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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 17:50
Centrafrique : Toute la vérité sur l’embargo sur les armes
Centrafrique : Toute la vérité sur l’embargo sur les armes

 

Centrafrique : Toute la vérité sur l’embargo sur les armes

 

Déc 17, 2017


 

Centrafrique – L’embargo sur les armes, ce qu’il en est… [« Les données de l’affaire », art. 1]

 

PLAN : En préambule – Fondements : en vertu de quoi l’embargo s’impose-t-il ? –Destinataires : à qui les obligations liées à l’embargo s’imposent-elles ? – Objet : sur quoi l’embargo porte-t-il ? – Portée : l’interdiction impliquée par l’embargo est-elle absolue ? – Applications : quelles demandes et quelles décisions liées à l’embargo depuis son institution ? – Pour conclure.

 

En préambule… 

 

On en parle tant mais qu’est-ce qu’on en sait ? À part ce que véhicule la rumeur, nourrie des fantasmes des uns, des manœuvres à visée manipulatrice des autres, ou simplement de la bêtise d’autres encore qui veulent à tout prix donner à voir qu’ils savent quand ils sont ignorants ? Pas grand chose finalement pour beaucoup d’entre nous, si on fait le bilan honnêtement. Que disent les textes ? À quelles applications ont-ils donné lieu ? Qui a dit quoi et qui a fait quoi ? Qu’est ce qu’il en est en réalité et en somme ? Voilà les vraies questions, auxquelles il faut s’obliger à répondre avant tout et avec le plus d’objectivité possible. Après cela, chacun pourra se faire son opinion, librement et de manière éclairée, les deux étant liés selon moi.

Voilà l’esprit de ce qui suit.

 

Le sujet est fourni par l’actualité du moment. Comme on sait, la question de l’embargo sur les armes, qui agite les Centrafricains depuis fin 2013, vient tout à coup de s’exacerber. L’élément déclencheur de cette fièvre est une discussion ce 14 décembre 2017 au Conseil de sécurité sur le projet de la Russie de livrer des armes pour les Forces armées centrafricaines (FACA). Et des esprits de s’échauffer. « Levée de l’embargo », « contournement de l’embargo », « opposition à la levée de l’embargo », sont les appréciations les plus communément formulées, suivies parfois de commentaires vindicatifs à l’égard des uns, ou encenseurs à l’égard des autres.

 

Filtrent de ces appréciations deux idées qui sont en passe de devenir des convictions à force de répétition. « Il y a embargo total et absolu », telle est la première. La seconde : « la ferme volonté des autorités centrafricaines de doter l’armée nationale se heurte systématiquement au mur infranchissable de l’embargo ».

 

Mais voilà, ces deux affirmations ne se vérifient pas nécessairement. Pour le dire simplement, elles sont fausses. Or, comment prétendre établir des appréciations pertinentes et raisonnables à partir de prémisses ainsi erronées ? Il y a donc nécessité d’opérer un retour à ce que j’ai choisi d’appeler les « données de l’affaire ». Brièvement et sobrement. C’est ce qui suit.

 

Fondements : en vertu de quoi l’embargo s’impose-t-il ?

 

Des Résolutions. C’est par des Résolutions que le Conseil de sécurité a décidé l’embargo sur les armes à destination de la République Centrafricaine. Il est à préciser que les Résolutions du Conseil de sécurité, à la différence de celles de l’Assemblée générale des Nations Unies qui n’ont la valeur que de simples recommandations, sont des décisions. Elles sont donc dotées de force obligatoire et s’imposent aux Etats comme aux autres entités ainsi qu’aux individus.

 

L’embargo qui nous occupe a été décidé pour la première fois fin 2013 et a été confirmé et prorogé chaque année depuis. Les Résolutions pertinentes sont les suivantes :

Résolution 2127 (2013) du 5 décembre 2013 ;

Résolution 2196 (2015) du 22 janvier 2015 ;

Résolution 2262 (2016) du 27 janvier 2016 ;

Résolution 2339 (2017) du 27 janvier 2017.

A signaler par ailleurs la Résolution 2134 (2014) du 28 janvier 2014 qui traite indirectement de l’embargo à travers la sanction des personnes physiques qui viendraient à le violer.

 

Objet : sur quoi l’embargo porte-t-il ?

 

L’embargo s’analyse en une interdiction. Dans les Résolutions, cette interdiction est très précise quant à son objet, à savoir les armes, d’une part, et les opérations concernant les armes, d’autre part.

 

« Armes » concernées : la notion d’armes dans l’expression « embargo sur les armes » est à entendre de manière large : elle englobe les armes à proprement parler mais va au delà d’eux. Elle vise concrètement :

les armements et matériels connexes de tous types, y compris les armes et les munitions, véhicules et matériels militaires, équipements paramilitaires et pièces détachées correspondantes ;

l’assistance technique ou la formation, l’aide financière ou autre en rapport avec les arts militaires.

Opérations prohibées, en lien avec les objets ci-dessus. Les opérations interdites sont : la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects, l’entretien ou l’utilisation des armements. A noter que le fait d’inclure l’entretien et l’utilisation des armes a pour importante conséquence notamment de faire tomber sous le coup de l’embargo l’importation et la mise à disposition de mercenaires étrangers armés.

Destinataires : à qui les obligations liées à l’embargo s’imposent-elles ?

 

Chacune des Résolutions précitées vise « tous les Etats Membres » des Nations Unies. Ce sont eux qui assument les obligations liées. C’est à eux qu’il est demandé, selon les termes mêmes des Résolutions, de « prendre immédiatement les mesures nécessaires ».

 

Deux remarques à propos de ce choix de destinataires.

 

Primo, même si on peut trouver curieux que des Etats étrangers (à la RCA) soient eux aussi entraînés dans le cercle des obligés, ce choix est logique et pertinent. En effet, parce que l’embargo consiste essentiellement en une interdiction de commercer et d’échanger avec un certain Etat – la République Centrafricaine en l’occurrence – il n’a de sens et n’aura d’efficacité que s’il est imposé aux partenaires potentiels de cet Etat, d’une part un devoir d’abstention pour ce qui concerne les échanges d’Etat à Etat et, d’autre part un devoir d’empêcher de faire pour ce qui est d’éventuels transactions ou transferts qui s’opèreraient à partir du, ou passeraient par le territoire du partenaire. Bref, chaque Etat membre est tenu non seulement de respecter l’embargo lui-même, mais aussi de le faire respecter par les particuliers et par les autres Etats dans son espace de juridiction.

 

Deuxio, ce choix ne signifie nullement que l’Etat centrafricain, à travers ses autorités, serait libre de toute obligation. Il suffit ici de rappeler que la RCA est aussi un Etat membre des Nations Unies, assumant les mêmes obligations que les autres.

Les personnes privées sont aussi concernées, individus comme entités. D’ailleurs, la violation de l’embargo les expose à une inscription sur la liste des sanctions individuelles décidées par le Conseil de sécurité.

 

Portée : l’interdiction impliquée par l’embargo est-elle absolue ?

 

Les Résolutions précitées ne posent pas une interdiction absolue. Autrement dit l’embargo n’est pas total, contrairement à une croyance répandue. Il est même loin de l’être, compte tenu du nombre de dérogations-types prévues : de six (6) dans la Résolution de 2013 à huit (8) dans celle de 2017.

 

Il importe surtout ici de dire, eu égard aux enjeux centrafricains, que cette liste de dérogations comprend depuis 2013 des hypothèses permettant, dans l’absolu, de procéder à la reconstitution et au réarmement des forces armées nationales (les FACA). Il en va ainsi de la dérogation en matière de « livraisons d’armes et autres matériels létaux destinés aux forces de sécurité centrafricaines dans le seul but d’appuyer la réforme du secteur de la sécurité ou d’être utilisés dans ce cadre » (selon les termes des Résolutions). Il en va surtout ainsi de celle qui ouvre la possibilité, toujours selon les Résolutions, « d’autres ventes ou livraisons d’armes et de matériels connexes, ou de la fourniture d’une assistance ou de personnel ».

 

Mais, il faut le souligner, la mise en œuvre par l’Etat centrafricain et d’éventuels partenaires des possibilités ainsi ouvertes n’est pas libre. Elle est contrainte. Les opérations envisagées par les autorités centrafricaines avec leurs partenaires doivent, avant leur mise à exécution, être approuvées par le Comité des sanctions pour la RCA créé par le Conseil de sécurité précisément par la Résolution du 17 décembre 2013. Cette approbation se fait à certaines conditions qui ont été rendues publiques très tôt et qui sont donc connues des Etats. Tout Etat sait ainsi, ou est censé savoir que, pour les hypothèses signalés précédemment sa demande de dérogation devra comporter les informations précises suivantes : le type, la quantité et les spécifications techniques exactes des armes, munitions, équipements et matériel militaires devant être livrés; le destinataire présumé et les utilisateurs finaux ; les moyens de transport utilisés pour la livraison ; la date de livraison prévue ; et le lieu précis de livraison en République centrafricaine.

 

A travers ces conditions, il s’agit à l’évidence de s’assurer qu’il y a  bien garantie de sécurité et d’utilisation conforme aux missions standard d’une armée normale. C’est là une démarche raisonnable eu égard aux risques dans le pays et aux précédents malheureux de détournement des armes de leurs destination et utilisation appropriées,

Applications : quelles demandes et quelles décisions liées à l’embargo depuis son institution ?

A voir l’ampleur, à Bangui, de la communication autour du projet russe de livraison d’armes à la RCA, on pourrait croire que c’est la première fois qu’une demande de dérogation est faite. Or il n’en est rien.

Le Comité des sanctions a, à ce jour, présenté au Conseil de sécurité trois rapports d’activités : au titre de 2014, de 2015 et de 2016. On y constate que, depuis 2014, le Gouvernement centrafricain et/ou ses partenaires ont introduit chaque année des demandes de dérogation, et qu’à chaque fois la dérogation demandée a été accordée.

Il n’est peut-être pas inutile de citer sur ce point les rapports eux-mêmes (le lecteur peut lui-même accéder à ces rapports en cliquant ici) :

 

RAPPORT 2014. « Le Comité, compte tenu des cas de dérogation aux mesures d’embargo sur les armes, d’interdiction de voyager et de gel des avoirs prévues par les résolutions 2127 (2013) et 2134 (2014) du Conseil de sécurité, a continué d’examiner les notifications et les demandes de dérogation. Il a reçu 10 notifications présentées sur le fondement du paragraphe 54 de la résolution 2127 (2013) relatif aux dérogations à l’embargo sur les armes. Il n’a pas opposé de refus à ces notifications » (point 17 du rapport).

 

RAPPORT 2015. « Le Comité a été saisi de 17 demandes de dérogation à l’embargo sur les armes en vertu du paragraphe 1 de la résolution 2196 (2015) auxquelles il n’a pas opposé de refus » (point 13 du rapport).

 

RAPPORT 2016. 27. S’agissant des demandes de dérogations à l’embargo sur les armes, le Comité a reçu et approuvé une demande de dérogation a posteriori, présentée en application du paragraphe 1 g) de la résolution 2196 (2015), deux demandes présentées en application du paragraphe 1 c) de la résolution 2262 (2016), une demande présentée en application du paragraphe 1 d) de la résolution 2262 (2016) et six demandes présentées en application du paragraphe 1 h) de la résolution 2262 (2016). Le Comité a également reçu, en application du paragraphe 1 b) de la résolution 2262 (2016), huit notifications en rapport avec l’embargo sur les armes auxquelles il n’a pas opposé de fin de non-recevoir » (point 27 du rapport).

Commentaire. Des dérogations ont toujours été demandées et accordées. Si on ne sait pas précisément à quel titre elles l’ont été à travers les rapports 2014 et 2015, on note avec intérêt dans celui de 2016 que sept (7) des demandes (en gras dans le texte ci-dessus)  se rapportent à des « ventes ou livraisons d’armes et de matériels connexes, et à la fourniture d’une assistance ou de personnel ».

 

Pour conclure

 

Si le terme « embargo » a bien été employé par le Conseil de sécurité pour désigner la mesure qu’elle entendait imposer, on a affaire plutôt en vérité, eu égard aux caractéristiques concrètes du dispositif décrit plus haut, à un système de contrôle strict du mouvement des armes.

 

Un tel système n’interdit pas d’agir. Il impose seulement d’agir en transparence et en poursuivant des objectifs qui ne sont pas contraires à la stabilisation de la RCA, et qui cadrent avec le souci de forger des forces de défense et de sécurité pleinement nationales et républicaines, dignes d’un Etat démocratique et d’une Nation multi-ethnique.

 

S’inscrire dans pareille perspective est exigeant. Il faut monter des dossiers précis, engager une action systématique et coordonnée, soutenue par une vision à long terme du pays. Bref, cela requiert vision, travail, rigueur, efficacité, et sens des valeurs, l’objectif à s’assigner étant de transformer le plus rapidement possible en règle ce qui est dérogation aujourd’hui et, dans une étape ultérieure, de gagner la liberté totale de décision. Car, souvenons-nous-en toujours, le temps perdu en Centrafrique se traduit par des vies innocentes sacrifiées et par des destins brisés. 

 

Mettre fin à ce cycle funeste par un travail acharné : cela seul importe. Le reste n’est qu’agitation politicienne dérisoire.

 

Jean-François Akandji-Kombé

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Centrafrique-Presse.com
17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 17:34
Lu pour vous : Centrafrique, le coup de maître de Poutine

 

 

 

https://mondafrique.com  Par Aza Boukhris  17 décembre 2017

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU a fait droit à la proposition de la Russie de faire une exception à l’embargo sur les armes à destination de la Centrafrique, en vigueur depuis 2013.

 

L’Union européenne, la France et les États Unis d’Amérique n’ont pu qu’acquiescer, en exigeant un contrôle de l’utilisation de cet armement. La visite du président Touadera à Sotchi, le 9 octobre  2017, et sa rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères, Serge Lavrov, a donc très vite trouvé une conclusion positive. Le président Touadera peut désormais compter sur de nouveaux alliés qui ne vont pas s’embarrasser avec les questions de droits de l’homme, de corruption et de démocratie.

 

La diplomatie a horreur du vide

 

Quasiment lâché militairement par la France, reçu à l’Élysée sans empathie par Emmanuel Macron le 25 septembre 2017, le président Touadera n’a plus que des relations quasi protocolaires avec l’ambassadeur de France à Bangui dont l’extrême discrétion tranche avec l’interventionnisme tous azimuths de son prédécesseur.

 

La France ne sera plus le seul soutien de la Centrafrique auprès de l’Onu. La Russie compte bien jouer son rôle, notamment au Conseil de sécurité. Le président Touadera peut aussi compter sur le président Kagame, prochain président en exercice de l’Union africaine. N’en déplaise aux militaires français, le président Kagame a donné au président centrafricain une garde présidentielle professionnelle et des commandos militaires qui ont forcé l’admiration des Centrafricains dans le rétablissement de l’ordre dans l’Ouest du pays.

 

La récente visite prometteuse du président Touadera à Khartoum, laisse aussi entrevoir une fructueuse coopération militaire avec le régime de Omar el-Bechir, sous sanctions internationales et passible de la CPI. De même, surtout sur le plan économique et de l’exploitation minière, les relations avec l’Angola et l’Afrique du sud se sont intensifiées. Mais c’est surtout sur la Russie de Poutine que le Président Touadera et surtout son Premier ministre, Simplice Sarandji, admirateur de l’Urss dans sa jeunesse, comptent pour contrebalancer l’influence du bloc occidental à l’Onu et donner un mandat plus robuste à la Minusca qui accumule les échecs.

 

La Russie, nouvel espoir de coopération

 

L’ambassadeur de Russie à Bangui, Sergueï Lobanov, est en poste depuis le 10 juin 2011. Il aura connu cinq chefs de l’Etat ( Bozizé, Djotodia, Nguendet, Samba-Panza et Touadera), cinq gouvernements et quatre ambassadeurs de France. Nul doute qu’avec les bouleversements politiques en France avec trois chefs de l’Etat, aux États-Unis d’Amérique avec le président Trump et à l’Onu avec les changements de responsables,  la stabilité de la diplomatie russe et de sa chancellerie à Bangui constitue un indéniable avantage comparatif. Le président Touadera et son équipe ne sont pas en terrain inconnu, lui qui fut premier ministre de Bozizé de 2008 à 2013. Ils ont trouvé des interlocuteurs qui ne découvrent pas la crise et qui répondent à leurs souhaits.

 

La coopération avec la Russie va se développer dans les domaines de l’éducation, de la santé, des échanges parlementaires et de l’exploitation des ressources du sous-sol. Mais ce seront la sécurité et la formation de la future armée nationale qui seront au coeur de ce nouveau partenariat. La mission de formation militaire de l’Union européenne (UE) en Centrafrique (EUTM RCA) avec ses 170 formateurs, dont une trentaine venant de Georgie non membre de l’Ue, aura bientôt terminé la formation d’officiers et du dernier des deux bataillons soit 1300 militaires. Faute d’armement et de logistique ces militaires n’auraient pas été opérationnels, ce qui montre bien les limites de l’aide européenne. La Russie va donc fournir 900 pistolets Makarov, 5200 fusils d’assaut, 840 kalachnikovs, , 270 lance-roquettes, 140 armes de précision, 20 armes anti-aériennes. La formation, toute théorique de l’Union européenne, devra être complétée voire reprise par des formateurs russes, notamment pour l’utilisation de ces armes. Cet important stock d’armes va rejoindre ceux qui existent déjà, comme celui restitué il y a quelques mois par le Cameroun, lors de sa saisie en 2013, et ceux qui proviennent des importants trafics transitant par Douala, la RDC, les Soudan ou en provenance de la Libye.

 

Il sera quand même bientôt temps de reparler de DDRR, de Réforme des systèmes de sécurité dans un pays où les armes circulent librement et où la notion d’armurerie est encore à inculquer. L’afflux d’armes de tous calibres et des munitions afférentes va-t-il annoncer la paix dans un pays devenu l’un des plus dangereux de la planète ?

 

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 02:02
Afrique du Sud: Zuma quitte la tête de l'ANC en déplorant son déclin

 

 

AFP / 16 décembre 2017 18h35 - Le très controversé président sud-africain Jacob Zuma a ouvert samedi la réunion du Congrès national africain (ANC) qui doit élire son successeur en déplorant les divisions et le déclin de son parti au pouvoir depuis la fin de l'apartheid en 1994.



Devant des milliers de délégués réunis à Johannesburg, M. Zuma a prononcé son dernier discours de chef de l'ANC sur un constat d'échec, concédant que la population n'était pas "satisfaite" de ses résultats sur "la corruption, la criminalité et l'emploi".

 

"Notre échec à régler les problèmes a commencé à peser sur notre mouvement", a-t-il ajouté, "notre peuple est frustré quand nous perdons du temps à nous quereller entre nous plutôt que de résoudre les défis quotidiens auxquels il est confronté".



S'il quitte la direction du parti qu'il occupe depuis 2007, M. Zuma doit rester président de l'Afrique du Sud jusqu'aux élections générales prévues dans deux ans.

 

Au terme de plusieurs mois d'une campagne très serrée qui a déchiré le parti, la course à sa succession a pris les allures d'un duel au couteau entre l'actuel vice-président Cyril Ramaphosa et l'ex-épouse du chef de l'Etat, Nkosazana Dlamini Zuma.



Le vainqueur - qui devrait être désigné dimanche - se retrouvera en bonne position pour devenir le prochain chef de l'Etat.



L'ANC domine la vie politique sud-africaine depuis la chute de l'apartheid et l'arrivée au pouvoir de Nelson Mandela à l'issue des premières élections libres de l'histoire du pays en 1994.



Mais il est aujourd'hui en sérieuse perte de vitesse, affaibli par une crise économique persistante caractérisée par un taux de chômage record de plus de 27% et les multiples accusations de corruption qui visent Jacob Zuma.

 

- 'Désastreux' -



La frustration de millions de Sud-Africains noirs - laissés pour compte de la nation "arc-en-ciel" - est telle que l'ANC pourrait perdre en 2019 sa majorité absolue.



Le parti a subi l'an dernier un revers électoral retentissant en perdant le contrôle de villes telles que Johannesburg et Pretoria.



A 65 ans, Cyril Ramaphosa, ancien syndicaliste reconverti en richissime homme d'affaires, est soutenu par l'aile modérée du parti et très apprécié des marchés. Pendant sa campagne, il a promis de relancer l'économie et violemment dénoncé la corruption du clan Zuma.



"Son héritage est désastreux", a déclaré à l'AFP Tefu Velaphi, 38 ans, un militant de la province du Gauteng (Johannesburg et Pretoria). "Il ne s'intéresse qu'à lui et à ses amis", a-t-il ajouté. "Lorsque Cyril sera élu, le pays va se remettre au travail".



Face à lui, l'ancienne ministre et patronne de l'Union africaine (UA) Nkosazana Dlamini Zuma, 68 ans, insiste sur la "transformation radicale de l'économie" au profit de la majorité noire, un thème très cher à Jacob Zuma.

 

"Elle peut unir notre organisation", a plaidé auprès de l'AFP Nojiyeza Mthokozisi, "elle peut relancer notre mouvement qui s'est fait spolier par le monopole des Blancs".



Les adversaires de Mme Dlamini Zuma l'accusent d'être une "marionnette" de son ex-époux et la soupçonnent de lui avoir promis l'immunité judiciaire.



- Fraudes -



Lors de son intervention rarement applaudie, M. Zuma s'en est pris à tous ceux qui dénoncent violemment depuis des mois la corruption de son gouvernement, notamment les juges, les médias ou la société civile.



Mais il s'est gardé de prendre ouvertement parti pour l'un ou l'autre des candidats à sa succession et a appelé ses différentes tendances à rester "unies comme un roc".



"J'ai fait de mon mieux", a-t-il plaidé avant de quitter la tribune, "je suis convaincu que l'ANC va traverser les courants et les tempêtes pour en ressortir encore plus puissant".



Son intervention a été diversement apprécié par les militants.



"C'était un très bon discours centré sur l'unité du parti", s'est réjoui l'un d'eux, Isaac Tshukudu. "Il n'a pas caché les problèmes mais il n'a rien dit de la corruption dans le secteur public, il n'a évoqué que celle du secteur privé", a regretté Griffiths Mzizi.



Les quelque 5.200 délégués réunis à Johannesburg devaient entamer samedi soir les opérations de vote, pour des résultats espérés par les plus optimistes dès dimanche matin.



Depuis des jours, les rumeurs de fraude vont bon train. "C'est un secret de polichinelle que les votes peuvent être achetés", a expliqué à l'AFP Amanda Gows, professeur de sciences politiques à l'université de Stellenbosch.



Selon de nombreux experts, les positions très éloignées des deux camps laissent planer un risque réel d'éclatement du parti.



L'issue du scrutin risque de peser sur la suite de son mandat de chef de l'Etat.

 

Si Cyril Ramaphosa devient le nouveau dirigeant du parti et ses proches décrochent des postes-clés, "cela lui donnerait les voix nécessaires pour remplacer Zuma" avant la fin de son mandat présidentiel, avance Ben Payton, analyste chez Risk Consultants.



(©)

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 01:46
Lu pour vous : La Russie a été autorisée par l’ONU à livrer des armes à la Centrafrique
Lu pour vous : La Russie a été autorisée par l’ONU à livrer des armes à la Centrafrique

 

 

 

AfriqueRussie par Laurent Lagneau Le 16-12-2017


 

Il y a quelques jours, au Conseil de sécurité des Nations unies, la Russie a renouvelé une demande d’exemption à l’embargo sur les armes imposé à la Centrafrique afin de pouvoir équiper deux bataillons des Forces armées centrafricaines (FACa).

 

Cette requête russe avait été mise sous « procédure de silence », laquelle permet d’obtenir un avis favorable si aucun membre du Conseil de sécurité ne manifeste une quelconque opposition. Ce qui a finalement été le cas, même si la France, le Royaume-Uni et les États-Unis avaient demandé à la Russie des précisions sur ses intentions.

 

« Notre seule demande est que la délégation russe fournisse les numéros de série des armes données au Comité chargé de contrôler l’embargo, comme ça on pourra suivre les armes entrant en Centrafrique. […] C’est une demande raisonnable et qui souligne l’importance de bien prendre en compte ensemble la protection physique, le contrôle et la sécurité des entrepôts, ainsi que la gestion des armes et munitions remises », avait alors expliqué un diplomate américain.

 

Visiblement, les réponses données par la Russie ont donc été satisfaisantes puisqu’aucun membre du Conseil de sécurité ne s’est opposé à sa demande. Aussi, depuis le 14 décembre au soir, elle est donc formellement autorisée à livrer des armes à la Centrafrique. Un premier lot devrait arriver à Bangui la semaine prochaine.

 

Dans le détail, la Russie va céder aux FACa 900 pistolets Makarov, 5.200 fusils d’assaut, 140 fusils de précision, 840 fusils mitrailleurs Kalachnikov, 270 lance-roquettes RPGs et 20 armes anti-aériennes. Le tout avec des munitions. Ces armes sont destinées aux deux premiers bataillons formés par la mission européenne EUTM RCA (soit 1.300 soldats, qui auront donc chacun 4 fusils d’assaut), appelés à être déployés à l’intérieur du pays en 2018.

 

« Nous sommes en train de prendre des précautions pour recevoir ces équipements. Nous devons mettre en place des systèmes de contrôle et de sécurisation afin que ces matériels militaires ne puissent pas tomber entre de mauvaises mains », a déclaré, à Jeune Afrique, Fidèle Gouandjika, conseiller spécial de Faustin-Archange Touadéra, le président centrafricain.

 

A priori, ces armes de coûteront rien à Bangui, une source diplomatique ayant indiqué qu’elles font partie d’un don accordé par Moscou.

 

La demande d’exemption à l’embargo sur les armes présentée par Moscou est probablement une conséquence de la visite effectuée par M. Touadéra à Sotchi, où il a rencontré Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, en octobre dernier.

 

« Les deux interlocuteurs ont réaffirmé la disposition des deux pays à accroître la coopération pratique dans le domaine politique, commercial, économique et social, ont constaté le potentiel significatif de partenariat en matière d’exploitation des réserves minières, ainsi que de livraison d’équipements industriels russes, de matériel agricole et d’énergie en Centrafrique », a rapporté l’ambassade russe à Bangui.

 

« La Russie n’a pas d’intérêts cachés, elle n’a jamais colonisé un pays et ce n’est pas avec nous qu’elle le fera », a [candidement?] fait valoir M. Gouandjika, dans les colonnes de Jeune Afrique. « C’est un marché très important que la France voulait obtenir : elle se battait aussi pour obtenir la même dérogation [que les Russes]. Mais nous avons conclu avec la Russie, parce que ces dotations nous coûtent moins que celles de la France », a-t-il ajouté. Surtout si elles sont gratuites…

 

http://www.opex360.com/2017/12/16/russie-a-ete-autorisee-lonu-a-livrer-armes-a-centrafrique/#kgjevluvpC5Z4e8v.99

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 01:13
Centrafrique: combats dans le centre, la paix fragilisée
Centrafrique: combats dans le centre, la paix fragilisée

 

 

 

Par RFI Publié le 16-12-2017 Modifié le 16-12-2017 à 22:56

 

Après plus d'une semaine de combats entre groupes armés dans le centre de la RCA, les vieux démons des luttes intestines refont surface. La rumeur de la mort d'un de ces seigneurs de guerre, qui a couru toute la semaine, fait craindre pour la précaire stabilisation de la région qui avait lieu depuis deux mois.

 

« Les accords d'Ippy ne sont plus valables » affirme Junior Kenguemba, le porte-parole du RDR, un groupe issu des anti-balaka, après une semaine de silence.

 

La raison de cette cessation ? L'attaque contre son groupe armé par l'UPC d'Ali Darass et la branche tchadienne du FPRC d'Abdoulaye Hissène, deux anciens rivaux de la Seleka, dans cette même localité d'Ippy.

 

En octobre dernier, ces trois groupes avaient enterré la hache de guerre dans la région, en promettant de lever les barrières anarchiques et laisser la population libre de pouvoir circuler dans cette zone stratégique au cœur des richesses minières. Et depuis, la situation était effectivement apaisée.

 

Mais un différend a rompu cette alliance et le RDR accuse ses amis de circonstance d'hier de l'avoir piégé. Depuis une semaine, personne n'a de nouvelles de Gaëtan, le chef du RDR et les rumeurs enflent quant à sa mort. Sans qu'aucune preuve, de vie ou de mort, ne soit avancée.

 

Pour le moment, c'est la fragile paix de la région qui est en question. Hassan Bouba, le coordonnateur politique de l'UPC, également ministre conseiller à la présidence, affirme que l'accord d'Ippy tient toujours, mais que ceux qui s'en retirent ne peuvent plus prétendre à porter des armes.

 

Du côté du FPRC, aucun élément n'est joignable depuis maintenant une semaine. Et ce sont encore des milliers de Centrafricains qui ont dû fuir les combats qui durent dans la région depuis une dizaine de jours.

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Centrafrique-Presse.com
17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 00:26
Encore des journaux qui déraillent frappés par  le HCC

 

 

 

Trois « journaux » nationaux à savoir le QUOTIDIEN DE BANGUI, le TEMOIN et l’ADRENALINE INFO viennent hélas d’être frappés de sanction par le Haut Conseil de la Communication qui leur a infligé une suspension de parution de quarante-cinq (45) jours pour les motifs suivants : Diffamation et calomnie à l’endroit de Mme Danielle DARLAN, Présidente de la Cour Constitutionnelle ; Non-respect de  la dignité de la femme ; Non-respect des autorités publiques ; Inobservation du Code d’Ethique et de déontologie de journaliste en République centrafricaine. Cela fait tout de même beaucoup de griefs que le HCC est en droit et devoir de reprocher à ces trois organes de presse mais un de ces griefs à savoir le « Non-respect de  la dignité de la femme » est particulièrement accablant et impardonnable pour les responsables de ces trois journaux et doit être souligné.

 

S’il est vrai que les autres motifs mentionnés dans la décision du HC sont tout aussi graves, rien ne peut justifier qu’on puisse s’en prendre gratuitement et porter atteinte de cette manière à la dignité d’une femme quand bien même on aurait des choses à lui reprocher mais celle d’être une femme.  Seuls les directeurs de publication de ces trois journaux connaissent les véritables raisons pour lesquelles ils ont choisi de jeter en pâture la dignité de « femme » et l’honneur de Mme Danielle DARLAN dans leurs organes mais on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec ce genre de parution en dessous de la ceinture faite par certains organes de presse et dont Mme Catherine Samba-Panza avait aussi été victime lorsqu’elle fut chef d’Etat de transition.

 

Si la rédaction de Centrafrique-Presse avait volé à l’époque au secours de Catherine Samba-Panza tout en condamnant fermement et prenant ses distances avec les confrères qui s’étaient gravement écarté des règles de la profession, de même elle ne saurait être ni complice ni soutenir les trois organes de presse qui viennent de subir les foudres du HCC et considère qu’il leur appartient d’assumer leurs responsabilités face à de tels manquements professionnels. Elle n’ignore pas les nombreuses difficultés dans lesquelles se débattent les responsables de journaux nationaux mais cela ne peut nullement constituer un prétexte pour rechercher frénétiquement les publications dites sensationnelles pour espérer booster les ventes au numéro quitte à diffamer ou porter atteinte à l’honneur de certains concitoyens.

 

Rédaction CAP

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 00:19

 

 

LA RCA PASSE AVEC SUCCÈS LA 3è REVUE DU FMI. LE PRÉSIDENT TOUADERA ANNONCE LE PAIEMENT DES ARRIÉRÉS DE SALAIRES AUX FONCTIONNAIRES ET PROMET D'APURER LES DETTES COMMERCIALES AU 1er TRIMESTRE DE L’ANNÉE 2018

 

 

• Centrafricaines, Centrafricains,


• Chers Compatriotes,

 

Vous m’avez accordé votre confiance en 2016 pour que nous œuvrions, mon gouvernement et moi, pour la reconstruction économique et sociale de notre pays, la République Centrafricaine, qui souffre des conséquences des multiples crises politico-militaires de ces dernières décennies.

 

L’enjeu principal étant de créer les conditions permettant au gouvernement d’apporter progressivement des solutions aux problèmes de sécurité, de l’agriculture, des routes, de l’école, de l’hôpital et de tant bien d’autres questions.

 

Malgré le contexte sécuritaire difficile, nous avons pu mettre en œuvre depuis 21 mois des réformes structurelles profondes, avec l’aide de nos partenaires techniques et financiers pour essayer d’atteindre ces objectifs.

Ces réformes nous ont permis d’obtenir des résultats très encourageants et ouvrent pour la RCA des perspectives positives en termes de croissance économique et de consolidation de la paix.

 

Chers compatriotes,

 

les crises structurelles que connait notre pays depuis plus de 30 ans ont gravement fragilisé nos capacités financières.

Pour reconstruire notre économie, l’une des premières étapes pour moi était d’assainir et améliorer nos finances publiques, dans un contexte économique difficile pour la région Cemac qui enregistrait une récession de 0,6% en 2016.

Devant cette situation, j’ai fait le choix d’accélérer le processus d’assainissement des Finances publiques, avec des orientations et mesures claires à la clé.

En effet, j’ai créé le Comité de suivi de gestion des finances publiques dont j’assume la présidence.

En parallèle, j’ai instruit le gouvernement de l’impérieuse nécessité de prendre des mesures qui mettent l’emphase sur la mobilisation des recettes et la maîtrise de la chaîne des dépenses, avec l’interdiction de créer de nouvelles taxes parafiscales.

Aussi, nos efforts se sont concentrés sur la mobilisation des recettes intérieures, sur le renforcement du compte unique du Trésor et enfin sur la résorption de la dette sociale.

La mobilisation des recettes a pour objectif d’accroitre les marges budgétaires qui permettent à l’État de prendre en charge les besoins régaliens urgents du pays, notamment en matière de dépenses sociales et en infrastructure.

Le renforcement du compte unique du Trésor ainsi que la résorption de la dette sociale et des arriérés cumulés pendant des décennies visent à renforcer la relance économique.
Ces options salutaires pour nos finances nous ont permis d’adhérer au programme économique du FMI appuyé par une Facilité de Caisse élargie (FEC). 
Les deux premières revues ont permis un décaissement de 16,3 millions de dollars et une augmentation de 15,5 millions de dollars. 
Après le passage réussi des deux premières revues, nous nous félicitons maintenant des conclusions de la 3ème revue.

 

• Chers Compatriotes,

Quels sont les résultats obtenus grâce aux efforts menés sur ces trois (3) grands axes ?
Nos efforts ont portés leurs fruits sur plusieurs plans comme le démontrent les indicateurs économiques du moment. 

Nous avons, en effet, rempli pratiquement tous les critères de réalisation du programme économique du Fonds Monétaire International(FMI).
En effet, à la fin du mois d’octobre 2017, les recettes cumulées s’établissent à 74,6 milliards de francs CFA par rapport à un objectif de 78,3 milliards de francs CFA. Soit un écart de 3,7 milliards de francs CFA. Il faut noter que par rapport à 2016, elles ont augmenté de 11%. Par ailleurs, 13% des recettes mobilisées découlent de la mise en œuvre des mesures nouvelles arrêtées avec nos partenaires.

Dans le cadre de l’assainissement de la gestion des finances publiques et la nécessité d’aller vers le Compte Unique du Trésor, le Gouvernement a procédé à l’audit de ses engagements vis-à-vis du système bancaire de la RCA. 
L’audit a mis en évidence l’existence, au niveau des banques commerciales, de plusieurs comptes de L’État pour lesquels le Trésor Public ne possède aucune information sur leur gestion. La majorité de ces comptes sont désormais clos, favorisant une meilleure gestion du portefeuille de L’État.

En sus du compte unique du Trésor, nous avons également souhaité apurer la dette bancaire et améliorer le circuit de recouvrement des recettes. 
Pour l’apurement de la dette bancaire, le montant net de cette dette est arrêté au 31 Mai 2017 à 24 723 787 161 Frs CFA.

Sur cette base, l’Etat a signé des Conventions et Protocoles d’Accord avec les banques locales, pour une titrisation de ce montant sur 8 ans au taux de 2,95%.

Cette procédure de titrisation est effective depuis le 1er Octobre 2017.

De même, une convention entre ces mêmes banques et l’État fluidifie et encadre l’acheminement des recettes au compte unique du Trésor.

La rationalisation des exonérations fait partie de nos efforts pour accroitre la mobilisation des recettes. 
Ainsi, les exonérations fiscales et douanières sont strictement limitées à celles prévues par la législation. 
De ce fait, l’expiration de certaines conventions accordant des exonérations de TVA permettra de générer des recettes additionnelles.
Il convient de noter que l’analyse de ces exonérations fait ressortir un manque à gagner de 8,1 milliard de FCFA en 2017. 
Par ailleurs, nous déplorons que 70% de nos flux d’importations échappent à la taxation mais ils constituent une contribution de notre pays à l’effort de pacification que mènent les Nations Unies et les Organisations Non Gouvernementales.

Nos efforts de redressement économiques concernent également les dépenses publiques qui doivent rester à la limite des capacités de L’État.
Aussi, ai-je pris l’engagement d’assainir le climat des affaires par la relance de notre économie en procédant à l’apurement des dettes intérieures et extérieures. 
Cette dette représente un poids qui handicape notre économie et elle met en cause la crédibilité de l’État.
Depuis mon arrivée, mon gouvernement a pu régler 60 milliards de FCFA, à savoir 32 milliards en 2016 et 28 milliards en 2017. 
Ces paiements en faveur de nos créanciers nous placent en position de conformité avec les engagements pris avec nos partenaires techniques et financiers.
En effet, l’un des premiers groupes sociaux de notre population à avoir pâti de l’absence de rigueur qui a fragilisé la gestion de nos finances publiques est les retraités. Il était donc primordial de rétablir d’urgence une certaine équité.
Ainsi, depuis 2016 mon gouvernement s’est engagé à payer régulièrement les pensions à la satisfaction des allocataires concernés.

Nous avons apuré tous les arriérés précédant l’année 2016 à hauteur de 11 milliards de FCFA et en 2017 les pensions ont été régulièrement payées à hauteur de 5 milliards, ce qui témoigne de la bonne volonté du Gouvernement à améliorer cette situation. 
J’ai également instruit le gouvernement d’œuvrer à la création d’une Caisse Autonome des Pensions qui devra gérer le régime des pensions en prenant en compte la demande de mensualisation restée longtemps en attente.

Nous avons opté pour une gestion prudente des dépenses afin de préserver nos capacités à payer les salaires.

Ainsi, à fin octobre 2017, les dépenses totales, hors retenues sur salaires et autres dépenses ont atteint 125,8 milliards de francs CFA par rapport à un objectif de 126,7 milliards de francs CFA.

Pour ce qui est des dépenses primaires, elles se sont établies à 87,7 milliards de francs CFA par rapport à un objectif cumulé de 89,8 milliards de francs CFA. Les dépenses de personnel sont maîtrisées.

S’agissant toujours de la dette intérieure, j’ai instruit le Ministre des Finances et du Budget de procéder à un audit exhaustif des créances, commerciales, bancaires et sociales. 
Après un travail minutieux, nous avons pu avoir une idée précise des créances qui ont été revues à la baisse grâce à ces audits. 
Au terme de ceux-ci, la dette commerciale était de 9 milliards, la dette bancaire de 24 milliards et enfin la dette sociale s’élevait à 64 milliards de FCFA. 
L’objectif est de ramener le poids de la dette en dessous des 25% du PIB d’ici 2022.

Mes chers compatriotes, nos efforts n’ont pas été vains.

Comme vous le savez, je me suis attelé le gouvernement et moi-même à relancer notre économie en nous fixant entre autres priorités la résorption des arriérés. La 3e Revue du Fonds Monétaire Internationale qui s’est achevée au mois d’Octobre vient de se conclure par la décision de son conseil d’administration de ce jour 15 Décembre 2017 par une décision favorable en faveur de la République Centrafricaine. Je me réjouis de cette décision car nous avons rempli toutes les conditionnalités. Ainsi donc j’ai le plaisir de vous annoncer que nous attendons dans les tous prochains jours un versement d’environ 23 milliards de FCA comprenant une augmentation de 9,3 milliards de FCA. Les négociations n’ont pas été simples mais c’est l’aboutissement d’un long processus.

Aussi ai-je instruit ce jour le Ministre des Finances de procéder au règlement des 2 mois d’arriérés de salaire des fonctionnaires de Novembre et Décembre 2013 en les étalant sur Décembre 2017 et en Début d’année 2018. J’ai également instruit le Ministre des Finances de procéder à la liquidation des arriérés commerciaux, précisément les créances dues aux fournisseurs et autres prestataires de services de L’État dont le montant arrêté s’élève à environ 9 milliards. Cela dans un délai de 3 mois n’excédant pas le mois Mars 2018.

S’agissant des arriérés des salaires antérieurs, j’ai demandé au gouvernement d’y travailler au nom de la continuité de L’État afin de mobiliser les ressources conséquentes à cet effet. Je rappelle au gouvernement et au Ministre des Finances en particulier qui trois autres revues avec le FMI nous attendent jusqu’en 2019. Ces revues devraient nous permettre de poursuivre l’assainissement de nos finances publiques. Si nous remplissons les critères de bonne gestion et de bonne gouvernance cela favorisera la mobilisation de ressources supplémentaire de 49 milliards des FCA pour financer la relance de notre économie.

• Mes Compatriotes,

Quelles sont les nouvelles perspectives ?

Comme vous le savez, nous avons soumis à l’Assemblée Nationale un projet de Loi de finance 2018 qui a été adopté récemment.

Je me réjouis que la Loi des Finances 2018 soit déjà disponible, contrairement aux années précédentes.

Pour améliorer le climat des affaires, la loi des Finances 2018 généralise le paiement différé de la TVA pour les exportateurs et grands investisseurs, permettant ainsi d’éviter le cumul de crédits de TVA.

De plus, nous avons créé le cadre mixte de concertation pour l’amélioration des affaires (CMC-AA). Celui-ci prévoit entre autres, le renforcement du guichet unique pour faciliter les procédures administratives pour les investisseurs.

Pour favoriser l’initiative privée, nous présenterons devant l’Assemblée Nationale, le projet de loi créant le cadre de partenariat privé/public (PPP). L’objectif étant de compléter les capacités limitées du secteur public, pour répondre à la demande croissante en développement des infrastructures ; d’imposer un certain degré de certitude budgétaire en définissant les coûts des projets d'infrastructure présents et à venir au cours du temps; d'introduire la technologie et l'innovation du secteur privé afin de proposer des services publics de meilleure qualité grâce à une meilleure efficacité opérationnelle.

A compter de 2018, il sera donc primordial d’exploiter de façon optimale le dispositif du RCPCA afin de relancer les investissements privés, créateurs d’emploi et de richesse.

Enfin, nos efforts de relance économiques demeureront vains si nous ne trouvons pas de solutions définitives et efficaces aux problèmes sécuritaires qui minent notre pays.

C’est pourquoi, en concomitance avec les mesures économiques, l’accent sera mis sur la poursuite du processus du DDRR à travers la mise en œuvre du plan national, le projet pilote étant arrivé à son terme.

En guise de conclusion, je voudrais renouveler mon appel à l’ensemble des acteurs publics comme privés à œuvrer de concert avec nos partenaires techniques et financiers, en vue de réunir toutes les conditions favorables à la réussite des projets d’investissements portés par le RCPCA.

Nous avons la responsabilité de former et de procurer de l’emploi à nos jeunes afin qu’ils puissent être portés par des perspectives d’un avenir meilleur.

Chaque centrafricain a le droit d’exiger de nous de vivre dans un pays apaisé, de pouvoir commercer, s’éduquer et se soigner.

Tels sont les objectifs que nous nous efforcerons d’atteindre à travers nos efforts cités précédemment.

Je vous remercie.

Déclaration de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État à l’occasion de la validation de la troisième revue du FMI
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Centrafrique-Presse.com
16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 23:43
Feu vert à l'ONU à un don d'armes russes à la Centrafrique

 

 

 

Par  Le Figaro.fr avec AFP  Mis à jour le 16/12/2017 à 11:40  Publié le 15/12/2017 à 23:50

 

La Russie a été autorisée à donner un stock d'armement conséquent à l'armée centrafricaine, en vertu d'une exemption accordée par l'ONU à Moscou à l'embargo sur les armes décrété à l'égard de ce pays, a-t-on appris vendredi de sources diplomatiques.

 

"Le feu vert a été donné", a indiqué un diplomate sous couvert d'anonymat, au terme d'un long processus d'accord rompu à plusieurs reprises par les Occidentaux qui ont demandé davantage d'informations à Moscou.

 

Washington, Paris et Londres ont notamment réclamé à leur partenaire russe des mesures renforcées de stockage de ces armes en Centrafrique et de les identifier précisément avec des numéros de série, selon des sources diplomatiques.

 

La Centrafrique, où des groupes armés continuent de sévir, est visée par un embargo sur les armes depuis 2013. Les dirigeants centrafricains ont demandé il y a quelques mois à la Russie de lui fournir des armes pour des unités en cours de formation par l'Union européenne.

 

"Notre seule demande est que la délégation russe fournisse les numéros de série des armes données au Comité chargé de contrôler l'embargo, comme ça on pourra suivre les armes entrant en Centrafrique", avait indiqué cette semaine à l'AFP un responsable américain sous couvert d'anonymat. "C'est une demande raisonnable et qui souligne l'importance de bien prendre en compte ensemble la protection physique, le contrôle et la sécurité des entrepôts, ainsi que la gestion des armes et munitions remises", a-t-il ajouté.

 

Le mois dernier, la France avait déjà bloqué le processus de notification d'une exemption pour les armes russes, en faisant état de craintes sur le stockage des armes et munitions, selon une source diplomatique. La Russie y avait répondu en promettant une sécurité renforcée pour les entrepôts et en échelonnant ses futures livraisons. Une première livraison est attendue la semaine prochaine, deux autres sont prévues les 1er février et 1er avril.

 

Moscou veut équiper deux bataillons totalisant 1.300 hommes. La Russie entend notamment leur fournir, avec munitions, 900 pistolets Makarov, 5.200 fusils d'assaut AKM, 140 armes de précision, 840 fusils mitrailleurs Kalachnikov, 270 lance-roquettes RPGs et 20 armes anti-aériennes.

 

La Russie a aussi proposé d'entraîner l'armée centrafricaine à l'utilisation de ces armes, un projet qui doit faire l'objet d'un autre feu vert de l'ONU.

 

A terme, la force de paix de l'ONU en Centrafrique, qui vient d'être prolongée pour un an, doit être remplacée sur le terrain par les Forces armées centrafricaines (FACA).

 

La Centrafrique est embourbée dans un conflit depuis le renversement en 2013 du président François Bozizé par une coalition pro-musulmane (l'ex-Séléka), qui a entraîné une contre-offensive de milices pro-chrétiennes autoproclamées d'"autodéfense" (anti-balaka, ou anti-machettes).

 

 

Feu vert à un don d'armes à la Centrafrique

 

https://www.24heures.ch 16.12.2017, 01h56

 

L'ONU a autorisé la Russie à donner des armes à l'armée de Centrafrique, malgré l'embargo.

 

La Russie a été autorisée à donner un stock d'armement conséquent à l'armée centrafricaine, en vertu d'une exemption accordée par l'ONU à Moscou. Le pays, où des groupes armés continuent de sévir, est visé par un embargo sur les armes depuis 2013.

 

 

«Le feu vert a été donné», a indiqué vendredi un diplomate sous couvert d'anonymat, au terme d'un long processus d'accord rompu à plusieurs reprises par les Occidentaux qui ont demandé davantage d'informations à Moscou.

 

Washington, Paris et Londres ont notamment réclamé à leur partenaire russe des mesures renforcées de stockage de ces armes en Centrafrique et de les identifier précisément avec des numéros de série, selon des sources diplomatiques.

 

Les dirigeants centrafricains ont demandé il y a quelques mois à la Russie de lui fournir des armes pour des unités en cours de formation par l'Union européenne.

 

Première livraison la semaine prochaine

 

Une première livraison est attendue la semaine prochaine, deux autres sont prévues le 1er février et le 1er avril. Moscou veut équiper deux bataillons totalisant 1300 hommes.

 

La Russie entend notamment leur fournir, avec munitions, 900 pistolets Makarov, 5200 fusils d'assaut AKM, 140 armes de précision, 840 fusils-mitrailleurs Kalachnikov, 270 lance-roquettes RPGs et 20 armes antiaériennes.

 

 

A terme, la force de paix de l'ONU en Centrafrique, qui vient d'être prolongée pour un an, doit être remplacée sur le terrain par les forces armées centrafricaines (FACA).

 

 

La Centrafrique est embourbée dans un conflit depuis le renversement en 2013 du président François Bozizé par une coalition pro-musulmane (l'ex-Séléka), qui a entraîné une contre-offensive de milices pro-chrétiennes autoproclamées d'«autodéfense» (anti-balaka, ou anti-machettes). 

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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 23:37

 

 

 

16 décembre 2017 à 10h38 — Mis à jour le 16 décembre 2017 à 11h15 AFP

 

 Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé vendredi le versement d'une troisième tranche de prêt de 40,2 millions de dollars à la Centrafrique ainsi que l'augmentation de son programme d'aide à destination de ce pays.

 

Quelques jours après que le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, a annoncé à la radio locale Ndeke-Luka que moins de 10 % des fonds qui avaient été promis à son pays lors de la Conférence des bailleurs de novembre 2016 ont été effectivement décaissés, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, le 15 décembre, le versement d’une troisième tranche de prêt de 40,2 millions de dollars (34 millions d’euros).

 

Cette nouvelle tranche a été débloquée dans le cadre de la facilité de crédit négociée en juillet 2016, rappelle l’institution dans un communiqué.

 

Le Fonds a par ailleurs donné son accord pour augmenter le programme de 55,1 millions de dollars, pour un total de 189 millions de dollars, afin d’aider le gouvernement à soutenir « la croissance économique et la cohésion sociale ».

 

En dépit de conditions de sécurité et humanitaires difficiles, le pays mène son programme économique conclu avec le FMI « de manière satisfaisante », estime l’institution.

 

« Les autorités ont mis en place leur réforme en parallèle d’efforts pour restaurer progressivement la sécurité pour créer dans de nouveaux centres urbains des espaces de stabilité, de reconstruction et de croissance », a commenté Mitsuhiro Furusawa, directeur adjoint, cité dans le communiqué.

 

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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 16:26
Vingt-trois milliards du FMI pour la Centrafrique

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) -  décembre 17, 2017 à 10:43 Le Fonds monétaire international, sur décision de son conseil d’administration, a mis à la disposition de la République centrafricaine une enveloppe de 23 milliards de FCFA, a annoncé le président Faustin Archange Touadera.

 

Selon le chef de l’Etat qui s’exprimait, samedi, dans une adresse à la nation, ce financement va permettre au pouvoir de payer plusieurs arriérés de dette dus aux créanciers ainsi que deux mois de salaire aux fonctionnaires.

 

Troisième facilité élargie de crédit octroyée en 2017 par le FMI à la RCA, cette nouvelle aide financière signifie que le gouvernement centrafricain a bien respecté le programme économique qu’il a signé avec l’institution financière internationale, malgré l’insécurité régnant dans le pays, a souligné le président Touadera.

 

Le FMI dont une mission a séjourné en RCA en novembre dernier, a accordé cette année à ce pays des appuis d’un montant total de près de cent milliards de FCFA.

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