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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 23:42
Centrafrique - Jean-Pierre Tuquoi : "Si rien n'est fait, le clivage religieux va s'imposer"

 

 

Centrafrique - Jean-Pierre Tuquoi : "Si rien n'est fait, le clivage religieux va s'imposer"

 

PROPOS RECUEILLIS PAR PROSPER BAGONDO

 

ENTRETIEN. Que sait-on vraiment de la Centrafrique ? Dans d'"Oubangui-Chari, le pays qui n'existait pas", Jean-Pierre Tuquoi nous plonge dans les entrailles de son histoire. Il s'est confié au Point Afrique.

 

Publié le 24/10/2017 à 09:54 - Modifié le 24/10/2017 à 11:32 | Le Point Afrique

 

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, est en Centrafrique ce mardi, un pays qui symbolise l'instabilité d'une certaine Afrique. Il va trouver un pays meurtri, longtemps demeuré une tâche blanche au cœur de l'Afrique, un pays qui peine à sortir de la nuit dans laquelle il semble avoir été plongé dès l'origine. Dans son ouvrage Oubangui-Chari, le pays qui n'existait pas, paru cette année aux éditions La Découverte, Jean-Pierre Tuquoi, ancien journaliste au Monde, retrace l'histoire tourmentée de ce qui est devenu depuis la République centrafricaine. Un ouvrage passionnant, parfois romanesque, toujours tragique, qui éclaire d'un jour nouveau l'actualité. Il a répondu aux questions du Point Afrique.

 

Le Point Afrique : Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, se rend en Centrafrique du 24 au 27 octobre. Qu'est-ce que ce pays peut attendre d'une telle visite ?

 

Jean-Pierre Tuquoi : pas de miracle. Antonio Guterres arrive quelques jours après de nouveaux massacres de civils perpétrés en province. On parle de plusieurs centaines de morts dans un pays où déjà un habitant sur quatre ou sur cinq est un déplacé ou un réfugié. Le secrétaire général de l'ONU sait que les casques bleus sur place – ils sont plus de 10 000 – sont incapables pour maintes raisons de pacifier le pays. Même si leur nombre est accru, le problème demeure. Ce qu'Antonio Guterres peut faire, c'est pousser au dialogue, faire que les groupes armés déposent progressivement les armes et négocient, intervenir également pour que la communauté internationale appuie ses efforts de paix. Le processus sera long.

 

Oubangui Chari, le pays qui n'existait pas, c'est le titre de votre dernier ouvrage.

 

 

Quid de la Centrafrique aujourd'hui ? Existe-t-elle enfin en tant que pays et en tant qu'État ?

 

Que la Centrafrique n'existe pas en tant qu'État, tout le monde le sait. Les autorités contrôlent moins de 10 % du territoire et une partie seulement de la capitale. Je suis allé plus loin en écrivant que le pays lui-même n'existe pas. Il y a une part de provocation chez moi, c'est vrai, mais sur le fond je pense avoir raison : le pays, comme entité, comme nation, n'existe pas. C'est une mosaïque de peuples, d'ethnies, chacun avec son histoire, sa culture. Les frontières ont été tracées par le colonisateur. La langue, la religion dominante sont également des legs de la colonisation. Ils n'ont pas eu à se battre pour leur obtenir leur indépendance. Elle leur a été donnée « à l'étourdi », a écrit un écrivain, par la France du général de Gaulle qui voulait se débarrasser de son empire colonial. Je ne vois pas ce qui unit les habitants aujourd'hui. Peut-être qu'avec le temps, à travers les épreuves, un sentiment national va naître. Un pays comme la France, après tout, a mis longtemps à se construire.

 

Pour reprendre la célèbre formule de René Dumont, diriez-vous que, dès l'origine, l'Oubangui-Chari, l'actuelle Centrafrique, est mal parti ?

 

Dumont parlait de l'Afrique en général même si, dans son ouvrage, il est beaucoup question de la Centrafrique, l'Oubangui-Chari à l'époque. Le constat reste valable. Le potentiel économique n'est pas en cause. Je ne crois pas qu'il existe des pays pauvres et des pays riches en soi. Chacun a des potentialités. La Centrafrique a des ressources. Elle n'est pas plus mal lotie qu'un autre. Son potentiel agricole est réel. Le pays a du diamant, de l'or. La forêt ne demande qu'à être valorisée. Le problème est d'ordre politique.

 

À vous lire, la colonisation française en Oubangui-Chari fut particulièrement rude ? Le fut-elle plus qu'ailleurs en Afrique équatoriale Française (AEF), voire en Afrique occidentale française (AOF) ?

 

Elle a été rude, très rude. L'a-t-elle été davantage qu'en AOF et dans les autres pays de l'AEF ? Il ne m'appartient pas de distribuer des bons – ou plutôt des mauvais – points. Ce qui est vrai, c'est que l'Oubangui-Chari était « la Cendrillon de l'empire colonial français ». La métropole s'en est très vite désintéressée dès lors que s'effondrait – avec l'affaire de Fachoda – le rêve d'une jonction entre les possessions coloniales françaises de l'ouest et de l'est africaines. L'Oubangui-Chari devait être au centre de ce ruban colonial. Il est devenu une impasse, un cul-de-sac, donc dépourvu d'intérêt. L'État français l'a vendu, concédé, pour un plat de lentilles, à des entreprises privées. Elles se sont payées sur la bête, en employant des méthodes barbares.

 

René Maran, André Gide ou encore Albert Londres ont trempé tour à tour leur plume dans les plaies de l'Oubangui-Chari. Qu'ont-ils entendu y dénoncer et ont-ils, à l'époque, été écoutés ?

 

Tous ont en commun d'avoir dénoncé, chacun à sa façon, la barbarie coloniale. Ils ont payé cher leur courage. René Maran a dû démissionner de l'administration. Gide a été attaqué avec violence par le lobby colonial. Mais tout a continué comme avant. Sur le fond, leur combat a été vain.

 

L'Oubangui-Chari a connu un grand homme : Barthélémy Boganda, le père de l'indépendance. Si sa mort (dans un accident d'avion) n'était pas intervenue prématurément (en 1959), pensez-vous que le destin du pays en aurait été changé ?

 

Je crois que oui. Il avait l'étoffe d'un chef d'État. Il avait une vision. Il avait compris que les anciennes colonies qui partageaient une langue – le français – et une religion – le christianisme – devaient se rapprocher et s'unir. Que seuls, elles ne pèseraient pas. Qu'elles devaient regrouper leurs maigres forces pour exister et se développer. D'où son rêve des États-Unis d'Afrique latine, en référence aux pays d'Amérique latine. C'était un beau projet, une magnifique utopie.

  1.  

*"Oubangui-Chari, le pays qui n'existait pas", de Jean-Pierre Tuquoi. Éditions La Découverte.

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 23:26

 

 

 

25/10/17 (Xinhua)

 

Profitant d'une réception organisée à l'occasion de la journée des Nations Unies et en l'honneur du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, en visite officielle de quatre jours en République centrafricaine, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a plaidé pour le déploiement des Forces armées centrafricaines (FACA) dans un avenir proche, a appris mercredi Xinhua d'une source proche de la présidence.

 

Répondant aux remarques de M. Guterres, ému par la qualité de l'accueil qui lui a été réservé au point de transgresser les règles du protocole en prenant un bain de foule sans se soucier de sa sécurité, M. Touadéra a posé la question du déploiement "dans les mois à venir des bataillons des FACA formés par l'EUTM/RCA (Mission européenne de formation des militaires centrafricains) aux côtés des forces des Nations Unies".

 

Depuis qu'elles assurent la relève, la Mission internationale africaine de stabilisation de la Centrafrique (MISCA) et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) ont purement et simplement mis une croix sur les FACA, se contentant de ne collaborer qu'avec les gendarmes et les policiers, selon la source.

 

Pour réduire à néant le rôle de l'armée, l'ONU a imposé un embargo sur les armes en direction de la République centrafricaine. Pour sa part, l'EUTM/RCA s'est employée à assurer la formation des bataillons, un processus trop lent aux yeux de l'Etat centrafricain.

 

Devant le résultat mitigé de l'intervention de la MINUSCA pour rétablir la sécurité et la paix, et vu la dégradation du contexte socio-sécuritaire en Centrafrique découlant de la recrudescence généralisée des affrontements armés et très meurtriers, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer la remise sur pied des FACA.

 

Dès l'arrivée de M. Guterres en Centrafrique, le président du parti politique Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), Désiré Bilal Nzanga Kolingba, a publié un communiqué à travers lequel il a dénoncé la "partialité" ou l'"inefficacité" de certains contingents des Casques bleus ainsi que l'absence d'une réaction appropriée de ces forces face aux tueries de masse presque partout sur le territoire.

 

Le RDC a préconisé "la levée de l'hypothétique embargo sur les armes et une opérationnalisation effective et rapide des FACA, qu'il faut doter en équipements de travail adéquats". Cette prise de position laisse présager des revendications qui seront exprimées jeudi prochain lorsque le secrétaire général des Nations Unies s'entretiendra avec les différents acteurs de la vie centrafricaine.

Centrafrique : le président Touadéra plaide pour le déploiement des FACA dans un avenir proche
Centrafrique : le président Touadéra plaide pour le déploiement des FACA dans un avenir proche
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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 23:24

 

 

 

Centrafrique : Antonio Guterres plaide en faveur des ressources supplémentaires pour financer la reconstruction du pays

 

PAR NOURA OUALOT LE 25 OCTOBRE 2017

 

BANGUI, 25 Octobre (RJDH)—Dans son mot de circonstance ce 24 octobre à Bangui devant la classe politique et le gouvernement centrafricain, Antonio Guterres, secrétaire Général des Nations Unies appelle à la mobilisation et à l’engagement de la communauté internationale au financement de la reconstruction et la promotion de la paix.

 

Le plaidoyer de Antonio Guterres intervient quelque jour avant la rencontre des annonceurs et donateurs du pays près d’un an après la table ronde de Bruxelles où plusieurs pays partenaires du pays ont exprimé leur volonté de financer la reconstruction du pays à travers le plan de relèvement défendu par le gouvernement en Belgique le mois de novembre 2016.

 

Un engagement fort et réconfortant pour le pays après la crise selon le secrétaire général de l’ONU « nous y sommes complètement engagés à vos côtés et cette visite est pour alerter la communauté internationale et pour dire qu’il y’a une autre opportunité pour la paix, pour la réconciliation  en Centrafrique mais il faut que la communauté internationale s’engage et mobilise les ressources nécessaires pour appuyer dans la reconstruction du pays et dans la promotion de la paix et de la réconciliation », a-t-il déclaré.

 

Pour traduire dans les faits, il faut nécessairement la sécurité, un message que Faustin Archange Touadera ne laisse pas passer inaperçu et annonce la formalisation d’une nouvelle coopération FACA-Minusca pour la sécurité et la stabilisation « je salue votre plaidoyer en notre faveur pour l’envoi des 900 casques bleus et  votre engagement à contribuer au renforcement des capacités opérationnelles de la Minusca auprès du conseil de sécurité notamment pour la sécurité de la population civile et de l’extension de l’autorité de l’Etat. Je vous annonce que dans les mois à venir, les éléments de FACA formés par l’EUTM, les deux bataillons formés seront projetés au côté des forces des Nations Unies sur le terrain en vue de renforcer les opérations de pacification du pays », a-t-il dit.

 

Le soutient du secrétaire général des Nations-Unies à la République Centrafricaine intervient au moment où l’Union Africaine projette des discussions dans le cadre de sa feuille de route pour la paix dans le pays. Laquelle feuille de route le SG de l’ONU souscrit sans réserve. Plusieurs visites  sont à l’agenda de la visite de quatre jours de Guterres dans ce pays fragilisé par la crise politico-militaire depuis 2013./

 

 

Centrafrique : le chef de l'ONU appelle à la solidarité internationale pour reconstruire le pays

 

25 octobre 2017 – Au deuxième jour de sa visite en République centrafricaine, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé mercredi la communauté internationale à afficher sa solidarité avec ce pays pour l'aider à se reconstruire.

 

« Cette visite est une visite de solidarité mais de solidarité active », a déclaré M. Guterres lors d'un point de presse à l'issue d'une rencontre avec le Président centrafricain Faustin Archange Touadéra dans la capitale Bangui.

 

Selon lui, il faut « l'engagement de la communauté internationale, non seulement pour réduire ces souffrances », mais parce qu'il y a « une opportunité de construire une Centrafrique nouvelle en paix, en sécurité et en prospérité pour son peuple ».

 

« Il y a en Centrafrique des institutions démocratiques élues par le peuple, il y a en Centrafrique une volonté politique d'ouverture qui est très bien traduite dans l'élargissement récent de son gouvernement », a encore dit le chef de l'ONU. « Il y a en Centrafrique un dialogue politique y compris avec les mouvements armés et une perspective de garantir un futur de paix dans le pays, et il y a une compréhension que les divisions religieuses qui (…) ne sont pas quelque chose de profond ».

 

Selon lui, ces divisions n'ont jamais existé en République centrafricaine. « Elles ne sont que le résultat de manipulation politique qu'il faut à tout prix condamner et éviter », a-t-il dit.

 

Le PR Touadera reçoit ce mercredi le SG de l'#ONU@antoniogutteres au 2e jour de sa visite en RCA #UNSGCAR #CARcrisispic.twitter.com/s9ZZ6lG0mr

— MINUSCA (@UN_CAR) 25 octobre 2017

 

Il a exprimé sa reconnaissance au Président Touadéra pour « son appel très fort à l'unité, à la réconciliation du peuple centrafricain ». « Et j'appelle tous les leaders religieux et communautaires pour qu'ils puissent aussi élever leur voix dans le sens d'une réconciliation effective », a-t-il ajouté.

 

Le Secrétaire général a aussi appelé la communauté internationale à apporter son aide pour renforcer la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA), « notamment par une décision du Conseil de sécurité pour que les forces armées centrafricaines soient appuyées dans leur capacité pour jouer un rôle positif pour la stabilité du pays et que cette solidarité internationale puisse permettre à la Centrafrique de s'engager dans un processus de développement au bénéfice de tout son peuple ».

 

Dans son dernier rapport au Conseil de sécurité sur la République centrafricaine, le Secrétaire général a réclamé 900 soldats supplémentaires pour la mission.

 

Le Secrétaire général des Nations Unies @antonioguterres aux centrafricains: “Votre diversité est une richesse” https://t.co/UlWoHbIHzYpic.twitter.com/Bro2jO2dF5

— MINUSCA (@UN_CAR) 25 octobre 2017

 

M. Guterres s’est également rendu mercredi à Bangassou, dans le sud-est du pays, où il a rendu visite aux Casques bleus et a rencontré des personnes déplacées.

 

« Je suis ici pour vous exprimer ma gratitude, ma solidarité et mon admiration (…) je m’adresse particulièrement aux contingents militaires et policiers qui [sont] ici à Bangassou. Vous faites un travail d’un courage extraordinaire », a dit M. Guterres lors de sa visite dans le camp de la MINUSCA à Bangassou.

 

« Je viens de déposer une couronne de fleurs. Nous avons eu ici un nombre significatif de soldats marocains et cambodgiens qui ont sacrifié leur vie pour la défense des droits et de la sécurité du peuple centrafricain », a-t-il ajouté.

 

A des déplacés musulmans qu’il a rencontrés et regardant la forêt tropicale, le chef de l’ONU a dit : « Ici on voit le vert du paradis - il ne faut pas que ce soient les hommes qui fassent de ce paradis un enfer. Et pour cela il faut vraiment que cette réconciliation que vous avez demandée soit une réalité. On va travailler ensemble. Il faudra du temps ».

 

Centrafrique : le chef de l'ONU appelle à la solidarité internationale pour reconstruire le pays
Centrafrique : le chef de l'ONU appelle à la solidarité internationale pour reconstruire le pays
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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 23:19
Antonio Guterres à Bangassou au sud-est de Centrafrique
Antonio Guterres à Bangassou au sud-est de Centrafrique
Antonio Guterres à Bangassou au sud-est de Centrafrique

 

 

ONU

 

 

Hommage de Guterres aux Casques bleus marocains tués en Centrafrique

 

 

https://ledesk.ma

 

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui effectue actuellement une visite en République Centrafricaine, a rendu hommage, mercredi à Bangassou aux Casques bleus marocains et cambodgiens tués au début de l’année dans l’exercice de leur noble mission de maintien de la paix et de protection de la population locale.

 

Guterres, qui s’est rendu à la base locale à Bangassou de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), a déposé une gerbe de fleurs en hommage aux deux militaires du contingent des Forces Armées Royales (FAR) tués dans une attaque contre leur convoi, ainsi qu’aux casques bleus cambodgiens tués aussi au début de l’année, a indiqué son porte-parole à New York, Farhan Haq.

 

Dans une allocution à cette occasion, le Secrétaire général de l’ONU a tenu à exprimer sa “gratitude”  aux contingents militaires et policiers présents à Bangassou.

 

Guterres a aussi regretté la mort des soldats marocains et cambodgiens « qui ont sacrifié leur vie pour la défense des droits et de la sécurité du peuple centrafricain ».

 

« J’ai eu l’occasion de m’adresser à Sa Majesté le Roi du Maroc et de lui transmettre mes condoléances au peuple marocain, et je veux le faire ici d’une façon directe à tous les collègues et soldats héroïques qui sont tombés pour la défense de la paix », a dit Guterres.

 

« Vous faites un travail d’un courage extraordinaire. Vous êtes en train de protéger des civils dans une situation où le maintien de la paix se fait sans que la paix existe vraiment. Et vous le faites avec un sacrifice et [un dévouement] absolument extraordinaires », a-t-il dit à l’adresse des Casques bleus présents sur place.

 

« Je suis fier d’être votre collègue et je suis fier d’être ici avec vous et de pouvoir vous témoigner toute ma gratitude et la gratitude des Nations Unies face à votre travail qui a une énorme importance, premièrement pour le peuple centrafricain, mais aussi pour notre organisation et pour sa réputation » dans le monde, a-t-il ajouté.

 

Mardi, dans la capitale Bangui, Guterres avait aussi rendu hommage aux Casques bleus déployés en République centrafricaine ainsi qu’à ceux servant dans d’autres missions de maintien de la paix en Afrique et à travers le monde, à l’occasion de la Journée des Nations Unies, célébrée le 24 octobre de chaque année.

 

« J’ai voulu que la Journée mondiale des Nations Unies soit célébrée ici à Bangui, et soit célébrée avec les forces de maintien de la paix », a souligné Guterres qui s’était rendu à la base de la MINUSCA à Bangui.

 

 

Antonio Guterres à Bangassou au sud-est de Centrafrique

 

APA-Bangui (Centrafrique)  octobre 25, 2017 à 13:00 - Au deuxième jour de sa visite de quatre jours en Centrafrique, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a eu un tête à tête avec le Président de la République Faustin Archange Touadéra au palais de la Renaissance à Bangui avant qu’il ne prenne la destination de la ville de Bangassou au sud-est du pays.

 

Au centre de cet entretien, les deux personnalités ont abordé la coopération entre la RCA et les Nations Unies.

 

Le Secrétaire général des Nations Unies, a déclaré à la presse que son institution entretenait de ‘’bonnes relations’’ avec la RCA pour ramener la paix dans le pays.

 

A Bangassou où il s’est rendu après  son entrevue avec le président centrafricain, pour rendre un hommage aux casques bleus tués dans la ville au mois de mai dernier et s’entretenir avec les contingents gabonais et marocains qui y sont déployés.

 

Son agenda a prévu des échanges avec la communauté musulmane de la ville en refuge à l’évêché de Bangassou suite aux violences communautaires dont elle est victime.

 

Le comité de paix et de médiation de Bangassou ainsi que celui de la cohésion sociale s’est entretenu également avec Antonio Guterres.

 

A son arrivée dans l’après-midi de ce mardi à Bangui, c’est en grande pompe que le Secrétaire général des Nations Unies a été accueilli.

 

Antonio Guterres a d’abord reconnu que certains contingents des casques bleus ne faisaient pas suffisamment pour protéger la population civile avant de demander à la communauté internationale de mobiliser plus de ressources en faveur de la RCA.

 

Le Chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra pour sa part après avoir relaté la situation critique de l’insécurité qui se déroule en RCA a demandé le renforcement des casques bleus afin qu’ils ramènent une paix définitive en Centrafrique, car le pays n’arrive pas à se développer à cause de l’insécurité.

 

Un homme politique centrafricain qui a assisté à cette rencontre a dit sa satisfaction pour cette venue d’Antonio Guterres en RCA afin de pousser les casques bleus à plus d’engagement pour la protection des populations. Cependant il estime qu’il revient également aux autorités centrafricaines de prendre les devants dans la protection des populations.

 

 Le Secrétaire général de l’ONU pour la suite de sa visite en Centrafrique doit s’adresser ce jeudi aux parlementaires à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale et visiter le quartier musulman de Bangui le Km5 dans le 3ème arrondissement.

 

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 23:14
Le secrétaire général de l'ONU au cœur du chaos centrafricain
Le secrétaire général de l'ONU au cœur du chaos centrafricain
Le secrétaire général de l'ONU au cœur du chaos centrafricain

 

 

 

A Bangassou, sous la coupe des miliciens antibalaka

 

"Si la guerre doit durer 15 ans, on se battra. Et si on doit détruire Bangassou, on détruira Bangassou!" Dans la bouche de "BéréBéré", un des "généraux" autoproclamés des milices antibalaka qui règnent en maître sur cette ville du sud-est de la Centrafrique, l'avertissement n'est pas à prendre à la légère.

 

A plus de 700 km à l'est de Bangui, Bangassou, ville de 35.000 habitants à majorité chrétienne, longtemps épargnée par les violences qui secouent depuis 2013 le reste du pays, n'est plus que l'ombre d'elle-même.

 

C'est dans cette zone où six Casques bleus de la Minusca ont été tués en mai et trois autres en juillet, que le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, se rend mercredi pour quelques heures, moment fort de sa visite en RCA, sa première à une opération de maintien de la paix de l'ONU depuis sa prise de fonctions en janvier.

 

Bangassou a été prise d'assaut le 13 mai par les antibalaka (antimachettes), milices dites "d'autodéfense" qui affrontent dans les localités environnantes des groupes armés rivaux, peuls ou promusulmans. La cité vit depuis lors au rythme des violences, des caprices de la soldatesque et des rivalités entre ses chefs.

 

Déjà moribonde, l'administration a littéralement disparu. Palais de justice, préfecture, gendarmerie, douanes... sont déserts. Les herbes folles ont envahi les bâtiments publics. Toutefois mardi, veille de l'arrivée d'Antonio Guterres à Bangassou, le préfet fraîchement nommé a pris ses fonctions dans la ville.

 

L'accès à la rivière Mbomou, qui marque la frontière avec la RDC voisine, est contrôlé par des jeunes en armes, souvent ivres. Les "autodéfense", pour beaucoup des enfants du pays, sont "partout, dans chaque famille de Bangassou", glisse un habitant.

 

Des tirs, d'origine indéterminée, claquent à intervalles réguliers. Les rues, larges allées de terre orange taillées dans la forêt, sont très peu fréquentées. L'activité est au point mort. Seuls les véhicules des Casques bleus, de l'évêché et de Médecins sans frontières (MSF) circulent.

 

'La mort par la suite'

 

Quelques taxis-motos font bien leur route, évitant les quartiers "compliqués". Tout le monde se claquemure chez soi à la nuit tombée. "C'est vraiment difficile de bosser dans ces conditions", lâche un employé de MSF, seule organisation humanitaire encore présente en ville.

 

La tension, palpable, s'est accrue ces derniers jours, à mesure que s'est intensifiée la "guerre" dans la région entre antibalaka, pilotés depuis Bangassou par le "général BéréBéré" et ses acolytes, et le groupe armé à dominante peul Union pour la paix en Centrafrique (UPC).

 

Avec au milieu les Casques bleus, impuissants à faire cesser violences et massacres à répétition de civils dans les campagnes.

 

La radio locale a baissé le rideau il y a quelques jours, alors que les antibalaka ordonnaient la fermeture du grand marché local de Tokoyo. Quiconque voudrait continuer d'y faire des affaires "aura la mort par la suite", ont-ils prévenu.

 

Quand ils ont pris la ville d'assaut en mai (76 morts selon l'ONU), les antibalaka ont traqué les civils musulmans, qui ont couru se réfugier dans la mosquée.

 

Encerclée, celle-ci fut un temps protégée par des Casques bleus qui, selon des sources concordantes, se sont ensuite retirés, laissant les réfugiés à leur triste sort. L'imam a bien essayé de sortir, mais il a été abattu sur place.

 

Ont suivi deux jours de médiation, sous les balles et sans succès, de l'évêque de la ville et du cardinal Dieudonné Nzapalainga.

 

Des forces de l'ONU (forces spéciales portugaises) sont finalement intervenues pour escorter les déplacés vers le petit séminaire de l'Eglise catholique.

 

Quelque 2.000 personnes y sont toujours, bloquées, sous la menace permanente des antibalaka.

 

La déchirure est profonde, à l'image de l'hôpital, tenu par MSF, auquel "une partie des blessés (les musulmans, NDLR) n'a toujours pas accès", selon Ernest Lualuali Ibongu, responsable médical. A l'entrée du bâtiment, des antibalaka contrôlent les allées et venues.

 

'Désespérés'

 

Le statu-quo est fragile, la ville semble sur le point de s'embraser. Les provocations des antibalaka - souvent des tirs - envers les Casques bleus en position autour du petit séminaire se multiplient.

 

Les militaires marocains, accusés de parti pris, sont particulièrement visés. "Comme les Marocains veulent combattre contre nous, nous allons aller jusqu'au bout avec eux", tonne le "général BéréBéré".

 

"Maintenant, c'est trop tard (pour les musulmans), il faut qu'ils partent", clame-t-il, "c'est trop fort ce que les musulmans nous ont fait!".

 

"Nous sommes désespérés. Si les milliers d'antibalaka attaquent le site, cela va être grave", lance en soupirant l'évêque de la ville, Mgr Juan José Aguirre.

 

Au camp, les déplacés attendent dans l'inquiétude, protégés par les Casques bleus, où ils écoutent le bruit des tirs avec effroi, souvent très près du camp.

 

"Nous sommes encerclés ici, nous n'avons presque rien à manger. Mais qu'ils ne se trompent pas: la terre est à nous tous, chrétiens et musulmans, ils ne pourront pas nous chasser", veut croire l'un d'eux.

 

Le 17 octobre, le président Faustin-Archange Touadéra s'est rendu à Bangassou, et a visité les déplacés.

 

Il a également rencontré le "général BéréBéré". "Il nous a demandé de rester calmes", raconte ce dernier. Peine perdue: des tirs ont résonné autour de l'enclave dès le décollage de l'avion présidentiel. Et le lendemain, les antibalaka attaquaient Pombolo, où au moins une vingtaine de civils ont été tués.

 

Avec AFP

 

Le secrétaire général de l'ONU au cœur du chaos centrafricain

 

Temps fort de sa visite en Centrafrique, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a rencontré mercredi Casques bleus et populations déplacées à Bangassou (sud-est), ville mise en coupe réglée par les miliciens et où il a fustigé ces groupes armés "criminels" qui veulent faire du pays "un enfer".

 

"On voit la tragédie, et le sacrifice héroïque des soldats de la paix", a déclaré Antonio Guterres, "je veux faire un appel très fort a la communauté internationale, il faut renforcer la force onusienne pour mieux protéger les Centrafricains".

 

Arrivé à la mi-journée à Bangassou, à 700 km à l'est de la capitale, où il a été accueilli avec sa délégation par le préfet fraichement nommé, le patron de l'ONU s'est rendu au camp de la force onusienne, la Minusca, où il a déposé une gerbe et observé une minute de silence en hommage aux Casques bleus tués dans l'exercice de leur mission.

 

M. Guterres a déclaré être venu "ici pour exprimer (sa) gratitude, (sa) solidarité et (son) admiration. Vous faites un travail d'un courage extraordinaire, je suis fier d'être votre collègue", a-t-il lancé aux soldats de la paix, se disant "conscient des difficultés d'une opération de maintien de la paix avec des ressources limitées".

 

C'est à Bangassou que neuf Casques bleus ont été tués entre mai et juillet, et où ces mêmes Casques bleus - gabonais, marocains et sénégalais notamment - tentent aujourd'hui de prévenir l'attaque par les antibalaka (antimachettes) d'un peu moins de 2.000 déplacés musulmans qui ont trouvé refuge dans un séminaire catholique local.

 

Les 35.000 habitants de cette ville à majorité chrétienne, frontalière de la RD Congo, vivent depuis mai sous le joug des miliciens antibalaka, prétendant défendre la minorité chrétienne, contre les groupes armés peuls et musulmans actifs dans les localités environnantes.

 

Sous la protection des Casques bleus et un soleil de plomb, le secrétaire général a visité le camp des déplacés, dialoguant avec quelques-uns.

 

La RCA est un pays "qu'un groupe de criminels essaie de transformer en enfer", a lancé M. Guterres. "Je sais que c'est difficile de parler de réconciliation quand on a souffert. Mais la seule solution, c'est la réconciliation, avec notamment la justice (...). On ne va pas faire des miracles, tout ça va prendre du temps. Je vous demande de la résilience", a-t-il ajouté, sous les applaudissements des déplacés.

 

Plus de Casques bleus

 

Arrivé la veille à Bangui, pour sa première visite à une mission de paix de l'ONU depuis sa prise de fonction en janvier, M. Guterres a appelé le soir même la communauté internationale à mobiliser davantage de "ressources et de capacités pour aider la République centrafricaine".

 

Il a plaidé pour un renforcement de 900 Casques bleus de la mission de l'ONU dans le pays, la Minusca, forte actuellement d'un peu plus de 12.500 hommes. Cette demande doit encore être actée par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui renouvelle en novembre le mandat de la mission.

 

"Il nous faut renforcer la dimension et les capacités" de la Minusca et oeuvrer à une "solidarité active" avec Bangui, a-t-il inlassablement répété mercredi matin, après un entretien avec le président centrafricain Faustin Archange Touadéra.

 

La visite du secrétaire général intervient dans un contexte sécuritaire tendu en Centrafrique: si la capitale reste épargnée par les violences, groupes armés et autre milices "d'autodéfense" ont repris leurs affrontements et commettent des massacres à grande échelle dans le sud-est, dans le centre et dans le nord-ouest, faisant des centaines de morts parmi les populations civiles, invariablement prises pour cibles.

 

Mercredi, le patron de l'ONU est attendu à Bangassou (sud-est), à 700 km à l'est de la capitale, dans une de ces villes de province mises en coupe réglée par les groupes armés.

 

Les 35.000 habitants de cette ville à majorité chrétienne, frontalière de la RD Congo, vivent depuis mai sous le joug des miliciens antibalaka, prétendant défendre la minorité chrétienne, contre les groupes armés peuls et musulmans actifs dans les localités environnantes.

 

C'est dans cette zone où neuf Casques bleus ont été tués entre mai et juillet, et où ces mêmes Casques bleus tentent aujourd'hui de prévenir l'attaque par les antibalaka d'environ 2.000 déplacés musulmans qui ont trouvé refuge dans un séminaire local sous la protection l'église.

 

Rencontre avec les contingents

 

Durant les trois heures de sa visite, M. Guterres doit visiter ces déplacés, rendre un hommage officiel aux Casques bleus tués et s'entretenir avec des éléments des contingents gabonais, marocains et sénégalais déployés sur place.

 

La tension s'est notablement accrue ces derniers jours dans la ville, à mesure que s'est intensifiée la "guerre" dans la région entre antibalaka, pilotés depuis Bangassou, et l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), un groupe peul. Des affrontements ont eu lieu à Kembé et Pombolo notamment ces dernières semaines, qui ont fait des dizaines de victimes, selon des sources onusiennes.

 

La visite de M. Guterres en République centrafricaine est un message politique fort, à un moment où les critiques pleuvent sur la mission de l'ONU.

 

Accusés par leurs détracteurs de "passivité" et parfois même de "parti-pris" (cette accusation visant plus particulièrement les militaires marocains à Bangassou), les contingents onusiens font aussi face à une avalanche d'accusations d'agressions sexuelles (renvoi du contingent congolais en juin, plus de 600 soldats).

 

A son retour de Bangassou, le secrétaire général devrait rencontrer des victimes d'abus sexuels et leurs familles. Il sera accompagné de Jane Connors, avocate des droits des victimes de l'ONU.

 

A Bangui, il rencontrera également des ONG opérant sur le territoire. La Centrafrique est en 2017 le pays le plus dangereux au monde pour les humanitaires, de plus en plus cibles d'attaques.

 

Le secrétaire général doit aussi rencontrer les membres de la plateforme inter-religieuse centrafricaine, qui tente avec difficulté de prévenir les violences inrtercommunautaires et n'ont de cesse de dénoncer l'instrumentalisation de la religion par les belligérants.

 

Enfin, M. Guterres se rendra au quartier musulman de Bangui, le PK5, poumon économique de la capitale et vivier de violences par le passé.

 

La Centrafrique est en proie depuis 2013 à des violences intercommunautaires, après le renversement de l'ex-président François Bozizé par les milices de la Séléka prétendant défendre la minorité musulmane, ce qui avait entraîné une contre-offensive des milices antibalaka.

 

Les groupes armés se battent aujourd'hui essentiellement pour le contrôle de territoires et de ressources naturelles, dans un pays où près de 1,1 des 4,5 millions d'habitants ont dû fuir leur foyer.

 

Avec AFP

 

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 10:21
Lu pour vous : VISITE DU SG DE L’ONU EN RCA : Un médecin nommé Guterres

 

 

 

 

24 octobre 2017


 

Le 24 octobre 2017, le nouveau Secrétaire général de l’Organisation des nations unies (ONU), le Portugais Antonio Guterres, a entamé une tournée de quatre jours en République centrafricaine (RCA). Cette tournée qui l’amènera, entre autres, à Bangui et à Bangassou, permettra au nouveau patron de l’ONU de prendre le pouls de la situation sociopolitique de ce pays qui semble marcher à reculons, avec une situation sécuritaire des plus préoccupantes sous l’action de groupes armés qui sont en passe de mettre le pays sous coupe réglée. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une telle visite, pour autant qu’elle ne rentre pas dans l’ordre normal des choses, en valait la peine, vu l’état de santé du patient. En effet, depuis la prise de pouvoir du président Faustin Archange Touadéra, la Centrafrique présentait l’image d’un malade en pleine convalescence au point de faire naître l’espoir d’un retour progressif à la normale. Mais, sans que l’on ne sache véritablement trop pourquoi, son état s’est à nouveau brusquement dégradé au point que des groupes armés ont réapparu, dictant leur loi dans un pays naguère déchiré par une guerre fratricide à fort relents ethniques et religieux. Ainsi, ces derniers mois ont été caractérisés par des attaques de miliciens qui commettent des exactions sur les populations dans plusieurs villes et villages du pays dont Bangassou, qui reste aujourd’hui l’épicentre. Et cela, dans un contexte de quasi-impuissance  des Casques bleus face aux attaques répétées des groupes armés contre les civils. En début octobre dernier, il a fallu que les soldats de la paix bandent les muscles contre un de ces groupes armés pour ramener le calme à Bocaranga. Au moment où la question du renouvellement du mandat de la force onusienne se pose, peut-être faudrait-il aussi songer à l’adapter au contexte et à la réalité du terrain qui requiert parfois de passer à l’offensive pour mettre certains groupes armés au pas.

 

L’ONU doit nécessairement reprendre la main et le contrôle total de la situation

 

C’est pourquoi cette visite du patron de l’ONU en RCA ne pouvait pas mieux tomber, au moment où le pays fait à nouveau face à une recrudescence de la violence et que le retrait des forces françaises se fait sentir avec acuité. Et l’on se demande si les 900 soldats de la paix supplémentaires qu’il demandera en renfort des 10 000 déjà présents sur le terrain, permettra de faire convenablement face à la situation. Rien n’est moins sûr. Surtout tant que les protagonistes eux-mêmes ne seront pas dans des dispositions d’esprit d’aller à la paix et de désarmer les cœurs et les mains. C’est pourquoi à côté de la solution militaire, il faudrait aussi travailler à se donner les moyens d’engager un processus de sortie de crise pour le retour d’une paix durable en Centrafrique. Cela passe nécessairement par une opérationnalisation du processus de DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion) qui permettrait à la RCA d’amorcer un nouveau départ. Mais pour le moment, l’on en est loin. Et l’ONU doit nécessairement reprendre la main et le contrôle total de la situation, pour ne pas laisser les groupes armés reprendre du poil de la bête. Il appartient donc au médecin Guterres, au-delà du soutien moral que représente cette visite,  de faire son diagnostic de la situation et de prescrire l’ordonnance la mieux adaptée au patient centrafricain. En tout état de cause, l’on attendra de voir  l’effet que produira son passage dans la capitale centrafricaine.

 

Outélé KEITA


http://lepays.bf/visite-sg-de-lonu-rca-medecin-nomme-guterres/#BVoFL86q6yJyPIj3.99

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 10:17
Centrafrique : Abdoulaye Issène fait le point sur l’accord signé avec l’UPC

 

 

 

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 24 OCTOBRE 2017

 

 

IPPY, 24 Octobre 2017(RJDH)—Abdoulaye Issène se félicite de l’évolution de l’opération de démantèlement, soldée par le retour de la paix et des déplacés du centre du pays. Il a aussi salué la proposition de feuille de route de l’Union-Africaine et propose un suivi radical pour le retour de la paix en Centrafrique. Une position exprimée lors d’une interview accordée ce lundi 23 Octobre au RJDH.

 

RJDH : Vous êtes le leader du FPRC et président du Comité National de Défense et de Sécurité. Vous avez signé avec l’UPC la semaine dernière, un accord de cessation des hostilités qui prévoyait le démantèlement des barrières érigées par des groupes armés au centre-est du pays. Ces barrières ont-elles été démantelées ?

 

AI : L’accord que nous avons signé ne couvre que la ville de Ippy et les villages périphéries jusqu’à Maloum. Dans la région, toutes les barrières  ont été démantelées afin de faciliter la libre circulation des personnes et des biens. Les personnes déplacées qui étaient sur les sites, ont pu regagner leurs domiciles. Tout est actuellement dans l’ordre dans la zone.

 

RJDH : Combien de barrières ont alors été démantelées ?

 

AI : Une vingtaine de barrières ont été démantelées pendant l’opération que j’ai moi-même dirigée après la signature de l’accord. Vous savez, la majorité des barrières a été érigée par peur que tel ou tel village soit attaqué par les hommes en armes. Une autre raison c’est juste pour collecter des fonds pour permettre à chaque village de survivre puisque qu’il n y’ a pas l’autorité de l’Etat dans la zone.

 

RJDH : Est-ce que vous avez mis en place un mécanisme de suivi ?

 

AI : Nous venons juste de mettre en place une commission de suivi et de vérification, composée du président de la délégation spéciale de la ville de Ippy, des notables, des religieux et des autres couches sociales, qui forment le comité de gestion de crise. Ces gens vont travailler comme des messagers. Dès que quelqu’un installe une barrière ils vont nous informer afin qu’une solution soit trouvée. Nous voulons que chaque population de Ippy contribue à la restauration et au retour d’une paix durable dans la région.

 

RJDH : Quelle est votre position actuelle par rapport à la feuille de route, proposée par l’Union Africaine ?

 

AI : Nous savons tous que la feuille de route est une proposition de programme que chaque groupe armé doit respecter. Il y’a des conditions qui ont été données dans cette feuille de route qui sont en train d’être discutées. Mais, on attend seulement la conclusion. Nous sommes déjà prêts à respecter cette feuille de route de l’Union Africaine. Le problème que nous avons, est africain et il doit être résolu par des Africains. On a couru partout pour trouver des solutions mais rien. En réalité, seuls les Africains peuvent régler la situation.  Nous avons couru auprès des Nations-Unies, de l’Union Européenne et autre rien à changer. Nous continuions de souffrir, de nous entretuer. Puisque c’est un problème africain, on doit régler cela entre nous Africains et ensuite Centrafricain. Il faut qu’on se pardonne entre nous pour mieux avancer.

 

RJDH : Vous êtes actuellement à Ippy, le Secrétaire Général des Nations-Unies Antonio Guterres est arrivé à Bangui, et il ira aussi à Bambari. Souhaiterez-vous le rencontrer une fois à Bambari ?

 

AI : Peut-être à Bria oui mais Ippy est très loin de Bambari. Actuellement je m’apprête pour retourner à Bria. Donc si c’était Bria qu’il allait se rendre on pourrait en profiter pour discuter avec lui.

 

RJDH : Pensez-vous que son arrivée va apporter une solution à la crise que traverse actuellement le pays ?

 

AI : Peut-être oui, mais nous avons reçu la visite de plusieurs personnalités qui n’ont même pas résolu le problème. Je dis et je le redis, la crise centrafricaine vient de nous-même et non d’ailleurs. Ce sont les Centrafricains qui doivent la résoudre.

Ce n’est pas  Guterres, Donald TrumpMacron qui viendra ramener la paix en Centrafrique. Lorsque le Pape était venu, Mokom et moi, on s’est salué mais qu’est ce qui a changé après, rien. Il faut qu’on s’accepte, le journaliste que tu es doit accepter Abdoulaye et moi aussi je vous accepte. C’est la solution. Si vous avez la chance d’arriver aujourd’hui à Ippy, vous verrez qu’il y’a l’ambiance, parce que les gens se sont acceptés.

 

RJDH : Abdoulaye Issène, je vous remercie!

 

AH : C’est à moi de vous remercier !

 

Propos recueillis par Bienvenue Marina Moulou-Gnatho.

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 03:37
Centrafrique - Jean-Pierre Tuquoi : "Si rien n'est fait, le clivage religieux va s'imposer"

 

 

 

 

24/10/17 (Le Point)

 

Que sait-on vraiment de la Centrafrique ? Dans d'"Oubangui-Chari, le pays qui n'existait pas", Jean-Pierre Tuquoi nous plonge dans les entrailles de son histoire. Il s'est confié au Point Afrique.

 

 

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, est en Centrafrique ce mardi, un pays qui symbolise l'instabilité d'une certaine Afrique. Il va trouver un pays meurtri, longtemps demeuré une tâche blanche au cœur de l'Afrique, un pays qui peine à sortir de la nuit dans laquelle il semble avoir été plongé dès l'origine. Dans son ouvrage Oubangui-Chari, le pays qui n'existait pas, paru cette année aux éditions La Découverte, Jean-Pierre Tuquoi, ancien journaliste au Monde, retrace l'histoire tourmentée de ce qui est devenu depuis la République centrafricaine. Un ouvrage passionnant, parfois romanesque, toujours tragique, qui éclaire d'un jour nouveau l'actualité. Il a répondu aux questions du Point Afrique.

 

 

Le Point Afrique : Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, se rend en Centrafrique du 24 au 27 octobre. Qu'est-ce que ce pays peut attendre d'une telle visite ?

 

 

Jean-Pierre Tuquoi : pas de miracle. Antonio Guterres arrive quelques jours après de nouveaux massacres de civils perpétrés en province. On parle de plusieurs centaines de morts dans un pays où déjà un habitant sur quatre ou sur cinq est un déplacé ou un réfugié. Le secrétaire général de l'ONU sait que les casques bleus sur place – ils sont plus de 10 000 – sont incapables pour maintes raisons de pacifier le pays. Même si leur nombre est accru, le problème demeure. Ce qu'Antonio Guterres peut faire, c'est pousser au dialogue, faire que les groupes armés déposent progressivement les armes et négocient, intervenir également pour que la communauté internationale appuie ses efforts de paix. Le processus sera long.

 

 

Oubangui Chari, le pays qui n'existait pas, c'est le titre de votre dernier ouvrage. Quid de la Centrafrique aujourd'hui ? Existe-t-elle enfin en tant que pays et en tant qu'État ?

 

 

Que la Centrafrique n'existe pas en tant qu'État, tout le monde le sait. Les autorités contrôlent moins de 10 % du territoire et une partie seulement de la capitale. Je suis allé plus loin en écrivant que le pays lui-même n'existe pas. Il y a une part de provocation chez moi, c'est vrai, mais sur le fond je pense avoir raison : le pays, comme entité, comme nation, n'existe pas. C'est une mosaïque de peuples, d'ethnies, chacun avec son histoire, sa culture. Les frontières ont été tracées par le colonisateur. La langue, la religion dominante sont également des legs de la colonisation. Ils n'ont pas eu à se battre pour leur obtenir leur indépendance. Elle leur a été donnée « à l'étourdi », a écrit un écrivain, par la France du général de Gaulle qui voulait se débarrasser de son empire colonial. Je ne vois pas ce qui unit les habitants aujourd'hui. Peut-être qu'avec le temps, à travers les épreuves, un sentiment national va naître. Un pays comme la France, après tout, a mis longtemps à se construire.

 

 

Pour reprendre la célèbre formule de René Dumont, diriez-vous que, dès l'origine, l'Oubangui-Chari, l'actuelle Centrafrique, est mal parti ?

 

 

Dumont parlait de l'Afrique en général même si, dans son ouvrage, il est beaucoup question de la Centrafrique, l'Oubangui-Chari à l'époque. Le constat reste valable. Le potentiel économique n'est pas en cause. Je ne crois pas qu'il existe des pays pauvres et des pays riches en soi. Chacun a des potentialités. La Centrafrique a des ressources. Elle n'est pas plus mal lotie qu'un autre. Son potentiel agricole est réel. Le pays a du diamant, de l'or. La forêt ne demande qu'à être valorisée. Le problème est d'ordre politique.

 

 

À vous lire, la colonisation française en Oubangui-Chari fut particulièrement rude ? Le fut-elle plus qu'ailleurs en Afrique équatoriale Française (AEF), voire en Afrique occidentale française (AOF) ?

 

 

Elle a été rude, très rude. L'a-t-elle été davantage qu'en AOF et dans les autres pays de l'AEF ? Il ne m'appartient pas de distribuer des bons – ou plutôt des mauvais – points. Ce qui est vrai, c'est que l'Oubangui-Chari était « la Cendrillon de l'empire colonial français ». La métropole s'en est très vite désintéressée dès lors que s'effondrait – avec l'affaire de Fachoda – le rêve d'une jonction entre les possessions coloniales françaises de l'ouest et de l'est africaines. L'Oubangui-Chari devait être au centre de ce ruban colonial. Il est devenu une impasse, un cul-de-sac, donc dépourvu d'intérêt. L'État français l'a vendu, concédé, pour un plat de lentilles, à des entreprises privées. Elles se sont payées sur la bête, en employant des méthodes barbares.

 

 

René Maran, André Gide ou encore Albert Londres ont trempé tour à tour leur plume dans les plaies de l'Oubangui-Chari. Qu'ont-ils entendu y dénoncer et ont-ils, à l'époque, été écoutés ?

 

 

Tous ont en commun d'avoir dénoncé, chacun à sa façon, la barbarie coloniale. Ils ont payé cher leur courage. René Maran a dû démissionner de l'administration. Gide a été attaqué avec violence par le lobby colonial. Mais tout a continué comme avant. Sur le fond, leur combat a été vain.

 

 

L'Oubangui-Chari a connu un grand homme : Barthélémy Boganda, le père de l'indépendance. Si sa mort (dans un accident d'avion) n'était pas intervenue prématurément (en 1959), pensez-vous que le destin du pays en aurait été changé ?

 

 

Je crois que oui. Il avait l'étoffe d'un chef d'État. Il avait une vision. Il avait compris que les anciennes colonies qui partageaient une langue – le français – et une religion – le christianisme – devaient se rapprocher et s'unir. Que seuls, elles ne pèseraient pas. Qu'elles devaient regrouper leurs maigres forces pour exister et se développer. D'où son rêve des États-Unis d'Afrique latine, en référence aux pays d'Amérique latine. C'était un beau projet, une magnifique utopie.

 

Lire la suite sur: http://afrique.lepoint.fr/actualites/centrafrique-jean-pierre-tuquoi-si-...

 

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 03:21
Guterres veut plus d'engagement en Centrafrique

 

 

 

Bangui AFP / 24 octobre 2017 23h50- Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a demandé à la communauté internationale de mobiliser plus de ressources pour la Centrafrique, en entamant une visite de quatre jours dans le pays.



"La communauté internationale ne s'engage pas suffisamment, ne mobilise pas suffisamment ses ressources et ses capacités pour aider la République centrafricaine", a lancé M. Guterres d'une cérémonie d'accueil officielle dans la soirée.



Il a demandé un renforcement de l'effectif des Casques bleus en Centrafrique, où la mission de l'ONU (Minusca) compte 12.870 hommes, dont 10.750 militaires.



"La Centrafrique est prête à assumer ses responsabilités", a assuré de son côté le président centrafricain Faustin Archange Touadéra, saluant "le courage des soldats de la Minusca".



Un dépôt de gerbes en l'honneur des Casques bleus tués au combat en Centrafrique avait eu lieu plus tôt sur la base de la Minusca à Bangui en présence de M. Guterres. 



L'arrivée du secrétaire général en Centrafrique coïncide avec la "journée des Nations unies", qui marque l'entrée en vigueur de la charte de l'ONU.



Antonio Guterres doit se rendra mercredi pour quelques heures à Bangassou (sud-est), dans une région théâtre de massacres à répétition ces dernières semaines qui ont fait des dizaines de morts.



Il y rendra hommage aux six Casques bleus décédés en mai dans la zone, alors que la ville de Bangassou est sous le contrôle depuis mai des milices antibalaka (antimachettes), qui prétendent défendre les chrétiens et affrontent dans les localités environnantes des groupes armés peuls ou/et issus de l'ex-coalition Séléka à dominante musulmane.



M. Guterres s'entretiendra avec des éléments des contingents gabonais et marocains présents sur place et se rendra dans le camp de déplacés de la ville, protégés par les Casques bleus.



A son retour à Bangui, le secrétaire général doit rencontrer des victimes d'abus sexuels et leurs familles alors que les accusations d'agressions sexuelles de Casques bleus sur la population civile se sont multipliées ces derniers mois. Il sera accompagné de Jane Connors, avocate des droits des victimes de l'ONU.



M. Guterres doit s'entretenir avec le président Touadéra et avec le chef de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua. Les tensions sont vives entre les deux hommes, le camp du premier ayant accusé en juillet le second de fomenter un coup d'Etat.



A Bangui, il rencontra des ONG - cibles régulières des belligérants - opérant sur le territoire, les membres de la plateforme interreligieuse centrafricaine, et des cadres de la société civile.



Le secrétaire général de l'ONU doit s'entretenir jeudi avec les éléments militaires de l'Union européenne qui forment l'armée centrafricaine.



Il se rendra dans le quartier musulman de Bangui, poumon économique de la capitale et vivier de violences dans le passé, le PK5.


(©)

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 03:09

 

 

 

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 24 OCTOBRE 2017

 

BANGUI, 24 Octobre 2017(RJDH)—Mauro Garafalo ministre des Affaires Etrangères de la Communauté Sant ’Egidio a dans une interview accordée au RJDH ce 24 octobre plaidé pour que les groupes armés encore sceptique déposent les armes et profitent de l’appui de la communauté internationale dans le pays pour faire la paix. Il a salué l’engagement d’Abdoulaye Miskine grâce à qui l’engagement de ses hommes dans le processus DDRR/RSS est un exemple et exprime sa foi à l’avenir de l’accord de Rome et son avenir quatre mois après sa signature. Un bilan à mi-parcours dans un entretien exclusif avec le RJDH à Bangui.

 

RJDH : Monsieur Mauro Garafalo bonjour !

 

Mauro Garofalo : bonjour monsieur le journaliste

 

RJDH : Vous le représentant de la communauté Sant’ Egidio en mission à Bangui, dites-nous qu’est ce qui reste aujourd’hui  de l’Accord de Sant ‘Egidio signé le mois de juin dernier ? 

 

MG : Quatre mois sont passés de la signature de l’accord de Rome et il reste un accord politique entre les 14 groupes armés présent à Rome et le gouvernement est resté comme un cadre politique pour avancer sur la route du désarmement. Evidemment il reste beaucoup de chose à faire sur le terrain. Tant est si vrai qu’il y a beaucoup de chose à faire à l’intérieur du pays, il faut aussi noter des signes concrets. Normalement, il faut que tout le monde participe au processus de désarment, je pense à l’Union Africaine avec sa feuille de route, je pense aux structures que l’Etat a prévu et Sant ’Egidio essaie de continuer l’application de l’accord dans l’arrière-pays.

 

RJDH : Beaucoup sont ceux qui pensent que l’accord de Rome est obsolète et susceptible d’être mis dans le tiroir. Vous qui avez été à la base des discussions ayant conduit à sa signature qu’en dites-vous ?

 

MG : Je note que quatre mois seulement sont écoulés, c’est le début d’un processus qui va intégrer un processus plus grand, celui de l’Union Africaine et tous les efforts de la Communauté internationale. Je pense que l’accord est vivant et que les premiers signes d’application sont en marche que nous ne quittons jamais et surtout que les organes de suivi présidé par le ministre des Affaires étrangères, c’est un long processus, mais l’instabilité ne date pas de juin 2017, cela remonte de très loin.

 

RJDH : Quatre groupes armés au centre du pays ont signé un accord intergroupe armé après celui de Sant ‘Egidio, comment appréciez-vous cette initiative ?

 

MG : Y a pas beaucoup à commenter, si l’accord signé va dans le sens du désarmement et de la pacification c’est une très bonne chose. On a besoin de la coopération de tout le monde, s’il y a de règlement interne des groupes armés c’est bien mais cela doit aller dans le sens du désarmement. C’est déjà tard, tout le monde doit désarmer. Maintenant, c’est le moment avec la présence des Nations Unies avec les structures qui sont en place et avec les partenaires d’aller vers le désarmement. C’est difficile pour toutes les histoires de contrôle du territoire qui n’est pas de l’Etat.

 

RJDH : Après Rome certains groupes armés absents lors de la signature se sont adhérés à l’exemple du FDPC d’Abdoulaye Miskine. Quel est le degré de coopération de Sant ‘Egidio avec ce groupe armé ? 

 

MG : Je dirai que sur le terrain et dans le cadre de l’application du projet pilote de RSS ça c’est très bien passé, dans le sens qu’immédiatement après la signature de l’accord, Abdoulaye Miskine a donné des ordres à ses hommes de lever des barrières. Cela est très capital pour le commerce et pour la vie quotidienne des habitants de la région. Il faut noter aussi qu’à Bouar, Zoukombo et dans d’autres villes, la première application du projet pilote a eu lieu grâce à l’appui de Sant ‘Egidio. Nous sommes en train d’accueillir la première dizaine des personnes armées qui ont rendu leurs armes. C’est un exemple et les choses doivent avancer dans la réinsertion sociale et militaire. Donc nous espérons que c’est possible de désarmer une centaine des membres d’ici à décembre dans les groupes armés.

 

RJDH : En application des dispositions de l’Accord de Rome, Sant ‘Egidio apporte assistance aux groupes armés. Où en sommes-nous et à quel niveau ?

 

MG : les premières distributions ont lieu soit à Bouar, soit à Zoukombo ou encore à Bangui où il y a des éléments qui ont été cantonnés donc je pense à ces cas renouvelés et d’autres. Nous sommes prêts et on a réaffirmé avec les groupes armés et avec l’Etat à continuer notre appui. Il faut montrer que le processus de désarmement soit à travers le projet pilote soit à travers d’autres initiatives c’est quelque chose de crédible et faisable.

 

RJDH : Certains groupes armés signataires de l’accord de Rome dans le nord du pays se sont montrés hostiles quant à la déposition des armes. Est-ce que la facilitation de votre communauté est attendue pour désamorcer la crise qui mine le processus ?

 

MG : Nous poussons toujours ! On peut pousser avec les négociations ou en donnant l’exemple. Je comprends bien, il y a des experts qui ont bien établi cela, passer d’une économie de guerre du contrôle du territoire à travers l’illégalité à une économie de paix sous contrôle de l’Etat est très difficile. C’est difficile de rendre les armes et rentrer dans la vie quotidienne. Mais cela c’est le vrai effort qu’il faut faire maintenant. Je demande aux groupes armés qui ne se sont adhérés et qui ont des réticences à déposer les armes que c’est le moment maintenant de la faire au moment où tout l’appui de la communauté international est disponible.

 

RJDH : Monsieur Mauro Garofalo je vous remercie !

 

MG : c’est moi !

 

Propos recueillie par Jean Fernand Koena

 

Centrafrique : La Communauté Sant ‘Egidio exhorte les groupes armés réticents à déposer les armes
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