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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 11:29

 

 

 

 

NEW YORK (Nations Unies), 12/12/14 (Xinhua) -- Le Conseil de sécurité des Nations Unies s'est déclaré mercredi préoccupé par la persistance de la menace posée par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans certaines parties de l'Afrique centrale.

 

Dans une déclaration du président du Conseil de sécurité, le Conseil a condamné de nouveau fermement "les attaques inqualifiables, les crimes de guerre et crimes contre l'humanité, et les violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme perpétrés par la LRA".

 

Il a exigé de la LRA qu'elle cesse immédiatement toutes attaques et lui a demandé instamment de libérer tous ceux qu'elle a enlevés, et de désarmer et démobiliser ses éléments.

 

Le Conseil de sécurité a réitéré son ferme soutien à l'Initiative de coopération régionale pour l'élimination de la LRA menée par l'Union africaine. Il a salué les progrès non négligeables accomplis par la Force régionale d'intervention et les pays qui lui fournissent des contingents.

 

Le Conseil trouve "préoccupant que le gros de la LRA soit passé de la République centrafricaine au nord-est de la République démocratique du Congo, mais poursuive ses attaques dans l'est de la République centrafricaine".

 

Il "engage tous les Etats où sévit la LRA à veiller, conformément au droit international, à ce que des éléments de la LRA ne trouvent pas refuge sur leur territoire".

 

Le Conseil "constate que le nombre, l'intensité et la violence des attaques, meurtres et enlèvements perpétrés par la LRA reculent et que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU a revu à la baisse son estimation du nombre de personnes déplacées par la menace que représente la LRA".

 

Le Conseil a rappelé que les mandats d'arrêt décernés par la Cour pénale internationale (CPI) contre les chefs de la LRA, dont Joseph Kony, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité n'ont pas encore été exécutés, et a demandé à tous les Etats de coopérer avec les autorités nationales compétentes et la Cour.

Afrique centrale : le Conseil de sécurité reste préoccupé par la menace posée par la LRA
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Centrafrique-Presse.com
12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 01:29

 

 

 

http://www.dw.de/amnesty-r%C3%A9clame-la-fin-de-limpunit%C3%A9-en-rca/a-18122343 

 

Juger les auteurs des crimes - tous les crimes - commis en République centrafricaine. C'est ce que demande Amnesty international. L'organisation des droits de l'homme publie, ce jeudi, un rapport à ce sujet.

 

"L'impunité alimente les violences" (Christian Mukosa)

 

Que ce soit pour les crimes de guerre ou pour les crimes contre l'humanité, l'impunité règne toujours en Centrafrique. Amnesty International y voit la principale cause de la poursuite des violences dans le pays. L'organisation demande une nouvelle fois que les personnes soupçonnées d'avoir participé à des atteintes aux droits humains soient soumises à des enquêtes, jugées et condamnées.

 

 

République centrafricaine. L'absence d'enquêtes effectives sur les crimes de guerre favorise de nouvelles atrocités et la peur

 

http://www.amnesty.fr  11 décembre 2014

 

L’incapacité des autorités de la République centrafricaine et des Nations unies à mener une enquête effective sur les crimes de guerre perpétue le climat de violence et de peur qui règne dans ce pays, écrit Amnesty International dans un rapport rendu public jeudi 11 décembre 2014.

 

Intitulé République centrafricaine. L’impunité alimente la violence, ce document issu d’une mission effectuée en République centrafricaine par des chercheurs d’Amnesty International donne des précisions sur la manière dont certains dirigeants et membres de groupes armés ont persisté à commettre des atrocités et à défier l’état de droit. Pourtant, en juillet dernier, Amnesty International a révélé des éléments qui donnent des motifs raisonnables de penser que plusieurs d’entre eux sont impliqués dans de graves atteintes aux droits humains, y compris des crimes de guerre et crimes contre l’humanité.


« Dès lors que l’on n’oblige pas à rendre des comptes certaines personnes impliquées dans l’homicide de civils, le recours à des enfants soldats et les incendies de villages, cela veut dire que les responsables de ces actes restent en liberté et continuent à terroriser la population sans craindre de répercussions », a déclaré Steve Cockburn, directeur régional adjoint d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.


Dans son rapport de juillet 2014, Amnesty International a publié un dossier où figuraient les noms de 20 personnes, notamment des chefs des anti-balaka et de la Séléka, contre lesquelles l’organisation dispose d’éléments plausibles permettant de leur imputer la responsabilité de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’autres graves atteintes aux droits humains, commis en République centrafricaine depuis décembre 2013.


L’organisation a demandé que des enquêtes soient lancées et qu’un « tribunal hybride » (réunissant des juges nationaux et internationaux) soit mis sur pied pour juger les personnes soupçonnées des crimes les plus graves. Elle a également souhaité que les tribunaux nationaux soient renforcés et que des enquêtes soient engagées par la Cour pénale internationale.


L’organisation peut révéler aujourd’hui que certains de ces hommes ont participé à des faits d’ingérence dans le cours de la justice et d’autres crimes relevant du droit international à Bangui et dans d’autres parties du pays, entre septembre et octobre 2014.

Parmi les personnes au sujet desquelles les chercheurs d’Amnesty International disposent d’éléments et qui continuent à bénéficier du climat d’impunité de la République centrafricaine figurent :


Patrice-Edouard Ngaïssona, ancien ministre, coordonnateur auto-proclamé des groupes armés anti-balaka. Selon de nombreuses sources, Patrice-Edouard Ngaïssona continue à coordonner les activités de nombreux groupes anti-balaka en République centrafricaine, plusieurs de ces groupes ayant été impliqués dans des homicides de civils et des attaques contre des forces internationales lors d’un épisode de forte recrudescence de la violence, en octobre 2014. Les groupes armés anti-balaka placés sous son contrôle ont été soupçonnés de commettre de graves atteintes aux droits humains, notamment des homicides de civils à Bangui. Patrice-Edouard Ngaïssona a tiré parti de sa position pour obtenir des concessions de la part des autorités de transition, notamment en demandant la libération de quatre prisonniers anti-balaka de haut niveau. Alors que les autorités de transition avaient accepté cette demande, elle n’a pas été suivie d’effet en raison de pressions exercées par l’appareil judiciaire et par des membres de la communauté internationale.

Patrice-Edouard Ngaïssona a été antérieurement accusé par les autorités de transition d’« appartenance à un groupe armé illégal et détention illégale d’armes à feu », et il a été arrêté en avril 2014, pour être relâché peu de temps après. Bien que le gouvernement précédent ait lancé à son encontre un mandat d’arrestation pour « crimes contre l’humanité et incitation au génocide », confirmé par les autorités de transition actuelles, cet homme continue à jouer un rôle important dans les négociations politiques avec les autorités.


Le « Colonel Douze Puissances », chef anti-balaka ayant, selon une série de sources comprenant des témoins et des victimes, dirigé un groupe de combattants qui a tué trois civils, grièvement blessé une vingtaine au moins d’autres civils et brûlé 28 maisons et une église dans un quartier de Bangui appelé Nguingo, le 14 octobre 2014.

Le « Colonel Douze Puissances »avait été déjà désigné par Amnesty International comme auteur présumé d’atteintes aux droits humains en décembre 2013, période à laquelle il était responsable de groupes de combattants anti-balaka à Boy-Rabe, un secteur de Bangui.


Alfred Yekatom, alias « Rambo », est lui aussi un chef anti-balaka, toujours actif dans le secteur de Bimbo, à Bangui. Selon de multiples sources locales, il a attaqué la gendarmerie de Bimbo le 29 octobre 2014, volant du matériel et libérant au moins cinq prisonniers. Amnesty International constate avec inquiétude que cette attaque prouve sa capacité à agir sur les organes chargés de l’application des lois qui ont l’obligation d’enquêter sur les allégations relatives à sa responsabilité pénale quant à certains crimes relevant du droit international. Amnesty International avait désigné « Rambo » comme auteur présumé de l’homicide de civils et du recrutement d’enfants soldats à Mbaiki, à 105 km de Bangui, entre décembre 2013 et mai 2014.

« Loin de craindre de subir des poursuites ou des sanctions, les personnes soupçonnées de crimes de guerre considèrent trop souvent la violence comme une façon d’acquérir du pouvoir ou des ressources ou de se protéger face à la justice. Tant que l’impunité n’aura pas pris fin en République centrafricaine, de graves violations des droits humains continueront à être commises », a déclaré Steve Cockburn.

Certes, quelques progrès ont été réalisés, puisque les Nations unies et les autorités de la République centrafricaine se sont mises d’accord pour instaurer un tribunal pénal spécial conforme à la formule du « tribunal hybride » recommandée par Amnesty International en juillet 2014. Mais cette juridiction ne peut fonctionner, faute de financement. La loi d’habilitation qui instaure ce tribunal doit respecter les normes internationales et faire en sorte que cette juridiction soit indépendante, impartiale et efficace. Les Nations unies et les autorités de la République centrafricaine doivent mener d’amples consultations, notamment avec les organisations de la société civile, en ce qui concerne la loi d’habilitation et la composition du tribunal pénal spécial envisagé, pour veiller à ce que les normes soient respectées.


« Les Nations unies et les autorités de la République centrafricaine doivent agir de façon urgente pour veiller à ce que toutes les personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes relevant du droit international, entre autres des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, fassent l’objet dans de brefs délais d’enquêtes indépendantes et efficaces. Pour que ce but soit atteint, la communauté internationale doit appuyer le projet de tribunal pénal spécial et veiller à ce que cette juridiction soit rapidement fonctionnelle », a déclaré Steve Cockburn.


Bien que les personnes nommées dans le rapport d’Amnesty International publié aujourd’hui soient essentiellement liées à des groupes anti-balaka, des hommes armés liés à la Séléka continuent à commettre de graves violations des droits humains et doivent eux aussi faire l’objet d’enquêtes. Des chercheurs d’Amnesty International ont recueilli des éléments sur des massacres commis en octobre 2014 par des combattants de la Séléka et des anti-balaka dans les villes de Dekoa et Bambari et leurs alentours, dans la région centrale du pays, et ont demandé que des enquêtes soient menées sans délai.

Amnesty International réclame la fin de l'impunité en RCA
Amnesty International réclame la fin de l'impunité en RCA
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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 00:03

 

 

 

 

COMMUNIQUE



Le général Baba Laddé est emprisonné en République Centrafricaine depuis le 8 décembre 2014 après son arrestation par les forces de la Minusca de l'ONU.

Pour rappel, le 24 novembre 2014, le président tchadien Idriss Deby Itno limogeait la plupart des préfets et sous-préfets tchadiens, dont Baba Laddé. Celui-ci acceptait cette décision et sa hiérarchie lui signifiait qu'il devait rester à son poste jusqu'à l'arrivée de son successeur.


Baba Laddé prépara le départ de sa famille, mais la population de Maro s'y opposa, voulant garder son préfet. En effet le préfet Mahamat Abdoul Kadre, dit Baba Laddé, s'était engagé dans la résolution des conflits, avait radié de nombreux fonctionnaires fictifs, avait lancé des projets pour les jeunes, pour la protection de l'environnement et pour l’amélioration des services scolaires.


Le président tchadien prit sans doute ombrage de la popularité de son ancien opposant et ordonna son arrestation.


En danger de mort, Baba Laddé prenait la fuite vers la RCA où un grand nombre de ses anciens partisans, issus de plusieurs pays, avaient intégré la Seleka. Pour information, depuis sa reddition de septembre 2012, il n'avait aucun lien hiérarchique, politique ou militaire avec ses anciens compagnons. Pendant ce temps ses proches étaient arrêtés et maltraités par le pouvoir tchadien.


Arrêté en RCA, nous exigeons:


- qu'il soit considéré comme un réfugié politique en danger de mort au Tchad, et qu'il puisse obtenir un asile politique dans un état démocratique.


- qu'il soit considéré comme un prisonnier de guerre, et qu'il ait donc les droits octroyés par la Convention de Genève.


- que le parquet de Bangui publie les faits qui lui sont reproché.


- qu'il ai droit à un avocat et le droit à entrer en contact avec ses proches.


Si nous ne pouvons nier que certains hommes de Baba Laddé ont commis des actes criminels, ceux-ci n'ont jamais été ordonnés par Baba Laddé, au contraire, celui-ci a toujours réprimé ses combattants auteurs de tels actes. L'opposition tchadienne a les preuves de cela, et plusieurs états ont également en leur possession des preuves qui innocente Baba Laddé d'actes criminels.


Fait le 11 Décembre 2014

 

Scheikh Aboulanwar Djarma

 

Ancien Maire de Ndjamena

Ancien Ministre

Ancien membre de CST Opposant politique

 

Scheikh Aboulanwar Djarma, ancien Maire de Ndjaména demande à la Minusca de protéger Baba Laddé
Scheikh Aboulanwar Djarma, ancien Maire de Ndjaména demande à la Minusca de protéger Baba Laddé
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Centrafrique-Presse.com
11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 23:35

 

 

 

11/12/14 (Afrikaweekly.com)

 

Le 11 novembre dernier, les délégués qui avaient pris part aux travaux du Groupe International de Contact (GIC) pour la République Centrafricaine ont reconnu l’impossibilité d’organiser les élections présidentielle et législatives en févier 2015. Trop de temps ont été perdus, ont-ils constaté. L’Autorité nationale des Elections (ANE), l’équivalent des Commission électorales sous d’autres cieux, peine à tenir sa feuille de route. Mais les candidats à la présidentielle de 2015 ne désenchantent pas. Leur liste ne fait que s’allonger.

 

Au cours de ses travaux de Bangui, le mois dernier, le Groupe International de Contact avait déjà envisagé la nécessité du report des élections, de février 2015 au mois d’août de la même année. Les acteurs impliqués dans le processus électoral ont perdu beaucoup de temps.

 

Pour pouvoir reporter les élections au mois d’août 2015, il a été préconisé la reconsidération de l’article 102 de la Charte constitutionnelle de Transition.

 

A côté de ces dispositions, les législateurs avaient également préconisé l’institution du cadre de concertation. Il s’agit d’une institution mise en place en vue de servir d’espace d’échanges, d’information et de suivi entre les différents acteurs du processus électoral, en harmonie avec l’Autorité Nationale des Elections en vue de prévenir les crises électorales ou post-électorales. Le cadre de concertation est composé de personnalités provenant à la fois des pouvoirs publics, des partis politiques et de la société civile.

 

Dans le souci d’organisation des élections crédibles et non contestées au sortir de la Transition, le Code électoral de la République Centrafricaine en ses articles 7 alinéa 7 et 108 alinéa 2 prévoyait l’introduction de la biométrie pour l’enrôlement des électeurs et le découplage des scrutins présidentielle et législatives.

 

Pour être réaliste le jour « J », EISA (Institut Electoral pour une Démocratie Durable en Afrique), une ONG dont le siège est en Afrique du Sud et qui a plusieurs bureaux dans les pays africains, a pris sur elle le 6 décembre dernier l’organisation d’un atelier sur le choix des options pour les élections en République Centrafricaine à l’intention des représentants des pouvoirs publics, des partis politiques et ceux de la société civile.

 

Profitant de cette occasion, le Ministre en charge de l’administration du territoire et du processus électoral, M. Modibo Bachir Walidou, a saisi l’opportunité pour prévenir les participants des conséquences financières et sécuritaires liées à l’introduction de la biométrie et au découplage des élections.

 

S’agissant du découplage des élections, la démonstration du Ministre de l’administration du territoire fait allusion à cinq scrutins à des dates différentes, évoquant respectivement le référendum constitutionnel ; les deux tours de l’élection présidentielle et enfin les deux tours des législatives.

 

Au regard donc de cette démonstration, M. Modibo Bachir Walidou a conclu qu’un tel projet ne pourra pas être supporté ni par les Centrafricains eux-mêmes ni par les partenaires financiers et techniques. Une façon pour lui de les amener à admettre les cartes d’électeurs et le couplage des élections présidentielle et législatives.

 

Une très longue liste des candidats à la prochaine présidentielle

 

Quand bien même la date de ces élections ait été repoussée, les politiques ne désemparent pas.

 

Au niveau des partis politiques, il semble que ce soit la saison des congrès devant désigner leurs représentants à la prochaine élection présidentielle. Les candidats indépendants, eux aussi, ne baissent pas les bras. Les candidats annoncés ou déclarés sont, entre autres, Michel Amine de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP) ; Anicet-Georges Dologuélé de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) ; Martin Ziguélé du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) ; Gaston Mandata Nguérékata du Parti pour la Renaissance Centrafricaine (PARC), etc.

 

En dehors des candidats qui se présentent sous la bannière d’un parti politique, il y en a d’autres qui se manifestent par le truchement des associations. C’est le cas de Jean-Barkèss Ngombé Ketté, ancien maire de Bangui, actuellement accompagné par la Fondation pour la Reconstruction de Centrafrique (FRC), et Charles Armel Doubane, leader de l’Association « Fini Bê Africa (AFBA-CAD)

 

Les groupes armés se muent en partis politiques

 

Les principaux groupes armées, la coalition Séléka et la milice antibalaka, se sont convertis en partis politiques.

 

A Birao, chef-lieu de la Préfecture de la Vakaga, dans l’extrême nord de la République Centrafricaine, les ex-Séléka avaient organisé une assemblée générale, à l’issue de laquelle ils ont tourné le dos à la dénomination de ex-Séléka, pour mettre désormais en avant le « Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) », qui n’est rien d’autre qu’une formation politique.

 

A l’exemple de l’ex-Séléka, le mouvement des antibalaka voudrait bien renoncer à la lutte armée et envisager de conquérir le pouvoir, par les urnes. C’est ainsi qu’à la date du 29 novembre 2014, les antibalaka ont lancé le « Parti Centrafricain pour l’Unité et le développement (PCUD) ».

 

Avec une telle liste de candidats qui lorgnent le fauteuil présidentiel, il ne fait l’ombre d’aucun doute, les prochaines élections en République Centrafricaine s’annoncent déjà rudes et serrées.

Lu pour vous : Centrafrique entre le processus électoral et la course au fauteuil présidentiel
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Centrafrique-Presse.com
11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 23:23

 

 

 

http://www.adiac-congo.com   Jeudi 11 Décembre 2014 - 13:57

 

Dans un message à la nation rendu public le mercredi 10 décembre, l’ancien président  centrafricain, François Bozizé, a annoncé qu’il était prêt à revenir sur la scène politique non seulement pour prendre part au futur dialogue inter-centrafricains de Bangui, mais aussi aux élections présidentielles dans son pays.

 

« Le président Bozizé n’a pas perdu ses droits civiques ni politiques. Il est le président fondateur du KNK et c’est le candidat le mieux placé au sein du KNK pour être notre représentant pour les futures élections présidentielles», a déclaré François Bozizé pour rompre son silence.

 

Sur le plan sécuritaire, le président déchu a déploré le « caractère inopérant », de l’accord de Brazzaville signé en juillet dernier et « sensé créer un climat plus propice à une normalisation de la situation ». Pour cela, il  a appelé de tous les vœux la tenue du dialogue de Bangui. « C’est pourquoi, me trouvant éloigné de notre terre ancestrale, je n’ai cessé de prôner la nécessité de la tenue d’un Dialogue inclusif inter-Centrafricains afin de permettre à notre pays de retrouver le chemin de la sécurité, de l’ordre constitutionnel, de la paix et du bien - être pour nos populations tant meurtries », a rappelé l’ancien président qui a toutefois salué l'apport de la communauté internationale dans la résolution de la crise:

 

« J’ai été particulièrement heureux de constater que la Communauté Internationale toute entière se penche enfin résolument sur la question du dialogue que j’ai longtemps souhaité. Car, le dialogue reste et demeure la seule issue de sortie durable de la crise que traverse le pays (…) Il faudra bien passer par un dialogue avec moi, en présence de tous ceux qui sont responsables du chaos centrafricain, à commencer par Michel Djotodia; Sinon, je ne vois pas comment la RCA pourra s'en sortir».

 

Réagissant à la déclaration de l’ancien président concernant son retour en politique, le secrétaire général du KNK, Bertin Béa, a affirmé que la solution à la situation actuelle en RCA passe inévitablement  par le dialogue entre tous les Centrafricains. « Pour résoudre la question centrafricaine aujourd’hui, il faut bien impliquer tous les acteurs nécessaires. Nous ne pensons pas seulement au président Bozizé, mais nous pensons notamment  à Djotodia et que sais-je encore. », a-t-il précisé.

 

Dans son adresse à la nation, François Bozizé, a relevé que la prise du pouvoir par la Seleka en mars 2013 avait mis un coup d'arrêt à plusieurs projets majeurs de développement du pays qu’il entendait réaliser et dont certains étaient déjà sur le point d’aboutir. Il a cité entre autres le pétrole centrafricain, longtemps considéré comme un rêve, qui était sur « le point d’entrer dans sa phase d’exploitation ; la production de coton qui s'apprêtait à battre des records ; les négociations avec Areva qui étaient en cours pour l’exploitation de l'uranium de Bakouma ; sans oublier l'exploitation industrielle de l'or de Ndassima dans le sud du pays. « Malheureusement, mes efforts ont été stoppés par cette crise militaro – politique », a regretté l’ancien président.

 

Parlant de la plainte déposée en France contre sa personne pour des commissions occultes présumées dans des contrats miniers, François Bozizé qui est toujours interdit de voyage par le Conseil de sécurité de l’ONU, a assuré que sans cet empêchement, il ne s’inquiéterait en rien dans cette affaire et serait prêt à répondre à la justice française.

 

 Nestor N'Gampoula

 

 

NDLR : « la prise du pouvoir par la Seleka en mars 2013 avait mis un coup d'arrêt à plusieurs projets majeurs de développement du pays qu’il entendait réaliser et dont certains étaient déjà sur le point d’aboutir. » dixit Bozizé dans son message à la rentrée politique du KNK. En réalité, le renversement de Bozizé avait surtout mis un coup d’arrêt à la prédation éhontée des ressources minières par le détournement systématique des commissions et autres bonus versés pour l’uranium de Bakouma, l’or de Ndassima et le pétrole de Boromata dont le pays n’en a point vu la couleur mais qui allaient tout droit garnir les comptes bancaires personnels de Bozizé et Sylvain Ndoutingai, ouverts dans les paradis fiscaux des îles Vierges britanniques aux Caraïbes, en Afrique du sud et au Botswana. Bozizé feint d’ignorer que c’est sa gestion prédatrice des ressources naturelles de la RCA, mêlée à sa surdité et son autisme ainsi que sa mauvaise gouvernance du pays pendant tout une décennie, qui ont occasionné sa chute. Tous les assassinats, crimes de guerre et crimes contre l’humanité dont il s’est rendu coupable sont imprescriptibles et tôt ou tard il doit en répondre devant la justice. Il est vain que lui-même ou son parti, puisse se bercer d’illusion sur le bénéfice d’une quelconque amnistie qui pourrait être prononcée à son égard par un éventuel dialogue inter-centrafricain.

Lu pour vous : Centrafrique : François Bozizé candidat de son parti pour la future présidentielle
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 15:55

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-12-11 13:05:19  Quatre cents cinquante-six instituteurs et instituteurs adjoints contractuels ont déclenché ce jeudi un mouvement de grève, a constaté sur place le correspondant de APA à Bangui.


Ces grévistes, restants des promotions de 2002 à 2011, protestent contre la résiliation unilatérale de leur contrat par le gouvernement en octobre 2012, l'intégration dans la fonction publique d'autres personnes qui n'ont pas suivi la formation et n'ont pas été des contractuels.


‘'Parmi les personnes intégrées figurent des intrus n'ayant pas suivi la formation financée par la Banque Mondiale encore moins n'ayant pas été contractuels. Cette situation irrégulière et peu orthodoxe a lésé les quatre cents cinquante-six véritables bénéficiaires'', a décrié le président du collectif, Marcellin Yamengue Pindo.


A en croire, M. Yamengue, la dégradation de leur condition de vie suivi de la mort de certains d'entre eux constituent le lot quotidien de ces contractuels qui ont été formés grâce au projet Programme d'appui au secteur de l'éducation (PAPSE) financé par la Banque mondiale pour une période de cinq ans.


Durant leur mouvement d'humeur, les manifestants ont déployé une banderole appelant à leur intégration.


‘'C'est par rapport à notre contrat soi-disant on doit nous intégrer dans la fonction publique mais depuis lors on a déjà passé deux ans sans intégration. Le ministère a fait intégrer des collègues pas nous. Nous ne sommes qu'au nombre de 456'', a renchéri de son côté l'une des manifestants, Anastasia Ngouyombo.


Elle a par ailleurs ajouté : ‘'nous avons fait beaucoup de démarches auprès des différentes institutions de la république mais jusque-là il y a pas de réponse''.


Selon les termes de ce contrat, la loi des finances 2013 avait pris en compte le volet intégration de trois mille enseignants dont mille trois cents instituteurs et mille sept cents instituteurs adjoints formés par la Banque Mondiale.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=811903#sthash.du5Tnny9.dpuf

RCA : grève de 456 instituteurs et instituteurs adjoints
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 12:17
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 11:45

 

 

 

11/12/14 (AFP)

 

 

L’ancien chef rebelle tchadien Abdel Kader Baba Laddé a été arrêté en Centrafrique par des Casques bleus dans le nord de la Centrafrique, a annoncé mercredi la force de l'ONU Minusca.

 

"Les casques bleus ont appréhendé Baba Laddé à Kabo, dans la préfecture de l'Ouham, au nord du pays. Ces soldats sont dans cette ville depuis une semaine", a déclaré à la presse Myriam Dessables, chef du bureau de la communication de la Minusca.

 

Selon une source au sein des forces internationales, "Baba Laddé était à la tête d'une quarantaine d'hommes lourdement armés et il se faisait passer pour un officier de l'ex-Séléka", espérant bénéficier de "mesures de confiance" accordées à l'ex-rébellion centrafricaine qui avait pris le pouvoir en 2013 à Bangui avant d'en être chassée début 2014.

 

L'ancien chef de guerre "faisait depuis le mois de mai 2014, l'objet d’un mandat d'interpellation du Procureur de la République du tribunal de Grande instance de Bangui", a précisé la Minusca dans un communiqué, sans préciser les raisons de ce mandat.

 

Le Front populaire pour le rassemblement (FPR) de Baba Laddé - qui avait pris les armes au Tchad en 1998-, pourchassé par l'armée tchadienne, s'était installé en Centrafrique en 2008, sévissant surtout dans le centre.

 

Début 2012, les bases du FPR avaient été attaquées conjointement par les armées tchadienne et centrafricaine, et Baba Laddé avait pris la fuite. Après des négociations avec les Nations unies, le chef rebelle avait accepté de se rendre en septembre 2012, puis de rentrer à N'Djamena.

 

Revenu à la légalité dans son pays, il a même été nommé préfet du département de la Grande Sido, dans le sud du Tchad, par décret présidentiel en juillet 2014. Mais, démis de ses fonctions fin novembre, il s'est enfui à nouveau en direction de la Centrafrique voisine et était depuis lors recherché par les autorités tchadiennes.

 

 

Un chef de guerre tchadien arrêté par l'Onu en Centrafrique

 

BANGUI, 11 décembre à 15h33 (Reuters) - Les casques bleus de l'Onu en Centrafrique ont arrêté un chef de guerre tchadien accusé d'exactions contre la population du nord du pays, ont annoncé la mission des Nations unies (Minusca) et le gouvernement, jeudi.

 

Abdel Kader Baba Laddé a été arrêté dans la région de Kabo, près de la frontière tchadienne, a déclaré la porte-parole de la Minusca, Myriam Dessables.

 

Selon elle, les casques bleus sont intervenus à la demande des autorités centrafricaines, qui ont émis un mandat d'arrêt contre le rebelle tchadien pour des crimes commis entre 2008 et 2012. Elle n'a pas fourni davantage de précisions.

 

Dirigeant du Front populaire pour le redressement (FPR), un groupe rebelle opposé au président tchadien Idriss Déby, Abdel Kader Baba Laddé a séjourné en Centrafrique entre 2008 et 2012, après avoir été précédemment basé au Darfour (Soudan).

 

En 2012, il était rentré au Tchad dans le cadre d'un accord de paix conclu sous l'égide de l'Onu et y avait occupé brièvement des fonctions officielles.

 

Ancien officier de la gendarmerie tchadienne, il se présente comme un défenseur du mode de vie des pasteurs nomades peuls dont la compétition pour les ressources avec les agriculteurs sédentaires alimente nombre de conflits de la bande sahélienne et d'Afrique centrale.

 

Les autorités centrafricaines accusent le FPR de meurtres, vol de bétail, banditisme ainsi que de l'attaque d'une mine d'uranium d'Areva dans le nord du pays.

 

(Crispin Dembassa-Ketté; Tangi Salaün pour le service français)

 

Un ancien chef de guerre tchadien arrêté en Centrafrique
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 11:21

 

 

 

 

(Alwihda Info) par Djamil Ahmat - 11 Décembre 2014

 

Le chef du FDPC (Front Démocratique pour le Peuple Centrafricain), Abdoulaye Miskine accorde un entretien exclusif à Alwihda Info depuis sa libération ainsi que celle des otages qui avaient été détenus par son mouvement.

Général Abdoulaye Miskine, peu avant votre arrestation, certains affirmaient que vous aviez reçu neuf balles, d'autres vous disait mort. Vous l'avez immédiatement démenti. Avez-vous été attaqué ?


Je n’ai pas été attaqué sur ma position, mais c’est quand je venais en renfort à l'une de mes bases attaquée par les éléments de SELEKA.


Jusqu'aujourd'hui, les détails de votre arrestation restent flous. Comment s'est déroulée votre arrestation ? Avez-vous été piégé ?


J’ai été interpelé lors d’un rafle générale à l’hôtel où j’étais logé donc ce n’est pas une arrestation. Les autorités Camerounaises étaient claires dès le début jusqu’à ma libération qu'ils n'ont pas demandé mon arrestation ni émis un mandat d’arrêt contre moi. Donc je n’ai pas été piégé mais ils m’ont gardé parce qu’ils pensaient que j’utilisais le Cameroun comme base arrière. Aussi, c’était un règlement de compte que mes détracteurs politiques ont voulu.


Dans quelles circonstances a eu lieu la libération du prêtre polonais Mateusz Dziedzic et des 25 autres otages camerounais ? Les autorités camerounaises parlent d'une "opération spéciale" menée par l'armée.


Les négociations ont été entamées par le Médiateur de la C.E.E.A.C, S.E. Denis SASSOU NGUESSO, qui ont conduit à ma mise en liberté. Donc c’est une libération obtenue par négociation et non une intervention militaire. Ces négociations ont été menées par le Médiateur en vue de rechercher et consolider la paix en Centrafrique. Il faut noter aussi que l’ancien Ministre d’Etat Karim MECKASSOUA a joué un rôle très crucial dans ces négociations qui ont débouché à ma libération et celle des otages détenus par mes éléments.


Avez-vous bien été traité lors de votre détention à la prison de Yaoundé ? Vous étiez en résidence surveillée ?


J’ai été bien traité et gardé dans un lieu sûr pour attendre la date de la réconciliation qui malheureusement n’a pas abouti pour une raison que j’ignore jusqu’aujourd’hui et cela a conduit à ce malheureux événement de prise d’otage que je condamne fermement.

Vous êtes à la tête d'un mouvement armée. Entendez-vous déposez les armes ?

Justement, je suis à la tête de ce mouvement depuis un peu plus de 11 ans et j’ai décidé de déposer les armes, non pas sous une pression quelconque et bien avant mon interpellation. Je profite de cette occasion pour réitérer ma ferme détermination d’aller à la table de la réconciliation, donc déposer les armes.


Combien de combattants disposez-vous actuellement ?


Le FDPC a effectivement un nombre d'éléments mais présentement, il est difficile de donner un chiffre précis.


Si le gouvernement fait appel à vous, accepteriez-vous d'y entrer ?


Je n’ai aucun problème avec ce nouveau régime de transition qui est un Gouvernement neutre dans tout ce qui se passe en RCA donc il me faut rentrer pour donner un exemple aux autres tendances.


Que comptez-vous faire pour contribuer à la paix en Centrafrique ?


Contribuer à la paix, la réconciliation et la stabilité en RCA était et restera mon objectif prioritaire.


Vous avez été reçu par le médiateur de la crise centrafricaine, le Président congolais Denis Sassou Nguesso. Qu'en ressort-il ?


Pour le moment, je me réserve le droit de répondre à cette question, le moment propice viendra où j’éclairerai votre lanterne.


En parallèle, comment jugez-vous la médiation du Tchad dans le dossier centrafricain ?


Je n’ai pas un jugement à donner, le Tchad s’est donné pour la stabilité en RCA, d’ailleurs le départ négocié de Michel Djotodjia par la CEEAC était sous la présidence du Tchad.


Votre mouvement s'est farouchement opposé aux exactions de la Séléka, provoquant même des affrontements. On évoquait aussi une alliance avec le Front pour le Retour à l’Ordre Constitutionnel en Centrafrique (FROCCA) de François Bozizé. Est-ce toujours valable ?


Je n’ai jamais signé une alliance quelconque avec le Front pour le retour à l’ordre Constitutionnel au Centrafrique (FROCCA) de François Bozizé.


Votre reconnaissance à l'égard du Cameroun


Je tiens à remercier toutes les forces de défenses et de sécurité camerounaises et en particulier son Excellence Monsieur Paul BIYA, Chef de l’Etat, Président de la République du Cameroun pour avoir assuré ma sécurité et avoir veillé à ma santé depuis la date de mon interpellation jusqu'à ma libération ainsi que celle des otages.

Lu pour vous : Centrafrique : Interview du Général Abdoulaye Miskine, chef du FDPC
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 01:49

 

 

 

Jeune Afrique 10/12/2014 à 13:01 Par Mélanie Soiron-Fallut

 

Mélanie Soiron-Fallut est anthropologue.

 

Le conflit qui ravage la République centrafricaine depuis deux ans s’accompagne d’une multitude d’exactions où les marqueurs religieux sont mis en avant. Le récit opposant chrétiens et musulmans est fonctionnel mais détourne l’attention des véritables raisons du conflit. Celui-ci s’enracine dans la dépossession culturelle, traditionnelle, religieuse, territoriale, mais aussi économique et politique, subie par les populations centrafricaines depuis des décennies. Il apparaît donc opportun de déconstruire cette simplification bien trop efficace.

 

L’un des premiers actes de cette possession remonte aux années 1940, alors que la Centrafrique est encore une colonie française. À Bambari (chef-lieu de la préfecture de la Ouaka, dans le centre du pays), ville-frontière entre l’Est et l’Ouest, Barthélémy Boganda – qui deviendra le premier président du pays (1958-59) - lance un combat contre ce qu’il nomme les "monstruosités", c’est-à-dire le fétichisme et les cultes traditionnels (notamment le semalì). Premier abbé centrafricain, il veut attirer la population vers la mission des pères catholiques. Se construit alors une dangereuse collusion entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux : celui qui incarne la figure du "père de la nation" pour avoir su unifier les populations centrafricaines, représente également un mouvement religieux. Son action de destruction des fétiches est redoublée par celle du "prophète" Ngoutidé, qui, une vingtaine d’années plus tard, par des tournées dans tous les villages de cette même région, détruit plus de fétiches (notamment du culte de Ngakola) que tous les missionnaires réunis sur le territoire. Les connaissances liées à ces cultes disparaissent. Ancêtres et anciens ne transmettent plus leurs savoirs aux cadets. La continuité est rompue, dépossédant les premiers de leur autorité, de leurs savoirs et donc de leur pouvoirs.

 

Cette perte d’identité a affaibli les communautés. Le pouvoir cultuel, religieux, territorial, s’est effacé. La croix (catholique) est devenue le nouveau fétiche mais n’a pas complètement remplacé les anciens savoirs. Le fait que Bambari soit aujourd’hui l’un des épicentres des tensions entre communautés ne doit donc rien au hasard. Ces violences actuelles plongent leurs racines dans la nécessité, pour les populations, de se réapproprier une identité face à une figure reconnaissable : celle de "l’étranger", de "l’arabe", du "musulman".

 

La conscience collective semble ainsi avoir intégré l’espace urbain.

 

Une autre dépossession prend forme durant la deuxième moitié du XIXe siècle, au cours des razzias des musulmans esclavagistes, puis au moment où les commerçants musulmans imposent leur hégémonie par des moyens pacifiques, mais non moins contraignants, quelques décennies plus tard. Ces "arabes", venus du Nord, tchadiens et soudanais, marchands prosélytes, monopolisent les circuits de distribution, et s’attachent une clientèle. Ceux qui sont endettés travaillent alors comme porteurs ou aides. À leur arrivée sur le territoire, ces musulmans représentent la richesse et la domination économique. Le quartier de "Boy Rabe", dans le quatrième arrondissement de la capitale Bangui, signifie "boy d’un arabe" et est principalement peuplé, à cette époque, par les Manza qui travaillent pour les marchands musulmans. Connu pour être très agité, ce quartier est l’un des bastions des milices anti-balakas. La conscience collective semble ainsi avoir intégré l’espace urbain.

 

Les milices anti-balakas sont, à l’origine, des groupes villageois d’auto-défense créés dans le but de se protéger des coupeurs de route ("Zaraguina" en sango). Elles ont été périodiquement réactivées depuis les années 1970 en fonction des événements, avant d’être redéployées au moment des premières exactions de la Séléka.

 

Après une violence économique et symbolique, la prise du pouvoir politique de la Séléka au début de l’année 2013, et la violence physique ont mis le feu aux poudres. La faiblesse des arguments expliquant les tueries de musulmans renvoie à une difficulté de mettre en lumière ces dynamiques historiques. En effet, les anti-balakas indiquent vouloir "voir les musulmans partir", "les anéantir", mais sans expliciter les raisons de ce besoin de les voir disparaître. Peut-être faut-il y voir la volonté de se réapproprier l’espace économique et territorial, de récupérer quelque chose qui leur a échappé, ou encore de reconquérir un espace physique et symbolique.

 

Par ailleurs, si le statut du Président Boganda, père de la nation et père catholique, était polysémique, les "anti-balakas" mettent eux aussi en jeu plusieurs types de représentations. Ainsi, le terme "anti" englobe plusieurs sens. Tout d’abord, les "antì" sont des poudres que les "ngangas" (sorciers ou tradipraticiens) utilisent afin de révéler, en sorcellerie, l’identité de celui qui vous veut du mal. Ceci renvoie aux nombreux "blindages" que peuvent porter les combattants après avoir effectué un rite rigoureux. Ces fétiches arborés ostensiblement autour du cou ou de la taille sont confectionnés à base d’écorces et d’ossements, puis sont cousus sous forme de petits sacs, nommés "warga" en sango. Ceux-ci leur permettraient de posséder une puissance surnaturelle qui pourrait dévier les balles, et les rendre invulnérable aux coupures de machettes. Ensuite, "anti" se révèle d’une part, sous le sens "d’antidote" et d’autre part, sous celui que nous connaissons en français signifiant "contre".

 

Toujours au cœur de cette polysémie, image d’un syncrétisme opérant, le terme "balaka" peut être entendu de différente manière. Premièrement, comme la traduction du mot machette en sango, mais aussi comme "balles AK", soit les munitions des fusils AK47 utilisés par les ex-Séléka ou encore "balles à kala" (pour kalachnikov). Ce cumul de sens renvoie à des pratiques multiples et complexes. On redouble la puissance du fétiche avec les prières chrétiennes. Celles-ci ne s’excluent pas mais se rejoignent dans des pratiques syncrétiques, mêlant la croix et le warga.

 

Toutes ces représentations, la convocation d’images et de double sens, semblent s’attacher à relever, non pas une "simple haine" de l’autre, de l’étranger ici incarné par "le musulman", mais un désir de reprendre possession d’un territoire et de son histoire. Ce dernier a pu être, à un moment donné de l’histoire, celui qui les en a dépossédé physiquement (par les razzias), économiquement (notamment à travers les échoppes des quartiers) et enfin politiquement (par la prise du pouvoir politique de Michel Djotodia).

 

Ainsi, après avoir perdu leurs croyances traditionnelles, vernaculaires, et un certain ordre social ; après les missionnaires, les colons, les anti-fétichistes, et les marchands musulmans, il s’agirait de la reconquête d’un pouvoir perdu. Cette réappropriation doit être prise en compte pour trouver une stratégie de sortie de crise.  Néanmoins, celle-ci sera difficile à trouver entre l’intervention internationale, l’instrumentalisation des leaders et des groupes en présence, et sans nouvelle figure unificatrice.

Lu pour vous :Tribune -  En Centrafrique, la croix et le warga
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