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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 01:19
RCA : les Fonds de la CPI aux victimes des forces de Bemba

Lu pour vous

 

RCA : les Fonds de la CPI aux victimes des forces de Bemba, serviront aussi d’assistance aux victimes d’autres chefs de guerre centrafricains

 

https://www.politico.cd/ By La Rédaction 9 mars 2020  Par NSUMBU Ange

 

En Centrafrique, les victimes des forces de Bemba vont recevoir l’aide du fonds de la Cour pénale internationale (CPI), près de 20 ans après les faits. Cette aide va débuter au printemps, avec un budget d’environ 1,2 million de dollars américains pour cette première année, dévoile à RFI Bertin Bishikwabo, chargé de programme du fonds de la CPI à Bangui.

En 2002-2003, les hommes de Jean-Pierre Bemba sévissent sur le territoire centrafricain. Ils pillent, tuent, et violent de nombreuses femmes. Poursuivi devant la CPI, Jean-Pierre Bemba a été acquitté en juin 2018. Malgré l’acquittement, des milliers de victimes des forces de Bemba sont présentes sur le territoire centrafricain, beaucoup ont besoin d’une assistance“, rappelle-t-il.

Le fonds au profit des victimes de la CPI devrait appuyer près de 3 000 personnes cette année. Déjà, depuis un an, la CPI aide des victimes dans le plus grand besoin.

Le fonds au profit des victimes a fait une évaluation en 2011, ici en République centrafricaine. Fin 2012, alors que les contrats étaient prêts à être signés par le greffier, les hostilités ont éclaté en République centrafricaine. Nous étions donc dans l’impossibilité de pouvoir développer les programmes d’assistance dans ce contexte. Nous attendions que la situation s’améliore pour que nous puissions venir développer les programmes d’assistance. En même temps, nous attendions que le procès de Jean-Pierre Bemba aboutisse pour que l’on puisse combiner les deux : la réparation et l’assistance. Mais, malheureusement, Bemba a été acquitté. Et à l’acquittement de Bemba, le fonds a décidé d’accélérer la mise en place des programmes d’assistance ici, en République centrafricaine“, précise Bertin Bishikwabo.

À la question de connaître le type d’aide qu’apporte le fonds à ces victimes, il répond :

Le fonds au profit des victimes intervient dans trois domaines dans le cadre de l’assistance. D’abord, la réhabilitation psychologique. Ensuite, la réhabilitation physique pour les victimes qui ont eu des préjudices physiques, ainsi qu’un soutien socio-économique, tout ce qui est développement d’activités économiques, et moyens de subsistance“.

Des interrogations sur les victimes autres conflits

En dehors des victimes des troupes de Bemba, il y a celles autres conflits. Les chefs de guerre centrafricains des groupes armés sont-ils poursuivis par la CPI et condamnés pour indemniser leurs victimes ?

” Le fonds va s’occuper de toutes les victimes de la compétence de la Cour pénale internationale. Mais, pour nous, sur le plan opérationnel, on a décidé de commencer d’abord par les victimes qui sont connues. Après, on pourra étendre aux victimes qui ne sont pas encore identifiées. Donc, pendant que les programmes seront en train d’être mis en œuvre, on devra identifier et inclure au fur et à mesure d’autres victimes, que l’on devra intégrer dans le programme“, répond Bertin Bishikwabo.

La République centrafricaine, c’est connu, vit depuis plusieurs années sous la vague de violences, notamment des viols et des homicides systématiques de civils.

Il faut que les Nations Unies renforcent la protection de la population“, ne cesse de recommander Amnesty International dans ses rapports.

En août 2017, elle avait mené une enquête de terrain qui lui avait permis de révéler ” une flambée terrifiante des actes de torture, des pillages et des déplacements forcés imputables à une ramification de la Seleka, l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC)”.

Elle a noté, d’autre part, que “les Casques Bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA), comptant un effectif de 12 870 personnes en uniforme dont 10 700 militaires, n’ont pas empêché les violences contre des civils”.

À l’époque, Amnesty International avait identifié 600 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays et 438 700 réfugiés dans les pays voisins, principalement au Cameroun, en République démocratique du Congo et au Tchad.

” Des dizaines de milliers de personnes ont fui les villes les plus touchées par les combats, comme Alindao, Mingala, Nzangba et Mobaye (à la frontière avec la RDC).

Les juges de la CPI ayant confirmé les accusations de la Procureure contre Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaissona pour crimes de guerre, on attend de voir à quel volume du fonds d’aide à leurs victimes les deux miliciens anti-balaka seront condamnés. En attendant d’autres éventuels procès en rapport avec les horribles crimes de guerre et contre l’humanité qui ont été commis par des forces tchadiennes et qui se poursuivent en Centrafrique.

 

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 01:08
ACHILLE MBEMBE DEMANDE À LA FRANCE DES SANCTIONS CIBLÉES CONTRE LE RÉGIME DE YAOUNDÉ

 

ACHILLE MBEMBE DEMANDE À LA FRANCE DES SANCTIONS CIBLÉES CONTRE LE RÉGIME DE YAOUNDÉ 

 

Scènes inhabituelles, le 25 février, devant l’ambassade de France à Yaoundé, au Cameroun. En lieu et place de la foule ordinaire des quémandeurs de visas exposés aux intempéries, quelques centaines de sans-travail assiègent la place armées de pancartes et de banderoles fraîchement peintes.

Attroupement spontané, fait-on mine de croire. En vérité, l’une de ces rodomontades auxquelles nous ont habitués les régimes tyranniques lorsque, à court d’imagination et pris la main dans le sac, ils sont obligés d’attiser passions pseudo-nationalistes, voire vulgarité et ressentiment, dans l’espoir de détourner l’attention de leurs méfaits, de masquer leur faillite et, au passage, de prétendre à quelque délégitimation.

Dans ce pays où toute manifestation, aussi pacifique soit-elle, de l’opposition ou des organisations civiles est généralement dispersée à coups de matraque, de canons à eau, de gaz lacrymogènes et souvent à balles réelles, nos protestataires d’occasion ont été réunis à la sauvette. Contre quelques pièces de rechange et la promesse d’un bout de pain accompagné d’une sardine et éventuellement d’une bière. Ils ont été loués pour quelques heures par les spécialistes locaux des basses besognes, le temps de proférer des jurons et slogans anti-francais à la face du monde avant de retourner à leur misère.

Réplique sévère, prétend-on, à Emmanuel Macron, copieusement injurié et couvert pour l’occasion de tous les noms d’oiseau. Accusé d’avoir déshonoré, au milieu des vaches du Salon de l’agriculture, le 22 février, un satrape de 87 ans, au pouvoir depuis trente-huit ans.

En admettant publiquement qu’il était intervenu dans la libération du principal opposant au régime en place, il aurait foulé aux pieds la souveraineté d’un pays qui, en soixante ans d’indépendance, n’aura témoigné que mépris et dédain à l’égard de ceux de ses enfants qui se sacrifièrent autrefois pour sa libération du joug colonial.

Mais qu’importent les contradictions, sur fond d’un patriotisme de circonstance. « Le gamin de l’Elysée » aurait traîné le vieux tyran « dans la bouse ». Il paiera cet affront de sa personne, en pleine rue, dans la boue et dans les caniveaux. Sur les écrans aussi, à l’ère virale du digital.

Du coup, sur les réseaux sociaux et dans la presse à charge, trolls, lumpen-citoyens, griots et opportunistes de tout poil, voire conseillers spéciaux, directeurs généraux et ministres de la République, bref la cohorte des pouvoiristes s’en donnent à cœur joie, dans une orgie verbale qui frise le lynchage numérique. Dans cette phallocratie qui ne s’en cache point, l’épouse du chef de l’Etat français est à peine épargnée, qui en prend pour son âge, tandis que le Cameroun est comparé à une jeune fille que chercherait à violer un soupirant de mauvais aloi.

Ainsi fonctionnent les Etats voyous d’Afrique centrale, créatures monstrueuses de la Ve République et derniers avatars de la Francafrique, ce pacte faustien qui aura lié la France à ses anciennes possessions coloniales depuis les années 1960, et qui, mine de rien, est devenu un boulet puant pour la France.

Le néolibéralisme mâtiné de tribalisme aidant, ces Etats se sont transformés en véritables cartels, à la tête desquels se trouvent des tyrans séniles et jouisseurs. Détenteurs pour la plupart de passeports français, ces derniers ont, au long des années et sous le regard bienveillant de l’ancienne mère patrie, inventé des formes d’exercice du pouvoir qui reposent sur le déchaînement le plus brutal des instincts inférieurs.

Ils sont entourés d’une cohorte de gérontocrates obséquieux et d’une armée de courtisans et de sicaires. Pour cette caste de vieillards rompus à la roublardise et à la duplicité, gouverner, c’est en effet manger, boire, danser et copuler à longueur d’années, dans la plus totale imprévoyance.

Le matin, ils incitent quelques centaines de dévots à hurler contre la France. La nuit tombée, ils changent de masque, s’adonnent à des danses bachiques et ont d’effroyables rituels de mystification, ou s’agenouillent devant les autorités consulaires et sollicitent, qui une carte de séjour pour eux-mêmes ou un membre éloigné du clan, qui une énième faveur.

Certains possèdent des appartements luxueux dans les quartiers huppés de Paris. D’autres détiennent de nombreux biens souvent « mal acquis » sur le territoire français. Renfloués à coups de racket, de marchés fictifs ou de gré à gré, de détournements de la fortune publique et du bradage des ressources naturelles, leurs comptes bancaires sont logés dans des institutions françaises, lorsque d’innombrables liasses de devises étrangères ne sont pas purement et simplement entassées dans des sacs.

Leurs enfants sont scolarisés dans des lycées français. Une partie de leurs nombreuses familles, voire de leurs concubines se trouvent sur le territoire français. A la moindre alerte, ils sont évacués vers des hôpitaux français. Aux frais du Trésor public.

Il n’est pas rare que les balles, les fusils, les gaz lacrymogènes et les véhicules militaires qu’ils utilisent pour mater leur peuple soient d’origine française. Il en est de même des engins équipés de mitrailleuses qu’ils font défiler sur le boulevard principal de la capitale à l’occasion de la fête nationale.

La plupart des contrats d’exploitation des gisements miniers sont signés avec des compagnies françaises. La surveillance de l’espace aérien, la gestion des ports, des aéroports, des chemins de fer et la destruction des immenses forêts n’échappent guère à la règle. Il n’y a pas jusqu’aux uniformes de l’armée, aux chaussures et bérets des soldats, aux cartes d’identité, aux passeports, à la monnaie nationale et aux boîtes d’allumettes qui ne soient fabriqués par des entreprises françaises ou leurs succursales.

Satrapes africains

Surtout lorsqu’elle est activement recherchée, une dépendance aussi systémique et multiforme met à mal les cyniques proclamations de souveraineté généralement proférées sur le dos de l’ancienne puissance tutrice.

Pour le reste, les satrapes africains seront intervenus dans la politique intérieure française des années durant. Ils auront, à titre d’exemple, contribué au financement occulte des partis politiques de tout bord. Ils auront, par ailleurs, généreusement arrosé divers candidats aux élections présidentielles.

L’osmose entre cette caste de prédateurs, certains cercles dirigeants français, certains milieux d’affaires, des milieux militaires et du renseignement aura été telle qu’aux yeux de beaucoup d’Africains, le nom de la France a fini par être étroitement associé à la réalité de la tyrannie, de la corruption et de la brutalité sur le continent.

Au demeurant, tyrannie et corruption ont fini par octroyer aux formes postcoloniales du brutalisme et de la prédation un caractère létal et corrosif. Tel étant le cas, il n’est guère surprenant que les nouvelles générations qui n’ont pas connu la colonisation, mais qui sont nées et ont grandi dans le chaudron de la tyrannie, soient les plus réceptives à la propagande anti-francaise des régimes africains et de leurs opposants.

Aux yeux de beaucoup en effet, la France ayant été si profondément impliquée dans la consolidation de la tyrannie en Afrique, que l’avènement de la démocratie, la jouissance des libertés fondamentales et la réalisation du rêve panafricaniste ne seront possibles qu’au prix d’une rupture radicale des liens avec l’ancienne puissance coloniale.

Kleptocratie à bout de souffle

C’est en particulier le cas au Cameroun, où une kleptocratie à bout de souffle s’efforce activement d’instrumentaliser le ressentiment anti-francais dans le but de réengranger un minimum de légitimité et de conforter son impunité. Ici, en effet, tous les indicateurs ont viré au rouge.

Maintes demandes, doléances et plaidoyers adressés au gouvernement par diverses forces sociales auraient pu être traités par la négociation. Au contraire, ces forces ont été, de façon routinière, réprimées. De paisibles citoyens dont les droits fondamentaux sont quotidiennement lésés ont été violentés et parfois blessés sans raison. Très souvent, du sang a été versé.

Les prisons sont surpeuplées. La torture est pratiquée en plein jour dans des centres de détention, y compris informels. Passeports et autres documents d’identité des dissidents ne sont guère renouvelés. Des milliers de jeunes ont rejoint la cohorte des migrants illégaux qui s’efforcent de traverser la Méditerranée. Une partie de la mobilisation protestataire, aussi bien anglophone que francophone, s’est délocalisée dans la diaspora. Sur place, les antagonismes tribaux ont atteint un point tel que, à tout moment, tout risque de dégénérer en conflit armé.

En attendant, massacres et atrocités se succèdent dans les régions anglophones ou militaires et bandes armées s’affrontent sur le dos des populations civiles. De nombreux villages ont été rasés et des maisons incendiées. Bétail et récoltes sont régulièrement confisqués. Pillages, expéditions punitives et ponctions de toutes sortes ont précédé ou accompagné de grotesques tueries.

A ce jour, plus de 3 000 personnes ont perdu la vie. Les organisations internationales font état de plus de 500 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays. Il convient d’y ajouter 60 000 autres, réfugiés au Nigeria voisin. Près d’un million d’enfants sont privés de scolarisation et exposés à l’errance et à la malnutrition.

Brutalisation de la société

Comme si cette catastrophe humanitaire ne suffisait point, peu de signes démontrent que le régime est disposé à sortir de l’enlisement politique par un véritable dialogue. Objets d’un enlèvement au Nigeria il y a plus d’une année, les leaders sécessionnistes languissent dans l’une des principales geôles du pays. Sans l’intervention d’Emmanuel Macron, les principaux responsables de l’opposition légale, à l’exemple du juriste Maurice Kamto, n’auraient pas été libérés.

Au demeurant, déférés devant le tribunal militaire, plusieurs autres, à l’instar de Mamadou Mota, restent détenus dans des conditions foncièrement dégradantes. Du reste, toutes les voies en vue d’une alternance pacifique ont été méthodiquement obstruées. La corruption électorale est administrée par la bureaucratie, les préfets, sous-préfets, gouverneurs, policiers, soldats et gendarmes, tous porteurs de la carte du parti au pouvoir.

Chaque élection est émaillée d’innombrables irrégularités : intimidation des opposants, y compris sur les lieux de vote ; bourrage des urnes ; distribution de fausses cartes ; et diverses autres manipulations. A l’allure où vont les choses, seule la mort biologique du satrape est de nature à donner répit à un peuple profondément meurtri par de longues années de brutalisation.

C’est dans ce contexte de caporalisation et de brutalisation de la société qu’il faut comprendre les accusations portées contre Emmanuel Macron. Car que lui reproche-t-on sinon d’avoir dérogé à l’ethos gérontocratique et d’avoir refusé de faire preuve d’obséquiosité à l’égard d’un tyran féru de duplicité, et qui ne respecte que la ruse et la force ? En effet, rien de ce qu’a déclaré le chef d’Etat français n’est faux.

Si reproche on peut lui adresser, ce n’est pas d’avoir fait entorse à la vérité.

C’est plutôt de n’avoir pas tout dit, c’est-à-dire de tarder à fixer clairement la ligne rouge. Car s’agissant du Cameroun, la seule et unique question qui vaille désormais la peine, pour la France comme pour ses alliés occidentaux, est de savoir quand, comment et dans quelles conditions atterrir, c’est-à-dire comment organiser urgemment et en bon ordre la succession afin que ce pays puisse recommencer sur des bases entièrement nouvelles.

Des efforts dans cette direction sont d’ores et déjà en cours aux Etats-Unis et au niveau de l’Union européenne notamment. Aussi bien le Sénat américain que la Chambre des représentants et l’Union européenne ont adopté diverses résolutions condamnant les atrocités et autres violations répétées des droits humains et appelant à un dialogue digne de ce nom.

De tels gestes ne suffisent cependant plus. Il est temps de prendre appui sur d’autres instruments de politique étrangère si l’on doit effectivement prévenir le carnage, soutenir les efforts de paix, et obtenir du régime camerounais le respect des droits humains et l’adhésion aux principes démocratiques.

De tels instruments incluent les sanctions ciblées. Celles-ci doivent viser trois objectifs, à savoir la fin de la guerre dans les deux provinces anglophones, la réforme de l’Etat dans le sens d’une fédération, et la refonte du système électoral.

Ces sanctions devraient viser non seulement le gouvernement, mais aussi les groupes armés responsables des atrocités commises à l’encontre des civils. 

D’ores et déjà, suite à la décision du président Donald Trump, le Cameroun n’est plus bénéficiaire de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA). Mais, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les Etats-Unis maintiennent leur coopération militaire avec le régime en place.

Peut-être le moment est-il venu de mettre davantage de pression, en particulier sur le gouvernement, afin qu’il applique scrupuleusement les termes des conventions internationales dont il est signataire. La mise en place par les Nations unies d’une commission d’enquête internationale sur le Cameroun constituerait, de ce point de vue, un premier pas dans la bonne direction.

D’autres sanctions devraient, dans ce contexte, cibler les fonctionnaires et hauts responsables impliqués dans les innombrables cas de violation des droits fondamentaux, ou dans d’autres cas de corruption liés à l’extraction et à la braderie des ressources naturelles, à des crimes horribles et à des trafics divers.

De telles sanctions pourraient inclure le gel des avoirs détenus dans les banques étrangères, le retrait ou le refus d’octroyer des visas et, éventuellement, le recours au Tribunal pénal international (TPI).

On peut comprendre que la France ne veuille point ajouter au chaos en posant des actes qui déstabiliseraient davantage une région d’ores et déjà en proie à l’instabilité.

On peut comprendre qu’elle rechigne à se faire manipuler par différents protagonistes locaux et à se laisser entraîner dans des conflits sanglants, au risque de répéter ici des tragédies vécues ailleurs ou de s’embourber dans d’interminables luttes tribales. On comprend qu’elle ait peur de se faire damer le pion par les Russes, les Américains, les Chinois et autres Turcs.

Encore faut-il rappeler qu’elle n’est pas neutre. Qu’elle le veuille ou non, sur les plans militaire, économique, financier et culturel, elle est impliquée de fait.

Que l’on s’en désole ou non, la très grande majorité des Africains, à commencer par leurs dirigeants, est profondément convaincue que nul ne peut exercer le pouvoir en Afrique francophone sans l’aval de la France.

On a beau faire valoir le contraire, beaucoup pensent qu’en fin de compte, le sort de leur pays dépend du bon vouloir de Paris.

Dans ces conditions, un nouveau réalisme s’impose. La véritable question n’est pas de savoir s’il faut s’engager et courir le risque d’être accusé d’ingérence, ou s’il faut rester silencieux et courir le risque d’être accusé de complicité. Il s’agit d’une fausse alternative.

Le nouveau réalisme commande que l’on prenne acte de la dépendance structurelle et presque psychique des régimes et des sociétés postcoloniaux à l’égard de la France et que l’on procède à une refonte historique profonde des rapports entre celle-ci et ses anciennes colonies d’Afrique, faute de quoi, de part et d’autre, l’on subira les grands bouleversements déjà en cours au lieu de les conduire.

En effet, les régimes d’Afrique centrale représentent une grave menace pour leurs peuples, pour la sécurité internationale et pour les intérêts à long terme de la France sur le continent.Afin de préserver la paix et la sécurité en Afrique d’expression française, il est désormais nécessaire d’adopter une perspective historique de longue durée.A l’exemple du général de Gaulle en 1944, il s’agit d’organiser une nouvelle « grande transition ».

Tout, en effet, y pousse : l’enkystement de régimes corrompus et incitateurs d’éventuelles guerres fratricides ; les transformations de la donne géopolitique ; l’arrivée de nouveaux acteurs extérieurs ; la double crise écologique et sanitaire ; et les défections de masse que constituent les migrations.

Cette « grande transition » ne se limitera pas uniquement à des gestes symboliques, aussi forts soient-ils. Le retournement des symboles n’aura de sens que s’il est mis au service d’une rétrocession de grande ampleur.

Restitution et rétrocession vont en effet de pair. Elles ne sont l’équivalent ni de la capitulation, ni de la démission. La rétrocession renvoie à une autre forme de présence et à une relation durable parce que mutuellement négociée.

La plaie béante, celle qui ronge depuis longtemps les sociétés africaines issues de la colonisation française est la persistance de la tyrannie et, avec elle, de la corruption. Ces deux formes d’ensauvagement ne sont guère des accidents. Entretenu par une variété de mécanismes objectifs et enchâssés dans de véritables appareils et dispositifs qui ont fini par faire système, l’ensauvagement a été transformé en technique et culture de gouvernement et en sens commun. Le projet de rétrocession ou une « grande transition » auront pour finalité le renversement de cette funeste trajectoire historique.

Pour se libérer elle-même du joug à l’envers que ses anciennes possessions d’Afrique ont fini par tisser autour de son cou, la France aura besoin de se doter de véritables moyens d’action et d’une nouvelle et puissante imagination historique.

Elle devra tisser de nouvelles alliances avec les forces démocratiques internes.

Mais, par-dessus tout, elle devra, une bonne fois pour toutes, couper le cordon ombilical qui lie sa propre histoire à la longue histoire de la tyrannie sur le continent africain.

Ceci commence, peut-être, par la mise en place d’un Fonds pour la promotion de la démocratie et des libertés fondamentales en Afrique.

Achille Mbembe est l’auteur de Brutalisme (éditions La Découverte, 2020).

Achille Mbembe(philosophe)

 

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 00:54
Nouvelles nationales sur RFI
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Centrafrique situation sécuritaire précaire autour de la ville de Bossangoa

 

http://www.rfi.fr/fr/afrique Avec notre correspondante de retour de Bossangoa, Charlotte Cosset

 

En Centrafrique, un accord de paix a été signé à Bangui le 6 février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés. Si la situation sécuritaire s’est globalement améliorée, des incidents ont toujours lieu dans les régions et de récents combats à Ndele et Birao viennent ternir les progrès de cet accord. La Minusca répertorie entre 50 et 70 violations de l’accord de paix chaque semaine. Dans la préfecture de l’Ouham par exemple, si la ville de Bossangoa est calme, la situation sécuritaire sur les axes alentour reste précaire.

Dans l’Ouham, il n’y a pas de crise majeure entre les groupes armés. Une sécurité relative que souhaite mettre en avant le chef de bureau de la Minusca à Bossangoa, Alain Sitchet. « C’est une période où il y a habituellement des transhumants et par rapport aux autres années nous avons vraiment réussi à calmer les tensions. Dans la zone de Nana Boguila également à Kouki et à Nana-Bakassa, il y a un retour massif des éleveurs qui avaient quitté la zone à cause de l’insécurité et qui reviennent avec l’appui des autorités locales. C’est un exemple de cohésion sociale », explique-t-il.

Ruée vers l’or…

Mais dans certaines sous-préfectures comme Markounda ou Batangafo, les tensions sont toujours bien présentes et les incidents sécuritaires réguliers. En fin de semaine, un général de groupe armé a été tué faisant craindre de nouveaux combats. La découverte d’une mine dans la zone de Kouki, il y a quelques semaines a créé une « ruée vers l’or », décrivent plusieurs témoins.

René Patrice Ouanekpone est consultant national pour la sécurité auprès du préfet de l’Ouham. « Avec un chantier d’or qui est ouvert dans la zone de Kouki qui est dans la Nana-Bakassa, vous avez toutes les personnes de toutes nationalités, tous les exploitants, y compris les groupes armés qui ont quitté Kaga-Bandoro et les éléments de l’UPC qui ont aussi quitté leurs zones et qui se retrouvent sur ce chantier minier et cela cause quelques problèmes d’insécurité. »

Les forces armées centrafricaines ne sont pas encore basées à Bossangoa. Patrice Ouanekpone estime que leur implantation permettrait une amélioration de la situation sécuritaire dans la zone.

 

 

Centrafrique: la situation demeure préoccupante à Ndélé, selon l'ONU

 

http://www.rfi.fr/fr 09/03/2020 - 04:55

 

Dans le nord de la Centrafrique, un calme précaire est revenu à Ndélé après les affrontements survenus, selon nos informations, entre deux communautés d'un même groupe armé, le FPRC (même si dernier a affirmé dans un communiqué être opposé à un autre groupe armé).

Les armes sont restées silencieuses ce dimanche à Ndélé. Le calme semble en effet revenu, les derniers tirs ont été entendus samedi matin. Mais quand de nombreux habitants ont trouvé refuge autour du site de la Minusca et que d'autres ont fui ailleurs, la crainte des humanitaires reste grande. Pour leur propre sécurité et celles des civils.

Des sources sécuritaires précisent que les garants de l'Union africaine ont amorcé un dialogue depuis vendredi avec les protagonistes du conflit.

De son côté, la Minusca dénonçait ce week-end le meurtre d'un de ses employés. Son corps a été retrouvé criblé de balles mais les casques bleus ont pu reprendre leur patrouilles depuis samedi dans certaines zones de la ville. D'autres zones restent encore inaccessibles, aux mains des miliciens armés qui utilisent parfois des civils comme boucliers humains à en croire la Minusca qui parle de possible crime de guerre.

Les humanitaires présents sur place demeurent quant à eux cantonnés dans leur base et sur le site de la Minusca justement. Un site autour duquel près d'un millier de personnes ont trouvé refuge, fuyant les combats. Des sources humanitaires affirment que le réseau téléphonique a été coupé, difficile de joindre le terrain donc.

Et tant que le calme ne sera pas revenu de façon certaine, impossible de sortir pour évaluer les besoins des populations quand de nombreux civils auraient également fui dans la brousse ou vers d'anciens sites de déplacés aujourd'hui désaffectés. La situation est très préoccupante d'après les mots de l'Ocha, le bureau de l'ONU pour les affaires humanitaires.

Nous avons environ 136 humanitaires qui ont besoin de sécurité [...] On aimerait sortir pour faire une évaluation des besoins, mais pour des questions de sécurité, on ne sort pas.

 

François Batalingaya, chef du bureau de l'Ocha en Centrafrique

 

 

La Centrafrique se dote d’un premier foyer pour victimes de violences sexuelles

 

08/03/2020 - 08:50 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset RFI

 

La première « maison de l’espoir » est désormais ouverte à Bangui, capable d’accueillir pour la nuit des femmes en grande précarité ou ayant besoin de protection. 10 000 cas de violences de genre sont recensés chaque année et dans la capitale, Médecins sans frontières (MSF) a reçu chaque jour dix femmes victimes de violences sexuelles, en 2019.

À 19 ans, Bianca est assise sur un petit lit du dortoir de la maison de l’espérance. Elle va bientôt y être hébergée avec son enfant. « Je suis tombée enceinte. Quand j’ai accouché, mon mari m’a abandonnée comme ça, raconte la jeune femme. J’ai entendu parler de la "maison de l’espoir", et c’est pourquoi je suis venue ici. Cela m’a aidé à recommencer, je me suis lancée dans une activité de vente de bois et de manioc pour m’occuper de mes enfants. »

La « maison de l’espoir » propose une solution temporaire d’hébergement pour les femmes, mais aussi un soutien psychosocial. C’est ce qu’est venue chercher Gisèle.

« Quand je suis allée au marché vers 18 heures, un monsieur m’a agressée au retour, il a voulu me violer, mais j’ai crié et les gens ont commencé à venir et le monsieur a fui, raconte-t-elle, visiblement prostrée. Depuis, les hommes me font peur. J’attends que la "maison de l’espoir" m’aide à sortir ces choses de ma tête pour continuer ma vie. S’il n’y avait pas la maison de l’espoir, je ne sais pas ce que je pourrais faire. »

La structure est dédiée aux femmes seules, aux femmes victimes de diverses violences et menaces, notamment les femmes battues par leurs maris ou encore celles accusées de sorcellerie.

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 21:03
RCA – Markounda : Ruée vers l’or ou invasion délibérée de bandits armés étrangers

 

RCA – Markounda : Ruée vers l’or ou invasion délibérée de bandits armés étrangers

 

Bangui 8 mars C.A.P - Depuis trois mois environs, la découverte de mines d’or entre les villes de Markounda et Kouki dans la préfecture de l’Ouham a attiré plusieurs chercheurs d’or étrangers accourus de presque tous les pays voisins de la République centrafricaine, surtout tchadiens, soudanais nigérians, nigériens, camerounais et autres. La caractéristique principale de ces chercheurs d’or d’un genre nouveau est qu’ils sont quasiment tous musulmans et venus à dos de cheval, à motos ou même à bord de véhicules tout terrain et surtout armés jusqu’aux dents arborant un armement flambant neuf. Terrorisés par ses envahisseurs étrangers, les habitants de Markounda et leur malheureux sous-préfet comme seul fonctionnaire et ceux de Kouki ne savent plus à quel saint se vouer. Aucun gendarme, aucun policier ni Faca !

Selon des informations recoupées et témoignages dignes de foi recueillis par notre rédaction auprès de braves citoyens de Markounda et Kouki, cette ruée vers l’or ne serait que le prétexte d’une invasion en règle de ces deux localités de la RCA proches de la frontière tchadienne par des hordes d’étrangers dont certains éléments revendiquent une certaine proximité avec le président du Tchad et ne cachent pas leur véritable intention qui est de se diriger vers Bangui la capitale où se trouve le centre du pouvoir politique et administratif.

C’est un secret de polichinelle qu’au regard de l’immensité du territoire centrafricain,  les frontières avec ses pays limitrophes et voisins sont difficilement contrôlables donc d’une inquiétante porosité en raison de l’afflux massif des troupeaux de bœufs et leurs bergers peuhls en transhumance à la recherche des beaux pâturages que regorge aussi République centrafricaine  qui les attirent.

C’est aussi de notoriété publique que méfiantes du renforcement de la coopération surtout militaire des autorités de Bangui avec la fédération de Russie avec une série de donation d’armes russes aux forces armées centrafricaines (Faca) et la présence d’ instructeurs de ce pays qui forment les soldats centrafricains au maniement de ces armes, les autorités de N’djaména ont pré-positionné depuis plusieurs mois déjà, plusieurs milliers de soldats tout le long de la frontière centrafricano-tchadienne.

Fin décembre 2019 s’est pourtant tenue avec succès dans la capitale tchadienne la commission mixte centrafricano-tchadienne qui ne s’est pas réunie depuis fort longtemps conformément aux recommandations de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en RCA négocié et paraphé à Khartoum et signé à Bangui le 6 février 2019. Des résolutions ont été adoptées et des engagements pris à propos des problèmes récurrents de couloirs de transhumance pour pacifier les rapports éleveurs et agriculteurs.  

Mais cette méfiance de N’djaména vis-à-vis de Bangui demeure plus que jamais et se traduit périodiquement par la fermeture côté tchadien de la frontière commune des deux pays et par la nomination quasi systématique de généraux de l’armée tchadienne comme ambassadeur du Tchad auprès de Bangui. On peut comprendre que le président Idriss Déby qui a déjà fort à faire avec une rébellion dans la partie septentrionale de son pays n’a sans doute nullement envie de voir une autre rébellion surgir de son flanc sud adossée  la partie nord de la RCA.

De là à permettre des incursions d’hommes armés sur le territoire centrafricain sous prétexte d’orpaillage est totalement inacceptable d’autant qu’on lui reproche déjà de soutenir et protéger discrètement certains seigneurs de guerre dont les hordes criminelles écument déjà depuis belle lurette le territoire centrafricain en y semant la mort et la désolation.    

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 18:09
Le Port autonome de Kribi en prospection commerciale en RCA
Le Port autonome de Kribi en prospection commerciale en RCA

 

Le Port autonome de Kribi en prospection commerciale en République centrafricaine

 

(Investir au Cameroun)   jeudi, 05 mars 2020 13:35 - Une délégation du Port autonome de Kribi (PAK), dans le sud du Cameroun, s’est rendue récemment à Bangui, en Centrafrique (RCA), pour rencontrer le Conseil centrafricain des chargeurs (CCAC).

Durant deux jours, informe le PAK, les deux parties ont échangé sur plusieurs questions d’intérêt commun. À l’issue des travaux, elles ont dégagé quatre axes consensuels de collaboration : la mise en place d’une équipe conjointe chargée de l’exécution du protocole d’accord signé du 26 février 2019 par les deux structures ; l’échange de l’information et la réalisation de campagnes promotionnelles ; la valorisation de l’espace (15 ha) qu’alloue le PAK à la RCA et un dernier volet portant sur le suivi-évaluation.

À travers ce protocole d’accord, le PAK s’est, par exemple, engagé à concéder à la RCA, un rabattement de 30% sur les marchandises, 25% sur l’acconage et 75% sur les pénalités de stationnement.

Le volume de marchandises en direction ou en provenance de la RCA affiche une progression de 991 EVP (mesure de conteneur qui regroupe à la fois les conteneurs de 20 pieds et de 40 pieds) en 2019 contre 386 EVP en 2018. L’ensemble des échanges représente une augmentation de près de 70% par rapport à l’année 2018.

L’ensemble de ces échanges ont été le fait de clients bien connus de RCA tels que Timberland Industries ; Vicwood RCA ; Tahnry RCA ; Socimco ; Sinfocam ; la Centrafricaine des bois.

S.A.

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 18:07
RCA : les bijoutiers réclament un assouplissement de l'embargo sur les diamants

 

Centrafrique: les bijoutiers réclament un assouplissement de l'embargo sur les diamants

http://www.rfi.fr/fr 06/03/2020 - 00:13

 

En Centrafrique, alors que le grand forum minier, la SEMICA, s’est achevé la semaine dernière, au marché artisanal de Bangui les bijouteries espèrent un assouplissement de l’embargo sur les diamants centrafricains. Car la demande est faible et le pouvoir d’achat n’est pas la seule cause de cette morosité.

Boucles d’oreilles, pendentifs et bagues ornées de diamants sont disposés dans des vitrines éclairées. Les clients ne se bousculent pas. Mathias Ndango est le directeur général de la bijouterie nationale de Centrafrique

« Ce n’est pas comme avant ça ne marche pas totalement. Parce qu’il n’y a pas le pouvoir d’achat. Il n’y a pas assez de clients. Des fois, dans un mois vous avez un client qui demande un diamant ou deux... Avant ce n’était pas comme ça, en un mois vous aviez à peu près une quinzaine de personnes qui venaient demander des bijoux avec des diamants. Par rapport à l’embargo, les gens ont un peu peur d’acheter des diamants. »

Le processus de Kimberley a en effet imposé un embargo sur la vente de diamant brut principalement de l’est du pays. Un embargo qui ne tient pas si le diamant est taillé. Mathias Ndango souligne le paradoxe…

« En matière de diamants, la bijouterie ne travaille qu’avec des diamants taillés, conformément à la loi. Mais comme la taillerie n’est pas habilitée à choisir la provenance des diamants, lui ne fait que tailler… Quand ça vient de la zone verte, la taillerie taille, zone rouge il taille et cela se fait commercialiser. »

Si le commerce légal du diamant subit un coup dur ces dernières années ce n’est pas le cas de l’or dont le marché a explosé. Moins de 20 kilos officiellement exportés en 2015, plus de 140 kilos ont été produits en 2018, selon le ministère des Mines. Ici aucun embargo sur l’origine de l’or produit.

Patrick Beloukouzou est bijoutier et professeur à l’école des métiers d’art… Il tresse un bracelet avec un fil d’or qu’il a lui-même confectionné.

« Dans notre pays au chantier il y a l’or. On extrait l’or. On exporte l’or. Et on le ramène à la bijouterie. On le fait fondre. Et maintenant on fait l’alliage. »

- Et d’où vient l’or vient ?

« L’or là de Bagandou, Ndolobo ? Dans la Lobaye et Bossangoa. Et Bambari c’est là-bas aussi. Pour trouver le diamant, il faut du temps dans le chantier, un mois, deux mois, un an pour avoir les diamants. Mais l’or aujourd’hui tu peux passer dans le chantier une semaine tu trouves l’or et tu rentres. »

Un marché lucratif d’autant plus que le cours de l’or est à la hausse. L’once se vend actuellement sur le marché à 1 500 euros.

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 18:04
COMMUNIQUE DE PRESSE MINUSCA

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

LA MINUSCA CONDAMNE ENERGIQUEMENT LE MEURTRE D’UN DE SES EMPLOYES A NDELE  

 

Bangui, 7 mars 2020 – La MINUSCA condamne énergiquement le meurtre d’un de ses employés dans la ville de Ndélé, préfecture de la Bamingui-Bangoran (centre-nord de la République centrafricaine). Le corps sans vie, criblé de balles, du fonctionnaire a été retrouvé tôt samedi dans la brousse par la population. Les circonstances de sa mort ne sont pas encore connues.

« Cet assassinat révoltant ne restera pas impuni. Le ou les responsables seront recherchés et poursuivis devant les juridictions compétentes. S’attaquer au personnel des Nations Unies en fonction est un acte inacceptable et une enquête a aussitôt été ouverte pour déterminer les circonstances de cet assassinat », a indiqué le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RCA, Mankeur Ndiaye. 

Par ailleurs, la MINUSCA condamne tout aussi fermement l’utilisation de civils comme boucliers humains dans la ville de Ndélé par des combattants du Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) afin d’empêcher la projection des casques bleus dans toute la ville.

La MINUSCA a repris samedi matin les patrouilles à Ndélé, après les incidents des derniers jours, à l’exception de certains axes qui sont toujours bloqués par des éléments armés qui se servent de civils et d’objets divers pour empêcher la présence des casques bleus. La MINUSCA appelle la direction du FPRC à s’assurer que ses combattants mettent fin immédiatement à cette pratique et cessent de constituer un obstacle aux patrouilles dans les zones concernées. La levée des barricades permettra également l’achèvement sans entrave de l’aide humanitaire.

 La MINUSCA rappelle que la Convention de Genève interdit formellement l’utilisation de civils comme boucliers humains, notamment empêcher une action militaire. Cet acte constitue un crime de guerre relevant du statut de la Cour pénale internationale (CPI).

 La MINUSCA poursuit ses actions entamées à Ndélé depuis le 2 mars pour protéger la population civile et notamment plus de 1000 civils qui se sont regroupés près de sa base ainsi que des acteurs humanitaires, alors que la situation dans la ville est calme mais tendue. Le bureau local de la Mission est en contact avec les différentes parties pour la cessation des hostilités. Par ailleurs, la Force de la MINUSCA est en train de prendre toutes les dispositions pour éviter un embrasement de la situation sur place, notamment l’arrivée de nouveaux combattants.

La MINUSCA, le Gouvernement centrafricain et les garants de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA) sont en concertation étroite afin de trouver une solution globale à la crise actuelle à Ndélé.

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 18:02
Centrafrique: affrontements au sein du groupe armé FPRC à Ndélé
Centrafrique: affrontements au sein du groupe armé FPRC à Ndélé

 

Centrafrique: affrontements au sein du groupe armé FPRC à Ndélé

 

http://www.rfi.fr/fr 07/03/2020 - 11:31 RFI

 

En République centrafricaine, la situation reste tendue dans la ville de Ndélé, dans le nord du pays après des affrontements inter-communautaires, au matin du vendredi 6 mars, entre combattants du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC).

Les affrontements ont eu lieu entre combattants du FPRC, un des quatorze groupes armés qui ont signé un accord de paix avec le gouvernement, il y a un an. Ces affrontements ont provoqué un important déplacement de population.

Le préfet exfiltré

Vendredi soir, plusieurs centaines de civils ayant fui les combats, campaient autour de la base militaire des Nations unies à Ndélé. Parmi eux, se trouvait le préfet de la ville qui a dû être exfiltré par les soldats de la Minusca, après l’attaque de sa résidence, vendredi matin.

C’est l’assassinat, en début de semaine, d’un colonel par un général d’une autre ethnie qui est à l’origine des violences. Les deux hommes appartenaient tous deux au FPRC, groupe armé qui contrôle la région.

Situation tendue

L’incident a ainsi attisé la tension déjà existante entre les deux communautés. Malgré une médiation tentée par le sultan de Ndélé, des affrontements violents ont éclaté tôt, vendredi matin, entre différentes factions des FPRC. Plus tard, dans la journée, les tirs se sont arrêtés mais la situation restait très tendue.

Pour l’instant, aucun bilan officiel n’a encore été annoncé. On parle de plusieurs  dizaines de blessés dont certains dans un état grave, parmi les combattants et les civils.

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 17:58
Prise de fonction du nouveau commandant de la Minusca, le Burkinabè Daniel Sidiki Traoré
Prise de fonction du nouveau commandant de la Minusca, le Burkinabè Daniel Sidiki Traoré

Lu pour vous

 

Centrafrique: prise de fonction du nouveau commandant de la minusca, le Burkinabè Daniel Sidiki Traoré

 

https://www.wakatsera.com/ By Daouda ZONGO  7 mars 2020 

 

Bangui, le 06 mars 2020 – Le nouveau commandant de la Force de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), le général burkinabè, Daniel Sidiki Traoré, nommé le 21 janvier 2020 par le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a pris ses fonctions ce vendredi à Bangui. Une cérémonie officielle de garde d’honneur au quartier général de la MINUSCA, en présence des officiers supérieurs, hommes de rang ainsi que les bataillons d’honneur des différents contingents de la force de la MINUSCA, a marqué cet évènement.   

Le général de corps d’armée Daniel Sidiki Traoré succède au général de corps d’armée Balla Keita, du Sénégal, qui a achevé son mandat le 29 février 2020.  Lors de sa nomination par le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, le général Traoré occupait les fonctions de Conseiller militaire du Chef d’état-major de la défense du Burkina Faso. Le général de corps d’armée Traoré a eu une carrière distinguée depuis qu’il a rejoint l’armée du Burkina Faso en 1977. 

Il possède également une vaste expérience du maintien de la paix, ayant récemment servi comme commandant adjoint de la force de la MINUSCA, en 2018, et en tant que commandant du secteur ouest au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) de 2014 à 2016. Il a en outre été commandant de secteur à la Mission des Nations Unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD) dans l’ouest du Darfour de 2012 à 2014. 

L’ancien président de la Fédération Burkinabé de Boxe est titulaire d’une maîtrise en sociologie et ressources humaines de l’Université de Ouagadougou ainsi que d’une maîtrise en histoire et archéologie de l’Université de la Sorbonne, à Paris. Il parle couramment l’Anglais et le Français.

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5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 18:48
 Martin ZIGUELE reconduit comme Président du MLPC et désigné comme candidat de ce parti aux prochaines présidentielles
 Martin ZIGUELE reconduit comme Président du MLPC et désigné comme candidat de ce parti aux prochaines présidentielles
 Martin ZIGUELE reconduit comme Président du MLPC et désigné comme candidat de ce parti aux prochaines présidentielles

 

Le IVeme Congrès ordinaire du MLPC qui a pris fin ce 5 mars a reconduit à l'unanimité Martin ZIGUELE comme Président de ce parti et l'a désigné comme son candidat aux présidentielles de décembre 2020

 

 

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