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30 décembre 2017 6 30 /12 /décembre /2017 23:44

 

                                                                                                                                       

 

À l’instar des entreprises commerciales, la fin de l’année est le moment idéal, propice pour faire l’inventaire et de façon pragmatique le bilan de l’exercice au cours de l’année civile. Le bilan annuel est ainsi un processus comptable décrivant et évaluant de façon exhaustive les actions et programmes déjà bouclés et en cours. L’intérêt du bilan annuel est d’évaluer les réalisations, de tirer les conclusions afin de définir de nouvelles orientations. Dans la sphère politique, le bilan des activités annuelles qui complète les différents bilans à mi-parcours correspond généralement à un tableau synoptique où les grands thèmes politiques sont représentés par des voyants.

 

Les voyants rouges attirent l’attention et exigent le renforcement des capacités, les voyants jaunes réclament des ajustements tandis que les voyants verts représentent des objectifs atteints. Il est ainsi important de rappeler que les nouvelles autorités ont notoirement hérité d’un pays agonisant. Les défis à relever par le gouvernement sont énormes et surtout dans un contexte sécuritaire difficile. On peut citer entre autres le redressement d’une économie sous perfusion, le retour de la paix et sécurité malgré la présence lourdement armée des douze mille casques bleus de l’ONU, la restauration de l’autorité de l’Etat, la réconciliation nationale et le vivre ensemble, le sort des réfugiés et déplacés...

 

La réussite des politiques publiques ne peut être certaine qu’à la condition sine qua non que cet exercice soit mené par des experts objectifs, neutres et exempts de toutes masturbations politiques. En d’autres termes, la malhonnêteté politique et l’autosatisfaction conduisent systématiquement à un résultat biaisé et inévitablement contesté. Préoccupé par les festivités de Noël et du nouvel an, le citoyen lambda, un habitué de questions sensibles ne cesse de s’agiter, de s’interroger sur les politiques publiques du gouvernement : Le programme des nouvelles autorités respecte-t-il le cahier de charges et le chronogramme ? Les objectifs définis par le projet de société sont-ils atteints ?

 

Quels sont les améliorations, les avancées et les reculs ? Le bilan à l’approche du mi-mandat est-il satisfaisant ? La paix et la sécurité qui demeurent les priorités de la population connaissent-elles un début de changement ? Quelles sont les réformes politiques, économiques, structurelles et institutionnelles engagées ou en cours de réalisation ? Qu’en est-il de la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ? La restauration de l’autorité de l’Etat se limite-t-elle seulement à l’installation des préfets ? Que reste-t-il de la célèbre anaphore de « rupture » proclamée en grande pompe lors de la prestation de serment ? Les promesses de campagne électorale connaissent-elles déjà un début du commencement ? Qu’en est-il de l’indépendance de la justice ?

 

Du respect du sacré principe de séparation de pouvoir ? Qu’en est-il du respect des droits de l’homme consacrés par le préambule de la constitution du 30 mars 2016 ? Qu’en est-il de la lutte contre la corruption et surtout de l’impunité ? Le pouvoir de Bangui croit-il encore au programme DDRR ? Les nouvelles autorités continueront-elles de gérer le pays sans s’appuyer sur un parti politique ? Sinon, à quand le nouveau parti politique du Président de la République ? Nous vous rappelons au passage que le Président de la République est et demeure toujours le deuxième vice-président du KNK dès lors qu’il n’a pas encore officiellement démissionné. Nous faisons l’économie des autres grands thèmes de politiques publiques y compris le chômage, l’éducation, la santé sur l’ensemble du territoire national car ils sont tributaires de la paix et de la sécurité.

 

Fort de ce qui précède et nonobstant les efforts consentis par les nouvelles autorités, nous pouvons affirmer avec réserve que le bilan annuel de l’exercice n’est ni contrasté, ni mitigé mais inférieur ou égal à la dérivée d’une fonction constante. Ce cuisant échec se fonde sur le volet sécuritaire car la situation s’est empirée comparativement à l’époque de la transition. Ce sévère constat n’occulte pas certaines avancées enregistrées mais lorsque ces avancées ne répondent pas aux aspirations primaires du peuple que sont la sécurité, la reconquête des territoires occupés etc...elles ne peuvent être visibles.

 

Pour finir et en guise de contributions, de résolutions, nous proposons au détenteur du pouvoir de Bangui de tendre la main à l’opposition démocratique et la société civile en troquant son premier ministre contre une personnalité consensuelle qui mettra en place un gouvernement resserré, restreint avec des cahiers de charges conçus dans l’intérêt général. Mais attention, ne le dites a personne. Si on vous demande, ne dites pas que c’est moi.                                                                                            

 

Paris le 29 décembre 2017

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections.   

CENTRAFRIQUE : LA FIN DE L’ANNÉE, LE MOMENT DU BILAN ET DES RÉSOLUTIONS par Bernard Selemby Doudou
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28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 21:38

 

 

 

 

Par Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net YAOUNDE - 28-Dec-2017 - 17h01 

 

Kye-Ossi, localité de la vallée du Ntem, dans la Région du Sud au Cameroun et ville frontalière avec la Guinée équatoriale, est sous haute surveillance.

 

La présidence de la Guinée Equatoriale aurait échappé à un coup d’Etat. A en croire des sources crédibles à Malabo la capitale, un général d’armée aurait tenté ce jeudi 28 décembre 2017 de renverser Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Chef de l’Etat depuis 38 ans. Nos sources font savoir que l’auteur du putsch manqué et certains de ses complices sont en fuite…

 

Comme pour corroborer cette information, l’armée camerounaise a lancé une vaste opération dans la Région du Sud au Cameroun, frontalière avec la Guinée Equatoriale. Des présumés assaillants ont été particulièrement traqués et certains arrêtés à Kye-Ossi, localité camerounaise qui donne directement au pays de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

 

« Un important arsenal d'armes de guerre vient d'être saisi à Kye-Ossi. 75 boites de chargeur Ak 47, 12 lances roquettes, des kalachnikovs, un important stock de munitions Ak 47, détenus par 31 hommes interpelés, tous de nationalité tchadienne et centrafricaine. Ils voulaient entrer en Guinée Equatoriale pour un coup d’Etat » affirme Joseph Abena, le correspondant régional de la Radio Equinoxe, une chaîne a capitaux privés qui émet depuis Douala, la capitale économique du Cameroun.

 

Au moment de mettre cette brève en ligne, c’est le silence radio chez les officiels tant du côté de Malabo que de Yaoundé.

Lu pour vous : Coup d’Etat manqué en Guinée Equatoriale ? L’armée camerounaise met aux arrêts des présumés mercenaires.
Lu pour vous : Coup d’Etat manqué en Guinée Equatoriale ? L’armée camerounaise met aux arrêts des présumés mercenaires.
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28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 21:33
La police de la MINUSCA dresse le bilan de ses activités

 

 

 

Par ACAP - 28/12/2017

 

Le Porte-parole intérimaire de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations-Unies pour la Stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), Ikavi Uwolowukana Gbatanu, a animé, mercredi 27 décembre 2017 à Bangui, une conférence de presse pour passer en revue les principales questions concernant le mandat et les activités de la police de la MINUSCA, d’une part, et d’autre part, l’excellente collaboration entre l’institution onusienne et les autorités centrafricaines. 

 


Le Général de Brigade Roland Zamora, Chef de la composante police de la MINUSCA a expliqué que le rôle de son institution est de promouvoir les Forces de sécurité intérieure (FSI), notamment la police et la gendarmerie dans un environnement où on ne parle que des Forces armées centrafricaines.

 


« Alors qu’il y a dans ce pays d’autres forces en uniforme telles que la police, la gendarmerie, la police municipale, les pompiers, les forces des Eaux et Forêts qui ont un rôle à jouer dans la reconstruction de la Centrafrique », a-t-il poursuivi.



Il a développé de long en large la mission de la composante police de la MINUSCA et l’appui qu’elle apporte aux policiers et gendarmes centrafricains avec qui il travaille en collaboration.



Le Directeur de Cabinet du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, Sosthène Dengbe, a mis surtout l’accent l’importance du rôle des FSI dans le recoupement des informations recueillies, soit sur la base des renseignements ou des rumeurs pour les mettre à la disposition des autorités compétentes.

 

Sur la déclaration de Nourredine Adam sur Radio France Internationale, il fait savoir que le rapport de mission du Ministre Résident de la vakaga, Nabia Haroune, et son collègue des Eaux et Forêts, Lambert Moukove Lissane, n'est pas aussi alarmiste sur la restauration de l’autorité de l’Etat dans la région.


Selon lui, les FSI nouvellement affectés à Birao seront bel et bien déployés grâce aux soutiens logistiques de la MINUSCA et qu’il n’est nullement dans l’intention du gouvernement d’abandonner la population de la Vakaga à la merci des forces négatives du FPRC.


S’agissant de la réouverture du commissariat du 3ème arrondissement de Bangui, le Directeur de cabinet Dengbe a noté que la situation stratégique dudit commissariat qui n’a pas plusieurs issues de secours est encore à l’étude et qu’il n’est pas question de jeter en pâture les vaillantes FSI.


Il convient de rappeler que Ikavi Uwolowukana Gbatanu a surtout orienté les questions des journalistes sur les mandats de l’UNPOl (la police de la MINUSCA, ses effectifs, son déploiement, les réalisations de 2017, dont le recrutement de 500 policiers et gendarmes ainsi que les perspectives de 2018.

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28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 18:45

 

 

 

 28 décembre 2017 à 12h58   Par Jules Crétois

 

 Ce qui ressort du dernier rapport du Groupe d’experts de l'ONU sur la République centrafricaine, rendu public fin décembre, est l'installation pérenne d'une réelle économie de guerre.

 

Il est au final, information après information, parfois difficile de se faire une idée sur les dynamiques de la violence en Centrafrique. La grille de lecture confessionnelle, parfois utilisée, est souvent critiquée pour son manque de pertinence. De nombreux décideurs pointent du doigt un conflit obéissant à des logiques économiques. Le rapport du Groupe d’experts sur la République centrafricaine, en date du 6 décembre, et rendu public à la fin du mois tend à leur donner raison. Le rapport aborde différentes questions mais, de détails en résolutions, se dessine notamment un conflit, qui a généralement des motivations économiques. Celui-ci suscite autant la création de nouveaux marchés, que de modèles d’organisation économique.

 

Quête de monopole

 

L’échec de la réunification de l’ancienne Séléka, cause d’un certain nombre d’affrontements durant l’année 2017, serait à en croire le rapport, liés « aux intérêts économiques divergents des dirigeants du groupe. » Concernant les groupes d’autodéfense, dont les experts remarquent la vivacité, aux côtés des anti-balaka, ils remarquent qu’ils existent « au service d’intérêts économiques ».

 

Un artisan minier influent a soutenu les groupes d’autodéfense pour pouvoir s’emparer des entreprises de concurrents musulmans

 

Les experts donnent l’exemple d’un « artisan minier influent qui a soutenu les groupes d’autodéfense pour pouvoir s’emparer des entreprises de concurrents musulmans ». Les acteurs économiques non-musulmans « bénéficient notamment d’une situation de monopole sur les activités commerciales sur l’axe Bangassou-Gambo-Béma depuis que les groupes d’autodéfense en ont pris le contrôle ». Les dynamiques des groupes politico-militaires, les jeux confus d’alliance et de scission, se comprennent ainsi, à l’aune de la concurrence économique et de la quête de mainmise financière.

 

De nouveaux marchés

 

Si les affrontements découlent souvent de la concurrence économique, ils offrent aussi de nouveaux débouchés : « Les combats qui sévissent dans le sud-est du pays ont donné plus de poids aux filières de trafic d’armes et de munitions via la République démocratique du Congo ». Les violences à Bangassou, qui ont marqué cette année 2017, seraient ainsi liées au fait de la volonté des groupes armés de mettre la main sur une des « plaques tournantes du trafic où les groupes d’autodéfense locaux viennent se réapprovisionner en matériel militaire provenant de [l’étranger, ndlr] ».

 

L’un des principaux généraux de la Séléka en 2013 […] faisait entrer des armes du Soudan

 

Dans la région, d’ailleurs, « le marché des munitions et des armes de chasse reste lucratif, ce qui explique qu’elles soient toujours vendues au même titre que d’autres marchandises. » Les ex-Séléka, eux aussi, participent activement au trafic d’armes. Dans ses précédents rapports, le Groupe d’experts a souligné que Moussa Assimeh, « l’un des principaux généraux de la Séléka en 2013 […] faisait entrer des armes du Soudan […]. Les trafiquants transportent les armes de Bria depuis le Soudan ». C’est avec un ressortissant de ce pays aussi que le général Zakaria Damane, homme fort de l’ex-Séléka, aurait, en 2017, conclu « un accord portant sur la fourniture d’armes et de munitions d’une valeur de 12 millions de francs CFA (21 000 dollars) », offrent les experts en guise d’exemple. Ces derniers relèvent même que des cartouches militaires ont été achetées à des personnes liées au FPRC pour la formation de 26 candidats au poste de garde forestier.

 

Les routes et les mines

 

Dans le nord-ouest, les violences sont encore pour beaucoup liées à la lutte pour le contrôle des axes routiers. Contrôler les routes, c’est prélever des taxes, notamment sur le bétail. Les experts proposent une estimation : « un propriétaire de 50 têtes de bétail achetées à Mbaiboum (nord du Cameroun) voulant se rendre au marché de Bouar devra franchir plusieurs postes de contrôle et payer entre 800 000 et 1 million de francs CFA, soit 1 800 à 2 000 dollars ». Qui tombent aujourd’hui dans la poche des groupes armés. Certains voient même plus grand : le général Bahar, du Mouvement patriotique pour la Centrafrique, a installé un marché au bétail, indique le rapport, pris le contrôle d’un axe routier emmenant au Tchad et ainsi créé un corridor pour l’import d’animaux. Les autres groupes armés, comme les 3R ou l’UPC ne sont pas en reste.

 

Les experts remarquent aussi que l’activité extractive est aujourd’hui intimement liée à l’activité de groupes armés. Ainsi, des sites seraient entièrement gérés par des anti-balaka, comme c’est le cas de la mine d’or de Wili, à Koro-Mpoko. Ailleurs, les groupes armés assurent, à en croire le rapport, des services de sécurité. Certains montent de véritables entreprises. Le rapport évoque ainsi le cas d’Elite Sécurité RCA, qui assure la sécurité d’un site d’orpaillage à Sosso-Nakombo, et où on retrouve l’ancien commandant de zone Crépin Messamba, également connu sous le nom de « Général Dalé », ancien membre de la garde présidentielle de François Bozizé.

 

Le risque est un délitement toujours plus important de l’État centrafricain. Pour les factions de l’ex-Séléka, et le FPRC en particulier, la collecte de taxes constitue « l’un des principaux objectifs de la création de structures administratives parallèles », remarquent les experts au sujet de Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique. Aux alentours des mines, les fonctionnaires collaborent parfois avec les groupes qui assurent la sécurité privée et les experts regrettent la non-application du gel des avoirs de certains chefs de groupes armés par les autorités nationales.

Lu pour vous : Centrafrique : la guerre est économique, selon les experts de l’ONU
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28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 18:41

 

 

Centrafrique: le gouvernement et l'ONU condamnent les propos du chef de guerre Adam

 

Mise à jour 28.12.2017 à 12:00   AFP

 

Le Premier ministre centrafricain, Mathieu Simplice Sarandji, a condamné jeudi les propos du chef de guerre Noureddine Adam, qui avait traité le président Faustin-Archange Touadéra de "criminel" et menacé de marcher sur Bangui, tandis que l'ONU a averti qu'elle ne permettrait pas une déstabilisation du pays.

 

"Noureddine Adama déclare que le président Touadéra est un criminel. Mais qui est plus criminel que qui?", a lancé le Premier ministre sur la radio Ndeke Luka.

 

Dans un entretien à l'AFP mardi, Noureddine Adam avait traité le chef de l'Etat de "criminel" et dit qu'il pourrait "marcher sur Bangui", évoquant une "ligne rouge" dont "le gouvernement s'approche", notamment en réarmant l'armée nationale.

 

La force de l'ONU présente en RCA depuis 2014 a déclaré de son côté qu'elle "ne permettra pas que la paix et la stabilité du pays soient perturbées par qui que ce soit".

 

Dans un communiqué reçu jeudi par l'AFP, la Minusca ajoute que l'ONU "demeure déterminée à appuyer les autorités pour prévenir toute tentative de mettre en péril les acquis de la restauration de l'autorité de l'Etat".

 

Le Premier ministre a lui aussi réagi à la menace du chef de guerre.

 

"Noureddine Adam menace de descendre sur Bangui. Mais, qu'il descende alors. Qu'il n'attende pas. Qu'il se mette bien en tête que descendre sur Bangui est synonyme de tuer la population. Qu'il tue alors tous les Centrafricains pour venir prendre le pouvoir", a dit M. Sarandji, en sango, sur la radio Ndeke Luka.

 

La politique du président Touadéra est "celle de la main tendue. C'est ainsi qu'il a toujours tendu la main aux groupes armés pour qu'ils renoncent aux violences et intègrent le processus DDR" de désarmement, démobilisation et réinsertion, a-t-il ajouté.

 

Dans l'entretien à l'AFP réalisé à Birao, dans son fief de la Vakaga, région isolée du nord de la Centrafrique aux frontières du Tchad et du Soudan, le chef du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et co-fondateur de l'ex-coalition rebelle de la Séléka qui avait pris Bangui en 2013, a menacé de prendre Bangui une nouvelle fois.

 

Mercredi à l'Assemblée, lors d'une séance de questions au gouvernement, les députés se sont inquiétés des propos du chef de guerre et ont interpellé le gouvernement sur les "mécanismes mis en place pour éradiquer (les) entrepreneurs politico-militaires", selon les médias locaux.

 

La Centrafrique est embourbée dans un conflit meurtrier depuis 2013. L'Etat, décimé, n'a de contrôle que sur une maigre partie du territoire national, tandis que les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle du diamant, de l'or et du bétail dans ce pays qui est l'un des plus pauvres du monde.

 

© 2017 AFP

 

Mise à jour 28.12.2017 à 12:00

 

Centrafrique: le gouvernement et l'ONU condamnent les propos du chef de guerre Adam
Centrafrique: le gouvernement et l'ONU condamnent les propos du chef de guerre Adam
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28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 18:28
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

 

Centrafrique : Le gouvernement réagit aux menaces de Noureddine devant l’Assemblée nationale

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 27 DÉCEMBRE 2017

 

BANGUI, le 27 Décembre 2017(RJDH)—Le premier ministre Mathieu Simplice Sarandji a jugé inadmissible la déclaration du chef du FPRC Noureddine Adam qualifiant le président de la République de «criminel» dans une interview qu’il a accordée à AFP relayée par RFI ce matin. Propos tenus lors de l’interpellation du gouvernement ce 27 Décembre devant l’Assemblée nationale.

 

Le chef du FPRC Noureddine Adam s’est opposé au redéploiement de l’autorité de l’Etat à Birao au nord du pays et estime que le redéploiement des FACA dans ces localités constituait le dépassement de la ligne rouge. Cette déclaration a suscité l’interrogation des élus par la voix de son président Abdou Karim Méckassoua lors des questions orales au gouvernement à savoir quels sont les mécanismes mis en place pour éradiquer ce qu’il qualifie des entrepreneurs    politico-militaires.  C’est dans ce contexte que le premier ministre Mathieu Simplice Sarandji a réaffirmé la ligne politique du gouvernement de dialoguer et de ne pas céder au chantage des groupes armés.

 

Les propos de Noureddine ne respectent pas son engagement digne d’un général  «Notre stratégie est celle de poursuivre sur la voie de dialogue et de discussions, ligne tracée par le président de la République. Nous ne voulons pas la guerre mais nous voulons la paix. Vous êtes les élus de la nation, vous méritez le respect parce que vous êtes élus. Mais traiter le chef de l’Etat de criminel c’est inadmissible. A la question de savoir qu’elle est notre stratégie, nous pouvons vous dire que la stratégie est celle du redéploiement de l’autorité de l’Etat dans les 16 préfectures », a insisté le premier ministre Mathieu Simplice Sarandji.

 

Ces inquiétudes interviennent après l’annonce du don d’armes de guerre par la Russie et au moment où le président Faustin Archange Touadera opte pour un DDRR négocié. Est-ce une déclaration de guerre médiatique que se livre le patron du FPRC? Dans tous les cas, le gouvernement est resté imprécis sur la démarche et les questions précises des parlementaires.

 

La déclaration de Noureddine semble bouger la ligne politique du gouvernement face aux groupes armés. Cette guerre médiatique peut se transformer en escalade militaire dès lors que les parties se mettent sur le pied de guerre.

 

 

Centrafrique : Les services administratifs paralysés à cause du contrôle/payement

 

PAR MARLY PALA LE 27 DÉCEMBRE 2017

 

BANGUI, 27 Décembre 2017(RJDH)— Les administrations sont paralysées dans les services publics à Bangui. Plusieurs fonctionnaires et agents de l’Etat se bousculent devant le Trésor public pour satisfaire aux exigences liées au payement des arriérés de salaire de novembre et décembre 2013. Un constat du RJDH depuis le lancement du contrôle à ce jour.

 

Ce contrôle a fait l’objet des questions orales au gouvernement. Henri Marie Dondra, ministre des Finances a recadré le débat à l’Assemblée en parlant des cas récurrents d’évanouissement sans mort d’homme alors que le premier vice-président de l’Assemblée nationale dans sa prise de parole a interpellé le gouvernement sur les conséquences du contrôle ayant occasionné un décès. Ce contrôle se donne pour objectif de marquer la traçabilité des paiements de salaires.

 

Un cadre du ministère des Eaux et Forêts parle d’un manque à gagner pour l’Etat, « ce contrôle a une répercussion sur les services de l’administration. Cela fait quasiment une semaine, les bureaux sont vides, ce qui constitue un manque à gagner pour l’Etat. Il faut que l’Etat évalue un peu l’impact que cela a causé et envisage autrement ces contrôles car les fonctionnaires privilégient le contrôle à leur tâche quotidienne», a indiqué ce cadre qui souhaite l’anonymat.

 

Ce point de vue est partagé par un fonctionnaire, venant de l’intérieur du pays, « je viens d’arriver ce matin et j’ai vu que les gens sont légion au niveau du Trésor Public par rapport au contrôle de paiement. En voyant tout ce monde, certes, les activités sont paralysées et c’est un manque à gagner pour l’état ».

 

L’annonce du chef de l’Etat et les rumeurs qui ont accompagné ces annonces ont entrainé la saturation. Le ministre des Finances, lors de son intervention à l’Assemblée ce 27 décembre, a annoncé le paiement immédiat de ceux qui se sont fait contrôler.

 

 

Centrafrique : Le personnel d’Azur dépose un préavis de grève de 8 jours

 

PAR PAMELA DOUNIAN-DOTÉ LE 27 DÉCEMBRE 2017

 

BANGUI le 27 Décembre 2017(RJDH) —-Le personnel d’Azur Centrafrique vient de déposer un préavis de grève ce jour suite au non-paiement des arriérés de salaire et au non-respect des droits légaux par le Directeur Général de la société. Ils ont exprimé  leur mécontentement ce matin devant la Direction technique d’Azur Centrafrique.

 

Cette grogne du personnel intervient après une série de manifestations contre le Directeur général incitant le Président directeur général de l’entreprise à suspendre le Directeur et à le réhabiliter dans sa fonction initiale.

 

 Selon un personnel d’Azur le Directeur dont on avait suspendu le contrat le vendredi est toujours à son poste et le personnel a été surpris de le voir revenir le lundi avec des agents de l’OCRB  pour  le réinstaller de nouveau par la force. «Nous ne pouvons plus supporter de voir le Directeur Général ; on veut qu’il quitte la société ; on souffre en tant que personnel d’Azur ; notre situation n’a pas été améliorée raison pour laquelle nous sommes encore sortis pour manifester notre désapprobation. Le Directeur Général n’a entrepris aucun effort pour nous réunir, nous personnels grévistes pour nous parler», a confié un personnel d’Azur.

 

« Même ce mois de décembre, le Directeur ne nous a même pas donné un centime pour la fête de Noël ; il oublie que nous avons tous une famille ; il nous a même promis de verser deux mois de salaire. Jusqu’à ce jour, rien n’a été fait» déclare un autre.

 

Pour un autre gréviste, malgré les 6 mois d’arriérés, « il nous a juste donné la moitié de nos salaires et non les 6 mois d’arriérés. Le gouvernement garde un silence sur tout ce qui se passe. Nous avons tenté  en vain de joindre le Conseil d’administration.», déplore cet agent.

 

Le 29 décembre 2017 le personnel envisage un boycott total et le retrait de ses représentants d’ici la fin de l’année.

 

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28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 12:26
RCA : que veut Noureddine Adam?

 

 

 

RCA : que veut Noureddine Adam?

 

Par RFI Publié le 26-12-2017 Modifié le 26-12-2017 à 20:32

 

En Centrafrique, l’ex-chef rebelle Noureddine Adam déclare, dans un entretien à l'AFP, « vouloir la paix avant tout ». Pourtant, dans le même temps, il menace d'attaquer Bangui et qualifie le président Faustin-Archange Touadéra de « criminel ». Face à ces déclarations, des sources gouvernementales et diplomatiques dénoncent des contradictions et sentent « de l'affolement » chez le dirigeant du Front populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC).

 

« Noureddine Adam veut-il la paix ou la guerre ? » s'interroge un poids lourd du gouvernement après la publication d’un entretien, donné à l’AFP depuis son QG de Birao, dans l’extrême-nord de la Centrafrique.   

         

« Il n'est jamais clair et pourtant le FPRC détient plusieurs portefeuilles ministériels, des postes dans des cabinets », dit ce ministre qui estime que « la peur va changer de camp ». En effet, analyse un diplomate, Noureddine Adam « se nourrit de la partition du pays. Le retour de l'Etat - les préfets, sous-préfets - lui est insupportable ».

 

Pour cet observateur, « des forces conjointes – FACA [l’armée centrafricaine]/ ONU, stationnées dans le nord seraient une déclaration de guerre ». Le chef de guerre ne le cache d’ailleurs pas : « si les FACA sont déployées dans nos zones, c'est le chaos » dit-il.

 

« L'Europe forme nos troupes. L'Etat renait », dit-on au gouvernement, comme en réponse. Et qui dit déploiement, dit armement. L'ONU a autorisé Moscou à donner des armes à Touadéra, dont plus de 5000 AK47, des centaines de fusils et des lance-roquettes.

 

La Russie équipe ainsi deux bataillons. L'entrainement des 1300 militaires par Moscou doit recevoir le feu vert onusien. En 2018, trois bataillons doivent être opérationnels.

 

Selon nos sources, la première livraison d'armes russes doit arriver avant le 1er janvier. « Avec cette livraison, on approche de la ligne rouge », déclare Noureddine Adam. Et avec l'achat, prochainement, d'armes à la France, cette ligne rouge sera franchie.

 

 

Centrafrique : la réponse rigoureuse du premier ministre à Noureddine Adam

 

https://beninwebtv.com  Par Modeste Dossou Le 28 Déc 2017 à 09:52

 

Noureddine Adam, le chef du Front populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) avait menacé de marcher sur Bangui dans une interview accordée à l’AFP. Ces propos du chef rebelle ont été très fortement condamnés par le premier ministre centrafricain Mathieu Sarandji.

 

Selon le premier ministre, le chef de l’Etat, Faustin Archange Touadera, est dans la logique du dialogue et de l’ouverture avec les groupes armés et non celle de la guerre. C’est ce qu’a affirmé le premier ministre interpellé mercredi par les députés sur cette question. Voici l’intégralité de sa réponse.

 

« Les centrafricains doivent comprendre que la politique du président n’est pas de faire la guerre. Il n’est pas un va-t-en guerre. Il a tendu la main à tous ceux des nôtres qui ont pris les armes et qui ont intégré différents groupes rebelles. Voilà que nous apprenons que Noureddine Adam sort de l’ombre pour commencer à mener une campagne de dénigrement vis-à-vis du chef de l’Etat en le traitant d’assassin, en le traitant de criminel. Qui est plus criminel que qui ? Qui est plus assassin que qui ? Cela ne va pas changer la détermination du gouvernement centrafricain à pouvoir mettre en place ce qui a été défini par le chef de l’Etat. Ceux qui pensent que c’est par les armes qu’on peut obtenir quelque chose, qu’ils sachent qu’ils ont tort et notre vision ne va pas changer. Je condamne avec force les propos tenus par Nouredine Adam. »

 

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28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 12:11
Un ancien sultanat aux racines des revendications du nord de la Centrafrique

 

 

 

27/12/17 (AFP)

 

La majorité des revendications des populations des régions du nord de la Centrafrique, enclavées et peu développées, prennent leurs racines dans l'histoire du sultanat du Dar-el-Kouti deeno Mohammed Sussi, à la fin du XIXè siècle, dont elles se réclament héritières.

 

Senoussi était l'adjoint d'un influent marchand d'esclaves devenu sultan, Rabah, installé dans l'actuel Etat du Borno, au Nigeria, dans la région d'implantation du groupe jihadiste Boko Haram.

 

Il se sépare, dans les années 1880, de Rabah et s'installe à Ndélé, dans l'actuelle RCA, ville située à environ 600 km au nord de Bangui, où il prend le contrôle de cette région d'affrontements et d'insécurité généralisée. En 1890, il prend la tête du sultanat du Dar-el-Kouti.

 

Entre le Soudan et le Tchad, el-Kouti est une localité du nord-est de la République centrafricaine, dans la région de Ndélé. Le nom Dar-el-Kouti vient du mot arabe signifiant "pays" et de kouti, qui désigne une forêt en langue locale runga.

 

"Fondé au XVIIIe siècle, le sultanat du Dar-El-Kouti fut porté à son apogée politique et économique par Mohamed Senoussi", explique Bernard Simiti dans son livre référence "Le Dar-el-Kouti : empire oubanguien de Senoussi : 1890-1911".

 

Senoussi y régnait en maître et pratiquait la traite des esclaves à grande échelle vers l'Afrique du Nord, qu'il chassait parmi les populations autochtones dans toute la région de Ndélé et au-delà.

 

Ndélé était alors une ville de commerçants où accouraient les aventuriers en tout genre depuis les régions et royaumes voisins du Sila, de Sokoto, du Fezzan, du Ouaddaï et de Kano.

 

En 1891, le sultan massacre la mission de l'explorateur français Paul Crampel, un ancien secrétaire particulier de Pierre Savorgnan de Brazza, alors qu'il tentait de relier le bassin de l'Oubangui (l'actuelle RCA) à celui du Chari (le Tchad).

 

A la fin du XIXè, de nombreux explorateurs français: Léon de Poumayrac, Alfred Fourneau... meurent ou échouent dans cette région, embarquées dans de périlleuses expéditions vers le lac Tchad.

 

Un seul réussit, en 1897: Emile Gentil, qui deviendra plus tard commissaire général du gouvernement au Congo français. La même année, il signe la naissance d'un protectorat français avec le sultan Senoussi.

 

Les troupes coloniales françaises tuent pourtant en 1911 le sultan Senoussi à Ndélé. Le Tata, son ancien palais fortifié, occupe une plate-forme au-dessus de la colline surplombant la ville de Ndélé et se visite encore. Il a été soumis en 2006 par la RCA à l'Unesco pour être désigné "patrimoine mondial" de l'humanité.

 

"Nous étions là bien avant les Centrafricains de Bangui", déclare aujourd'hui à Birao un haut gradé du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), groupe armé qui se réclame du sultanat d'antan pour asseoir sa légitimité dans le nord.

 

Son chef, Noureddine Adam, longtemps défenseur d'une sécession du nord et d'un retour au Dar-el-Kouti, aime à montrer à ses visiteurs une photo noircie par le temps du sultan Mohammed Senoussi.

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28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 11:31
Dans le nord de la Centrafrique, un désert scolaire pour une "génération perdue"
Dans le nord de la Centrafrique, un désert scolaire pour une "génération perdue"
Dans le nord de la Centrafrique, un désert scolaire pour une "génération perdue"
Dans le nord de la Centrafrique, un désert scolaire pour une "génération perdue"

 

 

 

28/12/17 (AFP)

 

"Tu veux jouer avec nous?": faute de professeur, Moussa, gamin de Birao, dans le nord de la Centrafrique, passe ses journées sur le terrain de football, au lieu d'aller à l'école.

 

Ses parents l'ont déposé ce matin avant d'aller aux champs à son école de Garba, l'une des trois primaires de la capitale de la région de la Vakaga, qui compte 422 élèves inscrits. Mais aucun personnel qualifié pour leur apprendre à lire ou compter.

 

Trois colonnes se forment pourtant bientôt devant le bâtiment et les deux tiers des élèves s'apprêtent à entrer en classe. Moussa reste à jouer au football.

 

"C'est moi qui fais les cours", explique Adam Deko, 43 ans, professeur de fortune d'une région sans éducation. Il n'a aucun diplôme, et a arrêté l'école en classe de 3e.

 

Dans la Vakaga, région oubliée de la Centrafrique, au carrefour des frontières tchadienne et soudanaise, il y a moins de cinq professeurs contractuels pour 52 écoles et près de 38.000 jeunes entre 7 et 18 ans, "scolarisables".

 

Alors, pour combler le vide, une ONG française forme des "maîtres-parents" aux rudiments de l'éducation.

 

- 'On supporte'-

 

"On réhabilite des écoles, sensibilise les communautés sur l'importance de l'éducation, on remet des kits scolaires...". Alnour Sallet, directeur pour la Vakaga de l'ONG Triangle, énumère la longue liste de leurs actions pour l'éducation dans la région. De l'avis de beaucoup à Birao, Triangle est devenu indispensable.

 

"Et depuis 2015, on a formé 260 maîtres-parents", ajoute M. Sallet. Adam en fait partie.

 

"J'ai des enfants de 8 à 12 ans en classe", raconte-t-il avant d'aller écrire au tableau la date du jour. La salle de classe est bondée, il y a ce matin une centaine d'élèves - l'apprenti enseignant n'a aucune idée du nombre exact.

 

Djamila, 13 ans, n'est pas concentrée. "Il y a trop de monde, je n'ai rien pour écrire, on partage un banc à quatre. Mais on a de la chance, dans l'autre école ils n'ont pas de table."

 

Construite en 2017 et inaugurée en grande pompe par le président Faustin-Archange Touadéra début novembre, "l'autre école", Djobkia, à quelques centaines de mètres de là, n'a aucune fourniture scolaire.

 

Les élèves sont par terre et le professeur n'a pas de matériel sinon une craie blanche. "Oh vraiment, on a besoin d'enseignants", geint Samedi Hatim, 34 ans, professeur contractualisé cette année après une année de sociologie à l'université de Bangui.

 

Des enseignants, le gouvernement en a pourtant promis et affecté 110 début septembre pour la Vakaga. "Mais ils ne sont jamais arrivés, on les attend toujours", continue M. Hatim, qui partage avec un maître-parent le fardeau d'éduquer les centaines d'élèves de l'école Djobkia. "On supporte, on attend, qu'est-ce qu'on peut faire d'autre?"

 

- Maîtres d'un jour –

 

Ailleurs en ville, les rares fonctionnaires présents se sont organisés pour donner des cours: le commissaire, les proviseurs, intendant, l'administrateur et le censeur du lycée ont tous pris des habits de maître d'un jour.

 

"On arrive a donner environ quatre heures de cours par classe par semaine" en raison du manque de matériel et de professeurs, explique le censeur, Dieudonné Koudoufara, 62 ans, assis sur une table d'une salle de classe vide.

 

"Tout est toujours en retard ici, on n'a cours que dans certaines matières et on commence l'année scolaire avec plusieurs mois de retard", corrobore Abattor, 21 ans, en terminale, en regardant les mouches voler devant le lycée.

 

"Le Pnud (Programme des Nations unies pour le développement) a amené des planches pour réparer les tables et les bancs du lycée. Mais il faut encore trouver l'argent pour payer les menuisiers", dit-il, dépité.

 

En 2017 à Birao, 29 élèves ont passé le baccalauréat, pour une population estimée à 120.000 personnes et 26.000 enfants "scolarisés". Un seul a réussi.

 

"Et quand tu as le bac, tu fais quoi après?", demande Moustapha Fadoul, chargé de programme à la Maison des jeunes de Birao. "Le bac, il ne nous sert à rien", ajoute Abattor.

 

"Etudier à Bangui, c'est dangereux pour nous les musulmans. Et au Soudan, c'est trop cher. On est bloqués ici, on ne peut devenir qu'agriculteur", conclut Moustapha.

 

Alors, les jeunes vont couper du bambou dans la brousse pour le revendre aux commerçants qui partent vers le Soudan. Ils cultivent aux champs arachides et haricots. Ou rejoignent le groupe armé qui contrôle la ville, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), du chef de guerre Noureddine Adam.

 

"On est une génération perdue", dit en baissant les yeux un élève qui attend devant l'école Djobkia. "Je ne sais pas ce qu'on va faire".

 

 

Centrafrique: Birao, capitale à la dérive du Nord "abandonné"

 

27/12/17(AFP)

 

L'Etat, c'est comme le sable", dit un vieil homme assis à l'entrée du marché, "il s'envole quand le vent fait son entrée". Et à Birao, l'Etat semble s'être envolé dès l'indépendance, en 1960. Dans cette région isolée du nord de la Centrafrique, les habitants se sentent "abandonnés".

 

Ici, pas de préfet, de médecin, d'enseignant, de douanier, de gendarme, de juge... La liste des absents est longue et les vieux bâtiments administratifs - construits sous la colonisation française - sont vides et décrépis.

 

"L'Etat ne regarde pas la Vakaga, et ça dure depuis 57 ans", date de l'indépendance de cette ancienne colonie française, raconte Moussa Issa, député suppléant de Birao, autour d'un verre de thé.

 

L'enclavement de la région empêche son développement. Six mois dans l'année, le temps de la saison des pluies, la Vakaga est une île, livrée à elle-même et coupée du monde par les eaux des rivières en crue.

 

"Les routes sont coupées, on ne peut circuler qu'à dos d'âne, de chameau ou à cheval, ce n'est pas normal!", peste Abdelkarim Moussa, commerçant.

 

Alors, faute de pouvoir se déplacer hors de la ville - où il y a à peine une vingtaine de voitures -, la population d'environ 14.000 personnes palabre à l'ombre des manguiers en buvant du thé à grand renfort de salamalecs.

 

L'installation de deux opérateurs téléphoniques a bien suscité de l'espoir, mais l'absence de source d'électricité permanente limite leur fonctionnement.

 

"Je suis pessimiste pour la Vakaga", soupire Oumar Garba, notable qui reçoit chez lui, dans l'une des rares maisons en dur de Birao. La majorité des habitations y sont faites de torchis et de paille.

 

- Sur le dos du Soudan-

 

"Nous vivons sur le dos du Soudan, sans la route vers là-bas on ne pourrait pas vivre", ajoute-il, lui-même propriétaire de six camions et grand commerçant de la région.

 

Située dans une zone grise aux confins des frontières du Tchad et du Soudan, au carrefour d'antiques routes commerciales et au coeur de trafics bien actuels - armes principalement -, la Vakaga s'est tournée vers le Soudan depuis que N'Djamena a officiellement fermé sa frontière centrafricaine, en 2014.

 

A Birao, sur le marché et dans les rues de sable, on parle arabe autant que sango et français, les langues nationales centrafricaines. L'accès à Nyala, la grande ville soudanaise située à 300 km, est bien plus simple que la route dangereuse vers Bangui, longue de 1.000 km, où les combats font rage par endroits et où la soldatesque impose partout sa loi.

 

"Je me sens plus chez moi à Nyala qu'à Bangui. Au Soudan, je peux sortir en ville sans problème. A Bangui on doit rester au PK5", l'enclave musulmane de la capitale, poursuit le commerçant Moussa.

 

C'est dans cette poudrière sociale de Birao qu'est né le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), groupe armé emmené par Nourredine Adam. Sur ce terreau de chômage et de frustration, le chef de guerre a recruté à tour de bras, cofondé avec d'autres groupes armés la Séléka en 2012, et lancé sa marche vers Bangui, pour faire entendre ses revendications et renverser le président François Bozizé en 2013.

 

La prise du pouvoir par la coalition rebelle, marquée par d'innombrables exactions et pillages, a entraîné une profonde crise sécuritaire et humanitaire en Centrafrique.

 

"Si on avait été traité d'égal à égal avec les autres préfectures du pays, les habitants de la Vakaga n'auraient jamais pris les armes", veut aujourd'hui penser un conseiller municipal.

 

- 'Bangui se joue de nous!' –

 

Bon gré mal gré, le FPRC a pignon sur rue dans Birao. En vertu d'un accord avec la force de l'ONU, la Minusca, en RCA depuis 2014, ses hommes n'arborent pas d'armes en ville, mais le groupe - et ses revendications populistes - bénéficie du large soutien de la population locale.

 

"C'est grâce au FPRC que nous sommes sécurisés. Depuis qu'ils sont là, il n'y a plus ni braconniers ni bandits qui viennent chez nous tuer nos habitants", assure le sultan de la Vakaga, Ahamat Moustapha Am-Gabo. Des braconniers qui au fil des ans ont massacré les grands animaux - en particulier les éléphants - des parcs de la région, laissant la brousse vide d'une faune autrefois luxuriante.

 

A d'autres médias, il y a dix ans, le père d'Ahamat, lui aussi sultan, tenait le même discours. Si le nom du groupe armé a changé, les peurs et le sentiment d'abandon sont restés les mêmes.

 

Tous les habitants rencontrés adhèrent aux positions anti-Bangui et promusulmanes du groupe armé. La ville, ancien haut-lieu d'un sultanat musulman prospère et esclavagiste, n'a vu depuis 1960 que désespoir et pauvreté, selon ses habitants.

 

Pis, l'armée nationale y a commis des exactions qui reste gravées dans les mémoires, en 2006 notamment. Alors, quand le pouvoir central a voulu réinstaller un préfet en septembre, ancien militaire autrefois déployé dans la Vakaga, les habitants et le FPRC ont refusé net.

 

"Bangui se joue de nous, ce n'est pas possible!", lâche Moustapha Fadoul, la trentaine, au chômage. Lui ne voit pas de solution à "cette situation caduque". Seule raison de sourire selon lui: deux ONG, une américaine et une française, qui interviennent dans l'éducation et la santé.

 

"Elles sont indispensables", dit-il, en ajoutant : "C'est dommage que la Vakaga ne puisse pas s'occuper de ça elle même".

 

 

 

 

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27 décembre 2017 3 27 /12 /décembre /2017 02:12
Lu pour vous : Tchad : ce combat du quotidien à N'Djaména

 

 

 

PAR AURÉLIE BAZZARA, À N'DJAMENA Publié le  | Le Point Afrique

 

 

REPORTAGE. Alors que le pays tourne au ralenti du fait de la chute des cours du pétrole, les habitants de N'Djaména se serrent la ceinture.

 

« On se défend. » Ces quelques mots résonnent sans cesse dans les rues poussiéreuses de N'Djaména. Cet après-midi-là, le brouillard de sable et de pollution, « Adjadj », enveloppe la capitale politique du Tchad, assombrissant le ciel et plombant l'air. Selon les dires, cette brusque apparition est un signe précurseur de malheur. Un augure qui prend, cette année, une résonance toute particulière. Depuis quelques mois, la ville de deux millions d'habitants tourne au ralenti, frappée par une crise économique sans précédent. Les terrasses ombragées des bars peinent à se remplir, les clandos (taxis-motos) scrutent l'arrivée de clients potentiels, et les allées labyrinthiques du marché du centre-ville, d'habitude bondées, sont presque désertes. Pour attirer les clients, les commerçants ont cruellement revu les prix à la baisse. 



Comme ici, au marché de Dembé. « Mon maquereau est à 1 000 francs CFA alors qu' il était à 3 000 francs CFA il y a quelques mois », déplore Fatime, vendeuse de poissons, installée à même le sol sablonneux. La jeune femme de 27 ans, affublée d'un tablier délavé, renchérit : « Les clients négocient de plus en plus les prix, et on est obligé de l'accepter pour vendre nos produits. » À quelques mètres de là, Abasa, une quarantaine d'années, plie minutieusement ses pagnes à vendre. « Les temps sont très durs. Le tissu est passé de 6 000 à 9 000 francs CFA les cinq mètres. Je ne fais quasiment plus de bénéfices », explique la Tchadienne qui tient son étale en bois depuis près de dix ans. 

 

Vivre au jour le jour 

 

« La grande majorité de la population se débrouille au jour le jour pour survivre », observe Daouda Elhadj Adam, président de l'association de défense des droits des consommateurs au Tchad (ADC). « Par le passé, la ménagère faisait des stocks et dépensait sans compter notamment à l'approche des fêtes. Elle achète désormais des quantités journalières et les négocie. Ce comportement, de plus en plus rationnel, tire les prix de vente vers le bas alors que les grossistes, eux, n'ont pas baissé leurs prix », poursuit-il. Ainsi, la viande, aliment le plus consommé du pays, a subi une baisse de 20 % depuis 2008. « Il y a eu plusieurs tentatives de régulation du marché depuis 2008. Faute de contrôle, les mesures prises n'ont pas fonctionné », conclut l'expert en consommation. 

 


De fait, le mal ronge le pays depuis la brusque chute des cours du pétrole. Le baril de brut est tombé de 100 à moins de 50 dollars il y a deux ans. C'est la conséquence d'une addiction à l'or noir qui a débuté en juillet 2003 avec l'exploitation du gisement de Doba dans le sud du Tchad. Les recettes du pays ont baissé de 45 % en 2016, tandis que le déficit budgétaire affiche 274 millions de francs CFA (environ 411 millions de dollars), selon les estimations du ministère de l'Économie. L'État ne reçoit presque plus rien de la vente de son pétrole, qui est absorbée par le remboursement des créances colossales contractées auprès du trader suisse Glencore : un emprunt de plus d'un milliard de dollars. Les différentes tentatives pour obtenir le rééchelonnement de la dette ayant échoué. 

 

Seize mesures d'urgence 

 

Partout à N'Djaména, chacun y va de son astuce pour « se défendre », s'en sortir. « Je vais aller chercher du travail en Guinée, ce sera plus facile pour faire vivre ma famille », explique Idriss, installé au volant de son taxi jaune décoré de moumoutes beiges qu'il fait rouler depuis quatre ans. Quant à Tara, une gardienne de résidence d'une trentaine d'années, elle enchaîne les petits boulots pour payer l'école de ses deux enfants. « Après ma journée de travail, je propose à des clients de leur faire à manger ou le ménage pour gagner un petit billet en plus », confie la maman célibataire, toujours un large sourire aux lèvres. 

 


Depuis le 31 août, les tensions de trésorerie du pays sont apparues au grand jour lorsque le conseil des ministres extraordinaire a adopté « seize mesures de réforme d'urgence ». Objectif : réduire les charges, augmenter les recettes et améliorer l'efficacité de la dépense publique. Car le Tchad a vécu longtemps au-dessus de ses moyens, dopé par une croissance record d'environ 13 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2010. Tablant sur d'importants revenus pétroliers, les autorités ont gonflé les dépenses budgétaires en augmentant notamment le salaire des fonctionnaires. « La réalité nous a rattrapés, maintenant, on refuse de revenir en arrière. Mais on est obligé de revenir en arrière, on va être là où on était en 2003 », avait alors annoncé sans détour le président Idriss Déby Itno lors d'une assemblée générale des opérateurs économiques du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti au pouvoir, tenue mi-novembre. 



Une déclaration qui a fait grincer bien des dents, jusque dans les bureaux de l'Union des syndicats du Tchad, aux portes du quartier populaire et mouvementé de Kabalaye. Installé à son bureau sur lequel trônent un drapeau tchadien miniature et des piles de dossiers, Younous Mahadjir, le vice-président, ne décolère pas. « La pauvreté va davantage s'aggraver », tempête-t-il avant de poursuivre : « En diminuant le salaire des fonctionnaires et leurs indemnités, l'argent ne circulera plus dans l'économie du pays et les travailleurs informels se tireront difficilement un salaire. » Pour le syndicaliste, il est avant tout nécessaire de s'attaquer à « la mauvaise gouvernance ». Le pays figure à la 147e place sur 168 du baromètre de la corruption 2015 (il était à la 163e place en 2013) établi par Transparency International.

 

« Rationaliser l'économie »

 

Un constat partagé par Issa Mahamat Abdelmamout. Dans sa maison, assis sur son canapé à l'abri du soleil ardent, cet ancien inspecteur général d'État adjoint à la présidence de la République, sirote un thé brûlant au gingembre. Et prend le temps d'étayer son analyse. Pour l'auteur de l'ouvrage Tchad : comment sortir de la crise économique, il est essentiel de « rationaliser l'économie ». « Nous avons toujours été un pays en guerre, nous n'avons jamais pensé à développer un climat propice aux investisseurs. Certes, nous sommes dans une phase d'apaisement, mais il y a un cruel manque de confiance en nos institutions, ce qui ralentit tout investissement », explique l'enseignant chercheur, qui fait référence au programme quinquennal 2017-2021. Sur la base de projets « bancables » et de promesses de bonne gouvernance, le gouvernement tchadien a levé en novembre plus de 17 milliards d'euros d'engagements auprès de 34 bailleurs de fonds pour financer son Plan national de développement (PND). 


 

En attendant, le brouillard s'épaissit sur N'Djaména et la nuit tombe. Le grand marché du centre-ville de la capitale tchadienne se vide de ses commerçants et petits vendeurs ambulants. Les centaines d'entrepôts stockant les marchandises se ferment à double tour les uns après les autres. Le long de la route sablonneuse, les femmes portent toutes sortes de choses dans les bras ou sur les têtes, souvent par espoir de vendre un dernier morceau de viande ou un dernier fruit. Dans la cohue de fin de journée et l'air étouffant, une jeune vendeuse de citrons compte ses gains de la journée. Les prochains jours seront difficiles. « Je ne sais pas comment je vais faire manger mes enfants », lâche-t-elle. 

 

 

Le président turc Erdogan en visite au Tchad signe des accords

 

N'Djamena - AFP / 26 décembre 2017 18h28  Les présidents turc, Recep Tayyip Erdogan, et tchadien, Idriss Déby Itno, ont signé mardi cinq accords au terme d'une visite d'un jour d'Erdogan à N'Djamena, une première dans le pays qui revêt une forte connotation économique, a appris l'AFP de source officielle.



Des accords relatifs à l'impôt sur le revenu, la coopération en matière de jeunesse et sports, la coopération technique et de développement, la promotion et la protection des investissements et la coopération dans le partage d'informations et d'archives diplomatiques, ont été signés ce mardi par les deux présidents, selon le communiqué final.



Le Tchad a aussi sollicité l'implication de la Turquie dans la recherche et l'exploitation pétrolière, alors que le gouvernement tchadien négocie depuis plusieurs mois avec l'entreprise suisse Glencore au sujet de prêts gagés sur le pétrole tchadien, et concernant une restructuration de dette s'élevant à 1 milliard de dollars.


 

Les deux dirigeants se sont félicités de la parfaite convergence de vues entre les deux pays sur les questions internationales, notamment la question du terrorisme et le conflit israélo-palestinien. Le Tchad a été placé fin septembre sur la "liste noire" des Etats-Unis, interdisant l'entrée sur leur territoire à tout ressortissant tchadien.



Concernant Jérusalem, les deux délégations ont estimé que les décisions "unilatérales et illégales" sont "inacceptables et nulles". La principale condition principale pour la paix et la stabilité dans la région est, selon les délégations, la création de l'Etat de Palestine indépendant et souverain avec une intégrité géographique et ayant pour Capitale Jérusalem-Est dans les limites des frontières de 1967.



La reconnaissance de Jérusalem comme Capitale de l'Etat d'Israël pourrait, selon elles, avoir des répercussions négatives sur la paix et la stabilité dans la région et comporterait un risque de détruire complètement les fondements pour la paix.



Idriss Déby Itno a enfin demandé l'implication de la Turquie dans deux grands projets : la construction de l'aéroport de Djermaya et du pont sur le Chari. Les dossiers relatifs seront soumis à la partie turque, selon le communiqué officiel.



En marge de cette visite, un Forum économique entre la Turquie et le Tchad, auquel ont participé des entreprises et des hommes d'affaires tchadiens ainsi qu'une centaine d'hommes d'affaires turcs, a été organisé. 



A l'issue d'un premier entretien à l'arrivée du président turc, la présidence a indiqué que ce déplacement "ouvre une nouvelle page dans la densification des relations entre les deux pays".



Le chef de l'Etat turc était accompagné d'une dizaine de ministres, dont ceux de la Défense et des Affaires étrangères, et d'une délégation d'hommes d'affaires.



Avant N'Djamena, M. Erdogan a séjourné dimanche et lundi au Soudan pour une "visite historique", marquée par la signature d'une douzaine d'accords bilatéraux. Il est attendu ensuite en Tunisie, troisième et dernière étape de sa tournée régionale.



Comme au Soudan, le Tchad traverse une grave crise économique, et la visite avait de forts enjeux économiques.



La Turquie est également au coeur des rivalités régionales autour de la crise en Libye (voisine du Soudan, du Tchad et de la Tunisie), en tête des préoccupations sécuritaires pour le président Déby.


(©)

 

 

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