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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 13:41
Lu pour vous : La Centrafrique, ce pays qui n’existe pas

 

 

 

 

https://mondafrique.com Par La redaction de Mondafrique  15 novembre 2017

 

 

Dans son ouvrage “Oubangui-Chari, le pays qui n’existait pas” l’ancien journaliste au Monde Jean-Pierre Tuquoi retrace plus d’un siècle d’histoire oubliée de cette ancienne colonie française si mal aimée. Un ouvrage rigoureux et nécessaire qui éclaire, au prisme du passé, l’actualité brûlante d’un pays en lambeaux vivant sous perfusion de la communauté internationale.  

 

« Fantôme d’Etat », « fantôme de pays » dont la capitale n’a pas de musée et le registre de statistiques pas de données, la République centrafricaine a la mémoire trouble. La vérité de son histoire, elle, est limpide. En un peu plus d’un siècle, l’ancien Oubangui-Chari, territoire enclavé au cœur du continent, est passé d’une colonie mal aimée à un « quasi-protectorat » qui ne dit pas son nom. Cette histoire oubliée, l’ancien journaliste au Monde Jean-Pierre Tuquoi en déroule les épisodes passionnants, souvent violents, à travers les récits d’explorateurs, de missionnaires chrétiens, d’administrateurs coloniaux et de personnalités politiques centrafricaines.

Horreur coloniale

 

Les détails inédits extraits de ces archives et témoignages jettent une lumière crue sur quelques uns des pires volets de la colonisation et de ses conséquences sur « les corps et les âmes en Afrique ». A l’image des résumés sordides rapportés dans les écrits dépoussiérés d’un missionnaire capucin au sujet de l’expédition punitive menée dans le nord-ouest du pays par le lieutenant Duquenne en 1919. « En deux mois, Duquenne et ses deux cents tirailleurs (…) sèment la terreur dans la région de Bocaranga, encerclent des villages, capturent les chefs les attachent à des poteaux et les fusillent devant leur famille horrifiée, en égorgent d’autres, donnent la chasse aux habitants, coupent des têtes qu’ils emportent plantées sur des piquets (…) enfument les grottes pour faire sortir ceux qui s’y sont réfugiés et les tuent à coups de fusil à la sortie. (…) Aucun historien, aucun chercheur n’a travaillé sur ce dossier ».

 

Tortueuses, omniprésentes, les relations avec la France rythment le destin du pays sous des formes mouvantes qu’incarnent de sinueux personnages aux destinées hors du commun. Les périlleuses expéditions de Jean-Baptiste Marchand, Pierre Savorgnan de Brazza ou encore Emile Gentil qui entreprend la périlleuse remontée du fleuve Congo à bord d’un bateau à vapeur, ouvriront la voie à un marchandage territorial tous azimuts entre puissances européennes.

L’absurdité de ce Monopoly à grande échelle atteint son apogée en 1911 lorsque la France fait don d’un morceau d’Oubangui à l’Allemagne contre la garantie qu’au Maroc, “ils laisseront la main libre aux Français”. A l’époque, le dédain pour cette colonie “poubelle”, lointaine, marécageuse “dont il n’y a rien à attendre hormis un peu d’ivoire et de caoutchouc” la transforme en une monnaie d’échange avec d’autres puissances coloniales. A défaut, les portes s’ouvrent en grand pour une myriade de sociétés anonymes qui “exploiteront au sens littéral du terme, le pays et ses habitants en toute impunité, avec la bénédiction des autorités”.

 

Boganda, l’homme qui marchait sur l’eau

 

Le vent des autonomies auquel succèdera celui des indépendances fait émerger une personnage hors du commun : Barthélémy Boganda, le père de l’indépendance de la République Centrafricaine. Jeune prêtre devenu député d’un pays où l’Eglise a une influence colossale, il portera jusque sur les bords de la Seine et à la tribune du Palais Bourbon les espoirs d’émancipation des Noirs de l’Oubangui. Les discours de cet homme visionnaire sur l’avenir de l’Afrique reflètent les idéaux qui nourrissent l’élan de libération qui bourgeonne à l’époque. Au coeur des années 1950, celui à qui l’on prête le pouvoir d’avoir marché sur l’eau devant le général De Gaulle rêve d’un grand ensemble comprenant l’Angola, le Cameroun, le Rwanda, le Burundi et une tranche du Congo belge : les “Etats-Unis de l’Afrique latine”. Sa mort précipitée dans un accident d’avion ne fera place qu’à de bien médiocres successeurs mus par les sirènes du pouvoir et l’appât du gain.

 

Caricature de la Françafrique

 

La France, qui tantôt soutient ces leaders tantôt les désavoue, ne cessera, après l’indépendance, de peser sur les évènements que traverse son ancienne colonie. « Quoi qu’il se passe dans le pays, la France n’est jamais loin et pas seulement pour assurer les fin de mois de l’Etat. Ses fonctionnaires sont installés à la présidence. Ses entreprises contrôlent l’embryon d’économie nationale. Dans aucune autre de ses anciennes colonies, ses militaires ne sont intervenus aussi fréquemment pour, selon les circonstances, se débarrasser d’un chef d’Etat, en remettre un autre en selle, mater une rébellion, jouer les arbitres, éviter un bain de sang, etc. Huit opérations au bas mot depuis l’indépendance (…). » C’est bien grâce au soutien de la France que David Dacko, candidat apprécié pour ses positions anti communiste, se retrouve parachuté la tête de l’Etat à la suite de Boganda dont il est le neveu. Paris conserve alors un millier de militaires cantonnés dans le pays. “Les plus proches conseillers de Dacko sont des Français. Le M. Services secrets envoyé par Paris pour avoir un oeil sur tout occupe le plus officiellement du monde un bureau à la présidence.”

 

Suivront parmi les plus célèbres et les plus ahurissants épisodes de l’histoire de la “Françafrique”. Le putsch de Jean-Bedél Bokassa auquel la France de De Gaulle s’abstient de réagir précède l’inénarrable cérémonie de couronnement impérial du chef de l’Etat financée au titre de la coopération française sous Giscard d’Estaing. Quand les massacres du leader sanguinaire contre sa propre population s’intensifient, Paris n’hésite pas à faire ramener Dacko sur le devant de la scène par les hommes du SDECE, les services secrets.  En coulisses, l’ancienne puissance coloniale continue de donner le la sous le règne d’André Kolingba à travers le lieutenant-colonel Jean-Claude Mantion. Officier de la DGSE, cet homme de confiance du président tirera les ficelles au point de devenir un véritable “chef de l’Etat bis”. Pourtant élu démocratiquement après un scrutin considéré comme transparent, Ange-Félix Patassé bénéficiera lui aussi de l’intervention des militaires Français pour calmer des mutineries qui éclatent à Bangui en 1996. Le putsch de son successeur, François Bozizé, soutenu par le président tchadien Idriss Déby mettra finalement un terme à une décennie de ce règne marqué par l’affairisme crapuleux.

 

“Quasi protectorat”

 

Difficile, voire impossible d’identifier les retombées positives héritées de cette accablante frise chronologique. Après des élections qui passent l’éponge sur son coup d’Etat en 2005, Bozizé arrive à la tête d’un pays au fond du gouffre. L’homme n’a guère les épaules pour s’y atteler. “Que ce soit l’espérance de vie, l’indice du développement humain ou n’importe quel autre indicateur, le pays affiche de résultats pitoyables”. C’est aujourd’hui toujours le cas.

 

Au nord, une rébellion s’éveille en 2012 portant le nom de Séléka et soutenue en sous-main par le président tchadien Idriss Déby contre son propre poulain Bozizé. Après s’être ingérée sans limite dans les affaires d’une ancienne colonie déconsidérée, la France anticipe mal la dégradation de la situation et ne prend pas partie. “A Bangui, ni les militaires ni les diplomates français n’anticipent la tempête qui va s’abattre sur la capitale.” Après tant d’immixtions  infructueuses, l’envoi tardif des militaires française de l’opération Sangaris avec le feu vert de l’Onu interroge : “l’ancienne puissance coloniale fait-elle partie de la solution ou du problème?” D’autant que depuis le départ de l’essentiel des troupes françaises, les flambées de violences continuent à ensanglanter le pays jusque dans la capitale. Incapable de relever l’Etat effondré, la classe politique porte une grande responsabilité dans le naufrage du pays  depuis des décennies. Malgré l’élection porteuse d’espoir du nouveau président Faustin Archange Touadéra, la Centrafrique continue à vivre sous la tutelle des bailleurs de fonds, des ONG et de l’Onu. Sans signe notable d’amélioration.

 

Nécessaire, l’ouvrage de Jean-Pierre Tuquoi agit comme une loupe posée sur le présent d’un pays dont l’actualité brûlante rapportée dans les médias n’est aujourd’hui examinée qu’à travers le prisme des conflits qui la submergent. Eclairant.

 

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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 13:29
Reportage à Bangui, EUTM RCA et MINUSCA pour stabiliser un pays
Reportage à Bangui, EUTM RCA et MINUSCA pour stabiliser un pays
Reportage à Bangui, EUTM RCA et MINUSCA pour stabiliser un pays
Reportage à Bangui, EUTM RCA et MINUSCA pour stabiliser un pays

 

 

 

www.bruxelles2.eu  13 NOV 2017 

 

 

(BRUXELLES2 – à Bangui ) Pendant une semaine, Bangui la Coquette a été mon QG. Nous avons pu y rencontrer différents acteurs européens engagés dans la sécurité et la reconstruction du pays, tant au sein de la mission européenne de formation EUTM RCA que de la force des nations unies (MINUSCA). Un reportage exclusif signé B2 (1).

 

Une ville accueillante

 

La ville est plutôt calme, des taxis attendant à tout les coins de rues pour vous amener vers les bureaux d’une des organisations internationales présentes. Les Centrafricains eux, se déplacent plutôt en moto-taxi, pour aller vers le marché dont l’ébullition prouve le retour de l’économie dans la ville. Vers 15h, les rues s’emplissent de jeunes, qui sortent des écoles, lycée et université de Bangui. Les terrains de foot se remplissent. D’autres n’ont pas cette chance, et tentent de vous vendre des fruits ou de l’eau dans la rue. Si la pauvreté est là, dans les rues de Bangui, on en oublie presque que la République centrafricaine est le pays le plus pauvre d’Afrique.

 

EUTM RCA : former et conseiller les FACA

 

La première visite s’est fait au camp Kassaï, le camp d’entrainement des forces armées centrafricaines, les FACA. Ce qui a permis d’assister derniers exercices de préparation avant le test mettant à l’épreuve chacune des trois compagnies formant le bataillon d’infanterie terrestre Un (BIT 1). Lire : Au camp Kassaï, la formation des FACA avance à bon rythme

 

L’occasion aussi de rencontrer ceux qui sont à leurs cotes jour après jour, les instructeurs de la mission européenne de formation des forces armées centrafricaines (EUTM RCA). Lire : La formation des FACA : plongée dans le travail de la mission

 

Et comme EUTM, ce n’est pas que de la formation. Nous avons rencontré le général français en charge du pilier de conseil stratégique auprès du ministère de la Défense, dont le rôle est de les accompagner pour reconstruire l’ensemble de la structure de défense du pays, et son budget. Lire : EUTM RCA, chef d’orchestre de la reconstruction de la structure de défense

 

Impossible de quitter le camp Ucatex – Moana sans avoir la vision plus globale du commandant de cette mission, le général espagnol Fernando García Blázquez. Lire : EUTM RCA respectera tous les objectifs du premier mandat (Général Blazquez)

 

La MINUSCA

 

 

À Bangui, les Européens ne servent pas uniquement dans la mission de l’Union européenne. On les retrouve également dans la force de l’ONU, la MINUSCA, dans des tâches bien distinctes. Les commandos portugais, force de lance de la mission, ont raconté comment ils ont repris la ville de Bocaranga le 7 octobre dernier. Lire : Les commandos portugais en première ligne des combats en RCA

 

De l’autre côté du spectre d’action de la mission, quatre Espagnols, un Français, ainsi qu’un Nigérien, composent l’unité de police scientifique chargée de participer aux enquêtes les plus délicates, souvent des attaques ayant tués des casques bleus ou des massacres de civiles. Sans grands moyens, ils prennent pourtant à cœur leur deuxième mission, former les policiers et gendarmes centrafricains.

Lire : La police scientifique au sein de la Minusca

 

La situation sécuritaire : pire qu’il y a un an

 

 

Nous avons interrogé nos interlocuteurs sur leur perception de la situation sécuritaire. Les Européens d’EUTM ou de la délégation européenne soulignent une situation plus mauvaise qu’il y a un an. Du côté de la mission onusienne, la MINUSCA, on se montre moins négatif. « Nous avons fait de très grands progrès » nous a expliqué le général Keita, commandant de la force militaire. Arrivé en 2014, il insiste. « L’idée d’une partition du pays a disparue. Les grandes villes du pays sont des endroits surs. S’il y a encore des confrontations avec les groupes armés, les civiles sont nettement moins ciblés. » Lire : Une situation sécuritaire pire qu’il y a un an

 

(Leonor Hubaut)

 

(1) Un reportage à l’initiative et financé en grande partie sur fonds propres par B2. Un grand merci pour l’accueil à toutes les troupes présentes, particulièrement les officiers espagnols et portugais, qui ont facilité notre travail sur place.

 

 

 

Reportage à Bangui 5. La police scientifique au sein de la Minusca

 

14 NOV 2017 

 

 (B2 - À Bangui) La mission de l'ONU en République centrafricaine (MINUSCA) est la première a disposer d'une équipe de police technique et scientifique, déployée au sein de la section d'investigations criminelles. Ils sont six (quatre Espagnols (dont une femme), un Français et un Nigérian), et disposent de peu de moyens pour remplir leurs deux missions : former police et gendarmerie centrafricaine pour renforcer leurs capacités et apporter un soutien opérationnel sur certaines enquêtes (1). Lors de notre visite à Bangui, nous avons eu la chance de passer une journée avec eux et découvrir leur travail.

 

Un constat catastrophique en RCA : ni personnel ni moyens 

 

La première tâche a été de faire une évaluation des capacités opérationnelles de la Police et la Gendarmerie centrafricaines en matière de Police technique et scientifique (PTS). Le constat est sans appel. « La situation est catastrophique. Nous nous sommes rendu compte que les Forces de sécurité intérieures (FSI) ne sont pas en mesure d’apporter des réponses appropriées à la Police technique et scientifique, notamment en raison du manque de personnel qualifié et de moyens matériels au sein des forces de sécurité intérieures. Les commissariats ont été brulés, tous les équipements ont disparu. » Pourtant « les besoins sont réels », nous confie Sergio Sanvicente, de la Policía espagnole, qui dirige l'équipe.  

 

Création d'une base de données 

 

 

L'équipe scientifique réalise une tâche opérationnelle importante. Sur Bangui, ils sont en train de créer un fichier d'identification des personnes en garde à vue. Il s'agit de remplir une fiche, prendre des photos et des empreintes digitales. Cela semble peu mais c'est essentiel car « il n'existe aucune base de données en RCA». « Nous avons commencé avec les détenus transférés de provinces vers Bangui, avec l’appui de la MINUSCA. » Avec la procédure dont nous avons été témoins jeudi 2 novembre, un total de 114 individus ont ainsi été signalisés. « Ce système de signalisation sera implanté dans les unités de la police et de la gendarmerie (SRI et DSPJ) après l'atelier de formation prévu. » 

 

Soutien aux enquêtes les plus délicates : massacre de Boali

 

Depuis leur arrivée en janvier 2017, les policiers espagnols ont participé à huit enquêtes. La plus sensible a été l'enquête menée dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, émanant de la RD Congo. Avec des équipes légistes de l’Université de Columbia (États-Unis) et des anthropologues argentins, ils ont exhumé des fosses communes, à Boali, ville située à 80 kilomètres au nord de la capitale. Des soldats congolais, appartenant à la MISMA (mission de l'Union africaine) sont soupçonnés d'avoir tué des civils centrafricains, le 24 mars 2014, en représailles à l'attaque tuant un de leurs soldats la vieille. L'enquête étant toujours en cours, les policiers ne nous ont pas donné de détails et il faudra attendre pour connaitre les résultats de l'investigation. 

 

... massacres de civils et attaques contre la MINUSCA

 

Ils ont ensuite mené une enquête technique sur le meurtre d’un membre du contingent sénégalais de la Minusca par un groupe d’individus armés, à Bangui. Le reste des interventions se sont faites dans les régions du pays, souvent dans un village perdu au milieu de la forêt centrafricaine et dans des conditions plus que difficiles. Les enquêtes ont porté sur des attaques contre des effectifs de la MINUSCA à Bangassou (sud-est, à la frontière avec la RDC) tuant sept casques bleus marocains et cambodgiens notamment. Ils ont également participé à des enquêtes sur des attaques contre des civils, à Bangassou (attaque contre la mosquée et le quartier musulman de la ville, faisant une centaine de morts) et à Gambo (à peine quelques dizaines de kilomètres plus à l'est) après l’assassinat de 10 membres de la Croix rouge Centrafricaine et de dizaines de civils au centre de santé. Dans la région de Bambari (centre du pays), deux enquêtes ont porté sur des « massacres de civils ». 

 

Renforcer les capacités des FSI centrafricaines en les formant...

 

Le quotidien de l'équipe est également marqué par les formations qu'elle réalise au sein d'un travail plus global de la division UNPOL. « Les missions onusiennes ont évolué » nous explique-t-on depuis UNPOL. Sécuriser n'est plus l'unique objectif. « Il y a un besoin de former les forces locales dans les domaines spécialisés, pour les rendre autonomes.» Il est crucial de « faire entrer du sang neuf dans les FSI, formé par UNPOL, sur la base des standards internationaux ». Une formation initiale, de 12 heures, en police technique et scientifique a été donnée aux 250 recrues de l'école de Police et aux 250 élèves de l'école de Gendarmerie. Ils seront les premiers à arriver sur les scènes de crime. « Il est donc essentiel de leur donner les bases pour protéger ces scènes». Deux formations ont été organisées, en février et juillet 2017, au profit de l'UMIRR (Unité Mixte d’Intervention Rapide et de Répression des violences sexuelles faites aux femmes et enfants), qui fait face à un important poids de travail. Des ateliers de sensibilisation ont également été réalisés en juin, auprès de différentes unités des forces de sécurité intérieures, dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée.  

 

... et en les équipant

 

C'est le PNUD (Programme des nations unies pour le développement) qui est chargé, au sein de la MINUSCA, de fournir du matériel aux forces de sécurité intérieures (FSI). Pour tout ce qui relève de la police technique et scientifique, l'équipe PTS a joué un rôle de conseil en établissant d'une liste de moyens les plus urgents. Le matériel, en grande partie déjà à Bangui, sera livré aux FSI lorsqu'ils auront reçu la formation spécialisée en PTS. Elle a également contribué à l’élaboration d’un manuel de procédure de gestion des pièces à convictions. Devrait également être mis en place, courant 2018, un laboratoire de police technique au profit des FSI centrafricaines au sein du Centre Opérationnel Commun.

 

Des effets limités par le manque de moyens

 

Malgré tout leur enthousiasme, cette équipe de police technique et scientifique ne peut faire davantage...  par manque de moyens. Son déploiement n'a pas été accompagné de l'envoi de matériel. Ils sont littéralement arrivés les mains dans les poches. Et tout ce qu'ils font, c'est avec du matériel qu'ils ont apporté eux même (appareil photo, gants, combinaisons cagoules...). Pourtant, seuls 20.000 euros permettraient de booster considérablement les résultats. Les négociations sont en cours pour obtenir cela... peut-être d'ici à 2018. Un premier atelier de formation pour les unités spécialisées de la police (DSPJ) et de la gendarmerie (SRI) prévu en juin dernier, a du être annulé par manque de matériel. Cela devrait être réglé « prochainement » avec, notamment, la mise en place d'un laboratoire qui servira pour la formation des FSI et la réalisation d'analyses de prélèvements. 

 

Soutien à la Cour pénale spéciale 

 

Un membre de l’équipe spécialisée a participé à la sélection des officiers de police judiciaires (OPJ) qui seront rattachés à la Cour et leur formation en PTS sera assurée par l'ensemble de l'équipe. Outre la formation «nous sommes prêts à apporter notre appui aux enquêtes de la Cour Pénale Spéciale » affirme Sergio Sanvicente.   

 

(Leonor Hubaut)

 

(1) Le Conseil de sécurité a adopté lundi (6 novembre) la résolution 2382 reconnaissant « l'importante contribution que fournissent les services de police des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix et aux missions politiques spéciales de l'Organisation ».

 

Leonor Hubaut

 

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 13:36
Reportage à Bangui 4. Les commandos portugais en première ligne en RCA

 

 

Reportage à Bangui 4. Les commandos portugais en première ligne en RCA

 

www.bruxelles2.eu  (BRUXELLES2 – à Bangui) 13 NOV 2017  Ils sont commandos, Portugais (1)… en principe, on les attend sur d’autres terrains que la République centrafricaine. Et pourtant, ces 159 hommes sont devenus indispensables au sein de la mission de l’ONU, la MINUSCA. Leur mission : contribuer à la stabilisation, sécurité et contrôle du territoire centrafricain. Tout juste rentrés d’opération dans le nord-ouest, B2 a pu les rencontrer à Bangui.

 

Le « dernier recours »

 

Ils sont le « dernier recours », lorsque la politique et les négociations ne fonctionnent pas et que seule la force semble possible face aux groupes armés. Ils sont ainsi intervenus récemment à Bocaranga. Vers la mi-septembre le groupe armé 3R avait pris le contrôle de cette localité du nord-ouest de la Centrafrique. Les 15.000 habitants ayant déserté, Bocaranga n’était plus qu’une « ville fantôme ».

 

La reprise de Bocaranga

 

Le contingent des casques bleus bangalais se limitait à protéger la base de ONGs, où s’est réfugié le personnel humanitaire, et le camp des déplacés à côté de sa position. Une délégation de la MINUSCA et du gouvernement a tenté d’obtenir le retrait du groupe armé. Sans résultat. Ce sont donc les commandos portugais, à bord de véhicules blindés, qui ont été envoyés pour reprendre la ville, avec le soutien aérien d’hélicoptères de combat. L’opération, contre ces 100-115 rebelles, a duré deux jours (7 et 8 octobre). Les Portugais inspectant maison par maison. Ils y ont trouvé « de nombreux prisonniers, enfermés dans une pièce de leur propre maison ». S’il y a bien eu des affrontements armés, rien qu’ils n’aient pas déjà vu sur d’autres terrains d’opération. Le pire ? : « la pauvreté, les conditions de vie de la population… »

 

… puis cap sur Bang

 

Une fois tous les membres du groupe armés expulsés de la ville, ce sont les contingents du Bangladesh et du Rwanda qui ont pris le relais, avec pour mission de contrôler la ville et éviter le retour du 3R, d’autres groupes armés, y compris les anti-balaka. Les Portugais ont, eux, pris la route vers Bang, petit village plus au nord (à seulement deux kilomètres du Tchad), qu’il fallait également reprendre… Chaque déploiement peut durer jusqu’à un mois.

 

À Bangui : préparation

 

 

Lorsqu’ils ne sont pas déployés dans les régions centrafricaines, les Portugais sont basés à Bangui, au camp M’Poko. Ils ont alors trois tâches : le maintien de l’équipement (véhicules, armement, équipement…), maintenir un « haut niveau de préparation individuelle et collective », et mettre à jour leur connaissance de la situation dans le pays. Pour ce dernier point, l’officier du renseignement, qui travaille en permanence avec le quartier général (QG) de la MINUSCA, leur transmet les informations. « Nous devons savoir comment évoluent chacun des groupes armés. » Objectif : préparer tous les scénarios possibles.

 

… et patrouilles

 

Pendant les trois semaines entre déploiements, ils effectuent également des patrouilles dans Bangui, avec des casques bleus d’autres nationalités. Si la situation est plus calme à Bangui, le niveau d’alerte doit être maximum, notamment en raison des incidents ponctuels qui peuvent arriver rapidement. NB : l’attaque contre un bar, tuant quatre personnes, dans la nuit de samedi à dimanche 12 novembre, ainsi que les affrontements qui s’en sont suivis sont un exemple.

 

Intense préparation au Portugal

 

Avant d’être déployés comme force de réaction rapide de la MINUSCA, les compagnies de commandos passent par trois étapes de préparation. En premier lieu, la préparation administrative et la logistique (habilitation, obtentions de passeports spéciaux, préparation sanitaire… ). Deuxièmement, la préparation opérationnelle centrée sur les capacités individuelles mais aussi collectives. Ce point prévoit la « systématisation des connaissances sur la MINUSCA, le terrain d’opération et la mission des divers composants de la Force militaire ». Pendant l’entraînement, les commandos ont été placés en « battle rythme » afin d’exercer « la planification et exécution d’opérations de combat et de stabilisation au niveau « groupe » et « compagnie » dans des conditions semblables à celles existantes dans le TO ». Un exercice final de certification est organisé. Troisièmement, la préparation pour la projection.

 

(Leonor Hubaut)

 

(1) Le détachement portugais, de 159 personnes, est composé d’une compagnie de 90 commandos et d’une équipe de trois personnes appartenant au Tatical Air Control Party (TACP) de l’Armée de l’Air Portugaise, d’un commandement et d’un détachement de soutien avec 66 personnes. Ils sont basés sur le camp français de M’Poko, à Bangui.

 

(2) Arrivés en septembre, il s’agissait du premier déploiement de ces commandos. La première rotation (janvier-août 2017) avait elle été déployée dans l’est du pays,

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 12:56

 

 

 

Dans une telle situation, comment peut-on comprendre que les autorites de Bangui   celebrent  les festivites du 1er decembre alors que la Centrafrique  traverse des periodes  tres diffíciles . Le budget de ces festivites pourrait servir et ou  aider nos compatriotes qui souffrent dans l arriere pays sur le plan educatif , sanitaire et humainitaire .  Depuis l accession  au pouvoir des autorites  de Bangui notre pays la Centrafrique se trouve  dans une impasse politique en dépit de nombreuses tueries perpetrées par les criminels connus de tous a Bangui et ces tueries sont bien planifiées par centains responsables de la Munusca .

 

Triste face à cette tragédie du 11/11/17 du Carrefour de paix et continuons à enterrer nos morts et condamnons cette barabrie. Encore une fois les barbares continues de tuer sans distinction, ils  tuent des milliers d’innocents dans les villes et villages . La Centrafrique est en Deuil chaque jour ! Quelle douleur pour les familles de disparus et des blessés que de voir autant d’innocents mourir ,Courage au peuple Centrafricain .Ces  Terroristes  , ces monstres doivent etre juger un jour.La vie pour ces familles, ces frères, ces sœurs, ces parents, n’aura plus jamais le même goût. Il n’y aura plus de fêtes pour eux.C'est malheureux que les autorites  cherchent toujours à  organiser le 1 decembre alors il y a un besoin  humanitaire IMPORTANT dans le pays.

 

La démarche envisagée par les autorites dorganiser ces festivites  ne serait-elle pas une erreur politique et ou une decision impopulaire  de depenser largent du contribuable  Centrafricain pour des fins inutiles.

 

SIMON- KOITOUA

Point de vue :  CENTRAFRIQUE  / ANNULATION DES FESTIVITES  DU 1 ER DECEMBRE par Simon Koitoua
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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 12:49
Lu pour vous : Philippe Hugon: "il faut reconstituer un Etat centrafricain"
Lu pour vous : Philippe Hugon: "il faut reconstituer un Etat centrafricain"
Lu pour vous : Philippe Hugon: "il faut reconstituer un Etat centrafricain"

 

 

 

 

https://rcf.fr  Présentée par Christian Vadon MARDI 14 NOVEMBRE À 6H32

 

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir dans les heures qui suivent pour se pencher sur la situation toujours aussi tendue en Centrafrique.

 

UN RISQUE DE NETTOYAGE ETHNIQUE EN CENTRAFRIQUE

 

Depuis le renversement du président Bozizé en 2013, le pays s’enlise dans une crise où le risque de nettoyage ethnique est bien réel. Les milices pro-chrétiennes autoproclamées d’autodéfense affrontent une coalition pro-musulmane à l’origine du coup d’Etat.

 

Cependant, le conflit est moins religieux que régional. L'un des enjeux de cette crise, c'est en effet le contrôle des ressources naturelles et minières du pays. Par ailleurs, les pays voisins mettent actuellement plus d’huile sur le feu que d’eau. C'est en tout cas l'analyse de Philippe Hugon, directeur de recherche à l'IRIS, en charge de l'Afrique.

 

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, souhaite aujourd'hui que les forces de paix sur place, la MINUSCA, soient renforcées. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit justement prolonger le mandat de la Minusca et surtout décider du déploiement de 900 militaires supplémentaires en renfort des 12 500 hommes déjà présents sur le terrain. Un renforcement soutenu par un groupe d'ONG internationales et centrafricaines.

 
 UNE AUTORITÉ DE L'ETAT QUASI-ABSENTE

 

Il faut dire que depuis le coup d’Etat de 2013, les tentatives ont été nombreuses pour sortir le pays de la crise. Alors que la France avait engagé son intervention militaire Sangaris juste après avant d’y mettre un terme courant 2016, l’ONU avait auparavant lancé la mission de maintien de la paix en avril 2014.

 

Tout au long de ces années, les sommets, les réunions, les forums internationaux africains et centrafricains se sont succédé. Il y a un an, l’élection démocratique du président Touadéra, soutenu par l’ONU et la France, avait bien suscité une vague d’espoir. Le chef d'Etat n’a cependant pas réussi à restaurer à ce jour l’autorité de l’Etat. Pour Philippe Hugon, au-delà du renforcement de la Minusca, c’est bien le retour d'une autorité étatique forte qui permettra de sortir de la crise. 

 

Au total, ce sont plus de 600 000 personnes qui sont déplacées dans le pays et 500 000 qui se sont réfugiées à l’extérieur en raison des violences. Par ailleurs, on estime à 2,4 millions le nombre de Centrafricains dépendants d’une aide internationale, soit la moitié de la population.

 

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Centrafrique-Presse.com
14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 12:42

 

 

 

http://dia-algerie.com

 

DIA-13 novembre 2017: La fédération algérienne de football a commis l’erreur d’organiser un match amical entre l’équipe, nationale d’Algérie et son homologue de la République centrafricaine, demain mardi au stade du 5-Juillet à Alger. La fédération de football de ce pays est dirigée par un sanguinaire, auteur de massacres contre des musulmans en Centrafrique.

 

Il s’agit du tristement célèbre Patrice-Edouard Ngaïssona qui est coordonnateur de la milice des anti-balaka qui ont commis des massacres contre des civils musulmans en République centrafricaine.

 

En ce sens et dans une déclaration à la chaîne TV Echourouk News, l’imam de la Grande mosquée Ali Aya a demandé à la FAF et aux autorités sportives du pays de ne pas prendre langue avec Patrice-Edouard Ngaïssona qui a tué des musulmans, exigeant d’annuler carrément ce match amical.

 

En fait, il ne s’agit pas de la première bourde de la FAF que préside Kheireddine Zetchi, puisque ce dernier avait déjà invité pour une expertise à la DTN, l’ancien responsable de la Direction technique nationale à la Fédération française de football (FFF), François Blaquart, tristement célèbre pour la fameuse histoire des quotas à la FFF.

 

Blaquart a été accusé à l’époque de mettre en place une stratégie à même de limiter le nombre de jeunes français noirs et d’origine maghrébine dans les centres de formation de football en France. Il avait considéré que les binationaux et ces Noirs allaient opter pour leurs pays d’origine quand ils évolueront dans la catégorie des seniors. Il ne voulait pas en fait d’autres Zidane, Benzema

 

Mais la FAF lui a déroulé le tapis rouge et l’a invité pour une expertise contre une rémunération en devises sonnantes et trébuchantes. 

 

Nassim Fateh

Lu pour vous : La FAF a négocié le match contre la Centrafrique avec Ngaïssona auteur de massacres contre les musulmans
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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 12:41
RCA: le calme est revenu au PK5, mais la méfiance persiste
RCA: le calme est revenu au PK5, mais la méfiance persiste

 

 

 

 

Par RFI Publié le 14-11-2017 Modifié le 14-11-2017 à 03:58

 

Après le pic de tensions qui a eu lieu ce week-end entre les quartiers du PK5, à majorité musulmane, et son rival Miskine, le retour au calme revient progressivement à Bangui. Mais la méfiance est toujours de mise entre communautés.

 

« Je ne peux pas aller au PK5 parce que là-bas y a des musulmans qui tuent les gens partout. »

 

Pont Jackson, à quelques centaines de mètres du PK5. Les chauffeurs de taxi ont peur et déposent leurs clients ici. A Bangui, on a l'impression de revenir un an en arrière, quand le quartier musulman était encore une enclave.

 

Pourtant, aucune barricade sur cet axe. En arrivant au marché, habituellement grouillant et coloré, beaucoup de boutiques sont fermées, signe de jour de deuil.

 

En représailles à la grenade qui a explosé samedi soir dans un quartier voisin lors d'un concert, trois jeunes musulmans ont été retrouvés morts dimanche matin.

 

Et les rancœurs d'hier ressurgissent comme l'explique Chemsoudine, commerçant au PK5. « Quand une explosion a lieu dans un bar, ce n'est pas une occasion pour aller tuer des musulmans. C'est un crime de trop. A chaque fois, nous sommes marginalisés dans notre propre pays, s’indigne-t-il. Il faudrait que le gouvernement, la Minusca et la communauté internationale prennent ça en compte. »

 

Pourtant, certains ont ouvert boutique, ne voulant pas créer de psychose. Même certaines chrétiennes comme Alinda, qui vit dans le quartier voisin de Boeing, sont venues vendre leurs fruits et légumes. « Les autres dans les quartiers ont peur de venir ici. Mais nous, nous avons l'habitude de venir vendre ici. Il n'y a pas de problèmes entre nous et les musulmans. Il faut que les autres reviennent. C'est notre pays à tous et il ne faut pas avoir peur », estime-t-elle.

 

Aujourd'hui, tout le marché du PK5 devrait rouvrir. Avec l'espoir que la confiance revienne dans les quartiers.

 

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 12:23

 

 

 

 

(Agence Ecofin) 14 November 2017- Le forum des investisseurs de Bangui en République Centrafricaine, qui s’est achevé le 9 novembre 2017, n’aura pas été marqué par des signatures de contrats ou d’engagements de financements. « Le processus avec des investisseurs prend beaucoup de temps. Ici, nous avons discuté avec des partenaires, nous leurs avons présenté des projets, c’était une première phase. Maintenant, il y a un comité de suivi qui a été mis en place, et qui fera en sorte que les différents engagements puisse se concrétiser », a fait savoir Come Hassan, le ministre du Commerce et de l’Industrie. 

 

Mais une chose que reconnaissent les autorités locales, c’est que la rencontre a atteint au moins un de ses objectifs : renforcer les capacités des autorités. « Nous avons beaucoup appris en échangeant avec les investisseurs. Nous avons une meilleure vue de nos différents projets et cela a aussi été bénéfique pour nous qui travaillons à la mise en place de ces projets », a confié à Ecofin, un haut responsable du ministère de l’Agriculture. 

 

Pour les investisseurs de divers horizons qui ont répondu présent à l’événement, la curiosité a été satisfaite. « Nous sommes un groupe ukrainien, et avons déjà investi en République de Guinée Equatoriale dans le stockage des produits pétroliers. Nous sommes venus ici pour voir ce qui était faisable dans le pays. Les discussions ont été enrichissantes, mais après il faudra voir comment les choses se mettent en place », nous a fait savoir André Hvozdik, le directeur commercial adjoint du groupe Duglas Allance. 

 

Sur un plan purement financier, les choses n’ont pas beaucoup avancé. Les 2 milliards $ d’engagements pris par les investisseurs lors de la conférence de Bruxelles en novembre 2016, tardent encore à se transformer en flux de capitaux pour le pays. Plusieurs investisseurs présents ont confié n’avoir pas encore de visibilité concrète sur le niveau de stabilité institutionnelle, sociale et structurelle, malgré les avancées présentées par les différentes autorités du pays. 

 

Au sein du gouvernement on promet de poursuivre avec les réformes et la sensibilisation des acteurs économiques, notamment locaux, sur les avantages à investir dans le pays. Mais les choses sont vraiment complexes. Une situation qui s’illustre parfaitement par le faible niveau de crédits accordés à l’économie par les 4 banques qui restent dans le pays. Selon des cadres du ministère des finances, ce montant a été de seulement 148 milliards de FCFA. 

 

Or, comme le relève Yvon Psimhis, le conseiller économique et vice-président du patronat centrafricain (Groupement Interprofessionnel de Centrafrique – GICA), le secteur privé est prêt à investir jusqu’à 400 milliards de FCFA, pour contribuer au plan de relèvement. « Nous avons besoin que de nombreux partenaires nous fassent davantage confiance, sur un marché que nous connaissons, et sur lequel nous avons résisté aux différents bouleversements du pays », nous a-t-il confié.  

 

Pour le président de cette organisation, les attentes sont certes dans l’obtention de nouveaux partenariats pour une meilleure gestion des risques, mais plus encore dans une accélération des réformes structurelles, notamment dans la lutte contre le commerce illicite et quelques goulots d’étranglement au sein de l’administration. 

 

« Les sociétés membres du Groupement Interprofessionnel de Centrafrique sont le premier bailleur de fonds de l’Etat, en ce qu’elles contribuent pour près de 67,8% aux ressources budgétaires. En retour, nous demandons simplement à bénéficier d’un cadre des affaires amélioré qui nous permette de grandir et d’accroître aussi notre contribution au ressources budgétaires », a déclaré Yvon Kamach, lors de la conférence de presse de clôture. 

 

Le pays regorge pourtant d’opportunités, et son secteur agricole a été particulièrement remarqué par les investisseurs qui ont fait le déplacement. On compte dans le pays près de 15 millions d’hectares de terre arables, avec un positionnement central sur un marché où on retrouve des pays pétroliers ou encore miniers comme la République Démocratique du Congo, et, via le Cameroun, l’important marché du Nigéria. Les ressources du sous-sol sont tout aussi intéressantes et « ne demandent qu’à attirer les investisseurs », a confié le ministre des mines Leopold Mboli Fatrane. 

 

Mais le processus sera long. Des années de troubles sociaux ont fortement perturbé le cycle de formation des jeunes et les compétences manquent dans le pays. Dans le même temps, le calme retrouvé à Bangui reste assez précaire. Par ailleurs, et comme pour rappeler le contexte, Bangui la capitale du pays qui a connu 16 mois d’accalmie a été la victime le lendemain de la clôture du Forum d’un attentat au quartier dit PK5. 

 

Idriss Linge

 

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 12:19
Lu pour vous : Antonio Guterres au chevet d’un monde déstabilisé

 

 

 

PORTRAIT

 

Antonio Guterres au chevet d’un monde déstabilisé

 

Le secrétaire général de l’ONU, en poste depuis janvier, a choisi la Centrafrique pour sa première visite à une mission de maintien de la paix, alors que le pays connaît un regain de violence.

 

Par Rémy Ourdan (Bangui, Bangassou, envoyé spécial)

 

 

LE MONDE Le 14.11.2017 à 10h42 • Mis à jour le 14.11.2017 à 11h42


C’est un poste prestigieux, avec ses moments de noblesse et ses missions impossibles : secrétaire général des Nations unies. L’élu s’engage à être au chevet de la planète dans ce qu’elle a de plus chaotique, de plus menaçant. C’est aussi un poste ingrat, le secrétaire général n’ayant que rarement la liberté et le pouvoir d’imposer les valeurs fondatrices des Nations unies.

 

Antonio Guterres est le neuvième à occuper le poste le plus prisé de la diplomatie internationale depuis 1945. Cet ancien premier ministre socialiste du Portugal (1995-2002) et haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (2005-2015) a été, après le mandat très terne de son prédécesseur Ban Ki-moon et une campagne jugée convaincante, élu secrétaire général par les 193 Etats membres de l’ONU.

 

Renforcement de la Minusca

 

En poste depuis le 1er janvier, M. Guterres a choisi la Centrafrique – où Le Monde a été convié à l’accompagner du 24 au 27 octobre – pour son premier voyage sur une terre de conflit où des casques bleus sont déployés et pour célébrer la 70e « Journée des Nations unies ». Il y a plaidé pour le vote d’une résolution du Conseil de sécurité renforçant la force de l’ONU de 900 soldats supplémentaires à l’occasion du renouvellement annuel de son mandat, mercredi 15 novembre.

 

Il y a, pour un secrétaire général de l’ONU, deux types de guerres : celles dont les puissances mondiales et régionales se préoccupent tant que son influence sera forcément limitée (Israël-Palestine, Irak, Syrie…) et celles dont elles se préoccupent si peu qu’elles prient les services de l’ONU de veiller à ce qu’elles n’aient justement pas à s’en occuper un jour (Haïti, République démocratique du Congo, Soudan du Sud…). La Centrafrique appartient indéniablement à la seconde catégorie depuis le désengagement de la France et le retrait des soldats de l’opération « Sangaris » en octobre 2016. L’ancienne puissance coloniale y a mené sept interventions militaires depuis l’indépendance du pays en 1960.

 

Choisir la Centrafrique comme premier voyage n’était pas aisé de la part de M. Guterres, l’opération de l’ONU n’y étant guère couronnée de succès. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) ne parvient pas à enrayer la guerre civile qui s’y déroule depuis cinq ans, les tueries connaissant même une recrudescence cette année. La force de l’ONU est par ailleurs touchée par des scandales à répétition, des contingents de casques bleus étant soupçonnés de prendre position, en raison de leur pays d’origine et de leur religion, pour ou contre les milices chrétiennes et musulmanes qui s’affrontent, d’autres étant accusés de viols ou de corruption. Plus généralement, la population accuse la Minusca d’inaction.

 

Maintien de la paix… sans paix

 

Antonio Guterres sort de l’avion blanc rustique, frappé du sigle « UN » et piloté par des Russes, sur le tarmac de l’aérodrome de Bangassou, dans le sud-est du pays. Des blindés sont déployés. Les hommes de la sécurité de l’ONU, venus de New York, ont troqué les revolvers qui les accompagnaient à Bangui pour des fusils automatiques. Au camp militaire de la Minusca, le secrétaire général dépose une gerbe sur le monument dédié aux casques bleus tués.

 

Puis le délégué aux droits de l’homme de la mission de l’ONU, Rosevel Pierre-Louis, parle au nom de tous : « Le sigle ONU ne signifie plus rien en termes de sécurité. Nous sommes des cibles pour les belligérants… Ma radio, là, est devenue ma meilleure amie, dit-il en montrant son talkie-walkie, sa seule défense en cas de danger. Mais, à chaque appel, j’ai peur. Peur de ce que je vais apprendre. Peur qu’un convoi ait encore été attaqué. »M. Guterres répond en parlant de « gratitude », d’« admiration » et de sa « fierté d’être le collègue » des gens de l’ONU déployés dans le monde.

 

Au-delà des mots qui réchauffent les cœurs, il ne se dérobe toutefois pas face au vrai problème : « Vous tentez de protéger des civils avec un mandat de maintien de la paix, sans que la paix existe. » Cet aveu est rare de la part d’un secrétaire général de l’ONU. Lorsqu’un contingent militaire est déployé sous chapitre VII avec un mandat d’« imposition de la paix », les soldats peuvent utiliser la force. Lorsqu’ils sont déployés, comme en Centrafrique, sous chapitre VI avec un mandat de « maintien de la paix », ils sont le plus souvent paralysés.

 

Quelle paix maintenir quand c’est encore la guerre ? Le mandat de « maintien de la paix » ne devrait-il pas être réservé à des après-guerres, une fois la paix signée et respectée, quand les armes se sont effectivement tues ? La liste est longue des missions de « maintien de la paix » envoyées là où il n’y a aucune paix à préserver et qui ont résulté en d’absurdes et tragiques impuissances, de la Bosnie au Rwanda hier, en Centrafrique et au Soudan du Sud aujourd’hui.

 

Antonio Guterres, conscient des étrangetés des mandats confiés à l’ONU, n’en reste pas moins prudent : « Il faut philosophiquement faire attention, veiller à ne pas trop engager les casques bleus dans des opérations de combat. D’ailleurs, les opérations d’imposition de la paix ne sont généralement pas menées par des casques bleus. » Dans ce cas, après le vote d’une résolution de l’ONU, ce sont plutôt des Etats ou des organisations militaires qui assurent le commandement d’une opération, avec des soldats à bérets verts et non bleus. Cela permet d’assumer qu’il s’agit d’une opération de guerre et de préserver l’image du casque bleu « soldat de la paix ».

 

« Il a une expérience des crises »

 

Antonio Guterres se plonge dans la complexité du conflit centrafricain. Il parle à tout le monde, pouvoir politique, dignitaires religieux, communautés de quartiers, réfugiés. Il brise les règles du protocole et s’avance vers les foules. Il pose des questions, il écoute. « Sa différence avec bon nombre de ses prédécesseurs, c’est qu’il est un politique et non un diplomate. Et il aime les gens, pense un conseiller de l’ONU. Avoir été un politique lui sert aussi quand il parle aux chefs d’Etat de leurs problèmes : il les comprend. »

 

Un autre responsable onusien acquiesce : « Il mêle un vrai sens politique et une expérience des crises acquise au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Son engagement est vraiment sincère. » Dans son discours le jour de son élection, M. Guterres avait promis, outre de combattre tant les « terroristes » que les « populistes », de « servir les victimes des conflits et les plus vulnérables ».

 

A Bangui, dans ce pays actuellement le plus dangereux de la planète pour les humanitaires – avec encore douze morts en trois mois –, ces derniers ont aussi apprécié les premiers pas du secrétaire général en zone de guerre. « M. Guterres ne mâche pas ses mots envers ce qui ne fonctionne pas et il a un message fort envers les victimestémoigne Duccio Staderini, chef du Comité de coordination des ONG. Les humanitaires ont réagi très positivement à leur rencontre avec lui. Bon, il est vrai que nous sommes tellement désespérés ici que tout signe d’espoir est bon à prendre. »

 

Antonio Guterres livre, dix mois après avoir pris son poste de secrétaire général, ses premières impressions : « Ce qui me frappe, c’est l’imprévisibilité généralisée dans le monde et le climat d’impunité… On a vécu la guerre froide, puis l’époque de l’hyperpuissance américaine. Aujourd’hui, le monde n’est ni bipolaire ni unipolaire, et il n’est pas encore vraiment multipolaire : il est chaotique. Les gens font vraiment n’importe quoi. »

 

Le secrétaire général de l’ONU admet que son rôle peut être « très frustrant ». « La plupart du temps, je n’arrive pas à convaincre la communauté internationale de résoudre tel ou tel problème. Je n’ai pas les moyens de pression nécessaires », soupire-t-il en souriant. « Cela dit, c’est la nature du job. Le pouvoir, à l’ONU, c’est le Conseil de sécurité. Le secrétaire général n’est qu’un administrateur en chef qui met en œuvre les décisions du Conseil de sécurité. »

 

Le soupir redouble lorsqu’on évoque la guerre en Syrie ou les tensions entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, des crises dans lesquelles l’ONU ne peut prétendre jouer quasiment aucun rôle du fait de l’implication des puissances mondiales. « De même, je ne crois pas que le Conseil de sécurité prendra une position claire sur le conflit en Birmanie. Or, à notre niveau, le dialogue est extrêmement difficile avec le pouvoir birman. » Un conseiller confie que « M. Guterres a été très touché par la crise des Rohingya ».

 

Pas de baguette magique

 

Devant des conseillers cette année, le secrétaire général a confié que « les pires dangers pour la planète sont le retour du nucléaire dans le discours politique, et donc dans la menace, et la déstabilisation du Moyen-Orient liée aux conflits en Irak, en Syrie et à l’opposition entre sunnites et chiites », selon les propos rapportés par un diplomate.

 

Parmi les missions actuelles de l’ONU, il s’est dit « très engagé pour l’opération G5 Sahel », une mission délicate menée par cinq pays (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) où, aux côtés de l’opération militaire française « Barkhane », la lutte antiterroriste côtoie des engagements plus traditionnels en faveur de la stabilisation politique et du développement, et « très inquiet d’une prochaine guerre entre Israël et le Hezbollah au Liban, et donc inquiet pour la Finul », une force de l’ONU présente depuis 1978 à la frontière israélo-libanaise.

 

En Centrafrique, l’attitude vis-à-vis de l’ONU illustre parfaitement le paradoxe que vivent aussi ceux qui dirigent l’organisation. D’un côté « une frustration face à l’impuissance de la Minusca, qui peut aller jusqu’à la haine », note un observateur étranger, et de l’autre « la reconnaissance que l’ONU est incontournable et représente le seul espoir de parvenir un jour à une solution pacifique ». Entre l’ONU ou rien, entre une opération insatisfaisante et le chaos total, autant choisir l’ONU.

 

M. Guterres va donc porter un effort particulier pour tenter de résoudre cette guerre. Il l’a promis aux Centrafricains. Par ailleurs, c’est l’un de ces conflits à mi-chemin entre les guerres sur lesquelles les puissances du Conseil de sécurité gardent la haute main et celles pour lesquelles aucune condition pour une solution n’est réunie. Là, le secrétaire général veut voir « un espoir », peut-être même « une opportunité » après la proposition de dialogue du président Faustin-Archange Touadéra aux mouvements rebelles.

 

Peu à Bangui croient aux miracles. Et pourtant, pendant trois jours, ils ont voulu y croire, ou ont fait semblant. Le secrétaire général a été accueilli comme une sorte de pape de la diplomatie mondiale. Il a certes moins transporté les foules que François, il y a deux ans, mais son rôle aux Nations unies le crédite irrationnellement, aux yeux des plus désespérés, des espoirs les plus fous. Comme s’il pouvait changer le monde d’un coup de baguette magique. Lui sait qu’il n’en sera rien, mais, sur la Centrafrique, il semble se dire que rien ne lui interdit de tenter sa chance.


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/14/antonio-guterres-au-chevet-d-un-monde-destabilise_5214525_3212.html#OIzUeUXt8uJUTry2.99

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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 00:20

 

 

 

 

http://www.un.org 11 novembre 2017 – L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a procédé cette semaine à la réinstallation de 698 familles centrafricaines déplacées qui avaient trouvé refuge près d'une base de la Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) suite à des attaques en 2016 à Kaga Bandoro, dans le nord du pays.

 

Plus de 20.000 personnes s'étaient installées dans un camp improvisé autour de la base onusienne après que des membres de l'ex-Séléka aient attaqué le camp de déplacés d'Evêché, le bureau du préfet et le camp de la MINUSCA le 12 octobre 2016.

 

Un des blocs constituant le camp provisoire borde une piste d'atterrissage (Bloc 1) et un autre (Bloc 9) se trouvait près du dépôt de carburant, exposant les résidents à des risques pour leur santé. La présence du Bloc 1 compliquait également l'atterrissage et le décollage des avions, forçant les opérateurs de l'aviation humanitaire à suspendre les vols.

 

Cette situation a gravement affecté les communautés environnantes et les efforts humanitaires en empêchant la mise en œuvre adéquate des programmes et l'évacuation des personnes en situation médicale grave.

 

« Pour l'OIM et la communauté humanitaire en RCA, la localisation dangereuse des Blocs 1 et 9 était un signal clair que tout le monde devait être transféré d'urgence dans un endroit plus sûr », a déclaré vendredi le chef de mission de l'OIM en RCA, Jean-François Aguilera.

 

À la suite de la visite du Coordonnateur humanitaire et du Ministère des actions humanitaires de Kaga Bandoro en août, il a été recommandé que tous les déplacés internes soient transférés de toute urgence dans de nouveaux lieux sûrs situés à proximité.

 

Après de nombreuses consultations avec les résidents du camp et en partenariat avec l'Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), la relocalisation des résidents du premier bloc a débuté le mardi 17 octobre et sa été conclu le 25 octobre. Cette relocalisation a concerné 312 foyers, dont 15 sont retournés dans leur ancien quartier.

 

La relocalisation du Bloc 9 a débuté le jeudi 26 octobre et s'est achevée le vendredi 3 novembre. Celui-ci comprenait un total de 319 ménages, dont un est retourné dans son ancien quartier. Un dernier groupe de 67 familles proches du Bloc 1 a également été relocalisé du samedi 4 novembre au mardi 7 novembre.

 

« Les séances de consultation avec les ménages nous ont permis de nous assurer que leurs besoins particuliers sont satisfaits et qu'ils sont pleinement informés et consultés tout au long du processus », a déclaré le Dr Aguilera.

 

L'OIM a aidé les 682 ménages déplacés à transporter tous leurs biens, y compris les huttes et les hangars, dans de nouveaux lieux sûrs. Ils ont également reçu un total de 30.103 dollars (44 dollars par ménage), ainsi que des kits d'articles non alimentaires. Les 16 foyers qui sont rentrés dans leurs quartiers d'origine ont reçu des kits pour faciliter leur retour et ont été aidés dans la réhabilitation de leurs maisons et le transport de leurs biens.

 

La RCA connaît une résurgence de la violence qui risque de répéter la crise dévastatrice qui a frappé le pays il y a quatre ans. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays et de réfugiés dans les pays voisins a considérablement augmenté au cours des derniers mois.

Centrafrique : l'OIM réinstalle 700 personnes qui avaient trouvé refuge près d'un camp de la MINUSCA
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