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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 00:51
L'armée ougandaise juge des soldats ayant commis des crimes sexuels en Centrafrique

 

 

 

31/10/17 (Xinhua)

 

L'armée ougandaise a fait savoir lundi que certains de ses soldats étaient jugés pour des crimes sexuels commis en République centrafricaine (RCA).

 

Le brigadier Richard Karemire, porte-parole de l'armée ougandaise, a indiqué, dans une interview accordée à Xinhua, que le procès des soldats incriminés, qui avaient participé à une mission de l'Union africaine en RCA pour lutter contre les rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA), avait débuté suite à des enquêtes sur ces crimes.

 

"Nous avons reçu le rapport sur l'exploitation et les abus sexuels (commis) en RCA. Nos dirigeants ont décrété l'ouverture d'une enquête qui a été faite. Par conséquent, nous avons pris des mesures punitives. Certains de nos soldats sont jugés", a déclaré M. Karemire, révélant que deux officiers figuraient parmi les militaires poursuivis.

 

"Nous continuons d'éduquer nos officiers et soldats dans ce domaine (abus sexuels), afin qu'ils ne tombent pas dans le piège de tels problèmes à l'avenir quand ils sont déployés à l'étranger ou même à l'intérieur de l'Ouganda", a-t-il ajouté.

 

Des groupes de défense des droits de l'Homme ont accusé en mai dernier des soldats ougandais déployés en Centrafrique d'être impliqués dans l'exploitation et les abus sexuels contre de jeunes filles et des femmes.

 

Ces organisations ont affirmé qu'au moins 13 femmes et trois jeunes filles avaient été agressées dans le pays depuis 2015.

 

Des forces ougandaises étaient déployées en RCA depuis 2009, faisant partie d'une force régionale chargée de lutter contre les rebelles de la LRA se retranchant dans les jungles de la République démocratique du Congo et de la Centrafrique.

 

En août dernier, les 2.500 soldats de cette force régionale ont quitté la RCA après la fin de la mission.

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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 00:09
SOMMET DES CHEFS D'ETAT DE LA CEMAC : Communiqué final

 

 

 

COMMUNAUTE ECONOMIQUE ET MONETAIRE DE L’AFRIQUE CENTRALE

 

SESSION EXTRAORDINAIRE DE LA CONFERENCE

DES CHEFS D’ETAT DE LA CEMAC

-------------------------

 

COMMUNIQUE FINAL

 

N’DJAMENA, LE 31 OCTOBRE 2017

 

La Conférence des Chefs d’Etat de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) s’est réunie en session extraordinaire le 31 Octobre 2017 à N’Djamena (République du Tchad), sous la présidence de Son Excellence Idriss DEBY ITNO, Président de la République du Tchad, Président en Exercice de ladite Conférence.

Etaient présents :

ü Son Excellence Paul BIYA, Président de la République du Cameroun ;

ü Son Excellence OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la République de Guinée Equatoriale ;

ü Son Excellence Faustin Archange TOUADERA, Président de la République Centrafricaine ;

ü Son Excellence Clément MOUAMBA, Premier Ministre, Représentant le Président de la République du Congo ;

ü Son Excellence Emmanuel ISSOZE NGONDET, Premier Ministre, Représentant le Président de la République Gabonaise.

Ont également pris part, en qualité d’observateurs, Son Excellence Monsieur Ahmad ALLAM-MI, Secrétaire Général de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) et Monsieur François LOUNCENY FALL, Représentant Spécial du Secrétaire Général du Bureau Régional des Nations-Unies pour l’Afrique Centrale (ONUCA).

Monsieur Pierre MOUSSA, Président de la Commission de la CEMAC, rapportait les affaires inscrites à l’ordre du jour.

Outre les membres du Conseil des Ministres de l’UEAC et du Comité Ministériel de l’UMAC, ont participé aux travaux :

ü la Vice-Présidente de la Commission de la CEMAC ;

ü le Gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) ;

ü le Représentant du Président du Parlement Communautaire ;

ü le Premier Président de la Cour de Justice de la CEMAC ;

ü le Président de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC).

 

Les Commissaires de la Commission de la CEMAC participaient également aux travaux.

Cette session extraordinaire de la Conférence a été précédée par une session extraordinaire du Conseil des Ministres de l’Union Économique de l’Afrique Centrale (UEAC) et une session extraordinaire du Comité Ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC), tenues à N’Djamena, respectivement le 29 octobre et le 30 octobre 2017.

La cérémonie solennelle d’ouverture de la Conférence a été marquée tour à tour par le mot de bienvenue de Madame le Maire de N’Djamena, l’allocution du Président de la Commission de la CEMAC et le discours d’ouverture de Son Excellence Idriss DEBY ITNO, Président de la République du Tchad, Président en Exercice de la CEMAC.

Au cours de cette cérémonie d’ouverture, il a été procédé à la décoration de sept (7) personnalités de la Communauté, dont les six membres de l’équipe sortante de la Commission de la CEMAC. Ces personnalités ont été élevées et nommées aux différents Dignités et Grades des Ordres de la CEMAC.

PASSANT à l’examen des points inscrits à son ordre du jour, la Conférence a pris acte de la décision d’ouverture intégrale de leurs frontières, prise par les Etats membres en application de l’Acte additionnel N°01/13/CEMAC-070 U-CCE-SE du 25 Juin 2013 portant suppression des visas pour tous les ressortissants de la CEMAC circulant dans l’espace communautaire. Elle s’est félicitée de ces avancées remarquables enregistrées dans le domaine de la libre circulation.

En vue d’accompagner la mise en œuvre de cette mesure, elle a décidé d’autoriser la BDEAC à prélever, sur les ressources du Fonds de Développement de la Communauté (FODEC), le montant de 1,7 milliard de francs CFA pour le paiement du reliquat dû à INTERPOL au titre de la sécurisation des frontières de la CEMAC. Elle a également instruit la Commission de la CEMAC de prendre toutes les dispositions pour la création des postes sécurisés aux frontières, afin de réserver le bénéfice exclusif de la libre circulation aux ressortissants de la Communauté. En outre, la Conférence a exhorté les Etats membres, qui n’ont pas encore produit leur passeport CEMAC, à le faire dans les meilleurs délais.

ABORDANT la question du financement de la Communauté et au regard du niveau des arriérés accumulés par les Etats membres au titre de la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI), la Conférence a décidé d’annuler la masse d’arriérés à hauteur de 90%, afin de partir sur des bases nouvelles. Elle a invité les Etats membres à s’acquitter du différentiel de ces arriérés avant la fin de l’année.

Enfin, la Conférence a exhorté les Etats membres à rétablir, sans conditions, à appliquer intégralement le mécanisme de liquidation et de recouvrement du produit de la TCI.

AU SUJET de la prestation de serment des nouveaux membres de la Commission de la CEMAC, la Conférence a fixé la date de cérémonie au 02 novembre 2017.

POURSUIVANT ses travaux par l’examen des politiques communes, la Conférence a adopté la Politique Energétique de l’Afrique Centrale à l’horizon 2035. Couvrant l’espace CEEAC, cette politique vise à doter la sous-région d’infrastructures énergétiques fiables, efficaces et capables d’assurer son intégration physique.

En matière de transport, la Conférence a adopté la Politique Communautaire des Transports en Afrique Centrale à l’horizon 2035. Cette Politique a pour but d’« Assurer la fluidité des échanges de biens et la mobilité des personnes entre les pays d’Afrique Centrale, par une politique des transports portant sur tous les modes et toutes les composantes du système de transport pour le développement économique et social durable de la région ». A ce sujet, la Conférence a décidé de la mise en place d’un Comité ad hoc des Ministres en charge des transports, afin d’examiner les modalités de soutien aux compagnies aériennes nationales de la sous-région.

SUR les questions monétaires, bancaires et financières, la Conférence a suivi avec un intérêt particulier la communication du Gouverneur de la BEAC, présentant notamment la nature des mesures mises en œuvre par l’Institut d’Emission, pour faire face à la conjoncture économique peu favorable. Elle s’est félicitée de l’amélioration progressive de la situation des réserves de change et encouragé les parties prenantes à poursuivre les efforts.

Elle a recommandé aux Etats et aux banques de tout mettre en œuvre pour renforcer la résilience des économies par une plus grande diversification, encourager la bancarisation, promouvoir les crédits à l’économie et assurer le rapatriement des recettes d’exportation.

Enfin, elle a invité les Etats à poursuivre les négociations avec le FMI, en vue de parvenir à des programmes cohérents et compatibles avec les lignes directrices du Programme des Réformes Economiques et Financières de la CEMAC (PREF-CEMAC).

AU TITRE des mesures individuelles, la Conférence a procédé à des nominations des premiers responsables dans les structures communautaires. Ainsi, ont été nommés aux fonctions suivantes :

ORGANES/INSTITUTIONS SPECIALISEES/AGENCES D’EXECUTION NOMS ET PRENOMS FONCTIONS NATIONALITE

Commission de la CEMAC Pr. Daniel ONA ONDO Président Gabon Mme FATIMA HARAM ACYL Vice-Président Tchad M. Shey Jones YEMBE Commissaire Cameroun M. Clément BELIBANGA Commissaire RCA Michel NIAMA Commissaire Congo M. José Antonio EDJANG NTUTUMU AVOMO Commissaire Guinée Equatoriale

Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) M. Marcel ONDELE Vice-Président Congo

Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF) M. NAGOUM YAMASSOUM Président Tchad

Groupe d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique Centrale (GABAC) M. Gervais MBATA Secrétaire Permanent RCA

Commission Économique du Bétail, de la Viande et des Ressources Halieutiques

(CEBEVIRHA) M. Pedro-Bayeme BAYEME AYINGONO Secrétaire Exécutif Guinée Équatoriale M. Bernard BOUTSIKA NGAVET Secrétaire Exécutif Adjoint Gabon

Organisation pour la Coordination de la lutte contre les Endémies en Afrique Centrale (OCEAC) Dr Manuel-NSO OBIANG ADA Secrétaire Exécutif Guinée Équatoriale

Institut Sous-Régional Multisectoriel de Technologie Appliquée, de Planification et d’Evaluation de Projets (ISTA) Mme MAHADIE OUTMAM ISSA Directeur Général Tchad M. Evariste EBANE Directeur Général Adjoint Cameroun

École d’Hôtellerie et de Tourisme de la CEMAC (EHT- CEMAC) M. Alphonse MBANGA IBATA Directeur Général Congo

École Inter-Etats des Douanes (EIED) M. Pelayo NDONG OWONO ABANG Directeur Général Guinée Equatoriale

Pôle Régional de Développement des Systèmes Agricoles d’Afrique Centrale (PRASAC) M. Grégoire BANI Directeur Général Congo

Institut Sous-Régional de Statistique et d’Economie Appliquée (ISSEA) M. Francial Giscard Baudin LIBENGUE DOBELE-KPOKA Directeur Général RCA

 

Institut de l’Economie et des

Finances (IEF-Pôle Régional) Dr Thierry Mamadou ASNGAR Directeur Général Tchad

Agence de Supervision de la Sécurité Aérienne en Afrique Centrale (ASSA-AC) M. François KIAPO Directeur Général RCA

Comité Inter-États des Pesticides d’Afrique Centrales (CPAC) M. Auguste ITOUA Directeur Général Permanent Congo

Comité des Chefs de Police de l’Afrique Centrale (CCPAC) M. Colonel de Police Michel KOUA (**) Secrétaire Permanent Congo

S’AGISSANT des divers, la Conférence a examiné les modalités de relance de la consommation, dans la zone, des produits originaires de la Communauté. Elle a instruit la Commission de la CEMAC d’élaborer un répertoire des produits disponibles dans la zone.

EXAMINANT la question du rapprochement des bourses de valeur régionale et nationale, la Conférence a décidé de fixer le siège du Régulateur du marché financier régional à Libreville et celui de la Bourse des valeurs régionale à Douala. Elle a désigné la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) comme dépositaire central.

La Conférence a recommandé aux Etats d’observer la plus grande prudence dans l’application des instruments de la politique commerciale commune de la CEMAC que sont le Tarif Extérieur Commun (TEC) et le Tarif Préférentiel Généralisé (TPG), en vue de préserver la cohésion interne permettant de maintenir et améliorer le processus d’intégration régional en Afrique Centrale.

La Conférence a exprimé toute sa solidarité à la République du Tchad, au vu de la décision des Etats-Unis d’interdire l’entrée dans leur territoire aux ressortissants de ce pays frère. Elle appelle au dialogue en vue de la levée de cette mesure par le gouvernement américain.

Au terme de leurs travaux, les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont exprimé leurs plus vives félicitations aux nouveaux responsables des structures communautaires, en particulier le Professeur Daniel ONA ONDO et Madame FATIMA HARAM ACYL, pour leur brillante nomination respectivement aux fonctions de Président et de Vice-Présidente de la Commission de la CEMAC.

Ils ont exprimé leurs sincères remerciements à leur Frère, Son Excellence IDRISS DEBY ITNO, Président de la République du Tchad, au Gouvernement et au Peuple Tchadiens, pour leur accueil hautement chaleureux et fraternel et pour les délicates attentions dont chacun d’eux a été l’objet au pays de Toumaï.

Les travaux de la session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC se sont déroulés dans une atmosphère de sérénité, de compréhension réciproque et d’entente cordiale./-

Fait à N’DJAMENA, le 31 Octobre 2017

Pour la Conférence des Chefs d’Etat,

Le Président en exercice,

 

IDRISS DEBY ITNO

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 22:16

 

 

 

Patron de TELECEL mais aussi et surtout mécène de la boxe centrafricaine, M. Laurent FOUCHER a été reconnu et élevé comme « Homme de l’année » et reçu le 20 octobre dernier des mains de M. Cyrille MOBILIGNAWA Président de la Fondation BAMARA le Trophée d’Excellence BAMARA. La cérémonie s’est déroulée dans les salons de l’Hôtel Ledger Plaza de Bangui en présence des boxeurs et responsables de la Fédération centrafricaine de boxe ainsi que de nombreux amis tant centrafricains que français de l’impétrant comme Nicolas BOURG et Hugues MULLIEZ. Après l’allocution du Président de la Fondation BAMARA, l’heureux lauréat, très ému et flatté par cette distinction qu’il dit « n’avoir point demandée », a brièvement pris la parole après avoir reçu son Trophée, pour exprimer sa joie, le privilège et l’honneur qui lui ont été ainsi réservés par cette distinction qui lui « va droit au cœur » selon ses dires.

 

 

Ci-dessous, l’intégralité de l’allocution du Président de la  Fondation BAMARA

 

 

 

Monsieur le lauréat, mécène de la boxe centrafricaine, distingués invités, mesdames et messieurs.

 

Au nom du comité d’organisation du trophée BAMARA HOMME DE L’ANNEE, TROPHEE D’EXCELLENCE, je voudrais en tant que président fondateur vous remercier pour votre disponibilité. Cela témoigne l’importance que vous accordiez à cet événement national.

 

L’idée du trophée BAMARA est née des événements connus en Afrique de l’ouest  «  le trophée SEDAR » du nom du premier président Sénégalais Léopold SEDAR SEGHOR et le trophée « Muana mboka » en lingala, qui signifie « enfant du pays »  au Congo Démocratique.

 

Ces deux (2) événements qui promeuvent, sous ces cieux, les sénégalais et les congolais qui ont brillés par de leur savoir, leur savoir être et leur savoir-faire dans les différents domaines qui ont aussi développés leur pays respectifs ont éveillé la fondation BAMARA qui, dans les même ambitions, a voulu donner de l’échelle haut standing aux compatriotes et aux amis de Centrafrique qui se sont faits distingues chacun dans son domaine d’activité professionnelle.

 

Notre objectif est de pousser nos compatriotes et tous ceux qui aiment ce pays au travail d’excellence et de compétitivité.

 

Monsieur FOUCHER, en tant que lauréat, distingués invités, Mesdames et messieurs.

 

Pourquoi avons-nous utilisé le nom de BAMARA pour notre trophée, BAMARA en référence au lion de la forêt, un nom typique centrafricain, qui n’a pas été choisi au hasard. Vous conviendrez avec moi qu’un lion est souvent défini comme étant un animal plein de courage, de vigueur et d’intelligence, ceci doit être pour vous heureux lauréat, image à refléter.

 

Je ne saurais terminer mon allocution sans rendre un hommage mérité aux membres du comité, aux enquêteurs et aussi aux membres du jury qui ont fait montrer une grande capacité de rigueur et d’abnégation dans leur travail.

 

Sur ceux au nom du comité, je vous adresse toutes mes félicitations.

 

Vive  le trophée BAMARA et que vive l’excellence en Centrafrique.

 

Je vous remercie.

 

Le mécène Laurent FOUCHER distingué comme "Homme de l'année" par la Fondation BAMARA
Le mécène Laurent FOUCHER distingué comme "Homme de l'année" par la Fondation BAMARA
Le mécène Laurent FOUCHER distingué comme "Homme de l'année" par la Fondation BAMARA
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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 22:04
 Ce qu’il faut retenir du sommet de la Cemac de N'djaména

 

 

 

Le sommet de la CEMAC s'ouvre à N'jamena alors que les Etats peinent à honorer leurs arriérés

 

http://afrique.latribune.fr  Par Sylvain Vidzraku  |  31/10/2017, 13:14

 

 

Entre 2009 et ce jour, le montant cumulé des arriérés de cotisations des six pays membres de la Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale s'élève à plus de 200 milliards de francs CFA, soit plus de 350 millions de dollars, a annoncé le ministre tchadien de l'économie et de la planification du développement, Nguéto Tiraïna Yambaye.

 

Le montant cumulé des arriérés de cotisation des six pays membres de la Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale (CEMAC), Cameroun, le Congo Brazzaville, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad, vis-à-vis de l'institution régionale entre 2009 et cette fin d'année 2017, est évalué à 200 milliards de francs CFA, soit l'équivalent de 350 millions de dollars. Une annonce qui intervient alors que le sommet extraordinaire des chefs d'Etats de la CEMAC s'ouvre aujourd'hui mardi à N'Djamena, la capitale du Tchad.

 

Pour le ministre tchadien de l'économie et de la planification du développement, Nguéto Tiraïna Yambaye, qui a révélé l'information à la cérémonie d'ouverture des travaux de la session extraordinaire du conseil des ministres de l'Union économique de l'Afrique centrale (UEAC) dont il est le président, le financement de la Cemac est un problème récurrent dans l'organisation et dont les chefs d'Etat de la région ont pleinement conscience. Ceux-ci face à la nécessité de doter la Communauté des ressources suffisantes et durables, avaient adopté il y a deux ans, le 6 mai 2015 à Libreville au Gabon, l'Acte additionnel portant réaménagement du mécanisme du financement autonome, la TCI, afin de trouver une solution définitive à la question de financement de la communauté.

 

Malheureusement, ces diverses dispositions prises par les chefs d'Etat n'ont pas encore porté leur fruit.

 

« Les résultats escomptés tardent à venir et les difficultés de trésorerie sont de plus en plus persistantes », s'est plaint Ngueto Tiraïna Yambaye.

 

 

 

Le Gabon, le Tchad ou encore le Cameroun par exemple, ont dû compter sur de multiples sorties sur le marché financier et des accords avec le Fonds monétaire international (FMI). Du côté de Libreville, le FMI a signé un accord d'appui financier de 642 millions de dollars au titre de son mécanisme élargi de crédits. Le pays a déjà eu accès à un premier décaissement immédiat de 98,8 millions de dollars pour soutenir ''le programme de relance à moyen terme du Gabon''.

 

 

Afrique centrale : ce qu’il faut retenir du sommet de la Cemac

 

 http://afrique.latribune.fr Par Ibrahima Bayo Jr.  |  31/10/2017, 19:36

 

A N’Djamena au Tchad qui reçoit ce 31ème sommet régional placé sous le thème « Intégration accélérée pour une Cemac émergente », Idriss Déby, le président tchadien a plaidé pour une Cemac plus « forte et audacieuse ». L’organisation régionale en aura besoin, elle qui fait face à des difficultés économiques, d’intégration qui ont occupé une bonne partie des débats. Voilà ce qu’il faut retenir du sommet sous-régional de la région Afrique centrale.

 

Comme à chaque fois lors des grandes rencontres africaines, les grands discours, les grandes annonces se noient dans les discussions des hôtes présidentiels autour des grands plats et des petits fours.

 

La 31ème réunion des chefs d'Etat d'Afrique centrale n'a pas dérogé à la règle. Sous le crépitement des flashs des photographes de presse, le « huis-clos » entre Idriss Déby et Teodoro Obiang Nguema de Guinée Equatoriale, Faustin Archange Touadéra de Centrafrique, Paul Biya du Cameroun, les Premiers ministres du Gabon et de Congo-Brazzaville, n'a pas accouché de mesures concrètes, ou presque.

 

Entrée sans visa pour les Africains du centre

 

Une vieille doléance dans la zone vient de se concrétiser. Les Etats d'Afrique centrale ont constaté l'effectivité de la libre-circulation dans l'espace économique sous-régional. Les ressortissants des pays d'Afrique centrale peuvent désormais se rendre dans les 6 pays de la sous-région sans avoir besoin de visa. Longtemps frileux à l'application de cette mesure, la Guinée Equatoriale et le Gabon l'ont avalisée suivis de la Centrafrique et du Congo. La libre-circulation est devenue effective mais pour les séjours ne dépassant pas trois mois. L'intégration régionale a encore du chemin à faire.

 

Le Congolais Pierre Moussa passe le témoin au Gabonais Daniel Ona Ondo

 

Après cinq ans de bail au secrétariat général de la Cemac, le Congolais Pierre Moussa a passé la main au Gabonais Daniel Ona Ondo. Plusieurs fois ministre sous Bongo-père, cet ancien locataire de la primature gabonaise sous le premier mandat d'Ali Bongo, devient le nouveau secrétaire général de l'organisation sous-régionale. A lui la lourde tâche de prêcher les réformes notamment au niveau économique pour sortir cette zone pesant 76 milliards de dollars de la crise qui la secoue.

 

Croissance valétudinaire et une dévaluation évitée de justesse

 

Les prévisions les plus optimistes tablent sur une croissance quasi-nulle autour de 1% dans la zone en 2017. La Cemac revient de loin après une baisse enchaînée depuis 2014 en raison de la plongée des cours du pétrole, sa croissance molle a manqué de peu de passer dans le rouge. Il faut croire que les injections successives du FMI ont redonné de l'énergie à une croissance en berne.

 

Aux prises avec l'institution de Christine Lagarde sur l'épineuse question de la dévaluation du Fcfa, la Cemac lui a préféré le redressement. En échange de milliards de dollars versés dans l'économie, l'institution de Bretton Woods a astreint à une diète budgétaire des pays comme la Centrafrique, le Cameroun, le Gabon ou encore le Tchad.

 

Les voies de la diversification ne sont plus « insondables »

 

Dans un Congo Brazzaville sous enquête pour avoir caché ses dettes ou encore dans une Guinée Equatoriale en récession, les négociations s'étirent et s'éternisent pour arracher un accord avec l'institution financière basée à New-York. La voie de la libération pour les pays de la Cemac qui ont des arriérés de cotisation de 200 milliards de Fcfa, c'est celle de la diversification d'une économie qui mise trop sur les matières premières. Les Chefs d'Etat l'entendront-ils ? Rien n'est moins sûr.

 

 

CEMAC: la libre circulation des biens et des personnes est effective

 

http://cameroon-report.com  31 octobre 2017 Rédaction 

 

Au moment où s’achève le sommet extraordinaire de la CEMAC à Ndjamena, la libre circulation des biens et des personnes devient effective et totale. La Guinée équatoriale et le Gabon sont les derniers pays à avoir entériné la suppression des visas pour les ressortissants de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cémac), en application de l’accord conclu en 2013 sur la libre circulation en Afrique centrale.Tout ressortissant des pays de la Cémac (Cameroun, Centrafrique, Congo Brazzaville, Guinée équatoriale, Tchad) peut désormais entrer sans visa en Guinée équatoriale et au Gabon, mais doit être détenteur d’un passeport biométrique.

 

La décision de ces deux pays est importante dans la mesure où ils étaient accusés de bloquer l’entrée en vigueur de la libre circulation des personnes et des biens depuis 2013.

 

Malabo avait en effet renoncé à appliquer cette décision des chefs d’État en 2014, évoquant des raisons de sécurité.

 

Mais pour certains observateurs la Guinée Équatoriale et le Gabon, deux pays pétroliers, relativement prospères et peu peuplés craignaient notamment une immigration massive et non contrôlée.

 

Avant ces deux pays, il y a lieu de relever que la Centrafrique a « matérialisé » le 13 octobre l’accord de libre circulation entre les pays de la Cémac. Elle a été précédée en début août 2017 par le Tchad.

 

La décision d’appliquer intégralement la libre circulation des biens et des personnes dans l’espace communautaire avait été prise à Djibloho, en Guinée Équatoriale, par les six membres de la Cémac.

 

Fondée en juin 2000 à Malabo, la Cémac réunit des pays aux revenus très différents et peine à mettre en œuvre des mécanismes d’intégration économique et monétaire.

 

M.E.

 

 

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 21:59
Demande d'asile rejetée : "Les anti-balaka ont menacé de me tuer [...] Je ne peux pas rentrer"

 

 

 

http://www.infomigrants.net  Par  La rédaction Dernière modification : 31/10/2017

 

Teddy Jamel, 25 ans, a fui la Centrafrique pour la France, au début de l'année 2016. Le jeune homme se dit menacé de mort dans son pays : sa mère est musulmane, son père chrétien. Les deux camps le considèrent comme un traître. Sa demande d'asile a été rejetée ce mois-ci. Il raconte.

 

Je m’appelle Teddy Jamel, j’ai 25 ans et je suis originaire de la République Centrafricaine. Je vis en France depuis un an et demi, je suis arrivé le 7 mai 2016. Deux semaines après avoir posé le pied sur le sol français, j’ai déposé un dossier de demande d’asile. J’ai attendu la réponse de l’Ofpra pendant plus d’un an. Le 27 octobre 2017, j’ai reçu une lettre m’annonçant que ma demande d’asile était rejetée.

 

Je ne sais pas quoi faire. J’habite chez des connaissances, à droite, à gauche, chez des amis. Mais pour combien de temps ? En ce moment, je suis à Torcy [en région parisienne] chez la tante d’un ami que j’ai rencontré en France. Mais je ne vais pas pouvoir rester dans cette situation. J’ai toujours réussi à éviter de dormir dans la rue bien que je n’ai jamais eu de réponse pour aller en CADA [centre d’accueil pour demandeurs d’asile], je crains de m’y retrouver pourtant.

 

Les allocations que l’Ofii  me donnait [pendant que j’étais demandeur d’asile] se sont arrêtées. Je ne reçois plus rien. Je ne sais pas comment faire.

 

Je ne peux pas rentrer en Centrafrique, ma vie est risquée là-bas. Ma mère est musulmane et mon père est chrétien. Il est mort quand j’étais petit. Ma mère n’avait pas d’argent et elle était âgée, alors elle m’a envoyé vivre avec mon oncle, le frère de mon père, un chrétien lui aussi. Il s’occupait de moi.

 

Tout allait bien jusqu’au début de la guerre. Très vite, j’ai été dans le viseur des deux camps.

 

Quand j’allais rendre visite à ma mère, on me disait que j’étais chrétien et que je ne pouvais pas rester. Quand j’allais rendre visite à la famille de mon père, on me traitait de traître parce que je fréquentais les deux camps. Les anti-Balaka [milices chrétiennes opposées aux combattants de la Seleka] ont menacé de me tuer. Ils ont détruit la maison de mon oncle, juste parce qu’il me logeait.

 

Pour me protéger, j’ai dû aller dans un camp de réfugiés à Bangui, dans le quartier Km5 [à majorité musulmane]. Là-bas, on m’a accusé de "comploter" avec les chrétiens, quand mon oncle et ma famille paternelle venaient me voir.

 

Je ne pouvais plus travailler : j’étais en stage au ministère de l’environnement, dans le secteur chrétien, à Bangui. Il fallait que je traverse toute la ville pour aller sur mon lieu de travail, c’était dangereux. J’avais peur, je ne pouvais pas assurer ma sécurité.

 

Mon directeur de stage m’a appelé, inquiet par mon absence. Je lui ai tout expliqué. Il m’a dit qu’il allait m’aider, mais qu’en attendant, il fallait que je parte dans un autre camp. Je suis allé de l’autre côté de la frontière, en République démocratique du Congo, à Zongo. Je suis resté un an là-bas.

 

Mon directeur de stage m’a ensuite dit qu’il allait m’aider à me faire sortir du pays. Il avait des connaissances, m’a-t-il expliqué. Il m’a obtenu un visa Schengen "court séjour" pour un mois, direction la France. Il m’a acheté le billet d’avion. J’ai eu de la chance d’avoir son aide. Je ne veux pas rester définitivement en France, mais j’aimerais prolonger mon séjour ici le temps que la situation redevienne comme avant dans mon pays.

 

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 21:57
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : 16 personnes tuées et des maisons incendiées dans les combats proches de Batangafo

 

PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 31 OCTOBRE 2017

 

BATANGAFO, 31 octobre 2017 (RJDH)—Plusieurs personnes sont tuées et habitations incendiés dans les violences armées proches de Batangafo au nord du pays. Chiffre confirmé au RJDH par des sources autochtones ce 31 octobre.

 

Depuis le 23 octobre 2017 les violences armées fragilisent le village Saragba, localité située à 1 kilomètre de Batangafo. Joint par le RJDH, les organisations humanitaires dans la région parlent de difficile accès dans la région à cause de l’ampleur de la violence. Ces violences ont repris alors que le DDRR est dans sa phase pilote opérationnelle.

 

La situation sécuritaire et humanitaire  demeure préoccupante selon Brice Namgbangban-Doumta« le 23 octobre dernier, une faction Séléka assimilée à celle du général Alkatim a attaqué le village Saragba situé à environ un kilomètre de la ville de Batangafo. Plusieurs maisons ont été incendiées et 16 personnes ont été tuées par les ex-Séléka venus de Kaga Bandoro et de Kabo », a-t-il témoigné.

 

Une source locale présente à Batangafo parle de violation du droit humanitaire international par les groupes armés « la plupart des habitants des périphériques se sont réfugiés dans la brousse pour se mettre à l’abri du danger. Le site des déplacés a été également attaqué. Toutes les activités sont paralysées, pas de commerce, les enfants ne vont pas à l’école, l’administration est fermée. Jusqu’à lors, aucune assistance n’a été déployée auprès de ces populations vulnérables », a déploré cette source.

 

Le MSF annonce la prise en charge des blessés venant de Saragba. « Médecins Sans Frontières ont pris en charge sept blessés à l’hôpital de Batangafo et trois au centre de santé de Kabo. L’organisation médicale craint que d’autres blessés ne parviennent pas à avoir accès à l´hôpital pour  se faire soigner à cause de la  violence », regrette MSF.

 

« La situation à Batangafo et aux alentours est très tendue et la violence peut augmenter à tout moment. Les populations locales vivent dans la psychose. On nous parle de blessés qui n’osent pas venir à l’hôpital par peur de se faire attaquer en route. Pour cela, nous demandons une fois de plus que la sécurité de nos patients, nos équipes et l’impartialité de notre mission humanitaire soient respectée à Batangafo. » déclare Caroline Ducarme, Chef de Mission MSF actuellement à Batangafo.

 

 La situation humanitaire dans cette région devient de plus en plus préoccupante après des mois d’insécurité permanente. L’embrasement de la situation sécuritaire à Batangafo s’est accentué pendant et après le passage du secrétaire général des Nations-Unies en Centrafrique.

 

 

Centrafrique : Aristide Brian Reboas plaide pour l’implication de l’Assemblée nationale dans le dossier des FACA

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 31 OCTOBRE 2017

 

BANGUI, 31 Octobre 2017(RJDH)—Aristide Briand Reboas a estimé qu’il est l’heure pour l’Assemblée nationale de se saisir du dossier des FACA et appelle à la création d’un conseil national de sécurité. Position exprimée dans une interview exclusive accordée au RJDH ce 31 Octobre à Bangui.

 

La position du leader du parti chrétien démocrate intervient quelques jours après le passage d’Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, lequel s’est aligné sur la trajectoire du gouvernement au sujet du redéploiement des FACA. Même si le secrétaire général des Nations Unies n’a pas clairement évoqué la levée des sanctions sur les armes en République Centrafricaine, Aristide Briand Réboas qui salue la venue de Guterres se dit convaincu de la levée de l’embargo d’ici janvier 2018.

 

Alors que Faustin Archange Touadera annonce la collaboration prochaine entre les forces de défense et les casques bleus, Aristide Briand Réboas souhaite quant à lui un état-major unique avec où les FACA assurent le leadership militaire « j’ai toujours dit depuis le début que la conception de cette force devrait permettre la mise en place d’un état-major avec nos experts militaires et la mise en commun de secret des opérations » a-t-il réitéré.

 

Loin  d’être un dialogue sur la question sécuritaire, il a appelle l’Assemblée nationale à l’action pour une solution sécuritaire structurelle et durable « c’est ici l’occasion pour l’Assemblée nationale de se saisir de la question. Il est d’autant plus pour le pays d’instituer un Conseil National de Sécurité. Il doit y avoir un espace où les élus, les leaders politiques et le président de la République peut créer un comité de réflexion en y conviant les Nations Unies pour élaborer ensemble le plan de sécurité. C’est en cela qu’on peut s’en sortir » a-t-il suggéré.

 

L’idée de mettre en place un conseil national de sécurité intervient dans un contexte de fragilité de la mission onusienne dans le pays, laquelle justifie la demande d’augmentation d’effectif des contingents militaires de 900 hommes.

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 21:54
Comment les religions œuvrent pour la paix en Centrafrique

 

 

 

http://www.dw.com

 

En RCA, les leaders religieux se mobilisent pour éviter que les tensions entre communautés ne dégénèrent en une guerre de religions. Aux côtés des catholiques et des musulmans, les protestants jouent un rôle important.

 

Depuis le début de la crise en 2013, l'église protestante s'implique avec force dans la résolution du conflit en République centrafricaine. Plusieurs actions ont été entreprises pour rapprocher les communautés.

 

"Nous avons eu à faire le plaidoyer par rapport au rétablissement de la paix. Cela nous a donné l'occasion d'inviter certaines confessions : les musulmans, les catholiques," explique le pasteur Félix Sing-Na, coordonnateur du Département de développement de l'Alliance des évangéliques en Centrafrique. "Nous nous sommes organisés au niveau d'un consortium pour débattre de la question. Il y a eu des rapprochements et ça se poursuit aujourd'hui."

 

Préserver les fidèles de l'instrumentalisation 

 

Au sujet de la prétendue religiosité qu'on attribue généralement au conflit qui mine la RCA, l'Imam Oumar Kobine Layama, président du Comité islamique centrafricain est catégorique : "La porte est ouverte à toutes les dénominations religieuses pour que nous soyons ensemble et que nous parlions d'une seule voix. De la cohésion sociale, de l'amour et de la fraternité. Nous devons être ensemble."

 

Aujourd'hui, la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans n'est plus un mythe à en croire les différents dignitaires religieux rencontrés par notre correspondant à Bangui, Jeff Murphy Barès

 

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 21:50

 

 

 

http://www.france24.com  31/10/2017

 

Un an après le départ de Centrafrique des soldats de l'opération Sangaris, les groupes armés règnent sur 80 % du territoire. Le retour des militaires français reste pour beaucoup de Centrafricains une vraie option de sortie de crise.

 

La mission militaire française Sangaris, déployée en Centrafrique en 2014, s'est retirée il y a tout juste un an. Très vite après ce départ, la situation sécuritaire et humanitaire dans le pays, déjà mauvaise, s'est encore dégradée. La fin de cette opération laisse ainsi à beaucoup un sentiment de vide et d'inachevé.

 

Environ 80 % du territoire est aujourd'hui contrôlé par des groupes armés, dont on estime le nombre à une quinzaine. Plusieurs provinces (nord-ouest, sud-est, centre) ont ces derniers mois été le théâtre de massacres et d'affrontements meurtriers entre ces groupes. Des centaines de civils ont été tués.

 

Le 31 octobre 2016, Jean Yves Le Drian, alors ministre français de la Défense, assurait pourtant à l'annonce du retrait de Sangaris que l'opération avait rempli ses trois missions, soit "mettre fin au chaos, accompagner la montée en puissance des forces internationales et permettre la tenue d'élections démocratiques".

 

"On a dit que Sangaris avait fait le travail, ce n'est pas vrai", estime un diplomate à Bangui.

 

Vers un renforcement de la Minusca

 

Certes, une mission de l'ONU (Minusca, 12 500 hommes) a bien été déployée dès 2014, mais son action est fortement critiquée par la population, qui l'accuse de passivité, de complaisance avec certains groupes et d'abus sexuels.

 

En visite en Centrafrique la semaine dernière, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a admis une "capacité limitée (de la Minusca) face à la dimension énorme du territoire" et demandé un renforcement de 900 soldats à l'occasion du prochain renouvellement de son mandat, mi-novembre.

 

Aussi, face aux difficultés des forces onusiennes, beaucoup de Centrafricains ont confié à l'AFP qu'un retour militaire de la France en Centrafrique était, pour eux, une vraie option de sortie de crise.

 

Ne pas "repartir dans un bourbier"

 

Engagée sur plusieurs fronts, notamment Barkhane au Sahel, la France ne veut pas "repartir dans un bourbier", selon un diplomate français. Autre raison de la réticence quant à un retour, la mise en cause d'éléments de Sangaris dans des scandales d'abus sexuels, qui ont ébranlé l'armée française. Ces accusations ont abouti à un procès en France et, en mars, à une demande de non-lieu du parquet de Paris.

 

Malgré la fin de Sangaris – baptisée du nom d'un petit papillon rouge local –, au cours de laquelle trois soldats français ont perdu la vie, la France reste présente en Centrafrique avec 50 militaires formateurs de l'EUTM-RCA, une mission de formation de l'armée centrafricaine (Faca) mise en place par l'Union européenne, en mai. Des drones tactiques français ont aussi été détachés en Centrafrique.

 

De passage à Paris fin septembre, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a exprimé sa "reconnaissance" : sans Sangaris, "la situation aurait pu dégénérer en une tragédie irréparable", a-t-il assuré.

 

Avec AFP

 

Lu pour vous : Centrafrique : un an après le départ de l'opération Sangaris, le pays peine à se relever
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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 23:47
Centrafrique: violences dans le nord autour de Batangafo

 

 

Centrafrique: violences dans le nord autour de Batangafo

 

30/10/2017 (AFP)

 

Des affrontements entre groupes armés ont eu lieu fin octobre dans la région de Batangafo, dans le nord de la Centrafrique, faisant au moins deux morts et dix blessés admis dans des centres de santé gérés par Médecins Sans Frontières (MSF), a appris l'AFP lundi.

 

"Les équipes de MSF présentes sur place ont pu prendre en charge 7 blessés à l'hôpital de Batangafo et 3 au centre de santé de Kabo", à la suite d'affrontements qui ont débuté le 24 octobre, a déclaré à l'AFP Sandra Smiley, de MSF à Bangui.

 

Des sources concordantes font état d'au moins deux morts au village Saraghba, à quelques km de Batangafo, sans qu'un bilan précis puisse être établi, faute d'accès à la zone.

 

Selon des sources onusiennes, les combats ont opposé des combattants anti-Balaka, milices auto-proclamées d'"autodéfense" au Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), l'une des factions de l'ancienne rébellion Séléka.

 

"On nous parle de blessés qui n'osent pas venir à l'hôpital par peur de se faire attaquer en route. Nous demandons encore et de nouveau que la sécurité de nos équipes et l'impartialité de notre travail soient respectées à Batangafo", déclare dans un communiqué Caroline Ducarme, chef de mission MSF actuellement à Batangafo.

 

La Minusca, dans un dernier communiqué établi vendredi, déclarait "être présente à Batangafo" et contrôler la situation dans la ville.

 

Début septembre, Batangafo a connu une nouvelle éruption de violences suite au meurtre d'un journalier travaillant pour une organisation humanitaire. Ces violences auraient fait six morts et privé 28.000 personnes d'aide humanitaire.

 

Avant cela, Batangafo a été en proie un regain de violences fin juillet, lorsque de violents combats entre des hommes non identifiés ont fait 24 morts et provoqué la fuite d'habitants de la région.

 

La Centrafrique peine à sortir du conflit qui a commencé en 2013 avec le renversement du président François Bozizé par l'ex rébellion de la Séléka, entraînant une contre-offensive des milices anti-balaka.

 

L'intervention armée de la France (2013-2016) et de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca, quelque 12.500 hommes) a réduit considérablement les violences, qui ont peu à peu repris depuis le départ de la force française Sangaris.

 

Des groupes armés s'affrontent désormais pour le contrôle des ressources naturelles (diamants, or, bétail) dans ce pays de 4,5 millions d'habitants, le plus pauvre au monde.

 

 

 

RCA: regain de tension autour de la ville de Batangafo

 

Par RFI Publié le 30-10-2017 Modifié le 30-10-2017 à 03:26

 

Les abords de la ville de Batangafo, dans le nord de la Centrafrique, connaissent un regain de tension depuis quelques jours. Des affrontements ont éclaté mardi 24 octobre entre des éléments de l'ex-Seleka et un groupe d'autodéfense dans un village au nord-ouest de la ville. Au moins six personnes auraient été tuées, mais la zone est très difficilement accessible et les affrontements se poursuivent.

 

Batangafo se trouve aux confins de territoires contrôlés par l'ex-Seleka et les anti-balaka sur la fameuse ligne rouge qui a coupé pendant plusieurs années le pays en deux. Depuis des mois, la zone est un foyer de tensions qui ont culminé fin juillet par de violents affrontements à Batangafo avant une relative accalmie mi-septembre.

 

Cette fois les affrontements se déroulent hors de la ville. Il y a deux semaines, des groupes d'autodéfense auraient délogés les combattants ex-Seleka de positions qu'ils occupaient sur deux axes qui partent de Batangafo en direction du Tchad vers l'ouest, et le nord-ouest.

 

Mardi, les ex-Seleka auraient repris une de ces positions, le village de Saragba. La zone des combats est très difficile d'accès, barrée par une rivière qu'on ne peut traverser qu'en pirogue. Pour cette raison, de nombreux blessés ne peuvent parvenir jusqu'à l'hôpital en ville explique dans un communiqué MSF qui gère l'hôpital de Batangafo. « Nous demandons de nouveau que la sécurité de nos équipes et l'impartialité de notre travail soit respectées à Batangafo » ajoute l'ONG.

 

Comme souvent ce regain de tension a provoqué la fuite de nombreux habitants et déplacés en brousse en attendant que la situation se calme. La fin de la saison des pluies et la reprise de la transhumance en provenance du Tchad et du Cameroun marque chaque année un moment de tensions armées dans le nord de la Centrafrique.

 

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 23:41
Lu pour vous : ENQUÊTE SUR LES VIOLS IMPUNIS EN TEMPS DE GUERRE

 

 

 

 

https://www.streetpress.com 30 Octobre 2017

 

LES AUTEURES DU LIVRE IMPUNITÉ ZÉRO RACONTENT LES DESSOUS DE LEURS INVESTIGATIONS

 

Viols d'enfants par des militaires français en Centrafrique, agressions sexuelles comme méthode de torture de la CIA et jeunes filles piquées aux hormones par le régime Syrien : 9 journalistes ont enquêté sur les agressions sexuelles en temps de guerre.

 

« N’espérez pas qu’Impunité Zéro soit une lecture agréable. » Le livre commence par ces mots. Les suivants sont glaçants. A travers six enquêtes, neuf journalistes françaises reviennent sur les violences sexuelles dans les conflits armés. Elles touchent les femmes et les enfants, surtout. Mais elles n’épargnent pas les hommes, torturés dans les prisons secrètes de la CIA ou ailleurs.

En Syrie depuis la révolution, en Ukraine pendant la guerre du Donbass, en Centrafrique avec les troupes françaises, mais également devant les tribunaux nationaux et internationaux, l’impunité des auteurs de viols de guerre est totale. Un système bien rodé qui empêche les victimes de témoigner et d’obtenir justice. « Impunité Zéro est un projet d’investigation et d’activisme contre cette impunité », raconte Justine Brabant, qui a travaillé sur les agissements des soldats français pendant la mission Sangaris en République centrafricaine.

 

A l’origine de ce projet transmédia, la société de production militante aBAHN. « Ils voulaient qu’un collectif de 9 femmes journalistes investissent ce sujet. Ils ont ensuite prolongé notre travail pour en sortir des mesures concrètes », raconte Anne-Laure Pineau, qui a documenté la mise en place des tortures sexuelles par les États-Unis, après le 11 septembre 2001. Leurs enquêtes ont été traduites dans 6 langues et publiées dans une quinzaine de pays, un film devrait sortir au premier semestre 2018. Quatre pétitions en ligne (link is external), en rapport avec les enquêtes, ont récolté, au total, plus de 400.000 signatures. [Pour sensibiliser les militaires sur les violences sexuelles ; mettre fin aux stratégies de violences sexuelles contre les enfants en Syrie ; pour une fin à l’impunité des États-Unis en matière de violences sexuelles ; pour aider les victimes à obtenir justice en Ukraine]. Ce qui a fait bouger les lignes. « Un projet de loi va bientôt être déposé au parlement ukrainien pour que ces violences soient sanctionnées », précise Hélène Molinari

« C’est encourageant, ça prouve que les choses peuvent bouger. Et c’est une des raisons pour laquelle nous nous sommes toutes lancées dans ce projet. »

 

Pour StreetPress, les trois journalistes reviennent sur leurs mois d’investigation.


Vous racontez plusieurs agressions sexuelles commises par des militaires français en Centrafrique. Y-a-t-il eu des condamnations ?

 

Justine : Il n’y a eu aucune et il n’y en aura aucune. 3 dossiers ont été ouverts en France. Le premier a été classé sans suite. Fait d’autant plus surprenant qu’il y a un enfant né entre cette jeune fille mineure et le soldat. Mais on n’a pas jugé utile de faire un prélèvement ADN sur l’enfant. Dans le second cas, la plus grosse affaire, celle des 40 enfants du camp de M’Poko (link is external) [tous ont déclaré avoir été agressés sexuellement par des militaire français, ndlr], on avance vers un non-lieu puisqu’il n’y a pas eu de mise en examen. Le troisième dossier concerne des agressions sexuelles présumées sur un territoire plus au nord et difficile d’accès. Il n’y a pas de nouvelles de l’enquête. Mais il n’y a pas de raison que ça se passe autrement quand on sait qu’à Bangui, juste dans la capitale, une quarantaine d’enfants disent avoir été violés ou agressés par des militaires français.

 

Vous racontez que les USA ont passé un cap supplémentaire, en théorisant les agressions sexuelles comme méthode de torture.

 

 

Anne-Laure : La torture sexuelle a été élaborée de manière très froide dans le bureau de deux psychologues, James Mitchell et Bruce Jessen. Ils se sont basés sur un système de résistance [pour résister aux tortures en cas de kidnapping] pour soldats américains. Ces deux psys ne sont jamais entrés dans une prison et ne connaissent rien des terrains de guerre, mais ils ont créé un système de torture utilisé dans les prisons secrètes de la CIA. Il y en a en Thaïlande, en Afghanistan, en Europe de l’Est, dans des aéroports, dans un bateau. Mais on n’en sait pas plus, ces infos qui restent encore secret défense.

 

Qu’ont-ils inventé ?

 

Anne-Laure : Leur technique préconise de casser le système de défense d’une personne en la mettant “mal à l’aise”. C’est le terme qu’ils ont utilisé. Et dans leur lexique, “mal à l’aise” veut dire jouer avec les terreurs et les tabous des prisonniers. Dans l’imaginaire des Américains, un homme musulman déteste les femmes. Alors on met des femmes nues dans les salles d’interrogatoires. On dit à des femmes soldats d’utiliser leur sexualité, le tabou du toucher ou des paroles sexuelles. On sait, par exemple, qu’ils ont agrafé des photos de magazines pornographiques sur le corps de détenus nus et les ont forcés à se masturber. Il y a eu des viols avec des chiens. On fait des pyramides d’hommes nus, parce qu’ils imaginent que la promiscuité est tabou. Tout est basé sur les clichés et sur la barbarie de deux psychologues.

 

Plusieurs de vos intervenants parlent “d’un des plus grands scandales médicaux” des États-Unis. Pourquoi ?

 

Anne-Laure : Des médecins surveillaient et participaient même à ces tortures. Ils surveillaient les viols des détenus, ils faisaient en sorte qu’on utilise l’hydratation rectale comme torture. On a rencontré une association de médecins pour les droits humains qui nous ont assuré que ce sont des procédures qu’on utilise sur des gens qui n’ont plus de rectum ou de côlon.

 

Comment de telles pratiques ont pu se poursuivre alors que les hauts cadres américains étaient au courant ?

 

Anne-Laure : Le gouvernement Bush voulait une guerre d’une autre ampleur en Afghanistan. Il voulait une seconde guerre du Golfe. Et il fallait un prétexte pour tomber sur Saddam Hussein. Il ne voulait pas des renseignements mais des aveux forcés. Et la torture était parfaite pour ça. Si on m’enlève tous les ongles, si on me met une sonde, la plus grosse possible, pour me nourrir et m’hydrater, qu’on me met nu sur le sol et qu’on me dit “dis que t’es une pote de Merah”, je le dis, “je suis une pote de Merah”. Ils voulaient des aveux et c’était parfait.

 

Ces techniques sont-elles toujours utilisées ?

 

Anne-Laure : Officiellement elles ont été arrêtées en 2005, quand cette fameuse liste de tortures est devenue publique. Mais il y a encore des gens qui se sont fait arrêter et qui ont subi de la nudité forcée et de la nutrition rectale. Pas à Guantanamo, mais dans des prisons irakiennes, par des Américains.

 

En Syrie, l’armée de Bachar Al Assad s’est attaquée à des enfants. Est-ce avec l’aval de la hiérarchie ?

 

Justine : La situation en Syrie est un peu différente puisque les ordres sont donnés à demi-mot. Les directeurs de prison donnent l’autorisation de mélanger les détenus mineurs et majeurs. Pendant la révolution, les enfants étaient dans la rue. Pour les responsables politiques, il n’y a pas de raison qu’ils ne soient avec les adultes en prison.

 

Mais les mélanger veut dire que les enfants sont utilisés comme larbins et sont violés. C’est une sorte de zone grise où les gens savent ce qui se passe, mais laissent faire.

 

Pourquoi s’en prendre aux enfants ?

 

Anne-Laure : Du point de vue des bourreaux, s’attaquer aux enfants c’est créer un choc. Si on va jusqu’à martyriser des enfants, on est capable de tout.

Justine : Les autorités ont d’ailleurs donné l’instruction d’emporter femmes et enfants, lorsqu’un opposant politique n’est pas trouvé chez lui. Et parfois, on ne prend que les enfants. C’est l’histoire de Nora, une petite fille qui a été kidnappée parce que son père était soupçonné de faire partie des révolutionnaires. Elle a passé des jours et des jours en prison. Quand son père s’est rendu, on l’a encore gardée. Dans cette prison syrienne, on lui a administré des traitements hormonaux pour que son corps se développe plus rapidement et pour qu’elle puisse être violée en ayant les attributs d’une femme. Quand elle est sortie, son corps avait tellement changé que sa mère ne l’a pas reconnue.

 

Quelles vont être les répercussions de tels actes sur la société syrienne ?

 

Justine : Omar Guerrero, qui est psychologue dans l’un des rares centres qui prennent en charge les gens revenus de Syrie, assure que la principale crainte des médecins est de savoir comment une société va se reconstruire là-dessus. Comment est-ce que des gamins violés par des voisins, des cousins, des gens de la ville d’à côté vont se construire en tant qu’adultes ? Quel rapport auront-ils à la loi, sachant ce que la loi leur a fait ?

 

Vous interrogez les victimes, bien sûr, mais aussi les oppresseurs, les institutions judiciaires. Tous ceux qui participent à gommer l’existence de ces violences sexuelles. Pourquoi ?

 

Hélène : Notre intérêt était de s’attaquer au système. Peu importe les terrains de guerre, ou la nationalité des oppresseurs, ces violences sont systématiques.

Justine : Nous voulions également montrer que l’on peut enquêter sur ces sujets. Quand on parle de viol ou de violences sexuelles, il y a souvent cette réaction spontanée : le doute. Pour cette enquête nous sommes allées chercher des certificats médicaux, des témoins, des victimes, des documents qui prouvent qu’il y a des consignes ou non pour ces viols, les périodes concernées, etc. Je pense qu’on a prouvé qu’il est possible d’enquêter sur ces sujets.

Anne-Laure : Mais malgré tout ce travail, a BAHN s’est rendu compte que le premier réflexe des gens reste la mise en doute. Finalement, notre travail est décrédibilisé comme les témoignages des victimes.

 

Justine : Alors que demain, si quelqu’un vient te voir en te disant “je me suis fait voler mon portefeuille”, tu ne lui dis pas “mmh t’es sûr ? Mais peut-être que c’était plus compliqué que ça. Est-ce que ton portefeuille il était tout nu ?”

 

Pourquoi cette méfiance est-elle exacerbée en temps de guerre ?

 

Justine : Les violences sexuelles en temps de guerre sont au croisement de plusieurs points aveugles du journalisme et de la société. C’est une sorte de triangle des Bermudes. D’abord, la première question est de savoir comment l’on traite les violences faites aux femmes, et le viol en particulier, dans nos sociétés. Vient se superposer la question particulière de la guerre, avec ses armées où il y a un esprit de corps très fort. On ne balance pas son pote ! Viennent ensuite très vite les questions de sécurité nationale.

 

 

C’est-à-dire ?

 

Justine : En parler serait dangereux pour les troupes. Face à des images de violences et d’abus, les populations locales vont être hostiles et devenir un danger pour les troupes sur place.

Anne-Laure : Pour exemple, Daesh a fait sa publicité sur les images d’Abou Ghraib, de Guantanamo et sur les costumes de prisonniers oranges. Il est aisé de créer de la haine devant tant de violence.

Justine : Mais si ces soldats n’avaient pas violé ou torturé, les populations n’auraient probablement pas été aussi hostiles… Et puis il y a aussi la question de la justice des vainqueurs. Des agresseurs deviennent ministre, général ou colonel. Est-ce qu’on va vraiment prendre le risque d’aller devant la justice alors que la guerre est terminée et que le pays se reconstruit enfin ?

 

Vous avez réussi à récolter les témoignages de soldats qui ont violé, de responsables qui ont encadré ou théorisé les violences. Pourquoi acceptent-ils de parler ?

Justine : Il y a beaucoup de gens qui espèrent sauver leur peau vis-à-vis de la justice. Dans l’enquête sur la Syrie, un directeur de prison où étaient organisées des tortures sur des enfants a accepté de témoigner. Il a renié le régime pour lequel il a travaillé pendant des années. Il imagine que ça aidera sa cause d’avouer en partie ce qu’il s’est passé dans sa prison. Et ces gens décrivent souvent les choses techniquement, sans se rendre compte des implications d’un point de vue pénal et criminel.

 

Comment ça ?

 

 

Justine : Les gens font des choses répréhensibles par la loi, des crimes, en estimant que c’est la moins mauvaise des solutions. Les personnes qui se réjouissent vraiment sont un peu psychopathes et à la marge. Ce qui est assez terrifiant, c’est que des gens peuvent te justifier hyper rationnellement pourquoi ils ont commis un viol.

 

 

Comment peut-on trouver une explication rationnelle au viol ?

 

Justine : En Centrafrique, on te décrit plutôt la chose comme “on revenait du front, ça avait été très difficile, il fallait qu’on se détende”. Les gens ne disent jamais “oui c’est vrai j’ai fait un truc horrible”. Ils estiment toujours avoir de bonnes raisons de le faire. Et c’est pour ça qu’ils parlent assez librement.

 

Hélène : Cet argument “il faut se détendre” est d’ailleurs noté dans un des rapports de l’ONU, dans les conseils pour régler “les mauvaises conduites” – comme on appelle ces violences – des casques bleus. Selon ce document, il faudrait leur donner plus de loisirs, parce qu’ils s’ennuient, les pauvres… Et donc indirectement c’est pour cela qu’ils violent et qu’ils vont voir des prostitués. C’est un peu le repos du guerrier…

 

Justine : La plupart sont d’ailleurs persuadés de rendre service aux populations. Comme il y a souvent un échange de nourriture, de savons, de quelque chose, les soldats considèrent la chose comme un échange de bons procédés. Il y a souvent des enfants qui traînent autour du camp, qui demandent à boire et à manger. Et bon, de temps en temps, il y en avait un qui…

Hélène : Et puis personne ne dit que c’est mal… Il y a une impunité totale. Quand tu fais un truc pareil et que derrière il n’y a pas de conséquences, pourquoi ne pas continuer ?

Anne-Laure : C’est un peu la banalité du mal d’Hannah Arendt, plus zéro formation des troupes, plus zéro répression, qui créent une sorte de super tempête où l’impunité est effective et à de beaux jours devant elle.

Vous montrez justement que presque tout le monde couvre ces violences. Pourquoi ?

 

Hélène : Pour l’ONU, la réponse est simple : la réputation, l’image. L’ONU ne peut pas faire sans son image d’organisation mondiale de la paix et de protection des droits de l’Homme. Les hauts responsables donnent d’ailleurs les mêmes excuses qu’un soldat : c’est compliqué, on ne peut pas tout faire, on ne peut pas s’occuper de ça.

Justine : Les casques bleus sont envoyés par leur pays sur une base volontaire du pays d’origine. L’ONU a déjà du mal à rassembler assez de gens pour ses missions de maintien de la paix. Poursuivre en justice un soldat qui aurait violé, c’est lancer un signal au pays d’origine du soldat de ne plus prendre le risque d’envoyer ses soldats.

 

Vous avez travaillé sur l’ONU et la difficulté de faire exister les violences sexuelles dans les jugements. Était-ce compliqué ?

 

Hélène : Étonnamment, on a réussi à avoir la plupart des rendez-vous dont nous avions besoin. C’est une fois sur place que ça a été compliqué. Quand nous sommes arrivées, on nous a annoncé que tous nos rendez-vous d’une heure seraient réduits de moitié. Puis un employé des relations publiques est toujours présent et enregistre toutes les conversations. C’était assez amusant parce qu’il nous a dit “au cas où, si votre enregistreur ne fonctionne pas, je pourrais vous donner le mien”. Alors qu’il voulait simplement vérifier nos questions. Et en plus de tout ce dispositif, quelques heures après, j’ai reçu un appel d’une des personnes des relations publiques pour me dire “on est bien d’accord, tout ce qu’on a dit était du off et vous ne pourrez citer la personne”.

 

Et comment avez-vous fait ?

 

Hélène : J’ai très clairement expliqué qu’il n’y aurait pas de off et que si cette personne avait répondu à mes questions elle allait être citée. On m’a menacée, aussi, d’alerter directement le rédacteur en chef de Médiapart, où paraissaient nos articles à ce moment-là. Je ne crois pas qu’ils l’ont fait finalement.

 

Justine : Et puis bon, Médiapart…

 

Hélène : Je pense que l’ONU est habitué à ce qu’on s’écrase devant eux. Ou en tout cas ils ne se gênent pas pour demander aux journalistes de modifier les choses, de passer certaines autres sous silence, de relire.

Et pourquoi répondaient-ils alors ?

 

Hélène : Parce que ça fait mauvais genre une mention “l’ONU n’a pas voulu répondre à nos questions” j’imagine. Après, honnêtement, j’étais surprise qu’ils nous accordent autant d’interviews. On y est allées en disant qu’on voulait travailler sur la question des “mauvaises conduites”, c’est le terme générique pour parler des agressions sexuelles. Ils étaient d’accord pour nous expliquer comment fonctionnait les enquêtes internes. Mais les questions de violences sexuelles les ont mis extrêmement mal à l’aise. À chaque fois, c’est le même discours : politique de tolérance zéro.

 

Après les révélations d’agressions sexuelles en Centrafrique, Hollande et Le Drian avaient pris des positions très fermes, pourtant les procès n’aboutissent pas.

 

Justine : Hollande et le Drian savent qu’ils n’ont rien à perdre à dire qu’ils sont hyper fermes. Et ils misent sur le fait que ni la justice ni les journalistes n’ont le temps et les moyens de retrouver la fille qui a été violée au fin fond de la Centrafrique.

 

Comme vous le dites dans votre conclusion, “arrivé au terme de cette enquête, une certitude hantera sans doute l’esprit de la lectrice ou du lecteur : il n’y a pas d’espoir”.

 

Anne-Laure : Dès l’intro on dit que ça ne va pas être facile à lire. Oui le bilan est noir, où qu’on regarde c’est la catastrophe. Mais, encore une fois, grâce aux victimes qui trouvent de plus en plus le courage de parler et de se battre contre cet état de fait, il y a des raisons d’espérer que ça change. Au même titre que les lanceurs d’alerte qui se multiplient.

Justine : Ça c’est pour ce qui relève du livre, mais il y a tout de même eu, depuis le début du projet quelques petites victoires. Après l’enquête, des activistes ukrainiens se sont saisis de la question pour porter des propositions au parlement pour sanctionner plus sévèrement ces actes, et un projet de loi est en cours. En France, les producteurs et réalisateurs d’a BAHN ont obtenu, après moult discussions, un rendez-vous au ministère des armées. Si le contenu de ce rendez-vous a été décevant, ça montre qu’ils nous ont vus, qu’ils ont compris qu’on était là et qu’on continuerait à poser des questions.

 

Anne-Laure : Des gens sont venus vers nous après les articles de Médiapart. Il y a eu les pétitions. Et puis maintenant le livre. Les gens nous disent que c’est important de parler de ça.

 

Justine : Et dire que ça peut bouger n’est pas être bisounours avec des discours “ensemble tout est possible, en faisant des grandes rondes et en se tenant la main”. Non. C’est aussi être réaliste et se rendre compte que pour certaines institutions et personnes, il n’y a pas intérêt à ce que ça reste impuni. L’armée française est quand même toujours gênée aux entournures quand on parle de viol et de violence. S’il est possible de faire un certain nombre de choses pour prévenir ou pour sanctionner, on a espoir que ça sera fait. Non pas parce qu’on a un espoir fou en l’humanité ou dans l’état-major français, mais parce qu’il y a des points de pression, il y a des choses sensibles.

 

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