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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 17:50

 

 

 

French.china.org.cn  05-12-2014

 

Au moins quatre personnes ont été tuées et plus d'une douzaine d'autres blessées dans des violences survenues mercredi à Bambari, une ville du Centre de la République centrafricaine (RCA), annoncent dans un communiqué publié jeudi soir les Nations Unies, un bilan revu à la hausse par ex-rebelles de la Séléka qui ont fait état à Xinhua de 10 morts.

 

"La ville de Bambari a été de nouveau le théâtre de violences graves et aveugles faisant de nombreuses victimes, y compris au moins quatre morts, plus d'une douzaine de blessés et des maisons brûlées", souligne le communiqué de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) parvenu à Xinhua.

 

La MINUSCA se dit "particulièrement préoccupée par la nature intercommunautaire des ces violences", sans préciser les circonstances, ni les parties impliquées et ni même la date de ces événements, signalés dans le principal fief aujourd'hui des ex- rebelles de la Séléka, qui y sont établis depuis plusieurs mois par leur chaîne de commandement dirigée par le général Joseph Zoundéko.

 

D'après ces ex-rebelles, il s'agit de heurts ayant opposé mercredi les populations chrétiennes et musulmanes de Bambari après l'assassinat d'un jeune chauffeur de moto issu du second groupe par des miliciens chrétiens anti-Balakas, partisans de l'ex- président François Bozizé.

 

Pour se venger, la famille de la victime a mené ses représailles qui ont fait "10 morts et plusieurs blessés" parmi les communautés chrétiennes de la ville, a rapporté le général Zoundéko, joint vendredi matin par Xinhua.

 

"La situation est revenue au calme depuis hier, mais les chrétiens désertent leurs maisons pour se réfugier dans les camps de la MINUSCA et de Sangaris (force française)", a-t-il précisé en outre.

 

La MINUSCA est opérationnelle depuis la mi-septembre, soit moins d'un an après le déploiement en décembre 2013 de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) constituée par la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) sous l'égide de l'Union africaine (UA), appuyée par la force française Sangaris et la force européenne Eufor.

 

Parmi ses missions, elle est chargée de veiller à la protection des civils et de la surveillance du respect des droits de l'homme. Mais, accuse le général Joseph Zoundéko, "la MINUSCA et Sangaris disent qu'ils sont venus protéger les populations civiles. Quand il y a une attaque comme celle que nous déplorons, on ne les voit pas. Je n'arrive pas à comprendre leur jeu".

 

La mission de paix onusienne a toutefois condamné dans son communiqué de presse "cette recrudescence de la violence qui jure avec les progrès observés ces dernières semaines dans la ville de Bambari". Elle rappelle, poursuit le texte, que "ces crimes représentent de graves violations des droits de l'homme et ne resteront pas impunis".

 

Mardi, un présumé sergent des ex-Forces armées centrafricaines (FACA) a été tué mardi soir dans la même ville par un ex- combattant de la Séléka.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : des violences à Bambari font 4 morts et une douzaine de blessés
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Centrafrique-Presse.com
5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 17:47

 

 

 

 

Par Laurent Correau, Olivier Fourt 05-12-2014 à 12:14

 

Il y a un an, le 5 décembre 2013, la France lançait l’opération Sangaris en Centrafrique. Une opération censée être courte. Objectif : stopper les violences contre les civils le temps que la force africaine Misca monte en puissance. Un an plus tard, la mission est toujours déployée. Et présente un bilan mitigé. Le bain de sang a été évité à Bangui, le calme est revenu dans certaines zones en province mais les groupes armés n’ont pas réellement été maîtrisés.

 

Un bref grésillement. D’une voix posée, le lieutenant Sébastien lance des instructions dans son talkie. « A 13, suivi de 11… en avant ». Bangui. Quartier de Combattant. Décembre 2014. Petites lunettes sous son casque lourd, l’officier français conduit ses hommes dans ces rues situées près de l’aéroport. Patrouille à pied dans un quartier qui avait été témoin de nombreuses violences, il y a un an.

 

Un an plus tard, la situation a bien changé. Des clients sont rassemblés autour de quelques tables en bois éclairées au néon : « Il est 23h00, constate le lieutenant Sébastien, il y a des cafés qui sont encore animés. La sécurité revient ». L’ambiance dans le bar n’est pourtant pas franchement légère. Les hommes qui sont là tiennent plus des piliers de bar que des Banguissois prêts à se détendre.

 

Bref échange avec un client. Qui confirme que tout est calme ce soir. Un peu plus loin dans la pénombre, un homme se tient un peu en retrait, un arc traditionnel à la main. Doit-il être désarmé ? « Il n’y a rien qui interdit d’avoir un arc et des flèches », tranche l’officier français.

 

Ce soir-là, la patrouille française n’aura pas à intervenir. « Le calme est revenu ici, estime le commandant Laurent de Sangaris. Les marchés ont rouvert, les étals sont bien achalandés ». L’officier reconnaît toutefois que certains commerçants de Combattant n’ont pas réinvesti leur magasin. En l’occurrence les musulmans, qui se disent toujours menacés.

 

Montée de la criminalité

 

Bangui stabilisée ? Il y a un an, la ville était au bord du gouffre. L’entrée des anti-balaka dans la capitale le 5 décembre a failli transformer les quartiers en gigantesques champs de bataille. Il y a eu des combats. Puis des représailles de la Seleka dans les quartiers. Un millier de morts au bas mot. Mais le déploiement de Sangaris a probablement permis d’empêcher que le bilan augmente encore.

 

Un an après cette bataille de Bangui, la capitale reprend vie. Mais la ville n’est pas à l’abri d’une rechute, comme l’a montré la poussée de tension d’octobre. L’assassinat d’un homme qui avait lancé une grenade sur un marché bondé a provoqué de nouveaux actes de violence et de représailles. Des anti-balaka ont dressé des barricades en ville. Selon les Nations unies, les événements ont fait 11 morts, 229 blessés et 7 500 nouveaux déplacés.

 

Il y a aussi dans Bangui une montée de la criminalité, symptomatique de la situation actuelle de lente sortie de crise. Car des armes, il en reste encore dans la capitale. Armes à feu, grenades. Certains n’hésitent pas à s’en servir. « Ce sont des agressions, c’est du racket, explique le commandant Laurent de Sangaris. Les ONGs, on le sait, en sont parfois victimes ». « Le jour ça va, mais la nuit on a encore peur », confie pour sa part un habitant. Restaurer la confiance reste un défi, y compris dans la capitale, Bangui où certains quartiers sont toujours vidés de leurs habitants.

 

Des armes, Sangaris en a saisies et les a mises hors d’état. Bangui, Kilomètre 25. En quelques secondes, cent kilos de munitions viennent d’être transformés en poussière, détruits par les démineurs du 3e régiment du Génie. « Depuis un an, explique le lieutenant-colonel Jérôme, 300 000 munitions de petit calibre ont été récupérées et détruites, mais aussi plus de 6 000 grenades et 4 500 roquettes et obus ». Sur le camp militaire de Mpoko, on détruit de vieux fusils à coup de marteau, de disqueuse et de chalumeau. Près de 8 000 armes ont été saisies depuis un an.

 

Il reste encore cependant de nombreuses caches dans la capitale. « La question de la réalisation du mandat de désarmement de Sangaris est posée, estime Thierry Vircoulon, chercheur à ICG (International Crisis Group). Il n’y a jamais eu autant d’armes en circulation à Bangui qu’à l’heure actuelle ».

 

Résultats mitigés

 

A l’intérieur du pays, Sangaris a joué un rôle de stabilisation dans certaines zones. Comme dans la ville de Bouar, dans l’Ouest, où elle a réussi à calmer le jeu. « Il y avait, au sein des groupes miliciens d’autodéfense, beaucoup d’éléments incontrôlés qui pensaient s’offrir un butin de guerre par des pillages et des exactions, explique le père Toussaint Zoumaldé, le directeur de la radio Siriri de Bouar. Pratiquement tous les jours on entendait des tirs. Lorsque Sangaris est arrivée et a commencé les patrouilles, ça a permis de contenir certaines velléités ».

 

Sangaris a aussi effectué un long travail de sécurisation de la route qui permet l’approvisionnement entre le Cameroun et Bangui, celle que l’on appelle parfois la MSR (Main supply road). Même si les transporteurs déplorent la persistance des pillages quand un véhicule doit sortir de l’escorte, en cas de panne par exemple.

 

Les groupes que l’armée française devait neutraliser, conjointement avec la force africaine Misca, n’ont en revanche pas réellement pu être désarmés. Les éléments de l’ex-rébellion Seleka ont par exemple conservé leur force militaire et continuent à agir comme bon leur semble dans des régions entières du pays. Selon le dernier rapport sur la RCA présenté au conseil de sécurité de l’ONU, « En dehors de Bangui, un cycle ininterrompu de provocations et de représailles commises par des groupes armés animés de motivations politiques ou criminelles a continué à peser sur la situation sécuritaire, et notamment sur la sûreté et la sécurité de la population civile ».

 

Les humanitaires expliquent, eux, qu’un an après le lancement de Sangaris, ils ont toujours des difficultés à travailler. Les convois d’aide humanitaire restent attaqués, rançonnés. « Sangaris a des moyens qui sont limités, constate Thierry Dumont, chef de mission à MSF (Médecins sans Frontières). Je pense qu’ils ont essayé de faire pour le mieux avec les moyens dont ils disposaient mais ça n’a pas changé la face des choses en Centrafrique ».

 

Envoyée pour protéger les civils, l’opération française n’a pas réussi enrayer la vague de violence qui a visé la communauté musulmane. En partie parce que ces violences ont été perpétrées par des acteurs « insaisissables ». Mais aussi parce que le mouvement n’a pas été suffisamment pris en considération lors des débuts de l’opération. Suite aux lynchages et aux pillages, de très nombreux musulmans ont en tout cas dû fuir vers le Tchad ou le Cameroun. Selon le HCR, près de 420 000 Centrafricains sont aujourd’hui réfugiés dans les pays voisins.

 

« Sangaris n’a pas protégé les musulmans »

 

Les opérations de désarmement, dans les premiers jours de l’opération, ont surtout visé les Seleka et ont ouvert, malgré elles, les vannes de violences populaires contre les musulmans. « Sangaris a fait une mauvaise entrée », se souvient Ahmat Déliris, le 2e vice-président de la communauté musulmane de Centrafrique qui se lamente sur le sort réservé à sa communauté : « Sangaris n’a pas protégé les musulmans. Elle a laissé aller les choses. Il y a eu des morts. On a perdu des biens, des mosquées ».

 

Peter Bouckaert, de l’ONG Human Rights Watch, a suivi l’évolution de la situation sur le terrain. Dans une tribune publiée par le journal Le Monde, il racontait en février dernier un incident « particulièrement choquant » auquel il a assisté dans Bangui : « Nous avons été horrifiés de voir une foule hilare mutiler le corps d'un civil musulman, lui couper les parties génitales et les lui mettre dans la bouche, sous les yeux d'enfants qui se tenaient à proximité. Des soldats français de la force Sangaris étaient stationnés à environ cinquante mètres, mais ils n'ont rien fait. Quand nous avons demandé à des officiers français pourquoi leurs troupes n'étaient pas intervenues, ils nous ont répondu à plusieurs reprises qu'elles ne devaient pas être perçues comme prenant parti pour l'un des deux camps ».

 

Pour Thierry Vircoulon d’ICG, l’armée française a manifestement sous-estimé, au début de l’opération, la complexité de l’environnement centrafricain et la menace que constituaient les anti-balaka : « Avec l’attaque de Bangui, estime l’analyste, les stratèges de l’état-major se sont rendus compte que l’environnement était beaucoup plus mouvant qu’ils ne l’imaginaient et qu’ils se trouvaient dans le pire des contextes : être dans une zone de violence sans avoir d’ennemi clairement identifié ».

 

Les plus amers des musulmans centrafricains vont jusqu’à accuser Sangaris d’avoir fait le jeu des anti-balaka, car des mouvements de miliciens ont été signalés parallèlement au déploiement français vers l’est du pays. Des accusations rejetées par des officiers de Sangaris, selon qui il n’y a pas eu en tant que tel de « progression vers l’Est » des anti-balaka, mais plutôt l’apparition de milices dans des régions qui n’en avaient pas connu au début de la crise.

 

« Petites lunettes sous son casque lourd, le lieutenant Sébastien conduit ses hommes dans le quartier de Combattant, non loin de l’aéroport. »

Patrouille nocturne avec Sangaris à Bangui 05/12/2014 - par Olivier Fourt

Sangaris en RCA: un an après, un bilan en demi-teinte
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Centrafrique-Presse.com
5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 14:50

 

 

 

 

Par Olivier Fourt RFI  vendredi 5 décembre 2014

 

Il y a un an démarrait l'opération Sangaris. Une opération d'intervention de l'armée française destinée à éviter un bain de sang en Centrafrique. Désarmer, cantonner les combattants, protéger les populations. La mission Sangaris, qui devait initialement être de courte durée, attend aujourd'hui que les Casques bleus soient pleinement déployés pour envisager un désengagement progressif. Quel bilan peut-on tirer du travail de Sangaris ? Qu'y aura-t-il après Sangaris ? Le patron de la Force, le général Eric Bellot des Minières répond à Bangui, aux questions de RFI.

 

RFI : L’année dernière, quand l’opération Sangaris a commencé, on nous parlait d’une opération courte qui devait durer de quatre à six mois, cela fait un an. Finalement, qu’est-ce qui explique que ça ait duré si longtemps ?

 

Eric Bellot des Minières : Lorsque l’opération a été mise en place, elle a été mise en place dans l’urgence pour palier à une situation exceptionnelle et éviter, sans doute des massacres en tout cas, un désastre humanitaire ici à Bangui. L’idée générale de cette opération était d’assurer un tulage avec une force multinationale, qu’elle soit européenne ou qu’elle dépende directement de l’ONU. Il a fallu un peu de temps pour assurer cette montée en puissance de la force que nous accompagnons maintenant depuis quasiment trois mois, et qui devrait être pleinement opérationnelle à échéance d’avril prochain. Au-delà des six mois envisagés initialement, pour autant, on commence à voir une certaine succession à cette opération Sangaris, qui permettra peu ou prou pleinement aux opérations de la Minusca de prendre le lead sur l’ensemble de l’action qui est menée ici en Centrafrique. Sangaris ou une opération post-sangaris assurant simplement une mission plus compacte, plus concentrée, de réserve, agissant dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité.

 

On parle d’élections pour juillet-août 2015, est-ce que la force Sangaris ne devra pas rester à un niveau élevé jusqu’à ces élections pour garantir, pour accompagner ces élections ?

 

Pour l’instant, rien ne le dit. Pour l’instant ce que l’on constate, c’est que la Minusca réussit de manière assez remarquable son déploiement. De ce fait, tout est vert pour qu’une pleine capacité opérationnelle soit prononcée fin avril et qu’à priori les choses s’apaisent et permettent d’assurer une montée en puissance totalement normale des élections et du processus politique centrafricain. Si maintenant besoin était, la France a démontré jusqu’à présent qu’elle était capable d’avoir des actions et des forces à géométrie variable et je pense que les études nécessaires seraient faites pour savoir s’il faut intervenir différemment.

 

Un an après les évènements du 5 décembre, quel est aujourd’hui le visage de cette ville de Bangui ?

 

L’ambiance à Bangui est sans commune mesure avec celle qu’il y avait en décembre dernier. Vous vous rendez compte que les marchés sont pleins, vous vous rendez compte qu’il y a une circulation folle, vous vous rendez compte que l’école a repris, vous vous rendez compte que les églises, les temples, les mosquées, tout ceci fonctionnent, vous vous rendez compte qu’il y a des vraies discussions entre quartiers. Il y a des initiatives locales qui ont été prises par les maires, par les chefs de quartiers, les chefs d’arrondissements, des comités de surveillance, des gens qui parlent entre eux, de différentes communautés. Tout n’est pas parfait. Ceci étant, il y a une véritable évolution positive, me semble-t-il, de la situation. Alors on craint toujours des tas de choses, légitimement. Il reste encore des affaires toujours un peu délictueuses à traiter.

 

On voit bien que cette criminalité est au cœur des préoccupations des habitants de Bangui, aujourd’hui, on est moins dans des affrontements interethniques ou interreligieux ou entre groupes armés, mais réellement sur du grand banditisme ?

 

Ce qui est sans doute le signe d’ailleurs que la mission des armées est presque terminée. Le banditisme, la criminalité, les délits sont régulièrement traités dans tous les pays du monde plutôt par des forces de police et de gendarmerie. C’est bien le sens des travaux suscités par l’Union européenne pour former ces gendarmes depuis sept ou huit mois et qui ont permis de restaurer quelque part cette force de police centrafricaine dans Bangui, avec laquelle nous travaillons régulièrement. Le simple fait aujourd’hui de parler de crimes et délits est bien le signe tangible que les opérations militaires passent en arrière de la scène, ce qui est le signe, peut-être, d’une amélioration de fait de la situation centrafricaine.

 

Bangui n’est pas la Centrafrique, vous avez évoqué la manière dont Sangaris avait contenu notamment les mouvements ex-Selekas. Contenus seulement, ça veut dire que la menace pèse toujours ?

 

Bangui n’est pas la Centrafrique, mais Bangui représente un cinquième de la Centrafrique. Bangui n’est pas la Centrafrique, mais toute personne de Bangui a une accointance avec un village, une maison, une région en Centrafrique. Bangui n’est pas la Centrafrique, mais Bangui est la caisse de résonance de la Centrafrique, la capitale de la rumeur. Alors maintenant à l’extérieur, comment cela se passe t’il ? Vous le savez, à l’Ouest l’administration reprend ses droits. Au Nord et à l’Est, il y a toujours quelques cohues pilotées par la Seleka le plus souvent, auxquelles nous essayons de faire face conjointement avec l’ensemble des forces internationales. Vous vous rendez compte que dans l’extrême Est, les choses sont relativement stables. Donc, nous sommes particulièrement vigilants sur ces derniers soubresauts qui pourraient faire vaciller le pouvoir et les autorités de transition. Pour autant, vous vous rendez compte qu'en Centrafrique, le dialogue politique, la vie d’une manière générale reprend et reprend, me semble t’il, assez librement.

 

Est-ce qu’on note un certain retour, dans certains quartiers, de populations musulmanes qui ont dû fuir ces derniers mois ? Bangui s’est aussi vidé de ses populations musulmanes, on le sait assez bien.

 

Est-ce qu’on observe des chrétiens qui reviennent dans les zones musulmanes, des musulmans qui reviennent dans les zones chrétiennes ? Oui. On observe un certain nombre de retour à une certaine normalité, c’est long. C’est long et c’est lent. C’est long et c’est lent tout simplement parce que ceci fait suite à quasiment deux années d’exactions, de douleurs, de souffrances fraternelles entre des communautés pour lequel le distinguo religieux n’a jamais eu de sens véritablement. On parle, en général, en Centrafrique beaucoup plus de problèmes ethniques que de problèmes religieux. Il y a une vraie volonté de ces populations de retrouver le mode de vie qu’elles avaient auparavant dans lequel le sujet religieux, qu’ils soient protestants, catholiques, musulmans, animistes ou autre, ne soit pas un sujet de division. Je souhaite que les Centrafricains puissent se remettre au travail librement, leur fortune est dans leur terre, leur fortune est dans l’aptitude de cette population à travailler et dès qu’ils reprendront véritablement la voie du travail, l’économie s’améliorera, l’économie s’améliorant, la paix reviendra et la discussion politique sera apaisée.

 

En quelques secondes, 100 kilos de munitions viennent d’être transformés en poussière.

Destruction des stocks d’armes à Bangui 05/12/2014 - par Olivier Fourt

 

RCA: le général Bellot, commandant de l'opération Sangaris, sur RFI
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Centrafrique-Presse.com
5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 14:39

 

 

 

 

05/12/14 (AFP)

 

La France va progressivement retirer ses soldats engagés en Centrafrique, passant de 2.000 hommes actuellement à 1.500 au printemps, a indiqué vendredi le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

 

"Progressivement, la France va se retirer. Nous sommes actuellement 2.000, au printemps nous serons 1.500", a déclaré M. Le Drian a la chaîne BFMTV.

 

"On va diminuer en fonction de la montée en puissance de la Minusca", la force de maintien de la paix de l'Onu, qui compte actuellement 8.600 hommes et doit à terme arriver à 12.000.

 

Le retrait français sera progressif, a insisté le ministre, précisant que Paris conserverait une présence "capable d'être une force de réaction rapide si d'aventure il y avait des risques".

 

"Progressivement nous reviendrons à un étiage que nous connaissions au départ, mais nous n'y sommes pas encore, il faut faire avec prudence", a-t-il dit, reconnaissant qu'il y avait "toujours des tensions" en Centrafrique.

 

Avant le déclenchement de l'opération militaire française Sangaris le 5 décembre 2013, la France comptait quelques centaines de soldats en Centrafrique, basés à l'aéroport de Bangui.

 

Paris est intervenu militairement il y a un an dans ce pays pour tenter de casser une spirale de violences intercommunautaires née du renversement du régime de François Bozizé en mars 2013 par une coalition rebelle à dominante musulmane, la Séléka.

 

Les exactions de ces rebelles contre la population très majoritairement chrétienne du pays avaient abouti à la formation de milices d'auto-défense, les anti-balaka, qui à leur tour s'en sont prises aux civils musulmans, contraints de fuir des régions entières.

 

Ces violences ont fait plusieurs milliers de morts et plongé le pays (4,8 millions d'habitants) dans une crise humanitaire sans précédent.

Centrafrique: les forces françaises vont passer de 2.000 à 1.500 au printemps (Le Drian)
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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 14:37

 

 

 

 

05/12/14 (AFP)

 

Au moins quatre personnes ont été tuées en Centrafrique lors de violences ces derniers jours dans la ville de Bambari, dans le centre du pays, selon un communiqué de la force de l'ONU en Centrafrique (Minusca) publié jeudi soir à Bangui.

 

"La ville de Bambari a été de nouveau le théâtre de violences graves et aveugles faisant de nombreuses victimes, y compris au moins quatre morts, plus d’une douzaine de blessés et des maisons brûlées", précise la Minusca en se disant "particulièrement préoccupée par la nature intercommunautaire de ces violences".

 

Ces violences semblent liées, selon la gendarmerie centrafricaine, à la mort d'un conducteur de moto-taxi, dont le véhicule a été volé. La découverte du corps du conducteur, d'origine peule (communauté composée essentiellement d'éleveurs nomades musulmans), a entraîné des représailles visant des chrétiens.

 

La ville de Bambari où est installé l'état-major d'une factions de l'ex-coalition Séléka est depuis le théâtre d'affrontements intercommunautaires fréquents qui ont fait plusieurs dizaines de morts et autant de blessés depuis juin.

 

Depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka à dominante musulmane - chassée à son tour en janvier 2014 - la Centrafrique a sombré dans une crise sécuritaire et politique sans précédent.

 

Des mois de violences intercommunautaires et d'affrontements entre groupes armés ont depuis achevé de ruiner le pays, déjà rongé par des années d'incurie et des troubles à répétition.

 

Ces troubles et la déliquescence de l'Etat centrafricain ont permis à des bandes armées de prospérer dans nombre de régions, où elles rançonnent et volent la population, mais aussi les organisations humanitaires.

 

Trois forces internationales sont déployées dans le pays pour tenter de le stabiliser: Sangaris (française), qui marque ce vendredi son premier anniversaire, Eufor-RCA (Union européenne) et Minusca.

Centrafrique: au moins 4 tués dans des violences (ONU)
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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 14:33

 

 

 

     CONVENTION REPUBLICAINE POUR LE PROGRES SOCIAL

 

 

CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT DU DIRECTOIRE POLITIQUE PROVISOIRE

 

Me NICOLAS TIANGAYE

 

( 4 décembre 2014 )

 

 

            Je souhaite la bienvenue à la presse dont l'action courageuse pour informer la population centrafricaine et la communauté internationale est salvatrice pour notre pays en cette période de crise. Elle a joué et continue de jouer un rôle significatif pour l'éclosion d'une conscience citoyenne. Lorsque les partis politiques ou la société civile à certains moments ont failli face à leur responsabilité devant la nation, seule la presse était restée debout pour  interpeler les uns et les autres  afin qu'ensemble nous portions haut l'étendard du combat de notre peuple.

 

            Qu'elle trouve ici l'hommage de toute la considération et de tout le respect qu'elle mérite.

            Cette conférence de presse se tient en prélude à la rentrée politique de la Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS) qui aura lieu le 13 décembre 2014.

            Cette rentrée politique 2014-2015 du parti que j'ai l'honneur et le privilège de diriger depuis le 24 mai 2008,  outre les questions d'organisation interne, portera un regard objectif mais critique sur la situation tragique et dramatique que traverse notre pays depuis bientôt deux ans afin d'en tirer les leçons et les enseignements utiles à sortir définitivement  notre pays de cette crise suicidaire.

 

            Notre responsabilité collective est engagée et elle est immense au regard des souffrances endurées par notre peuple innocent.

 

            Je fais miennes les préoccupations majeures des forces politiques et sociales centrafricaines et qui portent essentiellement sur:

 

- la sécurité et la question du désarmement;

 

- la résolution de la crise humanitaire;

 

- le forum de réconciliation nationale;

 

- les prochaines consultations électorales;

 

- la lutte contre l'impunité et la responsabilité des auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité...

 

            Cette liste est purement énonciative et non limitative. Il n'y aura pas de sujet tabou. Pour ce qui me concerne à titre personnel, j'ai décidé, après avoir gardé le silence pendant plusieurs mois, de répondre aux accusations mensongères distillées ça et là contre moi au sujet d'une prétendue complicité avec la coalition SELEKA que j'aurais aidée, avec Monsieur Martin ZIGUELE, à prendre le pouvoir.

 

            Le débat démocratique ne peut s'accommoder de contre-vérités, d'affabulations, de calomnies et  de grossièretés.

 

            L'Histoire finit toujours par débusquer les imposteurs dont les  calculs et les ambitions visent toujours à  tromper un peuple en désarroi.

 

            La CRPS a une vision qui se résume dans sa devise :

 

JUSTICE-PAIX-DEVELOPPEMENT.

 

            Sans la justice, il n'ya pas de paix. Sans la paix, il n'ya pas de développement. Notre devise illustre parfaitement la situation que nous vivons aujourd'hui et peut modestement constituer une source féconde de réflexion.

 

            Je vous remercie.    

 

 

CONFERENCE DE PRESSE DE Me NICOLAS TIANGAYE :DECLARATION LIMINAIRE
CONFERENCE DE PRESSE DE Me NICOLAS TIANGAYE :DECLARATION LIMINAIRE
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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 14:29

 

 

 

Eminent chercheur centrafricain ayant été plusieurs fois primé pour ses écrits, le Professeur Gaston MANDATA N’GUEREKATA ( mathématicien) enseignait encore dans une grande université aux Etats-Unis, il y a un an.
 
La situation politique et sociale que vit la République Centrafricaine depuis les événements de Mars 2013 l'ont sorti de sa réserve. Par patriotisme le Professeur a choisi de rentrer sur la terre des ses ancêtres. Il  sillonne depuis lors quartiers de Bangui et villes de province, au plus prés du peuple, pour apporter son soutien moral et financier a ses compatriotes en difficultes.
 
Par sa présence sur le terrain, il a su gagner le cœur des populations civiles qui l'ont sollicité pour les échéances électorales de 2015. Le peuple centrafricain  voit en lui un homme exceptionnel qui changera la face ce pays ruiné; le Professeur a annoncé sa candidature ce 28 Novembre 2014 et commencé a devoiler son programme pour valoriser le centrafricain et amorcer la renaissance de notre pays.
 
Avec le Professeur Gaston MANDATA  N’GUEREKATA le changement est en marche en CENTRAFRIQUE. Un premier contact avec la Diaspora centrafricaine de France est prévu le
 
                            SAMEDI 13 DECEMBRE 2014 DE 14H A 18H
 
                                      ESPACE LES MATIERES GRISES
 
                                           4 RUE OLIVIER METRA
 
                                                   75020 PARIS 
 
                       ( Métro Jourdain ligne 11 Direction Mairie Des Lilas)
 
Le Professeur vous convie à venir  échanger avec lui autour de son offre politique pour l'avenir du pays.
 
Cordialement.
 
Service Presse du candidat MANDATA N’GUEREKATA. 

 

 

 

 

Rencontre du Pr Gaston Nguérékata avec la diaspora centrafricaine de Paris
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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 14:22

 

 

 

Pour la consolidation de la Paix et la réconciliation National, l’Association Guira des Centrafricains de Nantes a organisé  un tournoi de football à l’école Benz-Vi nommé  jeunesse vivrons ensemble,  le Samedi 22 Novembre 2014  14 H 00 mn.
 
 
Programme de la cérémonie
 
§  15 H 00 mn : Arrivée des invités ;
§  15 H 30 mn : L’ouverture de la compétition;
§  17 H 00 mn : Remise du trophée;
§  17 H 30 mn : Collation ;
 
                      Fin de la cérémonie
 
Prochaine  rencontre :
 
·       Lycée de Miskine le Dimanche 7 décembre 2014
·       Le dimanche  14 décembre 2014, sur terrain de l’école SICA ll Atémie
Annonce de l'Association GUIRA de Nantes
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Centrafrique-Presse.com
4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 23:23

 

 

 

 

Maria MALAGARDIS Libération 4 décembre 2014 à 19:46

 

Le chaos de ce conflit composite a surpris les forces françaises.

 

«Une mission courte», avait promis François Hollande il y a tout juste un an en annonçant le lancement de l’opération Sangaris en Centrafrique : 2 000 hommes pour désarmer des forces rebelles qui avaient pris le pouvoir six mois plus tôt à Bangui, provoquant un chaos incontrôlable. La mission pouvait sembler simple pour des forces aguerries, envoyées sur un terrain connu, dans un pays où la France était intervenue tant de fois pour faire basculer le pouvoir. Hélas, rien ne s’est passé comme prévu, et Sangaris est toujours en place douze mois après le feu vert donné par le Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Lu pour vous : Les erreurs de jugement de l’opération Sangaris
Lu pour vous : Les erreurs de jugement de l’opération Sangaris
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Centrafrique-Presse.com
4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 23:19

 

 

 

 

Maria MALAGARDIS Libération 4 décembre 2014 à 19:46

 

REPORTAGE

 

Un an après l’arrivée des soldats français, la traque des musulmans perdure alors que le Cameroun a déjà accueilli plus de 100 000 réfugiés.

 

«Voilà la Centrafrique», indique le lieutenant Fouda, un officier camerounais à l’allure débonnaire, en désignant le paysage vert émeraude qui s’élève en pente douce juste en face d’une petite rivière aux eaux opaques. Ici, un simple cordon et une mini barge relient, d’une rive à l’autre, le Cameroun et la Centrafrique. On pourrait presque engager la conversation avec les deux hommes qui traînent ce jour-là sur la rive sablonneuse côté centrafricain. L’un fume une cigarette avec une attitude de défiance, l’autre tient un fusil, le canon pointé vers le sable. A en croire l’officier, ce sont des anti-balaka, membres de ces milices chrétiennes qui terrorisent la Centrafrique depuis un an. «Ils contrôlent toujours cette zone», confirme-t-il. Il y a trois semaines, ils ont utilisé la barge pour envoyer au Cameroun un colis un peu spécial : la tête décapitée d’un éleveur peul. Réfugié à l’ouest de la frontière, ce dernier s’était risqué à retourner de l’autre côté du fleuve dans l’espoir de retrouver son bétail après avoir fui le pays en catastrophe. Un cas loin d’être isolé, selon les militaires camerounais.

 

Enlèvements contre rançons ou décapitations : dans ce petit coin perdu, les anti-balaka continuent de menacer les musulmans centrafricains qu’ils ont contraints à la fuite. Côté camerounais, la présence militaire est pourtant massive, visible, comme ces deux guérites protégées par des sacs de sable d’où émergent des fusils mitrailleurs pointés vers la frontière. Mais un an après le déclenchement de l’opération Sangaris, initiée par la France pour mettre un terme au chaos qui régnait en Centrafrique, ce pays enclavé au cœur du continent reste largement incontrôlable. Avec plus de 130 000 nouveaux réfugiés recensés depuis janvier, le Cameroun a subi lourdement les conséquences des violences qui se sont déroulées dans le pays voisin juste après l’intervention française. Car en mettant hors d’état de nuire les rebelles de la Séléka («l’alliance» en sango), coalition hétéroclite qui a pris le pouvoir à Bangui en mars 2013, les forces françaises arrivées en décembre ont, sans l’avoir anticipé, laissé libre cours à la vengeance des chrétiens. Et notamment celle des milices d’autodéfense, les tristement fameux anti-balaka, bardés de gris-gris et de feuilles de bananiers, qui ont identifié la minorité musulmane aux membres de la Séléka venus du nord du pays.

 

Embuscades. Il y a un an jour pour jour, la capitale centrafricaine était le théâtre d’atrocités inédites : un véritable pogrom contre les musulmans, traqués, pillés et sauvagement assassinés. Très vite, cette «Nuit de cristal» version centrafricaine faisait boule de neige en province, sonnant pour les populations musulmanes l’heure de l’exode massif vers les pays voisins.

 

Au printemps dernier, Gbiti, petit point de frontière anodin entre la Centrafrique et le Cameroun, était soudainement débordé. «On les a vus débarquer en masse : 20 000 personnes passaient la frontière chaque jour», se rappelle le lieutenant Fouda. Pour atteindre Gbiti depuis Yaoundé, la capitale camerounaise, il faut compter neuf heures de route, dont le dernier tiers sur des pistes chaotiques longeant une forêt luxuriante saupoudrée de poussière rouge. Dans ce no man’s land du bout du monde, l’urgence a été difficile à organiser, même si le Cameroun est désormais habitué à subir les conséquences des multiples dérives centrafricaines.

 

Marima Bouba, 60 ans, drapée dans un pagne multicolore, est arrivée à Gbiti en 2003, lors du coup d’Etat qui a porté au pouvoir le président Bozizé, chassé à son tour en mars 2013 par la Séléka. Déjà il y a dix ans, les violences faisaient rage. Sur la route de l’exil, Marima sera victime de deux embuscades qui la dépouilleront de tous ses biens. Mais elle-même en convient : rien n’équivaut au drame de 2014. «Tout est allé si vite, on n’était pas préparé à un tel afflux de population en un temps si rapide», souligne Apollinaire, qui travaille pour le Programme alimentaire mondial (PAM) à Batouri, petite ville enfouie dans la forêt et épicentre logistique d’une partie de l’activité humanitaire. Après une période de panique, l’arrivée des aides a plus ou moins stabilisé la situation.

 

Mais dans les camps, les jeunes réfugiés désœuvrés se battent fréquemment. Et la frontière, qui couvre une vaste zone, est difficile à contrôler. Début décembre, un groupe inconnu l’a franchie pour piller des magasins. Dix jours plus tôt, d’autres rebelles obtenaient la libération de leur chef, emprisonné à Yaoundé, contre la libération de quinze otages camerounais et d’un prêtre polonais, enlevé, lui, côté centrafricain. Au moins, dans cette vaste zone de forêt équatoriale, les réfugiés sont-ils bien accueillis : près de la moitié des derniers arrivants (62 000) se sont intégrés aux villages locaux où les populations sont souvent de même origine ethnique et où les autorités accueillent la manne humanitaire avec une bienveillance intéressée. «Grâce à vous, nous allons pouvoir nous développer. Avoir de l’eau potable, un centre de santé !» explique tout sourire aux représentants du PAM le maire adjoint du village voisin de Timangolo, l’un des sept sites de la région où sont installés les réfugiés.

 

Carnage. Dans cette zone isolée et démunie, les bulldozers ont éventré la forêt pour créer un vaste camp où vivent plus de 6 000 réfugiés, certes nourris par le PAM, mais toujours hantés par l’horreur qu’ils ont subie ; des scènes de carnage et souvent plusieurs semaines de marche dans la forêt avant d’atteindre la frontière. Houranatou, 40 ans, a mis longtemps avant de retrouver le sommeil. Deux de ses trois enfants ont été tués sous ses yeux le 10 janvier, l’un brûlé vif dans leur maison incendiée par les anti-balaka. Et son troisième fils a été frappé à coups de machette. Houranatou, elle, a réussi à s’enfuir. Une balle lui a arraché trois doigts de la main. Elle a débarquée au Cameroun avec juste «le pagne qu’[elle] portait». En Centrafrique, elle menait une vie aisée, et, bien que condamnée aujourd’hui à l’existence précaire des réfugiés, elle n’a qu’une certitude : jamais elle n’y retournera. Autour d’elle tout le monde acquiesce : les musulmans chassés et traqués en masse ne veulent plus de ce pays où, pourtant, tous l’affirment, ils avaient vécu en bonne entente avec leurs voisins chrétiens. Jusqu’à ce 5 décembre où tout a basculé.

 

Maria MALAGARDIS

Lu pour vous : Centrafrique : l’exil pour survivre aux anti-balaka
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