Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 10:37

 

 

 

 

http://lepays.bf/  Mercredi 3 décembre 2014

 

En République centrafricaine (RCA), les différents acteurs de la scène politique affûtent leurs armes. En ligne de mire, l’élection présidentielle de 2015. Dans cette perspective, les Anti-balaka du nom de  cette milice armée qui a endeuillé des dizaines de familles centrafricaines, à travers notamment le massacre des musulmans, ont décidé de tourner la page de la rébellion et de se muer en parti politique. On se rappelle que leurs ennemis jurés, les Séléka, étaient parvenus à la même idée, en décidant  de transformer leur milice armée en parti politique. En décidant ainsi de tourner la page sombre de leur histoire et de se présenter désormais comme une entité politique fréquentable, les leaders de l’ex-milice armée opèrent un véritable changement, une avancée dans la bonne direction, celle souhaitée depuis longtemps par les autorités centrafricaines et la communauté internationale.

 

Toutefois, quelques inquiétudes subsistent, qui appellent en même temps à modérer les espoirs nés de cette annonce. En effet, en même temps que le coordonnateur de ce nouveau mouvement annonce qu’ « aucune personne  ne doit faire usage de ses armes pour quoi que ce soit »,  le porte-parole du même mouvement, Emotion Namsio, affirme le contraire. « Personne ne deposera les armes tant que notre acte de bravoure ne sera pas reconnu » a-t-il lancé. En termes clairs, les anti-balaka attendent des autorités centrafricaines, que les membres de leur milice soient reversés dans l’armée nationale centrafricaine. Des contradictions entre les objectifs déclarés du mouvement et la volonté affichée de ses leaders. Des contradictions qui, malheureusement, laissent planer un doute sur la possibilité réelle pour cette milice de se transformer en parti politique.

 

Si cette mue est opérée sous les conseils de Bozizé, le nouveau parti ne fera pas de vieux os

 

Par ailleurs, il est notoire que conquérir le pouvoir d’Etat, demande une mobilisation de moyens financiers énormes. Chose qui ne semble pas être garantie pour les ex-combattants, les anti-balaka, qui pourraient être tentés de faire un appel du pied à leur mentor Bozizé, afin qu’il mette la main à la poche. Pourtant, pour réussir cette mue et être vraiment crédibles, les  désormais ex-anti-balaka devraient tout faire pour s’affranchir de la tutelle de ce monsieur. Mais en ont-ils seulement les moyens ? Pas si sûr. Or, si cette nouvelle mue est opérée sous les conseils de Bozizé, il est certain que le nouveau parti ne fera pas de vieux os. Pourtant, s’il ne bénéficie pas d’un  appui financier solide, il ne fera que battre de l’aile pendant un temps, avant de mourir de sa belle mort.

 

Mais il y a des signes qui ne trompent point. Le fait que le coordonnateur de ce mouvement, Patrice Ngaïssona soit un ancien ministre de Bozizé en dit long sur le rôle que ce dernier est en train de jouer en coulisses. Comment pouvait-il en être autrement d’ailleurs? A partir du moment où Michel Djotodia prépare son retour sur la scène politique derrière une Séléka muée en parti politique, il fallait bien attendre la réplique de son ennemi intime François Bozizé. Quand l’un est quelque part, l’autre n’est jamais loin.

 

Dieudonne MAKIENI

Lu pour vous : RCA : Vers un renouveau politique
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 02:16

 

 

 

 

DOUALA - 01 DEC. 2014  © Robert NDONKOU | Cameroon-Info.Net

 

L’hebdomadaire panafricain parle de «coup de bluff» de Yaoundé et soutient que ce n’est pas une opération des forces de sécurité camerounaises qui a permis la libération des 27 otages détenus par les rebelles du Front démocratique du peuple centrafricain.

 

C’est un démenti qu’apporte Jeune Afrique. Dans son édition en kiosque au Cameroun depuis lundi 1er décembre 2014, l’hebdomadaire panafricain conteste la version de la libération des otages du Front démocratique du peuple centrafricain (Fdpc) donnée par le secrétaire général de la présidence de la République du Cameroun, Ferdinand Ngoh Ngoh. Le directeur de la rédaction, François Soudan, dans un article publié dans la rubrique « confidentiel » et intitulé « Cameroun, les dessous d’une libération » parle d’un « petit coup de bluff ou de pub de la présidence camerounaise ».

 

Selon lui, l’ « opération spéciale des forces de défenses et de sécurité » décrite dans le communiqué rendu public le 26 novembre 2014 n’a jamais existé. « En réalité, les otages ont été remis volontairement à la frontière centrafricano-camerounaise par leur ravisseurs (des rebelles se réclamant du chef de guerre Abdoulaye Miskine), sans qu’aucun coup de feu soit tiré », soutient le patron des journalistes de J.A. Le journal parisien ajoute que les négociations ont été menées par téléphone et sur instruction du président congolais Denis Sassou Nguesso, depuis Yaoundé,  par Karim Mekassoua, un ancien ministre centrafricain. Selon Jeune Afrique, « c’est Mekassoua qui a obtenu des rebelles que les otages soient libérés avant que leur chef, Abdoulaye Miskine, détenu dans une prison de Yaoundé, ne le soit à son tour. L’hebdo de Béchir Ben Yahmed conclut à un « petit arrangement avec la vérité » pour permettre au Cameroun de sauver la face dans un dossier où Denis Sassou Nguesso semblait « un peu trop tirer la couverture à lui ».

Lu pour vous : Cameroun - Libération des otages détenus en Centrafrique: Jeune Afrique accuse Paul Biya de mensonge
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 02:05

 

 

 

 

French.china.org.cn  le 03-12-2014

 

Un sergent présumé des ex- Forces armées centrafricaines a été tué et un autre blessé lors d'un incident avec les ex-rebelles de la Séléka mardi à Bambari ( centre), la veille d'une visite dans cette ville du président du Conseil national de transition (CNT, Parlement provisoire), Alexandre Ferdinand Nguendet, ont rapporté ces individus armés eux- mêmes à Xinhua.

 

Pour la première fois depuis le début de la crise centrafricaine et sa désignation en 2013, le président du CNT a prévu de se rendre mercredi à Bambari, a fait savoir dans un entretien téléphonique mardi soir à Xinhua le général Joseph Zoundéko, commandant de la branche militaire du Rassemblement patriotique pour le renouveau en Centrafrique (FPRC), nouvellement créé sous sa houlette.

 

En prévision de cette visite inscrite dans le cadre du processus de normalisation et de réconciliation nationale en cours dans le pays, un groupe présumé des ex-FACA à bord de cinq à six véhicules pick-up ont débarqué dans cette ville qui figure parmi de nombreuses autres sous contrôle de l'ex-rébellion, à en croire l'ex-dirigeant rebelle.

 

Lors d'une rencontre avec les ex-Séléka dont la plupart sont issus de l'ex-armée nationale non encore opérationnelle depuis le début de la crise à cause de la désertion de beaucoup de soldats, un combattant de l'ex-alliance rebelle s'est saisi de l'arme d'un ex-FACA qu'il a utilisée par la suite pour abattre un autre ancien militaire, selon le colonel Djouma Narkoyo, porte-parole des ex- Séléka.

 

L'incident se serait produit mardi après-midi aux environs de 16h00 (locales, 15h00 GMT). En plus de cette victime, le bilan provisoire fait état d'un autre blessé dans les circonstances non élucidées et transporté à l'hôpital, a précisé à son tour le général Zoundéko qui s'est dit "étonné" de la visite d'ex-FACA à Bambari, alors que pour l'heure la République centrafricaine (RCA) ne possède pas une armée.

 

"J'ai appelé le ministre d'Etat chargé de la Défense (Aristide Sokambi) qui m'a répondu que des ex-FACA n'ont pas été envoyées à Bambari", a-t-il dit, ajoutant que la sécurité dans cette ville est assurée par la police et la gendarmerie nationales, sous l' encadrement des Casques bleus de la Mission multidimensionnelle des Nations Unies pour la stabilisation en RCA (MINUSCA) appuyés par la force française Sangaris et la force européenne Eufor.

 

"C'est une provocation du gouvernement, mais nous déplorons tout de même cet acte, comme il y a eu mort d'homme", a de son côté souligné le colonel Narkoyo.

 

L'incident déclaré n'a toutefois pas provoqué de tension à Bambari, restée dans un calme apparent, laissent entendre les deux ex-dirigeants rebelles.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : un ex-FACA tué, un autre blessé par la Séléka
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 19:33

 

 

 

 

Source : blog de Makaila 2 Décembre 2014

 

Selon de sources proches de sa famille, le Général Baba Laddé, nommé Gouverneur à peine trois (3) mois dans la région des grands Sido au sud du Tchad, a failli être arrêté avant-hier.

 

Idriss Deby a envoyé cinq (5) Toyota lourdement armées à Sido pour arrêter le Général Baba Laddé, mais, ce dernier, a disparu mystérieusement et mystiquement.

 

Son aide de camp et son épousé sont arrêtés et sauvagement battus par les forces de l’ordre qui les ont acheminés vers des lieux inconnus.

 

Baba Laddé, leader du Front Populaire pour le Redressement (FPR), a rallié en 2012, le régime autocratique d’Idriss Deby, après une négociation parrainée par la représentation à Bangui des Nations Unies.

 

Rentré au Tchad, il a été nommé conseiller à la primature avant de s’exiler pour un laps du temps.

Lu pour vous : Urgent /Tchad : le Général Baba Laddé a mystérieusement disparu ?
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 19:31

 

 

 

 

APA-Yaoundé (Cameroun) - 2014-12-02 14:32:42 Le paiement des droits de transit du pétrole brut tchadien par le Cameroun a généré des droits de l’ordre de 17,53 milliards FCFA correspondant à 27,56 millions de barils au 31 octobre 2014, contre 5,84 milliards FCFA pour 24,65 millions de barils à la même période en 2013, selon une note publiée mardi par le Comité de pilotage et de suivi des pipelines.


Cette hausse exponentielle des recettes, note-t-on, fait suite à la revalorisation des droits de transit intervenue le 29 octobre 2013 et qui a fait passer la redevance de 195 à 618 FCFA le baril de brut.


Ainsi, en plus de 10 ans, le Trésor public camerounais a engrangé des revenus 217,53 milliards FCFA au titre des droits de passage du pétrole tchadien.


Long de quelque 1070 kilomètres, l'oléoduc Tchad-Cameroun part des champs pétrolifères de Doba pour traverser le territoire camerounais sur près de 890 kilomètres, de la frontière nord-est avec le Tchad jusqu'au large de l'Océan atlantique.

Deux sociétés, l'une de droit camerounais (COTCO), l'autre de droit tchadien (Tchad Oil Transportation Company, TOTCO) et qui constituent le Comité de pilotage et de suivi, sont respectivement propriétaires des tronçons situés de part et d'autre de la frontière dont elles assurent la construction, l'exploitation et l'entretien.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=811195#sthash.BrBXNDKa.dpuf

Cameroun : hausse considérable du droit de transit du pétrole tchadien
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 14:05

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-12-02 13:00:55 Le gouvernement américain a remis mardi à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation de la République centrafricaine (MINUSCA) 254 véhicules militaires d’un montant de plus de 28 milliards de FCFA.


Ce don, selon l'ambassade des Etats-Unis d'Amérique, s'inscrit dans le cadre des relations bilatérales entre le gouvernement américain et les pays contributeurs des troupes de la MINUSCA : le Burundi, le Cameroun, le Congo, le Gabon et le Rwanda.

Symboliquement quinze véhicules de différentes marques, faisant partie du lot, ont été remis lors de la cérémonie qui s'est déroulée au Camp Mpoko à Bangui en présence du ministre d'Etat centrafricain de la Défense nationale, Aristide Sokambi, du chef d'état-major de la MINUSCA, le général Martin Tumenta Chomu et du corps diplomatique.

‘'Au terme de leur mandat ici en République Centrafricaine, ces pays peuvent disposer de ces véhicules'', a déclaré le chargé d'affaires près l'ambassade des Etats-Unis d'Amérique en Centrafrique, David Brown.


Toutefois, a-t-il indiqué, ‘'une formation en conduite et en maintenance de ces véhicules sera assurée par les techniciens américains''.


‘'Ces véhicules pourront faciliter l'importante mission des contingents de la Minusca et aider à ramener d'une manière durable et définitivement la paix en Centrafrique'', a-t-il estimé.


Pour le ministre centrafricain des Affaires étrangères, Toussaint Kongo Doudou, ces véhicules constituent un geste fort du gouvernement américain en appui à la MINUSCA.

‘'Ce geste, a-t-il dit, démontre la détermination des USA d'accompagner le processus de la stabilisation et de la quête de la paix et de la réconciliation nationale en Centrafrique''.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=811181#sthash.Mz0NhuPa.dpuf

254 véhicules des USA pour les forces onusiennes en RCA
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 13:51

 

 


                                             Bangui, le 30 Novembre 2014

 

 

Centrafricaines,


Centrafricains,


Chers compatriotes,


Demain 1e Décembre 2014, nous célébreront le 56e anniversaire de la proclamation de la République Centrafricaine. 56 ans dans la vie d’une nation et d’une République digne de ce nom, c’est l’âge de toute une génération qui arrive à son apogée. Une génération qui a muri. Dans le contexte national actuel caractérisé par la persistance de la crise politico-militaire sur tout le territoire national, j’ai tenu à donner un caractère particulier à cette célébration en invitant chaque centrafricain, ou qu’il se trouve, à méditer sérieusement sur le bilan de ces 56 années et sur l’avenir de notre pays.

 

En effet, je n’ai pas voulu organiser des manifestations fastueuses au regard de la misère dans laquelle croupit la majorité des Centrafricains dont certains se trouvent encore en exil forcé tandis que d’autres ne peuvent pas regagner leur domiciles. J’ai pris la mesure de cette situation en décidant que la fête de cette année se fasse de la manière la plus sobre possible, en solidarité avec tous ceux qui souffrent dans ce pays et dont certains n’auront pas un repas digne en ce jour mémorable.

 

Mes chers compatriotes,


Il est très difficile de voir que 56 ans après la constitution de notre Etat et 54 ans après notre indépendance, il y ait encore dans ce pays béni de Dieu une misère persistante alors que nous avons d’importants atouts pour le transformer en terre d’abondance et de prospérité. C’est surtout pénible de constater qu’en 56 ans, nous avons tous collectivement échoué à assurer la stabilité de notre pays jadis considéré comme un « havre de paix », une « Suisse africaine ». Les pays qui nous entourent ont pourtant réussi le pari d’un certain niveau de développement dans la même période grâce à un minimum de stabilité. Pourquoi pas nous ?

 

Oui, l’instabilité chronique nous a conduits au fond d’un gouffre d’où nous éprouvons aujourd’hui d’énormes difficultés pour sortir. De BOGANDA à SAMBA-PANZA en passant par DACKO, BOKASSA, DACKO, KOLINGBA, PATASSE, BOZIZE et DJOTODIA, l’histoire de la République Centrafricaine a été celle d’une succession de tumultes, de désordres, de coups d’Etat, de mutineries et de rébellions armées, avec de très courtes périodes d’accalmie qui n’ont pas permis d’asseoir les bases d’ un développement durable.

 

En lame de fond de cette instabilité, ayons aujourd’hui le courage de reconnaître, grâce à la maturité de nos 56 ans, qu’un état d’esprit sinon une mentalité hostile au progrès est profondément la cause de nos malheurs.


Aussi bien du côté des gouvernants que des gouvernés, cette mentalité s’est manifestée par notre incapacité à mettre en avant les intérêts supérieurs de notre pays. C’est à juste titre qu’on nous accuse aujourd’hui d’avoir failli collectivement à notre devoir de bâtir une Nation soudée par son histoire et son système de valeurs, profondément animée par l’idée et par la volonté inébranlable d’un progrès continu.

 

Concrètement, cet état d’esprit est celui que nous voyons en œuvre dans les actes de violence quotidienne, de destruction des biens publics et privés, d’indiscipline généralisée, de rébellion jusque dans la cellule familiale où les repères sont brouillés, de violation des lois qui nous gouvernent, de prédation, de paresse et de facilité en contradiction avec le sens de l’effort qui permet d’avancer et, par-dessus tout, de remise en cause perpétuelle de l’autorité de l’Etat. Avec une telle mentalité, force est de constater que depuis plusieurs décennies, la République Centrafricaine notre chère patrie, offre à l’humanité entière le spectacle dérisoire et lamentable d’un chaos organisé et d’une véritable descente aux enfers.


Depuis le 24 mars 2013, la RCA est transformée en un océan de sang et de larmes et en un vaste cimetière où s’entassent des morts innocents lâchement torturés et assassinés.

 

Elle est transformée aussi en un vaste Camp de déplacés où des populations entières sont exposées à la violence meurtrière des groupes armés, à la maladie, aux intempéries et aux lendemains inquiétants. Simplement parce qu’une minorité d’extrémistes ont choisi la violence et la terreur comme modes d’accès au pouvoir, violant ainsi le principe démocratique universel du pouvoir dans les urnes et par les urnes.


En dépit de nos efforts en faveur de la paix et de la réconciliation, la RCA est devenue une véritable INDUSTRIE DE LA VIOLENCE faite de braquages, de prises d’otage, de demandes de rançon et de chantage permanent dont les premières victimes restent et demeurent les populations civiles brutalisées, violées, pillées et massacrées au mépris des droits humains.

 

Tel est aujourd’hui le drame de notre pays, 54 ans après son indépendance.

 

Ce diagnostic sans complaisance ne doit cependant pas nous pousser au pessimisme qui anime aujourd’hui beaucoup de centrafricains. Il doit plutôt nous ouvrir les yeux sur nos manquements et nos insuffisances afin de mieux cerner notre problème et y trouver les solutions idoines. Si nous n’avons pas le courage de reconnaître nos erreurs de parcours pour les corriger durablement, il est évident que nous n’avancerons jamais sur des bases solides. L’occasion de cette célébration me paraît opportune pour l’amorce d’un tel exercice d’introspection collective qui est la planche de salut de notre nation menacé aujourd’hui par l’implosion.

 

En effet, la construction et l’indépendance d’un pays signifient que les fils et filles de la Nation doivent tous se sentir responsables du devenir de leur pays et se mettre au travail afin de générer des ressources propres pour faire face aux dépenses régaliennes et offrir à la population les services sociaux de base de qualité. Le Président Fondateur Barthelemy Boganda l’avait bien compris et a tracé la voie à suivre pour que la proclamation de la République soit une réalité pour notre pays en invitant les centrafricains a travers notre devise, a l’Unité, a la Dignité et au Travail. C’est effectivement en suivant ce chemin que le loger, nourrir, vêtir soigner et instruire peuvent être possibles pour chaque citoyen.

 

Aujourd’hui, nous, fils et filles de Centrafrique, nous sommes dangereusement engagés sur une voie contraire à celle tracée par le Père Fondateur par le choix de la division, de comportements indignes couronnés de violences et du refus de s’investir dans le travail.


C’est pourquoi, au moment où nous célébrons le 56ème anniversaire de la proclamation de la République Centrafricaine, quelques questions lancinantes me brûlent les lèvres :


• Voudrions-nous demeurer une République de la division et de l’intolérance ?


• Voudrions-nous demeurer une République des coups d’Etat, des mutineries et des rebellions armées ?


• Voudrions-nous demeurer une République des pillages, des saccages, des viols, des braquages, des prises d’otage et du chantage ?


• Voudrions-nous demeurer une République de la paresse, de l’éternel recommencement et de la médiocratie ?


• Voudrions-nous demeurer une République de l’immobilisme et qui refuse le développement ?

Ces questions et bien d’autres encore nous renvoient à la terrible question de notre responsabilité devant l’histoire et devant le peuple meurtri.


Dans la situation critique où se trouve aujourd’hui notre chère patrie, la République Centrafricaine, nous n’avons pas une autre alternative que de changer. Changer de comportement signifie qu’il faut maintenant aller sur le bon chemin, en rupture avec celui que nous avons emprunté jusque là.


Pour ma part, j’ai fait dès le départ le choix de la main tendue, du dialogue et de la concertation en conformité à la Charte Constitutionnelle de transition qui lie toutes les autorités de la transition, car rien ne peut remplacer le dialogue et la concertation dans un contexte aussi difficile et pernicieux.

 

Ce n’est point une marque de faiblesse, mais la voie de salut de la République Centrafricaine qui n’a que trop souffert. C’est pourquoi, j’avais misé sur le Forum intermédiaire de Brazzaville comme étape nécessaire à un dialogue inter-centrafricain sans exclusif à Bangui.

 

La célébration dans la sobriété des festivités de ce 56eme anniversaire sera marquée par le déplacement des Ministres résidents dans nos seize (16) préfectures. Ils auront ainsi l’occasion de plaider pour le dialogue comme dernier recours et de manifester la présence de l’autorité de l’Etat dans nos préfectures.

 

Elle m’offre aussi l’occasion d’appeler les partis politiques, la société civile, les communautés religieuses, les groupes armés, les femmes et les jeunes à se mobiliser pour les préparatifs du Forum national de Bangui de la fin de l’année ou du début du mois de Janvier 2015 sur les problèmes de la RCA en vue de la réconciliation et de la reconstruction nationales. Un dialogue qui se passera de tout calcul politicien visant notamment à la remise en cause des institutions de la transition. Je me réjouis que l’idée d’une mise entre parenthèses des consultations populaires ait été rejetée et cette phase, qui comporte l’enjeu de la réconciliation à la base, ait été reconnue unanimement comme étant indispensable. Nous y travaillons désormais d’arrache-pied à travers les Ministres résidents pour qu’à l’issue de ces consultations nous ayons des orientations très claires pour le forum national de Bangui.

 

L’heure est plus que jamais au rassemblement de nos forces pour barrer la route définitivement au spectre du chaos irrémédiable et surtout de la partition du pays agitée par les ennemis de la paix et de la réconciliation nationale.

 

L’heure est aussi à l’union sacrée autour du processus de transition pour qu’il aboutisse aux échéances prévues à des élections libres, justes, transparentes et équilibrées. Une échéance attendue par tous les Centrafricains de bonne foi.


Nous avons perdu beaucoup de temps dans les palabres stériles. Il est justement temps de penser à une nouvelle Renaissance de la République Centrafricaine dans l’Unité, la Dignité, le Travail et le Respect de la personne humaine.

 

Mes chers compatriotes,


A vous tous, je vous demande de tourner la page du passé négatif et de vous joindre à moi pour accomplir la difficile tâche de refondation de notre pays pendant cette période de transition. Unissons nos efforts, retrouvons notre dignité en renonçant à la violence, et sauvons notre pays en nous mettant au travail. C’est en nous tournant vers les valeurs positives de compréhension mutuelle, de solidarité, de dialogue, de tolérance, de patriotisme, de démocratie, d’honnêteté, de rigueur dans le travail, de civisme et de créativité, que nous pourrons nous en sortir rapidement et dignement.

 

Mes chers compatriotes,


Cette ligne de mon action sera maintenue et consolidée jusqu’à la fin de mon mandat pour que les bases de la reconstruction du pays soient effectivement jetées. Pour les mois qui vont suivre jusqu’à la fin de la Transition, j’ai déjà indiqué clairement que les piliers de mon action sont la sécurité, les consultations populaires dans les 16 préfectures pour une véritable réconciliation à la base, le forum national de Bangui pour la refondation du pays sur de nouvelles bases et l’organisation des élections crédibles pour le retour apaisé à l’ordre constitutionnel. Il n’en demeure pas moins que ces objectifs politiques majeurs ne vont pas occulter l’œuvre globale de redressement du pays qui doit se poursuivre pour réellement sortir le pays de l’ornière et arrimer notre pays au processus d’un développement durable.

 

Lié à cela, il y a la lutte contre le pillage des ressources de notre pays. Ce pillage est la source nourricière de la complexité de la crise qui perdure chez nous. Il s’agit de l’une de voies indiquées pour permettre a l’Etat centrafricain d’avoir des ressources propres pour faire face aux défis de désœuvrement de la jeunesse, facteurs déterminants de la crise, de redynamisation du secteur privé pourvoyeur d’emplois et surtout pour la relance de la production nationale dans tous les secteurs.


Ma vision est de pousser tous azimuts à faire de la République Centrafricaine un vaste chantier dans les domaines des infrastructures, du bâtiment, de l’agriculture et du commerce international. Dans ces secteurs porteurs et pourvoyeurs d’emplois, on peut d’ailleurs s’attendre a ce que des bailleurs de fonds internationaux viennent appuyer fortement nos initiatives contenues dans le Programme d’Urgence pour le Relèvement Durable.

 

Si nous avons une vision pour notre pays de demain, il est urgent d’en dresser le plan qui, si un consensus est trouvé, servira de boussole à tous ceux qui viendront gérer le pays. A mon humble avis, la période de Transition est particulièrement propice à la recherche du consensus autour de tels plans.

 

J’ai la détermination de conduire cette Transition à son terme et dans de bonnes conditions. Pour la bonne raison qu’un échec de la Transition actuelle nous ramènera sans nul doute à la case de départ et nous plongera dans l’inconnu. Nous devons nous convaincre de l’impérieuse nécessité de bien terminer la Transition actuelle et nous mobiliser pour cela derrière les Autorités établies.


C’est dire qu’en réalité le pays a besoin de sérénité, de patience et de large adhésion populaire à l’action des dirigeants pour faire face aux nombreux défis qui se posent à lui.

 

Mes chers compatriotes,

 

Tout le désordre qui s’organise dans notre pays n’est dans l’intérêt d’aucun Centrafricain digne de ce nom. Quel Centrafricain fier de l’être peut-il accepter le désordre et la destruction de ce qu’il a de plus cher, c’est-a-dire son pays ?


Nous avons l’obligation de préserver notre patrimoine commun légué par Barthélémy BOGANDA qu’est la République Centrafricaine.

 

Je lance encore un vibrant appel au sursaut patriotique des Centrafricaines et des Centrafricains qui ont entre leurs mains la clé de la solution à la crise qui secoue leur pays.

 

Réveillons nous, laissons tomber les armes et la division, arrêtons de nous entretuer et de détruire notre pays. Privilégions le dialogue constructif pour rebâtir notre pays, unissons nous à nos dirigeants pour avancer ensemble et rêvons à une nouvelle Centrafrique de la diversité, du brassage des peuples et du progrès.

 

Malgré le contexte difficile, je souhaite une bonne fête du 1e décembre à toutes les Centrafricaines et à tous les Centrafricains où qu’ils se trouvent et leur demande de se réjouir dans la dignité.


Vive la République Centrafricaine ! Vive le peuple Centrafricain !


Je vous remercie.

 

Discours à la Nation du Chef de l’Etat de la Transition a l’occasion de la célébration du 1er décembre 2014, jour anniversaire de la proclamation de la République Centrafricaine
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 10:33

 

 

 

Le Bureau de la Section Français du monde Adfe - de Centrafrique à la profonde douleur d'informer toute la communauté française de RCA, du décès de l'un de ses membres, Dr Fidèle MOKOFIO de la Pharmacie Notre Dame.
 
Décès survenu à Naïrobi au Kenya, le vendredi 28 Novembre 2014, après une évacuation sanitaire suite à un accident de circulation à Bangui.
 
Le bureau de la Section Français du monde Adfe - de Centrafrique présente toutes ses condoléances à Danielle sa veuve, à ses enfants et à toute la famille MOKOFIO.
 

 
Georges-Emmanuel  MATONGO
Président de la section Français du monde - adfe de Centrafrique
Tél: +236 72 27 21 09
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 22:40

 

 

 

 

Par RFI 01-12-2014 à 18:57

 

Les grandes manœuvres politiques se poursuivent en Centrafrique dans l'optique du forum de Bangui. Prévu en janvier, il doit permettre un dialogue politique entre toutes les composantes de la crise centrafricaine en vue des prochaines élections en milieu de l’année 2015. Les anti-balaka veulent devenir des acteurs politiques. Ainsi, samedi dernier, la CLPC, l'une des composantes les plus importantes du mouvement, s'est transformée en parti politique. Le Parti centrafricain pour l'unité et le développement a propulsé à sa tête Edouard Patrice Ngaissona.

 

Edouard Patrice Ngaissona n'a jamais caché ses ambitions. L'ex-coordinateur national des mouvements anti-balaka a toujours voulu unifier, à son profit, un mouvement morcelé pour en faire un acteur-clé dans la lutte de pouvoir qui se joue en RCA. Patrice Ngaissona a d'abord réussi à écarter ses potentiels concurrents. Joaquim Kokaté et Sebastien Wénézoui, un temps plus en vue au sein des anti-balaka, en savent quelque chose.

 

A l'heure de la préparation du forum de Bangui qui décidera en janvier de l'avenir des institutions du pays, Edouard Patrice Ngaissona a compris qu'il fallait transformer le mouvement anti-balaka en force politique. Il est populaire parmi les nostalgiques du régime Bozizé et possède une certaine audience dans la communauté Gbaya, de Bangui jusqu'à Bossangoa. Reste à savoir s'il arrivera à contrôler les chefs militaires anti-balaka, à Bangui et en province, qui ne lâcheront pas de gaieté de cœur des armes grâce auxquelles ils s'enrichissent.

 

L'autre inconnue de taille consiste à savoir s'il pourra briguer le fauteuil présidentiel en juin 2015. Pour l'heure, il se dit dans les couloirs de la présidence que le forum de Bangui devrait fixer des conditions drastiques aux futurs candidats, notamment sur la question des crimes commis. Mais c'est justement pour avoir voix au chapitre dans ce débat que l'ancien anti-balaka peaufine sa stratégie politique en vue de ce forum de Bangui. 

RCA : les anti-balaka veulent peser dans le débat politique
RCA : les anti-balaka veulent peser dans le débat politique
Repost 1
Centrafrique-Presse.com
1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 22:18

 

 

 

CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE CENTRAFRIQUE

 

(CECA)

 

AMEN, VIENS SEIGNEUR JÉSUS

 

(Ap 22,20c)

 

Bangui, Novembre 2014

 

Nous, membres du Conseil Permanent de la Conférence des Évêques de Centrafrique, nous nous adressons à tous les fidèles du Christ Jésus et à tous les hommes et femmes de bonne volonté au début de ce temps fort de l’Avent. Que la grâce et la paix de Dieu soient toujours avec vous.

 

La question du temps n’est pas optionnelle, elle est essentielle. Aujourd’hui, il semble que nous ne prenons pas le temps au sérieux. Quand nous perdons le temps, le futur change sa signification. De promesse, il devient synonyme de menace. Ainsi, il suscite la peur plutôt que l’espérance, l’angoisse plutôt que l’assurance.

 

  1. L’attente joyeuse du Messie

 

Pendant le temps de l’Avent, ce qui nous distingue en tant que chrétiens, c’est l’attente joyeuse de QUELQU’UN. Le chrétien qui vit « éveillé » est porté en avant vers QUELQU’UN, comme l’amoureux vers l’être aimé qu’il désire accueillir. Cette attente est au cœur du Christianisme. Attendre quelqu’un est un mouvement dynamique de tout l’être, un engagement de toutes les ressources personnelles. Celui qui vient n’est pas un Dieu vague que nous-mêmes avons forgé ou fabriqué. Il dépasse l’homme, et le transcende. Il est avant l’homme et au-dessus de lui. La Parole de Dieu nous le présente comme « Emmanuel » (Is 7,14) ; « Conseiller merveilleux, Dieu fort, Prince de la paix » (Is 9,5) ; « Rameau de la souche de Jessé » (Is 11,1) ; « Fils de David, Celui qui vient au nom du Seigneur » (Mt 21,9) ; « Fils du Très Haut » (Lc 1,32) ; « Fils de l’homme » (Lc 12,8) ; « Celui qui baptise dans l’Esprit Saint » (Jn 1,33) ;  « Messie » (Jn 1,41) ; « Fils de Dieu » (Jn 1,49) ; « Sauveur du monde » (Jn 4,42) ; « Alpha et Omega, Premier et Dernier, Commencement et Fin » (Ap 22,13). C’est le Seigneur Jésus Christ qui vient sauver de l’angoisse du lendemain et des ténèbres de la mort.

 

Certains de nos compatriotes semblent hébétés devant le mystère de la vie et de la mort. Ils n’attendent plus rien, ni de la religion, ni de Dieu. Pour eux, le Christ n’est pas venu. Il n’y a rien de changé. Le mot Dieu est pour eux vide de sens, et la religion qui a vocation de le faire connaître et aimer, apparaît comme une utopie, voire une aliénation. Ceux qui n’attendent pas Dieu transposent leur espérance dans l’attente d’un monde meilleur qui vient du seul effort de l’action collective des hommes. Dans cette perspective, les promoteurs de l’humanisme athée pensent que « l’homme et la société peuvent atteindre un état de perfection au terme d’évolutions seulement humaines ».

 

  1. Jésus vient nous donner la paix
  2.  

Quand il voulut entrer à Jérusalem, à la vue de la ville, Jésus pleura sur elle « en disant :   ‘‘Ah ! Si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux’’ » (Lc 19,42). Ces derniers temps, le mot « paix » et l’expression « cohésion sociale » sont fréquemment employés par des acteurs politiques, militaires ou religieux. Mais avons-nous vraiment compris le message de paix ? La paix du monde est différente de la paix du Christ. La paix du monde se veut absence de conflits, fin des hostilités, rejet de la haine. Elle est fondée sur les lois, la reconnaissance mutuelle des droits humains, les accords et alliances politiques et militaires, les répressions, les forces de défense et de sécurité. Mais la paix du Christ ne va pas de soi et n’appartient pas aux données évidentes et natives de la nature humaine. Elle ne se trouve pas dans nos mains. Elle est tout d’abord un don de Dieu, la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ (Rm 5,1). Jésus Christ, notre paix, détruit les barrières qui séparent les peuples, supprime en sa chair la haine, crée un Homme nouveau, réconcilie avec Dieu, proclame la paix, donne l’Esprit d’amour (Ep 2,14-18). Pendant son ministère public, Jésus était conscient qu’il y a des tensions entre les hommes. Il a travaillé à la réconciliation des êtres humains par son enseignement, ses miracles, le pardon des péchés et l’accueil des pécheurs. Dans son message de paix, Jésus exhorte ses disciples à la conversion, à l’amour du prochain et de l’ennemi (Mt 5,43-48 ; Mc 1,15 ; Jn 13,34-35).  Il proclame heureux « les doux », « ceux qui ont faim et soif de justice », « les miséricordieux », « les cœurs purs », et « les artisans de paix » (Mt 5,5-9). Au malade guéri ou au pécheur pardonné, Jésus dit « va en paix » (Lc 7,50 ; 8,48). À ses disciples, il dit : « Ayez du sel en vous-mêmes et soyez en paix les uns avec les autres »    (Mc 9,50).  Aux disciples qu’il envoie en mission, il dit : « En quelque maison que vous entriez, dites d'abord : ‘‘Paix à cette maison !’’ » (Lc 10,5).  Aux apôtres vers qui il vient après sa résurrection, il dit : « La paix soit avec vous » (Jn 20,19.21.26).

 

Jésus Christ qui est venu, qui doit venir, nous est présent et habite parmi nous. En tant que serviteurs du Christ Jésus, nous reconnaissons que Lui-seul scrute les cœurs. Pour cela, nous vous exhortons à orienter votre vie vers le Christ, à être plus proches de lui, et à vous laisser instruire par lui pour discerner ce qui est essentiel et faire de vos vies des espaces d’humilité et de respect, de service et d’amour. Chaque jour, chacun est invité à choisir entre deux chemins : vie et mort, bonheur et malheur, sagesse et folie, confiance et méfiance,  amour et haine, pardon et vengeance. Le Seigneur lui-même nous exhorte à choisir la vie, le bonheur, la sagesse, la confiance, l’amour et le pardon pour mettre en valeur nos talents (Dt 30,15-20). En dépit de sa souveraineté, Dieu ne s’impose pas. Il nous permet de vivre comme des êtres humains libres et responsables de leur épanouissement ou de leur malheur. Les derniers tristes événements survenus en Centrafrique montrent qu’il y a encore des gens qui s’opposent à la volonté de Dieu, dévalorisent leurs talents et s’autodétruisent en optant pour la mort, le malheur, la folie, la méfiance et la vengeance. 

 

  1. La montée du grand banditisme

 

En toute vérité, nous nous inquiétons de la montée du grand banditisme. Le peuple est encore pris en otage par des groupes armés qui battent le pavé et occupent le devant de la scène. La liberté de vaquer à ses occupations et de subvenir honnêtement à ses propres besoins devient une pure illusion pour beaucoup de nos compatriotes qui sont entravés dans leurs aspirations sur une large portion du territoire national. En effet, l’insécurité contraint encore de nombreuses personnes à fuir leurs maisons et villages et à se réfugier dans des camps de fortune comme c’est le cas à Bangui, à Bambari, à Batangafo... Nous avons dénoncé à plusieurs reprises ces conditions de précarité auxquelles sont soumis injustement les Centrafricaines et les Centrafricains depuis le début de cette crise militaro-politique dont nous ne cessons de déplorer les victimes innocentes. On dirait une lente descente aux enfers.

 

Par ailleurs, nous condamnons avec la plus grande fermeté les actes de banditisme orientés avec acuité ces dernières semaines contre le personnel pastoral. L’abbé Mateusz DZIEDZIC, fidei donum polonais à la paroisse de Baboua dans le diocèse de Bouar, pris en otage par le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) au mois d’octobre, vient d’être libéré par ses ravisseurs. Il semblerait que certains se plaisent même à disséminer des armes au sein de la population. C’est un jeu extrêmement dangereux qui ne favorise guère la cohésion sociale. Privilégions plutôt le dialogue, la médiation et la diplomatie pour la résolution de nos différends. Aussi, exhortons-nous les forces de sécurité nationale, la Minusca, les Sangaris et l’Eufor-RCA à redoubler de vigilance quant à la sécurité et à la protection des populations civiles.

 

  1. Pour construire une société de paix

 

Il est impossible de bâtir la paix avec la terreur, la méfiance réciproque, et avec un esprit, un cœur et des mains armés. Même si la paix durable et véritable est un don du Christ, elle dépend aussi de chacun de nous. Chacun a la possibilité et le devoir de s’engager et de collaborer pour la paix. En règle générale : chacun doit renoncer à se faire justice soi-même en suivant ses propres convictions. L’instrument idéal pour résoudre les hostilités c’est le dialogue raisonnable, la confrontation verbale, le débat constructif : se parler pour arriver à des compromis de paix basés sur le respect réciproque. Nous exhortons les médiateurs à croire davantage à leur capacité à promouvoir la paix. Qu’ils soient toujours à l’écoute du peuple et des belligérants pour établir des points de repères  et coopérer à trouver des solutions consensuelles aux divergences. Comme vous le savez, dans toute société humaine, la loi n’a pas d’efficacité sociale sans la figure de celui qui décide de la conformité ou non aux normes avec le pouvoir de sanctionner la transgression. Que les juges se chargent  donc de gérer les conflits entre les citoyens pour sauver le droit et le bien des citoyens, et pour consolider la paix sociale.

 

Loin de céder au fatalisme, croyons donc fermement à notre capacité, en tant que peuple, à nous relever de la déchéance dans laquelle nous sommes tombés. Les défis sont certes nombreux, mais ils ne sont pas de l’ordre de l’impossible. N’avons-nous pas su maintenir les liens de la cohésion sociale en dépit des blessures que chacun porte en lui-même ? Nombreuses sont en effet les initiatives que nous avons engagées en ce domaine. Elles ont davantage besoin d’être consolidées.

 

La détermination dans la recherche de la paix durable et de la cohésion sociale par le pardon et l’acceptation de l’autre dans sa différence est un caractère propre des forts. Allons-nous nous laisser décourager par les embûches qui entravent nos chemins ? Désormais, il est temps de nous poser les véritables questions. À quoi cela nous servirait-il de continuer à nous entretuer ? Prenons appui sur le Seigneur pour comprendre que le relèvement économique de notre pays et son développement ne se feront pas sur les dépouilles mortelles de nos frères et sœurs. Toutefois, dans ce contexte de grande fragilité, nous exhortons le gouvernement, à créer avec l’appui de la communauté internationale, les conditions idoines de sécurité pour tous les citoyens, à lutter contre l’impunité, à rétablir l’autorité de l’État, pour consolider la cohésion sociale, le dialogue et la paix.

 

Le Christ vient. La sortie de cette crise est à notre portée, pourvu que nous y croyions. C’est à ce niveau que nous sommes interpellés en tant que croyants. Apprenons donc à faire le bien et la Centrafrique vivra en paix. MARANATHA !

 

Prions ensemble :

 

            Jésus Christ, Prince de la paix,

            Incarnation de l’Amour infini du Père,

            Salut toujours invoqué et toujours attendu,

            Unique espérance des Centrafricains,          

            Toute l’Église crie vers toi et t’attend !

 

            Viens Seigneur Jésus !

            Viens nous sauver de la haine.

            Viens nous donner le goût de vivre ensemble.

            Viens nous apprendre à faire le bien aux autres.

            Viens nous transformer en artisans de paix.

 

En la Solennité du CHRIST ROI, CECA, le 23 novembre 2014

 

 

Le Conseil Permanent 

 

       
  Mgr NZAPALAINGA    
 

 

 

Mgr Dieudonné NZAPALAINGA                           Mgr Nestor-Désiré NONGO           

Archevêque de Bangui                                              Évêque de Bossangoa

 

 
  Mgr Cyr Nestor


Président de la CECA                                                           Vice-Président de la CECA

 
   


                                                                              

Mgr Guerrino PERIN                                                           Mgr Cyr-Nestor YAPAUPA

Évêque de Mbaïki                                                     Évêque d’Alindao

 

 

Message du Conseil Permanent des Évêques pour le temps de l’Avent
Repost 0
Centrafrique-Presse.com