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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 13:21

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique)  octobre 16, 2017 à 11:51 - L’organisation d’une protestation contre les violences en Centrafrique par le Groupe de travail de la société civile (GTSC) qui envisage d’observer, du 24 au 27 octobre, trois jours de deuil national à cet effet, est à la Une à Bangui.

 

Le Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme (RJDH) explique que le Groupe de travail de la société civile projette trois jours de deuil et un concert de casserole contre les violences, « dans un contexte de crise sécuritaire à l’intérieur du pays, notamment à Bocaranga, Koui, Kembé, Zémio et bien d’autres zones encore sous tension ».

 

Il s’agit selon le porte-parole du Groupe de travail de la société civile, Paul Crescent Beninga, d’une initiative visant à protester contre la recrudescence de violence dans certaines régions de la RCA.

 

« Nous allons décréter trois jours de deuil du 24 u 27 octobre prochain. Cela se matérialise par le port de tenue noire ou l’attache de banderole de couleur noire et le soir, pendant ces trois jours, un concert de casserole va suivre. Il ne s’agit pas d’une marche pacifique mais que le peuple centrafricain reste sur place et procède au concert de casserole pour ne causer de trouble à l’ordre public », a dit ce porte-parole au RJDH.

 

Corbeau News, pour sa part, titre : « Trois jours de deuil décrétés par la société civile à la mémoire des victimes. Ce journal relève que le 27 septembre dernier, le GTSC lançait un ultimatum de trois semaines à la MINUSCA et au gouvernement de restaurer la sécurité, sur l’ensemble du territoire national.

 

Le GTSC vient d’annoncer la date de la manifestation au cours d’un échange avec les Médias, ce vendredi écrit le quotidien.

 

Selon Paul Crescent Beninga, Porte-parole du GTSC, la manifestation aura lieu du 24 au 27 octobre à Bangui. Il précise qu’il ne s’agit pas d’une journée ville-morte mais d’une manifestation pacifique et symbolique.

 

« Par rapport à l’opération menée pour libérer la ville de Bocaranga assiégée par la rébellion des 3R, nous comprenons qu’elle a les moyens et la capacité de mettre de l’ordre dans ce pays. Malheureusement, elle ne le fait pas. Bocaranga n’est pas la seule ville de la RCA. Nous demandons à la MINUSCA d’en faire autant pour toutes les villes du pays. Pour cela, du 24 au 27 octobre prochain, nous demandons à tous les Centrafricains d’observer trois jours de deuil national à la mémoire des Centrafricains massacrés et qui continuent d’être massacrés. Au gouvernement, nous demandons le retrait de tous les rebelles nommés au gouvernement », a-t-il déclaré à la presse.

 

L’Hirondelle, un journal privé, écrit : « du 24 au 27 octobre, journée de deuil national décrété par la société civile » là où Le Citoyen, un autre journal privé, titre : « Le GSTC projette des actions du 24 au 27 octobre prochain ».

 

Concernant la sortie médiatique du ministre Jean Serge Bokassa en charge de l’Administration du territoire, l’Agence Centrafrique Presse (ACAP) titre : « le ministre Jean Serge Bokassa invite les autorités locales à se mettre au travail ».

 

Selon l’ACAP, le ministre a saisi l'occasion de cette rencontre avec les professionnels des média pour annoncer la reprise de ses fonctions après avoir été reconduit dans le gouvernement réaménagé depuis le 12 septembre dernier.

 

« Aucun préfet, sous-préfet, maire, chef ne doit assumer pleinement sa responsabilité s’il n’est pas dans un environnement sécurisé », a relevé le ministre Bokassa

 

L’ACAP note que le ministre de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, Jean Serge Bokassa, a repris ses fonctions le 12 octobre dernier sous une tension sociale car le personnel dudit département observe une grève suite à un mouvement général décidé par le gouvernement qui l’a mécontenté.

 

Sur ce sujet L’ECUREUIL, un autre quotidien titre, Jean Serge Bokassa, sous pression lance un message d’apaisement.

 

Depuis la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale dite gouvernement Sarandji 2, suivie de la nomination des préfets et sous-préfets par le Président Faustin Archange Touadéra, rien ne marche plus entre lui et son ministre de l’Administration du territoire, Jean-Serge Bokassa. D’après des sources gouvernementales, écrit le journal, le ministre aurait menacé de démissionner de son poste au sein du gouvernement pour plusieurs raisons. Entre autres la publication des décrets signés par le Président de la République portant nomination des préfets et sous-préfets sans l’avoir consulté au préalable, ajouté à ceci sa rétrogradation en terme protocolaire au sein de cette nouvelle équipe gouvernementale.

 

L’Agora, un quotidien titre, Centrafrique : Jean-Serge Bokassa trouve légitime la contestation post nomination des préfets et sous-préfets.

 

Le Tambourin affiche à sa Une : « Finalement le Ministre Bokassa a repris du service sur fond de polémique ».

L'organisation d'une protestation nationale contre les violences en Centrafrique à la Une à Bangui
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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 13:01

 

                                                                   

 

L'actualité politique centrafricaine est rythmée par l'appréciation de deux concepts ambigus qui se croisent et se contredisent alors qu'ils ont des étymologies distinctes. Il s'agit substantiellement des notions de rupture et de continuité. La rupture dans le contexte politique est synonyme de cassure, d'interruption, de changement...bref un arrêt des anciennes pratiques. Par contre, la continuité est le caractère de ce qui est ininterrompu, plus simplement reprendre ou proroger les pratiques de ces prédécesseurs. Logiquement, on ne peut se tromper ou confondre les deux concepts qui sont diamétralement opposés.

 

Annoncée comme un slogan, le tendon d'Achille des nouvelles autorités et proclamée solennellement par le Président de la République lors de son investiture, la rupture peine à s'installer durablement alors qu'elle a servi de prétexte pour écarter tous les acteurs de la transition qui ont réussi contre vents et marées à négocier l'organisation d'une élection couplée dans un contexte sécuritaire incomparable. Au regard des pratiques politiques qui semblent reprendre celles de ces prédécesseurs, le citoyen lambda qui au demeurant est perdu tente de comprendre cette situation confuse, embrouillée où il est difficile de retrouver une cohérence. S'agit-il d'une rupture dans la continuité ? Ou de la continuité dans la rupture ? Cette confuse interrogation s'illustre par le décret n° 17.336 portant nomination des personnalités à la présidence de la République.

 

En dehors de la nomination de l'ancien ministre de La Défense qualifié de défaillant, pourquoi ce décret fait en majorité la promotion des musulmans ? Loin de faire un clivage chrétien / musulman, les autorités ont-elles une explication rationnelle sur la primauté en nombre des musulmans ? En outre, le limogeage de l'ex ministre de La Défense répondait à son incompétence, sa perte de repères. Mais comment peut-on le récupérer comme conseillers avec rang et prérogatives de ministre ? A- t-on institué un dépotoir pour les incompétents à la présidence de la République ? Au final, son éjection du gouvernement est un non-événement puisqu'il est redevenu autrement ministre. Alors, qu'a-t-il logiquement perdu ? Ce qu'il n'a pu prouver en tant que ministre, c'est en étant conseiller qu'il le prouvera ?

 

Apparemment, la Centrafrique est le seul pays au monde où il y'a une prime à l'incompétence alors que beaucoup de jeunes diplômés sans emplois traînent sous un régime où les deux têtes de l'exécutif sont des enseignants qui ont contribué activement à la formation des jeunes diplômés. Ne trouvez-vous pas qu'il y a trop de conseillers à la présidence de la République ? Cette République réduite à la capitale totalisera combien de conseillers ? Cela ne constitue t-il pas un gouvernement bis pouvant faire écran au gouvernement légitime ? En instituant un gouvernement bis, avez-vous pensé aux effets financiers ? À l'image du repêchage de l'ex ministre de La Défense, l'ancien ministre des eaux et forêts sera t-elle aussi nommé conseiller à la présidence de la République ? Sa fracassante sortie médiatique fera t-elle obstacle car considérée comme un crime de lèse-majesté ?

 

Par ailleurs, l'histoire se répète dans les rapports entre le gouvernement et le parlement. Les ministres refusent une fois de plus de répondre aux convocations des parlementaires. Le premier ministre ira t-il encore s'excuser avec une bible en main dans l'hémicycle ? Les parlementaires seront-ils tenter de prendre leur responsabilité devant l'histoire en opposant une motion de censure ? Au chapitre de la rupture à l'envers, le parquet général qui est sensé garantir les textes et les libertés fondamentales se prête à son tour au jeu de la rupture dans la continuité. Dans les faits, certains alliés versés par la force des choses dans l'opposition ont été entendus par le procureur de la République pour des crimes et délits commis par les groupes armés à une certaine époque. En effet, l'arrêté portant création de la commission d'enquête sur cette affaire avait une validité de deux mois renouvelable une fois. L'arrêté avait pris effet à compter de sa signature c'est à dire le 30 mai 2017. Ce qui implique qu'il cessera de produire effet ( renouvellement y compris ) le 30 septembre 2017.

 

La convocation du parquet général date du 9 octobre 2017 c'est à dire hors délai et en toute illégalité.. A-t-on besoin de faire des études de droit pour lire un calendrier ? Heureusement que les personnalités convoquées (des juristes avertis) ont bien fait de répondre favorablement à la convocation même illégale car un acte même illégal produit pleinement son effet escompté. Il appartient aux intéressés de dénoncer en référé l'illégalité de cette convocation devant le tribunal administratif s'ils en voient la nécessité. Entre autres, l'objectivité intellectuelle nous oblige à féliciter le ministre des sports qui a fait une bonne lecture de la notion de rupture en reversant une importante somme dans la caisse de l'Etat. Cette somme correspond au reliquat des dépenses de l'afro-basket homme et dame de Dakar au Sénégal.

 

À ce propos, une question chagrine le citoyen lambda : comment un document officiel de ce genre a pu être à disposition du public ? Ce document a été publié pour des fins publicitaires ? Cette médiatisation peut-elle être interprétée comme un positionnement de ministre aux prochaines échéances électorales de 2021 qu'évoquait l'envoyé spécial de la diaspora ? Pour finir, nous tenons à rappeler qu'une nouvelle page de l'histoire politique centrafricaine ne s'écrira que si la rupture répond à sa définition étymologique mais n'oublions pas qu'en 2021, le Président de la République sera seul comptable de son mandat devant le peuple. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.                                                                                                                                       

 

Paris le 13 septembre 2017.   

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections.   

 

CENTRAFRIQUE : LA RUPTURE DANS LA CONTINUITÉ, LES MÊMES CAUSES PRODUISENT LES MÊMES EFFETS. par Bernard Selemby Doudou
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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 11:44
Le FMI disposé à aider la Centrafrique à payer ses dettes intérieures

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique)  octobre 14, 2017 à 13:24 - Le ministre centrafricain des Finances et du Budget, Henri-Marie Dondra, a présenté au siège du Fonds monétaire international (FMI), jeudi, les résultats de l’audit international sur le stock des arriérés de la dette intérieure de son pays que cette institution internationale a accepté de régler, a-t-on appris vendredi de sources proches du ministère des Finances.

 

Le stock des arriérés intérieurs audité a montré que la dette sociale est chiffrée à 65 milliards de FCFA et la dette commerciale arrêtée à 9 milliards de FCFA.

 

Le FMI a jugé intéressantes les conclusions du cabinet d’audit international qui a trouvé que les stratégies mises en place par le gouvernement et l’Agent comptable central du Trésor pour « clarifier » le stock des arriérés intérieurs sont structurées et cohérentes et les options prises pour mener le travail d’analyse sont bonnes. Les montants chiffrés issus de ces travaux sont donc crédibles et peuvent servir de référence selon le FMI, a expliqué la source.

 

Un plan de règlement est à finaliser avant la fin du mois pour un démarrage en 2018 au plus tard du paiement des arriérés.

 

Le FMI s’est déjà engagé en juillet 2017 sur la résolution en 2018 de la dette commerciale par un décaissement complémentaire.

 

La source indique qu’à la demande du ministre des Finances, le FMI étudie également la possibilité de participer significativement à la résolution, sur les trois prochaines années, d’une partie la plus importante possible de la dette sociale.

 

Ainsi les salaires du début des années 2000, voire antérieure, devraient pouvoir être en grande partie payés avec l’aide des partenaires financiers selon la source.

 

Le gouvernement pourra donc, 15 ans plus tard, respecter les engagements régaliens de ses prédécesseurs explique-t-on dans l’entourage du ministre des Finances Henri Marie Dondra.

 

Au terme d'une mission de dix jours en RCA, la semaine dernière, le FMI, les centrales syndicales et le gouvernement, ont échangé sur la possibilité de paiement des arriérés des précédents régimes. Ces discussions ont été jugées fructueuses par les syndicats centrafricains car le FMI leur a promis de verser au début de l'année prochaine les différents arriérés des salaires des fonctionnaires qui ont menacé de se mettre en grève si le gouvernement ne leur verse pas ne serait-ce que les deux mois d'arriérés du régime de Michel Djotodia.

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 11:25
Nouvelles nationales sur Xinhua
Nouvelles nationales sur Xinhua

 

 

 

Centrafrique : la douane et la police interceptent d'importantes quantités de stupéfiants

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 16-10-2017

 

 

D'importantes quantités de Tramadol (70 cartons) destinée à alimenter les pharmacies de rue ainsi que de boissons alcoolisées en sachet interdites sur le marché centrafricain ont été interceptées dans la ville centrafricaine de Béloko (extrême ouest), a appris dimanche Xinhua d'une source policière.

 

Dans le même temps, la douane signale de son côté avoir appréhendé plus de 200 boîtes de Tramadol ainsi que trois cartons de boissons alcoolisées en sachet.

 

Le Tramadol est prescrit contre les douleurs aiguës et pourrait entraîner une dépendance. Seulement, ce médicament est tombé entre les mains des contrefacteurs qui ont augmenté les doses.

 

Ce qui a retenu l'attention des autorités, surtout en charge de la sécurité publique, par rapport à ce produit, ce sont les effets pervers chez les pilotes de taxi-moto, qui sont pour la plupart des jeunes.

 

Le commandant de la compagnie nationale de sécurité (CNS), Sym Dani Goumandji, fait remarquer que la consommation abusive des Tramadol, également appelé par les consommateurs Tramol ou 'béret vert', allusion faite à aux éléments de la sécurité présidentielle, se traduit chez les pilotes de taxi-moto par les excès de vitesse, qui se soldent fréquemment par les accidents de route.

 

Le directeur de l'Office central de répression du banditisme (OCRB), Bienvenu Zokoé, signale quant à lui que c'est sous l'effet du Tramadol qu'agissent les bandits de grand chemin, les voleurs, les assassins et autres agresseurs. D'où, une lutte sans merci contre ces produits, d'ailleurs interdits sur le marché, de la consommation et de l'importation. F

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

 

Centrafrique : la présidence projette une mission à Kémbé pour faire le point du récent carnage

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 16-10-2017

 

Une mission gouvernementale d'urgence sera dépêchée par le président centrafricain Faustin Archange Touadéra à Kembé (sud-est de la République centrafricaine) pour enquêter sur le massacre qui y a été perpétré et assurer la sécurité de la population, a affirmé dimanche la présidence.

 

Cette mission est appelée à "faire la lumière sur cet événement car le grand banditisme s'est mêlée aux événements qui surviennent en République centrafricaine et cela se mesure à travers le pillage des ressources naturelles, les exactions et le chaos entretenus par les groupes armés dans le seul but de s'enrichir sur le dos du peuple centrafricain", a déclaré à Xinhua le conseiller en communication et porte-parole de la présidence de la République, Albert Yaloké Mokpème, lors d'une interview.

 

M. Mokpème a promis par ailleurs un procès conséquent aux auteurs des désolations qui sont commises presque tous les jours çà et là dans le pays.

 

Des groupes d'autodéfense ont attaqué mardi dernier des musulmans qui priaient dans une mosquée, dans une bourgade dépendant directement de la ville centrafricaine de Kémbé. Certaines sources indiquent 20 morts, d'autres 25.

 

Lorsque la ville centrafricaine de Bocaranga (extrême nord-ouest) avait été attaquée puis occupée par les rebelles du 3R (retour, réconciliation et réparation) d'Abass Sidiki, en alliance avec ceux du Mouvement patriotique centrafricain (MPC) de Mohamed Bahar, le gouvernement y a dépêché une mission conjointe composée de trois de ses membres (défense, sécurité publique et action humanitaire) ainsi que le chef des forces onusiennes de la MINUSCA.

 

Une semaine seulement après cette mission, les rebelles ont été chassés de la ville grâce aux gros moyens déployés par la MINUSCA : hélicoptère, chars et militaires.

 

Jusque-là, le groupe de travail de la société civile ne démord pas. Il reproche à la MINUSCA de ne pas faire dans les autres localités centrafricaines, où foisonnent les groupes armés, comme à Bocaranga. C'est pourquoi, ses responsables ont projeté trois jours de deuil à compter du 24 octobre. Une façon de gêner les manifestations de la journée des Nations Unies et également le séjour en RCA du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.

 

Source: Agence de presse Xinhua

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 11:22
Lu pour vous : Centrafrique: la solitude d’un président civil

 

 

 

 

http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/ 13 octobre 2017

 

 « Ceux qui évoquent le risque d’un autre génocide ne tiennent pas compte de nos efforts… Il est vrai qu’il y a encore des violences, que nous ne contrôlons pas encore tout le territoire, mais nous ramener en arrière, cela n’est pas nous aider, cela nous enfonce encore plus… »


Rentrant de New York, où il a plaidé la cause de son pays à la tribune des Nations unies et passant par Bruxelles qui, en 2016 avait accueilli une conférence internationale sur la reconstruction le président de la Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra nous tient ces déclarations où l’optimisme de commande se teinte d’une légère amertume. Comme s’il se demandait si la communauté internationale était bien sincère, si elle souhaite vraiment que son pays échappe définitivement à la violence et entame une reconstruction durable…


Pays charnière entre l’Afrique sahélienne et l’Afrique centrale, vaste territoire où se croisent les éleveurs peuls, musulmans et les cultivateurs chrétiens ou animistes, la Centrafrique fut longtemps un pays de garnison où ce qui intéressait l’ancien colonisateur français c’était la base militaire de Bouar et la possibilité qu’elle offrait d’intervenir dans toutes les zones du « pré carré » français. Sans surprise, c’est à un ancien sergent-chef, Jean Bedel Bokassa, qu’avait été confiée la présidence. Il disait « Papa » à de Gaulle, offrait des diamants à Giscard et le fait que son pays soit l’un des plus déshérités d’Afrique, l’un des moins développés, ne dérangeait pas grand monde.


Après l’éviction de Bokassa, qui s’était fait nommer « empereur », les putschs militaires se sont succédé jusqu’à ce qu’en 2003 le général François Bozize remplace un civil Ange-Félix Patassé, qui avait le soutien du colonel Kadhafi.


Rappelons que Patassé, ami du Congolais Jean-Pierre Bemba, avait obtenu que ce dernier envoie ses troupes, qui se trouvaient dans la province de l’Equateur, soutenir l’armée centrafricaine contre François Bozize, qui avançait depuis le Tchad. Ce sont les viols et autres exactions dont les troupes congolaises s’étaient rendues coupables à Bangui qui ont valu à leur chef, -qui les commandait à distance- d’être envoyé à la Cour pénale internationale où il a été condamné en première instance. Jean-Pierre Bemba se trouvait à l’époque en Afrique du Sud où il participait aux négociations de Sun City mais la Cour avait considéré qu’il pouvait être tenu pour responsable du comportement de ses troupes…


Depuis l’ère de Bozize, la Centrafrique a connu trois chefs d’Etat et plusieurs conflits entre les forces gouvernementales et des groupes armés souvent formés dans les pays voisins, qui constituaient leur base arrière, le Tchad entre autres…


L’un des conflits les plus médiatiques aux yeux de l’opinion occidentale fut celui qui opposa la milice Seleka, (formée au Tchad et composée de mercenaires de toute la région venus rejoindre les musulmans centrafricains dans le nord-est du pays) à des groupes d’autodéfense formés par les cultivateurs en majorité chrétiens, les anti Balaka. Parmi eux se trouvent également d’anciens militaires qui avaient servi sous le président François Bozize.


En fait, au fil des années, c’est le même conflit qui perdure.


Seleka ou ex Seleka (la milice fut officiellement dissoute en 2013) et anti Balaka, musulmans ou chrétiens, les deux groupes armés commirent de terribles exactions, pillant les villages, détruisant les maisons, multipliant viols et massacres… Des centaines de milliers de civils furent déplacés ou obligés de fuir dans les pays voisins et, pour mettre fin aux tueries et enrayer l’invasion des ex-Seleka, la France fut obligée, en décembre 2013, de déployer l’opération Sangaris, forte de 2000 hommes qui furent retirés en octobre 2016 pour être remplacés par une force des Nations unies, la Minusca, (Mission pour la stabilisation de la Centrafrique), composée de contingents africains, Burundais, Congolais de Brazzaville et de RDC, Rwandais, Marocains…


A l’heure actuelle, les Congolais des deux rives du fleuve ont été retirés pour mauvaise conduite (des viols entre autres), les Marocains ont très mauvaise presse, accusés eux aussi de viols et surtout soupçonnés de prendre parti pour les musulmans tandis que les Rwandais, taiseux, disciplinés, sont très appréciés. Ils assurent la sécurité personnelle du chef de l’Etat tout en se déployant sur la rive du fleuve Congo, d’où ils peuvent tenir à l’œil l’évolution inquiétante de la situation en République démocratique du Congo.


Dans le Nord est du pays, voisin de l’Ouganda et du Soudan, l’armée ougandaise avait également déployé des troupes, aux côtés d’une mission militaire américaine dans le but de combattre la LRA ougandaise (Lord’s Resistance army) une milice opposée au président Museveni, mais ces contingents ont été retirés. Cette défection inquiète le président Touadéra : « ce départ crée un appel d’air, par la brèche que représente cette frontière dégarnie, d’autres groupes armés pourraient s’engouffrer… »


Depuis son arrivée au pouvoir qui a suivi les deux tours de l’élection présidentielle en 2016 et 2017, le président Touadéra s’est efforcé d’incarner le changement, la rupture avec la logique des chefs de guerre. L’homme en effet est un scientifique : titulaire de deux doctorats en mathématiques (Lille et Yaoundé) il a été professeur à l’université de Bangui et il fut Premier Ministre du président Bozizé de 2008 à 2013. Aujourd’hui encore, les fonctionnaires se souviennent de son passage dans l’ombre d’un président qui occupait le devant de la scène : il tenta de maîtriser la crise sociale, essaya de trouver les moyens de payer les fonctionnaires et, pour lutter contre les détournements, institua la bancarisation, c’est-à-dire le paiement des traitements par voie bancaire…


Pour sortir de la guerre en 2008, Touadéra conduisit le dialogue entre les groupes armés , qui déboucha sur la conclusion de plusieurs accords de paix. Ces efforts lui permirent de remporter les deux tours de l’élection présidentielle et, dans ce pays divisé sur des lignes de fractures confessionnelles, ethniques, régionales, il réussit à faire de bons scores dans tous les territoires du pays.


Aujourd’hui cependant, le président, en dépit des efforts déployés, se montre parfois désabusé : il a le sentiment que la communauté internationale ne le soutient pas suffisamment, que la Minusca manque de moyens (les contingents congolais, retirés du pays, avaient été jugés très efficaces…), que les pays voisins lui demandent l’impossible…


En effet, alors que de nombreux citoyens tchadiens, ougandais, soudanais ont rejoint les groupes armés et opèrent en Centrafrique, multipliant les exactions et surtout les viols, les pillages, les chefs d’Etat de ces pays d’origine exercent une pression terrible sur Bangui pour que la paix passe par l’amnistie générale. Une mesure que Touadéra refuse catégoriquement. Il rappelle d’abord que la décision de poursuivre les auteurs de crimes en Centrafrique avait été décidée avant son arrivée au pouvoir, à l’initiative du président Michel Djotodia proche de la Seleka et que la création de la Cour pénale spéciale avait été décidée par la présidente de la transition Catherine Samba Panza. Il ajoute aussi que la Constitution promulguée en 2015 interdit cette amnistie, que les principaux bailleurs de fonds et organismes internationaux militent contre l’impunité. Quant aux victimes nationales elles exigent évidemment justice et réparations. Le président poursuit : « nous avons mis en place un gouvernement inclusif intégrant des membres des forces rebelles, nous avons commencé un processus de désarmement et de démobilisation qui a déjà permis à 60 éléments d’être intégrés dans les forces de sécurité, mais nous voulons mettre en place un Etat de droit et respecter les droits des victimes. Il n’est donc pas question d’instaurer l’impunité… »


Pourquoi de telles pressions ? Même si la population de Centrafrique est l’une des plus pauvres d’ Afrique, le pays, sous développé, sous exploité, ne manque pas de richesses : l’or, le diamant, qui font la joie des groupes rebelles établis dans les sites miniers, mais aussi l’uranium, et, last but not least, les terres arables, 15 millions d’hectares qui attirent évidemment les populations des pays sahéliens touchées par la sécheresse…


Le pétrole représente également un enjeu important : découvert près de la frontière soudanaise, les sociétés françaises, entre autres, rêvent de le mettre en exploitation, mais se trouvent en concurrence avec les Chinois qui souhaiteraient l’exporter via le pipe line qui traverse le Soudan et aboutir à Port Soudan sur la mer Rouge…


Ces intérêts économiques contradictoires empêchent la « communauté internationale » de s’engager avec détermination en Centrafrique et dans ce pays qui compte un demi million de déplacés intérieurs, de mettre fin une fois pour toutes au cycle de la violence. Ici comme ailleurs, le chaos, le désordre, la faiblesse de l’Etat et l’impunité favorisent de nombreux intérêts et le président Touadéra est bien seul lorsqu’il réclame que l’on lève l’embargo sur les armes afin de permettre aux deux nouveaux bataillons de sa jeune armée d’être opérationnels. Bien seul lorsqu’il souhaite que la Minusca se montre plus efficace, bien seul lorsqu’il répète que la crise dans son pays pourrait s’internationaliser : « avec Boko Haram qui sévit au Nigeria d’un côté, la NRA (National Resistance army) qui se bat du côté du Soudan et de l’Ouganda, notre pays se trouve au centre d’un arc de crise qui pourrait déstabiliser le cœur de l’Afrique. »

 

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 11:03
Lu pour vous : Centrafrique : quand Bokassa se prenait pour Napoléon

 

 

 

Publié le 13 octobre 2017 à 15h07  Par Jeune Afrique

 

Les requêtes communiquées par Jean-Bedel Bokassa à la France en 1977 en prévision de son sacre ont été publiées dans un ouvrage intitulé "Dans les archives secrètes du Quai d’Orsay", publié ce mois-ci.

 

Le 4 décembre 1977, Jean-Bedel Bokassa se ridiculise aux yeux du monde en organisant son sacre d’empereur à Bangui. Avant son couronnement, il reçoit l’ambassadeur de France Robert Picquet et explique en détail l’aide matérielle qu’il attend de son allié français. Celui qui appelait Charles de Gaulle « Papa » a trouvé en la personne du président Valéry Giscard d’Estaing un nouveau soutien de poids. VGE n’assistera pas au sacre, mais se fera représenter par son ministre de la Coopération, Robert Galley, et par son « Monsieur Afrique », René Journiac.

 

Dans une note diplomatique intitulée « N’est-ce pas trop », le diplomate rappelle que ces dépenses fastueuses interviennent à un moment où la Centrafrique est exsangue financièrement. Il conclut son analyse ainsi : « On peut se demander si, déjà, le héros n’a pas poussé trop loin son avantage… Le public est las, pour ne pas dire plus, d’un spectacle représenté au seul bénéfice – ou presque – du premier rôle. »

 

L’intégralité de la note et des requêtes de Bokassa sont publiées ce mois-ci dans un ouvrage de belle facture, Dans les archives secrètes du Quai d’Orsay (éd. L’Iconoclaste).

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 10:58
Dans l’ouest de la Centrafrique, la justice tourne au ralenti

 

 

 

 

(AFP) 15 octobre 2017

 

Dans son bureau vide, Aimé Pascal Delimo attend. Président d’une Cour d’appel qui a juridiction sur un territoire grand comme l’Autriche, il devrait crouler sous les affaires. Mais, en raison du manque de moyens et de la situation sécuritaire centrafricaine, la Cour est au chômage technique.

 

« Normalement, on finit à 15H30. Mais avec le rythme de la Cour, je pars en début d’après-midi, vers 14H00 », dit son président, médusé: « Ca fait quatre ans que je suis là, et aucune session criminelle ne s’est tenue depuis ».

 

Quand il part, le magistrat ferme la porte, la seule des trois du large bâtiment blanc à être ouverte la journée. Les deux autres restent closes: les deux magistrats qui occupaient les bureaux sont décédés et n’ont pas été remplacés.

 

« Si la justice républicaine n’est pas au rendez-vous, ça va être ce qu’on appelle la justice des armes, des vainqueurs, des bourreaux », dit M. Delimo, impassible. Il affirme ne pouvoir traiter qu’une quinzaine d’affaires par an, toutes civiles et commerciales.

 

En Centrafrique, pays en profonde crise sécuritaire depuis le renversement en 2013 du président François Bozizé, la justice peine à dépasser les faubourgs de la capitale, Bangui.

 

– Lutte contre l’impunité –

 

Depuis 2010, aucun crime n’a été jugé dans l’Ouest, alors que les violences s’y poursuivent à un rythme quasi quotidien. Ces derniers mois, plusieurs villes du nord-ouest (Ngaoundaye, Bocaranga, Niem, Bang) ont été le théâtre d’affrontements, pillages et tueries.

 

Dans un pays où la lutte contre l’impunité est devenue le maître-mot de la communication gouvernementale, les juridictions locales restent impuissantes.

 

A Bouar, dans l’une des deux prisons de l’Ouest, 18 personnes inculpées dans des affaires criminelles sont en détention préventive, en attente d’un procès.

 

« Je suis ici depuis février 2015. J’ai fait près de trois ans de prison sans être jugé », dit Faustin, 45 ans. La maison d’arrêt accueille 84 personnes, hommes et femmes, réunies dans quatre grandes cellules.

 

Ils étaient 19 inculpés pour affaires criminelles à attendre la tenue de leur procès, mais une femme a été relâchée cette année. Violée par un codétenu, elle était tombée enceinte.

 

Pour juger les crimes, M. Delimo énumère ce qu’il lui manque: de l’argent pour faire venir les témoins, des robes de magistrat, des moyens de transport, du matériel informatique…

 

Il dit ne disposer que de son téléphone portable personnel. Dans la pièce attenante, son assistant tape un document sur une vieille machine à écrire. « Le goût est amer », conclut M. Delimo.

 

« La non-tenue des séances criminelles encourage l’impunité », déplore Me Koutou, avocat à Bouar. Engagé par l’Association du barreau américain (ABA), il est le seul avocat de la préfecture, et l’un des trois de l’ouest de la Centrafrique.

 

« Être avocat, c’est un travail libéral, il faut des clients, et ici il n’y en a presque pas », explique-t-il. Dans l’Ouest, peu de gens ont les moyens de payer une défense.

 

Un budget de 10 millions de francs (environ 15.000 euros) a bien été alloué pour les séances criminelles de Bouar, mais il attend toujours d’être décaissé.

 

– Peur des représailles –

 

« Problème de trésorerie », dit-on au ministère de la Justice. Le manque de moyens est un frein à la réinstauration des piliers régaliens de l’Etat dans les provinces.

 

« Sans moyens, on ne peut aller dans les territoires reculés, et les plaignants qui font appel ne peuvent venir jusqu’à Bouar », explique M. Delimo. Il cite une affaire civile, qui devait enfin sortir la Cour de sa torpeur, la semaine dernière: « Mais les plaignants habitent à Nola, à 400 km de Bouar. Ils ne sont pas venus et l’affaire a été renvoyée ».

 

Premières victimes d’un conflit larvé, les civils ne peuvent amener les affaires devant la justice. « Dans beaucoup d’endroits, il n’y a plus personne pour recueillir les plaintes ».

 

Autre souci évoqué par plusieurs acteurs du secteur judiciaire de l’Ouest: la présence des groupes armés, antibalaka (groupes autoproclamés d’autodéfense) et 3R (Peuls). « La peur des représailles si on juge un membre ou un affilié du groupe armé influence le peu de décisions de justice qui sont rendues », explique un observateur.

 

Alors, à Bouar, on attend avec impatience la Cour pénale spéciale (CPS), qui doit juger les crimes commis en Centrafrique depuis 2003 avec des juges nationaux et internationaux.

 

« On espère qu’elle aura les moyens » de travailler, dit M. Delimo, alors que la CPS, créée en 2015, n’est pas encore opérationnelle.

 

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 10:55
Centrafrique: affrontements meurtriers dans le Sud-Est

 

 

 

14/10/17 (AFP)

 

Des violences meurtrières ont touché en début de semaine la ville de Kembé (sud-est de la Centrafrique), entre Alindao et Bangassou, dans une région en proie à des tensions depuis mai, selon des sources de l'ONU.

 

"Selon les informations reçues, ces violences auraient entraîné la mort de plusieurs membres de la communauté musulmane", a annoncé samedi dans un communiqué la mission de l'ONU (Minusca) qui "condamne avec fermeté la poursuite des affrontements".

 

Des violences ont opposé mardi les membres de deux groupes armés: l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC) d'Ali Darass et un groupe d'autodéfense, selon des sources concordantes.

 

L'UPC a fait état d'une vingtaine de morts parmi ses combattants. "La mosquée de Kembé a été attaquée par des antibalaka" (milices majoritairement chrétiennes), a indiqué à l'AFP l'un des coordonnateurs politiques de l'UPC.

 

Kembé est située entre Bangassou, contrôlée depuis le mois de mai par des antibalaka, et Alindao, fief de l'UPC, mouvement emmené par Ali Darassa qui se battait traditionnellement contre le groupe armé du FPRC, formée autour de Nourredine Adam.

 

L'UPC estime que l'accord de cessez-le-feu signé lundi avec d'autres groupes armés basés plus au nord n'est pas remis en cause. L'un de ses membres est devenu conseiller à la présidence.

 

D'autres membres de groupes armés ont fait leur entrée au nouveau gouvernement alors que se met en place une Cour pénale spéciale pour juger les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre en Centrafrique.

 

La Minusca, souvent décriée par les Centrafricains pour son manque de réactivité, a annoncé samedi l'envoi d'une "mission conjointe à Kembé pour prendre toute la mesure de la situation sur place".

 

Le ministère de l'Intérieur devrait envoyer des hommes pour enquêter avec la force onusienne et "faire une évaluation aérienne de la situation", a déclaré une source officielle.

 

"La zone est inaccessible, il n'y a pas de réseaux internet et téléphonique (...). Nos seules sources proviennent d'un groupe armé qui est le seul à posséder un téléphone satellitaire", ont indiqué des sources onusiennes à l'AFP.

 

Depuis mai 2017, les préfectures de la Basse-Kotto et du Mbomou sont en proie à une vague de violences déclenchée à partir de Bangassou qui a fait des milliers de déplacés et de nombreux morts, dont des Casques bleus.

 

La Centrafrique est en proie depuis 2013 à des violences intercommunautaires, après le renversement de l'ex-président François Bozizé par les milices de la Seleka prétendant défendre la minorité musulmane, ce qui avait entraîné une contre-offensive des milices antibalaka.

 

 

Centrafrique  la MINUSCA condamne les violences à kembé

 

www.un.org 15 octobre 2017 – La Mission de stabilisation multidimensionnelle intégrée des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) a fermement condamné la poursuite des affrontements meurtriers entre éléments de groupes d'auto-défense et du Mouvement pour l'Unité et la Paix en Centrafrique (UPC) dans le sud du pays.

 

« La MINUSCA a appris avec consternation la nouvelle des violences meurtrières survenues cette semaine à Kembé, dans la préfecture de la Basse Kotto », a indiqué la Mission dans un communiqué publié samedi.

 

Selon les informations reçues par la MINUSCA, ces violences auraient entraîné la mort de plusieurs membres de la communauté musulmane. En collaboration avec le gouvernement centrafricain, l'opération de maintien de la paix a annoncé avoir rapidement dépêcher une mission conjointe à Kembé pour « prendre toute la mesure de la situation sur place ».

 

La vague de violence déclenchée à partir de Bangassou, depuis le mois de mai, s'est répandue dans les préfectures de la Basse-Kotto et du Mbomou et a fait plusieurs victimes, y compris parmi les casques bleus. Ces violences ont contribué à augmenter le nombre des personnes déplacées et paralysé le travail des humanitaires.

 

Pour répondre à ce défi de sécurité dans les deux préfectures et conformément à son mandat de protection des populations civiles, la MINUSCA a déployé, dans la mesure de ses capacités actuelles, des casques bleus à Bangassou, Mobaye, Zémio, Rafai et Obo. La Mission entend poursuivre ses efforts en étroite collaboration avec les autorités gouvernementales centrafricaines.

 

 

Attaque contre une mosquée en Centrafrique

 

http://www.trt.net.tr 14.10.2017 ~ 16.10.2017

 

Au moins 20 personnes ont perdu la vie dans une attaque à main armée vendredi contre une mosquée de la ville Djimbi, au sud-est de la République centrafricaine.

 

Un groupe armé originaire de Bangassou serait l’auteur de l’attaque.

 

Un jour de deuil a été décrété dans le quartier musulman de Bangui, capitale du pays.

 

D’après les Nations unies, la République centrafricaine est un des pays où la situation humanitaire est la pire au monde, une personne sur deux ayant besoin d’aides humanitaires pour survivre.

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 00:01

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 14-10-2017

 

 

Les musulmans du quartier Km5 dans le 3ème arrondissement de Bangui ont décidé d'observer une journée de deuil à la mémoire de leurs coreligionnaires massacrés mardi dernier dans la bourgade centrafricaine de Djimbi (centre-est), a constaté vendredi Xinhua.

 

Ahmat Doungous, un habitant du Km5, a fait savoir que l'information du massacre de leurs coreligionnaires leur est parvenue grâce à un téléphone satellitaire dont les rescapés s'en sont servis. D'après l'information reçue, les musulmans de Djimbi seraient en train de prier lorsqu'ils ont été attaqués par surprise par des groupes d'autodéfense venus de la ville centrafricaine de Bangassou (sud-est).

 

La bourgade de Djimbi situé entre les villes centrafricaines de Kongbo (40 kilomètres à l'ouest) et Kémbé (17 kilomètres à l'est) doit son existence et son expansion, depuis des décennies, aux activités d'exploitation minière. Lorsque le chef de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC) Ali Darass a été chassé de la ville centrafricaine de Bambari (centre), lui et ses hommes se seraient retirés dans la région et auraient commis beaucoup d'exaction.

 

En réponse à ces exactions, les autodéfenses de leur côté ont fait parler d'eux dans les villes centrafricaines de Bangassou, de Zémio (extrême sud-est), de Gambo (à l'ouest de Bangassou) et dans la ville minière de Nzacko (entre Bria au centre-est et Bangassou au sud).

 

Les populations civiles et même des casques marocains de la mission onusienne MINUSCA étaient parmi les victimes des récurrentes incursions des groupes d'autodéfense. Dans l'opinion, certains commentateurs craignent des représailles sur les paisibles populations.

 

Vu le nombre des morts çà et là dans le pays, le groupe de travail de la société civile qui accuse la MINUSCA de ne pas déployer les moyens nécessaires pour la protection de la population civile, a décrété trois jours de deuil à compter du 24 octobre prochain.

 

Les dates indiquées correspondent bien au temps consacré au séjour du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, en République centrafricaine. M. Guterres visitera le sol centrafricain du 24 au 27 octobre.

 

L'année dernière, l'initiative d'une ville morte avait porté un coup dur aux manifestations consacrées à la journée des Nations Unies.

 

Pendant que certains Banguissois craignent des représailles de ce qui s'est passé à Djimbi, au Km5, c'est le moment choisi par le chef de bande très redouté Nimery Albachar alias "Force" de renoncer à son rôle de chef des autodéfenses. Pour cette renonciation, le Premier ministre centrafricain Simplice-Mathieu Sarandji a accepté d'échanger brièvement avec lui tout en lui explicitant ses responsabilités politiques qui n'entraveraient pas, le moment venu, les volontés de la justice.

Centrafrique : journée de deuil observée au Km5 à la mémoire des musulmans massacrés à Djimbi
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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 22:50

 

 

 

https://www.amnesty.fr  Publié le 13.10.2017.

 

 

Les recherches de terrain menées par notre organisation ont révélé qu'un ou plusieurs casques bleus mauritaniens auraient violé une jeune femme de 19 ans dans la ville de Bambari, dans la soirée du 30 septembre 2017. Une terrible histoire.

 

Nous avons découvert des éléments convaincants qui laissent à penser qu'une jeune femme a été violée par un ou des soldats de la paix mauritaniens. Les pouvoirs publics de la ville de Bambari, au centre de la République centrafricaine, ont confirmé le viol et l'ONU a ouvert une enquête.

 

UN TÉMOIGNAGE ACCABLANT

 

La jeune femme de 19 ans nous a confié que le viol s'était déroulé juste à côté d'un poste de contrôle tenu par un groupe de casques bleus mauritaniens faisant partie de la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA). Elle a raconté qu'elle rentrait chez elle à pied d'un enterrement, vers 21 heures, et, ne se sentant pas bien, avait accepté le thé que lui ont offert les soldats.

 

Selon son témoignage, elle s'est évanouie peu après avoir bu le thé et s'est réveillée plusieurs heures plus tard, allongée par terre, presque nue.

 

Un gardien et un soignant du centre médical adjacent au poste de contrôle ont trouvé la jeune femme au milieu de la nuit. Elle était vraiment mal et semblait droguée. Ils l'ont transportée dans un lit et lui ont administré des fluides par voie intraveineuse.

 

Ils nous ont déclaré qu'un soldat mauritanien du poste de contrôle s'était présenté à deux reprises au centre médical au cours de la nuit pour demander où se trouvait la jeune femme.

 

Au matin, ayant suffisamment récupéré pour tenir des propos cohérents, elle a déclaré au soignant qu'elle pensait avoir été violée.

 

Le personnel soignant d'un hôpital local a effectué des tests sur la victime et déclaré à Amnesty International avoir trouvé des éléments attestant qu’elle avait été droguée et soumise à des violences sexuelles, notamment du sperme. Ils ont donné à la jeune femme une contraception d'urgence et un traitement anti-VIH.

Les autorités à Bambari ont ouvert une information judiciaire sur cette affaire. Selon le procureur local, il s’agit de la première procédure de ce type visant des casques bleus de l'ONU.

 

DES TÉMOIGNAGES CONCORDANTS

 

Alors que nous étions présente à Bambari début octobre, la victime et des témoins se sont présentés à la police pour déposer leur déclaration. En outre, le soignant a identifié le soldat mauritanien qui s'était présenté au centre de soins au milieu de la nuit à la recherche de la jeune femme de 19 ans.

Des travailleurs du secteur qui se sont rendus sur les lieux très tôt dans la matinée ont déclaré avoir vu des préservatifs et des emballages de préservatifs à l'endroit précis où aurait eu lieu le viol. Plus tard dans la matinée, la police a photographié au moins un emballage de préservatif sur place, ainsi que les traces d'un matériau qui proviendrait des bottes des soldats mauritaniens.

 

L’ONU DOIT AGIR DE TOUTE URGENCE

 

Malgré toute une série d'allégations solidement étayées de viols imputés aux forces de l'ONU à Bambari, notamment à des casques bleus déployés par la République démocratique du Congo, aucune autre affaire n'a débouché sur une enquête judiciaire.

 

Le procureur de Bambari a transmis le dossier au procureur général de la République centrafricaine en vue d'une action diplomatique. Si les soldats de l'ONU jouissent de l'immunité contre des poursuites pénales au niveau national, il incombe aux pays fournisseurs de contingents d'enquêter sur les crimes imputés à leurs soldats et de les poursuivre en justice.

 

Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à Bangui le 10 octobre, les autorités locales auraient dénoncé le problème plus large des atteintes sexuelles dont se rendent responsables les forces de maintien de la paix de l'ONU.

 

Au regard de sa politique affichée de tolérance zéro, nous attendons de l'ONU qu'elle prenne cette affaire très au sérieux et décide de mesures vigoureuses en vue de garantir que les autorités mauritaniennes feront de même. Sa réponse à cette affaire sera suivie de très près.

 

Cette affaire fera jurisprudence pour les forces de maintien de la paix de l'ONU.

UN NOUVEAU CAS DE VIOL PAR LES SOLDATS DE L'ONU EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
UN NOUVEAU CAS DE VIOL PAR LES SOLDATS DE L'ONU EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
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