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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 22:04
Centrafrique à Bangassou, la population replonge dans la terreur

 

 

 

 

Le spectre des affrontements entre chrétiens et musulmans plane toujours en Centrafrique, alors que la force Sangaris a quitté le pays en octobre 2016. A Bangassou dans l'est du pays, les Casques bleus ne peuvent contenir les affrontements, un massacre le 13 mai ayant fait plus de 100 morts.

 

Cible d’une des attaques les plus meurtrières en Centrafrique ces derniers mois, Bangassou, dans l'est du pays, a replongé dans la terreur des tueries menées par des bandes armées malgré la présence de Casques bleus.

 

Les assaillants "nous lançaient des mains et des pieds découpés", se remémore Djamil, réfugié dans un camp proche de la cathédrale, en évoquant l'attaque lancée le 13 mai par des centaines d'assaillants contre le quartier musulman de Bangassou, ville d'environ 35.000 habitants à majorité chrétienne, sur la rivière Mbomou, frontière avec la République démocratique du Congo.

 

Refuge provisoire

 

Un bilan provisoire de la Croix-Rouge centrafricaine et du Bureau des Affaires humanitaires des Nations unies en Centrafrique (Ocha) a fait état de 108 morts et de 76 blessés.

 

Selon la force de l'ONU (Minusca, 12.500 hommes), les coupables sont des miliciens anti-balaka, se revendiquant défenseurs des chrétiens face aux ex-rebelles séléka, majoritairement musulmans.

 

Plusieurs centaines de personnes avaient trouvé refuge dans la mosquée après l'assaut. "La Minusca nous a dit de nous réfugier dans la mosquée, et c'est ce qu'on a fait... Puis les Casques bleus nous ont abandonnés",accuse Djamil.

 

"Devant le nombre d'assaillants, les Casques bleus ont dû reculer", se souvient une source proche de la Minusca.

 

Machettes et fusils

 

"Dès le départ des Casques bleus, une vague d'anti-balaka a accouru vers la mosquée en hurlant, brandissant machettes et fusils artisanaux", a raconté l'AFP l'évêque de Bangassou, Mgr Juan José Aguirre: "J'ai tenté le dialogue, mais ils ont fini par tirer sur un ami qui voulait me protéger".

 

"Ils ont vu l'imam sortir. Ils lui ont tiré dessus", continue l'évêque. "Il est tombé à genoux, blessé à mort. Quand je suis revenu, je l'ai trouvé comme ça, puis l'ai porté pour l'allonger dignement. Les anti-balaka m'ont hurlé dessus pour que je n'y touche pas". "Ils étaient drogués, alcoolisés, incontrôlables", se rappel un humanitaire.

 

Terrorisés par cette nouvelle flambée de violences, les habitants de Bangassou se terrent ou fuient. Seules quelques boutiques du marché central sont désormais ouvertes et les rues sont désertes. Selon Ocha, le nombre de déplacés de Bangassou s'élève à près de 15.000 depuis le 13 mai et les attaques sporadiques continuent.

 

Dimanche encore, "des éléments armés présumés anti-balaka, ont interdit aux humanitaires de mener une mission dans la localité. Par ailleurs, des éléments armés ont enlevé une femme et cinq enfants avant de les tuer en brousse", a indiqué lundi la force de l'ONU (Minusca).

 

Enterrée vivante

 

Mercredi, ces mêmes anti-balaka avaient "enlevé deux femmes soignées à l’hôpital. Une des femmes a été abattue sur place tandis que l’autre a été enterrée vivante", selon la Minusca.

 

Face à cette spirale de violences, les humanitaires redoutent désormais de nouveaux "assauts de grande ampleur" dans la ville, a indiqué l'un d'entre eux à l'AFP sous couvert d'anonymat. Les affrontements entre séléka et anti-balaka ont dégénéré en tueries intercommunautaires de masse en 2013, plongeant la Centrafrique dans le chaos.

 

L'intervention militaire française Sangaris, puis le déploiement de Casques bleus ont réduit le niveau des exactions, mais des bandes armées sévissent toujours dans plusieurs régions du pays.

 

"Cette chasse aux musulmans, les pillages de leurs boutiques, de leurs maisons, c'est une vengeance contre la séléka", selon l'évêque: "Dans la tête des gens, les musulmans de Bangassou sont alliés à l'ex-séléka".

 

Richesse du sol

 

L'identité du groupe d'anti-balaka auteur de l'assaut reste floue. "Les gens qui nous ont massacrés sont des inconnus", assure Ali, un commerçant déplacé. "Ils viennent de Bakouma, Niakari, Kitika et d'autres localités de la Mbomou", préfecture de l'est du pays, précise Mgr Aguirre, sans doute attirés par les richesses minières et forestières de la région de Bangassou.

 

Le contrôle de ces ressources (diamant, or, bois,...) provoque régulièrement des affrontements meurtriers entre bandes rivales dont les civils sont les premières victimes.

 

"Ces jeunes sont désoeuvrés (...) Je les ai rencontrés dès le mois de février, car c'est mon diocèse, pour leur demander de ne pas s'en prendre aux écoles, notamment", ajoute le prélat.

 

Au sein de l’évêché se trouve un autre camp de déplacés constitué, lui, de chrétiens. Entre les deux, un no man's land, où sont assoupis quelques Casques bleus "épuisés", selon la Minusca, qui rappelle que six Casques bleus sont morts dans la région de Bangassou début mai.

 

G.D. avec AFP

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 21:30
Lu pour vous : Mahamat Mahadi Ali, la rose et le glaive

 

 

 

Portrait

 

Par Célian Macé — Libération 29 mai 2017 à 17:06

 

Ce chef de guerre tchadien qui a étudié en France et milité au PS dirige une rébellion dans le désert libyen contre Idriss Déby.

 

Amidi, Fatimé Mahamat retourne des crêpes dans la cuisine d’un salon de thé bourgeois du centre-ville de Reims. Au même moment, son époux, Mahamat Mahadi Ali, passe en revue ses troupes rebelles rassemblées à Jufra, dans le désert libyen. La première a quitté le Tchad en 1993, à 17 ans, pour se marier avec le second, qu’elle ne connaissait que par ouï-dire. Mahamat Mahadi Ali était arrivé à Reims quatre ans plus tôt, pour suivre des études d’économie. Le couple a eu cinq enfants, est passé de la chambre de cité universitaire au F4 de cité HLM. Fatimé est devenue française en 2005. Mahadi, lui, n’a jamais demandé la nationalité, «car ses pensées sont toujours là-bas», dit sa femme. Elle veut dire au Tchad, «confisqué» par le président Idriss Déby, que Mahadi a juré de «libérer». Alors, comme plusieurs générations de Tchadiens avant lui, le père de famille a pris les armes, en 2008, et rejoint la rébellion. Il est aujourd’hui l’un des principaux leaders de l’opposition armée au pouvoir de N’Djamena.

 

«Ne pas aller au maquis, dans ma jeunesse, c’était comme ne pas connaître le rap aujourd’hui : une faute. Nous y sommes tous passés, rappelle Acheikh ibn Oumar, ex-ministre tchadien. Mahadi, c’est la suite de l’histoire. Il est le plus solide, idéologiquement, des chefs tchadiens en Libye.» Après avoir apprivoisé sa première kalachnikov à 14 ans au cours d’un bref passage par la lutte armée dans les rangs de la rébellion, l’intéressé a passé son bac à N’Djamena, avant d’être envoyé à l’université en France par son oncle, l’un des plus grands commerçants du pays. «Reims était mon deuxième choix, après Nice», se souvient-il, en tassant sa cigarette. La veille, le chef rebelle a parcouru d’une traite 500 kilomètres en 4 × 4 pour venir raconter son histoire à Libération. Il est assis, les coudes sur les genoux, dans le hall vide d’un grand hôtel de Misrata, en Libye. Son chauffeur est parti chercher un briquet dans la voiture. «Je ne connaissais personne à mon arrivée, et j’étais de nature réservée. Mais je me suis adapté. L’été suivant, j’ai fait les vendanges et parcouru la région en deudeuche. J’ai suivi un DESS de droit et sciences politiques.»

 

«L’insouciance» de sa vie d’étudiant immigré s’évanouit en 1992. Une partie de sa famille réfugiée au Nigeria - dont son oncle bienfaiteur - est victime d’une rafle visant l’opposition tchadienne, imputée à Déby. Mahadi appartient à l’ethnie gorane, comme Hissène Habré, renversé en 1990. Ses proches sont exécutés.

 

Mahadi s’engage dans plusieurs mouvements d’opposition tchadiens, mais aussi dans la vie politique française. «J’étais à la fédération socialiste de la Marne, je soutenais notamment le trio Filoche-Lienemann-Mélenchon.» Aujourd’hui encore, dans le désert libyen, au gré des connexions internet capricieuses, il se tient informé de l’actualité française. Comment l’intellectuel immigré depuis vingt-cinq ans en France, «qui a élevé ses enfants avec Brassens», devient-il un chef de guerre ? En grande partie à cause d’une réconciliation manquée. En 2005, le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), dont il est l’un des représentants dans l’Hexagone, signe un accord de paix avec Déby. Mahadi veut y croire. Il accepte un poste de haut fonctionnaire au ministère des Infrastructures. Mais, en 2008, la rébellion - il y a toujours une rébellion en cours, au Tchad - atteint la capitale. Le pouvoir de Déby est à deux doigts de s’effondrer. Sur le moment, Mahadi ne rallie pas les insurgés. Mais il sait que la répression menée par le dictateur tchadien sera terrible. «Après le départ des rebelles, tous les opposants politiques ont commencé à disparaître. Mon tour allait arriver. J’ai fui le pays.»

 

C’est la révolte libyenne contre Kadhafi qui précipite son engagement sur le terrain. «Ils étaient des révolutionnaires comme nous, nous nous identifions à leur combat, ils résistaient aux chars du dictateur !» Une grande partie des rebelles tchadiens rejoint l’un ou l’autre des camps libyens. Les combattants, devenus mercenaires, s’éparpillent.

 

En 2015, Mahadi est envoyé en Libye afin de réorganiser les troupes armées sur ordre de Mahamat Nouri, chef historique de la rébellion tchadienne. Il remplit sa mission avec brio. Mais à son retour en France, en janvier 2016, il est porteur de revendications de la base. «Le monde a changé. Les jeunes d’aujourd’hui ultra-connectés n’attendent pas les ordres passivement. Ils demandaient un congrès, un changement de leadership.» Le vieux Nouri considère cette fronde comme un affront et le limoge sur le champ. Mahadi retourne en Libye où il crée son propre mouvement, le Fact, qui compte aujourd’hui, selon lui, 1 500 hommes. Au total, les rebelles tchadiens en Libye sont sans doute deux fois plus nombreux. Est-ce suffisant face à l’armée de Déby, l’une des plus puissantes du Sahel ? «L’histoire du Tchad, c’est Astérix contre les Romains, dit en souriant Ibn Oumar. Les rébellions, petites en nombre, peuvent triompher. L’unité de compte est le pick-up Toyota, il faut aller vite.»

 

Un autre sujet préoccupe les rebelles tchadiens : la France. Au cours de son mandat, François Hollande a affiché un soutien sans faille à Idriss Déby. L’aide des troupes tchadiennes au Mali, en 2013, a offert à l’autocrate tchadien le statut de partenaire privilégié dans la lutte antiterroriste, priorité absolue de Paris. En début d’année, la France a poussé l’amitié jusqu’à faire une faveur au président tchadien : un discret décret a annoncé le gel des avoirs bancaires de Mahadi. Il avait alors 440 euros sur son compte. «Ça nous sert pour la télé et le téléphone, précise sa femme. Je peux d’ailleurs toujours payer les factures avec.» La sanction n’a donc eu aucun effet concret. Mais «cela m’a choqué, et blessé», affirme Mahadi. Le décret invoque «le gel de tout ou partie des fonds […] qui appartiennent à des personnes physiques ou morales qui commettent, ou tentent de commettre, des actes de terrorisme». Le Fact pourtant ne figure sur aucune liste d’organisation terroriste. Mahadi, qui a obtenu le statut de réfugié en France, il y a vingt-cinq ans, tombe des nues. Etre assimilé aux jihadistes du Sahel, alors qu’il se proclame «gauchiste», exècre «la tribalisation à outrance» de la société tchadienne, et dit «résister de toutes ses forces» aux appels du pied des différentes factions libyennes ? Mahadi estime que les camarades socialistes pour lesquels il a «collé des affiches» dans sa jeunesse l’ont «trahi». Il écrase une nouvelle cigarette dans le cendrier intégré à l’accoudoir du fauteuil en cuir de Misrata. Son chauffeur lui fait signe : il faut regagner le désert avant la nuit.

 


 

1964 Naissance à N’Djamena. 1989 Arrivée en France. 2004 Rejoint la rébellion au Tibesti. 2008 Rejoint celle au Darfour. 2016 Prend la tête du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact), en Libye.

 

Célian Macé

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 20:28
LES ATTAQUES CIBLEES CONTRE LA POPULATION CIVILE SONT INACCEPTABLES

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

LES ATTAQUES CIBLEES CONTRE LA POPULATION CIVILE SONT INACCEPTABLES

 

Bangui, le 29 mai 2017- La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) appelle à une cessation immédiate des attaques des groupes et d’auto-défense armes contre la population civile, y compris contre les femmes et des enfants. Des attaques, parfois sur les fondements ethnique et religieux, continuent de cibler des personnes et lieux protégés dans plusieurs villes de la RCA notamment à Bangassou, à Bria et à Alindao. La MINUSCA et le Haut-Commissariat des Droits de l’Homme rappellent que de tels actes pourraient constituer des crimes contre l’humanité.

 

Dans toutes ces localités du sud de la RCA, les casques bleus de la MINUSCA protègent des milliers de personnes déplacées.

 

La MINUSCA et le HCDH dénoncent les attaques visant les centres d’accueil des déplacés et les hôpitaux et demandent aux groupes armés d’arrêter toute entrave au travail des humanitaires ainsi que des menaces contre les organisations humanitaires.

 

Le 24 mai à Bangassou (Préfecture de Mbomou), les anti-Balaka ont enlevé deux femmes qui étaient soignées à l’hôpital. L’une des femmes a été abattue sur place tandis que l’autre a été enterrée vivante.

 

Le 28 mai, à Bangassou, des éléments armés présumés anti-Balaka, ont interdit aux humanitaires de mener une mission dans la localité. Par ailleurs, les éléments armés ont enlevé une femme et cinq enfants avant de les tuer en brousse.

 

Du 20 au 26 mai, la MINUSCA a reçu des informations de sources concordantes selon lesquelles les éléments ex-Séléka sous le commandement d’Issa-Ahmat et de Dambousha auraient commis des exactions à l’encontre de la population de Bria (préfecture de la Haute-Kotto). Des cas de meurtres, de pillages de biens et d’incendies de maisons contre la population ont été signalés.

 

Ces attaques viennent s’ajouter à celles qui ont visé les casques bleus à Bangassou entre les 8 et 13 mai, de même que les affrontements entre des éléments des anti-Balaka et l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC) du 7 au 9 mai qui ont entraîné la mort de plus 100 civils à Alindao, dans la préfecture de la Basse Kotto. Dans cette ville, les éléments armés manipulent les populations civiles et empêchent la plateforme oecuménique pour la paix de travailler en vue de la cohésion sociale.

 

La Représentante Spéciale adjointe du Secrétaire Générale de l’ONU en RCA condamne les actes de violence et abus des droits de l'homme. Elle exige la protection des sites protégés et la cessation des entraves à l’action humanitaire. Elle demande aux chefs des groupes armées et d’auto-défense de mettre fin immédiatement aux violences, et les exhorte à prendre des mesures permettant de traduire en justice leurs éléments impliqués dans ces violations et abus des droits de l'homme.

 

La MINUSCA rappelle à ceux qui commettent, donnent l’ordre, dirigent, financent, organisent ou omettent d’empêcher ces attaques contre les civils, les travailleurs humanitaires et les casques bleus de l’ONU, qu’ils porteront l’entière responsabilité de ces violences. Ces individus peuvent être poursuivis pour crimes de guerre.

 

______________________________________________________________________________

Division de Communication Stratégique et d'information publique

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

https://minusca.unmissions.org | @UN_CAR |

 

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 20:26

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

JOURNÉE DES CASQUES BLEUS : LA MINUSCA ET LE GOUVERNEMENT REAFFIRMENT LEUR VOLONTÉ D’ŒUVRER POUR LA PAIX

 

Bangui, 29 mai 2017 – La Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations unies en République centrafricaine (RCA), Diane Corner, et le Premier ministre centrafricain, Mathieu Simplice Sarandji, ont réaffirmé leur volonté d’œuvrer ensemble pour la paix et la sécurité dans le pays. L’annonce a été faite ce lundi à Bang​ui, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des casques bleus de l’ONU, au cours de laquelle la MINUSCA et le Gouvernement centrafricain ont rendu hommage aux 46 soldats de la paix disparus depuis le début de la Mission onusienne dans le pays.

 

Le Premier ministre a, au nom du Chef de l’Etat, du Gouvernement et de la Nation, loué et exalté « l’engagement de ces femmes et de ces hommes au service de la paix » en RCA, avant de rendre hommage aux soldats de la paix qui ont perdu la vie en servant sous le drapeau des Nations Unies dans les différentes missions et en RCA. « Nous mesurons tous les jours les efforts inlassables des soldats de la paix pour instaurer la paix et la stabilité dans notre pays. C’est pourquoi, nous allons continuer à travailler ensemble pour relever ce défi. Mon gouvernement réaffirme sa ferme volonté à créer les meilleures conditions en vue de favoriser un retour rapide à la paix et la stabilité », a-t-il assuré.

 

Le Premier Ministre a par ailleurs invité ses compatriotes à s’unir afin de travailler ensemble pour la réconciliation nationale. « Bien que le chemin soit long et parfois semé d’embuches à cause des ennemis de la paix, nous sommes déterminés à conduire notre pays vers la voix d’une réconciliation durable. C’est pourquoi, j’en appelle au sens patriotique de tous mes compatriotes, aux forces vives de la Nation, car le moment est venu pour que nous soyons tous ensemble autour du Président de la République, pour relever le défi de la paix », a lancé le chef du Gouvernement.

 

Pour sa part, la Représentante spéciale adjointe est revenue sur le message du Secrétaire général, avant de souligner que les casques bleus resteront fermes quant à leur engagent en Centrafrique. « Nous rendons hommage à tous ces courageux soldats de la paix et au personnel qui sont morts pour la paix et saluons les contingents militaires pour rester résilients. Malgré les actions des groupes armés et de ceux qui les appuient, qui sont prêt à tout faire y compris à massacrer des centaines d’innocents, la MINUSCA continuera d’assurer une présence solide même dans des zones très difficiles », a prévenu Corner.

 

La Représentante spéciale adjointe a réaffirmé que la MINUSCA travaillera ensemble avec les autorités centrafricaines. « La MINUSCA continuera à travers tous ses unités, que cela soit militaire, police ou civiles, et dans toutes ses activités, à investir dans une paix durable, en travaillant étroitement avec le gouvernement et les autorités de la RCA. Nous travaillerons pour la réduction des groupes armés; la protection des civils; la promotion et protection des droits de l'homme; la réconciliation nationale, et la prestation de l'aide humanitaire », a-t-elle souligné.

 

La cérémonie de commémoration de la journée des casques bleus s’est déroulée au siège de la MINUSCA à Bangui, en présence des autorités centrafricaines, du corps diplomatique et du personnel civil et en uniforme de la Mission. La journée a également été commémorée dans les différents bureaux régionaux de la Mission.

 

Depuis le début de l’année, 14 soldats de maintien de la paix des Nations unies sont tombés dans la quête de la paix et de la stabilité en Centrafrique. Entre 2014 et 2017, la MINUSCA a perdu 46 soldats de la paix.

 

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Division de Communication Stratégique et d'information publique

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

https://minusca.unmissions.org | @UN_CAR |

JOURNÉE DES CASQUES BLEUS : LA MINUSCA ET LE GOUVERNEMENT REAFFIRMENT LEUR VOLONTÉ D’ŒUVRER POUR LA PAIX
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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 20:22
Centrafrique : Les éléments 3R exigent de rançon pour restituer les biens pillés

 

 

 

Par Nina Verdiane Niabode le 29 mai 2017

 

BANGUI, 29 Mai 2017(RJDH)…les éléments de groupe armé 3R exigent à la population de Niem de rançon pour leur restituer les biens pillés. Idée rejetée par la population qui opte pour une restitution sans contrepartie. Information confirmée au RJDH par des sources concordantes.

 

La projection des éléments 3R de Sidiki intervient dans un contexte de retrait de ce mouvement la semaine derrière de la localité de Niem où des pillages ont été enregistrés au profit de leur base initiale de Yéléwa.

 

Un habitant de Yéléwa joint par le RJDH a confirmé la proposition des hommes de Sidiki et dit rejeter l’offre « les éléments 3R sont à 10 km, à leur ex base, ils nous ont demandé de venir récupérer les biens qu’ils ont pillés contre de l’argent, mais la population locale n’a pas apprécié cela », a-t-il témoigné sous couvert de l’anonymat.

 

Information rejetée par le porte-parole de 3R joint par le RJDH « ce n’est pas acceptable de restituer des biens pillés aux propriétaires contre une somme d’argent, cela n’est qu’une invention de la part des individus mal intentionné », a-t-il déclaré.

 

Les éléments 3R sont pointés du doigt pour des pillages et autres crimes. Les députés du nord ont exigé leur départ des localités de Niem, Yéléwa et Koui.

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 22:38

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

LE COORDONNATEUR HUMANITAIRE CONDAMNE LA RESURGENCE D’ATTAQUES A CONNOTATION RELIGIEUSE ET ETHNIQUE

 


Bangui, le 28 mai 2017Le Coordonnateur humanitaire en République centrafricaine, Najat Rochdi, exprime sa grande inquiétude face à la résurgence des violences, des atrocités et de la violation des droits humains commis les derniers jours et à connotation religieuse et ethnique. Six femmes et plusieurs enfants ont été sauvagement assassinés par des hommes armés en raison de leur appartenance religieuse au courant de la semaine dernière. Najat Rochdi condamne fermement tous ces assassinats et ces violences graves ciblant spécifiquement les membres des communautés particulières. Elle dénonce « ces actes odieux et d’une lâcheté innommable contre des femmes et des enfants sans défense.

 

Dans les localités d’Alindao, Bangassou, Mobaye et à Bria particulièrement, je condamne fermement la persécution dont la population civile fait l’objet malgré tous les appels à la paix et à la tolérance lancés envers les auteurs de ces agressions » s’est-elle insurgée. « Toute attaque sur une base religieuse ou communautaire est une attaque contre l'humanité et contre les valeurs universelles qui nous unissent et ne devraient plus avoir leur place en République centrafricaine où l’on cherche à panser les blessures du passé. De telles attitudes doivent être éradiquées afin de donner une chance aux populations de retrouver la paix et de reconstruire leur vie et celle des générations futures. J'en appelle à toutes les parties de cesser immédiatement ces exactions et de s'engager de nouveau dans le dialogue pour la Paix» a souligné Najat Rochdi.

 

Le Coordonnateur humanitaire a, par ailleurs, mis en garde tous ceux qui sont impliqués dans ces atrocités contre la stigmatisation qui avait entrainé la Centrafrique vers les abysses en décembre 2013. « Au mois de mai 2017, la République centrafricaine compte plus de 500 000 déplacés internes. Ce chiffre n’avait plus été atteint depuis août 2014» a alerté Najat Rochdi.

 

Dans le même temps, les acteurs humanitaires font de plus en plus l’objet d’attaques dans l’exercice de leurs fonctions. Au cours des trois derniers jours, trois d’entre eux ont été violemment battus alors qu’ils venaient en aide à ceux qui sont dans le besoin. Le Coordonnateur humanitaire exhorte toutes les parties à respecter le caractère civil et humanitaire des sites de déplacés et la neutralité des structures sanitaires. « Les partenaires doivent avoir un accès humanitaire inconditionnel à ceux et à celles qui sont dans le besoin d'assistance » a rappelé Najat Rochdi. Elle a par ailleurs souligné que les violations du Droit international humanitaire et les nombreuses entorses aux Droits de l’Homme peuvent être considérées comme des crimes contre l’humanité.

 

Enfin, le Coordonnateur humanitaire rappelle « que seuls le dialogue et la tolérance permettront aux Centrafricaines et au Centrafricains de retrouver la paix ».


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Ms. Yaye Nabo SENE


Head, Public Information |United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA)
Central African Republic (CAR)


Email: seney@un.org | Mob: +236 70087565 | Skype: yayenabosene
car.humanitarianresponse.info | unocha.org/car | humanitarian.id | reliefweb.int

 

 

L'ONU s'alarme de la résurgence des violences religieuses et ethniques en Centrafrique

 

Les Nations unies ont condamné les dernières violences en Centrafrique, dénonçant une résurgence des tensions ethniques et religieuses qui a déjà fait plusieurs centaines de morts depuis le début du mois.

 

"Le Coordonnateur humanitaire (de l'ONU) en République centrafricaine, Najat Rochdi, exprime sa grande inquiétude face à la résurgence des violences, des atrocités et de la violation des droits humains commis les derniers jours et à connotation religieuse et ethnique", indique un communiqué des Nations unies.

 

La responsable estime que les attaques sur une base religieuse ou communautaire "ne devraient plus avoir leur place en République centrafricaine où l'on cherche à panser les blessures du passé" et appelle toutes les parties à "cesser immédiatement ces exactions et de s'engager de nouveau dans le dialogue pour la paix".

 

Un communiqué des Nations unies de jeudi dernier établissait un bilan alarmant des nouvelles violences dans ce pays plongé dans le chaos depuis quatre ans.

 

"La résurgence des derniers foyers de tensions au cours des deux dernières semaines a fait environ 100.000 nouveaux déplacés, 200 blessés et 300 morts", écrivait le texte citant Mme Rochdi et la ministre centrafricaine des Affaires sociales et de la réconciliation nationale, Virginie Baïkoua.

 

Le bilan des blessés et des morts comprenant des femmes et des enfants concerne les attaques en mai sur les localités d'Alindao, Bangassou, Mobaye et Bria, dans le centre du pays, à l'est de la capitale Bangui.

 

Un précédent bilan établi mercredi 24 mai par le bureau des Affaires humanitaires des Nations unies en Centrafrique (Ocha) faisait état de 108 morts et de 76 blessés et plus de 4.400 déplacés pour la seule attaque survenue le 13 mai dans le quartier musulman de la ville de Bangassou.

 

Six Casques bleus ont également trouvé la mort ce mois-ci à Bangassou et dans ses environs.

 

Le nombre des déplacés a atteint un niveau très élevé, s'est inquiétée Mme Rochdi.

 

"Au mois de mai 2017, la République centrafricaine compte plus de 500.000 déplacés internes. Ce chiffre n'avait plus été atteint depuis août 2014", a-t-elle déclaré.

 

Par ailleurs, les humanitaires "font de plus en plus l'objet d'attaques dans l'exercice de leurs fonctions", ajoute Mme Rochdi dans le communiqué publié dimanche. "Au cours des trois derniers jours, trois d'entre eux ont été violemment battus", dit-elle.

 

Six humanitaires ont trouvé la mort dans le pays en 2016, selon l'ONU.

 

La Centrafrique a basculé en 2013 dans une phase de violences avec le renversement de l'ex-président François Bozizé par les rebelles à majorité musulmane de la Séléka, suscitant une contre-offensive menée par des milices chrétiennes, les anti-balaka.

 

L'intervention de la France (jusqu'en octobre 2016) et de la Minusca (environ 12.500 hommes) a permis le retour au calme dans la capitale Bangui mais pas dans l'intérieur du pays qui connaît un regain de violences depuis novembre.

 

Avec AFP

LE COORDONNATEUR HUMANITAIRE CONDAMNE LA RESURGENCE D’ATTAQUES A CONNOTATION RELIGIEUSE ET ETHNIQUE
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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 22:47
Lu pour vous : Pourquoi la crise centrafricaine dure et va durer

 

 

 

Point de vue

 

Pourquoi la crise centrafricaine dure et va durer

 

Pour le chercheur Thierry Vircoulon, la recrudescence de violences met en évidence l’absence d’un véritable Etat et l’inefficacité de l’ONU.

 

Une nouvelle vague de violences frappe la Centrafrique. Le 8 mai, des miliciens ont tendu une embuscade à un convoi de la Minusca, faisant six morts parmi les casques bleus. Puis, dans la nuit du 12 au 13 mai, des miliciens ont attaqué la ville de Bangassou et s’en sont pris aux communautés peules et musulmanes de cette ville. D’après la Croix-Rouge centrafricaine, l’attaque de Bangassou aurait fait une centaine de morts. Les jours suivants, des combats se sont encore déroulés à Bria et Alindao.

 

Selon un scénario désormais bien rôdé, quand une partie du pays s’enflamme, l’incendie est communicatif et l’opposition se déchaîne contre l’inefficacité du gouvernement et des casques bleus. A la violence du sud-est de la Centrafrique fait écho la violence du Nord-Ouest, dans les régions de Paoua, Bocaranga, Kabo, Markounda et Bang, où les humanitaires sont particulièrement ciblés.

 

Du fait de la dégradation de leur situation sécuritaire, quatre des plus importantes organisations humanitaires en Centrafrique ont décidé, début mai, de suspendre temporairement leurs activités dans ces régions.

 

Un territoire à prendre

 

Sanctuarisés dans une immense zone allant du Nord-Ouest au Sud-Est et qui coupe le pays en deux, les groupes armés luttent les uns contre les autres pour contrôler certaines ressources naturelles et certains axes commerciaux.

 

Après s’être affrontés au début de cette année pour le contrôle de Bambari, une ville stratégique au centre du pays, les différents groupes armés se battent maintenant pour définir « leurs » zones d’influence dans le sud. Par exemple, l’Union pour la paix en Centrafrique s’efforce d’avoir accès à la frontière congolaise afin de pouvoir trafiquer avec certains en République démocratique du Congo (RDC).

 

Cette guérilla territoriale, qui se déroule à des centaines de kilomètres de la capitale, est attisée par le retrait annoncé des armées ougandaise et américaine du Sud-Est, qui s’étaient installées en 2011 pour neutraliser l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). Ce retrait, qui a commencé et devrait être achevé en juin, crée un vide sécuritaire dans le Sud-Est, nouveau territoire d’affrontement.

 

Cette recrudescence de violences met en évidence les trois principales raisons de la persistance de la crise centrafricaine :

 

Le programme de DDR, une utopie lointaine

 

Présenté comme la recette miracle pour le retour de la sécurité et censé être mis en œuvre par les Nations unies, le programme de « désarmement, démobilisation et réintégration », dit DDR, est bloqué depuis 2015 car les incitations négatives sont plus importantes que les incitations positives pour le gouvernement et les groupes armés. Le gouvernement n’a aucun intérêt à accepter les revendications des chefs de groupes armés (amnistie, participation au gouvernement et aux institutions de sécurité). De leur côté, les représentants des groupes armés ont tout intérêt à faire durer les discussions sur le DDR.

 

Si les bailleurs de fonds ont réuni 45 millions de dollars (40 millions d’euros) pour le DDR, les conditions politiques et sécuritaires ne sont actuellement pas réunies et l’ONU ne semble pas avoir le pouvoir de les mettre en place.

 

La réforme de gouvernance : une rhétorique vide

 

Sur le plan de la gouvernance, l’absence d’élan réformateur par le gouvernement issu des élections de 2016 pose un problème. La crise centrafricaine qui a débuté en 2013 est l’aboutissement d’au moins deux décennies de mauvaise gouvernance qui ont eu pour conséquences logiques la déréliction de l’appareil d’État et la « désadministration » progressive d’une grande partie du territoire. La Centrafrique est devenue un État fantôme réduit au siège du gouvernement, incapable d’exercer les fonctions de souveraineté basiques sur la majorité de son territoire.

 

L’élection régulière d’un nouveau gouvernement était porteuse d’une promesse de rupture avec ce passé et de refondation de l’administration, tant civile que sécuritaire. Mais les promesses de changement n’engagent que ceux qui y croient, surtout quand l’ombre de l’ancien régime plane sur le nouveau. Ainsi les fonctionnaires des administrations régaliennes ont-ils été redéployés en province sans moyens financiers pour fonctionner – comme avant la crise.

 

Le déficit de management des rares services administratifs qui subsistent en Centrafrique fait douter les bailleurs de fonds de la volonté du gouvernement d’enclencher les réformes de gouvernance mises en avant dans sa feuille de route et de lutter contre la corruption.

 

L’ONU face à ses contradictions

 

Depuis la fin de l’opération militaire française Sangaris et de l’opération européenne Eufor, et en raison de la passivité de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), l’ONU est de facto chargée de conduire la Centrafrique vers une paix durable. Pour ce faire, le Conseil de sécurité a posé les principes de la stratégie de paix dans la résolution postélectorale du 26 juillet 2016.

 

Cette stratégie repose sur les mêmes principes que ceux énoncés par le Conseil de sécurité pour le Mali, le Soudan du Sud ou la RDC : la réconciliation par le dialogue, la lutte contre l’impunité, la lutte contre le trafic d’armes et de ressources naturelles, etc. L’agent d’application de cette stratégie et de ces techniques est la Minusca, qui compte environ 10 000 casques bleus dotés du droit d’employer la force en vertu du chapitre VII de la charte des Nations unies.

 

Cohérente en apparence, cette architecture de paix est malheureusement viciée à la base. D’une part, la stratégie de paix contenue dans la résolution onusienne ne fait pas consensus ; d’autre part, l’ONU a une capacité de « containment » des acteurs du conflit, mais pas une capacité d’influence sur eux.

 

L’inefficacité de l’armada onusienne (dont le budget est proche du milliard de dollars) et des sanctions du Conseil de sécurité n’a pas seulement un coût humain, mais aussi un coût politique : le fait d’être un acteur de sécurité faible sur le terrain ne discrédite pas seulement l’ONU aux yeux des acteurs locaux (populations, groupes armés et gouvernement), il en fait aussi un nain politique dans un contexte où le Conseil de sécurité souhaite une solution négociée à la crise. Dès lors, la stratégie onusienne est prise dans un cercle vicieux : l’absence de force dissuasive n’incite pas à la négociation et la spirale de la violence rend la négociation encore plus improbable.

 

Impuissance volontaire

 

Pour l’heure, on ne voit ni sortie de crise proche ni solution durable pour la crise centrafricaine. Tant qu’il n’y aura pas de forte pression sur le gouvernement et les groupes armés et que le Conseil de sécurité continuera d’opter pour l’impuissance volontaire, la Centrafrique subira un conflit de basse intensité avec des pics de violence tous les quatre ou cinq mois.

 

Faute d’intérêts à s’accorder sur le DDR depuis deux ans, les groupes armés ont consolidé leur base économique et sont passés de dix à quatorze. Après les violences à Bambari et à Bangassou, les membres du Conseil de sécurité sont face à l’alternative suivante :

 

  • soit se contenter d’un statu quo épisodiquement violent et d’une partition de facto de la Centrafrique. Financièrement, ce choix signifie que les bailleurs de fonds devront continuer de maintenir le gouvernement sous perfusion et qu’il faudra financer la Minusca pour encore au moins dix ans et trouver les fonds qui manquent pour faire face à une crise humanitaire durable. En termes de risque, ce choix conduira à l’enracinement des groupes armés et à la création d’une zone grise de la taille de la France et de la Belgique réunies au centre de l’Afrique.
  • soit faire bouger les lignes pour une solution négociée en regagnant de l’influence sur les parties au conflit. Cela implique de faire en sorte qu’au niveau de l’ONU, la force et la diplomatie aillent de pair, de cesser de croire qu’un DDR par le seul dialogue est possible et d’employer la méthode de la carotte et du bâton pour débloquer ce dossier, d’agir sur l’économie de guerre des groupes armés et de conditionner le soutien au gouvernement à des actions concrètes au lieu de promesses vides. C’est un scénario innovant, et donc hautement improbable.
  •  

Thierry Vircoulon est chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI) et enseignant à Sciences Po et à l’Université Sorbonne-Paris-Cité.


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/26/pourquoi-la-crise-centrafricaine-dure-et-va-durer_5134074_3212.html#rz5oYp59e0t6D0se.99

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 22:18
Lu pour vous : Privé de sa rente pétrolière, le Tchad s’enfonce dans la crise
Lu pour vous : Privé de sa rente pétrolière, le Tchad s’enfonce dans la crise

 

 

 

 

L’Etat tchadien, très affecté par la baisse des cours de l’or noir, est en quasi-faillite. Face aux difficultés économiques et sociales, le pouvoir se crispe.

 

LE MONDE ECONOMIE | 26.05.2017 à 10h07 | Par Laurence Caramel (N'Djamena, envoyée spéciale)

 

A N’Djamena, personne ne prédit l’avenir. Murés dans le silence, les Tchadiens attendent. Quand s’achèvera cette course vers l’abîme dans laquelle s’enfonce le pays depuis près de trois ans ? Ils guettent comme des oracles les grands chantiers présidentiels suspendus en 2015, alors que s’évanouissait la rente pétrolière. Mais, pour l’instant, le Toumaï Palace aux façades dorées, la carcasse de béton du futur ministère des affaires étrangères comme celle du ministère des finances se refusent à parler.

 

Sur les échafaudages recouverts de poussière, nul signe de reprise. L’Etat n’a plus d’argent. Si le mot faillite n’est pas encore prononcé, le président Idriss Déby Itno ne le doit qu’au soutien budgétaire des institutions internationales et des bailleurs occidentaux, reconnaissants envers leur meilleur allié dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Et trop inquiets à l’idée que ce régime, qui peut se prévaloir de sa stabilité dans le chaos régional, puisse à son tour basculer. N’Djamena abrite le quartier général de l’opération militaire française « Barkhane ». « Ce serait la Somalie ou le Mali puissance 10 », prédit-on dans les chancelleries inquiètes.

 

« Situation bloquée »

 

Fin 2016, après quatre mois de grève pour protester contre les arriérés de salaires, les fonctionnaires ont progressivement repris le travail. Amers. « On est à bout. Que reste-t-il de l’argent du pétrole ? Quelques routes, un hôpital que l’Etat n’a plus les moyens d’entretenir. C’est la misère. Il y a ceux qui sont au chômage et ceux qui ont un travail mais ont du mal à se faire payer », lâche l’un d’eux. A côté de l’ancien Parlement, dans le centre-ville, les hommes se louent à la journée. Electriciens, plombiers, maçons, caisse à outils au pied, ils attendent le client en sirotant de l’alcool de canne à sucre. Et dans l’avenue Sao, où les gagnants de la manne pétrolière venaient flamber leurs dollars, la vie tourne au ralenti.

 

Pris de court par ce revers de fortune qu’il n’avait pas anticipé, le pouvoir s’est un peu plus crispé. Le 4 mai, Nadjo Kaina Palmer et Bertrand Solloh Gandere, deux militants du mouvement Iyina (« On est fatigués », en arabe), ont été condamnés à six mois de prison avec sursis pour « tentative de complot » et « provocation d’attroupement ». Incarcérés début avril et victimes de tortures, selon leurs avocats, ils avaient appelé à une journée « ville morte » pour exprimer le mécontentement général, un an après la réélection d’Idriss Déby pour un cinquième mandat. Dans une lettre commune, les ambassadeurs de l’Union européenne, des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la France et de la Suisse ont exprimé leur « préoccupation » face à ces arrestations et réitéré « leur attachement au respect des libertés d’expression et de manifestation ». Peut-être cela-a-t-il contribué à adoucir la peine ? Le procureur avait requis cinq ans de prison ferme.

 

Abderamane Gossoumian, coordinateur du Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation, constate :

 

« Le régime durcit le ton en attendant des jours meilleurs. Les journalistes sont traqués, les militants de la société civile menacés, les acteurs politiques ne peuvent plus organiser des meetings librement. La situation est bloquée. Le gouvernement est dans le déni. Personne ne veut assumer la chute des cours du pétrole, alors qu’il faudrait expliquer aux Tchadiens ce qu’il s’est passé et ouvrir un dialogue pour trouver une voie de sortie consensuelle. »

 

Dépenses divisées par deux

 

Les jours meilleurs ne sont pas pour demain. A côté de l’effondrement des revenus du pétrole – dont le cours a été divisé par trois entre 2014 et 2016, passant de plus de 100 dollars à 34 dollars le baril –, le gouvernement doit faire face au remboursement de la dette qu’il a contractée auprès du courtier en matières premières anglo-suisse Glencore : plus de 2 milliards de dollars (environ 1,8 milliard d’euros) imprudemment empruntés en deux fois, entre 2013 et 2014.

 

Les institutions financières internationales et les bailleurs bilatéraux sont à nouveau devenus incontournables

 

Cette somme correspond à une première avance sur les revenus du brut, de 800 millions, puis à un prêt de 1,4 milliard de dollars pour racheter la participation de l’américain Chevron dans le consortium composé avec ExxonMobil et Petronas pour l’exploitation des champs pétroliers de Doba, dans le sud du pays. Le Tchad a déjà rééchelonné sa dette une fois. Mais un retour à la table des négociations pour obtenir une nouvelle bouffée d’oxygène des créanciers est d’actualité.

 

Depuis plusieurs mois, Glencore se rembourse directement en commercialisant le brut tchadien. « Il ne rentre quasiment plus rien dans les caisses de l’Etat. Une soixantaine de millions de dollars contre 1 milliard de dollars il y a trois ans. Ce n’est pas tenable » avertit un observateur.

 

L’ajustement a été brutal. L’Etat a été contraint de diviser ses dépenses par deux. Seuls les engagements militaires ont été protégés pour que le Tchad puisse continuer à tenir son rôle de gendarme régional, en particulier dans la région du lac Tchad, déstabilisée par le mouvement djihadiste Boko Haram.

 

Une deuxième « facilité de crédit » en discussion

 

Les institutions financières internationales et les bailleurs bilatéraux sont à nouveau devenus incontournables. Une deuxième « facilité de crédit » avec le Fonds monétaire international est en cours de discussion et une délégation ministérielle est attendue début septembre au siège européen de la Banque mondiale, à Paris, pour convaincre les donateurs de soutenir le Plan national de développement 2017-2021. Montant de la corbeille : 2 000 milliards de francs CFA (environ 3,1 milliards d’euros). « Nous ne sommes pas là seulement pour faire les fins de mois de l’Etat tchadien, notre soutien doit se traduire en dialogue politique et en réformes mises en œuvre. Il faut que quelque chose se passe sinon ça va craquer », veut croire l’un de ces donateurs.

 

Ce serait un tournant. Jusqu’à présent, rien n’a fait dévier le pouvoir de sa trajectoire funeste et la première décennie « pétrole » s’est soldée par une occasion manquée. Le Tchad, où l’espérance de vie ne dépasse pas 52 ans, est classé 186e sur 188 sur la liste du développement humain du Programme des Nations unies pour le développement.


http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/05/26/prive-de-sa-rente-petroliere-le-tchad-s-enfonce-dans-la-crise_5134099_3234.html#yQHmlQdcqBMXeYFh.99

 

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 21:46
Centrafrique : Un ancien cadre de BADICA arrêté dans des conditions douteuses

 

 

Centrafrique : Un ancien cadre de BADICA arrêté dans des conditions douteuses

 

Par RJDH le 27 mai 2017

 

BANGUI, 27 mai 2017 (RJDH)—Zakari Yaou Mahafour, ancien Directeur Général du Bureau d’Achat de Diamant en Centrafrique (BADICA) a été arrêté et mis aux arrêts sur ordre du 3ème juge d’instruction. Cette arrestation est dénoncée par la défense qui parle d’une machination visant à bloquer les droits légaux que BADICA était sommé en première instance de verser à son ancien Directeur Général.

 

Zakari Yaou Mahafour était opposé à BADICA depuis quelques années. Ce dernier réclamait ses droits légaux après avoir été licencié par la société qui n’avait pas, selon des sources proches du dossier, évoqué des raisons.

 

En première instance, la société a été sommée de verser une somme de 230 millions de Fcfa à Zakari Yaou Mahafour. Mais depuis que BADICA est réassignée à verser cette somme, les choses se sont précipitées contre celui qui pourtant a été lésé.

 

Le 18 mai dernier, le tribunal présidé par le 3ème juge d’instruction a condamné Zakari Yaou Mahafour à cinq mois d’emprisonnement ferme et 50000 Fcfa d’amende. Alors que la défense a interjeté appel, contre toute attente, le 3ème juge d’instruction délivre un mandat d’arrêt et fait arrêter le présumé qui a été à la Compagnie Nationale de Sécurité avant d’être transféré à la prison centrale.

 

La défense de Zakari Yaou Mahafour s’étonne de la rapidité à laquelle le dossier a été géré. Dans une lettre adressée au ministre de la justice, lettre dont RJDH a eu copie, Me Christine Ouaballo Priso parle de dérapage qui déshonore la justice centrafricaine. Dans ce document, la défense demande la libération de Zakari Yaou Mahafour pour permettre à la procédure de suivre son cours jusqu’à ce que le jugement prenne la valeur de la chose jugée.

 

Des informations en notre possession font état de fonds utilisés pour manipuler la décision de la justice. Le 3ème juge d’instruction qui pourtant, selon nos sources aurait promis de faire libérer le présumé pour que la procédure suive son cours, n’est plus joignable. Le RJDH a tenté aussi en vain d’entrer en contact avec le parquet.

 

Dans la soirée du vendredi, la maison familiale du présumé a été encerclée par des hommes armés qui, de sources bien informées ne parleraient pas Sango. Les membres de cette famille ont du passer la nuit du vendredi à samedi ailleurs.

 

Ce n’est pas pour la première fois que BADICA, empétrée dans des affaires, tente de manipuler la décision de justice. Cette société a été accusée de connivence avec la Séléka. Cette situation a conduit le gel des avoir de cette société à l’étranger conformément à la sanction des Nations-Unies.

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 21:02
Lu pour vous : Centrafrique. "Ils nous lançaient des mains et des pieds découpés"

 

 

Centrafrique. "Ils nous lançaient des mains et des pieds découpés"

 

http://www.ouest-france.fr/  le | Publié le

 

De notre correspondant en RCA, à Bangassou, Abel SPRANG

 

La ville de Bangassou, à 500 km de Bangui, la capitale, sombre à nouveau dans le chaos. Le quotidien des civils et des humanitaires est rythmé par les prises d'otage et les agressions.

 

À Bangassou, le cauchemar a commencé début mai : six Casques bleus de la Minusca tués dans une embuscade tendue par des villageois, l'arrivée d'une centaine d'hommes armés, puis le massacre des musulmans. Djamil, l'un des rescapés, raconte : « Les Casques bleus ont dit aux musulmans de se réfugier dans la mosquée. Ce qu'ils ont fait. Puis les Casques bleus les ont abandonnés. »

 

L'évêque de Bangassou, l'Espagnol Juan-José Aguirre-Munoz, précise : « Après le départ des Casques bleus, une vague de miliciens anti-balaka a accouru vers la mosquée en hurlant, brandissant machettes et fusils artisanaux. Ils ont vu l'imam sortir. Ils lui ont tiré dessus. Il est tombé à genoux, blessé à mort. »

 

Nuit d'horreur

 

Encerclés par des hommes armés, quatre cents musulmans ont attendu 48 heures. Des tireurs étaient postés tout autour. « Ils nous lançaient des mains et des pieds découpés », ajoute Djamil.

 

Le bilan officiel fait état de 108 morts et de 76 blessés. Ce carnage est l'oeuvre de « fils de chasseurs en colère », comme les appellent les habitants. Depuis plusieurs semaines, des dizaines de rapports d'ONG, confirmés par des observateurs de l'Onu et par les autorités locales, signalaient des mouvements d'hommes armés se dirigeant vers Bangassou. « Au moins mille », avance l'évêque. « C'est probable », renchérit un humanitaire, précisant que, lorsqu'ils ont déferlé sur la ville, « ils étaient drogués, alcoolisés, incontrôlables ».

 

Selon l'évêque, « cette chasse systématique aux musulmans [...] est la conséquence d'un conflit de plus longue date. C'est une vengeance contre le mal qu'a fait la Seleka. Dans la tête des gens, les paisibles musulmans de Bangassou sont alliés à la Seleka. ». Puis il déplore : « Beaucoup de ces jeunes anti-balaka sont désoeuvrés et cherchent des moyens de survivance. » De fait, les musulmans de Bangassou constituent l'élite économique de la ville et sont donc une cible privilégiée.

 

Crise de grande ampleur

 

« Les anti-balaka font la loi », déplore un humanitaire. Il faut dire que la Minusca locale est amoindrie, ses soldats à bout de forces et ses matériels à bout de souffle. L'autorité de l'État n'est représentée que par sept gendarmes armés de deux fusils de chasse.

 

Forts de leur impunité, les anti-balaka s'attaquent désormais aux humanitaires, n'hésitant pas à les prendre en otage et à tuer deux femmes alitées au sein même de l'hôpital. Jeudi, le responsable d'une ONG médicale sur place se préparait au pire : « Des mesures d'évacuation du personnel humanitaire ont été prises » et une partie de l'équipe a été exfiltrée, en soirée, vers Bangui.

 

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