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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 23:38

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 20-11-2014

 

Plus de dix mois après leur départ forcé en janvier après un éphémère pouvoir désastreux incarné par leur chef Michel Djotodia, les ex-rebelles de la Séléka n'en finissent pas de se déchirer, la principale faction de l'ex-rébellion basée à Bambari (centre) annonçant la mise sur pied d'une nouvelle direction distincte de celle créée en juillet avec à sa tête leur leader en exil.

 

"On va se démarquer du front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC). Nous n'avons aucune intention belliqueuse. On va choisir une appellation pour montrer notre bonne volonté d' aller vers la paix", a déclaré dans un entretien téléphonique mercredi à Xinhua le lieutenant Younouss Ngabdjia, membre de l' équipe dirigeante de la faction installée à Bambari, à la veille d' une réunion cruciale à Bria, à environ 600 km au Nord de Bangui.

 

Pour ces assises aux allures d'Assemblée générale programmées dès jeudi, le général Joseph Zoundéko, chef d'état-major du mouvement dit des Forces républicaines des ex-Séléka, rassemble autour de lui des groupes de partisans venus de Bangui, Birao, Bambari, Kaga-Bandoro, Mobaye jusqu'à Samoandja à la frontière soudanaise, à en croire Ngabdjia, son directeur de cabinet.

 

Evaluées à environ 170 hommes provenant principalement de Bambari et de Kaga-Bandoro, ces troupes mèneront des discussions visant à "la mise en place du nouveau bureau des Forces républicaines qui mettra un terme à l'appellation d'état-major, puis du bureau politique", a précisé le lieutenant Younouss Ngabdjia.

 

La rencontre se tient en l'absence du général Nourredine Adam, élu 1er vice-président du FPRC lors de la création en juillet à Birao de cette organisation placée sous la direction de Michel Djotodia, pourtant en exil à Cotonou (Bénin).

 

C'est un "boycott", admet Ngabdjia, en réponse à la tenue d'une réunion similaire convoquée par cet autre dirigeant rebelle en octobre dans son fief de Kaga-Bandoro.

 

"Ils sont restés dans leur fief de Kaga-Bandoro. Ils sont considérés comme des dissidents. Une centaine d'hommes ont néanmoins fait défection. Certains d'entre eux sont venus à l'AG dans trois pick-up, d'autres à pied à qui on a demandé d'attendre à M'Bré pour qu'on puisse aller les transporter par un camion", rapporte le directeur de cabinet du chef d'état-major des Forces républicaines des ex-Séléka.

 

Avec ses troupes de Bambari, le général Zoundéko n'avait pas non plus pris part aux assises de Kaga-Bandoro. Mais il annonce la présence d'un groupe d'une dizaine d'émissaires dépêchés par son rival à Bria, comprenant le sous-chef d'état-major chargé des opérations.

 

Le général Ali Djarass, un autre rival meneur d'un groupe de combattants peuls ayant été opposé il y a des mois par des combats sanglants avec la faction de Zoundéko, s'est lui aussi contenté de se faire représenter par une délégation emmenée par ses deux vice- présidents.

 

"Le général Ali Djarass est prêt à reprendre le chemin avec nous", fait tout de même savoir le lieutenant Younouss Ngabdjia.

 

Chaque camp affirme vouloir prendre part au processus de normalisation et de réconciliation nationale en cours dans le pays, avec l'appui de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine ( MINUSCA) déployée depuis mi-septembre en remplacement de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA).

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

Centrafrique : une faction des ex-Séléka annonce prendre ses distances avec Djotodia
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 21:04

 

 

 

     

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-11-19 19:18:20

 

Les trois leaders de la plateforme des confessions religieuses de Centrafrique, lauréats du prix de la Paix de l’ONG américaine Search For Common Ground sont rentrés à Bangui, après une mission de deux semaines aux Etats Unis d’Amérique où ils se sont reçu leur prix le 13 novembre dernier.


Ainsi, l'Imam Oumar Kobine Layama et le Révérend Nicolas Guerekoyame Gbangou sont rentrés au bercail lundi et l'archevêque de Bangui, Monseigneur Dieudonné Nzapalahinga, a regagné Bangui mardi.


Les leaders religieux centrafricains faisaient partie des cinq groupes identifiés par cette ONG, pour leur abnégation, leur persévérance et surtout pour la promotion de la cohésion sociale et le vivre ensemble musulman chrétien. Des qualités qu'ils ont mis en valeur au moment où le conflit centrafricain a failli se transformer en un conflit interreligieux. 

‘'C'est un prix décerné aux gens qui au cœur des violences ont pu apporter un autre message, celui de l'amour, de tolérance, de la cohésion sociale, du vivre ensemble'', a confié à la presse, à son arrivée à l'aéroport Bangui Mpoko, l'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalahinga.


Pour lui, c'est un prix qui récompense ‘' la paix, le courage, l'héroïsme et surtout l'abnégation et la persévérance dans un engagement bien déterminé''.

‘'Le travail que nous faisons, il y a des gens qui le regardent. Ils voient ce qui est au-dessus de la passion et des sentiments. Et ils ont pensé que le travail que nous faisons actuellement est un travail rationnel qui peut être dupliqué partout où tous ceux qui sont animés par le désir de construire la cohésion sociale peuvent en inspirer'', a-t-il indiqué.

 

 http://www.apanews.net/article_read-810093-retour-au-pays-des-religieux-centrafricains-laures-du-prix-de-la-paix.html#sthash.5OR5yj8o.dpuf

Retour au pays des religieux centrafricains lauréats du prix de la Paix
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 21:02

 

 

 

 

APA-Ouagadougou (Burkina Faso)- 2014-11-19 16:57:32 - Le Front de résistance citoyenne (FRC), regroupant des Organisations de la société civile (OSC) burkinabè, exige ‘’l’arrestation immédiate’’ de l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré, refugié à Yamoussoukro depuis sa fuite du pouvoir le 31 octobre dernier.


Dans un communiqué dont APA a reçu copie mercredi, le porte-parole du FRC, Pr Luc Marius Ibriga, rappelle que ‘'le Peuple burkinabè a pris son destin en mains par une insurrection populaire qui a contraint à la démission Monsieur Blaise Compaoré de ses fonctions de Président du Faso, Chef de l'Etat''.


Selon lui, cette insurrection populaire a pour origine l'obstination de Blaise Compaoré à ‘'substituer à la volonté de notre Peuple la sienne comme source de toute légitimité politique dans notre chère Patrie''.


Le Pr Ibriga estime qu'en se concertant pour violer notamment la Constitution et la Charte africaine de la démocratie, ‘'Blaise Compaoré et ses alliés de la majorité présidentielle se sont rendus coupables d'une tentative de coup d'Etat constitutionnel''.

En attendant la saisine de la Haute Cour de Justice de transition, institution compétente en la matière, le FRC demande, souligne le communiqué ‘'au Procureur du Faso, garant des intérêts du Peuple et de la société, de poursuivre ces individus pour trahison de la patrie et atteinte à la Constitution''. 


Entre autres mesures urgentes, le FRC exige ‘'l'arrestation immédiate de monsieur Blaise Compaoré, son extradition et son jugement pour atteinte à la Constitution'', note le communiqué, ajoutant que cela vise à ‘'faire droit au Peuple burkinabè, étancher sa soif de justice, honorer la mémoire de nos martyrs, éviter que de tels crimes à l'encontre du Peuple ne soient encore commis ‘'.


Par ailleurs, souligne le communiqué, le FRC est pour l'apposition de scellés dans les bureaux des anciens dirigeants et membres du gouvernement pour empêcher la destruction des preuves d'infractions.


‘'La société civile rassure l'opinion nationale et internationale qu'elle n'est pas animée par un esprit de vengeance mais qu'elle ne saurait cautionner l'impunité'', rasure dans le communiqué le Pr Ibriga, ajoutant que ‘'sans justice, il ne saurait y avoir de réconciliation nationale et de paix durable''.

 

 http://www.apanews.net/article_read-810077-la-socie-civile-burkinabexige-----l--arrestation-immeate----de-blaise-compaore.html#sthash.LWY5j3bn.dpuf

La société civile burkinabè exige ''l'arrestation immédiate'' de Blaise Compaoré
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 02:10

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-11-18 14:47:25 - La présidente de transition en Centrafrique, Catherine Samba-Panza, a présidé mardi à Bangui la répartition entre les services de l’Etat de trente-six véhicules (12 bus et 24 pick-up) offerts par l’Angola, un don qu’elle a salué comme une illustration de l’excellence des relations entre son pays et Luanda.


‘'Non seulement c'est un geste fraternel mais également un élan de solidarité envers les autorités de transition. Le moins qu'on peut se dire est que la coopération avec l'Angola est au beau fixe en dépit de tout'', s'est réjouie Catherine Samba-Panza.


Pour elle, ce don vient aider au renforcement de capacité de la présidence, du gouvernement et de quelques-unes des institutions de la transition ‘'qui sont dans le besoin pressant et qui doivent faire avancer les choses''.


‘'Dans les limites des véhicules mis à notre disposition, j'ai fait des choix raisonnés en tenant compte des priorités et surtout de l'urgence de faciliter la mobilité pour certaines institutions. Au fur et à mesure des généreux dons que d'autres pays amis pourront nous faire nous porterons notre choix, que les institutions non retenues prennent leur mal en patience'', a-t-elle relevé.

 

http://www.apanews.net/article_read-809973-l%E2%80%98angola-fait-don-de-trente-six-vecules-ea-rca.html#sthash.MgdkCE6v.dpuf

L‘Angola fait don de trente-six véhicules à la RCA
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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 12:39

 

 

 

 

http://www.un.org/  17 novembre 2014 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA) a officiellement pris, ce lundi, la relève de la sécurisation de l'Aéroport international de Bangui M'Poko des forces de l'Union européenne (EUFOR RCA).

C'était lors d'une cérémonie solennelle en présence de nombreux officiels parmi lesquels des représentants du Gouvernement centrafricain, des organisations internationales, et des forces nationales et internationales, y compris la MINUSCA, EUFOR-RCA et Sangaris.

 

Le transfert de responsabilité entre l'Unité d'Infanterie de l'EUFOR et les casques bleus de la MINUSCA s'est étalé sur plusieurs semaines durant lesquelles les deux forces ont mené des opérations conjointes dans le but de maintenir un engagement sécuritaire identique au bénéfice des opérations aériennes et de la population.

 

Pour la mission européenne, qui continuera à fournir son soutien aux casques bleus déployés sur M'Poko, la cérémonie de passation de consignes constitue l'une des réalisations de sa fonction de 'pont' vers la MINUSCA, dans le cadre de la transition progressive entre les deux forces qui devra s'achever en mars 2015.

 

La sécurisation de l'aéroport et ses environs demeure la priorité des deux forces internationales. C'est dans cette optique que l'Unité de génie de L'EUFOR a procédé récemment à la restauration de la voie d'accès à l'escale, ainsi que des structures de contrôle de l'aéroport.

 

Pour sa part, la MINUSCA s'est engagé à garantir le même niveau de sécurité dans la zone aéroportuaire, et à soutenir le développement économique du pays, dont l'aéroport constitue une pièce charnière et le seul point d'accès international du pays. Elle réitère également sa détermination à assurer la protection des civils, conformément à son mandat, en collaboration avec les forces sécuritaires nationales et internationales.

Centrafrique : la MINUSCA assume la responsabilité du dispositif sécuritaire de l'Aéroport de Bangui
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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 12:06

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-11-18 10:35:11 - Les frondes sociales, les groupes armés et la rentrée scolaire font mardi la Une de la presse centrafricaine.


‘'Mouvements anti-balaka transformés en parti politique vont-il se présenter aux élections 2015 ?'' s'interroge L'Agora qui ensuite fait ce commentaire : ‘'Voilà comment l'histoire vient de montrer aux humains que personne ne peut savoir de quoi le est fait le lendemain et que rien n'est définitivement ni acquis, ni fait. Tant que l'histoire continue des dérouler ses imprévus dans lequel nous sommes tous embarqués''.


‘'Au-delà des annonces des balaka, il y a forcement un paquet de problèmes à résoudre. Car, qu'est- ce qui justifie cette subite transformation ?'', ajoute L'Angora, là où L'Hirondelle, abordant un tout autre sujet, écrit : ‘'Grogne des étudiants de l'Ecole Nationale des Arts (ENA) à propos de neuf mois d'arriéré de bourse'' et Le Démocrate parle de ‘'le ras-le-bol de la Socatel''.


‘'Décidemment, il faut le reconnaître indique L'Hirondelle, les choses tournent mal en Centrafrique en ces temps-ci au niveau de la gestion des établissements universitaires''. 


Le même journal d'ajouter : ‘'Après l'Université de Bangui qui a connu la semaine dernière un remous social par la grève des enseignants du supérieur, c'est le tour des étudiants de l'ENA qui viennent rentrer cette semaine dans la danse. Ces derniers ont observé un arrêt de travail pour réclamer l'apurement des arriérés de bourse d'étude qui ne sont pas encore régularisés''.


Le Démocrate parle, pour sa part, des agents de la SOCATEL (Société centrafricaine de télécommunications) qui cumulent en ce moment trente et un mois d'arriéré de salaire et qui ne voient pas le bout de tunnel.


‘'A bout de souffle et de nerfs, déployant une banderole avec des inscriptions suivantes +Trop c'est trop. Payez nos trente et un de mois d'arriéré de salaire. Plus jamais ça+, lors de l'assemblée générale du 12 novembre, les agents de la Socatel ont décidé d'observer une grève pour réclamer le versement immédiat de quatre mois de salaire. Preuve de modestie de leur part''.


Le Démocrate de son côté s'interroge de la sorte : ‘'la rentrée scolaire se confirme quid de la sécurité ?''. Pour ce confrère, tous les enfants sont en droit d'attendre de leurs familles et de la communauté internationale le maximum d'efforts pour qu'ils bénéficient de leur droit à l'éducation. 


A en croire ce confrère, les efforts doivent être déployés à fortiori pour réduire la violence, l'enrôlement de ces enfants dans les bandes armées, leur exploitation comme domestique et la maltraitance.


Sur le plan de la sécurité, l'Hirondelle revient sur le passage de témoin entre l'Eufor-RCA et Minusca. Il titre à ce sujet : ‘'L'Eufor-RCA passe la sécurité de l'aéroport à la Minusca''. 


Déployé en avril 2014, en appoint aux forces Sangaris et Misca, ‘'la force européenne qui a finalement atteint sa pleine capacité en juin dernier vient de céder une parcelle de ce champ initial d'intervention à la force onusienne. Il s'agit de la zone de l'aéroport Bangui Mpoko'', souligne L'Hirondelle.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=809937#sthash.Pk7s0o49.dpuf

Remous sociaux, milices et éducation au menu de la presse centrafricaine
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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 11:45

 

 

 

Par RFI 18-11-2014 à 02:27

 

Au Tchad, une semaine après les manifestations contre la hausse des prix du carburant, le président Idriss Déby a annoncé avoir pris des mesures contre la contrebande de pétrole. Depuis quand et comment des citernes ont-elles pu se retrouver en Centrafrique et dans les pays voisins ? Enquête.

 

Le chef d’Etat tchadien Idriss Déby a décidé de réagir aux manifestations du 11 novembre dernier – qui portaient, notamment mais pas uniquement, sur la hausse des prix du carburant – en se rendant lui-même vendredi dans la raffinerie de Djermaya. Là, il a constaté publiquement les écarts qui existaient entre ce qui sortait de la raffinerie et ce qui était commandé pour approvisionner les pompes.

 

L’explication ? D’après Idriss Déby, ce sont des dizaines de citernes qui partent en Centrafrique et au nord du Nigeria. Depuis quand et comment des citernes ont-elles pu se retrouver en Centrafrique et dans les pays voisins ? La contrebande a commencé dès le lancement de la raffinerie de Djermaya, il y a trois ans, explique un professionnel de la filière pétrole en Centrafrique. « Un transporteur tchadien m'avait proposé une citerne de 36 m³. C'était au tout début », ajoute-t-il.

 

Meilleur marché qu'en Centrafrique

 

Du carburant détaxé dont le prix était plus concurrentiel que celui fixé par l'Etat centrafricain : l'essence tchadienne était à 500 francs CFA le litre, alors qu'en Centrafrique, le gouvernement l'avait fixé à plus de 800 francs.

 

Depuis l'offensive de la Seleka sur Bangui, la plupart des stations-service situées hors de la capitale ont été détruites. Et avec l'insécurité, les transporteurs basés en Centrafrique n'approvisionnent plus les provinces du pays. À Birao, c'est donc vers le Soudan que la population se tourne. À Paoua, vers le Cameroun. Mais à Ndélé, Kaga-Bandoro, Batangafo, et dans les villes encore contrôlées par la Seleka, c'est encore du Tchad que provient le carburant, malgré la fermeture de la frontière.

 

Enquête des députés

 

« C'est la Seleka qui s'occupe de ça, mais les prix sont très chers », a expliqué à RFI un habitant. Comme au Tchad voisin, les prix sont montés en flèche – entre 2500 et 5000 francs CFA le litre –, et comme au Tchad également, la population se plaint des pénuries. D'autres sources affirment que le carburant tchadien se vendait aussi depuis ces trois dernières années au Cameroun et qu'inversement, ces dernières semaines, avec les pénuries, les commerçants tchadiens venaient s'y approvisionner. Lors de sa visite à la raffinerie de Djermaya, le président tchadien a lui-même évoqué une autre destination : le nord du Nigeria. Idriss Déby ne semble plus rien ignorer de ce trafic.

 

Par ailleurs, le président de l'Assemblée nationale a convoqué le ministre du Pétrole et les représentants de l’organe de régulation de la distribution des produits pétroliers, l’ASART, pour répondre aux questions des députés. Ces derniers ont eux-mêmes lancé une mission d'enquête sur les raisons de ces pénuries au Tchad.

 

Mafia

 

Des mesures ont été prises, a assuré le président Déby lors de sa visite de la raffinerie, pour supprimer les intermédiaires et acheminer le carburant tchadien directement dans les stations-service du pays. Mais l'opposition se dit sceptique par rapport à ces mesures : « Le monopole de la distribution de carburant a été octroyé par le pouvoir à des commerçants qui sont presque tous proches du président de la République. Forts de ce monopole, ils font ce qui leur plaît », affirme Ali Golhor, l'un des porte-paroles de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC).

 

Il détaille les chemins pris par ce pétrole de contrebande : « Quand les citernes sortent de Ndjamena, ont dit sur les papiers qu’elles vont à Moundou, à Sarh, à Abéché. Mais souvent, celles qui sont destinées à Moundou vont servir les commerçants du Cameroun, celles qui arrivent à Sarh continuent en fait leur chemin jusqu’à la Centrafrique, et certaines de celles destinées au nord traversent la frontière pour aller en Libye ou au Nigeria. »

 

Un système bien organisé, sur lequel les mesures promises par Idriss Déby auront peu d’effet, estime Ali Golhor : « C’est une sorte de mafia : la distribution du carburant échappe totalement à l’autorité. Je ne pense pas que les mesures préconisées par le chef de l’Etat après la visite de la raffinerie puissent arranger les choses. »

 

Tchad : sur les traces du pétrole de contrebande
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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 02:00

 

 

 

 

LE MONDE | 17.11.2014 à 16h45 • Mis à jour le 17.11.2014 à 17h56 |Propos recueillis par Martine Jacot et Christophe Châtelot

 

Premier ministre (1970-1981) puis président du Sénégal, à la suite de Léopold Sédar Senghor, jusqu’à sa défaite en 2000, devant Abdoulaye Wade, Abdou Diouf termine, à 79 ans, son troisième et dernier mandat de quatre ans, en tant que secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui doit lui trouver un successeur au sommet de Dakar, les 29 et 30 novembre.

 

Pensez-vous que le « cas Compaoré » au Burkina Faso va faire changer d’avis les dirigeants africains qui projettent de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir ?

 

Je suis sûr que cela les fera réfléchir. Nous, à la Francophonie, avons la déclaration de Bamako adoptée en 2000. Cette norme, en termes de démocratie et d’Etat de droit, dit que la Francophonie est contre toute modification subreptice des Constitutions ou du droit électoral à quelques mois d’élections. Lorsque l’on veut modifier la loi fondamentale, il faut un consensus entre les différents acteurs politiques.

 

Je préférerais que l’on ne modifie pas les lois fondamentales mais si cela répond à des impératifs nationaux, alors, il faut un consensus.

 

Avez-vous mis en garde, avant ou pendant la crise, celui que vous appelez « mon ami Blaise Compaoré » dans votre livre, Mémoires (Seuil), qui vient de paraître ?

 

Je ne renie pas mon amitié pour Blaise Compaoré, bien au contraire. Lorsque j’étais chef de l’Etat, nous avons travaillé la main dans la main sur beaucoup de crises, au Niger par exemple. Ici, à la Francophonie, j’ai aussi souvent fait appel à lui. J’ai beaucoup apprécié son rôle dans la résolution de la crise guinéenne, au Togo. Au Mali, c’est grâce à lui s’il y a eu des élections après le coup d’Etat. Il avait la main heureuse. C’était un homme précieux qui a toujours aidé dans la résolution des crises dans la sous-région ouest africaine.

 

Quel était son secret ?

 

C’est un garçon intelligent avec un sens politique très fort. C’est pourquoi ce qui s’est passé au Burkina me déconcerte. Combien de fois, j’ai pris mon téléphone pour dire à untel « Fais attention, je sais que tu veux faire telle chose, je ne te le conseille pas ». Mais je pensais que Blaise Compaoré avait apprécié la situation chez lui, aussi bien qu’il appréciait les situations en dehors de son pays. Je ne m’attendais pas à cela. Je le répète, il faut toujours mieux un consensus dans le cas de modifications constitutionnelles

 

Pourquoi ne pas avoir suspendu le Burkina Faso de l’OIF comme cela avait été le cas avec Madagascar ?

 

Au Burkina, l’armée n’a pas pris le pouvoir. Ce n’est pas un coup d’Etat. Nous avions un président qui, face à une contestation de la rue assez violente, a préféré démissionner pour sauver son peuple.

 

Dans les jours qui ont suivi j’ai parlé à un général de l’armée qui m’a dit :« Notre grand souci c’est l’unité de l’armée ». Tout le monde avait peur de problèmes entre la garde présidentielle et le reste de l’armée.

 

J’ai aussi parlé à de grands leaders politiques qui m’ont dit : « Ce qui nous gêne c’est qu’actuellement dans le pays, comme aurait dit le général de Gaulle, c’est la chienlit ! Il y a la pagaille, le désordre, des pillages, le brigandage. Ce pays n’est pas tenu, que fait l’armée ? »

 

Au bout du compte, l’armée a comblé le vide, rétabli l’ordre et la sécurité des biens et des personnes. Elle a accepté de quitter le pouvoir dès que la charte constitutionnelle aura été adoptée et qu’aura été désigné le nouveau chef de la transition civile, inclusive et pacifique. Ni l’OIF, ni aucune organisation ne pouvaient donc suspendre le Burkina Faso.

 

Plusieurs chefs d’Etat africains veulent modifier leur Constitution, est-ce le signe que la démocratie recule en Afrique ?

 

Non, la démocratie avance. Le problème des limitations de mandat est relativement nouveau.

Les temps changent, les peuples ne peuvent plus supporter que les mêmes restent à la tête de l’Etat pendant trop longtemps. Je pense qu’un mandat renouvelable une fois est suffisant. C’est un élément de décrispation de la vie politique, un élément qui donne de l’espoir à tous les hommes politiques qui ont envie de gouverner et qui ont des idées. Il ne faut pas croire que tout homme politique qui aspire au pouvoir le fait par ambition personnelle.

 

L’Afrique se porterait mieux si tout le monde acceptait la limitation du nombre de mandats à deux. Ça créerait une respiration démocratique, ça permettrait des alternances.

 

Dans cet objectif, nous, la Francophonie, renforçons les capacités des acteurs politiques là où les systèmes sont les plus faibles, toujours dans un souci éthique.

 

Donc vous n’avez pas appelé Blaise Compaoré pour tenter de le faire changer d’avis ?

 

Non je n’ai rien vu venir. Mais d’autres efforts ont été entrepris. Ce n’est plus un secret que la préférence du président Hollande était que Blaise Compaoré acceptât de venir me remplacer [comme secrétaire général de la Francophonie]. Ça aurait été magnifique ! Un homme habitué à gérer les crises, Blaise Compaoré, aux côtés d’un administrateur chevronné et compétent, Clément Duhaime qui continuait à gérer le quotidien de l’OIF et la coopération. Cela aurait été une sortie magnifique pour M. Compaoré.

 

A ce moment-là, le président Hollande a vu beaucoup plus clair que beaucoup, il était sans doute mieux informé. Mais Blaise Compaoré pensait sans doute qu’il pouvait réussir sa modification constitutionnelle sans problème.

 

Comment jugez-vous les interventions militaires, récentes, de la France dans certaines de ses anciennes colonies ?

 

Si François Hollande n’était pas intervenu au Mali, le pays serait aujourd’hui une république islamiste dirigée par des djihadistes. M. Hollande a fait ça pour le Mali, pour toute la zone sahélo-saharienne et pour le monde. Il faut qu’on continue à lutter contre ce terrorisme insidieux ou visible qui peut faire peser des graves menaces sur le monde. Et s’il n’était pas intervenu en Centrafrique, nous aurions eu un génocide de plus. Est-ce qu’il l’a fait pour la France ? Non ! Il l’a fait pour l’Afrique.

 

Les relations entre la France et l’Afrique sont très particulières pour le meilleur, pas pour le pire. Ce ne sont pas des relations de suzerain à vassal. Ce sont des relations entre amis dans lesquelles un ami plus fort va au secours d’un ami plus faible qui le lui demande. C’est sain.

 

Les interventions françaises ne révèlent-elles pas les faiblesses de l’Union africaine ?

 

Lorsque j’étais président, je me suis battu pour que l’on ait une vraie armée africaine avec des éléments prépositionnés dans chacun de nos Etats, capables de se mettre en ordre de marche dès qu’une crise éclate. La France soutenait aussi cette idée mais ce projet n’a pas vu le jour.

Nous sommes passés de l’OUA [Organisation de l’Union africaine] à l’Union africaine. Je n’ai pas vu un grand changement. Kadhafi a agité l’idée des Etats-Unis d’Afrique. On a perdu du temps.

 

Redoutez-vous la propagation d’un extrémisme musulman en Afrique ?

 

Daech [acronyme arabe de l’« Etat islamique »], c’est terrible. Je ne m’attendais pas du tout à ce qui s’est passé. Des erreurs ont été nombreuses au niveau des Etats. Après le 11 septembre 2001, le président George Bush a eu raison de traquer Ben Laden en Afghanistan pour lutter contre le terrorisme. Mais la deuxième guerre d’Irak ne se justifiait pas. Dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, Saddam Hussein était plutôt un allié parce que lui-même était contre Ben Laden. Saddam est tombé. Mais l’administration américaine a ensuite favorisé les chiites par rapport aux sunnites, c’est ce qui a développé un sentiment de révolte. Je n’excuse pas Daech, évidemment.

 

Quelle résonance a l’Etat islamique en Afrique subsaharienne ?

 

Il y a Boko Haram, c’est la même chose. Ils veulent aussi créer un califat. Ansar Dine, c’est la même école.

 

La coalition internationale qui s’est formée contre Daech est totalement justifiée, il faut aller jusqu’au bout. En même temps, il faut tailler le recrutement à la racine. Comment de jeunes Français peuvent-ils se dire : on va avec les djihadistes ? Je ne comprends pas le raisonnement.

 

L’Afrique est-elle un terrain favorable pour les recruteurs du djihad ?

 

Bien sûr ! La pauvreté… On parle à raison de la croissance africaine, même si elle est mal répartie. Il y a des idéologues qui ont de mauvaises interprétations du coran mais les gens qui sont dans l’extrême pauvreté sont des gens vulnérables pour n’importe quel mauvais projet.

 

L’extrême pauvreté a toujours existé en Afrique, pourquoi ce mouvement ultra-radical prospère-t-il aujourd’hui ?

 

Ce terrorisme soit disant islamique ou islamiste s’est développé depuis le 11-Septembre. Le wahhabisme existe depuis longtemps en Afrique mais il n’était pas violent.

 

Le mouvement actuel a besoin d’être stoppé le plus rapidement possible. Je suis totalement d’accord avec les frappes, je souhaite même qu’il y ait des troupes au sol pour tuer cette hydre à mille têtes et l’écraser définitivement. Il n’y a pas d’autre solution. Personne ne peut discuter avec Daech, seule la force peut agir.

 

Est-ce que vous conseilleriez aux pays africains d’interdire les partis constitués sur une base religieuse comme le président Senghor et vous l’avez fait au Sénégal ?

 

Bien sûr. Et je l’avais conseillé au président algérien Chadli Bendjedid, qui était mon ami. Il ne l’a pas fait. En décembre 1991, le Front islamique du salut a remporté le premier tour des élections législatives [le deuxième tour a été annulé et Chadli a démissionné]. Au Sénégal, nous avons la grande chance d’avoir des confréries, où les musulmans se retrouvent sur une base de grand respect de la légitimité démocratique. Les confréries sont l’un des barrages à l’extrémisme. Parce que ceux qui ont tendance à vouloir utiliser l’islam haïssent les confréries.

 

Est-ce que l’OIF, censée rassembler « les pays ayant en commun l’usage du français », est toujours une organisation francophone ?

 

Parmi ses 57 membres, 25 soit près de la moitié n’ont pas le français comme langue officielle ou co-officielle. Ce sont des pays francophiles.

 

L’OIF devait-elle accepter le Qatar comme membre associé en 2012 ? Ne faut-il pas revoir les règles d’admission ?

 

Parce qu’il a développé l’enseignement du français, le Qatar pouvait être considéré comme un pays francophile, donc admissible au statut d’observateur à l’OIF. Mais il réclamait de devenir membre associé. Dans la nuit avant l’ouverture du sommet de Kinshasa en 2012, les Qataris ont fait le tour de tous les chefs d’Etat africains et arabes. De leur part, il y eut un tir groupé, en faveur de ce statut de membre associé. Malheureusement, les pays du Nord n’ont rien dit et cette admission est passée comme une lettre à la poste, par consensus. Mais le Qatar n’a jamais payé sa contribution, calculée au prorata de son PIB par habitant, extrêmement élevé, de 600 000 euros par année. Ce pays, qui dépense des milliards partout a refusé, prétextant qu’il était un pays en voie de développement. De qui se moque-t-on ? Le Qatar n’a toujours pas payé. L’OIF proposera au prochain sommet que le Qatar se contente d’un statut d’observateur.

 

Dans ses sanctions, l’OIF prévoit la suspension de ses membres mais pas d’exclusion. Ne faut-il pas l’envisager ?

Le prochain secrétaire général devra, à mon avis, envisager la possibilité d’exclure les Etats qui ne se conduisent pas bien et durablement, ou bien qui ne remplissent pas leurs obligations vis-à-vis de l’Organisation.

 

Ne faut-il pas aussi réformer le processus de désignation « par consensus » et à huis clos du secrétaire général ?

 

On a toujours préféré jusqu’à présent le consensus mais rien n’empêche d’organiser un vote. Pour le premier secrétaire général de l’OIF élu en 1997, Boutros Boutros-Ghali, le vote a été évité : les chefs d’Etat avaient demandé à l’autre candidat, l’ex-président du Bénin Emile Zinzou, de se retirer, ce qu’il a fait. Quelques mois avant le sommet de Beyrouth d’octobre 2002, le président Abdoulaye Wade m’a demandé de me présenter. Les urnes étaient prêtes. Mais l’autre candidat, le Congolais Henri Lopes, s’est retiré, après que Jacques Chirac a fait pression sur ses deux soutiens, les présidents congolais Denis Sassou-Nguesso et gabonais Omar Bongo. J’ai été élu par consensus.

 

Pour désigner votre successeur, le président Hollande a demandé aux chefs d’Etat africains – près de la moitié des membres de l’OIF – de trouver un consensus entre eux parmi les cinq candidats en lice. Mais ce consensus est introuvable.

 

Je n’exclus pas qu’on ait recours à un vote. Il est aussi possible qu’un candidat dont on ne connaît pas encore le nom émerge au dernier moment. Seuls les chefs d’Etat décident, en huis clos strict.

 

Si blocage il y a, seriez-vous prêt à prolonger temporairement votre mandat ?

 

On me l’a demandé mais il n’en est pas question. Je n’irai pas au-delà de la fin de mon mandat, le 31 décembre. C’est clair, net et précis. Et si vacance il y a, je réfléchirai pour proposer un secrétaire général intérimaire.

 

Selon le dernier rapport de l’Observatoire de la langue française de l’OIF, 274 millions de personnes sont actuellement « capables de s’exprimer en français » dans le monde. Et d’après les projections, à l’horizon 2050, 715 millions de personnes seront francophones, dont 85 % en Afrique. N’est-ce pas optimiste ?

 

Les chiffres actuels ont été affinés avec des méthodes d’enquête sérieuses et la progression a agréablement surpris tout le monde : 7 % de locuteurs francophones de plus par rapport à 2010. Et si nous avions les moyens, on aurait beaucoup plus d’apprenants car la demande de français à travers le monde est très forte.

 

Mais le français est un colosse aux pieds d’argile : le maintien de cette progression, en concomitance avec la croissance démographique de notre bassin de développement le plus important qu’est l’Afrique, suppose des moyens. Il faut que nous développions une politique éducative ambitieuse, en quantité et en qualité, en français et en s’appuyant sur les langues nationales.

 

C’est possible à condition que chacun de nos Etats privilégie l’éducation et la formation dans leur budget, qu’ils en fassent non seulement une priorité mais une surpriorité. Ensuite, il faut étendre les programmes à succès de l’OIF – comme l’Ifadem [Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres] et Elan [Ecole et langues nationales en Afrique] aux nombreux pays qui le demandent. Mais nous avons besoin des financements des bailleurs de fonds traditionnels. Nous allons par ailleurs créer à Dakar un Institut de l’éducation de base pour l’ensemble de la francophonie.

 

Quels sont vos plus grands regrets après vos douze années à la tête de l’OIF ?

 

Je n’ai pas réussi à convaincre les Français, surtout les scientifiques, de ne pas recourir à l’anglais dans les cénacles internationaux. Je ne dis pas que tout le monde y cède : j’ai encore en mémoire le président Jacques Chirac quittant une assistance à Bruxelles en 2006 lorsque Ernest-Antoine Seillière, l’ancien président du Medef, a commencé à parler en anglais. Mais certains sont indécrottables.

J’ai deux autres regrets : n’avoir pu obtenir que l’Algérie et Israël adhèrent à la Francophonie, bien que j’aie tout fait pour.

 

Martine Jacot 

Journaliste au Monde

 

Christophe Châtelot 


Journaliste au Monde

 

Lu pour vous : Abdou Diouf : « L’Afrique se porterait mieux si tout le monde acceptait la limitation du nombre de mandats à deux »
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Centrafrique-Presse.com
18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 00:10

 

 

 

Après le chapitre sur le mouvement de rébellion « Révolution et Justice » d’Armel Sayo et le mercenaire belge François Toussaint, la rédaction poursuit la publication des principaux extraits du rapport du groupe d’experts des Nations Unies du 29 octobre dernier avec cette fois-ci la localisation des bastions et zones principales d’influence et d’action de ces bandes armées.

 

La rédaction

 

B. Groupes armés

 

47. La ligne séparant les milices anti-balaka et la «nouvelle» Séléka, également dénommée «ex-Séléka» ou «Forces républicaines»32, s’est légèrement déplacée vers l’est et le nord depuis la publication du rapport d’activité du Groupe d’experts (voir S/2014/452, par.37), le 1erjuillet 2014, du fait de la pression exercée sans relâche par les groupes anti-balaka sur les villes considérées comme stratégiques et toujours contrôlées par l’ex-Séléka (voir la carte ci-après). Le principal fait nouveau depuis juillet 2014 concerne l’apparition de graves dissensions entre les chefs anti-balaka rivaux et les factions ethniques de l’ex-Séléka, dans leurs bastions respectifs

 

48. Le Groupe d’experts a été en mesure de suivre les conditions de sécurité et les activités des principaux responsables politiques et chefs militaires du mouvement anti-balaka et des différentes factions de l’ex-Séléka dans la capitale et dans les provinces où il s’est rendu. À son avis, la plupart des atteintes à la sécurité résultent de différends entre les anti-Balaka et l’ex-Séléka concernant le contrôle des territoires, ou de la dynamique interne au sein des deux groupes armés, qui est liée à la lutte pour le pouvoir politique ou militaire ou au partage des ressources.

49. Le Groupe d’experts communique à la section III des données de référence concernant les armes et munitions actuellement utilisées par les groupes armés en République centrafricaine et recense aux sections IV et V les actes qui entravent l’acheminement de l’aide humanitaire et les violations du droit international humanitaire que les groupes armés auraient commis.

 

50. Les principales zones de tension au moment de l’établissement du présent rapport sont les suivantes: i) Batangafo (préfecture de l’Ouham), où les groupes anti-balaka placés sous le commandement de Rodrigue Ngaïbona, connu également sous les noms de «Andilo» (utilisé dans le présent rapport), «Général Andilo», «Colonel Andilo», «Angilo», «Angelo», «Andjilo», «Andilou» ou «Andiyo», ont eu des accrochages avec les forces de la Séléka du général de brigade Mahamat Alkhatim en juillet et août 2014; ii)Bambari (préfecture de la Ouaka), où les tensions entre les forces internationales, les groupes anti-balaka et les factions de la Séléka sont vives.

 

51. La situation à Batangafo et Bambari montre comment la dimension nationale du conflit entre les anti-Balakaet l’ex-Séléka peut s’ajouter à la dynamique locale, aux actes de vengeance et à la lutte pour le contrôle des ressources. Le Groupe d’experts a notamment recueilli des informations montrant que la Coordination nationale des libérateurs du peuple centrafricain (CLPC) de Patrice Édouard Ngaïssona, également connue sous le nom de Mouvement des patriotes anti-balaka, ainsi que des groupes anti-balaka de Bangui jusque-là inconnus, participent directement aux affrontements à Batangafo, Bambari et Boda (voir par.201, 202 et 215 et annexe63).

 

Batangafo

 

52. Les tensions sont vives dans le nord-ouest de la préfecture de l’Ouham, depuis avril 2014, lorsqu’une série d’offensives et de contre-offensives ont été lancées à Bouca et en raison d’affrontements entre les groupes anti-balaka placés sous la conduite d’ Andilo» et les forces de la Séléka du général de brigade Alkhatim (voir S/2014/452, annexe 5). Le 26 avril 2014, à Bouca, Andilo a infligé une grave défaite au colonel Mahmat Issa, qui relève du commandement d’Alkhatim, ce qui a permis aux anti-balaka d’attaquer Batangafo.

 

53. En juin et juillet 2014, Andilo a renforcé ses capacités militaires, principalement en transférant à Bouca des camions volés à Bangui33,en créant des camps d’entraînement à la périphérie de Batangafo et en installant son quartier général à Bolom34. La principale attaque contre Batangafo a été menée le 29 juillet 2014 et fait 20 morts. Le Groupe d’experts estime qu’entre 100 et 150 combattants anti-balaka ont participé à l’offensive et a été informé par les forces internationales que les éléments anti-balaka avaient même utilisé un camion pour transporter des combattants de Bouca sur la ligne de front35. Selon des informations obtenues par le Groupe d’experts, l’attaque a été repoussée par le Colonel Saleh Zabadi36, qui a ensuite été promu général et affecté à Kabo (voir S/2014/452, par.53 et annexe 5.5)37.Andilo serait retourné à Bangui le 6 août 2014, laissant au «Colonel Simplice» la direction des opérations. Par ailleurs, deux soldats de la MISCA ont été tués lors d’un autre affrontement avec un groupe placé sous la conduite du colonel Mahamad Zine, commandant de zone de la Séléka à Batangafo.

 

54. Le 4 août 2014, les forces françaises, qui allaient vers le nord en direction de Batangafo pour prêter renfort à la MISCA, sont tombées dans une embuscade tendue à trois kilomètres au sud de la ville par des forces aguerries de la Séléka.

 

Comme indiqué par le Ministère français de la défense sur son site Web38, un appui aérien, fourni notamment au moyen d’avions de chasse français basés à N’Djamena, a été demandé au cours des combats, comme cela avait été le cas pendant l’affrontement entre les membres de l’opération Sangaris et les forces fidèles à Alkhatim le 5 mai 2014 sur la route reliant Bémal à Boguila (préfecture d’Ouham)(voir S/2014/452, par. 52). Malgré de lourdes pertes, la Séléka a lancé le lendemain une contre-offensive contre l’unité de commandement mobile des forces françaises, qui avait de nouveau amené les forces aériennes à intervenir.

 

55. Selon Radio France Internationale, une soixantaine de combattants de la Séléka ont été tués pendant l’affrontement, alors que les chefs locaux de la Séléka ont fait état de seulement sept morts dans leurs rangs39. Par la suite, les forces françaises ont pris des mesures de confiance et tenté de cantonner les forces de la Séléka(voir plus loin, par.177, et annexe 56).

 

56. Zine a également été tué pendant les combats contre l’opération Sangaris. Lors d’une réunion avec le Groupe d’experts, le colonel Mohamed Assil s’est présenté comme le nouveau commandant de zone par intérim, avec le colonel Ahmad Ibrahim Ahmad pour adjoint. Toutefois, un autre colonel dénommé Moussa Maouloud s’est également présenté au Groupe d’experts comme le commandant de zone de Batangafo, chargé des négociations avec les forces internationales, et a prétendu avoir été envoyé dans la zone par le général Zoundeko en juin 2014, mais Maouloud n’est manifestement pas reconnu comme chef par ses pairs(voir annexe6 pour les photographies des commandants de la Séléka à Batangafo).

 

57. Le 14 août 2014, l’opération Sangaris a décidé de mettre en œuvre des mesures de confiance pour trois groupes anti-balaka qui contrôlaient Bouca, deux d’entre eux relevant de l’autorité d’Andilo et le troisième étant plutôt considéré comme une milice d’autodéfense. La décision a été annoncée aux responsables locaux en présence du Groupe d’experts.

 

Bambari

 

58. Il ressort des entretiens que le Groupe d’experts a tenus et de ses observations sur le terrain au cours de missions à Bambari du 20 au 23 mai et du 2 au 4 juillet 2014 que différents groupes anti-balaka participent au conflit qui a éclaté à Bambari et dans ses environs, notamment des milices locales d’autodéfense et diverses factions de la «nouvelle» Séléka, ainsi que des groupes de Peuls armés. De l’avis du Groupe d’experts, les Peuls armés à Bambari ne sont pas tous sous les ordres du général Ali Darrassa Mahamat alias «Ali Daras», issu des Ouda, sous-groupe peul connu pour l’élevage de moutons et non de gros bétail. Plus généralement, en raison du manque de transparence qui caractérise le processus de décision au sein de ces groupes, y compris pour les personnes bien informées des fluctuations rapides des alliances politiques ou militaires, principalement en fonction d’intérêts à court terme et aux fins du contrôle des recettes tirées de l’exploitation des ressources naturelles et des postes de contrôle (voir plus loin, par.111 à 150), il est parfois difficile de comprendre la dynamique locale et les facteurs exogènes qui attisent le conflit au niveau local.

 

59. Toutefois, le Groupe d’experts a établi à partir de plusieurs témoignages de première main que des groupuscules anti-balaka, connus comme venant de l’extérieur ou de Bangui, étaient présents à Bambari(voir annexe7). Ainsi, alors qu’il observait l’un de ces groupuscules, un dignitaire local lui a dit que ces miliciens venaient de «l’extérieur». Il a également été informé par des sources locales de la présence d’au moins deux chefs anti-balaka de Bangui, ayant appartenu aux Forces armées centrafricaines et connus sous le nom de «Douze couteaux» et «Riskeur».

 

60. Ces témoignages semblent confirmer la participation d’anti-balaka basés à Bangui dans ce qui pourrait passer à première vue pour un conflit local, et pourraient donner à penser qu’une stratégie est mise en œuvre au niveau national contre les forces de l’ex-Séléka.

 

61. En ce qui concerne la Séléka, le Groupe d’experts a obtenu une lettre signée par Darrassa, commandant de la 5erégionmilitaire (Ouaka) de la République centrafricaine, par laquelle le général Zakaria Santiago et le colonel Amadou Bello Hissen étaient nommés à des postes de responsabilité (voir annexe 8).

 

62. Son autorité étant contestée par des factions rivales de l’ex-Séléka, Darrassa a perdu le contrôle du chef-lieu de la préfecture de la Ouaka suite à la décision de la nouvelle «Séléka» d’établir son quartier général à Bambari (voir S/2014/452, annexe6)40. Le général Zakaria Damane, qui contrôle la faction goula de la Séléka à Bambari et a créé l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) de Djotodia, s’est rendu de Bria (préfecture de Haute-Kotto) à Bambari le 22 mai 2014, accompagné de Zoundeko, chef d’état-major de la «nouvelle» Séléka et ancien chef d’état-major de l’UFDR, et du général Tom Adam, également connu sous le nom de «Ben Laden», ancien commandant de zone avant la nomination de Darrassa par Djotodia en 2013, qui contrôlait antérieurement la mine d’or de Ndassima (voir annexe9 pour la photographie d’Adam).

 

63. Les tensions entre ces deux factions de la «nouvelle» Séléka ont atteint leur paroxysme le 25 août 2014. Le lendemain, l’Agence France-Presse et Reuters, entre autres, ont indiqué que 17 combattants de la Séléka ont été tués lors d’affrontements entre Peuls et Goulas. L’origine du conflit, qui varie selon les sources, tient au désir de contrôler les recettes provenant de l’exploitation des ressources et à des questions de politique interne, qui ont surgi à la suite de la fusion des composantes peule et «arabe» de la Séléka et de l’alliance entre Darrassa et Alkhatim, qui est issu de la tribu nomade des Salamat au Tchad et auSoudan41. En représailles, Nourredine Adam aurait alors ordonné le désarmement des Peuls par les Goulas de Damane, d’Adam et de Zoundeko.

 

64. Le Groupe d’experts pense que les querelles intestines au sein de l’ex-Séléka à Bambari sont liées au partage des recettes tirées de l’exploitation des ressources. Un commandant de haut niveau d’origine peule lui a dit que le conflit avait éclaté après que les forces des Goulas eurent tenté d’extorquer de l’argent à la succursale d’une société de télécommunication à Bambari, puis créé un point de contrôle pour assurer l’entretien de leurs propres forces sur place. Darrassa aurait cherché à démanteler ce point de contrôle, ce qui aurait conduit aux dissensions entre les deux groupes. Un accord a été conclu et, au moment de l’établissement du présent rapport, les Goulas et les Peuls contrôlaient conjointement le point de contrôle situé dans le nord de Bambari42.

 

65. Dans un communiqué qu’ils ont signé le 17septembre 2014, Alkhatim et Darrassa ont annoncé la scission de l’ex-Séléka et dénoncé «l’irresponsabilité et l’incompétence» des dirigeants politiques du FPCR.Les signataire, qui ont l’intention de mettre en place une nouvelle structure politique, considèrent que ni la partition du pays ni le retour de Michel Djotodia ne permettront de régler la crise actuelle. 

RCA : Rapport du groupe d'experts onusien (suite)
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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 20:03

 

 

 

 

Par RFI 17-11-2014 à 15:59

 

Le politicien centrafricain Levy Yakété est mort, en France, samedi 15 novembre dans un accident de la route. Cet ancien porte-parole de l'ex-président François Bozizé, au moment de son exil, était installé dans l’hexagone depuis octobre 2013. Agé de 50 ans, il était dans le collimateur des Nations unies.

 

Dans la crise centrafricaine, Levy Yakété apparaît fin 2012. A l'époque conseiller jeunesse du président François Bozizé, il annonce la création d'une milice d'autodéfense appelée Cocora, afin de contrer l'avancée de la Seleka. Les rebelles finissent par renverser le chef de l'Etat en mars 2013. C'est le temps de l'exil. De l'extérieur, Levy Yakété devient alors le porte-parole du président déchu.

 

Puis vient le temps de la revanche. En septembre 2013, Levy Yakété revendique une série d'attaques contre la Seleka dans la région de Bossangoa. Des incursions violentes marquant les débuts du mouvement anti-balaka, et durant lesquelles des exactions contre les civils sont commises par les deux camps.

 

Sanctionné par l’ONU

 

L'homme explique que l'opération mobilise des soldats centrafricains pour réinstaller François Bozizé à la tête du pays. Levy Yakété prend alors des responsabilités dans la nébuleuse anti-balaka, au sein du MRPRC, un organe qui se présente comme leur branche politique.

 

Son rôle pendant la crise le met dans le viseur de l'ONU. En mai, le Conseil de sécurité le sanctionne par un gel des avoirs et une interdiction de voyager. Il est accusé d’avoir ordonné des arrestations arbitraires, des attaques contre des opposants au président Bozizé et recruté des miliciens pour agresser à la machette ceux hostiles au régime. Il aurait aussi encouragé la distribution de machettes à des chrétiens pour attaquer les musulmans. Des crimes qu'il avait toujours niés.

France: mort de Levy Yakété, proche de François Bozizé
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