Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 21:54
LE MLPC CONDAMNE FERMEMENT LA VIOLENCE GRATUITE DE CERTAINS GROUPES ARMES EN PROVINCE

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

Le déchaînement d’actes de violence armée gratuite et criminelle qui avait eu la ville de Kaga-Bandoro pour théâtre le week-end du 9 décembre 2017, s'inscrit dans une large démarché d'opposition de certains groupes armés à la restauration de  l’autorité de l’Etat dans certaines  régions de notre pays.

 

Les actes de défiance à l'autorité de l'Etat ont consisté d'une part en l'incendie de la résidence du Préfet, des bâtiments de la préfecture et du tribunal et ont causé  d’autre part de nombreuses victimes innocentes parmi les paisibles populations civiles venues nombreuses participer à cette cérémonie d'installation du Préfet et des autorités locales. De même, de  nombreuses personnes prises dans les violences de ces attaques ont du se réfugier en catastrophe dans  des sites de fortune.

 

En agissant de la sorte, les responsables des groupes armés auteurs de ces actes prouvent encore une fois, et à  à suffisance la preuve de leur opposition résolue à toute véritable recherche de la paix dans un Etat organisé, et garant de la sécurité des personnes et des biens dans un territoire national administré et sécurisé.

 

Devant l'extrême gravité de la situation ainsi créée, le Bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) :

 

  • condamne fermement ces actes de violence injustifiés ;
  • réaffirme le principe de l’exclusivité de la violence armée de l’Etat ;
  • encourage toute initiative visant le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble des régions du territoire national ;
  • exhorte les autorités gouvernementales et la MINUSCA à recréer les conditions du retour à leurs domiciles des populations et de travail aux ONG exerçant dans ces localités ;
  • déclare son indéfectible soutien aux laborieuses populations de Kaga-Bandoro en particulier et de toutes les régions en butte à ces actes gratuits de violence aveugle et injustifiable;
  • et enfin présente ses sincères condoléances aux parents des victimes ainsi que sa compassion avec les blessés et déplacés.

 

Bangui, le 18 décembre 2017

 

Pour le Bureau politique

 

Le Président

 

 

Martin ZIGUELE

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 21:52

 

 

 

Par Jean-Marie NKOUSSA | Cameroon-Info.Net  YAOUNDE - 18-Dec-2017 - 13h02

 

Conséquence de cette situation, le trafic a été réduit de moitié au Port de Douala en deux ans.

 

De 15 millions de tonnes en 2015 à 8 millions de tonnes en 2017. Le trafic maritime est en chute libre au Port Autonome de Douala. L’information est contenue dans les colonnes d’Intégration en kiosque le 18 décembre 2017. Ce journal souligne que sur la même période, e Tchad et la République Centrafricaine, enregistre une baisse de 1,5 million de tonnes sur la même période.

 

Une source renseigne que ces deux pays se dirigent désormais vers le Soudan et le Bénin. « En cause, les tracasseries et la corruption sur le corridor Douala-Ndjamena et sur le tronçon Douala-Bangui », note notre confrère. Il y a quelque mois, le Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT) donnait l’alerte.

 

BGFT, informe Intégration, indiquait pour sa part que «les marchandises en partance pour le Tchad et la République Centrafricaine (RCA) transitent de plus en plus par le port de Lagos devenu plus compétitif que celui de Douala, notamment à cause de la chute du naira (la monnaie nigériane)».

 

Autre mauvaise nouvelle relayée par le journal, « La perte de compétitivité du port de Douala vis-à-vis de celui de Lagos et l’insécurité sur le corridor Douala-N’Djamena (du fait de Boko Haram) et sur le tronçon Douala-Bangui (du fait de la crise en RCA) auraient réduit l’activité de camionnage de 2 à 4% ». C’est donc pour y apporter des solutions qu’un forum tripartite Tchad-RCA-Cameroun, s’est tenu il y a quelques jours à N’Djamena.

 

Jean-Marie NKOUSSA

 

 contact@cameroon-info.net

 @jmnkoussaCIN

 

Lu pour vous : Cameroun - Transport maritime: Le Tchad et la RCA tournent le dos au port de Douala à cause des tracasseries
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 21:29
Lu pour vous : Afrique du Sud : Jacob Zuma cherche à se protéger de la justice

 

 

COMPTE RENDU

 

Afrique du Sud : Jacob Zuma cherche à se protéger de la justice

 

Pour le président, rattrapé par les affaires, l’enjeu est de se maintenir le plus longtemps au sommet afin de continuer à influencer les procédures judiciaires.

 

Par Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance) LE MONDE Le 19.12.2017 à 11h30

 

En élisant Cyril Ramaphosa à la tête de l’ANC, ses partisans espéraient rapidement refermer la parenthèse ouverte lors de l’arrivée de Jacob Zuma au pouvoir. Et si possible, retrouver l’euphorie des années Mandela, marquées par la transition démocratique et le décollage économique, qui ont culminé avec l’organisation de la Coupe du monde de football en 2010.

 

A l’ouverture de la conférence, les analystes prévoyaient que, quel que soit le vainqueur, le chef de l’Etat serait rapidement poussé dehors, tout comme son prédécesseur, Thabo Mbeki. En 2008, dans un contexte similaire de profondes divisions, ce dernier avait été contraint de quitter la présidence, neuf mois avant la fin de son mandat, après une motion de défiance de la commission exécutive de l’ANC. « Un tel scénario est désormais mis entre parenthèses pour Zuma, explique l’analyste Susan Booysen. Pour l’instant, il garde un pied dans la porte : Cyril Ramaphosa se retrouve entouré de ses plus fervents alliés au sommet du parti. »

 

Une fois encore, Jacob Zuma prouve qu’il est impossible de se débarrasser de lui. Et pourtant, au fil des ans, ce ne sont pas les raisons qui manquent. Ainsi, avant d’être élu président, il était sorti indemne d’accusations de viol et d’une affaire de pots-de-vin liée à un contrat d’armement, pour laquelle 783 chefs d’inculpation avaient été retenus contre lui. En 2016, la Cour constitutionnelle a estimé qu’il avait violé la loi pour avoir fait financer les travaux de réparation de sa maison sur les deniers publics.

 

Influence d’hommes d’affaires sulfureux

 

Enfin, dernier scandale en date, celui de la « capture de l’Etat » : le clan Zuma a été accusé d’être sous l’emprise d’une richissime famille indienne, les Gupta. Choix de ministres, obtention de contrats publics, pots-de-vin : l’influence de ces hommes d’affaires sulfureux sur le sommet de l’Etat, révélée au grand jour par une série de fuites, a dominé l’actualité politique sud-africaine de ces derniers mois.

 

Fin connaisseur des équilibres du parti – il se dit que son passage aux services secrets lui a permis de conserver des informations sensibles sur tous ses acolytes –, M. Zuma a encore démontré pendant le congrès qu’il avait plus d’un tour dans son sac. Lors de son dernier discours de chef de l’ANC, il a déploré l’état de division et de défiance qui règne dans le parti, tout en évitant soigneusement d’y prendre sa part de responsabilité. Sans vergogne, il a pris le temps de régler ses comptes avec tous ses adversaires – membres du parti, juges, ONG, médias –, et de préciser qu’il comptait terminer son mandat à son terme officiel.

 

Tout l’enjeu, pour lui, est de se maintenir le plus longtemps au sommet afin de continuer à influencer les procédures judiciaires. Car les affaires le rattrapent. Trois jours avant le début du congrès, la justice lui a infligé un sérieux revers, en lui ordonnant de mettre en place d’ici à mi-janvier 2018 une commission d’enquête sur la « capture de l’Etat ». Alors que l’étau judiciaire se resserre, maintenir son influence semble pour lui le seul moyen d’éviter une condamnation.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 15:42

 

 

 

Centrafrique : Remise de kits aux ex combattants par l’ONG APSUD à Bangui

 

PAR MARLY PALA LE 19 DÉCEMBRE 2017

 

BANGUI, 19 décembre 2017 (RJDH)—Dans le cadre du projet de réduction des violences communautaires, l’ONG APSUD appuyée par la Minusca en partenariat avec UNOPS a fait un don des produits de premières nécessités aux ex-combattants toutes branches armées confondues ce mardi 19 décembre au sein de ladite Organisation à Bangui.

 

Cette donation qui est la troisième du genre prend en compte 156 ex-combattants. Elle a pour objectif de permettre aux bénéficiaires de se réinsérer dans la vie socio-économique et professionnelle. Après avoir bénéficié d’une formation de 3  mois, le moment est  venu de les doter de kits d’installation aux fins de leur permettre de démarrer des activités commerciales.

 

Samuel Goniwa-Ilonga, Coordonnateur de l’ONG APSUD, indique que «chaque kit coûte 500 dollars soit 227 500 FCFA, et l’on a dénombré 156 bénéficiaires». Sur la question de la poursuite du projet de réinsertion, il a souligné que tout dépendra des bailleurs.

 

Des kits d’installation du genre ont déjà, de par le passé, été remis par l’ONG APSUD en collaboration avec d’autres ONG nationales comme COOPIADA, Don Bosco et la JPN.

 

 

Centrafrique : Le gouvernement et la FAO à l’avant-garde de la transhumance 2018

 

PAR NINA VERDIANE NIABODE LE 19 DÉCEMBRE 2017

 

BANGUI, 19 Décembre 2017 (RJDH)—La période de transhumance dans ce contexte post-conflit est au centre de réflexion entre le gouvernement, la FAO et Acted ce 19 décembre à Bangui. L’objectif est de proposer des pistes d’encadrement de la transhumance 2017-2018.

 

La période de transhumance est la période sensible pour le secteur agropastoral caractérisé par le conflit traditionnel entre les éleveurs et agriculteurs. C’est dans ce contexte que les trois institutions réunies veulent faire la promotion de libre transhumance et la prévention de conflit agropastoral dès lors que les séquelles de crise sécuritaire affectent ce secteur.

 

Youssoufa Yérima Mandjio, ministre de l’élevage et de la santé animale appelle à des actions concertées pour le salut du secteur agropastoral « les parties prenantes de la plateforme doivent conjuguer leurs efforts en vue d’une transhumance pacifique dans le pays » a-t-il lancé. Par ailleurs il salue les efforts déjà entrepris, « au regard des actions salutaires déjà entreprises sur le terrain, nous sommes déterminés malgré la difficulté de transhumance dans certaines localités du pays, à progresser dans le bon sens afin que les activités agropastorales se déroulent pour permettre à la population d’avoir accès aux viandes d’élevages », a ajouté le ministre Youssoufa.

 

La FAO voit en cette approche des signes d’espoirs selon Etienne Gounion-Gabia qui représente cette institution à ces réflexions « l’organisation vise à apporter une réponse aux orientations du pastoralisme dans le pays. C’est l’occasion de féliciter le ministère de l’élevage pour le maintien de la dynamique adoptée lors de la première réunion. Le programme de cette rencontre prévoit des sessions denses en contenu, signe que le pastoralisme demeure un sujet d’intérêt dans le pays», a-t-il déclaré.

 

Les parties prenantes conscientes des enjeux tables sur les textes en la matière pour arriver à l’objectif. «  La révision de l’arrêté portant réglementation de la transhumance en Centrafrique est l’un des points inscrits dans cette réunion. Cela n’avait pas abouti lors de notre réunion pour cela elle doit être reprise pour une pratique de la transhumance interne et transfrontalière consensuelle. Aussi nous examinerons la carte matérialisant les nouvelles portes d’entrée des éleveurs transhumants. Ceci est capital pour les communes d’élevages que nous dirigeons » a expliqué le maire de la commune d’élevage de Gaudrot.

 

Cette initiative intervient deux ans après l’institutionnalisation de la plate-forme nationale par arrêté interministériel du premier ministre. La première session s’est tenue en novembre 2015.

 

 

Centrafrique : L’ONG Solidarités international maintient sa présence à Kabo malgré le braquage de sa base

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 19 DÉCEMBRE 2017

 

BANGUI, 19 décembre 2017 (RJDH)—L’ONG Solidarités International a maintenu sa présence dans la ville de Kabo au nord du pays, malgré le braquage sur sa base la semaine dernière.

 

L’ONG Solidarités International a été victime d’un braquage sur sa base à Kabo dans la nuit du 7 au 8 Décembre derniers par quatre (4) assaillants. Ce qui a conduit cette organisation humanitaire à  évacuer le personnel affecté par ce braquage tout en maintenant sa présence dans la ville. C’est ce qu’a fait savoir cette structure humanitaire, contrairement aux premières informations du RJDH faisant mention du retrait de cette organisation de la ville.

 

Les responsables de cette structure expliquent les faits en ces termes : «A la suite du braquage de sa base à Kabo la nuit du 7 au 8 Décembre 2017, Solidarités International a évacué une partie de son personnel expatrié de la zone. Cette relocalisation partielle de son personnel ne signifie toutefois pas un retrait de Solidarités International de la zone de Kabo  mais uniquement une suspension des activités. Solidarités œuvre sur la zone de Kabo depuis 2007, entend maintenir sa présence dans la sous-préfecture et continuer d’apporter une assistance aux populations dans le besoin. L’organisation humanitaire s’emploie activement à obtenir les garanties de sécurité nécessaires à la reprise de ses activités.»

 

Des sources de Kabo ont rapporté que  des matériels bureautiques et autres biens ont été emportés par ces hommes armés. Pour le moment, Solidarités n’a, suite à ce braquage, porté aucune accusation ni n’a porté plainte.

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 13:31

 

 

POINT DE VUE

 

« Le conflit en Centrafrique s’est approfondi, sur le terrain comme dans les esprits »

 

Pour le chercheur Thierry Vircoulon, l’année 2017 a vu la crise s’installer dans la durée, au point d’apparaître aux yeux de certains comme une fatalité.

 

Par Thierry Vircoulon LE MONDE Le 19.12.2017 à 11h17 • Mis à jour le 19.12.2017 à 11h55


Tribune. L’année qui s’achève est celle de la désillusion pour les Centrafricains. Après la phase post-coup d’Etat marquée par des violences intercommunautaires sans précédent (2013-2014), le déploiement d’une mission de maintien de la paix des Nations unies (Minusca, 2014), la préparation des élections (2014-2015) et l’illusion d’un retour à la stabilité (2016), le conflit a changé, pour s’approfondir en 2017. Les efforts de médiation, désordonnés et contradictoires, de Sant’ Egidio, de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) n’ont pas abouti à un véritable accord avec les groupes armés, mais ont rendu plus confus le ballet diplomatique autour d’eux.

 

Le président Touadéra, élu en 2016 avec une confortable majorité (62 % des voix), n’a pas rompu avec les habitudes de mauvaise gouvernance publique. L’administration centrafricaine n’est toujours pas effective, reste complètement dépendante de l’aide budgétaire des bailleurs de fonds et concentrée à Bangui. La corruption perdure à tous les niveaux du secteur public, le gouvernement signant des contrats dans le dos des bailleurs de fonds et du Parlement. Bunkerisés à Bangui, les membres du gouvernement ne se rendent en province que sous la protection de la Minusca mais affirment, lorsqu’ils rencontrent des investisseurs, que la crise humanitaire est finie.

 

Les groupes armés prolifèrent

 

Les Nations unies, qui ont déployé plus de 10 000 casques bleus et doivent en recevoir 900 de plus, ont connu leur premier revers militaire sérieux. En mai, la Minusca a perdu pour la première fois des casques bleus lors d’une embuscade des miliciens anti-balaka. Au plan militaire, face à l’ouverture annoncée d’un nouveau front dans le sud-est du pays, la Minusca n’a pas été capable de reprendre l’initiative contre les groupes armés en raison de la très faible mobilité – voire la passivité – de ses troupes. Au plan politique, la visite du secrétaire général de l’ONU et la priorité donnée à un « dialogue politique renforcé » dans la nouvelle résolution du Conseil de sécurité adoptée en novembre démontrent que les Nations unies n’ont pas de solution à proposer pour résoudre la crise centrafricaine.

 

Quant à l’Union européenne (UE), dont la principale contribution à la résolution de la crise centrafricaine est la reformation de l’armée, elle n’y croit pas elle-même. Forte d’une expérience similaire au Mali, l’UE s’inquiète en coulisses des violences indiscriminées que les militaires centrafricains pourraient commettre ou de leur déroute s’ils venaient à être déployés dans des zones de combat.

 

De 2016 à 2017, les groupes armés ont gagné du terrain. Ils sont actifs dans quatorze préfectures sur seize et ont chassé dans certaines provinces les représentants de l’Etat (préfets et sous-préfets) qui, après un premier déploiement en 2015, se sont de nouveau déployés fin 2017. Mais plus que la progression des groupes armés, c’est leur évolution qui est particulièrement inquiétante. Ils se fragmentent selon des clivages ethnico-économiques, profilèrent (de dix à quinze entre 2015 et 2017) et sont de plus en plus déstructurés, c’est-à-dire sans chaîne de commandement.

 

En 2017, les luttes territoriales entre factions de l’ex-Seleka ont suscité l’expansion du mouvement anti-balaka dans l’est du pays, où il n’existait pas encore ; il s’y développe depuis mai sous le nom de « groupes d’autodéfense ». La généralisation d’un sentiment anti-peul et l’embrasement du Sud-Est, depuis mai, avec son cortège de violences similaires à ce qui se passait en 2014 dans l’Ouest, sont révélateurs de la communautarisation du conflit et des interactions perverses entre groupes armés et communautés. Faute d’un minimum de sécurité fournie par les casques bleus, les communautés font des groupes armés leur bouclier et ces derniers en profitent pour mettre en avant leur « légitimité ».

 

De ce fait, la situation humanitaire se dégrade très rapidement. Alors que le chiffre record de 1,1 million de personnes déplacées et réfugiées a été atteint cette année et que les besoins humanitaires explosent, les financements diminuent et les humanitaires sont de plus en plus victimes, eux aussi, du conflit. En 2017, treize d’entre eux ont perdu la vie. Et les ONG, qui ont dû évacuer plusieurs villes en raison de l’insécurité, craignent une réduction drastique de l’accès humanitaire. Dans ce marasme, paradoxalement, les bailleurs de fonds continuent d’accorder des financements de court terme, comme si ce conflit pouvait prendre fin dans quelques mois.

 

« On a avancé en reculant »

 

Après l’espoir de changement suscité par les élections de 2016, les Centrafricains ont pris conscience d’être entrés dans une crise existentielle longue et douloureuse. Ils affrontent cette réalité à leur manière et avec leurs moyens : le président, avec son gouvernement au grand complet, organise une journée entière de prière pour la paix, tandis que les habitants de Bria continuent de s’entasser dans le camp de PK3 à côté de la base de la Minusca et que les propriétaires de bétail tentent de négocier avec les seigneurs de guerre le passage de leurs vaches vers les pâturages du Sud en ce début de saison sèche.

 

En l’absence de perspective de solutions, le conflit centrafricain se déplace et s’approfondit. Le temps de la guerre fait son œuvre. Comme au Darfour ou dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), un système de conflits (entre groupes armés, entre communautés, entre groupes d’intérêts) s’installe et des rapports de forces militaro-économiques s’établissent de manière plus ou moins durable. De tout cela, les Centrafricains prennent confusément conscience, car, comme le dit avec un triste sourire un représentant religieux, « en 2017, on a avancé en reculant ».

 

Toutefois, la plus grave évolution de l’année n’est pas à rechercher sur le terrain mais dans les esprits, centrafricains comme internationaux, qui sont aujourd’hui dominés par la résignation et le renoncement. La crise centrafricaine n’est pas une fatalité, mais elle le devient si on refuse de tirer les leçons des quatre dernières années et d’inventer de nouvelles solutions.

 

Thierry Vircoulon est chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (IFRI) et enseignant en sécurité et conflit en Afrique à Science Po-USPC.


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/12/19/le-conflit-en-centrafrique-s-est-approfondi-sur-le-terrain-comme-dans-les-esprits_5231836_3212.html#bFK5SeVlgj7dhZ5C.99

«Lu pour vous :  Le conflit en Centrafrique s’est approfondi, sur le terrain comme dans les esprits » par Thierry Vircoulon
«Lu pour vous :  Le conflit en Centrafrique s’est approfondi, sur le terrain comme dans les esprits » par Thierry Vircoulon
«Lu pour vous :  Le conflit en Centrafrique s’est approfondi, sur le terrain comme dans les esprits » par Thierry Vircoulon
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 13:16

 

 

 

http://www.elwatan.com  le 19.12.17 | 12h00 

 

Présenté en première mondiale dans le cadre de Vues d’Afrique en avril dernier à Montréal, le film documentaire sur la crise centrafricaine, intitulé L’industrie de la rébellion, propose un regard critique sur les différentes interventions de la communauté internationale dans ce pays rarement en paix depuis son indépendance. Venant Mboua, l’un de ses auteurs, explique ici pourquoi la Centrafrique et d’autres pays du continent sont devenus, avec le temps, des centres commerciaux de la violence.

 

Vous venez de produire un documentaire d’une heure sur la crise centrafricaine qui s’intitule L’industrie de la rébellion. Qu’est-ce qui a concrètement motivé ce projet ?

 

L’idée de produire un documentaire sur la permanence des rébellions et de la violence en République centrafricaine est née après ce qu’on a appelé la 3e guerre civile centrafricaine, déclenchée le 5 décembre 2013 et qui a connu un arrêt important le 23 juillet 2014, avec la signature de l’accord de cessation des hostilités entre les belligérants à Brazzaville, en République du Congo.

Des milices appelées anti-Balaka (porteurs de machettes ou invulnérables aux balles de fusils) qu’on a présentées comme des chrétiens (parce que constituées de non-musulmans) ont attaqué la coalition de milices au pouvoir, présentées comme des musulmanes (parce que constituées en majorité de musulmans), regroupées au sein d’un mouvement appelé Seleka (union, en langue Sango).

La Seleka était au pouvoir depuis mars 2013 et ses hommes avaient saccagé le pays par des pillages indescriptibles et des assassinats atroces. C’est ainsi que les médias au Canada présentaient la situation. Cela nous a un peu intrigués, le réalisateur Emery Noudjiep et moi. Il est très douloureux d’être à l’étranger et de voir comment les faits sur nos pays sont rapportés avec autant de facilité.

 

Vous vouliez donc rétablir certains faits ?

 

Effectivement. En général, les conflits armés en RCA avaient leurs origines dans les intrigues politiciennes, bien souvent une question de lutte d’influence entre individus précis. Emery a été metteur en scène de théâtre et moi comédien et journaliste pendant des décennies en Afrique. Nous connaissions bien ce pays où nous avons séjourné plusieurs fois et où nous avons des amis qui sont presque de la famille pour nous.

Nous n’avons pas compris que subitement la haine s’empare des communautés et les pousse à se déchirer ainsi. Nous avons donc voulu en savoir plus en allant interroger les acteurs et les témoins afin d’apporter un autre discours aux publics d’ici et d’ailleurs. Nous avons voulu dévoiler les origines réelles de ce conflit.

Nous avons ainsi pu constater que la RCA, frontalière des pays où prolifèrent des milices armées, le Soudan, l’Ouganda, le Tchad, la République démocratique du Congo, la République du Congo et aujourd’hui le Cameroun aux prises avec Boko Haram, est devenue un centre commercial de la violence.

La privatisation des guerres en Afrique a trouvé ses meilleurs comptoirs ici. Nous avons présenté la candidature de ce film au Festival international de cinéma Vues d’Afrique de Montréal où il a été sélectionné et diffusé les 17 et 22 avril 2017. Nous pensons avoir ainsi commencé à atteindre nos objectifs.

Ce film d’une heure soutient globalement l’idée que les guerres qui ravagent nombre de pays du continent africain, ou du moins la majorité d’entre elles, sont en réalité des conflits créés et entretenus par d’anciennes puissances coloniales ou de puissants acteurs non étatiques.

 

Quels sont les éléments qui vous permettent de soutenir une telle assertion ?

 

Effectivement, les guerres que nous connaissons en Afrique ont leurs origines au-delà des motifs souvent évoqués par les belligérants. Dans le cas de la guerre centrafricaine, il est curieux de constater que ce pays bat le record d’assistance internationale en période de conflit. Pas moins de 14 missions répertoriées depuis 1976, de nombreuses interventions françaises et toujours pas de solution durable à la crise. Sur le terrain, le reportage d’une télévision française a dévoilé la collusion entre les militaires français et les miliciens anti-Balaka, sans que cela n’émeuve Paris.

Et lors de nos enquêtes, un de mes guides, ancien membre des services de renseignement centrafricains, m’a appelé à deux reprises, la nuit, dans le but de me conduire à des lieux où la force française était supposée distribuer des armes et des vivres tantôt aux anti-Balaka tantôt aux Seleka.

Mais mes partenaires sur place m’ayant averti que c’était dangereux pour ma vie et celle de mon équipe de tournage, j’ai renoncé à l’idée de les espionner. Aujourd’hui, chassés du pouvoir central à Bangui, les chefs de guerre sont allés occuper les zones minières du Nord-Est et du Centre, d’où ils mènent tranquillement des affaires avec des groupes internationaux.

 

En RDC, en 1996, Laurent Désiré Kabila n’avait pas encore pris le pouvoir qu’il signait déjà des contrats avec des multinationales pour l’exploitation des mines du Congo. L’histoire nous dit aujourd’hui que par Rwanda et Ouganda interposés, les Etats-Unis et leurs alliés anglo-saxons étaient au centre du financement et du soutien de la rébellion congolaise.

 

Enfin, faut-il rappeler que le mouvement Seleka, qui a déclenché les hostilités contre le pouvoir de François Bozizé en 2012, avait ses services de communication à Paris d’où son porte-parole, Eric Massi, parlait régulièrement jusqu’à la prise du pouvoir en mars 2013 ? On peut observer le même scénario pour la guerre du Mali. Les responsables touareg étaient bien installés à Paris. Enfin, des chefs de guerre centrafricains sont sous le coup des sanctions de l’ONU mais ils circulent librement en Afrique et, parfois, discutent avec des responsables des institutions internationales…

 

Quel est donc le principal moteur de ces opérations de déstabilisation. La course aux matières premières,…des enjeux géopolitiques ? Peut-on parler de néocolonialisme ?

 

Les matières premières certainement, mais aussi la stratégie de leadership par le chaos. Pour les puissances internationales, plus les Etats sont fragiles, plus les gouvernants sont fébriles et soumis. Dans le documentaire, il y a un observateur qui parle de la stratégie du pompier-pyromane, vieux de l’époque romaine.

C’est une nouvelle forme de colonisation qui fait reposer toutes la responsabilité sur le néocolonisé. Toutefois, je relève qu’il n’y a pas que les puissances non africaines qui alimentent l’industrie de la rébellion en Afrique. On a bien vu que pour le cas de la Côte d’Ivoire, le régime de Blaise Compaoré du Burkina Faso était au centre des intrigues, ce qui a obligé Laurent Gbagbo à négocier directement avec M. Compaoré, au même niveau qu’avec les rebelles de Guillaume Soro.

En RCA, les présidents Déby du Tchad, Denis Sassou Nguesso de la République du Congo ou même Omar El Béchir du Soudan ne sont pas moins influents sur les milices et certains politico-militaires.

 

Les seigneurs de la guerre qui, à chaque fois, mettent à feu et à sang des pays comme la Centrafrique, ne seraient donc que de simples sous-traitants…des employés de multinationales du crime, cest ce que vous voulez dire ?

 

Oui, je reste convaincu que c’est le cas. D’abord, d’où leur viennent les armes de guerre qu’ils utilisent ? Comment en Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, sortant à peine des amphithéâtres où il n’a pas achevé ses études a pu se retrouver chef d’une rébellion plus armée que les forces étatiques ? Ensuite, si les puissances internationales qui disent vouloir aider à la résolution des conflits le voulaient, elles mettraient une énorme pression sur les rebelles centrafricains pour qu’ils déposent les armes et négocient. Bien plus, il leur serait facile aussi de les attaquer et de les chasser du pays.

Voyez combien de temps il a suffi pour voter une résolution contre la Libye et l’appliquer. Souvenez-vous que la France a initié et obtenu une résolution pour aller bombarder le palais du président ivoirien et l’en extirper, en 2011. En Syrie, les Etats-Unis ont plusieurs fois bombardé les forces qu’ils estimaient hostiles à la paix ou nuisibles aux droits de l’homme.

Comment penser que les forces internationales seraient incapables de mettre fin au conflit centrafricain et de capturer les rebelles ? Du moins c’est la question que se posent les Centrafricains, notamment les membres de la société civile qui ont plusieurs fois organisé des manifestations contre la Minusca et la communauté internationale. Mais si vous voulez, dans la chaîne de construction de l’industrie de la rébellion, les chefs de guerre connus sont en fait des cadres d’une industrie dont les investisseurs sont inconnus du public.

 

La multinationale du crime et de la violence en Afrique emploie des chefs de guerre qui circulent entre plusieurs fronts de guerre. En 2013, on retrouvait Moussa Assimeh, un officier de l’armée soudanaise, à la tête d’une milice membre de la Seleka ; mais il y avait aussi des Tchadiens, des Camerounais, des Nigériens, etc. La plupart d’entre eux avaient déjà servi ailleurs.

Les problèmes religieux et ethniques souvent mis en avant pour expliquer la crise en Centrafrique ne seraient que des arguments montés de toutes pièces pour justifier le contrôle du pays par des spécialistes du crime...

 

Nourredine Adam, chef militaire de la Seleka, est certes fils d’un imam centrafricain mais que représente-t-il de l’islam ? Il est cependant soupçonné de liens très étroits avec certains lobbies des monarchies du Golfe. L’attitude des autres chefs de guerre se disant défenseurs des musulmans en RCA n’est pas différente de celle des voyous de Boko Haram au Cameroun et au Nigeria. Ils tuent autant de non-musulmans que de musulmans.

Quant aux anti-Balaka, ils n’ont aucun lien avec les églises chrétiennes qui prolifèrent pourtant dans le pays. Bien plus, les représentants des musulmans et des clergés chrétiens n’ont eu de cesse de renier ces groupes armés. En réalité, il faut noter qu’il y a une construction classique du discours sur les conflits dans les pays d’Afrique noire : c’est toujours le Nord contre le Sud, chrétiens contre musulmans, etc. Nos pays ont encore de sérieux problèmes de vivre-ensemble certes, mais il est constant que ceux qui convoitent les richesses de ces pays utilisent certains de leurs points faibles pour mieux diviser les communautés.

 

Ce documentaire, réalisé par Emery Noudjiep Tchemdjo, défend l’idée aussi que si les Nations unies et la communauté internationale ne font pas grand-chose pour arrêter le «massacre» en Centrafrique, c’est parce certains trouvent leur compte dans l’anarchie qui y règne. Comment des fonctionnaires de l’ONU en poste à Bangui tirent-ils profit du conflit centrafricain ?

 

Tout d’abord, mettons une nette différence entre l’Organisation des Nations unies, les fonctionnaires des Nations unies et les pays leaders de la communauté internationale. Les fonctionnaires des Nations unies n’ont aucune responsabilité individuelle dans les nombreux échecs de leurs missions. Ils appliquent les consignes.

Off the record, des entretiens que j’ai eus à Bangui avec des officiers africains de la force onusienne ne cachaient pas leur agacement face au double jeu de certaines puissances dans la lutte contre les rébellions qui tiennent le pays en otage. Un officier très important dans le dispositif décisionnel de la Minusca m’a confié que la force internationale peut bien débarrasser le pays des groupes armés, «mais nous n’en avons pas le droit», m’a-t-il soufflé, l’air résigné. Toutes les rébellions partent des frontières centrafricaines poreuses.

La question que nous posons est la suivante : pourquoi les interventions internationales ne ciblent pas et ne s’investissent pas à sécuriser les frontières afin de limiter les mouvements des rebelles ? Regardons de plus près les missions militaires des Nations unies.

Elles engagent les pays conviés à s’équiper en armement et matériel de guerre, ces engins leur sont loués à la journée. Les salaires des soldats engagés sont directement payés aux gouvernements.

Certains pays africains, comme le Rwanda, le Burundi, le Sénégal en ont fait un business à la fois économique et géopolitique. Le Sénégal dispose de tout un avion spécialement voué à ses forces au sein des missions onusiennes.

Les véhicules et l’ensemble des matériels sont achetés auprès des entreprises des pays nantis et non des pays africains. L’Onu et ses agences sont un vaste marché du travail que le système international ne peut négliger. Mais mettons un bémol à ce que vous venez de dire. Le film indique qu’il y a une économie de la guerre qui profite non seulement aux chefs de guerre mais aussi à d’autres acteurs locaux et internationaux, dont les Nations unies et ceux qui y travaillent.

 

Pourquoi l’industrie la violence et de la rébellion est-elle florissante en Afrique ? Que faut-il faire pour l’arrêter ? 

 

L’Afrique est très vulnérable, à cause de son histoire récente, de son environnement économique et, disons-le, des incuries de ses dirigeants. On sait déjà que les matières premières attirent beaucoup de convoitises. Mais on sait aussi qu’il y a un problème de gouvernance qui provoque des mécontentements, des frustrations qui conduisent à des conflits armés. Et bien souvent, les rébellions naissent desdites frustrations et son entretenues par ceux qui peuvent tirer profit de la fragilité du pays.

 

Le long règne sans partage de Mobutu a servi de prétexte à ceux qui voulaient les richesses du Congo pour armer un vieil opposant politique presqu’oublié, Laurent Désiré Kabila. En RCA, en 2012, c’est un contentieux électoral, né en 2010, qui a mué en contentieux de sang. En Côte d’Ivoire, des militaires nordistes frustrés par le rejet permanent de la candidature d’Alassane Ouattara aux différentes présidentielles et disant les leur marginalisés par la politique de « l’ivoirité » initiée par Konan Bédié et exploitée par Laurent Gbagbo, ont tenté un coup d’État qui s’est transformé en rébellion soutenue par le Burkina Faso.

 

À l’observatoire africain du Canada, on a toujours prôné des changements systémiques en Afrique. Il faut changer de paradigmes de gouvernance. Donner plus de possibilité aux populations de participer à la gouvernance et au contrôle de la gestion des ressources de leurs pays. En clair il faut plus de démocratie et de transparence, renforcer l’éducation car c’est au sein de la jeunesse désœuvrée et non éduquée que l’industrie de la rébellion recrute ses ouvriers. Évidemment cela demande un travail de sensibilisation et de pression des sociétés civiles, des médias mais aussi des partis politiques. Il faut aussi que les dirigeants africains cessent d’attendre des solutions des pays étrangers pour que les Africains soient eux-mêmes capables de définir leurs méthodes de règlements des différends.

 

Lu pour vous :  «Certaines puissances affaiblissent des pays africains pour mieux les recoloniser»
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 12:39
Lu pour vous : Les premiers réfugiés d’Afrique accueillis

 

 

IMMIGRATION
 

 

http://www.leprogres.fr  Le 19/12/2017 à 06:50  mis à jour à 06:50

 

Dix-neuf personnes, des Soudanais ainsi qu’une famille centrafricaine, sont arrivées lundi matin à Paris. Ils sont les premiers des 3 000 migrants « sélectionnés » par la France où ils espèrent commencer une nouvelle vie.

 

Ils vivaient dans des camps du HCR (Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies), depuis plusieurs années pour certains : les premiers réfugiés que la France est allée chercher en Afrique, sur les 3 000 qu’Emmanuel Macron s’est engagé à réinstaller d’ici à 2019, sont arrivés hier en France, pour entamer une nouvelle vie.

 

Dix-neuf personnes, dont 11 enfants, Soudanais et Centrafricains, sont arrivés peu après 6 heures à Roissy en provenance de N’Djamena où ils attendaient leur transfert, depuis que l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) est venu en novembre entendre leurs récits.

 

Dans le salon privé où ils sont reçus, les réfugiés reprennent des forces autour de petits-déjeuners, un peu impressionnés par l’aréopage d’officiels venus les accueillir.

 

« Je ne veux plus retourner dans mon pays »

 

« Mon pays, c’est la Centrafrique, c’est la guerre, je ne veux plus y retourner », explique en français Korba, une mère de quatre enfants. « Je suis très contente, surtout pour eux », ajoute-t-elle, en montrant sa petite Anna, 11 ans, occupée à tremper un croissant dans un gobelet de chocolat au lait.

 

Dans le camp de réfugiés où elle a passé quatre ans avec son mari, « ils ont appris à lire, à compter, mais le niveau n’était pas bon », ajoute la jeune femme, souriante malgré la nuit sans sommeil, et soucieuse de trouver un téléphone pour rassurer les connaissances laissées au Tchad.

 

La première étape de leur nouvelle vie commence autour de petites tables, lorsque l’Ofpra leur remet le titre attestant leur statut de réfugié, donnant droit à un titre de séjour de dix ans.

 

Il y a une dimension très symbolique dans ce comité d’accueil et les réfugiés l’ont bien senti. Ils ont mandaté Korba pour « remercier au nom de nous tous le président Macron » et lui demander de « continuer, parce qu’il y a des familles qui sont là-bas ».

 

« On n’a plus de famille, notre famille, maintenant c’est vous », explique Djamel, son mari, qui n’a « aucune idée de l’endroit où il va » - il devine juste, à la doudoune qu’on lui a fournie au départ, qu’« il fait froid ».

 

« Sas d’adaptation »

 

C’est à Thal-Marmoutier, dans le Bas-Rhin, que les réfugiés vont commencer leur nouvelle vie, dans un ancien couvent occupé par une poignée de religieuses âgées.

 

« Ils y resteront quatre mois avant d’être orientés vers des logements durables », explique Julie Bouaziz, adjointe à l’asile à la DGEF (direction générale des étrangers en France).

 

Ce « sas » leur donnera « un temps d’adaptation à la vie occidentale » - nécessaire, et pas seulement pour passer d’une température de 38 à 4 °C - et leur permettra de commencer à s’insérer, d’engager les premières démarches… Un dispositif novateur, qui sera appliqué à l’ensemble des 3 000 réfugiés attendus depuis l’Afrique d’ici à 2019.

 

Première vague de ce dispositif, 56 réfugiés arriveront d’ici à mercredi : après les 19 de ce lundi, il y aura mardi 25 exfiltrés de Libye qui vivaient au Niger, et mercredi 12 personnes venant du Tchad.

 

L’idée de ce programme est « d’empêcher que des personnes ne se mettent en danger en prenant la mer à partir de la Libye notamment », conclut Mourad Derbak, chef de la division Europe à l’Ofpra.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 00:46

 

 

 

https://www.theguardian.com  lundi 18 décembre 2017 07:00 GMT Rebecca Ratcliffe à Bangui

 

Quand les combattants armés impitoyables sont descendus sur son secteur, Rosen Moseba a tout perdu. Désormais incapable de subvenir à ses besoins ou à ceux de ses enfants survivants, elle fait partie des innombrables victimes d'une crise qui pourrait déboucher sur un génocide.

 

Quatre jours avant Noël, des rebelles armés de la Séléka ont fait du porte-à-porte dans le quartier de Rosen Moseba *. Elle a rassemblé ses trois enfants et, avec son frère, ils ont couru pour leur vie.

 

C'était en 2013, et la capitale de la République centrafricaine, Bangui, était en proie à un violent chaos. La Séléka, une coalition composée principalement de combattants musulmans, avait renversé le gouvernement en mars de la même année, ce qui avait incité les groupes d'autodéfense chrétiens - les anti-balaka - à riposter. Au milieu des tueries et des pillages, les communautés des deux côtés ont été terrorisées.

 

Lorsque Moseba et sa famille ont tenté de s'échapper, ils ont été arrêtés par des hommes armés. "Il y avait beaucoup de rebelles", se souvient-elle. "Trois d'entre eux m'ont violée, une par une. Après qu'ils m'ont violée, une partie de la Séléka a dit: 'Allons la tuer'. D'autres ont dit: «Non, non, nous n'allons pas la tuer, nous avons déjà fait ce que nous voulons faire».

Elle était enceinte à l'époque. "J'ai essayé de résister mais je ne pouvais rien faire parce qu'ils avaient des armes, et je n'avais rien", dit Moseba. Ils ont tué son frère devant elle et ses enfants. Elle a été forcée de quitter le corps de son frère sur le bord de la route. "Je ne sais pas ce qui s'est passé après, je ne sais pas si quelqu'un a enterré mon frère", dit-elle.

 

La capitale est sous contrôle gouvernemental aujourd'hui, mais les relations entre musulmans et chrétiens restent tendues. Beaucoup, comme Moseba, ont reçu peu d'aide pour reconstruire leurs moyens de subsistance. Ayant tout perdu dans la crise, elle est incapable de payer le loyer ou de payer ses enfants pour aller à l'école. Son mari l'a quittée après avoir appris qu'elle avait été violée.

Cinq ans après le début du conflit en RCA, la moitié de la population du pays a besoin d'une aide humanitaire, tandis que plus d'un million de personnes ont été déracinées par les combats. Dans de nombreux domaines, la crise s'est aggravée au cours des 12 derniers mois.

La violence entre groupes armés, souvent en compétition pour des ressources naturelles dans un contexte d'anarchie complète, a chevauché des rivalités ethniques de longue date et la méfiance entre la majorité chrétienne et la minorité musulmane. Le coordinateur des secours d'urgence de l'ONU, Stephen O'Brien, a parlé des «alertes précoces du génocide».

 

Depuis la fin de 2016, la violence a éclaté dans presque toutes les régions en dehors de la capitale, selon un rapport d'International Crisis Group. Le centre et l'est ont été dévastés par les conflits territoriaux tandis que, dans le sud-est, les combats se sont intensifiés à la suite du départ des forces spéciales américaines et des troupes ougandaises chargées de combattre l'Armée de résistance du Seigneur.

 

Les femmes qui mettent leur vie en danger pour la paix en République centrafricaine

 

La situation dans le nord-ouest - où les combats sont soulignés par la rivalité ethnique entre les agriculteurs et les éleveurs de bovins - est également une préoccupation croissante. Thierry Vircoulon, qui a mené des recherches pour l'ONG Mercy Corps, prévient que le gouvernement devrait intervenir d'urgence dans la région pour prévenir l'escalade de la violence avant la saison sèche, lorsque les éleveurs acheminent le bétail du Cameroun vers la RCA.

"Cela devient de plus en plus un conflit communautaire. Cela rend le conflit de plus en plus difficile à gérer parce qu'il se fragmente selon les lignes communautaires », explique Vircoulon. Dans les communautés laissées de côté par la mission de maintien de la paix des Nations Unies, qui est chroniquement sous-financée, les groupes armés, qui se sont fragmentés et multipliés, sont de plus en plus perçus comme des protecteurs.

Le mois dernier, l'ONU a annoncé le déploiement de 900 soldats supplémentaires en RCA, mais il est peu probable que cela fasse beaucoup de différence sur le terrain. "Il n'y aura jamais assez de troupes pour couvrir tout le pays. C'est un pays immense avec de très mauvaises infrastructures et une population dispersée un peu partout sur un territoire plus grand que la France », explique Enrica Picco, chercheur indépendant sur la région de l'Afrique centrale.

 

La mission de maintien de la paix de l'ONU, Minusca, est largement considérée comme un échec. Portés par des rapports d'exploitation et d'abus sexuels, ils sont considérés par beaucoup en RCA comme inefficaces ou biaisés. En visite dans le pays en octobre, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a déclaré à maintes reprises que les troupes n'avaient d'autre objectif que de restaurer la paix. Guterres a également critiqué ceux qui "utilisent la manipulation politique pour diviser les communautés de différentes religions".

 

Selon Jean Félix Riva, chef d'état-major du cabinet spécial du président de l'Assemblée nationale, la relation entre l'ONU et le gouvernement s'est tendue. "Ce que nous entendons quand le Premier ministre parle ou le président parle:" Nous travaillons avec l'ONU et travaillons avec Minusca ", mais en privé ils vous diront que Minusca n'aide pas à résoudre le problème. Lorsque vous rencontrez l'ONU et Minusca en privé, ils disent la même chose. "

Malgré les élections de l'année dernière, qui étaient pour la plupart pacifiques et ont apporté un regain d'optimisme, le gouvernement n'a pas fait assez pour unifier le pays ou condamner la violence provoquée par la rivalité ethnique, dit Picco. Pendant ce temps, la crise humanitaire continue.

 

Le viol est un instrument de guerre dans le conflit en République centrafricaine, trouve une étude

 

«L'espace humanitaire s'est rétréci rapidement au cours des derniers mois, de nombreuses régions de la RCA étant maintenant trop dangereuses à atteindre, laissant des milliers de personnes sans assistance d'urgence», explique Levourne Passiri, qui travaille pour Tearfund en RCA. "Alors que Bangui reste relativement calme, les tensions ont augmenté ces dernières semaines à la suite de plusieurs incidents de sécurité."

Le mois dernier, Médecins Sans Frontières a évacué tout le personnel national et international de Bangassou, une ville du sud-est du pays, suite à un violent vol à main armée. Trente enfants en soins intensifs à l'hôpital de Bangassou ont été laissés sans soins médicaux.

Même dans les zones où les travailleurs humanitaires peuvent opérer, les ressources sont limitées. Prudence Lamba *, originaire de Bangui, était l'une des 100 000 personnes qui vivaient au milieu des avions abandonnés et rouillés de l'aéroport de la ville, après avoir fui la Seleka avec ses quatre enfants et 10 petits-enfants. "Quand j'ai dû courir, j'ai tout laissé derrière moi. Je me suis simplement enfui, j'ai laissé tous mes biens », dit-elle.

 

Le gouvernement a fermé le camp où elle vivait en janvier. Les familles ont reçu 50 000 francs centrafricains (£ 66) pour rentrer chez elles, mais l'argent est loin d'être suffisant, dit-elle, même si son revenu en tant que vendeur de bois est inclus. "Je dois prendre soin de mes enfants et de mes petits-enfants. Les enfants ont besoin de retourner à l'école mais je n'ai pas l'argent pour payer l'école, les livres ou les crayons », explique Lamba.

 

Elle s'inquiète de l'impact psychologique que la crise a eu sur sa famille. "C'était très difficile pour les enfants. Avant, nous vivions dans une maison avec des murs. Dans le camp, nous avons dormi sous une tente. Parfois il faisait froid, parfois il y avait de mauvais animaux, des insectes, sous la tente. Nous avons dormi par terre, nous n'avions pas de lit. A cause des moustiques, les enfants sont devenus très malades, surtout du paludisme. "


Publicité Il était impossible de protéger les enfants contre la violence qui les entoure, ajoute-t-elle. "Les enfants vivent la situation, ils connaissent le bruit des armes, que les gens devaient courir. Les enfants le vivent, ils le savent. " Lamba, avec Moseba, reçoit le soutien d'Acatba, une organisation locale qui offre une formation en alphabétisation et en affaires ainsi que des conseils aux victimes de violence sexuelle. Son travail est soutenu par Tearfund et le gouvernement britannique, qui fait un don correspondant à l'appel de l'association caritative pour la RCA. Selon Elvis Guekenean Thomas, directeur d'Acatba, le manque de ressources disponibles, en particulier pour soutenir les victimes de viol, qui sont déjà difficiles à atteindre en raison de la stigmatisation liée à la violence sexuelle, constitue un défi majeur. "Certains [survivants] sont capables de parler de ce qui leur est arrivé et d'essayer d'avoir accès à l'aide mais d'autres non, alors nous envoyons des réseaux communautaires pour [trouver] des victimes qui se cachent dans leurs maisons", dit-il, "Une très petite minorité obtient de l'aide." L'appel humanitaire de l'ONU pour la RCA n'a reçu que le tiers des 497 millions de dollars requis. Un appel visant à aider les personnes contraintes de fuir leur domicile a été financé à moins de 10%. Le pire des combats dans la capitale est terminé, mais pour Moseba, la vie est loin d'être stable. "C'est très difficile", dit-elle. "J'ai peur que je sois expulsé de chez moi et que mes enfants ne vont pas à l'école. "Avant la crise j'avais l'habitude de vendre des choses, mais maintenant j'ai tout perdu et je n'ai pas assez d'argent pour commencer une autre activité ... Parce que je suis orpheline et je n'ai personne pour m'aider, c'est très difficile. Le futur est très sombre maintenant.

" Certains noms ont été modifiés pour protéger les identités. Puisque vous êtes ici ... ... nous avons une petite faveur à demander.

Lu pour vous : «L'avenir est très sombre»: le cycle implacable de souffrance de la République centrafricaine
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 00:15
L'ANC sauve son unité après une élection à suspense
L'ANC sauve son unité après une élection à suspense

 

 

 

 

AFP / 18 décembre 2017 21h56 - Le suspense est à son comble, comme la chaleur, parmi les 5.000 délégués du Congrès national africain (ANC) réunis à Johannesburg. Après une nuit blanche et 36 heures de retard sur le programme annoncé, le moment de vérité est enfin arrivé.



Le nom du futur chef de l'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis 1994, va être proclamé. Une annonce très attendue puisque le chef du parti a toutes les chances de devenir le président du pays en 2019.



Mais le processus électoral a été douloureux. A la dernière minute, plus de 400 de délégués ont été exclus des listes électorales. Le scrutin a été reporté de plusieurs heures, avant que l'ANC ne décide de l'organiser en plein coeur de la nuit. 



Il est 17h00 lundi. Le dépouillement est terminé, comme les discours à la tribune.



D'un moment à l'autre, la commission électorale va annoncer les résultats devant les délégués de l'ANC, une marée humaine vêtue de jaune, vert et noir, les couleurs du parti. 



Qui du vice-président sud-africain, Cyril Ramaphosa, ou de l'ancienne épouse du chef de l'Etat, Nkosazana Dlamini Zuma, surnommée NDZ, va l'emporter ?

Pendant toute la campagne, ils ont été au coude à coude.



Dans le grand hall de la conférence, organisée dans le township de Soweto, la commission se fait attendre. 



Pour gérer l'anxiété, des délégués, par centaines, se lèvent et entonnent en se déhanchant des chants de lutte contre l'apartheid. Les voix sont fortes et assurées.



"Calme toi, bébé", chantent-ils. 



Le président sortant de l'ANC et actuel chef de l'Etat, Jacob Zuma, casquette vissée sur la tête, prend le relais. "Umshini Wami" (Prends ta mitraillette), lance-t-il au micro. C'est l'une de ses chansons favorites. La foule la reprend en coeur.



- 'L'unité l'emporte' -



Finalement, après deux heures d'attente, de danses, de chants et de sueur, les agents électoraux arrivent à la tribune. 



Des policiers casqués et en gilets pare-balle prennent position devant la tribune. 



"Je sais que vous attendez" les résultats "en retenant votre souffle", explique une responsable de la commission à la tribune, Bontle Mpakanyane. "La distribution des votes est la suivante: la camarade Nkosazana Dlamini Zuma a reçu 2.261 voix et le camarade Cyril Ramaphosa en a reçu 2.440."



Dans les rangs du vice-président, on exulte de joie, les bras tendus vers le ciel, on crie, on applaudit.



Dans le camp de NDZ, on est abattus, les visages fermés. Assis au premier rang de l'assemblée, le président Zuma, qui a soutenu son ancienne épouse, est impassible, puis esquisse une moue.



Jacob Zuma est empêtré dans de nombreuses affaires de corruption et les détracteurs de NDZ la soupçonnaient d'avoir promis l'immunité à son "ex" en cas de victoire. 



La déception des partisans de NDZ est cependant de courte durée. 

Leur candidat, David Mabuza, décroche le poste de vice-président de l'ANC, qui était aussi soumis au vote comme l'ensemble des six postes de la direction du parti. 



Explosion de joie chez les pro-NDZ, très bruyants. Les partisans de Ramaphosa, eux, accusent le coup. 

 

"Les deux camps ont gagné", résume un délégué, Menzi Nzuza, soulagé.



Avant la conférence de l'ANC, les risques d'éclatement du parti étaient forts. Ils semblent dans l'immédiat écartés.



"L'unité l'emporte", ajoute une de ses collègues, qui se demande cependant si son préféré aura vraiment les moyens de sa politique: relancer l'économie et lutter contre la corruption.



L'unité au prix de la paralysie ? Un autre délégué, Mzwandile Mkhwanazi, se veut plus confiant. "On a besoin d'un pays stable, d'un président capable de lutter contre la corruption, explique-t-il. On pense que Cyril Ramaphosa va être à la hauteur." 



(©)

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 18:07
Le vice-président Ramaphosa élu pour succéder à Zuma à la tête de l'ANC (officiel)
Le vice-président Ramaphosa élu pour succéder à Zuma à la tête de l'ANC (officiel)
Le vice-président Ramaphosa élu pour succéder à Zuma à la tête de l'ANC (officiel)
Le vice-président Ramaphosa élu pour succéder à Zuma à la tête de l'ANC (officiel)

 

 

 

AFP / 18 décembre 2017 18h14 - Le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa a été élu lundi à la tête du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994, à la place du très contesté président Jacob Zuma, à deux ans d'élections cruciales pour l'avenir du parti et du pays.



Au terme d'un duel très serré, M. Ramaphosa a devancé de 179 voix à peine son unique rivale, l'ancienne patronne de l'Union africaine (UA) et ex-épouse de M. Zuma, Nkosazana Dlamini Zuma.



"Nous proclamons le camarade Cyril Ramaphosa nouveau président du Congrès national africain", a déclaré à la tribune de la conférence du parti réuni à Johannesburg une responsable de la commissison chargée du scrutin.
 


Annoncée au terme de plusieurs heures de dépouillement, la victoire de M. Ramaphosa a été accueillie par un tonnerre d'acclamations de ses partisans et les sifflets de ceux de son adversaire, témoins des fractures qui divisent le parti.



Fort de ce succès, M. Ramaphosa pourrait devenir en 2019 le nouveau président du pays à la fin du mandat de Jacob Zuma, en cas de victoire de l'ANC aux élections générales.



Soutenu par l'aile modérée du parti, très apprécié des marchés, Cyril Ramaphosa, 65 ans, a fait campagne en dénonçant la corruption du clan Zuma.



Ancien syndicaliste reconverti en richissime homme d'affaires, il a aussi promis de relancer l'économie du pays, qui peine à sortir de la crise, et de créer des emplois pour faire reculer un taux de chômage au plus haut à plus de 27%.



"Cyril est le meilleur candidat", a estimé un de ses partisans, Siya Kolase, 35 ans. "Il va s'occuper de la question de la corruption (...) avec lui, notre économie va pouvoir redémarrer".

 

- 'Une femme' -



Ses critiques lui ont toutefois reproché de défendre les seuls intérêts des classes les plus aisées.

Face à lui, Nkosazana Dlamini Zuma, 68 ans, avait repris le discours de son ex-époux sur la nécessaire "transformation radicale de l'économie" au profit de la majorité noire.

Un quart de siècle après la chute de l'apartheid, des millions de Sud-Africains continuent à vivre dans la pauvreté.

Ses adversaires la soupçonnaient d'être la "marionnette" de Jacob Zuma et de lui avoir promis l'immunité dans les nombreux scandales politico-financiers où il est accusé.

"Il est temps qu'une femme nous dirige", a estimé Arthur Raymond, un délégué de 39 ans. "Elle est capable. Elle a sa propre expérience politique", a-t-il plaidé, "vous ne pouvez pas juger quelqu'un sur son seul nom".

Sitôt aux commandes, le nouveau président élu de l'ANC va devoir s'atteler d'urgence au redressement du parti.

Son étoile a sérieusement pâli depuis sa victoire aux premières élections libres de l'histoire de l'Afrique du Sud en 1994 et l'arrivée au pouvoir de son icône Nelson Mandela.

Affaibli par la crise économique et les accusations de corruption qui visent Jacob Zuma, l'ANC a déjà subi un sérieux revers aux élections locales de 2016 en cédant à l'opposition le contrôle de villes de premier plan comme Johannesburg et Pretoria.


 

- Déchirures -



"Notre échec à régler les problèmes a commencé à peser sur notre mouvement", a lui-même concédé samedi M. Zuma, évoquant "la corruption, la criminalité et l'emploi".



Le chef de l'Etat a fait lundi sa dernière sortie médiatique de chef de parti. "Je me retire très heureux parce que je crois (...) que j'ai apporté ma contribution", a-t-il déclaré, tout sourire, au milieu d'un essaim de journalistes.



M. Zuma laisse toutefois derrière lui un ANC profondément déchiré par son règne et la longue bataille pour sa succession.



"J'espère que vous coopérerez avec la nouvelle direction (...) alors que nous allons vers les élections de 2019", a souhaité juste avant l'annonce des résultats la présidente du Parlement, Baleka Mbete. 



Nombre d'analystes ont anticipé un éclatement du parti et lui prédisent déjà une défaite historique en 2019. 



Le choix de l'ANC était attendu avec impatience par les marchés financiers, qui s'inquiètent depuis des mois des "incertitudes politiques" qui pèsent sur l'économie de la première puissance industrielle du continent africain.



Avant même la proclamation des résultats, la devise sud-africaine, le rand, a fortement progressé lundi, saluant avant l'heure la victoire de M. Ramaphosa espérée par les investisseurs.



"Les divisions vont continuer d'agiter l'ANC en 2018", a toutefois tempéré l'analyste George Nicholls, du cabinet Control Risks. "Les factions rivales vont nourrir (...) l'instabilité politique et, probablement, contraindre le président Jacob Zuma à démissionner avant la fin de l'année prochaine".



(©)

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com