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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 00:49
CAMEROUN: 1.030 NOUVEAUX CASQUES BLEUS EN ROUTE POUR LA RCA

 

 

 

 

http://afrique.le360.ma  Le 11/09/2017 Par De notre correspondante à Douala Elisabeth Kouagne

 

 

La place d’armes de la Brigade du quartier général (BQG) de Yaoundé portait bien son nom samedi 9 septembre dernier. Le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense (Mindef), Joseph Beti Assomo, y a présidé la cérémonie de remise du drapeau et des étendards au contingent camerounais qui, au titre de la relève 2017, doit rejoindre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA).


Il s’agit de 1.030 nouveaux Casques bleus, composés de gendarmes et militaires camerounais, qui vont relever leurs camarades arrivés au terme de leur année de déploiement en RCA.


La nouvelle troupe camerounaise a été placée sous la responsabilité du colonel Ekwaigen Michael, commandant de bataillon. A lui et à ses hommes, le Mindef a prescrit un code de conduite. «Vous devez par votre comportement faire honneur au drapeau et aux étendards du Cameroun. Ce drapeau, sacré par essence pour tout citoyen doté d’un réel sens civique, doit toujours vous rappeler, même si cela paraît d’une évidence, que vous êtes Camerounais au milieu des 11 bataillons des autres Etats», a recommandé Joseph Beti Assomo.


Le Mindef a par ailleurs souligné que la cohabitation avec leurs frères d’armes ne devait en aucun cas porter atteinte à leur identité. Ceci pour éviter qu'ils se laissent contaminer par des pratiques contraires à celles de l’armée camerounaise. «Restez disciplinés, solidaires, unis, soudés et prudents. Ecoutez vos chefs», a-t-il insisté. Il leur a également donné l'ordre de garder en mémoire la devise des forces armées camerounaises, à savoir Honneur et Fidélité, durant toute leur mission.


Avant de quitter le Cameroun, les hommes en tenue ont reçu une formation répondant aux normes et standards des Nations unies. Ces quatre bataillons militaires et deux unités de police se sont également vu dispenser, avec l’appui du programme américain, la formation générale précédant tout engagement sous la bannière de l’ONU.

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 00:41
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

 

Centrafrique : Amnesty International dénonce des atrocités contre les civils dans la Basse-Kotto

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 11 SEPTEMBRE 2017

 

BANGUI, 11 septembre 2017 (RJDH)–L’Amnesty International, dans son rapport publié le 8 septembre a dénoncé des graves violations des droits de l’homme, commises par des éléments de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) de Ali Darass dans la Basse-Kotto au sud du pays.

 

Le Rapport de l’Amnesty International intervient alors que pays enregistre au moins 600.000 personnes déplacées à l’intérieur du pays et 438.700 réfugiés dont au moins 25.000 vers les villes de la République démocratique du Congo (RDC), voisines de la préfecture de la Basse-Kotto.

 

L’UPC de Ali Darass avait quitté Bambari sous pression de la Minusca pour s’installer dans la Basse-Kotto, une préfecture de la RCA. Sa présence dans cette partie du sud du pays a aussi tôt enregistré des attaques et exactions sur la population civile.

 

En août dernier, l’Amnesty International a mené une enquête de terrain qui lui a permis de révéler une flambée terrifiante des actes de torture, des pillages et des déplacements forcés imputables à l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), une des factions de l’ex Séléka.

 

« La population de la Basse-Kotto est laissée à la merci de l’UPC. Des femmes sont violées, des hommes sont tués, des villages sont détruits et la force de maintien de la paix des Nations-Unies s’avère incapable d’enrayer ces violences », a déclaré Joanne Mariner, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International.

 

Pour l’Amnesty International, les civils ne sont pas des victimes accidentelles de ce conflit mais des cibles directes. « Pour que le mandat des Nations-Unies en République Centrafricaine ait un sens, il faut qu’ils (NDLR : civils) soient mieux protégés», soutient cette organisation avant d’ajouter que les casques bleus  n’ont pas empêché les violences contre des civils malgré qu’ils sont arrivés un jour après le début des violences.

 

Aussi, « face à la vague de violences, notamment de viols et d’homicides systématiques de civils, que la République centrafricaine connaît actuellement, il faut que les Nations-Unies renforcent la protection de la population », déclare l’Amnesty International.

 

Selon les témoignages recueillis auprès de 30 personnes qui ont fui les violences, les attaques du 8 mai auraient fait 130 morts à Alindao. Ces rescapés ont donné les noms de 47 personnes tuées par l’UPC et des informations permettant de les identifier.

 

Amnesty International appelle à revoir les capacités de la MINUSCA, notamment en ce qui concerne la formation, l’équipement, la coordination et les effectifs en uniforme et en civil, de sorte qu’elle puisse remplir son mandat.

 

 

 

Centrafrique : Un panel d’experts réuni à Bangui sur la feuille de route de l’Union Africaine

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 11 SEPTEMBRE 2017

 

BANGUI,  11 Septembre 2017(RJDH)—Quatre pays et organisations sous régionales se sont réunis sur initiatives de l’Union Africaine pour lancer l’équipe de facilitation et de dialogue entre le gouvernement et les groupes armés en faveur de paix de façon définitive, ce 11 septembre à Bangui.

 

Il s’agit de l’Angola, du Tchad, du Congo Brazzaville, du Gabon et des organisations telles que la CRGL, la CEEAC, la Minusca. Cette rencontre portée par l’Union Africaine intervient après la signature de la feuille de route le 17 juin 2017 à Libreville au Gabon. Cette feuille de route qualifiée de seul cadre de discussions consensuelles.

 

Charles Armel Doubane, ministre centrafricain des Affaires Etrangères qualifie de point de départ l’approche mutuelle en faveur de paix, « aujourd’hui, nous devons jeter les bases d’une initiative mutuellement conçue, portée et qui sera appliquée pour ramener nous l’espérons définitivement la paix en République Centrafricaine. Cette initiative est pour nous la dernière des initiatives pour créer les conditions d’une accalmie durable  devant déboucher forcement sur la paix de laquelle dépend la relance, le relèvement, puis le développement de la RCA », a-t-il indiqué.

 

Jean Claude Gakosso ministre des Affaires étrangères du Congo Brazzaville considère cette rencontre comme un rendez-vous d’identification des pistes pour le dialogue et fait des recommandations suivantes, « les bonnes volontés ayant montré leurs limites, nous devons passer à l’action…, mais je voudrais vous recommander la cohésion, la probité morale, la neutralité, un engagement sans faille, à tout épreuve, parce que ce n’est pas un engagement facile mais surtout la persévérance », a-t-il exhorté.

 

Selon le constat RJDH, les experts membres du panel ont une mission définie par la feuille de route à savoir la facilitation de recherche en vue d’un consensus et compromis entre les parties centrafricaines, faire observer les principes directeurs édictés dans la feuille de  route et favoriser un climat de paix.

 

Des  recommandations sont attendues à l’issue des deux jours de travaux. L’initiative de l’Union Africaine est lancée dans un contexte où les violences armées sont signalées dans plusieurs villes à l’intérieur du pays malgré l’accord de San’t Egidio et le lancement du projet pilote sur le DDRR.

 

 

Centrafrique : Des entérobactéries résistent aux antibiotiques comme les moustiques aux insecticides

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 11 SEPTEMBRE 2017

 

BANGUI, 11 Septembre 2017 (RJDH)–Deux études menées par l’Institut Pasteur de Bangui les conclusions de ces études révèlent que les moustiques développent des résistances aux insecticides ainsi que  des entérobactéries aux antibiotiques. Ces deux cas deviennent inquiétant pour la santé publique en République Centrafricaine. C’est ce qui ressort d’une interview exclusive des experts ayant mené l’enquête du RJDH avec les spécialités de ces études.

 

RJDH : En mai 2017, l’Institut Pasteur avait publié une étude qui relève que les moustiques résistent aux insecticides à Bangui. Que peut-on retenir en plus de cette étude ?

 

IPB : Effectivement, des données sur la sensibilité des moustiques et plus précisément, sur les moustiques vecteurs des parasites qui causent le paludisme ont été publiées au mois de mai 2017. Nous profitons de cette seconde opportunité pour rappeler une fois de plus que le poids du paludisme en République Centrafricaine est très important et surtout chez les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans si on se réfère aux données du Ministère de la Santé. A cet effet, le paludisme reste un défi à relever en RCA comme dans les autres pays de l’Afrique sub-saharienne.


Ce qu’on peut retenir de plus de l’étude sur l’évaluation de la sensibilité des vecteurs du paludisme, c’est qu’elle constitue déjà un point de départ pour l’orientation des stratégies de lutte contre les anophèles en RCA, néanmoins, elle doit être étendue sur l’ensemble du territoire.


La résistance aux insecticides n’est pas un fait nouveau mais nécessite d’être évaluée dans l’espace et le temps car elle n’est que la résultante ou encore de la conséquence de l’action de l’homme dans l’environnement y compris les moustiques par exemple qui peuvent causer de nuisance ou encore des maladies. En effet, l’homme en essayant de réduire ou encore d’éliminer les moustiques, ces derniers développent de la résistance dans le but de survivre. En d’autres termes, la résistance à un insecticide peut se définir comme la faculté pour les moustiques à survivre lorsqu’ils sont exposés à des doses d’insecticides qui auraient normalement dû lui être fatales.


Il faut également savoir que les causes de l’émergence de la résistance sont multiples mais la principale reste l’utilisation intensive et prolongée d’insecticides aussi bien sur les vecteurs ravageurs dans le domaine de l’agriculture que ceux d’importance médicale.

 

RJDH : Les données publiées concernent quelles villes ?

 

IPB : Les données qui ont été publiées en mois de mai de cette année ne sont que pour la ville Bangui, la capitale et les quartiers environnants. Elles témoignent ou confirment les points de vu de la population banguissoise que nous avons relevés lors des prospections entomologiques qui ont été menées durant la période d’étude. En effet, le constat est unanime  chez les personnes qui ont bien voulu répondre à nos questions, leur point de vue est le suivant : « Quelque soit l’insecticide que nous utilisons pour faire de la pulvérisation intra-domiciliaire, il n’y a aucun effet sur les moustiques et on ne sait plus quoi utiliser ». Certes, le constat est inquiétant et nécessite déjà des campagnes de sensibilisation auprès des populations et à tous les niveaux (au niveau des quartiers,  écoles, marchés etc.) sur les moustiques et leur implication dans la transmission des maladies. Pour exemple, nous avons remarqué que dans les quartiers situés en périphérie de la ville,  la majorité des gîtes larvaires répertoriés est constituée des gîtes crées par des types d’activités comme la riziculture, les cultures maraîchères, l’exploitation des terres pour la fabrication des brique etc., lesquels sont préférentiellement exploités par des anophèles.

 

RJDH : L’institut Pasteur de Bangui et les chercheurs avaient proposé à ce que de nouvelles études soient menées rapidement pour identifier de nouvelles stratégies de lutte contre le paludisme en RCA. Quelle est la suite ?

 

IPB : Le principal objectif du service d’entomologie médicale de l’IPB est de mener des activités visant à prévenir ou contrôler certaines arboviroses d’importance médicale et susceptibles d’émerger ou de ré-émerger à l’instar de la dengue, du Chikungunya et de Zika mais aussi de mettre en place, en commun accord avec le ministère de la Santé, des stratégies nouvelles et durables de lutte contre les vecteurs du paludisme. Dans le cas de la RCA, et ne fusse que pour la ville de Bangui, la résistance mise en évidence même avec les pyréthrinoïdes qui sont censées être les insecticides recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé nous interpelle à adopter autres méthodes de lutte anti-vectorielle.


Les nouvelles stratégies font recourt par exemple à l’usage des bio-insecticides comme le Bti (Bacillus thuringiensis israelensis) qui sont des toxines bactériennes très toxiques pour les larves des moustiques. Contre les moustiques adultes, envisager l’utilisation d’autres insecticides que les pyréthrinoïdes et ceux que nous avons déjà pour la pulvérisation intra-domiciliaire. Néanmoins, l’idéal pour le moment est de faire recours à des méthodes mécaniques et écologiques, basées sur l’assainissement de l’environnement (suppression des gîtes de reproduction des moustiques), et l’usage de barrières de protection contre les piqûres de moustiques à l’instar des moustiquaires imprégnées d’insecticides. L’aménagement de l’environnement consiste à supprimer des gîtes larvaires, en d’autres termes à éliminer toute eau stagnante dans les domiciles et dans les alentours des habitations.


En RCA, les campagnes de distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide lancé en 2006 par le Programme National de Lutte contre le paludisme constitue déjà un moyen considérable de prévention du paludisme. Néanmoins, il est aussi primordial d’évaluer leur efficacité dans le temps et le contexte local. Dans cet ordre d’idée, une étude visant à évaluer l’impact de la transmission résiduelle du paludisme, définie comme toutes formes de transmission du paludisme pouvant persister après la réalisation de la couverture universelle complète avec les moustiquaires imprégnées à longue durée d’action et/ou Pulvérisation Intra-domiciliaire efficaces est en cours d’étude.


Les nouvelles stratégies à mettre en place dépendront de la collecte de toutes des données obtenues au laboratoire mais également sur le terrain lesquelles doivent être représentatives pour l’ensemble du territoire centrafricain.

 

RJDH : Aujourd’hui, c’est un nouveau cas où la quasi-totalité des antibiotiques commercialisés en Centrafrique sont impuissants face à des souches d’Entérobactéries. Pouvez-vous nous expliquer en plus les résultats de cette étude ?

 

IPB : Les résultats de cette étude pilotée par le Laboratoire de Bactériologie de l’Institut Pasteur de Bangui montrent à quel point la résistance des entérobactéries aux antibiotiques est devenue inquiétante pour la santé publique en République Centrafricaine. Les perforations typhiques de l’intestin grêle étant des maladies graves, leur prise en charge thérapeutique devient naturellement compliquée lorsqu’elles sont associées à des bactéries multi-résistantes aux antibiotiques (BMR). En effet, l’utilisation intensive des antibiotiques en milieux communautaires et hospitaliers a généré une pression de sélection sur les bactéries, qui ont développé des systèmes de défense extrêmement performants contre les antibiotiques. Les mauvaises conditions d’hygiène et la mauvaise utilisation des antibiotiques, passant par l’automédication, le commerce irrationnel des antibiotiques, les  traitements trop courts ou trop longs, parfois mal dosés s’affichent aussi en facteurs favorisant l’émergence des BMR. A l’heure actuelle, les BMR sont devenues plus fréquentes depuis une dizaine d’années à Bangui et ne cessent d’acquérir de nouveaux mécanismes de résistance aux antibiotiques. Elles sont  essentiellement des bactéries intestinales (Enterobactéries) qui sécrètent deux types d’enzymes dites BLSE (Bêta-lactamase à spectre élargi) ou céphalosporinase qui sont  capables de détruire la quasi-totalité les dérivés modernes de la pénicilline. Ce phénomène est mondial et touche à des degrés divers tous les pays de l’Afrique subsaharienne.

 

RJDH : Quelles sont les pistes de solution que l’Institut Pasteur de Bangui propose aujourd’hui vis-à-vis de ce cas ?

 

IPB : La dissémination des BMR et l’absence de nouveaux antibiotiques font courir un risque d’impasse thérapeutique de plus en plus fréquent. Afin de prévenir  cette situation, l’Institut Pasteur ne peut pas promouvoir une solution permettant d’éviter l’apparition de résistances, car les bactéries trouveront toujours un moyen de s’adapter. Il convient plutôt de préserver le plus longtemps possible l’efficacité des antibiotiques disponibles.

 

En effet deux études récentes menées par notre Laboratoire de Bactériologie ont démontré l’existence de portage intestinal de BMR en milieu communautaire et en milieu hospitalier (Personnels soignants). Au regard de ces données, des mesures élémentaires comme le lavage systématique des mains en sortant des toilettes restent fondamentales pour éviter la diffusion d’entérobactéries résistantes. En revanche, en milieu hospitalier, nous avons vivement encouragé les personnels soignants à respecter la pratique du lavage des mains entre chaque consultation afin de réduire la dissémination inter-patients.

 

Par ailleurs, il est nécessaire de réduire la consommation excessive d’antibiotiques par des plans de rationalisation des prescriptions et des campagnes de sensibilisation destinées au grand public. Dans ce contexte, il est important que les médecins puissent distinguer les infections bactériennes des infections virales qui ne nécessitent pas  l’usage des antibiotiques.

 

RJDH : Je vous remercie

 

IPB : Merci

 

IPB : Plusieurs experts ont répondu à nos questions pour le compte de l’Institut Pasteur de Bangui

Propos recueillis par Fridolin Ngoulou

 

 

 

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 11:14
Amnesty International dénonce la passivité de la MINUSCA en RCA

 

 

Amnesty International dénonce la passivité de la MINUSCA en RCA

 

http://www.dw.com 08.09.2017

 

Selon l'ONG, les rebelles de l’Union pour la paix en Centrafrique commettent de nombreuses exactions contre des civils dans la préfecture de Basse-Kotto. Sous le regard du contingent de la MINUSCA.

 

"Nous ne pouvons pas nous engager dans un combat armé. Nous voulons apporter la paix."(Parfait Onanga-Anyanga)

 

Le constat a été fait par une équipe d’Amnesty International qui mené en août dernier, une enquête de terrain qui lui a permis de révéler une flambée terrifiante des actes de torture, des pillages et des déplacements forcés imputables à une ramification de la Seleka, l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC).  Pendant son séjour qui a duré deux semaines en RCA, les représentants  d’Amnesty International se sont entretenus avec 30 personnes ayant fui les violentes attaques contre les civils qui se déroulent depuis quelques mois dans la préfecture de Basse-Kotto, notamment le massacre perpétré le 8 mai dans la ville d’Alindao, qui aurait fait au moins 130 morts, selon l'ONG de défense des droits de l'Homme.

 

La Minusca compte un effectif de 12 870 personnes en uniforme dont 10 750 militaires

 

La MINUSCA est déployée de manière sporadique dans de nombreuses zones. "des témoins nous ont dit qu’ils n’ont jamais vu de patrouilles de la Minusca et que la Minusca est arrivée un jour après les combats et donc n’a pas pu les protéger contre les abus qui ont été commis. La Minusca aujourd’hui, ce dont elle a besoin, c’est d’un mandat plus fort, mais aussi de capacités nécessaires pour pouvoir prévenir les abus et protéger les populations", a déclaré à la Deutsche Welle, Balkissa Ide Siddo, spécialiste de l’Afrique centrale à Amnesty International et faisant partie de l’équipe d'enquête.

 

Le déni de la Minusca et des autorités

 

Ces accusations sont balayées d'un revers de la main par Parfait Onanga-Anyanga, le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique et chef de la Minusca. "ah non, non, non. Ouvrir le feu ne pose pas de problèmes. Notre mandat nous autorise à le faire. Nous ne pouvons pas nous engager dans un combat armé. Nous voulons apporter la paix. Nous ne pouvons l’utiliser les armes qu’en self-défense et pour protéger les populations civiles. Et ma foi, ça reste une tâche extrêmement complexe, surtout dans un contexte ou les groupes armés s’attaquent désormais à la Minusca. Ce qui est extrêmement condamnable."

 

Réaction des autorités

 

Simplice Sarandji, le Premier ministre centrafricain abonde dans le même sens. "les troupes de la Minusca que nous avons ici, leur objectif á eux dévolu n’est pas de faire la guerre aux centrafricains. Mais dire que la Minusca ne sécurise pas la population civile, c’est quand même trop dire. Imaginez un seul instant que la Minusca ne soit pas en RCA, quelle sera la situation de ce pays là aujourd’hui ? Il faut quand même raison-garder et raisonner en tenant compte de ce qui est logique et non se complaire dans une sorte d’interprétation des propos qui n’honorent personne. Je suis centrafricain, indépendamment de ma position de Premier ministre, je puis vous dire que sans la Minusca, la RCA ne devrait pas exister aujourd’hui."

 

Pour sa part, Kag Sanoussi, Expert en intelligence négociationnelle et Président de l'IIGC, Institut International de gestion des conflits. "L’élément fondamental, ce n’est pas tant renforcer les équipes de la Minusca. C’est de faire en sorte que l’embargo sur les armements pour la RCA soit levé, de faire en sorte que les FACA (NDLR, forces armées centrafricaines soient formées rapidement, qu’il y ait des bataillons qui se déploient sur le terrain. Parce que, on ne va pas faire comme en RDC ou les forces de l’ONU sont là pendant 20,30, ou 40 ans. Il faut que l’armée centrafricaine soit remise debout pour reprendre les rennes du pays. Je pense que c’est dans cette stratégie qu’il faut aller" explique-t-il.

 

Violences aux relents confessionnels

 

Selon Amnesty International, les violences dans la Basse-Kotto ont pris une dimension confessionnelle. L’UPC dirigée par Ali Darassa Mahamat composée essentiellement de musulmans, s’en prend à des chrétiens dans des villes et villages. Car elle considère qu’ils soutiennent les groupes armés refusant sa domination.  À l’inverse, les anti-balaka et les autres groupes armés d’"autodéfense" à majorité chrétienne attaquent sans relâche des civils musulmans.

 

Comme à la fin de 2013 et au début de 2014, lorsque des centaines de milliers de musulmans avaient été expulsés violemment de l’ouest du pays, le conflit armé prend une tournure confessionnelle de plus en plus visible.

 

L’Observatoire centrafricain des droits de l’homme (OCDH) a dénombré plus de 100 victimes de violences sexuelles qui ont fui la région pour se réfugier à Bangui, la capitale, au cours des derniers mois, et ce chiffre est certainement très en deçà de la réalité. La plupart des victimes, sinon toutes, ont été violées en réunion.

 

Amnesty International, ajoute que les crimes de droit international perpétrés contre des civils en République centrafricaine relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI), du tribunal pénal spécial  -juridiction hybride récemment créée - et du système judiciaire national. Toutefois, ces trois institutions présentent des points faibles.

 

L’enquête de la CPI depuis septembre 2014

 

Elle ne concernera vraisemblablement qu’une poignée de suspects. Le tribunal pénal spécial n’est pas encore opérationnel, bien qu’il soit désormais doté d’un procureur et de ressources financières. Le système judiciaire national, déjà fragile, a été affaibli encore davantage par le conflit et nécessite une reconstruction presque totale. " il y a peu d’espoir de rompre la spirale de la violence en République centrafricaine en l’absence d’un système de redevabilité efficace, qui permette de traduire en justice les responsables présumés de ces crimes odieux", a conclu Balkissa Ide Siddo.

 

Des dizaines de milliers de personnes ont fui les villes les plus touchées par les combats, comme Alindao, Mingala, Nzangba et Mobaye - à la frontière avec la RDC -, ainsi que d’innombrables villages de la région. Et elles se sont réfugiées à Bambari, à Bangui ou en RDC. D’autres personnes déplacées survivent en brousse dans des conditions déplorables, notamment sur les petites îles de la rivière Oubangui, à la frontière avec la RDC.

 

Les populations fuient les zones de conflits

 

Plusieurs villes et villages de la préfecture de Basse-Kotto seraient pratiquement vidés de leurs habitants, le peu qu’il reste de la population civile ayant trouvé refuge dans l’enceinte de différentes églises, qui sont ainsi devenues des camps pour personnes déplacées. Selon l’OCDH, les violences se poursuivent dans la région, les derniers affrontements signalés ayant eu lieu le 23 août dans la ville de Kongbo, et les personnes déplacées continuent d’affluer à Bangui.

 

La préfecture de Basse-Kotto est l’une des régions où le conflit a explosé en 2017, lorsque la situation du pays en matière de sécurité s’est aggravée. À l’heure actuelle, le gouvernement démocratiquement élu n’a que peu ou pas de pouvoir hors de la capitale et le reste du pays est de fait sous le contrôle de divers groupes armés.

 

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 10:46
Centrafrique : l'inspection des finances détecte 532 militaires et gendarmes fictifs

 

 

 

 

French.china.org.cn Mis à jour le 07-09-2017

 

En Centrafrique, 532 militaires et gendarmes ont été identifiés comme étant irréguliers à la suite d'un contrôle physique de trois mois, a appris Xinhua jeudi auprès de l'Inspection générale des finances (IGF) du pays.

 

A l'inverse de ces éléments fantômes, qui ne se sont jamais présentés à l'appel de leur nom dans les rangs, quelque 5.183 autres ont été rétablis dans leurs droits.

 

Ceux qui ont été rétablis ont reçu des compensations liées aux avantages de leurs droits légaux, aux grades et aux échelons, selon l'inspecteur général des finances Germain Wamoustoyo, qui a dénoncé des erreurs d'application des textes en vigueur.

 

Il a été reproché à certains éléments de la gendarmerie et de l'armée, d'après M. Wamoustoyo, d'avoir falsifié des diplômes et des décisions d'homologation, alors que d'autres se seraient faits contrôler sous l'identité de leurs collaborateurs décédés.

 

Les officiers de la gendarmerie et de l'armée n'ont pas été épargnés au cours de ce contrôle. Quelques-uns bénéficiant à la fois de logements administratifs et d'indemnités de logement, M. Wamoustoyo a suggéré l'obligation d'obéir à l'un ou l'autre des deux cas, mais pas les deux à la fois.

 

Suite à ce contrôle, les 10.399 effectifs déclarés en avril dernier sont passés à 9.377 en août de cette année.

 

Il ne faut pas perdre de vue qu'avec la crise que la Centrafrique a connue, de nombreux militaires, gendarmes et policiers ont intégré les rangs des milices anti-balaka en résistance face à l'ex-rébellion Séléka.

 

Source: Agence de presse Xinhua

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 10:39
Centrafrique : nouveaux affrontements entre factions du FPRC à Bria

 

 

 

Centrafrique: "violents combats" à Bria, au moins 1 mort et 53 blessés

 

08/09/2017  AFP

 

De violents combats ont secoué Bria, dans l'est de la Centrafrique, jeudi, faisant au moins un mort et 53 blessés, selon un premier bilan de l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) transmis vendredi à l'AFP.

 

"Des violents combats ont à nouveau secoué la ville de Bria le 7 septembre", a annoncé MSF, qui explique avoir pris en charge 25 blessés à l'hôpital de Bria, et 28 à la clinique d'un site de déplacés, dans laquelle une personne est décédée.

 

Selon Eusebe Gonayo, habitant de Bria joint par téléphone par l'AFP, "des tirs nourris d'armes lourdes et légères ont retenti jusqu'en début d'après-midi" jeudi dans la ville.

 

Les combats ont opposé deux factions en conflit du groupe armé Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), celle menée par Nourredine Adam et son coordonnateur militaire à Bria, Abdoulaye Hissène, l'autre, emmenée par Azor Khalit.


La Mission des Nations unies (Minusca), présente à Bria, confirme que les combats ont "opposé deux factions du FPRC".

 

Son porte-parole, Vladimir Monteiro, explique à l'AFP que les éléments de la Minusca "s'assurent de la sécurisation des déplacés et que l'hôpital est protégé".


"Nous avons reçu des blessés au service des urgences de Bria à chaque éruption de violence. Nous constatons malheureusement que (leur) nombre est chaque fois plus important", écrit dans le communiqué Jean-Pierre Kaposo, responsable de MSF à Bria.

 

La Centrafrique subit depuis plusieurs mois une recrudescence d'affrontements entre groupes armés, avec pour enjeu le contrôle des ressources naturelles et des zones d'influence.

 

L'ex-colonie française de 4,5 millions d'habitants a basculé dans la guerre civile en 2013 après le renversement du président François Bozizé par les groupes armés de la Séléka ("coalition" en langue nationale sango), affirmant défendre les quelque 20% de musulmans de Centrafrique, entraînant une contre-offensive des milices antibalaka ("antimachettes") majoritairement chrétiennes.

 

 

Centrafrique : nouveaux affrontements entre factions du FPRC à Bria

 

French.china.org.cn Mis à jour le 09-09-2017

 

 

De nouveaux affrontements entre factions rivales du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), l'ex-rébellion Séléka à dominante musulmane, ont été signalés à Bria (centre-est), selon une source locale jointe vendredi au téléphone par Xinhua.

 

C'est le désarmement de deux éléments de la faction d'Abdoulaye Hissein, qui se sont aventurés dans un périmètre contrôlé par les hommes d'Ali Ousta, un proche d'Azor Kalité, chef de l'autre faction rivale du FPRC, sous le prétexte d'une visite familiale, qui a mis le feu aux poudres, a-t-on indiqué de même source.

 

D'après un communiqué de Médecins sans frontières (MSF) qui opère dans cette localité et repris par Radio Ndéké Luka, deux jours de combats ont fait une dizaine de morts et 53 blessés. L'interposition des casques bleus de la MINUSCA aurait alourdi le bilan dans les deux camps.

 

En moins d'une semaine, l'arrivée de renforts de la branche d'Abdoulaye Hussein venus d'Ouadda, au nord-est de Bria, et l'interpellation d'un pilote de taxi-moto avaient déjà fait monter la tension.

 

Face à cette situation, les patients de l'hôpital régional et les paroissiens de l'église catholique Saint-Louis ont dû se mettre à l'abri dans le quartier de Gobolo, majoritairement peul, situé à trois kilomètres à l'est du centre commercial de Bria, a-t-on ajouté.

 

"Certains déplacés internes ayant campé près de la MINUSCA ont décidé de créer un site spontané, 18km plus loin sur l'axe Bria-Ippy (ouest de Bria), dans le village de Ngoumbi", selon cette source.

 

Interrogé sur les raisons de cette querelle, l'anthropologue Saint-Cyr Mandji évoque des différends entre les Goula et les Rounga, deux ethnies rivales des localités de Ndélé et de Birao (nord-est), sans parler du fait que Bria est riche en ressources minières. En 2011 déjà, le président renversé François Bozizé s'était impliqué dans le règlement d'une querelle entre Goula et Rounga.

 

Pour l'heure, dans le souci de renforcer leurs rangs, les Goula conduits par Azor Kalité ont pactisé avec les milices anti-balaka, adversaires de la Séléka, selon M. Mandji.

 

En raison de ces affrontements fratricides entre éléments du FPRC, presque tous les quartiers de Bria sont désormais incendiés. Les populations plongées dans le dénuement le plus total attendent une aide humanitaire, mais les ONG ont retiré leurs personnels ou réduit sensiblement leurs effectifs pour des raisons de sécurité.

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

 

Centrafrique : La tension toujours vive entre deux branches rivales FPRC à Bria

 

Par RJDH Centrafrique - 08/09/2017

 

Un affrontement armé s’est déroulé hier à Bria au centre du pays entre deux factions rivales du FPRC-Séléka. Ce combat a fait fuir la population civile qui a trouvé refuge autour de la base de la Minusca dans la localité.

 


La Minusca a confirmé que les tensions sont encore vives à Bria, chef-lieu de la Haute Kotto au centre-est du pays. Difficile d’établir un bilan suite au combat d’hier, mais des sources locales et non officielles ont indiqué au RJDH qu’un proche d’Abdoulaye Issène serait tué lors de l’affrontement et une dizaine d’autres personnes.

 

 

La Minusca se réserve du bilan de cette attaque, mais dit avoir pris des dispositions sécuritaires autour de l’Hôpital de Bria, « hier y a eu un affrontement entre la faction du FPRC à Bria et depuis ce matin le calme est revenu sauf que la tension reste toujours tendue. Nous avons pris des dispositions sécuritaires pour protéger la population autour de la base de la Minusca et l’hôpital de la ville », a fait savoir Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca.

 


Selon les informations du RJDH, une tendance du FPRC dirigée par Abdoulaye Hissene, voulait s’en prendre à l’autre groupe qui se coalise avec les Anti-Balaka pour des raisons qui ne sont pas encore biens connues.

 


Cette crise à Bria au centre du pays intervient alors que le gouvernement est dans la dynamique de mise en œuvre du projet pilote du désarmement. Elle confirme davantage la fragilité des accords dont le FRPRC est signataire.

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 01:43
Centrafrique : le président Touadéra veut renforcer la coopération avec le Liban
Centrafrique : le président Touadéra veut renforcer la coopération avec le Liban

 

 

 

 

french.china.org.cn  le 08-09-2017

 

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, actuellement en visite officielle au Liban, entend renforcer la coopération bilatérale entre les deux pays dans plusieurs domaines, a fait savoir vendredi la présidence centrafricaine.

 

"Je suis ici (au Liban) pour promouvoir le nouveau dynamisme de coopération entre la République centrafricaine et la République du Liban. Ce nouvel élan, que j'appelle de tous mes vœux, a été présent au cours de mes entretiens avec mon homologue libanais", a déclaré M. Touadéra, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président libanais, Michel Aoun.

 

Selon M. Touadéra, au-delà des autres axes de la coopération bilatérale entre les deux pays, les domaines prioritaires sont la sécurité, la lutte contre le terrorisme, l'éducation, l'agriculture, l'habitat et les relations diplomatiques.

 

M. Touadéra voit derrière la coopération bilatérale l'importance de "la promotion et le renforcement des investisseurs libanais en RCA".

 

Celui-ci a rappelé qu'au début des années 1970, des investisseurs libanais ont commencé à s'implanter en RCA et se distinguent avec succès dans de nombreux secteurs, notamment l'éducation, le commerce, la santé, les services, le mobilier, les transports, tant aériens que routiers.

 

"Les acteurs économiques libanais ont su contribuer à tisser des liens forts entre la RCA et le Liban", a conclu le président Touadéra, une façon de reconnaître la place essentielle qu'occupent les investisseurs libanais dans l'économie centrafricaine.

 

Source: Agence de presse Xinhua

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 01:27
ATROCITES EN BASSE KOTTO : COMMUNIQUE DE PRESSE D'AMNESTY INTERNATIONAL

 

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

 

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE. DES CIVILS VICTIMES D’ATROCITÉS EN BASSE-KOTTO, LA PROTECTION DES NATIONS UNIES S’AVÈRE INEFFICACE

 

https://www.amnesty.fr  Publié le 08.09.2017.

 

Face à la vague de violences, notamment de viols et d’homicides systématiques de civils, que la République centrafricaine connaît actuellement, il faut que les Nations unies renforcent la protection de la population, a déclaré Amnesty International vendredi 8 septembre 2017.

 

En août dernier, l’organisation a mené une enquête de terrain qui lui a permis de révéler une flambée terrifiante des actes de torture, des pillages et des déplacements forcés imputables à une ramification de la Seleka, l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC).

 

« La population de la Basse-Kotto est laissée à la merci de l’UPC. Des femmes sont violées, des hommes sont tués, des villages sont détruits et la force de maintien de la paix des Nations unies s’avère incapable d’enrayer ces violences, a déclaré Joanne Mariner, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International.

 

« Les civils ne sont pas des victimes accidentelles de ce conflit mais des cibles directes. Pour que le mandat des Nations unies en République centrafricaine ait un sens, il faut qu’ils soient mieux protégés. »

 

À l’occasion d’une visite de deux semaines sur place, des délégués d’Amnesty International se sont entretenus avec 30 personnes ayant fui face aux violentes attaques contre les civils qui se déroulent depuis quelques mois dans la préfecture de Basse-Kotto, notamment le massacre perpétré le 8 mai dans la ville d’Alindao, qui aurait fait au moins 130 morts.

 

Ces rescapés ont donné les noms de 47 personnes tuées par l’UPC et des informations permettant de les identifier. On ignore le nombre exact de victimes mais, en se fondant sur des sources crédibles, on l’estime à plusieurs centaines.

 

Attaques interconfessionnelles contre des civils

 

Comme à la fin de 2013 et au début de 2014, lorsque des centaines de milliers de musulmans avaient été expulsés violemment de l’ouest du pays, le conflit armé non international prend une tournure confessionnelle de plus en plus visible.

 

L’UPC, composée essentiellement de musulmans, s’en prend à des chrétiens dans des villes et des villages car elle considère qu’ils soutiennent les groupes armés refusant sa domination. À l’inverse, les anti-balaka et les autres groupes armés d’« autodéfense » à majorité chrétienne attaquent sans relâche des civils musulmans.

 

Un dignitaire religieux d’Alindao, l’un des villes de la région les plus touchées par le conflit, a expliqué à Amnesty International : « C’est devenu un affrontement entre musulmans et chrétiens... On ne veut pas de guerre de religion, on la refuse totalement, mais il y a manifestement un conflit intercommunautaire. »

 

Les violences sont terribles. Annie (36 ans) explique que des combattants de l’UPC les ont capturés, son mari et elle, le 10 mai à Alindao. Son mari a tenté de s’échapper mais ils lui ont tiré dans les jambes.

 

« On va vous faire quelque chose à vous, les chrétiens, dont vous allez vous souvenir pendant des générations, dit-elle en reprenant les propos que ces hommes ont tenus, avant que l’un d’eux la viole et qu’un autre viole son mari.

 

« Après avoir violé mon mari, il lui a tiré dans la tête », a ajouté Annie. Ces viols et cet homicide ont été commis sous les yeux de ses cinq enfants.

 

Sur les 25 femmes de la région avec lesquelles les délégués d’Amnesty International se sont entretenus, 20 avaient été violées et presque toutes avaient assisté au meurtre des hommes de leur famille.

 

Une veuve de 28 ans sanglotait en racontant comment elle avait perdu son mari, son père et son fils de cinq ans.

 

Son mari a été tué le 8 mai à Alindao et, le lendemain, les autres membres de la famille ont été repérés par l’UPC alors qu’ils se cachaient dans une case en brousse. Les combattants de l’UPC ont tué son père, ont violé en réunion sa mère de 62 ans et elle-même, et ont frappé la tête de son fils contre le sol de la case ; celui-ci n’a pas survécu.

 

« Après que trois d’entre eux m’ont violée, j’ai perdu connaissance. Quand je suis revenue à moi, j’étais attachée à un arbre, a-t-elle expliqué. Ma mère m’a détachée et nous nous sommes enfuies. J’étais en pleine crise de nerf. »

 

« L’UPC utilise le viol comme une arme de guerre et comme un moyen d’humilier et d’avilir avec violence ses victimes, ce de manière apparemment systématique, a déclaré Balkissa Ide Siddo, spécialiste de l’Afrique centrale à Amnesty International.

 

« Cependant, la tournure confessionnelle que ces attaques sont en train de prendre est peut-être l’aspect le plus inquiétant de la crise actuelle. »

 

L’Observatoire centrafricain des droits de l’homme (OCDH) a dénombré plus de 100 victimes de violences sexuelles qui ont fui la région pour se réfugier à Bangui, la capitale, au cours des derniers mois, et ce chiffre est certainement très en deçà de la réalité. La plupart des victimes, sinon toutes, ont été violées en réunion.

 

Des casques bleus incapables de protéger les civils

 

Les casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA) n’ont pas empêché les violences contre des civils. Comptant un effectif de 12 870 personnes en uniforme, dont 10 750 militaires, la MINUSCA est déployée de manière sporadique dans de nombreuses zones.

 

Selon des témoins, les casques bleus sont arrivés à Alindao un jour au moins après le début des violences et ils n’étaient pas assez nombreux pour y mettre fin. Plutôt que d’organiser des patrouilles régulières à titre préventif, ils se sont concentrés sur la protection de l’hôpital et du camp pour personnes déplacées géré par l’église catholique.

 

« Nous craignons qu’en cas d’attaque [dans un camp pour personnes déplacées à Alindao] la MINUSCA ne se replie sur sa base, auquel cas il y aura un massacre », a déclaré un dirigeant local.

 

Amnesty International appelle à revoir les capacités de la MINUSCA, notamment en ce qui concerne la formation, l’équipement, la coordination et les effectifs en uniforme et en civil, de sorte qu’elle puisse remplir son mandat.

 

« Bien que les soldats de la MINUSCA aient sauvé de nombreuses vies en République centrafricaine, leurs échecs risquent de ruiner la confiance de la population à l’égard de la mission de maintien de la paix et de mettre des milliers de personnes en danger, a déclaré Joanne Mariner.

 

« De nombreux Centrafricains sont de plus en plus sceptiques quant à la volonté et à la capacité de la MINUSCA de restaurer l’ordre, ainsi qu’à son aptitude à assurer un mandat de protection des civils, même limité. »

 

Les crimes de droit international perpétrés contre des civils en République centrafricaine relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI), du tribunal pénal spécial (juridiction hybride récemment créée) et du système judiciaire national. Toutefois, ces trois institutions présentent des points faibles.

 

L’enquête de la CPI, qui a débuté en septembre 2014, ne concernera vraisemblablement qu’une poignée de suspects. Le tribunal pénal spécial n’est pas encore opérationnel, bien qu’il soit désormais doté d’un procureur et de ressources financières. Le système judiciaire national, déjà fragile, a été affaibli encore davantage par le conflit et nécessite une reconstruction presque totale.

 

« Il y a peu d’espoir de rompre la spirale de la violence en République centrafricaine en l’absence d’un système de redevabilité efficace, qui permette de traduire en justice les responsables présumés de ces crimes odieux, a déclaré Balkissa Ide Siddo.

 

« Il faut que le tribunal pénal spécial obtienne le financement indispensable pour fonctionner dès que possible. »

 

Plus d’un million de personnes déplacées par le conflit

 

Plus de 100 000 personnes ont été déplacées par le conflit depuis avril. Actuellement, on compte au moins 600 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays et 438 700 réfugiés dans les pays voisins, principalement au Cameroun, en République démocratique du Congo (RDC) et au Tchad.

 

Des dizaines de milliers de personnes ont fui les villes les plus touchées par les combats, comme Alindao, Mingala, Nzangba et Mobaye (à la frontière avec la RDC), ainsi que d’innombrables villages de la région, et se sont réfugiées à Bambari, à Bangui ou en RDC. D’autres personnes déplacées survivent en brousse dans des conditions déplorables, notamment sur les petites îles de la rivière Oubangui, à la frontière avec la RDC.

 

Plusieurs villes et villages de la préfecture de Basse-Kotto seraient pratiquement vidés de leurs habitants, le peu qu’il reste de la population civile ayant trouvé refuge dans l’enceinte de différentes églises, qui sont ainsi devenues des camps pour personnes déplacées.

 

Selon l’OCDH, les violences se poursuivent dans la région, les derniers affrontements signalés ayant eu lieu le 23 août dans la ville de Kongbo, et les personnes déplacées continuent d’affluer à Bangui.

 

La préfecture de Basse-Kotto est l’une des régions où le conflit a explosé en 2017, lorsque la situation du pays en matière de sécurité s’est aggravée. À l’heure actuelle, le gouvernement démocratiquement élu n’a que peu ou pas de pouvoir hors de la capitale et le reste du pays est de fait sous le contrôle de divers groupes armés.

 

Historique du conflit en Basse-Kotto

 

Lorsque l’ancien président Michel Djotodia a démissionné en janvier 2014, les combattants armés de la Seleka se sont retirés du tiers ouest du pays mais ont renforcé leurs positions dans le centre et l’est. La coalition s’est alors divisée en plusieurs factions, chacune proclamant son autorité de fait sur un certain territoire.

 

L’UPC, dirigée par le général Ali Darassa Mahamat, a ainsi contrôlé la ville de Bambari et une grande partie de la préfecture d’Ouaka pendant plus de deux ans. Composée majoritairement de Peuls (Darassa est lui-même peul), elle a lancé une série d’attaques brutales contre des civils dont elle considérait qu’ils soutenaient les combattants anti-balaka, chrétiens pour la plupart, qui s’opposaient à elle.

 

En février 2017, tentant de démilitariser Bambari, la MINUSCA a convaincu Darassa de quitter la ville. Il a alors installé son quartier général à Alindao, en Basse-Kotto, et a commencé immédiatement à s’en prendre aux civils.

 

Les premiers changements que ceux-ci ont pu observer ont été la multiplication des paiements forcés (sommes prélevées au passage des postes de contrôle de l’UPC, par exemple) et l’extorsion manifeste. La population locale relativement aisée, comme les propriétaires de bétail, était particulièrement visée.

 

Les délégués d’Amnesty International se sont entretenus avec un homme d’un petit village situé près de Nzangba que l’UPC avait fait prisonnier et torturé en mars, dans le but de le contraindre à donner son troupeau. Celui-ci a expliqué que les combattants de l’UPC étaient venus chez lui et avaient exigé qu’il leur cède ses 26 bovins et tous ses biens sur ordre d’Ali Darassa.

 

Il a été détenu six jours, au cours desquels il a été témoin du meurtre de quatre prisonniers.

 

Le bilan humain

 

L’UPC a lancé une série de violentes attaques en mai : le 8 à Alindao, le 17 à Nzangba et le 25 à Mobaye.

 

Le bain de sang qui a eu lieu à Alindao a été précipité par une attaque extrêmement matinale des forces anti-balaka dans le quartier de Paris-Congo (sud-est de la ville). Après les avoir mises en déroute, l’UPC s’est déchaînée contre la population chrétienne.

 

Judith (29 ans), du quartier de Paris-Congo, s’est retrouvée séparée de son mari lorsqu’elle a fui avec ses enfants, après que des coups de feu ont retenti près de chez eux. En brousse, elle est tombée sur des combattants de l’UPC ; les hommes qui se trouvaient avec elle ont été abattus et les femmes, violées.

 

« Ils nous ont ordonné de nous allonger par terre... Nous étions plusieurs femmes... Comme je ne me suis pas couchée assez vite, un combattant m’a jetée au sol et a déchiré ma culotte pour avoir un rapport sexuel avec moi devant tout le monde... Après le viol, il m’a donné deux coups de pied... D’autres combattants étaient en train de violer d’autres femmes. Mes quatre enfants étaient là et ils pleuraient. »

 

Marie (33 ans) a été capturée avec son mari le 10 mai dans les champs entourant Alindao. Elle a indiqué que les combattants de l’UPC avaient abattu son mari parce qu’il avait refusé de donner son bétail, avant de la violer en réunion devant ses enfants.

 

Florida (27 ans) s’est enfuie dans la brousse avec sa famille le 8 mai ; ils sont rentrés deux semaines plus tard parce que les conditions étaient trop difficiles. La nuit de leur retour, des combattants de l’UPC ont enfoncé la porte et fait irruption dans la maison.

 

« Ils ont attaché [mon mari] à un arbre devant la maison. Ils m’ont bandé les yeux et m’ont déshabillée... Ils ont dit que mon mari allait bien voir comment sa femme serait traitée. Deux m’ont violée sous ses yeux. Les enfants pleuraient. Après ça, ils ont tiré dans la gorge de mon mari. »

 

Guilaine (30 ans) vivait avec son père de 60 ans et ses deux enfants dans le centre d’Alindao. Trois combattants de l’UPC sont arrivés dans leur quartier et ont attaché son père à un arbre. Le voyant sans défense, elle s’est mise à pleurer. Alors les combattants lui ont dit qu’ils allaient lui montrer ce dont ils étaient capables et ont tranché la gorge de son père.

 

« Les trois soldats m’ont violée sous les yeux de mes enfants, puis ils m’ont frappée dans le dos avec la crosse d’un fusil. Je me suis enfuie avec mes enfants mais je pouvais à peine marcher. »

 

On ne connaît pas le nombre exact de personnes tuées pendant l’attaque d’Alindao mais la Croix-Rouge centrafricaine a signalé avoir ramassé plus de 130 corps après six jours de violences. Outre les homicides et les viols, l’UPC a organisé des pillages à grande échelle de logements civils.

 

Alindao est désormais une ville fantôme aux rues désertes. Quelques musulmans sont restés et continuent de faire fonctionner un petit marché, mais la majorité des chrétiens sont partis. Environ 20 000 chrétiens on trouvé refuge dans des camps de fortune pour personnes déplacées à l’église catholique et dans d’autres églises.

 

Thérèse (43 ans) a été témoin de l’assassinat de son mari et de son fils lorsque l’UPC a attaqué la ville de Nzangba le 17 mai.

 

« Trois membres de la Seleka sont entrés dans notre résidence... Ils portaient des uniformes militaires. Par des gestes, ils ont indiqué à mon mari qu’il devait s’allonger par terre. Il a refusé. Un Peul a immédiatement tiré sur lui. Il s’est écroulé. Mon fils aîné s’est effondré en larmes sur le corps de mon mari. Un autre [combattant] l’a abattu. Il est mort aussi... Les trois m’ont ensuite violée... devant mes enfants. »

 

Princia (20 ans), qui vivait chez ses parents, s’est enfuie dans la brousse lorsque des combattants de l’UPC sont arrivés et est rentrée quand sa famille a cru que les hommes armés avaient quitté les lieux.

 

« Ils ont enfoncé la porte. Ils ont tué mon père et nous ont violées, mes sœurs et moi. Ils nous ont attachées avec des cordes. Je me suis évanouie pendant le viol. Quand ils sont partis, nous nous sommes enfuies dans la brousse. »

 

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 01:14
Centrafrique: "flambée terrifiante" de violences envers des civils, selon Amnesty
Centrafrique: "flambée terrifiante" de violences envers des civils, selon Amnesty

 

 

Centrafrique: "flambée terrifiante" de violences envers des civils, selon Amnesty

 

AFP

 

"Viols, tueries, destructions": la population de la province de la Basse-Kotto dans le centre de la Centrafrique subit "une flambée terrifiante" de violences, dénonce l'ONG Amnesty International dans un rapport publié vendredi.

 

Dans cette province, "des femmes sont violées, des hommes sont tués, des villages sont détruits et la force de maintien de la paix des Nations unies s'avère incapable d'enrayer ces violences", affirme dans un communiqué Joanne Mariner, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International.

 

L'ONG pointe du doigt le groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC) du chef de guerre Ali Darass, proche des nomades peuls et établi dans la région d'Alindao, sous-préfecture de la Basse-Kotto, à environ 300 km de Bangui à vol d'oiseau.

 

Amnesty a recueilli une trentaine de témoignages au cours d'une mission de deux semaines en août sur le terrain, dont celui d'Annie, 36 ans.


"Après avoir violé mon mari, (un combattant de l'UPC) lui a tiré dans la tête", a-t-elle déclaré à Amnesty, ajoutant avoir été également violée devant ses cinq enfants.

 

L'ONG souligne que vingt femmes sur les vingt-cinq interrogées ont affirmé avoir été violées.


"Après que trois d'entre eux m'ont violée, j'ai perdu connaissance. Quand je suis revenue à moi, j'étais attachée à un arbre, a déclaré à l'ONG une autre femme de 28 ans, sous couvert d'anonymat. "Ma mère, a-t-elle dit, m'a détachée et nous nous sommes enfuies".

 

En outre, Amnesty a déploré que les Casques bleus de la Mission de l'ONU (Minusca) n'aient "pas empêché les violences contre des civils".

 

Contacté par l'AFP, le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro a déclaré que "des équipes ont été déployées pour documenter les violations". Une base temporaire a été installée dans la ville pour "assurer protection aux déplacés et faciliter le travail des humanitaires", a-t-il ajouté.


Fin juillet, une dizaine de personnes avaient été tuées dans un village à 7 km d'Alindao. En mai, des heurts avaient fait plusieurs dizaines de morts dans la même ville.

 

La Centrafrique subit depuis plusieurs mois une recrudescence d'affrontements entre groupes armés, avec pour enjeu le contrôle des ressources naturelles et des zones d'influence.


L'ex-colonie française de 4,5 millions d'habitants a basculé dans la guerre civile en 2013 après le renversement du président François Bozizé par les groupes armés de la Séléka ("coalition" en langue nationale sango), affirmant défendre les quelque 20% de musulmans de Centrafrique, entraînant une contre-offensive des milices anti-balaka ("anti-machettes") majoritairement chrétiennes.

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 00:58

 

 

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Après avoir soutenu l'actuel Président de la République aux élections présidentielles de 2015, un groupe de frondeurs bien identifié a projeté une manifestation pacifique à la célèbre place de la République à Paris. Cette première manifestation est autorisée par la préfecture de police de Paris et sera encadrée par les forces de l'ordre. Ce rassemblement qui a l'air d'une manifestation comme toute autre fait l'objet d'intenses polémiques sur les réseaux sociaux entre les "pour" et les "contre". L'objectif de cette manifestation vise à réclamer la démission prématurée du Président de la République démocratiquement élu au suffrage universel direct, et éventuellement la mise en place d'une nouvelle transition dirigée par des militaires.

 

Selon les organisateurs, l'inertie, les errances, le saupoudrage d'efforts, le manque d'efficacité et de finesse des nouvelles autorités face aux innombrables massacres de la population légitimerait une telle démarche. Ainsi, le citoyen lambda qui ne comprend pas ce que cache cette manifestation s'interroge : C'est quoi une manifestation contre un régime ? S'agit-il d'un droit ou d'un acte contraire aux principes fondamentaux du droit ? Dans un État de droit, les citoyens n'ont-ils pas le droit de réclamer la démission d'un Président de la République ? Élu démocratiquement ou pas, les centrafricains n'ont-ils pas le droit de penser ou de faire ce qu'ils veulent ? Pourquoi vilipender ou traiter du nom de tous oiseaux les organisateurs de cette manifestation jusqu'à descendre dans les affaires de culottes qui relèvent de la vie privée ? Mais pourquoi le pouvoir de Bangui redoute tant cette manifestation de Paris ?

 

Pourquoi toutes ces mobilisations et campagnes de sensibilisation visant à empêcher la bonne tenue de cette rencontre ? S'agit-il de la guerre des enveloppes provenant du pouvoir et/ou de l'opposition ? De quelle nouvelle transition militaire parle t-on ? Ce pays doit-il évoluer de transition en transition ? Des avatars qui ne maîtrisent pas les rouages de la politique ni le fonctionnement juridique d'un État s'invitent dans l'arène pour amuser la galerie en piétinant les aspirations du peuple. La place de la République à Paris deviendra ce jour la capitale centrafricaine, le baromètre ou le centre névralgique où se décidera le sort du locataire du palais de la renaissance. Nous tenons à rappeler que la manifestation par définition est une réunion organisée dans un lieu public ou sur la voie publique en vue d'exprimer une cause collective.

 

Il s'agit d'un droit fondamental reconnu et protégé par la loi. Il est indispensable à la liberté d'expression et la revendication des droits. L'exercice de ce droit est corroboré par l'article 10 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui dispose :" nul ne peut être inquiété pour ses opinions même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi".L'unique condition d'une manifestation est sa déclaration préalable en vue d'une autorisation. En dépit des dispositions de cet article et eu égard aux agitations des fanatiques du pouvoir de Bangui, on se demande si ce genre de manifestation pacifique pouvait avoir lieu sur la terre centrafricaine.

 

Dès lors que la manifestation n'est pas interdite, il devient un droit. L'appel à la démission du Président de la République n'entérinera pas la démission effective de celui-ci au lendemain de la manifestation mais cela peut servir comme un moyen de pression pour contraindre le pouvoir à se réveiller de son long sommeil. Nous crayons fort bien que dans les jours à venir, les organisateurs de la manifestation et leurs différents soutiens soient accusés d'être des opposants, de fossoyeurs de la République et même de préparation de coup d'état. Alors de quelle manière pouvons-nous contribuer positivement au relèvement de notre chère patrie ? Quand vous pensez la même chose que le pouvoir, vous êtes un quémandeur de postes et si vous réfléchissez autrement que le pouvoir, vous êtes un opposant.

 

Mais à quel moment on est citoyen avec un droit de porter un regard critique sur notre pays ? Cela n'est-il pas un raccourci ? Depuis leur avènement à la magistrature suprême, des propositions de sortie de crise inondent les réseaux sociaux. Ont-ils tenu compte ? Une lecture préliminaire et sélective permet de remplir les poubelles de propositions contraires aux leurs. En conséquence de ce qui précède et nonobstant les innombrables errements du pouvoir, nous nous inscrivons en faux et marquons notre farouche opposition à toute démarche ou initiative visant la démission du Président de la République car cela nous fera perdre nos acquis et avancées démocratiques et les efforts de nos partenaires au développement seront trahis.

 

Cela s'apparentera à un retour à la case départ. Certes, les choses n'évoluent pas comme souhaitées c'est à dire ne répondent pas aux attentes de la population mais la voie principale pour se débarrasser d'un Président élu reste les échéances électorales. À la fin de son mandat, le professeur qui a l'habitude d'évaluer ses élèves, sera aussi évalué et noté par le peuple. Au chapitre de propositions qui finira certainement sa course dans la poubelle, la plus plausible reste la cohabitation c'est à dire un nouveau gouvernement dirigé par un membre de l'opposition démocratique avec la particularité de l'entrée au gouvernement des représentants des groupes armés et non les leaders sur qui pèsent des infractions qui relèvent de la Cour pénale spéciale.

 

Ne maîtrisant pas le jeu de la France, de l'ONU et de la communauté internationale, l'usage de la force contre les groupes armés est suicidaire car cela devrait se faire au moment où le nombre des groupes armés était maîtrisable avec peu de préfectures occupées. Aujourd'hui, on assiste à une prolifération de groupes armés, d'autres sont en gestation avec quatorze préfectures occupées sur seize. Cette option conduira systématiquement à l'embrasement total du pays avec le risque que notre nation soit rayée de la carte de l'Afrique. Mais attention, ne le dîtes à personne. Si on vous demande, ne dîtes pas que c'est moi.



Paris le 08 septembre 2017.

      

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections.                                                                                

QUAND LE SORT DU POUVOIR DE BANGUI DÉPEND D'UNE MANIFESTATION PACIFIQUE PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À PARIS. par Bernard Balemby Doudou

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 00:40
Risque de conflit majeur en Centrafrique, dit l'Onu

 

 

 

 

 

GENEVE 8 septembre 2017 (Reuters) - Les violences ethniques en Centrafrique risquent de mener à un conflit majeur si rien n'est fait pour désarmer les rebelles et les miliciens, préviennent des experts de l'Onu dans un rapport publié vendredi.

 

Le pays est en proie à des violences depuis le renversement du président François Bozizé en 2013, chassé par des rebelles musulmans. Les affrontements entre d'anciens rebelles de la Séléka et des milices chrétiennes anti-balaka ont fait plusieurs milliers de morts, et un cinquième de la population de Centrafrique a été déplacée.

 

Le groupe de travail des Nations unies sur les mercenaires et les combattants étrangers estime que le risque est élevé que la situation dégénère en conflit si les groupes de combattants étrangers, aux côtés des milices locales, ne sont pas démantelés.

 

Les forces nationales de sécurité sont trop faibles pour lutter contre les groupes armés et empêcher le débordement vers les pays voisins. Les casques bleus, dont le nombre dépasse à peine les 10.000 soldats, n'ont pas réussi à convaincre les habitants de leur efficacité, peut-on lire dans le rapport.

 

Un rapport publié jeudi par Amnesty international évoque des viols et meurtres systématiques de civils lors de purges ethniques.

 

"Les civils ne sont pas des victimes accidentelles de ce conflit mais des cibles directes. Pour que le mandat des Nations unies en République centrafricaine ait un sens, il faut qu’ils soient mieux protégés", a déclaré Joanne Mariner, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International.

 

Selon le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) est en sous-effectif. "Nous avons un plafond de personnel militaire bien en dessous de ce dont nous avons besoin", a ajouté Jean-Pierre Lacroix vendredi à Genève.

 

Les effectifs de la Minusca, plafonnés à 10.750 soldats, sont même en réalité inférieurs à ce chiffre: la mission ne compte actuellement que 10.098 casques bleus sur le terrain, d'après un rapport récent de l'Onu.

 

"Nous assistons à une hausse (...) très négative et antagoniste des messages appelant à l'élimination des 'étrangers', plaçant les ethnies ou les groupe religieux les uns contre les autres", a ajouté Jean-Pierre Lacroix.

 

Le rapport du groupe de travail de l'Onu précise que le mot "étrangers" est utilisé pour qualifier les musulmans.

 

(Stephanie Nebehay; Arthur Connan pour le service français)

 

 

 

Le chef des Casques bleus veut "tourner la page" des abus sexuels

 

https://www.swissinfo.ch  08. SEPTEMBRE 2017 - 20:17

 

Le nouveau chef des opérations de maintien de la paix à l'ONU veut "tourner la page" des Casques bleus impliqués dans des abus sexuels. Il a aussi dit vendredi à Genève qu'il demandera de "modestes renforts" en Centrafrique et que 150 gardes seront déployés en Libye.

 

"Nous avons une politique beaucoup plus forte" contre les violences sexuelles, a dit devant la presse le Français Jean-Pierre Lacroix. Il faut désormais "s'assurer réellement de sa mise en oeuvre", a ajouté le sous-secrétaire général de l'ONU.

 

L'attitude des Casques bleus responsables d'abus en Centrafrique a "été scandaleuse", mais "des dizaines de milliers" de leurs collègues "font bien leur travail" dans le monde, a-t-il dit. Fin décembre dernier, une enquête interne des Nations Unies avait permis d'identifier plus de 40 Casques bleus soupçonnés d'avoir perpétré des agressions sexuelles en 2014 et 2015.

 

Un contingent avait été retiré. Ajoutée au désengagement de troupes américaines et de celles d'un pays voisin, cette mesure doit désormais être suivie d'une augmentation des capacités face à la "hausse des menaces" en Centrafrique où l'ONU a récemment mis en garde contre des signes de génocide.

 

Efforts "pas importants" en Centrafrique

 

Comme il l'avait laissé entendre il y a un mois, M. Lacroix a souligné vendredi qu'il demanderait bien des renforts au Conseil de sécurité, sans les chiffrer. Mais ces "effectifs ne seront pas importants", a-t-il dit, en expliquant que le mandat dont la force de l'ONU (MINUSCA) est chargée est lui suffisamment fort. Et d'appeler aussi les dirigeants centrafricains à contrer la montée des discours anti-ethniques observée récemment.

 

Plus largement, M. Lacroix souhaite davantage de femmes parmi les Casques bleus. Il estime que ses troupes ont besoin de meilleurs équipements et doivent davantage être actives sur la prévention des violences. Et de considérer comme "saine" la pression budgétaire sur les opérations de la paix même si "elle a des limites".

 

L'ONU va par ailleurs envoyer 150 gardes militaires népalais en Libye. Ils seront notamment chargés de préparer le retour de la Mission de l'ONU en Libye.

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