Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 12:50

 

 

Patrick Balkany perd son immunité parlementaire et estime être «jeté aux chiens»

 

http://www.leparisien.fr   18 Mars 2015, 09h45

 

Le bureau de l'Assemblée nationale a décidé ce mercredi de lever l'immunité parlementaire du député-maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) Patrick Balkany. Dans un communiqué, il assure qu'il ne démissionnera pas et dénonce un «déferlement insensé de mensonges».

 

Le bureau de l'Assemblée nationale a décidé ce mercredi à l'unanimité de lever l'immunité parlementaire du député-maire UMP Patrick Balkany. L'élu de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) est mis en examen depuis octobre pour corruption passive et blanchiment de fraude fiscale dans une enquête visant également son épouse, Isabelle Balkany.

 

Un train de vie passé au crible

 

Jusqu'alors, son statut de parlementaire interdisait aux juges de lui imposer des mesures restrictives de liberté (garde à vue, détention provisoire, contrôle judiciaire). Seul un cas de crime, de flagrant délit ou de condamnation définitive aurait pu permettre à la justice de se passer de l'avis de l'Assemblée nationale. Or les juges souhaitent que l'élu remette son passeport afin qu'il ne puisse pas quitter le territoire français.


Dans un communiqué publié par son épouse Isabelle Balkany, le député-maire UMP de Levallois assure qu'il ne démissionnera pas. Il a «pris acte» de la décision, mais dénonce un «déferlement insensé de mensonges» et «la violence du déchaînement des médias». Il estime être «jeté aux chiens et à une sorte de justice en place publique qui rappelle les plus sombres périodes de notre histoire». L'expression jeté aux chiens avait été utilisée par François Mitterrand après le suicide de Pierre Beregovoy. Le 1er mai 1993, le chef de l'Etat socialiste avait ainsi visé ceux qui avaient «livré l'honneur d'un homme» mis en cause par la presse.

 

Le bureau de l'Assemblée nationale, composé de 22 membres de tous bords et présidé par Claude Bartolone (PS), s'était réuni vers 9 heures ce mercredi matin avec, entre leurs mains, une synthèse de neuf pages transmise par les juges du pôle financier de Paris, Renaud Van Ruymbeke et Patricia Simon. Ces derniers enquêtent depuis fin 2013 sur le train de vie des époux Balkany, qui ne colle pas avec leurs déclarations à l'administration fiscale et à la Haute Autorité pour la transparence de la vie politique. Les juges les soupçonnent notamment d'être les véritables propriétaires de deux résidences où ils ont leurs habitudes : la villa Pamplemousse, sur l'île de Saint-Martin (Antilles), et le riad Dar Gyucy à Marrakech (Maroc).

 

14 demandes en 20 ans


Le vote a eu lieu à main levée, et non à bulletin secret. Depuis la révision constitutionnelle de 1995, quatorze demandes de levée d'immunité ont été transmises à l'Assemblée, la moitié a été accordée. La dernière visait le député UMP Philippe Briand, l'ancien trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, mis en cause dans l'affaire Bygmalion.

 

L'Assemblée nationale lève l'immunité parlementaire de Patrick Balkany

 

Par lefigaro.fr avec AFP 18/03/2015 à 09:33

 

L'Assemblée nationale a décidé ce matin de lever l'immunité parlementaire de Patrick Balkany. Le député-maire UMP de Levallois-Perret est mis en examen pour corruption et blanchiment de fraude fiscale. Il est en outre soupçonné, avec son épouse Isabelle, d'être le véritable propriétaire de deux villas non déclarées au fisc à Saint-Martin et Marrakech. La levée de l'immunité doit empêcher Patrick Balkany de quitter le territoire national, mais permet aussi son contrôle judiciaire ainsi que sa garde à vue.

L'ami de Bozizé Patrick Balkany perd son immunité parlementaire
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 21:47

 

 

 

http://www.ouest-france.fr  17/03/2015  19h58

 

Un soldat français a été « légèrement blessé » lors d'échanges de tirs entre la force Sangaris et des hommes armés dans un quartier nord de Bangui.

 

« Le (lundi) 16 mars vers 16h une section de la force Sangaris en patrouille dans le 4e arrondissement de Bangui a été prise à partie par un petit nombre d'individus dotés d'armes légères et de grenades », rapporte l'état-major. 

 

« Les soldats français ont riposté avant d'être rejoints par des éléments de la (force onusienne) Minusca et des forces de sécurité intérieures centrafricaines », indique le communiqué.

 

Les forces internationales ont alors effectué des patrouilles mixtes « pour sécuriser la zone », au cours desquelles ils ont « essuyé de manière intermittente des coups de feu ainsi que des jets de grenades auxquels ils ont riposté jusqu'à ce que la zone soit complètement sécurisée, vers 20h30 ».

 

« Au cours des affrontements, un soldat français a été légèrement blessé », selon l'armée française, qui dénombre également deux civils blessés « par les auteurs (individus armés) et évacués par la population. Un des agresseurs a été tué et un autre blessé ».

 

Deux lycéens également blessés

 

Plusieurs témoignages ont confirmé ces échanges de tirs, affirmant que « plusieurs centaines d'habitants » avaient alors fui le secteur pour se réfugier des quartiers voisins du centre-ville.

 

Selon une source hospitalière jointe mardi au téléphone, « deux lycéens ont été blessés » lors de ces échanges, dont un grièvement.

 

D'après l'état-major français, « les auteurs de cette attaque semblent avoir été surpris par les soldats français alors qu'ils se livraient à des trafics ».

 

« La violence de leur réaction est symptomatique de l'attitude des malfrats qui s'opposent au retour de l'Etat de droit dans la capitale centrafricaine, particulièrement dans le 4ème arrondissement », ajoute-t-il.

 

Le 4e arrondissement, et notamment le quartier Boy-rabe, fief des milices anti-balaka, a été secoué par des affrontements particulièrement sanglants lors des violences intercommunautaires de 2013-2014. La criminalité armée y reste très présente.

 

Depuis le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka, qui a depuis abandonné le pouvoir sous la pression internationale, la Centrafrique a sombré dans une crise sécuritaire et politique sans précédent opposant milices principalement chrétiennes anti-balaka, aux rebelles Séléka, essentiellement musulmans.

 

La présence de trois forces internationales - française européenne et onusienne - a permis de stabiliser la situation, sans réussir à pacifier l'ensemble du territoire.

 

Centrafrique. Un soldat français blessé lors d'échange de tirs à Bangui
Repost 1
Centrafrique-Presse.com
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 19:27

 

 

http://www.radiondekeluka.org     mardi 17 mars 2015 15:19

 

Le marché central de Bambari, chef lieu de la préfecture de la Ouaka, situé au centre-est de la République Centrafricaine, rouvre ses étalages ce mardi 17 mars après 10 mois de fermeture. Le climat d'insécurité qui a prévalu à Bambari a engendré la division et la haine au sein de la population. Les affrontements inter-communautaires ont brisé les bonnes relations existant entre les diverses communautés. Le rapprochement entre les sociétés chrétienne et musulmane ont conduit à l'arrêt systématique du marché, entraînant la perte du pouvoir d'achat de la population surtout paysanne.


Plusieurs personnalités ont fait le déplacement de Bambari, notamment le ministre résident de la Ouaka Joseph Agbo, celui de la Sécurité publique Samedi Nicaise Karnou, le général de l'opération Sangaris Bellot Desminières, le général Joseph Zoundéko de l'ex-coalition Séléka ainsi que les représentants des organismes nationaux et internationaux.

 
Le chef de Bureau de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de la Centrafrique (Minusca), antenne de Bambari, a déclaré lundi 16 mars à propos de l'ouverture du marché que, « Les filles et fils de Bambari vont saisir cette occasion pour ouvrir leur cœur et opter pour la paix et le vivre ensemble ».

 
Le président de la délégation spéciale de ville de Bambari, Abel Matchipata, a sollicité l'appui des partenaires, notamment les soldats français de l'opération Sangaris ainsi que l'ONG Mercy Corps, pour la reconstruction de ce joyau saccagé par les événements malheureux qui ont secoué la ville.  Abel Matchipata estime que « Cette cérémonie de grande envergure marque un bon départ pour le rétablissement définitif de la paix dans la Ouaka ».


« La sécurisation du marché sera assurée par les Casques bleus, les gendarmes et policiers centrafricains qui seront bientôt déployés à Bambari », a précisé Samedi Micaise Karnou, ministre de la Sécurité publique.


Lundi au niveau du marché central, des mines anti-personnelles enfouies çà et là  ont été détectées et détruites par les éléments français de l'opération Sangaris.

 

 

Centrafrique/Bambari : Reprise des activités au marché centrale et à la gare routière
 

Bangui, 17 mars 2015 (RJDH)---Le ministre de la Sécurité Publique, Emigration-Immigration, Nicaise Samedi Karnou, a effectué, le lundi 16 mars, une mission de quelques heures à Bambari dans la Ouaka. Lors de cette visite, le membre du gouvernement a assisté à la réouverture du marché de la ville ainsi que de la gare routière.

 

La visite du ministre de la Sécurité Publique a été marquée par une grande réunion tenue à la place du marché. Plusieurs milliers de personnes ont pris part à cette réunion qui a permis aux autorités locales, onusiennes et gouvernementales de délivrer un message commun de paix et de cohésion sociale.

 

Dans le mot de bienvenu qu’il a prononcé, le maire de la ville Abel Mampata a rappelé à ces administrés que sans l’effort des uns et des autres, la paix ne saurait être possible à Bambari. « La paix, c’est une affaire de tous les habitants de Bambari sans aucune distinction. Il appartient aux filles et fils de Bambari de cultiver la paix et de la préserver »,  a-t-il indiqué.  

 

Pour le commandant de la force Sangaris à Bambari, le général Bello, la réouverture du marché est un signe de la reprise des activités. « Nous ouvrons aujourd’hui le marché de Bambari. Cet évènement montre que la vie est possible, c’est un bon signe ». Mais l’officier a appelé les habitants de cette ville à capitaliser cet évènement. « Il est aujourd’hui temps de mettre à profit cette réouverture ».

 

Le général Bello a invité les autorités à déployer l’administration dans la ville de Bambari. Ce dernier a rassuré la population quant à la sécurité. « La gare routière et le marché seront protégés »,  a-t-il lancé.

 

Dans son discours de circonstance, le chef de mission de la Minusca à Bambari, Zlatro Bars Pimtroff a rappelé le soutien de la Minusca au côté de la population de Bambari. « La présence de toutes les communautés ici montre que la paix est possible, le revivre ensemble est possible, c’est signe d’encouragement », a déclaré le patron de la représentation de la Minusca dans cette ville.

 

Dans son intervention, le ministre de la Sécurité Publique, Emigration-Immigration, Nicaise Samedi Karnou a rappelé que le marché est un bien public. « Le marché n’a ni couleur, ni religion ni ethnie, il appartient à tout le monde ». Pour le membre du gouvernement, la réouverture du marché de la gare routière de Bambari est une preuve que le gouvernement n’a jamais oublié la population de Bambari.

 

Nicaise Samedi Karnou a appelé les habitants de Bambari à combattre les manipulations quelques soit leur origine.

 

Le ministre de la Sécurité Publique a promis rétablir la sécurité à Bambari comme il l’a fait à Bangui et Bria « je suis venu annoncer la fin de la récréation, l’Etat ne badinera plus avec celui ou celle qui osera se mettre au travers de la loi »,  a lancé Nicaise Samedi Karnou.

 

Après la visite de la place du marché, le marché a été rouvert en présence des autorités locales, onusiennes et gouvernementales.

 

Le ministre de la sécurité Publique a discuté avec la cinquantaine de gendarmes détachés à Bambari. Ceux-ci ont eu droit à leur Prime Générales d’Alimentation (PGA).

 

C’est la deuxième visite du ministre de la Sécurité Publique depuis sa nomination à ce poste en janvier dernier. /

 

Sylvestre Sokambi 

Ouverture du marché central de Bambari après 10 mois de fermeture
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 19:19

 

 

http://www.lavoixdelamerique.com   mardi, mars 17, 2015. 18:15 TU

 

Jusqu’à mardi, le bilan exact des heurts, la veille, entre les forces internationales et un groupe armé dans le quartier de Boy Rabe dans le 4e arrondissement n’est pas encore connue.

 

Plusieurs personnes ont en effet été blessées dans des heurts lundi entre les forces internationales et un groupe armé dans le quartier de Boy Rabe.

 

Selon l’Abbé Bernard Dilla, curé de Ngaoundaye, les assaillants lourdement armés ont pris d’assaut la ville aux premières heures de la matinée. Ils ont abattu froidement huit personnes dont deux élèves, provoquant la fuite certains des habitants.

 

L’identité du groupe armé n’est pas encore connue, mais selon des sources locales, ces hommes seraient venus du Tchad.

 

A Bangui par contre, le calme est revenu au quartier Boy Rabe, théâtre d’affrontement lundi entre forces internationales et hommes armés.

 

Selon une source proche de l’opération Sangaris, en milieu d’après-midi du lundi, une patrouille de soldats français a riposté à une attaque d’individus armés à Boy Rabe.

 

Elle sera rejointe quelques temps plus tard par la MINUSCA et la gendarmerie centrafricaine pour sécuriser le secteur.

 

Toujours selon la Sangaris, les patrouilles ont été à plusieurs reprises attaquées à l’arme légère et à la grenade.

 

La situation est totalement passée sous contrôle aux environs de 20H et demi, heures locales.

 

Certains témoins parlent de plusieurs blessés par balle dont trois élèves du Lycée Barthélémy Boganda.

Centrafrique : au moins 8 personnes tuées dans la région de Ngoundaye
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 19:06

 


 

Bangui, 17 mars 2015 (RJDH)— La clause d’inéligibilité qui s'imposent à certain acteur politique et aux autorités de la transition à leur participation aux prochaines élections a été évoquée par les membres du Groupe internationale de Contact (GIC).  C'est suite à une rencontre tenue le 16 mars dernier à Brazzaville que les participants ont rappelé l'importance de cette clause qui est consignée dans la Charte constitutionnelle mais aussi dans les Accords de Libreville de 2013.

 

Sans nommer les personnalités politiques qui seraient frappée par cette clause, le GIC met en garde contre une éventuelle instrumentalisation de la population sur la question de l’inéligibilité lors du référendum censé permettre à la Constitution d’entrer en vigueur. « À cet égard, ils ont souligné que la communauté internationale est attentive au respect par la classe politique centrafricaine des engagements pris en prélude aux Accords de Libreville de janvier 2013.

 

Selon les Conclusions, "tout doit être fait pour que le référendum prévu en vue de l’adoption d’une nouvelle Constitution ne soit pas instrumentalisé par des acteurs politiques pour revenir sur la clause d’inéligibilité contenue dans la Charte de Transition », préviennent les participants à la rencontre de Brazzaville.

 

Au terme de cette 7ème réunion , les participants, « ont appelé au strict respect de la clause d’inéligibilité des acteurs politiques frappés par les sanctions prises par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA et/ou par le Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que des autorités de la transition ».

 

Contrairement à la 7ème Réunion de GIC-RCA qui s’est tenue à Brazzaville au Congo, la 6ème Réunion de GIC RCA du 11 novembre 2014 à Bangui avait sur le plan politique couplé les phases I et II du processus politique engagé à Brazzaville et pris note de la formation du gouvernement Kamoun I qui venait d’avoir lieu le 22 août 2015. La prochaine réunion est prévue pour juin 2015 à Addis Abeba, au Kénya./

 

Naim-Kaélin ZAMANE


 

 

« La Centrafrique est sur le chemin de la paix » (PM)

 

APA 17/03/2015 à 18:39 UTC

 

La Centrafrique est sur le chemin de la paix et tiendra les élections aux échéances prévues, a affirmé le Premier ministre Mahamat Kamoun, se félicitant de la promesse des partenaires financiers de mobiliser plus de 70 milliards de FCFA en faveur de son pays.

 

S’exprimant mardi, à son retour de Brazzaville ou il a assisté à la 7ème rencontre du Groupe International de Contact sur le Centrafrique (GIC), le chef du gouvernement centrafricain s’est dit ravi de la tenue de cette rencontre qui a battu selon lui, tous les records de participation des partenaires de la République Centrafricaine

 

Toutes les préoccupations financières du gouvernement ont été prises en compte, lors de cette réunion a –t-il encore dit, insistant surtout sur les ‘’besoins pressants » de son pays pour financer plusieurs activités dont le processus électoral, la tenue du forum de réconciliation nationale, les opérations de Démobilisation Désarmement et Réinsertion des ex combattants et pour combler son déficit budgétaire.

 

Le GIC est un cadre d’échange des partenaires au développement de la RCA.

 

Ils se réunissent chaque trimestre pour analyser les efforts des autorités de la transition pour restaurer le pays dans le concert des nations démocratiques.

 

Cet échange permet aussi aux partenaires financiers du pays de s’engager pour appuyer les actions humanitaires car beaucoup de Centrafricains sont des déplacés internes ou externes.

 

La prochaine réunion du GIC est prévue pour le mois de juin à Bangui.

 

Copyright : © APA

 

 

CONCLUSIONS DE LA 7EME REUNION DU GROUPE INTERNAITONAL DE CONTACT SUR LA CENTRAFRIQUE

 

Les Etats, institutions partenaires de la République Centrafricaine dans la dramatique situation politico-sécuritaire se sont encore réunis pour la 7ème fois pour sa sortie de crise. A Brazzaville ils se sont rencontrés le 16 mars; voici les conclusions des communications et échanges qui ont vu le jour durant ce moment.

 

1. Groupe international de contact sur la République centrafricaine (GIC-RCA) a tenu sa 7ème réunion à Brazzaville, le 16 mars 2015, sous la coprésidence de M. Basile Ikouebe, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération de la République du Congo, et de l’Ambassadeur Smaïl Chergui, Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union africaine (UA).

 

La liste des pays et organisations ayant pris part à la réunion figure en bas de page.

 

2. La cérémonie d’ouverture a été marquée par les allocutions prononcées par l’Ambassadeur du Tchad en République du Congo, au nom du Président en exercice de la CEEAC; le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’UA; le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en RCA (MINUSCA); le Représentant spécial en RCA du Secrétaire général de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC); le Ministre des Relations extérieures de la République d’Angola, au titre de la présidence en exercice de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL); le Premier ministre de la RCA; et le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération de la République du Congo.

 

3. Les participants ont noté avec satisfaction la mobilisation continue de la région en appui au processus de paix et de réconciliation en RCA, ainsi qu’en témoigne la Concertation des chefs d’État et de Gouvernement de la CEEAC tenue en marge de la 24ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de l’UA, qui a eu lieu à Addis Abéba les 30 et 31 janvier 2015. Ils ont saisi cette occasion pour saluer l’engagement de l’ensemble des dirigeants de la région, en particulier les Présidents Idriss Déby Itno de la République du Tchad, Président en exercice de la CEEAC, Denis Sassou Nguesso de la République du Congo, Médiateur international dans la crise centrafricaine, et Eduardo dos Santos d’Angola, Président en exercice de la CIRGL, pour leur soutien continu aux autorités de la transition et au processus de sortie de crise en RCA. Ils ont également salué la détermination dont la région fait preuve dans la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram, ainsi que l’action entreprise par l’UA pour neutraliser l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui participent toutes des efforts d’ensemble visant à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région de l’Afrique centrale, y compris la RCA.

 

4. Les participants ont souligné que la poursuite des activités du GIC-RCA, notamment la tenue de la 7ème réunion du Groupe, est une illustration supplémentaire de la solidarité de la communauté internationale envers le peuple centrafricain. Ils ont exprimé la détermination de leurs organisations et pays respectifs à continuer à accompagner les autorités et le peuple centrafricains, en vue de la réalisation de leur aspiration à la paix et à la réconciliation nationale.

 

5. Les participants ont noté que la 7ème réunion du GIC-RCA s’est tenue à la veille d’échéances cruciales pour le processus de transition, qui nécessitent le renforcement de l’appropriation nationale, la prise des décisions politiques attendues et l’accélération du rythme de mise en oeuvre de la Feuille de route de la transition, ainsi que la mobilisation d’importantes ressources financières. Il s’agit notamment du Forum prévu à Bangui, en avril 2015, du programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion et de la réforme du secteur de la sécurité, ainsi que des élections législatives et présidentielle qui marqueront la fin de la transition.

 

6. Les participants ont examiné l’évolution de la situation en RCA depuis la 6ème réunion du GIC-RCA, tenue à Bangui, le 11 novembre 2014, sur la base des communications faites par le Premier ministre de la RCA et des membres de sa délégation, les Représentants spéciaux en RCA de l’UA, des Nations unies et de la CEEAC et le représentant de la Banque mondiale, et ce au nom du Groupe de coordination pour la préparation et le suivi des réunions du GIC-RCA (G8-RCA), ainsi que des échanges qui ont suivi.

 

Sur les aspects politique et sécuritaire

 

7. Les participants ont noté avec satisfaction la poursuite du processus politique engagé à Brazzaville avec la signature de l’Accord de cessation des hostilités du 23 juillet 2014, notamment la mise en oeuvre de sa phase II. À cet égard, ils ont relevé que les consultations à la base se sont déroulées sur l’ensemble du territoire centrafricain, ainsi que dans les pays limitrophes qui abritent des sites de réfugiés centrafricains, avec la participation active des populations concernées. Les participants se sont félicités du caractère inclusif et représentatif qui a marqué la conduite de ces consultations populaires.

 

8. Les participants ont salué l’engagement des autorités de la transition à faire aboutir le processus de transition. Ils ont pris note de la mise en place de la Commission préparatoire du Forum national de Bangui, prévu en avril 2015, et du soutien technique et financier apporté par la MINUSCA, les Nations unies, la CEEAC et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ainsi que par d’autres acteurs. Ils ont exhorté la Commission préparatoire à promouvoir une participation aussi inclusive que possible au Forum, pris note du rapport à mi-parcours qu’elle a élaboré et salué le travail accompli à ce jour dans la préparation du Forum, dont le rôle est crucial en vue de la promotion de la réconciliation nationale. De même, les participants ont exhorté les autorités de la transition à persévérer dans leurs efforts visant à promouvoir la bonne gouvernance ainsi que la réconciliation nationale, sans sacrifier la recherche de la vérité sur les crimes passés et la lutte contre l’impunité.

 

9. Les participants ont reconnu l’importance de concentrer les efforts autour du processus politique engagé le 23 juillet 2014 à Brazzaville, qui doit se poursuivre avec la signature d’un accord sur le désarmement des groupes armés et la tenue du Forum de Bangui. À cet égard, ils ont rappelé les dispositions pertinentes du communiqué de la CEEAC du 31 janvier 2015 et la volonté des populations centrafricaines de voir le processus politique se dérouler en terre centrafricaine et, partant, d’éviter toute initiative parallèle en dehors de la RCA. Ils ont lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle apporte l’appui financier nécessaire pour la tenue du Forum.

 

10. Les participants ont lancé un appel aux autorités de la transition afin qu’elles garantissent le respect de la Charte constitutionnelle de transition, notamment sur la question de l’inéligibilité. À cet égard, ils ont souligné que la communauté internationale est attentive au respect par la classe politique centrafricaine des engagements pris en prélude aux Accords de Libreville de janvier 2013, et que tout doit être fait pour que le référendum prévu en vue de l’adoption d’une nouvelle Constitution ne soit pas instrumentalisé par des acteurs politiques pour revenir sur la clause d’inéligibilité contenue dans la Charte de Transition. Ils ont appelé au strict respect de la clause d’inéligibilité des acteurs politiques frappés par les sanctions prises par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA et/ou par le Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que des autorités de la transition.

 

11. Les participants ont noté que la situation sécuritaire dans son ensemble enregistre une nette amélioration, relevant que les efforts déployés par les Forces internationales sur l’ensemble du territoire centrafricain ont contribué à réduire les confrontations directes entre les groupes armés et les exactions sur les populations civiles. Ils ont salué l’intervention des Forces internationales dans la ville de Bria, qui a permis le retour sous le contrôle de l’État centrafricain des bâtiments administratifs qui étaient illégalement occupés par les groupes armés. Ils ont noté que cette intervention a lancé un signal fort en direction des groupes armés dans les autres Préfectures, les amenant à finalement évacuer les bâtiments administratifs qu’ils occupaient.

 

12. Les participants ont cependant déploré la persistance d’actes de banditisme, notamment l’enlèvement de personnels d‘organisations internationales et non gouvernementales, ainsi que celui d’un membre du Gouvernement de transition, et ce consécutivement à l’arrestation d’un dirigeant anti-balaka. Ils ont fermement condamné ces actes de violence et ont encouragé la MINUSCA, dans le cadre de son mandat, à prendre toutes les mesures jugées nécessaires en vue de la protection effective de la population civile et de la restauration définitive de la sécurité. Ils ont mis en garde les fauteurs de troubles, et souligné que ces derniers seront tenus responsables de leurs actes, conformément au régime de sanctions prévues par les résolutions 2127 (2013), 2134 (2014) et 2149 (2014) du Conseil de sécurité, ainsi qu’aux communiqués pertinents du CPS de l’UA. Ils ont exhorté les autorités centrafricaines à traduire devant les juridictions nationales et internationales compétentes les auteurs de ces actes.

 

13. Les participants ont noté avec satisfaction les efforts que déploient les autorités de la transition, avec l’appui de la communauté internationale, afin de combattre l’impunité, et ce à travers la reprise du fonctionnement du système judiciaire. Ils se sont, à cet égard, félicité de la création d’une Cour pénale spéciale chargée d’enquêter, d’instruire et de juger les crimes graves commis en RCA. Ils ont exhorté les autorités centrafricaines à effectivement mettre en place cette Cour, et appelé la communauté internationale à contribuer au financement de son opérationnalisation, ainsi qu’au rétablissement des tribunaux et des prisons à l’intérieur du pays, notant que la sécurité s’y est améliorée.

 

14. Les participants ont réitéré leur appel à toutes les parties, notamment les responsables des ex-Séléka et des anti-Balaka, ainsi qu’à tous les autres groupes armés signataires de l’Accord de cessation des hostilités de Brazzaville, à reprendre la voie du dialogue. Ils ont souligné que le dialogue est la seule issue viable vers une réconciliation et une paix durables, en même temps qu’il constitue une condition essentielle à la mise en oeuvre réussie du mandat de la MINUSCA, avec le soutien des forces internationales.

 

Sur les aspects humanitaires

 

15. Les participants ont exprimé leur préoccupation face aux déplacements internes provoqués par les violences enregistrées au nord-est du pays. Ils ont, par contre, noté une baisse du nombre des déplacés internes à Bangui. Ils ont exprimé leur satisfaction pour les efforts déployés par les acteurs humanitaires, et ont réitéré leur appréciation aux pays voisins qui accueillent encore environ 420 000 réfugiés centrafricains. Ils ont lancé un appel aux groupes armés pour qu’ils cessent les violences contre les humanitaires et les civils, et n’entravent pas l’accès des humanitaires aux populations civiles, dans le respect du droit international humanitaire.

 

16. Les participants ont rappelé aux autorités de la transition la recommandation de la 6ème réunion du GIC-RCA sur le démantèlement du camp de déplacés internes se trouvant actuellement à l’aéroport de Bangui avant la tenue du 7ème GIC-RCA et la création de conditions propices au respect de la liberté de circulation, ainsi qu’au retour des personnes déplacées et réfugiées, au renforcement des capacités de prise en charge des services sociaux de base et à la poursuite des efforts déployés dans le cadre des activités de promotion de la cohésion sociale et du dialogue intercommunautaire. Ils ont réitéré la nécessité de mettre en oeuvre cette recommandation. Par ailleurs, ils ont exhorté la communauté internationale à poursuivre les efforts consentis s’agissant de la création de conditions propices au retour des déplacés, notamment à travers la restauration des services sociaux de base et le redéploiement de l’administration, ainsi que par le développement d’activités génératrices de revenus.

 

Sur le processus électoral

 

17. Les participants ont pris acte de la décision du Médiateur international dans la crise centrafricaine, le Président Denis Sassou Nguesso, de proroger la transition de six mois, jusqu’au 15 août 2015, et ce conformément à l’article 102 de la Charte constitutionnelle de transition et aux recommandations pertinentes de la 6ème réunion du GIC-RCA.

 

18. Les participants ont demandé aux autorités de la transition, ainsi qu’à l’Autorité nationale des Élections (ANE), de prendre d’urgence les dispositions politiques, juridiques, financières et matérielles nécessaires pour accélérer le processus électoral et faciliter la tenue, avant août 2015 au plus tard, d’élections libres, transparentes et crédibles qui marqueront la fin de la transition. À cet égard, ils ont demandé à l’ANE d’organiser, sur une base hebdomadaire, des points de situation avec le G8-RCA, afin de faire l’état des progrès accomplis dans la préparation des élections, ainsi que de poster sur le site web de l’ANE le récapitulatif des actions concrètes à entreprendre, de manière à tenir le public informé à temps réel de l’évolution du processus électoral.

 

19. Les participants se sont félicités de la mise en place du projet du Programme d’appui au cycle électoral centrafricain (PACEC), signé le 25 novembre 2014, instituant un Fonds fiduciaire (Basket Fund), afin de permettre la mobilisation de ressources à hauteur de 44 millions de dollars. Ils se sont, par ailleurs, réjouis des contributions déjà faites, et ont demandé à tous ceux qui ont fait des promesses de contributions d’honorer leurs engagements pour combler le déficit de 18 millions de dollars identifié à ce jour. Ils ont également lancé un appel à d’autres partenaires internationaux pour qu’ils contribuent au financement du processus électoral. Dans ce contexte, ils ont salué la décision de l’Union européenne (UE) de procéder au décaissement par tranches de la somme de 20 millions d’euros – dont 8 millions ont déjà été versés – allouée au processus électoral, pour le lancement des opérations y relatives. Ils se sont également félicités de l’annonce faite par l’UA sur le décaissement, dans les toutes prochaines semaines, d’une première contribution de 500 000 dollars américains en appui au processus électoral.

 

Sur la situation économique et financière

 

20. Les participants ont pris note de l’amélioration de la situation économique et financière imputable au retour progressif de la sécurité à Bangui, auquel les Forces internationales, à savoir l’Opération EUFOR-RCA et l’Opération Sangaris, ont contribué, ainsi qu’à la sécurisation du corridor Douala-Bangui. Ils ont cependant noté que la destruction de l’appareil productif a encore un impact négatif sur les recettes de l’État et la croissance économique.

 

21. Les participants ont appelé les autorités de la transition à mettre en oeuvre les réformes relatives à la gestion des finances publiques, y compris la mise en place d’une Agence comptable centrale du Trésor et l’adoption de mesures propres à juguler la fraude fiscale et douanière, à réinstaller les régies financières à l’intérieur du pays au fur et à mesure que l’autorité de l’État est restaurée, ainsi qu’à redynamiser le Cadre permanent de concertation (CPC) entre les secteurs public et privé, en vue d’améliorer progressivement le climat des affaires. Les participants ont lancé un appel pressant aux partenaires internationaux pour fournir un appui budgétaire supplémentaire qui permettrait de combler le déficit actuel. Ils se sont félicités des dispositions qui sont en train d’être prises par l’UE, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD), en vue de la mise à disposition d’un appui budgétaire supplémentaire.

 

Sur le programme de désarmement, démobilisation et de réinsertion

 

22. Les participants ont salué l’engagement de la MINUSCA à appuyer les autorités de la transition pour élaborer une stratégie nationale de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) basée sur une approche communautaire, afin de rompre avec les processus DDR du passé et d’assurer la participation active de la population. Ils ont exhorté les autorités de la transition à définir rapidement cette nouvelle approche, qui devra s’inscrire dans un cadre global de relance du développement, être étroitement liée à la réforme du secteur de la sécurité et promouvoir des solutions durables pour la sortie de crise en RCA. Dans ce cadre, les participants ont salué le lancement de la Mission de conseil militaire de l’UE en République centrafricaine (EUMAM RCA).

 

23. Les participants ont reconnu l’existence de défis liés à l’identification et à la vérification des candidats potentiels au DDR pour les différents groupes armés, ainsi qu’à la détermination des effectifs et des critères d’éligibilité pour garantir la participation au programme DDR des seuls candidats véritablement éligibles.

 

24. Les participants ont exprimé leur préoccupation face au retard accusé dans la mobilisation des fonds nécessaires pour le regroupement des combattants des différents groupes armés – opération indispensable pour le retour progressif de la stabilité dans le pays, ainsi que pour le désarmement, la démobilisation et, plus spécialement, les programmes de réintégration communautaire et ceux de réduction de la violence communautaire (RVC), qui exigent des moyens importants et dont la mise en œuvre garantira la durabilité des résultats enregistrés. Ils ont lancé un appel à la communauté internationale pour la mobilisation d’au moins 20 millions de dollars.

 

25. Les participants ont rappelé aux autorités de la transition l’obligation qui leur incombe d’entreprendre un programme de réforme du secteur de la sécurité conforme à la résolution 2121 (2013) du Conseil de sécurité des Nations unies, laquelle insiste sur la nécessité de la constitution de forces de sécurité « professionnelles, équilibrées et représentatives » et encourage les Nations unies et le Gouvernement centrafricain à collaborer étroitement en ce qui concerne les requêtes auprès du Conseil de sécurité des Nations unies pour l’obtention des dérogations permettant l’importation d’armes et de munitions, dans le cadre fixé par ladite résolution.

 

26. Les participants ont salué les initiatives déjà entreprises par la MINUSCA dans le cadre des programmes pré-DDR, et ce par le lancement de projets communautaires à petite échelle impliquant les combattants et les communautés locales, contribuant ainsi à jeter les bases de la sécurisation et de la stabilisation au niveau communautaire. Ils ont lancé un appel pour la mobilisation de 3 millions de dollars américains pour le regroupement de 5 000 combattants pour une période de 6 mois dans le cadre de la mise en oeuvre de l’article 4 de l’Accord de cessation des hostilités de Brazzaville.

 

Sur le suivi des Conclusions de la réunion du GIC-RCA

 

27. Les participants ont demandé à la Médiation internationale, avec l’appui du G8- RCA, d’assurer le suivi des dispositions pertinentes des présentes Conclusions, en particulier en ce qui concerne le parachèvement du processus lancé à Brazzaville, avec l’organisation du Forum de Bangui, l’élaboration de la nouvelle Constitution et la tenue des élections.

 

28. Les participants se sont réjouis de l’initiative de l’UE d’organiser une conférence de mobilisation de nouveaux donateurs autour du Fonds Bekou, le 24 avril prochain, à Bruxelles.

 

Remerciements et prochaine réunion

 

29. Les participants ont remercié les autorités congolaises pour l’organisation de la 7ème réunion du GIC-RCA et pour l’accueil qui leur a été réservé. Ils ont exprimé leur appréciation au G8-RCA pour la bonne préparation de la réunion.

 

30. Les participants ont convenu de tenir leur prochaine réunion à Addis Abéba, au mois de juin 2015, à une date qui sera fixée après consultations.

 

 

 

Centrafrique : le GIC-RCA appelle les donateurs à honorer leurs promesses

 

http://www.adiac-congo.com   Mardi 17 Mars 2015 - 18:00

 

Le cri de coeur a été lancé lundi 16 mars, au sortir de la 7e réunion du Groupe international de contact sur la République centrafricaine (GIC-RCA), tenue à Brazzaville. Selon les participants, cette aide permettra de financer le prochain forum de Bangui, le programme DDR et les élections générales à venir.

 

La réunion des membres du GIC-RCA a pour objet d’évaluer le processus de la transition en Centrafrique et de mobiliser la communauté internationale à apporter les ressources financières nécessaires pour relever le pays. L’urgence pour l’heure, d'après le GIC-RCA, est de tout mettre en oeuvre afin d'assurer le rétablissement de l'Etat centrafricain et le retour rapide à l’ordre constitutionnel.

 

« Les participants se sont félicités de la mise en place du Programme d’appui au cycle électoral (PACE), signé le 25 novembre 2014, instituant le fonds fiduciaire évalué à un montant de 44 millions de dollars. Ils se sont également réjouis des contributions déjà faites, et ont demandé à tous ceux qui avaient fait des promesses de contributions d’honorer leurs engagements pour combler le déficit de 18 millions de dollars enregistré à ce jour. Ils ont lancé un appel à d’autres partenaires internationaux pour qu’ils contribuent au financement du processus électoral. Dans ce sens, ils ont salué la décision de l’Union européenne de procéder à un décaissement par tranches de la somme de 20 millions d’euros alloués au processus électoral», a indiqué le communiqué final des assises de Brazzaville.

 

Hormis le financement des échéances électorales, la 7e réunion du GIC-RCA a énoncé la nécessité de contribuer au processus engagé le 23 juillet 2014 qui doit se poursuivre avec la tenue du forum de Bangui. « Le GIC a  rappelé les dispositions pertinentes du communiqué de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) et la volonté des populations centrafricaines de voir le processus politique se dérouler en terre centrafricaine, et partant, d’éviter toute initiative parallèle en dehors de la RCA », ont insisté les participants.

 

A en croire les participants à la réunion de Brazzaville, la sortie de crise et le rétablissement de l’ordre en RCA,  passent par le processus de Désarmement démobilisation et réinsertion (DDR). Pour cela, ils ont exhorté les autorités de la transition à « définir rapidement cette nouvelle approche, qui devra s’inscrire dans un cadre global de relance du développement et sera étroitement liée à la réforme du secteur de sécurité et s’emploiera à promouvoir des solutions durables pour la sortie de crise en RCA. » A cet effet, le GIC a appelé les différents donateurs à contribuer à concurrence de 3 millions de dollars pour le programme DDR pour une période de six mois.

 

Enfin, ils ont exprimé leur ferme détermination à lutter aux côtés des autorités de transition pour la restauration de l'autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire et à mettre fin à l’impunité et au grand banditisme.

 

Fiacre Kombo

 

Centrafricaine/Bangui : Le GIC appelle les politiques au respect de la clause d’inéligibilité
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 18:01

 

 

 

Pana 17/03/2015

 

Sécurité - L’ambassadeur du Tchad au Congo, Mme Kalzeube Neldikingar Madjimar a annoncé, lundi à Brazzaville, à l’ouverture de la 7ème réunion du Groupe internationale de contact sur la République centrafricaine (GIC-RCA), que la tâche demeure toutefois bien longue, mais aussi ardue.

 

Les propos de la diplomate tchadienne proviennent du discours du ministre tchadien des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine qu'elle a lu, à l'ouverture de cette rencontre initiée par la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC).

 

‘’Au regard du chemin déjà parcouru et des résultats auxquels sont parvenus le Groupe international de contact sur la Centrafrique, la tâche en RCA demeure toutefois longue, complexe et ardue’’, a déclaré la diplomate tchadienne.

 

Selon elle, cette tâche exigera encore de la patience, de la persévérance et l’appui financier, tant les obstacles à franchir restent multiples. Elle exigera aussi une appropriation et une implication davantage plus forte des acteurs politiques centrafricains eux-mêmes et de la façon la plus inclusive.

 

La CEEAC s’est félicité des progrès enregistrés sur la voie de la tenue du dialogue de réconciliation nationale inclusive et de la mise en place des institutions devant conduire aux échéances électorales en Centrafrique.  

 

Le ministre congolais des Affaires étrangères et de la Coopération, Basile Ikouébé a, pour sa part, invité les Centrafricains à faire du forum de Bangui, ‘’un moment d’espoir pour enraciner définitivement dans ce pays trop longtemps meurtri, la culture de paix, de tolérance, du vivre ensemble’’.

 

‘’Ce moment doit également représenter un accélérateur du processus de transition pour nous conduire à la fin de celle-ci dans les délais prévus’’, a déclaré Ikouébé, ajoutant que cette rencontre se tient après la sixième réunion de Bangui, qui avait, entre autres recommandations, demandé aux autorités de la transition de ‘’prendre en urgence toutes les dispositions nécessaires, sur les plans politique, juridique, sécuritaire, humanitaire, administratif et financier pour accélérer le processus électoral en vue de permettre la tenue d’élections libres, transparentes, crédibles, devant marquer la fin de la transition au plus tard en août 2015’’.

 

‘’Aux partenaires extérieurs, à l’ensemble de la communauté internationale, un surcroît de solidarité est attendu pour que les engagements pris soient honorés et que de nouvelles contributions viennent lever tout obstacle susceptible d’hypothéquer le respect des échéances fixées’’, a, par ailleurs, lancé le chef de la diplomatie congolaise.

 

Cette rencontre se tient en présence du Premier ministre centrafricain de transition, Mahamat Kamoun.

Centrafrique : la tâche demeure longue et ardue
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 17:58

 

 

17-03-2015 à 15:10   Par Pierre Pinto, Par Bertrand Haeckler

 

Dans la capitale de Centrafrique, la prolifération des armes lors de la crise a notamment pour conséquence une délinquance endémique. Les braquages, en particulier de véhicules, sont quotidiens. Pour lutter contre ce fléau, les policiers de l'ONU et les forces de sécurité intérieures centrafricaines multiplient les actions communes. Actions ciblées de temps en temps pour arrêter des braqueurs ou saisir des armes, mais le plus souvent il s'agit de checkpoints pour mettre la main sur les véhicules volés.

 

« Il faut toujours sortir avec vos documents », commence par expliquer un agent des forces de l’ordre. Il effectue un contrôle des véhicules dans le 4e arrondissement de Bangui. Toute voiture ou moto donc le conducteur n’a pas les papiers est supposée volée et sera saisie jusqu’à présentation des documents.

 

Le lieutenant-colonel Valentin Kikobe Pataki du centre opérationnel commun de Bangui, supervise ce checkpoint du quartier de Boy-Rab : « Le quartier de Boy-Rab, c’est ce quartier qui regorge de bandits, de criminels, de tous ceux qui braquent les véhicules dans la ville. Ces véhicules braqués prennent la direction de Boy-Rab, c’est pour cela qu’on a érigé ce service-là, pour essayer de bloquer les gens qui veulent après leur forfait, s’exfiltrer vers Boy-Rab. »

 

Ce genre d’opérations a lieu presque chaque jour, surtout dans les quartiers du nord de Bangui. L’objectif pour les policiers et gendarmes internationaux et centrafricains, c’est aussi et surtout de se montrer pour dissuader les braqueurs de motos ou de voitures et rassurer la population.

 

 CENTRAFRIQUE _ MATIN Patrouilles 17/03/2015 - par Pierre Pinto

 

Cela ne suffit pas pour Jean-Michel, un habitant du quartier : « Il faudrait absolument qu’il y ait des contrôles dans tous les quartiers, il ne faut pas que ce soit exclusivement à Boy-Rab. Même dans les arrondissements où il n’y a pas de problème, il faudrait qu’il y ait des contrôles parce que les gens quittent les quartiers pour faire des exactions. »

 

Après quelques heures de contrôle ce matin-là, les gendarmes embarqueront une dizaine de motos, mais personne ne repartira menottes aux poignets.

[Reportage] RCA: au cœur de la lutte contre la criminalité à Bangui
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 17:53

 

 

par: APO publié le : 17/03/2015 à 14:03 UTC 14 vues dans: Communiqués de presse

 

PARIS, France, 17 mars 2015/African Press Organization (APO)/

 

Déclarations du porte-parole du Quai d’Orsay

 

17 mars 2015

 

La France salue le lancement de la mission militaire européenne de conseil EUMAM RCA, approuvé le 16 mars par M. Laurent Fabius et ses homologues européens lors du conseil affaires étrangères qui s’est tenu à Bruxelles.

 

Elle succède à la force opérationnelle européenne en République centrafricaine (EUFOR RCA), qui a pris fin le 15 mars. EUFOR RCA a assuré pendant près d’un an la sécurisation de l’aéroport et des 3ème et 5ème arrondissements de Bangui, en étroite coopération avec la mission internationale de soutien à la Centrafrique, l’opération africaine MISCA, puis la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et l’opération française Sangaris qui l’appuie.

 

L’engagement de l’Union européenne pour le renforcement de la capacité des Centrafricains à assurer la stabilité de leur territoire s’inscrit ainsi dans la durée et s’adapte à l’évolution de la situation sur le terrain.

 

Copyright : © APO

République centrafricaine – Lancement de l’opération EUMAM RCA (16 mars 2015)
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 17:48

 

 

 

Par: rédaction   17/03/15 - 13h47  Source: Belga

 

Au moins 10 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans le nord-ouest de la Centrafrique au cours d'une attaque menée par un groupe armé venu du Tchad, a indiqué une source au sein de la gendarmerie.

 

"Au moins dix personnes dont deux élèves, ont été tuées samedi dernier dans la région de Ngaoundaye (nord-ouest), au cours d'une attaque d'hommes armés venus du Tchad", a affirmé cette source de la gendarmerie locale, s'exprimant sous couvert d'anonymat. Ngaoundaye est située à quelques km seulement de la frontière tchadienne.


Assaut


Selon cette source, "les assaillants ont investi un village à une trentaine de kilomètres de Ngaoundaye, puis ils se sont mis à interpeller les habitants". "Ils ont regroupé un premier groupe de dix personnes et leur ont demandé de s'allonger sur la route avant d'ouvrir le feu sur elles. Ils ont poursuivi ceux qui tentaient de fuir en leur tirant dessus, blessant plusieurs autres personnes", a-t-elle ajouté. De nombreux habitants ont fui ces violences pour se réfugier en brousse ou dans le centre de Ndaoundaye, selon cette source. Les motivations précises des assaillants ne sont pas connues.


Crise sécuritaire


Depuis le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka, qui a depuis abandonné le pouvoir sous la pression internationale, la Centrafrique a sombré dans une crise sécuritaire et politique sans précédent opposant milices principalement chrétiennes, les anti-balaka, aux rebelles Séléka, essentiellement musulmans.

Dix villageois tués dans une attaque en Centrafrique
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 14:50

 

 

 

09/03/2015 à 14:50 Par François Soudan Jeune Afrique

 

À la tête de la meilleure armée de l'Afrique francophone, le président tchadien, Idriss Déby Itno, fait plus que jamais figure de "parrain" du Sahel face à la menace terroriste et la France ne manque pas une occasion de le lui rappeler. Portrait d'un chef d'État en guerrier malgré lui... ou presque.

 

À 62 ans, dont vingt-quatre passés à la tête du Tchad, Idriss Déby Itno entame une nouvelle carrière : celle d'homme fort de l'Afrique sahélienne et de "parrain" régional adoubé par l'Occident dans la guerre globale contre le terrorisme islamiste. Ce statut, étrenné au Mali il y a deux ans et confirmé depuis l'entrée des troupes tchadiennes au Cameroun à la mi-janvier, est une conséquence directe de la chute, en 2011, du dictateur libyen.

 

Le vide créé par la mort de Mouammar Kadhafi et le chaos qui s'est ensuivi ont entraîné un double appel d'air : en faveur des groupes jihadistes qui, d'Al-Qaïda au Maghreb islamique à Boko Haram, ont profité de la mise à l'encan du formidable arsenal libyen, et au détriment des pays de la bande sahélienne, incapables de faire face à cette menace asymétrique et brusquement orphelins de ce père tyrannique, bipolaire, généreux et omniprésent. Sauf le Tchad qui, s'il n'a évidemment pas la force de frappe financière du défunt "Guide", est le seul à disposer des moyens militaires de faire face aux conséquences de sa disparition.

 

Trois ans et demi après l'exhibition publique de la dépouille de son meilleur ennemi dans la morgue de Misrata - un spectacle qui, de son propre aveu, l'a "révulsé" -, Idriss Déby Itno continue de faire remonter l'origine de l'expansion jihadiste au meurtre de celui qui fut tour à tour, au Tchad, un envahisseur, un médiateur puis un investisseur courtisé.

 

En témoigne cette phrase désabusée, lors du récent Forum pour la paix et la sécurité, à la mi-décembre à Dakar : "Contrairement à mon frère Macky Sall, qui a dit que le travail en Libye n'a pas été achevé, je dis que ce travail a bel et bien été achevé. L'objectif de l'Otan était d'assassiner Kadhafi, cet objectif a été atteint. L'Otan a assassiné Kadhafi, c'est le service après-vente qui n'a pas été assuré."

 

Opportunité politique et diplomatique

 

Toute l'intelligence de ce fils de pasteur zaghawa a donc été de transformer le grand désordre régional qui a suivi en opportunité politique et diplomatique, avec l'appui circonstanciel mais sans cesse réitéré de la France, et de profiter d'un impérieux "besoin de Tchad" qui le rend désormais incontournable. Si le Déby Itno d'hier a su en jouer pour entrer en guerre au Mali à ses propres conditions - sortir du cadre de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest pour intégrer l'ONU -, celui d'aujourd'hui se comporte en véritable patron.

 

Il n'hésite pas à tancer ses pairs pour leur frilosité, place l'Union africaine (UA) devant le fait accompli quand il s'agit de mettre sur pied une force régionale et d'en installer le siège à N'Djamena, obtient de son ami Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense - à qui le relie un quasi-téléphone rouge -, de déplacer chez lui le QG de l'opération Barkhane, et de Laurent Fabius, le patron du Quai d'Orsay, qu'il intervienne auprès du Fonds monétaire international (FMI) pour que ce dernier soutienne son effort de guerre (lire encadré).

 

Alors "Idi" agace parfois, notamment ses homologues d'Afrique centrale, pointe de jalousie à l'appui. Mais par les temps qui courent, personne ne peut se passer de celui que le chef dément de Boko Haram, Abubakar Shekau, qualifiait dans une récente diatribe de "Satan tchadien".

 

Ses opposants pris au piège de l'impératif patriotique

 

Cette assurance qui impressionne tant, Idriss Déby Itno la doit un peu au soutien de la communauté internationale, un peu à la stabilité de son régime depuis la conclusion en 2009 de la paix avec le Soudan voisin, matrice de bien des rébellions, un peu à la tétanisation de ses opposants pris au piège de l'impératif patriotique, et beaucoup à son armée, sans conteste la meilleure de l'Afrique francophone. Une force de 70 000 hommes avec ses chars T-55, ses véhicules de combat d'infanterie chinois, russes et français, ses hélicoptères Mi-17, 24 et 25, ses lance-roquettes multiples, ses chasseurs bombardiers Soukhoï Su-25 et Mig-29 (l'appareil le plus sophistiqué en service dans la région, avec le Rafale français).

 

Très largement puisés au sein de la garde présidentielle et encadrés par des officiers majoritairement zaghawas, dont un général de brigade de 31 ans, Mahamat Déby Itno, fils de son père, les corps expéditionnaires qui s'illustrent au Mali, à l'épicentre des anciens sanctuaires jihadistes, ou à la frontière nigériane sont les héritiers d'une longue tradition d'intervention hors du territoire. Au pouvoir depuis le 4 décembre 1990, le président tchadien a envoyé ses hommes se battre au Congo en 1997, aux côtés des miliciens cobras de Denis Sassou Nguesso, dans le nord de la RD Congo en 2000, contre la soldatesque de Jean-Pierre Bemba et les troupes ougandaises (ce fut là son seul échec), au Darfour et, à plusieurs reprises, en Centrafrique, jusqu'à la mi-2014.

 

Sans compter les furieuses batailles menées contre des colonnes rebelles venues de l'Est, en avril 2006 et février 2008, jusqu'aux portes du palais présidentiel de N'Djamena. Souvent, Idi a joué lui-même les commandants en chef et, ainsi qu'il le dit, "mis sa tête à prix", refusant les propositions formulées par Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy d'être évacué en urgence par l'armée française et prenant parfois, au volant de son 4×4 blindé, la tête de ses troupes, comme à la glorieuse époque des "rezzous Toyota" taillant en pièces la Légion islamique de Kadhafi.

 

Habitués au combat, les soldats tchadiens le sont beaucoup moins au maintien de l'ordre, d'où les accusations récurrentes - et très mal vécues à N'Djamena - de "bavures" et autres dérapages commis au détriment des populations civiles. Si aucun incident notable de ce type n'a été relevé au Mali, il n'en va pas de même en Centrafrique, où le contingent tchadien a protégé et sans doute sauvé de la mort des milliers de musulmans, mais aussi riposté sans discernement aux assauts d'anti-balaka déchaînés.

 

Le 29 mars 2014, une fusillade éclate sur un marché de Bangui, faisant 30 victimes. Stigmatisé par un rapport de l'ONU (les Français et les Casques verts de la Misca, la mission de l'UA, parlent quant à eux de légitime défense), Déby Itno réagit sèchement : il rapatrie son millier d'hommes, sans en prévenir quiconque. Avis à ceux qui, à l'avenir, seraient tentés de jouer les procureurs, surtout sur le terrain sensible du respect des droits de l'homme. Chacun aura d'ailleurs remarqué qu'en ce domaine, Paris ne dit mot depuis deux ans...

 

Lot de méfiances et de fantasmes

 

Le président tchadien le sait : chacune de ses interventions, en particulier chez ses voisins, charrie immédiatement son lot de méfiances et de fantasmes. On le soupçonne d'agir par intérêt, ce qui est exact, mais pas forcément pour les motifs que l'on croit. En Centrafrique, par exemple : bien au-delà de l'hypothétique contrôle des permis de recherche pétroliers du Nord, la stabilité de ce pays et l'existence à Bangui d'un régime qui ne lui soit pas hostile ont toujours été pour N'Djamena un impératif de sécurité nationale.

 

Au Cameroun, l'entrée des troupes tchadiennes a suscité au sein de l'opinion, tout particulièrement dans le Sud, un quasi-réflexe de rejet sur fond de théories du complot, même si cette incursion durable s'est faite à la demande du président Paul Biya - lequel, on l'imagine, ne s'y est pas résolu de gaieté de coeur. Là aussi, on parle de convoitises pétrolières sur la zone du lac Tchad, tout en s'étonnant que Boko Haram ait jusqu'ici épargné le territoire tchadien.

 

Or la réalité est différente. S'il est exact que la secte a, par choix tactique, évité de s'en prendre au Tchad, cela ne l'a pas empêché d'y recruter au sein des populations kanourie, peule et arabe et d'y établir des cellules dormantes à N'Djamena même. En outre, la prise par Shekau, début janvier, de la localité nigériane de Bagakawa, épicentre des échanges commerciaux et base de la Force multinationale régionale, à quinze kilomètres des frontières lacustres du Tchad, a joué un rôle déterminant dans la décision d'intervention. Désormais, Boko Haram s'en prend directement à Déby Itno dans ses communiqués : "Que le despote sache que des caravanes entières de candidats au martyr attendent impatiemment des instructions", clame-t-elle le 19 février.

 

Bien accueillies au Niger, beaucoup moins au Cameroun et au Nigeria - où le réflexe nationaliste est d'autant plus vif que l'armée est humiliée -, les troupes tchadiennes commencent à compter leurs morts. En saluant ses hommes à leur départ pour le front, Idi leur avait promis du sang, de la sueur et des larmes. Il aurait pu ajouter : de l'ingratitude.

 

Éternel survivant

 

C'est dos au mur et armes à la main qu'il donne le meilleur de lui-même, dit-on souvent du président tchadien. Peut-être, à condition d'ajouter que l'uniforme du condottiere en chèche et l'image de l'éternel survivant lui pèsent et qu'il cherche à s'en débarrasser depuis des années, même s'il sait qu'on n'échappe ni à son destin, ni à sa géographie. Lui qui murmure plus qu'il ne parle ne cesse de répéter qu'il se sent mieux en civil qu'en treillis, qu'il n'a jamais fait la guerre par goût, que l'odeur de la poudre ne lui dit rien et que, pour ceux qui l'auraient oublié, sa formation à l'Institut aéronautique de Merville, en France, fut celle d'un pilote de Transall et de Noratlas, pas celle d'un fantassin.

 

C'est en bâtisseur qu'Idriss Déby Itno préfère qu'on le voie, "serial inaugurator" d'immeubles, de places et d'avenues goudronnées, intarissable sur le nombre d'écoles, de dispensaires et de têtes de bétail. En musulman, aussi, mais tolérant, anti­salafiste tendance laïque, lui qui aime à rappeler que sa professeure d'arabe à Abéché était une religieuse chrétienne libanaise. En arpenteur des 1,3 million de kilomètres carrés de son pays qu'il dit connaître "village par village", de ce vaste puzzle longtemps disjoint et qui commence enfin à prendre l'allure d'une mosaïque d'ensemble. Et en démocrate, enfin, soucieux de répartir la manne pétrolière - même si l'on est encore bien loin, dans tous les domaines, du Graal de la bonne gouvernance.

 

Il n'empêche : chez les Zaghawas, un jeune a le choix entre le troupeau, le commerce ou l'armée, et c'est cette dernière qu'Idi a choisi d'intégrer au tout début des années 1970. Mère abusive, elle se charge régulièrement, depuis, de le lui rappeler.

 

Se présenter pour la cinquième fois à l'élection présidentielle ?

 

En avril 2016, dans un an, Idriss Déby Itno, qui a depuis belle lurette fait sauter le verrou constitutionnel de la limitation des mandats, aura la possibilité de se présenter pour la cinquième fois à l'élection présidentielle. Le fera-t-il ? "Le pouvoir use, c'est vrai", reconnaissait-il en 2011 lors d'un entretien avec J.A., avant d'ajouter, un an plus tard : "Ne croyez surtout pas que je m'accroche à mon fauteuil." Reste que nul ne doute à N'Djamena que l'enfant de Berdoba et des plateaux de l'Ennedi n'a aucune intention de céder aux injonctions d'une opposition pugnace qui rêve de l'envoyer à la retraite, voire devant les tribunaux.

 

Après tout, sa santé, sur laquelle on a tant spéculé, ne semble présenter aucun signe alarmant ("Tout véhicule a besoin d'aller de temps en temps au garage pour une révision", répond-il à ceux qui s'étonnent de le voir subir des check-up réguliers en France), et l'état d'urgence sécuritaire étant ce qu'il est par crainte des attentats jihadistes, ce n'est pas demain que N'Djamena ressemblera à Ouaga. Dans la chute de son ami Blaise Compaoré, qui fut avec le Togolais Gnassingbé Eyadéma le seul chef d'État africain à l'aider lors de son exil soudanais, quand les sbires de Hissène Habré le recherchaient partout pour le liquider, Idi a puisé des motifs de résilience supplémentaires.

 

Longtemps, un marché de la capitale tchadienne a porté le surnom de "Hissène a fui", en référence à la débâcle infamante, le 2 décembre 1990, de celui qui fit assassiner onze membres de la famille Déby Itno. "Il n'y aura jamais d'"Idriss a fui"", a toujours juré ce dernier. Surtout pas aujourd'hui, alors que le boss a de nouveau chaussé ses bottes et que pas une semaine ne passe sans qu'un officiel français lui rende hommage...


 

Lu pour vous : Terrorisme - Tchad : Idriss Déby Itno, le boss du Sahel
Repost 0
Centrafrique-Presse.com