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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 23:04
Lu pour vous : Au Tchad, une immigration centrafricaine assimilée

 

 

REPORTAGE

 

Au Tchad, une immigration centrafricaine assimilée

 

Par Célian Macé, Envoyé spécial Libération au Tchad — 3 juillet 2018 à 19:46

 

Le pays, l’un des plus pauvres au monde, a accueilli 27 000 réfugiés cette année et tente une intégration basée sur l’autonomie économique. Mais l’équilibre est fragile.

 

Les cochons sont en laisse. Accrochés aux branches des manguiers, aux poteaux des buts du terrain de football, aux piquets des auvents en paille. C’est le signe que la saison agricole a débuté. Détachés, les porcins risqueraient de déterrer les graines qui viennent d’être plantées. Dans tout le sud du Tchad - la région forestière du pays, à la frontière de la Centrafrique -, on trace des sillons dans les champs. Les enfants ne vont plus à l’école, d’ailleurs fermée pour cause de grève nationale, ils sont mobilisés pour le labour : les plus jeunes conduisent les maigres bœufs, les aînés, un peu plus lourds, pèsent sur la houe.

 

Des dizaines de milliers de cultivateurs rongent pourtant leur frein. Les réfugiés centrafricains qui ont traversé la frontière en début d’année, chassés par la guerre, attendent de recevoir des semences pour rejoindre le mouvement général. «Il faut planter maintenant ! Avec la sécheresse, la saison a été un peu repoussée, mais les pluies ont commencé, on ne peut pas différer plus longtemps. Pour les arachides et le sorgho, notamment, nous allons arriver trop tard», s’impatiente Léon Benone Mahamat, 45 ans. L’homme flotte dans une grande blouse de travail bleue. Il est le représentant des 2 300 réfugiés établis au village de Dilingala, qui compte 2 500 habitants. Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations unies les a installés ici le 5 juin, en vertu d’une nouvelle doctrine baptisée «approche hors camp», qui préfère relocaliser les Centrafricains à proximité immédiate des villages tchadiens plutôt que de construire des sites isolés. Ceux-ci avaient tendance à maintenir les réfugiés dans un état de dépendance vis-à-vis de l’aide humanitaire pendant de longues années, juge le HCR. «Etant donné la situation en République centrafricaine, leur retour à moyen terme est très peu probable. La solution est donc l’intégration, explique Olivier Brouant, chef de bureau d’Echo, l’agence de protection civile et d’aide humanitaire de la Commission européenne, qui a organisé et financé la visite des camps de réfugiés centrafricains pour huit médias européens, dont Libération. Depuis trois ans, nous avons élaboré une nouvelle stratégie. Sur les 27 000 personnes qui ont franchi la frontière en 2018, 20 000 vivent hors camp. Plutôt que de construire une école pour les réfugiés, nous agrandissons l’école du village, par exemple. De même pour les centres de santé.»

 

«Ceinture de sécurité»

 

Léon Benone Mahamat ne dispose pas encore d’un abri du HCR - il vit dans une tente collective, tout comme ses deux femmes et ses sept enfants - mais il a négocié un lopin de terre cultivable de 2 hectares avec un habitant de Dilingala. Son champ est là-bas, quelque part dans la forêt, il suffit de défricher. Cet ancien pharmacien est un débrouillard : il y a deux jours, il a monté un petit atelier de menuiserie et vend déjà tables et sièges à 2 000 francs CFA (3 euros). «Si je fais de la qualité, les gens du village aussi viendront acheter ici», espère-t-il.

 

La greffe du site de réfugiés est scrutée de près par les humanitaires, qui font leur possible pour éviter un rejet. Leur tâche est facilitée par le fait que les deux «tissus» partagent un ADN commun : de part et d’autre de la frontière, les communautés parlent la même langue, appartiennent aux mêmes ethnies, ont parfois des liens familiaux. «L’autre point positif est l’attitude des autorités tchadiennes. Ce pays, l’un des plus pauvres du monde, a accueilli ces dernières années des centaines de milliers de personnes du Darfour, du Nigeria, de Centrafrique, sans que jamais leur arrivée n’ait été instrumentalisée sur le plan politique, précise Olivier Brouant. Contrairement à ce que l’on redoutait, l’accès à la terre a été relativement aisé car des consignes nationales ont été données.»

 

Le préfet du département frontalier de Bahr-Sara porte un épais costume trois-pièces malgré la chaleur moite. C’est un ancien officier. Il fait servir à ses invités des sodas, disposés sur un immense plateau porté par deux adolescents silencieux. Des drapeaux du Tchad sont dispersés un peu partout autour de la pièce nue. «Idriss Déby Itno n’a jamais cessé de nous protéger depuis vingt-huit ans. Le Président a créé une ceinture de sécurité autour du pays, récite le représentant de l’Etat, dans un français laborieux. Il a exigé de la solidarité, demandé que les réfugiés soient accueillis, et ils le seront. Nous n’avons pas attendu les humanitaires : les autochtones ont vidé leurs greniers pour partager avec les Centrafricains dès le premier jour.»

 

Les deux pays sont séparés par une rivière boueuse, la Pendé. A Doumou, où des milliers de personnes l’ont traversée en début d’année, des militaires tchadiens sont postés à la sortie du gué, franchissable à pied pendant la saison sèche. La frontière est théoriquement fermée depuis trois ans. Ce jour-là, le commandant arabophone porte un jogging vert et pas de ceinturon : il tient son pistolet à la main. De l’autre côté de l’eau, des épis de maïs attendent d’être récoltés. «Les femmes et les enfants y retournent parfois dans la journée pour grappiller des aliments, mais pas pour cultiver, explique un réfugié, dont le village se trouve à 7 km de la frontière. Les hommes, eux, n’y vont pas. Si les Séléka les aperçoivent, ils les tuent. Ils patrouillent à moto ou à cheval.»

 

Coalition de groupes armés qui a renversé le président centrafricain François Bozizé en 2013 avant d’être chassée de Bangui, la capitale, l’année suivante, la Séléka n’existe plus en tant que telle. Mais ses combattants se sont éparpillés à travers le pays et, sous la houlette de chefs de guerre, ont donné naissance à de nouveaux mouvements, alliés ou rivaux au gré des circonstances et des opportunités de pillage. Rares sont les réfugiés capables de comprendre les ressorts de la guerre civile qui ravage leur pays et à même d’identifier les groupes qui ont brûlé ou volé tout ce qu’ils possédaient. Josué Ningajoum était aux champs quand son village de Mayanojo a été attaqué : «J’ai entendu les balles et j’ai vu les fumées des incendies, c’était le 25 mars. J’ai pris mes trois enfants et j’ai fui dans la brousse. Trois jours plus tard, je passais le fleuve. Je n’ai pas de nouvelles de ma femme et je prie Dieu pour qu’il me la ramène, on m’a dit qu’elle était en vie», raconte lentement le réfugié de 32 ans.

 

Cases de briques

 

Josué a été installé dans le village de Silambi. Il a sous le bras un Bescherelle, prêté par un habitant. Il aimerait devenir enseignant. Il est arrivé au Tchad sans aucun argent. «Cette année, avec la guerre, personne n’était venu nous acheter nos sacs de mil et d’arachide», explique-t-il simplement, en marchant entre les frêles abris du HCR. Les bâches l’inquiètent : elles ne sont pas tout à fait étanches, il y fait chaud la journée et humide la nuit. Il s’arrête au niveau de l’«église» du site, cinq bancs sous un manguier, face à une planche symbolisant l’autel. Les enfants des réfugiés ont été autorisés à récolter des noix de karité pour se nourrir. Josué en décortique une avec son ongle. «Nous sommes tous des agriculteurs ici, nous ne savons faire que ça, nous n’avons fait que ça toute notre vie, si on nous donne des graines pour démarrer, on s’en sortira.»

 

Si l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) échoue à distribuer rapidement les semences - un «gap», dans le langage euphémisé de l’ONU -, les réfugiés seront dépendants des distributions de nourriture du Programme alimentaire mondial pour une autre année complète. Leur intégration, qui passe par une autonomisation économique, risque alors de se compliquer.

 

Dans le village de Doholo, dans le sud du Tchad, l’expérience est menée depuis trois ans. Malgré les apparences, elle est loin d’être concluante. Certes, les abris et les bâches siglés du HCR ont disparu et le site ressemble désormais à n’importe quelle localité de la région, faite de cases de briques séchées avec des toits de paille. Des chèvres circulent entre les maisons et quelques boutiques ont ouvert au bord de la piste. On ne distingue plus la couture entre l’ancien village et le nouveau. Mais trois ans après leur arrivée, les réfugiés reçoivent toujours des rations alimentaires, et très peu ont retrouvé une activité.

 

Le cas de Doholo est particulier. A la différence des autres sites, les réfugiés sont ici en majorité des Peuls, musulmans, souvent éleveurs. Trois obstacles pour l’intégration dans le sud du pays. Mahamat Barka Cheville, 29 ans, était mécanicien à Bangui. Le jeune homme est arrivé au Tchad sans aucun membre de sa famille. A Doholo, où parfois aucun véhicule ne passe de la journée, il ne travaille pas. «En décembre 2013, le quartier où je vivais à Bangui a été envahi par les anti-balaka[des groupes d’autodéfense qui ont attaqué les musulmans pour se venger des exactions commises par la Séléka, ndlr].Les Casques bleus nous ont amenés à l’aéroport et nous sommes partis en avion-cargo pour N’Djamena le jour de Noël, raconte-t-il. En temps de guerre, les chrétiens tuent les musulmans : on a grandi ensemble mais ils ont la haine cachée dans leur cœur. Cela fait quatre générations que ma famille est en Centrafrique et ils nous considèrent encore comme des étrangers.»

 

Par miracle, les tensions intercommunautaires restent jusqu’à présent très limitées au Tchad : le conflit en République centrafricaine ne semble pas avoir débordé de ce côté de la Pendé. Mais cette troisième vague d’arrivée de réfugiés centrafricains (après 2003 et 2014) porte désormais leur nombre à plus de 100 000, rendant la situation explosive sur le plan humanitaire. Malgré son extrême pauvreté, le Tchad, entouré de pays en crise (Nigeria, République centrafricaine, Libye, Soudan), est devenu celui vers lequel on fuit. Avec 28 réfugiés pour 1 000 habitants, il est le deuxième Etat africain d’accueil après l’Ouganda (32 pour 1 000). La France, à titre de comparaison, compte cinq réfugiés pour 1 000 habitants. Pour un PIB 250 fois supérieur.

 

Célian Macé Envoyé spécial au Tchad

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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 17:50
COMMUNIQUE DE PRESSE MINUSCA EXTRADITION DE PINO PINO

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

EXTRADITION DE PINO PINO : LA MINUSCA SALUE LA COLLABORATION ENTRE LES AUTORITES CENTRAFRICAINES ET CONGOLAISES ET LES MISSIONS DE L’ONU

 

Bangui, le 02 juillet 2018 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) se réjouit de l’excellente collaboration entre les autorités centrafricaines et celles de la République démocratique du Congo, ayant abouti à l’arrestation, puis l’extradition, le 27 juin, de Crépin Wakanam, plus connu sous le nom de « Pino Pino ».

 

La MINUSCA a coordonné cette extradition en étroite collaboration avec les autorités centrafricaines, et avec le soutien du gouvernement de la République démocratique du Congo et la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) qu’elle remercie pour leur précieux appui à amener devant la justice l’un des membres de groupes armés responsables de la mort de civils et de casques bleus.  Une fois sur le territoire centrafricain, Crépin Wakanam et ses acolytes ont été remis aux autorités centrafricaines compétentes et placés en détention.

 

Crépin Wakanam, chef d’un gang armé, a été arrêté par les Forces armées de la République démocratique du Congo le 15 mai 2018, après avoir franchi la frontière entre la RCA et la RD Congo, avec 33 membres de sa milice dont deux femmes et six mineurs associés.

 

Il est soupçonné d'avoir perpétré de nombreux actes criminels contre la population civile, notamment à Bangassou (Sud-Est de la RCA) et ses environs où lui et ses hommes se seraient rendus coupables de nombreux crimes et violations graves des droits de l’homme pendant plusieurs mois. Parmi les crimes commis figure le meurtre de cinq casques bleus de la MINUSCA à Yongofongo (Sud-Est), le 8 mai 2017.

 

« Cette nouvelle arrestation marque un pas important dans les efforts inlassables, en appui aux autorités centrafricaines, pour lutter contre l’impunité en Centrafrique », souligne le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RCA, Parfait Onanga-Anyanga, qui réitère la détermination de la MINUSCA, « conformément à son mandat, demaintenir ses efforts en faveur de la protection des civils et de la restauration de l’autorité de l’Etat ».

 

La MINUSCA est rassurée par la détermination des autorités centrafricaines à enclencher dans les meilleurs délais la procédure judiciaire contre Crépin Wakenam et ses complices pour qu’ils répondent des différents actes criminels qui leur sont reprochés dans le respect de leur droit à un procès équitable.

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Division de Communication Stratégique et d'information publique 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine 

https://minusca.unmissions.org  | Twitter: @UN_CAR |

Facebook: facebook.com/minusca.unmissions

 

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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 17:47
COMMUNIQUE DE PRESSE MINUSCA

 

 

 

LA MINUSCA SALUE L’ADOPTION DU PLAN NATIONAL POUR LA PREVENTION DE L’INCITATION A LA DISCRIMINATION, LA HAINE ET LA VIOLENCE

 

Bangui, le 03 juillet 2018 : Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la République centrafricaine et Chef de la Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), Parfait Onanga-Anyanga, se félicite de l’avancée indéniable que constitue l’adoption, le 30 juin, du« Plan national pour la Prévention de l’Incitation à la Discrimination, la Haine et la Violence »,à l’issue de la campagne consacrée à ce fléau, qui a réuni, à Bangui, du 12 au 30 juin 2018, toutes les composantes de la vie sociale et politique de la République centrafricaine (RCA).

 

Ce Plan vient à point nommé et prend pleinement en compte les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, notamment la 2387 de novembre 2017 et la 2399 de janvier 2018, rappelle le chef de la MINUSCA, indiquant qu’il constitue « un instrument pertinent pour renforcer notre dispositif de surveillance et de documentation des discours haineux afin de mieux traquer les individus et entités responsables de tels actes ».

 

De retour de New York où il a briefé le Conseil de sécurité sur la situation en République centrafricaine sur la base du dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, le Représentant spécial du Secrétaire général fait valoir, par ailleurs, que le Conseil se réjouit des mesures déjà prises et encourage des actions concrètes pour endiguer ce fléau, conformément à la Constitution et aux lois en vigueur en RCA, notamment l’article 292 du Code pénal.

 

« La reconnaissance de ce fléau qui mine le corps social représente en soi une étape essentielle vers la prévention et le traitement effectif du discours de haine et de ses effets néfastes », indique également Parfait Onanga-Anyanga, qui insiste sur le fait que « les discours haineux et rumeurs proférés par des figures emblématiques de la scène politique et leaders d’opinion restent une préoccupation majeure en Centrafrique, en ce sens qu’ils creusent davantage le fossé entre les filles et les fils du pays et sapent les efforts conjugués vers la paix, l’épanouissement social et le développement ».

 

A cet effet, le Chef de la MINUSCA félicite les plus hautes autorités de l’Etat, y compris le Chef de l’Etat, Faustin Archange Touadéra, et le Premier Ministre, Simplice Sarandji, pour leur implication personnelle en faveur d’une communication plus responsable et constructive. Il salue également le leadership du Président du Haut Conseil de la Communication, dont l’institution a sanctionné les messages de haine, mais aussi et surtout pour avoir su mobiliser une large coalition de tous les segments de la société centrafricaine pour dire non aux mots qui tuent, aux mots qui divisent la société et anéantissent l’aspiration commune à la réconciliation nationale. 

 

« Il faut se féliciter de la pertinence des engagements pris et des recommandations formulées qui visent à s’attaquer aux causes profondes du mal. J’encourage donc un effort soutenu de vulgarisation du contenu du plan national », déclare le Représentant spécial, tout en se réjouissant que la MINUSCA ait pu mobiliser toutes les ressources disponibles pour accompagner le Haut Conseil de la Communication dans la mise en place de cette nouvelle stratégie nationale pour la prévention de l’incitation à la haine et à la violence.

 

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Division de Communication Stratégique et d'information publique 

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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 17:40
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique La coordonnatrice humanitaire dénonce 143 actes de violences contre les acteurs humanitaires en 2018

 

PAR NINA VERDIANE NIABODE LE 3 JUILLET 2018

 

BANGUI, 02 Juillet 2018 (RJDH)—Après avoir constaté et documenté 143 actes de violence depuis 2018, Najat Rochdi, coordonnatrice humanitaire, dans une interview accordée au RJDH, se dit outrée par ces forfaits et plaide pour la libre circulation des humanitaires dans le pays. Appel fait la semaine dernière à Bangui.

 

RJDH : Mme Najat Rochdi, bonjour

 

Najat Rochdi : Bonjour.

 

RJDH : Vous êtes coordonnatrice humanitaire. Nous enregistrons ces derniers temps des attaques contre des acteurs humanitaires dans la Nana Gribizi, la Ouaka et l’Ouham. Quelles est votre réaction face à ces attaques ?

 

NR : D’abord nous saluons les efforts que vous menez en diffusant des informations dans le cas d’espèce à la population. Il est évident que nous sommes tous outrés par ces attaques perpétrées contre les acteurs humanitaires qui sont là pour travailler auprès de la population en toute impartialité et neutralité. Juste pour savoir quelle ampleur il s’agit, depuis janvier 2018 jusqu’à ce jour, il y’a eu 143 actes de violences ayant affecté directement les organisations humanitaires.

 

Et comme vous l’avez si bien dit, les préfectures les plus touchées sont la Nana-Gribizi, la Ouaka, la Haute-Kotto et l’Ouham. En attaquant les acteurs humanitaires, on attaque au fait quelque part les populations civiles parce que dès qu’il y’a attaque contre les humanitaires, il y’a évidemment des mesures de mitigations, de sécurité qui sont prises. Et les ONG se retrouvent dans l’obligation de suspendre leurs activités, alors dans cette situation qui paie le prix ?

 

C’est la population civile et les communautés qui sont face à l’interruption de cette assistance qui, dans la plupart des cas, leur est nécessaire. Ce que aussi nous déplorons et que moi je condamne fermement est l’attaque contre les structures sanitaires, les hôpitaux, et les ambulances, ce qui empêche les humanitaires d’aller chercher un blessé pour lui porter assistance à l’intérieur d’un hôpital, juste à cause de son ethnie, de sa religion ; c’est vraiment inacceptable. Et donc je lance un appel solennel  à tous les groupes armés, à tous ceux qui prennent des armes contre les structures sanitaires, contre les humanitaires, contre les bâtiments religieux d’arrêter ces actes et de respecter leurs engagements en ce qui concerne le processus de paix entamé ici dans le pays.

 

RJDH : Actualité oblige, les activités humanitaires tournent au ralenti dans la Ouaka après les attaques et les pillages des structures sanitaires par les groupes armés. Quelle est la politique de la coordination humanitaire face à cette situation ?

 

NR : Vous savez, il faut quand même retenir quelque chose, c’est que les humanitaires n’ont pas quitté les lieux occupés ; ils sont restés et çà il faut le souligner. Ils ont certes réduit leurs activités et cela était absolument nécessaire pour un souci de sécurité ; il fallait réduire les équipes afin qu’elles soient sécurisées. Les attaques ont eu un impact négatif important notamment l’exemple d’un hôpital régional qui a été directement attaqué avec des conséquences néfastes importantes ayant eu comme effet le retrait d’un acteur humanitaire fondamental et aussi capital. Ce qui a été fait en ce temps est que nous avons continué les évaluations et ce que je peux vous rassurer est que les activités ont repris timidement cependant parce que les incidents ne se sont pas arrêtés mais c’est toujours dans cet engagement de bien évidement, non seulement d’apporter l’assistance aux déplacés mais aussi aux familles d’accueil. Car le phénomène que nous avons remarqué est que lorsqu’il y’a violence sur les personnes se refugient dans les familles d’accueil, dans les communautés hôtes, ce qui nécessite une opérationnalisation de notre assistance.

 

RJDH : Peut-on encore parler dans ce contexte du passage des urgences aux objectifs de développement en Centrafrique ?

 

NR : Oui, en Centrafrique nous avons des situations  différentes en fonction des préfectures et des sous préfectures. Donc la méthodologie et la stratégie du travail adoptée est que là où nous devons continuer à faire du relèvement,  nous allons le faire et là ce n’est pas seulement les humanitaires ; nous allons le faire avec les acteurs au développement, les partenaires et le gouvernement.  Il ne faut pas surtout baisser les bras, parce que si on doit tous tomber dans le piège de l’urgence, cela veut dire que nous sommes en train de ne pas donner une chance à ces urgences de se terminer.

 

Et l’objectif ultime est de ne pas rester mais de continuer dans la vulnérabilité de la population, de ne pas rester uniquement dans l’aide d’urgences humanitaires mais c’est au contraire d’équiper la population pour qu’elle sorte de sa fragilité, qu’elle sorte de sa vulnérabilité, qu’elle commence à générer des revenus pour qu’effectivement on passe progressivement à une vie normale d’un côté et de l’autre côté si les conditions sécuritaires le permettent, que les déplacés internes regagnent leurs villages d’origine.

 

Nous avons un bon exemple à ce niveau, il s’agit de la ville de Paoua. Comme vous le savez, à la fin de l’année dernière et au début de cette année, il y’a eu des évènements qui ont déplacé plus de cent mille déplacés internes. Et nous sommes tous satisfaits des efforts qui ont été faits par tous les acteurs que ça soit humanitaires  et sécuritaires pour qu’aujourd’hui 80% de ces déplacés puissent déjà regagner leurs villages d’origine. C’est çà l’objectif ultime.

 

RJDH : Mme la Coordonatrice, le plan de réponse humanitaire 2018 est encore sous financé. Les acteurs humanitaires disposeront-ils de moyens pour répondre aux besoins urgents des populations vulnérables?

 

NR : Nous sommes aujourd’hui à vingt deux pour cent de financement comparativement à d’autres pays ; je dirais qu’on est mieux que d’autres et çà c’est grâce à tout le travail de plaidoyer qui a été fait. Je vous remercie de cette opportunité et profite de votre micro pour renouveler l’appel à tous les donateurs, à tous les partenaires de continuer à financer l’assistance humanitaire mais de travailler aussi avec les acteurs de relèvement pour qu’on puisse finalement surmonter la situation. Les besoins humanitaires ne se termineront pas si les projets de relèvement ne commencent de manière exponentielle.

 

RJDH : A Genève à la fin du mois de Mai 2018, vous avez fait un plaidoyer pour plus de soutien à la Centrafrique qui continue de vivre dans une crise humanitaire de grande envergure. Y’a t elle une suite à votre plaidoyer?

 

NR : oui si nous sommes passés de 8 à 22% cela signifie qu’il y’a une continuité dans les financements. Mais ce qui est important de souligner avec l’appui des bailleurs est qu’il ne faut pas se focaliser exclusivement sur les besoins financiers mais surtout expliquer ce que nous avons fait avec les financements reçus l’année dernière. Vous savez qu’en 2017 nous avons reçu un plan de réponse financé à 50% et  il a fallu rendre compte à nos bailleurs.

 

RJDH : Mme Najat Rochdi, je vous remercie

 

NR : C’est à moi de vous remercier

 

Propos recueillis par Nina Verdiane Niabodé

 

 

Centrafrique : Une table ronde sur la défense et la sécurité prévue demain entre le gouvernement et ses partenaires

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 3 JUILLET 2018ACTUALITÉSSÉCURITÉ-DDRR-RSS

 

BANGUI, le 03 Juillet 2018(RJDH)–Les ministères de la défense Nationale et celui de la Sécurité attendent organiser une table ronde du 04 au 05 juillet, consacrée à la restauration de l’autorité de l’Etat et le redéploiement des Forces Armées Centrafricaines ainsi que les Forces de sécurité intérieure. Le plan de ce redéploiement allant de 2017 à 2021 a été approuvé par le gouvernement

 

Le gouvernement attend mobiliser les ressources dans le cadre de plan nationale de la défense et la sécurité dans le pays après les multiples crises. Du 04 au 05 juillet 2018, une table ronde consacrée essentiellement au redéploiement des Forces Armées Centrafricaines(FACA) et les Forces de Sécurité Intérieure(FSI) sur l’ensemble du territoire est prévue dans un contexte de tension dans plusieurs villes alors qu’une concertation gouvernement-groupes armés est attendue.

 

Marie Noëlle Koyara, ministre de la Défense nationale compte sur l’appui des partenaires de la République Centrafricaine pour la mobilisation de fonds qui permettront au rétablissement de la paix et la sécurité, condition pour la restauration de l’autorité de l’Etat.

 

« Nous tenons beaucoup à cette rencontre de partenaires pour la mobilisation de moyen pour la sécurité de la population centrafricaine. L’objet essentiel de cette table ronde auquel nous avons reçu le mandat du gouvernement, c’est dans le cadre de plan national de la sécurité et la paix qui devraient retourner dans notre pays ainsi que la réconciliation et la restauration de l’Etat», projette la Ministre de la défense nationale.

 

Les informations RJDH indiquent que le gouvernement à travers cette table, compte mobiliser 30 millions de FCFA pour réaliser ce plan de redéploiement.

 

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 01:48
Lu pour vous : Macron, un «Africa Tour» plus sécuritaire qu’humanitaire

 

 

SOMMET

 

Macron, un «Africa Tour» plus sécuritaire qu’humanitaire

 

http://www.liberation.fr  — 

 

Le Président arrive ce lundi en Mauritanie où se tient un sommet de l’Union africaine, avant d’aller au Nigeria. Il entend rebooster le G5 Sahel, destiné lutter contre le terrorisme. Des ONG s’inquiètent du passage au second plan de l’aide au développement.

 

C’est reparti : ce lundi, Emmanuel Macron retourne, une fois de plus, en Afrique. Pour une tournée de trois jours, qui le conduira d’abord aux confins du Sahara et de l’océan Atlantique : à Nouakchott, capitale de la Mauritanie, où se tient en ce moment le 31e sommet de l’Union africaine (UA). Puis, dans la foulée, au Nigeria, l’indocile géant anglophone de l’Afrique de l’Ouest. «Nous avons fait le calcul : c’est son dixième déplacement en Afrique, Maghreb compris, en un an. Dix déplacements sur le continent en si peu de temps, c’est un record pour un président français», constate Friederike Röder, de l’ONG ONE, engagée dans la lutte contre la pauvreté en Afrique. Et qui se félicite de ce «signal fort», tout en soulignant les limites : «Affirmer une présence sur le continent, c’est bien pour une première année présidentielle, mais désormais il faut passer à l’action.»

 

Comme beaucoup d’ONG de solidarité internationale, la responsable de ONE s’inquiète de l’importance prise par les questions sécuritaires et migratoires, notamment dans la région du Sahel. Alors même que certaines promesses pour doper l’aide au développement tardent à se concrétiser. Lancée le 13 juillet 2017, l’Alliance pour le Sahel était ainsi censée jeter les bases d’un nouveau partenariat en faveur du développement entre la France et les pays de cette région tourmentée. Un an plus tard, le bilan est plutôt flou.

 

«On nous a annoncé une liste de 500 projets labellisés Alliance Sahel. On n’en connaît toujours pas le détail exact. On s’attendait à une grande ambition mais, pour l’instant, on voit surtout le parrainage de projets, déjà existants pour la plupart. Ce n’est pas à la hauteur des défis actuels», déplore Friederike Röder, qui rappelle que «cinq millions de filles sont déscolarisées dans la région du Sahel. L’Afrique a également besoin de 22,5 millions d’emplois par an». Notamment pour absorber une explosion démographique inédite : «Aujourd’hui, la population africaine est trois fois plus importante que celle de l’Europe. En 2050, il y aura six fois plus d’Africains que d’Européens. C’est donc aussi notre intérêt d’accompagner le développement et de sortir du court terme», ajoute encore Friederike Röder.

 

«Les tuyaux sont branchés»

 

A la veille du départ de Macron, un grand nombre d’associations ont multiplié les interpellations et les communiqués de presse pour exhorter le président français à se montrer plus volontaire, offensif, sur les enjeux de la pauvreté, de l’éducation, mais aussi de la bonne gouvernance et des droits de l’homme. «Bon, en réalité, on ne se fait pas trop d’illusions : Emmanuel Macron va peut-être faire un beau discours mais, en pratique, depuis un an, aucun financement supplémentaire n’a été dégagé pour appuyer le développement», confie en aparté le responsable d’une grande ONG, qui redoute une focalisation exclusive sur les défis militaires. Surtout lors de la première étape de ce dernier «Africa Tour» de la saison.

 

D’ailleurs, les responsables français ne s’en cachent pas. Ce lundi à Nouakchott, «il y aura une dimension sécuritaire très forte», rappelle-t-on à l’Elysée. Sur place, Macron va d’abord tenter de rebooster le G5 Sahel. Créée en 2014 mais relancée par Macron, avec une vigueur appuyée il y a pile un an à Bamako, au Mali, cette force conjointe en gestation est censée fédérer les armées de cinq pays sahéliens (le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Tchad), pour faire face aux défis sécuritaires régionaux. Mais elle a encore du mal à s’imposer. La semaine dernière, côté français, on évoquait pudiquement la nécessité d’«accompagner une montée en puissance du G5 Sahel», assurant que, «malgré un processus complexe pour mettre en place les financements, les achats ou les équipements, les tuyaux sont branchés».

 

Deux jours plus tard, les «tuyaux» ont en réalité pris un sacré coup de chaud. Vendredi, le QG de la force G5 Sahel, installé à Sévaré, au centre du Mali, a été pour la première fois la cible d’une attaque kamikaze à la voiture bélier, faisant trois morts et de nombreux blessés. Le message ne saurait être plus clair : alors que depuis cinq ans les forces françaises combattent les jihadistes dans le nord du Mali sans normaliser la situation, non seulement le centre du pays est également devenu une zone grise, mais les jihadistes sont capables de viser le QG de ces nouvelles forces africaines censées, un jour encore très hypothétique, prendre la relève de l’armée française sur place.

 

Reste qu’au menu des discussions à Nouakchott s’imposera surtout un autre écueil pour le G5 Sahel. Malgré de multiples raouts pour mobiliser la communauté internationale, l’argent nécessaire n’est toujours pas au rendez-vous. Le fonds fiduciaire «devant gérer les contributions du G5 Sahel reste une coquille vide», révélait en début de semaine dernière la Lettre du continent, une publication confidentielle sur l’actualité africaine. Car sur les 414 millions d’euros promis, «seulement 500 000 euros versés par le Rwanda ont été réceptionnés». Les 50 millions annoncés par l’Europe ? «L’enveloppe dort toujours dans les caisses de l’agence Expertise France, chargée de les gérer.» Les 30 millions promis par les Emirats arabes unis ? Aucune info sur la date de versement, toujours selon la Lettre du continent. Quant aux 100 millions jetés sur la table par l’Arabie Saoudite, ils doivent en réalité «exclusivement financer l’achat d’équipements militaires français», et de toute façon, pas avant fin 2018.

 

On pourrait évidemment s’interroger sur l’opportunité d’associer des pays comme l’Arabie Saoudite à la lutte contre l’intégrisme islamiste au Sahel. Mais, au-delà, les «tuyaux» du G5 Sahel semblent dans l’immédiat bien fragiles. «Le pire, c’est que les dirigeants français ou occidentaux ne réalisent pas combien les mesures sécuritaires mises en place contre le terrorisme ou les migrants sont contreproductives. Elles conduisent à fermer les yeux sur les abus commis par des régimes "amis" qui ont de plus en plus tendance à avoir la main lourde sur les droits de l’homme et la société civile. Quant aux forces militaires nationales, leurs exactions n’encouragent pas les populations locales à leur faire confiance», note un acteur humanitaire qui préfère rester anonyme pour éviter les «répercussions sur place».

 

La semaine dernière, un rapport d’enquête de la force de l’ONU au Mali, la Minusma, accusait un contingent de militaires maliens incorporés au sein de G5 Sahel, d’avoir exécuté une dizaine de civils au centre du pays. Des sanctions ont été promises par les autorités du pays «quand toutes les enquêtes seront achevées». En attendant, la peur et l’impunité continuent de peser sur la vie quotidienne de populations souvent prises en étau entre les groupes terroristes et leur propre armée.

 

Réels paradoxes

 

La Mauritanie offre d’ailleurs un bon exemple de la complexité et de l’ambivalence du jeu de poker qui s’impose dans l’immensité de cette région désertique. Voilà un pays qui, en avril 2017, a rendu «obligatoire» la peine de mort pour blasphème contre l’islam. «Et toute femme jugée coupable d’adultère peut être condamnée à la lapidation, même si en principe cette peine est suspendue par un moratoire», rappelle Fatimata Mbaye, avocate au barreau de Nouakchott. Reste que la Mauritanie est également considérée comme un pays en pointe dans la lutte contre le péril jihadiste. Certes, elle a été épargnée par les attentats depuis 2011. «Mais c’est au prix de multiples concessions avec les mouvements les plus radicaux. C’est un deal avec les islamistes», constate Fatimata Mbaye, qui espère que l’un de ses clients, Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, un blogueur contestataire toujours emprisonné malgré la fin de sa peine, «sera enfin libéré. Et même exfiltré en France après la visite de Macron». Même libéré, il resterait menacé par les radicaux islamistes, qui agissent dans l’ombre en Mauritanie. Lequel pays abrite également le secrétariat général du G5 Sahel. Les paradoxes sont réels.

 

La France est-elle encore en position de dicter une conduite à ses partenaires africains ? La concurrence est désormais féroce sur un continent qui suscite bien des craintes mais aiguise aussi les appétits. Au moment même où Macron discutera de la fameuse «montée en puissance» du G5 Sahel à Nouakchott, Pékin organise son premier sommet de défense et de sécurité en Afrique, énorme raout destiné à montrer l’intérêt, et «la montée en puissance» là encore, de la Chine sur le continent. Car les Chinois, mais aussi les Russes, sont de plus en plus présents en Afrique. De Djibouti, où a été installée cette année la première base militaire chinoise, jusqu’à la République centrafricaine, où les soldats russes squattent durablement l’ancien palais de l’empereur Bokassa et conseillent le président du pays, les plaques tectoniques sont en train de bouger pour le partage des zones d’influence.

 

«Grandes déclarations»

 

«La France ne peut même plus prétendre au rôle d’un bienfaiteur généreux, ironise Michael Siegel, de l’ONG Oxfam. La moitié de l’aide bilatérale française est constituée de prêts, et non de dons. Elle ne va pas aux pays considérés en état d’urgence : l’aide française accordée aux pays du Sahel ne représente que 4,4 % de l’aide au développement. En réalité, la France préfère "aider" via des prêts des grands pays émergents. On peut faire de grandes déclarations mais, en réalité, aucun pays du Sahel ne figure parmi les dix pays prioritaires de l’aide française.»

 

Nul doute qu’à partir de mardi, la «séquence Nigeria», centrée sur la culture, les jeunes entrepreneurs et le football, sera perçue comme plus positive et détendue. Un retour aux origines pour Macron qui, jeune énarque, avait découvert l’Afrique lors d’un stage à l’ambassade de France d’Abuja en 2002. L’ambassadeur qui l’avait alors accueilli, Jean-Marc Simon, fera d’ailleurs partie du voyage. Aujourd’hui à la retraite, il dirige Eurafrique, une entreprise privée qui conseille les investisseurs en Afrique.

 

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 01:47

 

 

 

Dakar, 1-er juil (APS) - L’équipe nationale de basket de la Centrafrique a validé dimanche à Dakar son billet pour le second tour des éliminatoires, zone Afrique, de l’édition 2019 de la Coupe du monde de la discipline, suite à sa victoire (69-60) aux dépens de la Côte d’Ivoire.


Avec trois victoires et trois défaites, les basketteurs centrafricains vont terminer parmi les trois premières équipes devant représenter le groupe D au second tour des qualifications.

 

A Dakar, lors de la phase retour du premier tour, dont les rencontres se sont déroules au stadium Marius Ndiaye, la Centrafrique a battu le Mozambique samedi et la Côte d’Ivoire ce dimanche, après avoir. Avait été dominée par le Sénégal, vendredi, au premier jour de compétition.

 

Avec cette deuxième défaite, dont une concédée devant les Lions, la Côte d’Ivoire doit attendre le résultat de Sénégal-Mozambique pour être fixée pour la suite de ces éliminatoires.

 

A l’issue de cette phase retour, les trois meilleures équipes de chaque groupe se qualifieront pour le second tour des qualifications, qui mettront aux prises 12 équipes divisées en deux groupes (E et F) de 6 équipes chacune.

 

Les deux meilleures équipes des groupes E et F, tout comme l’équipe classée meilleure troisième valideront leurs billets pour la Coupe du monde de basketball FIBA 2019.

 

Pour la toute première fois, la compétition phare de la FIBA regroupera 32 équipes et aura lieu du 31 août au 15 septembre 2019 en Chine.

BASKET BALL - ELIMINATOIRES MONDIAL 2019 :  LA CENTRAFRIQUE OBTIENT SON TICKET POUR LE SECOND TOUR
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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 01:24
Burundi: les 4 Français arrêtés il y a une semaine ont tous quitté le pays

 

 

 Les 4 Français accusés d' »escroquerie », libérés, ont quitté le Burundi

 

« Les quatre hommes d’affaires français sont libres, ils ont été totalement disculpés des accusations qui étaient portées contre eux et ils viennent de prendre l’avion pour la France », a annoncé samedi après-midi à l’AFP une source diplomatique.

 

« Officiellement, l’enquête continue mais les quatre Français sont libres, leurs passeports leur ont été remis samedi matin, ils peuvent quitter le pays et revenir quand ils veulent », a confirmé à l’AFP un haut responsable burundais sous couvert de l’anonymat.

 

 Ils avaient été arrêtés en compagnie de leur accompagnateur burundais et accusés de « faux et usage de faux, escroquerie et de constitution de société fictive » par le ministère de la Sécurité publique dirigé par le numéro 2 du régime, le général Alain-Guillaume Bunyoni, qui n’avait alors donné aucune précision.

 

 « On les a arrêtés et jetés dans une prison pour leur faire peur, les terroriser pour qu’ils renoncent à leur société et à leurs dividendes (…) mais cette affaire a eu le mérite de mettre à nu un racket généralisé au profit du parti au pouvoir et des plus hautes autorités du pays », a dénoncé à l’AFP Gabriel Rufyiri, l’une des principales figures de la société civile burundaise.

 

Avec AFP

 

Burundi: les 4 Français arrêtés il y a une semaine ont tous quitté le pays

 

Les quatre Français arrêtés il y a un peu plus d'une semaine à Bujumbura, et immédiatement écroués dans différentes prisons sont tous libres et ont pu quitter le Burundi, ce samedi 30 juin. Leur bonne foi aurait finalement été reconnue, selon des sources judiciaires. Ils avaient été libérés, un à un, depuis mardi. Officiellement, l'enquête pour escroquerie dans laquelle les quatre hommes avaient été arrêtés ainsi qu'un haut cadre burundais se poursuit. Le cadre en question, Donatien Ndayishimiye reste, quant à lui, en détention.

 

NDLR : Heureux dénouement mais une affaire vraiment pathétique et ubuesque  digne d'une république bananière comme le Burundi aujourd'hui !

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 01:03
Un prêtre tué dans des combats entre groupes armés en Centrafrique

 

 

30 juin 2018

 

Un prêtre a été tué vendredi soir à Bambari, dans le centre de la Centrafrique, tandis que des combats opposent des groupes armés depuis plusieurs jours dans la région de Kaga-Bandoro (nord), a annoncé samedi une porte-parole de l'ONU.

 

L'abbé Firmin Gbagoua, vicaire général du diocèse de Bambari, "a reçu une balle dans l'abdomen et est mort des suites de ses blessures", a déclaré à l'AFP Uwolowulakana Ikavi, porte-parole de la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la Centrafrique (Minusca).

 

En fin de journée vendredi, "des Peuls ont tiré sur le vicaire général au niveau de l'archevêché de Bambari et il a rendu l'âme à l'hôpital" dans la nuit de vendredi à samedi, a affirmé un habitant de Bambari sous couvert d'anonymat. "C'était quelqu'un de sérieux, souriant", a-t-il ajouté.

 

Au même moment, des combats se poursuivaient entre des membres de deux groupes armés et des miliciens dits "d'autodéfense" antibalakas plus au nord, près de Mbrès, dans la région de Kaga-Bandoro.

 

Ces combats entre d'une part, des membres du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) - issus de l'ex-rébellion de la Séléka - et de l'autre, les miliciens antibalakas, ont débuté le 22 juin, selon la porte-parole de la Minusca.

 

"Les combats ont entraîné d'autres violences. Des maisons ont été brûlées et les casques bleus ont été la cible d'attaque d'éléments armés", a-t-elle dit, ajoutant : "La situation dans la zone est très tendue". Elle n'a pas donné de bilan de ces combats.

 

Le démantèlement d'un barrage antibalaka par des éléments du MPC et du FPRC serait à l'origine de ces affrontements.

 

Les combats et les violences sont presque quotidiens sur la quasi-totalité du territoire de la Centrafrique, sous la coupe de groupes armés et de milices qui y commettent de nombreuses exactions.

 

En 2013, la chute du président François Bozizé, renversé par l'ex-rébellion de la Séléka qui se proclamait protectrice des musulmans, avait entraîné une contre-offensive des milices antibalaka, prétendant défendre les non-musulmans.

 

Cinq ans après, les groupes issus de l'ex-Séléka et les milices antibalakas sévissent toujours et s'affrontent pour le contrôle des ressources de ce pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus pauvres au monde, mais riche en diamants, or et uranium.

 

Avec AFP

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 00:58
Lu pour vous :  S'installer en Afrique centrale

 

 

PAR VIVIANE FORSON  Publié le 30/06/2018 à 05:53 - Modifié le 30/06/2018 à 09:56 | Le Point Afrique

 

Voilà une région qui, malgré les contrariétés politiques, s'évertue à bouger. Entre start-up, croissance gabonaise et robotique à Kinshasa, il est possible de creuser son sillon.

 

Yaoundé, Libreville, Kinshasa, Brazzaville, ­Malabo, N'Djamena, Bangui, São Tomé : s'installer en Afrique centrale, c'est s'offrir bien des possibilités. Les défis sont à la mesure de ce territoire de huit pays aux réalités complexes.

 

Le Cameroun devant

 

En 2017, le Cameroun était la première ­économie de la zone, avec une contribution de 29 % au PIB régional. Souvent qualifié d'« Afrique en miniature » pour sa diversité géographique et humaine, le pays de Samuel Eto'o attire francophones comme anglophones grâce à l'implantation d'entreprises étrangères et au dynamisme de ses start-up. Les activités agricoles et forestières s'appuient sur les cultures de rente (cacao, café, palmier à huile) et vivrières (banane plantain, maïs). Mais rien de comparable entre Yaoundé, la capitale « aux sept collines », où se déploie une certaine douceur de vivre, et Douala, la capitale économique aux centres d'affaires ­modernes et destination touristique de choix.

 

Entre ses forêts équatoriales et ses plages (Kribi, Limbé), le Cameroun regorge de richesses naturelles. Tous ces atouts ne doivent pas faire perdre de vue que le pays vit une tragédie au nord avec les attaques de Boko Haram et la crise anglophone au sud-ouest et au nord-ouest.

 

Gabon, Congo, RD Congo : espace de contrastes

 

Le Gabon voisin assume avec fierté sa ­mosaïque de communautés et de religions. Le pays est en pleine croissance économique et attire ­investisseurs et « repats » rentrés au bercail.

 

Bien que les années de guerre civile soient ­derrière elle, la République démocratique du Congo continue de lutter contre l'insécurité politique et économique. Il est impératif, pour ceux qui s'y expatrieront, de prendre ces éléments en compte. Le secteur minier reste le plus attractif, avec celui du bois, les infrastructures touristiques en construction et le travail avec les ONG.

 

Séparées par le fleuve Congo, Brazzaville et Kinshasa s'observent. Plongée dans une crise ­économique, la RDC va devoir se diversifier. L'agrobusiness et l'écotourisme sont prometteurs.

 

Guinée équatoriale, São Tomé, Tchad, Centrafrique : situation difficile, mais...

 

De son côté, la Guinée équatoriale, qui tire ­l'essentiel de ses revenus de l'or noir, est en plein marasme. Le Tchad, lui, a amorcé sa relance à ­travers le plan national de développement (PND) doté de plus de 17 milliards d'euros engagés avec les bailleurs de fonds. Restent la Centrafrique et São Tomé, deux pays dépendant des aides internationales. Le premier semble ne pas pouvoir se remettre du renversement de l'ex-président François Bozizé en 2013. Et l'économie de São Tomé, axée sur le cacao-café, ne fait plus recette. Toutefois, l'Afrique centrale devrait enregistrer une montée en flèche de sa croissance économique à 2,4 % en 2018 et à 3,4 % en 2019.

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 00:40
RCA : violences à Bambari. Quelles conséquences pour la population ?
RCA : violences à Bambari. Quelles conséquences pour la population ?
RCA : violences à Bambari. Quelles conséquences pour la population ?

 

 

 https://www.msf.fr/  28 JUIN 2018 - MIS À JOUR LE 29 JUIN 2018

 

Paul Brockman, chef de mission pour Médecins Sans Frontières, est de retour de République centrafricaine (RCA). Il est extrêmement préoccupé par le niveau des violences dont il a été témoin pendant ses quatre mois passés dans le pays, et notamment par les conséquences des affrontements qui se sont déroulés à Bambari.

 

Après une année de calme relatif, cette ville située dans le centre du pays a de nouveau rejoint la liste des communes en proie à des violences et des attaques brutales, menées par des groupes armés. De nombreux habitants ont fui la ville et sont privés d’accès aux soins de santé.

Médecins Sans Frontières soutient les activités de chirurgie et de pédiatrie de l’hôpital régional de Bambari.

Que s’est-il passé à Bambari à la mi-mai ?

Cette nouvelle vague d’affrontements et de combats a commencé à Bambari le matin du 15 mai. La veille, les cadavres de deux hommes avaient été retrouvés sur une route au sud de Bambari. Cet événement a poussé près de 300 personnes à se réfugier dans l’hôpital de la ville, en pensant que cet endroit pourrait leur servir d’abri pour échapper aux violences et aux représailles.

Puis, le matin du 15 mai, nous avons entendu des coups de feu dans toute la ville et les blessés ont commencé à arriver à l’hôpital. Des familles entières ont été blessées par balles. Pendant une semaine, Bambari était en état de guerre. De la mi-mai à la mi-juin, 36 personnes ont été blessées, mais nous pensons que le nombre de victimes est bien plus élevé, car de nombreuses personnes n’ont pas pu atteindre l’hôpital.

 

Peut-on encore parler de conflit entre musulmans et chrétiens ?

Non, car le conflit en République centrafricaine est beaucoup plus compliqué que cela. Il y a beaucoup plus de groupes armés aujourd’hui qu’il n’y en avait durant le conflit entre 2013 et 2014 ; et les alliances entre ces groupes peuvent changer très rapidement.

Ces conflits sont liés au contrôle des ressources et aux luttes de pouvoir. Les premiers à souffrir de tels conflits sont les populations civiles, abandonnées à leur sort.

 

Bambari a été déclarée “ville sans armes” en 2017. Pourquoi une telle explosion de violence ? 

Bambari était calme, mais entourée par les combats et les affrontements. Cette nouvelle vague de violence n’est pas sortie de nulle part. La ville semblait tranquille car la MINUSCA [Mission des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique] a repoussé les groupes armés en dehors de la ville il y a un an et déclaré que la ville était “libérée des armes”.

Mais ces groupes armés se sont simplement déplacés vers les villages autour de Bambari. Ils sont restés là, en essayant de trouver de nouveaux moyens de se faire de l’argent, comme taxer ou voler les habitants de la région : les communautés locales et les personnes déplacées originaires d’autres provinces du pays. Puis le 15, les coups de feu ont de nouveau atteint la ville.

Quels sont les principaux besoins médicaux à Bambari ? 

De nombreuses personnes ont fui la ville. Les déplacements de populations sont problématiques, car ils exposent ces personnes à de nombreux risques. Le fait de dormir dehors augmente par exemple les risques d’être piqué par un moustique porteur du paludisme. Cette maladie, qui peut être mortelle, est celle que nous traitons le plus en RCA.

Suite aux combats de la mi-mai, les équipes de Médecins Sans Frontières ont déployé des cliniques mobiles à 8 kilomètres à l’ouest de la ville, là où les habitants de Bambari s’étaient déplacés pour trouver refuge. Le premier jour, 120 personnes sur 165 ont été testées positif lors d’un dépistage contre le paludisme. Deux cas de méningite ont également été confirmés.

Est-ce que MSF est en mesure de travailler à Bambari ? 

C’est très difficile. La situation a empiré le 30 mai lorsque la maison de MSF à Bambari a été dévalisée par des hommes armés au milieu de la nuit. Heureusement, nos équipes sur place n’ont pas eu de blessures graves. Après cet incident, nous avons décidé d’évacuer une grande partie de notre équipe vers Bangui, la capitale du pays. Deux incursions violentes ont eu lieu depuis à l’hôpital de Bambari : des hommes armés sont entrés à la recherche d’ennemis parmi les patients, ou pour évacuer des membres de leurs groupes avant que d’autres ne viennent les tuer.

ÉCLAIRAGE

Une équipe réduite de MSF travaillait encore dans l’hôpital et après une analyse de la situation sécuritaire, nous avons décidé de lui adjoindre une équipe médicale et chirurgicale pour la soutenir dans la prise en charge des blessés. Ainsi, depuis le 15 juin, nous pouvons de nouveau proposer des soins chirurgicaux aux patients. Mais de nombreux services de santé sont encore défaillants.

 

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