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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 00:43
La Centrafrique: en conflit depuis 4 ans, avec une économie exangue
La Centrafrique: en conflit depuis 4 ans, avec une économie exangue
La Centrafrique: en conflit depuis 4 ans, avec une économie exangue
La Centrafrique: en conflit depuis 4 ans, avec une économie exangue

 

 

La Centrafrique: en conflit depuis 4 ans, avec une économie exangue

 

23/10/17 (AFP)

 

La Centrafrique, où se rend mardi le secrétaire général de l'ONU, est un pays pauvre enclavé en Afrique centrale, marqué par une instabilité chronique et en proie depuis 2013 à un violent conflit malgré la présence de forces de maintien de la paix.

 

- Putschs, mutineries, rébellions –

 

Fin 1965, David Dacko, premier chef d'Etat depuis l'indépendance en 1960, est renversé par un coup d'Etat de Jean-Bedel Bokassa, qui se fait élire président à vie puis couronner empereur en 1977. Frasques mégalomaniaques et sanglantes exactions marquent son règne, notamment un massacre d'écoliers.

Le 20 septembre 1979, Bokassa, en visite en Libye, est chassé du pouvoir par les parachutistes français. Dacko rétablit la république, mais est contraint deux ans plus tard de céder le pouvoir aux militaires. André Kolingba accède au pouvoir et instaure le multipartisme en 1991. En 1993, Ange-Félix Patassé remporte la présidentielle.

Le pays connaît en 1996-1997 trois mutineries d'une partie de l'armée, avant un coup d'Etat manqué en 2001. En 2003, François Bozizé, ancien chef d'état-major des armées, en rébellion depuis novembre 2001, renverse Patassé et s'autoproclame président.

Dès 2005, le pays fait face à plusieurs rébellions, qui s'emparent de localités du Nord, reprises grâce à l'aide de la France ou par l'armée tchadienne à l'appel de Bangui.

 

- Violente crise depuis 2013 –

 

En mars 2013, les rebelles d'une coalition hétéroclite, la Séléka, prennent Bangui et renversent Bozizé. Michel Djotodia se proclame président. Les exactions de la Séléka, à dominante musulmane, contre les populations majoritairement chrétiennes, débouchent sur la création de milices d'auto-défense, principalement chrétiennes, les antibalaka (antimachettes), qui s'en prennent à leur tour aux civils musulmans.

Redoutant un génocide, la France lance l'opération militaire Sangaris (2013-2016), sous mandat de l'ONU.

En janvier 2014, le président Djotodia démissionne sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale et de Paris. Une présidente de transition est élue par le Parlement.

Une Cour pénale spéciale (CPS) est créée en 2015 pour instruire et juger les crimes contre l'humanité et crimes de guerre depuis 2003, mais n'est pas encore opérationnelle.

En février 2016, l'ex-Premier ministre Faustin-Archange Touadéra est élu président.

La présence de forces internationales comme Sangaris et la mission onusienne Minusca (depuis 2014) permettent le retour d'un calme relatif à Bangui, mais pas dans les provinces, contrôlées en majorité par les groupes armés.

 

- Près d'un quart de la population déplacée –

 

Le nombre de réfugiés et de déplacés fuyant les violences a atteint 1,1 million de personnes, soit près d'un quart de la population, dont 513.000 réfugiés dans les pays voisins et environ 600.000 déplacés à l'intérieur du pays, selon l'ONU.

La moitié des Centrafricains dépendent de l'aide humanitaire, dans l'un des pays les plus dangereux au monde pour les humanitaires. "Plus de 280 incidents" ont "directement touché les ONG" depuis le début de l'année, selon Solidarités International.

 

- Un des pays les plus pauvres malgré ses diamants –

 

Plus des trois quarts des 4,7 millions d'habitants est dans une situation d'extrême pauvreté, selon la Banque mondiale.

Le pays est classé dernier (188e) pour son Indice du développement humain (IDH) par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

L'économie centrafricaine, où tout est à reconstruire, a été dévastée par les crises qui ont empêché ce pays riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or) de se développer. Le pays produit aussi du coton, du café et du tabac.

La reprise économique est plus lente qu'escompté selon la Banque mondiale, qui prévoit 4,7% de croissance cette année et 5% en 2018.

En novembre 2016, Bangui s'est vu promettre plus de 2,2 milliards de dollars sur trois ans lors d'une conférence de donateurs à Bruxelles.

 

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 00:18
Lu pour vous : Dossier Centrafrique dans Libération (suite et fin)
Lu pour vous : Dossier Centrafrique dans Libération (suite et fin)

 

 

 

ANALYSE

 

Centrafrique : une nation en perdition

 

Par Célian Macé, Libération  — 23 octobre 2017 à 19:56

 

Depuis le départ des Français de la force Sangaris, il y a un an, la République centrafricaine s’enfonce à nouveau dans la violence. De massacres en représailles, les groupes armés font régner leur loi et contrôlent 80% du pays. Le secrétaire général de l’ONU tire la sonnette d’alarme.

 

Tout en bas. Dans le dernier classement du Programme des Nations unies pour le développement, la Centrafrique est à la 188e place sur 188. Dernier pays de la planète pour l’indice de développement humain. Etat fantôme dont l’autorité ne dépasse guère la capitale, Bangui. Partout ailleurs, les groupes armés font la loi : depuis cet été, le niveau de violences intercommunautaires rappelle les pires heures de la crise centrafricaine, entre 2013 et 2014.

 

Coalition de mouvements rebelles, composés majoritairement de combattants musulmans (dont une partie venue du Tchad et du Soudan voisins), la Séléka s’empare à l’époque du pouvoir par la force. Ses abus déclenchent un élan de «résistance» parmi la population : les anti-balaka, des miliciens chrétiens et animistes, s’en prennent à tous les musulmans, accusés d’être complices de la Séléka. Celle-ci ordonne des expéditions punitives. Bangui s’enfonce dans un cycle de représailles de plus en plus meurtrières, des quartiers entiers sont rasés (lire ci-contre). Le 5 décembre 2013, le président Hollande déclenche l’opération «Sangaris» pour stopper les massacres, comme le prévoit la résolution 2127 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée à l’unanimité quelques heures plus tôt. Il s’agit de la septième intervention française depuis l’indépendance du pays, en 1960. Au total, jusqu’à 2 000 soldats français seront déployés sur le territoire.

 

«Une crise oubliée»

 

Depuis, la Séléka a été chassée de Bangui, les Casques bleus (12 500 aujourd’hui) ont construit des bases aux quatre coins du pays, un président, Faustin-Archange Touadéra, a été élu en février 2016, et «Sangaris» a pris officiellement fin le 31 octobre 2016. Sauf que les violences n’ont jamais cessé. La Séléka s’est fragmentée en plusieurs groupes armés qui s’affrontent désormais pour le contrôle des ressources (lire page 4). Car, ironie suprême, le sous-sol du pays le moins développé du monde regorge d’or et de diamants. La religion, ou l’ethnie, ne sont souvent que des prétextes pour enflammer la population et justifier des attaques contre un quartier ou un village. Mais à force de tirer sur la corde communautaire, certaines régions ont basculé dans une spirale sanglante de vengeances et de massacres que plus personne ne semble en mesure de pouvoir arrêter. C’est le cas dans le sud-est du pays, où les tueries se sont succédé cet été sans que la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) ne parvienne à protéger les populations. Le secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, a même évoqué des «signes avant-coureurs de génocide» (lire Libération du 28 août).

 

Ce mardi, c’est son patron, António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, qui est attendu dans le pays pour alerter sur «une crise dramatique mais une crise oubliée» - seuls 30 % des fonds prévus pour répondre au désastre humanitaire ont été effectivement versés. Ce sera sa première visite à une mission de maintien de la paix depuis sa prise de fonctions, le 1er janvier. Le déplacement du numéro 1 de l’ONU intervient surtout à deux semaines du renouvellement du mandat de la Minusca : António Guterres demande l’envoi de 900 soldats supplémentaires, au moment où les Etats-Unis de Donald Trump rechignent à financer les opérations de maintien de la paix.

 

Mais 900 soldats de plus feraient-ils la différence ? «Les Casques bleus ont toutes les apparences d’une armée, mais ils ne sont pas une armée. Il n’y a pas une chaîne de commandement mais au moins deux (celle de l’ONU et celle de leur pays d’origine), et surtout combattre est parfois totalement exclu de leur mission, écrit Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (1). Cette différence entre l’apparence et la réalité des Casques bleus est au cœur de l’incompréhension entre l’ONU et les populations qui ne comprennent pas pourquoi des milliers d’hommes en uniforme déployés avec des moyens de combat ne combattent pas.»

 

Pire, dans certaines zones de Centrafrique, les hommes de la Minusca sont régulièrement pris pour cibles car perçus comme partiaux : le contingent marocain installé à Bangassou (sud-est du pays), par exemple, est accusé d’une trop grande proximité avec les déplacés musulmans de la ville, et harcelé par les anti-balaka : sept de leurs Casques bleus ont été tués par cette année par ces guerriers locaux qui s’autoproclament «groupe d’autodéfense».

 

Raid à huis clos

 

Mercredi dernier, les anti-balaka ont mené un raid contre la population musulmane du village de Pombolo, près de Bangassou. Selon l’Agence France-Presse, 26 personnes auraient été tuées. L’ONU a dépêché des soldats gabonais et marocains le lendemain : deux d’entre eux ont été blessés, et les affrontements ont repris dans la ville. Un hélicoptère de la Minusca a essayé de se poser, mais n’a pu le faire en raison des combats. «Une centaine» de civils blessés sont en attente de soins. Sans que ni l’Etat centrafricain, ni l’ONU, ni les ONG ne puissent y accéder.

 

 

(1) Extrait de «le Maintien de la paix, version ONU : radiographie d’une impuissance», publié sur le site The Conversation.

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Centrafrique-Presse.com
24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 00:09
Lu pour vous : Dossier Centrafrique dans Libération
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Lu pour vous : Dossier Centrafrique dans Libération
Lu pour vous : Dossier Centrafrique dans Libération

 

 

 

A Bangui, une «accalmie» fragile

 

 

Par Célian Macé, Envoyé spécial à Bangui Libération — 23 octobre 2017 à 20:06

 

 

Les déplacés commencent à revenir dans leur quartier. Des abris sommaires se construisent mais les tensions confessionnelles demeurent.

 

Il est troublant de trouver du charme à un paysage de destruction. Le quartier de Sara-Yakité, dans l’est de Bangui, a été attaqué, pillé, brûlé et abandonné en décembre 2013, au cours d’affrontements intercommunautaires qui firent plus d’un millier de morts dans la capitale de la République centrafricaine. La végétation équatoriale a envahi les ruines, les murs sont écroulés, des lianes pendent des tôles rouillées. Le silence serait total sans les bruits de métal frappé de l’atelier de Hubert Djamani, qui a été l’un des premiers à revenir, il y a quatre mois. Hubert, 32 ans, loue une minuscule baraque 7 000 francs CFA (10 euros) par mois, en attendant de pouvoir rebâtir sa maison. Chaque jour, 40 seaux en fer et 10 fours en terre sortent de son atelier. «C’est assez de revenus pour manger, pas pour construire», dit-il sans lever les yeux de son travail. Avec un clou, il trace le patron de ses seaux sur des plaques de tôles défroissées. Il évalue à 1 500 euros le coût des travaux pour reconstruire son domicile à l’identique. Tous les jours, sous les herbes, il devine le dessin des anciennes fondations. Il n’en reste qu’un rectangle de terre boursouflée.

 

Comme tous ses voisins, Hubert a fui l’offensive des «musulmans», venus du quartier voisin - les deux zones sont séparées par un canal visqueux. Il s’est réfugié dans l’enceinte de l’église des Frères du quartier des Castors, où il a vécu entassé avec d’autres déplacés jusqu’au mois d’avril. Le site a fermé cette année, ainsi que les 31 autres camps que comptait Bangui. Alors que depuis un an, le pays connaît une nouvelle flambée de combats et de tueries dans le nord-ouest, le centre et le sud-est, poussant des centaines de milliers de Centrafricains à fuir, la capitale rêve de paix. Le retour des déplacés est censé consacrer ce retour au calme. Ou plutôt à «l’accalmie», corrigent prudemment les Banguissois.

 

Certains quartiers abandonnés ont repris vie. Mahamat Nour, 37 ans, sait que dans une semaine, il disposera d’un toit à l’endroit où se tenait sa maison, pour loger ses six filles et deux garçons. Le menuisier porte ce jour-là un maillot de foot de l’AS Monaco. Il a déjà monté les murs, sous un immense manguier. Lui aussi avait un atelier devant sa maison. Lui aussi a été pillé en décembre 2013. Mais Mahamat Nour a fui dans une autre direction. Vers la mosquée centrale, où les musulmans ont cherché à échapper à la vengeance de chrétiens déchaînés, dont des anti-balaka.

 

L’artisan est entouré de voisins catholiques mais il assure «ne pas avoir peur» : «Ça se passe bien, chacun essaye de retrouver sa vie d’avant.» Il a pu reconstruire grâce à un programme d’aide au retour des déplacés mis en place par l’ONG française Acted. A Fondo, son quartier, 600 personnes identifiées comme les plus vulnérables en ont bénéficié. En trois tranches de 50 000, 40 000 puis 35 000 francs CFA (190 euros au total), sous forme de coupons donnant accès à des matériaux, Acted permet aux déplacés de reconstruire des abris. Un semblant de vie économique a repris, des étals de légumes et des kiosques de téléphonie ont réapparu.

 

«Sur les 11 200 habitants de Fondo avant la guerre, 8 200 sont revenus, a compté François Ali, 60 ans, adjoint du chef de quartier. Avant la fin de l’année, nous serons tous là.» Le petit notable n’a pas été jugé éligible au programme d’Acted et vit pour l’instant dans une cabane bâchée. «Il n’y a pas de problèmes entre chrétiens et musulmans»jure-t-il. Avant de préciser : «Ce sont quand même les musulmans qui ont attaqué en premier. Mais on leur a pardonné.»

 

«Le sentiment d’être pillés»

 

La «bonne nouvelle» du retour des déplacés de Bangui masque une disparité inquiétante : «Les musulmans victimes de nettoyage ethnique et qui ont quitté le pays en 2013 ne sont pas revenus, euxexplique Enrica Picco, chercheuse indépendante sur l’Afrique centrale. La population les désigne comme des "étrangers" à cause de leurs origines, parfois lointaines, de leur métier (commerçants dans un pays d’agriculteurs), de leur langue (l’arabe davantage que le sango). Cette question de la citoyenneté centrafricaine, centrale, est restée ouverte depuis le début de la crise. Et les autorités refusent d’y toucher.»

 

En droit, la RCA octroie la nationalité à toute personne née sur son territoire. Quand cette personne est née de parents étrangers, elle peut faire une demande de nationalité avant sa majorité. Mais dans un pays où l’administration est quasi inexistante et où les certificats de naissance sont rares, «c’est la perception des gens qui définit l’individu», poursuit l’universitaire. «Or une personne née de parents tchadiens, même enregistrée, est toujours considérée comme étrangère. Les réfugiés eux-mêmes ont ce discours du "eux" et "nous". Ils ne se sentent pas faire partie de la nation.» Cette tension identitaire déchire le pays depuis des années. «Les Centrafricains ont toujours eu le sentiment d’être envahis et pillés, analyse Louisa Lombard, chercheuse à l’université de Yale. 

 

Depuis la traite des esclaves, en passant par la période coloniale, on se méfie des étrangers en même temps qu’on collabore avec eux, en les regardant devenir plus riches. Les musulmans sont souvent perçus comme des prédateurs. Les années Bozizé [2003-2013] puis Djotodia [2013] ont renforcé ce sentiment, car les Tchadiens dans leur sillage bénéficiaient d’une grande impunité.» «On reconstruit, mais Bangui ne sera plus comme avant», avoue Eric Ngandofo, du quartier Baidji, dont la maison a été «descendue par [s]es frères» musulmans de la zone voisine de PK5. «J’étais l’un des premiers à revenir, j’avais peur les premières semaines.» Longtemps réfugié au célèbre camp de M’Poko, à l’aéroport, ce chef de famille de 33 ans reconstruit en dur. Il a planté quelques légumes. Ses murs, à mi-hauteur, sont en brique et non en terre séchée, et la surface au sol de sa maison est de 40 m2. Coût total : 3 millions de francs CFA, réglés par l’Union des églises évangéliques Elim.

 

«Ça, c’est une belle maison !» souligne Bertin Botto, 50 ans. Toujours déplacé, l’ex-coordinateur du camp de M’Poko porte, lui, un jugement sévère sur le programme d’Acted, qu’il juge «humiliant» : «Les abris reconstruits sont minuscules. J’ai une femme et sept enfants, et je suis censé vivre dans une bicoque avec deux petites pièces ? s’indigne-t-il. Reconstruire à l’identique, c’est désespérant. Le temps de l’urgence est passé, il aurait fallu profiter de ces quartiers détruits pour urbaniser !» Le dernier schéma directeur d’aménagement de Bangui daterait de 1972…

 

«On recrée des vulnérabilités»

 

«Nous pourrions intégrer des habitations d’une plus grande surface, mais cela réduirait le nombre de bénéficiaires, précise Hélène Camus, la chef de mission Acted en Centrafrique. Nous n’aspirons pas à ce que les abris de 18 m² restent tel quel ! En ayant un toit sur la tête, les ménages sont en meilleure condition pour réaliser des activités, générer des revenus et s’ils le souhaitent, utiliser cet argent pour agrandir leur espace de vie.» De fait, les chantiers de Fondo n’ont pas tous la même ampleur : les ménages plus aisés utilisent l’aide de l’ONG, mais la complètent pour rajouter des pièces à leur nouvelle maison, prévoir une terrasse ou cimenter la façade.

 

La saison des pluies, ces mois-ci, est impitoyable pour Bangui : en deux heures à peine, des rues entières se transforment en canaux, les quartiers à flanc de colline ruissellent de boue, l’activité économique est aux trois quarts paralysée. La rivière Oubangui vire alors du bleu sombre à l’ocre vif. A Fondo, une paroissienne évite les flaques rouges et interpelle les humanitaires. «Acted, vos véhicules creusent des trous qui se remplissent d’eau ! Il faudrait les assécher», ose-t-elle critiquer sous le regard de ses amies, restées sur le perron de l’église. «La priorité, ce sont les abris, pour la suite, on verra», répond une humanitaire à la volée.

 

«Ce genre de programme est controversé, admet un acteur du développement basé à Bangui. Il n’y a pas de démarche d’aménagement, d’assainissement, d’éclairage, de viabilisation des terrains… On recrée des vulnérabilités alors qu’on a l’occasion de faire autrement. La vraie raison, ce sont les financements. Il y a des fonds pour l’urgence, moins pour le développement. Faire des abris, c’est pas cher et c’est rapide, c’est parfois la solution de facilité.»

 

«Bien sûr que nous souhaiterions que nos projets interviennent après des opérations d’urbanisation, rétorque Hélène Camus. Mais elles ne font pas partie du mandat humanitaire. C’est le rôle de l’Etat, avec l’appui de bailleurs de fonds institutionnels, comme l’Agence française de développement. Lorsqu’il y a une réelle volonté sur le terrain du gouvernement, nous l’intégrons dans nos projets. C’est le cas à Sara-Yakité, par exemple. Nous attendons le plan d’urbanisation pour démarrer l’identification des abris à reconstruire.»

 

A Sara-Yakité, Juvénal Begoto, 30 ans, n’a attendu ni les ONG ni le ministère. Ce mardi, il a commencé à mouler des briques de terre sèche pour remonter les murs. Il lui en faudra à peu près 5 000, estime-t-il. Le maçon reprend des forces en prenant des rasades de bière de mil. Si la pluie ne ruine pas son travail, il espère terminer les travaux avant le 5 décembre. Quatre ans jour pour jour après avoir laissé sa maison derrière lui. Ce jour-là, son grand frère avait été tué sur le pas de sa porte.

 

Célian Macé Envoyé spécial à Bangui

 

 

REPORTAGE

 

Centrafrique : Bria, modèle réduit de la crise

 

Par Célian Macé, envoyé spécial à Bria Libération  — 23 octobre 2017 à 20:06

 

Combats et pillages ont eu raison de l’ex-capitale du diamant. La ville est polarisée en quatre quartiers, exacts reflets des tensions entre les forces antigouvernementales. Défilant en armes au milieu des civils, les factions se toisent.

Le texte complet de la Déclaration universelle des droits de l’homme a été laborieusement peint à la main sur un grand panneau blanc planté sur le rond-point central de Bria. Etrange initiative. «Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne», dit l’article 3. Ici plus qu’ailleurs, ce principe est bafoué quotidiennement par les groupes armés qui se disputent la ville poussiéreuse autrefois connue comme la capitale centrafricaine du diamant. A l’ombre des immenses manguiers, la mairie, la gendarmerie ou le centre des impôts sont désormais des coquilles vides criblées de balles. Dans les bâtiments officiels, pas un meuble, pas un document n’a résisté aux combats et aux pillages. Des enfants s’amusent à cavaler dans ce qui fut la résidence du gouverneur, la maison la plus imposante de Bria.

 

Derrière les étals de viande sanguinolente et les petits vendeurs de fagots assis le long de l’avenue principale, on distingue encore les façades des bureaux d’achats de pierres précieuses. Tous sont fermés. Les mines artisanales de la région font l’objet d’une lutte acharnée entre les mouvements rebelles, perturbant les circuits traditionnels d’écoulement des diamants de «Bria-la-scintillante». La ville est un modèle réduit de la crise centrafricaine. Sa géographie elle-même est à l’image du pays : morcelée, recomposée, découpée par les groupes armés et traversée de sinistres no man’s land. Bria compte surtout des dizaines de milliers de déplacés internes : 85 % des habitants ont quitté leurs quartiers pour rejoindre des zones plus homogènes sur le plan ethnique ou confessionnel, ou ont fui les combats qui menaçaient leur famille, selon un rapport de l’ONU paru en juillet.

 

Les «événements», comme disent les habitants, ont commencé trois semaines après la fin de l’opération française Sangaris (le 31 octobre 2016), quand ont éclaté les affrontements entre les anciens alliés de la Séléka - la coalition de groupes armés qui renversa le président Bozizé en 2013 avant d’être chassée du pouvoir un an plus tard. L’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), mouvement à dominante peule, refuse à l’époque de rejoindre la nouvelle alliance antigouvernementale dominée par le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), qui revendique un agenda séparatiste et inclut pour la première fois une faction anti-balaka. Jusque-là, ces miliciens bardés de gris-gris, autoproclamés «groupes d’autodéfense», étaient les ennemis jurés de la Séléka.

 

«Traîtres». Le 21 novembre, les positions de l’UPC à Bria sont attaquées, et les combats s’étendent rapidement à toute la région. Pendant plusieurs mois, des centaines de combattants sont tuées de part et d’autre. Les civils peuls de la zone, nomades ou sédentarisés, sont assimilés aux «traîtres» de l’UPC, considérés comme «étrangers» et persécutés. Le 24 mars, les anti-balaka mènent un raid de grande ampleur sur la population peule du quartier de Kotto-Ville (près de l’aéroport) et brûlent les habitations. Cette alliance contre-nature entre ces miliciens incontrôlables, surtout chrétiens et animistes, et les forces du FPRC, très largement musulmanes, divise les ex-Séléka. Au sein même du FPRC, à Bria, une branche conduite par le général Azor, un militaire de l’ethnie goula, défend ce rapprochement stratégique. Il accuse le chef militaire du FPRC, Abdoulaye Hissène, de préférer faire appel à des mercenaires étrangers, notamment tchadiens et soudanais. Azor est installé dans le quartier de Bornou, séparé du reste du reste de la ville par une rivière. On y voit aujourd’hui des anti-balaka en tenue de chasseurs traditionnels, machette autour du cou, assis à quelques dizaines de mètres des hommes en uniforme de l’ex-Séléka, kalachnikov sur les genoux. Un tableau inimaginable ailleurs dans le pays.

 

Expéditions punitives. De l’autre côté du cours d’eau, en centre-ville, les exactions des anti-balaka de Bria et les échos de leurs forfaits dans d’autres villes de Centrafrique sont perçus comme une menace pour l’ensemble de la communauté musulmane. «Les ethnies rounga, sara, kaba, les arabes et les "Tchadiens" [terme qui désigne souvent des Centrafricains d’origine tchadienne, ndlr] se sont ligués contre Azor et les "autodéfense"», explique un habitant du quartier Bornou. Ils auraient reçu l’appui des grands commerçants musulmans de la ville, qui craignent pour leur sécurité. Entre les deux camps désormais rivaux du FPRC, un nouveau front s’est ouvert cet été. La dernière bataille (le 7 septembre) a eu lieu de part et d’autre de la rivière. Pendant les combats, la base d’une ONG nationale, Espérance, a été prise d’assaut.

 

Sous pression, le chef du FPRC, Abdoulaye Hissène s’est progressivement désolidarisé d’Azor, jusqu’à le remplacer récemment par un autre Goula jugé plus fidèle, le général Ousta. Il y a deux semaines, l’homme fort de Bria a également conclu un accord de cessez-le-feu et de «libre circulation» avec les Peuls de l’UPC. Mais les batailles successives de Bria ont vidé des quartiers entiers de leur population. Depuis mai, 40 000 chrétiens environ se sont agglutinés autour du camp des Casques bleus à la sortie ouest de la ville, fuyant des expéditions punitives.

 

Le site de déplacés est contrôlé par des anti-balaka en arme, au mépris de toutes les règles onusiennes. A quelques dizaines de mètres du check-point des soldats de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), des jeunes au regard arrogant serrent la crosse de leur fusil de chasse. D’autres arpentent les allées bondées du camp avec des kalachnikovs en bandoulière : ici, le vrai patron est le chef des anti-balaka, surnommé «Bokassa».

 

Chaque communauté considère qu’il est dangereux de s’aventurer hors de son quartier d’adoption, et s’arme pour mieux se défendre le moment venu. L’Etat a disparu de Bria, l’ONU est la plupart du temps impuissante. Seules les ONG font encore le travail d’aller de l’un à l’autre. Les groupes armés ont fini par transformer Bria en ville-prison.

 

Célian Macé envoyé spécial à Bria Photos Alexis Huguet · Hans lucas

 

 

 

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Centrafrique-Presse.com
24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 00:06

 

 

 

Centrafrique : Bangui se prépare à accueillir 250 investisseurs étrangers

 

23/10/17 (Xinhua)

 

Plus de 250 investisseurs étrangers sont attendus les 8 et 9 novembre à Bangui, la capitale centrafricaine, pour étudier les opportunités d'affaires dans le pays, a-t-on appris dimanche auprès du président de la Chambre de commerce, Robert Ngoki.

"Le forum des investisseurs de Bangui sera une occasion pour promouvoir les richesses de la République centrafricaine auprès des investisseurs mondiaux et voir dans quelle mesure susciter leurs intérêts pour un quelconque business dans le pays", a-t-il indiqué à Xinhua.

 

Le patron de la CCIMA a cependant regretté qu'avec la crise, beaucoup d'opérateurs économiques centrafricains ont perdu leurs fonds de commerce, disant espérer qu'avec ce forum, ils pourront avoir des échanges avec leurs partenaires venus de l'extérieur tout en leur soumettant des dossiers soutenus et susceptibles d'être appuyés.

 

Les secteurs les plus en vue sont ceux des mines, des infrastructures, de l'industrie, des services, de la forêt et de l'agriculture, qui regorgent d'importantes opportunités d'affaires.

 

Cette initiative est soutenue par l'ambassade de France à Bangui, l'Agence française de développement (AFD) et la Société financière internationale (SFI). En prélude à ce forum, plusieurs réunions d'information ont été organisées à l'attention des différentes catégories d'opérateurs économiques centrafricains.

 

Au-delà des bienfaits attendus de ce forum, M. Ngoki a aussi évoqué le besoin d'un "retour de la paix". En effet, avec la crise qui continue de secouer le pays, seules trois préfectures sur 16 sont sous l'autorité effective de l'Etat : Lobaye, Mambéré-Kadéï et Sangha-Mbaéré. Elles se situent toutes dans le sud-ouest, où fleurissent les activités d'exploitation forestière et minière. Il faut ajouter à cela le couloir Bangui-Douala où le gouvernement tire l'essentiel des recettes publiques.

 

Les activités dans le reste du pays sont sous l'emprise des groupes armés. Ainsi, une prévision d'exportation de 4.500 tonnes de café faite par l'Office de règlementation, de conditionnement et de commercialisation des produits agricoles (ORCCPA) pour 2016-2017 s'est révélée erronée. A la fin de la campagne, son directeur, Boniface Damboti, s'était retrouvé avec seulement 1.050 tonnes.

 

 

 

Centrafrique : l’économie du pays est au rouge selon la Banque Mondiale et le Pnud

 

http://www.afriquinfos.com  23 octobre 2017

 

 

Washington (© Afriquinfos 2017)-Malgré le potentiel que lui offre ses diamants, la Centrafrique peine vraiment à décoller sur le plan économique. Un fait dû à la situation politique explosive que traverse le pays. Raison de plus pour voir la population marquée par les habituels conflits et déstabilisations minée par pauvreté.

 

Selon une étude de la Banque Mondiale, ils sont plus de trois quarts des 4,7 millions d’habitants à vivre  présentement dans une situation d’extrême pauvreté. De son côté,  le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), indique que l’indice du développement humain (IDH) au classement mondial révèle que  l’économie centrafricain est la lanterne rouge des 188 pays recensés.

 

Cette situation économique n’est en outre que l’une des conséquences de succession de crises qui ont empêché ce pays riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or) et en produits agricoles (coton, café et tabac) de se développer.

 

Selon la Banque mondiale, la reprise économique est plus lente qu’escompté. La croissance envisagée est de 4,7 % de croissance cette année et de 5 % en 2018. En novembre 2016, Bangui s’est vu promettre plus de 2,2 milliards de dollars sur trois ans lors d’une conférence de donateurs à Bruxelles. Mais, manifestement, cela ne suffit pas.

 

En visite ce mardi en Centrafrique, le secrétaire général de l’ONU va trouver un pays pauvre et enclavé en Afrique centrale, toujours marqué par une instabilité chronique et en proie depuis 2013 à un violent conflit malgré la présence de forces de maintien de la paix.

 

Début des crises

 

En mars 2013, les rebelles d’une coalition hétéroclite, la Séléka, prennent Bangui et renversent Bozizé. Michel Djotodia se proclame président. Les exactions de la Séléka, à dominante musulmane, contre les populations majoritairement chrétiennes débouchent sur la création de milices d’autodéfense, principalement chrétiennes, les anti-balaka (anti-machettes), qui s’en prennent à leur tour aux civils musulmans.

 

Le président Djotodia démissionne sous la pression des dirigeants d’Afrique centrale et de Paris en janvier 2014. Une présidente de transition est élue par le Parlement. Une Cour pénale spéciale (CPS) est créée en 2015 pour instruire et juger les crimes contre l’humanité et crimes de guerre depuis 2003, mais n’est pas encore opérationnelle. En février 2016, l’ex-Premier ministre Faustin-Archange Touadéra est élu président. La présence de forces internationales comme Sangaris et la mission onusienne Minusca (depuis 2014) permettent le retour d’un calme relatif à Bangui, mais pas dans les provinces, contrôlées en majorité par les groupes armés.

 

Conséquences

 

L’une des conséquences les plus graves de cette situation est que le nombre de réfugiés et de déplacés fuyant les violences a atteint 1,1 million de personnes, soit près d’un quart de la population, dont 513 000 réfugiés dans les pays voisins et environ 600 000 déplacés à l’intérieur du pays, selon l’ONU, cité par l’AFP. Résultat : la moitié des Centrafricains dépendent de l’aide humanitaire, dans l’un des pays les plus dangereux au monde pour les humanitaires. En effet, selon Solidarités International, « plus de 280 incidents ont directement touché les ONG » depuis le début de l’année. De quoi montrer que rien n’est encore vraiment réglé dans le pays.

 

I.N

 

 

Centrafrique : une économie exsangue

 

http://afrique.lepoint.fr LE POINT AFRIQUE  Publié le 23/10/2017 à 14:26 | Le Point Afrique

 

C'est un pays à la situation économique des plus catastrophiques qu'António Gutteres, secrétaire général de l'ONU, visite ce mardi.

 

La Centrafrique est connue pour sa situation politique explosive et le contraste saisissant entre le potentiel que lui donnent les diamants et la pauvreté de la population marquée par les conflits et déstabilisations à répétition. Aujourd'hui, plus des trois quarts des 4,7 millions d'habitants sont dans une situation d'extrême pauvreté, estime la Banque mondiale. Au classement mondial de l'indice du développement humain (IDH) établi par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), la Centrafrique est la lanterne rouge des 188 pays recensés.

 

Tout est à reconstruire...

 

Il faut dire que l'économie centrafricaine a été dévastée par la succession de crises qui ont empêché ce pays riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or) et en produits agricoles (coton, café et tabac) de se développer. Selon la Banque mondiale, citée par l'AFP, la reprise économique est plus lente qu'escompté. La croissance envisagée est de 4,7 % de croissance cette année et de 5 % en 2018. En novembre 2016, Bangui s'est vu promettre plus de 2,2 milliards de dollars sur trois ans lors d'une conférence de donateurs à Bruxelles. Mais, manifestement, cela ne suffit pas. Le secrétaire général de l'ONU va trouver un pays pauvre et enclavé en Afrique centrale, toujours marqué par une instabilité chronique et en proie depuis 2013 à un violent conflit malgré la présence de forces de maintien de la paix. 

 

... pour se remettre d'une instabilité chronique 

 

Il n'aura en effet fallu attendre que cinq ans pour que David Dacko, premier chef d'État depuis l'indépendance en 1960, soit renversé par un coup d'État de Jean-Bedel Bokassa. Celui-ci s'est fait élire président à vie avant de se faire couronner empereur en 1977. Entre frasques mégalomaniaques et sanglantes exactions, en passant par un massacre d'écoliers, la Centrafrique de Bokassa aura souffert autant du point de vue politique, économique que de celui de l'image. Le 20 septembre 1979, Bokassa, en visite en Libye, est chassé du pouvoir par les parachutistes français. Dacko rétablit la république, mais est contraint deux ans plus tard de céder le pouvoir aux militaires. André Kolingba accède au pouvoir et instaure le multipartisme en 1991. En 1993, Ange-Félix Patassé remporte la présidentielle. Le pays connaît en 1996-1997 trois mutineries d'une partie de l'armée, avant un coup d'État manqué en 2001. En 2003, François Bozizé, ancien chef d'état-major des armées, en rébellion depuis novembre 2001, renverse Patassé et s'autoproclame président. Dès 2005, le pays fait face à plusieurs rébellions, qui s'emparent de localités du Nord, reprises grâce à l'aide de la France ou par l'armée tchadienne à l'appel de Bangui.

 

2013 : le début d'une crise violente... 

 

En mars 2013, les rebelles d'une coalition hétéroclite, la Séléka, prennent Bangui et renversent Bozizé. Michel Djotodia se proclame président. Les exactions de la Séléka, à dominante musulmane, contre les populations majoritairement chrétiennes débouchent sur la création de milices d'autodéfense, principalement chrétiennes, les anti-balaka (anti-machettes), qui s'en prennent à leur tour aux civils musulmans. Redoutant un génocide, la France lance l'opération militaire Sangaris (2013-2016), sous mandat de l'ONU. En janvier 2014, le président Djotodia démissionne sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale et de Paris. Une présidente de transition est élue par le Parlement. Une Cour pénale spéciale (CPS) est créée en 2015 pour instruire et juger les crimes contre l'humanité et crimes de guerre depuis 2003, mais n'est pas encore opérationnelle. En février 2016, l'ex-Premier ministre Faustin-Archange Touadéra est élu président. La présence de forces internationales comme Sangaris et la mission onusienne Minusca (depuis 2014) permettent le retour d'un calme relatif à Bangui, mais pas dans les provinces, contrôlées en majorité par les groupes armés.

 

... à l'origine d'un fort déplacement de populations

 

L'une des conséquences les plus graves de cette situation est que le nombre de réfugiés et de déplacés fuyant les violences a atteint 1,1 million de personnes, soit près d'un quart de la population, dont 513 000 réfugiés dans les pays voisins et environ 600 000 déplacés à l'intérieur du pays, selon l'ONU, cité par l'AFP. Résultat : la moitié des Centrafricains dépendent de l'aide humanitaire, dans l'un des pays les plus dangereux au monde pour les humanitaires. En effet, selon Solidarités International, « plus de 280 incidents ont directement touché les ONG » depuis le début de l'année. De quoi montrer que rien n'est encore vraiment réglé dans le pays. 

 

 

Centrafrique : le budget prévisionnel pour l'exercice 2018 est de 209 milliards de francs CFA

 

23/10/17 (Xinhua)

 

Le budget prévisionnel de la République centrafricaine (RCA) comptant pour l'année 2018 est de 209 milliards de francs CFA (environ 375 millions de dollars), avec une prévision de recettes de 161 milliards de francs CFA (environ 289 millions de dollars) et un déficit budgétaire de 48 milliards de francs CFA (86 millions de dollars US) à rechercher auprès des partenaires, a appris vendredi Xinhua auprès du ministre centrafricain des Finances et du Budget, Henri-Marie Dondra.

 

D'après M. Dondra, à la différence de l'année précédente, le projet de loi des finances pour l'exercice 2018 qui a été soumis à l'examen des parlementaires comporte trois innovations majeures.

 

La première innovation concerne le renforcement du compte unique de trésor, la deuxième touche les dépenses non réparties et la dernière se rapporte au respect du délai constitutionnel au moment du dépôt du projet de loi sur la table des députés.

 

De manière explicite, M. Dondra soutient que désormais des agents du trésor seront affectés dans les agences où sont générées les recettes publiques dans le but de les converger vers l'administration centrale du trésor et veiller également à la lisibilité du budget.

 

Longtemps fonctionnaires du Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE), un établissement international spécialisé dans la promotion des investissements publics et privés, M. Dondra a été expressément nommé par le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra dans le but d'amorcer de grandes réformes économiques et financières dans le pays.

 

Dans le souci de mieux maîtriser l'exécution du budget, M. Dondra avait eu l'audace de publier sur le site du ministère dont il a la charge les chiffres relatifs aux salaires et traitements des hauts dignitaires de l'Etat, allant du chef de l'Etat aux responsables des sociétés et offices publics, en passant par le parlement.

 

Centrafrique : l’économie du pays est au rouge selon la Banque Mondiale et le Pnud
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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 00:02

 

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

 

 

Bangui, 23 octobre 2017 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, entame mardi après-midi une visite en République centrafricaine (RCA), marquée par plusieurs rencontres avec les autorités et différents acteurs centrafricains à Bangui et à Bangassou.

 

Le Secrétaire général arrive dans la capitale centrafricaine le 24 octobre, date de la commémoration de la Journée des Nations Unies, dont il assistera à la cérémonie officielle aux côtés du Président de la République, Faustin Archange Touadéra. Auparavant, le Secrétaire général déposera une gerbe de fleurs en mémoire des casques bleus des Nations Unies morts pour la cause de la paix en RCA.

 

Le Secrétaire général et le Président de la République se retrouveront le mercredi 25 octobre, au Palais de la Renaissance, pour un tête-à-tête suivi d’une déclaration à la presse. Le Secrétaire général se rendra ensuite à Bangassou où il rencontrera les responsables locaux, des déplacés internes ainsi que les membres de la Coordination des acteurs de la cohésion sociale. Il s’entretiendra également avec le personnel civil et en uniforme de la MINUSCA à Bangassou.

 

Le jeudi, 26 octobre, le Secrétaire général prendra part aux côtés du Chef de l’Etat, à la Présidence, à une réunion sur le processus de Désarmement-Démobilisation-Réintégration (DDR), avant de se rendre ensemble au Monument des Martyrs pour rendre hommage aux victimes centrafricaines. Ensuite, le Secrétaire général recevra, à la MINUSCA, les représentants de partis politiques, de la société civile, des responsables religieux et des défenseurs des droits de l’homme ainsi que l’Union africaine (UA) et la Mission technique de l’Union européenne (EUTM).

 

Le 27 octobre, le Secrétaire général prononcera un discours à l’Assemblée nationale, avant de visiter PK5 et de s’entretenir avec des représentants d’associations de femmes et de jeunes. Dans l’après-midi, le Secrétaire général répondra aux questions de la presse à l’aéroport de Bangui-Mpoko avant de quitter la RCA.

 

Dans un message diffusé la semaine dernière, le Secrétaire général a exprimé sa « solidarité personnelle et l’engagement sans faille des Nations Unies” aux côtés des Centrafricains, à qui il demande de choisir la paix et de privilégier le dialogue.

 

Il a souligné que la visite lui permettra d’échanger avec le Gouvernement centrafricain “sur les stratégies concrètes pour relancer un dialogue afin de sortir une fois pour toutes de la crise” mais également “d’évaluer les besoins de notre Mission sur le terrain afin qu’elle puisse mieux protéger la population civile.”

 

 

 

United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic

 

 

Vladimir Monteiro

 

 

Spokesperson/Porte-parole

 

MINUSCA - Avenue Barthélemy Boganda BP 3338 Bangui, Central African Republic

Cellphone: + 236 75980772 - 72259932 | Extension : (173) 5545/5506 | Tetra : 10874

E-mail: monteiro6@un.org | Skype : Vladimir.Monteiro4 | Twitter : @MonteVlad

https:// minusca.unmissions.org

 

 

 

Guterres en Centrafrique pour une première visite aux Casques bleus

 

23/10/17 (AFP)

 

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est attendu mardi en Centrafrique, où les violences ont redoublé ces deniers mois dans les provinces, au moment où le mandat des 12.500 Casques bleus de la Minusca déployés dans le pays est sur le point d'être renouvelé.

 

"C'est un peu un geste de solidarité, pour être ce jour-là avec les forces de maintien de la paix dans un des environnements les plus dangereux", a-t-il expliqué dans un entretien à l'AFP et Radio France Internationale (RFI).

 

Cette visite en Centrafrique - "une crise dramatique mais une crise oubliée" -, sera sa première visite à une mission de maintien de la paix depuis sa prise de fonctions le 1er janvier.

 

Elle intervient dans un contexte financier délicat pour l'ONU, avec une forte pression du président américain Donald Trump pour des coupes budgétaires au sein de l'organisation internationale et certaines de ses missions de paix.

 

Elle coïncidera par ailleurs avec la "journée des Nations unies", proclamée en 1947 et qui marque l'entrée en vigueur de la charte de l'ONU.

 

Pour M. Guterres, le "niveau de souffrances du peuple (centrafricain) mais aussi les drames subis par les humanitaires et les forces de maintien de la paix méritent une solidarité et une attention accrues".

 

Le secrétaire général arrivera à Bangui dans un contexte sécuritaire tendu: si la capitale reste épargnée par les violences, groupes armés et autre milices "d'autodéfense" ont repris leurs affrontements à grande échelle dans le Sud-Est, dans le centre et dans le Nord-Ouest, faisant des centaines de morts parmi les populations civiles, invariablement prises pour cibles.

 

- Déplacement à Bangassou -

 

Douze Casques bleus ont été tués depuis le début de l'année, notamment à Bangassou (six morts en mai), où doit se rendre M. Guterres. "Il veut aller leur rendre hommage", dit-on à l'ONU à Bangui.

 

Cette région, en particulier l'axe Alindao-Bangassou, est théâtre d'affrontements et massacres à répétition ces dernières semaines, faisant des dizaines de tués, selon des bilans encore provisoires.

 

La visite de M. Guterres en RCA, quelques semaines avant le très probable renouvellement du mandat de la Minusca (12.500 hommes depuis 2014, alors que la France a mis fin en 2016 à sa mission militaire Sangaris), est un message politique fort, à un moment où les critiques pleuvent sur la mission de l'ONU.

 

Accusés par leurs détracteurs de "passivité" et parfois même de "collusion" face aux groupes armés, les contingents onusiens font aussi face à une avalanche d'accusations d'agressions sexuelles.

 

En juin, un bataillon de plus de 600 soldats du Congo-Brazzaville avait été renvoyé chez lui après des accusations d'agressions sexuelles et divers trafics. En 2016, 120 Casques bleus congolais avaient déjà été renvoyés pour les mêmes motifs.

 

Accompagné de Jane Connors, avocate des droits des victimes de l'ONU, le secrétaire général a déclaré vouloir rencontrer des victimes d'abus et leurs familles.

 

Ancien haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés, M. Guterres connait bien la Centrafrique, où il s'est rendu à plusieurs reprises.

 

- 'Impunité zéro'? -

 

Il lui sera sans doute demandé de se prononcer sur les "signes avant-coureurs de génocide" dont s'était alarmé fin août son secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, Stephen O'Brien, mais démenti depuis par un autre responsable onusien, Adama Dieng, conseiller spécial de l'ONU pour la prévention du génocide. Ce dernier a pointé des "indicateurs" pouvant "aboutir, (...) s'ils ne sont pas maîtrisés, aux crimes de génocide".

 

A Bangui, cette visite est très attendue : "Les Casques bleus doivent plus nous aider et être plus présents, il faut que le chef de l'ONU leur dise", dit Régis, déplacé de l'est du pays et désormais Banguissois.

 

Au pouvoir depuis un an, le président Faustin-Archange Touadéra, dont l'élection en 2016 avec le plein soutien de l'ONU et de la France avait suscité une vague d'espoir, n'a pas réussi jusqu'à présent à restaurer l'autorité de l'Etat.

 

Sa décision d'intégrer des représentants des groupes armés au sein du gouvernement, malgré ses promesses d'une "justice implacable", a suscité le scepticisme, alors que ces mêmes groupes sont unanimement désignés comme les principaux responsables des violences.

 

Les Nations unies plaident pour une "impunité zéro" pour les auteurs de crimes commis en Centrafrique. La Minusca tente par ailleurs depuis septembre de mettre en oeuvre un délicat programme de désarmement (DDR) des membres des groupes armés.

 

Dans un rapport présenté au Conseil de sécurité, le secrétaire général a demandé l'envoi de 900 hommes supplémentaires pour la Minusca.

 

"Ce n'est pas de la quantité qu'il faut ajouter, c'est de la qualité", estime quant à lui un soldat d'un contingent africain de la force de l'ONU.

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES ATTENDU MARDI EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES ATTENDU MARDI EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 23:58
Centrafrique : Antonio Guterres attendu mardi à Bangui
Centrafrique : Antonio Guterres attendu mardi à Bangui

 

 

 

http://www.adiac-congo.com  23-10-2017 14:02

 

Le secrétaire général de l’ONU effectue sa visite au moment où les violences ont repris dans certaines provinces du pays et que son institution s’apprête à renouveler le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies en Centrafrique (Minusca), forte de 12 000 Casques bleus.

 

La mission du patron de l'Organisation des Nations unies (ONU) intervient dans un contexte sécuritaire tendu. Les affrontements entre groupes armés rivaux ont repris dans le sud-est, le centre et le nord de la Centrafrique, faisant des centaines de morts. Elle est la première du genre qu’Antonio Guterres effectue dans ce pays depuis sa prise de fonctions, le 1er janvier 2017.

 

« C’est un peu un geste de solidarité, pour être ce jour-là avec les forces de maintien de la paix dans un des environnements les plus dangereux », a expliqué le secrétaire général de l’ONU à la presse, avant de se rendre en Centrafrique. « Le niveau de souffrances du peuple centrafricain, mais aussi les drames subis par les humanitaires et les forces de maintien de la paix méritent une solidarité et une attention accrues », a-t-il souligné.

 

Pour certains observateurs, la visite d’Antonio Guterres, qui va avoir lieu quelques semaines avant le probable renouvellement du mandat de la Minusca, est un message politique fort, à un moment de regain des violences dans certaines provinces du pays.

 

La Centrafrique a basculé dans les massacres de masse en 2013 avec le renversement du président Bozizé par l’ex-Séléka, entraînant une contre-offensive des anti-Balaka. Elle bénéficie d’un retour au calme à Bangui après l’intervention de la France (2013-2016) et des Nations unies. Mais les groupes armés menacent toujours les civils à l’intérieur du pays.

 

L’actuel président de la République, Faustin-Archange Touadéra, dont l’élection en 2016 avec le plein soutien de l’ONU et de la France avait suscité une vague d’espoir, peine toujours à restaurer l’autorité de l’Etat dans toutes les provinces.

 

Nestor N'Gampoula

 

 

 

La Centrafrique, championne du monde des interventions internationales

 

23/10/17 (AFP)

 

La Centrafrique, où le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, fera mardi sa première visite d'une opération de maintien de la paix, détient le record des interventions internationales sur son sol.

 

En raison d'une histoire marquée par une instabilité politique chronique, le pays a connu une dizaine d'interventions internationales, sous le drapeau de l'ONU, de l'Union européenne, de l'Union africaine ou d'organisations régionales africaines, mais aussi de la France, ex-puissance coloniale.

 

- Missions de l'ONU -

 

Dès l'arrivée au pouvoir d'Ange-Félix Patassé en 1993, le pays se retrouve dans un état de rébellion quasi permanente. Les années 1996-97 sont marquées par des mutineries à répétition dans l'armée.

 

Les accords de Bangui en 1997 sont censés y mettre fin. La Misab (Mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui, 1997-1998), coalition de pays africains sous mandat onusien, est chargée de faire respecter ces accords, sans grand succès.

 

La Misab sera remplacée par des missions de l'ONU (Minurca, Bonuca, Binuca) censées contribuer à la consolidation de la paix, alors que le pays s'enfonce dans le marasme: sanglantes épurations dans l'armée, tentative de coup d'État en 2001, innombrables exactions des militaires.

 

- Interventions régionales -

 

Parallèlement, les organisations régionales créent leurs propres missions de "protection" et de "consolidation" de la paix, avec aussi peu de résultats.

 

La Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad) intervient avec une Force de maintien de la paix et de la sécurité (2001-2002), puis la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) avec la Fomuc (2002-2008), suivie par la Micopax (2008-2013) sous l'autorité de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC).

 

Pour tenter de lutter contre les rebelles tchadiens et soudanais opérant à partir du territoire centrafricain, les mandats de la Minurcat (2007-2010) et de l'Eufor-Tchad (2007-2009) sont étendus à la Centrafrique.

 

Lancée en décembre 2013, la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine) était placée sous mandat de l'Union africaine. Elle comptait environ 6.000 hommes à Bangui et en province, pour la plupart intégrés en 2014 dans la nouvelle force onusienne, la Minusca.

 

- Interventions française, européenne, ougandaise et américaine -

 

Entre 2013 et 2016, Paris lance, avec un mandat de l'ONU, l'opération Sangaris pour faire cesser les violences de la coalition rebelle Séléka (à dominante musulmane) et les représailles des milices antibalaka prétendant défendre les chrétiens. Quelque 2.000 soldats français sont déployés, en appui à la Misca et la Minusca.

 

Plusieurs soldats de Sangaris seront accusés de viol sur des enfants. En mars 2017, le parquet de Paris a requis un non-lieu dans une enquête sur ces accusations.

 

Une force européenne, l'Eufor-RCA, est intervenue à Bangui de février 2014 à mars 2015, avec 700 hommes au plus fort du déploiement. Ensuite l'Union européenne a envoyé des formateurs européens pour les forces armées centrafricaines à Bangui (EUMAM-RCA puis EUTM-RCA).

 

Des troupes ougandaises et américaines qui ont traqué en vain pendant des années l'Ougandais Joseph Kony, chef de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), une des rebellions les plus sanglantes au monde, ont entamé leur retrait en avril 2017.

 

- La Minusca devrait être prolongée -

 

L'ONU a pris le relais de la Misca le 15 septembre 2014 avec la Minusca (Mission de l'ONU en République centrafricaine), créée par la résolution 2149 du Conseil de sécurité et souvent décriée par les Centrafricains pour son manque de réactivité.

 

Son mandat s’achève le 15 novembre mais devrait être renouvelé.

 

Dans un rapport remis le 17 octobre au Conseil de sécurité, Antonio Guterres recommande de renforcer avec 900 Casques bleus la Minusca, qui en compte actuellement un peu plus de 10.000.

 

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra avait estimé en septembre, devant l'assemblée générale des Nations unies, qu'il faudrait plusieurs milliers de militaires supplémentaires.

 

De Casques bleus de la Minusca ont été à plusieurs reprises accusés d'agressions sexuelles et plusieurs centaines renvoyés chez eux.

 

M. Guterres a dit vouloir "établir une norme pour éliminer ce fléau".

 

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 23:56

 

 

 

http://www.adiac-congo.com   Lundi 23 Octobre 2017 - 19:38

 

Réunis le 21 octobre dernier à Libreville, au Gabon, les ministres en charge des Affaires étrangères des pays membres de l'organisation sous-régionale ont demandé l’accélération du dialogue entre les parties prenantes  à la crise dans le pays, aux fins de la signature et la mise en œuvre d’un accord de paix et de réconciliation.

 

Les ministres ont exprimé leur préoccupation sur la situation sécuritaire qui prévaut en République Centrafricaine (RCA) en raison de la recrudescence des affrontements entre les groupes armés et leurs attaques contre la population civiles et les forces internationales. Ils ont salué le projet du désarmement, démobilisation et réinsertion engagé dans le pays et les efforts du gouvernement centrafricain dans la restauration de la sécurité. Ils ont également encouragé le gouvernement et les groupes armés à entreprendre et accélérer le dialogue politique dans le cadre de l’initiative africaine. Selon eux, les besoins humanitaires restent importants en RCA à cause de l’insécurité et des violences récurrentes qui poussent la population à se déplacer à travers le pays.

 

Les ministres ont, en outre, approuvé la prochaine visite du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, en RCA, et l’ont exhorté à plaider auprès du Conseil de sécurité pour doter la Minusca des moyens nécessaires pour l’accomplissement de sa mission.

 

Ils ont réaffirmé l’engagement des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) à œuvrer aux côtés de la communauté internationale et des Nations unies en vue de la stabilité définitive en RCA. Après avoir déploré la violation des droits humains par quelques éléments des troupes des pays membres, les ministres ont encouragé les Etats de la communauté à renforcer la formation de leurs forces de défense et de sécurité en matière du Droit international humanitaire.

 

Concernant la réforme de la CEEAC, les ministres ont instruit le secrétaire général de l’institution, Ahmad Allam-Mi, à poursuivre le processus de recrutement du cabinet des experts devant réaliser le diagnostic du cadre légal et organisationnel et formuler des options de réforme du dispositif institutionnel régional.

 

Notons que la réunion de Libreville a regroupé les ministres des Affaires étrangères du Cameroun, du Congo, du Tchad, du Rwanda, du Gabon, de la République démocratique du Congo, de la Guinée Equatoriale, de la RCA, de l’Angola et de Sao Tome et Principe.

 

Christian Brice Elion

Centrafrique : la CEEAC appelle l’UA à accélérer le dialogue entre le gouvernement et les groupes armés
Centrafrique : la CEEAC appelle l’UA à accélérer le dialogue entre le gouvernement et les groupes armés
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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 23:54
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Le RDC pose des préalables au renouvellement du mandat de la Minusca

 

PAR NOURA OUALOT LE 23 OCTOBRE 2017

 

BANGUI, 23 octobre 2017(RJDH)— Le parti politique Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) a posé des conditions pour le renouvellement du mandat de la Minusca. Une déclaration y relative a été rendue publique ce matin par Désiré Kolingba, président de cette formation politique.

 

Le RDC pose deux principaux préalables au renouvellement du mandat de la mission onusienne. D’abord l’ajustement de l’action de la Minusca à la complexité de la crise centrafricaine, ensuite l’engagement de la mission d’apporter des réponses concrètes aux exactions des groupes armés, « l’action de certains contingents de la Minusca qui posent le problème de leur impartialité, leur réaction inadaptée au terrain qui pose le problème de leur efficacité, l’absence de réaction appropriée des forces spéciales de la Minusca à l’égard des tueries de masse depuis six mois dans le centre Est et le Sud-est du territoire national ayant entraîné la disparition des villes et villages par suite d’exode des populations. Il faut que cela change », explique Désiré Kolingba.

 

Pour cette formation politique, la Minusca est la seule responsable des violences dans la région 6, «  la Minusca a délocalisé Ali Darass de la Ouaka pour la Basse-Kotto entraînant l’embrasement de toute la région ponctué par les attaques et contre-attaques meurtrières des groupes armés du FPRC, de l’UPC et celles des Anti-Balaka contre les populations civiles, cela depuis Mi-mai 2017 », dénonce le président du RDC.

 

Ce parti plaide pour le redéploiement des forces nationales, « pour une opérationnalisation effective et rapide des FACAS, il devient chaque jour plus urgent de doter les forces armées centrafricaines en équipements de travail adéquats ».  

 

Le bureau politique du RDC lance un appel solennel à la cessation des hostilités pour que le pays retrouve la paix.

 

Le RDC fait cette déclaration la vieille de l’arrivée à Bangui du Secrétaire Général des Nations-Unies, Antonio Guterrès, une visite officielle dans un contexte de recrudescence de  violences sur une grande partie du territoire national.

 

 

DÉCLARATION SOLENNELLE DU BUREAU POLITIQUE DU RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE CENTRAFRICAIN RELATIVE A LA VISITE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES ET A LA SITUATION SÉCURITAIRE EN CENTRAFRIQUE.

 

Le 24 Octobre 2017, M. Antonio GUTTERRES, Secrétaire Général des Nations Unies entamera une visite officielle en République Centrafricaine dans un contexte de recrudescence de la violence sur une grande partie du territoire national.

 

A la veille de cette visite et du renouvellement du mandat de la MINUSCA, les déclarations successives des plus hauts responsables des Nations Unies, toutes plus alarmistes les unes que les autres, à savoir celles de Messieurs O’BRIAN et ADAMA DIENG, tous deux chargés de la prévention des crimes de génocide et de Monsieur GUTTERRES lui-même, évoquant sa désillusion quant au retour de la paix, laissent transparaître une inquiétude qui interpelle vivement le RDC.

 

C’est ici le lieu pour le RDC de condamner à nouveau avec fermeté la persistance et l’extension de cette violence suite à la délocalisation par la MINUSCA vers la fin de l’année 2016 de Monsieur ALI DARASS dans la Préfecture de la Basse-Kotto. Ceci a entraîné l’embrasement de toute la région n°6, ponctué par les attaques et les contre-attaques meurtrières des groupes armés FPRC, UPC et Antibalaka sur les populations civiles innocentes depuis la mi Mai 2017.

 

Le RDC voit ainsi ses idéaux de paix et de concorde nationale gravement compromis par le comportement de certains fils du pays qui, par calculs machiavéliques, veulent se faire entendre, même au péril de la nation toute entière.

 

Cependant, le RDC ne désespère pas de voir ces fils du pays engagés dans la voie sans issue de l’extrémisme, se ressaisir et donner la chance à notre pays de panser ses plaies, de recouvrer son unité et de renouer avec l’espérance à la faveur d’un dialogue inclusif impliquant les principaux acteurs de la crise.

 

S’appuyant sur les décisions du Forum National de Bangui sur l’impunité zéro, le RDC soutient la mise en place de la commission d’enquête judiciaire qui est déjà à l’œuvre pour traquer les auteurs des crimes de sang ainsi que leurs commanditaires et les traduire devant les juridictions compétentes afin qu’ils répondent enfin de leurs actes.


Le Bureau Politique du RDC saisit cette occasion pour s’incliner devant la mémoire des centaines et des centaines de victimes innocentes des massacres horribles de KEMBE et de POMBOLO et de toutes les autres qui se comptent par autant de centaines à BRIA, BATANGAFO, NIEM YELOWA et BOCARANGA. Le RDC présente ses condoléances les plus émues à toutes les familles si durement éprouvées.

 

Quant à l’action de la communauté internationale face à cette crise qui perdure depuis 2012, le RDC se félicite de l’engagement prononcé des pays amis et frères ainsi que des Organisations et autres partenaires techniques et financiers en faveur de la République Centrafricaine et exprime aux uns et aux autres sa reconnaissance appuyée. A cet égard, le RDC salue à sa juste valeur la contribution de toutes les organisations humanitaires y compris celles du système des Nations Unies ainsi que de la MINUSCA à l’effort de stabilisation de la situation dans notre pays.

 

Toutefois, notre Parti estime que le renouvellement du mandat de la MINUSCA doit faire l’objet d’un bilan partagé avec tous les acteurs nationaux et internationaux afin d’ajuster l’action de la mission des Nations Unies en Centrafrique à la nature complexe du conflit et aux besoins de la population centrafricaine.

 

C’est ainsi que le RDC attend de la visite du Secrétaire Général des Nations Unies en Centrafrique des réponses concrètes à une série de préoccupations dont trois parmi les plus importantes s’analysent comme autant de faiblesses de l’action de la MINUSCA. Il s’agit de :


1-L’action de certains contingents de la MINUSCA qui pose le problème de leur impartialité ; 


2-leur réaction inadaptée au terrain qui pose le problème de leur efficacité ; 


3-l’absence de réaction appropriée des forces spéciales de la MINUSCA à l’égard des tueries de masse perpétrées depuis six mois dans le Centre Est et le Sud-Est du territoire national (IPPY, BRIA, ALINDAO, ZANGBA, MOBAYE, BANGASSOU, GAMBO, ZEMIO, KEMBE, POMBOLO ) ayant entraîné la disparition des villes et villages par suite d’exode des populations.

 

Pour finir, le RDC considère que seule une force légitime, débarrassée de l’hypothèque de l’embargo qui pèse sur elle, est en mesure de rétablir les équilibres nécessaires à la pacification et à la sécurisation de notre pays.

 

C’est pourquoi, pour une opérationnalisation effective et rapide des FACA, il devient chaque jour plus urgent de doter les forces armées centrafricaines en équipements de travail adéquats.

 

Dans ce sens, le RDC se réjouit de la coopération embryonnaire entre la MINUSCA et les Forces armées centrafricaines (FACA) et exprime le vœu que cette coopération se renforce davantage au profit de la population centrafricaine.

 

Le Bureau Politique du RDC lance une fois de plus un appel solennel à la cessation des hostilités pour que notre cher et beau pays recouvre enfin la paix.


Fait à Bangui, le 23 Octobre 2017
 

Le Président

 

Désiré Bilal Nzanga KOLINGBA

 

 

Centrafrique : Les membres de la Commission Nationale des Droits de l’Homme prennent fonction

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 23 OCTOBRE 2017

 

BANGUI, 23 Octobre 2017(RJDH) —-Les membres de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et de Liberté Fondamentale(CNDHLF), nommés ont été installés ce jour à Bangui. Ils sont chargés d’enquêter sur les graves violations des droits de l’homme dans le pays.

 

Ce sont douze membres dont quatre femmes, nommés par décret présidentiel qui sont installés. Parmi eux, il y a des magistrats, Avocats, professeurs d’Université et des leaders de la société civile. La création de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et de Liberté Fondamentale(CNDHLF) fait suite aux graves violations des droits de l’Homme commises entre décembre 2003  et janvier 2015. Elle est créée au moment où plusieurs zones sont encore sous tension.

 

Les tâches seront difficiles, selon Me Jean Paul Moussa Veketo, membre de la commission, du fait de l’instabilité encore permanente sur une bonne partie du territoire, « c’est vrai que cette mission sera difficile dans les zones sous contrôle des groupes armés. Selon la loi, nous devons mettre en place les antennes dans les régions sur l’ensemble du pays. Mais nous allons diligenter les enquêtes avec l’aide de la Minusca et du Gouvernement centrafricain », précise-t-il.

 

Le Premier ministre Mathieu Simplice Sarandji reconnait les grands défis auxquels doivent faire face les membres de la CNDHLF. Il appelle à une mobilisation forte des institutions internationales pour soutenir ces derniers dans leur mission, « les questions de violations des Droits de l’Homme se posent avec acuité dans notre pays. Les populations centrafricaines ont soif de la justice et  attendent de vous d’être formées, informées, éduquées et conscientisées sur la justice et des Droits de l’Homme. Je voudrais solliciter la mobilisation de la communauté internationale à travers diverses appuis de Droits de l’Homme pour vous aider », souhaite le Premier ministre.

 

La commission nationale des Droits de l’Homme a été créée par la loi N°17.015 du le 20 avril 2017.

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 02:44

 

 

 

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 21 OCTOBRE 2017

 

BANGUI, 21 octobre 2017 (RJDH)—Le premier conseil d’administration du Réseau des Journalistes des Droits de l’Homme (RJDH) a été mis en place ce jour à l’issue d’une Assemblée Générale extraordinaire. Les neuf membres de cet organe de suivi, ont été élus pour un mandat de trois ans.

 

L’élection des membres du conseil d’administration du RJDH intervient à l’issue d’une Assemblée Générale de deux jours. Sur les neuf membres, il y a quatre membres du bureau dont la présidence est conduite par Romary Gonessa et le secrétariat Général par Naim-Kaelin Zamane.

 

Le président du Conseil d’administration, Romary Gonessa, dans une interview accordée au RJDH, s’est félicité de la tenue de cette Assemblée Générale extraordinaire qui, selon lui est un déclic pour reconstruire le RJDH, « nous venons de franchir une étape très importante au niveau du RJDH à travers cette Assemblée Générale qui va nous permettre de redonner un nouveau visage au réseau et le pousser d’avantage vers un avenir radieux », explique le président du RJDH.

 

Pascal Chira, Directeur-Pays a indiqué dans son intervention que cette Assemblée Générale est la résultante d’un processus dont l’objectif est de renforcer le dynamisme au sein du RJDH. Pour lui, « la mise en place du conseil d’administration est la preuve de la maturité de cette organisation que nous avons accompagnée depuis des années », explique-t-il avant de souhaiter bon vent à la nouvelle équipe à qui il a demandé de privilégier le rassemblement.

 

Le Coordonnateur du RJDH Thiery Kondhe se dit rassuré par la mise en place de ce conseil d’administration dont l’objectif est de renforcer les acquis de la coordination nationale du RJDH. Il a plaidé pour le renforcement des capacités de nouveaux membres du conseil d’administration, des journalistes et des correspondants afin de les rendre plus efficaces pour l’avenir du RJDH.

 

C’est la première fois que le RJDH, créé en 2010, met en place un conseil d’administration dont la mission principale, selon les nouveaux textes de base révisés, est d’assurer le contrôle de la coordination nationale.

Centrafrique : Le RJDH met en place son conseil d’administration à l’issue d’une Assemblée Générale extraordinaire
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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 02:39
RCA: une nouvelle étape dans le rapprochement UPC-FPRC?

 

 

 

Par RFI Publié le 21-10-2017 Modifié le 21-10-2017 à 02:48

 

Le FPRC, branche de l'ex-seleka dirigée par Nourredine Adam, qui contrôle tout le nord-est de la Centrafrique, a annoncé que le général en chef de l'UPC, Ali Darass, devenait vice-président de la grande coalition de l'ex-seleka. Pour le moment, l'entourage du principal concerné dément.

 

L'UPC devait faire un démenti dans la semaine. Désormais, il faudra attendre le début de la semaine prochaine, assure-t-on à la direction politique du groupe armé, arguant qu'Ali Darass se rend sur les lieux des derniers massacres commis contre des musulmans dans le sud-est du pays et n'est donc pas en mesure de signer ce démenti.

 

Pour le moment, c'est Abdoulaye Issène, le président du CNDS, le Conseil national de défense et de sécurité, et bras droit de Nourredine Adam, qui crie victoire en annonçant le retour de son frère ennemi.

 

Car avec un ralliement d'Ali Darass, c'est non seulement un essai politique qui est transformé, reléguant l'ancien maître de Bambari, à la place de second, mais également un essai militaire. Car le FPRC entend bien donner main forte à son nouvel allié, largement déstabilisé par les groupes d’autodéfense de Bangassou qui ont commis plusieurs massacres ces dernières semaines. Notamment à Kembé et Pombolo.

 

Les deux hommes s'étaient rencontrés dans le week-end, à Maloum, au nord de Bambari, pour discuter de cette éventuelle alliance et avaient déjà signé un cessez-le-feu il y a une dizaine de jours. Mais pour le moment, cet accord semble dissonant, du moins sur le papier.

 

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