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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 22:47
Lu pour vous : Pourquoi la crise centrafricaine dure et va durer

 

 

 

Point de vue

 

Pourquoi la crise centrafricaine dure et va durer

 

Pour le chercheur Thierry Vircoulon, la recrudescence de violences met en évidence l’absence d’un véritable Etat et l’inefficacité de l’ONU.

 

Une nouvelle vague de violences frappe la Centrafrique. Le 8 mai, des miliciens ont tendu une embuscade à un convoi de la Minusca, faisant six morts parmi les casques bleus. Puis, dans la nuit du 12 au 13 mai, des miliciens ont attaqué la ville de Bangassou et s’en sont pris aux communautés peules et musulmanes de cette ville. D’après la Croix-Rouge centrafricaine, l’attaque de Bangassou aurait fait une centaine de morts. Les jours suivants, des combats se sont encore déroulés à Bria et Alindao.

 

Selon un scénario désormais bien rôdé, quand une partie du pays s’enflamme, l’incendie est communicatif et l’opposition se déchaîne contre l’inefficacité du gouvernement et des casques bleus. A la violence du sud-est de la Centrafrique fait écho la violence du Nord-Ouest, dans les régions de Paoua, Bocaranga, Kabo, Markounda et Bang, où les humanitaires sont particulièrement ciblés.

 

Du fait de la dégradation de leur situation sécuritaire, quatre des plus importantes organisations humanitaires en Centrafrique ont décidé, début mai, de suspendre temporairement leurs activités dans ces régions.

 

Un territoire à prendre

 

Sanctuarisés dans une immense zone allant du Nord-Ouest au Sud-Est et qui coupe le pays en deux, les groupes armés luttent les uns contre les autres pour contrôler certaines ressources naturelles et certains axes commerciaux.

 

Après s’être affrontés au début de cette année pour le contrôle de Bambari, une ville stratégique au centre du pays, les différents groupes armés se battent maintenant pour définir « leurs » zones d’influence dans le sud. Par exemple, l’Union pour la paix en Centrafrique s’efforce d’avoir accès à la frontière congolaise afin de pouvoir trafiquer avec certains en République démocratique du Congo (RDC).

 

Cette guérilla territoriale, qui se déroule à des centaines de kilomètres de la capitale, est attisée par le retrait annoncé des armées ougandaise et américaine du Sud-Est, qui s’étaient installées en 2011 pour neutraliser l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). Ce retrait, qui a commencé et devrait être achevé en juin, crée un vide sécuritaire dans le Sud-Est, nouveau territoire d’affrontement.

 

Cette recrudescence de violences met en évidence les trois principales raisons de la persistance de la crise centrafricaine :

 

Le programme de DDR, une utopie lointaine

 

Présenté comme la recette miracle pour le retour de la sécurité et censé être mis en œuvre par les Nations unies, le programme de « désarmement, démobilisation et réintégration », dit DDR, est bloqué depuis 2015 car les incitations négatives sont plus importantes que les incitations positives pour le gouvernement et les groupes armés. Le gouvernement n’a aucun intérêt à accepter les revendications des chefs de groupes armés (amnistie, participation au gouvernement et aux institutions de sécurité). De leur côté, les représentants des groupes armés ont tout intérêt à faire durer les discussions sur le DDR.

 

Si les bailleurs de fonds ont réuni 45 millions de dollars (40 millions d’euros) pour le DDR, les conditions politiques et sécuritaires ne sont actuellement pas réunies et l’ONU ne semble pas avoir le pouvoir de les mettre en place.

 

La réforme de gouvernance : une rhétorique vide

 

Sur le plan de la gouvernance, l’absence d’élan réformateur par le gouvernement issu des élections de 2016 pose un problème. La crise centrafricaine qui a débuté en 2013 est l’aboutissement d’au moins deux décennies de mauvaise gouvernance qui ont eu pour conséquences logiques la déréliction de l’appareil d’État et la « désadministration » progressive d’une grande partie du territoire. La Centrafrique est devenue un État fantôme réduit au siège du gouvernement, incapable d’exercer les fonctions de souveraineté basiques sur la majorité de son territoire.

 

L’élection régulière d’un nouveau gouvernement était porteuse d’une promesse de rupture avec ce passé et de refondation de l’administration, tant civile que sécuritaire. Mais les promesses de changement n’engagent que ceux qui y croient, surtout quand l’ombre de l’ancien régime plane sur le nouveau. Ainsi les fonctionnaires des administrations régaliennes ont-ils été redéployés en province sans moyens financiers pour fonctionner – comme avant la crise.

 

Le déficit de management des rares services administratifs qui subsistent en Centrafrique fait douter les bailleurs de fonds de la volonté du gouvernement d’enclencher les réformes de gouvernance mises en avant dans sa feuille de route et de lutter contre la corruption.

 

L’ONU face à ses contradictions

 

Depuis la fin de l’opération militaire française Sangaris et de l’opération européenne Eufor, et en raison de la passivité de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), l’ONU est de facto chargée de conduire la Centrafrique vers une paix durable. Pour ce faire, le Conseil de sécurité a posé les principes de la stratégie de paix dans la résolution postélectorale du 26 juillet 2016.

 

Cette stratégie repose sur les mêmes principes que ceux énoncés par le Conseil de sécurité pour le Mali, le Soudan du Sud ou la RDC : la réconciliation par le dialogue, la lutte contre l’impunité, la lutte contre le trafic d’armes et de ressources naturelles, etc. L’agent d’application de cette stratégie et de ces techniques est la Minusca, qui compte environ 10 000 casques bleus dotés du droit d’employer la force en vertu du chapitre VII de la charte des Nations unies.

 

Cohérente en apparence, cette architecture de paix est malheureusement viciée à la base. D’une part, la stratégie de paix contenue dans la résolution onusienne ne fait pas consensus ; d’autre part, l’ONU a une capacité de « containment » des acteurs du conflit, mais pas une capacité d’influence sur eux.

 

L’inefficacité de l’armada onusienne (dont le budget est proche du milliard de dollars) et des sanctions du Conseil de sécurité n’a pas seulement un coût humain, mais aussi un coût politique : le fait d’être un acteur de sécurité faible sur le terrain ne discrédite pas seulement l’ONU aux yeux des acteurs locaux (populations, groupes armés et gouvernement), il en fait aussi un nain politique dans un contexte où le Conseil de sécurité souhaite une solution négociée à la crise. Dès lors, la stratégie onusienne est prise dans un cercle vicieux : l’absence de force dissuasive n’incite pas à la négociation et la spirale de la violence rend la négociation encore plus improbable.

 

Impuissance volontaire

 

Pour l’heure, on ne voit ni sortie de crise proche ni solution durable pour la crise centrafricaine. Tant qu’il n’y aura pas de forte pression sur le gouvernement et les groupes armés et que le Conseil de sécurité continuera d’opter pour l’impuissance volontaire, la Centrafrique subira un conflit de basse intensité avec des pics de violence tous les quatre ou cinq mois.

 

Faute d’intérêts à s’accorder sur le DDR depuis deux ans, les groupes armés ont consolidé leur base économique et sont passés de dix à quatorze. Après les violences à Bambari et à Bangassou, les membres du Conseil de sécurité sont face à l’alternative suivante :

 

  • soit se contenter d’un statu quo épisodiquement violent et d’une partition de facto de la Centrafrique. Financièrement, ce choix signifie que les bailleurs de fonds devront continuer de maintenir le gouvernement sous perfusion et qu’il faudra financer la Minusca pour encore au moins dix ans et trouver les fonds qui manquent pour faire face à une crise humanitaire durable. En termes de risque, ce choix conduira à l’enracinement des groupes armés et à la création d’une zone grise de la taille de la France et de la Belgique réunies au centre de l’Afrique.
  • soit faire bouger les lignes pour une solution négociée en regagnant de l’influence sur les parties au conflit. Cela implique de faire en sorte qu’au niveau de l’ONU, la force et la diplomatie aillent de pair, de cesser de croire qu’un DDR par le seul dialogue est possible et d’employer la méthode de la carotte et du bâton pour débloquer ce dossier, d’agir sur l’économie de guerre des groupes armés et de conditionner le soutien au gouvernement à des actions concrètes au lieu de promesses vides. C’est un scénario innovant, et donc hautement improbable.
  •  

Thierry Vircoulon est chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI) et enseignant à Sciences Po et à l’Université Sorbonne-Paris-Cité.


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/26/pourquoi-la-crise-centrafricaine-dure-et-va-durer_5134074_3212.html#rz5oYp59e0t6D0se.99

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 22:18
Lu pour vous : Privé de sa rente pétrolière, le Tchad s’enfonce dans la crise
Lu pour vous : Privé de sa rente pétrolière, le Tchad s’enfonce dans la crise

 

 

 

 

L’Etat tchadien, très affecté par la baisse des cours de l’or noir, est en quasi-faillite. Face aux difficultés économiques et sociales, le pouvoir se crispe.

 

LE MONDE ECONOMIE | 26.05.2017 à 10h07 | Par Laurence Caramel (N'Djamena, envoyée spéciale)

 

A N’Djamena, personne ne prédit l’avenir. Murés dans le silence, les Tchadiens attendent. Quand s’achèvera cette course vers l’abîme dans laquelle s’enfonce le pays depuis près de trois ans ? Ils guettent comme des oracles les grands chantiers présidentiels suspendus en 2015, alors que s’évanouissait la rente pétrolière. Mais, pour l’instant, le Toumaï Palace aux façades dorées, la carcasse de béton du futur ministère des affaires étrangères comme celle du ministère des finances se refusent à parler.

 

Sur les échafaudages recouverts de poussière, nul signe de reprise. L’Etat n’a plus d’argent. Si le mot faillite n’est pas encore prononcé, le président Idriss Déby Itno ne le doit qu’au soutien budgétaire des institutions internationales et des bailleurs occidentaux, reconnaissants envers leur meilleur allié dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Et trop inquiets à l’idée que ce régime, qui peut se prévaloir de sa stabilité dans le chaos régional, puisse à son tour basculer. N’Djamena abrite le quartier général de l’opération militaire française « Barkhane ». « Ce serait la Somalie ou le Mali puissance 10 », prédit-on dans les chancelleries inquiètes.

 

« Situation bloquée »

 

Fin 2016, après quatre mois de grève pour protester contre les arriérés de salaires, les fonctionnaires ont progressivement repris le travail. Amers. « On est à bout. Que reste-t-il de l’argent du pétrole ? Quelques routes, un hôpital que l’Etat n’a plus les moyens d’entretenir. C’est la misère. Il y a ceux qui sont au chômage et ceux qui ont un travail mais ont du mal à se faire payer », lâche l’un d’eux. A côté de l’ancien Parlement, dans le centre-ville, les hommes se louent à la journée. Electriciens, plombiers, maçons, caisse à outils au pied, ils attendent le client en sirotant de l’alcool de canne à sucre. Et dans l’avenue Sao, où les gagnants de la manne pétrolière venaient flamber leurs dollars, la vie tourne au ralenti.

 

Pris de court par ce revers de fortune qu’il n’avait pas anticipé, le pouvoir s’est un peu plus crispé. Le 4 mai, Nadjo Kaina Palmer et Bertrand Solloh Gandere, deux militants du mouvement Iyina (« On est fatigués », en arabe), ont été condamnés à six mois de prison avec sursis pour « tentative de complot » et « provocation d’attroupement ». Incarcérés début avril et victimes de tortures, selon leurs avocats, ils avaient appelé à une journée « ville morte » pour exprimer le mécontentement général, un an après la réélection d’Idriss Déby pour un cinquième mandat. Dans une lettre commune, les ambassadeurs de l’Union européenne, des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la France et de la Suisse ont exprimé leur « préoccupation » face à ces arrestations et réitéré « leur attachement au respect des libertés d’expression et de manifestation ». Peut-être cela-a-t-il contribué à adoucir la peine ? Le procureur avait requis cinq ans de prison ferme.

 

Abderamane Gossoumian, coordinateur du Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation, constate :

 

« Le régime durcit le ton en attendant des jours meilleurs. Les journalistes sont traqués, les militants de la société civile menacés, les acteurs politiques ne peuvent plus organiser des meetings librement. La situation est bloquée. Le gouvernement est dans le déni. Personne ne veut assumer la chute des cours du pétrole, alors qu’il faudrait expliquer aux Tchadiens ce qu’il s’est passé et ouvrir un dialogue pour trouver une voie de sortie consensuelle. »

 

Dépenses divisées par deux

 

Les jours meilleurs ne sont pas pour demain. A côté de l’effondrement des revenus du pétrole – dont le cours a été divisé par trois entre 2014 et 2016, passant de plus de 100 dollars à 34 dollars le baril –, le gouvernement doit faire face au remboursement de la dette qu’il a contractée auprès du courtier en matières premières anglo-suisse Glencore : plus de 2 milliards de dollars (environ 1,8 milliard d’euros) imprudemment empruntés en deux fois, entre 2013 et 2014.

 

Les institutions financières internationales et les bailleurs bilatéraux sont à nouveau devenus incontournables

 

Cette somme correspond à une première avance sur les revenus du brut, de 800 millions, puis à un prêt de 1,4 milliard de dollars pour racheter la participation de l’américain Chevron dans le consortium composé avec ExxonMobil et Petronas pour l’exploitation des champs pétroliers de Doba, dans le sud du pays. Le Tchad a déjà rééchelonné sa dette une fois. Mais un retour à la table des négociations pour obtenir une nouvelle bouffée d’oxygène des créanciers est d’actualité.

 

Depuis plusieurs mois, Glencore se rembourse directement en commercialisant le brut tchadien. « Il ne rentre quasiment plus rien dans les caisses de l’Etat. Une soixantaine de millions de dollars contre 1 milliard de dollars il y a trois ans. Ce n’est pas tenable » avertit un observateur.

 

L’ajustement a été brutal. L’Etat a été contraint de diviser ses dépenses par deux. Seuls les engagements militaires ont été protégés pour que le Tchad puisse continuer à tenir son rôle de gendarme régional, en particulier dans la région du lac Tchad, déstabilisée par le mouvement djihadiste Boko Haram.

 

Une deuxième « facilité de crédit » en discussion

 

Les institutions financières internationales et les bailleurs bilatéraux sont à nouveau devenus incontournables. Une deuxième « facilité de crédit » avec le Fonds monétaire international est en cours de discussion et une délégation ministérielle est attendue début septembre au siège européen de la Banque mondiale, à Paris, pour convaincre les donateurs de soutenir le Plan national de développement 2017-2021. Montant de la corbeille : 2 000 milliards de francs CFA (environ 3,1 milliards d’euros). « Nous ne sommes pas là seulement pour faire les fins de mois de l’Etat tchadien, notre soutien doit se traduire en dialogue politique et en réformes mises en œuvre. Il faut que quelque chose se passe sinon ça va craquer », veut croire l’un de ces donateurs.

 

Ce serait un tournant. Jusqu’à présent, rien n’a fait dévier le pouvoir de sa trajectoire funeste et la première décennie « pétrole » s’est soldée par une occasion manquée. Le Tchad, où l’espérance de vie ne dépasse pas 52 ans, est classé 186e sur 188 sur la liste du développement humain du Programme des Nations unies pour le développement.


http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/05/26/prive-de-sa-rente-petroliere-le-tchad-s-enfonce-dans-la-crise_5134099_3234.html#yQHmlQdcqBMXeYFh.99

 

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 21:46
Centrafrique : Un ancien cadre de BADICA arrêté dans des conditions douteuses

 

 

Centrafrique : Un ancien cadre de BADICA arrêté dans des conditions douteuses

 

Par RJDH le 27 mai 2017

 

BANGUI, 27 mai 2017 (RJDH)—Zakari Yaou Mahafour, ancien Directeur Général du Bureau d’Achat de Diamant en Centrafrique (BADICA) a été arrêté et mis aux arrêts sur ordre du 3ème juge d’instruction. Cette arrestation est dénoncée par la défense qui parle d’une machination visant à bloquer les droits légaux que BADICA était sommé en première instance de verser à son ancien Directeur Général.

 

Zakari Yaou Mahafour était opposé à BADICA depuis quelques années. Ce dernier réclamait ses droits légaux après avoir été licencié par la société qui n’avait pas, selon des sources proches du dossier, évoqué des raisons.

 

En première instance, la société a été sommée de verser une somme de 230 millions de Fcfa à Zakari Yaou Mahafour. Mais depuis que BADICA est réassignée à verser cette somme, les choses se sont précipitées contre celui qui pourtant a été lésé.

 

Le 18 mai dernier, le tribunal présidé par le 3ème juge d’instruction a condamné Zakari Yaou Mahafour à cinq mois d’emprisonnement ferme et 50000 Fcfa d’amende. Alors que la défense a interjeté appel, contre toute attente, le 3ème juge d’instruction délivre un mandat d’arrêt et fait arrêter le présumé qui a été à la Compagnie Nationale de Sécurité avant d’être transféré à la prison centrale.

 

La défense de Zakari Yaou Mahafour s’étonne de la rapidité à laquelle le dossier a été géré. Dans une lettre adressée au ministre de la justice, lettre dont RJDH a eu copie, Me Christine Ouaballo Priso parle de dérapage qui déshonore la justice centrafricaine. Dans ce document, la défense demande la libération de Zakari Yaou Mahafour pour permettre à la procédure de suivre son cours jusqu’à ce que le jugement prenne la valeur de la chose jugée.

 

Des informations en notre possession font état de fonds utilisés pour manipuler la décision de la justice. Le 3ème juge d’instruction qui pourtant, selon nos sources aurait promis de faire libérer le présumé pour que la procédure suive son cours, n’est plus joignable. Le RJDH a tenté aussi en vain d’entrer en contact avec le parquet.

 

Dans la soirée du vendredi, la maison familiale du présumé a été encerclée par des hommes armés qui, de sources bien informées ne parleraient pas Sango. Les membres de cette famille ont du passer la nuit du vendredi à samedi ailleurs.

 

Ce n’est pas pour la première fois que BADICA, empétrée dans des affaires, tente de manipuler la décision de justice. Cette société a été accusée de connivence avec la Séléka. Cette situation a conduit le gel des avoir de cette société à l’étranger conformément à la sanction des Nations-Unies.

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 21:02
Lu pour vous : Centrafrique. "Ils nous lançaient des mains et des pieds découpés"

 

 

Centrafrique. "Ils nous lançaient des mains et des pieds découpés"

 

http://www.ouest-france.fr/  le | Publié le

 

De notre correspondant en RCA, à Bangassou, Abel SPRANG

 

La ville de Bangassou, à 500 km de Bangui, la capitale, sombre à nouveau dans le chaos. Le quotidien des civils et des humanitaires est rythmé par les prises d'otage et les agressions.

 

À Bangassou, le cauchemar a commencé début mai : six Casques bleus de la Minusca tués dans une embuscade tendue par des villageois, l'arrivée d'une centaine d'hommes armés, puis le massacre des musulmans. Djamil, l'un des rescapés, raconte : « Les Casques bleus ont dit aux musulmans de se réfugier dans la mosquée. Ce qu'ils ont fait. Puis les Casques bleus les ont abandonnés. »

 

L'évêque de Bangassou, l'Espagnol Juan-José Aguirre-Munoz, précise : « Après le départ des Casques bleus, une vague de miliciens anti-balaka a accouru vers la mosquée en hurlant, brandissant machettes et fusils artisanaux. Ils ont vu l'imam sortir. Ils lui ont tiré dessus. Il est tombé à genoux, blessé à mort. »

 

Nuit d'horreur

 

Encerclés par des hommes armés, quatre cents musulmans ont attendu 48 heures. Des tireurs étaient postés tout autour. « Ils nous lançaient des mains et des pieds découpés », ajoute Djamil.

 

Le bilan officiel fait état de 108 morts et de 76 blessés. Ce carnage est l'oeuvre de « fils de chasseurs en colère », comme les appellent les habitants. Depuis plusieurs semaines, des dizaines de rapports d'ONG, confirmés par des observateurs de l'Onu et par les autorités locales, signalaient des mouvements d'hommes armés se dirigeant vers Bangassou. « Au moins mille », avance l'évêque. « C'est probable », renchérit un humanitaire, précisant que, lorsqu'ils ont déferlé sur la ville, « ils étaient drogués, alcoolisés, incontrôlables ».

 

Selon l'évêque, « cette chasse systématique aux musulmans [...] est la conséquence d'un conflit de plus longue date. C'est une vengeance contre le mal qu'a fait la Seleka. Dans la tête des gens, les paisibles musulmans de Bangassou sont alliés à la Seleka. ». Puis il déplore : « Beaucoup de ces jeunes anti-balaka sont désoeuvrés et cherchent des moyens de survivance. » De fait, les musulmans de Bangassou constituent l'élite économique de la ville et sont donc une cible privilégiée.

 

Crise de grande ampleur

 

« Les anti-balaka font la loi », déplore un humanitaire. Il faut dire que la Minusca locale est amoindrie, ses soldats à bout de forces et ses matériels à bout de souffle. L'autorité de l'État n'est représentée que par sept gendarmes armés de deux fusils de chasse.

 

Forts de leur impunité, les anti-balaka s'attaquent désormais aux humanitaires, n'hésitant pas à les prendre en otage et à tuer deux femmes alitées au sein même de l'hôpital. Jeudi, le responsable d'une ONG médicale sur place se préparait au pire : « Des mesures d'évacuation du personnel humanitaire ont été prises » et une partie de l'équipe a été exfiltrée, en soirée, vers Bangui.

 

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 21:39
Les militaires gabonais outillés avant leur engagement pour la Centrafrique

 

 

Les militaires gabonais outillés avant leur engagement pour la Centrafrique

 

Par AGP - 26/05/2017

 

Dans le cadre de la fin de la préparation opérationnelle du bataillon des forces armées gabonaises avant son déploiement en République de Centrafrique au sein de la MINUSCA

 

Dans le cadre de la fin de la préparation opérationnelle du bataillon des forces armées gabonaises avant son déploiement en République de Centrafrique au sein de la MINUSCA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique), une cérémonie de remise des diplômes a été organisée le mercredi au camp de Gaulle à Libreville.


Cette remise de diplômes fait suite à une formation de préparation opérationnelle (combat en forêt, secourisme, droit international…) organisée par les Éléments Français au Gabon.


Le bataillon gabonais, qui va rejoindre prochainement la MINUSCA afin de maintenir une situation sécuritaire stabilisée en Centrafrique, vient de terminer la dernière étape de sa formation opérationnelle au sein du camp de Gaulle à Libreville.



Les derniers modules du stage ont été validés au camp de Gaulle au sein des EFG (Éléments Français au Gabon). En effet, les EFG complètent la formation des militaires des pays partenaires de la Communauté Économique des États d’Afrique Centrale (CEEAC) durant leur mise en condition avant engagement dans des opérations intérieures ou extérieures. A ce titre, près de 8400 stagiaires sont répartis chaque année au sein de plus de 200 stages hautement spécialisés.


Ces soldats (hommes et femmes) des Forces Armées Gabonaises ont ainsi suivi une formation de plusieurs semaines sur le combat en forêt, le secourisme de guerre, le droit international, la lutte contre les engins explosifs improvisés… et sont parfaitement opérationnelles pour leur futur engagement en Centrafrique.


Afin de marquer symboliquement cette étape, une cérémonie de remise des diplômes a été organisée mercredi 24 mai 2017 à 11h00 au camp de Gaulle sous la présidence du général de Kersabiec, commandant les Éléments Français au Gabon (EFG) et en présence du général Bibaye, chef d’état-major général des forces armées gabonaises.

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 21:34

 

 

 

Suite aux multiples refus du gouvernement de répondre aux interpellations du parlement, des tensions statistiques étaient très palpables mettant en danger la cohésion du jeu démocratique et le bon fonctionnement des institutions étatiques. Remontés contre le non versement des fonds de fonctionnement de l'assemblée nationale par le gouvernement, les parlementaires ont commencé à murmurer en coulisses leur intention d'opposer une motion de censure à l'actuel gouvernement. Pour des raisons encore inconnues, le chef du gouvernement a décidé de répondre favorablement à l'énième interpellation des parlementaires.

 

Dans son allocution liminaire, le chef du gouvernement n'avait d'autres arguments pour justifier leur retrait que de s'excuser, de demander un "piteux pardon" au nom de son gouvernement avec drapeau et bible à la main et de promettre les députés comme un petit enfant qui reconnaît ses bêtises que ses erreurs ne se reproduiront jamais, qu'il tirera in fine les leçons de ce malentendu. En outre, il faut noter que la confession par définition est un aveu de pêchés en vue d'obtenir l'absolution. Ce volt-face du premier ministre laisse le citoyen lambda dubitatif et ce dernier ne peut se priver de la curiosité de comprendre à travers des interrogations : qu'est-ce qui justifient les changements d'attitude et de comportement du premier ministre ?

 

Quelle est la motivation du changement de cap ? Le chef du gouvernement a t-il reçu des remontrances ou injonctions de la part du Président de la République ? Ce pardon renforcera t-il sa posture de chef du gouvernement ? Le pardon/aveu de culpabilité prolongera t-il ses jours ? Pourquoi un si long silence pour que le pénitent premier ministre accepte de répondre aux interpellations des députés ? En se confessant et en optant pour le profil-bas, le premier ministre a t-il échappé à une motion de censure ?

 

Notre enseignant/premier ministre a t-il confondu pardon et excuse ? Pardonner est-elle synonyme d'oublier ? Toutes les fautes sont-elles pardonnables ? Après le pardon, ce sentiment de culpabilité est-il effacé ? Autant d'interrogations sans réponses qui laissent perplexe le citoyen lambda qui se permet de poser la dernière et ultime question : la paix est-elle encore possible sachant que la crise n'est pas centrafricaine ?

 

De prime abord et au-delà de toute considération, nous tenons à apprécier, à féliciter l'humilité et le courage du premier ministre car il a demandé pardon au nom de son gouvernement et il a accepté endosser la responsabilité des actes des membres de son gouvernement. Il a été démontré que le pardon même dépourvu de sincérité n'est pas une faiblesse mais une vertu car il libère, apaise les tensions. Le pardon relève de la morale, et si les parlementaires entendent sanctionner ultérieurement le gouvernement, rien ne les empêche selon les termes de la constitution.

 

L'absence du ministre de La Défense à la séance animée et axée sur la sécurité sonne comme une insulte à l'égard des députés mais le jeu démocratique a obligé le chef du gouvernement de répondre lamentablement à sa place. Il est ressorti de ses interventions sur les questions sécuritaires un manque chronique de carrure et de finesse politique pour espérer diriger un gouvernement en temps de crise.

 

Ces piteuses interventions ressemblaient à une causerie de rue démontrant au passage que le mode de gestion est basé sur des rumeurs et ragots de basse classe. Cette situation, plus particulièrement la question du député du Mbomou sur la reprise des hostilités et le niveau sécuritaire jamais atteint depuis les indépendances, met à nu son incompétence à ramener la paix, à restaurer l'autorité de l'Etat sur l'étendue du territoire national, son incapacité à circonscrire et à extirper le mal.

 

Ensuite, il n'est pas parvenu en tant que premier ministre à connaître le comment du pourquoi des tueries et certains de ses propos sur la sécurité frôlent la vulgarité. Notre étonnement est encore si grand car un premier ministre qui est responsable des actions gouvernementales devant le parlement ne maîtrise visiblement pas les questions vitales de la nation et demande à tour de rôle aux ministres de s'expliquer, une sorte de les inviter chacun à prendre ses responsabilités. Notoirement, le gouvernement ne dispose pas de programme d'action sur le volet sécuritaire. C'est un pilotage à vue, ce qui explique le manque de lisibilité qui étouffe le minimum d'effort fait par le gouvernement.

 

Pour finir, nous rappelons à la classe politique centrafricaine que la question sécuritaire dépasse tous les clivages et nécessite la contribution de tous bords à condition que le pouvoir veuille bien associer toutes les forces vives de la nation. La classe politique centrafricaine doit comprendre qu'avant de se projeter en 2021, il faut d'abord contribuer positivement à la pacification du pays, à la restauration de l'autorité de l'Etat et à la sauvegarde de l'intégrité du territoire national. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

 

Paris le 26 mai 2016

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections.

PIÈTRE ET PITEUSE CONFESSION DU PREMIER MINISTRE DEVANT LES PARLEMENTAIRES. par Bernard Selemby Doudou

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 16:43
Nouvelles nationales sur RJDH
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L’Alliance des Evangéliques en Centrafrique (AEC) s’oppose à l’idée d’amnistie

 

Par Daniel Nguerelessio le 26 mai 2017

 

BANGUI, 26 Mai 2017 (RJDH)—Les leaders des églises évangéliques en Centrafrique s’opposent à l’idée de l’amnistie en faveur des groupes armés et exigent le réarmement des FACA. Propos tenus lors d’une conférence de presse ce 25 mai à la FATEB à Bangui.

 

La prise de position des leaders évangéliques intervient dans un contexte de regain de violence au sud et au nord-est du pays. Plusieurs organisations de la société civile ont critiqué l’idée de l’amnistie soulevée par certains pays dont le Tchad et d’autres institutions telle que l’Union Africaine. Le sujet de réarmement revient alors que l’EUTM a livré un bataillon formé sans équipements létaux au gouvernement.

 

Dr. Nicolas Guérékoyamé-Gbangou, leader de l’AEC se dit opposer à l’amnistie en ces termes : « Nous nous posons la question sur la libre circulation des chefs de guerre qui causent la désolation au sein de la population civile. Nous appelons les députés à ne pas s’engager sur la voie de l’amnistie, car le jour où une loi dans ce sens sera votée, c’est ce jour-là que nous descendrons dans la rue ».

 

Selon les leaders de l’AEC, la sécurité passe par le réarmement des FACA et l’application des dispositions des résolutions de l’ONU. « Nous pensons que la situation sécuritaire peut avoir un début de solution si la Minusca met en œuvre les différentes résolutions des Nations Unies sur la RCA, mais aussi réarme les FACA », peut-on entendre dans les couloirs de la conférence.

 

Les leaders de l’AEC appellent a plus d’action humanitaire en faveur des déplacés de Alindao, Bangassou et Bria.

 

 

Centrafrique : Le procureur de la Cour Pénale Spéciale déjà à Bangui

 

Par Judicael Yongo le 26 mai 2017

 

BANGUI, 26 Mai 2017(RJDH)—Le Procureur Spécial près la Cour Pénale Spéciale Centrafricaine Toussaint Mutazini Mukimapa est arrivé à Bangui dans la soirée d’hier jeudi 25 mai. Selon Flavien Mbata, ministre de la justice, cette arrivée ouvre la voie au démarrage des activités de cette cour mixte.

 

L’arrivée du procureur spécial était attendue depuis quelques semaines. Les magistrats nommés à la cour pénale spéciale prêteront serment dans les prochains jours, selon le ministre de la justice. Quelques jours avant cette arrivée, le comité de sélection des membres de la CPS, avait annoncé que toutes les dispositions étaient prises pour que cette cour lance ses activités.

 

Le Procureur Spécial près la Cour Pénale Spéciale(CPS) Toussaint Mutazini Mukimapa de nationalité congolaise (RDC) est nommé le 14 février 2017 par le président centrafricain Faustin Archange Touadera. Il aura la lourde responsabilité d’enquêter sur les crimes commis par les différents groupes armés en République Centrafricaine.

 

 

Centrafrique : La situation humanitaire critique à Bria suite aux violences de ces derniers jours

 

Par Fridolin Ngoulou le 26 mai 2017

 

BANGUI, 26 mai 2017 (RJDH)—Après les combats entre groupes armés rivaux les 15 et 18 mai 2017, la ville de Bria s’est vidée de sa population. Les conditions de vie des personnes déplacées restent très déplorables, selon des sources humanitaires jointes par le RJDH depuis Bria.

 

Des groupes armés rivaux continuent de s’affronter dans plusieurs localités des provinces mettant en périls la vie des populations civiles. Ces affrontements sont enregistrés alors que 14 groupes armés ont marqué leur adhésion au processus du DDRR.

 

Selon les informations du RJDH, la ville de Bria est vide à plus de 80%. «Sur les 47 500 habitants que compte Bria, 41 409 ont subi un déplacement forcé. En l’espace de quelques jours, en quête de sécurité, la population a afflué dans un flot ininterrompu vers sept sites », a rapporté une déclaration conjointe coordination humanitaire-gouvernement ce 25 mai 2017 après une visite d’identification des besoins dans cette localité.

 

Sur les sites, en cette saison pluvieuse, le besoin le plus urgent est la disponibilité des abris et des denrées alimentaires. Cependant, après l’épuisement du premier stock des vivres, un convoi humanitaire serait en route vers Bria où l’assistance humanitaire est de plus en plus attendue.

 

Des sources humanitaires parlent de 600 maisons brulées pendant les affrontements, les réserves alimentaires pillées et les biens saccagés. Plus de 30 personnes ont été tuées ainsi que plusieurs autres blessées. Après les affrontements armés, la crise humanitaire semble s’installer.

 

La dernière violence entre les groupes rivaux remonte au 21 novembre 2016, où quelques 3.000 déplacés restent encore sur les sites. La ville de Bria compte actuellement sept sites des déplacés./

 

 

Centrafrique : Un candidat au concours de la gendarmerie meurt lors des épreuves physiques

 

Par Auguste Bati-Kalamet le 26 mai 2017

 

BANGUI, 26 Mai 2017 (RJDH) — Le candidat au concours de la gendarmerie Igor Madré d’une vingtaine d’année a trouvé la mort après les épreuves physiques le 25 mai au stade 20.000 places à Bangui. Les résultats de la consultation médicale prouvent qu’il est mort suite d’un arrêt cardiorespiratoire.

 

Le constat révèle que plusieurs candidats n’ont pas réuni les conditions pour affronter ces épreuves physiques. Des cas d’évacuation sanitaire ont été enregistrés au début des épreuves sportives.

 

Selon une source proche de la Minusca, Igor Madré âgé d’une vingtaine d’année a eu des malaises après avoir passé les épreuves physiques, « le comité des services de sport a constaté que l’état de santé du défunt après avoir terminé ses épreuves physiques exige une évacuation sanitaire rapide. Une chose qui été faite sitôt que possible », a expliqué ce responsable de sport de la Minusca qui a confirmé ensuite qu’ « il est décédé quelques heures après qu’il était arrivé à l’hôpital Communautaire », a-t-il confirmé.

 

Des sources hospitalières évoquent un arrêt cardiorespiratoire suite à un mouvement physique, « les résultats du diagnostic, prouvent que le patient a trouvé la mort après un arrêt cardiorespiratoire», a indiqué le major de l’hôpital communautaire de Bangui.

 

La Minusca dispose d’un service de santé mobile au stade 20.000 places où se déroulent les épreuves physiques. Chaque candidat à ce concours signe un engagement avant les épreuves. Ils sont au moins 8.000 candidats de Bangui à passer aux épreuves physiques.

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 08:54
RCA: installation de la Cour pénale spéciale à Bangui

 

 

 

 

Par RFI Publié le 26-05-2017 Modifié le 26-05-2017 à 01:47

 

En Centrafrique, le procureur de la Cour pénale spéciale est arrivé jeudi soir 25 mai. Pour celui qui aura la lourde charge d'instruire les crimes commis par les différents groupes armés depuis 2003, la tâche ne fait que commencer.

 

Le colonel Toussaint Muntazini Mukimapa est donc arrivé jeudi sur le tarmac de l'aéroport de Bangui. Ce magistrat originaire de la République démocratique du Congo a été choisi en février dernier par le président centrafricain pour enquêter sur les nombreux crimes qui ont été commis depuis 2003, donner l'orientation des enquêtes et donc des futurs procès.

 

Le plus gros de son travail consistera bien sûr à enquêter sur les exactions qui ont eu lieu lors de la dernière crise qui a commencé en 2013 et qui a fait plusieurs milliers de morts parmi les civils.

Cette Cour pénale spéciale, qui siègera à Bangui, verra ainsi des magistrats centrafricains et internationaux travailler main dans la main. Le procureur a pour avantage d'avoir déjà instruit et poursuivi plusieurs chefs de groupes armés dans son pays natal, alors que ces combats avaient toujours lieu.

 

C'est également le cas de la République centrafricaine où, depuis désormais près d'un an, les affrontements sont monnaie courante dans les provinces. En moins de deux semaines, 100 000 personnes ont été déplacées après les attaques de Bangassou et de Bria et près de 300 ont été tuées.

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 22:42
République Centrafricaine : L’Eglise catholique de Bangassou vient au secours de 2000 musulmans

 

 

 

https://www.faitesdesdisciples.com  24 mai 2017

 

En République Centrafricaine, des groupes de guérilleros armés à majorité animiste, les « anti-balaka », sèment la terreur parmi les musulmans. Monseigneur Juan José Aguirre dénonce cette montée de violence, et décide de protéger les victimes.

 

Mgr Aguirre est un missionnaire andalou, évêque de Bangassou. Au plus près des populations, il a récemment alerté l’opinion au sujet du regain de violence dans cette région. Les « Anti-Balaka » s’en prennent à la population musulmane. Il raconte à l’Aide à l’Eglise en Détresse, un événement particulièrement marquant :

 

« Quand ils ont attaqué Bangassou, les soldats marocains des forces de l’ONU ont demandé à tous les musulmans de quitter leurs quartiers et de se rendre dans la mosquée, qui de ce fait était bondée. Ils ont commencé à attaquer et à tirer sur les musulmans, qui ont passé trois jours sans manger ni se laver. »

 

L’évêque de Bangassou se serait alors physiquement interposé, pour forcer les militants à cesser le feu. Il aurait ensuite réussi à faire sortir les musulmans et à les conduire dans des centres par camion.

 

2000 réfugiés musulmans seraient désormais accueillis dans des centres et pris en charge par l’Eglise catholique.

 

« Nous les avons accueillis dans ma propre maison. Nous avons aménagé le petit séminaire, la cathédrale et d’autres écoles. Les ONG ont déjà commencé à leur faire parvenir de la nourriture et à aménager des tentes. »

 

50 personnes sont décédées au cours de ces derniers événements. Les 2000 musulmans ignorent ce que sont devenus leurs maisons et leurs biens. Il faut désormais penser à bâtir des refuges pour toutes ces personnes en exil dans leur propre pays.

 

Mgr Cyr-Nestor, évêque du diocèse d’Alindao, raconte également la reprise des affrontements entre Séleka et anti-balaka, depuis le 8 mai dernier. Après l’intervention de l’ONU, la situation semble s’être stabilisée. Dans cette région, ce sont 5000 personnes qui ont été déplacées.

 

La rédaction

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 22:40

 

 

 

Par Judicael Yongo le 25 mai 2017

 

BANGUI, 25 Mai 2017(RJDH)–L’arrivée du procureur de la Cour Pénale Spéciale, le magistrat Toussaint Mutazini Mukimapa reste conditionnée par des formalités administratives au niveau de la présidence de la République. Information confiée au RJDH par des sources proches du dossier.

 

L’opérationnalisation de la Cour Pénale Spéciale est attendue conformément au chronogramme qui prévoit le début des assises pour le mois de juin 2017. Selon ces sources, le recrutement des magistrats nationaux et internationaux évolue positivement avec les interviews réalisés et le choix des personnalités, mais le retard dans l’arrivée du n°1 de cette cour est indépendant de leur bonne volonté et cela est dû à des formalités administratives au niveau de la présidence.

 

Une source proche du comité dit ne pas comprendre les raisons de ce retard qu’il qualifie de considérable « les choses tirent à sa fin, mais si non c’est au niveau de la Présidence de la République où des formalités administratives suivent sont cours, ce qui retarde un peu l’arrivée prochaine du Procureur » a précisé un membre du comité sans donner plus des éclaircissements.

 

Ces blocages se situent selon Me Bruno Hyacinthe Gbiégba au niveau, du tribunal qui servira du siège à la Cour Pénale Spéciale qui malheureusement reste encore occupé. « La question du recrutement des Officiers de Police Judiciaire censés enquêter, sont toujours en cours et les magistrats internationaux nommés ne sont pas arrivés », a énuméré Me Bruno Hyacinthe Gbiégba qui en appelle à la mise place rapide et à son opérationnalisation.

 

La Cour Pénale Spéciale a été créée par la loi n°15.0003 du 3 juin 2015 pour juger les responsables de violations graves de Droits de l’Homme commises sur le territoire depuis Janvier 2003. Elle est composée de 12 magistrats nationaux et 11 magistrats internationaux dont le Procureur Spécial.

 

Les cinq magistrats nationaux et trois internationaux ont été déjà nommés par le Président de la République Faustin Archange Touadera.

Centrafrique : L’arrivée du procureur de la Cour Pénale Spéciale reste conditionnée par des formalités administratives

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