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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 10:29
Le conflit armé en République centrafricaine (HRW)

 

Le conflit armé en République centrafricaine


La République centrafricaine est en crise depuis fin 2012, lorsque des rebelles de la Seleka, musulmans pour la plupart, ont déclenché une campagne militaire contre le gouvernement de François Bozizé. La Seleka s’est emparée de la capitale, Bangui, en mars 2013. Leur régime a été marqué par des atteintes aux droits humains généralisées, notamment des meurtres arbitraires de civils. À la mi-2013, des milices anti-balaka chrétiennes et animistes se sont organisées pour combattre la Seleka. Associant tous les musulmans avec la Seleka, les anti-balaka ont perpétré à grande échelle des attaques en représailles contre des civils musulmans à Bangui et dans des parties occidentales du pays.



En 2014, des forces internationales de l’Union africaine et françaises ont repoussé la Seleka hors de Bangui. Des divisions ethniques, des rivalités, des désaccords sur le contrôle des ressources et des différends stratégiques ont rapidement déchiré la Seleka. Fin 2014, la Seleka s’était scindée en plusieurs factions, chacune contrôlant sa propre zone.



En novembre 2016, des incidents ont éclaté entre deux des factions, l’UPC et le FPRC, au sujet du contrôle des routes menant aux mines de diamants autour de Kalaga, une ville située à 45 kilomètres de Bria. Les deux groupes collectent des « taxes routières », en particulier dans les zones d’exploitation minière et sur les voies de migration utilisées par les bergers Peuhl. Les incidents se sont aggravés et ont débouché sur des combats plus graves.



L'Union pour la Paix en Centrafrique (UPC)


L’UPC est un groupe dissident du Front populaire pour le redressement (FPR), un groupe rebelle tchadien comprenant essentiellement des Peuhl tchadiens et centrafricains, et commandé par le Tchadien Babba Laddé. Le commandant en second de ce groupe, Ali Darassa Mahamant, a rejoint la Seleka et a créé officiellement l’UPC en septembre 2014. Il est toujours son président et son commandant. Pour garder le contrôle de Bambari et des routes stratégiques qui relient cette ville à d’autres parties du pays, notamment les voies de commerce lucratives vers le Soudan, les combattants de l’UPC prennent pour cible les personnes qu’ils soupçonnent d’être membres des anti-balaka ou de les soutenir.



Les combats ont commencé en novembre 2016 entre l’UPC et d’autres groupes dissidents dans la ville centrale de Bria de la province de Hautte-Kotto. Ces affrontements, qui ont duré plus de onze jours, ont fait au moins 14 morts et 76 blessés parmi les civils.



Les combats se sont poursuivis les jours suivants sur la route menant à Ippy, une ville située au nord de Bambari, et près de Ndassima, une mine d’or, puis ils se sont étendus au sud et à l’ouest à la province d’Ouaka.



Les combattants du FPRC et leurs alliés d’un autre groupe de la Seleka, le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), se sont ligués avec leurs anciens ennemis, les combattants anti-balaka, contre l’UPC. Les combattants du FPRC et du MPC ont tué des civils lors d’attaques antérieures, comme lorsqu’ils ont rasé un camp pour personnes déplacées à Kaga-Bandoro en octobre, tuant au moins 37 civils et en blessant 57 autres. Lors des derniers combats à Bakala, toutefois, Human Rights Watch n’a pas documenté de décès de civils causés par le FPRC ou le MPC, même s’il est possible qu’il y en ait eu quelques-uns.



Attaque contre Bakala et exécutions sommaires


De nombreuses mines d’or sont situées autour de la ville de Bakala, ce qui en fait un poste stratégique pour tout groupe armé. Depuis que les combats entre les deux forces Seleka ont commencé, la ville est passée alternativement sous le contrôle du FPRC et de l’UPC.



Le 11 décembre, l’UPC s’est emparée temporairement de la ville après une attaque importante. Les combattants de l’UPC ont rapidement commencé à tuer des civils, les associant soit à des sympathisants du FPRC soit à des anti-balaka. Un habitant, âgé de 55 ans, a déclaré :

 

L’attaque menée par l’UPC a duré au moins trois heures. J’ai attendu dans la brousse près de la ville jusqu’à ce que ça se calme. Quand tout a été tranquille, je suis revenu. C’était la fin de la journée. J’ai vu des corps de combattants partout, mais j’ai aussi vu des Peuls tuer deux civils. Ils avaient établi une base près du marché et ils arrêtaient les hommes revenant des mines. Ils ont pris leurs affaires puis ils les ont pendus à un arbre jusqu’à ce qu’ils meurent. Ensuite ils ont jeté les corps dans la rivière [Ouaka].

 

D’autres habitants ont affirmé que des combattants de l’UPC avaient ligoté au moins deux autres hommes, leur avaient tranché la gorge puis qu’ils avaient jeté leurs corps dans la rivière Ouaka. Un chercheur de Human Rights Watch a vu un corps en décomposition dans la rivière le 22 janvier 2017.



Le lendemain, des combattants de l’UPC ont tué au moins sept hommes qui revenaient en ville depuis la mine proche. Human Rights Watch a mené des entretiens avec un témoin et avec un autre homme, qui a été contraint ainsi que le témoin d’aider à jeter les sept corps dans un puits.



Plus tard ce matin-là, des combattants de l’UPC ont envoyé un message selon lequel ils allaient tenir une réunion dans l'École Sous-préfectorale où le groupe détenait déjà des hommes capturés la veille. Lorsque les personnes se sont rassemblées près de l’école, les combattants de l’UPC se sont saisis d’au moins 24 hommes et un garçon, et les ont abattus. Certains ont été tués de l’autre côté de la rue, devant le poste de gendarmerie.



Une femme de Bakala âgée de 40 ans, « Claudette », a dit s’être cachée avec son mari et six enfants dans le quartier de Mangoléma pendant les combats. Le 12 décembre, ils ont entendu un message selon lequel il y avait une réunion à l’école entre les habitants de la ville et la Seleka :

 

Nous ne savions pas si c’étaient les Ghoulas [FPRC] ou les Peuls [UPC] qui avaient gagné la veille. Mon mari a dit : « Bon, s’il y a une réunion je vais y aller pour voir ce qu’ils ont à dire. » Il y est allé avec deux voisins, Edgar et Romain, et mon beau-fils Arnaud [âgé d’une vingtaine d’années]. Peu de temps après, j’ai entendu de nombreux coups de feu venant de l’école. Des gens qui étaient allés à la réunion sont alors arrivés en courant pour me dire que mon mari et Arnaud avaient été tués.

 

Une femme de Bakala âgée de 35 ans, « Odette », a déclaré avoir vu les combattants de l'UPC emmener des hommes à l'école, et a ensuite entendu des tirs :

 

Le 12 décembre, quelques-unes d’entre nous les femmes avons décidé d’essayer de traverser la rivière pour aller à Bambari. Tandis que nous marchions, nous avons vu des Peuls qui nous ont dit de ne pas partir. L’un d’eux a dit : « Rentrez chez vous, vous êtes toutes des femmes des anti-balaka. » Mais nous avions peur, alors nous sommes allées à l’église catholique, où se cachaient de nombreuses personnes. Peu de temps après, des Peuls sont arrivés. Ils ont dit qu’ils cherchaient des hommes pour les emmener à l’école pour une réunion. Ils ont dit qu’ils cherchaient des anti-balaka mais je sais que certaines des hommes qu’ils ont pris étaient des civils. Ils ont emmené des hommes et peu de temps après j’ai entendu de nombreux coups de feu. Ensuite les Peuls sont revenus et ils ont dit à un homme dans l’église qu’il devait s’occuper de faire enterrer les corps.

 

Un responsable local a expliqué comment il a entendu les tirs et a ensuite vu de nombreux corps à l'école :

 

C’était le matin du 12, vers 9h. j’étais descendu près de la rivière quand j’ai entendu de nombreux coups de feu venant de l’école. J’ai demandé à un combattant de l’UPC qui se trouvait à proximité s’il allait me tuer aussi, mais il a répondu : « Non, nous tuons seulement les anti-balaka. » Ils m’ont emmené jusqu’à l’école et j’ai vu des corps partout sur le sol. Les Peuls m’ont dit qu’ils connaissaient ces hommes et ils ont justifié le massacre en disant que c’étaient tous des anti-balaka. Mais je savais que certains d’entre eux ne l’étaient pas. Ils m’ont donné l’ordre de les aider à les enterrer.

 

Un survivant de l’attaque, âgé de 24 ans, « Laurent », a décrit comment les forces de l'UPC ont ouvert le feu sur les hommes détenus :

 

Après l’attaque du 11, nous étions tous cachés dans la brousse. Nous avons été convoqués à une réunion à l’école par des jeunes de la ville. Ils disaient : « Venez à une réunion voir comment les gens peuvent travailler avec la Seleka. » J’ai décidé d’aller à la réunion. Quand j’y suis arrivé j’ai vu mon oncle et mon jeune frère qui étaient là aussi. Toutes les personnes à la réunion étaient des hommes. J’ai compris que quelque chose n’allait pas.

 

Personnellement, j’avais pensé que c’était aune réunion pour le FPRC parce que je ne savais pas encore qui avait remporté les combats la veille. J’ai eu peur quand j’ai vu les Peuls. Après mon arrivée ils m’ont mis dans un petit groupe de neuf personnes et ils nous ont dit d’aller nous asseoir près de la gendarmerie, de l’autre côté de la rue. Mon frère et mon oncle se trouvaient avec moi. Après nous être assis, j’ai entendu quelqu’un crier à l’école « Vous êtes tous des anti-balaka ! » et puis ils ont commencé à nous tirer dessus. J’ai bondi et j’ai réussi à m’échapper, mais tous les autres ont été tués. Mon frère avait 17 ans. J’ai couru me cacher dans la brousse et j’ai juste entendu les coups de feu pendant que je courais. Je pense que tous ceux qui se trouvaient à l’école ont été tués, mais je ne l’ai pas vu.

 

Après le massacre, des habitants ont été contraints d’aider à jeter les corps dans un puits à proximité.



L’un de ces hommes, « Daniel », âgé de 46 ans, a déclaré qu’un combattant de l’UPC lui avait dit : « Nous n’avions pas le choix, nous devions tuer tous les anti-balaka. »



Lorsque Human Rights Watch s’est rendu à Bakala le 22 janvier, l’UPC avait de nouveau perdu le contrôle de la ville. Human Rights Watch a visité l’école où était censée se tenir la réunion et a pu voir des vêtements abandonnés devant le bâtiment ainsi que ce qui semblait des tâches de sang dans l’une des salles de classe.



Human Rights Watch a documenté de précédentes attaques de l’UPC à Bakala et aux alentours, en 2014. Entre avril et juin 2014, des soldats de l’UPC ont tué au moins 20 personnes, dont des enfants, à Bakala et à Mourouba. La plupart de ces personnes avaient été tuées de la même façon que celle qui a été décrite à Human Rights Watch concernant les civils tués en décembre 2016. Les assaillants les ont ligotées, égorgées puis jetées dans la rivière.


Attaques autour de Bakala


En janvier 2017, des combattants de l’UPC ont tué un homme et deux de ses enfants à Mourouba, à 18 kilomètres de Bakala. Deux autres enfants ont survécu. L’un d’eux, un garçon de 15 ans, a expliqué qu’ils avaient été attaqués alors qu’ils tentaient de rentrer chez eux :

 

Lorsque Mourouba a été attaqué nous avons couru nous cacher dans les bois à quelques kilomètres de là. Mais au bout de quelques jours mon père nous a ramenés mes trois frères et moi jusqu’au village pour chercher du manioc. Dans le village ceux de l’UPC nous ont vus. L’un d’eux a demandé : « Avez-vous été envoyés ici par nos ennemis pour connaître notre position ? » Mon père a répondu : « Non, nous cherchons juste de quoi manger. »

 

Mais les Peuls nous ont emmenés et nous ont attachés les mains dans le dos. Ils nous ont emmenés dans la brousse puis ils nous ont noué une corde autour du cou et l’ont attachée à nos mains. Puis ils nous ont donné des coups de pied et frappés à coups de baïonnette. Mon père et mon frère Viviane [âgé d’environ dix ans] sont morts parce qu’ils ne pouvaient pas respirer. Ils ont poignardé à mort mon frère aîné, Charlie [environ 16 ans].

 

Après nous avoir tous poignardés ils ont pensé que nous étions tous morts et ils ont pris nos chaussures et nous ont laissés. J’ai vu que mon père était mort et que l’un de mes petits frères ne bougeait plus. Charlie respirait encore, mais il est mort peu après. Mon plus jeune frère était vivant alors je l’ai pris et nous nous sommes enfuis avant que les Peuls ne reviennent.

 

Les garçons portaient des cicatrices semblant provenir de blessures à l’arme blanche.



Quatre habitants d’Yambélé, un petit centre minier situé à 110 kilomètres au sud-est de Bambari, ont expliqué que des combattants de l’UPC avaient attaqué la ville fin décembre, tuant au moins dix civils. Une survivante, une femme de 39 ans, a déclaré :

 

C’était le soir. Les Peuls [UPC] sont arrivés de la direction d’Alindao. Quand nous avons entendu l’attaque, nous avons essayé de partir en courant dans la brousse, mais des combattants nous ont vus, et ont dit aux femmes de rentrer chez nous, assurant qu’ils ne nous feraient pas de mal. Je les ai regardés rassembler des hommes dans une maison puis j’ai entendu des coups de feu. Ensuite j’ai couru me réfugier dans la brousse. Pendant que je courais, j’ai vu des Peuls qui mettaient le feu aux maisons. J’ai également vu les corps de personnes que je connaissais. Je me suis arrêtée près du corps de Félix Gandaya, mon voisin [âgé de 25 ans], mais il était déjà mort. Il avait reçu une balle et été poignardé dans le cou.

 

Le 8 décembre, des combattants de l’UPC ont attaqué le village de Piangou, à 40 kilomètres à l’est de Bakala sur la route d’Ippy. Un habitant a déclaré que les combattants du FPRC avaient été basés à Piangou pendant plusieurs jours précédant l’attaque et qu’ils avaient lancé à partir de là les attaques contre Ndassima, à 45 kilomètres de distance. Le 8 décembre, les combattants du FPRC se sont retirés jusqu’à Bakala, et les combattants de l’UPC sont entrés dans le village peu après. L’habitant de Piangou, un homme de 45 ans, a indiqué : « Les combattants de l’UPC sont arrivés vers 10h du matin. Ils ont effectué une patrouille dans le village et ils ont tué quatre personnes. Lorsque j’ai entendu les coups de feu je suis parti en courant. »



Déplacements forcés et besoins humanitaires


Les combats dans la province d’Ouaka ont contraint quelque 10 000 habitants de Bakala et de Mourouba à abandonner leurs foyers. Certains vivent dans des maisons de Mbrés, tandis que d’autres ont cherché refuge dans des camps de personnes déplacées à Bambari. Environ 2 500 personnes se trouvent dans un nouveau camp pour personnes déplacées à Grimali. Plusieurs milliers d’autres au moins campent dans la savane boisée autour de Bakala. En raison de préoccupations constantes de sécurité, les organisations non gouvernementales n’ont pas été en mesure de fournir l’aide nécessaire.



Les déplacements ont séparé les familles. Le 24 janvier, Human Rights Watch a rencontré un homme à Grimali qui était à la recherche de ses six enfants. Ils s’étaient retrouvés séparés lors de l’attaque du 11 décembre de Bakala. Human Rights Watch a aussi trouvé quatre enfants, âgés de 5 à 11 ans, qui avaient été séparés de leurs parents après l’attaque contre Piangou le 8 décembre.



Obligation de rendre des comptes et droit international


Les crimes perpétrés dans la province d’Ouaka relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI), dont la Procureure a ouvert des enquêtes sur les crimes commis dans le pays en septembre 2014, ainsi que de la Cour pénale spéciale (CPS), un nouvel organisme judiciaire comprenant des juges et des procureurs nationaux et internationaux qui, lorsqu’il sera opérationnel, disposera d’un mandat pour mener des enquêtes et des poursuites sur les graves violations de droits humains commises dans le pays depuis 2003.



La coopération du gouvernement centrafricain avec la CPI est cruciale, mais l’enquête de la CPI, toujours en cours, ne visera probablement qu’un petit nombre de suspects. La CPS offre une opportunité significative de traduire en justice les commandants de toutes les parties au conflit qui sont responsables de crimes de guerre, tels que ceux commis par l’UPC, et elle a besoin d’un appui international soutenu , a déclaré Human Rights Watch. Le 15 février 2017, le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, a signé un décret nommant le colonel Toussaint Muntazini Mukimapa, Procureur général des forces armées de la République démocratique du Congo, en tant que Procureur spécial de la CPS.



Les exécutions extrajudiciaires et les meurtres ciblés de civils violent le droit international humanitaire et peuvent faire l’objet de poursuites en tant que crimes de guerre. Le droit international humanitaire interdit en outre strictement aux parties à des conflits armés non internationaux toutes contre-mesures à l’encontre de civils ou de combattants qui ont cessé de prendre part directement aux hostilités.

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Centrafrique-Presse.com
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 10:20
République centrafricaine : Exécutions perpétrées par un groupe rebelle (HRW)

 

 


Les rebelles de l’UPC ont exécuté 32 civils et capturé des combattants d’un autre groupe
 


(Nairobi, le 16 février 2017) – Un groupe rebelle en République centrafricaine a exécuté au moins 32 civils et capturé des combattants, après des affrontements en décembre 2016 avec un autre groupe rebelle dans la province d’Ouaka, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.



Dans la ville de Bakala, le 12 décembre, des rebelles de l'Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) ont exécuté 25 personnes qui avaient été convoquées dans une école pour ce qu’elles croyaient être une réunion. Plus tôt ce jour-là, un groupe de combattants de l’UPC avaient également détenu et exécuté sept hommes qui revenaient d’une mine d’or à proximité. Des récits de ces incidents ont été fournis par un survivant et huit témoins, dont cinq hommes qui ont été contraints d’aider à se débarrasser des corps. Au moins 29 autres civils ont été tués dans des combats autour de Bakala depuis fin novembre.



« Ces exécutions sont des crimes de guerre flagrants commis par des combattants de l’UPC qui se sentent libres de tuer à volonté », a déclaré Lewis Mudge, chercheur auprès de la division Afrique de Human Rights Watch. « Ce groupe commet des meurtres sans crainte de punition malgré la présence de forces de maintien de la paix des Nations Unies. »



La nomination, le 15 février 2017, d'un procureur général de la Cour pénale spéciale - une nouvelle instance judiciaire constituée de juges et de procureurs nationaux et internationaux et chargée de poursuivre les auteurs des violations graves des droits humains commises depuis 2003 - constitue un pas important vers la responsabilité pénale, a déclaré Human Rights Watch. Le tribunal, basé dans la capitale, Bangui, devrait maintenant recruter le personnel supplémentaire sans délai afin qu'il puisse commencer les enquêtes et les poursuites.



Des témoins ont expliqué à Human Rights Watch que les tensions entre l’UPC et le Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), un autre groupe rebelle issu des combattants essentiellement musulmans de la Seleka, se sont rapidement accrues fin novembre. Les combats ont commencé le 27 novembre 2016 autour de Mourouba, à 18 kilomètres à l’ouest de Bakala, et l’UPC a attaqué des civils qu’ils soupçonnaient d’appartenir à une milice anti-balaka alliée au FPRC.



Le FPRC s’est lui-même allié à des milices anti-balaka, ses anciens ennemis, pour combattre l’UPC. Les anti-balaka sont apparus en 2013, venant de groupes d’autodéfense existants pour résister aux abus de la Seleka, et ils ont alors commis eux-mêmes de graves abus à l’encontre des civils.



Fin janvier 2017, Human Rights Watch a mené des entretiens auprès de 28 personnes à Balaka et aux alentours, notamment des victimes d’autres crimes commis par l’UPC, des parents des victimes et des commandants de l’UPC. Le nombre total de victimes est probablement plus élevé que les 32 personnes exécutées et les 29 civils tués au cours des affrontements, car des dizaines d’autres personnes sont portées disparues, selon des membres de leurs familles. Human Rights Watch n’a pas été en mesure de confirmer tous les meurtres signalés, en raison d’un accès limité et de problèmes de sécurité.



« Un hélicoptère de l’ONU a tourné au-dessus de la ville quelque temps, aussi nous savions que les choses n’étaient pas normales », a déclaré un homme de 41ans décrivant la façon dont des combattants de l’UPC ont abattu des civils le 11 décembre. « Lorsque l’hélicoptère est parti, les Peuls [combattants de l’UPC] ont attaqué. La ville a été encerclée. J’ai pris mes enfants et je suis parti en courant, mais ils tiraient sur tout ce qui bougeait. »



Vers 5 heures du matin le 12 décembre, un groupe de combattants de l’UPC a détenu et tué sept hommes à Bakala alors que ceux-ci revenaient d’une mine d’or située à proximité.



« Je me cachais dans une maison et j’ai vu les Peuls [combattants de l’UPC] qui rassemblaient les hommes devant la maison d’un voisin et qui les menaient à l’intérieur », a expliqué « Joseph », un résident de Bakala âgé de 55 ans. « Peu de temps après j’ai entendu les hommes crier. Ils hurlaient ‘Pourquoi vous nous tuez ?’ et ‘Je meurs !’ J’ai aussi entendu des coups de feu. Il était 5h du matin. Peu après les Peuls m’ont trouvé et ils m’ont obligé à les aider à jeter les corps dans un puits. »



Un chercheur de Human Rights Watch a inspecté le puits et a noté une odeur putride qui aurait pu provenir de corps en décomposition. Un autre résident local, interviewé séparément, a déclaré que les combattants de l'UPC l’avaient également forcé à aider à jeter des corps dans le puits.



Plus tard ce matin-là, des combattants de l’UPC à Bakala ont exécuté 24 autres hommes et au moins un garçon, les accusant de soutenir les anti-balaka. Des habitants de Bakala ont indiqué que des combattants de l’UPC avaient fait circuler un message dans la ville selon lequel ils allaient tenir une réunion dans une école locale. Quelques hommes étaient déjà détenus dans cette école depuis la nuit précédente et lorsque d’autres hommes sont arrivés les combattants se sont emparés d’eux et les ont abattus.



« J’ai sauté et j’ai réussi à m’échapper, mais tous les autres ont été tués », a déclaré « Laurent », 24 ans, dont le frère de 17 ans a été tué. « J’ai couru me réfugier dans la brousse et j’entendais les coups de feu pendant que je courais. »



Un responsable local a expliqué avoir entendu la fusillade, puis les combattants de l’UPC l’ont obligé à les aider à jeter les corps dans un autre puits, situé de l'autre côté de la ville à quelques kilomètres du puits où les sept autres victimes avaient été jetées. « [Les victimes étaient] des jeunes anti-balaka et des civils », a-t-il indiqué. « Leurs corps étaient éparpillés à l’extérieur de l’école et de la gendarmerie. J’ai compté 25 corps. »



Sous le commandement du Général Ali Darassa Mahamant, l’UPC contrôle la plus grande partie de la province d’Ouaka depuis 2013. L’UPC entretient des liens étroits avec la minorité ethnique Peuhl et des Peuhl armés combattent souvent avec ce groupe.



Le 23 janvier 2017, Darassa a affirmé à Human Rights Watch que ses hommes n’avaient tué aucun civil à Bakala ni dans les villages environnants, et il a nié les allégations de violences. « Les soldats de l’UPC ne peuvent pas exécuter de civils ni de prisonniers », a-t-il assuré. « Ce que vous avez entendu à propos de l’UPC ce sont des mensonges. » Darassa a ajouté qu’il contrôle ses hommes.



Les combats à Bakala et dans la région environnante ont entraîné le déplacement de 9 000 à 10 000 personnes, a indiqué une autorité de la ville. Certaines de ces personnes déplacées se trouvent dans d’autres villes, et des milliers d’autres vivent entre la forêt et la savane dans la province d’Ouaka.



La force de maintien de la paix de l’ONU, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), dispose de 12 870 membres – hommes et femmes – armés. Elle a établi une base temporaire à Mourouba, à 18 kilomètres à l’est de Bakala. En accord avec son mandat, la MINUSCA devrait prendre des mesures concrètes pour protéger les civils, notamment le recours à la force quand c'est nécessaire, selon Human Rights Watch.



Le 11 février, des hélicoptères de la MINUSCA ont ouvert le feu sur les forces de la FPRC qui se déplaçaient d'Ippy à Bambari, détruisant au moins quatre véhicules et tuant le Général Joseph Zoundeko, l’un des commandants de la Seleka. Les forces de la FPRC avaient franchi la « ligne rouge » établie par la MINUSCA afin de séparer le FPRC et l'UPC, et de protéger les civils.



« La MINUSCA est confrontée à des combats considérables dans le centre du pays, et il est encourageant de voir qu'elle tâche de faire respecter son mandat visant à protéger les civils », a conclu Lewis Mudge. « Des commandants portant la responsabilité d’exactions, comme le Général Darassa de l'UPC, doivent comprendre que les soldats de la paix ne toléreront pas leurs attaques et qu’ils risquent d’être tenus responsables des crimes de guerre commis par leurs troupes. »



Pour plus d’informations sur les violences dans la province d’Ouaka, voir ci-dessous.

 

Pour consulter d’autres recherches de Human Rights Watch sur la République centrafricaine, veuillez suivre le lien :


https://www.hrw.org/fr/afrique/republique-centrafricaine



Pour plus d’informations, veuillez contacter :


À Nairobi, Lewis Mudge (anglais et français): +254-700-657-569 (portable); ou +1-646-637-3801; ou mudgel@hrw.org. Twitter: @LewisMudge


À Paris, Bénédicte Jeannerod (anglais, français): +33-1-43-59-55-31; ou +33-6-74-32-88-94; oujeanneb@hrw.org. Twitter: @BenJeannerod


À New York, Philippe Bolopion (français, anglais): +1-212-216-1276; ou +1-917-734-3201 (portable); ou bolopion@hrw.org. Twitter: @Bolopion

 

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Centrafrique-Presse.com
15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 23:33
L'ONU exhorte les groupes armés en Centrafrique à cesser les combats
L'ONU exhorte les groupes armés en Centrafrique à cesser les combats

 

 

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé mercredi les groupes armés en Centrafrique à cesser immédiatement les combats et à rejoindre les pourparlers de paix, après des interventions de l'ONU contre des hommes armés qui avançaient vers une ville du centre du pays.

 

Samedi, un hélicoptère de la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) a dû intervenir pour arrêter des membres d'une faction de l'ex-rébellion séléka qui se dirigeaient vers Bambari.

 

Environ 300 hommes avançaient sur des camions équipés de mitrailleuses, a précisé devant le Conseil de sécurité Hervé Ladsous, chef de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix.

 

Les frappes onusiennes ont détruit quatre des sept camions en route mais le bilan humain n'est pas clairement établi, a ajouté M. Ladsous.

 

Le Conseil de sécurité "exhorte les groupes armés à cesser immédiatement les combats et à rejoindre le dialogue de paix et de réconciliation", a rapporté l'ambassadeur ukrainien à l'ONU Volodymyr Yelchenko, qui préside en février l'organe exécutif des Nations unies.

 

La région de Bambari est en proie depuis plus d'une semaine à des troubles. Au moins 20 combattants ont été tués dans des affrontements entre deux factions rivales de l'ex-rébellion séléka --le FPRC et l'Unité du peuple centrafricain (UPC)--, selon des témoins ayant fui les combats.

 

La Centrafrique, un des pays les plus pauvres au monde, peine à se relever du conflit provoqué en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par la rébellion Séléka, à dominante musulmane.

 

La contre-offensive des anti-balaka, majoritairement chrétiens, a provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

 

L'intervention de la France en décembre 2013 et des Nations unies --avec 12.000 Casques bleus-- a permis la fin des massacres de masse, l'élection d'un nouveau président et le retour à un calme relatif dans la capitale Bangui.

 

Mais des groupes armés maintiennent une insécurité permanente dans plusieurs régions du pays, ce dont a pris note le Conseil de sécurité mercredi.

 

La France a déployé des drones de surveillance dans le pays pour mieux contrôler ces groupes et prévenir les attaques, selon M. Ladsous.

 

Avec AFP

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Centrafrique-Presse.com
15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 22:57
Rapport d’Enquête des Nations Unies confirmant la Prévalence d’une Economie de Guerre en République Centrafricaine

 

 

 

 

Dans son rapport final publié en décembre dernier, le Panel d’Experts des Nations Unies sur la République Centrafricaine (RCA) confirme que les trafics d’armes et de ressources naturelles continuent de jouer un rôle central dans la perpétuation de la violence en Centrafrique.

 


Les récentes luttes fratricides entre les factions issues de la Coalition Séléka ont été motivées par une compétition pour le contrôle des revenus issus des ressources naturelles tels que l’or et le diamant et le contrôle des axes stratégiques. Le coordonnateur du Panel d’Experts, Ruben de Koning, a indiqué que : « Des compagnies très lucratives permettent au FPRC de maintenir une posture de confrontation vis-à-vis du gouvernement ». Malgré les différents avertissements qui révèlent les motivations économiques derrière la violence, le gouvernement de la RCA et la communauté internationale n'ont toujours pas pris les mesures appropriées.

 


Le trafic des armes et des ressources naturelles par les groupes armés

 


Depuis août 2016, la violence est devenue plus aiguë et plus répandue partout sur le territoire. Le Panel observe que les récentes violences entre les factions issues de la Séléka et entre Anti-Balaka et Séléka semblaient être localisées et en grande partie motivées par des luttes de pouvoir internes et la concurrence pour le contrôle du territoire.

 


L’autorité de l’Etat a constamment été défiée par les différentes factions rebelles, en particulier par le Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), le Rassemblement Patriotique pour le Renouveau de la Centrafrique (RPRC), l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) et le groupe ‘Retour, Réclamation, Réhabilitation’ (3R). Ces groupes armés ont mis en place une autorité de fait et une administration parallèle en extorquant la population, en détenant des personnes illégalement, en imposant des taxes, des couvre-feux et des barrières de contrôle. L'UPC contrôle les itinéraires de trafic d'armes entrant dans le pays en provenance de la République démocratique du Congo et le FPRC contrôle les routes venant du Tchad et du Soudan. Dans la région de l’est de la RCA, l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) a poursuivi « le pillage de l’or, du diamant et le braconnage des éléphants pour l’ivoire ».

 


Dans les régions contrôlées par les anti-balaka, particulièrement dans la partie est de la capitale Bangui, les milices ont maintenu des points de contrôle illégaux afin de taxer les pêcheurs et les bateaux transportant des marchandises et des passagers sur la rivière Oubangui. Le Panel a noté que « de telles taxes illégales font monter les prix des marchandises et sont associées à des agressions physiques, des actes de torture et des viols de passagers ». Dans l'ouest du pays, « les anti-balaka extorquent de l'argent à des musulmans qui souhaitent revenir de leur exile en leur imposant des services de sécurité ».

 

Le business des leaders des groupes armés

 


Les business de l'ancien président Michel Djotodia à Bangui: Dans son rapport final de 2015, le Panel a cité le rôle de Mahamat Nour Binyamine qui est chargé de percevoir les loyers des immeubles et des maisons appartenant à Michel Djotodia, qui fut président du FPRC jusqu'en octobre 2016. En juillet 2016, Binyamine a négocié la vente d'un terrain à Bangui appartenant à Djotodia à un entrepreneur privé. Le 29 août, l'entrepreneur a envoyé un montant de 25 millions de FCFA (50 000 $) au compte de Binyamine. Le Panel a noté que « Les États-Unis ont gelés les avoirs de Djotodia depuis le 13 mai 2014, et Binyamine, en tant que résidant américain, pourrait bien faire des transactions ou détenir des fonds appartenant à Djotodia aux USA », en violation du régime de sanction.

 


Le business de l’or d’Abdoulaye Hissène: le Panel a révélé que Abdoulaye Hissène, l’un des principaux leaders du FPRC et ancien collecteur de diamants et d'or, a repris ses activités commerciales alors qu'il était Conseiller Ministre de la Jeunesse et des Sports sous l'ancienne présidence de Catherine Samba Panza. En septembre 2014, Hissène aurait conclu un contrat de vente avec un investisseur indien pour 300 kilogrammes d'or pour un montant total de 9,9 millions de dollars. Le Panel mentionne n’avoir pas de preuve de la livraison, mais il a souligné que « Hissène n'avait pas d’autorisation d'exportation de minerais - ni en tant que coopérative, ni en tant que maison d'achat ».

 


La licence artisanale d'un chef anti-Balaka: Nice Demowance, qui demeure sous le commandement de Maxime Mokom, un des chefs notoires des anti-Balaka, a renouvelé sa licence d'exploitation artisanale. Le Panel note que Demowance est toujours le commandant anti-balaka dans la sous-préfecture d'Amada Gaza « où le combat entre anti-balaka et Fulani armés se poursuit, y compris sur les sites miniers ».


 

Commerce licite et illicite de diamants

 


En septembre 2016, le Processus de Kimberley (PK) a déclaré que les sous-préfectures de Boda, Carnot et Nola étaient des zones conformes pour l’exportation de diamants. Le PK considérait qu'il y avait une présence suffisante de l'autorité de l'État, la libre circulation des personnes et des marchandises et que les groupes armés n’étaient pas systématiquement présents. Depuis la levée partielle de la suspension des exportations de diamants, trois colis ont été exportés, pour des diamants originaires des sites miniers localisés dans la sous-préfecture de Berberati, qui a été la première zone déclarée conforme en mars 2016.

 


Dans le même temps, le commerce illicite de diamants s’est poursuivi. Le Cameroun demeure le principal centre de commerce de diamants pour les diamants illicites des régions de l’ouest de la RCA. Dans les régions contrôlées par des groupes armés à l'est, comme par exemple à Bria, pratiquement aucune pierre n'atteint officiellement les entreprises exportatrices basées à Bangui. Pourtant, de nombreux collecteurs sont enregistrés et se revendent des diamants entre eux, de sorte que ce commerce puisse paraître légitime mais pendant ce temps, l’essentiel des lots est commercialisé illégalement à l’étranger. Le Panel recommande que les licences soient retirées puisque cette pratique va à l'encontre du code minier.


 

L’exploration de pétrole

 


Dans son rapport à mi-parcours de 2016, le Panel révélait la signature d’un accord financier entre une société appelée FIT Protection (FIT-P) et le groupe armé MPC. La société FIT-P a recruté des agents de sécurité des factions de la Séléka pour protéger les investissements et l'exploration pétrolière menée par la société chinoise PTIAL International Petroleum.

 


Ruben De Koning a déclaré que « FIT-P a engagé des chefs du FPRC, qui font toujours partie de la rébellion, et les salaires de gardiens versés ont été récupérés par ces chefs ». Il affirme aussi que « bien que le président Touadera a remis en cause ces accords de sécurité dans les médias, dans les faits, le Ministre de la Défense n’a toujours pas révoqué l’autorisation de port d’armes donnée aux éléments recrutés par la compagnie FIT P et qui avait été délivrée en avril de l’année dernière ».

 


La prédation économique est au cœur du système d'instabilité permanente en Centrafrique. La libre circulation des armes et des munitions a permis toutes sortes de trafics et a alimenté les tensions et la compétition entre les groupes armés. Les chefs des groupes armés peuvent toujours s’enrichir en menant des affaires en toute impunité, qu’il soit physiquement présent sur le territoire ou non. Reconnaître la prédation économique comme une motivation centrale dans la perpétuation de la violence est indispensable pour commencer à répondre aux causes profondes du conflit armé.

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 22:11

 

 

 

Le Tribunal de Grande Instance de Bangui vient de condamner le journal L'EXPANSION pour diffamation dans une affaire où un torrent de mensonges a été déversé gratuitement sur des personnalités politiques de renom dans notre pays. C'est un exemple à méditer par certains apprentis journalistes dont les écrits n'honorent point la profession. 

 

La rédaction de CAP

Centrafrique : Condamnation judiciaire pour diffamation d'un "journal"
Centrafrique : Condamnation judiciaire pour diffamation d'un "journal"
Centrafrique : Condamnation judiciaire pour diffamation d'un "journal"
Centrafrique : Condamnation judiciaire pour diffamation d'un "journal"
Centrafrique : Condamnation judiciaire pour diffamation d'un "journal"
Centrafrique : Condamnation judiciaire pour diffamation d'un "journal"
Centrafrique : Condamnation judiciaire pour diffamation d'un "journal"
Centrafrique : Condamnation judiciaire pour diffamation d'un "journal"
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 22:05

 

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

 

 

Bangui, 15 février 2017 – Le Gouvernement de la République centrafricaine et la MINUSCA réaffirment l’importance du dialogue avec les groupes armés alors que les deux parties et la communauté internationale tentent de mettre fin aux affrontements entre la coalition dirigée par le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) et le Mouvement pour l’Unité et la Paix en Centrafrique (UPC) dans la Ouaka et la Haute-Kotto. Les porte-parole du Gouvernement, Théodore Jousso, et de la MINUCSA, Vladimir Monteiro, faisaient face aux journalistes mercredi lors de la conférence conjointe des deux institutions.

 

 

 

Selon Théodore Jousso, le Gouvernement poursuit le dialogue avec les groupes armés afin de les persuader à abandonner les violences, à prendre le chemin de la paix et à adhérer au processus du DDRR. « Tant que nous avons un petit espoir pour mettre nos frères autour de la table, nous allons le saisir et nous allons utiliser toutes les cartes possibles de la paix. La force n’est que le dernier recours et nous continuons de sensibiliser nos frères à choisir le chemin de la paix, du dialogue et de s’engager dans le processus du DDRR », a-t-il souligné, en appelant tous les groupes armés à saisir la main tendue du Président de la République.

 

 

 

De son côté, Vladimir Monteiro a indiqué que « la Mission poursuit ses contacts avec les représentants du FPRC et de l’UPC pour qu’ils donnent une chance à la paix », avant de saluer les appels lancés aux deux groupes armés par le Gouvernement centrafricain, la CEEAC, l’Union Africaine et la France pour que cessent les combats. Monteiro a néanmois souligné que la Force « utilisera tous les moyens, y compris la force, pour empêcher le pire à Bambari ». Dans ce cadre, la Force de la MINUSCA a effectué des vols de reconnaissance mercredi après-midi au-dessus des zones concernées des préfectures de la Ouaka et la Haute Kotto.

 

 

 

Monteiro a rappelé l’impartialité qui caractérise les actions de la MINUSCA ainsi que l’appui de la mission aux autorités et à la population, conformément à son mandat. « La MINUSCA est en RCA pour appuyer les efforts du Gouvernement et aider à protéger les populations et ne peut être aux côtés de quelque groupe armé que ce soit, car ils constituent tous une menace pour la RCA”, a-t-il martelé. Le porte-parole de la Mission a dit que les mesures prises à Bambari se justifient par le fait qu’une guerre « augmenterait la souffrance des populations civiles innocentes, entraverait le travail des humanitaires et constituerait un obstacle à la restauration de l’autorité de l’Etat ». « Cependant, la MINUSCA ne protège pas que cette ville. Nous avons une trentaine de bases opérationnelles temporaires et permanentes sur tout le territoire national pour protéger les populations et contribuer à la restauration de l’autorité de l’Etat », a-t-il ajouté.

 

 

 

Le porte-parole du Gouvernement a également annoncé la nomination du juge congolais Toussaint Muntazini comme Procureur de la Cour Pénale Spéciale de la RCA et précisé que « la machine judiciaire est déjà en marche, l’impunité n’a plus sa place dans les nouvelles procédures judiciaires de la Centrafrique ». Tout en appelant les Centrafricains à la patience « car le chemin de la justice est long », il a souligné que « les auteurs de crimes finiront par payer de leur forfait ». « C’est un grand jour dans la lutte contre l’impunité en RCA », a pour sa part dit le porte-parole de la MINUSCA, à propos de la nomination du Procureur.

 

 

 
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Bureau de la Communication et de l'information publique 
 
MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine 
 
 
 
 

NOTE D’INFORMATION

 

 

DON DES NATIONS UNIES AU MINISTERE DE LA JUSTICE

 

 

 

Bangui le 15 février 2017- La MINUSCA et le PNUD ont remis mercredi un lot de matériel  d’un coût global de 42.000.000 frs CFA au Ministère de la Justice, dans le cadre d’un projet conjoint de lutte contre les violations des droits de l’homme ainsi qu’à la relance du secteur de la justice, un des maillons essentiels de la lutte contre l’impunité en République centrafricaine.

 

 

Le ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des sceaux, Flavien Mbata, s’est réjoui de cet appui indéfectible de la communauté internationale, le jour de la publication de décret de nomination du procureur  de la Cour Pénale Spéciale, « décret qui marquera la volonté du Gouvernement à lutter contre l’impunité et les crimes graves qui ont été commis ».

 

 

Pour sa part, le chef adjoint de la section Justice de la MINUSCA, Fortuné Dako a réitéré l’engagement et l’attachement que portent les Nations Unies  au secteur depuis plus d’une décennie, en mettant en place plusieurs programmes pour développer le secteur de la justice. «  Pour les Nations Unies,  il ne peut y avoir de paix sans une justice efficace et crédible et aussi sans la paix, il n’y a pas de développement, la justice est essentielle dans un pays pour le rétablissement et la consolidation de  paix », a dit Dako.

 

 
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LE GOUVERNEMENT ET LA MINUSCA REAFFIRMENT L’IMPORTANCE DE DIALOGUER AVEC LES GROUPES ARMES
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 21:57
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

 

Centrafrique : Front commun des politiques face à la recrudescence des violences

 

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 15 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 15 février 2017 (RJDH)—Dix partis politiques ont dénoncé la recrudescence des violences occasionnées par les combats fratricides qui opposent l’UPC et la coalition FPRC-MPC, trois groupes armés issus de l’ex-Séléka. Ils l’ont fait savoir dans une déclaration commune publiée le mardi 14 février dernier.

 

Tous les grands partis politiques sont signataires de cette déclaration dans laquelle ils font état de leur inquiétude suite à la flambée de violences dans plusieurs villes de l’arrière-pays. Ces formations politiques expliquent que « des foyers de violences d’une extrême gravité provoqués (…) se sont allumés presque sur toute l’étendue du territoire centrafricain ».

 

Dans leur communication, les leaders politiques craignent un embrasement généralisé qui, pourrait conduire à une possible déstabilisation de nouvelles institutions issues des élections de janvier-février 2016.

 

Le bloc de ces dix partis politiques engage le nouveau pouvoir et la Minusca à déployer les efforts nécessaires pour éviter ce qu’il appelle « la bataille de Bambari » dont les conséquences, selon la déclaration, pourraient être désastreuses.

 

Alexandre Ferdinand Nguendet, président du Rassemblement Pour la République (RPR), un des partis signataires pose la neutralisation de Ali Daras comme solution à ce regain de violence. Il souhaite l’usage de la force pour arrêter le leader de l’UPC. « Le problème de Bambari et de toute la région, c’est Ali Daras qui n’est pas Centrafricain mais qui, fort des 2000 hommes à sa disposition, créé le désordre. La solution aujourd’hui, c’est la neutralisation de ce Nigérien. Qu’il pleuve qu’il neige, Ali Daras doit être neutralisé par la force sinon, l’insécurité va continuer » a-t-il expliqué dans une interview au RJDH.

 

Les régions de la Haute Kotto et de la Ouaka sont en proie depuis trois mois à des violences liées aux combats qui opposent la coalition MPC-FPRC à l’UPC. Il y a cinq jours, le général Joseph Zoundeko, ancien chef d’Etat-major de la Séléka, est tué dans un raid de la Minusca à l’entrée de la localité de Ippy, à moins de 80 Km de Bambari où sont retranchés Ali Darass et ses combattants. La situation est confuse pour l’heure à Ippy et très précaire à Bambari où aucun combat n’est encore signalé même si les informations font état de tirs sporadiques.

 

 

Centrafrique : Le FPRC déterminé à chasser Ali Darass de Bambari

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 15 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 15 Février 2017(RJDH) — Le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC), a réaffirmé sa détermination à déloger l’UPC et son chef, Ali Darass, de Bambari. L’annonce a été faite hier mardi 14 février par son sous-chef d’Etat-major, Azor Khalit.

 

Après la mort du chef d’état-major du FPRC, le général Joseph Zoundéko dans un raid de la Minusca dimanche dernier, ce mouvement armé est toujours déterminé à bouter l’UPC qui a fait de Bambari sa place forte.

 

Interviewé par le RJDH, Azor Khalit a déclaré que le FPRC a dépassé la ville de 10 Km. Et le décès de leur commandant militaire ne change pas leur objectif qui est toujours la prise de Bambari. « Si la Minusca n’était pas intervenue, nous aurions déjà conquis Bambari. Notre ennemi n’est pas la Minusca mais Ali Darass afin qu’il puisse regagner son pays, le Niger et arrête de manipuler la ville de Bambari». D’une voix ferme, il a martelé « nous ne nous battons pas contre la Minusca, mais notre seul objectif est de déloger Ali Darass de Bambari. Que la Minusca arrête avec son double jeu ».

 

Sur les circonstances de la mort de son compagnon d’armes Zoundeko, le N° 2 de l’aile militaire du FPRC a rapporté que « le général Zoundeko a été atteint par la balle de la Minusca au moment où il alertait les femmes et les enfants à se cacher ».

 

Depuis trois mois, les anciens alliés de la Séléka se livrent un combat fratricide au centre de la RCA. Le FPRC a franchi dimanche dernier la ligne rouge tracée par la Minusca, ce qui a couté la vie au général Joseph Zoundéko, l’un des leaders de ce mouvement. Sur cette recrudescence de la violence, 10 partis politiques ont réagi pour condamner le regain des hostilités qui portent atteinte à la vie des populations civiles.

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 15:59
Lu pour vous : Les guerres (peut-être) perdues de François Hollande

 

Les guerres (peut-être) perdues de François Hollande


https://www.letemps.ch  Richard Werly   mercredi 15 février 2017 à 15:22

@LTWerly

 

Les interventions menées en 2013 par l’armée française au Mali et en Centrafrique sont encore présentées comme deux succès majeurs du quinquennat de François Hollande. Problème: les nouvelles en provenance du terrain, trois ans après, sont de plus en plus préoccupantes

 

Ce n’est pas encore un constat d’échec supplémentaire pour le quinquennat de François Hollande. Mais pour le président français désireux, en fin de mandat, d’afficher des morceaux de bilan dont ses compatriotes pourraient être fiers, les nouvelles en provenance du Mali, de Centrafrique et de la bande sahélienne sont loin de l’euphorie victorieuse des années 2014-2015. «Tous les indicateurs hors de Bamako sont inquiétants», confie un bon connaisseur de ces dossiers militaires, ancien analyste des services de renseignements français.

 

La remise sur les rails de l’Etat au Mali, où l’armée française est intervenue massivement avec l’opération Serval en janvier 2013, est de l’avis de très nombreux experts – confirmé récemment au «Temps» par un délégué du Comité international de la Croix-Rouge – carrément en train d’échouer. La faute à qui? Notre interlocuteur, sous couvert d’anonymat, accuse: «Au président Ibrahim Boubacar Keita (IBK, élu en septembre 2013) dont une partie de l’entourage familial est gangrenée par l’argent de la drogue. A l’ONU dont les contingents de Casques bleus de la Minusma (la force d’interposition d’environ 10 000 soldats en provenance d’une dizaine de pays) se préoccupent plus de leur propre sécurité que de celles des Maliens. Aux pays européens, dont l’Allemagne, qui ne sont pas prêts à exposer leurs hommes aux mêmes dangers que les militaires français encore présents.»

 

Convois de cocaïne et caravanes de migrants

 

Le cas du Mali, cet immense pays clef de la bande sahélienne par laquelle transitent convois de cocaïne et caravanes de migrants vers l’Europe, ne sera pas sur le devant de la scène lors de la Conférence sur la sécurité de Munich qui se tient ce week-end. Le gotha international de la défense aura, dans la métropole bavaroise, les yeux rivés sur la nouvelle équipe diplomatico-militaire de l’administration Trump. Pour la France et pour l’Europe occidentale toutefois, l’enjeu africain demeure majeur en termes de stabilité et de prospective économique.

Si le Mali, toujours partagé de facto entre le sud et le nord, devait peu à peu s’effondrer, l’impact serait majeur et ramènerait très vite l’Elysée aux pires scénarios envisagés au début du quinquennat Hollande. Bamako, rappelons-le, était en 2012 à la portée des milices islamistes, guidées par les Touaregs et armées avec les stocks prélevés en Libye. La Centrafrique, quelques mois plus tard, plongeait dans le chaos de la guerre civile, obligeant l’armée français à y intervenir en décembre 2013 (opération Sangaris) pour sécuriser Bangui, sa capitale, puis obliger les Nations unies à suivre avec une seconde opération de maintien de la paix. Effet domino, version Françafrique.

 

Jean-Yves Le Drian, «ministre de l’Afrique»

 

Un homme, au fil de ses opérations militaires décisives, s’est imposé comme la personnalité pivot de la présidence Hollande: le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Plus qu’un ministre, un symbole de l’autorité de l’Etat dont la personnalité est fort bien cernée par l’éditorialiste Hubert Coudurier dans son très bon livre «Jean-Yves Le Drian, le glaive du président» (Ed. Plon). Celui que beaucoup, à Paris, surnomment le «ministre de la Bretagne» (il en est redevenu en décembre 2015 le président de la région) avait même fini par incarner, aux yeux de l’opposition de droite, une sorte de figure intouchable.

 

«Le Drian s’est vite imposé comme le ministre de l’Afrique, même si les diplomates récusent cette appellation» confirme l’auteur. Lequel, tout en consolidant la statue du commandeur de l’ancien député-maire de Lorient, donne prise dans son ouvrage aux interrogations de l’intéressé. Comme lorsque ce dernier lui confie, à propos de la Libye déstabilisée par le renversement du colonel Kadhafi décidé par l’ancien président Nicolas Sarkozy en 2011: «Si quelqu’un comprend ce qui s’y passe, je suis preneur.»

 

Le problème est que les tensions dans cette partie de l’Afrique, sur laquelle veillent encore les forces spéciales françaises de l’opération Barkhane, ne sont pas toujours possibles à régler par le «glaive». La Centrafrique – où le centre de politique et de sécurité de Genève a organisé en janvier un séminaire sur l’Etat de droit – est ainsi loin d’être une entité nationale cohérente. Des pans entiers de son territoire, surtout là où les ressources minérales sont abondantes, sont hors Etat et hors la loi. La réalité de la géographie et des trafics a repris ses droits.

 

On se souvient qu’à la mi-janvier, au sommet France-Afrique de Bamako, François Hollande a été applaudi et fêté parce qu’il eut le courage d’agir. Son successeur pourrait bien, lui, devoir affronter l’envers de cet héritage.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 15:50
RCA: Toussaint Muntazini Mukimapa nommé procureur de la Cour pénale spéciale

 

 

 

Par RFI Publié le 15-02-2017 Modifié le 15-02-2017 à 14:56

 

Le procureur spécial pour la Cour pénale spéciale en Centrafrique a été officiellement nommé ce mercredi 15 février au matin. Il s'agit de Toussaint Muntazini Mukimapa. Il aura la lourde tâche d'instruire les dossiers à charge contre les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.

 

C'est donc le colonel Toussaint Muntazini Mukimapa de la République démocratique du Congo qui a été nommé procureur spécial pour la Cour pénale spéciale en République centrafricaine.

 

Ce haut magistrat, qui a effectué l'essentiel de sa carrière au ministère de la Défense en RDC, est un habitué des instances internationales respecté dans le milieu de la justice.

 

Jusqu'ici directeur de cabinet de l'auditeur général des forces armées en RDC, il aura la responsabilité d'enquêter sur les crimes commis par les groupes armés lors de la dernière crise centrafricaine, mais également sur des crimes remontant à 2003.

 

La Cour pénale spéciale en République centrafricaine, créée en juin 2015, est une juridiction qui regroupe des magistrats nationaux et internationaux et qui appliquera le droit centrafricain, tout en excluant la peine de mort toujours en vigueur en RCA.

 

Le procureur Muntazini Mukimapa entre en fonction ce mercredi, mais devra attendre la nomination des autres membres de la Cour pénale spéciale avant de se mettre au travail.

 

Son rôle d'enquêteur s'annonce délicat, notamment vis-à-vis de groupes armés toujours actifs dans le pays.

 

 

LE CONGOLAIS TOUSSAINT MUNTAZINI PROCUREUR DE LA COUR PÉNALE SPÉCIALE DE CENTRAFRIQUE

 

Le Président de la République, Faustin Archange Touadéra a signé, ce mercredi 15 février 2017, le décret nommant Toussaint Muntazini, originaire de la République démocratique du Congo (RDC), en qualité de Procureur près la Cour Pénale Spéciale de la République centrafricaine.

 

Détenteur du Diplôme de Licencié en Droit de l’Université nationale du Zaïre/Campus de Kinshasa en 1977 (Option : Droit privé et judiciaire), il s’enrôle volontairement l’année suivante au sein des Forces Armées Zaïroises comme Magistrat militaire. À cet effet, il gravit tous les échelons de la carrière de Magistrat militaire, depuis le grade judiciaire de Substitut de l’Auditeur militaire de garnison jusqu’à celui qu’il occupait il y a peu de Premier Avocat Général près la Haute Cour militaire, soit : le deuxième rang hiérarchique après celui de l’Auditeur Général, le Chef de Corps des Magistrats militaires des Parquets. Il porte actuellement le grade militaire de Colonel.

 

De mars 2003 à ce jour, il occupait les fonctions de Directeur de Cabinet de l’Auditeur Général des Forces Armées de la RDC. En cette qualité, il assurait  quotidiennement le suivi institutionnel de tous les Auditorats militaires de la RDC, tout en accompagnant les Agences du Système des Nations Unies et les ONG partenaires d’appui aux juridictions militaires. Dans le même ordre d’idées, en tant que Point Focal de la coopération avec la Cour pénale internationale, il a joué un rôle majeur, non seulement dans la mise en place des instruments juridiques susceptibles de faciliter l’interaction de la Justice militaire congolaise avec la CPI, mais également dans l’aboutissement de toutes les procédures concernant les ressortissants de la RDC déférés devant cette Juridiction.

 

La Cour pénale spéciale de la République centrafricaine a été créée par la loi n°15.003 du 3 juin 2015. Elle est compétente pour enquêter, instruire et juger les violations graves des droits de l’Homme  et les violations graves du droit international humanitaire, commis sur le territoire de la République centrafricaine depuis le 1er janvier 2003, telles que définies par le Code Pénal centrafricain et en vertu des obligations internationales contractées par la République centrafricaine en matière de droit international, notamment le crime de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre objets des enquêtes en cours et à venir.

 

Il s’agit d’une juridiction spéciale intégrée dans le système judiciaire national pour une durée de cinq ans renouvelables. Elle applique le droit pénal et procédural centrafricain, avec la possibilité de se référer aux normes et règles internationales pour combler des lacunes ou insuffisances du droit national. Elle bénéficie d’une primauté de compétence vis-à-vis des autres juridictions nationales et travaillera en complémentarité avec la CPI qui a une primauté de compétence (elle se désistera au profit de la CPI en cas de besoin).

 

La Cour pénale spéciale est composée d’une chambre d’instruction, d’une chambre d’accusation spéciale, d’une chambre d’assises et d’une chambre d’appel. Elle est assistée dans ses actes quotidiens par un Greffe. Le Ministère public y est représenté par le Parquet du Procureur Spécial et la police judiciaire par l’Unité Spéciale de Police Judiciaire.

 

Elle bénéficie du concours d’un personnel international, soit 12 magistrats internationaux au moins (dont le Procureur Spécial International) et un Greffier international adjoint, aux côtés du personnel national, soit 13 magistrats centrafricains au moins (dont le Président de Cour)  sans compter le personnel d’appui. A ce nombre s’ajoutent les officiers de police judiciaire de l’Unité Spéciale de police judiciaire qui sont tous Centrafricains.

 

La MINUSCA s’est dotée d’une Unité d’Appui à la Cour pénale spéciale qui travaille en étroite collaboration avec le PNUD et d’autres partenaires internationaux pour appuyer le gouvernement dans l’installation effective de cette juridiction. Par ailleurs, avec la facilitation des Nations Unies et du PNUD, un groupe de référence a été créé à New York en mai 2015, pour mobiliser les partenaires techniques et financiers autour de l’appui politique, technique et financier nécessaire à l’opérationnalisation et au bon fonctionnement de la Cour.

 

 

Centrafrique : Nomination du Procureur de la Cour Pénale Spéciale

 

PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 15 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 15 Février 2017 (RJDH)–Le Président de la République Centrafricaine, Faustin Archange Touadéra a nommé ce mercredi 15 février, Toussaint Muntazini-Mukimapa, Procureur de la Cour Pénale Spéciale.

 

Le Colonel Toussaint Muntazini –Mukimapa de la République Démocratique du Congo (RDC), est nommé ce mercredi 15 février par le Président de la République Centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, Procureur de la Cour Pénale Spéciale pour la Centrafrique.

 

Le colonel Toussaint Muntazini –Mukimapa fut premier avocat général des Forces armées de la République Démocratique du Congo (RDC), point focal de la coopération entre la Cour Pénale Internationale et le système de justice militaire de la RDC.

 

La Cour Pénale Spéciale pour la Centrafrique est une institution judiciaire qui a été créée pour juger les auteurs de graves violations des droits internationaux et des droits humains perpétrés en Centrafrique de 2003 à 2015. Elle sera composée de 13 juges nationaux et de 14 magistrats étrangers.

 

La nomination du procureur de la CPS intervient avec la recrudescence des violences au centre de la RCA et au lendemain de la publication du rapport de d’Amnesty international sur la justice centrafricaine.

 

La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) Afrique, qualifie déjà cette nomination « d’une avancée concrète et positive de l’opérationnalisation de la Cour Pénale Spéciale en Centrafrique ».

 

Plusieurs organisations des droits de l’homme, nationales et internationales ont réclamé la mise en route rapide de cette cour pour combattre l’impunité.

 

 

RCA : un procureur congolais pour la Cour pénale spéciale

 

http://www.radiondekeluka.org/    mercredi 15 février 2017 14:19

 

Toussaint Mutazini Mukimapa, haut-magistrat ressortissant de la République Démocratique du Congo, a été nommé Procureur de la Cour pénale Spéciale (CPS). Le décret le nommant a été signé le 14 février par le président de la République, Faustin Archange Touadera. Ce juriste de formation sera appelé à porter l'accusation contre les auteurs des « crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre », commis en RCA depuis le « 1er janvier 2003».



Attribué à un magistrat international, l'avis à candidature du procureur spécial de la CPS a été lancé par le secrétariat des Nations-Unies, a indiqué le ministre de la justice Flavien Mbata. Au niveau national, la Minusca, selon lui, a travaillé avec « le concours des membres du Conseil supérieur de la magistrature », et finalement, « le haut magistrat de la RD Congo, Toussaint Mutazini Mukimapa a été retenu ».


Juridiction nationale, la CPS qui comprendra des magistrats nationaux et internationaux aura à « enquêter, instruire et juger les violations graves des droits humains » et les « violations graves du droit international humanitaire ». La peine maximale prévue par la loi n°15.003 du 3 juin 2015 créant la CPS est la « perpétuité ».



NOTICE BIOGRAPHIQUE

 


Monsieur Toussaint MUNTAZINI MUKIMAPA est un Haut Magistrat, ressortissant de la République Démocratique du Congo (RDC).


Licencié en Droit de l’Université nationale du Zaïre/Campus de Kinshasa en 1977 (Option : Droit privé et judiciaire), il s’enrôle volontairement l’année suivante au sein des Forces Armées Zaïroises comme Magistrat militaire.


De mars 2003 à ce jour, il occupait les fonctions de Directeur de Cabinet de l’Auditeur Général des Forces Armées de la RDC. En cette qualité, il assurait quotidiennement le suivi institutionnel de tous les Auditorats militaires de la RDC, tout en accompagnant les Agences du Système des Nations Unies et les ONG partenaires d’appui aux juridictions militaires.


En coordination avec tous les partenaires de la Justice militaire, il a contribué à la planification et à la mise en œuvre des activités de renforcement des capacités des acteurs judiciaires, particulièrement en matière de crimes internationaux et de ceux relatifs aux violences sexuelles. Compte tenu de l’ampleur des crimes internationaux commis dans son pays, il a, au courant de l’année 2015, initié un processus de priorisation des cas en vue d’accélérer leurs procédures.


Son expérience de manager et de formateur, alliée à celle d’Officier du Ministère Public, dont la carrière a été entièrement vouée à soutenir l’accusation dans des contextes post-conflits fort délicats, lui seront particulièrement utiles dans l’exercice de ses futures fonctions de Procureur Spécial Indépendant de la Cour Pénale Spéciale de la République Centrafricaine.

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Centrafrique-Presse.com
15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 11:31
Difficile insertion au Cameroun des jeunes Centrafricains ayant fui la guerre

 

 

 

15/02/17 (La Voix de l'Amérique)

 

Les Centrafricains réfugiés au Cameroun ne sont pas au bout de leurs peines. Alors que certains ont pu s'insérer dans la société à travers divers métiers ou études universitaires, d'autres vivent un véritable désarroi.

 

Piko est un jeune comédien conteur originaire de la République centrafricaine.

 

A Bangui, il habitait le quartier Boy-Rabe, cible de la fureur des rebelles de la Seleka après le renversement de l’ex-président François Bozizé. Pour échapper à la mort, le jeune artiste a rallié le Cameroun par voie terrestre.

 

Le séjour au départ n’a pas été facile : « Je n’avais personne pour me soutenir. Partout où j’allais, j’étais considéré comme un étranger. Une fois, j’ai pris part à un casting pour le rôle d’une femme. Il fallait se déguiser. J’ai réussi mon déguisement au point que cela a attiré l’attention du metteur en scène », se rappelle-t-il.

 

Mais ce premier coup de talent était loin d’ouvrir de meilleures perspectives de carrière au jeune Centrafricain. Il a fallu qu’il monte son propre projet de spectacle pour attirer l’attention des amoureux du théâtre et de la comédie.

 

« C’est ainsi que je me suis fait des relations à travers la formule ‘théâtre sous le manguier’. En effet, il était question de prester lors des soirées privées. Et ce sont des expatriés installés au Cameroun qui m’invitaient le plus », ajoute t-il.

 

Ce sera là la porte qui va lui valoir un toit : une chambre gratuite dans une villa. Ce n’est pas rien pour un réfugié.

 

Hébergé par un expatrié français à Yaoundé, le jeune homme de 31 ans, arrivé en septembre 2013 au Cameroun, gagne désormais sa vie au prix de son talent de comédien conteur.

 

« Comme je fais le théâtre et le conte, j’enseigne aussi les petits enfants expatriés dans un collège privé à Yaoundé sur les deux arts. Mes revenus ne sont pas négligeables. Ça donne un peu. Sans oublier, les largesses de mes admirateurs qui me glissent qui 50.000 francs CFA, parfois 100.000 francs CFA pour m’encourager », nous raconte Piko.

 

Quant à Cyriaque, c’est son effort intellectuel qui lui a valu le statut d’étudiant réfugié centrafricain. Il a d’abord séjourné dans un camp de réfugiés dans l’est du Cameroun où il va tenter sa chance. Il est aujourd’hui boursier du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés au Cameroun. Mais ses conditions de vie restent précaires.

 

« Ce que le HCR me donne, c’est pour mes besoins mensuels et les frais académiques. Pour obtenir cette bourse d’excellence, cela n’a été facile. Nous étions près de 250 postulants pour dix places. Et nous sommes tenus d’avoir une moyenne générale de 12/20 au terme de chaque année académique pour être à nouveau boursier. »

 

Cyriaque est inscrit en 2017, en 3ème année du cycle Licence en gestion des ressources humaines, dans une université privée. Nous avons appris de bonne source que la bourse en question lui donne droit à 70.000 francs CFA par mois et 650.000 francs CFA par an, payés directement à l’université pour ses études.

 

Cyriaque ne saurait demander plus. Tout comme Michaël, un autre Centrafricain, 22 ans, lui aussi réfugié de guerre. C’est une église évangélique qui est désormais sa raison de vivre au Cameroun.

 

« C’est l’église qui m’a accueilli. Ça fait un an que je travaille dans cette église dénommée ‘Va et raconte, Temple des Nations’, je fais des montages vidéo, audio des prédications qui sont ensuite diffusées sur la chaîne de télévision de l’église. J’ai un soutien financier qui me permet de satisfaire mes besoins. »

 

L’insertion des jeunes centrafricains au Cameroun concerne aussi Socrates, un ancien membre de la Cellule de presse du président François Bozizé. Responsable multimédia de 2008 à 2012, Socrates a fait contre mauvaise fortune, bon cœur.

 

« C’est pas facile de vivre à l’étranger. On se bat. J’ai ouvert à Yaoundé une structure de montage vidéo, de reportages pour les entreprises, les individus. J’ai aussi mis sur pied une radio en ligne. Je ne suis pas dans les mêmes conditions qu’à Bangui, mais c’est mieux que rien », déclare-t-il.

 

Cependant, Yaoundé n’est pas favorable à tous les jeunes réfugiés centrafricains. Trésor, 20 ans, et trois de ses compatriotes (Tony, 17 ans, Mohamed, 21 ans, et Hamidou, 22 ans) ont fui la guerre à Bangui et partagent les mêmes souffrances. Sans travail, sans argent, ils dorment à la belle étoile.

 

« Pour travailler au noir, je dois parcourir des kilomètres en cherchant quoi faire. A la fin de la journée, j’ai parfois 1.000 francs CFA. C’est l’équivalent de trois jours de ma ration alimentaire », nous confie Trésor.

 

Quand nous faisons la connaissance de ces quatre jeunes centrafricains, l’un d’eux est allongé sur un carton, mal en point, mais sans possibilité de se soigner.

 

Selon le HCR, il y a près de 260.000 réfugiés centrafricains sur le territoire camerounais. Le HCR a cessé d’accorder au Cameroun les aides aux réfugiés urbains, au profit de ceux qui résident régulièrement dans les camps dédiés.

 

Une décision qui a provoqué récemment une manifestation de colère devant les locaux du HCR à Yaoundé. Les réfugiés centrafricains à Yaoundé se comptaient parmi les manifestants.

 

De nombreux Centrafricains au Cameroun ne sont pas enregistrés auprès du HCR, gonflant ainsi la liste des candidats à la survie au Cameroun.

 

Emmanuel Jules NTAP, correspondant VOA Afrique à Yaoundé

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