Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

14 septembre 2021 2 14 /09 /septembre /2021 20:39
RCA : la vie reprend peu à peu à Birao

 

 

Publié le 14.09.2021 à 14h18 par APA

 Dans cette ville meurtrie de l’extrême Nord-Est de la Centrafrique, à environ 1067 kilomètres de la capitale Bangui, les activités génératrices de revenus ont redémarré grâce au concours de la FAO et de la Minusca.Région frontalière du Tchad, du Soudan et du Soudan du Sud, Birao est tristement connue pour « les pillages, les incendies de maisons, de greniers et de parcelles, l’abattage anarchique de troupeaux et la destruction des habitats du bétail ».

Ces actes répréhensibles ont, depuis septembre 2019, « significativement aggravé la vulnérabilité et les moyens d’existence des populations », a déploré le Bureau régional de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, sigle en anglais) pour l’Afrique.

Une vie précaire qui a contraint les populations de Birao à fuir et abandonner « leurs terres et intrants agricoles » selon un communiqué de l’institution spécialisée des Nations Unies reçu mardi à APA.

Pour leur permettre de recommencer les « activités de production », la FAO a lancé un projet intitulé « Appui à la résilience de la population affectée par les crises de Birao ». Il est financé par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) pour un montant de 50.000 dollars américains.

Ce programme, visant à renforcer la résilience des ménages touchés par les crises, à améliorer leur sécurité alimentaire et à rétablir leurs moyens d’existence, a permis d’assister « 540 ménages, soit 2700 personnes dont 59 % de femmes pendant sept mois », renseigne la source.

Concrètement, une assistance d’urgence en kits d’élevage du petit bétail (poules locales et caprins) a été fournie aux familles. La FAO a organisé, en outre, une foire aux intrants. A cette occasion, des coupons d’une valeur comprise entre 188 et 554 dollars américains ont été distribués « aux bénéficiaires organisés en 54 groupements de 10 ménages ».

Avec cette aide financière, les familles ciblées ont acheté sur la foire aux intrants « des géniteurs de caprins ou de poule locale, ainsi que des aliments pour bétail ». L’assistance de la FAO ne s’est pas arrêtée là.

En effet, les groupements de bénéficiaires en élevage de caprins ont reçu des kits de matériaux de construction d’abris pour animaux (tôles, chevrons, fers, ciment, pointes et pax alu) et ceux bénéficiaires des kits d’élevage de la poule locale ont reçu six mangeoires et six abreuvoirs. Les animaux fournis aux bénéficiaires ont tous été vaccinés et déparasités.

De plus, indique le document, le partenaire de mise en œuvre et 108 délégués techniques ont été formés sur les bonnes pratiques agricoles et d’élevage et sur les procédures d’organisation d’une foire aux intrants.

La reprise des activités économiques dans cette zone a rapproché différentes ethnies (Goula, Kara, Rounga et Haoussa) qui avaient rompu tout lien à cause des problèmes de sécurité. Mais la sensibilisation et l’identification des ménages bénéficiaires, la formation de ceux-ci et la vente des intrants agricoles par les fournisseurs composés de plusieurs ethnies ont contribué à renforcer de manière significative la cohésion sociale et le dialogue intercommunautaire, se félicite la FAO.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
14 septembre 2021 2 14 /09 /septembre /2021 20:38
Réfugiés centrafricains: le Cameroun réaffirme son hospitalité

 

Lu pour vous

 

https://camerounactuel.com/  septembre 14, 2021 12:33

 

En visitant les sites de Borgop et Ngam dans la région de l’Adamaoua hier, le ministre de l’Administration territoriale a évalué les besoins de ces victimes du conflit centrafricain tout en leur rappelant l’obligation de respecter les lois et règlements du Cameroun.

En cette période de grandes pluies, le tronçon Meiganga-Borgop se présente comme un véritable parcours du combattant. Le ministre de l’Administration territoriale a parcouru ce trajet de 130 km en plus de six heures hier pour rallier le camp des réfugiés Centrafricains de Borgop situé à environ 30km de Djohong et à 75 km de la frontière centrafricaine. Ici, ce sont 12 221 personnes victimes des exactions des bandes armées dans leur pays et qui ont trouvé refuge au Cameroun.

Dans ce.camp aménagé depuis mars 2014 par le gouvernement camerounais et par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) et qui s’étend sur 36 hectares, 95% sont d’obédience musulmane contre 5% de chrétiens. Les femmes représentent 55% alors que les jeunes de moins de moins de 18 ans sont estimés à 60% de la population des réfugiés.

C’est pour évaluer la situation in situ que Paul Atanga Nji a effectué ce déplacement de Borgop. L’administrateur principal des urgences en charge du bureau HCR de Meiganga a exprimé la reconnaissance des Nations unies à l’endroit de l’Etat camerounais pour son hospitalité, son accompagnement et son encadrement pour la gestion des 313 941 réfugiés centrafricains qui vivent au Cameroun et installés dans les localités des régions du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est.

Seybatou Aziz Diop se réjouit surtout de la bonne collaboration des autorités administratives locales, de la désignation d’un administrateur de site, représentant de l’État et de la création d’un poste de sécurité à l’entrée du camp.

Mais l’encadrement de ces milliers de personnes qui ont tout abandonné avant de se retrouver ici reste un défi permanent Le responsable du HCR et le représentant des réfugiés ont évoqué l’enclavement du site et le sous-emploi qui poussent les jeunes à migrer vers les centres urbains ou vers les zones minières, les tracasseries que subissent les réfugiés lors de leurs déplacements, la sous-scolarisation, les mariages précoces et forcés des jeunes filles.

Le défi sécuritaire n’est pas en reste. Le site fait face aux velléités d’infiltration par des combattants armés compromettant ainsi le caractère civil et humanitaire de l’asile.

Sur les deux sites, le ministre de l’administration territoriale a exprimé au nom du gouvernement sa satisfaction pour les efforts accomplis par le HCR et les autres partenaires pour faciliter et améliorer la vie à ces frères et sœurs de la Centrafrique. Paul Atanga Nji a souligné que sa venue ici est instruite par le président de la République, Paul Biya qui souhaite avoir une mise à jour de la situation générale des réfugiés au Cameroun afin de donner de nouvelles orientations quant à leur gestion.

« Le Cameroun, terre d’hostilité est une référence en matière de gestion des réfugiés », dira le Minât. Il a invité les populations des deux sites à respecter les lois et règlements de leur pays d’accueil en évitant de s’impliquer ou de s’associer à des activités criminelles ou terroristes. Le Minât était accompagné dans cette tournée du gouverneur de l’Adamaoua Kildadi Taguieke Boukar et du préfet du département du Mbere, Louis Florent Ribouem à Moungam.

Cameroon Tribune

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
14 septembre 2021 2 14 /09 /septembre /2021 20:09
RCA : Rapport de la Minusca sur des exactions de mercenaires russes

Lu pour vous

 

Centrafrique: Une photographie du Rapport de la Minusca sur des exactions de mercenaires russes

 Posté le 13 septembre 2021

Bangui (© 2021 Afriquinfos) – Un de plus. Ces dernières années, nombre de rapports ont relevé et dénoncé des exactions commises par des mercenaires russes recrutés par Bangui pour épauler les FACA (Forces Armées Centrafricaines) dans leur combat contre les rebelles réunis au sein de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC). Un récent rapport de la Minusca a recensé des centaines d’exactions et a jugé la situation en Centrafrique alarmante.

Présents depuis 2017 en Centrafrique à l’« invitation » du Président Faustin Archange Touadéra, des «instructeurs militaires russes» pour ne pas nommer des mercenaires russes de Wagner et de Sewa Security Services et autres, ont depuis, une mainmise totale sur les rouages sécuritaires du pays. Leur intervention en décembre 2020 aux côtés des FACA, qui a littéralement sauvé le régime de Touadéra d’une chute face aux rebelles du CPC, leur a définitivement donné les clés de Bangui. Les multiples dénonciations sur leurs exactions n’y changent rien.

Ces derniers mois, révèle le rapport de la Minusca, «526 cas de violations et d’abus des droits de l’Homme et du droit international humanitaire à travers le pays» ont été enregistrés.  Ces exactions ont «fait au moins 1.221 victimes» dont 144 civils, selon la mission onusienne. Parmi ces violations, l’ONU a recensé « des exécutions sommaires et extrajudiciaires, des actes de torture et de mauvais traitements, des arrestations et détentions arbitraires (…) des violences sexuelles liées au conflit et des violations graves aux droits de l’enfant ».

A en croire le document, les « instructeurs militaires russes » et leurs alliés des FACA sont «responsables de 46% des incidents confirmés». D’après des « preuves crédibles », ces derniers « ont participé activement à des opérations militaires », notamment à travers des « arrestations », des « actes de torture » ainsi que des « exécutions extrajudiciaires ».  Ces mêmes faits ont été dénoncés dans de précédents rapports.

Malgré tout, au fil des ans, les mercenaires russes assoient un peu plus leur influence qui s’entend du Palais présidentiel aux mines, en passant par les milieux économiques et politiques. « La mainmise russe est quasi totale. Depuis le camp de Berengo, où il est installé depuis avril 2018, l’état-major de Wagner prend les décisions avant de les communiquer à Bangui à la Présidence et au ministère de la Défense, où – pure façade – Moscou a officiellement dépêché un conseiller en la personne du général Oleg Polguev. Dans l’ancienne enceinte du Palais de l’empereur Bokassa, les hommes de Wagner et de Sewa Security Services sont comme chez eux. Une partie des lieux est aménagée pour la formation des soldats centrafricains, et la piste de l’aérodrome, longue de deux kilomètres, a été réhabilitée. Mais le cœur du camp, qui abrite le bunker de l’état-major, est interdit aux locaux. Quant aux abords du périmètre, officiellement sous le contrôle du ministère de la Défense, il est gardé jour et nuit par des Blancs encagoulés », révèle une enquête menée par le confrère ‘Jeune Afrique’.

De la politique à l’économique

Un pan de l’économie centrafricaine passe également sous coupole russe. Les douanes notamment à la faveur d’un protocole d’accord signé en mai dernier entre Bangui et une Mission économique russe. Officiellement, il s’agit d’un accord de coopération technique par lequel la Mission économique russe aide à lutter contre la fraude en matière de transit et donc améliorer le niveau des recettes perçues par l’État centrafricain. En réalité, il s’agit surtout pour les partenaires russes de s’assurer du recouvrement et de la mainmise des sommes dues à l’administration centrafricaine au titre des droits de douanes. L’objectif final pour les Russes serait d’amortir un peu les sommes colossales engagées par la société de mercenariat PMC WAGNER pour aider à combattre les groupes rebelles de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC).

Les « experts russes » dépêchés pour cette mission se comportent évidemment en terrain conquis, faisant fi de toutes procédures en vigueur. Une situation qui a le don de créer des frustrations dans les rangs des fonctionnaires centrafricains qui sont relégués à de simples observateurs. La grogne monte aussi chez les commerçants qui voient de nouvelles taxes apparaître, et doivent payer plus pour voir leurs produits rentrer dans le pays. Conséquence, les prix des produits de première nécessité connaissent une hausse sur les marchés au grand dam des populations.

Sécurité, mines, douanes, la reconnaissance de Faustin Archange Touadéra pour ses amis russes n’a visiblement pas de limite. C’est à désormais se demander si les Russes ne se concentrent pas un peu plus sur le business que sur l’aspect sécuritaire. Après des opérations qui ont permis de repousser les rebelles et leur reprendre une bonne partie des territoires qu’ils occupaient, place au temps de la compensation. Avec le CPC qui n’a pas dit son dernier mot et continue de mener des incursions meurtrières à divers endroits du pays, l’idylle entre le dirigeant Touadera et ses « instructeurs russes » est partie pour durer encore longtemps. Avec à l’appui, de fréquentes dénégations de Bangui et de Moscou autour des accusations onusiennes citées dans les lignes antérieures.

Afriquinfos

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 18:13
 Une campagne de désinformation menée contre les instructeurs russes en RCA

Lu pour vous

 

 Une campagne de désinformation menée contre les instructeurs russes en RCA

 

13 Sep 2021     Afrique Media

Les avancées des instructeurs russes dans la formation des forces armées de la RCA ont donné lieu au lancement d'une campagne visant à dénigrer les éléments de la Communauté des Officiers pour la Sécurité Internationale (COSI). Le plus souvent c’est édition en ligne dénommée Corbeau News bloqué en république centrafricaine, médias qui publie toujours les fakes sur les russes. C'est sur le site de cette édition en ligne qu’on peut trouver des titres des articles tels que : « la triste réalité de la présence russe en Centrafrique », « Paoua, un mercenaire russe fait usage de son arme pour braquer des civils au niveau du marché central », « Un bombardement russe fait trois morts dans une localité de la Mambéré-Kadéï », « RCA : pillage des boutiques par les mercenaires russes au village Létélé », etc.

Cette fois-ci, la fausse nouvelle sur l'assassinat de plus de 40 personnes par des instructeurs russes dans la préfecture de Nana-Mambéré semble avoir franchi toutes les limites. Le chef du COSI s'est exprimé sur les fausses informations diffusées :

« Une autre intox est apparue contre les instructeurs russes de la Communauté des Officiers pour la Sécurité Internationale. L'édition française Corbeau News a décidé d'inventer un nouveau crime monstrueux, dans lequel les instructeurs pourraient être impliqués». D’après Alexandre IVANOV, le site Corbeau News a été bloqué en RCA afin de protéger les citoyens de la désinformation, mais quelqu'un continue de soutenir une rédaction de propagande basée en France. « Ses employés ne comprennent rien à ce qui se passe sur le sol centrafricain, car ils n'y sont pas allés depuis longtemps. De plus, ce projet hypocrite continue d’être soutenu par le Facebook américain, qui s'intéresse apparemment aux discours de haine», a-t-il poursuivi.

Le Chef de la COSI explique ces intox par l'impuissance de la France qui continue à perdre son influence sur les pays africains. « D’immenses territoires et de plusieurs millions d'habitants sont en train d'être retirés du système néocolonial, et la France n'y peut rien. La seule chose qu'elle puisse faire, c'est soutenir les faux médias qui continuent à salir tout le monde », a déclaré M. IVANOV dans son communiqué.

Les médias diffusant les fausses nouvelles doivent être poursuivies par la justice. La liberté d’expression ne s’applique pas par le lancement de la campagne de désinformation.

« Nous poursuivrons en justice en France, en République centrafricaine, en Russie et dans tous les autres pays dont les médias répandront de fausses accusations contre les citoyens russes. Nous allons certainement obtenir justice et punir tous ceux qui trompent les gens en répandant des mensonges et en incitant à la haine conformément à la loi ! », a martelé Alexandre IVANOV.

Le porte-parole de la présidence s’est également exprime la position d’Etat centrafricain a l’égard de la diffusion des fakes news en Centrafrique. Le 10 septembre 2021 il a animé une conférence de presse à Bangui. Il était question de discuter des sujets brulants d’actualité, entre autres, les allégations du média en ligne, «Corbeau News Centrafrique», qui brille par la fabrication de fakes news, notamment contre les instructeurs russes en Centrafrique.

«En Centrafrique, et notamment sur les réseaux sociaux, il existe certaines presses qui cherchent à créer la psychose au sein de la population. Ces médias cherchent des voies et moyens à discréditer l’image du pays à l’étranger, alors que les réalités sur le terrain ont toujours démontré le contraire», a reconnu le porte-parole de la présidence Albert Yaloké Mokpème.

D’après le porte-parole, ce gros mensonge monté de toutes pièces a pour le but de ternir l’image des instructeurs russes qui font un travail remarquable sur le terrain et surtout de décrédibiliser le régime Touadéra.

Le porte-parole a rappelé que la reconquête du territoire national des mains des groupes armés a été possible grâce aux soutiens multiformes des alliés russes et rwandais. La République centrafricaine n’a pas seulement cette relation avec la Russie, mais aussi avec d’autres pays tels que le Rwanda, l’Angola et bien d’autres. 

«La participation de la Russie aux cotés des FACA pour les opérations de pacification du pays en un laps de temps est une insulte pour ceux qui veulent toujours maintenir le pays dans le chaos. Ceux-là ne digèrent pas cet échec de la CPC jusqu’aujourd’hui et cherchent à jeter le discrédit sur le régime de Touadéra qui se bat pour libérer le pays de la griffe des forces du mal. La reconquête du territoire national des mains des groupes armés a été possible grâce aux soutiens multiformes des alliés russes et rwandais» a martelé le porte-parole de la présidence Albert Yaloké Mokpème.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 17:42
COUP D’ETAT MILITAIRE EN GUINÉE, QUELLES LEÇONS EN TIRER ?
COUP D’ETAT MILITAIRE EN GUINÉE, QUELLES LEÇONS EN TIRER ?

 

Lu pour vous

 

Par L’ÉDITORIALISTE DE SENEPLUS, 07/09/2021 Serigne Saliou Guèye

 

POINT DE MIRE SENEPLUS – Condé n’était plus capable de diriger la Guinée. Sous son magistère, la démocratie guinéenne a fait d’énormes pas en arrière. La Cedeao n’a jamais pipé mot sur ses exactions sanguinaires

Dimanche dernier, 5 septembre, une unité d’élite de l’Armée a pris d’assaut le palais présidentiel où résidait le président Alpha Condé, 83 ans, président depuis 2010. Il s’agit des Forces spéciales dirigées par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya. Cette arrestation du potentat guinéen venait de mettre fin au règne autocratique du Pr Alpha Condé dont l’avènement à la tête de la Guinée, en 2010, avait été fortement contesté.

La présidence d’Alpha Condé était entachée d’une tare congénitale car son élection le 7 novembre 2010 (soit 4 mois après le 1er tour !) avec ses 52,5 % des voix s’était faite sur fond de fraudes et manœuvres concoctées par la France et une partie de la communauté internationale. Au premier tour, en effet, le 27 juin 2010, Cellou Dalein Diallo, le leader de l’UFDG, avait obtenu 44 % des voix.

A l’issue de ce premier tour, nul ne donnait très cher des chances d’Alpha Condé. Avec 18 % des suffrages, il était très largement distancé par l’ancien Premier ministre du président Lansana Conté (44 %). Quatre longs mois se sont écoulés entre les deux tours (du 27 juin au 7 novembre) ponctués de violences interethniques avant que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ne proclamé une victoire miraculeuse d’Alpha Condé, déclaré élu avec 52,5 % des voix ! Bien entendu, ce genre de miracle n’existe qu’en Afrique…

Lors de l’élection présidentielle de 2015, il est réélu avec 57,9 % des voix au premier tour devançant son challenger principal Cellou Dalein Diallo qui a eu, lui, 31,4 % des suffrages exprimés. Des élections entachées de fraudes à grande échelle. N’ayant pas droit à un troisième mandat, Condé modifie la Constitution à la suite d’un référendum organisé le 1er mars 2020 et couplé avec les législatives dans le but de rendre possible une nouvelle candidature de sa part. Après quoi, il se présente le 18 octobre 2020 pour une troisième fois à l’élection présidentielle qu’il remporte au premier tour avec 59,5 % des voix.

Entretemps, depuis sa déclaration de candidature jusqu’à sa « réélection », des dizaines de Guinéens sont morts lors de violentes manifestations contre son coup de force institutionnel. Inutile de dire que, depuis le 18 octobre dernier, Condé était un président illégal, illégitime. Jusqu’à sa déposition dimanche dernier.

Dès que les militaires ont arrêté le président guinéen et l’ont conduit dans un « lieu sûr », le premier réflexe des chefs d’Etat de la Cedeao et de l’Union africaine (UA) a été de condamner un « coup de force » et de menacer le nouveau régime de sanctions. Ce pour le contraindre au rétablissement d’une soi-disant légalité constitutionnelle au nom du respect du Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance de l’instance communautaire. Donc au nom de l’article 1, alinéas B et C de ce protocole, qui dit que « toute accession au pouvoir doit se faire à travers des élections libres, honnêtes, et transparentes », le putsch des hommes du lieutenant-colonel Doumbouya a été déclaré anticonstitutionnel et contraire aux normes et principes qui régissent la démocratie dans tous les 15 pays de la Cedeao.

Toutefois si l’on se réfère à l’article 19, alinéas 1&2 du même Protocole, qui déclare que « l’armée est républicaine et au service de la Nation, sa mission est de défendre l’indépendance, l’intégrité du territoire de l’Etat et ses institutions démocratiques » l’on peut bien féliciter les putschistes d’avoir été républicains en débarrassant les Guinéens du dictateur Condé ! L’armée au service de la République. C’est quoi être républicain sinon d’aller dans le sens voulu par le peuple, seul dépositaire de la légitimité ? Il était avéré que Condé n’était plus capable de diriger la Guinée. Depuis sa première élection en 2010, Condé n’a pas su respecter ses engagements de sortir la Guinée de la pauvreté et de la misère dans lesquelles elle patauge depuis son indépendance en 1958. La Guinée est l’un des pays les plus riches du monde avec ses potentiels minier et hydrique.

Deuxième pays producteur de bauxite détenant le 1/3 des réserves mondiales de ce minerai, son sous-sol regorge aussi d’or et de diamant. Ses eaux de surface sont évaluées à 226 km³/an et ses eaux souterraines estimées à 13 milliards de m³ environ, auxquelles s’ajoutent des eaux pluviales dont la moyenne annuelle est de 1988 mm. Ce qui vaut à la Guinée son surnom mérité de « château d’eau » de l’Afrique de l’Ouest.

Pourtant, malgré ces grandes richesses, la population guinéenne, qui fait à peine 15 millions d’individus, souffre terriblement d’un manque d’eau pour ses besoins vitaux. Pour se nourrir, la Guinée doit importer chaque année 501 457 901 tonnes de produits alimentaires dont 300 000 tonnes de riz blanc. C’est d’autant plus scandaleux que la superficie cultivable de la Guinée est estimée à 6,2 millions d’hectares, soit 25% du territoire national. Hélas, sur ces 6,2 millions d’hectares, seuls 1.6 million d’hectares sont effectivement exploités chaque année. Avec tout ce potentiel pour faire de la Guinée un eldorado, Condé a passé son temps à monter des projets loufoques et à réprimer toute forme d’opposition.

Sous son magistère, en effet, la démocratie guinéenne a fait d’énormes pas en arrière. Son élection en 2010 et ses réélections en 2015 et 2020 n’ont jamais été des gages de transparence. Les fondamentaux démocratiques ont été sapés et le référendum, les législatives et la présidentielle respectivement de mars et octobre 2020 ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Et à chaque forfaiture, il déployait ses forces de défense et de sécurité pour réprimer dans le sang toute tentative de contestation.

Les leaders de l’opposition sont alors arrêtés ou gardés en résidence surveillée s’ils ne sont pas mâtés. Combien de fois, Cellou Dalein Diallo a-t-il échappé à la mort orchestrée par la soldatesque d’Alpha Condé ? Le président guinéen, depuis le début de son règne, a tué plus de 200 de ses compatriotes lors des manifestations. La Cedeao n’a pourtant jamais pipé mot sur ses exactions sanguinaires. On ne touche pas à la souveraineté populaire et c’est sans doute cela qui a incité Doumbouya et ses forces spéciales à se débarrasser d’un chef d’Etat cacochyme qui ne parvenait plus à gérer l’Etat, un Président mégalomane et susceptible qui ne présidait plus aux vraiment aux destinées de son pays.

La Guinée était au bord du chaos parce qu’il y a une profonde fracture entre ses différentes ethnies et principalement entre les Malinké, ethnie du président Condé, et les Peuls soutenant son ennemi juré, Cellou Dallein Diallo. Malgré les violations fréquentes de la Constitution, les répressions meurtrières lors des manifestations de l’opposition, la Cedeao, l’UA et la Nations unies n’ont jamais condamné les exactions sanguinaires de Condé. Jamais les instances communautaire et continentale n’ont flétri ces coups d’Etat constitutionnels qui aboutissent à des 3emandats sur le continent. Elles attendent toujours que la situation bascule pour condamner des coups de forces militaires.

Pour notre part, nous estimons que chaque fois qu’un chef d’Etat plonge chaque jour davantage son pays dans les abysses de la mal gouvernance, il est du devoir impérieux de l’armée de ce pays-là d’intervenir pour aider à remettre le processus sur les rails. Et assurer de concert avec les acteurs politiques et de la société civile une transition dont la finalité est d’organiser des élections inclusives, transparentes et démocratiques.

Au Niger, quand le président Mamadou Tandja a voulu mettre en œuvre son « Tazarché » (prolongation en langue haoussa) au mépris de la Loi constitutionnelle, de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, le chef d’escadron Salou Djibo avait pris le pouvoir, assuré la transition et remis le pouvoir aux civils. A l’époque aucun de ses homologues n’avait osé dénoncer les dérives de Tandja. Et lorsque l’armée a pris le pouvoir pour remettre de l’ordre, les chiens de la Cedeao ont aboyé pour condamner un « putsch » qui, en réalité, était une œuvre de salubrité démocratique pour le peuple.

En Côte d’Ivoire, le président Alassane Ouattara s’est présenté à un 3e mandat sans que cela émeuve un seul de ses collègues africains. Il a éliminé juridiquement des candidats de l’opposition (Gbagbo, Soro, Blé Goudé) à la dernière présidentielle pour forcer un 3e mandat. Aucun chef d’Etat n’a condamné ces actes anti-démocratiques. La France a même béni ce coup de force constitutionnel de son valet ivoirien.

Récemment, le dictateur tchadien Idriss Déby a été remplacé par son fils qui n’était pourtant pas le dauphin constitutionnel. Motus et bouche cousue du côté de l’UA et des Nations Unies. Le président Emmanuel Macron avait même apporté le soutien de la France audit fils ! C’est pourquoi la condamnation du coup du lieutenant-colonel Doumbouya par le Tchadien Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, fait rire puisque cet homme-lige avait fait profil bas lorsque son compatriote, le fils d’Idriss Deby, Mahamat Deby Itno, a fait main basse sur le pouvoir à la suite de l’assassinat de son père. Aucun chef d’Etat africain n’a parlé de légalité constitutionnelle lorsque Deby fils a pris de force le pouvoir laissé par son père.

Pourtant, les mêmes de l’UA et de la Cedeao s’étaient empressés de condamner les tombeurs d’IBK au Mali. La Cedeao et l’UA des potentats Mais pourquoi les chefs d’Etat de la Cedeao, donneurs de leçons de démocratie, ne s’auto appliquent-ils jamais cette disposition de l’article 1, alinéa 2 du Protocole de l’instance communautaire qui stipule que « tout changement anticonstitutionnel est interdit de même que tout mode non démocratique d’accession ou de maintien au pouvoir » ? Or, combien sont-ils ces chefs d’Etat de la Cedeao qui se sont maintenus au pouvoir en tripatouillant la Constitution ? Aujourd’hui, beaucoup de ces chefs d’Etat qui demandent aux forces spéciales guinéennes de rétablir la légalité constitutionnelle sont très mal placés pour le faire puisqu’ils ont modifié la Constitution de leur pays pour se maintenir au pouvoir.

Les instances continentales n’ont jamais le courage de dénoncer voire de condamner les dérives anticonstitutionnelles des chefs d’Etat aux fins de se maintenir illégalement au pouvoir. Ils attendent que des militaires patriotes se lèvent pour débloquer des situations compromises pour les condamner et les menacer de leurs foudres. Entre les putschs salvateurs et les tripatouillages constitutionnels ouvrant des boulevards vers des 3e mandats, franchement il n’y a pas d’hésitation à faire : il faut choisir la première option. Les véritables putschistes, ce sont les Ouattara, Condé, Biya, Obiang Nguema, Kagamé, Issayas Afewerki, Faure Gnassingbé, et tous ces chefs d’Etat qui ont fini de s’éterniser au pouvoir.

Patrice Talon et Macky Sall utilisent des détours politiques ou des subterfuges judiciaires pour éliminer leurs challengers et essayer eux aussi d’obtenir un 3e mandat alors que les constitutions de leurs pays respectifs le leur interdisent. Aujourd’hui, le Protocole additionnel de la Cedeao souffre d’une tare originelle. Quand, le 21 décembre 2001, le Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance était signé à Dakar, on y notait la présence des chefs d’Etat, archétypes de la mal-gouvernance et de l’autocratie. Gnassingbé Eyadema, signataire du Protocole, avait déjà fait 34 ans de pouvoir, Yaya Jammeh, qui en était alors à sa 7e année de pouvoir en ajoutera 15 autres, Mathieu Kérékou du Benin avait bouclé en 2001 23 ans de pouvoir avant d’en rajouter 5.

Lansana Conté de la Guinée représenté par son Premier ministre, Lamine Sidimé, en était à sa 17e année de règne absolu. Il s’était offert par la suite une prolongation de 7 années. Blaise Compaoré consommait alors sa 14e année au pouvoir. L’autre particularité de ces Présidents signataires d’une charte de la démocratie et de la bonne gouvernance, c’est qu’ils étaient tous arrivés au pouvoir par des coups d’Etat. Dès lors, comment ces potentats pouvaient-ils élaborer un Protocole promouvant la démocratie et condamnant l’accession au pouvoir par des putschs ?

Mamadou Tandja et Abdoulaye Wade, arrivés au pouvoir démocratiquement respectivement en 1999 et 2000, voudront eux aussi effectuer un putsch constitutionnel en voulant briguer un 3e mandat. Le président nigérien sera balayé par un coup d’Etat militaire salutaire, son homologue sénégalais sera emporté par le vote furieux des Sénégalais qui n’ont jamais cautionné le forcing de son 3e mandat.

Tous ces exemples pour dire que la Cedeao et l’UA sont des institutions sclérosées victimes du pouvoirisme de leurs dirigeants. Lesquels ont constitué, à travers ces deux organisations, des syndicats d’autocrates qui ne défendent pas les peuples mais leurs intérêts personnels. Aussi, est-il est temps qu’elles arrêtent de défendre les chefs d’États « tazarchistes » et se mettent du côté des peuples épris de justice et de démocratie. Aujourd’hui le divorce est acté entre les peuples et ces organisations qu’il convient de refonder tout en réorientant leurs missions. Il y va de leur crédibilité et de leur pérennité.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 17:26
Covid-19 : la Bdeac prête 15 milliards F CFA à la Centrafrique

 

Lu pour vous

 

Journal de Brazza 13.09.2021 à 15 h 18 par APA

La Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (Bdeac) veut aider la Centrafrique à renforcer son système sanitaire pour mieux lutter contre le nouveau coronavirus. Depuis le début de la pandémie, la RCA n’a officiellement déploré que 100 décès. Même elle tient tout de même à renforcer ses moyens de riposte. C’est dans ce sens que Félix Moloua, ministre centrafricain de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale et Fortunato Ofa Mbo Nchama, président de la Bdeac, ont procédé ce lundi au siège de la banque à Brazzaville (Congo), à la signature de cet accord de prêt, rapporte un communiqué reçu à APA.

Ce montant « permettra au gouvernement centrafricain de contenir la pandémie, de garantir les conditions de vie de sa population et de renforcer son système sanitaire », détaille le document. Il ajoute que « ce projet vise à améliorer l’accès équitable de la population aux services de santé de qualité et à garantir la sécurité sanitaire en situation d’épidémie et post-épidémie ».

Par ailleurs, sa mise en œuvre « contribuera à appuyer la réhabilitation des infrastructures sanitaires existantes et à construire de nouvelles structures hospitalières afin de couvrir les besoins » dans ce domaine en RCA, un pays en proie aux conflits armés depuis la chute du président François Bozizé.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 17:21
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 17:20
Le général Langlade de Montgros à la tête de l'EUTM RCA

 

Le général Langlade de Montgros à la tête de l'EUTM RCA

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/

Le général de brigade français Jacques Langlade de Montgros a pris le commandement de la mission militaire de formation de l'Union européenne en République centrafricaine (EUTM RCA) dont le mandat a été renouvelé jusqu'en septembre 2022.

La décision du Comité politique et de sécurité date du 26 août.

La cérémonie de samedi s’est déroulée au camp M’poko, à Bangui, en présence du Chef de l’Etat, le Professeur Faustin Archange Touadéra, et du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Mankeur Ndiaye

Le général Langlade de Montgros replace le général de brigade Paulo Manuel Simões das Neves de Abreu qui occupait ce poste depuis septembre 2020.

Ancien patron de la 11e BP (2019-2021), le général Langlade de Montgros sert à l'inspection de l'armée de terre, depuis le 1er août 2021. 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 17:16
Le Mali proche d'un accord avec les mercenaires russes du groupe Wagner
Le Mali proche d'un accord avec les mercenaires russes du groupe Wagner
Le Mali proche d'un accord avec les mercenaires russes du groupe Wagner

 

Le Mali proche d'un accord avec les mercenaires russes du groupe Wagner

par John Irish et David Lewis

PARIS 13/09/2021(Reuters) - Les autorités maliennes sont proches de conclure un accord avec la société militaire privée russe Wagner, ce qui permettrait à Moscou d'étendre son influence en Afrique de l'Ouest malgré l'opposition de Paris, ont déclaré à Reuters sept sources diplomatiques et sécuritaires.

La France, qui a annoncé en début d'été une transformation de ses opérations militaires dans le Sahel et une réduction de sa présence au Mali, a lancé une offensive diplomatique pour tenter de dissuader la junte au pouvoir au Bamako de concrétiser ce rapprochement avec la Russie, ont ajouté les sources.

Selon une source européenne qui suit le dossier ouest-africain et une source proche des services de sécurité au Sahel, l'accord pourrait porter sur l'envoi d'un millier de mercenaires russes au Mali. Deux autres sources ont dit penser que leur nombre serait moins élevé, sans fournir d'estimation chiffrée.

Quatre sources interrogées par Reuters ont déclaré que le groupe Wagner serait payé six milliards de francs CFA (environ 9,15 millions d'euros) par mois pour ses services.

L'accord pourrait également garantir à la société russe l'accès à trois gisements miniers, deux d'or et un de magnésium, a ajouté une des sources.

Selon une source sécuritaire travaillant dans la région, les mercenaires russes seraient chargés de former les Forces armées maliennes (FAMA) et d'assurer la protection de certains hauts dirigeants maliens, mission qu'effectue déjà le groupe Wagner en Centrafrique.

Reuters n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante et le groupe Wagner n'a pas répondu aux demandes de commentaire.

ENGAGEMENT FRANÇAIS REMIS EN CAUSE ?

Pour tenter de convaincre la junte de ne pas signer cet accord, la France a sollicité l'aide de certains de ses alliés, comme les Etats-Unis, et envoyé des émissaires à Bamako et à Moscou, ont dit les sources diplomatiques.

Le président français Emmanuel Macron a directement abordé la question avec son homologue russe Vladimir Poutine, selon l'une d'elles. Ni l'Elysée, ni le Kremlin n'ont répondu aux sollicitations de Reuters.

Selon les sources diplomatiques, Paris craint que l'arrivée de mercenaires russes au Mali déstabilise davantage la région et compromette la lutte antiterroriste au Sahel au moment où la France cherche à transformer l'opération Barkhane en coalition internationale impliquant davantage ses alliés européens.

Le Quai d'Orsay n'a pas répondu aux sollicitations de Reuters mais une source diplomatique française s'est montrée très critique envers les interventions du groupe Wagner dans d'autres pays, dénonçant pêle-mêle "violations des droits de l'homme", "ingérence dans le fonctionnement de l'Etat", "prédation sur les ressources naturelles" et "détérioration de la situation sécuritaire".

"Une intervention de cet acteur serait donc incompatible avec les efforts des partenaires sahéliens et internationaux du Mali, engagés au sein de la Coalition internationale pour le Sahel en faveur de la sécurité et du développement de la région", a-t-elle prévenu.

UNE "RUMEUR", SELON LA JUNTE

Un porte-parole de la junte au pouvoir à Bamako depuis le coup d'Etat d'août 2020 a dit ne pas être au courant d'un tel projet d'accord avec Wagner.

"Ce sont des rumeurs. Les officiels ne commentent pas les rumeurs", a dit le porte-parole, Baba Cissé.

Le porte-parole du ministère malien de la Défense a déclaré de son côté que "l'opinion publique malienne est favorable à une coopération accrue avec la Russie vu la situation sécuritaire", tout en assurant qu'"aucune décision n'a été prise sur la nature de cette coopération".

Des "instructeurs militaires" du groupe Wagner sont déployés en République centrafricaine, où ils ont été accusés par les Nations unies de violations des droits de l'Homme. Moscou, qui nie tout lien direct avec la société privée, a rejeté ces accusations.

    La présence de mercenaires russes à Bamako remettrait en cause le soutien financier des partenaires internationaux du Mali et la formation de l'armée malienne assurée notamment par l'Union européenne, ont déclaré quatre sources sécuritaires et diplomatiques.

Un redéploiement des soldats français encore présents dans le nord du Mali vers des pays voisins comme le Niger serait également envisageable, ont-elles ajouté.

Alors que les relations se sont tendues avec la France depuis le second coup d'Etat à Bamako l'an dernier, la junte malienne a multiplié les signes de rapprochement avec la Russie, comme la visite du ministre de la Défense Sadio Camara à Moscou le 4 septembre.

Un responsable du ministère malien de la Défense a indiqué que cette visite s'inscrivait "dans le cadre de la coopération et de l'assistance militaire", sans plus de précisions.

Le ministère russe de la Défense a évoqué de son côté un entretien entre le vice-ministre russe, Alexandre Fromine, et Sadio Camara, consacré à des "projets de coopération militaire" et aux "questions de sécurité en Afrique de l'Ouest".

Signe de l'inquiétude de Paris, le "Monsieur Afrique" du Quai d'Orsay, Christophe Bigot, s'est rendu le 8 septembre à Moscou pour un entretien avec Mikhaïl Bogdanov, représentant spécial du président Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient et l'Afrique. Le ministère russe des Affaires étrangères a confirmé leur entrevue.

 

(Reportage de John Irish et David Lewis, avec Robin Emmott à Bruxelles, Tangi Salaün et Elizabeth Pineau à Paris, Aaron Ross et Bate Felix à Dakar, Tiemoko Diallo à Bamako, Tatiana Ustinova, Andrew Osborn et Anton Zverev à Moscou, version française Tangi Salaün, édité par Blandine Hénault)

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
13 septembre 2021 1 13 /09 /septembre /2021 17:09
Un ancien chef de milice inculpé de crimes contre l'humanité en RCA
Un ancien chef de milice inculpé de crimes contre l'humanité en RCA
Un ancien chef de milice inculpé de crimes contre l'humanité en RCA

 

Un ancien chef de milice inculpé de crimes contre l'humanité en Centrafrique

LE FIGARO

Un important ancien chef d'une des milices qui s'affrontaient au plus fort de la guerre civile en Centrafrique a été inculpé vendredi 10 septembre de crimes contre l'humanité par des juges d'une cour spéciale à Bangui, cinq jours après son arrestation, a annoncé ce tribunal.

L'ex-capitaine Eugène Barret Ngaïkosset est un ancien cadre de la garde rapprochée de l'ancien président François Bozizé, renversé en 2013 par une coalition de groupes armés à majorité musulmane, la Séléka. Il a ensuite été un chef important des milices anti-balaka, à majorité chrétienne et animiste, fondées par François Bozizé pour lutter contre la Séléka. Ces deux groupes ont plongé le pays dans une sanglante guerre civile et ont été accusés en 2015 par l'ONU de «crimes de guerre» et «crimes contre l'humanité» durant les années 2014 et 2015, au paroxysme du conflit.

Probable saisie de la CPI

Eugène Barret Ngaïkosset, arrêté le 4 septembre dans la périphérie de Bangui, «a été inculpé de crimes contre l'humanité» vendredi par deux juges d'instruction de la Cour Pénale Spéciale (CPS), a annoncé cette dernière dans un communiqué. Cette juridiction hybride, composée de magistrats centrafricains et internationaux, est chargée de juger les violations graves -depuis 2003- des droits humains dans ce pays d'Afrique centrale en guerre civile depuis 2013.

Le parquet de la CPS devra décider si Ngaïkosset sera placé en détention provisoire en attendant un éventuel procès, précise le communiqué. La Cour pénale internationale (CPI) de la Haye pourrait également se saisir du cas de l'ex-capitaine.

«Le boucher de Paoua»

Eugène Barre Ngaïkosset est surnommé par la presse centrafricaine « le boucher de Paoua » en référence à des massacres commis dans cette ville du nord-ouest par l'armée, de 2005 à 2007, lorsqu'il était un des commandants de la redoutable garde présidentielle de François Bozizé. Selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch (HRW) de 2009, «des diplomates» avaient alors demandé à François Bozizé qu'il engage des poursuites contre Ngaïkosset, «commandant d'une unité de la garde présidentielle impliquée dans des atrocités généralisées commises dans le nord-ouest».

L'ex-capitaine avait créé une faction des milices anti-balaka après la chute de M. Bozizé en 2013. Et un rapport de l'ONU, qui a gelé ses avoirs à l'étranger et émis un avis d'interdiction de voyager, l'a accusé en 2015 de «s'être livré ou avoir apporté un appui à des actes (...) contraires au droit international des droits de l'Homme».

La guerre civile a considérablement baissé d'intensité depuis 2018 mais des groupes armés, issus ou non de l'ex-Séléka et des anti-balaka, occupaient encore fin 2020 plus des deux tiers de la Centrafrique. Certains ont lancé en décembre une rébellion contre le pouvoir du président Touadéra. Ce dernier a été finalement réélu le 27 décembre et son armée, grâce à l'appui de centaines de paramilitaires russes et de soldats rwandais, a aujourd'hui largement reconquis le territoire.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com