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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:22
Centrafrique, un pays entre agitation politique et exactions
Centrafrique, un pays entre agitation politique et exactions
Centrafrique, un pays entre agitation politique et exactions
Centrafrique, un pays entre agitation politique et exactions
Centrafrique, un pays entre agitation politique et exactions

Lu pour vous

 

 

https://www.la-croix.com/ Laurent Larcher, le 30/01/2020 à 06:01

 

À peine un an après l’accord de paix en Centrafrique, les anciens présidents François Bozizé et Michel Djotodia sont rentrés à Bangui. L’élection présidentielle se tiendra fin 2020.

Les groupes armés n’ont pas desserré leur emprise en province, s’affrontant pour le contrôle des ressources, comme à Bria, les 25 et 26 janvier.

 

C’est un pays où tout est possible, le pire, surtout. Qui aurait cru, sept ans après le début de la guerre civile qui déchire la Centrafrique, voir l’ancien président François Bozizé et l’ancien chef de la rébellion Séléka, Michel Djotodia, lui-même ancien chef de l’État autoproclamé après la fuite de son rival, de retour à Bangui presque comme si de rien n’était ?

 

Sanctionné par l’ONU, il rentre à Bangui

Renversé en mars 2013 par la coalition armée conduite par Michel Djotodia, François Bozizé s’était enfui à l’étranger, laissant derrière lui un pays exsangue. Sanctionné par les Nations unies pour avoir soutenu les anti-balaka, milices responsables d’innombrables exactions contre les musulmans, l’ancien président est rentré dans la capitale centrafricaine le 15 décembre 2019 : un retour salué par ses partisans, en premier lieu son parti politique, la Convergence nationale (Kwa Na Kwa, KNK).

Le temps de l’impunité

C’est libre qu’il a reçu la presse, lundi 27 janvier, pour annoncer sa probable candidature à l’élection présidentielle prévue à la fin de l’année. Comme si de rien n’était, donc. Michel Djotodia, lui, est revenu de son exil béninois, le 10 janvier, six ans après avoir démissionné de ses fonctions de chef d’État.

« On voit la traduction réelle de l’accord de paix de Karthoum, signé le 3 février 2019 par le gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés : une amnistie cachée pour tout le monde, note le directeur de l’observatoire Afrique central à l’Institut français des relations internationales, Thierry Vircoulon. Il n’a pas inquiété les leaders des milices - ils ont même été absorbés dans le gouvernement - et il a été très conciliant avec les deux anciens chefs d’États, qui devaient être bien traités et obtenir un statut : d’où leur retour possible ! »

Manœuvre politique

Un retour plutôt bien accueilli par une partie de la population : « On est loin des préconisations du forum de Bangui, en 2015, où l’amnistie pour les responsables de la crise avait été clairement rejetée, poursuit Thierry Vircoulon. Aujourd’hui, ce forum est lettre morte. Dans la perspective de la présidentielle, on peut imaginer une alliance entre l’actuel président Touadéra et François Bozizé. Le premier, issu aussi du KNK, a déçu les Centrafricains. Un tel rapprochement leur donnerait une vraie perspective pour la présidentielle ».

50 morts à Bria

Alors que les manœuvres politiques sont lancées à Bangui, les deux tiers du territoire restent sous la coupe des groupes armés. Des milices toujours violentes, comme l’attestent les heurts qui ont frappé Bria, samedi 25 et dimanche 26 janvier, faisant une cinquantaine de morts. Deux branches de l’ancienne rébellion Seleka se disputent le contrôle des ressources de cette ville diamantaire de l’est du pays. Un conflit que vient envenimer la rivalité entre plusieurs communautés, les Rounga d’une part, et les Kara alliés aux Goula, d’autre part.

Cette situation rappelle celle de septembre 2019 à Birao, une ville dans l’extrême nord du pays où des milices ennemies se sont affrontées, au prix de dizaines de tués. Sept ans après le début de la crise, plus du quart des 4,7 millions d’habitants de la Centrafrique sont toujours des déplacés ou des réfugiés.

Des miliciens de Bangassou jugés

 

Dans ce contexte dramatique et ubuesque s’est toutefois ouvert à Bangui, le 15 janvier, le procès de plusieurs chefs miliciens anti-balaka. Parmi eux se trouvent Pino Pino et Béré Béré, poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à Bangassou en 2017, dont l’assassinat de six casques bleus. « Ce procès est de bon augure pour la lutte contre l’impunité. Reste à savoir s’ils seront condamnés », relève Thierry Vircoulon.

Ces miliciens s’en étaient pris aux musulmans de Bangassou en juin 2017. 2 000 musulmans tentaient alors de survivre, sur le site de l’évêché, à l’encerclement et aux attaques de leurs.

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En crise depuis 2013

 

24 mars 2013 : prise de Bangui par la Séléka. François Bozizé s’enfuit, Michel Djotodia s’autoproclame chef de l’État.

5 décembre 2013 : début de l’opération française « Sangaris ».

10 janvier 2014 : démission de Michel Djotodia.

Avril 2014 : création de la Mission de l’ONU en Centrafrique (MINUSCA).

14 février 2016 : élection de Faustin Archange Touadéra.

13 mai 2017 : attaque de Bangassou, 110 morts.

3 février 2019 : accord de paix de Khartoum ratifié le 6 à Bangui. C’est le 8e depuis 2012.

15 novembre 2019 : renouvellement du mandat de la MINUSCA.

27 décembre 2020 : premier tour des élections générales (présidentielle et législatives).

 

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:19
RCA : la Russie obtient un nouvel assouplissement de l'embargo sur les armes

 

Centrafrique: la Russie obtient un nouvel assouplissement de l'embargo sur les armes

 

Mise à jour 31.01.2020 à 18:00

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé vendredi un nouvel assouplissement, léger, de l'embargo sur les armes imposé à la Centrafrique, un sujet qui a donné lieu à de vives frictions entre la France et la Russie.

Une résolution, rédigée par Paris, prolongeant de seulement six mois l'embargo, jusqu'au 31 juillet, a été approuvée par 13 voix pour et deux abstentions, celles de Moscou et Pékin.

Elle prévoit la possibilité pour la Centrafrique d'acquérir pour ses forces des "véhicules militaires dépourvus d'armes et des engins armés d'un calibre inférieur à 14,5 mm", à condition d'en notifier l'ONU au préalable.

Selon des diplomates, les négociations ont donné lieu à des tensions importantes entre la France et la Russie.

Ex-puissance coloniale, la France, soutenue par les membres européens et africains du Conseil (Afrique du Sud, Niger et Tunisie), ne voulait procéder à aucun nouvel assouplissement de l'embargo au vu de la situation dans le pays, selon ces sources concordantes s'exprimant sous couvert d'anonymat.

De son côté, la Russie, soutenue par la Chine, en voulait un conséquent, faisant valoir que Bangui réclamait depuis longtemps une levée totale de l'embargo. La Russie est militairement présente en Centrafrique où elle apporte, selon Bangui, une "aide énorme".

Dans la négociation tendue, Moscou a été jusqu'à proposer cette semaine à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution concurrent à celui de la France. Un compromis a finalement été trouvé jeudi, permettant d'éviter la mise aux voix des deux textes et le risque d'un arrêt total de l'embargo en cas d'utilisation d'un veto par l'un des membres permanents du Conseil.

Par la voix de son ambassadrice adjointe, Anne Gueguen, la France a regretté "profondément" vendredi qu'il n'y ait pas eu une adoption unanime. "Le Conseil de sécurité est pleinement à l'écoute des autorités centrafricaines" dans le domaine de la sécurité, a-t-elle assuré, soulignant la nécessité d'une "approche responsable".

- Divisions en juillet? -

Son homologue russe, Dmitri Polyanskiy, a déploré que "tous les arguments (de Moscou) n'aient pas été pris en compte" et averti qu'ils seraient à nouveau utilisés en juillet, laissant augurer de nouvelles divisions au Conseil de sécurité dans six mois.

"Nous voulions un assouplissement plus important de l'embargo sur les armes", a-t-il dit. Utile au début, l'embargo "fait maintenant obstacle au réarmement de l'armée nationale et des forces de sécurité", a jugé le diplomate russe.

De son côté, l'ambassadeur du Niger, Abdou Abarry, s'exprimant aussi au nom de l'Afrique du Sud et de la Tunisie, a estimé que la résolution adoptée "représentait une réponse à la demande légitime formulée" par la Centrafrique "de continuer vers une levée définitive de l'embargo sur les armes".

Le nouvel assouplissement va aider le gouvernement "à reprendre le contrôle de l'ensemble du pays", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont noté pour leur part qu'aucune demande d'exemptions à l'embargo n'avait été faite par Bangui depuis septembre, alors que cette possibilité est ouverte aux autorités centrafricaines.

Le Conseil de sécurité avait décidé en septembre d'un premier assouplissement de l'embargo imposé en 2013 en autorisant la livraison aux forces centrafricaines d'armes individuelles d'un calibre inférieur ou égal à 14,5 mm. Cet embargo avait été décidé quand la Centrafrique avait basculé dans la guerre civile après la chute du président François Bozizé.

La levée totale de l'embargo est une demande ancienne des autorités centrafricaines, qui affirment que les groupes armés qui continuent de contrôler une vaste partie du pays peuvent en obtenir facilement par la contrebande en mettant en situation d'infériorité Bangui, soumis à l'embargo.

Depuis 2017, des exceptions à cet embargo avaient été accordées par l'ONU au cas par cas. Des livraisons d'armes avaient ainsi pu être effectuées, fournies notamment par la Russie et la France.

 

Par Philippe RATER  © 2020 AFP

 

Centrafrique : pourquoi la France a-t-elle peur ?

 

http://french.presstv.com/

 

Que l’armée centrafricaine s’équipe des armes plus sophistiquées, mais aussi qu’elle se muni des véhicules blindés : c’est pour cela d’ailleurs qu’elle ça jusqu’à s’en prendre à la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU.

RFI dit :

« À l’ONU, le Conseil de sécurité vient d’approuver un assouplissement de l’embargo sur les armes imposé à la Centrafrique. La France et la Russie ont eu des négociations tendues sur le sujet depuis le début de la semaine. La résolution votée prévoit un allègement de l’embargo, puisque désormais, les forces de Centrafrique, les FACA, pourront s’équiper de véhicules blindés, avec la possibilité d’être armés d’un calibre inférieur à 14 mm et demi. Et la décision devra être revue dans 6 mois par le Conseil de sécurité. Une concession pour la France, rédactrice de la résolution. »

Mais ce n’est pas seulement parce que la Russie fait écouler ses armes sur le marché centrafricain : il y a quelque chose de plus gênant pour la France présente sur le sol centrafricain depuis 2013, et c’est le fait que la Russie, à la demande du gouvernement centrafricain est largement présente dans divers domaines.

La France se comporte en puissance d’occupation à l’heure où les armées ouest-africaines se manifestent de plus en plus en indépendantes et il se peut que l’armée centrafricaine suive l’exemple de la puissance de feu des armées nationales ouest-africaines dont la méfiance et le ressentiment contre la France sont de notoriété publique.

Les troupes françaises basées en Centrafrique sous « opérations Sangaris » depuis 2013, pourraient se trouver face à des surprises de taille.

 

http://french.presstv.com/Detail/2020/02/01/617622/RCA-la-France-atelle-peur-de-larme-centrafricaine-

 

Centrafrique: la Russie obtient un nouvel assouplissement de l’embargo sur les armes

 Afriquinfos 2 FÉVRIER 2020

Paris (© 2020 Afriquinfos)-Le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé vendredi un nouvel assouplissement, léger, de l’embargo sur les armes imposé à la Centrafrique, un sujet qui a donné lieu à de vives frictions entre la France et la Russie.

 

Une résolution, rédigée par Paris, prolongeant de seulement six mois l’embargo, notamment jusqu’au 31 juillet, prévoit la possibilité pour la Centrafrique d’acquérir pour ses forces des « véhicules militaires dépourvus d’armes et des engins armés d’un calibre inférieur à 14,5 mm », à condition d’en notifier l’ONU au préalable. La mesure a été approuvée par 13 voix pour et deux abstentions, celles de Moscou et Pékin.

Selon des diplomates, les négociations ont donné lieu à des tensions importantes entre la France et la Russie.

Ex-puissance coloniale, la France, soutenue par les membres européens et africains du Conseil (Afrique du Sud, Niger et Tunisie), ne voulait procéder à aucun nouvel assouplissement de l’embargo au vu de la situation dans le pays, selon ces sources concordantes s’exprimant sous couvert d’anonymat.

De son côté, la Russie, soutenue par la Chine, en voulait un conséquent, faisant valoir que Bangui réclamait depuis longtemps une levée totale de l’embargo. La Russie est militairement présente en Centrafrique où elle apporte, selon Bangui, une « aide énorme ».

Dans la négociation tendue, Moscou a été jusqu’à proposer cette semaine à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution concurrent à celui de la France. Un compromis a finalement été trouvé jeudi, permettant d’éviter la mise aux voix des deux textes et le risque d’un arrêt total de l’embargo en cas d’utilisation d’un veto par l’un des membres permanents du Conseil.

Par la voix de son ambassadrice adjointe, Anne Gueguen, la France a regretté « profondément » vendredi qu’il n’y ait pas eu une adoption unanime. « Le Conseil de sécurité est pleinement à l’écoute des autorités centrafricaines » dans le domaine de la sécurité, a-t-elle assuré, soulignant la nécessité d’une « approche responsable ».

 

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait lever les sanctions sur la Centrafrique à une date prochaine, selon un diplomate chinois

 

NEW YORK (Nations Unies), 31 janvier (Xinhua) -- Un diplomate chinois a estimé vendredi que le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait lever son embargo et ses sanctions sur la République centrafricaine à une date prochaine.

S'exprimant lors d'une réunion du Conseil de sécurité, le représentant permanent adjoint de la Chine auprès des Nations Unies, Wu Haitao, a déclaré que la situation politique et de sécurité dans son ensemble en Centrafrique évoluait dans une direction positive.

Le gouvernement centrafricain s'engage à mettre en oeuvre l'accord politique pour la paix et il a réalisé des progrès positifs dans la mise en oeuvre des critères pour évaluer l'embargo sur les armes, a-t-il ajouté.

La Chine a toujours considéré que ces sanctions ne constituaient pas une fin en soi mais un moyen d'aider la Centrafrique à restaurer la stabilité nationale et l'ordre social normal au plus vite, a déclaré le diplomate chinois.

Il a appelé le Conseil de sécurité à lever l'embargo et les sanctions à une date prochaine à la lumière de la situation effective en Centrafrique, et en particulier des souhaits de son gouvernement.

"Cela aidera le gouvernement centrafricain à renforcer sa capacité à préserver la sécurité nationale et à faciliter un règlement politique sur la question", a souligné M. Wu.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté vendredi une résolution visant à prolonger pour six mois les sanctions à l'égard de la République centrafricaine.

Il s'agit du premier renouvellement du régime de sanctions à l'encontre de la Centrafrique depuis la signature de l'Accord de paix politique entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés le 6 février 2019 à Bangui.

 

 

Centrafrique: vers un allègement de l’embargo sur les armes

 

À l’ONU, le Conseil de sécurité vient d’approuver un assouplissement de l'embargo sur les armes imposé à la Centrafrique. La France et la Russie ont eu des négociations tendues sur le sujet depuis le début de la semaine.

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

La résolution votée prévoit un allègement de l’embargo, puisque désormais, les forces de Centrafrique, les FACA, pourront s’équiper de véhicules blindés, avec la possibilité d’être armés d’un calibre inférieur à 14mm et demi. Et la décision devra être revue dans 6 mois par le Conseil de sécurité. Une concession pour la France, rédactrice de la résolution.

À l’origine, elle ne désirait pas toucher à cet embargo malgré les demandes répétées de Bangui, plusieurs membres du Conseil de sécurité estimant la situation sur le terrain encore trop instable. Le gouvernement centrafricain a pu compter sur la Russie, de plus en plus présente dans le pays, qui a alors proposé un autre projet de résolution cette semaine.

Pour ne pas risquer de veto et la levée totale de l’embargo qui en découlait, la France a fait le compromis sur les véhicules blindés, ainsi que sur la durée avant renouvellement : en effet, le Conseil de sécurité voulait éviter de devoir réexaminer la résolution lors des élections en janvier 2021. Les Russes ont tout de même réussi à le fixer à dans six mois, en pleine campagne électorale.

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:05
La RCA vue par le Général Soriano

Lu pour vous

 

La RCA vue par le Général Soriano, ancien commandant de la force française en Centrafrique

 

https://www.moroccomail.fr/ Rédaction février 1, 2020

 

Source : document confidentiel de la diplomatie marocaine

 

Objet : Echange avec le Général Francisco Soriano, ancien commandant de la force française en Centrafrique.

 

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance qu’en marge d’un dîner organisé le 16 courant à la Présidence de la République, à l’occasion de la Fête Nationale Gabonaise, j’ai eu un échange avec le Général Francisco Soriano, Commandant des Forces Françaises au Gabon.

Mon interlocuteur m’a confié que la violence a toujours été un trait dominant en République Centrafricaine. Depuis pratiquement son indépendance, le pays vit dans l’instabilité.

Tous les Chefs d’Etats qui se sont succédé ont délaissé l’intérieur du pays pour se concentrer sur la capitale Bangui. Paradoxalement, M. Jean-Bedel Bokassa est le seul à voir entrepris quelques actions au bénéfice du pays, malgré le caractère mégalomane du personnage.

Selon le Général français, la crise actuelle en RCA n’est pas d’essence religieuse. Les ex-Séléka avaient dans leurs rangs environ 20 % de chrétiens.

L’Imam de la Mosquée de Bangui s’est distingué par ses prises de position contre les Séléka. Au sein des anti-Balaka, une minorité de musulmans y officie.

Ce qui accrédite l’idée d’une crise d’ordre confessionnel tient largement au fait que les ex-Séléka s’étaient livrés à des exactions contre les chrétiens, sans épargner pour autant quelques musulmans.

D’après le Général, le pays est victime d’une mauvaise gouvernance politique et économique. Il aurait dû tirer profit des immenses richesses (diamant, pétrole…) que son territoire recèle pour améliorer le sort de ses populations qui ne dépassent les 5 millions d’habitants.

La transformation de la MISCA en MINUSCA, sous l’égide des Nations Unies, à partir du 15 septembre 2014, pourrait être le prélude à une sortie de crise. Toutefois, des difficultés persistent pour atteindre les 12000 casques bleus, taille jugée critique pour sécuriser le pays.

A cet égard, je vous signale que M. Hervé Ladsous, chef des Opérations de maintien de la paix des Nations Unies a déclaré, ce matin sur RFI que le Maroc, le Pakistan et le Bangladesh sont disposés à la MINUSCA.

Très haute considération

L’ambassadeur Ali Bojji

 

La RCA vue par le Général Soriano
La RCA vue par le Général Soriano

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3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 00:01
Mankeur Ndiaye reçu par le Président de La RCA

 

Lu pour vous

 

Crise En Centrafrique…Mankeur Ndiaye reçu par le Président de la RCA

 

https://www.xibaaru.sn/ By Xibaaru Last updated Jan 31, 2020

 

L’Onusien Mankeur Ndiaye qui vient de bénéficier de la confiance du Secrétaire général des nations Unies (SGNU) qui a renouvelé son contrat de Représentant Spécial du SGNU en Centrafrique, a été reçu par le Président de la République Centrafricaine, Faustin Archange Touadera, pour échanger sur la coopération de la Minusca* avec la Centrafrique sur la mise en œuvre de l’Accord de paix.

Il faut rappeler que des factions armées se sont encore affrontées à Bria, dans le nord-est de la Centrafrique, dimanche 26 janvier, faisant plusieurs dizaines de morts. Le renouvellement du contrat de Mankeur vient à son heure…

*Minusca :  Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en RCA

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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 22:51
La Cemac en tournée de mobilisation de ressources auprès des bailleurs de fonds

Lu pour vous

 

Projets intégrateurs la Cemac en tournée de mobilisation de ressources auprès des bailleurs de fonds

 

(Agence Ecofin)  31 janvier 2020 09:48 - Une mission de la Commission de la Cemac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) s’est rendue, la semaine dernière, auprès des partenaires techniques et financiers et des bailleurs en vue de rechercher et mobiliser les financements d’une dizaine de projets intégrateurs prioritaires dans la sous-région en 2020.

 

En dehors des promesses de ces partenaires et bailleurs à communiquer, dans les meilleurs délais à la Cemac, les projets pour lesquels ils pourraient s’engager, la mission a noté l’intérêt de Dubaï Port World pour la construction des ports secs de Beloko (Centrafrique) et Dolisie (Congo). Par ailleurs, Millenium Finance Corporation a manifesté son intérêt pour les projets de télécommunications et d’énergie et sa disponibilité à accompagner la sous-région dans la mobilisation des investisseurs privés du Moyen-Orient.

L’Agence française de développement s’est montrée disponible à apporter une assistance technique dans la mise en œuvre de certains projets et à mener un plaidoyer auprès de l’Union européenne. La Banque islamique de développement (BID), quant à elle, a promis de servir de catalyseur pour la mobilisation des institutions économiques et financières arabes en vue du financement des projets intégrateurs.

Pour la seconde phase de cette mission, les autorités et les institutions financières spécialisées chinoises ont confirmé leur disponibilité à recevoir les autorités de la Cemac, au cours du mois de février 2020.

SA

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 00:42
François Bozizé annonce son éventuelle candidature

 

Lu pour vous 

 

Présidentielle en Centrafrique : François Bozizé annonce son éventuelle candidature

https://actucameroun.com/ 29 Jan 2020 

 

Depuis son retour au pays le 16 décembre 2019 après presque 7 ans d’exil, l’ancien président centrafricain s’est adressé pour la première fois à la presse lundi 27 janvier 2020.

En attendant d’être reçu par le président Faustin Archange Touadéra, un ancien du parti Kwa na Kwa (KNK), François Bozize observait un mutisme de carpe. Finalement, le 21 janvier 2020, le chef de l’Etat centrafricain a consenti à recevoir celui dont il a été le Premier ministre. Quelques jours après cette rencontre, le leader du KNK s’est exprimé publiquement dans le cadre d’une conférence de presse.

Selon Radio France Internationale (RFI) qui rend compte de cette rencontre avec la presse, l’ancien chef de l’Etat a saisi l’occasion de cette première prise de parole pour d’abord s’excuser : « Encore une fois, pour toutes les erreurs commises de ma part et pour les torts commis aux uns et aux autres et qui auraient pu résulter de mon action à la tête du pays, je demande solennellement pardon en ce jour. Je prie le peuple centrafricain de croire que je n’ai jamais fait du mal intentionnellement à aucun de mes compatriotes et je prie pour que ces quelques mots puissent contribuer à l’apaisement de leur cœur. »

Ce fut également une opportunité pour François Bozizé de rassurer ses concitoyens, mais surtout l’opinion internationale sur son engagement à respecter l’accord de paix de Khartoum. Qu’il ne manque pas de tacler au passage cependant en déclarant qu’il faudrait lui insuffler une nouvelle énergie.

« Je suis rentré dans un esprit d’apaisement et de recherche de paix contrairement à ce qu’une certaine propagande s’est évertuée à répandre ces derniers jours. Je ne suis pas venu chercher querelle à personne. Je ne suis pas non plus venu fomenter un quelconque complot pour créer le trouble en République centrafricaine. Ce sont d’ailleurs de très graves accusations portées à mon endroit ainsi qu’à celui de mes proches collaborateurs et cela ne restera pas sans conséquence. »

Au cours de ce premier rendez-vous avec la presse, l’ancien président renversé en 2013 a évoqué sa situation judiciaire. Marquée par un mandat d’arrêt centrafricain. François Bozize est également toujours sous sanction des Nations unies pour son rôle dans la crise centrafricaine de 2013, marquée par de violents affrontements communautaires entre populations chrétiennes et musulmanes, au cours de laquelle il est accusé d’avoir soutenu des milices antibalaka. Mais l’homme compte demander une levée de ces dispositions qu’il juge injustes.

« Les événements concernant les antibalaka se sont déroulés en mon absence et tout le monde le sait », s’est défendu l’ancien chef de l’État, précisant qu’il allait prochainement demander aux Nations unies que son cas soit étudié pour mettre fin aux sanctions prises contre lui. « Aujourd’hui, la situation a considérablement évolué et il ne me paraît absolument pas juste que je sois contraint de subir ces sanctions à perpétuité ».

Sur la question de sa possible candidature à l’élection présidentielle de décembre prochain, François Bozizé affirme que le moment n’est pas venu de se déclarer ou non. Cependant, il est affirmatif sur une chose : « Rien ne m’empêche d’être candidat. Rien ne m’empêche selon les textes officiels. Cela dépend de mon parti. C’est le congrès qui désigne les candidats », a fait valoir François Bozizé. Sans donner plus de détails sur ses intentions politiques à moins d’un an de la présidentielle prévue en décembre 2020.

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 00:14
Une mission de la Minusca attendue ce jeudi à Birao

 

 

Vakaga : Une mission de la Minusca attendue ce jeudi à Birao

 

 

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 22 janvier 2020 17:43

 

La ville de Birao située à l'extrême Nord-est de la République Centrafricaine est replongée depuis le début de la semaine dans une forte psychose. L'incendie de plus d'une centaine de maisons lundi 20 janvier au centre de la ville suite à l'assassinat de 2 jeunes et les combats entre groupes armés autour de la ville, ravivent les tensions ethniques.

Dans ce contexte de tension dominé par des rumeurs, la Minusca a annoncé ce mercredi au cours de sa conférence de presse hebdomadaire, l'envoi imminent d'une mission à Birao. L'objectif est de palper du doigt les réalités du terrain et de remonter l'information à Bangui aux fins d'une action concrète.

"La décision en ce moment de la Minusca, c'est de protéger la population à Birao. Abandonner la population exposerait celle-ci en cas d'attaque. Des casques bleus sont partis en renfort à Birao mais il y a une mission qui se rend jeudi 23 janvier dans la ville pour exprimer sa solidarité aux populations et pour engager les autorités locales et voir comment les forces sont engagées sur le terrain"  a indiqué Vladimir Montéiro, Porte-parole de la Minusca.

Plusieurs villages à la périphérie de Birao ont été le théâtre d'affrontements les 19, 20 et 21 janvier entre le FPRC et MLCJ. Ces combats auraient fait plus d'une vingtaines de morts, plusieurs blessés et de nombreux déplacés, selon des sources locales.

"Plus d'une dizaine de blessés évacués d'urgence, suivent des soins à l'hôpital de Birao " a confié une autre source à Radio Ndeke Luka. Si la ville de Birao est calme, la psychose gagne les esprits et les sites des personnes déplacées se remplissent, entraînant une situation humanitaire catastrophique.

La situation sécuritaire s'est dégradée dans cette région de la Vakaga depuis le déclenchement des hostilités entre le FPRC et le MLCJ au début du 2e semestre 2019. Ces violences qui ont pris une allure ethnique ont coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes et se sont étendues dans plusieurs villages et dans la ville d'Amdafock, frontalière avec le Soudan.

 

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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 23:49
L'accord de paix a donné de l'oxygène à l'économie (BM)
L'accord de paix a donné de l'oxygène à l'économie (BM)

 

L'accord de paix a donné de l'oxygène à l'économie selon Han Fraeters

 

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 29 janvier 2020 08:19

 

La Banque Mondiale en Centrafrique se félicite de l'amélioration de la situation économique en Centrafrique. Le dividende de la paix grâce à l'accord de paix signé permet au pays de renouer avec la croissance. La Banque Mondiale finance les activités de développement. Il a évoqué les élections de décembre 2020 qui sont aussi déterminantes pour l'environnement économique du pays. Il est au micro de Juvénal Kohérépédé.  

 

https://www.radiondekeluka.org/actualites/economie/35077-l-accord-de-paix-a-donne-de-l-oxygene-a-l-economie-selon-han-fraeters.html

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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 23:43
NOTE D’INFORMATION MINUSCA

 

NOTE D’INFORMATION

 

L’ACCORD DE PAIX A PERMIS DES AVANCEES MEME SI LES DEFIS RESTENT IMPORTANTS

 

Bangui, le 29 janvier 2020 –La baisse des violences, l’extension de l’autorité de l’Etat et le désarmement de groupes armés dans l’ouest du pays font partie des dividendes de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA) du 6 février 2019, a indiqué mercredi le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro. « L’Accord de paix a permis la démobilisation et le désarmement de combattants de groupes armés dans l’ouest et par conséquent le lancement de la première Unité spéciale mixte de sécurité dans la zone. L’Accord a également contribué au déploiement des forces de sécurité intérieur, notamment des FACA à Alindao, Bria, Birao et Kaga-Bandoro », a rappelé le porte-parole au cours de la conférence de presse hebdomadaire.

 

La MINUSCA, à travers le porte-parole, a en même temps évoqué les nombreux défis en condamnant les violations de cet Accord par certains groupes armés, notamment les tueries de Paoua par les éléments des 3 R, l’occupation de la ville de Bambouti par l’UPC et les affrontements entre le FPRC et le MLCJ dans le nord-est. « Il y a eu des violations graves. Nous combattrons les violations. Le régime des sanctions va désormais être enclenché conformément à l’article 35 de cet Accord de paix », a-t-il dit. Le porte-parole a également ajouté que « tous ceux qui peuvent aider à faire avancer l’Accord de paix sont les bienvenus ».

 

Sur la situation des droits de l’homme, le porte-parole, a présenté les statistiques du 22 au 28 janvier 2020 documentés par la MINUSCA qui font état de 19 incidents d’abus et de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire et 38 victimes, notamment dans les préfectures de l’Ouham et le Mbomou. Les groupes armés restent les principaux responsables présumés de ces violations. Le porte-parole a également mentionné la poursuite de la 3eme phase du programme de réduction de la violence communautaire de la MINUSCA, qui touche 4400 bénéficiaires dans les localités de Bangui, Kaga-Bandoro, Bangassou, Bria, Bouar, Bossangoa et Bambari.

 

De son côté, le porte-parole de la Force de la MINUSCA, le Commandant Issoufou Aboubacar Tawaye, faisant part d’une recrudescence de violence, particulièrement dans la région est du pays, a souligné que les casques bleus ont mené 3736 patrouilles dont 1144 nocturnes et ont fourni 524 escortes sur l’ensemble du territoire centrafricain la semaine dernière, afin d’assurer la protection des populations.

 

Pour sa part, le porte-parole de la Police de la MINUSCA, le Capitaine Leo Franck Gnapié, a souligné que son institution a organisé un atelier d’évaluation et de retour d’expérience de la récente campagne de recrutement des 1000 policiers et gendarmes, destiné à « faire une rétrospective de l’ensemble du processus, tirer les enseignements et faire des recommandations pour les prochains recrutements ». Il a aussi fait part de la tenue depuis le 22 janvier, à l’école de Police et avec l’appui de la MINUSCA, d’une formation de pré-déploiement de dix policiers centrafricains pour la relève de leurs collègues présentement à Birao.  

 

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29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 23:36
En Centrafrique, l’accord de paix, malgré tout
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En Centrafrique, l’accord de paix, malgré tout
En Centrafrique, l’accord de paix, malgré tout

Lu pour vous

 

https://www.lemonde.fr/ 29 janvier 2020 Par Gaël Grilhot

 

Le pays s’accroche au texte signé à Bangui le 6 février 2019 qui, malgré de multiples violations, a déjà produit quelques avancées.

Des factions armées se sont encore affrontées à Bria, dans le nord-est de la Centrafrique, dimanche 26 janvier, faisant plusieurs dizaines de morts. Un épisode violent de plus, qui pourrait laisser penser que le pays reste embourbé dans la crise politico-militaire née en 2013. La prise de la capitale par la Séléka, une coalition de groupes armés venus du nord et de l’est, avait alors plongé le pays dans la guerre civile et placé des pans entiers du territoire sous contrôle de milices.

Pourtant, depuis le début de la période de transition de 2014, l’Etat, soutenu par la communauté internationale, a repris une partie du contrôle de son territoire. Et, en parallèle, les négociations entre le gouvernement et quatorze groupes armés ont abouti à la signature d’un accord de paix à Bangui le 6 février 2019, qui a d’ores et déjà eu des répercussions positives sur le terrain.

 « D’une manière globale, la signature de l’accord s’est traduite par une baisse de la violence, explique ainsi Vladimir Monteiro, porte-parole de la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca). Même si nous avons encore assisté à des pics de violations extrêmement graves. » Bien que réels, ces progrès sont marqués par un bilan humanitaire lourd, avec 690 000 déplacés internes recensés en 2019, en progression de 40 000 par rapport à l’année précédente.

« L’inclusivité », une des bases de l’accord

Il peut paraître étrange dès lors que certains responsables de groupes armés participent au gouvernement, alors même que leurs troupes ne respectent pas l’accord. Selon Ange-Maxime Kazagui, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, ceci est lié au pari qui a été fait de « l’inclusivité », une des bases de l’accord. Comme il le rappelle volontiers, « ce n’est pas au premier, au deuxième ou au dixième incident que l’on doit dire qu’un accord est mort »Il mise sur un dialogue ferme avec ces groupes armés pour les convaincre de respecter l’accord, et même de démobiliser leurs troupes.

D’ailleurs, côté progrès, des programmes mis en place pour une réinsertion des combattants dans la vie civile ont permis des avancées dans l’ouest du pays. La plupart des volontaires pour ce désarmement demandent à être intégrés dans les Forces armées centrafricaines (FACA) ou au sein des Unités spéciales mixtes de sécurité (USMS). Ce sont d’ailleurs ces unités, point-clef de l’accord de paix, qui doivent sécuriser les couloirs de transhumance, mais elles tardent à se mettre en place et, pour le moment, une seule d’entre elles a été officiellement créée, dans la ville de Bouar, au nord-ouest du pays.

Il y a pourtant urgence. Avec le retour de la saison sèche, les conflits entre agriculteurs et éleveurs pourrait reprendre, même si le gouvernement assure que les derniers obstacles ont été levés pour étendre ces USMS vers le nord et l’est.

Le redéploiement des forces armées

Tout au long de l’année s’est par ailleurs poursuivi le redéploiement des FACA, y compris dans les zones sous contrôle des groupes. Formées par l’Union européenne mais aussi, depuis 2018, complémentairement par des « instructeurs privés » russes dans le cadre d’un nouvel accord de coopération militaire avec Moscou, les FACA sont désormais également un peu mieux armées. La levée partielle à plusieurs reprises de l’embargo onusien, sur fond de dissensions diplomatiques entre la France et la Russie notamment, a en effet permis plusieurs livraisons d’armes et de matériel à destination de l’armée. Les FACA redéployées sont cependant toujours en nombre insuffisant dans l’arrière-pays. Mais leur présence peut suffire à encourager les fonctionnaires à prendre leurs fonctions dans ces villes de région.

« L’effritement de l’Etat et des services de base (santé, éducation, sécurité, justice) date d’avant le conflit », estime Mamadou Sow, conseiller technique principal au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). « C’est d’ailleurs ce qui a engendré un sentiment de frustration, à l’origine de la création des groupes armés et des groupes d’autodéfense », ajoute-t-il. Moins spectaculaire que le retour des FACA, la réinstallation d’une administration civile dans l’arrière-pays est donc jugé ultra-prioritaire.

« Même dans les zones occupées par les groupes armés, tous les acteurs réclament qu’il y ait plus d’enseignants, de personnel médical, pour leurs familles, leurs enfants, poursuit Mamadou SowLes fonctionnaires que les groupes armés ne voulaient pas voir, sont ceux des régies financières (impôts, douanes) et des forces de défense et de sécurité, même si dans le cadre de l’accord de paix, le redéploiement de forces de police et de gendarmerie a également pu avoir lieu. »

« Apaisement »

Les 1 315 agents de l’Etat recensés à leur poste en 2015 sont désormais 3 418 en janvier 2019, dont 1 200 dans l’est du pays. Même s’il s’est accru depuis un an, ce nombre est là encore très largement insuffisant pour assurer tous les services de base. Néanmoins, veut croire Ange-Maxime Kazagui, « les effets induits par la présence de fonctionnaires, de leurs salaires, ainsi que la réhabilitation d’infrastructures sociales sont bénéfiques et profitent également à la croissance du pays ».

Selon la Banque mondiale, cette croissance a atteint 4,8 % en 2019 (contre 3,7 % l’année précédente). Un bon chiffre, lié en partie au fait que l’économie redémarre de très bas. Mais l’institution rappelle également que « les perspectives économiques demeurent positives grâce à la signature de l’accord ». Les handicaps structurels demeurent cependant importants, notamment pour certaines régions très enclavées. Et l’environnement des affaires n’est toujours pas jugé assez bon pour attirer les investisseurs. « Un problème épineux », reconnu il y a peu sur une radio par le ministre de l’économie Félix Moloua, qui affirme qu’une loi est en cours d’adoption pour améliorer leur protection juridique.

Outre les nombreux projets humanitaires et de développement en cours, la communauté internationale va financer une bonne partie du processus électoral de 2020-2021, dont la présidentielle du 27 décembre. Cette année sera en effet « sensible, prévient Ange-Maxime Kazagui. Il est important que tout le monde reste très concentré afin qu’il n’y ait pas de glissement. » Ce que les partenaires internationaux ont déjà souligné maintes fois.

Le retour récent d’exil des anciens dirigeants Michel Djotodia et François Bozizé, les deux principaux acteurs de la crise de 2013, a de nouveau créé des remous et laissé craindre de nouveaux troubles. Depuis, chacun des quatre anciens dirigeants depuis 2013 a été reçu en tête-à-tête par le président Touadéra, en signe d’« apaisement », souligne le porte-parole du gouvernement. Lundi 27 janvier, lors de sa première apparition publique depuis son retour, François Bozizé a affirmé être rentré lui aussi « dans un esprit d’apaisement ». Un écho rassurant, à quelques jours de l’anniversaire de l’accord de paix.

Gaël Grilhot (Bangui, correspondance)

 

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