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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 15:59
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Une coordination entre l’EUTM-RCA et les instructeurs russes pour plus d’ « efficacité », souhaite le Général de brigade Éric Peltier

 

BANGUI, le 16 février 2020 (RJDH)---La mission de formation de l'Union Européenne en République Centrafricaine (EUTM-RCA) accompagne le pays dans sa Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS), dont l’un des piliers est la formation du personnel des Forces de Défense ainsi que des instructeurs russes pour l’aguerrissement des soldats. Dans une vidéo conférence le mois dernier, le commandant d’EUTM-RCA, le Général de brigade Eric Peltier a souhaité une coordination des formations pour plus d’« efficacité ».

 

Lors de sa vidéo conférence, le Général de brigade Eric Peltier a déclaré que « l’EUTM-RCA a déjà formé 6.000 soldats répartis dans 5 bataillons, dont 4 d’infanterie et 1 amphibie fluvial. Parmi eux, 1.500 soldats sont déjà déployés à l’extérieur de Bangui et appuyés par la Mission multidimensionnelle intégrée des nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), a rapporté la croixdeguerre-valeurmilitaire.fr. 

 

Par ailleurs, « l’EUTM-RCA entretient également des relations avec l’Union africaine, la France, les Etats-Unis, la Chine et la Russie », a-t-il ajouté. « Elle –la Russie- propose un aguerrissement complémentaire aux soldats centrafricains, avant leur déploiement dans les bataillons. L’arrivée prochaine en Centrafrique d’une mission militaire russe, officielle, permettra à l’EUTM-RCA de coordonner les formations, pour éviter toute redondance et rechercher l’efficacité », a fait remarquer le Général français.

 

Sur l’effectif des instructeurs en Centrafrique, le ministère russe des affaires étrangères a précisé que «  le nombre des conseillers militaires russes présent en RCA : 235 »,  a twitté Valery Zakharov, Conseiller russe en sécurité à la Présidence centrafricaine. 

 

L’EUTM-RCA a pris ses quartiers en Centrafrique depuis 2016 et assure la formation opérationnelle des Forces Armées Centrafricaines depuis le niveau individuel jusqu’à la compagnie. Elle forme aussi des formateurs en informatique, transmission ou topographie. Son mandat prendra fin en septembre 2020, et elle compte augmenter son effectif « afin de rendre plus opérationnelle la nouvelle base de Bouar » ouverte le 20 juin 2019. 

 

Depuis l’avènement de la Séléka en 2013, l’embargo onusien sur les armes à destination de la RCA n’a pas été levé totalement. Il prive les Forces Armées Centrafricaines de ses moyens d’action pour remplir sa mission classique.

 

Fleury Agou

 

 

Centrafrique : L’Union Européenne élargit son soutien au secteur de sécurité en Centrafrique

 

BANGUI, le 16 février 2020 (RJDH)--- European Union Advisory Mission (EUAM) est la nouvelle mission de conseil stratégique et d’appui à la transformation des Forces de Sécurité Intérieures (FSI), un nouvel appui de l’Union Européenne à la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS) en Centrafrique. Cette nouvelle mission a été présentée aux autorités centrafricaines le mercredi 12 février dernier lors du dialogue politique UE-RCA à Bangui.

 

Le Chef de la mission civile de l’Union Européenne, EUAM RCA, est le Colonel Paulo Soares. Pour l’UE, la gouvernance du secteur de sécurité est le fer de lance du partenariat entre la RCA et l'UE, encourageant la restauration de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire.

Cette nouvelle mission a été présentée aux autorités centrafricaines lors du dialogue politique entre l’UE et la Centrafrique consacré aux convergences des actions politiques et stratégiques entre les deux parties.

 

« Le dialogue a aussi donné l'occasion de présenter la nouvelle mission civile européenne de conseil stratégique et d’appui à la transformation des Forces de Sécurité Intérieures (FSI) - EUAM (European Union Advisory Mission) qui sera déployée à partir du mois de mars. L'appui européen à la reforme et au déploiement des forces de défense et sécurité se poursuivra également à travers des projets d'appui à la mise en œuvre du Plan National de la Défense et un programme d'aide budgétaire sectorielle visant le déploiement des FSI sur le terrain et la réorganisation des services de gestion financière et des ressources humaines du Ministère de la Sécurité Publique », peut-on lire dans le communiqué conjoint UE-RCA à la fin de ce dialogue.

 

Faut-il le rappeler, l’UE est depuis 2016 en Centrafrique, apportant des techniques et savoir-faire au profit des Forces Armées Centrafricaines au travers de sa mission militaire de conseil stratégique et de formation, EUTM.

 

« Les actions menées au profit des FACA se poursuivront pour accompagner la Centrafrique dans la construction d'une armée professionnelle, inclusive, républicaine, moderne et capable, sous contrôle démocratique, répondant aux standards internationaux ».

 

Vianney Ingasso

 

 

Centrafrique: Le parquet général fait le bilan des sessions criminelles

 

BANGUI, le 16 Février 2020 (RJDH) --- Le bilan de la session criminelle 2019-2020 se résume à 20 condamnations pour une quarantaine de personnes condamnées.  Le Procureur Général, Éric Didier Tambo, qualifie cette session de dissuasive car, selon lui, nul n’est au-dessus de la loi. Bilan présenté à la presse ce samedi 15 février.

 

Le parquet général près la Cour d’Appel de Bangui se réjouit du déroulement des deux sessions criminelles de 2019-2020 qui, selon Éric Didier Tambo, est un signe de la volonté des autorités judiciaires centrafricaines à mettre terme à l’impunité dans le pays.

 

La première session criminelle est lancée en octobre 2019 au cours de laquelle 15 dossiers ont été jugés, la seconde en a jugé 5. La première session est marquée par les audiences des crimes contre les ressortissants chinois à Sosso-Nakombo dans la Mambere-Kadéï et la seconde par celles des crimes de Bangassou, a fait savoir le magistrat Éric Didier Tambo.

 

 « Le dossier dont le verdict vient de tomber devrait faire l’objet d’une session extraordinaire. En dépit de cela, nous avions eu des dossiers sur les infractions basées sur le genre, notamment les crimes de viol, l’atteinte à la promotion des jeunes filles. Nous avons aligné le dernier dossier des Casques Bleus assassinés à Yongofongo à Bangassou », a précisé le ministère public représenté par Eric Didier Tambo.

 

Le bilan des deux sessions nous donne un total de 20 dossiers jugés pour plus d’une quarantaine de personnes condamnées, « ce ne sont pas les nombres de dossier qui importent, plutôt la qualité de ces dossiers. Le dossier que nous venons de jugé, il y a au moins 30 accusés avec 8 avocats pour la défense, 6 avocats pour la partie civile et le ministère public, c’est très important pour la session de cette année. Les dossiers jugés sont qualifiés de dissuasive », a souligné le Procureur général.

 

Les peines varient de perpétuité à 5 ans au regard des faits qui ont été reprochés aux présumés coupables. Des crimes de droit commun et des violations graves des droits de l’homme ont été jugés lors des deux sessions criminelles par la Cour d’Appel de Bangui.

 

Un autre fait à relever est celui de la spécificité de la seconde marquée par les cas des violences basées sur le genre (VBG), car au moins une dizaine de dossiers sont transférés par l’Unité Mixte d’Intervention Rapide et de Répression (UMIRR) dont les auteurs ont été condamnés entre autres viols sur mineurs, tortures et mauvais traitements ayant entrainé la mort d’une mineure.

 

Selon l’article 20 du code de procédure pénale de la RCA, il est prévu deux sessions criminelles par an. La Cour d’Appel de Bangui est à sa 6ème session depuis 2017. La session criminelle de 2019 a jugé 20 dossiers et a renvoyé 20 dossiers de Bangassou pour une prochaine session criminelle au rang desquels se trouvent 5 mineurs qui seront jugés par le Tribunal pour enfants.  

 

Auguste Bati-Kalamet

 

 

Centrafrique : "La situation des droits de l’homme en RCA reste inquiétante", selon Yao Agbetse

 

BANGUI, le 15 février 2020 (RJDH)---En mission en Centrafrique du 3 au 12 février, Marc Yao Agbétsè, l’expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Centrafrique, a relevé que la situation des droits de l’homme s’est améliorée mais reste encore insatisfaisante face aux journalistes ce mercredi.

 

En visite en Centrafrique du 03 au 12 février, l’expert indépendant sur la situation de Droit de l’homme en RCA, Yao Agbetse, déplore la surpopulation à la maison carcérale de Ngaragba, ce qu’il qualifie de violation des droits de l’homme.

 

« La première chose qu’on remarque lorsqu’on arrive à Ngaragba, c’est la surpopulation carcérale. Et cela est une situation qui porte les germes de violations des droits de l’homme au niveau de l’administration pénitentiaire », dit-il, tout en relavant qu’il y a beaucoup d’éléments qui encouragent cette situation, « il y a beaucoup d’éléments qui concourent à la surpopulation carcérale, il y a d’abord la détention préventive ou la détention provisoire, lorsque les enquêtes préliminaires ne sont pas faites dans le délai, lorsque les investigations que les officiers des polices judiciaires (OPJ) doivent mener ne sont pas menées dans les délais, les juges ne peuvent pas se prononcer sur les cas et donc cela entraine de la surpopulation carcérale », fait-il remarquer.

 

 Cette surpopulation se justifie aussi par le manque d’infrastructures carcérales dans les provinces, a indiqué l’expert indépendant des Nations-Unies sur la situation des droits de l’homme en Centrafrique. « L’autre élément, c’est qu’étant entendu que les infrastructures pénitentiaires de l’arrière- pays ne sont plus fonctionnelles, la plupart des détenus des provinces sont à Bangui, c’est donc un élément qu’il faut considérer. L’une des recommandations c’est de faire en sorte que dans l’arrière-pays, les infrastructures pénitentiaires puissent être réhabilitées et que les prisons à Bangui puissent être soulagées puis cette question de surpopulation carcérale puisse être résorbée », recommande Yao Agbetse.

 

Cette visite s’effectue conformément à la mise en œuvre de la résolution 39/19 du conseil des droits de l’homme des Nations-Unies.

 

 Jocelyne Nadège Kokada

 

 

Centrafrique : Le spectre de pénurie d’eau plane sur Bangui

 

BANGUI, le 16 février 2020 (RJDH)--- La pénurie d’eau reprend à Bangui, c’est un problème qui revient chaque saison sèche. Une situation qui freine aussi les activités quotidiennes du ménage et joue négativement sur les études surtout pour les élèves qui passent des heures au point d’eau.

 

L’on se souvient encore de l’an passé où les Centrafricains font face à une pénurie d’eau sans précédent à cause notamment des problèmes techniques que traverse la société nationale d'approvisionnement en eau. Cette pénurie d'eau, qui dure, avait énervé les habitants, dont certains ont lancé une campagne de contestation sur les réseaux sociaux appelée "bidons jaunes".

 

Face à cette situation, le Premier ministre centrafricain, Firmin Ngrebada avait convoqué à l’époque une réunion de crise avec les responsables de la Sodeca et le ministre en charge de l’Energie et de ressources hydrauliques, Herbert Gotran Djono Ahaba, afin d'identifier ensembles des solutions rapides à ces pénuries.

 

Au sortir de cette rencontre d’urgence, le gouvernement avait promis réaliser 1 000 milles forages dans le pays dont une centaine dans la ville de Bangui, pour alléger les difficultés d’accès à l’eau potable de la population.

 

Selon une enquête RJDH sur la réalisation de ces forages, une cinquantaine sont déjà construits dont une partie est réalisée par le Gouvernement et l’autre par les partenaires dans les arrondissements les plus affectés par cette pénurie.

 

Mais sur les 58 forages, le Gouvernement par le biais de l’Agence Nationale d’Eau (ANEA) devrait initialement en principe réaliser 20 dans cette première tranche, malheureusement ce qui n’est pas le cas sur le terrain. Le constat révèle que dans les quartiers ciblés tels que Bangui-M’poko, Vara, Gobongo 3 derrière le marché, l’Eglise Bèdé, Galabadjia vers l’espace Lingatere, Cité Ngombé dans les environs du marché combattant, Gobongo vers la station, ces forages ne sont pas encore faits et d’autres inachevés.

 

Une situation qui n’encourage pas du tout l’accès à l’eau potable dans la capitale et pourtant les autorités centrafricaines avaient annoncé l’an dernier le versement de 120 millions FCFA à la direction générale et l’équipe technique de l’ANEA pour la construction de ces 20 forages. Dans les faits, selon le tableau de réalisation de la direction générale de l’hydraulique, seulement 12 forages sur 20 ont pu être construits.

Si du côté du gouvernement, les travaux avancent péniblement, 38 forages ont pu être finalisés dans le cadre de ce projet par des partenaires diversifiés notamment L’UNICEF qui a construit 10 forages, 20 pour PARCB et 8 faits par PESPA, ce qui fait au total 38 plus les 12 réalisés dans le 4e, 5e, 8e, Bimbo et Begoua par l’ANEA.

 

Les travaux de construction de 50 autres forages pour atteindre le nombre exact des 100 forages dans la ville, seront lancés dans la semaine, selon l’Agence Nationale d’Eau en Centrafrique.

 

Ketsia Kolissio

 

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 15:28
Fin de la visite de l'Ambassadeur Omar HILAL en RCA

 

La Commission de la consolidation de la paix des Nations Unies réitère son soutien à l’organisation des élections en Centrafrique

 

C’est au cours d’une visite de 72 heures que le Président de la Configuration RCA de la Commission de Consolidation de la Paix des Nations-Unies, par ailleurs Ambassadeur du Royaume du Maroc auprès de l’ONU, Omar HILAL a réaffirmé le soutien total de l’ONU pour l’organisation des élections à venir en Centrafrique.

Omar Hilal a séjourné dans la capitale centrafricaine du 12 au 14 février 2020, tout juste au lendemain du premier anniversaire de l’accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA (APPR). Il était porteur d’un message de soutien au peuple centrafricain et au Chef de l’Etat Faustin Archange Touadera pour les efforts consentis en faveur de la consolidation de la paix.

L’Ambassadeur a été reçu en audience par le Président de la République puis a eu plusieurs séances de travaille avec différents acteurs dont la Société civile, les garants et facilitateurs de l’APPR, le Réseau des femmes parlementaires centrafricaines, entre autres.

A l’issue de ces différentes consultations, il s’est dit satisfait. « Tous mes interlocuteurs m’ont réaffirmé leur engament irréfragable pour la continuation de l’accord de paix et que les élections doivent se tenir dans le temps », a-t-il déclaré. La question de la mise en œuvre de l’APPR et des défis à relever était également au centre des échanges. La Société civile, à l’image de l’Ong URU Jeunesse et leadership dont la directrice s’est inquiétée du fait probable que les opposants ne puissent pas aller en campagne sur toute l’étendue du territoire à cause des hostilités encore entretenues par certains groupes armés, Omar Hilal a répondu que « les Nations unies à travers la MINUSCA mettra tout en œuvre pour que ces élections se passent dans des conditions démocratiques et transparentes ».

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 15:14
Centrafrique : Les FACA sont arrivées à Obo au sud-Est du pays
Centrafrique : Les FACA sont arrivées à Obo au sud-Est du pays

 

Centrafrique : Les FACA sont arrivées à Obo au sud-Est du pays

 

Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont finalement arrivées à Obo jeudi 13 février aux environs de 15 heures, confirme une autorité préfectorale jointe au téléphone ce matin.

Les éléments des FACA ont atteint le Haut Mbomou suite aux discussions entreprises par la MINUSCA auprès des éléments d’UPC d’Ali Darassa.

 « Aucun incident n’a été enregistré, bien qu’il ait constaté une résistance du côté des éléments de UPC d’Ali Darassa à Dembia. Une réunion de sécurité avec les autorités préfectorales est envisagée dans la ville », a fait savoir une source locale.

Ces éléments quittaient Bangassou à destination d’Obo pour assurer la relève des autres éléments des FACA dans le Haut-Mbomou. Ils ont été empêchés par des éléments de l’UPC à Dembia, le jeudi 13 février.

L’arrivée des FACA dans la région du Haut Mbomou, a eu l’appui de la MINUSCA, « c’est vrai qu’il ait eu des disputes au début, les FACA sont arrivées sans incidents majeurs. L’intervention du Préfet, de la Minusca ont facilité leur passage et ils sont parvenus à Obo », a confirmé le Porte-Parole de la Minusca Vladimir Monteiro. 

Le préfet du Haut Mbomou a rejeté les versions selon lesquelles il ait eu des disputes entre les FACA et les éléments de l’UPC, « nous sommes dans un processus restauration de paix en Centrafrique. Nous devons tout faire pour qu’il n’y ait pas d’altercation entre les FACA et les éléments de l’UPC », a fait savoir Jude Ngayoko, préfet du Haut Mbomou.   

  

RJDH

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 15:05
« Si l’Afrique veut se décoloniser, elle doit sortir de la tutelle dans laquelle elle s’est installée »
« Si l’Afrique veut se décoloniser, elle doit sortir de la tutelle dans laquelle elle s’est installée »

Lu pour vous

 

TRIBUNE

 

« Si l’Afrique veut se décoloniser, elle doit sortir de la tutelle dans laquelle elle s’est installée »

Amadou Sadjo Barry, professeur de philosophie, fait le bilan de gouvernance de soixante ans d’indépendance des Etats africains.

 

Tribune. Dans la grande majorité des pays d’Afrique, le droit à l’autodétermination des peuples, autour duquel s’est mobilisé le mouvement des indépendances, n’a pas affranchi les structures de la gouvernance de l’imaginaire colonial. Soixante ans après les indépendances, la précarisation, la violence et la domination structurent toujours le rapport entre les Etats et leurs populations. Ce qui non seulement confine les Etats dans une inefficacité structurelle et normative, mais surtout érige la procuration et l’extraversion comme les modalités privilégiées de l’exercice de la souveraineté.

Par procuration, il faut entendre que les gouvernements africains passent, pour gérer les questions liées à la justice sociale, à la santé et à la sécurité, par l’intermédiaire de la communauté internationale ou des politiques d’aide au développement des gouvernements occidentaux. L’extraversion consiste dans le fait de solliciter constamment l’aide extérieure. C’est une forme de gouvernance tournée exclusivement vers le soutien des pays riches.

C’est très exactement cette dynamique contradictoire de la souveraineté, qui allie dans une même logique la souveraineté et la dépendance, que manifestent les problématiques soulevées par l’opération « Barkhane », le franc CFA, l’aide au développement ou encore la lutte contre l’épidémie Ebola. Mais comment expliquer que les prérogatives qui définissent véritablement l’institution de la souveraineté font l’objet de troc entre les gouvernements africains et les puissances qui dominent l’environnement international ?

Généalogie de la souveraineté en Afrique

Pour comprendre, il importe tout d’abord de relever que l’institution de la souveraineté de l’Etat en Afrique n’a aucun fondement endogène. Loin d’être le résultat d’une interrogation sur les principes normatifs censés garantir l’existence d’un peuple pensé comme une communauté d’intérêts, l’idée d’un Etat souverain y est juste la conséquence d’une transformation de l’ordre légal international. C’est en effet l’instauration du régime de la souveraineté « négative » au niveau international qui a obligé à reconnaître comme Etats souverains les pays décolonisés. Alors que traditionnellement, c’est la souveraineté « positive », c’est-à-dire la capacité de gouvernance et l’indépendance effective qui déterminaient l’acquisition de la souveraineté au niveau international, le droit à l’autodétermination des peuples allait faire de la non-soumission à une entité extérieure une condition essentielle à la reconnaissance internationale des Etats.

Ainsi, sous l’effet de la décolonisation de l’après-guerre, l’instauration de ce nouveau régime de la souveraineté « négative » a conduit à la création d’Etats, souverains au regard du droit international, mais en réalité lourdement amputés de la dimension positive de la souveraineté. En fait, le droit à l’autodétermination des peuples a donné naissance à ce que Robert Jackson a admirablement appelé les « quasi-States » : des Etats qui existent légalement, mais dont la réalité empirique demeure une illusion, car ces dits Etats sont structurellement incapables d’assumer les prérogatives liées entre autres à la justice sociale, à la sécurité et à l’unité nationale. Paradoxalement donc, l’indépendance s’est traduite par l’institution d’Etats souverains dépendants, sous perfusion internationale, consacrant une forme de souveraineté assujettie. Le philosophe politique allemand Thomas Pogge a déjà analysé, dans World Poverty and Human Rights, les conséquences négatives sur les populations africaines et le système international lui-même de cette dynamique contradictoire de la souveraineté des Etats africains.

Mais ce qui interpelle davantage aujourd’hui, c’est l’entretien et la longévité de cette forme de souveraineté assujettie de l’Etat en Afrique. Nous y sommes encore, soixante ans après les indépendances. Ainsi, au-delà des considérations liées au rapport de pouvoir au niveau international, c’est tout d’abord les idéologies des indépendances et les pratiques de gouvernance auxquelles celles-ci ont donné lieu qu’il faudrait interroger. Comment expliquer que le panafricanisme et le socialisme africain n’aient pas favorisé l’émergence d’un Etat effectif et représentatif ? Comment comprendre cette étrange cohabitation entre ces idéologies et les pratiques du pouvoir qui ont démembré structurellement et normativement l’Etat en Afrique ?

En effet, les idéologies de l’indépendance n’ont pas pris au sérieux les problèmes éthiques et politiques de la vie commune. L’erreur a été de croire que la contestation du colonialisme et le rappel incessant de la nécessité de valoriser la culture africaine suffisaient à fonder une communauté d’intérêts mue par le désir de vivre ensemble selon des principes normatifs discutés et acceptés par tous.

Continuité des pratiques

Derrière, c’est toute la question du politique, en tant qu’elle s’apparente à une mise en ordre des interactions humaines d’une manière qui rende possible l’institution d’un espace public régi par une morale minimale commune, qui a été oblitérée par le panafricanisme et le socialisme des indépendances. Cette négation du politique a eu son lieu d’expression privilégié dans la conception d’une nation et d’une unité nationale véhiculée par les tenants du panafricanisme et du socialisme.

La définition de la nation impliquait a priori le rejet du pluralisme et une suspicion à l’égard des dispositifs de contestation publique : la nation, c’était exclusivement le chef. Or cette identification entre la personne du chef et celle de la nation a non seulement dépossédé le peuple de son pouvoir symbolique, mais elle a enraciné des modes de gouvernance contraires à l’épanouissement d’un Etat souverain : néopatrimonialisme, criminalité, recours à l’aide au développement et tripatouillage constitutionnel.

A bien des égards, l’Afrique contemporaine s’inscrit dans la continuité de ces pratiques de la gouvernance qui ne se maintiennent qu’à la faveur de l’inefficacité et donc de l’assujettissement de l’Etat.

C’est pourquoi la lucidité à l’égard de soi-même exigerait que la jeunesse africaine ne se trompe pas en s’enlisant dans une éternelle dénonciation de la « Françafrique ». Si l’Afrique n’est pas encore souveraine, c’est parce qu’elle refuse, politiquement, de sortir de cet état de minorité, de tutelle, dans laquelle elle s’est volontairement installée. Le temps est venu de savoir ce que peut l’Afrique pour elle-même, indépendamment du monde. Ainsi s’amorcera le début de la décolonisation de l’Afrique par elle-même.

 

Amadou Sadjo Barry est professeur de philosophie au Collège d’enseignement général et professionnel de Saint-Hyacinthe, au Québec.

 

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 14:39
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao
Centrafrique :  la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao

 

Centrafrique : la Minusca aux prises avec le FPRC à Birao

 

RFI 17/02/2020 - 00:35 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

 

Le groupe FPRC avait été chassé de la ville en septembre dernier par le groupe MLCJ. Il a entrepris un retour cette semaine. La situation reste tendue dans la ville.

Avançant vers le camp de déplacés internes et celui de la Minusca – tous deux sont collés –, la force onusienne et l’armée centrafricaine se sont engagées contre le FPRC. La situation reste tendue dans Birao mais selon le préfet, le groupe armé a été mis en déroute et repoussé de la ville. Au moins trois éléments du FPRC auraient été tués au cours de ces combats qui ont cessé vers midi.

Les éléments armés du FPRC positionnés à une vingtaine de kilomètres de la ville avaient entrepris de se rapprocher ce jeudi 13 février. Des combats qui avaient permis au groupe d’avancer à moins de 10 kilomètres de Birao. Deux mirages français venus de Ndjamena au Tchad avaient effectué une mission d’appui aérien rapproché à la demande de la Minusca afin de dissuader l’offensive sur la ville.

« Sauver » l'accord de paix

Dans un communiqué, le FPRC assure se battre pour « la libération de Birao » et « s’inscrit dans la dynamique de sauver l’APPR-RCA », l’accord de paix signé le 6 février 2019. Le FPRC appelle les Centrafricains à s’unir contre la Minusca, et remet en cause l’impartialité de l’organisation onusienne. Le porte-parole de la Minusca condamne de son côté « ces menaces extrêmement graves » et affirme que le FPRC sera tenu pour responsable si des attaques étaient menées contre les casques bleus à Birao ou ailleurs.

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 14:36
Écologie : ce qui pourrait se produire si le pangolin disparaît
Écologie : ce qui pourrait se produire si le pangolin disparaît

 

Un jour pour le pangolin, vecteur probable du coronavirus et mammifère traqué

 

RFI 16/02/2020 - 11:56 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

 

Le pangolin est considéré comme étant l’animal le plus traqué au monde. Selon les estimations, jusqu’à 2,7 millions de pangolins sont chassés dans les forêts d’Afrique centrale chaque année. Ce lundi 17 février, c’est la journée mondiale de ce petit mammifère, soupçonné par la communauté scientifique d'avoir transmis le coronavirus à l'homme.

Les pangolins sont chassés pour leur chair mais aussi pour leurs écailles qui sont ensuite envoyées sur les marchés asiatiques. En Centrafrique, on trouve les quatre espèces connues de pangolins du continent. Elles sont classées « en danger » ou encore « vulnérables ». S’agissant d’une véritable richesse écologique et bien que ce soit des espèces protégées, elles attisent la convoitise des braconniers.

L’importance du pangolin pour la biodiversité

Le Sangha Pangolin Project travaille dans le sud-ouest du pays à une meilleure connaissance de cet animal. Le Dr Maja Gudehus étudie cette espèce, depuis 2017, en Centrafrique. Elle insiste sur l’importance de sa conservation pour la biodiversité.

« Le pangolin a un régime alimentaire très spécifique. Il mange les fourmis et les termites jusqu’à, dit-on, 70 millions par année. Par conséquent, si on a une diminution des pangolins, on a évidemment un déséquilibre écologique. Une surpopulation de ces insectes induit un déséquilibre au niveau des forêts et aussi, ensuite, au niveau humain avec la destruction des habitats et les récoltes qui sont affectées », explique Maja Gudehus.

Combattre le braconnage

Malgré le code de protection de la faune sauvage de 1984, les autorités peinent à lutter contre le braconnage. Le colonel Ulrich Frédéric Lombe Zanza est un expert national sur ces questions. Pour lui, il faut que la justice soit plus strictement appliquée : «  On peut le dire. Il y a un peu de laxisme. J’ose croire que des améliorations vont être faites. »

« Pour avoir un résultat probant dans le cadre de la criminalité faunique, il faut impliquer totalement la justice dans cette chaîne-là. Si la justice n’est pas impliquée, il va y avoir un problème de finalité dans le cadre de la procédure. Donc, il faudrait que quelqu’un qui essaie d’enfreindre cette loi soit puni conformément à ce qui est prévu dans la loi », souligne encore le colonel Ulrich Frédéric Lombe Zanza.

Les réseaux organisés sont difficiles à neutraliser. Deux grosses saisies représentant plus de 500 kg d’écailles de pangolin ont été réalisées ces dernières semaines dans le pays.

 

 

Écologie : ce qui pourrait se produire si le pangolin disparaît

 

https://fr.africanews.com/ John Ndinga Ngoma

 

Et si le pangolin s‘éteignait ? En tout cas, l’homme et son milieu naturel en paieraient un très lourd tribut. Voici pourquoi.

Depuis 2011, l’humanité célèbre le 17 février de chaque année, la journée mondiale du pangolin. L’occasion de sensibiliser à la protection des huit espèces dont le pangolin géant (près de 140 cm) et le petit (30 à 80 cm). D’après des chercheurs, ce mammifère a déjà disparu dans certaines régions d’Asie.

Si l’Afrique compte encore de nombreux individus, la menace de disparition est toutefois forte vu les pressions exercées par des braconniers qui chassent l’animal pour sa viande « délicieuse » et ses écailles en kératine ayant des vertus « curatives et aphrodisiaques », selon des Asiatiques.

Suffisant pour comprendre la forte valeur commerciale de l‘édenté. Selon le Figaro, en Chine par exemple, un pangolin géant est vendu à plus de 1,4 millions de francs CFA (près de 1750 euros).

Selon une récente étude, près de 2,7 millions de pangolins sont capturés ou tués chaque année dans 14 pays d’Afrique. C’est le cas du Cameroun, de la RCA, de la Guinée équatoriale, du Gabon, de la RDC et du Congo.

Et avec une telle pression, les jours du pangolin d’Afrique sont désormais comptés. Mais si l’humanité ne se sent pas trop orpheline du dodo (géant oiseau) disparu de l‘Île Maurice depuis le 17è siècle, l’extinction du pangolin pourrait coûter cher aux générations futures.

À l’instar d’autres fourmiliers comme le tamanoir, le menu alimentaire du pangolin est constitué essentiellement de fourmis et de termites. D’après des études, un pangolin peut manger jusqu‘à 70 millions de fourmis ou de termites par an.

Un rôle écologique non-négligeable lorsqu’on sait que les fourmis et les termites détruisent les arbres, les édifices et les cultures. Avec des incidences financières qui s’ensuivent.

Et sans pangolin aujourd’hui accusé (à tort ou à raison) d‘être vecteur du méchant Coronavirus, on assisterait un jour à l’invasion de la Terre par des milliards de fourmis et termites qui ne feront qu’une bouchée du biotope mondial.

 

Écologie : ce qui pourrait se produire si le pangolin disparaît

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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 23:29
Sani Yalo, nouveau président du Groupement des Transporteurs Centrafricains

 

Sani Yalo, nouveau président du Groupement des Transporteurs Centrafricains

 

Vendredi, 14 Février 2020 13:11

 

Le Groupement des Transporteurs Centrafricains a une nouvelle tête dirigeante. L’opérateur économique, Sani Yalo en est le nouveau président.

Les transporteurs centrafricains ont un nouveau bureau de huit membres élu lors d’une assemblée générale. A la tête de ce bureau, a été élu Sani Yalo comme président. « Je suis vraiment ému et reconnaissant pour cette confiance que vous m’avez placée. Je vous promets que mon équipe et moi ne ménagerons aucun effort pour relever les défis auxquels notre pays est confronté dans le secteur de transport. S’agissant des problèmes de véhicules de transport des marchandises et les marchés accaparés par les étrangers », a rassuré le nouveau président.

Ce nouveau bureau succède au comité ad ‘hoc, mis en place pour diriger le GTC. Sani Yalo et son équipe devront travailler à assainir le secteur des transporteurs, mais surtout à régler l’épineuse question des tracasseries routières. Egalement, une invitation qu’une attention particulière soit accordée à l’aménagement des infrastructures routières pour faciliter l’importation et l’exportation des marchandises a été faite par les transporteurs à la nouvelle équipe dirigeante.

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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 22:56
Comment le bois de vène malien est pillé et exporté vers la Chine
Comment le bois de vène malien est pillé et exporté vers la Chine

Lu pour vous

 

Enquête : comment le bois de vène malien est pillé et exporté vers la Chine en toute légalité

 

https://observers.france24.com/ 11/02/2020

 

Le bois de vène est une essence précieuse qui sert à fabriquer des meubles de luxe en Chine. Menacée d’extinction à cause de la forte demande chinoise, l’espèce est protégée par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites). Son exportation est strictement contrôlée. Mais pas au Mali, où les acteurs du secteur jouent avec des insuffisances de la loi pour l’exporter en grande quantité.


Dans les usines de la Générale Industrie du Bois (GIB), seule société habilitée à exporter du bois au Mali, des tonnes de bois de vène sont chargées chaque jour et exportées pour le compte d’entreprises chinoises.


Le bois de vène, de son nom scientifique "Pterocarpus erinaceus", est une espèce de bois de rose. En Chine, il est appelé "Hongmu" et au Mali il est connu sous le nom de "N’guénou".

Présent dans plusieurs pays du Sahel, ce bois précieux est utilisé pour la fabrication de meubles de luxe en Chine. Il est protégé par la Cites qui l’a inscrit en 2016 dans son annexe II des espèces vulnérables.

L’exploitation et l’exportation de ce bois doivent donc être strictement contrôlées par les États. Mais au Mali, notre Observateur, qui travaille pour une société chinoise qui achète du bois de vène, dénonce une surexploitation des ressources disponibles. Il a requis l'anonymat.

L’exportation du bois de vène est très régulée à l’international. Mais dans la région de Kayes, les arbres sont coupés dans les forêts sans véritable contrôle à cause des Chinois. Cela provoque la déforestation. Nous subissons les effets des changements climatiques. On ne devrait pas couper n’importe comment les arbres.

Mais alors que l’espèce est menacée, la Direction des eaux et forêts continue de délivrer des permis à la Générale Industrie du Bois pour exploiter le bois et l’exporter. Il faut que cela s’arrête.

Le Mali dispose de 12 millions d’hectares de forêts. Et selon l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le pays perd 100 000 hectares chaque année à cause de l'exploitation abusive du bois.

"Le bois de rose est le produit forestier le plus vendu illégalement au monde"

Pour préserver les ressources forestières, le pays a interdit, en 2014, l’exportation à l’état brut de tout type de bois dont le bois de vène par le biais d’un arrêté interministériel. Avec un succès mitigé, puisque selon la base de données disponible sur le site du Cites, plus de 52 000 m3 de bois de vène ont été exportés en 2017 du Mali vers la Chine.

Naomi Basik Treanor est experte en gouvernance auprès de l’ONG américaine Forest Trends. Elle explique l’essor du marché de bois de rose en Chine.

Le bois de rose est le produit forestier le plus vendu illégalement au monde. C’est plus que le trafic d’ivoire, du rhinocéros ou du pangolin. Ce bois précieux utilisé pour fabriquer des meubles de luxe est devenu populaire ces dernières années à cause du boom de la classe moyenne chinoise. C’est en Asie du Sud-est que la Chine se fournissait (avec ce bois). Mais sous la forte demande chinoise, l’espèce a presque disparu dans cette zone géographique. Les pays ont donc durci les lois de protection. La Chine a dû trouver d’autres marchés en Afrique de l’Ouest.

Dans ce tweet posté par un magasin de meubles de Singapour, des exemples de meubles de luxe à partir du bois de rose.

En 2015, Interpol a saisi l’équivalent de 216 millions de dollars en bois de vène (230 millions d’euros, soit 15 milliards de francs CFA) récoltés illégalement dans neuf pays d’Afrique de l’Ouest dont le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Mali. Ce dernier a interdit en 2018 l’exportation du bois à moins qu’il ne soit transformé.

Des permis d'exportations illégaux ?


Mais selon les chiffres de l'ONG Forest Trends, entre 2017 et 2019, la Chine a importé du Mali plus de 155 000 m3 de bois de vène d’une valeur de 125 millions de dollars (plus de 114 millions d’euros, soit environ 75 milliards de Francs CFA). Un business très lucratif pour la Général Industrie du bois (GIB), ancienne entreprise étatique qui bénéficie exclusivement de permis d’exportation délivrés par la Direction nationale des eaux et forêts.

Nous avons pu consulter deux permis octroyés en janvier 2017 et janvier 2019. Sur le premier, la Direction des eaux et forêts autorise l’entreprise à exporter 87 m3 de bois de vène "sciés" pour le compte d’une société chinoise. Et le second autorise l’exportation de 513 m3 de "bois usinés" pour le compte d’une autre entreprise chinoise.
 

Ces permis délivrés sont illégaux. D’abord, le bois scié ou usiné n’est pas du bois transformé. Ce sont des termes vagues. C’est une manière de contourner la loi et faire croire que le bois a été travaillé.

Dans la Convention Cites, le bois, avant qu’il n’aille sur le marché à l’international, doit être obtenu en conformité aux textes. Il faut que la zone d’exploitation dont il est issu face l’objet de plans d’aménagement et que les quotas soient connus. il faut aussi qu’il y ait une étude d’impact environnemental.

Tout cela doit être authentifié par un certificat d’origine délivré par les services des eaux et fôrets sur le terrain et dont les références doivent être mentionnées sur les permis d’exportation pour une traçabilité.

Mais ces références ne figurent pas sur les permis délivrés. Ce n’est normalement pas légal.

"Le bois que vend notre société est transformé"

Des arguments que balaie du revers de la main Aboubacrine Sidick Cissé, directeur de la Général Industie du Bois. Il affirme avoir acquis les ressources qu’il exporte légalement.
 

Tant que le bois est légalement acquis, tu peux le vendre partout dans le monde même à Washington. Et je suis en règle vis-à-vis de la loi. Mes partenaires sont en Chine. Donc j’ai le droit d’exporter en Chine.

Nous n’exportons pas du bois brut contrairement à ce que disent certaines personnes. Le bois que vend notre société est transformé. C’est ce que la loi autorise. Les bois abattus sont coupés en rondelles. Mais dès lors qu’ils sont équarris sur les quatre côtés, c’est déjà de la transformation.

Comment peut-on dire que le bois scié ou usiné n’est pas du bois transformé ? On n’a même pas besoin d’être technicien pour le savoir.


Le directeur de la GIB affirme aussi que les exploitants avec lesquels il travaille disposent d’une cinquantaine de plans d’aménagement en grande partie dans la région de Kayes, l’une des régions les plus boisées du pays. Il ne nous a cependant pas répondu sur la question concernant la quantité totale de bois exportée annuellement par son entreprise.

Quant à Bouraima Camara et Mamadou Gakou, les deux directeurs des eaux et forêts qui ont signé les permis d'exportation en 2017 et 2019, ils n’ont pas souhaité répondre à nos questions sur la légalité des actes administratifs.

Nous avons aussi essayé de contacter la direction des Eaux et forêts sans succès. Nous publierons leurs réponses dès que nous les aurons reçues.

Des lois peu claires

Si le Cites distingue le bois scié du bois transformé dans son glossaire, le décret de 2018 réglementant l’exploitation des produits forestiers et leur commercialisation au Mali ne fixe pas le degré de transformation du bois qui doit être exporté. Le code forestier malien ne tranche pas non plus. Ce qui laisse libre champ aux interprétations selon les acteurs.

Peut-on donc considérer le bois équarri comme étant du bois transformé ? Nous avons montré des vidéos et des photos des bois que la GIB destine à l’exportation à un expert judiciaire spécialiste du commerce international :
 

Sur les photos et les vidéos, ce sont des bois qui sont simplement équarris. Ce ne sont pas des bois transformés. Ce sont des bois qui ont eu un petit coup de tronçonneuse sur les côtés. Mais ils ne sont pas passés en industrie pour faire des planches, pour faire les premières transformations. La limite entre le bois brut et le bois équarri n’est pas très disctincte. C’est juste un petit coup de nettoyage à la tronçonneuse pour avoir des bois qui ne sont pas forcément ronds et qui sont plus faciles à mettre dans des conteneurs.​​​​

"L’exploitation du bois de vène a un impact conséquent sur l’ensemble de l’écosystème"

​​​​Pour Naomi Basik Treanor, de l’ONG Forest Trends, les lois sont peu claires dans de nombreux pays. Ce qui permet de les contourner facilement.
 

C’est un problème mondial dans de nombreux pays. Il est courant d’avoir un manque de clarté dans la législation. Les définitions des produits forestiers interdits à l’exportation sont vagues. C’est souvent lié à des dispositifs et mesures contradictoires au sein d’un même arsenal juridique. Il y a un manque de connaissances et de coordination entre les ministères et les douanes. À cela s’ajoute l’instabilité politique de certains États qui favorise le trafic.

L’exploitation de cette ressource a un impact conséquent sur l’approvisionnement en eau des communautés locales. L’ensemble de l’écosystème est impacté, ce qui favorise le rechauffement climatique, d’autant plus que les bois de vène sont de grands et vieux arbres qui captent beaucoup de C02.

Bailloh Bah, un élu local de la commune de Sagalo, dans la région de Kayes, lutte depuis plusieurs années contre l’exploitation du bois de vène dans sa commune. Il explique les conséquences de la surexploitation de cette ressource dans sa localité :
 

C'est une lutte très difficile. Dans ma commune, je suis seul contre beaucoup de monde. Ici, il n’y a presque plus de forêts. J’ai tout fait mais impossible.

Le Mali est un pays désertique, pourtant on permet aux gens de ravager le peu de forêts qu’il y a. C’est vraiment pitoyable. Ce sont des arbres qui ont plus de 300 ans qui sont coupés du jour au lendemain. Et les conséquences sont très lourdes. Cela nous empêche d’avoir la pluie. Comment les animaux vont-ils vivre comment après tout cela ?


Article écrit par Hermann Boko

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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 22:31
Centrafrique: la France engage des avions de combat contre un groupe armé

 

 

Deux Mirage 2000 font un ‘show of force’ à Birao (Centrafrique). Soutien à la MINUSCA

 

 

https://www.bruxelles2.eu /  15 février 2020 Nicolas Gros-Verheyde 

 

(B2) Une patrouille de deux Mirage 2000D du détachement chasse ont décollé de N’Djamena, au Tchad, pour conduire jeudi (13 février) une mission d’appui aérien rapproché (Close air support) au-dessus de la ville de Birao en République centrafricaine (RCA).

Un « show of force » destiné à appuyer la MINUSCA (mission des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique), indique l’état-major des armés vendredi. Les casques bleus avaient observé des regroupements de groupes armés à proximité de la ville. L’objectif de ce passage à très basse altitude, souvent impressionnant, était de les dissuader de lancer une offensive.

 

 

Centrafrique: la France engage des avions de combat contre un groupe armé

 

Publié le 15 février 2020 à 12h38 AGENCE FRANCE-PRESSE

 

(Bangui) La France a engagé contre un groupe rebelle armé en Centrafrique des avions de combat à la demande de la force de maintien de la paix des Nations unies, a annoncé samedi la Minusca.

  C’est la troisième fois depuis le déploiement des Casques bleus en 2014 qu’il est annoncé officiellement que Paris a engagé des avions de combat dans son ancienne colonie secouée par des conflits incessants entre groupes armés.  

La Mission des Nations unies (Minusca) a fait appel jeudi à des avions de combat français qui ont effectué une démonstration de force au-dessus de Birao « afin de dissuader l’offensive d’un groupe armé » sur cette ville du nord-est, a expliqué à l’AFP, sans plus de détails, le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro.

Ce jour-là, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) avait lancé une offensive sur Birao. Cette ville est tenue par le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), une autre milice, et est le théâtre d’affrontements réguliers entre ces deux mouvements pourtant signataires d’un accord de paix il y a un an à Khartoum entre 14 groupes armés et le gouvernement.

Cet accord, censé mettre fin à une guerre civile meurtrière qui a commencé en 2013, a abouti à une baisse conséquente des combats mais les deux tiers du territoire sont encore aux mains des groupes rebelles. Des combats sporadiques, ainsi que les exactions contre les civils, persistent, malgré la présence des Casques bleus depuis 2014.

Les affrontements entre le FPRC et le MLCJ à Birao ont cessé le même jour, jeudi, que l’intervention des avions français et le calme est revenu depuis, selon M. Monteiro. Aucun bilan des combats n’a été livré.

« La Minusca a fait appel aux forces armées françaises dans le cadre de la résolution 2499 », a précisé M. Monteiro.

Cette résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU le 15 novembre 2019, « autorise les forces armées françaises, dans le cadre de l’accord bilatéral existant avec la République centrafricaine et dans les limites de leurs capacités et zones de déploiement, à la demande du Secrétaire général, à utiliser tous les moyens pour fournir un appui opérationnel aux éléments de la Minusca qui se trouveraient gravement menacés ».

La Minusca dispose d’une base à Birao, ville sous surveillance d’un contingent de casques bleus zambiens.

En mai 2018, des avions de combat français avaient appuyé la force onusienne à Ndele, dans le nord-est. Et, en janvier 2019, ils ont apporté un soutien aérien à une opération au sol des Casques bleus contre des rebelles à Bambari, dans le centre.

 

NDLR : Les "show force" ne suffisent plus et ne font peur à personne. Il faut passer à autre chose 

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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 22:12
RCA: Le CICR réduit ses activités dans certaines régions du centre

 

RCA: Le CICR réduit ses activités dans certaines régions du centre

 

https://www.trt.net.tr/15.02.2020

 

"Nous n’avons d’autre choix que de réduire nos activités humanitaires et les mouvements de nos équipes jusqu’à ce que les conditions de sécurité soient de nouveau réunies."

"Touché par une succession d’incidents sécuritaires mettant en danger son personnel et son action", le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), s'est dit "contraint de suspendre les mouvements de ses équipes et de réduire drastiquement ses activités humanitaires à Kaga-Bandoro dans le Nana-Grébizi, au centre-nord de la République centrafricaine".

Cette annonce a été faite dans un communiqué du CICR publié mercredi Le 6 février, des individus armés se sont introduits dans les résidences des employés du CICR à Kaga-Bandoro, où l’institution déploie d’importants programmes en aide aux personnes touchées par les conséquences des conflits et de la violence. Ces derniers ont agressé physiquement des gardes et dérobé des biens matériels, précise le comité.

"C’est totalement inacceptable, nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions", a déclaré Bruce Biber, Chef adjoint de la délégation du CICR en Centrafrique, cité dans le communiqué.

" Nous n’avons d’autre choix que de réduire nos activités humanitaires et les mouvements de nos équipes jusqu’à ce que les conditions de sécurité soient de nouveau réunies. Nous continuerons néanmoins à assurer les services liés aux urgences vitales à l’hôpital de Kaga-Bandoro et l’approvisionnement en eau du site des déplacés", a-t-il ajouté.

Au cours des derniers mois, plusieurs incidents graves, dont une intrusion armée dans les bureaux du CICR le 10 octobre dernier, ont mis à mal la sécurité du personnel de l’institution et son action à Kaga-Bandoro. Une équipe du CICR, en mission sur le terrain, a en outre été braquée et dévalisée à la même période en octobre 2019, rappelle le CICR

"Les humanitaires ne sont pas une cible. A chaque fois que nous sommes attaqués, c’est notre capacité à délivrer de l’aide aux plus vulnérables qui est compromise", a souligné Bruce Biber.

En République centrafricaine, les populations sont déjà les premières victimes des conflits et de la violence, mais aussi de plus en plus de l’insécurité et de la criminalité qui en résultent. C’est aussi l’un des contextes les plus dangereux pour les humanitaires, dont les structures et le personnel sont devenus la cible régulière de bandes criminelles, note encore le CICR.

Et d'appeler enfin, tous les acteurs à déployer davantage d’efforts pour restaurer l’ordre et la sécurité, afin que les populations puissent accéder à l’aide dont elles ont besoin.

 

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