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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 01:39

 

 

 

http://afrikarabia.com   08 mars 2015 par Christophe RIGAUD

 

Trois forces internationales, dont la réduction est programmée, ne parviennent pas à améliorer la sécurité de la capitale centrafricaine, analyse Thierry Vircoulon d’International Crisis Group (ICG). Une situation préoccupante à l’approche du forum de Bangui qui doit mettre les groupes armés autour d’une table et lancer le processus politique.

 

- Afrikarabia : Au moment où la force française Sangaris vient de réduire ses effectifs de 300 hommes et où la mission de l’Eufor RCA prendra fin le 15 mars prochain, quelle est la situation sécuritaire à Bangui ?

 

- Thierry Vircoulon : Malgré la présence de trois forces internationales sur le terrain (ONU, Sangaris et Eufor), il y a encore plusieurs abcès de fixation sécuritaire à Bangui. Il y a premièrement toujours une présence résiduelle d’ex-Séléka dans le camp militaire de Béal et de RDOT, avec un problème particulier à Béal, qui est la présence d’une forte quantité d’explosifs. Les membres de l’ex-Séléka ne veulent pas quitter ce camp et essaient de monnayer leur départ, avant de pour pouvoir dépolluer ce site qui est très proche du centre-ville. Le deuxième abcès de fixation est le PK5, qui reste une enclave de musulmans, plus ou moins assiégés et armés. Troisième problème : la présence de milliers d’anti-balaka qui sont particulièrement actifs dans les quartiers de Combattants, Fouh, Gobongo et leur fief de Boy Rabe. Ce que les habitants de Bangui ne comprennent pas, c’est la surabondance de moyens militaires au regard de l’insécurité qui règne toujours dans la capitale. La présence des anti-Balaka se traduit maintenant par une délinquance très forte, puisque ce groupe fonctionne désormais sur le mode de la criminalisation, et le maintien d’ex-Séléka armés au PK5 apporte toujours une justification aux anti-Balaka. Bangui n’a donc pas été désarmée et elle connait une recrudescence de délinquance.

 

- Afrikarabia : Comment expliquer que les belligérants ne sont toujours pas désarmés à Bangui, alors que les troupes internationales présentes avaient mandat pour le faire, y compris par la force ?

 

- Thierry Vircoulon : Il y a eu un vrai blocage. Les forces internationales, y compris françaises, nous disent qu’elles n’ont pas assez d’effectifs pour faire du désarmement forcé. Etrangement, les Nations unies, qui sont beaucoup plus nombreux, estiment que le désarmement forcé ne fait pas partie de leur mandat, alors que lorsqu’on lit la résolution des Nations unies, on se rend compte du contraire. Au final, personne n’a voulu faire du désarmement forcé à Bangui. Il faut également noter que le désarmement-relocalisation des Séléka, qui était le but de l’opération française Sangaris, n’a pas été achevé puisqu’on trouve encore des ex-Séléka résiduels à Bangui.

 

- Afrikarabia : Est-ce que ce désarmement peut être effectué par la Minusca, qui prend peu à peu le relai sur le terrain ?

 

- Thierry Vircoulon : A l’avenir, il va falloir penser le désarmement, pas seulement sous l’aspect du DDR (désarmement-démobilisation-réinsertion), mais être inventif sur le désarmement communautaire. Les armes ne sont plus seulement dans les mains des groupes armés, mais maintenant, elles sont dans les mains de la population ! Une autre source de préoccupation concerne le DDR : il risque de ne pas prendre en considération les anti-Balaka et de n’absorder que des Séléka, ce qui sera évidemment problématique.

 

- Afrikarabia : Que doit-on attendre du forum de Bangui qui se profile pour le mois d’avril ?

 

- Thierry Vircoulon : Ce que l’on attend avant tout de ce forum, c’est bien sûr un accord entre les groupes armés et qu’ils rendent les armes. On attend aussi du forum qu’il se prononce sur les critères d’éligibilité en vue des prochaines élections. Le forum devra aussi définir le périmètre de la lutte contre l’impunité.

 

- Afrikarabia : Où en est-on du processus politique ?

 

- Thierry Vircoulon : Le processus politique a commencé. Il y a eu des discussions sur un projet de nouvelle Constitution. Mais je voudrais dire sur ce point qu’il faudrait que les internationaux soient cohérents avec eux-mêmes. Ils ont souhaité un processus politique qui comporte le forum de Bangui, avec peut-être un référendum constitutionnel et après des élections… ils doivent donc sécuriser ce processus. Le retrait de l’Eufor RCA de Bangui et l’annonce de la réduction des effectifs de Sangaris par le ministre français de la Défense, semblent assez incohérents avec le lancement d’un processus politique.

 

- Afrikarabia : La tenue d’une élection présidentielle cet été paraît-elle toujours réaliste ?

 

- Thierry Vircoulon : Elle est tout à fait irréaliste. Il faut plus compter sur 2016 que sur 2015.

 

- Afrikarabia : Les négociations informelles de Nairobi entre les anciens présidents Bozizé et Djotodia risquent-elles de parasiter le forum de Bangui, dans la mesure où elles sont censées remettre en selle les deux ex-présidents centrafricains ?

 

- Thierry Vircoulon : Il y a unanimité dans la classe politique et la société civile à Bangui pour rejeter le retour Michel Djotodia et de François Bozizé. Il est clair que les négociations de Nairobi sont utilisées comme un geste de bonne volonté des deux ex-présidents pour se faire accepter au forum de Bangui et dans le processus électoral à venir. Mais à Bangui, beaucoup pensent que ceux qui ont été leurs bourreaux n’ont pas de place dans la discussion sur l’avenir de la Centrafrique.

 

- Afrikarabia : Le temps joue-t-il plus en faveur d’un camp plutôt qu’un autre ?

 

- Thierry Vircoulon : Le fait que les anti-Balaka s’adonnent à la criminalité joue contre eux auprès de la population centrafricaine. A Bangui leur image de « patriotes » est fortement ternie par les crimes qu’ils commettent. Idem pour les ex-Séléka. Plus ces groupes vont se criminaliser, moins la population centrafricaine va les soutenir.

 

Propos recueillis par Christophe RIGAUD – Afrikarabia

 

Lu pour vous : Centrafrique : « Bangui n’est ni sécurisée ni désarmée » : Thierry Vircoulon (ICG)
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Centrafrique-Presse.com
9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 01:37

 

 

Par RFI  07-03-2015 à 14:44

 

Comment favoriser le retour des déplacés en Centrafrique ? Aujourd'hui, ils sont encore 50 000 rien que dans la capitale, Bangui, dont 20 000 dans le seul camp de déplacés de M’Poko, situé au niveau de l’aéroport. C'est autant qu'en septembre dernier. Le gouvernement aimerait fermer ce site, mais de nombreux obstacles empêchent encore le retour : sentiment d’insécurité, précarité économique, etc. Pour renforcer la cohésion sociale et inciter les déplacés au retour, depuis plusieurs semaines, l’ONG Première urgence aide médicale internationale (PU-AMI) organise des visites pour ces déplacés dans leurs anciens quartiers. Reportage dans le 3e arrondissement de Bangui.

 

Ils étaient une trentaine ce jour-là, à parcourir à pied leur ancien quartier. Au programme, visite du centre de santé, de l’école, rencontre avec les autorités locales, mais aussi discussions avec d’anciens voisins restés sur place, chrétiens ou musulmans. Leur objectif : faire tomber les barrières entre communautés.

 

« On est allés vraiment partout, raconte Berthe, qui n'était plus revenue chez elle depuis 13 mois. Avec les musulmans, on s’est croisés, salués, causés, y'avait un papa là qui nous a bien reçus, vraiment. Il faut qu’on pardonne nos cœurs, les musulmans ont dit comme ça. »

 

Aujourd'hui, Berthe dit avoir retrouvé la confiance et être prête pour franchir le pas du retour. Mais à deux conditions : que les autorités sécurisent davantage son quartier parfois exposé aux pillages et l'aident à reconstruire sa maison incendiée.

 

« Toutes les maisons sont détruites, ajoute Régis, un autre réfugié du camp M'Poko. Il y a le problème de l'électricité, le problème de l'eau et puis le quartier est devenu maintenant la forêt. Donc s'il y a une aide pour nous aider à enlever la forêt et reconstruire la maison, je pourrai retourner dans mon quartier. »

 

Plusieurs chantiers de reconstruction sont en cours à Bangui. Mais la tâche est immense. Et chacun sait que le processus risque de durer encore de longs mois.

Toujours 50 000 déplacés centrafricains à Bangui
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Centrafrique-Presse.com
9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 01:35

 

 

 
Rebecca Tickle  9 mars 2015

 

Depuis que la guerre a commencé contre Boko Haram au nord du Cameroun, on ne sait pas vraiment ce qui s'y passe et surtout quels sont véritablement les enjeux. Dans une atmosphère cette fois institutionnellement francophobe, on peine parfois à saisir qui fait quoi et pourquoi.


Certains disent que « la déstabilisation du Cameroun vient de la volonté de la France et de ses complices camerounais d´exploiter sans partage le plus grand gisement d´uranium au monde.»


Malgré l'évidence d'une propagande populiste en faveur d'un Paul Biya aux abois qui n'a jamais aimé le peuple camerounais, on ne peut nier que la France, protectrice inconditionnelle jusque là du régime de Biya, ne fait jamais rien sans calculer en Afrique. Françafrique oblige.


Ce qui intéressera bon nombre sera la nature de ces "complices" camerounais. A vrai dire, ce n'est pas la chute probable de Biya qui devrait réjouir, mais plutôt de savoir quelle clique viendra après lui, si ce n'est pas la même. En tout cas, cela interpellera ceux qui pensent que la fin de Biya résoudra le problème du Cameroun, ou qu'une autre clique fera mieux que lui. La vérité est que l'argent appelle l'argent et que le rouge monte aux yeux à la vitesse de l'éclair. Les populations ne sont même pas un alibi pour les suivants. Le "choix du peuple", de la foutaise. Elles sont superflues dans ces histoires et paient toutes seules le prix de la braderie et de l'empoisonnement de leurs terres.


En attendant, Boko Haram, la peste régionale originaire du Nigeria voisin, a dépassé les frontières et sème la désolation dans les villages frontaliers du nord camerounais. L'armée nationale est sur place pour défendre l'intégrité du territoire national. Le sacrifice suprême est devenu quotidien, autant pour les soldats que pour les civils. Les Camerounais soutiennent "leur armée", ce BIR (Brigade d'intervention rapide) qui a plutôt été jusque là utilisé par Biya pour mater les Camerounais lors de manifestations ou de risques de révoltes.

 
Mais encore...


Poli. Un bled paumé de 5 700 âmes, à 136 km de Garoua, chef-lieu du département de Faro, région du Nord. Le coin est considéré par les connaisseurs comme un scandale géologique. Les longues chaînes de montagnes qui ceinturent le département regorgent d’importants gisements, notamment d’uranium et d’or.

Le paradoxe entre les importantes ressources minières que renferme le sous-sol de Poli et la relative pauvreté dans laquelle vit sa population n'a rien à envier à la psychose qui s'en est emparé depuis quelques années.


Au Cameroun, on dénombre 23 réserves d'uranium actuellement en phase d'exploration dont le gisement des monts Kitongo, à environ 12  km de Poli, localisé pour la première fois en 1958.


C'est en 2006, que la Nu Energy Corporation Cameroon, filiale de Mega Uranium Limited basée au Canada, s'intéresse au minerai des monts Kitongo et obtient l'autorisation de l'explorer.


Sans savoir exactement ce qui se trame depuis des années, la population locale et avec elle les experts, est consciente des risques sanitaires, particulièrement les maladies cancéreuses, et environnementaux liés à l'exploitation de l'uranium dans les sommets des monts Kitongo. On craint la contamination de l'air et de l'eau, sans compter l'émission de gaz toxiques. On sait aussi que la population devra faire avec les expropriations et les déplacements forcés des habitants d'au moins 12 villages des environs.


Deux principaux projets euranifères sont en cours au Cameroun, soit à Kitongo au Nord, avec une réserve probable de 13 125 tonnes, et à Lolodorf au Sud avec des réserves probables de 11 000 tonnes. Selon les experts, la teneur minimale du gisement est de 0,10%, alors que les concentrations en uranium des gisements connus dans le monde sont comprises entre 0,05 et 0,50%.


La guerre provoquée au nord par Boko Haram, avec un Deby qui accourt sur le territoire camerounais, au secours de son voisin détesté, style "loup dans la bergerie", alors que les évidences de sa complicité avec Boko Haram se sont accumulées, a de forts relents d'agendas cachés, on s'en doutait. Mais aussi un gout très amer de déjà vu et de chronique annoncée de sang et de désolation au long cours.

Dans tous les cas, Paul Biya n'est pas en train de se battre contre Boko Haram pour protéger le peuple camerounais et son territoire.

Lu pour vous : Cameroun : Uranium au parfum de poudre à canon
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Centrafrique-Presse.com
9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 01:33

 

 

http://www.lemagazinedumanager.com   Par Kayi Lawson 07 mars 2015

 

L’économie centrafricaine essoufflée par la crise politique qui secoue le pays, commence par reprendre son souffle. Le vice-gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Mahamat Taîr Nguilid, a fait une appréciation positive sur le redressement de l’économie centrafricaine, soulignant qu’avec le retour progressif de la sécurité dans le pays a vu son produit intérieur brut passer de -0,37 pour cent en 2013 à 1,6 pour cent en 2014.

 

« Avec ce retour de la sécurité et les engagements des partenaires, l’économie centrafricaine se portera très bien au courant de cette année (2015 Ndlr) ce qui n’est pas le cas depuis trois ans » a laissé Mahamat Taîr Nguilid qui est aussi le président du Comité de crise de la Banque centrale sur le Centrafrique.

 

Ce samedi 07 mars 2015, lors de la première réunion ordinaire du Comité monétaire et financier national de l’année 2015 à Bangui, M. Nguilid a exprimé l’optimisme de la BEAC, qui estime que l’embellie va se poursuivre avec la reprise des activités dans les secteurs des mines, agricoles, forestiers et le retour de l’administration sur toute l’étendue du territoire.

 

Pour le ministre centrafricain des Finances, Abdallah Kadre, la maîtrise des finances publiques caractérisée par le paiement de la majorité des factures de l’Etat, a joué un rôle prépondérant dans ce redressement économique. Il a par ailleurs expliqué que cette opération a été possible grâce à un financement propre ou avec le soutien des partenaires financiers du pays, plus particulièrement l’Agence française de développement.

 

Lors des réunions précédentes de la BEAC sur la Centrafrique, des recommandations ont été faites pour que les banques octroient des crédits aux particuliers garantis par la BEAC. Aujourd’hui beaucoup de Centrafricains se plaignent du fait que les décisions prises lors de ces réunions ne sont pas mises en application par les établissements bancaires du pays.

Lu pour vous : Centrafrique : L’économie reprend du souffle
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Centrafrique-Presse.com
9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 01:31

 

 

Le carnet de Colette Braeckman

 

http://blog.lesoir.be   8 mars 2015

 

 

Le président du Congo Brazzaville, Denis Sassou Nguesso était, aux côtés de ses collègues le président de la Guinée, Alpha Condé, de Sierra Leone Ernest Bai Koroma et du Liberia Ellen Johnson Sirleaf l’un des hôtes de marque de la conférence de haut niveau consacrée à l’épidémie Ebola.

 

A l’issue de la rencontre qui s’est tenue à Bruxelles, il a tenu à souligner « que l’on avait observé des progrès notables dans les pays fortement touchés : en Guinée et au Liberia les écoles vont pouvoir rouvrir leurs portes. Mais il a aussi été souligné que ces progrès ne pouvaient freiner l’élan de solidarité et la mobilisation des moyens. Il ne faut pas que la vigilance s’arrête car on n’a pas encore atteint l’objectif de « zéro cas » dans les pays atteints. Il faut aussi penser au « programme « après Ebola » qui sera économique et financier et mobiliser des moyens importants pour que les Etats les plus touchés, qui étaient en progrès avant la crise, puissent se reconstruire et retrouver leurs taux de croissance antérieurs.

 

Les structures économiques et sociales ont été quasi détruites durant la crise, reconstruire nécessitera un véritable plan Marshall…

 

Le Congo Brazzaville a- t-il été épargné par Ebola ?

 

Oui et non. Il ne faut pas oublier que par le passé, mon pays avait été touché à quatre reprises.. Mais grâce à l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé, dont la section régionale est basée à Brazzaville, nous avons pu rapidement prendre des mesures pour contenir le fléau. Ce dernier s’était manifesté à la périphérie, dans les forêts et nous avons pu éviter que l’épidémie se propage dans les villes.

 

Quelles sont les mesures à prendre avec le plus d’urgence ?

 

Tous les pays touchés souffrent d’infrastructures insuffisantes, qu’il s’agisse d’équipements sanitaires ou de laboratoires. Il nous faudra veiller à ce que ces pays soient désormais dotés, comme les autres pays africains de structures de santé viables. Au Congo Brazzaville, nous avons décidé de construire douze hôpitaux généraux, soit un hôpital par préfecture…Il y aura aussi un hôpital spécialisé et un autre pour les armées, soit quatorze au total…Il nous faudra aussi stimuler le secteur privé, pour que le tissu économique se reconstitue…

 

Nous avons aussi décidé de former des cadres : 1200 jeunes, filles et garçons, ont été envoyés en formation à Cuba pour qu’ils deviennent des techniciens de santé.

 

Votre pays est il affecté par les autres crises de la région ?

 

Tant la Centrafrique que la République démocratique du Congo sont nos voisins…Prenons le cas de la crise dans la région de l’Equateur : de nombreux réfugiés congolais ont traversé l’Oubangui et sont entrés dans le département de la Likwala, où ils se sont retrouvés plus nombreux que les populations locales ! En outre, nous accueillons de nombreux réfugiés venus de Centrafrique. Nous pouvons aussi redouter la contagion islamiste, c’est pourquoi nous avons récemment organisé un sommet des Etats d’Afrique centrale. Boko Haram, en plus du Nigeria, touche désormais le Tchad, le Cameroun, ce qui nous inquiète car si la situation en Centrafrique n’est pas maîtrisée, ce pays pourrait devenir un sanctuaire pour les islamistes… Il nous faut donc élaborer une stratégie régionale commune afin de lutter contre Boko Haram, c’est pourquoi je me suis rendu tant au Nigeria qu’au Ghana afin de proposer la tenue d’un sommet commun, d’un plan de riposte coordonné…

 

Dans un autre domaine, vous avez souvent dit que vous étiez victime d’une sorte de « guérilla judiciaire » d’attaques venant de France en particulier , et visant, tout récemment, votre fils…

 

Nous constatons que la provocation continue, mais nous sommes habitués à cette diffamation permanente qui s’apparente à la volonté de nuire. Mais cela ne nous empêche pas de travailler de poursuivre nos efforts de construction, de solidarité avec les pays de la région…

 

Votre pays prépare-t-il déjà l’ « après pétrole » ?

 

Sans aucun doute : nous avons subi toutes les fluctuations du prix du pétrole, passant de 140 dollars le baril à moins de trente…Nous devons préparer le développement des autres secteurs, l’agriculture, l’élevage, l’exploitation rationnelle de la forêt…Nous avons aussi des mines, du phosphate, du potasse, du gaz… Cette année, les études financées par la Banque africaine de développement et consacrées au pont qui devrait relier Brazzaville et Kinshasa seront terminées et beaucoup de partenaires ont déjà marqué leur désir de participer au financement de ce projet « port, route, rail » d’une importance vitale pour notre économie…
Cette liaison permettra aussi de finaliser la route reliant Tripoli en Libye à Windhoek en Namibie, un axe qui sera vital pour l’avenir du continent…

 

Lu pour vous : Sassou: Ebola nous a épargnés de justesse
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Centrafrique-Presse.com
9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 01:25

 

 

 

http://www.lanouvellerepublique.fr   08/03/2015 05:46

 

Hier, Ciran a rendu hommage aux femmes et au travail de la photographe Camille Lepage, tuée en République centrafricaine en 2014. Elle avait 26 ans. Sa mère prolonge son engagement. Rencontre.

 

Elle se tient la tête. Un peu ailleurs. Le grain de sa peau paraît si palpable qu'on la croirait là, avec nous. La photo est extraordinaire. Ce portrait si beau d'une femme prise dans un conflit armé si terrible au Soudan est l'œuvre de Camille Lepage. C'était quelque mois avant la mort de la jeune photojournaliste dans un autre pays cher à son cœur, la République centrafricaine. Elle n'avait que 26 ans. Sa mère, Maryvonne Lepage, voue une tendresse particulière à cette photo. Elle la regarde dans la pénombre de l'une des salles du Pourquoi pas, à Ciran. Hier, elle participait à la journée « Voix de femmes dans un pays en guerre » (*), dont l'un des points d'orgue était évidemment l'exposition consacrée au travail de Camille Lepage.

 

Quelques mois après la mort de votre fille, vous avez fondé l'association Camille Lepage-On est ensemble…

 

 « Ma vie a changé le 13 mai 2014, quand j'ai appris sa mort. Avec son père Guy et son frère Adrien, nous avons créé Camille Lepage-On est ensemble pour prolonger l'engagement et les valeurs de Camille. L'association a un triple but. Aider les populations du Sud-Soudan et de République centrafricaine. Soutenir les photojournalistes engagés dans des projets professionnels partageant l'esprit de ceux de Camille. Et enfin protéger et exposer les photos de ma fille. De cette façon, Camille continue de vivre avec moi d'une autre manière. En un sens, elle est même plus présente que de son vivant. »

 

Qu'est-ce qui inspirait son travail et sa vie ?

 

 « Elle n'est pas partie dans ces pays de manière anodine. Elle s'y est installée véritablement. Elle voulait aller dans des régions dont les médias ne parlaient pas suffisamment à l'époque. Et là où les populations étaient en grande souffrance. Son regard, son engagement étaient tournés vers ses populations. Elle ne faisait pas du " news ", de l'actualité. Elle vivait dans les mêmes conditions qu'elles. Elle avait beaucoup d'humanité, ce qui lui a permis de capter, d'attraper ces regards. »

 

" Son humanité lui a permis de capter, d'attraper ces regards… "Avoir sa fille engagée dans des pays ravagés par des conflits devait être parfois très difficile…

 

 « Nous étions très proches l'une de l'autre. On ne restait jamais sans nouvelles plus de huit jours. Certains jours, oui, j'étais dans l'angoisse. Pour son intégrité physique, même si elle me disait : " Je ne vais pas me prendre une balle ". Mais je m'inquiétais aussi pour son intégrité psychologique : elle était si jeune et voyait de telles choses. Quand elle était au Caire, je détestais ces moments-là : j'avais peur pour son intégrité physique. Il y avait tellement de viols. Mais je n'avais pas cette inquiétude-là au Soudan ou en République centrafricaine. Elle n'y a jamais été visée personnellement, en tant que photojournaliste. Je ne craignais pas les enlèvements, non plus : à ce moment-là, il n'y en avait pas. Maintenant, si, à Bangui. »

 

Quel impact peut avoir une journée comme celle à laquelle vous prenez part à Ciran ?

 « Quand je fais une exposition comme celle-là, j'espère que cela permet aux personnes qui regardent les photos de repartir avec un autre regard sur le monde. De se détacher un peu de sa propre vie et se dire qu'il y a des pays du monde dont les populations sont en grande souffrance. En France, nous avons nos problèmes, mais on vit dans un pays libre et en paix. »

 

A ce titre, les attentats de début janvier ont dû avoir une résonance très spécifique pour vous ?

 

 « Oui, cette semaine-là fut difficile. J'ai entendu des choses qui me rappellent Camille. D'autant que c'était le mois de son anniversaire, de ses 27 ans. Il y a un peu plus d'un mois, nous étions tous Charlie. Camille était Charlie, bien sûr. Soyons-le encore plus aujourd'hui. »

 

 (*) Organisée par cinq associations dont le Champ des livres et Camille Lepage-On est ensemble.

 

 L'exposition de photos de Camille Lepage est prolongée jusqu'au 22 mars. Elle est visible à Ciran, au Pourquoi pas, les mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi, aux heures d'ouverture.

 

à savoir

 

> Camille Lepage, née à Angers, a été tuée par balle le 12 mai 2014, lors d'une embuscade en Centrafrique, alors qu'elle faisait son travail. Elle réalisait un reportage sur les conditions de travail des enfants exploités dans les mines de diamant.

 

la question

 

Photojournaliste est un métier très difficile. Dans quelles conditions Camille Lepage travaillait-elle ?

 

 « Quand vous êtes, comme elle, freelance [journaliste non rattaché à une rédaction, NDLR], personne n'organise vos déplacements pour vous, le 4 X 4 ne vous attend pas au pied de l'hôtel, explique sa mère Maryvonne Lepage. Elle devait tout faire, tout organiser toute seule. Et, bien sûr, il faut vendre ses reportages aux médias, à des prix qui sont d'ailleurs très bas… Camille n'avait pas peur d'aller au contact, ce qui lui a permis de publier beaucoup de photos. C'est aussi un investissement très lourd en matériel. L'hébergement peut être très cher. Comme à Djouba, au Soudan du Sud, où elle était sous une tente, sans eau et sans électricité et devait payer 600 dollars par mois ! »

 

Propos recueillis par Pierre Calmeilles

Lu pour vous : " Ma fille Camille était Charlie, bien sûr " : Maryvonne Lepage
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Centrafrique-Presse.com
7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 14:45

 

 

 

Bangui, 07 mars 2015 (RJDH)—La vice-présidente du Conseil National de Transition et présidente par intérim du Parti de l’Unité Nationale (PUN) a déclaré que la rencontre de Rome qui a débouché sur la signature de l’appel de Rome du 27 février 2015 était portée à la connaissance des autorités actuelles. Pour preuve, l’ordre de mission de certains participants était signé par le président du parlement provisoire et aussi le premier ministre a facilité le déplacement d’autres participants en leur offrant des billets d’avion.

 

La déclaration est faite ce samedi 07 mars 2015 lors de la rencontre de Léa Koyassoum Doumta avec les leaders de certains partis politiques et les membres de l’Association (MNS) à Benz-Vi sur l’appel de Rome.

 

Selon la deuxième personnalité qui répondait à la préoccupation d’un participant à cette rencontre, « nous ne pouvons pas dire que le gouvernement n’était pas informé de la réunion de Rome puisque la conseillère Béatrice Epaye et moi-même avions reçu notre ordre de mission écrit du président du CNT qui représente le pouvoir législatif en ce moment  de la transition ».

 

Si le législatif est informé par son président, l’Exécutif est quant à lui informé par le chef du gouvernement de transition, Mahamat Kamoun. « Lorsque l’invitation de Rome était venue, il n’y avait pas de frais de transport. Nous nous sommes rapprochés du premier ministre qui a assurés notre déplacement », dit-elle sans préciser l’identité de ceux qui avaient été pris en charge par l’enveloppe du gouvernement.

 

Elle a également expliqué que « la rencontre de Rome s’est adressée à des leaders d’opinion, qui n’ont pas nécessairement besoin de l’autorisation du gouvernement pour se déplacer ».

 

Le RJDH n’a pu joindre le gouvernement et le CNT pour des réactions.

 

Toutefois, un homme politique également invité à cette rencontre a confié au micro du RJDH qu’il « ne faut pas confondre informer le gouvernement et impliquer le gouvernement. La vice-présidente du CNT parle de l’information du gouvernement et du pouvoir législatif. Or, elle oublie qu’aucune invitation n’a été adressée à ces autorités-là ».

 

A la fin de la rencontre, Léa Koyassoum Doumta a promis faire, dans un bref délai la restitution complète de la rencontre de Rome, lorsque les autres signataires seront à Bangui. Cette réunion se tient 7 jours après la signature de l’Appel de Rome au peuple centrafricain à et à la communauté internationale./

 

Naim-Kaélin ZAMANE

Centrafrique/Bangui : Les autorités de la transition sont informées de la rencontre de Rome, selon Léa Koyassoum Doumta
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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 14:31

 

 

Par Pierre Pinto RFI 06-03-2015 à 15:15

 

Appels sur l’actualité se penche sur le passage à Bangui, le 25 février, de Fatou Bensouda. La procureure de la Cour pénale internationale s’est entretenue avec les autorités de transition de la République centrafricaine. Parmi les dossiers évoqués, la création d’une Cour pénale spéciale en Centrafrique. Depuis septembre 2014, la procureure de la CPI a ouvert une enquête préliminaire sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis depuis août 2012 en RCA.

 

En quoi consisterait la Cour pénale spéciale de RCA ?

 

Il s’agirait d’un tribunal spécial mixte, composé de 27 magistrats dont 14 juges centrafricains et 13 (juges) internationaux. Ce tribunal aurait une durée de vie de cinq ans renouvelables et serait intégré au système judiciaire centrafricain. Installée à Bangui, cette Cour appliquera le droit centrafricain. Elle sera chargée de poursuivre les auteurs présumés des crimes les plus graves commis depuis le 1er janvier 2012 : crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres violations des droits de l’homme. « La Cour veillera particulièrement au traitement des cas de violences sexuelles liées au conflit, et de violations graves des droits de l’enfant, comme le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits », précise le projet de loi. Pour ce qui est des enquêtes, elle s’appuiera sur une unité spéciale de police judiciaire, mais la police « classique » pourra elle aussi lui fournir des éléments, tout comme la Minusca, la force de l’ONU en RCA.

 

Quand cette Cour sera-t-elle opérationnelle ?

 

Cette Cour n’existe pas pour l’instant, mais le projet de loi portant sa création a été signé le 5 février dernier en Conseil des ministres. C’est maintenant au CNT, le Parlement de transition, de voter le texte. Mais les parlementaires centrafricains, qui auraient dû l’examiner dans la foulée lors d’une session extraordinaire, ont reporté son examen. Cela dit, la session ordinaire du CNT démarre cette semaine pour trois mois. Le texte sera donc examiné lors de cette session.

 

Quels seront ses moyens ? Et de quelle manière la Cour pénale internationale de La Haye et la CPS vont-elles collaborer ?

 

Pour ce qui est des moyens, le projet de loi est assez peu bavard sur le sujet. En gros, les locaux qui accueilleront cette future Cour pénale spéciale seront à la charge des autorités centrafricaines et pris dans le budget de l’Etat. Le reste du budget de la Cour sera à la charge de la communauté internationale, qui pourra notamment être alimenté par des contributions volontaires, y compris une participation de la Minusca. Ce qui signifie qu’il va falloir rapidement trouver des financements internationaux. Une vingtaine d’ONG ont d’ailleurs lancé un appel en ce sens, il y a une dizaine de jours, soulignant l’urgence de la mise en place de cette Cour.

 

Mais quelles seront ses relations avec la CPI ?

 

Lors du passage la semaine dernière à Bangui de la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, il a été question de cette Cour pénale spéciale et des dossiers en cours. La CPS et la CPI vont devoir travailler en étroite coopération. La procureure de la CPI a ouvert une enquête préliminaire en septembre dernier sur les crimes les plus graves commis depuis août 2012. Lors de sa visite, elle en a discuté avec les autorités judiciaires du pays. En gros, la CPI poursuivrait les auteurs des crimes les plus graves ou les principaux responsables. Et la Cour pénale spéciale se pencherait sur les autres cas peut être moins emblématiques.

 

Bientôt une Cour pénale spéciale en RCA?
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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 14:21


 

 

Bangui, 06 mars 2015 (RJDH)---Les magistrats centrafricains ont reconduit pour huit jours leur mouvement de grève. La décision a  été prise lors d’une Assemblée Générale tenue ce vendredi 6 mars au palais de la justice à Bangui.

 

Cette grève de huit jours entrera en vigueur le lundi 09 mars prochain. Les responsables du syndicat des magistrats centrafricains ont signifié que le mouvement a été reconduit parce que les autorités n’ont pas donné une suite favorable à la première grève. « Les magistrats n’ont pas eu les réponses attendues suite au premier mouvement, c’est pour cette raison que de manière unanime, ils ont décidé de reconduire cette grève de huit jours afin de pousser les autorités à réagir » a confié Parfait Yangadjia, un  des cadres du syndicat des magistrats.

 

Un magistrat qui a requis l’anonymat a confié au RJDH au sortir de leur Assemblée Générale que « cette grève est le deuxième signal envoyé au autorités de la transition. Nous n’allons pas baisser les bras, le combat sera mené jusqu’au bout parce que nous sommes dans nos droits », a-t-il lancé.

 

« Les magistrats ne font pas une nouvelle demande. Ils ne demandent que l’application d’un texte qui a déjà été pris. Je ne vois pas en quoi cela devrait poser problème » a souligné le magistrat Parfait Yangadjia.

 

Pour suivre toutes les démarches relatives à ce mouvement, les magistrats ont mis en place un comité.   

 

Avant ce mot d’ordre de grève de huit jours, les magistrats ont observé du 02 au 04 une grève de trois jours. Notons qu’ils réclament le paiement de primes de responsabilités qui est consacrée par un décret./

 

Sylvestre Sokmabi

Centrafrique/Bangui : Les magistrats reconduisent leur grève pour huit jours
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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 14:19

 

 

 

Par Joan Tilouine  Le Monde.fr Le 17.02.2015 à 17h50 • Mis à jour le 23.02.2015 à 09h57

 

C’est un homme d’affaires éreinté, les yeux mi-clos, cernés par des nuits d’insomnie. Pierre A., 52 ans, a perdu la verve et l’aplomb qu’il a déployés de Kinshasa à Bujumbura où il cherche du pétrole. Cofondateur d’une société pétrolière junior domiciliée en Grande-Bretagne, il parle vite, s’emporte, s’agace mais ne regrette rien.

 

Les autorités fiscales françaises, pourtant, considèrent que Pierre A., l’un des 3 000 titulaires français de comptes chez HSBC Private Bank à Genève, s’est rendu coupable de fraude fiscale caractérisée et ont déposé une plainte pénale contre lui. Son cas, comme celui de quatre autres contribuables indélicats, est géré par le nouveau parquet national financier. « Liliane Bettancourt avait près de 100 millions d’euros sur des comptes à l’étranger non déclarés et le fisc n’a pas porté plainte, se défend Pierre A. Pourquoi mon cas, avec cinq millions de dollars, est-il singularisé ?  ». Sans conviction, il dénonce un acharnement « inique, car ils ont vu que je faisais des affaires en Afrique. Alors, ils se sont dit, c’est louche ».

 

Affaires en Afrique, compte en Suisse, société-écran à Tortola

 

Selon les documents auxquels a eu accès Le Monde Afrique, cet entrepreneur disposait en 2007 de 8,9 millions de dollars sur un compte ouvert dix ans plus tôt chez HSBC Private Bank à Genève. Sur conseil de son gestionnaire de fortune, il avait créé, pour se protéger davantage, une société écran reliée à ce compte, Basic International, dont le siège était à Tortola, dans les îles Vierges britanniques.

 

Il parlait à son banquier environ « une fois par an », selon ses dires, sous le nom de code « Manivelle » en raison d’éventuelles écoutes téléphoniques. « C’était un compte caché, certes, mais dormant. Il abritait l’héritage de ma grand-mère pied-noire et le fruit de quelques bonnes opérations d’achats et de ventes de forêts au Gabon et en Centrafrique dans les années 1990, se justifie aujourd’hui Pierre A. Il n’y a pas eu un seul mouvement sur ce compte depuis 1999 ».

 

Sur les documents bancaires consultés par Le Monde Afrique, il apparaît pourtant que Pierre A. suit avec attention les fluctuations des cours des monnaies fortes. En janvier 2005, il achète pour six millions de dollars. Le mois suivant, il convertit huit millions de dollars en euros. « J’ai fait HEC et j’ai travaillé dans la finance en Afrique, je faisais travailler un peu l’argent, voilà tout », explique-t-il sans ciller.

 

Aujourd’hui, Pierre A. dit se « contenter » d’un salaire de 5 000 dollars par mois. Sa junior pétrolière, détenue avec trois associés et comptant moins de quinze salariés, a obtenu des permis d’exploration pétrolière au Burundi, au Malawi, ou encore en République démocratique du Congo où il a bénéficié de l’aide d’un « ami » haut placé au Sénégal, ayant un réseau international. Mais le cœur n’y est plus. « HSBC a bouleversé ma vie et l’infernale machine judiciaire française m’a broyé », lâche-t-il.

 

Sa grand-mère lui disait : « Place ton argent en Suisse »

 

Tout a basculé pour lui en octobre 2011. Il découvre qu’une plainte a été déposée contre lui par le fisc au cours d’une perquisition à son domicile parisien de Saint-Germain-des-Prés. Son père Charles, alors âgé de 79 ans et dont le nom figurait aussi sur son compte HSBC, sera brièvement placé en garde à vue. « Mon redressement fiscal s’élève à près de 1,5 million de dollars. J’ai régularisé ma situation en janvier 2012, puis j’ai été convoqué par le juge d’instruction. Malgré cela, je suis toujours sous le coup d’une plainte pénale déposée plus tôt », déplore-t-il.

 

Aujourd’hui, il attend la date de son procès et les réquisitions du parquet national financier. Il en veut à HSBC Private Bank et à son gestionnaire de fortune, qui ne l’a jamais mis en garde. Mais il le reconnaît sans ambages, il savait bien ce qu’il faisait en « planquant », comme il dit, son argent dans les coffres helvètes. Il en veut également à cette coriace administration fiscale française et à l’ancien ministre du budget Eric Woerth. « Quand j’ai contacté les services de Bercy, au printemps 2010, ils m’ont informé que c’était trop tard pour bénéficier de la régularisation de 2009 et trop tôt pour le second guichet annoncé par le ministre », dit-il. Or, ce « second guichet » ne sera finalement jamais ouvert. Mais il n’en veut pas à sa grand-mère qui, après avoir tout perdu dans cette Algérie devenue indépendante en 1962, lui avait soufflé : « Place ton argent en Suisse ».

 

Pierre A. a suivi son conseil à la lettre, avec cette obsession qu’un jour, peut-être, comme son grand-père à qui le régime de Vichy a tout pris, il faudra partir sans se retourner. « Dans ma culture, placer son argent en Suisse était presque une tradition ».

 


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/02/17/swissleaks-quand-les-forets-d-afrique-remplissent-les-comptes-secrets-d-hsbc_4578351_3212.html#2KVTTE92fhKc8pDT.99

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