Séléka redeviennent une menace pour l’État central après le départ de Sangaris ?

 

Tant que la Minusca sera présente, l’État centrafricain ne sera pas menacé. Il y a encore une semaine, il y a eu des mouvements de troupes du MPC [Mouvement patriotique pour la Centrafrique] près de Boguila. La Minusca s’est mise en position et a dissuadé ces mouvements.

 

Nous ne sommes pas une force d’imposition de la paix. Mais les groupes armés ne doivent pas prendre cette main tendue pour acquise. À terme, si des groupes armés refusent ce désarmement pacifique, nous aurons l’obligation de les désarmer, y compris en utilisant la force.

 

Votre constat amène à dire qu’il faut construire un État qui n’existe plus. Mais en avez-vous les moyens ?

 

L’État existe, mais il est faible. Notre mandat vise à le stabiliser et renforcer son autorité. Aujourd’hui, nous avons ramené des représentants de l’État dans chacune des seize provinces du pays, nous reconstruisons les bâtiments là où c’est nécessaire.

 

La Minusca ne peut certes pas tout faire seule. Mais je me réjouis de la qualité de notre collaboration avec nos partenaires. La conférence de Bruxelles [en novembre prochain] va être un moment important de mobilisation des ressources.

 

Tout cela demandera de la sueur et des larmes. Mais il faut laisser une chance à ce gouvernement qui débute à peine.

 

Plusieurs affaires de viols et d’exactions ont entaché certains contingents de la Minusca, notamment ceux de la RD Congo et du Congo-Brazzaville. Où en est-on dans ces enquêtes ?

 

Nous dialoguons en continu avec tous ces contingents. Dès que nous avons établi que des contingents de la RD Congo avaient commis des actes sexuels, une mesure claire et forte a été prise en lui demandant de quitter le territoire. C’est une mesure forte et inédite.

 

La résolution 2262 nous donne désormais le droit de renvoyer les troupes d’un pays qui n’aurait pas montré les sanctions prises contre des troupes coupables.

 

Ceci étant, la question du suivi est complexe car nous n’avons pas le droit de mener des enquêtes sur les territoires de ces pays. Mais ces pays savent désormais que, s’ils ne collaborent pas, ils se privent du privilège de collaborer avec des missions de paix et voient leur dû retenu. Sans compter l’impact sur leur image.

 

Nous avons hérité de troupes qui venaient de la Misca qui n’avaient pas nécessairement les standards onusiens

Avez-vous été informé de mesures prises par ces États contre ces troupes ?

 

Les événements de Boali s ont eu lieu avant le début de la mission onusienne. Mais nous avons une responsabilité parce que ces contingents sont toujours opérationnels au sein de la Minusca. Le dialogue est en cours avec l’État congolais [Brazzaville]. Malheureusement, nous n’avons pas encore obtenu pleine satisfaction.

 

Lorsque la Minusca a été établie, nous avons hérité de troupes qui venaient de la Misca [mission de l’Union africaine] qui n’avaient pas nécessairement les standards onusiens et nous n’avons pas pu éviter la multiplication de ces cas d’abus.

 

Aujourd’hui, les choses ont changé. Nous avons des mécanismes de prévention. Nous faisons des patrouilles de nos propres troupes. Et nous invitons les populations à dénoncer. Nous avons un numéro vert. Les langues se sont déliées. Il nous faut maintenant mener des enquêtes rigoureuses.

 

Pierre Boisselet

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