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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:12

 

 

 

 

PARIS, France, 5 décembre 2014/African Press Organization (APO)/

 

 Quai d'Orsay - Déclarations du porte-parole - 5 décembre 2014

 

Un an après le lancement de l'opération Sangaris pour protéger les populations centrafricaines, la France reste mobilisée sur les plans politique et militaire, ainsi que pour apporter une aide humanitaire et développer des actions de coopération, en étroite liaison avec l'Union européenne, les Nations unies et tous nos partenaires internationaux. Grâce à nos efforts, la Centrafrique n'a pas été une crise oubliée. Les troupes françaises ont été rejointes, à notre demande, par l'opération européenne EUFOR-RCA en mai dernier et par la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). Les casques bleus sont déployés sur le terrain depuis le 15 septembre.

 

Les massacres ont été évités. Des difficultés persistent mais le nombre de personnes déplacées est en baisse constante, l'économie locale redémarre. Sur le plan politique, l'instabilité a fait place à une transition plus apaisée, dont la perspective des élections doit marquer l'aboutissement. Les besoins humanitaires restent cependant considérables, en Centrafrique comme dans les pays voisins, où se trouvent des centaines de milliers de réfugiés.

 

Le succès de la sortie de crise repose d'abord sur les Centrafricains, avec l'aide de la médiation régionale animée par le président congolais Denis Sassou Nguesso. Nous appelons tous les acteurs de la transition à participer activement au dialogue politique et à la réconciliation nationale, dans la perspective du Forum de Bangui. Des élections libres et apaisées doivent se tenir au plus tard en août 2015.

République centrafricaine - Situation un an après l'opération Sangaris
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Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:08

 

 

 

 

http://www.egaliteetreconciliation.fr   Revue de presse  2014  décembre

 

Le 5 décembre 2013, le président Hollande lançait l’opération Sangaris en Centrafrique, un pays déstabilisé par la prise du pouvoir, six mois plus tôt, par la coalition de la Séléka. Cette dernière, coupable d’exactions contre les populations chrétiennes, était alors aux prises avec les milices anti-balaka, reformées en réaction à ces violences. En outre, certaines d’entre-elles étaient – et le sont encore – manipulée par le clan de François Bozizé, le président centrafricain déchu.

 

Plusieurs raisons ont donc motivé cette nouvelle intervention française. La Centrafrique étant devenue un État failli, le risque était grand de voir se créer un vide sécuritaire susceptible de profiter à des groupes armés – jihadistes ou non – pouvant déstabiliser les pays voisins. Par ailleurs, il fallait mettre un terme au cycle violences/représailles commises par les deux camps et chercher à éviter une partition Est/Ouest du territoire centrafricain.

 

La force Sangaris est intervenue aux côtés de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), formée sous l’égide l’Union africaine. Seulement, dès le départ, certains experts, comme le général (2S) Vincent Desportes, estimèrent insuffisant son format (1 600 hommes). « Je travaille en fait avec les généraux de terrain, pas avec des experts qui regardent tout ça de Paris », répondit Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense. Finalement, les effectifs furent portés à plus de 2 000 hommes, grâce à des renforts prépositionnés au Tchad et à la mise sur pied de l’opération européenne EUFOR RCA, dont la France fut l’un des principaux contributeurs.

 

Aujourd’hui, la situation en Centrafrique reste préoccupante. Une mission des Nations unies, la MINUSCA, a certes été mise en place pour succéder à la MISCA et monte progressivement en puissance. Et, alors que l’opération Sangaris devait être courte (6 mois), il est désormais question de réduire ses effectifs à 1 500 hommes au printemps prochain et de la tranformer en QRF (Quick Reaction Force, force de réaction rapide) en appui des casques bleus. Le processus politique centrafricain est au point mort, le pays est coupé en deux, avec, à l’est, l’ex-Séléka, elle-même divisée en trois branches, et, à l’ouest, les milices anti-balaka. Quant à la situation sécuritaire, si les massacres de masse ont cessé, elle demeure fragile et volatile, avec des pics ponctuels de violence.

 

Cela étant, la mission des militaires français, qui ont perdu 4 hommes dans cette opération (2 lors d’un accrochage, 1 par accident et 1 autre par maladie) est extrêmement difficile. Dans le numéro 38 de Fantassins, le magazine publié par l’École d’Infanterie de Draguignan, les deux chefs de corps des Groupements tactiques interarmes (GTIA) qui sont entrés « en premier » sur ce théâtre ont livré leur témoignage. L’urgence était alors de faire cesser les violences à Bangui avant d’étendre les opérations au reste du pays.

 

1- Des plans contrariés

 

Chef de corps du 8e Régiment de parachutistes d’Infanterie de Marine (RPIMa) et commandant le GTIA Amarante (constitué à 90% par des unités de la 11e Brigade parachutiste), le colonel Vincent Tassel a précisé qu’il était prévue une « action de sidération, avec une sortie massive en ville et la saisie de tous les points clés afin d’empêcher tout mouvement des ex-Séléka et des milices » dès le lancement de l’opération Sangaris. Seulement, cela n’a pas été possible en raison de l’offensive lancée le 5 décembre par les anti-balakas et la réaction des ex-Séléka.

 

« Aussi, le mandat SANGARIS 1 a débuté, comme toutes les opérations d’entrée en premier, par une phase de coercition, contre un ennemi difficilement identifiable, au coeur des populations et en milieu urbain, suivie d’une phase de stabilisation. La présence d’un peloton blindé s’est avérée essentielle pour dissuader, voire neutraliser les ex-Séléka, équipés d’armement lourd. De même, l’escadron d’aide à l’engagement (EAE) est un outil très efficace en contrôle de zone urbain, sur les axes principaux, en raison de sa capacité à couvrir énormément de terrain et à appuyer l’infanterie débarquée » a expliqué le colonel Tassel.

 

2- Une situation très compliquée et dangereuse à Bangui

 

« L’imbrication, en zone urbaine de l’ensemble des éléments constitutifs de la crise, milices, population, ressortissants français et étrangers, forces africaines de la MISCA, organisations internationales, journalistes, pilleurs et voleurs, génère de facto une extrême complexité de la situation et une tension extrême sur le terrain pour les sections déployées », a souligné le colonel Tassel.

 

S’agissant plus particulièrement des difficultés et des menaces rencontrées par les militaires français, le colonel Arnaud Mettey, chef du GTIA Panthere les énumère : « multiplicité des positions de tir ennemies, difficulté pour déterminer l’origine et la cible des tirs, (…) ennemi furtif, sans signe distinctif, s’imbriquant dans la population, harcelant la force ».

 

Et il s’ajoute à cela la « menace particulière » de la foule africaine : « Curieuse, elle n’hésite pas à rester proche des combats, au risque de devenir victime collatérale. Il convient de la garder à distance pour se prémunir de ses accès de violence. Elle offre aussi refuge à de sombres individus, ou offre un masque aux pires exactions. Nous avons souvent du ‘fendre la foule’ pour aller secourir des victimes. Ma crainte aura été de voir un soldat happé par une foule soudainement en furie », a-t-il témoigné.

 

« Ainsi, le contrôle de zone et de foule est plus coercitif avec un risque important de dommages collatéraux sur la population et il faut une grande maîtrise de la force a tous les niveaux. En outre, la Force se trouve souvent démunie lorsqu’elle est confrontée à l’absence totale de système judiciaire et carcéral alors même qu’elle fait face à des crimes et délits de droit commun, notamment lors des phases de pillages et d’exactions » a ajouté le colonel Tassel.

 

3- Quels rapports avec la MISCA ?

 

Pour le colonel Tassel, les relations avec la MISCA ont été bonnes dans l’ensemble. « Bien sûr, la valeur des différents contingents pose souvent des problèmes et il faut parfois être très proactif pour que les choses avancent, de même qu’il n’est pas toujours facile de coordonner l’action de deux forces qui ont un but commun mais pas forcément les mêmes missions, les mêmes moyens et les mêmes modus operandi », a-t-il expliqué. Mais, a-t-il poursuivi, « nous avons souvent été agréablement surpris par la capacité de réaction de nos camarades africains, certes différente de nos pratiques, mais sans eux la mission aurait été impossible ».

 

Pour sa part, le colonel Mettey a estimé que « nos nos camarades africains, dès lors qu’ils nous sentent à leurs côtés, sont très capables. Ils ont besoin de se sentir soutenus ».

 

4- Des lacunes capacitaires

 

C’est le colonel Tassel qui l’affirme : au début, la force Sangaris était « taillée au plus juste au regard de l’étendue du pays, de la situation sur Bangui et de la haine accumulée de part et d’autre ». Mais, globalement, elle a été « correctement dimensionnée » sur le plan capacitaire, à l’exception des moyens de renseignement d’origine image (un drone n’aurait pas été un luxe, les hélicoptères Fennec Reco et Gazelle Viviane ne pouvant qu’assurer une présence réduite) et des moyens blindés, « principalement en VAB ». Au cours de cette première phase, explique l’officier, les GTIA ne pouvaient pas « déployer plus de 50% de leur effectif sous blindage, le reste étant motorisé sur P4, GBC et TRM 2000 ».

 

Cela étant, les VAB (véhicule de l’avant blindé) ULTIMA ont apporté une plus-value « en raison de leur tourelle TOP et de leurs optiques jour-nuit », a fait valoir le colonel Tassel. Seulement, cela n’a été valable qu’en zone urbaine. Et encore, ces véhicules « ne pouvaient progresser en appui dans toutes les rues étroites du centre-ville ».

 

Ce constat est presque partagé par le colonel Mettey. « Le VAB, par son gabarit réduit, s’est révélé tout particulièrement adapté. Un VBCI n’aurait jamais permis la même souplesse d’utilisation. Le VAB doté d’un TOP par les moyens de vision dont il dispose, la précision et la stabilité de son tir a apporté une plus value encore supérieure », a t-il estimé. Toutefois, hors de Bangui, c’est une autre affaire, car le VAB est « vite limité par son poids, pourtant contenu, tant dans les bourbiers que sur les ponts africains ». Aussi, pour l’ex-chef du GTIA Panthère, « il manque clairement un successeur au VLRA, armé, avec des moyens optiques et optroniques modernes ».

 

Ce dernier a également pointé l’insuffisance en matière de moyens aéromobiles. « L’absence d’une capacité d’appui canon s’est fait sentir au niveau des hélicoptères, tout comme la capacité d’aérotransport limitée », a-t-il dit.

 

5- Des conditions de vie très rustiques

 

En avril, le sénateur Christian Cambon, de retour d’une mission à Bangui, avait déploré les conditions de vie des militaires affectés au camp installé sur l’aéroport M’Poko. Et cela alors que cette dernière était lancée depuis 4 mois.

 

« Les conditions de vie (hébergement, alimentation, sanitaire, hygiène et loisir) du GTIA ont été précaires durant toute la mission en raison des retards pris dans le lancement des travaux sur le camp, des contraintes liées à l’acheminement des différents matériels, à l’approvisionnement en eau et en électricité. Cependant, la rusticité de nos soldats permet de compenser ces quelques difficultés même si les demandes des hommes restent basiques (besoins primaires), pouvoir dormir et manger chaud », a expliqué le colonel Tassel.

 

Toutefois, la rusticité ne fait pas tout. Dimensionné pour 250 hommes, le camp M’Poko a dû en accueillir 1 400 dans les premiers temps de l’opération Sangaris. « Nos hommes sont rustiques et les sections sont en permanence engagées sur le terrain, ce qui limite beaucoup le temps passé sur le camp », a insisté l’ex-chef du GTIA Amarante.

 

Mais tout de même : « Tout d’abord nous nous sommes serrés, à 4, puis 5 puis 6 dans les chambres et à 8 puis 10 voire 12 dans certaines tentes. Ensuite, nous avons utilisé tous les espaces disponibles pour y construire des camps de toile, sur les parkings, sur la zone hélico, etc… Il nous a fallu interdire le sport et limiter la consommation d’eau à une douche par jour. Un tour pour l’ordinaire a été mis en place (1 jour sur 4), idem pour la laverie (1 jour par semaine) », a-t-il raconté.

 

En outre, la force Sangaris a eu à déplorer de « nombreux vols ». « Les notions de sécurité, de contrôle et de filtrage de nos camarades africains sont parfois un peu différentes des nôtres », a expliqué le colonel Tassel.

 

Pour son homologue du GTIA Panthere, « offrir une vie d’unité élémentaire permet de gérer le repos, et l’assimilation psychologique des épreuves endurées ». Et le colonel Mettey d’ajouter : «  Il conviendra de repenser la question de l’eau. Une capacité de production par filtrage doit exister au niveau de l’ unité élémentaire (UE) ».

Centrafrique : Un an après, bilan et retour d’expérience de l’opération Sangaris
Centrafrique : Un an après, bilan et retour d’expérience de l’opération Sangaris
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:05

 

 

 

PARIS, France, 5 décembre 2014/African Press Organization (APO)/ -- L'intervention des forces armées françaises autorisée le 5 décembre 2013 par la résolution 2127 des Nations-Unies devait permettre de désarmer les groupes auteurs de violence à travers la République centrafricaine. 1 an après, la République centrafricaine est toujours en proie à la violence des armes.

 

L'ambition de désarmement des groupes armés ne s'est pas concrétisée. Des foyers de violences sont toujours actifs, des hommes en armes sillonnent toujours le pays. L'insécurité demeure le quotidien des habitants de certains quartiers de Bangui, la capitale, et de certaines provinces où les groupes rivaux s'affrontent et les bandes criminelles sévissent. Les premières victimes de ces violences ont toujours été et sont encore les civils, des populations et communautés agressées qui vivent dans la crainte. La situation humanitaire demeure alarmante, 2.5 millions de personnes ont besoin d'assistance.

 

L'insécurité alimentaire, la sous-nutrition ainsi que les conditions d'accès à l'eau demeurent une préoccupation première. Près de 30 % de la population du pays est actuellement en insécurité alimentaire sévère ou modérée, soit environ 1.4 million de personnes. Les personnes victimes ou témoins de violences souffrent également de grands stress et de chocs psychologiques qui demandent une prise en charge spécifique.

 

Dans ce contexte, l'accès aux populations et la délivrance de l'aide sont un défi grandissant. L'action des acteurs humanitaires est de plus en plus fréquemment entravée par des groupes armés, qui intimident, menacent et rackettent les populations et les travailleurs humanitaires qui leur viennent en aide.

 

L'insécurité accrue des travailleurs humanitaires est également le fruit d'une confusion des rôles entre militaires et humanitaires. Action contre la Faim déploie des programmes d'urgence humanitaire sur différentes zones en RCA, dont Bangui, Bossangoa et Sibut.

 

L'ONG rappelle que la mission et le mandat auxquels elle souscrit sont ancrés dans un socle de neutralité, d'impartialité et d'indépendance de toute partie à la crise.

 

Elle intervient et porte assistance dans le cadre de son expertise à toutes les populations vulnérables après une évaluation des besoins concrets, sans distinction de genre ou d'appartenance réelle ou supposée à une communauté quelle qu'elle soit.

 

L'instabilité que traverse la RCA depuis 1 an a également jeté sur la route des centaines de milliers de personnes. On compte aujourd'hui 430 000 déplacés internes et 420 000 réfugiés dans les pays limitrophes.

 

Plus de 250 000 réfugiés ont ainsi traversé la frontière vers le Cameroun depuis mars 2014.

 

Action contre la Faim a ouvert une nouvelle mission au Cameroun dès juillet 2014, en réponse à l'afflux de réfugiés fuyant les violences et l'instabilité en Centrafrique.

 

Les équipes de l'ONG portent assistance aux populations déplacées et traumatisées, mais aussi aux populations hôtes qui sont impactées par l'arrivée en catastrophe de milliers de familles. La pression s'accroit sur les ressources disponibles ainsi que sur les points d'eau. Les conditions d'hygiène des territoires d'accueil appellent une réponse concertée autour des questions d'accès à l'eau et à l'assainissement quand des premiers cas de choléra ont déjà été répertoriés dans l'est du pays.

 

Le long de la frontière Cameroun/RCA, Action contre la Faim met en place des programmes fixes et mobiles dans le cadre d'une réponse d'urgence en nutrition, santé mentale et pratique de soins ainsi qu'en eau, hygiène et assainissement. Ces actions permettent de réduire certaines difficultés et participent à apaiser les tensions qui pourraient naître entre réfugiés et villageois.

 

Les besoins humanitaires urgents des populations réfugiées ne doivent pas affecter le premier élan d'accueil des populations hôtes au risque de voir éclater des violences autour des questions de survie des uns et des autres. La question du retour des centrafricains dans leurs foyers ne pourra être envisagée sans des garanties tangibles et pérennes de leur sécurité en RCA.

EN RCA, L'ACCES AUX POPULATIONS ET LA DELIVRANCE DE L'AIDE SONT UN DEFI GRANDISSANT
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:03

 

 

 

 

BANGUI, République Centrafricaine, 5 décembre 2014/African Press Organization (APO)/ -- Après de longs mois de tensions en République centrafricaine, les défis humanitaires dans le pays sont énormes et s'aggravent de jour en jour. Dans ces conditions, les efforts déployés pour y faire face sont loin d'être suffisants. C'est pourquoi la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et la Société de la Croix-Rouge de la République centrafricaine appellent à renforcer avant qu'il ne soit trop tard l'assistance en faveur des communautés vulnérables du pays.

 

La situation actuelle est dramatique. A cause de l'insécurité et du manque de soutien, le personnel humanitaire est dans l'incapacité d'assurer des services efficaces et constants dans de nombreuses régions. Beaucoup de centres de santé du pays souffrent depuis des mois de graves pénuries de médicaments essentiels. L'économie elle-même n'a pas été épargnée, les prix ayant grimpé de plus de 40% au cours de l'année pour certains produits de base, rendant plus précaires encore les conditions d'existence de certaines communautés.

 

«Notre objectif est de couvrir tout le territoire», déclare Jean-Moise Modessi Mogedo, qui dirige l'unité de gestion des catastrophes à la Croix-Rouge centrafricaine. «Nous devons redoubler d'efforts pour faire en sorte que tous les gens comprennent bien qui nous sommes et quels sont nos objectifs, de manière à pouvoir opérer dans un environnement plus sûr et toucher les plus vulnérables.»

 

Issus des communautés qu'ils servent, les volontaires de la Croix-Rouge sont en première ligne de la réponse depuis le tout début de la crise et interviennent dans des secteurs où ils sont les seuls à pouvoir accéder ? ce qui ne les prémunit pas, hélas, contre la violence. En août, un volontaire de la Croix-Rouge centrafricaine a été tué alors qu'il secourait des personnes dans le besoin. Un autre avait subi le même sort en mars dernier.

 

«Avant le début des troubles, la situation dans notre pays était déjà très précaire à bien des égards», note Antoine Mbao Bogo, président de la Société nationale de la Croix-Rouge. «A présent, nous sommes plongés dans une catastrophe silencieuse de grande envergure. Les besoins humanitaires sont énormes et nécessitent un renforcement considérable des ressources pour apporter une réponse adéquate. C'est une question de vie ou de mort pour des centaines de milliers de personnes qui souffrent depuis beaucoup trop longtemps déjà», souligne le président.

 

De fait, la situation humanitaire en République centrafricaine devient chaque jour plus complexe, le nombre des habitants chassés de leurs foyers continuant d'augmenter sans aucune perspective de retour dans un proche avenir. On estime aujourd'hui à plus de 410 000 la population des personnes déplacées accueillies par des familles hôtes ou hébergées dans des camps. Rien qu'à Bangui, une quarantaine de sites abritent plus de 60 000 personnes au total. De plus, cette catastrophe silencieuse ne s'arrête pas aux portes du pays: avec une population de réfugiés presque équivalente à celle des déplacés à l'intérieur des frontières, les pays environnants sont confrontés eux aussi à de sérieuses difficultés. En bref, la crise n'est plus seulement nationale, mais régionale.

 

«Certes, il est crucial de maintenir et même d'intensifier nos efforts pour juguler l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, mais nous avons aussi une responsabilité collective d'apporter une réponse appropriée à d'autres crises majeures, qui sont peu à peu tombées dans l'oubli au cours des derniers mois», déclare Alasan Senghore, directeur de la Zone Afrique à la FICR. «Nous ne pouvons pas nous permettre d'abandonner la population centrafricaine à son sort.»

 

La FICR a révisé son appel d'urgence à hauteur de 10,5 millions de francs suisses afin de soutenir les opérations de la Société de la Croix-Rouge de la République centrafricaine. A ce jour, l'appel n'est couvert qu'à 12%, ce qui menace sérieusement la capacité de cette organisation à assurer durablement les services vitaux dont le pays a cruellement besoin.

La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge réclament une assistance immédiate en République centrafricaine
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:01

 

 

 

 

Par RFI 05-12-2014 à 23:57

 

Il y a tout juste un an, la France lançait l'opération Sangaris en Centrafrique, une intervention destinée à mettre fin aux violences. Un an après, la situation a radicalement changé. A Bangui, la capitale de la RCA, la vie a repris. Les humanitaires s’inquiètent néanmoins de la sécurité sur les routes de l'intérieur du pays. Elles restent encore peu sûres, ce qui entrave leur action.

 

Un an après le lancement de l'opération Sangaris, la situation à Bangui a radicalement changé. La vie a repris, même si la capitale n'est pas encore a l'abri de rechutes. Pour Claire Bourgeois, la coordinatrice des affaires humanitaires de l'ONU en RCA, la réduction du nombre de personnes déplacées est un bon indicateur de l'amélioration de la situation.

 

« Il y a encore énormément à faire mais le nombre de personnes déplacées, qui était autour de 400 000 en janvier-février 2013, est actuellement à moins de 60 000 autour de Bangui », explique Claire Bourgeois à RFI. « La vie a repris : les écoles ont rouvert pour la majorité, les services de santé reprennent également, les marchés ouvrent… La situation à Bangui est absolument différente de ce qui prévalait il y a un an », poursuit-elle. « Il faut savoir que 70% des gens actuellement encore déplacés viennent du 3e arrondissement de la capitale. Ces personnes sont prêtes à rentrer chez elle si la sécurité est rétablie dans leur quartier. J’ai bon espoir que le nombre de gens qui vont rentrer va encore fortement augmenter. »

 

L'insécurité des routes entrave l'action des humanitaires

 

Mais si la vie a pu reprendre à Bangui, les routes de l'intérieur du pays restent encore peu sûres. Cette insécurité entrave l'action des humanitaires. « Ce qui nous préoccupe beaucoup, sur le plan humanitaire, c’est l’accès. Sur certains axes, les humanitaires sont malheureusement arrêtés par des groupes, des gangs, des coupeurs de route. Des paiements sont demandés, des téléphones portables sont pris ou bien ce sont des vols sur les convois alimentaires ou d’autres convois d’assistance humanitaire », rapporte la coordinatrice des affaires humanitaires de l'ONU en RCA.

 

« Sur certains axes, cela prend une ampleur telle que l’accès est vraiment limités pour les humanitaires. Nous travaillons avec les autorités et les préfets pour qu’ils puissent intervenir autour de ces bandes. Nous travaillons également avec les forces pour avoir plus de patrouilles mais en tant qu’humanitaires nous refusons toutes escortes. Il faut que notre assistance soit vraiment comprise par tous. C’est une assistance pour tous, impartiale et neutre, pour laquelle le libre passage doit être assuré », explique Claire Bourgeois. 

Opération Sangaris: peu à peu, Bangui reprend vie
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 00:38

 

 

 

REUNION DE L’ALLIANCE PROGRESSISTE

 

LISBONNE (PORTUGAL) 4-5 DECEMBRE 2014

 

INTERVENTION DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MOUVEMENT DE LIBERATION DU PEUPLE CENTRAFRICAIN (MLPC) DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

 

L’EDUCATION ET LE TRAVAIL DECENT, SEULS REMEDES CONTRE L’INSTABILITE POLITIQUE ET LES GUERRES CIVILES EN AFRIQUE :

 

LE CAS DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

 

Depuis une dizaine d’années, l’Afrique connait une croissance économique soutenue, estimée à environ 5% par an. Malheureusement à ce jour, cette croissance n’a  permis de réduire ni la pauvreté, ni le chômage et encore moins le sous-emploi. L’incapacité des Etats africains à s’attaquer au chômage en général, et à celui des jeunes en particulier, fragilise les populations tout en les maintenant dans la pauvreté.

 

Cette situation de paupérisation générale est à la source des tensions politiques et sociales comme on a pu le constater  au Maghreb en 2011, avec le Printemps arabe, dont l’un des facteurs aggravant était bien le chômage des jeunes, puis au mois de novembre dernier au Burkina Faso. Les contestations politiques violentes des pouvoirs en place  est d’abord le fait d’une jeunesse exclue des bénéfices d’une croissance économique non redistributrice, notamment en matière de travail décent et d’éducation.

 

 Ces deux événements, situés dans deux zones distincts de l’Afrique,  ont en commun l’absence de perspective d’emploi décent et donc d’avenir pour des  jeunes qui sont par exemple très souvent obligés, à plus de trente ans d’âge, de continuer à vivre souvent chez leurs parents, soulignant ainsi la carence de politiques volontaristes en matière d’éducation et d’emploi dans la quasi-totalité de nos Etats africains.

 

Quels sont les pays africains qui donnent réellement une chance à leurs jeunes pour faire des études tournées vers la valorisation des énormes potentialités locales ?

 

Quels sont les pays africains qui ont de vraies politiques d’emploi décent en direction de la population même éduquée ?

 

A-t-on besoin de faire des études sophistiquées pour constater  que le taux élevé de chômage des jeunes constitue un facteur de déstabilisation pour les pays, dans la mesure où ces jeunes deviennent le premier réservoir de main -d’œuvre  pour les entrepreneurs des rebellions  armées ?

 

A-t-on besoin de mener des profondes réflexions pour constater que les jeunes non éduqués sont les premières victimes des manipulateurs de conscience qui font facilement d’eux des rebelles armés pour des causes improbables ? 

 

Pour en revenir à mon pays la République centrafricaine, située en plein cœur de l’Afrique la crise que nous y vivons actuellement résulte de la conjugaison de plusieurs facteurs dont les principaux sont la pauvreté causée par un chômage massif de la population en général et celui des jeunes en particulier, ainsi que de déficits importants en matière d’éducation décente.  

 

Certes c’est depuis notre indépendance en 1960 que nous vivons dans notre chair cette instabilité politique, jalonnée d’une succession de coups d’état, de tentatives de coup d’état, et de rébellions armées- à l’exception de l’unique alternance  démocratique de 1993 grâce à la victoire électorale de notre parti le MLPC- et que le recours à la force s’est imposé comme « le mode ordinaire d’accession et de maintien au pouvoir ».

 

Certes les  régimes autoritaires successifs issus de ces prises illégales de pouvoir ne se sont guère préoccupés de développer des programmes d’éducation et d’emploi décent, préférant dérouler  des stratégies d’enrichissement personnel des dirigeants et de leur clientèles politico-ethniques.

 

Cependant,  force est de constater que  la dernière crise en date que nous continuons de subir depuis décembre 2012a complètement déstructuré le tissu social, économique et politique de notre pays, mettant en péril l’harmonie qui a toujours existé entre les populations.

 

Cette crise est aussi le point d’achèvement  de plusieurs décennies d’échec d’un pays sans véritable politique d’emploi décent pour ses populations de tous âges et notamment des jeunes, avec de surcroit  un système d’éducation obsolète et inadapté aux défis des temps modernes.

 

Qualifié du terme peu flatteur d’Etat failli, mon pays  doit  envisager une sortie de crise par la mise en place de nouvelles institutions étatiques démocratique, légitimes et solides, où l’impunité ne sera plus tolérée mais également où les problématiques  d’éducation et d’emploi devront être prioritaires. C’est à ce prix que l’Etat recréera auprès des citoyens  le sentiment de partage des mêmes opportunités, et donc d’un destin commun, indispensable pour cimenter la République.   

 

Arrêter la spirale de violence aujourd’hui en cours est une nécessité, mais pour enraciner les fondements d’une paix sociale et civile durable, il nous semble que deux voies sont non seulement prioritaires mais pertinentes : investir dans l’éducation et dans la création d’emplois décents.

 

  1. De la nécessité d’investir dans l’Education

 

Selon les chiffres de la Banque Mondiale,  en 2010 le taux d’alphabétisation en Centrafrique des enfants de  15 ans et plus  était de l’ordre de 56%. Ce chiffre reste très en  deçà de la moyenne  africaine.

 

Des politiques courageuses et volontaristes devront être menées pour que le Centrafrique atteigne un niveau d’éducation  acceptable, et pour cela les budgets alloués aux infrastructures éducationnelles doivent rester compatibles avec nos engagements internationaux en la matière. De même, l’éducation doit être en adéquation avec les attentes du marché, pour éviter de produire des diplômés chômeurs puisque  selon les chiffres du PNUD en 2009, seuls 25% de diplômés de l’enseignement supérieur en Centrafrique trouvaient un emploi de cadre, 50% occupant un emploi sous-qualifié par rapport à la formation reçue, et enfin 25% restent au chômage.

 

Concrètement, s’agissant du Centrafrique, quelques pistes devraient être explorées :

 

  • Il faut promouvoir une éducation publique gratuite au fondamental et obligatoire pour tous les enfants de moins de 16 ans. Cette mesure permettra à toutes les familles de pouvoir envoyer leurs enfants à l’école, car, très souvent pour les familles très pauvres qui dépensent 70% de leur revenus pour se nourrir (source FAO), le coût onéreux de la scolarisation est un frein à l’envoi des enfants à l’école ;

 

  • Un accent devra être mis également sur l’enseignement technique et la formation professionnelle. L’Afrique manque cruellement des techniciens, de main d’œuvre qualifiée et cela est en grande partie lié à des systèmes éducatifs très souvent mal adaptés à la réalité et aux besoins du marché. Il sied d’adapter la formation des jeunes aux besoins du marché de l’emploi.

 

  • Il faut renforcer les  formations continues pour les cadres de l’Etat et du secteur privé.

 

  • Il faut nécessairement valoriser les métiers liés à l’agriculture, à l’élevage, à la foresterie et aux mines  par le biais des formations adaptées : comment expliquer que dans un pays comme la RCA où 0,5% seulement des 55 millions d’hectares de terres cultivables sont exploitées,  où les potentialités de développement de l’élevage sont immenses, où la forêt est vaste , où il ya du diamant et de l’or, oui comment expliquer  que dans un tel pays sa faible population totale de 4,5 millions ne puisse être au moins formée pour mettre en valeur ces richesses ?

 

  • Il faut également investir dans l’éducation et la formation en zone rurale et péri-urbaine  en ayant comme cible privilégiée les femmes qui sont les principaux soutiens de familles en ces temps difficiles.

 

L’éducation décente est l’instrument par excellence de la cohésion sociale, seule capable de contribuer à la paix et à la construction de l'État. L’éducation permet à chaque citoyen de développer des aptitudes,  des compétences et des comportements, qui préviennent la violence et privilégient la résolution  pacifique des conflits. 

 

 

  1. De la nécessité de création d’ emplois décents

 

 

Il n’existe pas de statistiques de chômage en  Centrafrique, à ma connaissance. Si elles existent elles ne sont pas publiées à intervalles réguliers, comme sous d’autres latitudes. Cela signifie que le chantier de l’emploi est immense, si nous convenons tous que la création d'emplois décents et viables, notamment pour les jeunes, constitue une condition préalable au développement durable et à la paix dans tous les pays.

 

À long terme, l’accès à des emplois stables et convenablement rémunérés permet aux ménages d’investir encore davantage dans l’éducation, la santé et l’alimentation. L’investissement dans le capital humain contribuera à améliorer la productivité et la performance économique générale avec, à long terme, un effet multiplicateur sur la demande de travail

 

Des actions précises doivent être mises en œuvre, pour créer des emplois décents :

 

  • Il faut encourager l’initiative privée par des politiques incitatives et des mesures fiscales permettant d’alléger les coûts, afin de permettre l’émergence d’un secteur privé (PME, PMI, TPE…). Il est désormais admis que les  PME et PMI sont le moteur de la croissance et du développement. Seul un tissu dynamique et performant des PME et PMI est capable d'aider le gouvernement à absorber une masse critique des jeunes chômeurs, d'accroitre l'assiette fiscale, et surtout de réduire  les structures informelles.  
  •  
  • Il faut mener une politique visant à produire et à transformer localement les nombreux produits du sol et du sous-sol, afin de  créer de la valeur ajoutée, qui est le premier maillon de la chaine de l’accumulation du capital pour l’investissement productif. Cette production visera à satisfaire d’abord la consommation locale, et le surplus pourra être exporté ;
  •  
  • Il faut valoriser les métiers dans les domaines productifs et notamment dans l’agriculture, la foresterie, et dans les secteurs  ruraux non agricoles.

 

 

Conclusion

 

L’une des causes principales des crises  récurrentes en Centrafrique est la pauvreté. Pour endiguer ces conflits, il faut réduire considérablement cette pauvreté. Cela passe nécessairement par l’éducation et les emplois décents à offrir  aux jeunes.

 

Une amélioration radicale de l’éducation constitue un préalable à l’établissement d’un niveau de croissance durable suffisamment élevé pour réduire la pauvreté et aider à l’instauration de sociétés plus intégratrices, démocratiques et équitables.

 

Dans l’histoire, il n’y a pas d’exemple de pays qui soient parvenus à un stade élevé de développement avec des taux d’alphabétisation des adultes et de couverture de l’enseignement de base aussi faibles que ceux affichés par la majorité des pays d’Afrique subsaharienne. Pour répondre à cet état de fait, il reste à la plupart des pays d’accroître l’accès à l’éducation primaire, surtout pour les pauvres et les populations des zones rurales et péri-urbaines. 

 

Il faut également promouvoir  des politiques publiques qui encouragent les investisseurs privés et favorisent la montée du secteur privé dynamique et performant. Sur un continent où près de 60% de la population a moins de 25 ans, faisons de l’éducation et de l’emploi des jeunes notre cheval de bataille, car c’est à ce prix que nous pourrons  gagner le pari du développement. Sinon l’avenir de nos pays sera toujours jalonné de  « bombes à retardement » susceptibles d’exploser au contact de la moindre étincelle sociale.

 

Mon parti et moi-même allons aux élections l’année prochaine en RCA et tel est le substrat de notre crédo politique.

 

Je vous remercie

 

Martin ZIGUELE

 

INTERVENTION DE MARTIN ZIGUELE A LA REUNION DE L’ALLIANCE PROGRESSISTE A LISBONNE
INTERVENTION DE MARTIN ZIGUELE A LA REUNION DE L’ALLIANCE PROGRESSISTE A LISBONNE
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 00:33

 

 

 

 

Alain Barluet  le Figaro 04/12/2014 à 21:59

 

«La mission a été accomplie. Un palier sécuritaire a été atteint. Des pics de violences subsistent mais la solution n'est plus seulement militaire.» Ainsi résumée à l'état-major des armées, la situation en République centrafricaine (RCA) traduit un bilan en demi-teinte où le pire, toutefois, a été évité. Le 5 décembre 2013, lorsque la force militaire française «Sangaris», mandatée le jour même par l'ONU, intervient en urgence en RCA, le pays est en train de glisser vers le chaos. La spirale des violences intercommunautaires est en marche, née du renversement du régime de François Bozizé, en mars 2013, par une coalition rebelle à dominante musulmane, la Séléka, dirigée par Michel Djotodia. Au fil des mois, les exactions des combattants Séléka contre la population majoritairement chrétienne ont suscité la formation de milices d'autodéfense, les Anti-Balaka, qui s'en sont pris aux civils musulmans. À Paris et à Washington, on parle d'une «situation prégénocidaire». Un désastre humanitaire se profile. Plus de 120.000 déplacés campent sur l'aéroport M'Poko à Bangui.

 

À Paris, on évoque alors une opération «coup de poing» permettant de rétablir rapidement un niveau de sécurité minimal. Il s'agit aussi de favoriser la montée en puissance d'une force africaine, la Misca, puis d'une mission de l'ONU, la Minusca, qui a pris le relais en septembre dernier. De fait, le processus s'est avéré plus difficile et plus long que prévu initialement. Éruptions subites de violence, manifestations de «civils» évoluant, en un rien de temps, en prises à partie de haute intensité, avec des armes de guerre, provocations, instrumentalisations par des meneurs radicaux: les 1600 soldats français de «Sangaris» (renforcés à 2000 en février) sont confrontés à une palette sécuritaire extrême et volatile. Aujourd'hui encore, dans les zones les plus sensibles, «la variation des rapports de force est permanente. En une semaine, tout peut s'inverser», relève une source militaire.

 

Stabilisation

 

D'abord centrée sur Bangui, la force «Sangaris» - qui n'échappera pas, un temps, aux accusations de parti pris en faveur de l'un ou l'autre camp -, oriente ensuite ses opérations en direction de l'ouest. De février à septembre, elle concentre ses efforts sur la sécurisation de l'axe routier vital reliant la capitale à la frontière du Cameroun. Entre-temps, depuis avril, elle se déploie vers l'Est, fief des ex-Séléka, où surviennent régulièrement des vagues de violences, notamment à Bambari. Outre la capitale, c'est dans cette région Est que l'instabilité subsiste et que «Sangaris» concentre son action, à la fois dans le «couloir central» du pays (Bangui-Bouca-Batangafo) et dans un triangle formé par les villes de Dékoa, Sibut et Bambari.

 

Au ministère de la Défense, on met en avant cette stabilisation et «l'émergence de signaux faibles de reprise» dans le pays. De nombreuses armes ont été saisies et 14 tonnes de munitions détruites. Le nombre de déplacés se serait réduit de moitié. Un redéploiement de l'administration s'esquisse dans un pays où l'État avait déserté. Mais le mouvement reste ténu. Le retour à une certaine forme - précaire - de stabilité s'est fait au prix d'une partition de facto du pays. Plus encore, les lignes de fractures, loin d'être binaires, fragmentent chaque camp en une multitude de groupes et de clans, politisés, communautaires ou parfois simplement criminels. «Il n'y a pas une Centrafrique mais des Centrafrique», disait le général Francisco Soriano, l'ex-patron de «Sangaris».

 

Le général Éric Bellot des Minières, qui lui a succédé en juin dernier, a confirmé jeudi la perspective d'un désengagement des forces françaises, estimant que le pays est en voie de «normalisation». Les étapes de ce retrait n'auraient toutefois pas encore été décidées. Le mouvement se fera parallèlement au plein déploiement de la Minusca (7500 soldats actuellement sur les 10.000 prévus). L'Union européenne maintient également une force de 700 hommes (dont 260 militaires et gendarmes français). Tout en diminuant ses effectifs, la France va «densifier ses capacités» pour réagir très rapidement, si besoin. Des blindés dernière génération, les VBCI, et des hélicoptères d'attaque Tigre, doivent bientôt faire leur apparition sur le «théâtre» centrafricain.

 

Le budget de la Défense rejeté par le Sénat

 

Le Sénat a rejeté le budget de la Défense pour 2015, nombre d'orateurs de l'opposition jugeant les crédits insuffisants au regard des missions de l'armée. Au total, 195 sénateurs ont voté mercredi soir contre les crédits de la mission Défense - soit 29,1 milliards d'euros pour 2015 - et 125 pour. Ce budget prévoit notamment des recettes exceptionnelles (2,3 milliards d'euros), jugées irréalistes par certains sénateurs. «Nous ne pouvons croire à l'équation budgétaire qui nous est présentée», a déclaré le président de la commission des affaires étrangères et de la défense, Jean-Pierre Raffarin. L'Assemblée nationale aura le dernier mot.

Lu pour vous : En Centrafrique, «Sangaris» a écarté le pire
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 00:30

 

 

 

 

http://www.la-croix.com   5/12/14 - 12 H 10

 

Un an après le lancement de l’opération française en Centrafrique, le 5 décembre 2013, une mission qui devait être courte et efficace, le bilan est mitigé.

 

Samedi 7 décembre 2013, François Hollande préside la conférence de presse de clôture du sommet sur la paix et la sécurité en Afrique, à Paris. L’avant-veille, le jeudi 5 décembre, la France a engagé l’armée en Centrafrique.

 

Nom de code de l’opération : Sangaris, du nom d’un papillon centrafricain. Devant la presse nationale et internationale, le président français détaille l’opération. Une mission « rapide, efficace » qui devra « désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations », afin de « retrouver la stabilité, et permettre le moment venu des élections libres et pluralistes ».

 

Et d’affirmer, confiant : « Dans un délai je crois court, nous pourrons faire cesser toutes les exactions et les massacres. » Paris engage 1 600 soldats dans cette opération pour un pays aussi grand que la France et la Belgique. Au printemps, l’effectif monte à 2 000.

 

Le pays est coupé en deux

 

Les promesses élyséennes ont-elles été tenues ? Un an plus tard, les forces françaises sont toujours là. Les exactions et les massacres n’ont pas cessé. Et les groupes armés n’ont pas tous été désarmés.

 

Par ailleurs, l’immense majorité des musulmans ont quitté Bangui et l’ouest du pays. Leurs maisons, leurs commerces, leurs mosquées ont été pillées, détruits et souvent totalement rasés.

 

La Centrafrique est désormais coupée en deux grandes parties. Le nord est sous le contrôle de groupes plus ou moins liés à la Séléka (le mouvement se fractionne en sous-groupes hostiles). Le sud, l’ouest et le centre sont entre les mains de groupes armés rivaux, plus ou moins liés à la galaxie anti-Balaka.

 

A Bangui, les musulmans vivent retranchés

 

Aucune avancée, donc ? Non, bien entendu. En termes de sécurité, la vie quotidienne des Centrafricains s’est nettement améliorée dans la capitale : la vie a repris sous toutes ses formes… sauf pour les musulmans, enfermés dans le réduit de PK5.

 

L’activité économique du pays a redémarré. Parmi les choses nouvelles dans les rues de Bangui, les casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) et les soldats de la force européenne (Eufor RCA). Les premiers sont 6 500, les seconds, 750.

 

 « Nous avons rempli la mission, nous avons été efficaces malgré la situation extrêmement difficile à laquelle nous avons été confrontés dès les premiers jours de l’opération », analyse le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l’état-major des armées françaises.

 

« favoriser le retour des humanitaires »

 

Une mission dont les buts, un an après, ne sont cependant plus du tout formulés dans les mêmes termes que ceux présentés par François Hollande le 7 décembre 2013. « Nous avions deux objectifs : restaurer une sécurité minimale en Centrafrique et faciliter la montée en puissance et le déploiement opérationnel de la Misca, de la communauté internationale », explique le colonel Jaron.

 

Que faut-il entendre par « restaurer une sécurité minimale » en RCA ? « Pour nous, répond-il, c’était enrayer la spirale des exactions telles qu’elles se produisaient à Bangui et dans le pays. Et favoriser le retour des humanitaires. » Sur le second point, « sans Sangaris, il n’y aurait pas de Minusca présente aujourd’hui en RCA ».

 

L’opération a été éprouvante pour les soldats, admet le colonel Jaron : « Ils ont été confrontés à un niveau de violence inouï. » Trois soldats ont perdu la vie, une centaine, blessés, « beaucoup par des éclats de grenades », ces grenades chinoises que l’on achète 50 centimes d’euro au marché. L’opération s’est déroulée dans une zone hautement paludéenne : « 260 de nos soldats ont attrapé le paludisme », regrette Gilles Jaron.

 

 « Nos ordres ? Ne pas mettre le feu aux poudres »

 

De retour de RCA, le moral des soldats français ne semble pas exactement au beau fixe : vétusté et manque de matériel, effectifs trop modestes, sentiment d’impuissance.

 

 « Nos ordres ? Ne pas mettre le feu aux poudres, éviter les clashs afin de ne pas refroidir l’engagement de l’ONU en RCA, témoigne un officier. Là où j’étais déployé, nous savions qui était qui, où se trouvaient les chefs de guerre, les caches d’armes, les combines par lesquelles les armes leur arrivaient. Au lieu de faire vraiment le job, nous avons toujours été en mode mineur vis-à-vis de ces groupes. »  

 

Parmi les jugements les plus sévères portés sur Sangaris, celui du général Vincent Desportes : « Si la force projetée n’est pas adaptée aux caractéristiques géographiques et humaines du théâtre d’opérations, la mission n’a aucune chance d’être  remplie. C’est exactement ce qui s’est passé en Centrafrique. » 

 

LAURENT LARCHER

Lu pour vous : Centrafrique, un an après, le bilan contrasté de l’opération Sangaris
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 00:27

 

 

 

 

5/12/14 - 16 H 14 - Mis à jour le 5/12/14 - 16 H 14

 

Général Vincent Desportes, professeur associé à Sciences-Po Paris.

 

Quel bilan faites-vous de l’opération Sangaris, déclenchée il y a un an ?

 

Vincent Desportes  : Selon les objectifs que nous nous étions fixés, il y a un an, Sangaris devait arrêter les massacres perpétrés à Bangui et sur l’ensemble du territoire. Cette opération devait aussi restaurer le vivre ensemble entre les communautés. La mission, enfin, devait être courte. Nous sommes loin d’avoir atteint ces objectifs.

 

Si l’opération française a effectivement amélioré la situation sécuritaire à Bangui, cela s’est fait au prix d’une épuration ethnique, qui s’est traduite par le départ massif des musulmans de la capitale, par la ghettoïsation de ceux qui restent au Km 5, et par la coupure du pays en deux : avec au nord est, une zone refuge pour les musulmans sous le contrôle de la Séléka. Un an après, la force Sangaris ne s’est toujours pas désengagée.

 

Quelles sont les raisons de cet échec ?

 

V.D.  : Si la force projetée n’est pas adaptée aux caractéristiques géographiques et humaines du théâtre d’opération, la mission n’a aucune chance d’être remplie. C’est exactement ce qui s’est passé en Centrafrique (RCA). Dans des pays plus petits et pour un volume de population à peu près similaire – je pense à la Bosnie ou au Kosovo –, nous avons projeté plus de 40 000 hommes pour parvenir, difficilement et au bout de plusieurs années, à un résultat qui n’était pas non plus exactement celui escompté. L’effet pervers de l’envoi d’une force limitée – 1 600 hommes – a été que, au lieu de conduire les missions de manière parallèle contre les différentes factions, les forces françaises ont été obligées de les mener de façon séquentielle. Ce qui s’est traduit, sur le terrain, par une prise de position de fait en faveur des anti-balaka (les Chrétiens), le temps de repousser la Séléka.

 

La plus grosse erreur n’a cependant pas été d’envoyer une force sous-dimensionnée, mais de ne pas avoir su réagir à l’évolution de l’action. Il faut bien voir que l’envoi même de l’armée française a eu comme premier effet de multiplier les exactions et les actes de barbarie dans Bangui. Il eût été raisonnable de réagir immédiatement et d’envoyer des effectifs et des moyens blindés et aéroportés nettement plus importants, capables d’étouffer tous les foyers de violence en même temps. Les blindés et les hélicoptères pour un théâtre d’opération aussi grand que la France et la Belgique réunies, ont toujours manqué. Les résultats obtenus sont à l’échelle des moyens engagés.

 

Les militaires et les politiques français n’ont-ils pas sous-estimé les forces en présence ?

 

V.D.  : Tout choix stratégique est un pari. Le nôtre était de mettre quelques centaines de soldats au sol pour égailler les groupes armés dans la nature. Nous avions aussi compté sur l’appui des forces africaines, sur la projection rapide d’une force européenne et d’une force onusienne. Ce qui ne s’est pas fait. Il y a eu sans doute, une erreur d’évaluation.

 

Mais notre faute stratégique, c’est de ne pas avoir su réagir après avoir perdu notre pari. Nous aurions dû changer notre mode opératoire en envoyant des renforts et du matériel. François Hollande ne l’a pas voulu, commettant un déni de réalité. Un an plus tôt, il avait déjà refusé d’intervenir pour arrêter les colonnes de la Séléka en route pour Bangui. Pourtant, cela aurait été beaucoup plus efficace et moins coûteux que de se lancer, dix mois plus tard, dans une mission d’interposition en milieu urbain.

 

La France avait-elle les moyens de faire autrement ?

 

V.D. : Cette mission a été élaborée en fonction de l’enveloppe budgétaire dévolue aux opérations extérieures qui est de 450 millions d’euros que l’on ne devait pas trop entamer. La première contrainte pour la force, n’est ni l’adversaire, ni l’objectif opérationnel mais l’enveloppe budgétaire volontairement sous-dimensionnée. C’est aberrant, irresponsable ! Tant que le budget de l’armée française sera la variable d’ajustement du ministère des finances, alors qu’en même temps, le pouvoir politique multiplie nos engagements extérieurs, une mission comme celle de la Centrafrique sera au-dessus de nos moyens.

 

Lu pour vous : « Avec Sangaris, la France a commis une erreur stratégique » : Gl Vincent Desportes
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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 00:22

 

 

 

 

http://www.la-croix.com  5/12/14 - 12 H 18

 

Retour sur ces forces complexes qui s’opposent en Centrafrique, un an après le lancement des opérations françaises, le 5 décembre 2013.

 

La Séléka

 

La Séléka est une alliance de mouvements rebelles issus du nord-est du pays, zone à majorité musulmane et marginalisée par Bangui. Dans sa marche pour la conquête du pouvoir, de décembre à mars 2013, la Séléka a pillé, brûlé et tué sur son passage, visant en premier lieu les biens des chrétiens (environ 80 % de la population).

 

Après avoir renversé François Bozizé à Bangui en mars 2013 et mis l’un des siens au pouvoir, Michel Djotodia, elle a poursuivi ses exactions dans la capitale centrafricaine jusqu’à l’intervention française, le 5 décembre 2013.

 

Après la démission de Michel Djotodia, en janvier 2014, les forces de la Séléka se sont principalement repliées à l’est. Le 10 mai, la Séléka a installé son nouvel état-major à Bambari. Elle serait aujourd’hui divisée entre ceux qui souhaitent la partition du pays et ceux qui s’y opposent.

 

Les anti-balaka

 

Les anti-balaka sont au départ une constellation de milices d’auto-défense villageoises apparues en septembre 2013 en réaction aux exactions de la Séléka. On trouve aussi parmi elles d’anciennes milices formées et armées par François Bozizé en janvier 2013 pour lutter contre les avancées de la Séléka.

Parmi les anti-balaka, on compte aussi des éléments des Forces armées centrafricaines (Faca, l’armée restée fidèle au président renversé François Bozizé). Et enfin, on y trouve aussi des voyous qui profitent du désordre pour piller et tuer les plus vulnérables.

Les anti-balaka sont issus des populations du sud et de l’ouest de la RCA. Venant des régions où les chrétiens sont majoritaires, on les identifie à des milices chrétiennes. En réalité, ce sont des groupes qui obéissent souvent à des chefs animistes.

 

Laurent Larcher

Lu pour vous : La Séléka et les anti-balaka, responsables de la violence en Centrafrique
Lu pour vous : La Séléka et les anti-balaka, responsables de la violence en Centrafrique
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