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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 19:29

 

 

 

DECLARATION RELATIVE A LA PARTICIPATION DES ANCIENS PRESIDENTS FRANCOIS  BOZIZE ET MICHEL DJOTODIA AU FORUM DE BANGUI

 

L’actualité nationale étant dominée par la question de la participation ou non des anciens Présidents François BOZIZE et Michel DJOTODIA, au forum de Bangui,  le PATRIE déclare ce qui suit :

 

La profondeur et la persistance de la crise qui secoue notre pays devraient nous imposer de nous hisser à la hauteur de ce moment tragique pour trouver des solutions, même en nous « marchant sur le cœur ».  En nous persuadant surtout que le Centrafrique, pour ne pas se défaire inexorablement, a besoin de transcender les clivages factices politiques, ethniques,  et religieux.

 

Le PATRIE constate, pour le regretter, que malgré le fleuve de sang qui a coulé et continue de couler dans notre pays, certains leaders d’opinion ne résistent pas à la tentation de l’exclusion, à des fins de basse considération politicienne, et pensent que la présence sur le sol national des deux anciens Présidents compromettrait leur chance aux élections générales à venir, tant leur conviction de gagner est frêle. 

 

Le Patrie estime indispensable la participation des anciens Présidents François BOZIZE et Michel DJOTODIA au forum de Bangui. Cette présence permettrait au peuple de savoir ce qui s’est passé, et comment faire pour tourner définitivement cette page sombre et honteuse de notre histoire, les deux étant les deux protagonistes les plus éminents de cette crise.

 

Il convient de noter cependant que cette participation ne vaut pas blanc-seing et n’est pas incompatible avec la nécessaire quête de justice.

 

Le forum n’étant pas un tribunal, le Patrie ne voit pas en quoi cette participation vaudrait impunité ou éligibilité. Et si, par extraordinaire, c’était le cas, les personnes soupçonnées doivent avoir l’opportunité de donner leur version des faits, en vertu du « due process ».

 

En tout état de cause, la poursuite pénale des faits d’assassinats de masse produits sur notre territoire sur une certaine période relevant de la CPI, à notre propre demande, rien ne saurait justifier cette mise à l’écart.

 

Ensemble nous vivrons, ou nous ne vivrons pas.

 

Fait à Washington, D.C., le 24 Décembre 2014.

 

LE PRESIDENT

MAITRE CREPIN MBOLI-GOUMBA

Le Patrie de Crépin MBOLI GOUMBA favorable à la participation de BOZIZE et DJOTODIA au forum de Bangui
Le Patrie de Crépin MBOLI GOUMBA favorable à la participation de BOZIZE et DJOTODIA au forum de Bangui
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Centrafrique-Presse.com
24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 19:13

 

 

 

Négociations de Nairobi : Bozizé+Djotodia ne solutionne rien, Sassou élargit la liste

 

24 déc, 2014 Par kangbi-ndara

 

Kangbi-ndara.com / Après avoir favorisé des échanges étriqués des Présidents François Bozizé et Michel Djotodia, le médiateur dans la crise centrafricaine, le Président congolais Denis Sassou Nguesso élargit le cercle des négociations de Nairobi. Convié ce début de semaine à se faire entendre dans les concertations, Patrice Edouard Ngaïssona, coordonnateur général des milices d’autodéfense Antibalaka a opposé un refus de dernière heure.

 

De très bonnes sources diplomatiques, Mr Albino, d’origine sud soudanaise, nommé à peine un mois ambassadeur de la République du Congo au Soudan et conseiller spécial de Denis Sassou Nguesso, à qui le Président congolais a remis de gros moyens afin de parvenir à un consensus entre les principaux acteurs de la crise centrafricaine, procède actuellement à l’élargissement du cercle des négociations entamées depuis plusieurs jours à Nairobi. Objectif : parvenir à une stabilité générale en Centrafrique et rétablir l’autorité de l’Etat sur tout le territoire.

 

A la demande d’Albino, Patrice Edouard Ngaïssona devrait quitter Bangui le 23 décembre 2014 à bord d’un avion spécial à destination de Nairobi afin de prendre part aux concertations, jusqu’ici sans issues. Une demande rejetée sans ambages par le coordonnateur des Antibalaka pour une raison informulée, quelques heures avant son départ. Ceci en dépit de la levée par la Présidente Catherine Samba-Panza de son interdiction de sortie du territoire centrafricain par un décret muet. Ngaïssona refuse ainsi de suivre son second Joachim Kokate qui se trouverait depuis plusieurs jours à Nairobi où il prendrait part aux négociations aux côtés de Nouraddine Adam le n° 2 de l’ex-Séléka.

 

En effet, rien d’officiel n’a filtré pour l’heure des entretiens de Bozize et Djotodia. D’après des sources indiscrètes, les négociations seraient déjà un fiasco en raison des divergences de point de vue entre Bozizé et certains de ses alliés dont Bida Koyagbélé, l’initiateur du Mouvement Kité qui entendrait transmettre un message au Président Denis Sassou Nguesso pour lui signifier son désaccord avec Bozizé concernant le principe de la négociation avec la Séléka qu'il considère comme une nébuleuse terroriste. Aussi de la démarche de François Bozizé de n’avoir pas associé certains hauts gradés des Forces armées centrafricaines (FACA), mais également de signifier au Chef d’Etat congolais qu’il va falloir imposer la paix et la démocraitie par la force comme il l'a fait au Congo.

Lu pour vous : RCA : Que se passe-t-il à Nairobi ?
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Centrafrique-Presse.com
24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 19:02

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-12-24 15:57:01 Plus de mille enfants de Centrafrique sélectionnés dans les huit arrondissements de Bangui ont reçu ce mercredi des jouets offerts par la présidente de transition Catherine Samba-Panza.


‘'Vous n'avez pas eu de Noel en 2012. Vous n'avez pas eu de Noel en 2013. Et j'ai pensé que c'était votre droit d'avoir un peu de bonheur à l'occasion de cette fête qui est célébrée dans le monde entier et qui est une fête des enfants'', a déclaré à cette occasion la cheffe de l'Etat.


La cérémonie de l'Arbre de Noël a té rehaussée par la présence des épouses des autorités de la transition, les dames ministres, l'ancienne première dame, les épouses des ministres et celles des diplomates accréditées en Centrafrique.

Des chorégraphies, des récitals de poème et des sketchs sur la paix présentés par des groupes des enfants ainsi que des danses folkloriques ont rythmé la cérémonie.

‘'J'ai voulu à l'occasion de ce Noel 2014 vous donner un peu de bonheur, un peu de joie et un peu de sourire après les durs moments que vous et vos parents aviez traversé depuis décembre 2012'', a souligné la présidente avant d'ajouter : ‘'Aujourd'hui les enfants repartiront, je l'espère, avec le soutenir de cette visite au palais surtout avec l'ambition un jour d'occuper le fauteuil de ce palais''.


En réponse, l'un des heureux bénéficiaires et hôtes de la locatrice du palais a déclaré : « aujourd'hui grâce à vous, et à ceux qui sont mobilisés à vos côtés nous fêtons Noel comme tous les autres enfants du monde''.


Exprimant sa gratitude à l'endroit de Catherine Samba-Panza, il a lancé : ‘'au nom de tous les enfants de Centrafrique nous vous disons seulement merci !''

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=812920#sthash.Vo9e2mxo.dpuf

Catherine Samba-Panza remet des cadeaux à un millier d'enfants centrafricains
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Centrafrique-Presse.com
24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 18:55

 

 

GENEVE, 24/12/14 (Xinhua) -- Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé son inquiétude mardi face à la situation précaire dans laquelle se trouve un groupe minoritaire de Peuls musulmans, pris au piège par les violences actuelles en République centrafricaine.

 

Lors d'une conférence de presse prononcée à Genève, un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, a déclaré que 474 membres issus de l'ethnie peule en République centrafricaine se trouvent actuellement pris au piège dans la ville de Yaloke, à 200 km au nord-ouest de Bangui, la capitale du pays, où ils sont confrontés depuis plusieurs mois à des conditions humanitaires désastreuses.

 

Les adultes comme les enfants souffrent sévèrement de malnutrition et plus de 30% d'entre eux sont atteints de paludisme, a noté le HCR, ajoutant que six cas connus de tuberculose ont également été reportés.

 

Par ailleurs, depuis l'arrivée des Peuls musulmans à Yaloke en avril dernier, 42 d'entre eux ont trouvé la mort et de nombreux autres s'affaiblissent de jour en jour, a indiqué l'agence de l'ONU pour les réfugiés.

 

"En dépit de la présence des forces internationales, le groupe à Yaloke est toujours sous le coup de menaces récurrentes, d'agressions verbales et physiques et de pillages par les milices anti-Balaka", a déclaré le HCR. "Une aide humanitaire d'urgence est nécessaire, de même qu'une assistance afin de procéder à leur relocalisation dans des lieux plus sûrs, à l'intérieur de la République centrafricaine ou dans les pays voisins".

 

"Les Peuls déplacés sont les seuls musulmans toujours à Yaloke", a ajouté le HCR, précisant qu'ils sont confinés dans un site surpeuplé. "Ils ne peuvent pas s'aventurer au-delà d'un périmètre de 500 mètres en raison des dangers encourus. Cela signifie non seulement qu'ils ne peuvent pas rechercher la sécurité ailleurs, mais également qu'ils sont dans l'incapacité d'assurer leurs moyens de subsistance ou de chercher de l'aide".

 

Le 18 décembre, une équipe du HCR avait visité les Peuls afin d'évaluer la situation. A cette occasion, 90% des membres du groupe avaient exprimé le désir de chercher refuge dans les pays voisins, tels que le Cameroun.

 

Plus de deux ans de guerre civile et de violences sectaires dans le pays ont entrainé les déplacements de milliers de personnes, selon le HCR, qui estime à près de 440.000 le nombre de personnes toujours déplacées à l'intérieur du pays et à 190.000 celui des personnes ayant demandé l'asile au-delà des frontières du pays. Dans le même temps, plus de 36.000 personnes, dont les Peuls musulmans, restent piégés dans des enclaves à travers le pays, nourrissant l'espoir de trouver asile dans les Etats voisins.

Centrafrique : l'ONU appelle à secourir les Peuls musulmans pris au piège
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Centrafrique-Presse.com
23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 23:12

 

 

 

 

Euronews.com  23/12 12:08 CET

 

Un an après la fin de la troisième guerre civile qui a ravagé la République centrafricaine, un calme précaire règne sur Bangui, la capitale.

 

Malgré un accord de cessez-le-feu en juillet dernier, et la présence de troupes internationales à travers le pays, les tensions restent vives.

 

À l’hôpital général de Bangui, les urgentistes de l’ONG Médecins sans Frontières, dont nous avons suivi les équipes, ne relâchent jamais longtemps leur attention.

 

La République centrafricaine en quelques dates


État d’Afrique centrale, la République centrafricaine compte aujourd’hui quelque 4.7 millions d’habitants. Sa capitale est Bangui.

 

Ancienne colonie française, elle proclame son indépendance en 1960.

 

Après l’indépendance, le pays est dirigé par différents régimes autoritaires dont celui de Jean-Bedel Bokassa, président (1966-1976), puis empereur autoproclamé (1976-1979) sous le nom de Bokassa 1er de l’Empire centrafricain. Il est destitué en 1979 au cours d’une opération menée par l’ancienne puissance coloniale toujours très active dans le pays.

 

Les premières élections libres multipartites ont lieu en 1993.

 

La République centrafricaine replonge dans le chaos en 2013 après le coup d‘État des hommes de la Seleka, coalition rebelle à dominante musulmane. Puis, c’est au tour des milices d’auto-défense à majorité chrétienne, les Anti-balaka, de reprendre le dessus.

 

Un conflit qu’attise, notamment, la perspective de faire main basse sur les richesses naturelles du pays : diamant, or, pétrole.

 

Bilan : 5.000 morts et plus de 800.000 déplacés selon le Haut-Commissariat des Nations-Unis pour les réfugiés.

 

En juillet 2014, les belligérants finissent par signer un accord de cessation des hostilités.

Des élections sont prévues pour 2015.

 

 

Marine Monet, médecin urgentiste, MSF : “ certaines fois, on reçoit deux ou trois patients en même temps. Cela reste assez calme ces derniers temps. Mais avec ce genre de patients, et de plaies par arme à feu et par arme blanche, ça arrive tous les jours. “

 

Les massacres qui ont suivi le coup d‘État de mars 2013 ont laissé des traces.

 

Les hommes de la Seleka, coalition rebelle à dominante musulmane, menée par Michel Djotodia, s‘étaient livrés à des exactions sans précédent contre la population civile non-musulmane.

 

Des milices d’auto défense à majorité chrétienne, les Anti-balaka, avaient repris le dessus, s’en prenant à leur tour aux musulmans.

 

S’ensuivit un nouveau cortège d’horreurs.

 

Le conflit aura fait quelque 5.000 morts, et déplacé plus de 800.000 personnes, à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

 

Une grande part des communautés musulmanes a été repoussée vers l’Est, la majorité non-musulmane de la population se concentrant à l’Ouest et dans la capitale.

 

Le camp de M’Poko, proche de l’aéroport de Bangui, comptait plus de 100.000 déplacés au plus fort du conflit.

 

Beaucoup se sont exilés, rares sont ceux qui ont pu rentrer chez eux.

 

Membres des communautés non-musulmanes de Bangui, ils ont fui les exactions des ex-Seleka. Le point avec Bertin Botto, le coordinateur du camp de M’Poko : “ il y a des maisons détruites, des maisons incendiées, les gens ont été pillés. Ceux qui se trouvent sur le site de M’Poko, les 20.000 déplacés actuels n’ont pas de toit, ils n’ont pas d’abri. Ils souffrent, ils n’ont rien. C’est ça qui les pousse à ne pas retourner chez eux, ainsi que l’insécurité qui règne en ce moment dans le pays.”

 

Un sentiment d’insécurité largement partagé par les déplacés comme en témoigne l’un d’entre eux, Frédéric Bopondo : “on ne peut pas sortir à cause de l’insécurité. Dès qu’il y aura la sécurité et le désarmement, je vais rentrer chez moi. “

 

L’inquiétude est grande dans le camp de M’Poko, que le gouvernement veut déplacer.

 

Les distributions de nourriture ont cessé, la précarité grandit.

 

L’hôpital installé par MSF offre un rare soutien aux déplacés, dont la situation sanitaire est alarmante.

 

Nous nous envolons vers l’Ouest du pays. Une région dont 90 pourcent de la population musulmane a été chassée par les milices Anti-balaka, dans le sillage des massacres perpétrés par les Seleka.

 

Ceux qui restent se sont réfugiés dans de rares enclaves protégées par la Minusca, la force onusienne en République centrafricaine.

 

Dans la ville de Carnot, c’est dans cette église que quelque 600 musulmans attendent depuis des mois de pouvoir regagner leurs foyers.

 

Pas question de s’aventurer trop loin, de peur d‘être agressés.

 

Le maire de Carnot s’efforce de restaurer le calme dans la ville, en concertation avec les notables de toutes les communautés, et les chefs Anti-balaka.

 

À quelques dizaines de mètres de l‘église, les maisons des déplacés musulmans ont été occupées ; mesure de précaution contre les pilleurs et les incendiaires nous dit le maire de Carnot, Pierre Dotoua : “ on a tout fait pour conserver ces bâtiments, avec le Conseil des sages et le pasteur. Ces maisons, ce sont des biens, même si les propriétaires ne sont pas là, on doit les garder, toujours, jusqu‘à la réconciliation. “

 

Une réconciliation d’autant plus attendue que l’activité économique est pratiquement à l’arrêt.

 

À la clef, une aggravation de la situation sanitaire depuis longtemps désastreuse. Ici comme partout dans le pays, MSF se substitue aux services publics de santé défaillants.

 

Malaria, infections respiratoires, SIDA, sont le quotidien de l’hôpital de Carnot. Les cas de malnutrition infantile sont de plus en plus fréquents, déplore ce pédiatre.

 

Justin Oladedji, pédiatre, MSF : “ pendant la période des événements, on recevait moins d’enfants ; parce que les parents étaient en déplacement, d’autres étaient dans la forêt, d’autres cherchaient à se cacher. Les événements ne leur ont pas permis de cultiver, ce qui fait que les enfants n’ont pas à manger. Et depuis qu’il y a eu une accalmie, on commence à recevoir de plus en plus de cas. “

 

La pauvreté contraste avec les richesses minières de la région, qui dépendait en grande partie de l’industrie du diamant. Soumise à embargo, l’exportation de pierres précieuses centrafricaines se poursuit toutefois, au profit de trafiquants de tous ordres.

 

La criminalité s’est banalisée.

 

Sur la route qui se prolonge de l’ouest vers la frontière camerounaise, les convois commerciaux et humanitaires sont régulièrement pillés.

 

Nous arrivons sans encombres à Berbérati, deuxième ville du pays.

 

Là aussi, la vie ne cesse de côtoyer la mort, et les besoins en matière de santé sont énormes, insiste Michel Bimako, Médecin-chef de MSF à l’hôpital régional de Berbérati : “ aujourd’hui, ils viennent beaucoup plus à l’hôpital, parce qu’il y a la gratuité. Mais au départ, quand il n’y avait pas cela, ils étaient obligés de suivre des traitements traditionnels à domicile. Vous voyez, avec la gratuité les enfants viennent beaucoup plus à l’hôpital, sinon, ils ne viendraient pas. “

 

Médecins sans Frontières apporte aussi un soutien aux centres de santé dispersés dans la ville.

 

Comme ici, dans le quartier de Potopoto. Le nombre de patients a chuté, depuis que sa communauté musulmane en a été chassée, ses maisons et mosquées détruites.

 

Une réponse aux massacres de civils non-musulmans, perpétrés par les Seleka lors du conflit.

 

Difficile d’imaginer un retour à la cohabitation, nous dit le responsable du centre de santé de Potopoto, Edouard Guioua : “ maintenant, les gens qui vivent ici sont des gens qui n’avaient pas d’habitation. Comme les gens sont partis, ils sont venus occuper les maisons. Et d’autres en ont profité seulement pour casser. “

 

Nous rencontrons ceux qui se présentent comme les Anti-balaka du quartier.

 

Des jeunes désoeuvrés ; beaucoup ont le regard brouillé par l’alcool et la drogue. Les crimes commis, ici, sont impardonnables disent-ils.

 

Les esprits s‘échauffent vite : ‘je vais les égorger comme ça ! La tête comme ça !’, fanfaronne l’un d’entre eux. ‘Moi, je suis élément incontrôlé ! C’est moi qui ai détruit la maison des musulmans là-bas !’, réplique un autre. ‘Quand tu cherches la mort, on te donne la mort !’, poursuit un autre de ces jeunes hommes. Et un autre de conclure : ‘si je trouve un musulman, je vais le tuer !’

 

C’est à l‘évêché de Berbérati, que se sont réfugiés les 350 musulmans qui restent dans la ville. Pas question pour eux de s’aventurer à plus de 200 mètres du portail. Les agressions sont fréquentes.

 

Malgré les menaces dont ils font l’objet, l‘évêque et son équipe sont déterminés à protéger leurs hôtes aussi longtemps qu’il le faudra. Et prônent la réconciliation, contre les amalgames dont sont victimes les civils.

 

Dennis Kofi Agbenyadzi, évêque de Berbérati : “c’est un conflit politique. Ils ont pris le prétexte des religions pour se couvrir, c’est tout. Sinon les communautés ne s’affrontaient pas. Nous nous efforçons de faire comprendre que tous ont la liberté de circuler. Mais ce message n’est pas encore arrivé dans les oreilles de certains de ceux qui contrôlent la situation. C’est ce qui nous peine. Mais nous ne sommes pas découragés, nous ne sommes pas découragés.”

 

La peur est omniprésente. Abdou Raman Danzouma est arrivé il y a quelques jours.

 

Caché dans la brousse pendant des mois, il a été agressé à coups de machette après avoir tenté de revoir son village décimé.

 

Mais derrière sa détresse, l’espoir survit : “ nous, Centrafricains, chrétiens et musulmans, c’est les mêmes. C’est le diable qui s’est glissé entre nous. On mange ensemble, on dort ensemble. Musulmans et Chrétiens. C’est les politiciens qui font des bêtises. Mais on va se réconcilier.”

 

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Reportages

 

MSF : un facteur de cohésion sociale en Centrafrique ?

 

http://fr.euronews.com   23/12 16:40 CET

 

“Ne serait-ce que notre neutralité, notre impartialité, le fait qu’on puisse travailler aussi bien pour un musulman qu’un chrétien, qu’un animiste, c’est un facteur de cohésion sociale. Dans nos hôpitaux on peut retrouver les gens de groupes opposés. C’est un phénomène de cohésion sociale. Et on a vu malgré tout parfois dans nos hôpitaux, à des moments très critiques, des gens qui disaient « pourquoi vous gardez ce musulman à l’intérieur de l’hôpital, il faut leur donner, ils sont venus le chercher ».. Ca, c’est quelque chose qui coupe le souffle. Il y a eu une période comme ca au mois d’octobre, ca a été très difficile.

 

Maintenant ça a l’air de s’apaiser un petit peu. Mais ma crainte c’est que les problèmes de fond ne soient pas réglés. Et qu’il y ait toujours des gens qui soient prêts à manipuler les autres, pour utiliser ces dissensions, ces ressentiments, pour refaire partir une nouvelle crise.”

 

Copyright © 2014 euronews

 

 

Reportages

 

Centrafrique, un système de santé en ruines : Interview avec Thierry Dumont, chef de mission pour MSF en RCA

 

http://fr.euronews.com  23/12 14:16 CET

 

""MSF agit en totale substitution du Ministère de la Santé en Centrafrique dans la plupart de ses projets""

 

“Le ministère de la santé est malheureusement incapable de mener à bien son mandat. Donc pour ce qui concerne Médecins sans Frontières en particulier, dans la plupart de nos projets nous agissons en totale substitution.

 

A titre indicatif, MSF, toutes sections confondues a un budget de 50 millions d’euros en Centrafrique uniquement. 50 millions d’euros, près de 200 expatriés, plus de 2000 staff nationaux, c’est énorme.

 

Le problème c’est que les crises qui se sont succédé en Centrafrique ont détruit l‘économie du pays, ont détruit le peu d’industrie qu’elle pouvait posséder. A peu près 60 pourcent de son tissu industriel a disparu. Son PIB est en dégringolade, moins 34 pourcent. Et ce qui est surtout dramatique c’est que les gens ne sont plus formés. Les universités ne fonctionnent plus. Si on ne prend que l’exemple des hôpitaux, des centres de santé, c’est très difficile pour nous de trouver des gens qui soient réellement qualifiés. Puisque le cursus universitaire est pratiquement interrompu.

 

Il faudra beaucoup de préconditions pour pouvoir fermer des projets, pour pouvoir les remettre à nos contreparties nationales. A l’heure actuelle nous sommes à Berberati pour ce qui concerne MSF Suisse. Nous sommes en voie de désengagement de l’hôpital, parce qu’il se trouve qu‘à Berbérati il y a des conditions relativement favorables. Berbérati a été relativement épargnée par les soubresauts les plus récents de la crise. La stabilité, la sécurité permettent d’achever un certain nombre de choses. Alors qu‘à d’autres endroits où travaillent nos camarades des autres sections, il est très difficile d’imaginer de pouvoir se retirer à court ou moyen terme, c’est très clair.

 

Les projets, les hôpitaux dans lesquels nous travaillons en périphérie ne reçoivent pratiquement pas d’aide, de support du gouvernement et des unités centrales. Il est difficile de se déplacer en province, ca peut être dangereux, et tout simplement les moyens manquent souvent aux administrations et aux ministères. Ils n’ont pas d’essence, ils n’ont pas d’ordinateurs, ils n’ont pas de connections internet etc.. C’est très très difficile. Il y a 15 ans il y avait une chose importante dans le domaine de la santé, un système de surveillance épidémiologique, qui fonctionnait.

 

Dans chaque préfecture, dans chaque district, il y avait quelqu’un avec des moyens radio, qui pouvait transmettre des informations au niveau central. Ce système aujourd’hui n’existe plus. Donc s’il y a une épidémie à Nola, à Berbérati, à Ndele, l’information arrivera très tard après au niveau central. Et donc la réaction à l‘épidémie éventuellement n’en sera que plus tardive.

 

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Reportages

 

Centrafrique : une violence à fleur de peau

 

http://fr.euronews.com   23/12 14:16 CET

 

“Les explosions ont eu lieu parce qu’à un moment les Seleka sont descendus du nord comme les hordes Gengis Khan, ont fondu sur Bangui, et au passage ont détruit, volé, pillé, massacré, torturé. Et une fois qu’ils se sont installés au pouvoir à Bangui, ce n’était pas très paisible pour la population des quartiers de Bangui. Ils se sont malheureusement comportés en seigneurs de guerre ayant tous les droits sur une population asservie.

 

Après, quand les anti Balaka sont arrivés, ils n’ont pas su, pas pu, pas voulu s’arrêter également. Et ils étaient aussi un peu livrés à eux-mêmes. Aujourd’hui il y a très peu de coordination chez les anti Balaka, et ils sont un peu partout dans le pays.

 

Tout à l’heure on parlait de DDR, un des outils qui pourrait faciliter les choses, c’est de mettre en place ce DDR: désarmer ces gens, les démobiliser, les réintégrer dans la vie active, la vie civile.

 

Mais malheureusement, d’une manière générale les DDR sont toujours des processus difficiles à mettre en place, et plus particulièrement dans un pays où l’économie est complètement moribonde. Comment réintégrer les gens dans un pays où léconomie ne fonctionne pas. C’est pratiquement impossible. Donc il faudra être très imaginatif, et cela prendra certainement beaucoup de temps

 

La violence sort très vite, elle est à fleur de peau. Parfois il suffirait de pas grand-chose pour que un père de famille puisse se transformer en tueur. Et il aurait peut-être ses raisons, bonnes ou mauvaises, il ne m’appartient pas de le juger. Je crois que cela va être vraiment un long, long chemin avant que les deux communautés arrivent à vivre en paix. Ce qui s’est passé, c’est que, dans des villages par exemple, à l’arrivée des Seleka, les deux communautés vivaient en parfaite harmonie. Quand les Seleka sont arrivés, la partie de la communauté musulmane ne s’est pas forcément interposée entre ses amis d’enfance et les Seleka. Cela a crée un certain ressentiment assez naturel par la suite. Certains ne se sont pas interposés, d’autres ont profité de la situation pour développer leurs affaires. Et les troisièmes se sont carrément rangés du côté des vainqueurs. Ce qui fait qu’après, la population, même si en face d’elle elle n’a plus de combattants, mais des enfants, des femmes ou des vieillards, en veut toujours à cette partie de leur communauté. Puisqu’ils forment une communauté. Ils en veulent toujours à cette partie de la communauté qui les a abandonnés.


Il y en a beaucoup qui ressentent cela comme vraiment un abandon, et la plaie risque de mettre pas mal de temps à se refermer.

 

Même s’il y a chez beaucoup de gens la volonté de tirer un trait sur ce qui s’est passé, il y aura toujours des gens qui sont là assez prompts à rallumer la mèche.”

 

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Reportages  Insécurité en Centrafrique : un risque sanitaire

 

http://fr.euronews.com   23/12 14:16 CET

 

“ Pour ce qui concerne la prise de risque, elle est claire. Au mois de mars 2014 à Boguila, dans un hôpital géré par MSF 18 personnes ont été tuées. Et c’est venu de nulle part. C’est un drame. Que les gens puissent être tués comme ça, d’un instant à l’autre. Et on ne peut pas dire que c’est la sécurité qui a été mal gérée, non. C’est venu de nulle part, instantanément. Et les conséquences après c’est que les équipes de MSF se retirent, les soins qui étaient donnés à la population automatiquement se retrouvent amputés d’une partie de leur capacité.

 

Maintenant le projet de Boguila est géré depuis Paoua, par une équipe qui vient de Paoua jusqu’à Boguila et repart. Mais la décision n’a pas été prise de remettre une équipe d’expatriés en permanence à Boguila. A Batangafo aussi, il y a eu des incidents très graves, qui ont là aussi nui grandement à la qualité des soins qui peuvent être dispensés à la population.

 

 A Paoua également, MSF a été obligé de se retirer récemment, parce qu’on est arrivé à un moment où un conflit social n’est plus gérable. Et que l’outil étatique ne fonctionnant pas normalement, on arrive pas à avoir l’appui du gouvernement. Dans un autre pays on aurait sans doute pu demander au gouvernement, au ministère de la santé, au ministère de l’action humanitaire, éventuellement au Premier Ministre ou à la Présidente, de venir parler avec les gens. Mais là c’est quelque chose d’impossible. On est arrivé à une impasse et limpasse crée de l’insécurité, et l’insécurité à un moment n’est plus acceptable, donc on retire les équipes. Avec toujours l’espoir de pouvoir revenir, de reprendre la discussion, la négociation, mais c’est difficile. Et c’est arrivé parce que l’Etat n’est pas suffisamment fort. Et là clairement on aurait eu besoin de l’appui de l’Etat

 

Copyright © 2014 euronews

Reportages -  Les plaies ouvertes de la République centrafricaine
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Centrafrique-Presse.com
23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 22:48

 

 

 

Reportages

 

MSF : un facteur de cohésion sociale en Centrafrique ?

 

http://fr.euronews.com   23/12 16:40 CET

 

“Ne serait-ce que notre neutralité, notre impartialité, le fait qu’on puisse travailler aussi bien pour un musulman qu’un chrétien, qu’un animiste, c’est un facteur de cohésion sociale. Dans nos hôpitaux on peut retrouver les gens de groupes opposés. C’est un phénomène de cohésion sociale. Et on a vu malgré tout parfois dans nos hôpitaux, à des moments très critiques, des gens qui disaient « pourquoi vous gardez ce musulman à l’intérieur de l’hôpital, il faut leur donner, ils sont venus le chercher ».. Ca, c’est quelque chose qui coupe le souffle. Il y a eu une période comme ca au mois d’octobre, ca a été très difficile.

 

Maintenant ça a l’air de s’apaiser un petit peu. Mais ma crainte c’est que les problèmes de fond ne soient pas réglés. Et qu’il y ait toujours des gens qui soient prêts à manipuler les autres, pour utiliser ces dissensions, ces ressentiments, pour refaire partir une nouvelle crise.”

 

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Centrafrique : une violence à fleur de peau

 

http://fr.euronews.com   23/12 14:16 CET

 

“Les explosions ont eu lieu parce qu’à un moment les Seleka sont descendus du nord comme les hordes Gengis Khan, ont fondu sur Bangui, et au passage ont détruit, volé, pillé, massacré, torturé. Et une fois qu’ils se sont installés au pouvoir à Bangui, ce n’était pas très paisible pour la population des quartiers de Bangui. Ils se sont malheureusement comportés en seigneurs de guerre ayant tous les droits sur une population asservie.

 

Après, quand les anti Balaka sont arrivés, ils n’ont pas su, pas pu, pas voulu s’arrêter également. Et ils étaient aussi un peu livrés à eux-mêmes. Aujourd’hui il y a très peu de coordination chez les anti Balaka, et ils sont un peu partout dans le pays.

 

Tout à l’heure on parlait de DDR, un des outils qui pourrait faciliter les choses, c’est de mettre en place ce DDR: désarmer ces gens, les démobiliser, les réintégrer dans la vie active, la vie civile.

Mais malheureusement, d’une manière générale les DDR sont toujours des processus difficiles à mettre en place, et plus particulièrement dans un pays où l’économie est complètement moribonde. Comment réintégrer les gens dans un pays où léconomie ne fonctionne pas. C’est pratiquement impossible. Donc il faudra être très imaginatif, et cela prendra certainement beaucoup de temps

 

La violence sort très vite, elle est à fleur de peau. Parfois il suffirait de pas grand-chose pour que un père de famille puisse se transformer en tueur. Et il aurait peut-être ses raisons, bonnes ou mauvaises, il ne m’appartient pas de le juger. Je crois que cela va être vraiment un long, long chemin avant que les deux communautés arrivent à vivre en paix. Ce qui s’est passé, c’est que, dans des villages par exemple, à l’arrivée des Seleka, les deux communautés vivaient en parfaite harmonie. Quand les Seleka sont arrivés, la partie de la communauté musulmane ne s’est pas forcément interposée entre ses amis d’enfance et les Seleka. Cela a crée un certain ressentiment assez naturel par la suite. Certains ne se sont pas interposés, d’autres ont profité de la situation pour développer leurs affaires. Et les troisièmes se sont carrément rangés du côté des vainqueurs. Ce qui fait qu’après, la population, même si en face d’elle elle n’a plus de combattants, mais des enfants, des femmes ou des vieillards, en veut toujours à cette partie de leur communauté. Puisqu’ils forment une communauté. Ils en veulent toujours à cette partie de la communauté qui les a abandonnés.


Il y en a beaucoup qui ressentent cela comme vraiment un abandon, et la plaie risque de mettre pas mal de temps à se refermer.

 

Même s’il y a chez beaucoup de gens la volonté de tirer un trait sur ce qui s’est passé, il y aura toujours des gens qui sont là assez prompts à rallumer la mèche.”

 

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“ Pour ce qui concerne la prise de risque, elle est claire. Au mois de mars 2014 à Boguila, dans un hôpital géré par MSF 18 personnes ont été tuées. Et c’est venu de nulle part. C’est un drame. Que les gens puissent être tués comme ça, d’un instant à l’autre. Et on ne peut pas dire que c’est la sécurité qui a été mal gérée, non. C’est venu de nulle part, instantanément. Et les conséquences après c’est que les équipes de MSF se retirent, les soins qui étaient donnés à la population automatiquement se retrouvent amputés d’une partie de leur capacité.

 

Maintenant le projet de Boguila est géré depuis Paoua, par une équipe qui vient de Paoua jusqu’à Boguila et repart. Mais la décision n’a pas été prise de remettre une équipe d’expatriés en permanence à Boguila. A Batangafo aussi, il y a eu des incidents très graves, qui ont là aussi nui grandement à la qualité des soins qui peuvent être dispensés à la population.

 

 A Paoua également, MSF a été obligé de se retirer récemment, parce qu’on est arrivé à un moment où un conflit social n’est plus gérable. Et que l’outil étatique ne fonctionnant pas normalement, on arrive pas à avoir l’appui du gouvernement. Dans un autre pays on aurait sans doute pu demander au gouvernement, au ministère de la santé, au ministère de l’action humanitaire, éventuellement au Premier Ministre ou à la Présidente, de venir parler avec les gens. Mais là c’est quelque chose d’impossible. On est arrivé à une impasse et limpasse crée de l’insécurité, et l’insécurité à un moment n’est plus acceptable, donc on retire les équipes. Avec toujours l’espoir de pouvoir revenir, de reprendre la discussion, la négociation, mais c’est difficile. Et c’est arrivé parce que l’Etat n’est pas suffisamment fort. Et là clairement on aurait eu besoin de l’appui de l’Etat

 

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“Ne serait-ce que notre neutralité, notre impartialité, le fait qu’on puisse travailler aussi bien pour un musulman qu’un chrétien, qu’un animiste, c’est un facteur de cohésion sociale. Dans nos hôpitaux on peut retrouver les gens de groupes opposés. C’est un phénomène de cohésion sociale. Et on a vu malgré tout parfois dans nos hôpitaux, à des moments très critiques, des gens qui disaient « pourquoi vous gardez ce musulman à l’intérieur de l’hôpital, il faut leur donner, ils sont venus le chercher ».. Ca, c’est quelque chose qui coupe le souffle. Il y a eu une période comme ca au mois d’octobre, ca a été très difficile.

 

Maintenant ça a l’air de s’apaiser un petit peu. Mais ma crainte c’est que les problèmes de fond ne soient pas réglés. Et qu’il y ait toujours des gens qui soient prêts à manipuler les autres, pour utiliser ces dissensions, ces ressentiments, pour refaire partir une nouvelle crise.”

 

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Après, quand les anti Balaka sont arrivés, ils n’ont pas su, pas pu, pas voulu s’arrêter également. Et ils étaient aussi un peu livrés à eux-mêmes. Aujourd’hui il y a très peu de coordination chez les anti Balaka, et ils sont un peu partout dans le pays.

 

Tout à l’heure on parlait de DDR, un des outils qui pourrait faciliter les choses, c’est de mettre en place ce DDR: désarmer ces gens, les démobiliser, les réintégrer dans la vie active, la vie civile.

Mais malheureusement, d’une manière générale les DDR sont toujours des processus difficiles à mettre en place, et plus particulièrement dans un pays où l’économie est complètement moribonde. Comment réintégrer les gens dans un pays où léconomie ne fonctionne pas. C’est pratiquement impossible. Donc il faudra être très imaginatif, et cela prendra certainement beaucoup de temps

 

La violence sort très vite, elle est à fleur de peau. Parfois il suffirait de pas grand-chose pour que un père de famille puisse se transformer en tueur. Et il aurait peut-être ses raisons, bonnes ou mauvaises, il ne m’appartient pas de le juger. Je crois que cela va être vraiment un long, long chemin avant que les deux communautés arrivent à vivre en paix. Ce qui s’est passé, c’est que, dans des villages par exemple, à l’arrivée des Seleka, les deux communautés vivaient en parfaite harmonie. Quand les Seleka sont arrivés, la partie de la communauté musulmane ne s’est pas forcément interposée entre ses amis d’enfance et les Seleka. Cela a crée un certain ressentiment assez naturel par la suite. Certains ne se sont pas interposés, d’autres ont profité de la situation pour développer leurs affaires. Et les troisièmes se sont carrément rangés du côté des vainqueurs. Ce qui fait qu’après, la population, même si en face d’elle elle n’a plus de combattants, mais des enfants, des femmes ou des vieillards, en veut toujours à cette partie de leur communauté. Puisqu’ils forment une communauté. Ils en veulent toujours à cette partie de la communauté qui les a abandonnés.


Il y en a beaucoup qui ressentent cela comme vraiment un abandon, et la plaie risque de mettre pas mal de temps à se refermer.

 

Même s’il y a chez beaucoup de gens la volonté de tirer un trait sur ce qui s’est passé, il y aura toujours des gens qui sont là assez prompts à rallumer la mèche.”

 

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“ Pour ce qui concerne la prise de risque, elle est claire. Au mois de mars 2014 à Boguila, dans un hôpital géré par MSF 18 personnes ont été tuées. Et c’est venu de nulle part. C’est un drame. Que les gens puissent être tués comme ça, d’un instant à l’autre. Et on ne peut pas dire que c’est la sécurité qui a été mal gérée, non. C’est venu de nulle part, instantanément. Et les conséquences après c’est que les équipes de MSF se retirent, les soins qui étaient donnés à la population automatiquement se retrouvent amputés d’une partie de leur capacité.

 

Maintenant le projet de Boguila est géré depuis Paoua, par une équipe qui vient de Paoua jusqu’à Boguila et repart. Mais la décision n’a pas été prise de remettre une équipe d’expatriés en permanence à Boguila. A Batangafo aussi, il y a eu des incidents très graves, qui ont là aussi nui grandement à la qualité des soins qui peuvent être dispensés à la population.

 

 A Paoua également, MSF a été obligé de se retirer récemment, parce qu’on est arrivé à un moment où un conflit social n’est plus gérable. Et que l’outil étatique ne fonctionnant pas normalement, on arrive pas à avoir l’appui du gouvernement. Dans un autre pays on aurait sans doute pu demander au gouvernement, au ministère de la santé, au ministère de l’action humanitaire, éventuellement au Premier Ministre ou à la Présidente, de venir parler avec les gens. Mais là c’est quelque chose d’impossible. On est arrivé à une impasse et limpasse crée de l’insécurité, et l’insécurité à un moment n’est plus acceptable, donc on retire les équipes. Avec toujours l’espoir de pouvoir revenir, de reprendre la discussion, la négociation, mais c’est difficile. Et c’est arrivé parce que l’Etat n’est pas suffisamment fort. Et là clairement on aurait eu besoin de l’appui de l’Etat

 

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“Ne serait-ce que notre neutralité, notre impartialité, le fait qu’on puisse travailler aussi bien pour un musulman qu’un chrétien, qu’un animiste, c’est un facteur de cohésion sociale. Dans nos hôpitaux on peut retrouver les gens de groupes opposés. C’est un phénomène de cohésion sociale. Et on a vu malgré tout parfois dans nos hôpitaux, à des moments très critiques, des gens qui disaient « pourquoi vous gardez ce musulman à l’intérieur de l’hôpital, il faut leur donner, ils sont venus le chercher ».. Ca, c’est quelque chose qui coupe le souffle. Il y a eu une période comme ca au mois d’octobre, ca a été très difficile.

 

Maintenant ça a l’air de s’apaiser un petit peu. Mais ma crainte c’est que les problèmes de fond ne soient pas réglés. Et qu’il y ait toujours des gens qui soient prêts à manipuler les autres, pour utiliser ces dissensions, ces ressentiments, pour refaire partir une nouvelle crise.”

 

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Après, quand les anti Balaka sont arrivés, ils n’ont pas su, pas pu, pas voulu s’arrêter également. Et ils étaient aussi un peu livrés à eux-mêmes. Aujourd’hui il y a très peu de coordination chez les anti Balaka, et ils sont un peu partout dans le pays.

 

Tout à l’heure on parlait de DDR, un des outils qui pourrait faciliter les choses, c’est de mettre en place ce DDR: désarmer ces gens, les démobiliser, les réintégrer dans la vie active, la vie civile.

Mais malheureusement, d’une manière générale les DDR sont toujours des processus difficiles à mettre en place, et plus particulièrement dans un pays où l’économie est complètement moribonde. Comment réintégrer les gens dans un pays où léconomie ne fonctionne pas. C’est pratiquement impossible. Donc il faudra être très imaginatif, et cela prendra certainement beaucoup de temps

 

La violence sort très vite, elle est à fleur de peau. Parfois il suffirait de pas grand-chose pour que un père de famille puisse se transformer en tueur. Et il aurait peut-être ses raisons, bonnes ou mauvaises, il ne m’appartient pas de le juger. Je crois que cela va être vraiment un long, long chemin avant que les deux communautés arrivent à vivre en paix. Ce qui s’est passé, c’est que, dans des villages par exemple, à l’arrivée des Seleka, les deux communautés vivaient en parfaite harmonie. Quand les Seleka sont arrivés, la partie de la communauté musulmane ne s’est pas forcément interposée entre ses amis d’enfance et les Seleka. Cela a crée un certain ressentiment assez naturel par la suite. Certains ne se sont pas interposés, d’autres ont profité de la situation pour développer leurs affaires. Et les troisièmes se sont carrément rangés du côté des vainqueurs. Ce qui fait qu’après, la population, même si en face d’elle elle n’a plus de combattants, mais des enfants, des femmes ou des vieillards, en veut toujours à cette partie de leur communauté. Puisqu’ils forment une communauté. Ils en veulent toujours à cette partie de la communauté qui les a abandonnés.


Il y en a beaucoup qui ressentent cela comme vraiment un abandon, et la plaie risque de mettre pas mal de temps à se refermer.

 

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Maintenant le projet de Boguila est géré depuis Paoua, par une équipe qui vient de Paoua jusqu’à Boguila et repart. Mais la décision n’a pas été prise de remettre une équipe d’expatriés en permanence à Boguila. A Batangafo aussi, il y a eu des incidents très graves, qui ont là aussi nui grandement à la qualité des soins qui peuvent être dispensés à la population.

 

 A Paoua également, MSF a été obligé de se retirer récemment, parce qu’on est arrivé à un moment où un conflit social n’est plus gérable. Et que l’outil étatique ne fonctionnant pas normalement, on arrive pas à avoir l’appui du gouvernement. Dans un autre pays on aurait sans doute pu demander au gouvernement, au ministère de la santé, au ministère de l’action humanitaire, éventuellement au Premier Ministre ou à la Présidente, de venir parler avec les gens. Mais là c’est quelque chose d’impossible. On est arrivé à une impasse et limpasse crée de l’insécurité, et l’insécurité à un moment n’est plus acceptable, donc on retire les équipes. Avec toujours l’espoir de pouvoir revenir, de reprendre la discussion, la négociation, mais c’est difficile. Et c’est arrivé parce que l’Etat n’est pas suffisamment fort. Et là clairement on aurait eu besoin de l’appui de l’Etat

 

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Maintenant ça a l’air de s’apaiser un petit peu. Mais ma crainte c’est que les problèmes de fond ne soient pas réglés. Et qu’il y ait toujours des gens qui soient prêts à manipuler les autres, pour utiliser ces dissensions, ces ressentiments, pour refaire partir une nouvelle crise.”

 

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Après, quand les anti Balaka sont arrivés, ils n’ont pas su, pas pu, pas voulu s’arrêter également. Et ils étaient aussi un peu livrés à eux-mêmes. Aujourd’hui il y a très peu de coordination chez les anti Balaka, et ils sont un peu partout dans le pays.

 

Tout à l’heure on parlait de DDR, un des outils qui pourrait faciliter les choses, c’est de mettre en place ce DDR: désarmer ces gens, les démobiliser, les réintégrer dans la vie active, la vie civile.

Mais malheureusement, d’une manière générale les DDR sont toujours des processus difficiles à mettre en place, et plus particulièrement dans un pays où l’économie est complètement moribonde. Comment réintégrer les gens dans un pays où léconomie ne fonctionne pas. C’est pratiquement impossible. Donc il faudra être très imaginatif, et cela prendra certainement beaucoup de temps

 

La violence sort très vite, elle est à fleur de peau. Parfois il suffirait de pas grand-chose pour que un père de famille puisse se transformer en tueur. Et il aurait peut-être ses raisons, bonnes ou mauvaises, il ne m’appartient pas de le juger. Je crois que cela va être vraiment un long, long chemin avant que les deux communautés arrivent à vivre en paix. Ce qui s’est passé, c’est que, dans des villages par exemple, à l’arrivée des Seleka, les deux communautés vivaient en parfaite harmonie. Quand les Seleka sont arrivés, la partie de la communauté musulmane ne s’est pas forcément interposée entre ses amis d’enfance et les Seleka. Cela a crée un certain ressentiment assez naturel par la suite. Certains ne se sont pas interposés, d’autres ont profité de la situation pour développer leurs affaires. Et les troisièmes se sont carrément rangés du côté des vainqueurs. Ce qui fait qu’après, la population, même si en face d’elle elle n’a plus de combattants, mais des enfants, des femmes ou des vieillards, en veut toujours à cette partie de leur communauté. Puisqu’ils forment une communauté. Ils en veulent toujours à cette partie de la communauté qui les a abandonnés.


Il y en a beaucoup qui ressentent cela comme vraiment un abandon, et la plaie risque de mettre pas mal de temps à se refermer.

 

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Maintenant le projet de Boguila est géré depuis Paoua, par une équipe qui vient de Paoua jusqu’à Boguila et repart. Mais la décision n’a pas été prise de remettre une équipe d’expatriés en permanence à Boguila. A Batangafo aussi, il y a eu des incidents très graves, qui ont là aussi nui grandement à la qualité des soins qui peuvent être dispensés à la population.

 

 A Paoua également, MSF a été obligé de se retirer récemment, parce qu’on est arrivé à un moment où un conflit social n’est plus gérable. Et que l’outil étatique ne fonctionnant pas normalement, on arrive pas à avoir l’appui du gouvernement. Dans un autre pays on aurait sans doute pu demander au gouvernement, au ministère de la santé, au ministère de l’action humanitaire, éventuellement au Premier Ministre ou à la Présidente, de venir parler avec les gens. Mais là c’est quelque chose d’impossible. On est arrivé à une impasse et limpasse crée de l’insécurité, et l’insécurité à un moment n’est plus acceptable, donc on retire les équipes. Avec toujours l’espoir de pouvoir revenir, de reprendre la discussion, la négociation, mais c’est difficile. Et c’est arrivé parce que l’Etat n’est pas suffisamment fort. Et là clairement on aurait eu besoin de l’appui de l’Etat

 

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Maintenant ça a l’air de s’apaiser un petit peu. Mais ma crainte c’est que les problèmes de fond ne soient pas réglés. Et qu’il y ait toujours des gens qui soient prêts à manipuler les autres, pour utiliser ces dissensions, ces ressentiments, pour refaire partir une nouvelle crise.”

 

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Après, quand les anti Balaka sont arrivés, ils n’ont pas su, pas pu, pas voulu s’arrêter également. Et ils étaient aussi un peu livrés à eux-mêmes. Aujourd’hui il y a très peu de coordination chez les anti Balaka, et ils sont un peu partout dans le pays.

 

Tout à l’heure on parlait de DDR, un des outils qui pourrait faciliter les choses, c’est de mettre en place ce DDR: désarmer ces gens, les démobiliser, les réintégrer dans la vie active, la vie civile.

Mais malheureusement, d’une manière générale les DDR sont toujours des processus difficiles à mettre en place, et plus particulièrement dans un pays où l’économie est complètement moribonde. Comment réintégrer les gens dans un pays où léconomie ne fonctionne pas. C’est pratiquement impossible. Donc il faudra être très imaginatif, et cela prendra certainement beaucoup de temps

 

La violence sort très vite, elle est à fleur de peau. Parfois il suffirait de pas grand-chose pour que un père de famille puisse se transformer en tueur. Et il aurait peut-être ses raisons, bonnes ou mauvaises, il ne m’appartient pas de le juger. Je crois que cela va être vraiment un long, long chemin avant que les deux communautés arrivent à vivre en paix. Ce qui s’est passé, c’est que, dans des villages par exemple, à l’arrivée des Seleka, les deux communautés vivaient en parfaite harmonie. Quand les Seleka sont arrivés, la partie de la communauté musulmane ne s’est pas forcément interposée entre ses amis d’enfance et les Seleka. Cela a crée un certain ressentiment assez naturel par la suite. Certains ne se sont pas interposés, d’autres ont profité de la situation pour développer leurs affaires. Et les troisièmes se sont carrément rangés du côté des vainqueurs. Ce qui fait qu’après, la population, même si en face d’elle elle n’a plus de combattants, mais des enfants, des femmes ou des vieillards, en veut toujours à cette partie de leur communauté. Puisqu’ils forment une communauté. Ils en veulent toujours à cette partie de la communauté qui les a abandonnés.


Il y en a beaucoup qui ressentent cela comme vraiment un abandon, et la plaie risque de mettre pas mal de temps à se refermer.

 

Même s’il y a chez beaucoup de gens la volonté de tirer un trait sur ce qui s’est passé, il y aura toujours des gens qui sont là assez prompts à rallumer la mèche.”

 

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Maintenant le projet de Boguila est géré depuis Paoua, par une équipe qui vient de Paoua jusqu’à Boguila et repart. Mais la décision n’a pas été prise de remettre une équipe d’expatriés en permanence à Boguila. A Batangafo aussi, il y a eu des incidents très graves, qui ont là aussi nui grandement à la qualité des soins qui peuvent être dispensés à la population.

 

 A Paoua également, MSF a été obligé de se retirer récemment, parce qu’on est arrivé à un moment où un conflit social n’est plus gérable. Et que l’outil étatique ne fonctionnant pas normalement, on arrive pas à avoir l’appui du gouvernement. Dans un autre pays on aurait sans doute pu demander au gouvernement, au ministère de la santé, au ministère de l’action humanitaire, éventuellement au Premier Ministre ou à la Présidente, de venir parler avec les gens. Mais là c’est quelque chose d’impossible. On est arrivé à une impasse et limpasse crée de l’insécurité, et l’insécurité à un moment n’est plus acceptable, donc on retire les équipes. Avec toujours l’espoir de pouvoir revenir, de reprendre la discussion, la négociation, mais c’est difficile. Et c’est arrivé parce que l’Etat n’est pas suffisamment fort. Et là clairement on aurait eu besoin de l’appui de l’Etat

 

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