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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 17:42
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : Signature à Bangui de la charte des leaders politiques et sociaux

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 4 SEPTEMBRE 2017

 

 

BANGUI,  4 Septembre 2017(RJDH)—12 partis politiques et organisations de défense de droit de l’Homme ont signé leur charte au siège du PDCA ce 3 septembre à Bangui. Cette charte a pour but la concertation inter-leaders politiques et sociaux et un cadre de réflexion selon les organisateurs.

 

La signature de cette charte intervient deux mois après la réflexion des leaders politiques sur initiative du Parti Démocratique Centrafricain (PDCA) à Bangui. Cette plate-forme dénommée (CLPS) regroupe des partis extraparlementaires et se veut une force de proposition dans un contexte de l’union sacrée exprimée par Faustin Archange Touadera.

 

Raymond Adouma, président du présidium de la signature considère cette plate-forme comme un plus pour la démocratie « l’objectif premier pour nous est de continuer à alimenter les réflexions pour qu’une solution politique soit trouvée pour sortir la République centrafricaine de la crise. Et puis après chacun va défendre sa chapelle » a-t-il précisé.

 

Evrard Bondade représentant de l’observatoire des droits de l’Homme OCDH signataire de la charte explique les motivations de son organisation « nous ne sommes pas des politiques, nous sommes de la société civile, mais nous voulons par cet acte participer à la réflexion sur notre pays pour faire en sorte que la solution ne vienne pas de l’extérieur et les textes de cette charte énoncent clairement l’indépendance de chaque entité et je dis bien que nous ne sommes pas des politiques pour conquérir le pouvoir et l’exercer » a-t-il insisté.

 

La signature de cette charte intervient après la volonté exprimée de Faustin Archange Touadera de faire l’ouverture lors de son discours à la nation du 13 Aout dernier.

 

 

Centrafrique : L’ONU nomme un nouveau Représentant spécial adjoint pour sa mission dans le pays

 

PAR NINA VERDIANE NIABODE LE 28 AOÛT 2017

 

 

BANGUI, 28 Aout 2017 (RJDH)… Kenneth Gluck de nationalité américaine est nommé Représentant spécial adjoint pour la République centrafricaine et Chef adjoint de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation dans ce pays (MINUSCA). La nomination a été actée depuis New York rendue publique le samedi dernier par le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres.

 

Kenneth Gluck succède à Mme Diane Corner, du Royaume-Uni, qui a fini sa mission comme Représentant spécial adjoint de la MINUSCA à la fin du mois de juin dernier.

 

Né en 1962, titulaire d’une licence de sociologie de l’Université de Harvard, le Nouveau Représentant Adjoint dispose d’une expérience dans le domaine de la médiation et de la consolidation de la paix, notamment en tant que Chef de cabinet de l’Équipe conjointe Union africaine-ONU d’appui à la médiation (2008-2011), Administrateur général du Bureau du Conseiller spécial pour le Yémen (2013), Directeur et Directeur adjoint du Bureau d’appui à la consolidation de la paix de l’ONU (2013-2015).  Kenneth Gluck était, depuis 2015, adjoint de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen.

 

Avant de rejoindre l’ONU, il a travaillé pour des organisations non gouvernementales internationales qui fournissent une assistance humanitaire dans des situations d’urgence complexes.  De 2001 à 2006, il a exercé les fonctions de Directeur des opérations de Médecins Sans Frontières (MSF) et a été Chef de mission pour MSF en Fédération de Russie et dans le Caucase du Nord entre 1999 et 2001, ainsi qu’en Somalie en 2006 et au Soudan en 2007 et 2008.

 

Kenneth Gluck est nommé au moment où son pays les Etats-Unis, principal bailleurs de la MINUSCA, menacent de réduire son aide à la mission des Nations-Unies en Centrafrique qui a accueilli la semaine dernière une mission des sénateurs américains engagés pour évaluer l’appui américain à la mission onusienne.

 

 

Centrafrique : Les victimes opposées à la transformation des comités locaux de paix en comités des victimes

 

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 4 SEPTEMBRE 2017

 

 

BANGUI, 4 septembre 2017 (RJDH)–Le ministère des affaires sociales a organisé une journée de réflexion avec les associations des victimes pour présenter le projet de la transformation des comités de paix en comité des victimes. Ces associations se sont opposées à ce projet. Elles optent pour un comité national des victimes.

 

La crise qui a frappé la Centrafrique depuis 2013 continue de faire des victimes tant à Bangui que dans les villes de provinces. Plusieurs initiatives ont été prises pour organiser les victimes en association. Du côté du gouvernement, afin d’éviter de faire d’autres victimes, les comités locaux de paix et de la réconciliation ont été créés dans chaque arrondissement de Bangui. C’est dans ce contexte que le gouvernement a présenté son projet dans le souci d’avoir un comité de paix qui va regrouper aussi des victimes.

 

Les associations des victimes invitées à cette rencontre ont rejeté cette idée. Etienne Omba, coordonnateur de l’association des victimes de Gobongo estime que les deux structures ne sauraient avoir les mêmes objectifs, « nous rejetons l’idée de la transformation des comités locaux de Paix en Comité des victimes car, les objectifs poursuivis ne sont pas les mêmes. Nous réclamons justice et réparation, les comités de paix parlent de la paix et de la réconciliation. Je ne vois pas pourquoi on doit les mettre ensemble », a-t-il confié au RJDH en marge de cette rencontre.

 

Pour lui, les associations des victimes se penchent maintenant vers la création de coordination nationale, afin de fédérer celles-ci et faire porter leur voix.

 

Mme Yandoka, présidente de l’association des femmes et filles mères victimes, rejette aussi l’idée, « nous avons déjà nos propres associations et nous travaillons avec les organisations des droits de l’homme, le RJDH, les femmes juristes. Notre proposition c’est que les Affaires Sociales acceptent nos organisations et le projet de la création de la coordination nationale des associations des victimes », a-t-elle soutenu.

 

Plusieurs autres membres des associations des victimes ne soutiennent pas l’idée. « Je pense que l’essentiel est de rendre la justice et la réparation. Aussi, le gouvernement devrait s’atteler à mettre en place la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation que de nous distraire sur ce point », a souligné un participant.

 

Un leader de la société civile dénonce une tentative de récupération, « l’Etat doit rester en dehors de ce circuit. Mais avec cette approche, si les comités locaux mis en place par le gouvernement venaient à être transformés, la structure serait dans les mains de l’Etat qui va l’utiliser comme bon lui semble. Or les victimes veulent être indépendantes et partenaires du gouvernement pour que nous puissions arriver à atteindre les vrais objectifs sans manipulation ni récupération », explique-t-il avant de soutenir l’opposition des victimes, « je trouve logique l’opposition des victimes à cette idée. Il faut qu’on tienne compte de cette préoccupation pour éviter un passage en force qui serait fatal pour la suite ».

 

Au moins huit (8) associations des victimes travaillent avec Cordaid dans le cadre du Partenariat Stratégique, lobbying et plaidoyer ‘’Les victimes d’Abord ‘’.  Elles ont leur couverture juridique pour œuvrer afin de réclamer la justice et la réparation.

 

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 17:22

 

 

 

 

http://www.afrique-asie.fr

 

Au cœur de la vague de violence qui a déstabilisé la Centrafrique entre 2013 et 2016, il y a eu un moment d’incertitude : les motifs des belligérants étaient-ils uniquement politiques ou y avait-il un ferment délétère de haine interreligieuse ?

 

  Dans un pays multiculturel et pluri-religieux comme la Centrafrique, où les périodes d’instabilité n’avaient jamais réussi à endommager le sentiment d’appartenance nationale, cette question a immédiatement préoccupé les responsables des religions les plus représentées : Mgr Dieudonné Nzapalainga, 50 ans, archevêque de Bangui et aujourd’hui cardinal ; l’imam Oumar Kobine Layama, 57 ans, actuellement président de la Communauté islamique centrafricaine et membre de l’Union des oulémas d’Afrique et le pasteur protestant Nicolas Guérékoyamé Gbangou, 59 ans. Nous avons rencontré les deux premiers à Bangui, en avril dernier, à l’archevêché. Le troisième, souffrant, n’avait pu se joindre à l’entretien.

 

Pourquoi vous être alliés, deux chrétiens et un musulman, comme pour confirmer que les violences étaient bien d’origine religieuse alors que votre discours allait dans un sens totalement inverse ?

 

K : Nous étions les représentants les plus visibles des religions. En Centrafrique, il y a environ 20 % de musulmans et 80 % de chrétiens, à peu près bien répartis entre protestants et catholiques. C’était donc à nous de mettre en valeur ce qui nous unissait et non ce qui nous divisait.

N : Nous avons eu une idée : nous sommes allés au Vatican pour demander du soutien au dialogue interreligieux. Le pape François était une personnalité mondialement connue, qui pouvait être écoutée si nous, nous ne l’étions pas… Il s’est montré sensible à notre situation et il est venu à Bangui, conformément à sa promesse, en dépit de l’attitude des Français, qui ont tout fait pour le décourager. « J’ai davantage peur des moustiques que des armes », a-t-il répondu.

 

Considérez-vous la crise terminée depuis l’élection du président de la république, Faustin-Archange Touadéra ?

 

N : La cohésion sociale reste menacée. Rendez-vous compte : l’ancien président François Bozizé a raconté, sur les ondes de la radio nationale, que les djihadistes arrivaient. Nous avions le devoir de défendre nos communautés réciproques, bien sûr, au même titre que les athées ou les animistes.

K : Je me suis mis à dire et répéter partout qu’un musulman ne tue pas son prochain, qu’il ne pille pas, qu’il ne viole pas mais c’était déjà trop tard : il y avait des gens qui incitaient les Antibalakas à se liguer et à organiser des assassinats ciblés.

N : Nous avons toujours refusé de dire des Antibalakas qu’ils étaient des chrétiens. C’étaient des assassins, un point c’est tout. C’est pour cela que nous avons créé la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC) afin d’affirmer l’unité de nos religions.

 

Mais qu’est-ce qui a motivé l’arrivée des Antibalakas ?

 

K : L’objectif final était bien sûr politique : les politiciens et eux seuls ont jeté deux communautés l’une contre l’autre. Ce sont les événements mondiaux – l’existence de Daech, les attentats en Occidents, les événements de Syrie et d’Irak – qui ont rendu crédible un certain discours : désormais, lorsque l’on veut manipuler les gens, on leur fait croire qu’ils sont menacés dans leur pratique religieuse et dans leur foi. On ressort les vieilles histoires de croisades, et c’est parti ! Il y a quelques décennies, c’étaient les antagonismes ethniques qui avaient leur faveur, aujourd’hui c’est la religion…

 

Pensez-vous vraiment qu’il puisse y avoir « unité » des religions en

Centrafrique ?

 

N : Ne jouons pas sur les mots : par « unité », nous voulons dire « bonne entente », avec un objectif commun : garantir une vie spirituelle apaisée pour chacun, quelle que soit sa croyance. Sur le terrain, quand le pape François est venu à Bangui, la messe a été organisée dans le stade « 20 000 places ». Lorsqu’il y est entré, tout le monde s’est levé pour l’acclamer. Quand l’imam Kobine est entré à son tour, il a reçu exactement le même accueil : le public l’a ovationné. Le peuple centrafricain est multiple et bigarré, nul n’est semblable à autrui, mais ensemble nous avons une seule et même nation, la Centrafrique.

 

Comment poursuivez-vous votre action aujourd’hui ?

 

N : Peut-être avons-nous le pouvoir de désarmer les cœurs de nos concitoyens, mais en aucun cas nous ne pouvons leur ôter leurs armes. Pour cela, nous avons besoin de l’aide de la communauté internationale. L’élection présidentielle a assaini l’atmosphère, mais hélas il y a encore trop de calculs politiques et la sécurité arrive à pas de caméléon.

K : Je ne suis pas sûr que Touadéra ait les moyens de sa politique et il n’a pas d’armée digne de ce nom. Il a demandé aux leaders des combattants, toutes origines confondues, de s’asseoir autour d’une table. Chose étonnante : il a réuni tous les groupes sauf deux : celui commandé par François Bozizé et celui de Michel Djotodia. Ils sont implantés dans les zones aurifères et n’agissent qu’en fonction de leurs intérêts économiques. Vous comprenez qu’il y a autre chose que de l’antagonisme religieux dans cette histoire !

 

La sécurité est-elle vraiment revenue à Bangui ?

 

N : Le problème est que les combattants qui terrorisaient Bangui se sont enfuis sous la pression de la force Sangaris et de la Minusca, mais ils sont partis avec armes et bagages, au sens propre du terme. Si la communauté internationale agit pour rétablir la sécurité, elle doit le faire jusqu’au bout, c’est-à-dire désarmer aussi ceux qui trouvent refuge au Tchad ou au Soudan, comme Nourredine Adam par exemple.

 

Sur le plan de la politique intérieure, le nouveau gouvernement a-t-il normalisé la situation ?

 

N : Oui, mais l’on commence à entendre des âneries comme « il faut des postes pour les musulmans » dans le gouvernement ! Comme si nous étions au Liban et qu’une harmonie devait régner entre les religions dans les institutions. Nous ne voulons pas de ce piège à cons [sic… ndlr] !

K : On nous a même proposé des postes, à nous trois. Nous avons décliné l’offre, bien sûr ! Ce n’est pas du tout notre mission. Il faut des compétences et de l’intégrité pour gérer le pays. Nous avons l’intégrité, mais pas les compétences !

 

On a déjà vu des religieux occuper des postes à responsabilité… N’y aurait-il pas quelque chose à faire pour moraliser la vie politique ?

 

K : Certes, il y a un problème éthique, mais il y a aussi une crise chronique dont souffre la Centrafrique. La religion, quelle qu’elle soit, accomplit son devoir dans ses centres de culte, mais n’oubliez jamais : l’homme est ingrat. Nos politiciens sont à peu près tous croyants, mais ils ne sont que des hommes, c’est-à-dire instables. Très vite, leurs intérêts prévalent sur toute autre considération.

 

N : En 2014, au début des événements, nous avions rédigé et signé une lettre pastorale, qui contenait des citations coraniques et bibliques appelant au calme et à l’unité du pays. Lorsque nous avons voulu la remettre à François Bozizé, il a refusé de nous recevoir. Il avait d’autres enjeux, d’autres calculs…

 

L’engagement de la France vous a-t-il été utile ? Doit-elle faire mieux ? Davantage ?

 

N : La Minusca peut nous aider, pas la France. Il y a eu trop de scandales liés à la force Sangaris. En dépit des aumôniers militaires, dont la fonction est de dire qu’une armée doit servir et non se servir. Il faut que les Forces armées centrafricaines soient réhabilitées, réorganisées, formées sur le plan éthique et déontologique et réarmées.

K : Si nous devions transmettre un message au futur chef de l’État français, ce serait d’aider le pays à éviter trois choses : la partition ; le chaos ; la mise sous protectorat, qui serait perçue comme une seconde colonisation. La France doit nous aider à sortir de l’impasse, pas nous y pousser.

 

Vous pensez que la France n’a pas agi pour votre bien ?

 

K : Durant la crise, de nombreuses familles musulmanes ont été rassemblées dans une certaine zone géographique. Dès lors, l’ancien secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a énoncé la « partition de fait » en Centrafrique. Or tous les trois, nous nous sommes obstinés à naviguer à contre-courant. L’ancien ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, n’avait rien compris à notre situation, il estimait que la France n’avait pas d’autre solution que de diviser le pays pour protéger les minorités musulmanes contre leurs agresseurs, mais c’était une erreur politique grave, soutenue d’ailleurs par l’Organisation mondiale des migrations (OIM). On pourrait même porter plainte contre elle pour… déportation !

 

Que fallait-il faire ?

 

N : Ce que nous avons fait nous-même, à notre petite échelle mais avec détermination : affirmer la Centrafrique une et indivisible, soutenir la cohabitation de toutes les confessions, dire et redire que les racines de la crise étaient politiques et qu’en aucun cas ce n’était un conflit interreligieux : les antibalakas n’étaient pas des « milices chrétiennes », comme l’affirmaient les médias occidentaux, c’étaient des tueurs sans foi ni loi !

 

Lu pour vous : Centrafrique – Mgr Nzapalainga et l’imam Kobine : « Les Antibalakas n’étaient pas des « milices chrétiennes », mais des tueurs ! »

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Centrafrique-Presse.com
4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 16:52
Centrafrique: un Burkinabè nommé représentant spécial de l'UA

 

 

 

 

FASOZINE.COM * PAR LA RÉDACTION 01 SEPTEMBRE 2017 À 09:58

 

 

L'ancien ministre burkinabè des Affaires étrangères, Bedializoun Moussa Nébié a été nommé représentant spécial de l'Union Africaine auprès de la République Centrafricaine et de l'Afrique centrale fin août 2017 par le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat.

 

Le diplomate burkinabè succède à Mohamed El Hacen Lebatt de Mauritanie nommé conseiller spécial du président de la Commission, chargé des questions stratégiques, selon un communiqué de l'UA.


Ancien ministre des Affaires étrangères sous la Transition politique (2014-2015) Moussa Nébié était jusqu'ici ambassadeur du Burkina Faso au Kenya depuis mai 2017.

L'ancien président de la transition Michel Kafando quant à lui a été nommé représentant de l'ONU au Burundi où il doit chercher une solution à une crise politique qui secoue ce pays depuis ces dernières années.

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Centrafrique-Presse.com
4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 16:40
Centrafrique:: la MINUSCA condamne les attaques ciblées contre les civils par les groupes armés

 

 

Centrafrique la MINUSCA condamne les attaques ciblées contre les civils par les groupes armés

 

31 août 2017 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a condamné jeudi les attaques ciblées contre les populations civiles dans la préfecture de la Basse-Kotto (sud du pays) par les groupes armés et exigé la cessation immédiate de ces actes de violence.

 

« Une mission conjointe de protection récemment déployée à Alindao, localité située au centre de la préfecture, a pu constater l'impact sur les civils des affrontements entre groupes armés, et de la violence résultant de la manipulation des communautés par ces groupes », a déclaré la MINUSCA dans un communiqué de presse.

 

Des milliers de personnes sont actuellement déplacées à Alindao, certaines provenant de la ville, et d'autres des axes avoisinant ayant fui les attaques du Mouvement pour l'Unité et la Paix en Centrafrique (UPC) ou des anti-Balaka. « Leur liberté de mouvement et d'accès aux moyens de subsistance est entravée par les menaces de ces éléments armés qui sillonnent les axes et les alentours des sites de déplacés », a alerté la mission de maintien de la paix de l'ONU.

 

« Les attaques dirigées contre les civils constituent une violation grave du droit international humanitaire et des droits de l'homme et (…) leurs auteurs en répondront devant la justice », a rappelé la MINUSCA, précisant qu'aucun groupe armé n'a le droit d'interdire ou d'entraver la libre circulation des personnes. La mission onusienne a demandé aux éléments de l'UPC et des anti-Balaka de mettre fin à leurs actes de répression des populations.

 

En étroite collaboration avec les autorités centrafricaines et tous les partenaires concernés, la MINUSCA poursuit ses efforts de paix en vue d'une solution durable à la crise. A Alindao, la Force de la MINUSCA a établi une base opérationnelle temporaire pour protéger les civils déplacés de la localité et des villages avoisinants contre les menaces des groupes armés.

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 16:29
Lu pour vous : Dans l’objectif de Camille Lepage
Lu pour vous : Dans l’objectif de Camille Lepage

 

 

 

 

Florence Pagneux, le 02/09/2017 à 6h00  De notre correspondante régionale

 

 

Le festival Visa pour l’image s’ouvre samedi à Perpignan. Y sera décerné, le 7 septembre, le prix Camille-Lepage, du nom de cette photographe de 26 ans tuée en 2014 en Centrafrique. Par ailleurs, sa mère publie un ouvrage pour retracer son travail décrivant la souffrance de populations souvent négligées par les médias.

 

Pure colère. Le titre de cet ouvrage, hommage d’une mère à sa fille, résume parfaitement l’impression qui se dégage des photographies de Camille Lepage (1). Elles dépeignent la souffrance brute, sans filtre, des populations du Soudan, du Soudan du Sud et de Centrafrique où la photojournaliste avait choisi de s’installer, entre 2012 et 2014.

 

À cette colère s’adossent la pureté, la radicalité de l’engagement de la jeune femme, qui a grandi à Angers (Maine-et-Loire). « Elle voulait par-dessus tout faire connaître la situation des populations oubliées des radars médiatiques », confie sa mère, Maryvonne Lepage qui, peu après sa mort dans une embuscade en mai 2014, a fondé l’association Camille Lepage-On est ensemble. Dès 2015, elle lançait le prix Camille-Lepage au festival Visa Pour l’image, destiné à financer un projet de reportage engagé. Il est décerné cette année au photographe Pierre Faure pour un travail en noir et blanc sur la montée de la pauvreté dans la France rurale et périurbaine (2).

 

Pour donner à voir le combat de sa fille, Maryvonne Lepage a passé de longs mois à concevoir cet ouvrage, triant parmi plus de 10 000 photos éparpillées sur plusieurs disques durs, épluchant mails ou discussions sur les réseaux sociaux, contactant un à un ses nombreux amis et confrères. « J’y passais parfois des jours entiers. C’était à la fois beaucoup de plaisir mais aussi beaucoup de douleur. J’ai vraiment eu l’impression de découvrir ma fille… » Le résultat est à la fois collectif et intimiste. Collectif, parce qu’il réunit plus d’une quarantaine de témoignages évoquant le travail passionné de Camille. Intimiste, parce qu’il dévoile la personnalité de la jeune femme, sourire accroché aux lèvres et regard lumineux. « Ma fille était bosseuse et sérieuse, mais elle adorait faire de la boxe, de la moto et boire des bières avec ses amis. »

 

Les photos publiées dans l’ouvrage traduisent cette ardeur à montrer la vie, sous toutes ses facettes. Avec, côté pile, la violence abrupte de cadavres jonchant le sol après des affrontements ou des bombardements. Mais aussi, côté face, le sourire des enfants des monts Nuba, réfugiés dans des grottes, dans le plus grand dénuement. Les silhouettes longilignes de mannequins sud-soudanaises, parées de bijoux traditionnels. Ou encore ce couple, marchant main dans la main sur les cendres fumantes de sa maison bombardée. « Camille avait cette capacité à prendre la photo au bon moment, à savoir capter l’instant, décrit Maryvonne LepageJ’aurais tellement aimé que ce soit elle qui publie ce livre… »

 

Florence Pagneux

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 16:22
Vient de paraître : Lu pour vous : Centrafrique, le livre événement de Jean-Pierre Tuquoi

 

 

 

 

http://mondafrique.com    Par Nicolas Beau  29 août 2017

 

 

La Centrafrique vit encore des heures très sombres. Les violences des milices continuent de régner en maîtres et de s’étendre quand des signes avant-coureurs de génocide existent. Mais quelle est l’histoire de ce pays colonisé par la France en 1905 et tardivement devenu indépendant en 1960 ?

 

Quelle est histoire de ce « dernier blanc d’Afrique » qui n’a jamais connu de période de stabilité depuis son indépendance et a été secoué à plusieurs reprises par des coups d’État et est gangrené par des rebellions ?

 

 

Jean-Pierre Tuquoi, ancien journaliste au journal Le Monde, s’est rendu à de nombreuses reprises là-bas. Dans un livre à paraître ce jeudi  « Oubangui-Chari, ce pays qui n’existait pas », il raconte l’histoire inouïe d’un pays fantôme mais loin d’être exsangue. Il nous livre une histoire qui pourrait être une dystopie, teintée de mélancolie.

 

Son livre est le fruit d’une longue et minutieuse enquête où se mêlent reportages, entretiens et lectures. C’est un essai personnel à la fois très documenté et incarné qui paraît en librairie ce jeudi 31 août aux Editions La Découverte.

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 16:11

 

 

 

 

Publié le lundi 28 aout 2017

 

Les attaques commises sur la population musulmane de Bangassou et celles tuant les éléments de la MUNUSCA les 13 et 14 mai dernier sont l’œuvre de la nouvelle rébellion qui n’a pas encore révélé son nom. En sa tête, Maxime Faustin Mbrenga Takama, sultan de Bangassou et ancien candidat malheureux à l’élection de la présidence de la transition.


D’après une source bien renseignée contactée par CNC, Maxime Faustin Mbrenga Takama, sultan de Bangassou, prépare sa rébellion depuis fin 2014 après son échec à l’élection de la présidence de la transition. Il nouait, à ce titre, des relations avec certains chefs rebelles de la République Démocratique du Congo dont Freddy Libeba Baongoli. Selon cette source, Freddy Libeba Baongoli en compagnie de certains d’une dizaine de ses lieutenants, séjournaient plusieurs fois à Bangui et à Bangassou sur invitation de Maxime Faustin Mbrenga Takama.

 

L’objectif de cette visite, affirme cette source, était entre autres, de constater de visu les éléments de Mbrenga, de lui fournir les moyens logistiques à sa mission, d’assurer leur formation, de ses éléments et de repérer les points stratégiques de la capitale à prendre d’assaut le moment venu. Le chef rebelle Baongoli qui prétend disposer de près de 3 000 hommes dans l’Équateur, entend mettre à la disposition de du sultan de Bangassou un millier.


Des sources sûres chuchotent d’ailleurs que la ville de Bangui serait déjà infiltrée par une centaine des hommes de Freddy Libeba Baongoli et d’autres se seraient positionnés dans la ville de Zongo, prêts à traverser à tout moment, le fleuve Oubangui. Ils sont pris en charge par le sultan Mbrenga et disposent des appareils talkies-walkies achetés en Ouganda et transités par la République Démocratique du Congo pour Bangassou puis Bangui.


Pour certains éléments de Mbrenga contactés par CNC depuis Bangassou, seule la nomination de ce dernier comme ministre dans le prochain gouvernement permettra le retour de la paix et de la cohésion sociale dans le Mboumou et le Haut Mboumou. Sinon, ils passeront à la vitesse supérieure.


Cette exigence des éléments de Mbrenga confirme la thèse selon laquelle, le sieur Mbrenga Maxime Faustin, qui savait qu’un coup d’État ne peut plus marcher, ne cherche qu’à se positionner sur l’échiqueté politique.


Il y’a lieu de rappeler que Maxime Faustin Mbrenga Takama est l’un des huit candidats aux élections organisées par le Conseil National de Transition-CNT-pour succéder à Michel Djotodja, poussé à la démission par le président Deby du Tchad. Élection remportée par Madame Catherine Samba-Panza. Maxime Faustin Mbrenga Takama, très ambitieux, avait déclaré lors de la compagne électorale radio diffusée, qu’il est l’unique Centrafricain le plus diplômé au monde, avec 7 doctorats en poche et plusieurs autres certificats et master. Et il est l’homme qu’il le faut pour gouverner ce pays. Cette prétention d’intellectualisme avait hérité ces grands électeurs qui lui ont failli le chasser de l’hémicycle Conséquence, il a obtenu 0,0000%. Il continue de penser toujours qu’il reste l’homme qu’il le faut pour ce pays.



A suivre……


Copyright2017CNC.

Lu pour vous : Centrafrique : Une nouvelle rébellion de Mbrenga Takama, active dans le Mbomou.
Lu pour vous : Centrafrique : Une nouvelle rébellion de Mbrenga Takama, active dans le Mbomou.

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 16:03
Lu pour vous : Centrafrique : une détérioration aux origines multiples

 

 

 

DECRYPTAGE

 

Centrafrique : une détérioration aux origines multiples

 

 

Par Célian Macé et Frédéric Autran, correspondant à New York Libération — 27 août 2017 à 18:16

 

L’influence des nombreuses milices ne cesse de s’étendre aux dépens du pouvoir central, laissant la population au milieu d’un conflit à plusieurs facettes : politique, religieuse…

 

La guerre en Centrafrique est un feu mal éteint qui s’est réveillé ces derniers mois et menace maintenant de transformer le pays en brasier. Trois ans après la cessation officielle des hostilités entre les troupes de la Séléka - qui avaient chassé le président François Bozizé par la force en 2013 et fait main basse sur le pays - et les forces «anti-balaka», des groupes d’autodéfense mobilisés contre les ex-rebelles, la majorité du territoire échappe toujours au contrôle du gouvernement central installé à Bangui. L’armée française a eu le temps d’intervenir (opération «Sangaris») puis de se retirer en octobre 2016 ; une nouvelle Constitution a été promulguée ; un président, Faustin-Archange Touadéra, a été élu ; 12 000 Casques bleus ont été déployés. Mais les groupes armés continuent de régner en maîtres sur la Centrafrique.

 

Depuis le début de l’année, plus de 1 300 personnes ont été tuées dans des affrontements ou des attaques ciblées à travers le pays, selon le décompte de l’Armed Conflict Location and Event Data Project (Acled). Au moins 100 000 nouvelles personnes ont abandonné leur foyer pour fuir les violences. Villages brûlés, quartiers détruits…

 

«Signes»

 

 

Au-delà des batailles que se livrent les milices pour le contrôle du territoire ou des ressources, la guerre a pris un tour ethnique et confessionnel à Bria, Bangassou, Gambo, Kaga-Bandoro, etc. Le secrétaire pour les affaires humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien (lire ci-dessous), a déclaré avoir observé sur place des «signes avant-coureurs de génocide».

 

Une mise en garde cependant nuancée par les humanitaires présents sur le terrain : «P arler de génocide, cela voudrait dire une sorte de planification pour exterminer une communauté, une ethnie ou autre. Or il est clair que les vagues de violences, si elles sont extrêmes et touchent en premier lieu la population civile, n’épargnent aucune communauté», estime Camille Saulnier, cheffe d’équipe de l’ONG Première Urgence internationale. «Dire qu’il y a un génocide qui se prépare, cela me semble alarmiste, ajoute Thierry Vircoulon, chercheur associé de l’Institut français des relations internationales. Si O’Brien veut dire que dans le sud-est du pays, on chasse les musulmans, là c’est vrai. A Bangassou [théâtre d’une tuerie dans un quartier musulman le 13 mai, ndlr], le discours qui est tenu est un discours anti-musulman très net et très clair. Mais à l’échelle de la Centrafrique, on n’en est pas là.»

 

C’est dans le sud-est du pays que la fréquence des attaques est la plus préoccupante. L’ex-Séléka, à dominante musulmane, s’est éclatée en plusieurs factions aujourd’hui concurrentes. Il y a un an, l’une d’elles, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), a agrégé des groupes armés autour d’un agenda séparatiste, ouvertement hostile au gouvernement de Bangui. Mais l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), composée essentiellement de combattants peuls, a refusé de rejoindre le mouvement. Depuis, les deux organisations s’affrontent.

 

«Début 2016, l’UPC avait une stratégie expansionniste, c’était le groupe le plus structuré et le mieux armé, explique Nathalia Dukhan, auteure de plusieurs rapports sur les milices centrafricaines pour le Enough Project. Maintenant, le FPRC et ses alliés tentent de le faire reculer. Ils s’allient même parfois avec les anti-balaka, et commettent des atrocités de masse contre les populations peules. De son côté, l’UPC se présente en protecteur de la communauté, s’attaque aux anti-balaka et à tous les chrétiens jugés "complices". On est dans une logique de nettoyage pluriethnique.» La ligne de fracture n’est donc pas seulement religieuse, puisque le FPRC musulman est par exemple capable d’une coalition de circonstance avec les anti-balaka chrétiens.

 

Pouvoir financier

 

«Il y a surtout une instrumentalisation de la violence et du communautarisme au service d’une guerre politique, poursuit la chercheuse. Les chefs des groupes armés cherchent à semer la terreur pour apparaître en position de force dans les négociations et obtenir ce qu’ils veulent : l’impunité pour leurs crimes passés, une réinsertion dans le jeu politique, des postes pour leurs hommes, etc.»

En mettant en place une administration parallèle dans les villes occupées, les belligérants s’assurent de pouvoir financer leurs petites armées sur le long terme. «Dans cette région du Sud-Est, vous avez des visées sur les ressources, l’une d’entre elles étant l’accès commercial au Congo pour pouvoir trafiquer du bétail, des armes ou des minerais,précise Thierry Vircoulon. Dans les violences en Centrafrique, la dimension économique est toujours très forte.» Les troupeaux, en particulier, sont un enjeu majeur qui cristallise les tensions. «Les éleveurs peuls déplacent le conflit avec eux, souligne un connaisseur de la région. A l’Ouest comme à l’Est, la question de la taxation des bêtes peut conduire à la création de milices et à des affrontements de grande ampleur.»

 

Les bergers peuls, bien que souvent de nationalité centrafricaine depuis plusieurs générations, sont régulièrement assimilés à des étrangers dans la bouche de leurs opposants. «On observe une radicalisation des discours de la majorité chrétienne. Il n’est pas rare que des députés propagent ce discours de haine en qualifiant carrément tous les musulmans d’étrangers», poursuit notre observateur. Or personne ne semble aujourd’hui en mesure de stopper cette escalade. L’armée centrafricaine s’aventure à peine hors de Bangui, et les Casques bleus, qui ont perdu 12 hommes depuis le début de l’année, sont incapables d’empêcher les massacres.

 

Célian Macé Frédéric Autran correspondant à New York

 

 

 

INTERVIEW

 

Centrafrique : «Si nous attendons les preuves d’un génocide, il sera trop tard»

 

Par Célian Macé et Frédéric Autran — 27 août 2017 à 18:16

 

 

Après une visite dans le pays en juillet, le secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires des Nations unies, Stephen O’Brien, alerte sur l’escalade des violences ethniques et confessionnelles, qui opposent chrétiens et musulmans.

 

Nommé secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires des Nations unies en 2015, le Britannique Stephen O’Brien, 60 ans, a effectué une visite en Centrafrique mi-juillet. Il s’alarme de la dégradation rapide de la situation sécuritaire.

 

A votre retour d’une visite en République centrafricaine, vous avez déclaré devant le Conseil de sécurité avoir vu des «signes avant-coureurs de génocide». Une mise en garde aussi forte est-elle justifiée ?

 

Je considère que lorsque vous observez des signes précurseurs clairs, des indices de situations qui, dans le passé, ont débouché sur des opérations de nettoyage ethnique ou un génocide, il est tout à fait légitime de soulever la question afin que tous ceux chargés de prendre les décisions aient une vision claire de la situation. Je me suis rendu à Bangassou, dans le sud du pays. J’ai vu et rencontré 2 000 déplacés musulmans, chassés du quartier Tokoyo, où leurs maisons ont été détruites par des miliciens chrétiens anti-balaka. Ces musulmans ont trouvé refuge dans l’église catholique de la ville. Et ils savaient que s’ils faisaient un pas en dehors de l’enceinte de l’église, des anti-balaka les attendaient dehors, dans les arbres ou dans la jungle, pour les tuer. Les miliciens annonçaient clairement leurs intentions.

 

En outre, si vous retournez, comme je l’ai fait, dans le quartier de Tokoyo à Bangassou, vous vous rendez compte que les anti-balaka, après avoir chassé tous les musulmans, sont revenus pour détruire totalement la mosquée et leurs maisons, afin de s’assurer qu’ils n’aient plus aucun endroit où revenir. Toutes les maisons occupées par des familles chrétiennes, en revanche, étaient intactes. Cela vous montre à quel point la situation est sérieuse et inquiétante. Il y a un nombre croissant de milices basées sur la confession religieuse ou l’appartenance ethnique. J’ai senti qu’il était important d’évoquer devant le Conseil de sécurité ces indices émergents, plutôt que d’attendre les preuves. Car si nous attendons les preuves, il sera trop tard.

 

D’après vous, la communauté musulmane est la principale cible ?

 

A Bangassou, oui. Mais dans d’autres régions de la Centrafrique, les miliciens musulmans de l’ex-Séléka ont pris pour cible des groupes chrétiens. Ces violences ethniques et confessionnelles vont dans les deux sens. Elles sont aussi liées au manque de contrôle du gouvernement central sur une grande partie du territoire, qui fait deux fois la taille de la France. Les violences s’inscrivent dans une quête de pouvoir politique ou de contrôle des ressources, notamment minières, du pays.

 

Quelle a été la réaction des membres du Conseil de sécurité ?

 

Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faut prendre cette situation très au sérieux et réfléchir à comment inverser ce sentiment croissant de peur et d’agression. Cette escalade de la violence à travers le pays rend d’autant plus cruciaux les efforts de renforcement du gouvernement centrafricain, ainsi que l’action de la mission de l’ONU, la Minusca. Il faut chercher à étendre le déploiement des Casques bleus pour les rendre aussi souples et réactifs que possible.

 

Le mandat de la Minusca doit être renouvelé mi-novembre. Faut-il modifier la taille de la mission ? Son mandat ?

 

Le mandat est extrêmement complet, comme il se doit. Etant donné l’ampleur des violences, ce n’est pas seulement une question de nombre de soldats, mais aussi de leur capacité à se projeter si besoin à de nombreux endroits du pays. En dehors de la capitale, Bangui, la Minusca est souvent la seule forme de sécurité disponible et visible.

 

Face à cette escalade de la violence, quelle est la situation des travailleurs humanitaires et des organisations non gouvernementales ?

 

Il y a en République centrafricaine des travailleurs humanitaires extraordinaire, dévoués et très courageux qui font un travail incroyable, sauvent des vies et protègent des civils. Mais les dangers auxquels ils font face sont intenses. Ils ont subi des pertes terribles, tout comme les soldats de la Minusca d’ailleurs, notamment le contingent marocain, auquel nous rendons hommage.

 

Nous devons absolument récolter davantage de fonds pour l’aide humanitaire. Car si nous ne pouvons pas faire face aux besoins de nourriture, d’abris, de médicaments, d’éducation, si la bulle de protection que nous offrons est insuffisante, la situation ne fera que se détériorer. Car ceux qui ont désespérément besoin d’assistance humanitaire n’auront personne d’autre vers qui se tourner que les milices.

 

Célian Macé Frédéric Autran

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Centrafrique-Presse.com
4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 15:59
Lu pour vous : On raconte n’importe quoi sur la Centrafrique !!!

 

 

 

 

http://mondafrique.com  Par Aza Boukhris  28 août 2017

 

Certaines déclarations concernant la Centrafrique seraient presque risibles si la situation de ce pays martyr n’était pas aussi dramatique. De telles déclarations publiques proviennent soit d’une méconnaissance stupéfiante, soit d’un cynisme bien calculé .

 

–  Une rupture très relative.

 

Le président Touadera était présenté comme le candidat « du peuple et des pauvres ». Une fois élu, il avait annoncé dans son discours d’investiture, le 30 mars 2016, « une rupture avec le passé ».

 

En réalité, l’ancien Premier ministre de Bozizé (2008-2013) visait seulement la période postérieure aux Accords de Libreville ( 11 janvier 2013) qui avaient mis fin à son transparent quinquennat, passé dans l’ombre de Bozizé et de son clan. Son discours d’investiture doit être relu attentivement, il est sans ambiguïté. Ses électeurs et les onusiens n’avaient probablement pas eu la même lecture de la « rupture avec le passé ».

 

– Le « modèle » israélien.

 

En visite officielle en Israël, en mai 2017, ne fait-il pas l’éloge du développement et de la gouvernance d’Israël, dans des lieux symboliques de Jérusalem, sans aucune pensée pour le peuple palestinien. Le président centrafricain a-t-il trouvé là des enseignements pour résoudre la crise nationale de son pays ?

 

–Un fauteuil présidentiel vide.

 

Le ministre centrafricain Théodore Jousso, Porte-parole du gouvernement, a déclaré, sur RFI le 7 août dernier,  » le président de la République est un homme d’action, il ne parle pas  beaucoup ». Pendant ses cinq années de premier ministre et depuis son élection à la présidence, le chef de l’Etat s’est fait remarquer par de nombreux voyages à l’étranger, des poses de première pierre et ses discours à l’ouverture de colloques aussi creux que vains.

 

Où  sont les projets de relèvement de l’Etat , de reconstruction de l »administration, de la justice pour mettre fin à l’impunité ? Où en sont le DDRR, le fonctionnement effectif de la Cour Pénale Spéciale, les retours du million de réfugiés et de déplacés ?  Les nombreux ministres  et conseillers incompétents ont-ils été remerciés?

 

Cette absence de leadership à été vertement mise en évidence par le leader de l’opposition, Anicet-Georges Dologuele, en déclarant au journal « Le Monde »:  » la Centrafrique n’a qu’un problème : le fauteuil présidentiel est vide ». Qui s’en soucie?

 

-Une justice « implacable ».

 

Le 13 août 2017, dans son discours de commémoration de l’indépendance du pays, le président Touadera affirme que la « justice sera implacable ». Les seigneurs de la guerre en rient encore, comme les chefs des anti balaka ayant leur résidence à Bangui et régulièrement invités au Palais de la Renaissance.

 

Jean-Francis Bozizé, pourtant sous mandat d’arrêt international, délivré par la justice centrafricaine, doit aussi probablement « trembler » devant ces menaces…Tout le monde sait bien qu’en l’absence d’un système judiciaire, l’impunité est totale.

 

– Un mirage de plus. La Cour Pénale Spéciale entretient donc encore l’illusion. Hélas, elle  n’est qu’un mirage, très lucratif pour ses concepteurs et ses personnels. Il faudra malheureusement attendre 2020 pour en faire le constat.

 

Ainsi, le colonel-magistrat de RDC, Toussaint Muntazini-Mukimapa, choisi par le président Touadera pour être le Procureur spécial, a commencé les effets de manche, à défaut de mettre un terme à l’impunité. Drapé dans sa très onéreuse toge, le « sapeur » congolais a doctement déclaré, le 18 juillet 2017, « les victimes meurtries…ne seront jamais abandonnées…. »

 

Les centaines de milliers de parents des victimes, depuis 2003, seront-ils réconfortés par les propos de ce professionnel de la justice militaire, qui n’a pas laissé que de bons souvenirs au pays de Kabila.

 

– Des performances …exceptionnelles. Le Libanais Samir Jahjah, chef de la mission de revue du FMI, venue à Bangui fin mai 2017, a chaudement félicité les autorités centrafricaines pour les brillants résultats économiques et financiers du pays. Le plus sérieusement du monde, il a annoncé une croissance de 4,7 % et une inflation réduite à 3,5 %. Pour un pays qui a perdu le contrôle de près de 75% de son territoire, qui dépend beaucoup du corridor Douala-Bangui sans cesse perturbé par les coupeurs de route et qui affiche plus d’un quart de sa population en situation de réfugiés ou de déplacés,  ces performances sont effectivement exceptionnelles….

 

– Le spectre du génocide. Le Sous-Secrétaire général adjoint de l’ONU, le britannique Stephen O’Brien, bouleversé après sa visite début août 2017 à Bangassou, affirme qu’il perçoit des « signes avant-coureurs d’un génocide ».

 

Si des massacres de civils ont bien lieu, dans tout le pays,  les conditions objectives du droit international permettant de qualifier ces massacres de génocide ne semblent pas réunies. Paul Kagame pourrait confirmer qu’il ne faut pas confondre « génocide » et « massacre de masse ».

 

Cette déclaration onusienne, qui semble satisfaire le très discret Antonio Gutterres, a surtout pour but de faire appel à de nouvelles contributions financières.

 

– Un malheur bien peu ethnique. 

 

La coordinatrice de l’action humanitaire en Centrafrique, la Marocaine Najat Rochdi, a raison d’alerter la communauté internationale sur la situation humanitaire catastrophique et sur l’insuffisante aide internationale. Il y a urgence absolue. En revanche, comme Stephen O’Brien, elle doit prendre garde de ne considérer que les malheurs des musulmans et des Peuls Mbororo en particulier. Il y a certes Bangassou où les musulmans sont dans une situation dramatique et le Pk5 de Bangui quasiment devenu un ghetto.  Il ne faut pas aussi  oublier les Centrafricains qui ne sont pas musulmans à Bambari, Alindao, Kaga Bandoro, Markounada, Mobaye, Kembo, Paoua…Eux aussi sont dans une situation dramatique causée par les Ali Ndarass, Abdoulaye Hissen, Nourredine Adam, El Katim, Sidiki et autres chefs de guerre.

 

Le malheur est ni ethnique, ni confessionnel, il est CENTRAFRICAIN.

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 15:54

 

 

 

 

French.china.org.cn Mis à jour le 03-09-2017

 

Fautes d'engins lourds et en raison des intempéries, les travaux de construction du nouveau Centre d'imagerie numérique et d'une unité d'hémodialyse au Centre national hospitalier universitaire de Bangui (CNHUB), confiés à la société NUMELEC Cameroun, ont pris un léger retard par rapport au délai de six mois initialement prévu pour la livraison des ouvrages, selon le représentant de la société, Xavier Djoukou.

 

Les engins lourds que la société NUMELEC Cameroun avait sollicité auprès de l'Office national du matériel (ONM), l'agence nationale des engins lourds, et destinés à assurer des travaux de terrassement du site, ont été déployés à Berbérati, chef-lieu de la préfecture de la Mambéré-Kadéï.

 

Située à plus de 500 km à l'ouest de Bangui, Berbérati a été choisie pour accueillir les célébrations de la Journée mondiale de l'alimentation les 15 et 16 octobre prochain. Pour cette raison, l'une des priorités du gouvernement est de désenclaver la localité afin de faciliter son accès le moment venu.

 

Le retard des travaux a été constaté par le ministre de l'Economie, du Plan et de la Coopération, Félix Moloua, venu visiter le chantier en compagnie d'une équipe technique de la Banque africaine de développement (BAD) pour surveiller l'état d'avancement des travaux, qui avaient été lancés par le président de la République Faustin-Archange Touadéra le mardi 16 mai 2017.

 

Xavier Djoukou a souligné que l'emplacement du chantier à l'intérieur d'une clôture et la présence de nombreux arbres sur le site compliqueraient les manœuvres des engins lourds.

 

Il a également attribué le retard aux intempéries.

 

Le ministre Félix Moloua, qui a fixé le coût des travaux à 12 milliards de francs CFA (21,6 millions de dollars), entièrement décaissés par la Banque africaine de développement (BAD), a appelé l'entreprise à respecter le délai de six mois, à quelques jours près.

 

Le président Faustin-Archange Touadéra a lancé ces travaux dans l'espoir d'améliorer le système sanitaire de la République centrafricaine et de mettre fin aux coûteuses évacuations sanitaires.

 

Ces travaux s'inscrivent dans le cadre de la première phase du Programme d'appui à la reconstruction des communautés de base (PARCB-I).

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : les travaux du centre d'hémodialyse de Bangui retardés faute d'équipements

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