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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 23:42
 « Soigner les esprits est un long processus » Mauro Garofalo  de la Communauté Sant'Egidio
 « Soigner les esprits est un long processus » Mauro Garofalo  de la Communauté Sant'Egidio

 

 

 

https://www.la-croix.com  Recueilli par Pierre Cochez , le 22/01/2018 à 16h44

 

ENTRETIEN Mauro Garofalo, responsable des relations internationales de Sant’Egidio, explique combien la patience importe dans la résolution des conflits.

 

Dans quels pays la Communauté déploie-t-elle ses efforts de médiation ?

 

Mauro Garofalo : Nous avons essayé de contribuer à la résolution de 20 à 25 conflits dans le monde. À titre d’exemple, nous continuons d’exercer une médiation entre les belligérants au Mozambique, au Burundi ou en Centrafrique. Nous sommes aussi actifs pour tenter de résoudre des conflits de basse intensité, comme celui de la Casamance au Sénégal, qui dure depuis plusieurs décennies.

Notre intervention s’exerce dans des conflits internes. Les guerres qui engagent plusieurs États demandent, elles, des arbitrages internationaux. La majorité des conflits dont nous nous occupons trouvent leurs causes dans une transition politique manquée, des rivalités politiques, sociales ou ethniques, parfois des affrontements religieux.

 

Quelle est la particularité de Sant’Egidio ?

 

Mauro Garofalo : Nous ne sommes ni une ONG, ni un think tank. Sant’Egidio est une fraternité de communautés, présente dans 56 pays. Cette implantation nous enracine. Nous vivons les guerres et les crises comme une blessure sur notre propre peau.

Nous appartenons à une institution spirituelle internationale qui s’occupe de soigner ses blessures. Une seconde clé de notre efficacité tient à notre désintéressement. Nous n’avons pas d’intérêt propre à défendre dans nos médiations, aucun agenda caché, pas de pouvoir à conserver.

Il est important, aussi, d’insister sur notre place de croyants. Nous sommes des croyants, avant d’être des Occidentaux chrétiens. Or les conflits pour lesquels nous intervenons en tant que médiateur se déroulent, en majorité, dans des pays musulmans, comme le ­Niger ou la Guinée Conakry. Mais nous sommes perçus comme des gens de foi.

Ce respect entre les religions nous protège, nous soutient. Pour discuter, nous ouvrons les portes de notre monastère, pas d’un centre des congrès. Ce monastère se trouve à Rome, qui est elle-même un centre spirituel et la capitale d’un pays qui n’a pas un passé colonial trop prégnant.

 

 

Quel est le rôle du temps dans la recherche de la paix ?

 

Mauro Garofalo : La résolution de conflits demande de la patience. Nous en avons à revendre et pouvons suivre une situation pendant des décennies. Nous avons attendu une vingtaine d’années avant d’avoir la possibilité d’intervenir en Casamance. Nous avons cette liberté, car nous ne sommes tenus par aucun mandat.

Je dirais que Sant’Egidio est présent avant, pendant et après la médiation. Au Mozambique où nous avons facilité la fin de la guerre en 1992, nous sommes maintenant présents avec notre programme Dream pour l’accès aux traitements contre le sida. Des milliers de Mozambicains sont membres de nos communautés. Après la médiation, nous n’oublions pas un pays.

 

Comment convaincre les gens de faire la paix ?

 

Mauro Garofalo : Soigner les esprits est un long processus. La violence est comme une prison de l’âme. Vivre en guerre peut être une habitude. Certains y ont des intérêts économiques. Pour convertir à la paix, il est important de respecter tous les interlocuteurs, d’insister sur leur appartenance commune à une même famille nationale.

Dans une négociation, chacun a des convictions différentes. Il faut aller au-delà des simples questions stratégiques. Pour réussir, il faut garder une totale confidentialité sur les négociations. Pas de communiqué de presse. Cela aide à l’atmosphère de la médiation.

 

Sant’Egidio donne-t-elle la preuve que les religions ont un message de paix ?

 

Mauro Garofalo : Depuis 1986, nous défendons l’esprit d’Assise et nous répétons la prière pour la paix de saint François partout où nous sommes implantés. Toutes les religions parlent de paix. Mais, il nous faut en retrouver les racines, le respect pour la vie humaine, pour l’autre. Nous le faisons par le dialogue. Par la prière aussi.

Les religions peuvent être exploitées à des fins politiques. Cela a été vrai, par exemple, pendant le conflit en Côte d’Ivoire en 2011. Certains religieux ont une responsabilité, car ils manquent d’attention et de surveillance, face au développement de ces discours guerriers.

 

Recueilli par Pierre Cochez

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Centrafrique-Presse.com
24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 23:35
Dans une Centrafrique en guerre, se battre pour un musée délabré

 

 

 

Mise à jour 23.01.2018 à 11:00 2018 AFP

 

Sourire aux lèvres, Abel Kotton discute et regarde le temps passer, sur le pas de la porte du musée national centrafricain à Bangui. Tailleur complet bleu-roi impeccable, il dirige un musée fermé depuis 2013 qu'il tente de remettre d'aplomb, mais sans grand succès jusqu'à présent.

 

Devant la bâtisse en centre-ville - l'ancienne maison d'un des pères fondateurs de la Centrafrique, Barthélémy Boganda, M. Kotton et le conservateur du musée attendent. Quoi donc? Nul ne le sait, car le musée ne doit pas rouvrir avant plusieurs années tant les travaux à faire sont importants.

 

"On arrive le matin, on repart le soir. On surveille qu'on ne vole pas les pièces du musée", explique le conservateur, Thomas Ouamgomda. Il regarde sa montre calmement et lève les yeux - encore deux heures à palabrer -, imaginant un jour meilleur et des fonds pour rénover ce lieu d'histoire.

 

Et pourtant, malgré son manque d'activité criant, Abel Kotton est fier d'être le fer de lance de cette remise à neuf. "J'ai espoir, je sais que c'est possible (de le remettre en état). Il faut juste s'organiser, c'est ce qu'on fait avec le projet de réhabilitation".

 

Il a lancé la réfection de la peinture, toute fraîche et qui embaume le lieu d'une odeur particulière. "Ce n'est que le début. Il y a beaucoup à faire et on va le faire! En plus, il y a la volonté politique, le gouvernement veut que le musée rouvre", assure-t-il.

 

- Pillage et caisses en bois -

 

Son enthousiasme tranche avec la mine déconfite du conservateur. Lui s'inquiète de l'état du musée, dans lequel la poussière s'est incrustée dans chaque salle. Une épaisse couche grisâtre est apparue il y a quelques années déjà, recouvrant chacune des larges caisses de bois qui occupent le lieu.

 

Car les pièces de la collection ne sont plus exposées. Elles ont été enfermées dans des caisses après le pillage du musée, en 2013, par des rebelles de la Séléka - la coalition rebelle pro-musulmane qui a pris de force le pouvoir et installé une présidence illégitime durant neuf mois, avant d'être forcée de quitter Bangui par une intervention militaire internationale.

 

"On ne sait pas combien d'oeuvres ont été volées, malheureusement", explique le muséographe.

 

Le directeur du musée évoque pourtant "entre 3.000 et 3.500 pièces" dans ces caisses qui contiennent "la mémoire ethnographique" du pays, avec des éléments propres à chaque ethnie: poteries, monnaies, masques rituels, instruments de musique... Mais il faut croire sur parole le maître des lieux car pour l'heure, son musée est en kit.

 

- Grandes ambitions -

 

On se faufile à travers le stock, en essayant de ne pas marcher sur une oeuvre, on s'attarde sur celles qui ne sont pas encartonnées. Ici, un crocodile en bois sculpté de trois mètres de long, là, une caisse au couvercle ouvert emplie d'ustensiles de cuisine pygmées.

 

Le directeur clôt bientôt la visite improvisée: il n'aime pas qu'on prenne des photos de son musée en cet état.

 

Lui a de grandes ambitions: il veut créer un site Internet, avec de l'animation et des visites virtuelles en ligne. C'est son "cheval de bataille", il le répète à l'envi, à qui veut l'entendre.

 

Et si les Centrafricains n'ont pas les moyens d'accéder au site internet, faute de moyens ou de réseau de communication?

 

"Mais non! Moi-même, hier soir, j'ai envoyé un message sur les réseaux sociaux, il y a peut-être 20 personnes qui m'ont félicité. Je sais que les Centrafricains commencent à s'y intéresser", dit le directeur.

 

- Lunaire -

 

Le projet est lunaire, mais soutenu par le gouvernement -qui n'a contrôle que sur Bangui et ses alentours, sans moyens pour asseoir son autorité sur le reste de l'immense territoire national.

 

Dans le bureau du directeur, seule salle flambant neuve du bâtiment, deux pièces de la collection ne sont pas en caisse: des sièges impériaux marqués d'un grand B, pour Bokassa, empereur et despote de Centrafrique entre 1966 et 1979.

 

"Je veux faire un pavillon spécial, aussi! Là-haut, nous avons le lit de l'Empereur, là, deux vrais sièges impériaux, et dans une caisse, une grande effigie en bronze... Et c'est lui qui a ouvert le musée en 1966!", dit fièrement M. Kotton.

 

Rien ne semble arrêter le téméraire directeur, qui s'est mis en tête de numériser "tous les documents du musée qui sont sur papier". Alors, il recopie l'inventaire du musée sur son ordinateur portable -le seul du bâtiment, poussiéreux lui aussi.

 

"Un musée, c'est la vitrine d'un pays", lance Abel Kotton. Celui-ci l'est particulièrement tant le projet de réfection du lieu semble voué à n'être réalisable que sur le papier.

 

Le gouvernement a bien alloué des fonds, mais le directeur ne veut en dévoiler le montant, et il paraît peu probable que ceux-ci lui soient versés: en Centrafrique, l'Etat peine à payer ses fonctionnaires et vit pour grande partie au chevet de bailleurs de fonds internationaux.

 

Abel Kotton fait fi de ces critiques. S'il est conscient que "le problème, c'est les moyens", le maître des lieux reste persuadé du bien-fondé de sa tâche: "Il nous faut un musée moderne!"

 

Par Amaury HAUCHARD

 

© 2018 AFP

 

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 23:26
Affaire du putsch manqué en Guinée équatoriale : une mission centrafricaine reçue à Yaoundé

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 24-01-2018

 

Une délégation de la Centrafrique, conduite par le ministre de la Défense, Marie-Noëlle Koyara, qui vient de visiter Yaoundé, avait notamment pour mission d'examiner le dossier des arrestations de mercenaires centrafricains présumés, accusés d'être impliqués dans le putsch manqué contre le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a-t-on appris mardi de sources proches du dossier.

 

Une quarantaine de mercenaires présumés, d'origines tchadienne, centrafricaine, soudanaise et équato-guinéenne ont été arrêtés fin décembre à Kyé-Ossi, ville camerounaise limitrophe de la Guinée équatoriale et à Douala, métropole économique camerounaise.

 

Parmi les Centrafricains arrêtés figurent Hamed Yalo frère cadet de Sani Yalo, homme d'affaires influent en Centrafrique et un proche du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra.

 

L'arrestation de ces mercenaires présumés centrafricains est apparue comme un dossier embarrassant pour le pouvoir centrafricain.

 

De facto, dès l'annonce de la tentative du coup de force que les autorités équato-guinéennes ont qualifiée d'"acte de terrorisme international", le chef de l'Etat centrafricain s'est rendu à Malabo pour exprimer son soutien et sa solidarité à son homologue, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

 

La délégation reçue à Yaoundé la semaine dernière cherchait notamment à connaître l'identité et le niveau d'implication des Centrafricains dans cette affaire, en particulier celle de Hamed Yalo, frère de Sani Yalo.

 

La présence dans la délégation de la ministre de la Justice Flavien Mbata supposait des discussions sur une éventuelle extradition des mercenaires centrafricains présumés.

 

Depuis la révélation du putsch manqué en Guinée équatoriale, les autorités camerounaises n'ont fait aucune déclaration officielle.

 

Source: Agence de presse Xinhua

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 23:09
Lu pour vous : Centrafrique : pourquoi il est urgent de lutter contre les réseaux criminels
Lu pour vous : Centrafrique : pourquoi il est urgent de lutter contre les réseaux criminels
Lu pour vous : Centrafrique : pourquoi il est urgent de lutter contre les réseaux criminels
Lu pour vous : Centrafrique : pourquoi il est urgent de lutter contre les réseaux criminels

 

 

 

Publié le 23/01/2018 à 15:02 | Le Point Afrique PAR NATHALIA DUKHAN*

 

TRIBUNE. Plus que jamais, la Centrafrique a besoin de sortir de l'ornière de l'insécurité. Pour installer la paix et sortir de la situation de perpétuelle médiation, l'Union africaine pourrait jouer un rôle décisif. Explications.

 

Alors que le sommet de l'Union africaine se tient du 22 au 29 janvier, à Addis-Abeba, les chefs d'État et de gouvernement sont invités à mobiliser leurs efforts en faveur de la lutte contre la corruption sur le continent africain. Pour Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine, « la corruption tue ». Dans un concept note, l'institution dresse une esquisse des priorités pour l'année 2018 et y indique que, pour faire taire les armes d'ici à 2020, la bonne gouvernance et la justice sont des pré-conditions pour une Afrique prospère. 


Depuis 2016, l'Union africaine est engagée dans une médiation qui vise à faciliter le règlement politique du conflit centrafricain. À ce jour, « l'initiative pour la paix » peine pourtant à livrer des résultats positifs et souffre de contradictions. En effet, bien que l'institution reconnaisse la justice comme une pré-condition à la paix, certains membres engagés dans la résolution du conflit centrafricain, avec en tête le Tchad, estiment que l'amnistie générale est le prix à payer pour parvenir à une réconciliation. 

 

Pour faire de cette médiation un chemin vers la paix, les chefs d'État africains et le Conseil de sécurité et de paix de l'Union africaine devraient réaffirmer leurs volontés communes et faire de la lutte contre l'impunité une stratégie durable de sortie de crise en Centrafrique. À ce titre, des efforts concertés devraient viser à combattre les crimes économiques et les réseaux criminels, lesquels sont responsables d'alimenter corruption et violence sur le continent.

 

La crise centrafricaine, un mal régional

 

Au cœur du continent africain, la République centrafricaine partage ses frontières avec des pays confrontés à des défis politiques et sécuritaires majeurs : le Tchad, le Soudan, le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo, la République du Congo et le Cameroun. Son positionnement géographique en fait un territoire stratégique pour la région. Pourtant, depuis plus de cinq ans, la Centrafrique plonge elle aussi dans un état de guerre permanent. Et en plus d'être progressivement devenu le pays le plus pauvre du monde, c'est désormais l'un des plus instables.


Ces dernières années, la situation s'est largement détériorée. La prédation des élites politiques successives et le syndrome de l'État fantôme ont facilité la prolifération des bandes armées criminelles connectées à des réseaux mafieux qui ont fait de la violence un business rentable. Pour obtenir un soutien populaire, légitimer et renforcer leur entreprise criminelle, les leaders des groupes armés continuent d'attiser les tensions intercommunautaires, allant jusqu'à perpétrer des nettoyages ethniques. 


Fin 2017, ce système de violence avait contraint plus de 1,1 million de personnes à fuir, « le plus haut niveau jamais observé » selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (UNHCR). Avec ces déplacements massifs de population, c'est la stabilité de toute la région qui est en jeu. Interrogé, un des représentants des réfugiés installés dans l'est du Cameroun tire la sonnette d'alarme sur les conséquences de la baisse drastique de l'aide aux réfugiés annoncée pour 2018 : « Le banditisme va augmenter. Livrés à eux-mêmes, nos jeunes seront des cibles pour les bandes armées. »

 

Le fléau du mercenariat régional

 

Tandis que les populations civiles cherchent à fuir les exactions, d'autres acteurs se tournent vers la Centrafrique comme une terre d'accueil et d'opportunités. En effet, sujet épineux, mais souvent négligé, le mercenariat régional est un secteur en pleine expansion. Des combattants originaires des pays voisins, souvent réprimés et entrés en dissidence dans leur pays, viennent gonfler les effectifs des groupes armés en Centrafrique. Il est désormais largement reconnu qu'en 2013 la coalition Seleka – qui a renversé le pouvoir de François Bozizé – était majoritairement composée de mercenaires soudanais, dirigés par le général Moussa Assimeh, et tchadiens. 

 

Un représentant d'un groupe armé interrogé a même précisé, confidentiellement, que « les groupes armés cherchent la survie et ne peuvent pas empêcher les mercenaires de se joindre (à eux). S'ils viennent avec des munitions, ils sont les bienvenus ». Le panel d'experts de l'ONU confirmait dans son rapport de juillet 2017 la présence possible de mercenaires originaires des pays voisins, en plus des mercenaires ougandais issus de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) déployés sur le territoire depuis 2010. 

 

Une tentative de coup d'État a même été dénoncée par le président de la Guinée équatoriale en décembre dernier. Confirmée par plusieurs sources, cette opération militaire, qui a finalement échoué, était le fait de mercenaires tchadiens, soudanais et centrafricains. En outre, des « rebelles » congolais affichant leur intention de renverser le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, ont également été identifiés sur le territoire centrafricain. En réalité, c'est l'ensemble des régimes de la sous-région qui ont les yeux tournés vers la Centrafrique, inquiets de voir émerger des groupes de dissidents et des combattants formés capables de déstabiliser, voire de renverser, leur pouvoir.

 

Les réseaux de trafic régionaux, moteurs du système de violence

 

Pour le secrétaire général de l'ONU, en Centrafrique, « les violences [de 2017] ont été alimentées par l'intensification de la lutte que se livrent les groupes armés pour le contrôle des ressources ». En effet, le territoire centrafricain est riche en ressources, notamment minières. Elles représentent à la fois une motivation centrale du conflit, mais également le moteur qui perpétue les violences. Interrogé, un leader de groupe armé actif dans l'est du pays a déclaré confidentiellement :

« Nous fonctionnons depuis deux ans en autofinancement. Notre source de financement primaire, ce sont les mines du pays : l'or et le diamant. Le deuxième provient de la transhumance [les taxes prélevées sur les éleveurs]. » Un autre enjeu stratégique réside dans les points de passage des armes en provenance essentiellement du Tchad, du Soudan et de la République Démocratique du Congo.

 

Si le contrôle des ressources est important, leur commercialisation l'est encore davantage. Pour générer des gains exorbitants et s'assurer de pouvoir fournir des armes et des munitions aux combattants, les chefs des groupes armés utilisent leurs réseaux, majoritairement régionaux. Interrogé, le leader d'un groupe armé a précisé que, par exemple, « la majorité des diamants qui partent de Bria [dans l'est du pays] passent par l'équateur via le Congo et les trafiquants les remettent au Kenya. Ils prennent des diamants et, en contrepartie, ils nous donnent les armes et de l'argent. » 

 

La corruption des élites politiques, une racine du conflit 

 

Les chefs des groupes armés ne sont pas les seuls à profiter du système de violence. Interrogés, plusieurs opérateurs politiques et économiques sont unanimes. Le régime politique actuel est un système d'« affairistes », gangrené par la corruption et la poursuite du gain personnel. Confidentiellement, l'un d'eux a même été jusqu'à lancer : « La justice sous Touadéra [le président élu en mars 2016, NDLR], on sait ce que ça vaut. C'est celui qui a la plus grande gueule et qui paye, qui gagne. » En effet, la classe politique, retranchée dans la capitale, Bangui, peuple un État de façade. Celui-ci n'existe d'ailleurs que par la valse infatigable des donations extérieures, qui viennent régulièrement renflouer les caisses publiques et payer des salaires parfois exorbitants. À la fin de l'année 2017, 11 nouveaux ministères ont été créés et des représentants de groupes armés ont été nommés à des postes politiques. Non seulement ces décisions créent une pression insoutenable sur le budget, au détriment de l'investissement public, mais elles donnent aussi le sentiment d'une amnistie de facto pour les criminels de guerre.

 

Dans la crise centrafricaine, de nombreux observateurs extérieurs considèrent le manque de capacité des institutions étatiques comme l'une des sources principales du mal centrafricain. Si ce constat est bien une réalité, néanmoins, derrière un apparent manque de capacité et de moyens pour relever les défis, certaines « élites politiques » démontrent une habile capacité à faire du patrimoine commun, un trésor de biens privés. Et comme si la prédation d'État ne suffisait pas, la classe dirigeante soucieuse de protéger son pouvoir instrumentalise la violence et manipule les groupes armés et les groupes d'autodéfense au gré de ses intérêts. Non seulement ce système appauvrit toute une nation, mais il alimente aussi la violence et la criminalité. Il n'est pas vain d'affirmer qu'après deux ans au pouvoir le tandem Touadéra-Sarandji échoue à faire des erreurs du passé des leçons pour l'avenir.

 

L'initiative de l'Union africaine, une opportunité pour la paix ?

 

Le panel d'experts de l'ONU a récemment indiqué que, compte tenu des dynamiques régionales en jeu (les trafics d'armes et de ressources naturelles, la transhumance, etc.), une initiative telle que la feuille de route pour la paix et la réconciliation de l'Union africaine, qui implique l'ensemble des États de la région, pourrait constituer un canal adéquat pour traiter des causes du conflit en Centrafrique. Dans le cadre de cette médiation, l'Union africaine devrait saisir l'opportunité qui lui est donnée en se distinguant des initiatives précédentes, lesquelles ont plus souvent visé à adopter des mesures d'accompagnement des effets de la crise, plutôt que d'adresser les causes du conflit. À ce titre, pour lutter contre les réseaux criminels et la corruption des élites politiques, l'Union africaine devrait notamment contribuer à renforcer la mise en œuvre des mécanismes de sanctions ciblées à l'encontre des acteurs impliqués dans les chaînes de trafics. Sur le continent africain, la violence ne devrait plus être un business profitable. 

 

 

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 23:00
PAOUA : NOTE D'INFORMATION MINUSCA

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

LA SITUATION A PAOUA EVOQUEE LORS D’UNE RENCONTRE ENTRE LA MINUSCA ET DES PARLEMENTAIRES

 

Bangui, le 24 janvier 2018 – Le leadership de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a rencontré mardi les députés de la préfecture de l’Ouham-Pendé (nord-ouest de la République centrafricaine), afin d’échanger sur la situation sécuritaire qui prévaut à Paoua et dans la région. L’annonce a été faite mercredi en conférence de presse à Bangui.

 

« Les parlementaires ont été notamment briefés sur l’opération lancée par la Force dans la région de Paoua pour obtenir le départ des éléments du Mouvement National de Libération de Centrafrique (MNLC) de Mahamat Bahar, et de Révolution et Justice (RJ), d’Armel Sayo », a indiqué le porte-parole Vladimir Monteiro, soulignant que le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSCA, le Représentant spécial adjoint et le Commandant de la Force ont pris part à la rencontre. Vendredi dernier, le Représentant spécial avait accompagné le Président de la République lors de son déplacement à Paoua.

 

Pour sa part, le porte-parole de la Force, Lieutenant-colonel Côme Ndayiragiye, a rappelé que l’opération baptisée « Mbaranda », a été lancée le 12 janvier afin de repousser les groupes armés. Le porte-parole militaire a précisé que l’opération est menée par le contingent camerounais et « bénéficie du soutien des forces spéciales bangladaises stationnées à Bangui et du contingent bangladais présents dans la partie ouest de la Centrafrique. Des moyens aériens sont également utilisés par la Force ».

 

La porte-parole de la Police de la MINUSCA, Oana Andreea Popescu, a mis l’accent sur le partenariat avec les forces de sécurité intérieure (FSI) centrafricaines, notamment dans le processus de recrutement des 500 candidats admis pour intégrer la police et la gendarmerie. « La Police de la MINUSCA a travaillé cette semaine avec les FSI à propos des visites médicales des candidats. Les visites ont débuté le 22 janvier et se poursuivront jusqu’au 31 janvier à Bangui», a-t-elle dit. La Police de la MINUSCA et les FSI ont également sensibilisé une centaine de jeunes filles et de femmes de l’Ombella M’Poko sur les violences basées sur le genre.

 

Lors de la conférence de presse, la MINUSCA a communiqué les statistiques sur la situation des Droits de l’Homme dans le pays entre le 17 et le 23 janvier 2018, avec 46 incidents d’abus et de violations ayant affecté au moins 48 personnes. La Mission a aussi annoncé une série d’activités de cohésion sociale à Bangui et qui bénéficient de son appui, à savoir la poursuite du dialogue intercommunautaire en faveur des déplacés candidats au retour dans les 3e, 5e et 8e arrondissements de Bangui ainsi qu’une campagne de sensibilisation sur la gestion des rumeurs, la manipulation et la corruption, organisée par trois organisations de jeunes du 3e arrondissement. « Dans le cadre de la lutte contre les exploitations et abus sexuels mis en place par la Mission, une séance de sensibilisation est organisée mercredi au Lycée Barthélemy Boganda, à Bangui. L’objectif est de toucher les élèves dans la tranche d’âge 14-19 ans dans les établissements scolaires et les sensibiliser sur la prévention des actes d’exploitation et abus sexuels ainsi que la formation de points focaux du réseau communautaire de signalement des cas d’exploitations et d’abus sexuels », a dit le porte-parole de la MINUSCA.​

 

______________________________________________________________________________

Division de Communication Stratégique et d'information publique 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine 

https://minusca.unmissions.org  | @UN_CAR |

 

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 22:23
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : La Minusca annonce l’opération de déguerpissement forcé des groupes armés au Nord

 

PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 24 JANVIER 2018

 

BANGUI, 24 Janvier 2018 (RJDH) – Lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Minusca, le porte-parole Vladimir Monteiro a annoncé ce mercredi 24 janvier, le déguerpissement forcé des groupes armés du Mouvement National de Libération de Centrafrique (MNLC) et de la Révolution et Justice (RJ) aux environs de la ville de Paoua.

 

Selon les informations du RJDH, ce refoulement forcé des groupes nuisibles des régions du Nord a commencé le 23 janvier et se poursuivra jusqu’à l’expulsion totale des hommes armés de Paoua et ses environs.

 

Pour le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro, «les opérations de déguerpissement des groupes armés s’effectuent en collaboration avec les députés et le gouvernement. Les casques bleus camerounais sont déjà sur place en nombre considérable, des membres du contingent Bangladesh, participent également à cette opération», explique le porte-parole.

 

Les moyens utilisés pour cette opération de déguerpissement, selon le porte-parole, «sont les moyens aériens. Nous allons faire de façon à protéger la périphérie des zones de déguerpissement pour que les groupes armés en fuite n’affectent pas les populations civiles .La Minusca est en étroite collaboration avec les élus de la nation et le gouvernement centrafricain dans cette opération », assure-t-il, avant de dire qu’«un ultimatum a été lancé au groupe armé pour libérer les établissements scolaires».

 

Les Parlementaires de l’Ouham-Pendé se sont entretenus le 23 janvier avec les responsables de la Minusca sur la sécurité des biens et des personnes après la flambée de violence dans la périphérie de Paoua et de Markounda. Il a été décidé de l’envoie du déploiement des militaires centrafricains dans la ville.

 

Selon les informations du RJDH, les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont attendues dans la ville de Paoua ce 24 janvier pour assurer la sécurité dans cette zone frontalière avec le Tchad.

 

Les violences perpétrées par les groupes armés dans les villages sis à la périphérie de la ville de  Paoua a occasionné le déplacement d’environ 60.000 personnes vers le centre de cette localité et plusieurs milliers des réfugiés vers le Tchad

 

 

Centrafrique : Le RJDH-RCA a un nouveau rédacteur en chef

 

PAR NOURA OUALOT LE 24 JANVIER 2018

 

BANGUI, 24 janvier 2018(RJDH)— Un nouveau rédacteur et son adjoint ont été nommés au Réseau des Journalistes pour les Droits Homme en Centrafrique. Il s’agit de Fridolin Ngoulou qui a pris service ce matin.

 

Fridolin Ngoulou succède à Sylvestre Sokambi en poste depuis deux années. Jean Fernand Koena, est nommé Rédacteur en chef adjoint, un poste vacant depuis deux années. Henry Juvénal Kehérépedé devient responsable des programmes de la Radio Fréquence RJDH tandis que Vivien Aristide Ngalangou occupe le poste Webmaster, poste jadis occupé par Fridolin Ngoulou.

 

Ces nominations s’inscrivent dans le cadre de la mise en place d’une station radio dénommée «Fréquence RJDH», une station appuyée dans le cadre du projet Connect par le gouvernement américain sur fonds d’USAID à travers l’ONG Internews. L’ancien Rédacteur en chef Sokambi Sylvestre prend les rênes de cette nouvelle station.

 

Sylvestre Sokambi, Directeur des Informations et des productions, en passant le service à Fridolin Ngoulou, se dit fier et satisfait d’avoir travaillé avec l’équipe du RJDH, «il y a deux ans, quand je prenais service dans les conditions que vous savez, l’allure n’était pas celle que vous connaissez aujourd’hui. Avec vous, nous avons pu poser les bases d’une rédaction dynamique orientée vers de véritables défis. Je suis fier de toute l’équipe de la rédaction qui sera entre de bonnes mains parce que ceux qui nous succèdent ont participé aux réformes que nous avons portées avec honneur», déclare-t-il.

 

Très reconnaissant et fier Fridolin Ngoulou, dans son manteau de REC a sollicité l’appui de toute la rédaction, «je n’ai pas beaucoup de choses à vous dire mais je reviendrai dans les prochains jours pour vous présenter mon plan d’action. Je vous fais confiance, faites confiance en moi pour le travail et l’épanouissement du RJDH qui est notre enfant à tous».

 

Fridolin Ngoulou est le 4ème Rédacteur en chef du RJDH depuis sa création en 2010. Sylvestre Sokambi  est le premier Directeur de la radio en cours de création dénommée «Fréquence RJDH».

 

 

Centrafrique : Augmentation de la production du riz au centre rizicole de Bohoro à Bozoum

 

PAR FLEURY AGOU LE 24 JANVIER 2018

 

BOZOUM, 24 janvier 2018 (RJDH)—La production du riz est très faible en Centrafrique. Pour résorber le déficit de production dans le pays, à Bozoum, des groupements agropastoraux s’organisent pour révolutionner le secteur. Ainsi le centre rizicole de Bohoro a accru son rendement agricole.

 

Situé à Bozoum, Chef-lieu de la préfecture de l’Ouham-Pendé, le centre rizicole de Bohoro a fait le bilan de sa production rizicole de la campagne 2017-2018 qui est florissant.

 

Ainsi, le centre rizicole de Bohoro a produit « 192 tonnes de riz en 2016-2017» alors que la récolte  était de « 35 tonnes en 2015-2016 » soit « le rendement de 3 à 6 tonne par ha », a rapporté le Père Aurelio Gazzera. Pareillement, le centre a augmenté la superficie de sa riziculture qui « passe 12 à 32 ha ».

 

Cette production est rendue possible grâce aux membres du Groupement Bohoro constitué de 88 personnes dont 61 hommes et 27 femmes avec l’appui de la Caritas.

 

La culture du riz en Centrafrique :

 

Selon le rapport de la 3ie Réunion Générale de la Coalition pour le Développement de la Riziculture en Afrique, en 2007, la production du riz Paddy en Centrafrique était 33.000 Tonnes, tandis que le pays a importé 1.443 tonnes de riz en 2004 et 492 en 2005.

 

La principale variété de riz cultivée en RCA est le paddy.  En Centrafrique, le riz n’est pas utilisé aussi largement que dans d’autres pays pour l’alimentation humaine ou animale, pour la brasserie ou pour l’obtention d’alcool. Toutefois, la consommation du riz augmente.

 

Sur le marché de Bangui on trouve, journellement, plusieurs marchands qui vendent du riz au lait, sucré, chaud, très apprécié. De même, le riz cuit et préparé en sauce, avec de l’huile de palme, est consommé soit seul, soit avec de la viande ou du poisson frais ou séché. Dans la région d’Alindao, le riz est la nourriture de base traditionnelle des éleveurs Bororos.

 

L’Ouham-Pendé est l’un des berceaux de la culture du riz, mais la région fait actuellement face à une insécurité et les populations périphériques de Paoua et Markounda ont fui leurs communes, délaissant leurs champs.

 

Pour booster les activités agricoles dans la région, « la 14e Foire Agricole de Bozoum commencera le 26 jusqu’au 28 janvier » par l’exposition et la vente produits agricoles.

 

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 13:30
Plus de la moitié de la population en Centrafrique aura besoin d’une assistance humanitaire en 2018

 

 

 

Bangui, le 24 janvier 2018 – La crise humanitaire qu’a traversée la République centrafricaine l’année dernière se poursuit. En raison des violences perpétrées par les groupes armés, plus d’un Centrafricain sur quatre est soit déplacé interne soit réfugié. En un an, le nombre de personnes déplacées internes a augmenté de plus de 70% depuis le premier trimestre de l’année 2017. Elle a exclu des milliers d’enfants de la jouissance de leur droit fondamental à l’éducation. La combinaison de ces facteurs fait qu’en 2018, 2,5 millions de Centrafricains auront besoin d’une assistance humanitaire.

 

Afin de répondre à leurs besoins, le Gouvernement centrafricain et l’Equipe humanitaire pays ont procédé le 24 janvier au lancement officiel du Plan de réponse humanitaire 2018, évalué à 515,6 millions de dollars (soit 275,7 milliards de CFA). A cette occasion, malgré une situation humanitaire relativement sombre, le Coordonnateur humanitaire, Najat Rochdi, a appelé la communauté internationale à rester confiante et optimiste pour la sortie de crise en République centrafricaine.

 

La résilience des Centrafricains, l'engagement de la communauté internationale en RCA et celle des travailleurs humanitaires sont des catalyseurs clés pour mettre en œuvre le Plan de réponse humanitaire en même temps que le Plan National de Relèvement et de Consolidation de la Paix (RCPCA). Afin d’arriver à cet objectif, Najat Rochdi a souligné que « la situation requiert plus que jamais une attention particulière ».

 

Une synergie d'efforts nationaux et internationaux permettrait à tous « d’accompagner le pays dans sa marche vers le bien-être de la population, la paix et le développement » a insisté le Coordonnateur Humanitaire. En 2017, grâce au soutien des bailleurs et à l’engagement indéfectible de la communauté humanitaire, 255 millions de dollars ont été mobilisés pour la réponse humanitaire en Centrafrique. Ces contributions ont permis notamment de faire bénéficier plus d’un million de personnes affectées par les crises d’un approvisionnement d’urgence en eau potable et plus d’un demi-million de personnes d’une aide alimentaire d’urgence.

 

Plus de 7 000 tonnes d’assistance humanitaire ont été délivrées aux personnes les plus vulnérables sur l’ensemble du territoire. Plus de 60 000 enfants ont bénéficié d’activités éducatives dans les sites de déplacement et les communautés hôtes. Ces objectifs ont été réalisés grâce aux contributions généreuses de l’ensemble des bailleurs de fonds qui ont permis de sauver tant de vies et « le retour des sourires sur le visage de ces enfants » a spécifié Najat Rochdi.

 

Cependant, une réponse n’a pas pu être apportée à l’ensemble des besoins faute de financements suffisants. A cet égard, Mme Rochdi a invité la communauté internationale à s’engager davantage pour donner un avenir meilleur aux enfants, aux femmes et aux hommes de la Centrafrique.

 

OCHA - République centrafricaine Lancement du Plan de réponse humanitaire

 

 

Pour plus d’informations, veuillez contacter OCHA RCA Joseph Inganji, Chef de bureau, +236 70 73 87 30, inganji@un.org

 

Yaye Nabo Sène, Cheffe de section,

 

Information publique + 236 70 08 75 65, seney@un.org

 

Les communiqués de presses d’OCHA sont disponibles sur www.unocha.org ou www.reliefweb.int

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 13:22
SITUATION A PAOUA : SECONDE SOIREE DE  SOLIDARITE DE L'ONG MEKASNA
SITUATION A PAOUA : SECONDE SOIREE DE  SOLIDARITE DE L'ONG MEKASNA
SITUATION A PAOUA : SECONDE SOIREE DE  SOLIDARITE DE L'ONG MEKASNA
SITUATION A PAOUA : SECONDE SOIREE DE  SOLIDARITE DE L'ONG MEKASNA

 

 

COMMUNIQUE RADIO

 

(large diffusion)

 

 

Le Président de l’Organisation Non Gouvernementale MEKASNA tient à remercier les Membres et sympathisants qui ont participé massivement à la soirée de recueillement de  solidarité organisée le 12 janvier 2018 à la mémoire des victimes des événements de Paoua.

 

Il lance, une fois de plus, un appel à la solidarité pour soutenir  les victimes car la tragédie suit son cours entraînant plusieurs milliers de déplacés et de dizaines des blessés. Le retour à la normale et la réhabilitation des victimes touchées par la barbarie des hommes armés prendront du temps.

 

A cet effet, une deuxième rencontre très mobilisatrice aura lieu à l’Espace LINGA-TERE le Vendredi 26 Janvier 2018 de 16 h 00 à 18 h 00.

 

Par conséquent, il est demandé à tous les frères et sœurs de Paoua et toutes les personnes de bonne volonté d’apporter des dons en espèce et en nature (vêtements, médicaments, savon et autres) pour une assistance d’urgence aux personnes vulnérables notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées en ces moments de grande détresse. 

 

Le Président de MEKASNA sollicite les prières de tous car le soutien moral est aussi important. Votre  geste sauvera une vie.

 

Retrouvons-nous tous ce vendredi 26 Janvier pour faire parler nos cœurs.

                             Fait à Bangui, le 22 Janvier 2018.

 

LE PRESIDENT

 

Pierre DJIBAO

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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 23:58

 

 

 

République centrafricaine

 

 

 

22/01/2018

COMMUNIQUÉ

 

 

Bangui - Paris, le 22 janvier 2018 – Nos organisations se félicitent de la condamnation aujourd’hui de l’ex-chef de guerre anti-balaka Rodrigue Ngaibona dit « Général Andjilo », à une peine de prison à perpétuité. A travers un collectif d’avocats, nos organisations ont accompagné plusieurs de ses victimes devant la Cour criminelle de Bangui. L’accusation ne couvrait pas l’ensemble des crimes dont il est suspecté, mais l’instauration imminente d’une juridiction mixte : la Cour Pénale Spéciale (CPS), devrait permettre de faire la lumière sur d’autres crimes commis par Andjilo et ses éléments, et juger d’autres chefs de guerre centrafricains.

 

La FIDH et ses ligues membres en République Centrafricaine se félicitent de la tenue du procès Andjilo devant la Cour criminelle de Bangui, qui a permis la première condamnation d’un chef anti-balaka depuis les événements de 2012. L’accusé, qui a contesté toutes les charges - tout en les justifiant d’actes « d’auto-défense » - a été condamné pour une série de crimes commis à Bangui et sur la route de Bouca (300km au nord de Bangui) entre octobre 2014 et janvier 2015.

 

Reconnu coupable d’assassinats, association de malfaiteurs, vol à main armée, séquestration de personnes et détention illégale d’armes et munitions de guerre, Rodrigue NGAIBONA a été condamné à une peine de travaux forcés à perpétuité. Dans les faits, cette peine correspond à une peine de prison à perpétuité, les travaux forcés n’étant plus appliqués en République centrafricaine, soulignant la nécessité d’une réforme de la justice et notamment du code pénal.

 

« Il ne s’agit probablement que d’une première condamnation pour le Général Andjilo, l’accusation n’ayant couvert qu’une partie des crimes dont il est suspecté » remarque Me Mathias Morouba, président de l’OCDH, « il n’est pas impossible que Andjilo puisse être appelé à répondre d’autres faits, qualifiables le cas échéant de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, devant la Cour pénale spéciale ».

 

Le Collectif d’avocats pour les victimes a représenté les victimes d’Andjilo tout au long de la procédure qui avait débuté en 2015. Il a certes pu en relever des faiblesses, notamment dans le dossier d’accusation et dans la protection des victimes et témoins, dont certains ont refusé de participer au procès par crainte de représailles. Toutefois, ces faiblesses sont inhérentes à l’état de la justice centrafricaine, après des années de conflits. L’entrée prochaine en action de la Cour pénale spéciale, juridiction mixte constituée de juges centrafricains et internationaux, devrait permettre de juger en toute indépendance et de manière équitable les principaux auteurs des crimes commis ces dernières années en Centrafrique, contribuant ainsi à l’instauration d’un État de droit.

 

Outre sa condamnation à une peine de prison à vie, Rodrigue NGAIBONA a été condamné au paiement de dommages et intérêts, en réparation du préjudice subi par les parties civiles. Il devra également verser un Franc symbolique aux organisations de défense des droits de l’Homme constituées aux côtés des victimes, signe de la volonté de la justice centrafricaine d’accorder une place importante aux victimes et aux associations qui les accompagnent.

 

« Dans un pays où la commission d’office des avocats n’est prévue que pour l’accusé, la participation d’un Collectif d’Avocats a permis d’enrichir les débats et la tenue d’un procès équitable. Le droit à l’assistance judiciaire a été respecté pour l’accusé comme pour ses victimes » a ainsi reconnu Joseph Bindoumi, président de la LCDH.

 

La lutte contre l’impunité constitue un défi majeur en Centrafrique, qui connaît depuis un an une résurgence des violences des groupes armés contre les populations civiles, malgré la présence de plus de 10 000 casques bleus de l’ONU. Issus de l’ex-rébellion Séleka qui avait renversé le pouvoir en avril 2013, ou des groupes d’auto-défense anti-balaka constitués pour les combattre, ces groupes continuent de contrôler une large partie du territoire centrafricain, et de commettre des violations graves des droits humains.

 

A propos : Avec le soutien de l’Union européenne, nos organisations (FIDH, LCDH, OCDH) conduisent depuis 2015 le projet "Pour soutenir la lutte contre l’impunité en République centrafricaine", qui documente les graves violations des droits humains en Centrafrique et accompagne leurs victimes devant la justice. Elles disposent d’un bureau conjoint à Bangui et de nombreux relais sur l’ensemble du territoire.

 

Contact Presse :


Samuel HANRYON
shanryon@fidh.org
Twitter : @Sam_hanryon
00.33.6.72.28.42.94.

Condamnation d’Andjilo : un premier pas décisif, en attendant le jugement d’autres chefs de guerre. (FIDH)
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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 23:46
Condamnation d'un puissant chef anti balaka en Centrafrique

 

 

 

Un puissant chef des milices antibalaka arrêté en 2015 en Centrafrique a été condamné lundi aux travaux forcés à perpétuité par la justice centrafricaine.

 

Jugé par la Cour d'appel de Bangui, Rodrigue Ngaïbona, alias "général Andjilo" est reconnu coupable d'assassinats, d'association de malfaiteurs, de détention illégale d'armes et munitions de guerre et de séquestration.


En plus des travaux forcés à perpétuité, il devra aussi verser des amendes et dommages intérêts de plus de 130 millions de francs CFA.


Avant le verdict, le président de la cour a donné la parole à l'accusé pour son dernier mot. Le chef anti-balaka, âgé aujourd'hui de 25 ans, a dans une adresse d'une dizaine de minutes, fait savoir qu'il avait pris les armes pour sauver son pays, la RCA, "envahie par des mercenaires étrangers en 2013".

 

Avant de remettre son sort entre les mains de Dieu et de la justice, le général Andjilo a remercié tous ses "compagnons de lutte" pour leur courage.

Ce verdict est une vraie satisfaction pour les avocats de la partie civile et pour le parquet général, qui a requis une peine de travaux forcés à perpétuité.

 

Ses avocats bien que déçus, ont trois jours à compter de lundi pour interjeter l'appel. 



À Bangui, les avis divergent sur cette décision de la justice.

 

Divers ONG de défense des droits de l'homme, dont la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), se sont félicitées dans un communiqué commun de la condamnation du "général Andjilo" et espèrent que la CPS permettra "de faire la lumière sur d’autres crimes commis par Andjilo et ses éléments".

 

#RCA: Condamnation d'#Andjilo à perpétuité: «il est possible qu'Andjilo soit ensuite appelé à répondre d’autres faits, qualifiables le cas échéant de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, devant la Cour Pénale spéciale» Lire CP #FIDH #LCDH #OCDH https://t.co/89y7IWTbWh pic.twitter.com/4hasQHkpTD

 

— Samuel Press FIDH (@Sam_hanryon) 22 January 2018

 

"Je ne redoute rien, qu'on nous amène devant la CPS, et même devant la CPI (Cour pénale internationale), nous nous défendrons", a réagi Me Gonenzapa, avocat de la défense, qui a annoncé qu'il ferait appel.

 

Lors du procès, la défense avait rejeté toutes les accusations, les qualifiant de "château de carte". Selon M. Gonenzapa, son client n'a fait que "défendre sa patrie contre des envahisseurs", n'a pas détenu d'armes de guerre mais des armes de chasse et ne se trouvait pas à l'endroit des assassinats dont il est accusé.

 

La Cour d'appel de Bangui a également jugé par contumace deux membres de l'ex-Seleka, Malam Oumar, alias "Oumar Saïd", et Bolowane Bienvenu Junior, accusés d'assassinat.

 

Au nombre de deux par an, les sessions criminelles des trois cours d'appel de RCA traitent des crimes "ordinaires", et n'exemptent pas les personnes qui y sont jugées de passer un jour devant d'autres juridictions, pour d'autres crimes.

 

Rodrigue Ngaïbona, dénommé Général Andjilo avait été arrêté mi-janvier 2015 par la Minusca à Bouca. Il était à la tête d'une puissante faction anti-balaka de plus de 3 000 hommes, qui ont marché sur Bangui le 5 décembre 2013.



Freeman Sipila, correspondant à Bangui

 

 

COMPTE RENDU

 

Centrafrique : un ancien chef de guerre condamné à la perpétuité

 

Le Monde.fr avec AFP Le 22.01.2018 à 17h56 • Mis à jour le 22.01.2018 à 18h00

 

 

Rodrigue Ngaibona était l’un des principaux chefs de milice anti-balaka à Bangui. Il était jugé pour des crimes commis entre octobre 2014 et janvier 2015.


L’ex-chef de guerre anti-balaka Rodrigue Ngaibona, arrêté en 2015 en République centrafricaine (RCA), a été condamné lundi 22 janvier aux travaux forcés à perpétuité par la Cour criminelle de Bangui. Surnommé « général Andjilo », il a été reconnu coupable des cinq chefs d’accusation - assassinat, association de malfaiteurs, vols aggravés, séquestration, détention illégale d’armes et de munitions de guerre - pour une série de crimes commis à Bangui et sur la route de Bouca (300 km au nord de Bangui) entre octobre 2014 et janvier 2015.

Rodrigue Ngaibona était l’un des principaux chefs anti-balaka à Bangui avant d’être arrêté en 2015 par l’ONU dans le nord-ouest de la RCA. Il est notamment accusé d’avoir été l’un des meneurs des miliciens qui avaient lancé les massacres de musulmans en décembre 2013 à Bangui.

 

 « Il ne s’agit probablement que d’une première condamnation pour le Général Andjilo, l’accusation n’ayant couvert qu’une partie des crimes dont il est suspecté », a rappelé Me Mathias Morouba, président de l’Observatoire centrafricain pour les droits de l’Homme (OCDH). « Il n’est pas impossible qu’Andjilo puisse être appelé à répondre d’autres faits, qualifiables le cas échéant de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, devant la Cour pénale spéciale », a-t-il ajouté. La CPS - en cours d’installation - est une juridiction spéciale composée en partie de juges internationaux et chargée, à terme, de juger les crimes les plus graves commis en RCA depuis le 1er janvier 2013.

 

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue centrafricaine pour les droits de l’Homme (LCDH) et l’Observatoire centrafricain pour les droits de l’Homme (OCDH) se sont félicités de cette condamnation qu’elles qualifient de « premier pas décisifs en attendant le jugement d’autres chefs de guerre ». L’avocat de la défense, Me Gonenzapa, a annoncé son intention de faire appel du jugement.

 

Depuis un an, la République centrafricaine est de nouveau le théâtre d’un regain de violences exercées par des groupes armés. « Issus de l’ex-rébellion Séleka qui avait renversé le pouvoir en avril 2013, ou des groupes d’autodéfense anti-balaka constitués pour les combattre, ces groupes continuent de contrôler une large partie du territoire centrafricain, et de commettre des violations graves des droits humains », s’inquiète la FIDH.


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/01/22/centrafrique-un-ancien-chef-de-guerre-condamne-a-la-perpetuite_5245390_3212.html#LJ4BrWbzKZmW2VsS.99

 

 

Centrafrique: reddition d'un chef antibalaka à Bangassou

 

https://afrique.tv5monde.com  22 JANVIER 2018 à 15:00par AFP

 

Un chef d'un groupe autoproclamé d'"autodéfense" de Bangassou, ville de l'est de la Centrafrique, s'est rendu samedi à la mission de l'ONU dans le pays, la Minusca, a déclaré lundi à l'AFP le porte-parole de la Minusca Vladimir Monteiro.

 

"Il se sentait en danger. Ça ne le dédouane pas d'éventuelles poursuites judiciaires", a expliqué à l'AFP M. Monteiro.

 

Le chef "Bérébéré" était l'un des chefs des antibalaka (milices dites "d'autodéfense" qui affrontent dans les localités environnantes des groupes armés rivaux, peuls ou promusulmans) qui règnent en maître sur Bangassou depuis mai 2017.

 

D'intenses luttes de pouvoir interne pour le leadership se jouent à Bangassou entre les différents chefs antibalaka. Fin 2017, ils n'étaient plus que deux chefs, "Bérébéré" et "Pinopino", à contrôler les éléments antibalaka de la ville, après la mort ou la fuite d'autres, selon des sources concordantes à l'AFP.

 

"Général" autoproclamé, "Bérébéré" est l'un des responsables de l'attaque de la ville par les antibalaka, le 13 mai, qui avait fait 76 morts selon l'ONU. La ville vit depuis lors sous leur coupe, au rythme des violences, des caprices de la soldatesque et des rivalités entre ses chefs.

 

La Minusca et quelques missionnaires sont les seuls étrangers qui restent à Bangassou, ville de 35.000 habitants, frontalière de la RDCongo, après le départ de l'ONG Médecins sans frontières (MSF) en novembre dernier, à la suite d'un braquage à main armée.

 

Ces mêmes Casques bleus - gabonais, marocains et sénégalais notamment - tentent aujourd'hui de prévenir l'attaque par les antibalaka d'environ 2.000 déplacés musulmans qui ont trouvé refuge dans un séminaire catholique car sous la menace permanente des antibalaka.

 

Dimanche, des tirs ont été échangés autour du camp, selon une source onusienne. Des personnes non identifiées ont ouvert le feu en direction du camp, entrainant une réplique des Casques bleus.

 

"Bérébéré" est aussi, avec les autres chefs antibalaka de la ville, responsable des attaques dans la région contre les villes de Gambo, Kembe et les villages alentours, qui ont fait des dizaines de morts.

 

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'était rendu fin octobre à Bangassou, où neuf Casques bleus ont été tués entre mai et juillet.

 

Plus de 600.000 personnes sont déplacées en Centrafrique et 500.000 sont réfugiées dans des pays voisins. Environ 2,4 millions de Centrafricains, soit la moitié de la population, dépendent de l'aide internationale.

 

@ 2018 AFP

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