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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 21:09
Affaire Gadio-Idriss Deby: voici les procès verbaux du FBI

 

 

 

source ; Libé du 22 Novembre 2017

 

 

Le journal Libération a publié dans son édition de ce mercredi le contenu des procès-verbaux de l'enquête du FBI concernant Cheikh Tidiane Gadio. Avec des dates, des échanges de mails captés et d'autres détails croustillants.

 

Extraits.

 

Résumons : l'ancien ministre des Affaires étrangères est en détention à New York depuis vendredi dernier. Un juge de Manhattan l'a placé sous mandat de dépôt pour corruption et blanchiment présumés.

 

Cheikh Tidiane Gadio aurait facilité le versement de pots-de-vin au Président tchadien, Idriss Déby, contre des avantages accordés dans son pays à une société chinoise désireuse d'y mener des affaires. En contrepartie, il aurait touché 400 mille dollars (plus de 200 millions de francs Cfa). Gadio nie, affirmant avoir été rétribué pour son intervention, au nom de son cabinet, dans le dossier en question.

 

Le juge a fixé la caution, pour lui accorder la liberté, à 1 million de dollars (plus de 600 millions de francs Cfa). Son avocat, Me Roberts Blaum, conteste la décision en proposant de verser pour son client 250 mille dollars (plus de 125 millions de francs Cfa). Verdict ce lundi.

 

Comment en est-on arrivé là ? Tout est consigné dans les procès-verbaux d'enquête du FBI, qui a mené trois ans d'investigations. Il y a des dates, des mails captés, du marchandage, des montants…

 

Selon le compte-rendu de Libération, qui a consulté les documents de la police fédérale américaine, l'affaire peut être circonscrite en 8 dates clés.

 

Dans les couloirs de l'Onu…


Octobre 2014. Chi Ping Patrick Ho et Cheikh Tidiane Gadio se rencontrent au siège de l'Onu. Le premier dirige une Ong basée à Hong Kong et en Virginie, mais il cherche à aider une compagnie pétrolière chinoise, la China national petroleum corporation (Cnpc), à reprendre ses activités au Tchad. N'Djaména avait retiré à la compagnie sa licence, décision assortie d'une forte amende, pour violation du Code de l'environnement. Le second, qui a de bons rapports avec le Président tchadien, Idriss Déby, passe pour l'homme providentiel pour faciliter le rabibochage avec le Tchad.

 

Ho est aux anges. "À la réunion de l'Onu, j'ai rencontré un vieil ami, ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal ; il s'appelle Dr Gadio, s'enflamme-t-il dans une correspondance adressée à la Cnpc. Je l'ai rencontré en toute confiance et lui ai fait part de notre implication dans la société chinoise au Tchad et j'ai souhaité obtenir l'aide du Président (Déby) pour résoudre le problème."

 

Gadio accepte la mission, contacte par téléphone Déby pour un rendez-vous et promet de rendre compte à Ho. Ce dernier souligne que la rencontre "se tiendra probablement au milieu de la semaine prochaine".

 

Vers fin octobre 2014. Comme prévu, l'ancien chef de la diplomatie sénégalaise rencontre le Président tchadien. Rendant compte de l'entrevue, il révèle à Ho que Déby est prêt à rendre à la Cnpc son permis contre "une aide financière secrète ou très confidentielle pour ses campagnes politiques". Les détails de la rencontre seront versés dans un mail envoyé par Gadio à Ho et auquel est joint un document intitulé "Rapport après la rencontre avec (le Président du Tchad)".

 

Il est précisé dans le "Rapport" que Déby avait prévu de recevoir la délégation chinoise à N'Djaména, mais que, sur conseil de Gadio, il a accepté d'organiser la rencontre dans un village au milieu du désert. Ce, rapporte Libération, citant le FBI, "pour (éviter) que les ennemis et les lobbyistes" leur glissent des peaux de bananes.

 

Gadio : "J'ai peur…"

 


22 octobre. Changement de plan. Patrick Ho informe Gadio que le voyage au Tchad n'est plus urgent. Le gouvernement tchadien ayant signé un accord avec la Cnpc pour la réhabiliter. Il propose à l'ancien ministre de Wade de le rencontrer à Hong Kong d'abord avant le saut à N'Djaména pour une audience avec Déby.

 

Dès le lendemain de cette alerte, Gadio répond sur un ton inquiet : "C'est absolument étrange… J'ai peur que quelqu'un joue contre vous ou contre moi."

 

Mi-novembre. Malgré ses inquiétudes, l'ancien ministre des Affaires étrangères se rend avec Ho au Tchad. Au cours d'une audience avec Déby, celui-ci leur déroule le tapis rouge. Tout se passe comme prévu. Quelques jours plus tard, Gadio suggère à Ho, selon les enquêteurs, de "donner un bon paquet au Président".

 

18 novembre. Le patron de l'Ong basée à Hong Kong et en Virginie envoie un mail à son "vieil ami" sénégalais pour le remercier de sa contribution en l'informant que, pour le remercier, la compagnie allait lui verser la somme de 100 mille dollars (un peu plus de 60 millions de francs Cfa).

 

De la petite monnaie !, se serait indigné le fils de Gadio, directeur de l'Institut panafricain des stratégies (Ips). Ce dernier, dans un mail intercepté par le FBI, propose à son père : "Nous devons élaborer des stratégies par rapport à ce que nous pouvons gagner dans ce marché. 300 ou 500 mille dollars, c'est raisonnable à mon avis. Je suggère que nous demandons 2% sur tous les contrats que nous leur ferons gagner."

 

60 millions, de la petite monnaie


Vers décembre. Ho écrit à Déby pour l'informer du souhait de la Cncp de lui faire un don de 2 millions de dollars (plus d'un milliard de francs Cfa), comme conseillé par l'ancien ministre de Wade, selon les enquêteurs. La lettre est envoyée pour correction à Gadio. Qui reformule la correspondance, gommant toutes les aspérités pouvant gêner Déby.

 

La version finale de la lettre : "En sa qualité de bon ami du gouvernement et du peuple tchadiens (la Cncp) exprime son vœu sincère et son soutien au développement du Tchad. Pour ce faire, nous voudrions faire un don de 2 millions de dollars US au gouvernement du Tchad pour la création d'un fonds de développement, afin de démontrer l'amitié profonde entre nous et le Tchad. (…) Nous espérons que votre Excellence Monsieur le Président acceptera ce don au nom du gouvernement et du peuple du Tchad."

 

12 janvier 2015. La lettre, réécrite, est transmise à une personne présentée par le FBI comme un ministre tchadien. Dans la foulée, rapporte Libération, Gadio demande que les 100 mille dollars prévus pour son compte soient multipliés par cinq, "étant donné, argue-t-il, que la valeur d'opportunités totale accordée à (Cncp) est de plusieurs millions de dollars". "En outre, poursuit l'ex-chef de la diplomatie sénégalaise, il est difficile de comprendre un cadeau de 2 millions de dollars au Président et seulement 100 mille dollars à l'animateur qui a rendu tout cela possible."

 

Cette requête a été envoyée le 5 février.

 

5 février 2015. Le même jour, l'assistant de Ho informe Gadio que son appel a été entendu. Qu'il touchera finalement 400 mille dollars répartis en don pour soutenir ses activités politiques au Sénégal (100 mille dollars), en rémunération du suivi du dossier au Tchad (100 mille dollars) et en commission pour son cabinet (200 mille dollars).

 

L'ancien ministre des Affaires étrangères réfute les accusations de corruption et de blanchiment. Il défend avoir été rémunéré juste pour des prestations effectuées pour le compte de son cabinet.

 

Libération informe que Gadio fera face au juge ce mercredi. Une occasion de se montrer convaincant avec l'espoir de recouvrer la liberté en attendant un éventuel procès.

 

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 21:05
RCA : le Brésil prêt à renforcer la Minusca

 

 

 

Par RFI Publié le 22-11-2017 Modifié le 22-11-2017 à 19:07

 

Il y a une semaine, le Conseil de sécurité des Nations unies renouvelait le mandat de la Minusca, l'opération de maintien de la paix en Centrafrique. Il autorise un renfort de 900 casques bleus en plus de l'effectif maximal jusque-là plafonné à 10 750 soldats. Des discussions sont en cours avec le Brésil.

 

Le Brésil est prêt à envoyer jusqu'à 1 000 soldats en Centrafrique au sein de la Minusca. L'annonce a été faite la semaine dernière par le ministre brésilien de la Défense, Raul Jungmann, en marge d'une réunion sur les opérations de maintien de la paix à Vancouver au Canada.

 

Les discussions sont en cours depuis plusieurs semaines déjà avec le département maintien de la paix de l'ONU dirigé par Jean-Pierre Lacroix. Mais le Brésil a une requête : il souhaite prendre le commandement militaire de la Minusca, comme il l'a fait pour la Minustah, l'opération des Nations unies en Haïti qui vient de s'achever. « Même sans le commandement, le Brésil participera, car nous avons des responsabilités pour la stabilité et la paix dans le monde », a toutefois déclaré le ministre au site brésilien Nexo.

 

Les Nations unies ne confirment pas l'information, mais selon des sources bien renseignées, l'ONU, qui ne peut compter sur des hélicoptères supplémentaires pour la Minusca, cherche surtout des troupes, efficaces, réactives, ayant des capacités logistiques autonomes, c'est-à-dire leurs propres moyens de transport.

 

Concrètement, une fois les discussions achevées, les Nations unies devront formellement inviter le Brésil qui de son côté devra faire ratifier cette participation éventuelle par son Parlement. Si les deux parties trouvent un terrain d'entente rapidement, un déploiement pourrait être envisagé avant avril 2018.

 

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 21:00

 

 

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 22 NOVEMBRE 2017

 

BANGUI, 22 novembre 2017 (RJDH)—Le décret nommant des Officiers de Police Judiciaire (OPJ) de la Cour Pénale Spéciale (CPS) pourrait être révisé. Il s’agit, selon des sources concordantes, d’un compromis trouvé par le gouvernement et les partenaires internationaux sur les différends liés audit décret.

 

L’affaire a éclaté après la prestation de serment des Officiers de Police Judiciaire pour la Cour Pénale Spéciale le 06 novembre dernier. La cérémonie a été boycottée par la Minusca et d’autres partenaires qui estiment que la retouche de la liste définitive des OPJ retenus par le comité de sélection est inconcevable.

 

Depuis ce jour, deux listes circulent à Bangui. Selon des sources proches du dossier, les partenaires ont menacé de suspendre le financement de cette cour. La primature s’est saisie du dossier et de sources dignes de foi, un comité de crise a été créé.

 

Les deux parties se sont accordées sur la révision du décret nommant les OPJ, lors d’une réunion que le premier ministre aurait lui-même présidée le vendredi dernier à Bangui. Une source proche de la CPS a confirmé ces informations, « ce problème est désormais derrière nous parce qu’à l’issue de la réunion de la semaine dernière, les uns et les autres ont accepté de réviser le processus, ce qui signifie que le décret va être revu », confie un cadre de la CPS qui a requis l’anonymat.

 

Interrogé sur la question, le porte-parole de la Minusca, Vladimir Montéiro a rappelé que la mission onusienne tient à la transparence du processus de recrutement des agents de la Cour Pénale Spéciale et à l’indépendance de la cour. Il n’a pas souhaité se prononcer sur le compromis trouvé par les parties sur la nomination des Officiers de Police Judiciaire.

 

Depuis l’éclatement de cette affaire, la pression est mise sur le pouvoir de Bangui. Le mardi 21 novembre dernier, quatre partis politiques de l’opposition ont exigé du gouvernement l’abrogation de ce décret. Pour le leader de l’opposition Anicet Georges Dologuelé, ce dossier prouve la volonté des autorités de compromettre l’élan de la Cour Pénale Spéciale. Le ministre de la justice, Flavien Mbata n’a pas communiqué sur le dossier mais un de ses proches a estimé que l’opinion a mal interprété l’orientation donnée par le ministre, « ce sont les textes qui imposent à ce que les membres de la CPS soient de diverses régions. Le ministre a voulu appliquer ce principe », explique cette source.

 

Le compromis trouvé sur cette affaire devrait être officiellement annoncé par le ministère de la justice dans les prochains jours./

Centrafrique : Le gouvernement et les partenaires s’accordent sur la révision du décret des OPJ de la CPS
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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 20:53
Au moins cinq patients morts à Bangassou depuis le départ de MSF

 

 

 

 

Au moins cinq patients de l'hôpital de Bangassou (sud-est de la Centrafrique) tenu par Médecins sans Frontières (MSF), sont décédés depuis mardi et le rapatriement des équipes de l'ONG vers Bangui en raison de l'insécurité, indiquent des sources de l'l'ONG.

 

Le directeur de l'hôpital, Alexis Moboy, toujours présent à Bangassou, a témoigné auprès de MSF de la mort de ces cinq patients, a-t-on indiqué au siège banguissois de l'ONG.

 

aBangui -Centrafrique : L’hôpital de Bangassou tente d’organiser la prise en charge des malades après le retrait de MSF (Autre presse) @Afropages https://t.co/CnWD7dbKRD pic.twitter.com/IWTYDRii1P

 

— Afropages (@Afropages) November 23, 2017

 

MSF avait suspendu ses activités dans la ville mardi à la suite d'un violent braquage à main armée dans la nuit du 20 novembre. 46 patients restent toutefois hospitalisés, dont 9 en chirurgie.

 

Bangassou est aux mains depuis mai de milices autoproclamées d'"autodéfense" et prétendant défendre les chrétiens, les antibalaka (antimachettes).

 

2.000 déplacés musulmans ont trouvé refuge dans un séminaire catholique et l'instabilité demeure en ville, malgré l'installation d'un nouveau préfet et d'une dizaine de policiers et gendarmes.

 

Après le départ de MSF, les Casques bleus de la mission des Nations unies (Minusca) et quelques missionnaires sont désormais les seules personnalités internationales présentes en ville.

 

#MSF encore menacé à #Bangassou en #RCA obligé d'évacuer son équipe à #Bangui#CARcrisis https://t.co/otQswulSgX

 

— Julien Binet (@JulienBinet1) November 22, 2017

 

"La situation à Bangassou est tendue ces deux ou trois dernières semaines. Deux groupes antibalaka se battent entre eux pour contrôler la ville", a indiqué mardi une source humanitaire à Bangui.

 

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'était rendu fin octobre à Bangassou, où neuf Casques bleus ont été tués entre mai et juillet.

 

Plus de 600.000 personnes sont déplacées en Centrafrique et 500.000 sont réfugiées dans des pays voisins. Environ 2,4 millions de Centrafricains, soit la moitié de la population, dépendent de l'aide internationale.

 

Avec AFP

 

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 20:50

 

 

 

Par Sylvestre Sokambi le 22 novembre 2017 

 

BANGUI, 22 novembre 2017 (RJDH)—Le ministre des  Postes et Télécommunications Justin Gourna-Zacko, a ordonné la fermeture temporaire de Azur, une des quatre compagnies téléphoniques opérationnelles en RCA. Cette décision a été prise le mardi 21 novembre dernier, lors d’une réunion avec le personnel gréviste. 

 

Selon les informations du RJDH, la fermeture temporaire de Azur a été décidée après des échanges entre le ministre et une équipe du personnel gréviste de la compagnie. L’information est confirmée par des sources proches de la société, « effectivement le ministre a demandé à ce que la société ferme » a précisé une de ces sources, qui affirme qu’il s’agit encore d’une décision verbale.

 

La société Azur, a, selon des informations-RJDH, décidé de saisir le premier ministre afin que la décision du ministre soit annulée, « il y a un mémo qui est préparé à l’intention du premier ministre. En fait, la société va demander l’annulation de la décision » confie une sous l’anonymat une source proche du dossier.

 

Le RJDH a tenté en vain d’entrer en contact avec le ministre des postes et télécommunications pour avoir des précisions sur les motivations de sa décision. Contacté, un cadre du département des postes et télécommunications, a sous couvert de l’anonymat indiqué que « le ministère a pu saisir la société sur les différends qui l’opposent à son personnel », explique cette source sans précision sur le contenu de la note du ministre.

 

Le député du 1er arrondissement Augustin Agou, présent lors des échanges entre le personnel gréviste et le ministre, a confirmé l’information tout en précisant que « les parties sont d’accord sur le principe de dialogue et nous avons proposé que Azur puisse payer deux mois d’arriérés à ses agents », explique l’honorable. De sources concordantes, le Président Directeur Général de Azur est attendu à Bangui d’ici début décembre pour apporter des réponses à la crise qui mine la société depuis plusieurs mois.

 

La décision du gouvernement de fermer temporairement la société Azur intervient moins de deux semaines après un forum d’investisseurs, forum pendant lequel le pouvoir de Bangui avait promis plusieurs garanties aux investisseurs. Cette décision  pourrait être considérée comme un inquiétant signal envoyé aux investisseurs, ce qui est contraire aux engagements pris lors du forum tenu à Bangui du 08 au 09 novembre dernier.

 

 

Centrafrique :Le Ministre des télécommunications ordonne la fermeture de la compagnie de téléphonie Azur
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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 20:48
Livre ; La «Cendrillon de l’Afrique»

 

 

CRITIQUE

 

La «Cendrillon de l’Afrique»

 

Par Maria Malagardis — 21 novembre 2017 à 18:36 (mis à jour à 19:21)

 

Surnommée ainsi par les colons, la Centrafrique, de Bokassa au scandale des enfants abusés par des soldats de «Sangaris», vit une tragédie humaine plus qu’une réelle malédiction. Deux ouvrages le démontrent.

 

Dès les premiers contacts avec les Occidentaux, l’Afrique a souvent été associée aux ténèbres. Rapprochement qui s’incarnera à merveille dans le célèbre roman de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres. On s’est parfois trompé cependant en résumant ce livre devenu mythique à un voyage au cœur d’un monde obscur. Alors que la critique de la colonisation aux mains d’individus médiocres y figure pourtant de façon tout aussi véhémente. Cette même lecture pourrait, a priori, s’appliquer à la Centrafrique, qui cumule les malheurs avec une constance désespérante depuis sa création en tant que colonie française, baptisée alors «Oubangui-Chari». Un pays, un peu plus grand que la France, enclavé au cœur du continent noir, dont on ne retient souvent que le règne ubuesque de l’empereur Bokassa. Et qui, depuis l’indépendance, détient le record des interventions militaires françaises en Afrique. Aujourd’hui encore, la Centrafrique revient régulièrement dans l’actualité, toujours à la faveur de crises sanglantes. Lesquelles de surcroît semblent désormais n’avoir aucune issue, ni même aucun sens. Résultat : on se scandalise, on déplore. Et puis on passe à autre chose, jusqu’à la prochaine crise ou au prochain massacre.

 

Pourtant, comme pour le roman de Conrad, à y regarder de plus près, ce pays maudit, surnommé «la Cendrillon de l’Afrique» sous la colonisation, a surtout souffert de la médiocrité ou de la cruauté de ceux qui en ont eu la charge, esquissant ainsi une tragédie humaine, bien plus qu’une quelconque malédiction ontologique. C’est ce que deux ouvrages publiés cet automne viennent rappeler chacun à leur façon.

 

Avec Oubangui-Chari. Le pays qui n’existait pas, Jean-Pierre Tuquoi, ex-grand reporter au journal le Monde, offre une fresque historique passionnante de ce qui est encore aujourd’hui «un fantôme de pays bien plus qu’un fantôme d’Etat». «Même ses cartes officielles sont fausses, qui continuent à signaler des montagnes qui n’ont jamais existé», souligne l’auteur. Lequel ne se complaît pas pour autant dans une description apocalyptique, mais reprend le fil perdu d’une mémoire oubliée, pour mieux en souligner les injustices, comme les occasions perdues.

 

Au rayon des injustices, il y a d’abord le poids, insuffisamment souligné, d’une colonisation au rabais. Laissée trop souvent aux mains de fonctionnaires racistes et d’hommes d’affaires cupides. Lesquels multiplieront d’hallucinantes expéditions punitives, et imposeront aux populations locales l’asservissement par la terreur. Tous ceux qui tenteront de dénoncer ces abus se heurteront à la censure et à l’indifférence de la métropole.

 

Il ne s’agit pas là de succomber à une quelconque «repentance»,mais de regarder la réalité en face. Celle d’une société violemment déstructurée, voire martyrisée, et d’en deviner les conséquences en termes de générations sacrifiées et d’aliénation collective. L’auteur ne cède d’ailleurs jamais au cliché d’un jardin d’Eden perturbé. Oui, les tribus qui ont rencontré les premiers Blancs étaient souvent cannibales, parfois elles-mêmes esclavagistes, explique-t-il. Et on devine même parfois une pointe d’admiration, lorsque Tuquoi évoque les expéditions délirantes conduites par des explorateurs audacieux qui, comme dans le film Fitzcarraldo de Werner Herzog, n’hésitent pas à transporter des bateaux en pièces détachées à travers la jungle.

 

Mais l’essentiel est ailleurs : ce dont la Centrafrique est le nom, c’est avant tout d’un rendez-vous raté avec l’Occident et d’occasions manquées d’imposer des responsables locaux fiables après l’indépendance. La Centrafrique aurait peut-être connu un destin différent si Barthélemy Bodanga, premier député envoyé en métropole, avait pu mener à son terme le processus d’indépendance. Mais il meurt dans un accident d’avion, ouvrant la voie à un casting désastreux, celui de ses successeurs. Lesquels font tous l’objet de réjouissants portraits au vitriol dressés par l’auteur. Derrière la scène, la France est toujours présente. A la fois indifférente et cynique, elle continuera à gérer à distance son ex-colonie, devenue un pays de barbouzes et de mafieux. Jusqu’à la dernière explosion de violences : lorsqu’une rébellion venue du Nord, et pour la première fois majoritairement musulmane, s’empare du pouvoir en mars 2013. Jean-Pierre Tuquoi passe un peu vite sur la marginalisation et la stigmatisation de cette minorité musulmane, qui va se retrouver collectivement ciblée par des pogroms incessants. Une cacophonie de violences, dans laquelle s’est impliquée la France avec une opération militaire française, la huitième en terre centrafricaine, du nom, forcément éphémère, d’un papillon : «Sangaris». Partie sur de mauvaises bases, elle a finalement plié bagages il y a un an, sans rien régler. Mais elle a aussi été accusée de crimes.

 

C’est le sujet d’un chapitre d’un second livre qui traite de la Centrafrique cet automne : dans Impunité zéro. Violences sexuelles en temps de guerre, Juliette Brabant et Leïla Miñano relatent, au prix de quelques erreurs historiques, le scandale judiciaire des enfants centrafricains qui ont accusé de viols certains soldats de Sangaris. L’affaire était en soi particulièrement grave et, certes, délicate. Mais la procédure judiciaire aboutit en mars à une requête de non-lieu, qui, par la grâce d’une «pirouette sémantique», ne remet pourtant pas en cause la véracité des viols. Les deux journalistes démontent avec une grande sobriété toute la mécanique d’un déni qui se retourne contre les enfants, victimes supposées, interrogées par des gendarmes dont la curiosité et la pugnacité laissent visiblement à désirer. Le chapitre consacré à cette affaire laisse un sentiment de malaise, voire d’indignation. Mais que valent les malheurs d’une quarantaine d’enfants centrafricains, vivant dans un pays oublié de tous ?

 

Au fond, la lecture de ces deux ouvrages conforte le soupçon que les ténèbres ne s’imposent que lorsqu’on ferme les yeux, et qu’on refuse de voir ce qui se joue dans l’ombre.

 

Maria Malagardis

 

Jean-Pierre Tuquoi Oubangui-Charie. Le pays qui n'existait pas La Découverte 21 €.

Sous la direction de J.Brabant, L.Miñano, et A;-L. Pineau Impunité zéroAutrement, 17,90€.

 

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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 23:56

 

 

 

 

Un ex-chef de la diplomatie sénégalaise et un ancien premier ministre de Hongkong sont soupçonnés d’avoir versé des pots-de-vin aux chefs d’Etat contre des avantages commerciaux.

 

Par Christophe Châtelot  LE MONDE Le 21.11.2017 à 17h40

 

Les noms des présidents tchadien, Idriss Déby Itno, et ougandais, Yoweri Museveni, apparaissent en rouge dans un acte d’inculpation dressé le 16 novembre par la justice américaine dans le cadre d’une vaste affaire de corruption. Les faits incriminés s’étalent sur « plusieurs années » et portent « sur plusieurs millions de dollars » pour le compte d’une société pétrolière chinoise.

 

L’ancien ministre sénégalais des affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio (61 ans), ainsi qu’un ancien ministre de l’intérieur de Hongkong et secrétaire général d’une ONG fondée par le pétrolier chinois en question, Chi Ping Patrick Ho (68 ans), ont été arrêtés samedi 18 novembre aux Etats-Unis, officiellement inculpés et entendus par un juge. Ils sont soupçonnés d’avoir versé des pots-de-vin aux deux chefs de l’Etat africains en échange d’avantages commerciaux illicites.

 

Pots-de-vin de 2 millions de dollars

 

L’accusation la plus spectaculaire liée à des faits remontant à octobre 2014 concerne Idriss Déby Itno. Le chef de l’Etat tchadien, au pouvoir depuis 1990, aurait perçu des mains de Cheikh Tidiane Gadio un pot-de-vin présumé de 2 millions de dollars.

 

Le ressort de cette affaire est l’ambition commerciale d’une société pétrolière chinoise privée. Bien qu’elle ne soit pas nommée dans les documents américains, tout désigne la CEFC China Energy, une société de Shanghaï dirigée par Ye Jianming. Acteur récent sur la scène pétrolière internationale, relativement inconnu mais très introduit dans les cercles du pouvoir chinois, il a défrayé la chronique, début septembre, en rachetant pour 9 milliards de dollars 14,6 % de la major pétrolière russe d’Etat, Rosneft, détenus jusqu’alors par un fonds du Qatar et le groupe suisse Glencore. La CEFC détient des blocs pétroliers au Tchad ainsi que dans plusieurs Républiques d’Asie centrale.

 

Selon la plainte américaine, « Patrick Ho a engagé Cheikh Tidiane Gadio – qui avait une relation personnelle avec le président tchadien – pour aider la Compagnie d’énergie à avoir accès au président tchadien ». « L’objectif initial » des deux hommes, selon les enquêteurs, était de résoudre un différend opposant le gouvernement tchadien et la Compagnie pétrolière d’Etat chinoise (CPC) à laquelle la CEFC a finalement racheté des blocs d’exploitation gaziers et pétroliers au Tchad en 2016. « L’objectif ultime, ajoutent-ils, était d’obtenir des opportunités pétrolières pour la Compagnie [la CEFC] au Tchad. »

 

L’acte inculpation explique que Patrick Ho, agissant sur les conseils de Cheikh Tidiane Gadio, a incité, par courriel, la [CEFC] à gratifier le président tchadien « d’une belle enveloppe ». En fait, un pot-de-vin de 2 millions de dollars, sous couvert de « don pour des causes caritatives ». L’ancien ministre sénégalais (de 2002 à 2009) aurait perçu 400 000 dollars, virés en deux fois sur un compte à Dubaï, pour ses services rendus.

 

« “Don” à la réélection de Museveni »

 

Le dossier ougandais s’ouvre également en octobre 2014 à New York par un discret rendez-vous dans les couloirs du siège des Nations unies, entre Patrick Ho et le ministre ougandais des affaires étrangères de l’époque, Sam Kutesa. Mandaté par son pays, il présidait alors pour une année la 69eassemblée générale de l’ONU. Histoire de lever l’ambiguïté portant sur l’identité de la « compagnie d’énergie chinoise basée à Shanghai » citée dans l’acte d’inculpation, une photo diffusée à l’époque par Radio Chine Internationale montre Sam Kutesa et Ye Jianming, souriants, après la nomination de ce dernier en tant que « conseiller spécial honoraire » du premier.

 

 « Patrick Ho et le ministre ougandais des affaires étrangères ont discuté d’un “partenariat stratégique” entre l’Ouganda et la [CEFC] pour diverses entreprises commerciales, formées une fois (…) de retour en Ouganda », peut-on lire dans le document à charge. En février 2016, « après qu’il eut repris ses fonctions de ministre et que sa belle-famille ait été réélue à la présidence de l’Ouganda, il a fait virer 500 000 dollars par l’intermédiaire d’une banque à New York. Dans ses communications, Ho a diversement qualifié ce paiement de “don” à la campagne de réélection du président de l’Ouganda ». En fait, ce paiement était un pot-de-vin afin de permettre à la CEFC d’obtenir des avantages commerciaux et autres contrats dans le secteur financier (rachat d’une banque) et énergétique en Ouganda.

 

Inculpés pour corruption et blanchiment d’argent, Patrick Ho et Cheikh Tidiane Gadio sont passibles de plusieurs dizaines d’années d’emprisonnement.

 

 

Afrique, la guerre entre Trump et la Chine

 

https://mondafrique.com  Par  Aza Boukhris  21 novembre 2017

 

La guerre économique Etats-Unis-Chine est désormais déclarée en Afrique. Donald Trump a ouvert la chasse en Afrique à la prédation, au blanchiment et à la corruption, impliquant la Chine. 

 

On comprend que certains chefs d’Etat et ministres de haut rang répugnent désormais à se rendre aux États Unis, même pour assister à une Assemblée générale des Nations Unies.

 

Les lobbyistes africains pro-chinois sont dans la ligne de mire de l’administration Trump. Les personnalités africaines de haut rang ne sont pas épargnées.

 

En août 2017, l’ancien ministre guinéen des mines, Mahmoud Thiam avait déjà écopé de 7 ans de prison, pour corruption, pots-de-vin et blanchiment au bénéfice de sociétés minières chinoises. Vendredi 17 novembre 2017, Cheikh Tidiane Gadio, l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères (2000-2009), a été arrêté à New York et mis en détention.

 

Fréquentant assidument les cercles onusiens et familier de la Banque mondiale, ce sulfureux lobbyiste, à qui l’organisation du Forum de la Paix et de la Sécurité de Dakar avait été retirée en 2014, est toujours le président de l’institut panafricain de stratégies de Dakar, ce qui lui donnait un laisser-passer dans les présidences africaines et à l’Union africaine. Ayant la double nationalité, sénégalaise et américaine, Cheikh Tidiane Gadio risque jusqu’à 20 ans de prison. La collaboration avec les Chinois aura désormais son prix.

 

L’Administration américaine mobilisée

 

Le FBI, la CIA et la justice fédérale ont décidé de s’attaquer au système de corruption des sociétés chinoises et du conglomérat étatique la China National Petroleum Corporation, très implanté au Tchad, en Centrafrique, au Congo et au Cameroun. Même le Département d’Etat s’est mobilisé, sous la haute autorité du Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, l’ancien patron d’Exxon qui n’a guère oublié les déboires de sa société pétrolière avec le Tchad d’Idriss Deby Itno. On se rappelle que certains avaient été surpris de voir le Tchad inscrit sur la liste noire d’interdiction de voyager aux États Unis d’Amérique. C’était vite oublier que les intérêts privés américains guident la politique étrangère des Etats Unis d’Amérique. C’est encore plus vrai avec Donald Trump. Les chantres du slogan” l’Afrique aux Africains”, souvent très corrompus et prédateurs, ne pèsent pas devant l’  “América first”de Trump.

 

Les présidents du Tchad et de l’Ouganda, visés aussi par la justice fédérale,  et Cheikh Tidiane Gadio, vont voir étalées dans les médias leurs relations privilégiées avec la China National Petroleum Corporation et la société de lobbying Énergy Company.

 

Cheikh Tidiane Gadio devra justifier, à la fois, les 2 millions de dollars apportés au Tchad pour éviter une douloureuse amende à ses protecteurs chinois et les 400 000 dollars pour sa rémunération. D’autres pots-de-vin et faits de corruption seraient aussi dans les mains de la justice fédérale et pas seulement pour les gisements tchadiens.

 

Armes, matières premières, agro-alimentaire

 

La China National Petroleum Company est présente dans plusieurs États de l’Afrique centrale, surtout par ses satellites. Elle est de plus en plus présente dans l’agro-alimentaire, le commerce des armes et les matières premières stratégiques.

 

La Centrafrique est l’une des proies des intérêts chinois. Les champs pétrolifères de Boromata, en bordure du Tchad, ont été confiés aux intérêts de la China National Petroleum Corporation. Le lobbying fut intense en faveur des Chinois, après les déboires de l’ancien propriétaire des permis, l’américain Jack Grynberg, victime collatérale du coup d’Etat de François Bozizé contre Ange-Félix Patasse. Déjà, l’ancien ministre des mines, Sylvain Ndoutingaï, est sur les tablettes de la justice fédérale. D’autres personnalités centrafricaines, revenues au pouvoir avec le président Touadera, auraient peut-être intérêt à éviter le sol américain.

 

Il est possible aussi que Cheikh Tidiane Gadio, doivent rendre compte de son rôle d’envoyé spécial, à partir de 2014, de l’Organisation de la Coopération Islamique en Centrafrique et de ses relations avec les autorités tchadiennes.

 

La chasse ne fait que commencer.

 

 

La justice américaine inculpe Cheikh Tidiane Gadio pour corruption

 

http://www.bbc.com 21 novembre 2017

 

Chi Ping Patrick Ho, 68 ans, et Cheikh Gadio, 61 ans, sont accusés d'avoir corrompu pendant plusieurs années des hauts responsables de ces pays afin d'obtenir des avantages pour une entreprise pétrolière chinoise.

 

Les pots-de-vin représentent plusieurs millions de dollars, selon un communiqué des autorités judiciaires américains publié lundi.

 

L'ancien ministre sénégalais a été arrêté vendredi à New York et présenté devant un juge le lendemain, tandis que M. Ho a été arrêté samedi et présenté à un juge lundi.

 

 

La justice américaine inculpe un ex-ministre sénégalais de corruption

 

https://www.tsa-algerie.com   Par: AFP 20 Nov. 2017 à 22:14

 

Le responsable d’une ONG basée à Hong-Kong et en Virginie, dans l’Est des Etats-Unis, ainsi qu’un ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères ont été inculpés par la justice américaine dans une affaire de corruption de hauts responsables au Tchad et en Ouganda.

 

Chi Ping Patrick Ho, 68 ans, et Cheikh Gadio, 61 ans, sont accusés d’avoir corrompu pendant plusieurs années des hauts responsables de ces pays afin d’obtenir des avantages pour une entreprise pétrolière chinoise. Les pots-de-vin représentent plusieurs millions de dollars, selon un communiqué du ministère américain de la Justice publié lundi.

 

“Des responsables au plus haut niveau des gouvernements des deux pays sont soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin”, a indiqué le ministre adjoint de la Justice Kenneth Blanco, citant le président du Tchad et le ministre ougandais des Affaires étrangères sans communiquer leur nom.

 

Le ministère n’a pas non plus dévoilé le nom de l’entreprise chinoise pétrolière.

 

L’ancien ministre sénégalais a été arrêté vendredi à New York et présenté devant un juge le lendemain, tandis que M. Ho a été arrêté samedi et présenté à un juge lundi.

 

M. Blanco a ajouté que la justice américaine était déterminée à poursuivre ceux qui compromettent la compétitivité des entreprises.

 

“Leurs pots-de-vin et leurs actes de corruption portent tort à notre économie et minent la confiance dans un marché libre”, a-t-il également commenté.

 

Les personnes inculpées sont soupçonnées d’avoir, entre autres, fait transiter près d’un million de dollars par l’intermédiaire du système bancaire new-yorkais.

 

En échange d’un pot-de-vin de deux millions de dollars, le président du Tchad aurait offert à l’entreprise pétrolière chinoise des droits pétroliers dans le pays sans passer par un appel d’offres international. L’ancien ministre sénégalais aurait joué un rôle central dans cette affaire.

 

M. Ho aurait également distribué des cadeaux tout en promettant d’autres avantages, dont le partage des profits d’une société commune ainsi que l’acquisition potentielle d’une banque en Ouganda, en vue d’obtenir des avantages pour l’entreprise de l’énergie pour laquelle il jouait le rôle d’intermédiaire.

 

Fin août, la justice américaine avait condamné l’ancien ministre guinéen Mamhmoud Thiam à sept ans de prison pour avoir blanchi de l’argent de pots-de-vin reçus d’entreprises chinoises.

 

M. Thiam, ex-ministre des Mines en Guinée, avait été reconnu coupable en mai. Il avait notamment utilisé les 8,5 millions de dollars reçus pour payer l’école de ses enfants et acheter une maison de 3,75 millions près de New York.

 

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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 23:52
DECLARATION DE QUATRE PARTIS POLITIQUES DE L'OPPOSITION

 

 

CRPS – PATRIE – RPR – URCA

 

 

POINT  DE PRESSE

 

 

 

DECLARATION LIMINAIRE

 

 

Les partis politiques de l’opposition démocratique soussignés ont appris sans surprise les manœuvres du pouvoir relatives à la substitution de certains Officiers de Police Judiciaire (OPJ) de la Cour Pénale Spéciale.

 

En effet, une Commission de sélection avait retenu 20 OPJ afin de constituer l’équipe d’enquête du Procureur Spécial de cette juridiction. Le Ministre de la Justice a dans le texte de validation décidé de remplacer 10 des 20 OPJ par des proches de l’actuel pouvoir.

 

Cette entrave qui porte gravement atteinte à l’indépendance et à l’impartialité de la justice a conduit la Communauté Internationale et les bailleurs de fonds à boycotter la cérémonie de prestation de serment des OPJ et à suspendre les financements de la Cour Pénale Spéciale.

 

L’objectif ainsi recherché par le pouvoir vise à instrumentaliser la justice afin d’assurer l’impunité à certains auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

 

Depuis plusieurs mois déjà, le Président TOUADERA utilise ses courtisans irresponsables et zélés pour porter de graves accusations de complot, d’atteinte à la sûreté de l’Etat, d’assassinats etc…

 

à l’encontre des leaders des partis politiques de l’opposition qu’il considère comme ses ennemis à savoir : Anicet Georges DOLOGUELE, Crépin MBOLI–GOUMBA, Alexandre Ferdinand NGUENDET et Nicolas TIANGAYE.

 

Toutes les plaintes en diffamation déposées au niveau de la justice par ces personnalités ont été purement et simplement ‘’bloquées’’ par le Ministre de la Justice sur instructions du Président TOUADERA afin d’assurer l’impunité à ses griots, consacrant ainsi un véritable déni de justice.

 

Pour faire échec à toutes les procédures engagées au plan pénal par les personnalités sus- visées, le Ministre de la Justice a pris l’arrêté n° 014/MJDH/DIRCAB/. 17 en date du 30 Mai 2017 portant création de la Commission d’enquête judiciaire.

 

Cette Commission qui n’a rien de judiciaire est un instrument politique de répression des opposants au régime du Président TOUADERA.

 

L’arrêté créant cette commission est illégal et viole ostensiblement la Constitution en ce qu’il interfère dans une matière à savoir la procédure pénale relevant du domaine législatif et non du domaine réglementaire.

 

Tous ces actes qui mettent à nu le peu d’intérêt du régime actuel pour l’indépendance de la justice, pierre angulaire d’une véritable démocratie, sont la preuve patente que le Président TOUADERA a définitivement inscrit sa politique dans une logique de dictature et de mépris pour les victimes de la crise militaro-politique.

 

Face à cette dérive totalitaire, les partis politiques soussignés :

 

  • Condamnent fermement l’instrumentalisation de la justice par le Président TOUADERA et Monsieur Flavien MBATA Ministre de la Justice.

 

  • Exigent l’annulation du décret de nomination des officiers de police judiciaire de la Cour Pénale Spéciale et le rétablissement dans leurs droits des OPJ retenus par la Commission de Sélection et illégalement remplacés.

 

  • Exigent la cessation de l’intrusion du pouvoir exécutif dans les procédures judiciaires engagées par les personnalités politiques sus –visées.

 

  • En appelle à l’Assemblée Nationale afin d’exercer son contrôle sur le respect de l’indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs.

 

  • En appelle à la vigilance des Forces Vives de la Nation afin de sauvegarder les droits fondamentaux conquis de haute lutte par le peuple centrafricain.

 

  • Remercient la Communauté internationale et l’encouragent à apporter son soutien à la Cour Pénale Spéciale afin que celle-ci exerce la plénitude de sa mission dans l’intérêt du peuple centrafricain.

Fait à Bangui, le 20/11/17

      

 

 CRPS                                                                                       PATRIE

 

 

 

Me Nicolas TIANGAYE                                                  Me Crépin MBOLI-GOUMBA

      

 RPR                                                                                       URCA

 

 

Alexandre F. NGUENDET                                          Anicet Georges DOLOGUELE

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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 23:45
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : MSF retire son personnel à Bangassou après le pillage de sa base par des hommes armés

 

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 21 NOVEMBRE 2017

 

BANGUI, 21 novembre 2017 (RJDH)—La base de l’organisation Médecins Sans Frontière (MSF) à Bangassou, à l’Est du pays a été pillé par des hommes armés, a-t-on appris de sources concordantes. L’ONG a décidé de retirer son personnel suite à cet acte.

 

Le pillage de la base de MSF à Bangassou s’est fait dans la nuit du lundi à mardi. Selon les informations RJDH, une cinquantaine de millions de Fcfa aurait été emporté par  ceux qui ont pris d’assaut la base de MSF, « il y a eu au moins cinquante millions de Fcfa emportés. En dehors de l’argent volé à la base, les malfrats ont saccagé les lieux et emporté des effets », a expliqué une source locale contactée par le RJDH.

 

La représentation de MSF à Bangui a décidé de retirer son personnel de Bangassou suite au pillage de sa base. Au moment où nous mettons sous presse, l’équipe MSF de Bangassou est sur le point de quitter la ville.

 

Le service de communication de MSF, contacté par le RJDH, a confirmé le pillage de la base sans faire de commentaires. Le service a toutefois, promis une publication sur l’incident dans les prochaines heures. Cette organisation pourrait annoncer dans sa prochaine réaction, la suspension de ses activités à Bangassou en réaction à cet acte.

 

L’argent volé à la base de MSF à Bangassou est injecté dans les projets d’urgences pour lesquelles l’ONG est encore engagée dans cette ville en proie à des violences intercommunautaires. Pour le moment, il est difficile d’avoir des précisions sur l’identité des auteurs de ce pillage. Mais à Bangassou, deux groupes armés s’affrontement depuis plusieurs mois. D’un côté, il y a les autodéfenses, proches des Anti-Balaka et de l’autres des hommes armés, proches des ex-Séléka.

 

 

Centrafrique : Quatre partis politiques de l’opposition accusent l’exécutif d’instrumentaliser la justice

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 21 NOVEMBRE 2017

 

BANGUI, 21 Novembre 2017(RJDH)—Quatre partis politiques de l’opposition ont exigé du gouvernement l’abrogation du décret querellé de nomination des officiers de police judiciaire et accusent le gouvernement d’instrumentaliser la justice dans le recrutement des OPJ de la CPS. Position exprimée ce 21 novembre lors d’un point de presse au siège de l’URCA à Bangui.

 

Il s’agit des partis politiques l’URCA, la CRPS, le RPR et la PATRIE qui se sont prononcés pour condamner le recrutement qu’ils jugent illégal, appeler à l’annulation du décret, et l’Assemblée Nationale au contrôle de l’action gouvernementale.

 

10 officiers de police judiciaire sont retenus par le comité de sélection sous l’égide de la communauté internationale. 10 ont été recalés après publication du décret du président Faustin Archange Touadera et remplacés par des OPJ inconnus des structures de recrutement. Cette accusation intervient après le refus de la communauté internationale de prendre part à la cérémonie de prestation de serment de ces OPJ la semaine passée.

 

Dans cette déclaration, Anicet Georges Dologuelé, chef de fil de l’opposition a indiqué que le comportement de Touadera lève la voile sur sa politique, celle de la dictature « tous ces actes qui mettent à nu le peu d’intérêt du régime actuel pour l’indépendance de la justice, pierre angulaire d’une véritable démocratie, sont la preuve que le président Touadera a définitivement inscrit sa politique dans une logique de dictature et de mépris pour les victimes de la crise militaro politique » a-t-il lâché et Nicolas Tiangaye de renchérir que « c’est du jamais vu dans l’histoire de ce pays ».

 

Ces leaders politiques à savoir : Crépin Mboli-Goumba, Ferdinand Alexandre Nguendet, Nicolas Tiangaye et Anicet Georges Dologuelé ont été accusés par les proches de Touadera en mai dernier d’être les auteurs intellectuels des événements de Bangassou. Ces leaders disent être victimes d’une politique qui consacre l’impunité. « Toutes les plaintes en diffamation déposées au niveau de la justice par ces personnalités ont été purement et simplement bloquées par le ministre de la Justice sur instructions du président Touadera afin d’assurer l’impunité à ses griots, consacrant ainsi un véritable déni de justice » a précisé le communiqué de ces leaders politiques.

 

Ces accusations sont portées par les leaders politiques au moment où la Cour Pénale est menacée de suspension de financement par la communauté internationale qui exige par la même occasion un nouveau recrutement.

 

 

Belgique: le Président Touadera participe à la Semaine Africaine au Parlement Européen

 

PAR FLEURY AGOU LE 21 NOVEMBRE 2017

 

BANGUI, 21 octobre 2017 (RJDH)–Le Président centrafricain est depuis un jour au siège de l’Union Européenne. Invité dans le cadre de la Semaine Africaine au Parlement Européen, il participera à la conférence de haut niveau organisée par l’organisation régionale.

 

A moins de quelques semaines du Sommet Union Africaine- Union Européenne à Abidjan (Côte d’Ivoire) et juste un an après la Conférence de Bruxelles sur la RCA, la Semaine Africaine au Parlement Européen dont prennent part le Chef d’Etat centrafricain, de nombreux membres de commissions et de délégations parlementaires a débuté ce matin à Bruxelles. Ces personnalités « participeront à des rencontres et des débats afin de définir la teneur d’un partenariat renouvelé avec l’Afrique », lit-on dans le communiqué du Président du Parlement européen, M. Antonio Tajani.

 

La principale activité de cette Semaine Africaine sera la conférence de haut niveau qui aura lieu dans l’hémicycle du Parlement mercredi 22 novembre. « Parmi les intervenants figureront M. Faustin-Archange Touadera, Président de la Centrafrique, M. Abdoulaye Diop, ministre des affaires étrangères du Mali, Mme Federica Mogherini, haute représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, M. Nkodo Dang, président du Parlement panafricain et M. Werner Hoyer, président de la Banque européenne d’investissement », a indiqué l’Union Européenne.  Autres invités « M. Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne, ainsi que les commissaires de l’Union africaine Amani Abou-Zeid, Albert Muchanga et Josefa Leonel Correa Sacko ».

 

Profitant de son séjour à Bruxelles, le Président Touadera a d’abord été reçu en audience par le Président du Conseil Européen, M. Donald Tusk avant d’échanger avec M. Koen Vervaeke, Directeur Général pour l’Afrique au Service Européen pour l’action Extérieure (SEAE).

 

L’Afrique devient le centre d’intérêts de l’Union Européenne:

 

Pour renforcer les liens entre les deux organisations régionales européenne et africaine, il se tiendra à Abidjan la Conférence Union Africaine- Union Européenne le 29 et 30 novembre. Profitant de la Semaine Africaine au Parlement Européen, le Président du Parlement européen, M. Antonio Tajani, a pris conscience du retard de l’UE en Afrique. «Il n’y a pas que la géographie qui lie nos deux continents: nous partageons aussi des intérêts stratégiques communs et nous avons l’occasion de relever de grands défis ensemble. L’heure est venue de mettre l’Afrique en tête des priorités de l’Union européenne », a-t-il précisé.

 

L’Union Européenne est un grand partenaire de la République Centrafricaine. Elle finance de nombreux projets de développement et s’investit dans le retour à la stabilité dans ce pays meurtri par des années de conflits militaro-politiques.

 

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21 novembre 2017 2 21 /11 /novembre /2017 23:42
Lu pour vous : Centrafrique : la face sombre de l’ONU

 

 

 

 

L’heure est à la remise en question de l’action de l’ONU dans un pays qui n’est que l’ombre d’un Etat, livré à la violence des milices, et à l’avenir toujours aussi incertain.

 

Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, était en Centrafrique du 24 au 27 octobre, alors que les massacres de populations musulmanes par des milices chrétiennes reprennent graduellement depuis mai, avec déjà plus de 250 morts. La dernière attaque a eu lieu le 18 octobre dans la région sud du pays, au village de Pombolo près de Bangassou, et a fait 26 morts et de nombreux blessés. Alors que l’opération française de maintien de la paix « Sangaris » s’est achevée il y a de cela un an, la violence continue. António Guterres s’est rendu sur place pour remettre ce « pays oublié »[1] dans l’agenda politique du Conseil de Sécurité des Nations unies. Celui-ci doit renouveler le mandat de la MINUSCA*, mission de protection des Nations unie, avant l’échéance du 15 novembre prochain.

 

Si António Guterres est venu à Bangui, la capitale, en ce 24 octobre, c’est bien par convergence des actualités. Premier symbole fort de son voyage, la célébration de la Journée des Nations unies et un hommage aux casques bleus du monde entier alors que de nombreuses critiques entachent la mission des casques bleus dans le pays. Entre autres, l’échec de la mission de protection des populations civiles, et des accusations de violences sexuelles. Si l’image de l’ONU est bafouée, c’est bien parce que les forces onusiennes sont devenues elles-mêmes la cause d’une partie des souffrances du peuple centrafricain. Ou en tout cas sont accusées de l’être.

 

Résoudre une “crise oubliée” dans un pays “qui n’existe pas”

 

Le Centrafrique, ou la République Centrafricaine (RCA), aux frontières déterminées par la colonisation française sous le nom des fleuves Oubangui et Chari, est aujourd’hui perforé de l’intérieur par le pouvoir des seigneurs de guerre et de leurs trafics des ressources du pays : diamants, uranium, pétrole. Souvent, leur pouvoir s’étend aux pays limitrophes de l’Afrique équatoriale, eux aussi particulièrement instables (Cameroun, Congo, Soudan et Soudan du Sud, Tchad). L’Etat y est inexistant[2] : pas de police, pas de justice, le territoire contrôlé à 80% par les milices. Avec un demi-million de déplacés, avec l’Indice de Développement Humain le plus bas de la planète – 188ème place sur 188 – le Centrafrique subit à nouveau une année catastrophique.

 

Faustin-Archange TOUADERA, l’actuel président élu en 2016, reste paradoxal sur le rôle des FACA*, forces gouvernementales centrafricaines, et refuse de les engager dans la guerre civile, par peur d’un énième coup d’Etat militaire. Ce sont les conséquences des massacres perpétrés par la coalition de forces musulmanes armées, la Séléka*, lors du coup d’Etat du 24 Mars 2013. Elle s’est emparée du pouvoir par la force et a chassé le président au pouvoir, François Bozizé. Les combats ont fait des centaines de morts à Bangui et ses environs, surtout dans la communauté chrétienne. Depuis, la coalition a éclaté en de multiples entités, et affronte des bandes armées chrétiennes* « à base ethnique et au réflexe d’autodéfense communautaire »[3]. Depuis plusieurs années, le pays est à feu et à sang.

 

C’est à la suite de ces évènements que l’ONU vote la résolution mettant en place la MINUSCA ainsi que le début de l’opération française Sangaris sous le contrôle du président François Hollande, qui se terminera le 31 octobre 2016. L’absence d’un service de police formel dans le pays ne laisse qu’une loi à l’œuvre, celle du plus fort. Les populations se protègent ainsi derrière des milices qui parfois les protègent parfois les abusent, constate[4] Libération. Pourtant, le Secrétaire général maintient : « Il n’y a pas de guerre religieuse qui ne soit le résultat de manipulations politiques de quelques-uns qui servent leurs intérêts propres ». « L’ONU est là pour vous aider à faire la paix ; privilégiez le dialogue », cite RFI dans son article du 27 octobre.  Car António Guterres a fait le déplacement pour faire venir des financements grâce à la couverture médiatique : au moment où, au sein du Conseil de Sécurité permanent, les Etats-Unis de Donald Trump ferment les robinets de l’aide à l’international, il faut pouvoir financer la MINUSCA. Il y a pourtant bien eu un programme de redressement du pays sur cinq ans présenté l’année dernière à l’Union Européenne, permettant aux bailleurs de fond du pays d’obtenir une promesse de 2,2 milliards de dollars de la part de Bruxelles, et 500 millions de la communauté internationale. Pourtant, les sommes n’ont toujours pas été payées et seulement 40% des 500 millions ont été investis.

 

Une présence qui aggrave les tensions

 

Les 10 000 soldats présents sur place depuis le 10 avril 2014 proviennent de contingents des pays voisins, comme la République Démocratique du Congo, le Cameroun, le Gabon, le Rwanda et la Zambie, mais proviennent également de pays où la religion musulmane est prédominante : Maroc, Pakistan. Ainsi, alors que les casques bleus se veulent être une force de dissuasion et de protection, les tensions se retournent contre eux et ils deviennent des cibles. RFI note dans un article du mois de juillet que les « Marocains sont ceux qui essuient les plus lourdes pertes depuis le début de l’année ». Soit sept soldats sur les dix casques bleus tués depuis le début de l’année 2017. Les anti-balaka* cultivent la haine du musulman toutes nationalités confondues, dans un engrenage de représailles.

 

Leur présence renforce les tensions dans ce conflit teinté de guerre de religion entre les quartiers chrétiens et musulmans.  Dans le reportage Centrafrique : huit-clos à Bangassou, diffusé le 28 octobre sur ARTE, les populations chrétiennes expriment leur sentiment que les casques bleus ne sont pas impartiaux : les « Marocains » seraient là uniquement pour les minorités musulmanes en fuite. Dans l’autre camp, les réfugiés musulmans ne montrent pas plus de confiance dans les casques bleus, qui les auraient, disent-ils, abandonnés à leur sort le 13 mai dernier, lors de l’attaque des anti-balaka dans le quartier de Tokoyo : « Pourquoi, alors que l’on savait qu’il y avait deux blindés au niveau de la mosquée, ils sont partis pendant le massacre ? ». Cette attaque avait fait plus d’une centaine de victimes en plus des exactions et viols. Le dernier rapport de Human Rights Watch sur la région, publié ce mois-ci, fait état de l’utilisation du viol comme arme de guerre. Des accusations similaires contre la MINUSCA viennent un peu plus détériorer les relations avec la population, mais aussi avec la communauté internationale. En juin 2017, la MINUSCA renvoie 600 casques bleus congolais accusés de violences sexuelles, notamment sur mineurs, selon France24. Ce n’est pas sans rappeler la polémique autour de l’opération Sangaris : des soldats français avaient été accusés de faits similaires. Aucune mise en examen prononcée.

 

En clôture de sa visite, à l’Assemblée nationale centrafricaine, António Guterres tente de rassurer les députés sur la neutralité et les objectifs de la MINUSCA et propose l’envoi supplémentaire de 900 soldats. Car il s’agit bien d’un manque d’effectifs et d’un manque de moyens, d’après le journal Le Monde (28/10/2017). Lors de la dernière attaque du 18 octobre, les anti-balaka n’ont pas hésité à faire face à l’hélicoptère de la MINUSCA, qui a dû renoncer à intervenir à Pombolo Pourtant, cela semble encore trop peu. Selon Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Institut Français des relations internationales (IFRI) interrogé par Géopolis : « Ils sont nécessaires pour reprendre le contrôle de certaines villes. Mais cela ne va pas résoudre la crise. »

 


 

MINUSCA : Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (10 avril 2014 – 15 Novembre 2017, si non renouvellement du mandat).

 

FACA : Forces Armées Centrafricaines, anciennes forces gouvernementales du président Bozizé.

 

Séléka : « Union », en langue sango. Il s’agit d’une coalition de groupes rebelles centrafricains née en décembre 2012, constituée des branches dissidentes de plusieurs mouvements armés du nord de la Centrafrique ainsi que de combattants tchadiens. Ses officiers et recrues sont en majorité musulmans. La Seleka est dissoute officiellement en septembre 2013 après avoir défait le président François Bozizé, mais tous ses combattants ne sont pas désarmés (définition de Médiapart).

 

Anti-balaka : Groupes d’autodéfense locaux centrafricains ayant pris les armes en 2013 pour combattre la Seleka, avec le soutien de partisans du président déchu François Bozizé et d’anciens de l’armée régulière centrafricaine (les FACA). Ses officiers et recrues sont en majorité animistes et chrétiens. L’origine de leur nom est contestée : il viendrait de « balaka », « machette » en langue gbaya, ou de « balles AK », en référence au fusil AK 47 (définition de Médiapart).

 

[1] Libération, Une du 24/10/2017

 

[2] Voir TUQUOI Jean-Pierre, Oubangui-Chari : le pays qui n’existait pas, La Découverte, Août 2017

 

[3] Thierry VIRCOULON, chercheur associé à l’Institut Français des relations internationales (IFRI) interrogé par Géopolis, 29/10/2017

 

[4] Libération, Une du 24/10/2017

 

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