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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 01:36
Les Russes rencontrent les responsables religieux centrafricains

 

 

 

APA-Bangui(Centrafrique)  août 24, 2018 à 15:30

 

De notre correspondant : Pierre Koutoukpé

 

Les membres de la plateforme des confessions religieuses se sont entretenus avec une mission russe, ce vendredi à Bangui.

 

C'est une initiative de Valery Zakharov, Conseiller russe en matière de sécurité du président Faustin Archange Touadéra. Cette rencontre dénommée "Dialogue interconfessionnel" a réuni plus d'une trentaine de membres de la plateforme religieuse ainsi que les trois principaux leaders religieux en République centrafricaine, notamment Pasteur Nicolas Grekoyamé-Gbangou de l'Alliance des Evangéliques en RCA, l'Imam Oumar Kobine Layama de la Communauté Islamique de Centrafrique et le Cardinal Dieudonné Nzapalaïnga de la Conférence Episcopale Centrafricaine.

 

La plateforme maintient sa position en clamant que la crise en RCA est loin d'être un conflit religieux. Sur ce, la mission est du même avis. "Sur cette conférence, les gens doivent comprendre les vraies causes de ces conflits. Et comme ce qui ressort de ces échanges, les principales causes dudit conflit ne sont pas religieuses, il n'y a donc pas de conflit entre les religions", a indiqué André Linkov, assistant du Conseiller russe en matière de sécurité.

 

"Il y a d'abord des causes criminelles, des causes politiques et des causes externes qui interviennent. Cette conférence a été organisée afin de comprendre le point de vue des responsables religieux là-dessus", a-t-il ajouté.

 

Cette mission russe a déjà rencontré la société civile sur le même sujet et entend échanger avec une large couche de la société centrafricaine pour tenter une médiation de sortie de crise en RCA.

 

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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 01:31
René Maran, précurseur de la négritude

 

 

Par Sayouba Traoré  RFI

 

René Maran est né le 5 novembre 1887 sur le bateau qui mène ses parents guyanais à la Martinique. Sa naissance est déclarée à Fort-de-France, le 22 novembre 1887. Ses parents, partis au Gabon (où son père occupait un poste administratif colonial), le mettent en pension, dès l'âge de sept ans, au Lycée de Talence, puis au Lycée Michel de Montaigne de Bordeaux. Il y rencontre Félix Éboué.

 

René Maran débute en littérature en 1909 dans la revue lilloise de Léon Bocquet : Le Beffroi. Il quitte Bordeaux en 1910, après des études de droit, et devient administrateur d'outre-mer en Oubangui-Chari (l’actuelle Centrafrique) en 1912. Il écrit des poèmes, puis son roman Batouala – Véritable roman nègre – qui décrit la vie d'un village africain du point de vue du chef traditionnel. Dans la préface de ce roman, René Maran dénonce certains aspects de la colonisation, ce qui entraîne des controverses et lui vaut des inimitiés. Pour ce roman, il obtient le prix Goncourt en 1921.

 

Premier Français noir à recevoir le prix Goncourt en 1921 pour ce livre Batouala, René Maran est considéré comme le précurseur de la littérature de la négritude, même si l’auteur lui-même a pris ses distances avec ce mouvement mené par Senghor et Césaire.

 

Dans son œuvre romanesque inspirée par l'Afrique, René Maran montre les rapports parfois difficiles entre Noirs et Blancs, notamment le poids du racisme imposé par les institutions coloniales. La colonisation du point de vue d’un chef africain, voilà la trame centrale du roman Batouala. En l’occurrence, il s’agissait de la vision d’un fonctionnaire antillais du ministère des Colonies.

 

Quand on considère la carrière littéraire de René Maran, on est obligé de dire que Batouala est véritablement un livre étonnant. Livre à succès, précurseur de la littérature de la négritude, et qui valut à son auteur les foudres de la censure, et une carrière brisée. Il faut également souligner que l’auteur d’un tel livre est un administrateur colonial d'origine antillaise, qui rejetait les thèses de la négritude. Et dans le même temps, le même homme insiste sur l’apport de plus en plus considérable de l’art nègre. A une époque où il semblait hasardeux de parler de pensée africaine ou même de culture africaine, une époque où l’on parlait de folklore et d’exotisme.

 

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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 01:26
Le dialogue politique ne doit pas absoudre les criminels de guerre
Le dialogue politique ne doit pas absoudre les criminels de guerre
Le dialogue politique ne doit pas absoudre les criminels de guerre

 

 

République centrafricaine : Ne pas octroyer des amnisties pour les atrocités commises

 

https://www.hrw.org 

 

Le dialogue politique ne doit pas absoudre les criminels de guerre

 

 (Bangui) 24 août 2018 5:00AM  – L’octroi d’une amnistie générale dans le cadre du dialogue politique en République centrafricaine serait incompatible avec l’obligation pour le gouvernement de juger les responsables des graves crimes internationaux devant les mécanismes habilités, selon les cinq organisations suivantes : Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme, et l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme.

Un dialogue politique entre l’Union africaine et les groupes armés est prévu le 27 août. Le dialogue vise à aboutir à un accord politique pour mettre un terme aux violences qui persistent. Aucun des nombreux accords déjà signés depuis 2012 n’ont pu se maintenir, comme en témoignent les violences récentes dans la province Nana-Gribizi près de Mbrès.

Plusieurs propositions formulées par les différents groupes armés laissent entrevoir une amnistie généralisée. La feuille de route élaborée par l’Union africaine et par les autorités centrafricaines énonce toutefois un principe directeur selon lequel « l’impunité n’a jamais constitué une solution durable pour les crises récurrentes ».

« Le dialogue politique ne peut servir d’excuse pour oublier les victimes et les atrocités qui ont été commises » a déclaré Me Mathias Morouba, avocat des victimes et président de l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme.« Il est impensable que des personnes responsables et complices des crimes les plus graves puissent s’arroger une amnistie à la table des négociations, et cette idée doit être rejetée sans condition par le gouvernement. »

En 2015, le Forum de Bangui, qui avait réuni plus de 800 représentants de la société civile, des organisations communautaires, des partis politiques et des groupes armés venus de tout le territoire, ont fait de la justice l’une de ses principales recommandations, spécifiant qu’aucune amnistie ne serait tolérée pour les auteurs et complices des crimes internationaux. Le forum a reconnu que le manque de justice en Centrafrique depuis 2003 a été une des causes principales des crises successives. Les organisations estiment que cette priorité doit guider toute initiative de dialogue à venir.

Les groupes armés qui seront à la table des négociations sont suspectés d’avoir commis de nombreuses exactions contre les populations civiles telles que des meurtres, viols, des cas d’esclavage sexuel, de torture, de pillage, de persécutions et de destructions d’édifices religieux. Les individus responsables de ces actes peuvent être poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Onze des 14 groupes armés demandent également l’intégration de leurs éléments au sein du gouvernement, parmi les 77 revendications émises au mois de juillet.

 La feuille de route élaborée par l’Union africaine et par les autorités centrafricaines indique que certains membres des groupes pourraient être autorisés à intégrer le gouvernement et les forces armées, sans toutefois préciser les critères d’une telle intégration. En outre, les individus impliqués dans les crimes graves commis doivent être exclus des ministères et des forces armées.

« L’incertitude considérable qui entoure ces différentes rencontres et l’agenda des discussions alimentent les craintes de résurgence de la violence. Pour nous, la ligne rouge est très claire : il ne peut plus y avoir d’impunité pour les auteurs et responsables des crimes commis en Centrafrique », a déclaré Joseph Bindoumi, président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme.

Le dialogue se déroule au moment où la justice centrafricaine se renforce, comme le montre l’ouverture d’une nouvelle session criminelle à Bangui qui a débutée en juillet. La Cour pénale spéciale, une nouvelle cour nationale ayant pour mandat de juger les crimes de guerre et crimes contre l’humanité est sur le point d’engager les premières enquêtes après l’adoption en mai de son règlement de procédures et de preuves. La Cour opère avec le soutien et l’appui de la communauté internationale. Pour promouvoir la paix, le gouvernement et ses partenaires internationaux doivent continuer à soutenir les juridictions ordinaires ainsi que la Cour pénale spéciale.

« Cela n’est pas surprenant si les mesures visant à échapper à la justice se manifestent aujourd’hui, quand les procédures judiciaires s’intensifient, » a déclaré Paul Nsapu Mukulu, Secrétaire général de la FIDH. « Plus qu’auparavant, la société civile doit être engagée dans le dialogue politique pour faire en sorte que les intérêts et droits des victimes soient respectés. » 

 

 

Ne pas octroyer des amnisties pour les atrocités commises : le dialogue politique ne doit pas absoudre les criminels de guerre (FIDH)

 

Bangui, 24 aout 2018 – L’octroi d’une amnistie générale dans le cadre du dialogue politique en République centrafricaine serait incompatible avec l’obligation pour le gouvernement de juger les responsables des graves crimes internationaux devant les mécanismes habilités, selon les cinq organisations suivantes : Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH), et l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme (OCDH).

Un dialogue politique entre l’Union africaine et les groupes armés est prévu le 27 août en République centrafricaine. La dialogue vise à aboutir à un accord politique pour mettre un terme aux violences qui persistent. Aucun des nombreux accords déjà signés depuis 2012 n’a pu se maintenir, comme en témoignent les violences récentes dans la province Nana-Gribizi près de Mbrès.

Plusieurs propositions formulées par les différents groupes armés laissent entrevoir une amnistie généralisée. La feuille de route élaborée par l’Union africaine et les autorités centrafricaines énonce toutefois un principe directeur selon lequel « l’impunité n’a jamais constitué une solution durable pour les crises récurrentes ».

En 2015, le Forum de Bangui, qui avait réuni plus de 800 représentants de la société civile, des organisations communautaires, des partis politiques et des groupes armés venus de tout le territoire, ont fait de la justice l’une de ses principales recommandations, spécifiant qu’aucune amnistie ne serait tolérée pour les auteurs et complices des crimes internationaux. Le forum a reconnu que le manque de justice en Centrafrique depuis 2003 a été une des causes principales des crises successives. Les organisations estiment que cette priorité doit guider toute initiative de dialogue à venir.

Les groupes armés qui seront à la table des négociations sont suspectés d’avoir commis de nombreuses exactions contre les populations civiles telles que des meurtres, viols, des cas d’esclavage sexuel, de torture, de pillage, de persécutions et de destructions d’édifices religieux. Les individus responsables de ces actes peuvent être poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Onze des 14 groupes armés demandent également l’intégration de leurs éléments au sein du gouvernement, parmi les 77 revendications émises au mois de juillet.

La feuille de route élaborée par l’Union Africaine et les autorités centrafricaines indique que certains membres des groupes pourraient être autorisés à intégrer le gouvernement et les forces armées, sans toutefois préciser les critères d’une telle intégration. En outre, les individus impliqués dans les crimes graves commis doivent être exclus des ministères et des forces armées.

 

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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 00:34
USA : Lucy Tamlyn nommée ambassadeur des Etats-Unis en Centrafrique

 

 

22 août 2018

 

Lucy Tamlyn était en poste au Bénin depuis le 23 octobre 2015 avec un rang de ministre-conseiller.

Elle a été directrice au bureau de l'envoyé spécial pour le Soudan et le Soudan du Sud au coeur du département d'Etat. 

Elle a été :

1er conseiller à Lisbonne au Portugal,

conseiller économique à la Mission des Etats-Unis auprès de l’organisation de coopération et de développement économiques à Paris en France,

responsable de l’équipe de reconstruction à Erbil en Irak,

1er conseiller à N’Djamena au Tchad.

Mme l'ambassadeur a servi dans les missions des Etats-Unis auprès de l’organisation des Nations-Unies à New York, Rome et Vienne, et a assumé des missions au Brésil, au Mozambique, en Colombie et à Washington.

 

Mme l’ambassadeur Tamlyn est détenteur d’un B.A. du Saint John’s College à Annapolis, Maryland. Egalement titulaire d’un Master du Columbia University’s School of International Affairs à New York.

 

Lucy Tamlyn a 2 enfants et est mariée à Jorge Serpa célèbre auteur portugais.

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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 00:12
Enquête : la Cour pénale internationale, une juridiction discréditée
Enquête : la Cour pénale internationale, une juridiction discréditée

 

 

Lu pour vous 

 

http://m.leparisien.fr   Nathalie Gathié.22 août 2018, 17h03

 

LE PARISIEN WEEK-END. Absence de coopération des grandes puissances, incapacité à condamner les responsables de crimes contre l’humanité, juges soupçonnés de collusion d’intérêts, victimes laissées pour compte... La Cour pénale internationale, institution judiciaire créée il y a tout juste vingt ans, est aujourd’hui largement contestée.

 

Elle devait être la Cour du « plus jamais ça », la voilà sur le point de devenir celle du « tout ça pour ça ». Vingt ans après la signature de son traité fondateur, le 17 juillet 1998, la Cour pénale internationale (CPI) célèbre un piteux anniversaire.

 

Edifiée sur l’espérance d’un monde délesté de l’impunité longtemps accordée aux bourreaux, cette justice universelle et idéale n’en finit pas de décevoir.

 

Début juin, sa volte-face dans le procès en appel de l’ex-chef de guerre et leader congolais Jean-Pierre Bemba a stupéfié les observateurs : à l’issue d’une condamnation en première instance à dix-huit ans de prison pour une série de meurtres et de viols commis par sa milice, en Centrafrique, entre 2002 et 2003, la Cour a prononcé l’acquittement de l’ennemi juré du président du Congo, Joseph Kabila.

 

« Ce revirement est une insulte aux 5 230 victimes qui ont témoigné », s’émeut Karine Bonneau, chargée de la Justice internationale à la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

 

Partialité politique

 

Rendu au terme de huit ans de procédure, « ce verdict résulte des approximations et de la faiblesse de l’accusation, rétorque Juan Branco, avocat en droit international. La CPI est “hors-sol” : elle n’a pas de vrai pouvoir d’enquête, ne se rend pas sur le terrain et travaille sur des pseudo preuves transmises par des organisations non gouvernementales (ONG) ou des gouvernements partiaux, puisqu’ils sont impliqués dans les situations instruites ».

 

Dans le dossier Bemba, l’ex-président centrafricain, Ange-Félix Patassé, et son successeur, François Bozizé, malgré leur responsabilité dans le conflit, n’ont jamais été inquiétés. Actuellement en cours, le procès de Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d’Ivoire de 2000 à 2011, livré à la CPI en 2011, pourrait connaître le même épilogue, tant les accusations de « crimes contre l’humanité » qui le visent peinent à être étayées et portent le sceau de l’arbitraire politique.

 

De nobles ambitions mais peu de résultats

 

Dans son quartier général de La Haye, aux Pays-Bas, la CPI aspirait pourtant à confondre les coupables des pires atrocités. Après le procès de Nuremberg, destiné à juger les responsables des crimes nazis au sortir de la seconde guerre mondiale, et les tribunaux spéciaux instaurés après les massacres et génocides commis en ex-Yougoslavie et au Rwanda, elle promettait de sanctionner des hommes dont les turpitudes heurtent les consciences et les âmes. Pour l’Histoire, pour la mémoire, pour les victimes.

 

Las, en seize ans d’existence effective, elle s’est assoupie sur les lauriers qui ornent son logo. Les lauriers de sa défaite « face aux maîtres du monde qui l’instrumentalisent », fustige Juan Branco, auteur d’un livre sur cette cour qu’il a fréquentée au titre d’éphémère assistant spécial de son premier procureur, le juriste argentin Luis Moreno Ocampo, épinglé pour son inefficacité et... ses sociétés offshore.

 

L’an dernier, huit médias internationaux, dont Mediapart, ont révélé dans l’indifférence générale que, pendant son mandat (2003-2012), le « vertueux » procureur détenait des comptes au Panama et aux îles Vierges ! A ce jour, la Cour, elle, a englouti 1,5 milliard de dollars pour aboutir à trois condamnations de « seconds couteaux » (deux miliciens congolais et un jihadiste malien), à l’acquittement d’un chef de guerre congolais en plus de celui de Bemba, et à une flopée de poursuites abandonnées.

 

Et si les juges qui y officient perçoivent 15 000 euros de salaire mensuel, les victimes reconnues à l’issue des rares et interminables procès bouclés n’ont pas perçu un denier en réparation des crimes subis ! « Rêvée par des Européens convaincus que le droit pouvait triompher de l’horreur, soutenue par des Etats africains incapables de s’opposer à leur volonté, la CPI n’a jamais rallié les grandes puissances, détaille l’ex-ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine. Elle est née bancale et porte en elle les gènes de la désillusion. »

 

Absents du club des Etats qui l’ont ratifiée, les Etats-Unis, la Chine et la Russie refusent de coopérer. Mais en qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), ces géants peuvent néanmoins la saisir pour initier des enquêtes, les interdire ou les dissuader.

 

La Russie et la Chine protègent la Syrie

 

« Alors qu’un rapport imparable sur les crimes des Américains en Afghanistan a été remis au bureau du procureur en 2012, la CPI tergiverse, s’agace Juan Branco. Un examen préliminaire a été engagé cette année et rien ne dit que, si une enquête était ouverte, elle ne porterait pas sur les seules exactions des talibans, tant les Etats-Unis feraient barrage ! »

 

Variation sur les mêmes entraves, la Russie et la Chine ont, en 2014, bloqué un projet de résolution défendu par la France sur une saisine de la CPI dans le cadre des horreurs perpétrées en Syrie. En Libye, en revanche, la Cour s’est illustrée par une célérité inédite : sur ordre du Conseil de sécurité, le procureur Ocampo a délivré en trois semaines chrono un mandat d’arrêt contre Mouammar Kadhafi.

 

« Il s’agissait là de préparer l’opinion à l’intervention militaire de l’Otan et à l’élimination de Kadhafi», commente la journaliste Stéphanie Maupas, auteure du livre Le Joker des puissants, le grand roman de la Cour pénale internationale.

 

Comble du cynisme, trois ans après son départ, Luis Moreno Ocampo a conseillé de potentiels criminels de guerre libyens afin qu’ils échappent aux radars de la CPI... en échange de juteux émoluments. Un mélange des genres lourd à porter pour Fatou Bensouda, son ancienne adjointe, qui lui a succédé en 2012.

 

Au demeurant, les états de service de la procureure générale déroutent. « Premier personnage de la Cour, cette avocate gambienne fut, dans les années 1990, conseillère juridique du président de son pays, le dictateur Yahya Jammeh (au pouvoir jusqu’en 2017, NDLR) », vitupère Juan Branco.

 

« C’est terrible mais les gens ne se résument pas aux postes qu’ils ont occupés, nuance Karine Bonneau, de la FIDH. Aujourd’hui, Fatou Bensouda se débat avec les dossiers mal ficelés par son prédécesseur et compose avec des juges dont beaucoup ne sont pas magistrats : les Etats qui les élisent préfèrent présenter des diplomates à ces postes afin d’influer sur les procédures. » Vous avez dit politique ?

 

Dix enquêtes visent des pays africains

 

Scrutatrice des cahots de la Cour, Stéphanie Maupas décrit « une justice borgne qui, avec une prudente lâcheté, ne regarde que les crimes des peuples en déroute et oublie ceux des nations qui imposent leur domination ».

 

Sur onze enquêtes ouvertes, dix visent en effet des pays africains. Et jamais la prison de Scheveningen, dans les faubourgs de La Haye, n’a accueilli de « pensionnaire » blanc. C’est dans ce pénitencier qu’Albert Bourgi, agrégé de droit public et expert en relations internationales, rend régulièrement visite à son ami Laurent Gbagbo.

 

« En 1998, j’ai plaidé pour une CPI qui aurait protégé les Africains des tortionnaires, avance-t-il. Mais aujourd’hui, elle traque les Noirs qui ne sont pas adoubés par l’ONU. Résultat, trois pays africains l’ont désertée en 2016. Quant au sort infligé à Gbagbo, il est scandaleux. »

 

Retour en 2010 : dans la foulée du scrutin présidentiel de novembre, en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara revendiquent tous deux la victoire. Le second est investi mais une crise politique oppose leurs partisans. Bilan : 3 000 morts. Proche de Nicolas Sarkozy, qui s’enorgueillit d’avoir « sorti Gbagbo », Ouattara est sollicité par la CPI, en avril 2011, afin que ses hommes gardent Gbagbo prisonnier en Côte d’Ivoire.

 

Une demande exprimée sans base légale et téléguidée par la diplomatie française, comme l’attestent des courriels entre Ocampo, Ouattara et des représentants du ministère des Affaires étrangères. Soucieuse de sécuriser « son président » et d’éviter une déstabilisation du pays, la France a assujetti la CPI.

 

Accusé d’actes inhumains contre des civils lors des troubles post-électoraux, Gbagbo est transféré à la CPI en novembre 2011. Seul dans le viseur, alors que plusieurs rapports documentent les exactions du camp Ouattara. Sélectives et peu corroborées par les 82 témoins auditionnés lors de son procès, les charges qui incriminent le leader ivoirien menacent désormais de s’effondrer.

 

Des failles pointées par Emmanuel Altit, l’avocat de Laurent Gbagbo, dans une requête soumise à la Cour, fin juillet. Après Jean-Pierre Bemba, l’ex-président ivoirien pourrait quitter les geôles de Scheveningen. Un scénario qui entacherait la crédibilité d’une CPI déjà moribonde.

 

La CPI, combien de divisions ?

 

Composition 123 des 193 Etats membres de l’ONU ont ratifié le Statut de Rome, signé le 17 juillet 1998. Ils forment l’assemblée des Etats parties, qui élit le procureur, les juges et vote le budget.

 

Rôle Conçue pour juger, à partir de 2002, les auteurs de génocides, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité quand les justices nationales n’y pourvoient pas, la CPI peut être saisie par l’un des Etats parties pour des faits commis sur son territoire ou sur celui d’un Etat membre, par le procureur lui-même ou par le Conseil de sécurité de l’ONU. Ce dernier dispose d’un droit de veto sur les enquêtes.

 

Forces en présence La CPI emploie près de 900 personnes et compte six bureaux en Afrique. Son budget annuel s’élève à 148 millions d’euros.

 

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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 23:15
 208 centrafricains vivant au Congo retournent dans le pays d’origine

 

 

 

https://www.journaldebrazza.com   23.08.2018 à 09h16 par Jeanne Florine Mouano

 

Ces réfugiés qui avaient fui la Centrafrique pour se réfugier en République du Congo, ont volontairement décidé de rentrer dans leur pays.

 

C’est ce jeudi 23 août, que reprendra l’opération de rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains au Congo. Celle-ci est menée par le gouvernement centrafricain et celui de la République du Congo avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Ces 660 réfugiés centrafricains vivaient dans les villes congolaises de Bétou (nord), Pointe-Noire (ouest) et la capitale Brazzaville. L’information a été donnée mercredi 23 août 2018, par le bureau de la représentation du HCR.

 

Dans un communiqué du HCR, un premier convoi terrestre de 208 personnes sur 660 réfugiés opté volontairement de retourner à Mongoumba (ville centrafricaine frontalière avec le Congo). Ils seront ensuite reconduits dans des villages et villes longeant le tronçon Moungouma-Bangui long de 161 kilomètres.

 

Notons que, ces Centrafricains qui avaient fui leur pays d’origine se sont prévalus de la stabilité dans les villages, communes et villes d’origine le long du tronçon concerné. Ils ont davantage été rassurés par leurs prédécesseurs, soit au total 617 rapatriés volontairement fin mars et mi-avril derniers.

 

« Le rapatriement volontaire étant la meilleure solution durable aux problèmes des réfugiés, le HCR se réjouit de ce développement et notre agence facilite cette opération avec les gouvernements centrafricain et congolais », a déclaré Buti Kale, représentant du HCR en Centrafrique.

 

Des kits de réintégration leurs sont remis, pour leurs permettre, entre autres, de lancer des activités génératrices de revenus et de recommencer une nouvelle vie.

 

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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 22:48
Centrafrique: une amnistie des groupes armés « impensable », selon des ONG
Centrafrique: une amnistie des groupes armés « impensable », selon des ONG

 

 

 

24 août 2018  AFP

 

Une amnistie des combattants de groupes armés de Centrafrique, qu’ils réclament dans le cadre d’une médiation de l’Union africaine (UA), est « impensable », selon un communiqué de cinq ONG reçu jeudi par l’AFP. « Il est impensable que des personnes responsables et complices des crimes les plus graves puissent s’arroger une amnistie à la table des négociations, et cette idée doit être rejetée sans condition par le gouvernement », a déclaré Mathias Morouba, président de l’Observatoire centrafricain des droits de l’homme (OCDH), dans ce communiqué également signé par Amnesty International, Human Rights Watch (HRW) et la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

 

Les groupes armés en Centrafrique ont récemment présenté près de cent revendications, dont l’amnistie générale, à un panel d’experts de l’UA qui organise une médiation avec le gouvernement.

 

Des émissaires de chacun de ces groupes doivent se rencontrer avec le panel lundi à Bouar (Ouest) pour une « harmonisation » de ces revendications, avant de les soumettre aux autorités en vue d’un accord.

 

Parmi les revendications se trouve l’amnistie générale pour les combattants de groupes armés et leurs chefs, une mesure qu’ils exigent depuis le début des violences en 2012.

 

Plusieurs chefs de groupes armés sont cités dans des rapports d’enquête de l’ONU, d’autres sont sous la menace d’un mandat d’arrêt et une Cour pénale spéciale (CPS) a été mise en place à Bangui, pour juger les crimes commis depuis 2003.

 

Pour l’heure, les autorités, appuyées par la communauté internationale, ont toujours refusé ce pré-requis à une cessation des hostilités.

 

Soutenu par l’ONU et les principaux partenaires de la RCA, le panel de l’UA en charge de cette médiation depuis juillet 2017 a déjà rencontré les groupes armés, ainsi que deux anciens présidents centrafricains, Michel Djotodia au Bénin et François Bozizé en Ouganda.

 

De nombreuses tentatives de médiation ont eu lieu en Centrafrique depuis le début de la crise en 2012 et sept accords de paix ont été signés, sans qu’aucun ne parvienne à un retour au calme.

 

Ce pays est ravagé par des combats incessants entre des groupes armés qui combattent pour le contrôle des territoires et leurs ressources. Impuissant, l’Etat n’a de contrôle que sur une très maigre partie du pays.​

 

 

Les groupes armés en RCA exigent une amnistie générale

 

http://www.agenceafrique.com   Arsene Severin 23/08/2018 

 

 

Les groupes armés opérant en République centrafricaine (RCA) ont demandé à l’Union africaine (UA) une amnistie générale pour leurs militants et leurs leaders, dans le cadre d’un accord en vue d’un retour à la paix dans le pays en proie à une crise politique depuis 2012.

 

Un groupe d’experts de l’UA, soutenu par l’ONU et les principaux partenaires de la RCA, joue, en effet, la médiation entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés, et a déjà rencontré séparément les représentants des deux parties.

 

L’amnistie générale fait partie des 97 revendications que les groupes armés ont communiquées comme préalables pour la signature d’un accord de paix avec les autorités.

 

Le partage des pouvoirs et un gouvernement d’union nationale, la construction de routes, la restructuration de l’armée, ou encore la révision des accords de coopération militaire entre la RCA et la Russie sont autant de réclamations reçues par l’UA des groupes armés qui exigeraient également la nomination d’un nouveau Premier ministre.

 

Du côté des autorités de Bangui, la mesure d’amnistier les auteurs des crimes ne passe pas à priori. D’ailleurs, la Cour pénale spéciale (CPS) qui a été créée pour juger les crimes commis en Centrafrique depuis 2003, a démarré ses travaux. La tâche ne s’annonce donc pas facile pour les experts de l’UA. 

 

Récemment, la presse locale a fait part de l’organisation de pourparlers inter-centrafricains parallèlement à Khartoum, la capitale soudanaise, une information démentie mercredi par le ministre centrafricain de la Communication et des Médias, Ange-Maxime Kazagui, réitérant la position du gouvernement qui est celle de soutenir uniquement l’initiative de l’UA.

 

Depuis le début de la crise, de nombreuses tentatives de médiations ont eu lieu sans succès, avec à l’affiche sept accords de paix signés, mais aucun n’a donné lieu à un retour au calme.

 

Les groupes armés contrôlent une bonne du territoire national. Ils ont ipso facto la main mise sur les ressources que regorgent les zones occupées.

 

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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 22:42
En Centrafrique, des ONG ouvrent une brèche dans le « zéro impunité »
En Centrafrique, des ONG ouvrent une brèche dans le « zéro impunité »

 

 

Lu pour vous 

 

DÉCRYPTAGE

 

En Centrafrique, des ONG ouvrent une brèche dans le « zéro impunité »

 

Par Gaël Grilhot (contributeur Le Monde Afrique, Bangui) LE MONDE Le 24.08.2018 à 15h59 • Mis à jour le 24.08.2018 à 17h21

 

La FIDH, entre autres, propose que les membres de groupes rebelles qui n’ont pas pris part à des exactions ne soient pas poursuivis.

 

« Le dialogue politique ne doit pas absoudre les criminels de guerre. » A première vue, le ton du communiqué commun diffusé vendredi 24 août par Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), la Ligue centrafricaine des droits de l’homme et l’Observatoire centrafricain des droits de l’homme (OCDH) ne dévie pas de la ligne définie lors des consultations populaires du forum de Bangui, en 2015 : « zéro impunité » pour les crimes commis depuis le début des violences en Centrafrique en 2012.

 

Mais cette position ne serait-elle pas en train de s’infléchir ? Alors que quatorze groupes rebelles doivent se rencontrer à Bouar, du 27 au 29 août, pour présenter leurs revendications communes aux médiateurs de l’Union africaine (UA), la FIDH et deux organisations centrafricaines de défense des droits humains proposent que les membres des groupes armés qui n’auraient commis que des délits mineurs puissent échapper à la justice. Une amnistie partielle qui ne dit pas son nom.

 

 « Compte tenu du nombre de personnes impliquées dans les conflits, l’idée serait de séparer ceux qui ont commis des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou des crimes graves, de ceux qui n’ont pas pris part aux exactions », explique Pierre Brunisso, coordinateur de projet pour la FIDH à Bangui. Le choix des personnes pouvant bénéficier d’une telle décision relève, selon lui, de la justice. « Mais attention, insiste-t-il, il n’est absolument pas question d’octroyer une quelconque amnistie à ceux, responsables ou complices, qui ont été impliqués dans des crimes graves. »

 

Proposer une porte de sortie

 

Cette proposition permettrait, selon Pierre Brunisso, de relancer la médiation menée par un panel de diplomates africains. « Les discussions en cours entre l’UA et les groupes rebelles sont dans une impasse. Notre proposition rentre dans ce qui est énoncé dans la feuille de route de l’UA. Mais la justice doit demeurer la règle. Le dialogue politique ne peut se faire au détriment de ceux qui ont tout perdu dans ces conflits. »

 

Les groupes rebelles font d’une amnistie généralisée une condition non négociable pour la poursuite du dialogue. Mais les autorités, appuyées par la communauté internationale, ont toujours refusé ce prérequis à une cessation des hostilités qui ravagent le pays depuis 2012. Et une Cour pénale spéciale a même été créée pour juger les crimes commis depuis 2003.

 

La proposition des ONG peut donc apparaître comme une main tendue aux groupes armés, mais elle pourrait aussi placer leurs chefs en porte-à-faux par rapport à leur base. Difficile en effet de s’accrocher à une position radicale si une porte de sortie est proposée à plusieurs centaines de membres de leurs groupes. « Il s’agit pour nous de lancer un appel à ces personnes, insiste Mathias Morouba, président de l’OCDH. Lorsqu’elles se sont engagées au sein de ces groupes, elles l’ont fait individuellement. Si un leader s’engage sur un terrain glissant, elles ne sont pas tenues de le suivre. Il ne faut pas qu’elles aient peur de venir s’expliquer. »

 

Et de rappeler qu’il existe « un grand nombre de mécanismes qui peuvent les aider à se réinsérer, comme la Commission vérité, justice et réconciliation. On peut aussi imaginer dans certains cas une forme de travail d’intérêt général. » De quoi inquiéter des chefs rebelles qui pourraient alors être confrontés à la défection d’une partie de leurs troupes.

 

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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 22:37
Comment les assassinats de journalistes russes en Centrafrique lèvent le voile sur les intentions de Moscou en Afrique

 

Lu pour vous 

 

    24 Août 2018

 

Des journalistes russes ont été tués récemment en République centrafricaine. Ils venaient enquêter sur le rôle de Moscou dans le pays. Quels sont les enjeux pour le Kremlin en Afrique ?

 

Atlantico : L'assassinat, le mois dernier, de 3 journalistes russes en République centrafricaine alors que ceux-ci venaient enquêter sur le rôle grandissant de Moscou dans le pays, a pu attirer l'attention sur les velléités russes sur le continent africain. Comment évaluer la situation, faut-il voir ici une volonté de Moscou de revenir sur le continent après une période de retrait consécutive à la chute de l'URSS ? Quels en sont les enjeux pour Moscou ?

 

Florent Parmentier : L’URSS s’était immiscée dans toutes les luttes pour la décolonisation du continent (y compris la lutte contre l’Apartheid), avait formé un certain nombre d’élites, entretenait des relations avec un certain nombre de pays devenu des clients.

 

Lors de la chute de l’Union soviétique, l’Afrique a fait partie des premières régions abandonnées, tout comme l’Amérique du Sud.

 

S’il s’agit d’un retour – confirmant l’orientation prise par Vladimir Poutine lors d’un voyage en 2006 au Maroc et en Afrique du Sud, le continent, lui, n’a pas attendu Moscou pour évoluer. Au-delà des Etats-Unis et des puissances européennes, le continent africain a observé la montée en force de nouveaux acteurs, au premier rang desquels on retrouve la Chine et l’Inde, mais pas uniquement, comme le Japon ou le Canada.

 

Le soft power soviétique n’agissant plus – même si son héritage n’est pas nul en termes de clients de l’armement russe – la Russie, avec ses ressources contraintes, a fait le choix de se positionner en Afrique sur une vision totalement nouvelle et différente de ses concurrents, en s’appuyant sur ses points forts. C’est ainsi que la Russie s’affirme aujourd’hui comme un leader militaire, en proposant des armes avec un rapport qualité-prix adapté aux marchés africains. C’est l’enjeu également du développement du mercenariat russe, avec l’émergence de compagnies militaires privées proches des oligarques. Enfin, la Russie a l’expérience du règlement de conflit, mais également des acteurs de premiers plans pour les ressources, les hydrocarbures, le nucléaire…

 

La Russie entend donc se positionner comme un acteur de sécurité alternatif pour le continent africain, accompagnant le développement de la route de la Soie chinoise grâce à de juteux contrats. Ainsi, elle trouve un positionnement par rapport à la Chine qui n’est pas que de dépendance.

 

Concernant la République centrafricaine plus précisément, comment analyser cette présence russe dans les relations entre Bangui et Paris ?

 

La Russie est effectivement présente en République centrafricaine, par le biais de ventes d’armes, d’instructeurs militaires et de 170 « conseillers civils » arrivés à Bangui pour entraîner l’Armée et la Garde présidentielle. Le Président centrafricain Faustin Archange Touadéra disposait d’un nombre limité d’options : les Français de Sangaris partis, les 12 000 Casques bleus de la MINUSCA ayant des règles d’engagement contraignantes, l’aide militaire russe a été accueillie avec bienveillance au sein de la population.

 

Pour autant, Bangui assure que cette nouvelle coopération – ou plutôt cette coopération renaissante – ne se fait pas au détriment de ses partenaires traditionnels. Ce sont pourtant bien au détriment des armes françaises que les armes russes ont été vendues… Ce processus s’inscrit dans une logique décrite de diversification géopolitique de l’Afrique et de menaces croissantes.

 

En quoi cette progression de l'influence russe sur le continent pourrait-elle modifier la donne ? Quelles sont les principaux Etats concernés, en pensant notamment à la RDC, à l'Ethiopie ou au Mozambique qui ont tous conclu des accords militaires avec Moscou ?

 

La Russie reste un acteur économiquement limité en Afrique pour le moment, mais on peut anticiper que son importance va croître rapidement. En effet, avec les Spetsnaz arriveront également des hommes d’affaires à l’affût d’opportunités dans les mines de diamants, les gisements de pétrole et de matières premières, dans un contexte incertain et tendu qu’ils ont pu connaître au moment de la transition russe. Des groupes comme Géoservice dans les infrastructures ferroviaires, Gazprom et Rosneft dans l’énergie, Rusal dans les mines, Rosatom dans le nucléaire…

 

Si les guerres de libération s’éloignent, la Russie vient toutefois avec une vision souverainiste qui peut plaire à des pouvoirs installés ainsi qu’à une partie de la jeunesse, et ce d’autant plus que Moscou dispose d’un peu moins d’une cinquantaine d’Ambassades localement. Parmi les Etats concernés, la Guinée est également présente, et d’autres Etats pourraient être intéressés à terme, à partir de ces points d’entrée. Les gouvernants conserveront un œil sur l’évolution de la situation en Syrie, ainsi qu’en Ukraine.

 

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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 22:34
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique sur le Net : l’accord militaire entre la Russie et la RCA au centre des réflexions des rédactions en ligne

 

PAR RJDH LE 23 AOÛT 2018

 

BANGUI, 23 Aout 2018 (RJDH) — La signature d’un accord militaire entre la Russie et la République Centrafricaine est auscultée par L’analyse de Thierry Vircoulon, Maître de conférences à Sciences-Po Paris pour vaticannews.va.

Selon l’analyste, « il s’agit d’une offensive et la RCA est le client parfait de la Russie. L’implantation des russes au Soudan a des liens avec celle en Centrafrique ». Concernant la France, Thierry Vircoulon a déclaré que « la France ne s’est pas désengagée de la sécurité en Centrafrique ».

Puis en Politique, africtelegraph.com revient sur le saccage du service de compatibilité de l’Assemblée nationale par la Députée Nadia Bea de la circonscription de Bimbo 4.

Le site indique qu’ « Au niveau de l’Assemblée nationale, des sanctions sont également prévues en son encontre. Rappelons que c’est la première fois que l’honorable Nadia Bea s’illustre par un comportement pareille ».

Et en Diplomatie, sur le Blog, lavoixdelacentrafrique.wordpress.com on peut lire le profil de la nouvelle Ambassadrice des USA en Centrafrique, la diplomate Lucy Tamlyn. 24haubenin.info commente que l« ’Ambassadeur Lucy Tamlyn quitte Cotonou, après avoir œuvré au renforcement des relations d’amitié et de coopération entre les Etats-Unis et le Bénin ».

Concernant l’Humanitaire/Justice, french.china.org.cn annonce que le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains du Congo-Brazzaville a repris  avec l’appui du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Il s’agira de rapatrier « quelque 660 réfugiés centrafricains vivant dans les ville congolaises de Bétou (nord), Pointe-Noire (ouest) et la capitale Brazzaville vers les villes centrafricaines de Mongoumba et Mbaiki (sud-ouest) ainsi que la capitale Bangui ».

A propos, journaldebrazza.com informe qu’ «un premier convoi terrestre de 208 personnes sur 660 réfugiés opté volontairement de retourner à Mongoumba (ville centrafricaine frontalière avec le Congo). Ils seront ensuite reconduits dans des villages et villes longeant le tronçon Moungouma-Bangui long de 161 kilomètres ».

Après le verdict de mise en liberté de J.P Bemba, leparisien.fr/international note que la  Cour pénale internationale est devenue « une juridiction discréditée ». Selon le journal, « absence de coopération des grandes puissances, incapacité à condamner les responsables de crimes contre l’humanité, juges soupçonnés de collusion d’intérêts, victimes laissées pour compte… », sont autant des raisons pour dire que l’ « institution judiciaire créée il y a tout juste vingt ans, est aujourd’hui largement contestée ».

En Sport, ladepeche.fr met la lumière sur la nouvelle recrue de Cahors Sauzet Basket 1. Il s’agit de Max Séverin Febou Yadapa. Ancien de la sélection nationale de son pays, ayant participé à la Coupe d’Afrique des Nations 2007, 2015 et 2017.

 

 

Centrafrique : Les FACA déployées à Dekoa au centre du pays font preuve des valeurs du vivre ensemble

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 24 AOÛT 2018

 

BANGUI, 23 AOUT 2018(RJDH) —Détachés le 17 Aout dernier, les éléments des forces armées centrafricaines ont engagé des discussions avec les différentes couches de la population y compris les forces belligérantes Antibalaka et Séléka. Information confirmée ce 24 Aout au RJDH par des sources concordantes.

Aussitôt après leur arrivée, ces derniers prennent langue avec les communautés ainsi que les responsables des groupes armés présents dans la région. Objectif leur parler de la mission qui est les leur mais aussi sensibiliser cette population sur la paix. Cette approche est adoptée dans un contexte où les FACA sont traitées de partisan avant et pendant la crise. Elle témoigne l’appropriation des leçons administrées par les forces de l’Europe (EUTM) qui s’occupe de l’entrainement de cette armée.

Yves Mbétigaza sous-préfet de Dékoa se félicite des actions irréprochables de l’armée après un long moment d’absence « un adage centrafricain dit c’est mieux de sensibiliser avant de châtier.  C’est une démarche que nous saluons tous, car ces discussions avec les autorités locales, la jeunesse, l’association des femmes et aussi les deux groupes armés Anti-Balaka et Séléka de la localité permettent à chaque couche sociale de connaitre le travail des FACA et de leur faciliter le travail. En ce qui concerne les patrouilles c’est une stratégie militaire pour laquelle  nous nous réservons de tout commentaire », a-t-il expliqué.

Ces sources ont souligné un accueil favorable que la population a réservé aux hommes en treillis   « nous avons réalisé pendant l’arrivée des FACA que la population a vraiment besoin de son  armée. Les habitants ont longé les abords de la grande route pour accueillir les FACA avec des feuilles des manguiers en mains. Cette image nous a vraiment marqué », a poursuivi cette source.

Freddy Mbosso un habitant de la localité contacté par RJDH, a salué l’arrivée des FACA en ces termes, « On en a assez de la guerre nous sommes vraiment satisfaits de l’arrivée des FACA. Notre seul souci c’est le retour de la paix pour nous permettre de vaquer librement à nos occupations » a-t-il lâché plein d’espoir.

Ce déploiement est la mise en œuvre des promesses faites par le chef suprême des armées Faustin Archange Touadera et intervient peu après le mouvement au sein de l’état-major des FACA.

 

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