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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 19:56
Lu pour vous : Le singe, une viande très prisée en Centrafrique
Lu pour vous : Le singe, une viande très prisée en Centrafrique
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Lu pour vous : Le singe, une viande très prisée en Centrafrique

 

 

 

 

http://www.bbc.com 22 août 2017

 

Le principal marché du quartier PK12 se trouve à la sortie nord de la capitale centrafricaine, Bangui.

 

C'est là que tous les Banguissois se rendent pour s'approvisionner en viandes, et surtout, en viande de chasse à faible coût.

 

C'est le point de départ et de chute des cargaisons qui arrivent des villes de provinces.

 

On y trouve notamment du singe en permanence et en quantité.

 

Le singe, mammifère de l'ordre des primates, est très prisée de l'ensemble des centrafricains à l'exception des musulmans qui ne le mange pas du fait de leurs croyances religieuses.

 

Béatrice Koy alias Béa Mbati, la cinquantaine, vendeuse de la viande boucanée au marché de PK12, présente le circuit d'approvisionnement.

 

« Le singe est une espèce animale comme toute autre qui est vendue partout en RCA. Il vit surtout dans les arbres, c'est pourquoi on l'abat avec une arme à feu plutôt que de l'attraper avec un piège. Il est très malin. Si les chasseurs l'abattent loin en brousse, ils le dépiècent et le sèchent au feu avant de sortir avec. S'ils ne sont pas loin de la ville, ils l'amènent frais et nous l'achetons en entier. Parfois, c'est nous qui quittons Bangui pour aller en acheter en provinces. Ça peut être à Sibut, Grimari ou encore à Bambari, des distances qui varient entre 180 à 350 kms. C'est loin», a expliqué Mme Mbati.

 

Elle explique aussi que les prix varient en fonction de la taille des morceaux et que le trafic est moins embêtant vu qu'il ne s'agit pas d'une espèce interdite.

 

« Les prix ne sont pas fixes. Ils varient de 20.000 à 10.000 par singe entier ou encore de 6000 à 4000 FCFA par pièce ou morceaux. J'en vends et j'en mange aussi. J'adore consommer généralement le bas-ventre et les boyaux, les pattes ainsi que sa tête accompagnée de la cervelle. Les viandes qui sont très recherchées par les services des eaux et forêts sont les buffles, mais le singe, lui, fait moins l'objet de tracasseries policières», ajoute-t-elle.

 

Une viande qui s'adapte à tout

 

Le singe, on le prépare comme les autres viandes de chasse à toutes les sauces, comme la pâte d'arachide, l'huile végétale ou encore accompagné de légumes…on l'adapte à tous les goûts.

 

Reine, est une jeune maman, elle le préfère cuit avec du « gnetum », c'est un légume qui pousse en forêt en Afrique centrale et dont les feuilles tapissent les grands arbres.

 

Après avoir bouilli l'eau, je dépièce la viande du singe. Je lave soigneusement les morceaux tout en enlevant tous les poils. Je remets tout dans la marmite et je fais bouillir pendant 10-20 mn pour que la viande soit bien croustillante. J'ajoute du sel et je le garde encore au feu pour au moins 20-30 mn en y ajoutant de l'oignon, l'huile et le cube. Je goûte, ensuite je retire la marmite du feu. Pendant ce temps, je lave mes feuilles de gnetum que je rajoute dans la marmite du singe déjà bien cuit Une cuisinière

 

Sur place, nombreux sont ceux qui en consomment.

 

Sévérin et Fleury en font partie.

 

"'Le singe est très succulent, surtout lorsqu'il est bien préparé. J'en mange plus que les autres gibiers. Je demande souvent à ma femme d'en préparer et nous mangeons en famille", explique Sévérin.

 

"Moi j'en consomme, on a l'habitude d'en manger et ça ne cause aucun problème. Ça fait partie des animaux consommables en RCA, c'est de la viande de chasse et donc, j'en consomme, il n'y a pas un penchant spécifique en cela", ajoute Fleury.

 

Interdit par l'Islam

 

Moustapha Viador, qui, lui, est un musulman de PK5 n'en mange pas car interdite par sa religion.

 

Selon Moustapha, pour tout musulman, c'est prohibé.

 

« C'est inscrit même dans le coran que le singe est illicite pour tout musulman. Donc nous musulmans centrafricains, nous suivons aussi cet interdit. Nous n'en mangeons pas. Mais il y a des parents non musulmans avec qui nous partageons la même maison. S'ils ont envie d'en manger, ils le font en toute liberté. Cela ne nous empêche pas de cohabiter », indique-t-il.

 

Risque de maladies

 

Malgré sa popularité, cette viande n'est pas sans risque de maladies pour les consommateurs.

 

C'est ce qu'explique Dr Emmanuel Namkoesse, vétérinaire, directeur de cabinet du ministère de l'Elevage et de la Santé animale, délégué de la RCA auprès de l'Organisation mondiale de la santé animale.

 

" Nous aimons manger la viande de singe mais il faut reconnaître que cela présente des risques. Depuis la forêt là-bas quand le chasseur abat le singe, il l'amène à la maison, si le singe est infecté, s'il est porteur de virus, cela peut amener des problèmes. Il y a ce qu'on appelle les zoonoses, ce sont les maladies qui sont susceptibles d'être transmises par les animaux à l'homme et vis-versa. Et malheureusement, il se trouve que le singe est responsable de certaines zoonoses, je veux parler de Monkey Pox ou la variole du singe, y a eu des cas chez nous ici, mais il y a aussi la fièvre hémorragique à virus Ebola, y a des pays voisins qui sont infectés, nous on n'a pas encore eu le cas mais il faut faire très attention. On sait aussi sur le plan médical que le singe est le réservoir de la Fièvre jaune. C'est dire que nous mangeons mais il faut faire attention", prévient-il.

 

En attendant, la faune centrafricaine reste un vaste réservoir pour cette espèce animale qui se multiplie rapidement.

 

Les autorités et les partenaires envisagent de lancer en 2018 un Projet régional d'orientation internationale de santé animale pour sensibiliser les populations aux risques des maladies transmises par les animaux.

 

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 11:11
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Les populations estiment qu’elles ne sont pas protégées

 

 

PAR NINA VERDIANE NIABODE LE 21 AOÛT 2017

 

BANGUI, 21 Août 2017 (RJDH)—« Les civils ne sont pas protégés dans le pays » c’est l’avis qui se dégage après un micro-balade du RJDH à la population. Ce à l’occasion de la journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce 19 Août autour du thème «  les civils ne sont pas une cible ». Plusieurs personnes ont dénoncé les violences faites sur les civils.

 

La protection des civils était au cœur de la célébration de la journée des humanitaires. Certains habitants  interrogés par le RJDH à se prononcer sur ce thème ont indiqué que les civils ne sont pas protégés et demandé au gouvernement de prendre ses responsabilités afin de garantir la sécurité de la population civile. Ces critiques sont formulés dans un contexte où la sécurité du pays est assurée par le gouvernement et la Minusca.

 

Selon ces habitants interrogés beaucoup restent à faire pour la protection des civils  les civils « on ne peut pas parler de la protection des civils chez nous, sinon nous n’aurions pas écouté tout ce qui se passe à l’intérieur du pays », «  les civils sont abandonnés à la merci de la nature, ils subissent des atrocités des groupes armés au quotidien ;  ce qui prouve que les civils ne sont pas protégés » ont-ils expliqué au RJDH.

 

Les raisons de la non-protection des civils sont diversement expliquées selon la population. Pour certains, pour certains la responsabilité du gouvernement dans la protection des civiles est entamée, «  le gouvernement est incapable de protéger sa population civile et pourtant c’est une mission constitutionnellement garantie » a lâché un banguissois interrogés, alors que d’autres ont des avis nuancés du fait de l’embargo « nos forces nationales qui connaissent leur pays sont rendues inactives par la communauté internationale qui a pris la décision de  mettre l’embargo sur les armes en provenance du pays. Comment voulez-vous que les civils soient protégés si leur armée nationale n’est pas opérationnelle ? » Ont- ils soutenu.

 

La protection des civils en République centrafricaine est un souci majeur caractérisé par les agressions contre les sites des déplacés et les attaques des ONG humanitaires nationales et internationales. Elle reste cependant un défi pour le gouvernement et l’ONU

 

 

Centrafrique : les éléments FDPC reprennent le racketage sur l’axe Garoua-Boulaï

 

PAR RJDH LE 21 AOÛT 2017

 

BOUAR : les éléments du FDPC cantonnés à Zoukombo à l’ouest du pays ont renoué avec leurs activités sur les véhicules de convoie. Les voyageurs s’en plaignent, les responsables de ce groupe armé parlent des cas isolés.

 

La libre circulation des biens et des personnes est perturbée par la présence des hommes assimilés aux éléments du FDPC d’Abdoulaye Miskine, actuellement au Congo Brazzaville. Cette sortie intervient alors que le FDPC est en pourparlers pour intégrer l’accord de Sant ‘Egidio. L’un des premiers groupes armés à cantonner les éléments avant le DDRR, des sources proches de ce mouvement justifient le comportement de ces hommes armés par l’absence des moyens de leur cantonnement qui ne suivent pas.

 

Plusieurs commerçants regrettent la sortie des hommes du FDPC basés à Zoukombo « oui, ces derniers temps les hommes du FDPC qui sont dans la localité de Zoukombo sortent dans la rue de temps en temps et exigent des véhicules des sommes d’argent qu’il faut leur payer avant de continuer. C’est inquiétant pour la libre des biens et personnes » a indiqué un commerçant sous couvert de l’anonymat.

 

Joint au téléphone un leader du FDPC parle des actes isolés « nous n’avons pas cette information. Depuis notre cantonnement on fait beaucoup d’effort pour éviter les exactions. Peut-être des éléments incontrôlés peuvent se livrer à ce genre de pratique, mais nous prenons des dispositions pour sanctionner ces cas de dérapage. Mais d’en entre-temps, nous demandons aux autorités de nous accompagner car nous sommes en avance dans le processus DDRR par rapport aux autres groupes politico-militaire » a justifié un leader du FDPC.

 

Le FDPC d’Abdoulaye Miskine a signé l’accord du 10 mai 2015 qu’est la porte d’entrée du processus DDRR et siège au comité consultatif sur le processus DDR. La sortie de ces hommes est décriée alors que les discussions se poursuivent pour le retour de son leader depuis au Congo.

 

 

Centrafrique : la Croix rouge envisage le transfert de ses volontaires au sud du pays à Bangui

 

PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 21 AOÛT 2017

 

BANGUI, 21 Aout 2017 (RJDH) – Les volontaires de la croix rouge au sud du pays notamment Gambo et Bangassou sont en situation de détresse après les attaques armées. L’idée est soulevée par le président de la CRCA Antoine Mbao-Bogo, ce 21 Aout à Bangui.

 

Plusieurs volontaires de la Croix Rouge ont été tués, d’autres blessés dans les tensions sécuritaires au sud du pays. Les conditions des volontaires blessés accueillis au centre hospitalier de Bangassou restent encore préoccupantes selon la Croix Rouge de suite à la recrudescence des violences. C’est dans ce contexte que le staff managérial de la Croix rouge Centrafricaine a envisagé leur transfert pour une meilleure prise en charge globale.

 

Le président de la CRCA Pasteur Antoine Mbao Bogo joint par le RJDH ce matin a annoncé le transfert des volontaires déplacés à Bangassou vers Bangui, pour des raisons humanitaires, « ce vendredi 18 aout nous avons tenu une réunion afin de décider le transfert des volontaires victimes des atrocités. Leurs  conditions humanitaire, sécuritaire, alimentaire restent déplorables à Bangassou », a-t-il regretté.

 

La décision de la Croix Rouge de transférer sur Bangui intervient deux jours après la célébration de la journée des humanitaires à travers le pays. Plusieurs ONG ont été attaquées dont les volontaires de la croix rouge et leur symbole

 

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 10:53

 

 

 

POINT DE VUE

 

« En Centrafrique, les groupes armés prolifèrent grâce à une impunité totale »

 

La chercheuse Nathalia Dukhan rappelle que plus de 80 % du territoire de la République centrafricaine est sous le contrôle ou l’influence de milices.

 

Par Nathalia Dukhan

 

LE MONDE Le 21.08.2017 à 11h33 • Mis à jour le 21.08.2017 à 11h35

 

Quatorze factions armées, une myriade de milices locales, des intrusions de mercenaires venus des pays limitrophes, une armée informelle « milicianisée ». En août, soit moins d’un an après le retrait officiel de l’opération militaire française « Sangaris », plus de 80 % du territoire de la République centrafricaine est sous le contrôle ou l’influence de milices armées.

 

Depuis dix mois, la situation sécuritaire et humanitaire est désastreuse. Ces derniers jours, les villes de Bangassou, Gambo et Béma, situées dans l’est du pays, sont le théâtre de massacres et de violences sectaires. Si les chefs des groupes armés portent une lourde responsabilité, ils ne sont pourtant pas les seuls responsables de cette escalade des violences. Des acteurs politiques et leurs réseaux de soutiens, plus discrets mais avides de pouvoir et d’enrichissement personnel, agissent dans l’ombre en soutenant et perpétuant ces crimes.

 

Ce système politique, fondé sur l’instrumentalisation de la violence, alimente les trafics, menace la stabilité de la région et maintient la population de tout un pays dans un désarroi profond. Pour sortir de la crise, il apparaît urgent de délégitimer les acteurs de la violence qui participent pourtant aux processus de paix, de renforcer la mise en œuvre des mécanismes judiciaires et de sanctions ciblées, de s’attaquer aux réseaux de trafics, pour ouvrir la voie vers un dialogue de paix.

 

Prolifération de groupes armés

 

A l’heure où les Nations unies alertent l’opinion internationale sur l’existence de « signes avant-coureurs » d’un génocide et d’un nettoyage ethnique, le bilan des trois années de la mission de l’ONU en Centrafrique s’avère plus que mitigé. Un récent rapport d’enquête des Nations unies le confirme, indiquant que « peu de progrès ont été accomplis pour apporter des solutions aux causes profondes de la crise ».

 

Pire, depuis 2014, le nombre de groupes armés prolifère à un rythme effrayant et leur pouvoir de nuisance continue de s’accroître. Confirmées en février dans un rapport du secrétaire général des Nations unies, les gesticulations des chefs des groupes armés s’expliquent par une volonté de renforcer leur pouvoir de négociation dans les pourparlers, qui incluent notamment la quête d’une amnistie générale.

 

Face aux blocages, et depuis dix mois déjà, les chefs de trois groupes armés issus des ex-Séléka (le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique, de Nourredine Adam ; le Rassemblement patriotique pour le renouveau de la Centrafrique, de Zakaria Damane ; le Mouvement patriotique centrafricain, de Mahamat Al-Khatim) et d’un groupe issu du mouvement anti-balaka (dirigé par Maxime Mokom) ont formé une coalition opportuniste, et sont passés à une stratégie plus meurtrière et plus violente encore. Celle-ci consiste en une intensification des violences sectaires, l’extension de leur zone de contrôle, des attaques ciblées contre le personnel humanitaire et onusien et contre les groupes qui refusent de les rallier, et une intensification de la prédation économique.

 

Instrumentalisation d’un patriotisme de façade

 

En quinze ans, la situation sécuritaire du pays s’est largement détériorée. Un phénomène d’un genre nouveau a vu le jour : la professionnalisation de la violence armée avec la prolifération de groupes politico-militaires, qui adoptent des tactiques agressives pour faire valoir leurs revendications. Ces groupes armés nouvelle génération incarnent un secteur en pleine expansion puisqu’ils sont les premiers « pourvoyeurs d’emplois » d’une jeunesse rurale désœuvrée.

 

Pour légitimer leur existence et peser dans les négociations politiques, leurs chefs instrumentalisent un patriotisme de façade et s’approprient les mots patriotes, justice, paix, unité, démocratie, etc. Ils articulent aussi une idéologie qui leur permet de légitimer leurs exactions et mieux justifier leurs revendications politiques.

 

Aujourd’hui, le jeu politique centrafricain est entièrement accaparé par ces groupes politico-militaires et par des acteurs politiques nationaux et régionaux pour qui la violence est une arme politique. Les partis politiques sont devenus des acteurs de seconde zone qui s’allient pourtant avec les groupes armés lorsque leurs intérêts convergent.

 

Dans la capitale du pays, Bangui, la tension est palpable et le climat politique est délétère. Depuis longtemps, le pays vit au rythme des menaces, réelles ou fictives, de coups d’Etat. Pour comprendre cette dynamique, il faut rappeler qu’en Centrafrique, le changement de régime a plus souvent été le résultat d’un coup d’Etat militaire que d’un processus électoral. François Bozizé, en 2003, et Michel Djotodia, en 2013, ont été propulsés au sommet de l’Etat grâce à l’action concertée de combattants armés et de soutiens extérieurs. Cette tradition du changement de régime par la force s’est aujourd’hui enracinée dans la culture politique du pays.

 

Myriade de groupes politico-militaires

 

Dans ce système, certains acteurs politiques, motivés par des intérêts politiques et financiers privés, n’hésitent pas à faire appel à la myriade de groupes politico-militaires pour faire avancer leurs ambitions personnelles. Deux exemples illustrent ce système.

 

François Bozizé, le président chassé du pouvoir par un coup d’Etat en 2013, continue d’instrumentaliser les réseaux affiliés à son parti politique, le Kwa Na Kwa, et à l’aile anti-balaka dirigé par son neveu, Maxime Mokom. L’homme influence ces réseaux et ses appuis extérieurs pour tenter un retour au pouvoir.

 

Durant la transition politique de 2014-2015, des sources crédibles confirment que certains hommes politiques installés à des postes de responsabilité durant la transition politique de 2014-2015 n’auraient pas hésité à soutenir les milices armées pour créer les troubles dans la capitale, Bangui, et dans le reste du pays. D’après ces mêmes sources, l’objectif était simple : empêcher l’organisation d’élections pour obtenir une prorogation de la transition et se maintenir au pouvoir aussi longtemps que possible.

 

Dans le climat politique actuel, ce système perdure toujours et prolifère grâce à une impunité totale. Faut-il renforcer la force onusienne pour stabiliser la Centrafrique ? Sans doute, mais sans un mandat robuste qui viserait à aller aux racines des violences, cette stratégie pourrait bien être vaine.

 

Pour pouvoir engager un dialogue constructif, la communauté internationale devrait privilégier certaines mesures prioritaires, à savoir l’annonce avec fermeté que tout régime arrivé par la force n’obtiendra pas de reconnaissance régionale et internationale. Les mécanismes judiciaires et de sanctions financières devraient être renforcés et rapidement mis en œuvre en ciblant les acteurs de la violence, ainsi que leurs réseaux de soutien. En Centrafrique, la violence ne devrait plus être un business profitable.

 

Nathalia Dukhan est chercheuse et analyste pour l’ONG américaine Enough Project sur la Centrafrique.

 

 

Lu pour vous : « En Centrafrique, les groupes armés prolifèrent grâce à une impunité totale » : Nathalia Dukhan
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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 23:40

 

 


 

Il était une fois une terre de 623000 kilomètres carrés, fertile et riche en ressources naturelles, localisée au cœur de notre cher continent s'appelait Oubangui-Chari. Ancienne colonie française, ce lopin de terre acquit son indépendance le 13 août 1960 après une lutte inouïe de ses premiers intellectuels encadré par le feu Président fondateur Barthélemy Boganda et prit le nom de République Centrafricaine. Fruit de la réflexion du Président fondateur lors de l'assemblée constituante, la Centrafrique s'est dotée d'un drapeau, d'une devise, d'un hymne national...bref tous les attributs d'un nouveau État.

 

Depuis toujours, la Centrafrique célèbre cette journée comme ses pairs d'Afrique pour honorer la mémoire de nos héros et affirmer notre accession à la souveraineté internationale. La célébration de cette année est particulière et a un goût amer car notre chère patrie, nonobstant le retour à l'ordre constitutionnel est occupée à hauteur de 80% par des groupes armés non conventionnels. À l'occasion de son traditionnel discours à la nation, le Président de la République a fait un remarquable constat que le pays recule sans aller au bout de son idée ou de son raisonnement.

 

Ce constat amer a été fait en référence à la situation d'avant car en dehors de la dégradation galopante du volet sécuritaire, le statuquo n'est que la suite logique de l'héritage de l'indépendance. Fort de ce qui précède, le citoyen lambda qui a analysé les différents modes de gouvernance depuis les indépendances s'interrogent à juste titre : Comment expliquer ce constat de recul ? À qui imputé la responsabilité de se recul ? La France, la communauté internationale et le Conseil de sécurité de l'ONU sont insinueusement responsables ?

 

Pourquoi cherchons-nous le coupable ailleurs alors que c'est nous même qui gérons le pays depuis les indépendances ? Le franc CFA qui est garanti par la banque de France et outil de domination de la puissance coloniale est-il à l'origine de notre recul ? Pourquoi avons-nous toujours un doigt accusateur ? Pourquoi nos lacets sont toujours défaits au point de nous gêner dans la course ? Qu'est-ce que l'indépendance nous a apporté ? En d'autres termes, qu'avons-nous fait de notre indépendance ? Quel est notre apport à la reconstruction de notre pays ?

 

Le constat du Président de la République est venu à point nommé et peux être le point de départ de la prise de conscience d'une réelle indépendance. Et pourquoi cette annonce à la nation du Président de la République n'a pas daigné esquisser une solution pour arrêter ce recul cyclique ? À ce propos, qui prépare et rédige les discours du Président de la République ? S'agit-il d'un professionnel des médias et/ou de communication ? Le Président de la République saura-t-il mettre un terme à cette tradition de mauvaise gouvernance, de crime économique et/ou financière ?

 

Après le constat du Président de la République quels sont les dispositifs politiques, économiques, et juridique mis en place pour la reconstruction nationale. Une sortie médiatique du chef de l'état à pareil occasion doit toujours faire des annonces déterminant un nouveau cap car de mémoire, nos parents se précipitaient sur des postes récepteurs et réclamaient un calme absolu quand le chef de l'état s'adresse à la nation. Par ailleurs et en dehors des considérations juridiques, philosophiques et sociologiques, l'indépendance rime-t-elle avec les notions de souveraineté ? De liberté ? De développement économique ? Nous estimons que l'heure n'est plus à la division, à la guerre de positionnement et surtout d'entretien des egos.

 

Au nom de l'intérêt général et surtout par respect à la mémoire de nos héros d'indépendance nous invitons humblement le Président de la République à tendre la main aux partis politiques d'opposition à la société civile, aux compétences de tous bords etc.. à travers un nouveau gouvernement afin de donner une nouvelle dynamique, une pulsion, une synergie, une mutualisation des différentes ressources dans le bien être de notre chère patrie.... Hommage à tous ceux qui ont hypothéqué leur vie en tentant de construire et de protéger les intérêts de notre patrie. Mais attention, ne le dîtes à personne. Si on vous demande, ne dîtes pas que c'est moi.

 

La Dordogne le 18 août 2017.

   

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections.  

 

CENTRAFRIQUE : APRÈS CINQ DÉCENNIES D'INDÉPENDANCE, NOTRE NATION MARCHE ENCORE SUR SES LACETS...par Bernard Selemby Doudou
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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 23:29
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Plusieurs habitations incendiées au village Boto près de Kaga-Bandoro

 

 

PAR DANIEL NGUERELESSIO LE 18 AOÛT 2017

 

 

BANGUI, 18 Aout 2017 (RJDH)—Plusieurs maisons sont incendiées à Boto, localité située à 8 kilomètres de Kaga-Bandoro au nord du pays ce 18 aout. Les causes de cette violence ne sont pas connues au moment où nous mettons sous presse cette information.

 

Cette violence est une grave intensité selon une source humanitaire joint par le RJDH peu après la perturbation de réseau téléphonique. Elle intervient alors que la situation humanitaire est critique et oblige la communauté humanitaire à revoir son plan de réponse pour l’adapter au contexte de violence actuelle dans plusieurs villes de l’intérieure du pays. Kaga-Bandoro et ses environs sont contrôlés par le MPC de Alkathim signataire de l’accord de Sant ‘Egidio.

 

Tout a commencé depuis hier avec le mouvement des groupes armés faisant peur à la population. « Ce matin, des tirs nourris sont entendus et je puis vous confirmer l’incendie de plusieurs habitations. Au village Boto situé à 8 km, la population fuit pour se réfugier dans la brousse. Il est difficile de faire un bilan humain pour l’instant mais des habitations sont incendiées », a indiqué au RJDH un internaute surplace dans la zone.

 

La Minusca surplace dans la zone n’a pas répondu à la sollicitation du RJDH. Ces violences interviennent alors que la communauté humanitaire s’apprête à fêter leur journée.

 

 

Centrafrique : Les médias observés s’améliorent selon l’OMCA

 

 

PAR NOURA OUALOT LE 18 AOÛT 2017

 

BANGUI, 18 Aout 2017(RJDH)— L’Observatoire des Médias en Centrafrique (OMCA) a constaté une progression des médias qu’il a monitorés entre juin et juillet 2017 à travers le pays. Satisfaction présentée lors de la sixième et septième table ronde avec la presse plurielle ce 18 Aout à Bangui.

 

Il s’agit des rapports du monitoring des médias centrafricains du mois de juin axé sur le volet  « justice et droits de l’Homme » et la « la sécurité » pour le mois de juillet. Ces thèmes sont choisis parce qu’ils touchent aux populations marginalisées comme inscrit dans le cadre du projet Connect qui cible les personnes marginalisées suite aux crises, projet exécuté par Internews.

 

La particularité pour ces derniers rapports, c’est qu’il n’y a pas sanction comme le souligne Adelph Eudes Damanzi observateur analyste à l’OMCA, « durant ces trois derniers mois, on a constaté que les journalistes se sont  ralliés aux règles déontologiques pour cela, l’OMCA se réjoui des assises avec ces professionnels des médias qui ont porté fruit. Il n’y a pas eu assez de manquements et de sanctions sauf que les journalistes ont besoin de formation pour  plus de professionnalisme dans l’exercice de leur métier» a-t-il dit.

 

Selon ce dernier, les deux thèmes choisis sont dans l’ensemble traités largement par les journaux de la presse écrite et les médias de l’audiovisuel  surtout le RJDH à travers la radio Maria, la radio Ndéké Luka et la radio Centrafrique en respectant la déontologie du métier.

 

L’observatoire des médias est l’organe des paires en Centrafrique. Ces thèmes sont choisis en fonction de leur importance et leur traitement par chaque média. Ce rapport concluant présente quelques avancées alors que la politique selon le constat domine les questions qui touchent la vie de la population et des déplacés telles que poursuivies par le projet connect.

 

 

Centrafrique : L’élevage des petits ruminants ravagé par la peste à l’ouest du pays

 

PAR JOB MOHOUNA LE 18 AOÛT 2017

 

 

BABOUA, 18 Aout 2017 (RJDH)—Le chef de secteur d’élevage de la sous-préfecture de Baboua, localité située à l’ouest du pays a déclaré la  peste des petits ruminants et alerte la population de la consommation de la chair des bêtes crevées. Alerte exprimée à travers le RJDH dans la localité. 

 

Plusieurs caprins et des moutons de la ville de Baboua crèvent après une semaine environ des maux qui minent l’élevage des petits ruminants. Cette alerte intervient dans un contexte où peu d’éleveurs font vacciner leur cheptel.

 

Le chef de secteur des Affaires sociales de Baboua Annie Kiadèle, s’inquiète de la consommation sans l’avis des vétérinaires « les propriétaires des bêtes manipulent la chair des cabris morts. Ils les exposent sur le marché et la population consomme sans aucune analyse des services vétérinaires ; ce n’est pas bien », s’est-elle indignée.

 

En réponse à ces préoccupations, le chef de secteur d’élevage de la ville de Baboua Ndouté, a confirmé que plusieurs cas ont été enregistrés dans plusieurs communes de la sous-préfecture de Baboua, « après avoir parcouru la région, nous avons constaté cette épidémie. Ce sont les conséquences du refus des vaccins par les éleveurs », fait-il savoir avant de lancer qu’ « il ne faut pas vendre de la chaire contaminer aux consommateurs », suggère-t-il.

 

Les autorités administratives appellent à une campagne de vaccination contre cette peste qui menace l’élevage dans la Nana Mambéré.

 

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 23:08
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : La stratégie de protection des victimes et témoins en trois étapes

 

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 17 AOÛT 2017

 

BANGUI,  17 Aout 2017(RJDH) —La Cour Pénale Spéciale garantit la sécurité des victimes et des témoins. L’ensemble de dispositif de protection des témoins a fait l’objet d’échange entre cette cour et les organisations des victimes ce 16 Aout à Bangui.

 

L’article 3 de la Loi  n°15.003, alinéa 5  du 3 juin 2015 portant, la Cour Pénale Spéciale a prévu des dispositions  particulière en ce qui concerne la protection des victimes et témoins qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’impunité en République Centrafricaine. L’échange du magistrat Alain Tolmo avec les organisations des victimes intervient dans un contexte où le DDRR n’est pas encore effectif d’où nécessité de rassurer les témoins et victimes à coopérer pleinement.

 

Selon Alphonse Van le Conseiller en protection des victimes et des témoins à la Cour pénale spéciale, les victimes constituent des éléments clés pour le rassemblement des preuves dans les activités de la Cour Pénale Spéciale, « en protégeant les victimes et les témoins, on protège tout d’abord la preuve des infractions commises. Cette protection se fait pendant les phases de collaboration des victimes et des témoins avec la Cour pendant les enquêtes, le déroulement des procès, et après les procès », dit-il.

 

Trois piliers constituent le socle de protection des témoins et victimes « cacher l’identité physique et les déclarations des victimes, relocaliser les victimes et les témoins les plus sensibles, soit dans d’autres régions du pays, soit même à l’étranger » a présenté Alphonse.

 

Ces échanges avec les victimes interviennent au moment où le chef de l’Etat nomme les greffiers faisant partie de cette Cour.

 

 

Centrafrique : La situation sécuritaire calme mais tendue à Bria au centre du pays

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 17 AOÛT 2017

 

BANGUI, 17 Aout 2017(RJDH) —-Le calme précaire est enregistré depuis ce matin après le combat qui a opposé hier les groupes rivaux de la localité. La précarité est confirmée par la Minusca qui dit contrôler la situation.

 

La ville de Bria au centre du pays est à nouveau tombée dans un regain de violence depuis hier. Un affrontement opposant une tendance du FPRC de Abdoulaye Hissène et les Anti-Balaka. Ces affrontements sont signalés alors que la communauté humanitaire s’inquiète des violences qui compromettent l’action d’assistance aux communautés vulnérables.

 

La vengeance serait à l’origine de ces attaques selon la Minusca « comme vous le savez, il y a une tentative de vengeance et tout serait partie d’un accident. Mais les forces de la Minusca se sont interposées pour empêcher les deux belligérants et le calme semble revenir mais la situation reste tendue » a confié au RJDH Vladimir Monteiro.

 

Une autre source proche de la municipalité de Bria parle «  d’un cas de vol de moto ayant entrainé le combat entre une partie du FPRC de Abdoulaye Hissène qui en voulant prendre des motos sur le site des déplacés de PK 3 et cela s’est tourné au drame. Trois personnes auraient été tuées » selon le Maire de Bria Maurice Balezou.

 

Bria est une zone minière et ces attaques se poursuivent en dépit de la déclaration de Jean Pierre Lacroix qui parle d’un vide et le manque de volonté des groupes armés à aller vers la paix.

 

 

Centrafrique : Les caféiculteurs se réorganisent au centre du pays

 

jeudi 17 aout 2017  |  RJDH-Centrafrique

 

BAMBARI — Les caféiculteurs de la Ouaka au centre du pays s’activent pour accroitre la production du café, principale culture après la culture vivrière dans la localité. Cette organisation passe par la restructuration de leur association à Bambari.


La réorganisation de caféiculteurs intervient dans un contexte où le café est contrôlé par les groupes armés et que le café centrafricain est beaucoup orienté vers le Soudan. L’ORCCP, structure de l’Etat a du pain sur la planche pour relancer le secteur à cause de la présence des hommes armés.


Rodrigue Dieudonné Ngoïta, président de l’association des caféiculteurs de la préfecture de la Ouaka, a relevé que son objectif est de redynamiser les cultures vivrières, « la culture du café et des vivres est un socle du développement économiques. Notre défi est de faire croître la production et être compétitif sur le marché», a-t-il projeté.


Selon lui, la crise a fragilisé le secteur agricole et aussi plusieurs de nos compatriotes ont trouvé la mort, « la crise nous a frappé, il nous appartient de restructurer notre association pour le bien-être de tous. L’agriculture est un moyen de lutter contre la pauvreté, éviter la délinquance des jeunes», suggère le président de l’association des caféiculteurs.


L’association des caféiculteurs de la préfecture de la Ouaka a été créée en 2010 et comprend 94 membres pour toute la préfecture de la Ouaka. Les membres du comité sont élus pour trois ans renouvelables une fois.


En 2014, l’agriculture notamment la culture vivrière, le café, le coton et le palmier représente 58% du PIB.

 

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 23:05
Lu pour vous : Centrafrique, la peur du génocide

 

 

 

 

https://www.letemps.ch Publié jeudi 17 août 2017 à 21:18 par Stéphane Bussard

 

 

Depuis le départ des troupes françaises en 2016, une quinzaine de groupes armés ont repris le contrôle des deux tiers du pays. L’ONU craint un génocide, notamment à Bangassou, où des musulmans sont menacés d’être exterminés par des milices chrétiennes

 

Depuis la fin, en 2016, de l’opération militaire menée par la France pour mettre fin à la guerre civile qui y éclata en 2013, la Centrafrique a replongé dans le chaos et l’insécurité. La relative stabilité restaurée grâce à la mission Sangaris n’est plus d’actualité. Il y a quelques jours, le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires, Stephen O’Brien, de retour de Bangui, a tiré la sonnette d’alarme: «Les signes avant-coureurs de génocide sont là.»

 

Le responsable onusien a appelé à agir sans tarder, lâchant même qu’il fallait «prier pour ne pas avoir à vivre en le regrettant». Il faisait sans doute référence à Bangassou, dans le sud du pays. Plus de 2000 musulmans sont réfugiés depuis trois mois dans la cathédrale catholique de la ville et des milices anti-Balaka pro-chrétiennes menacent de les éliminer.

 

Religion, ethnie et pouvoir

 

Le responsable onusien a-t-il exagéré? La qualification de génocide est souvent difficile et répond à des critères légaux très précis. Mais il est évident que la situation peut empirer de façon dramatique. La Centrafrique n’était pas connue par le passé pour ses conflits religieux ou ethniques. Mais dans la bataille autour du contrôle des ressources minières du pays, certains des responsables des quelque quinze groupes armés ont décidé d’instrumentaliser les populations en recourant à la religion et à l’ethnie pour asseoir leur pouvoir.

 

Responsable de l’Afrique de l’Ouest et centrale au Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Scott Campbell rappelle les mesures nécessaires pour prévenir un génocide: «Il importe que le gouvernement, qui a la responsabilité première de la protection de ses citoyens, condamne publiquement et clairement toute attaque, quels qu’en soient les auteurs. Il importe aussi de garantir une protection physique aux populations menacées. Les Casques bleus tentent de fournir cette protection. La lutte contre l’impunité est aussi fondamentale.»

Si on a une preuve de l’intention génocidaire d’un acteur, cela peut suffire pour parler de génocide

 

Craintif, le gouvernement centrafricain hésite cependant à condamner certaines attaques de groupes armés. Il ne dispose pas non plus d’une armée et d’une police dignes de ce nom. A Bangassou par exemple, l’Etat de droit est une illusion. Professeure de droit international à l’Institut de hautes études internationales et du développement, Paola Gaeta précise: «Il y a souvent un malentendu au sujet du terme génocide. Le nombre de victimes n’est pas un facteur déterminant. Si on a une preuve de l’intention génocidaire d’un acteur, cela peut suffire pour parler de génocide.» La difficulté consiste précisément à prouver cette intention.

 

600 000 déplacés

 

Donaig Le Du, responsable de la communication de l’Unicef en République centrafricaine, était à Genève cette semaine. Elle le souligne: «On compte depuis le début de l’année 600 000 personnes déplacées.» Depuis le retrait des troupes françaises, les groupes armés qui règnent sur le pays ont repris de l’assise. Ils contrôlent les deux tiers du pays, mais ne se battent pas forcément entre eux. Leur première cible est la population civile. Il y a les ex-Séléka d’obédience musulmane et les anti-Balaka, milices chrétiennes. Mais il y a davantage que cela. Le pays a compté jusqu’à 70 sous-groupes qui concluent des alliances stratégiques fluctuantes.

 

Extrême pauvreté

 

Un enfant sur cinq est déplacé et certains le sont plusieurs fois de suite. Hors de Bangui, ils ne peuvent pour la plupart pas aller à l’école et n’ont pas accès à des soins. Le déficit en termes d’éducation est criant. «Nous avons construit avec des bâches des écoles de fortune, explique Donaig Le Du. Dans l’une d’elles, les enfants dessinaient tous des fusils et jouaient à se décapiter selon des gestes qui semblent montrer qu’ils ont assisté à de telles scènes.»

 

Le pays, ancienne colonie française de 4,5 millions d’habitants pour un territoire aussi grand que la France et la Belgique réunies, est plongé dans une extrême pauvreté alors que le pays regorge de ressources, en particulier l’or et les diamants. Dans l’index du développement humain de l’ONU, il occupe le dernier rang. En dehors de Bangui, l’électricité est quasi inexistante. Il n’y a pas de banques ailleurs que dans la capitale. Un enfant sur six n’atteint pas l’âge de 5 ans.

 

«Vide sécuritaire»

 

Sur le plan sécuritaire, plusieurs ONG ont écrit mardi une lettre ouverte au secrétaire général de l’ONU l’exhortant à prendre des mesures immédiates. «Au moins 821 civils ont été tués depuis le début de l’année», déplorent-elles. Elles-mêmes la cible des groupes armés, elles estiment que la Force de maintien de la paix des Nations unies, la Minusca, ne remplit pas «son mandat en raison d’un manque majeur de ressources humaines et financières».

 

Le CICR est lui-même confronté à de vrais défis sécuritaires, six membres volontaires de la Croix-Rouge centrafricaine ayant été tués le 3 août dernier à Gambo, dans le sud du pays. L’ONU elle-même a perdu neuf Casques bleus cette année. Chef de délégation en Centrafrique, François Sangsue le souligne: «Il y a un vrai vide sécuritaire. Pour nous, c’est une vraie contrainte.» Le défi du CICR, c’est d’identifier les acteurs influents au sein des groupes armés.

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 22:50
Lu pour vous : Centrafrique, Touadera veut croire en une médiation béninoise

 

 

 

 

http://mondafrique.com  Par  Aza Boukhris 17 août 2017

 

 

La visite à Cotonou de Firmin Ngrebada, directeur de cabinet du président Touadera, le 14 août dernier, témoigne d'une offensive diplomatique du pouvoir centrafricain.

 

Seul ministre d’État en Centrafrique, alors qu’il n’est pas membre du gouvernement, Firmin Ngrebada est, avec le Premier ministre Simplice Sarandji, un vieux compagnon de route du président centrafricain, Faustin-Archange Touadera. Le seul sur lequel ce dernier peut probablement compter en toutes circonstances.

 

Sant’Egidio, un leurre 

 

Ce messager extraordinaire auprès du président béninois, préfigure certes une visite officielle du président centrafricain. Elle pourrait aussi être une étape essentielle pour la réconciliation nationale en Centrafrique.

 

Ce n’est pas Charles Doubane, le ministre centrafricain des Affaires étrangères qui est chargé de préparer cette visite. Le ministre Doubane ne bénéficie pas d’une grande confiance du président Touadera. Il a été missionné pour « gérer » la tentative de médiation de Sant’Egidio et les relations avec les occidentaux.

 

Cette initiative de réconciliation nationale, venant de Rome et d’une structure proche du Vatican, est encouragée par l’ONU mais n’a pas les faveurs des Centrafricains. Le président centrafricain et son ministre d’Etat semblent jouer le jeu de cette médiation non africaine, mais n’y croient guère. L’initiative de Sant’Egidio n’est probablement qu’un simple leurre.

 

L’Union Africaine, ultime espoir

 

La réconciliation nationale ne peut venir que d’Afrique avec des Africains et avec des méthodes africaines. La feuille de route de l’Union africaine est peut être la meilleure stratégie de sortie de la crise centrafricaine.

 

Firmin Ngrebada a surtout rencontré le ministre béninois des Affaires étrangères, Aurélien Agbenonci, qui a été le représentant du SGONU, coordonnateur des agences onusiennes et représentant du PNUD, notamment au Mali, au Rwanda et surtout en Centrafrique de 2014 à 2016. Ce fin diplomate, spécialiste des conflits en Afrique connaît bien la situation centrafricaine et le personnel politique.

 

Cotonou, passage obligé

 

La visite du président Touadera pourrait être mise à profit pour enclencher une médiation béninoise, d’autant que l’ancien président Djotodia Am-Ndroko y réside et a fait récemment des offres de service. François Bozizé est aussi un habitué de Cotonou, où il a passé plusieurs années de sa vie d’exilé. Il s’y est notamment converti à l’église du « Christianisme céleste, nouvelle Jerusalem » dont il est devenu le responsable en Centrafrique.

 

Diacre d’une église du réveil, le président Touadera est entouré de pasteurs de ces églises évangélistes africaines qui fleurissent en Centrafrique et qui jouent un rôle probablement plus important que l’église catholique, notamment chez les anti balaka. Nul doute que c’est  dans cette voie que la réconciliation nationale sera recherchée plutôt que dans celle du Vatican et de Sant’Egidio.

 

Enfin, il y a lieu de rappeler que l’ancien président du Bénin, Thomas Boni-Yayi, est disponible. Le 30 décembre 2012, en sa qualité de Président de l’Union africaine, n’avait-il pas tenté une ultime médiation auprès du président Bozizé et de son Premier ministre…Faustin-Archange Touadera.

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 22:48

 

 

 

 

www.un.org17 août 2017 – La détérioration du climat sécuritaire en République centrafricaine (RCA) depuis le début de l'année 2017 et l'explosion des besoins qui s'en est suivie ont imposé à la communauté humanitaire de réviser le Plan de réponse humanitaire, a indiqué jeudi le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA).

 

Lancé en janvier 2017, ce plan ne répond plus à présent à la planification initiale pour couvrir tous les besoins, selon l'ONU et ses partenaires humanitaires. Il prévoyait de répondre aux besoins critiques et urgents de 2,2 millions de Centrafricains avec une enveloppe financière de 399,5 millions de dollars.

 

A l'occasion du lancement du Plan de réponse révisé, la Coordonnatrice humanitaire en RCA, Najat Rochdi, a expliqué « qu'entre janvier et juillet 2017, la recrudescence de la violence et l'irruption de nouveaux foyers de tension ont porté le nombre de déplacés internes de 402.240 à 600.000, autant qu'au pic de la crise politique en janvier 2013. Dans cet intervalle, la population ayant besoin d'une assistance humanitaire a atteint 2,4 millions de personnes ».

 

D'un montant de 497 millions de dollars, à la fin du premier semestre, le Plan de réponse humanitaire révisé n'est financé qu'à hauteur de 24% soit 119 millions. « Cela est bien en deçà de la moyenne mondiale qui est de 34% alors que les besoins continuent d'augmenter », a souligné Mme Rochdi. Le financement de l'action humanitaire en RCA souffre encore d'un déficit préoccupant malgré les efforts de plaidoyer et de sensibilisation soutenus entrepris par les autorités nationales. A cet égard, la Coordonnatrice humanitaire a appelé « à nouveaux les donateurs à continuer leur accompagnement et à doubler la mise pour la Centrafrique afin que le pire puisse être évité ».

 

Cette révision intervient à un moment où la situation humanitaire s'est davantage détériorée. Au cours des trois derniers mois, les affrontements entre groupes armés ont glissé vers un conflit ethnique et religieux dans lequel les civils sont pris en otage.

 

« L'éclatement de la violence en de multiples endroits et presque simultanément défie les capacités opérationnelles de la communauté humanitaire autant qu'il met à mal les mécanismes de protection de la population civile », dit Mme Rochdi. « Lorsque l'insécurité atteint un niveau qui contraint les humanitaires à strictement réduire leurs activités à l'assistance vitale, c'est la vie de milliers de personnes qui est en danger ».

 

Au cours du premier semestre 2017, les humanitaires ont subi plus de 200 attaques.

 

Ceci place la RCA parmi les pays les plus dangereux pour les acteurs humanitaires.

En Centrafrique, l'explosion des besoins impose la révision du Plan de réponse humanitaire, selon l'ONU
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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 13:37

 

 

 

 

Par Lore E. SOUHE | Cameroon-Info.Net YAOUNDE - 16-Aug-2017 - 17h57

 

Le butin dissimulé dans les bagages d'un Britannique d'origine libanaise proviendrait de la Centrafrique.

 

Samedi 12 août dernier, la douane camerounaise a mis la main sur une cargaison de diamant  à l'aéroport international de Douala. Estimée à plus de 630 millions de FCFA, le butin était dissimulé dans les bagages d'Abadi Choudi, un Britannique d'origine libanaise. A en croire le quotidien Le Messager du mercredi 17 aout 2017, le trafiquant interpellé aurait été longtemps ciblé par les agents de renseignements camerounais, avant d'être pris la main dans le sac. Le présumé coupable a été transmis au parquet, qui devrait ouvrir une enquête, question de savoir si Abadi Choudi a agi seul ou aurait bénéficié en complicités à l'intérieur du Cameroun.

 

D'après des sources proches de l'enquête, ces diamants saisis dans les bagages du trafiquant proviendraient de la Centrafrique, qui partage une longue frontière terrestre avec le Cameroun, du côté de l'Est. En effet, ce pays de la sous-région est un grand producteur de ces pierres  précieuses. On en trouve principalement dans les gisements alluvionnaires.  Mais depuis 2013, le diamant centrafricain est sous-embargo, du fait l'insécurité dans ce pays.

 

Selon un rapport publié en décembre 2016 par Partenariat Afrique Canada, une organisation mondiale spécialisée dans la promotion de la bonne gouvernance des ressources naturelles, le Cameroun est le principal pays de transit de diamants illégaux issus des zones de conflit en Centrafrique, avant d'être recyclés sur le marché international en raison des" faibles contrôles" et de la corruption. Ledit rapport incrimine également des fonctionnaires chargés de vérifier l'origine des diamants, notamment ceux en direction des zones de conflits en RCA.

 

Il faut dire qu'au Cameroun, l'exploitation minière artisanale et informelle se développe rapidement, mais la fermeture en 2008 de la plupart des compagnies d'exportation ce diamants par le Gouvernement a  sévèrement diminué les investissements dans la production. Cette situation a également fait disparaitre de nombreux emplois et a contribué à l'essor de la malnutrition infantile dans les zones minières.

Lu pour vous : Cameroun - Littoral: Une cargaison de diamants estimée à plus de 630 millions de FCFA saisie par la douane à l'Aéroport international de Douala
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