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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 19:20

 

 

 

Par Joan Tilouine (Bossey (Haute-Savoie, France), envoyé spécial)

 

Le Monde.fr Le 04.02.2015 à 08h57 • Mis à jour le 04.02.2015 à 09h57


Son élégance a ébloui les plus puissants. Lorsqu’elle était aux côtés de feu son mari, Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1993, cette « princesse baoulée » sortait du lot. « Partout où j’allais, je transcendais, dit aujourd’hui sans modestie excessive Marie-Thérése Houphouët-Boigny, 84 ans. Et c’est d’ailleurs aussi pour ma beauté qu’il m’a choisie. »

 

Mais qu’il lui semble loin ce temps des fastes et des palais présidentiels, des dîners avec le couple impérial d’Iran, les Kennedy, les De Gaulle, les Chirac ou Senghor…« J’étais aussi la chouchou du pape Jean-Paul II », dit-elle en souriant. Loin, très loin de cette propriété perchée sur la route vicinale de Bossey (Haute-Savoie), village français à la frontière suisse, où elle vit retranchée depuis des années. Entre la télévision et la broderie, elle s’ennuie. Même la très belle vue sur Genève ne la console pas. C’est là, dans les coffres des banques, que s’est évaporée la fortune dont elle pensait hériter.

 

Celle qui fut surnommée la « Jackie Kennedy noire » a vu son charme immortalisé par Andy Warhol. Au bras du « Vieux », comme était appelé son mari, médecin et planteur devenu député et ministre d’Etat français avant de mener son propre pays à l’indépendance, elle fut l’icône chic et glamour du « miracle ivoirien » des années 1960 et 1970. Elle avait à peine 30 ans. Lui, le double.


Un domestique en livrée apporte le champagne. Marie-Thérèse, pétulante et à peine ridée malgré son âge, admet avoir abusé des fêtes et des tapis verts. Le président vieillissant avait d’ailleurs sollicité le sulfureux Paul Barril, ancien officier de la gendarmerie française, pour enquêter sur un Napolitain issu de la mafia qui courtisait la première dame afin de décrocher le permis d’ouvrir un casino à Abidjan. C’était au printemps 1993. Quelques mois plus tard, le 7 décembre, le « Vieux » s’éteignait. La nation ivoirienne perdait son père et Marie-Thérése Houphouët-Boigny ses millions. « Au lieu de passer votre temps à des funérailles invraisemblables, vous auriez dû vous précipiter ici comme les autres, lui lâche, en mars 1994, un banquier suisse d’UBS. Votre belle-fille a déjà tout pris. »

 

« Au lieu de passer votre temps à des funérailles invraisemblables, vous auriez dû vous précipiter ici comme les autres, lui lâche, en mars 1994, un banquier suisse d’UBS. Votre belle-fille a déjà tout pris. »

 

Dès la mort d’Houphouët-Boigny, avocats et notaires parisiens, suisses et ivoiriens ont tenté de recenser cet héritage, difficile à estimer − en tout cas l’une des plus grosses fortunes de la planète. Tout en prenant leur part, ils l’ont partagé à leurs mandants : Marie, Guillaume, François et Augustin, les quatre enfants de Khadija Racine Sow, la première femme, dont Houphouët-Boigny divorcera pour épouser vingt-deux ans plus tard, en 1952, Marie-Thérèse.

 

Ces héritiers, Parisiens très discrets qui vivent toujours sur la fortune de leur père, ont tout fait pour écarter la belle-mère qu’ils abhorrent. Contactés par Le Monde, ils n’ont pas souhaité répondre à nos questions. Un, voire plusieurs testaments pourraient avoir été rédigés, mais aucun n’est encore apparu. Les enfants, en accord avec Henri Konan Bedié, le successeur du « Vieux », ont fait valoir l’existence d’un legs verbal. Président stratège et ô combien rusé, Houphouët-Boigny proscrivait à ses plus proches collaborateurs les notes écrites, privilégiant l’oral.

 

Il a en revanche rédigé en juillet 1970, à Genève, des legs particuliers concernant certains de ses biens, en faveur de Marie-Thérèse et des quatre enfants du premier mariage. « Le président m’avait remis une enveloppe avec ces trois legs à ne pas ouvrir avant sa mort, murmure la veuve dont le visage s’est refermé. Il y avait deux comptes à Genève et à Zurich, et le contenu d’un coffre chez UBS à Genève. Mais les autres ont tout pris. »

 

Parmi les artisans du « partage », on retrouve deux notaires parisiens : Me Paul Chardon, radié en 2003 de l’ordre de la légion d’honneur alors qu’il en portait le grade de commandeur, décédé depuis, et Me Jean-Michel Normand, qui sera plus tard interrogé sous le « régime de la garde à vue » dans l’affaire Bettencourt. Aujourd’hui à la retraite, ce dernier a également refusé de répondre à nos questions. Selon des comptes de l’étude Chardon, que Le Monde a pu consulter, plus de 2,5 millions de francs français (380 000 euros environ) d’honoraires ont été débités de la succession Houphouët-Boigny entre 1994 et 2004, ainsi qu’un million pour les frais divers, dont de nombreux voyages en Suisse.


« Le président m’avait confié qu’il avait réglé toutes les questions de succession avec le notaire français Jean-Michel Normand, poursuit l’ex-première dame. Quand je me suis présentée à son étude parisienne, il s’est excusé de me dire que j’avais perdu la tête ! »

 

A Bossey, les visiteurs se font rares. Parfois, Catherine Bokassa, veuve de feu l’empereur centrafricain autoproclamé, vient y bavarder entre deux rendez-vous médicaux à Genève. Le reste du temps, Marie-Thérèse s’occupe, comme elle dit. « J’ai tricoté des bonnets pour les enfants des domestiques. Il fait froid, ici, pour les Ivoiriens ».

 

Sentiment d’injustice

 

Dans le salon trône une belle commode Louis XV en marqueterie et écailles rouges, unique meuble qu’elle a pu récupérer de l’hôtel de Masseran, propriété parisienne de 3 000 m2 rachetée en 1978 par Houphouët-Boigny en qualité de « planteur » – donc à titre privé – au baron Elie de Rothschild pour 60 millions de francs, réglés en espèces. La présidence ivoirienne mène actuellement des travaux dans cet hôtel particulier qu’Henri Konan Bedié était parvenu à extraire de la succession pour l’intégrer dans le patrimoine de l’Etat, sans dédommager la veuve.

 

Il la contraint aussi à cesser les activités de sa fondation N’Daya, pour ne pas faire de l’ombre à celle de son épouse et nouvelle première dame, Henriette Konan Bedié. « Il n’y a pas de place pour deux première dames », aurait lâché celui qui préside aujourd’hui le plus vieux parti de Côte d’Ivoire, le PDCI. Marie-Thérèse Houphouët-Boigny s’éclipse. « On ne peut pas être et avoir été », dit-elle, philosophe. La nuit est tombée sur Bossey. Au loin, les feux éclairent le jet d’eau de Genève.


En 1994, celle-ci s’isole d’abord quelques mois dans sa villa de Cocody, une commune huppée d’Abidjan, puis s’envole pour trois ans à Nassau, capitale des Bahamas. Le jour, elle gère une boutique d’artisanat africain et s’initie à la pêche. La nuit, elle noie sa mélancolie dans les casinos des Caraïbes. Pendant ce temps, entre Paris, Genève et Abidjan, l’héritage de son mari continue de se vider comme un sablier. Elle revient s’installer à Bossey à la fin des années 1990. Mais c’est de l’autre côté de la frontière suisse, dans la villa que possédait son mari à Cologny, la colline des milliardaires de Genève, qu’elle rêverait de poser ses valises. Une demeure occupée à l’époque par Marie Houphouët-Boigny, la cadette du premier mariage.

 

« Il m’ont volé vingt ans de vie. Avec de l’argent, j’aurais pu rendre des Ivoiriens heureux. Et vivre mieux. Tout est à régler. C’est comme si le président venait de mourir »

 

Près de quinze ans s’écoulent avant qu’elle se décide à agir, sur les conseils de son avocat, Me Jean-Paul Baduel et de ses derniers fidèles. Un sentiment d’injustice pousse aussi cette femme qui dit vivre principalement d’une pension de 1 700 euros versée par l’Assemblée nationale (les domestiques de Bossey, eux, sont payés par Abidjan). « Il m’ont volé vingt ans de vie, s’exclame-t-elle. Avec de l’argent, j’aurais pu rendre des Ivoiriens heureux. Et vivre mieux. J’en ai assez de dépendre du bon vouloir de la présidence ivoirienne pour acheter mes billets d’avion. »

 

Si bien qu’en septembre 2013, elle porte plainte contre X au Tribunal de grande instance de Paris pour faux et usages de faux, recel d’escroquerie et recel successoral. Dans le viseur, une escouade d’avocats et de notaires français et ivoiriens, ainsi que l’ancien directeur du protocole de son mari. Le dossier est confié à la brigade financière. L’ancienne première dame dépose aussi plainte contre UBS à Genève.

 

Si l’enquête en France stagne, elle devrait être entendue en février par le parquet de la République de Genève. Ces deux actions sont notamment fondées sur les legs particuliers de 1970, dont elle a une copie. Mais elle continue de croire qu’un testament plus complet existe quelque part. Peut-être au Vatican, comme le bruit en a couru en raison des liens étroits entre « Le Vieux » et le Saint-Siège. Dans une missive adressée au pape François en novembre 2014, Marie-Thérèse implore le Vatican de lui en remettre une copie, « pour qu’enfin les volontés de [son] mari soient respectées et qu’il soit mis un terme au pillage des avoirs familiaux ».

 

L’ex-première dame se retrouve embarquée dans une véritable guérilla judiciaire.« Tout est à régler, c’est comme si le président venait de mourir », soupire-t-elle. Elle a remporté quelques manches, notamment en prouvant que le document de séparation de biens entre elle et le « Vieux » était un faux, fabriqué à Abidjan.

 

Sept héritiers

 

Dans les documents consultés par Le Monde, un nom revient souvent, celui de Philippe Rideau, tantôt exécuteur d’un testament dont l’existence n’est pas avérée, tantôt mandataire des quatre enfants du premier mariage. C’est lui que la veuve accuse aujourd’hui d’avoir, au profit des quatre héritiers, vidé les comptes UBS et Citibank de Félix Houphouët-Boigny en Suisse et d’avoir vendu chez Sotheby’s les meubles et les tableaux qui ornaient l’Hôtel Masseran, dont trois œuvres de Bernard Buffet et une d’Auguste Renoir. Un patrimoine estimé à l’époque à 7,5 millions d’euros par un commissaire-priseur.

 

« Vous savez nouer une cravate ? » C’est le critère étonnant que Philippe Rideau, méfiant, retient pour convenir d’un lieu de rendez-vous à Paris. A quelques enjambées de l’Elysée, ce sera le Cercle interallié, où la cravate est obligatoire. « Je n’ai aucunement touché d’argent dans cette succession que j’ai réalisée à titre gracieux », affirme d’emblée cet ancien vice-président de la banque américaine JP Morgan, désormais à la retraite. Il a néanmoins eu à répondre à l’été 2014 aux questions de la brigade financière. De 1997 à 2000, il a agi sur mandat des quatre enfants pour recenser les avoirs d’Houphouët-Boigny à l’étranger et nie avoir cherché à écarter la veuve. « Il n’y avait plus que 1,2 million de francs sur les deux comptes suisses, à répartir entre sept héritiers » , balaie-t-il. Sept pour quatre enfants, une veuve et deux enfants du second mariage adoptés et reconnus par le « Vieux ».

 

Pourtant, en 1999, des transferts ne sont effectués des comptes suisses que vers ceux des quatre enfants du premier mariage. Et la veuve ? Philippe Rideau rappelle le fameux legs verbal qu’il dit avoir été accepté par tous, s’agace de l’offensive de Marie-Thérèse et se prévaut d’une « mission chrétienne » pour respecter la volonté de l’ancien président : « Les quatre enfants ne souhaitaient pas profiter de cet héritage mais tout destiner à la fondation Notre-Dame de la Paix », assure-t-il.

 

Ces fonds étaient censés permettre la création d’un hôpital moderne près de la basilique Notre-Dame de la Paix à Yamoussoukro, le grand-œuvre de Félix Houphouët-Boigny payé avec sa fortune personnelle. Telle était la volonté du « Vieux » mais aussi de Jean-Paul II. Un projet que devait largement couvrir la recette des ventes des meubles et tableaux chez Sotheby’s à Londres et à New York pour près de 21 millions d’euros et celle des appartements, immeubles et villas dans toute la France, comme à Marnes-La-Coquette où le « Vieux » aimait à convier ses interlocuteurs français pour les discussions sensibles.

 

Elle ressasse ces paroles que lui aurait glissées son mari au crépuscule de sa vie : « Tu verras, à ma mort, tu seras la femme la plus riche d’Afrique. »

 

Il aura fallu vingt-deux ans pour que l’hôpital Saint-Joseph Moscati voie le jour dans la capitale ivoirienne. Le 14 janvier, le président Alassane Ouattara a inauguré en grande pompe cet établissement qui a coûté 22,8 millions d’euros, financés par le Vatican et le gouvernement ivoirien. Restent à trouver 4 millions d’euros pour l’équiper. Quid des fonds du « Vieux » destinés à cette réalisation ? L’avocat de la veuve, Me Jean-Paul Baduel, y voit la preuve que les fonds « ont été détournés ».


Tous les présidents de Côte d’Ivoire depuis 1993 ont dû composer avec les mystères de l’héritage du « Vieux ». Georges Ouegnin en sait quelque chose. Directeur du protocole de Félix Houphouët-Boigny et de tous ses successeurs, mémoire vivante de l’histoire de la Côte d’Ivoire, il est lui aussi accusé par Marie-Thérèse d’avoir accaparé des biens immobiliers à Abidjan au travers de sociétés ayant appartenu au « Vieux » et par conséquent faisant partie de la succession contestée. L’enquête de la brigade financière de Paris s'intéresse à l’immeuble « Aniaman » sis en plein cœur d'Abidjan que Georges Ouegnin a loué pour une période à la Banque africaine de développement. Joint par téléphone, il s’en défend. « J’ai été au service du président Félix Houphouet-Boigny comme commis de l’Etat durant 33 ans. Je n’ai rien à voir avec cette succession et lorsque je me regarde dans le miroir, je n’ai pas honte, je suis serein ».

 

Depuis qu’elle a décidé de réclamer ce qu’elle estime être son dû, Marie-Thérèse Houphouët-Boigny ne se sent plus vraiment la bienvenue dans son pays. Elle s'y rend pourtant de temps à autre pour des mariages ou des enterrements, « la peur au ventre », confie son entourage. Ce soir, dans sa villa de Bossey, elle ressasse ces paroles que lui aurait glissées son mari au crépuscule de sa vie : « Tu verras, à ma mort, tu seras la femme la plus riche d’Afrique. » Son regard s’accroche à une photographie du couple, lui en smoking, elle en fourrure. « La petite Africaine modeste que j’étais a eu la chance d’avoir une vie de rêve parmi les premières dames du monde. C’était un bonus dans mon existence. J’ai aujourd’hui une vie de religieuse. Dieu en a décidé ainsi...» C’est pourtant la justice des hommes qui décidera si elle terminera sa vie à broder ou à mener grand train.

 

A suivre, demain, sur Le Monde Afrique: l’héritage politique d’Houphouët-Boigny pèse sur la Côte d’Ivoire à six mois des élections

 

Joan Tilouine Bossey (Haute-Savoie, France), envoyé spécial


 

Lu pour vous : Marie-Thérèse à la poursuite des millions disparus d’Houphouët-Boigny
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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 19:15

 

 

 

04/02/2015 à 18:33 Par Vincent Duhem Jeune Afrique

 

Cela fait maintenant près de dix jours qu'Armel Sayo, ministre de la Jeunesse et des sports, est détenu par des membres d'une milice anti-balaka. Les négociations pour obtenir sa libération bloquent toujours. Explications.

 

Nous sommes le dimanche 25 janvier à Bangui. Il est environ 9 heures (heure locale). Comme chaque semaine, Armel Ningatoloum Sayo, accompagné de son épouse, Nicaise-Danielle, et de son frère cadet, Martial Louba, vient d'assister à la messe donnée par l'église protestante de Galabadja dans le 8e arrondissement de la capitale centrafricaine, quand son véhicule est bloqué par un taxi. Quatre hommes armés en sortent. Tirs de sommation. Le ministre, un capitaine des Forces armées centrafricaines (Faca) et ancien rebelle, tente de les raisonner. Rien n'y fait, les ravisseurs l'emmènent non sans avoir récupéré son téléphone et des effets personnels appartenant à sa famille.

 

L'enlèvement intervient deux jours après la libération de la travailleuse humanitaire française et d'un religieux centrafricain. Les autorités prennent la chose à bras le corps. Un conseil de sécurité se réunit autour de la présidente de transition Catherine Samba-Panza. 

 

Dix jours plus tard, les négociations - menées à Bangui par le ministre de la Sécurité, l'archevêque de Bangui et Monseigneur Nzapalainga, et Ngaissona se poursuivent, mais n'ont guère avancé. Le ministre de la Jeunesse et des sports est détenu dans la banlieue de Bangui. "Il est difficilement localisable parce que ces ravisseurs changent de planquent régulièrement", raconte un proche des négociations.

 

Les ravisseurs, auxquels serait liés un membre de la famille du général autoproclamé "Andilo", exigent une rançon (4,5 millions de FCA selon nos informations) beaucoup trop importantes aux yeux de l'ensemble des parties prenantes. Mais, les choses sont plus complexes. "Ceux qui ont commandité l'enlèvement prennent leur ordre de Nairobi", où se tiennent depuis décembre des négociations informelles entre leaders des groupes armés centrafricains, explique un conseiller de Catherine Samba-Panza. Après avoir sollicité son homologue kenyan pour accueillir ces pourparlers, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, a fait marche arrière et s'est opposé à l'accord signé.

 

Cette volte-face, couplée par le rejet de l'Afrique centrale, a contraint les participants à revoir leurs demandes. Certains représentants anti-balaka présents à Nairobi conditionneraient maintenant la libération du ministre des Sports à la nomination de nouveaux représentants au sein du gouvernement…

 

Autre difficulté, le cas Sayo semble diviser la délégation des anti-balaka présente dans la capitale kenayane. L'un d'entre eux, Joachim Kokaté, le connaît bien, les deux sont issus de la même promotion de l'École des officiers de Bangui. Ce dernier, qui occupe le poste de ministre conseiller à la Primature chargée du DDR (Désarmement, démobilisation et désarmement) et à récemment effectué un rapide aller-retour à Paris, tente de faire pression sur les ravisseurs. Pas facile quand, si l'on croit les informations des autorités centrafricaines, c'est un autre membre de la délégation qui aurait téléguidé l'enlèvement…

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Par Vincent DUHEM

Lu pour vous : Centrafrique : pourquoi les négociations pour la libération d'Armel Sayo piétinent ?
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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 14:55

 

 

 

APA 04/02/2015 à 10:46 UTC

 

La société civile centrafricaine trouve ‘’utopique et sans raison d’être » l’accord de Nairobi conclu la semaine dernière, entre les anciens présidents centrafricains, François Bozizé et Michel Djotodja.

 

Pour la majorité des membres de la société civile, qui intervenait mardi, lors d’une conférence de presse ‘’cet accord ressemble non seulement à un partage de gâteau mais consacre de manière définitive l’impunité en Centrafrique ».

 

Car elle estime que, si c’est normal que ces deux anciens Présidents se rencontrent, ce rendez-vous devait cependant leur permettre de reconnaitre qu’ils sont les sources des problèmes qui sévissent encore en Centrafrique.

 

L’application de cet accord va remettre en cause tous les efforts consentis actuellement par la communauté internationale pour résoudre la crise en Centrafrique ont expliqué les membres de la société civile centrafricaine.

 

Pour Gervais Lakosso, coordonnateur du groupe de travail de la société civile, ces deux anciens chefs d’Etat devaient se préparer à travers la rencontre de Nairobi, à participer au forum de réconciliation nationale de Bangui prévu pour ce mois de février, avec des contributions positives allant dans le sens des aspirations du peuple et de la communauté internationale qui veulent que les deux répondent des crimes contre l’impunité commis par leurs partisans devant la Cour Pénale Internationale ‘CPI)

 

Pour Gervais Lakosso, le mode de transmission du pouvoir politique doit être populaire et non arbitraire comme le prévoit l’accord de Nairobi.

 

Cette prise de position de la société civile centrafricaine rejoint celles du gouvernement et de la communauté internationale qui ont déclaré ‘nul et de nul effet » cet accord qui prévoit d’une part la cessation des hostilités et d’autre part le partage du pouvoir par ceux-ci au détriment des dirigeants actuels de la transition en RCA et l’amnistie des deux anciens Présidents.

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La société civile centrafricaine qualifie  « d’utopique » l’accord de Nairobi
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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 14:45

 

 

 

 

http://www.franceinfo.fr   04/02/15 (France Info)

 

Les soldats français de retour de Centrafrique sont particulièrement traumatisés. Deux députés - Olivier Audibert-Troin pour l'UMP et Emilienne Poumirol pour le PS - viennent de publier un rapport alarmant sur l'impact psychologique de cette guerre sur les militaires français qui s'y sont engagés depuis décembre 2013. Au moins 12 % seraient atteints de stress post-traumatiques.

 

Il veut rester anonyme. Nous l'appellerons Sylvain. Il a une vingtaine d'années. Sylvain est un fantassin, un soldat d'infanterie, au plus près du terrain. Le garçon a souvent le regard dans la vague quand il évoque sa mission en Centrafrique. Il est rentré il y a seulement quelques mois, "changé" dit-il. Changé par ce qu'il a vu là-bas et qu'il n'a pas pu empêcher. Des souvenirs qui ne le quittent plus : "On a été surpris. On ne s'attendait pas à ça. C'était quotidiennement des corps sans tête repêchés dans le fleuve, ou retrouvés calcinés au bord de la route, même des enfants. Des personnes mutilées à coup de machettes par la foule en rage qui venaient vers nous pour trouver du secours. Tout cela, c'était monnaie courante. Est-ce qu'à 19 ou 20 ans, même si on est militaire, on est prêt à voir ça et à l'encaisser. C'est une question que je me pose. Pour moi, ça fera à jamais partie de mon quotidien. J'y pense très souvent, et je me pose la question de l'utilité de ce qu'on a fait. Est-ce que tout cela avait un sens, un but.... je ne suis pas sûr", s'interroge le jeune homme visiblement marqué.

 

Face aux enfants soldats
 

Les images terrifiantes et le sentiment d'impuissance ont fait de la Centrafrique une mission particulièrement traumatisante. Il y a aussi la nature des combats : pas d'ennemis clairs comme en Afghanistan ou au Mali. Les menaces sont difficiles à identifier, la mission est complexe. Sylvain nous montre sur son ordinateur une scène filmée sur place.

 
Les assaillants - des miliciens - sont si proches qu'on distingue leurs visages. Parfois difficile de ne pas les confondre avec des civils au milieu des arbres et maisons. On voit des combats de rue dans un village et des soldats français qui se tordent de douleur touchés par des éclats de grenades.

 
"Ce sont des combats très rapprochés, à moins de 50 mètres, en très haute intensité. Face aux lances, aux grenades, on a dû tuer plusieurs fois. C'était eux ou non. Et eux n'ont pas peur de mourir en face. On s'est retrouvé parfois face à des enfants de 13 ou 14 ans armés de kalachnikovs. Ces combats, ce sont des images que j'essaye de chasser de mon esprit, mais qui reviennent souvent au moment de la journée où je ne m'y attends pas ou la nuit", confie le soldat très marqué. Quand on demande à Sylvain s'il compte repartir en opération, sa réponse fuse : "Non, non, j'en suis incapable. Je ne repartirai plus en opération. Pas question".

 

Je ne repartirai plus

 

Sylvain parle aussi des cauchemars, des accès de violences de ses camarades les plus traumatisés. Dans son groupe, trois sont en arrêt maladie. Déjà usé, Sylvain quittera l'armée à la fin de son contrat dans quelques mois, comme l'ont déjà fait d'autres de ses camarades rentrés de Bangui.

 
Y avait-il un moyen d'éviter les traumatismes de ces soldats ? Après tout, la guerre est forcément quelque chose de difficile, d'insupportable. La guerre fait des morts, c'est une évidence. Mais il semble qu'on aurait pu réduire l'impact psychologique sur le contingent si l'intervention française avait été plus adaptée. Au sein de l'armée, des voix s'élèvent pour dire qu'on n'a en fait pas appréhendé cette opération en Centrafrique comme il le fallait. C'est ce que dit par exemple Michel Goya, colonel en retraite depuis un mois qui a participé à beaucoup opérations extérieures au cours de sa carrière. Selon lui, Paris a envoyé en Centrafrique 2000 hommes là où il en fallait 10 000.

 
 "La Centrafrique, ça n'est pas une guerre au sens classique du terme. C'est une mission de stabilisation sans ennemi déclaré. Il faut se méfier de tout le monde, tout le temps. La menace est complexe. Et pour faire cesser le chaos, il n'y a qu'une seule solution, c'est une présence massive. Il faut beaucoup de monde. Or, on n’a pas mis les effectifs suffisants. Loin de là. Ce qui fait qu'on a placé nos hommes dans une situation délicate. Ils doivent courir d'une explosion de violences à une autre. Ils doivent désarmer les uns, mais n'ont pas le temps de désarmer les autres et s'exposent à des représailles. Cela est très frustrant pour eux, cela procure une grande vulnérabilité, un sentiment d'impuissance. Et c'est très difficile à vivre moralement", argumente Michel Goya.

 
Pour autant, la Centrafrique n'est pas la première mission qui occasionne des séquelles psychologiques graves chez les soldats français. Le phénomène a même été identifié dès la première guerre mondiale. La question est donc peut-être plutôt celle de la gestion de ces troubles chez ces soldats brisés.

 

L'armée m'abandonne

 

Il y a des psychiatres du service de santé des armées mais aucune consultation systématique. Il y a aussi un numéro vert. Et depuis 2008 un sas : avant c'était trois jours à Chypre, désormais ce sont deux jours à Dakar. Les militaires se retrouvent sans pression dans un hôtel "4 étoiles" avec piscine, massages et surtout groupes de paroles avant de retrouver leur famille en France.

 

Mais tous les militaires ne passent pas par ce sas. Et puis, on sait que les stress post traumatiques se déclarent souvent après, quelques fois plus d'un an après.

 

Ça a été le cas pour Frédéric Wieser, la quarantaine, soldat des forces spéciales, 13ème régiment de dragons parachutiste de Martignas en Gironde. Pour lui, pas de sas au retour d'Afghanistan, et une très grande solitude après, au point qu'il a quitté l'armée.

 
"Il n'y a aucun de soutien de personne pour des garçons comme moi. Ma hiérarchie n'a pas voulu entendre parler de mon syndrome de stress post-traumatique. C'était comme un tabou. Je me suis même senti montré du doigt au point que j'en ai eu honte", explique le militaire. Quand il a enfin vu un psychiatre de l'armée que son épouse l'avait poussé à solliciter, Frédéric Wieser a été mis en arrêt maladie pendant un an. "J'avais interdiction de me rendre à la caserne. C'était très dur. Je me sentais seul, isolé. Il n'y a que les camarades les plus proches qui m'appelaient parfois pour prendre de mes nouvelles. Les autres n'ont téléphoné que pour savoir quand je comptais reprendre. J'ai essayé mais finalement je n'ai jamais réussi à reprendre", se souvient-il.

 
"J'ai donné ma vie pour l'armée. En retour, j'ai eu cette attitude brutale. J'ai une grande amertume à l'égard de l'institution. Je rêvais de faire toute ma carrière dans le monde militaire. Mon rêve s'est envolé parce que je n'ai jamais réussi à y retrouver ma place", raconte le parachutiste ému. 

 

Des soldats comme Frédéric Wieser qui quittent l'armée, c'est difficile bien sûr pour eux. C'est du gâchis aussi pour l'armée elle-même : ce sont des hommes expérimentés qu'elle perd. Une déperdition de capital humain.

 
Les deux députés auteurs du rapport qui vient de paraitre préconisent un comité de suivi, de meilleurs statistiques, une réintégration dans les régiments des hommes qui sont en arrêt maladie. Des préconisations de parlementaires? Bien peu de choses pour le moment aux yeux des militaires abîmés par leurs missions.

 

par Mathilde Lemaire mardi 3 février 2015 23:57, mis à jour le mercredi 4 février 2015 à 08h54

 

 

Opération Sangaris en Centrafrique: quand le retour des soldats vire au cauchemar

 

http://rmc.bfmtv.com    04/02/15 (BFM TV) par M.Ricard avec Stéphanie Collié

 

TEMOIGNAGES - Les militaires français engagés en Centrafrique ne s'attendaient pas à une mission aussi difficile. Certains rentrent blessés physiquement, d'autres atteints de blessures dites "invisibles" : des traumatismes psychiques que l'on appelle "syndrome de stress post-traumatique".

 

Sangaris, le dur retour à la réalité. Il y a un peu plus d'un an, les soldats français arrivaient en urgence dans les rues de Bangui, la capitale centrafricaine. Mais plus de 12 mois après, l'insécurité demeure. A tel point que, les militaires engagés ne s'attendaient pas à une mission aussi difficile. Certains rentrent blessés physiquement, d'autres atteints de blessures dites "invisibles" : des traumatismes psychiques que l'on appelle "syndrome de stress post-traumatique".

 

Celui-ci se caractérise par des cauchemars, des violences parfois et une incapacité à se réhabituer à la vie quotidienne. En clair, le corps du soldat est là, mais son esprit est resté au front. C'est le cas de Sylvain (le prénom a été modifié, ndlr), 25 ans, rentré de Bangui il y a quelques mois. Alors qu'il a connu d'autres terrains d'opérations, notamment les Comores, ce soldat est rentré très marqué, très atteint par ce qu'il a vu en Centrafrique.

 

"Est-ce que ce que l'on a fait a réellement servi ?"

 

Sur RMC, il se dit hanté par ses souvenirs de mission: "Ce qui m'a le plus marqué ce sont les exactions. On a été surpris, on ne s'attendait vraiment pas à cela… C'était courant de voir des hommes décapités le long des fleuves, des gens se faire mutiler par une foule…" Il ajoute, encore sous le choc: "On s'est retrouvé face à des enfants-soldats avec des Kalachnikovs, prêt à nous tirer dessus".

 

Dès lors, il s'interroge: "Est-ce que ce que l'on a fait a réellement servi ?" Un sentiment d'impuissance face au massacre accru par le fait qu'"en face, ils n'ont vraiment pas peur de mourir". Selon un rapport parlementaire présenté ce mercredi matin à la presse, le nombre de militaires atteints par le "syndrome post-traumatique" est en augmentation (par exemple 12% pour l'intervention Sangaris contre 8% pour l'opération Pamir en Afghanistan).

 

" C'était 'à l'arrache' "

 

Alexandre (le prénom a été modifié, ndlr), 20 ans, revient de Centrafrique. Il avait auparavant effectué une courte mission en Afghanistan et n'est pas étonné de voir que bon nombre de militaires ont des problèmes psychologiques graves à leur retour de Centrafrique.

 

"La grosse différence se situe au niveau de la logistique. En Centrafrique, la France était toute seule à intervenir alors qu'en Afghanistan, on avait le soutien des Américains. C'était beaucoup plus organisé, il y avait plus d'appui. Alors qu'en Centrafrique, c'était 'à l'arrache', lors de la plupart des missions on était livrés à nous-mêmes et si jamais il se passait quelque chose on ne pouvait en tenir qu'à nous pour s'en sortir", témoigne-t-il à RMC.

 

"Ils sont comme laissés à l'abandon"

 

Une fois leur mission terminée, les soldats passent trois jours dans un hôtel au Sénégal afin de se réhabituer à la vie civile. Un "sas de décompression" où ils rencontrent des psychologues qui les informent des risques de stress post-traumatique. Mais pour Sylvain, cette aide est insuffisante : trois camarades de son groupe sont aujourd'hui en arrêt maladie longue durée.

"L'un d'entre eux a eu des phases agressives, il a limite une haine raciste…", explique-t-il dans Bourdin Direct. Et de constater, désabusé : "Ils n'ont pas de suivi… Ce n'est pas l'armée qui vient les voir, ce sont eux qui font les démarches, individuellement… Ils sont comme laissés à l'abandon." A noter que le syndrome de "stress post-traumatique" peut se déclarer un mois, trois mois, voire un an après le retour des soldats. Sylvain, lui, ne repartira pas en mission. Son contrat s'achève l'année prochaine et il a décidé de quitter l'armée.

 

Soldats traumatisés de Centrafrique : vivre avec "ces images"
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 18:07

 

 

 

APA-Yaoundé (Cameroun) 2015-02-03 16:44:20 Le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, vient d’habiliter le ministre de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du territoire à signer, avec la Commerzbank Paris, une convention financière d’un peu plus de 30,5 milliards FCFA destinés au projet de participation du pays aux opérations de maintien de la paix en République centrafricaine (RCA).


Depuis 2008, rappelle-t-on, le Cameroun participe à la mission de consolidation de la paix chez son voisin aux côtés des autres membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC), à travers un contingent de 107 éléments.


Il a aussi, en juin 2013, envoyé 837 militaires et policiers sur le théâtre des opérations dans le cadre de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA).


Depuis l'année dernière, le général de division camerounais Tumentah Martin Chomu est par ailleurs le commandant de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), placée sous l`égide des Nations Unies.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=816226#sthash.awiJQnpT.dpuf

Cameroun : plus de 30,5 milliards FCFA pour le maintien de la paix en Centrafrique
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 17:23

 

 

 

 

03/02/2015  © (APA)

 

Des soldats centrafricains, outrés par le non versement de leurs salaires, envisagent de manifester dans les rues de Bangui, a révélé le lieutenant-colonel Désiré Bakossa, sous-chef d’Etat-major, chargé des opérations des Forces armées centrafricaines.

 

Dans une interview a la radio nationale, lundi soir, Le lieutenant-colonel Désiré Bakossa a déclaré que le commandement militaire est au courant de ce projet de manifestation qu’il a qualifié de ‘’suicidaire pour ses auteurs ».

 

Selon cet officier, les forces internationales ainsi que d’autres forces de défense seront mobilisées pour empêcher ce projet qui ne fera qu’enfoncer davantage le pays et déshonorer les militaires centrafricains.

 

Les Forces Armées Centrafricaines ne sont plus opérationnelles depuis la prise du pouvoir par la coalition rebelle séléka le 24 mars 2013

 

La communauté internationale a imposé un embargo pour le réarmement des Forces Armées Centrafricaines sous prétexte que c’est une force mono ethnique car composée majoritairement des membres de l’ethnie du Président général déchu, François Bozizé, les Gbaya.

 

Les nouvelles autorités de la transition ont demandé en vain la levée de cet embargo pour rendre opérationnels ces militaires afin de faire face à l’insécurité persistante dans le pays.

 

Cette inactivité apparente de ces militaires contraste avec les rapports publiés sur l’insécurité qui persiste encore dans le pays.

 

Ces rapports ont relevé que beaucoup d’entre les militaires composent les milices chrétiennes antibalakas auteurs de braquages à mains armées, viols, kidnappings et autres violences sur la population à Bangui et dans une partie de la Centrafrique.

 

Ainsi à la prison centrale de Ngaragba, la majorité des détenus sont en partie constitués par ces militaires bandits

 

Le nouveau commandement militaire mis en place par la Présidente de Transition Catherine Samba Panza a maintes fois opéré un contrôle des effectifs pour débusque ces soldats indélicats.

 

Cette situation a permis le non versement de salaires à ceux qui ne se sont pas soumis à ces contrôles car ils sont qualifiés de déserteurs.

 

Selon le lieutenant-colonel BAKOSSA, c’est cette frange des Forces Armées Centrafricaines « FACA » qui veut manifester.

 

La RCA compte plus de cinq mille soldats dont la plupart sont dans la nature.

Centrafrique : Grogne dans les Forces armées suite au non versement de des salaires
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 16:08

 

 

 

Bangui : Les consultations à la base commencent à Bossangoa, Batangafo et Paoua avec l’accord des groupes armés

 

Bangui 03 Février 2015(RJDH)--- Les ex Séléka basés dans la ville de Batangafo se sont revenus sur leur décision et ont accepté le lancement des consultations à la base dans la région.  De sources locales, le ministre  qui a conduit la mission n'a pas pu prendre part aux rencontres. Ce dernier a été empêché par ces hommes en arme. Dans les autres villes contrôlées par des groupes armés, les consultations à la base peuvent être organisées suite à l’accord des groupes armés.

 

La raison évoquée par les ex Séléka de Batangafo pour empêcher le membre du gouvernement de prendre part aux discussions est que les forces internationales déployées dans cette ville ont attaqué les positions de l’ex Séléka à l’entrée, le 09 janvier. Toutefois, les consultations ont commencé dans la journée du lundi 2 février.

 

A Paoua, les groupes armés acceptent de faire la paix

 

Par contre à Paoua, l’ancien ministre Gisèle Bedan a passé trois jours dans la ville et a rencontré tous les représentants des différentes couches sociales et les quatre chefs rebelles de la région, à savoir le RJ (Révolution Justice), les Anti-Balaka, l’APRD (l’Armée Populaire de Révolution et de la Démocratie) et les autres sous groupes armés.

 

Une occasion pour les  chefs de ces groupes armés de faire la paix. « Ils se sont embrassés après la rencontre avec la ministre. Des personnes ont été désignées pour participer au forum de Bangui au nom de différentes communautés de la localité. Sur les huit communes de la ville de Paoua, dix délégués ont été choisis par communes après un grand débat entre les habitants », a rapporté un membre de la délégation au RJDH.

 

Selon une source locale,  les chefs des groupes armés ont rédigé un communiqué, lu sur les ondes de la radio locale Pendé, annonçant la  cessation des hostilités. Ils se disent prêts à faire définitivement   la paix.

 

Bossangoa se mobilise

 

A Bossangoa, les consultations se sont déroulées pendant deux jours dans toutes les communes de la ville. Les facilitateurs s’étaient divisés en deux groupes. La première équipe dite équipe de l’Ouham 1 à travaillé sur l’axe Nana-Bakassa, Nanga-Boguila et Markounda et l’équipe de l’Ouham 2 à pris l’axe Bouca-Kabo.

 

Après deux jours des travaux dans ces différentes localités, le conseiller à la Primature Noel Ngoé, représentant du ministre résident de l’Ouham et superviseur de l’équipe Ouham1 a fait la synthèse des travaux. « Je suis totalement satisfait de voir la population de Nana-Bakassa, Nanga-Boguila et de Markounda, mobilisée pour le forum de Bangui. Les travaux se sont bien déroulés ».

 

Le ministre de l’environnement Robert Namsene ayant conduit l’équipe 2 s’est dit satisfait suite à la mobilisation constatée sur le terrain lors de leur descente.

 

Démarrées depuis le 21 Janvier dernier, les consultations à la base s’achèveront le 15 Février prochain. A Bangui, l'activité a été lancée officiellement  lundi, 02 février. 

 

Line Péguy Gondje Demba


 

 

Bangui: Le Commandement de la Minusca doit recentrer ses objectifs, selon le président du CNT

 

Bangui, 3 février 2015 (RJDH)—Le président du Conseil National de Transition, Alexandre Ferdinand N’Guendet appelle le Commandement de la Minusca à recentrer ses objectifs. Selon la troisième personnalité de la transition, toute élection organisée sans désarmement et sans libération des parties occupées du territoire national porterait le germe de contestation de la légitimité des  autorités qui seront élues au cours de ces élections et de la guerre civile.

 

Recentrer les objectifs de la Minusca signifierait libérer les zones occupées par les groupes armés et désarmer tous les détenteurs illégaux d’armes. Telle est l’armature du discours prononcé par le président du parlement de la Transition, lors de la cérémonie de l’ouverture de la session extraordinaire du 02 février dernier.

 

Avant de parvenir à la proposition du recentrage des objectifs de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation de Centrafrique, Alexandre Ferdinand Nguendet est parti d’un diagnostic qui découle, selon lui « de la non-utilisation des 8 000  soldats centrafricains, à ce jour recensés ».

 

Il y a la « volonté manifeste de certains groupes armés de garder les armes pour empêcher l’État, c'est-à-dire le pouvoir central de s’organiser en vue de créer les conditions de la réconciliation nationale et de la préparation des élections. Comment compter sur la bonne foi de ceux-là qui visiblement signent des accords et poursuivent en même temps, d’autres objectifs ? Depuis le mois de Juillet 2014, la ville de Bangui continue d’être le théâtre des actes criminels et de pillages, l’arrière-pays continue d’être occupé et dirigé selon la volonté des groupes rebelles » a déclaré le président du CNT.

 

Devant cet état de chose, Alexandre Ferdinand Nguendet, estime qu’ «il nous faut dès à présent si nous voulons tenir le pari d’organiser les élections au cours de l’année 2015 et rétablir l’ordre constitutionnel normal, réorganiser les Forces Armées Centrafricaines (FACA), les équiper et les redéployer sur l’ensemble du territoire National. La reconquête des zones sous contrôle de mouvements rebelles est un préalable au redéploiement de l’administration, véritable instrument d’appui à l’organisation des élections. Il n y a aucune autre solution à envisager que celle-là !».

 

La question de l’embargo sur les armes en Centrafrique reconduit par le Conseil de Sécurité des Nations Unies n’a pas été appréciée par les membres du parlement de transition centrafricain, selon Alexandre Ferdinand Nguendet.

 

« Le Conseil National de Transition note avec regret la décision de la Commission de Sanction de l’Organisation des Nations Unies de proroger l’embargo des armes en direction de la République Centrafricaine. Il consacrera une journée spéciale de concertation sur la question au cours de cette session extraordinaire et saisira en tant que besoin le Secrétaire Général des Nations- Unies de ses appréciations », conclut-il.

 

La demande du recentrage des objectifs de la Minusca faite par le président du CNT intervient sept mois après l’opérationnalisation des casques bleus le 15 septembre 2014./

 

Naim-Kaélin Zamane


 

 

 

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 15:46

 

 

 

LES MENACES

 

          Le 8 avril 2014 - il y a donc presque un an de cela - j’avais écrit un article intitulé : « Menaces  à venir :Al-Qaïda et Boko-Haram ».

 

Certains lecteurs  n’y avaient vu que des élucubrations journalistiques. 

 

          En fait, depuis cette date, Boko-Haram se livre à un véritable génocide au nord du Nigeria,  brûlant les villages, massacrant la population - et menaçant aujourd’hui le Cameroun, le Tchad et le Centrafrique.

 

          Les actes terroristes qui, la semaine dernière, ont visé la capitale de la France et les agissements de Boko-Haram en Afrique font partie d’un même plan.

 

          Nous assistons à la mise en application d’une guerre planifiée de longue date.

 

          C’est une guerre de terreur, destinée à imposer un monde régi par la charia. C’est une guerre contre la démocratie. C’est une guerre menée par des obscurantistes djihadistes, qui ont transformé le contenu du Coran pour le mettre au service de leurs sombres et sinistres desseins. 

 

          Cette stratégie de conquête idéologique menace le monde tout entier. Mais la première proie, c’est l’Afrique, rendue vulnérable par la déliquescence des structures militaires de certains états.

 

          C’est pourquoi la réaction ne doit pas tarder : il faut, en urgence,  créer une force multinationale africaine d’intervention. Félicitons le  Président du Tchad d’avoir pris la décision d’envoyer ses soldats au Cameroun. On n’oublie pas ses aventures calamiteuses en Centrafrique et on rappelle qu’il demeure l’un des principaux responsables du chaos centrafricain. Mais il faut reconnaître que, par sa décision, il a su montrer le chemin de la création d’une force multinationale africaine indispensable.

 

LES RAMIFICATIONS DE BOKO-HARAM EN AFRIQUE

 

          Du Nigeria  au Tchad et du Centrafrique au Cameroun, les salafistes wahhabites gagnent du terrain en Afrique.  Leur tête de pont sur le continent noir, c’est Boko-Haram.

 

          Le Nigeria, qui est le pays le plus peuplé d’Afrique et la première puissance économique du continent, semble désarmé face aux coups de boutoirs des djihadistes.

 

          Mais d’où viennent le financement et l’armement de ces fous de Dieu ? Les marchands d’armes des pays occidentaux et de la Russie ne sont-ils pas en partie responsables de la dissémination des armes de guerre en Afrique ? Les pétromonarchies du Golfe n’ont-elles pas avancé l’argent nécessaire ? Leur silence, en ces temps de troubles, est insupportable. Ne faudrait-il pas que tous les pays - les occidentaux en premier -  reconsidèrent d’urgence leurs rapports avec  ces monarchies ?

 

          Après avoir vendu à la Libye des quantités d’armes sophistiquées, après avoir fait assassiner le dictateur libyen, on ne s’est pas préoccupé de l’après-Khadafi.  Les armes amassées par le Néron de Tripoli, grâce à l’Occident et à la Russie, se sont ainsi retrouvées aux  mains des djihadistes au Sahel et de Boko-Haram ailleurs.

 

          Aujourd’hui, la Libye est devenue incontrôlable. Des factions tribales se disputent un territoire éclaté. Le sud du pays est devenu un  sanctuaire de tous les trafics : armes, drogues, otages…Il est, aujourd’hui, quasiment en état de sécession.  

 

          Le temps presse.

 

Il faut que le monde démocratique unisse ses forces à celles du Nigeria et de l’Afrique tout entière pour résister.

 

          Avant qu’il ne soit trop tard.  

 

  1. DE KITIKI

 

(18 janvier 2015)

BOKO-HARAM : UN  DEFI  POUR L’AFRIQUE ET LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (1)
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 15:39

 

 

 

 

          « Unité, Dignité, Travail » : telle est la devise de la République Centrafricaine, conçue par Barthélémy Boganda, Père fondateur de la Nation.

 

          Malheureusement, depuis sa tragique disparition, cette devise a été sévèrement mise à mal.

 

NI DIGNITE, NI TRAVAIL

 

          Les pouvoirs successifs ont opté, volontairement ou par incompétence, pour une gouvernance qui a entraîné le pays vers le chaos : déstabilisation des structures fondamentales de l’état ; incompétence des services administratifs ;  mépris et intimidation de la population. 

 

          Depuis l’indépendance, une pauvreté endémique a plongé le peuple centrafricain dans une misère chronique, tandis qu’une petite élite s’est enrichie avec cynisme, trahissant le mandat que lui avait confié le peuple et ne brillant que par son appétit du gain.

 

          Une jeunesse diplômée est sortie de l’université mais s’est retrouvée sans emploi. Un pays tout entier s’est transformé en terrain de jeux  pour des malfrats, mercenaires et autres états voyous, attirés par les abondantes ressources naturelles de son sous-sol. Les dirigeants centrafricains ont abdiqué.

 

          La terre des Bantous est devenue un état fantôme.

 

          Un état sous tutelle de l’étranger.

 

OÙ EST L’UNITE ?

 

          En Centrafrique, la voie des urnes est rarissime. Ce sont les armes qui se font entendre, celles des coups d’états financés depuis l’étranger.

 

          Le surgissement de la Séléka n’est que l’explosion de la bombe dont les ingrédients ont été évoqués précédemment. Il a entraîné la destruction de  l’unité du pays.

 

           Car l’intrusion brutale de ce mouvement, initié par des mercenaires venus du Soudan et du Tchad et sa tentative d’instituer la charia ont poussé la population à majorité chrétienne à  organiser sa résistance grâce aux Anti-balakas.

 

          On assiste d’ailleurs aujourd’hui à une sorte de dérive de ce mouvement de résistance : il vient de basculer dans la prise d’otages en enlevant un prêtre centrafricain et une humanitaire française. C’est une première. Car la prise d’otage n’est pas dans le gène centrafricain. Le Gouvernement de Transition devrait observer de près cette nouvelle donne. Mais, au lieu d’être en première ligne, il n’a curieusement livré qu’une communication à minima…

 

LA BALKANISATION DU TERRITOIRE EST EN MARCHE

 

          Depuis le congrès, insultant pour la nation centrafricaine, de la Séléka à Bambari, le nord, l’est et le nord-est du pays sont devenus les prémices d’une balkanisation du territoire.

 

          L’ex-Séléka  y lève des impôts et des taxes agricoles. Elle terrorise et dépouille la population de ces régions abandonnées, au vu et au su de tous les acteurs de la débâcle centrafricaine.

 

          Où est donc passée l’armée ? Qui empêche sa reconstitution ? A-t-on déjà vu un pays sans armée nationale ? Sur quoi reposerait la légitimité d’un état qui en serait dépourvu ? 

 

          Le Gouvernement de Transition ne devrait-il pas être intransigeant sur la refondation des Forces Armées Centre-Africaines (les F.A.C.A.) ?  La sécurisation du territoire et l’unité de la Nation ne seront garantis que par une Armée Nationale.

 

          Ajoutez à cela les gesticulations des ex-Présidents François Bozizé et Michel Djotodia qui  n’ont jamais renoncé au pouvoir.

 

          Et le comportement de la France, pièce maitresse de la situation à Bangui, qui cherche, désormais, à se désengager du marigot centrafricain…

 

QUEL AVENIR POUR LE FORUM DE RECONCILIATION NATIONALE ?

 

          Il est à craindre que ce forum, attendu par la majorité des Centrafricains, ne puisse être organisé dans un tel climat d’instabilité. Aucune élection ne saurait être mise en place sans que la sécurisation du territoire, à l’intérieur de frontières sûres, ne soit établie. 

 

          La population et, en particulier, la jeunesse centrafricaine, attendent du Gouvernement de Transition des actions vigoureuses contre tous les factieux qui défient et humilient la République Centrafricaine. Madame Samba-Panza et son Gouvernement de Transition doivent  monter au front pour garantir l’unité du territoire. La relative  sécurisation de Bangui  ne doit pas faire oublier qu’en dehors de la capitale, le pays est balkanisé. Que la création de Califats est en gestation dans les régions occupées par les sécessionnistes de l’ex-Séléka.

 

          Le Centrafrique a disparu des écrans radars des médias occidentaux, alors que l’armée française est toujours militairement engagée dans le pays. Des négociations secrètes ont-elles eu lieu sur le dos des Centrafricains ? Vont-ils avoir à accepter l’éclatement de leur territoire ?

 

          Les responsables politiques centrafricains, qui ne dénoncent pas dès maintenant, avec force et détermination, les tentatives de balkanisation du pays, devront rendre des comptes à la nation tout entière.

 

          Aujourd’hui, le temps presse, il faut réagir rapidement. Sinon, c’est la population qui se lèvera pour résister et défendre l’intégrité de son territoire.

 

 « ALLA  GBOU  NI NGANGOU ! ALLA  ZIANI  A TI  PEPE

 

(Tenez bon ! Ne laissez pas tomber !)

 

  1. DE KITIKI  (1 février 2015)
RÉPUBLIQUE  CENTRAFRICAINE :  UNITÉ, DIGNITÉ, TRAVAIL (1)
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 15:31

 

 

 

http://www.adiac-congo.com   Mardi 3 Février 2015 - 13:22

 

Le Conseil national de transition (CNT), l’actuel Parlement a débuté le 2 février, une session extraordinaire afin d’examiner les trois dossiers épineux de la transition centrafricaine. Il s’agit de l’avant-projet de la nouvelle Constitution, de la relecture de la loi électorale et de la mise en place d’une cour pénale spéciale.

 

Durant deux semaines, les parlementaires centrafricains essayeront d’examiner tour à tour les différents textes qui leur sont soumis, permettant le retour rapide à l’ordre constitutionnel dans le pays.  

 

Alexandre Ferdinand Nguendet, président du CNT a promis une large consultation avant l’adoption de la loi fondamentale. « Je tiens, cependant à dire que la production de cet avant-projet de la Constitution n’est que la première étape du processus, puisque après l’appréciation des Conseillers nationaux et la prise en compte des amendements qu’ils peuvent apporter au document, le texte final sera soumis à discussion au cours d’un séminaire national de validation qu’organisera le Gouvernement. », a rassuré Alexandre Nguendet.

 

 En effet, l’adoption d’une nouvelle Constitution pouvant accélérer le rétablissement des Institutions de la République, est une demande forte de la communauté internationale et des partenaires traditionnels de la Centrafrique. Le texte fondamental sera donc adopté par le parlement, présenté au public lors d’un séminaire national de validation avant qu’il ne fasse l’objet d’un référendum au mois de juin prochain.

 

 Au cours de cette session, les 135 conseillers nationaux seront appelés à amender l’actuelle loi électorale. Plusieurs dispositions devront être toilettées afin de faciliter la tenue dans le délai des prochaines échéances électorales. En novembre dernier, le président de l’Autorité nationale des Elections, Dieudonné Kombo-Yaya, avait suggéré le retrait de la biométrie qui pouvait servir de fichier électoral. Les autorités centrafricaines avaient par la suite validé cette solution, invoquant le problème de budget.

 

 Outre la biométrie, des questions liées au recensement général de la population, à l’éligibilité de certains candidats, seront aussi étudiées durant cette session. « Le vœu du peuple aujourd’hui, c’est d’aller aux élections. », a lancé lors de son discours d’ouverture, le président du CNT.

 

Enfin, le CNT pourra étudier l’avant-projet relatif à la mise en place d’une Cour pénale spéciale chargée de juger les auteurs des crimes commis pendant la crise. Cet examen parlementaire fixera la composition de la future cour, la compétence des juges ainsi que la durée.  

 

Une experte indépendante de l'ONU sur la situation des droits de l'Homme en République centrafricaine a entamé, depuis mardi, une visite de dix jours dans le pays. Marie-Thérèse Keita Bocoum est venue évaluer les efforts de lutte contre l’impunité dans ce pays meurtri par la guerre civile.

 

Fiacre Kombo(Stagiaire)

Centrafrique : le CNT se penche sur les derniers dossiers épineux de la transition
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