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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 00:24
La Corne de l’Afrique, théâtre d’un commerce secret d’armes par la Chine
La Corne de l’Afrique, théâtre d’un commerce secret d’armes par la Chine

 

 

La Chine se positionne activement en tant que fournisseur majeur d’armes sur le continent africain, et intensifie ses expéditions d’armes, via Djibouti, vers des zones de conflit dans la Corne de l’Afrique

 

LONDRES, Royaume-Uni, 3 septembre 2018/ -- EXX Africa

 

(https://www.EXXAfrica.com) a publié un rapport spécial sur le commerce secret d’armes par la Chine dans la Corne de l’Afrique. 


Au-delà de l’objectif commercial d’accroître les ventes d’armes et de matériel militaire de fabrication chinoise, la Chine cherche également à contrôler une part croissante du commerce d’armes en Afrique afin de protéger ses importants investissements dans les infrastructures sur le continent. Dans le cadre de la Nouvelle route de la soie, la Chine a effectué des investissements massifs en Afrique de l’Est, notamment dans des lignes ferroviaires, des barrages hydroélectriques et de nouveaux projets portuaires dans des pays comme le Kenya, le Soudan et l’Éthiopie.

La base logistique militaire chinoise à Djibouti joue un rôle central dans cette stratégie. La Chine s’apprête en envoyer de grandes quantités d’armes et de matériel militaire vers les pays africains, en particulier vers le Soudan et le Sud-Soudan.

D’une grande importance stratégique et situé sur une route maritime majeure, le port de Djibouti est également en train de devenir une zone de transit clef du commerce d’armes dans la région.

À la suite d’une nouvelle enquête étayée par un ensemble de renseignements provenant de sources sûres du secteur de la sécurité dans la Corne de l’Afrique, nous avons recueilli des preuves que des armes chinoises arrivent via la base de soutien de l’Armée de libération populaire chinoise à Djibouti et via le port commercial de Djibouti, avant d’être acheminées vers des zones de conflits en Afrique faisant l’objet d’un embargo sur l’armement.

Pour tout renseignement complémentaire ou pour un exemplaire du rapport dans son intégralité, veuillez contacter https://www.EXXAfrica.com/

 

Distribué par APO Group pour EXX Africa.

 

Télécharger le rapport (uniquement disponible en anglais) : http://bit.ly/2PvgfDy 

 

 

Le commerce d’armes illégales implique de hauts fonctionnaires à Djibouti, selon un rapport

 

LONDRES, Royaume-Uni, 3 septembre 2018/ -- EXX Africa (www.EXXAfrica.com) a publié un rapport spécial sur le commerce des armes dans la corne de l’Afrique.

Le commerce d’armes illégales implique de hauts fonctionnaires à Djibouti, ce qui suggère que le terminal portuaire de Doraleh, actuellement sous contrôle du gouvernement et souffrant de contrôles douaniers perméables, sera de plus en plus mis à profit en tant que plateforme pour le commerce des armes. Toutefois, les flux les plus significatifs d’armes illégales continueront d’être déplacés vers des embarcations plus petites, via les communautés de pêcheurs sur la côte sud-est et via le projet de port de Garacad.

Au cours des dernières années, et jusqu’à aujourd’hui, le terminal de Doraleh exploité par DP World n’était pas utilisé pour le trafic d'armes. Cependant, des renseignements recueillis localement suggèrent que le terminal, qui est dorénavant sous le contrôle du gouvernement, pourrait à l’avenir être mis à profit comme centre de traitement pour le commerce illégal des armes.

Certains éléments laissent penser que le terminal de Doraleh sera de plus en plus utilisé pour le commerce des armes. Le président de l’Autorité portuaire et des zones franches de Djibouti (DPFZA), Aboubaker Omar Hadi, est un ami proche d’Ali Abdi Aware, un homme d’affaires très en vue qui a été à trois reprises candidat présidentiel dans la région du Puntland. Ils sont conjointement impliqués dans un projet dans lequel M. Aware est personnellement en charge de CAC International, la banque de l’ancien président du Yémen, Ali Abdallah Saleh. Cette banque a son siège social à Djibouti. Des renseignements recueillis localement suggèrent qu’Omar Hade a aidé à l’enregistrement de la banque et détient des parts dans celle-ci (« une partie des composantes investissement »). De plus, Omar Hadi a établi une succursale bancaire à Bosaso en mesure de blanchir de l'argent pour des institutions clandestines touchant aux importations d’armes du Yémen, car la banque est originaire du Yémen.

M. Aware est également très bien implanté dans le gouvernement du président Guelleh, c’est lui qui a mis en place l’assistance de la région du Puntland à Djibouti, donnant 900 chameaux à Djibouti lorsque le pays a eu un conflit armé avec son rival érythréen concernant les îles Doumeira contestées. Il a par ailleurs aidé Djibouti à obtenir un engagement

d’investissement pour la construction de routes auprès du gouvernement saoudien en 2009 lorsque le général Adde Muse Hersi, aujourd’hui décédé, était président de la région du Puntland.

Effectivement, le commerce d’armes illégales à Djibouti s’étend aux plus hauts échelons du gouvernement. Des renseignements recueillis localement confirment qu’une entreprise qui, dans la version publique de ce rapport sera désignée par la Société Z, appartient à la famille Guelleh et gère le commerce d'armes. La Société Z s’occupe uniquement d’importations d’armes en Somalie. Ces mêmes armes sont alors souvent distribuées à des factions politiques soutenues par le gouvernement.

Tout cela laisse penser que le terminal de Doraleh commencera à jouer un rôle plus important dans le trafic d'armes régional. Des renseignements recueillis localement suggèrent que le port principal de Djibouti n’est pas sûr et que les procédures douanières sont poreuses, ce qui facilite les transferts illicites. Néanmoins, comme ce terminal restera l’un des principaux centres d’import-export de Djibouti, la surveillance internationale des flux de marchandises est ici élevée, ce qui limitera l’utilisation du port comme centre pour le commerce des armes. Toutefois, des sources indiquent qu’une bonne partie du commerce illégal d’armes n’a pas besoin de transiter par le port principal de Djibouti. Il est déplacé dans des embarcations plus petites via les communautés de pêcheurs sur la côte sud-est.

En outre, Djibouti est aussi dorénavant impliqué dans la construction du port de Garacad. Djibouti en est venu à suivre un désaccord politique avec le gouvernement somalien pour ce qui concerne le rapprochement Érythrée-Éthiopie-Somalie, à la suite de la réunion entre le président somalien et son homologue Afewerki à Asmara. Djibouti tire profit du désaccord sur la région du Puntland avec le gouvernement somalien au sujet du port de Garacad. Le premier ministre Hassan a récemment visité la région et a été invité à la grande ouverture du projet Garacad, mais il a refusé de faire de même alors que le gouvernement somalien a récemment commencé le plan de construction du port de Hobyo, à seulement 90 km de là.

Les tensions sont palpables entre le gouvernement somalien et Djibouti concernant son implication dans ce projet. Des renseignements recueillis localement suggèrent que le gouvernement somalien craint, à juste titre, que Djibouti l’utilise comme base pour transférer des armes du golfe d'Aden vers la région du Puntland, puis vers la Somalie elle-même (voir les commentaires précédents sur le soutien aux factions déstabilisantes en Somalie, comme al-Shabaab). À noter également que Garacad, ancien territoire pirate de 2008 à 2011, est une plaque tournante régionale pour le débarquement de cargaisons d’armes. Des bateaux aux allures de navires de pêche y débarquent toujours à des fins de contrebande.

C’est à Garacad que Djibouti joue son rôle le plus important dans le trafic d'armes régional. Les entreprises de logistique, de fret et de construction impliquées dans le projet de port de Garacad appartiennent souvent à de hauts fonctionnaires et officiers militaires de haut rang de Djibouti. La plupart des matériaux de construction pour le projet seront transportés par voie terrestre depuis Djibouti, ou expédiés via la côte au large de Garacad. Les occasions de contrebande d'armes y sont abondantes. Encore une fois, les rapports du Groupe de contrôle des Nations Unies pour cette région incluent les noms de certaines entités qui, selon des renseignements recueillis localement, sont toujours exacts.

 

Distribué par APO Group pour EXX Africa.

 

Télécharger le rapport (en anglais) : https://bit.ly/2CcF7hr
 

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3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 23:49
Nouvelles nationales sur RJDH
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Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : Les Antibalaka accusent le gouvernement de fragiliser les efforts de paix entrepris par l’Union Africaine

 

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 3 SEPTEMBRE 2018

 

BANGUI, le 3 Septembre 2018(RJDH)—Les Antibalaka aile Ngaïssona n’ont pas apprécié les rencontres parallèles de Khartoum à l’initiative des russes et du Soudan et accusent le gouvernement de double langage qui ne favorise pas le retour de la paix. Position exprimée ce 2 septembre au RJDH par le chargé des opérations des Antibalaka Dieudonné Ndomaté.

 

Les Antibalaka aile Ngaïssona se sont inscrits dans un processus politique aussitôt après l’accord du 10 mai signé en marge du forum centrafricain de réconciliation en 2015 et disent attendre le DDRR, leur position est contraire à l’aile soutenue par Mokom jusque-là considéré comme un partisan de Naïrobi. C’est dans ce contexte que les Antibalaka proches de Ngaïssona ont fustigé l’attitude du gouvernement qui officiellement dit ne pas soutenir l’initiative de Khartoum mais qui dans les faits approuve l’initiative.

 

La déclaration du porte-parole du gouvernement Ange Maxime Kazagui est loin de rassurer certains groupes armés qui voient la coïncidence comme une manœuvre de faire échec à la feuille de route de l’Union Africaine « la méthodologie du travail de l’Union Africaine est appréciable et au moment où les groupes armés doivent harmoniser les points de vue que Khartoum est venu faire de l’intrusion et nous tenons à préciser que cette approche n’engage en rien les Antibalaka dont Edouard Patrice Ngaïssona est le coordonnateur » a indiqué Dieudonné Ndomaté.

 

Il appelle à l’adhésion au processus de paix ainsi qu’à l’accélération du DDRR « nous attendons tous la mise en œuvre du DDR qui jusque n’avance pas comme nous l’avons souhaité et selon les conclusions de Bouar nous estimons que tous les points sont discutables, et par la même occasion nous rejetons l’idée du Rassemblement Centrafricain décidé à Khartoum » a-t-il lâché.

 

Les conclusions de Khartoum rejoignent la feuille de route de l’Union Africaine alors que sur les 104 points harmonisés et remis à Faustin Archange Touadera les points de Khartoum n’y figurent pas selon les informations RJDH.

 

 

Le Sommet Chine – Afrique et la Centrafrique ?

 

PAR FLEURY AGOU LE 3 SEPTEMBRE 2018

 

BANGUI, 03 Septembre 2018 (RJDH) — Le Président centrafricain, Faustin Archange Touadera est en Chine pour prendre part au Forum sur la Coopération Sino-Africaine (FOCACqui s’ouvre ce 03 septembre 2018. L’enjeu pour la Chine est de renforcer sa coopération avec les Etats africains et la République Centrafricaine afin de tirer les bénéfices de l’investissement de Pékin.

 

Du 3 au 4 septembre, plus de 53 délégations, dont 40 Chefs d’Etat africains participent au septième Forum sur la Coopération Sino-Africaine (FOCAC) à Pékin. Ce Sommet Chine – Afrique a pour thème : « communauté de destin et partenariat mutuellement avantageux ».

 

L’enjeu de cette grande rencontre est de taille car « les leaders africains espèrent davantage d’investissements chinois dans leurs » pays. Du côté chinois, ce sommet de Beijing poursuit cinq grands objectifs, a rapporté Dai Bing, secrétaire général du Comité de suivi chinois du Forum sur la coopération sino-africaine à la Division Afrique du ministère des Affaires étrangères. Il s’agit de: « renforcer davantage l’amitié traditionnelle sino-africaine; identifier et donner une direction du développement futur des relations sino-africaines ; favoriser la transformation et la modernisation de la coopération économique et commerciale entre la Chine et l’Afrique ; aider la coopération entre la Chine et l’Afrique à parvenir à un développement mieux coordonné et plus équilibré ; et enfin promouvoir davantage encore la coopération et le développement Sud-Sud ».

 

Avant de s’envoler pour Beijing au sommet du FCSA, le Président Touadéra a indiqué à french.china.org.cn que la coopération sino-centrafricaine est « dans l’intérêt mutuel des deux pays ». Puis le Chef d’Etat centrafricain a aussi évoqué les « nouvelles routes de la soie » ou « la Ceinture et la Route » et a souhaité que les deux pays renforcent leurs relations. « Notre envie est de pouvoir voir cette coopération s’intensifier, se développer », ajoutant qu’ »il n’y pas d’obstacle au développement de cette coopération (…) Nous avons des hommes qui sont engagés de part et d’autre, des gouvernements qui veulent aller dans ce sens-là. Je pense qu’avec cette volonté, on va lever tout obstacle ».

 

La coopération sino-centrafricaine :

 

Les attentes sont grandes pour la RCA vis-à-vis de la Chine avec qui elle entretient une coopération très agissante dans plusieurs domaines de développement, de la reconstruction du pays et de la santé. Le 9 janvier 2018, un protocole d’accord a été signé entre le gouvernement centrafricain et celui de la République Populaire de Chine sur « l’exemption partielle de dettes à hauteur de 198 350 000 yuans soit environ 17.058.100.000 francs CFA ». Puis des sociétés chinoises sont en Centrafrique dans la mine, notamment la prospection et l’exploitation du pétrole de Boromata.

 

Dans le domaine de la sécurité, Pékin à travers la société Polytechnology chinoise a offert au moins 70 véhicules militaires de transport au gouvernement centrafricain en juillet 2018. Des militaires centrafricains sont aussi formés dans des académies chinoises. Le pays attend toujours la levée de l’embargo pour recevoir du matériel militaire chinois afin d’équiper des unités d’élites des Forces Armées Centrafricaines (FACA), la police et la gendarmerie.

 

Hier à Pékin, le gouvernement centrafricain et le PDG du groupe China Gezhouba Group Corporation (CGGC) ont à Pékin un Acte d’engagement de la réalisation du marché des travaux d’électricité de Boali 2 financés par la Banque Africaine de Développement. « A la fin des travaux qui vont démarrer sous peu, la société centrafricaine de l’énergie ENERCA qui bénéficiera de 5 MG, améliora la distribution de l’électricité à Bangui et ses environs », a rapporté la Présidence Centrafricaine.

 

La Centrafrique et les « nouvelles routes de la soie » ou « la Ceinture et la Route » :

 

A l’occasion de ce Sommet, les chinois évoqueront les bienfaits des « nouvelles routes de la soie » ou « la Ceinture et la Route » qui ont boosté les échanges entre Pékin et l’Afrique. Concernant les « nouvelles routes de la soie » ou « la Ceinture et la Route », ce programme a été lancé en 2013 et vise à favoriser le développement économique et social et à réduire la pauvreté, a déclaré Liu Yongfu, chef du Bureau du groupe dirigeant du Conseil des Affaires d’Etat de la Chine pour la lutte contre la pauvreté et le développement.

 

D’après M. Liu, en cinq ans, « le volume total des échanges commerciaux entre la Chine et les pays le long de ces routes commerciales terrestres et maritimes a dépassé les 5.000 milliards de dollars, tandis que les investissements ont totalisé 70 milliards de dollars ».

 

Sur « la Ceinture et la Route », le Président Touadera a déclaré à french.china.org.cn qu’elle est d’une « très importante pour la coopération sino-africaine, surtout en ce qui concerne la République Centrafricaine (RCA) ».

 

Enclavée, la RCA « est un pays continental qui n’a pas de débouché sur la mer, ce qui handicape son développement ». Donc, grâce à « la Ceinture et la Route » (…) la Centrafrique est désormais capable de transformer cet handicap en avantage, …». Il a précisé que « si on doit faire des routes, nécessairement cela doit passer par la RCA. Et si on développe les échanges au niveau des transports aériens, je pense que la RCA est un point central du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest ».

Selon lui, il existe un important potentiel de coopération bilatérale qui est déjà fructueuse. Les infrastructures, les transports, l’énergie, les mines, l’agriculture et la santé figurent parmi les domaines de coopération privilégiés cités par le président centrafricain.

 

La Chine – Afrique :

 

Profitant du Forum sur la Coopération Sino-Africaine, le Président Xi Jinping a fait des promesses à l’Afrique ce 03 septembre. « 60 milliards de dollars (51,7 milliards d’euros) à l’Afrique en assurant que cet argent serait employé à des projets concrets, viables et durables » reparties de la manière suivante : « 15 milliards d’aides et de prêts sans intérêt ou à conditions préférentielles ; une ligne de crédit de 20 milliards ; un fonds spécial de développement doté de 10 milliards; un fonds spécial de 5 milliards consacré aux importations de biens africains », a rapporté Reuters.

« Les entreprises chinoises seront enfin incitées à investir au moins 10 milliards de dollars sur le continent au cours des trois prochaines années », a ajouté Xi Jinping.

 

Mais cette coopération entre la Chine et l’Afrique est-elle « gagnant-gagnant ? » :

 

Premier partenaire économique de l’Afrique, selon les statistiques, environ 10000 entreprises chinoises sont Afrique, mais ce qui n’est pas le cas pour les sociétés africaines. Courtisée pour ses richesses, l’Afrique doit aussi profiter des potentialités de la Chine. Aussi, l’on ne cesse de déplorer que « les prêts chinois accroître la dette africaine qui a doublé en cinq ans ». En huit ans, la Chine a prêté au continent 125 milliards de dollars et « ce taux d’endettement s’élève à 57% du PIB de l’Afrique », donc elle doit « puiser 11% de ses recettes budgétaires pour rembourser le service de la dette, environ 4% il y a quatre ans », a rappelé les pays du G20.

 

En réponse à cette inquiétude, le président chinois Xi Jinping a répondu que les investissements de son pays en Afrique ne sont pas de « projets de vanité » mais qu’il visait à construire des infrastructures qui favoriseraient le développement sur le continent : « la Chine n’interfère pas dans les affaires intérieures de l’Afrique et n’impose pas sa propre volonté à l’Afrique. Nous apprécions le partage d’expérience de développement et le soutien que nous pouvons offrir au rajeunissement et à la prospérité de l’Afrique », a-t-il déclaré.

 

Demain prendra fin ce Forum dont le prochain se tiendra au Sénégal. Concernant la RCA, le Président centrafricain fera d’une pierre deux coups par « une visite d’Etat du 6 au 7 septembre. Une rencontre bilatérale entre le Professeur Faustin Archange Touadera et le Président chinois Xi Jinping, est d’ailleurs prévue le jeudi 6 septembre en début de matinée au Grand Palais du Peuple », a indiqué la Présidence Centrafricaine.

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 00:02
Angela Merkel en Afrique pour parler migration et développement
Angela Merkel en Afrique pour parler migration et développement
Angela Merkel en Afrique pour parler migration et développement

 

 

 

Dakar - AFP / 29 août 2018 20h24 La chancelière allemande Angela Merkel a entamé mercredi au Sénégal une tournée africaine qui la mènera également au Ghana et au Nigeria, au moment où Berlin mise sur le développement du continent pour endiguer les flux migratoires et renforcer la lutte contre la menace jihadiste.

Mme Merkel, accompagnée d'une dizaine de capitaines d'industrie allemands, a été accueillie sur le tarmac de l'aéroport Blaise Diagne, à une cinquantaine de kilomètres de Dakar, par le président sénégalais Macky Sall.

 

Les deux dirigeants ont passé en revue une garde d'honneur composée d'une unité de la marine en uniforme blanc et liseré rouge. Après les hymnes nationaux, la fanfare militaire a joué deux airs très populaires en Allemagne, dont l'un, "Schöne Maid, hast Du heut' für mich Zeit", peut se traduire par "Jeune fille, as-tu du temps pour moi aujourd'hui?"

Mme Merkel a ensuite retrouvé Macky Sall au palais présidentiel de Dakar, avec qui elle s'est entretenue avant un dîner.

Au cours d'une conférence de presse conjointe, Macky Sall a annoncé l'électrification par le solaire de 300 villages sénégalais, grâce à un financement de l'Allemagne dont le montant n'a pas été précisé.

Interrogé par la presse, le dirigeant sénégalais a déploré le "lot de morts" de migrants africains à "travers le Sahara et la Méditerranée" et appelé à "trouver des solutions et des opportunités" pour la jeunesse africaine en Afrique même.

"La vocation de la jeunesse africaine n'est pas d'échouer dans la Méditerranée ou sur les rives de l'Europe ou de vivre dans la clandestinité", a t-il dit, dénonçant les "réseaux de trafiquants et criminels".

"Nous ne devons pas être les complices des trafiquants d'êtres humains et nous ne devons pas juste regarder" sans rien faire, a de son côté déclaré Mme Merkel.

"Nous devons combattre l'émigration illégale d'une part et créer des opportunités légales d'autre part", a t-elle estimé. 

Le Sénégal, le Ghana et le Nigeria "sont confrontés à de grands défis en termes de développement économiques et sociaux", avait indiqué à Berlin avant son départ un responsable gouvernemental, ajoutant que ces trois pays devaient faire en sorte que le renforcement de leurs économies profitent à tous les citoyens, "ce qui n'est pas encore le cas partout".

La chancelière a renforcé ses dernières années le volet africain de sa diplomatie, comptant sur les pays du continent pour ralentir le flux de migrants vers l'Europe, un sujet extrêmement sensible en Allemagne.

Il est important que "les gens arrêtent d'entreprendre le voyage illégal et extrêmement dangereux vers l'Europe", a estimé le responsable allemand, en prônant à l'inverse une attention accrue à l'immigration légale, notamment celles des jeunes Africains désireux d'étudier en Europe avant de rentrer au pays pour mettre en oeuvre leurs acquis.

Pays d'exportation comme la Chine et le Royaume-Uni, qui se prépare au Brexit, l'Allemagne veut également tirer profit du dynamisme croissant de l'Afrique, dont les pays disposent souvent d'importantes ressources en matières premières et d'une population jeune.

Le Sénégal connait une croissance économique de 6 ou 7% depuis plusieurs années, tandis que le Ghana, dont l'économie est également en expansion, est considéré comme un havre de stabilité dans la région. 

Bien que confronté aux actions terroristes du groupe jihadiste Boko Haram et à la volatilité des prix du pétrole, le Nigeria reste le second partenaire économique de l'Allemagne en Afrique sub-saharienne.

(©)

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 23:36
En Centrafrique, une médiation peut en cacher une autre
En Centrafrique, une médiation peut en cacher une autre
En Centrafrique, une médiation peut en cacher une autre
En Centrafrique, une médiation peut en cacher une autre
En Centrafrique, une médiation peut en cacher une autre
En Centrafrique, une médiation peut en cacher une autre
En Centrafrique, une médiation peut en cacher une autre
En Centrafrique, une médiation peut en cacher une autre
En Centrafrique, une médiation peut en cacher une autre

 

Lu pour vous 

 

DÉCRYPTAGE

 

Par Gregory Leberger  LE MONDE Le 29.08.2018 à 18h02 • Mis à jour le 29.08.2018 à 18h05

 

Invités à Bouar, dans le nord-ouest, par les négociateurs de l’UA, les chefs des groupes armés ont préféré se rencontrer à Khartoum sur proposition du Soudan et de la Russie.

 

Noureddine Adam ou Mahamat Alkatim pour les groupes issus de l’ex-Séléka, Maxime Mocom pour les anti-balakas : les principaux leaders des groupes armés qui mettent la Centrafrique en coupe réglée depuis 2013 se sont finalement rencontrés, mardi 28 août, mais pas à l’endroit prévu… Selon le gouvernement centrafricain, c’est en effet à Karthoum que les chefs de guerre se sont rendus, à l’invitation de la Russie et du Soudan, alors qu’ils étaient invités du 27 au 30 août à Bouar, dans le nord-ouest de la Centrafrique, par les négociateurs de l’Union africaine (UA).

 

« Personnellement, je ne m’intéresse qu’à ce qui me concerne directement, à savoir la réunion de Bouar, réagit Francis Che, le porte-parole du panel de négociateurs de l’UA. Mais nous ne rejetons aucune des initiatives pouvant permettre un retour à la paix. » Les négociateurs, qui depuis plusieurs mois ont recueilli l’ensemble des revendications des quatorze groupes armés, entendent proposer à Bouar la signature d’un texte synthétisant ces demandes. « C’est ce document unique que nous entendons remettre au président Touadéra et qui sera la base des négociations à venir », poursuit Francis Che. Si cette démarche aboutit, elle devrait ouvrir la voie à la reprise du dialogue politique en Centrafrique.

 

Pied-de-nez de Moscou

 

Malgré le court-circuitage de la réunion de Bouar, les porte-paroles des groupes armés contactés assurent que l’initiative africaine est toujours privilégiée. Dans un communiqué diffusé par le gouvernement mercredi, le ministre de la communication, Ange-Maxime Kazagui, a annoncé qu’à l’issue de la rencontre de Karthoum, les groupes armés ont fait une « déclaration d’entente » pour converger vers « la restauration de la paix et la libre circulation des personnes et des biens », invitant « les parties prenantes, y compris la Russie et le gouvernement centrafricain, à œuvrer ensemble pour la tenue des assises de l’Union africaine ».

 

La rencontre de Karthoum intervient une semaine à peine après la signature d’un accord de coopération militaire entre Moscou et Bangui. Et il n’est pas interdit d’y voir un pied-de-nez de la diplomatie russe envers l’UA mais aussi la France, qui soutient l’initiative de l’organisation panafricaine. Et si officiellement le président Faustin-Archange Touadéra marque toujours son attachement à celle-ci, il semble désormais vouloir montrer que d’autres solutions peuvent être explorées. La médiation commencée par l’UA en juillet 2017 n’a pour le moment avancé qu’à petits pas. Or le président Touadéra a besoin de résultats, et la médiation proposée par la Russie semble désormais vue comme une alternative crédible.

 

Les négociateurs espèrent que les groupes armés, désormais réunis à Bouar, s’accorderont sur une liste de revendications communes. Les ONG internationales et nationales de défense des droits humains ont déjà prévenu que l’une de ces revendications, à savoir une amnistie générale concernant tous les combattants y compris les chefs de guerre, était inacceptable et ne saurait être tolérée par la population centrafricaine.

 

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 23:32
Meurtre des journalistes russes en Centrafrique

 

Lu pour vous 

 

Ce que nous révèle la correspondance des journalistes russes tués en Centrafrique

 

https://fr.sputniknews.com  14:23 29.08.2018

 

 

Le correspondant de guerre Alexandre Kots a analysé les échanges de messages entre les journalistes russes et leurs employeurs pour parvenir à la conclusion qu'économiser sur les dépenses intéressait davantage les commanditaires du reportage que la sécurité du groupe.

 

«Plus je lisais cette correspondance, plus je ressentais une rage professionnelle. Je me plaçais involontairement à la place des reporters partis pour la première fois dans un pays d'Afrique inconnu plein de dangers inconnus et de «surprises». Et j'étais étonné de la patience des journalistes qui recevaient des consignes tout simplement suicidaires de Moscou de la part de leurs superviseurs du «Centre de gestion des enquêtes» Khodorkovski. La correspondance met clairement en lumière que la préparation de la mission par les collaborateurs du centre s'était déroulée à un niveau amateur, sans estimations réelles des risques et des dépenses financières. Et de toute évidence, la minimisation des dépenses intéressait davantage le commanditaire que la sécurité du groupe. Ils ont même dû s'occuper eux-mêmes de souscrire une assurance avant le voyage: «Alfa Assurance offre des assurances pour la Centrafrique, allez dans n'importe quel bureau (le central se trouve à Chabolovka), 3000 roubles»», écrit la rédactrice en chef adjointe du centre Anastasia Gorchkova. Dans son mail, elle cite le devis du reportage:

 

«Frais de nourriture: 40 dollars par jour (840 dollars chacun). Logement: 2150 dollars, 16 nuits, sur la base d'une moyenne de 2250 dollars à Bangui. Chauffeur-traducteur, paiement maximal: 15 jours à 150 dollars en dehors de la ville (n'oubliez pas qu'à Bangui il faut lui payer 90 dollars). 1500 dollars pour les autres dépenses (comme le taxi depuis l'aéroport si Martin n'était pas à l'accueil, des pots-de-vin, etc.) S'il vous plaît, tenez un registre de toutes les dépenses.»

 

L'un des destinataires de cette correspondance était le rédacteur en chef du Centre de gestion des enquêtes Andreï Koniakhine. Immédiatement après le meurtre d'Orkhan Jemal, de Kirill Radtchenko et d'Alexandre Rastorgouev il a déclaré avoir évoqué toutes les questions de sécurité avec un certain collaborateur de l'Onu. Cependant, cet aspect n'est jamais mentionné dans la correspondance publiée par l'agence riafan.ru. Rien n'est dit sur la sécurité. Si, une seule chose: «L'horreur». C'est ainsi qu'Andreï Koniakhine a répondu à la note citée par Alexandre Rastorgouev dans la correspondance concernant un niveau de criminalité effarant en Centrafrique. Visiblement, par économie, au lieu de loger le groupe dans un hôtel protégé, le Centre de gestion des enquêtes a essayé de réserver sur internet une villa privée. Toutefois, à l'arrivée des journalistes à Bangui, Koniakhine et ses collègues n'ont réussi à leur trouver ni logement, ni chauffeur, ni traducteur.

 

En revanche, Andreï Koniakhine donne des consignes qui échappent à toute logique. Il ordonne d'abord de préparer pour le groupe des cartes de presse et, on ne sait pourquoi, un insigne de l'Onu pour le véhicule. Puis il demande aux journalistes de se débarrasser démonstrativement de leurs documents: «Filmez absolument comment vous vous débarrassez de vos cartes de presse!!! Artistiquement, avec des commentaires. Un journaliste en contact avec Gorchkova vient d'écrire qu'il faut d'abord s'entendre avec le ministère de la Presse et des Communications)) C'est ça))» La présence de parenthèses symbolisant un sourire montre que le Centre était au courant de la nécessité d'accréditation, mais qu'il n'avait pas l'intention de perdre son temps avec celle-ci.

 

Bien évidemment, sans accréditation, les journalistes n'ont pas été autorisés à pénétrer sur le territoire de la base militaire abritant la résidence de Bokassa (Berengo) où, entre autres, étaient logés des spécialistes civils russes. Et comme si cela ne suffisait pas, les pseudo-touristes sans sécurité ni autorisation journalistique se faisait constamment «plumer» en versant des pots-de-vin allant jusqu'à 550 dollars. Ces dépenses n'ont pas plu à Andreï Koniakhine, confortablement assis dans son bureau de Moscou.

 

«Ils vont bientôt faire la queue pour vous. Ça fait trop. La prochaine fois soyez plus fermes, vous avez enfreint quoi? Dites que vous irez à l'ambassade, etc.», suggère le rédacteur en chef avant de renvoyer les journalistes à la base militaire. «Allez-y vous-mêmes, vous avez donné beaucoup de fric pour vous rendre dans ce pays et visiter la tombe de Bokassa, vous n'en avez rien à foutre des autorisations.» De plus, Koniakhine demande de filmer en caméra cachée le versement de pots-de-vin.

 

Comment, sans armée derrière soi ni accréditation du ministère de la Défense local, s'introduire sur un site protégé en se vantant d'avoir «balancé du fric» à droite et à gauche. Kirill Radtchenko, l'une des victimes, a répondu sur un ton diplomatique:

 

 «Pénétrer sur un territoire protégé est une utopie.»

 

Cette correspondance donne l'impression que pour la partie moscovite des «investigateurs», qui ne comprennent absolument rien à la spécificité de la Centrafrique ni au journalisme de guerre extrême, le voyage de Jemal, Rastorgouev et Radtchenko était une simple aventure à sensations. A chaque niveau survenaient des difficultés que le Centre tentait de régler «selon Wikipedia», c'est-à-dire de manière complètement non professionnelle. Au final, toutes ces complications ont constitué un enchaînement conduisant à la tragédie.

 

 

Centrafrique: Le jeu trouble des russes dans le processus de paix

 

A l’initiative d’un conseiller du président Vladimir Poutine, les russes négocient depuis quelques jours avec des chefs rebelles centrafricains à Khartoum au Soudan. Cette rencontre qui se tient en marge des assises conduite par l’UA à Bouar en Centrafrique serait liée à l’assassinat des journalistes russes.

Depuis lundi, les russes négocient avec les rebelles centrafricains à Khartoum au Soudan. Le but de ces négociations officiellement est d’arracher un accord de paix avec les chefs de guerres.

Un accord qui selon eux devrait ramener la paix en Centrafrique. Sauf que du côté de Bangui, personne n’a mandaté les russes pour une telle initiative.

Car le gouvernement croit savoir que ce rôle revient à l’UA.  D’ailleurs depuis lundi, les experts de l’UA discutent avec 14 groupes rebelles à Bouar au Nord-Ouest de la Centrafrique.

Au terme de cette rencontre les 14 groupes rebelles doivent remettre leurs revendications aux panels d’expert de l’UA afin de les présenter au gouvernement.

Par conséquent, la rencontre entre les russes et certains chefs rebelles au Soudan sème le trouble dans les esprits. Beaucoup d’observateurs croient savoir que l’initiative russe serait liée à l’assassinat récent de leurs trois journalistes.

On se souvient que des témoignages faisaient état de ce que les assassins étaient des hommes enturbannés parlant arabes. Les russes seraient-ils donc en négociation avec les rebelles pour assurer leurs sécurités et celles de leurs compatriotes ?

Ce qui est le plus inquiétant et le plus troublant c’est la nature de l’accord que les russes pourraient conclure avec ces chefs de guerres pour garantir leur survie en Centrafrique.

Car l’accord pourrait certainement ne pas avoir les mêmes termes que celui issu des assises de Bouar. Ceci pourrait donc plomber tout le travail effectué par l’UA et qui est reconnu et soutenu par le gouvernement Centrafricain et la communauté internationale.

De part cette attitude, la présence russe en Centrafrique suscite de plus en plus des interrogations, sur les motifs réelles de leur mission.

Rappelons que la présence russe en Centrafrique, avaient des buts militaire, et humanitaire. Les militaires russes devaient former, entraîner et équiper les FACA. Ce qui est en train d’être fait. Tandis que les médecins russes devaient s’occuper des  populations.

C’est ce qui explique la construction des unités de clinique mobile dans plusieurs coins reculés du pays. Seulement, les richesses naturelles de ce pays ont aiguisé rapidement les appétits des russes.

Ceux-ci ont obtenu du gouvernement un accord d’exploitation des minerais. Par la suite de nombreux mercenaires venues de Moscou ont pris d’assaut la Centrafrique où ils entretiennent des liens étroits avec les groupes rebelles.

 

Par  N. Mballa, CNC.

 

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 23:20
« Diamants de sang : pourquoi il faut réformer le processus de Kimberley »

 

 

Lu pour vous 

 

POINT DE VUE

 

« Diamants de sang : pourquoi il faut réformer le processus de Kimberley »

 

Par Elise Rousseau  LE MONDE Le 28.08.2018 à 11h11 • Mis à jour le 29.08.2018 à 12h58

 

Pour la chercheuse Elise Rousseau, l’extraction de diamants se déroule souvent dans un contexte de violence qui n’est pas défini par la charte.

 

Tribune. Depuis janvier, l’Union européenne assume la présidence tournante annuelle du Processus de Kimberley (PK), un forum international tripartite réunissant acteurs étatiques, membres de la société civile et d’autres de l’industrie du diamant, chargé de surveiller le commerce mondial de diamants bruts afin d’empêcher la diffusion des diamants de conflit.

Selon la définition retenue par l’ONU, les diamants de conflit sont « des diamants bruts utilisés par les mouvements rebelles pour financer leurs activités militaires, en particulier des tentatives visant à ébranler ou renverser des gouvernements légitimes ». Cette définition restrictive, adoptée en 2000, s’adapte mal aux réalités conflictuelles contemporaines et gagnerait à être étendue.

Dimension néocoloniale

Actuellement, seuls les diamants produits dans certaines zones de République centrafricaine (RCA) sont considérés comme étant des diamants de conflit. Or, dans bien des endroits encore, l’extraction de diamants se déroule dans un contexte de violence, étatique par exemple, non appréhendé par le PK. Par ailleurs, l’implication de sociétés militaires privées sur le terrain tend à complexifier davantage la situation. L’assassinat de trois journalistes russes en RCA le 30 juillet, alors qu’ils enquêtaient sur les liens supposés entre le groupe Wagner, une société militaire privée russe, et le trafic de diamants centrafricains, montre qu’aborder le problème sous le prisme de la rébellion uniquement n’est plus suffisant.

Plusieurs Etats, d’Afrique australe principalement, refusent pourtant toute modification de la définition, dénonçant la dimension néocoloniale de ce projet essentiellement porté par des Etats occidentaux. L’argument économique est aussi avancé : si le mandat du PK devait être étendu, plusieurs gouvernements se verraient dans l’impossibilité de remplir les conditions minimales nécessaires à leur participation au commerce des diamants. Ceci aurait des conséquences importantes pour les pays dont l’économie s’est construite autour de l’exportation de cette matière première.

Cependant, de par sa position particulière au croisement entre commerce international et résolution des conflits, la « Kimberley Family » possède une responsabilité d’action face aux exactions commises en lien direct et indirect avec le secteur du diamant. Ne rien faire, refuser de discuter de l’intégration de la défense des droits fondamentaux au mandat du PK, reviendrait à cautionner ces actes, sinon à s’en rendre complice.

Réalisme prudent

Dans ce contexte difficile, l’Union européenne (UE) avance avec un réalisme prudent à la hauteur du rôle d’impulsion limité que lui confère sa présidence. Aux côtés des Etats-Unis et du Canada, elle met l’accent sur la question du développement et espère inscrire l’action du PK dans la ligne des objectifs de développement durable de l’ONU. Ce discours est plutôt bien accueilli au sein du forum, car il répond à l’inquiétude économique de certains, sans que ne soit abordée la délicate question de la souveraineté. Mais est-ce suffisant ?

Etendre le mandat du PK au développement représenterait certes une avancée majeure et permettrait, sans doute, à terme, aux communautés locales de profiter des bénéfices économiques de l’extraction des diamants. Si le PK devait, lors de son assemblée plénière de novembre, faire un pas dans cette direction, ce serait déjà une étape salutaire. Cependant, l’urgence humanitaire demeurerait encore extérieure au mandat du PK et des situations dramatiques telles que celles observées à Marange (Zimbabwe) ou encore durant l’opération Brilhante (Angola) il y a quelques années continueraient de se produire.

Il serait certes impossible pour le PK d’agir seul. La coopération avec d’autres organisations internationales, telle qu’envisagée par l’UE dans le domaine du développement, pourrait permettre au PK d’apporter un début de réponse aux situations où l’humanité est en péril en raison du commerce des diamants.

De la mine au bijou

Enfin, parler de diamants bruts dans la définition revient à circonscrire le mandat du PK aux étapes de la chaîne d’approvisionnement situées entre la mine et le centre de taille. Le forum n’a donc pas vocation à surveiller ce qui se passe entre le centre de taille et le sertissage du diamant. Par ailleurs, l’opacité qui caractérise ce commerce ou encore le transit croissant des pierres par des centres peu scrupuleux en matière d’éthique, tel que Dubaï, ne permettent pas d’assurer un acheminement transparent.

Face à ce problème, et à la demande croissante de diamants éthiques, certaines entreprises ont développé une filière qui garantit le respect des droits, de la mine au bijou. Ainsi, en promouvant la transparence tout le long de la chaîne, ces projets complètent, et dépassent même, le PK. A terme, si des coopérations systématiques entre le PK et les autres acteurs impliqués ne sont pas imaginées, ce type d’initiative ad hoc où l’industrie diamantaire est à la fois juge et partie, risque de rendre le forum international caduc, les consommateurs allant chercher ailleurs la solution au problème des diamants de sang.

Elise Rousseau est chercheuse au Fonds de la recherche scientifique (FRS-FNRS), rattachée à la Chaire Tocqueville en politique de sécurité de l’université de Namur (Belgique). Elle a contribué à la rédaction du premier Manuel de diplomatie en langue française, récemment paru aux Presses de Sciences Po Paris (2018).

 

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 00:23
 Évaluation des besoins humanitaires à Paoua et ses environs
 Évaluation des besoins humanitaires à Paoua et ses environs

 

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 25 AOÛT 2018

 

BANGUI, 25 aout 2018 (RJDH)–La Coordination humanitaire et le ministère de l’action humanitaire ont organisé du 22 au 23 aout une mission autour de Paoua au nord du pays, afin d’évaluer les besoins des retournés pour une réponse appropriée.

Près de 75.000 personnes avaient fui leurs localités pour se réfugier à Paoua suite aux violences qui ont opposé les groupes armés rivaux dans la région. Huit mois après cette vague de déplacement, il n’en reste que 2.500 dans la ville de Paoua. Les personnes retournées se sont confrontées à des difficultés dans leurs zones de retour. C’est dans ce contexte que cette mission élargie d’évaluation s’est diligentée dans les villages et communes de retour de ces retournés.

Najat Rochdi, coordonnatrice humanitaire en Centrafrique a présenté l’objectif de ce déplacement « Nous sommes là pour comprendre les déficits des retournés. Nous ne voulons pas que les gens restent dans les camps. La meilleure solution ce qu’ils retournent dans leurs villages et nous voulons nous rassurer dans quelles conditions ils vivent », a-t-elle déclaré.

De Paoua à Bémal en passant par Bétoko, les besoins des retournés sont presque les mêmes. « Il nous manque de centre de santé ainsi que les médicaments, de l’eau potable et nous éprouvons le problème lié à l’éducation. Bientôt sera la rentrée scolaire mais l’école manque de tout », a confié un retourné de Bétoko.

« Nombreux sont ceux qui n’ont pas encore reconstruit leurs maisons incendiées par des rebelles », a  énuméré Philémon, un habitant de Bémal, localité à plus de 600 Km de Bangui et à 17 Km de la frontière avec le Tchad.

Même si les gros problèmes restent la santé, l’eau,  l’éducation et l’alimentation équilibrée, la relance de l’agriculture dans cette zone considérée comme « le grenier de la Centrafrique » reste encore timide. « Nous ne pouvons pas aller au-delà de 5 km pour cultiver. Nous avons encore la peur de rencontrer les rebelles, bien que les FACA et les casques bleus sont là », s’est inquiet une habitante de Beboura 3.

Virginie Mbaïkoua, ministère Centrafricaine de la réconciliation nationale et de l’action humanitaire projette les retombées de cette mission d’évaluation, « Avec la délégation humanitaire ici présente, nous allons préparer les réponses appropriées. Déjà, quelques distributions des semences sont en cours et les non-vivres suivront. Les questions de la santé, de l’éducation, de la sécurité, nous allons nous attelés », a confié le membre du gouvernement.

« Le gros problème de l’axe Pendé reste l’accès. Les ponts sont cassés et des hommes armés ont creusé des trous sur d’autres afin d’empêcher les patrouilles et l’accès humanitaire. Pour tout le long jusqu’à la frontière, il nous faudra réhabiliter ou construire 17 ponts. Je ferais le plaidoyer au gouvernement », a souligné Virginie Mbaïkoua.

Cette mission conjointe d’évaluation précède à une réponse humanitaire à ces retournés qui n’aspirent qu’à la sécurité afin de reprendre normalement les activités agricoles, poumons économique de la région de l’Ouham-Pendé au nord du pays.

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 00:17
Centrafrique, la déroute des Nations unies par Juan Branco

 

Lu pour vous 

 

Le Monde diplomatique  par Juan Branco  samedi 1 septembre 2018 - 2069 mots, p. 17

 

Un massacre qui discrédite les missions internationales

 

Au coeur de Bangui, en ce 10 avril 2018, la rumeur enfle : un groupe armé aurait enlevé une mère et sa fille. Nous sommes à la lisière du quartier PK5, enclave musulmane de quelques milliers d'habitants et poumon commercial de la capitale centrafricaine. Depuis le renversement, en mars 2013, du président François Bozizé, les affrontements entre anti-balaka, chrétiens et animistes, partisans pour la plupart du chef de l'État destitué, et la Seleka, coalition hétéroclite à majorité musulmane, ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Lancée par la France avec l'aval de l'Organisation des Nations unies (ONU) en décembre 2013, l'opération « Sangaris » (1) a été rejointe en avril 2014 par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca). En janvier 2015, alors que les affrontements avaient déjà fait six mille morts, l'ONU a accusé les deux camps de « nettoyage ethnique ». Malgré la signature d'un accord de paix en juin 2017, le conflit se poursuit. Le gouvernement du président Faustin-Archange Touadéra, élu en 2016, ne contrôle que 20 % du territoire.

Depuis le 8 avril 2018, une opération militaire de la Minusca, nommée « Sukula », sème le trouble dans la capitale. Les raids des casques bleus, qui visent à reprendre le contrôle d'un quartier tombé aux mains de milices, sont quotidiens. La mémoire des camions de réfugiés fuyant vers le Tchad en 2013, harcelés par les anti-balaka sous le regard indifférent des forces internationales, se ravive. La Minusca cherche à débusquer M. Nimery Matar Djamous, alias « Force », un milicien d'autodéfense qui règne sur ce quartier. Déserteur de l'armée centrafricaine, à la tête d'une centaine de jeunes désoeuvrés, il est en lien direct avec les chefs rebelles du nord et de l'est du pays, des ex-Seleka qui prirent temporairement la capitale en 2013 et qui menacent de redescendre à Bangui. Ici, nul n'entre sans son autorisation, et les organisations humanitaires ont plié bagage. Narguant l'autorité du président Touadéra, « Force » mine désormais la crédibilité de troupes internationales, déjà très décriées. La Minusca ne parvient pas à reprendre le contrôle du quartier.

Diamantaires libanais et pétroliers russes

Ce 10 avril, la population excédée cerne le commissariat où viennent de s'installer les Forces armées centrafricaines (FACA). Très tendue, la situation dégénère rapidement. Les troupes formées par l'Union européenne, accompagnées de mercenaires russes du groupe Wagner, paniquent. La population se réfugie près de la mosquée; des hommes de « Force » se mêlent aux manifestants; le contingent onusien, composé d'une vingtaine de soldats rwandais appuyés par deux véhicules, ouvre le feu. Alors que les miliciens répliquent, un blindé tombe en panne, obligeant les soldats à s'enfuir à pied. L'un des casques bleus est abattu. Le lendemain, dix-sept corps sont déposés devant le quartier général de la Minusca par des manifestants silencieux arborant des linceuls blancs. Parmi les cadavres, des icônes du quartier reconnues pour leurs exploits sportifs, des femmes et des enfants. En mission à Bangui, M. Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l'ONU chargé du maintien de la paix, évoque des « incidents » dont la responsabilité incombe à des miliciens qui « manipulent les jeunes ».

Entre le 8 et le 10 avril, la Croix-Rouge centrafricaine a dénombré 32 morts et 145 blessés, dont une majorité de civils. Si la Minusca a officiellement lancé quatre enquêtes sur les faits qui se sont déroulés à PK5, aucune n'a débouché sur la moindre sanction ou reconnaissance de culpabilité. Tous les rapports concluent à un usage « proportionné » de la force et au respect des règles d'engagement face à des « mouvements militairement structurés aux actions sophistiquées ». À la suite de nouvelles dénonciations, la pression s'accroît; le secrétaire général adjoint commande un autre rapport à la division des droits humains de la Minusca. Le 11 juillet 2018, M. Parfait Onanga-Anyanga, le chef de la Minusca, en trois pages « strictement confidentielles », exclut toute faute.

Passent à la trappe les témoignages recueillis sur place par journalistes et experts, mais aussi le rapport pourtant sans ambiguïté du commandement des forces des opérations spéciales, signé par le responsable adjoint des opérations spéciales Ikram Ul Haque et par le lieutenant-colonel rwandais Jean-Paul Ruhoraohza, chargés de l'opération : les casques bleus ont bien ouvert le feu les premiers sur une foule désarmée, dont seules les deuxième et troisième lignes étaient en apparence infiltrées par des miliciens demeurés inactifs. Ces documents confidentiels s'ajoutent aux rapports de la police civile des Nations unies (Unpol), du département des opérations de maintien de la paix, ainsi que d'une équipe conjointe d'enquête de la Minusca et de la police militaire nationale. Ceux-ci confirment la violence d'une opération qui s'est soldée par la fuite à pied de soldats rwandais tirant à l'aveugle à chaque carrefour de la zone la plus dense du pays pour prévenir d'éventuelles représailles.

Petit pays pivot, frontalier du Tchad et de la République démocratique du Congo (RDC), la Centrafrique a longtemps été la clé de voûte de la stratégie coloniale française au sud du Sahara, le contrôle de ce territoire n'ayant jamais été qu'un moyen au service de luttes d'influences entre puissances qui consument encore la région. Resté en jachère, entravé par une centralisation économique et commerciale autour de sa capitale, le pays a vécu au rythme des caprices d'un ancien officier de l'armée française, Jean-Bedel Bokassa (au pouvoir de 1966 à 1979), couronné « empereur » en 1977 au terme d'une cérémonie qui coûta le tiers du budget du pays.

La suite a été une succession de déceptions. La Centrafrique, malgré ses ressources naturelles - dont le diamant et le coltan restent les plus prometteuses -, a souffert du désintérêt croissant de son ancienne puissance coloniale. La reconfiguration militaire française depuis vingt ans a fait perdre à ce terrain de jeu pour barbouzes et néocolons le peu de superbe qu'il lui restait. Dans le prolongement de la fermeture de la base militaire de Bouar, officiellement pour raisons financières, et de celle de Béal, les troupes françaises se sont redéployées au Tchad voisin, à N'Djamena, à Abéché et à Faya-Largeau. Peu à peu, les rares Français qui exploitaient sucre, bois et coton se sont retirés, remplacés par les diamantaires libanais, les pétroliers russes et chinois, les marchands d'or sahéliens et les gardes forestiers américains. Areva et Total, un temps installés dans le pays (2), sont partis dans la foulée.

La guerre civile de 2013 a marqué un tournant. Après l'effondrement du pouvoir de transition incarné par M. Michel Djotodia, piètre successeur de M. Bozizé, le pays a sombré dans le chaos : les préfets n'étaient même plus nommés. Peu à peu, les groupes rebelles ont pris le contrôle de l'essentiel du pays. Autrefois bien accueilli, l'étranger, le mungiu, surpayé, entretenant une économie de prédation, est maintenant perçu comme le spoliateur d'une population privée de souveraineté - et qui vit avec 89 centimes d'euro par jour en moyenne, tandis que le moindre fonctionnaire international touche cent fois ce revenu. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant est de 382 dollars; la richesse produite par les cinq millions de Centrafricains, nettement inférieure aux bénéfices annuels de Total. La Minusca, symbole d'une présence étrangère parasitaire, concentre toutes les haines.

La force internationale (14 787 soldats et agents de plus de dix nationalités) accumule les scandales. Les rapports officiels relèvent ses « insuffisances », son incapacité à assurer la protection des populations et le manque de formation de ses contingents (3). En juin 2017, les 629 casques bleus congolais ont été renvoyés pour agressions sexuelles, après le retrait forcé des Tchadiens, accusés de partialité et de soutien aux forces musulmanes. En mai 2018, le contingent gabonais, dont le retrait avait été annoncé, a été retenu in extremis après de longues négociations impliquant le Quai d'Orsay, soucieux de garder un oeil sur la Centrafrique, alors que les mêmes accusations d'agressions sexuelles venaient de faire surface. Auparavant, des soldats de plusieurs nationalités ont quitté le pays sur fond de trafic d'armes, de viols, d'assassinats crapuleux... Redéployée alors que « Sangaris » prenait fin sans gloire, en décembre 2016, au milieu d'accusations de pédophilie organisée, la Minusca a déjà perdu soixante-treize soldats.

Ainsi se multiplient les missions en tout genre, censées renforcer des institutions nationales inexistantes. Les experts dépêchés par l'ONU se succèdent. Rémunérés 500 dollars (435 euros) la journée, ils produisent des rapports stéréotypés que personne ne lit au sujet d'un pays qu'ils n'ont jamais parcouru. La chute de l'aide bilatérale, au profit de fonds multilatéraux, aurait dû mettre fin à cette gabegie et parer aux urgences humanitaires. L'espérance de vie à la naissance est passée de 44 ans en 2002 à 52 ans en 2016. Elle reste la plus basse du monde, selon la Banque mondiale.

Les 8 et 10 avril, les FACA, infiltrées par ceux qu'elles sont censées combattre, avaient révélé les détails de l'opération imminente de la Minusca aux miliciens de « Force », précipitant le drame. À quelques centaines de kilomètres de là, le proto-État constitué par le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), ancienne colonne vertébrale de la Seleka, a appelé les forces rebelles à se réunir pour préparer une prise de Bangui en réaction au massacre. Les Mirage français stationnés au Tchad ont effectué des survols à basse altitude pour les effrayer et éviter le pire. Mais que serait le pire ? Le remplacement d'un pouvoir fantoche par un autre, la reproduction du drame de 2013, lorsque, par irritation, la France avait laissé tomber son allié Bozizé au profit d'une force hétéroclite (la Seleka) qui n'en attendait pas tant, surprise d'avoir si facilement pris la capitale, s'effondrant à peine arrivée à Bangui, multipliant pillages et violences ?

La France, qui avait alors laissé faire, promet cette fois encore qu'elle n'interviendra pas. L'ambassadeur nous le dit et nous le répète tandis que les forces rebelles se réunissent au Tchad sous l'égide de l'allié Idriss Déby. Son premier conseiller nous montre la nouvelle carte d'un pays où figurent les déploiements d'organisations non gouvernementales (ONG) forestières contrôlées en sous-main par la Central Intelligence Agency (CIA) pour contrer l'influence grandissante des mercenaires russes et des opérateurs économiques chinois. La France, qui tient le stylo sur les sujets africains au Conseil de sécurité de l'ONU, a étrangement accordé une exemption à la Russie sur l'embargo sur les armes imposé depuis la guerre civile. Le pré carré si longtemps gardé n'est plus. La présence russe est devenue patente dans les concessions minières ou les rues de la capitale : 175 instructeurs et près de 8 000 armes ont été débarqués.

Déjà, des scandales touchent les mercenaires russes, affiliés pour une grande partie d'entre eux à la société privée Wagner, et que l'on soupçonne d'avoir commandité l'assassinat sauvage de trois journalistes d'investigation de leur pays venus enquêter sur place. Bientôt, la garde rapprochée du président Touadéra, dirigée par un certain Valeri Zakharov, pourrait être remplacée par des forces spéciales françaises venues appuyer la rébellion du Nord. Cela dépendra de la réaction de Paris et des pressions que l'appareil sécuritaire américain exercera sur son allié. Entre-temps, quelques marchands de rêve profitent de l'attente pour vendre à peu de frais leur médiation, et des représentants de M. Erik Prince, fondateur de Blackwater, la société américaine de mercenaires, se laissent voir dans le seul hôtel de luxe de la ville.

Dans ce contexte délétère, la Cour pénale spéciale est née. Institution hybride mêlant droit centrafricain et international, elle a pour objectif de mettre fin à l'impunité. Après trois ans d'inactivité, et alors que son budget représente un treizième des recettes de l'État centrafricain, sa gestion opérationnelle et sa protection ont été confiées à la Minusca, rendant illusoires les promesses d'indépendance de l'institution. Doté d'une douzaine d'officiers de police judiciaire et appuyé par des juges d'instruction internationaux, son procureur Toussaint Muntazini n'a pas lancé la moindre enquête depuis sa nomination en 2017, dans un pays où les premiers procès de criminels de guerre, en janvier 2018, avaient pourtant connu un grand retentissement. Dans ces limbes, les regards de la population, d'une domination à l'autre, se durcissent imperceptiblement. Les forces coloniales devenues multilatérales continuent, elles, de peupler, indifférentes, les nuits d'un pays où l'espérance de vie se négocie au prix des silences les plus coupables.

 

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 00:10

 

 

A l’occasion de la 34ème Journée nationale de l’arbre célébrée le 18 août 2018 à Bogangolo, sous-préfecture située à 172 km au nord-ouest de Bangui, le chef de l’Etat, Faustin Archange Touadera, a recommandé à ses compatriotes de s’investir pleinement dans la lutte contre la déforestation. 

 

 

Pour cette Journée nationale de l’arbre édition 2018, le thème retenu est simple mais plein de signification : « Arbre, source de vie et de richesse ». Selon le chef de l’Etat Faustin Archange Touadera, ce thème invite tous les Centrafricains à une gestion responsable des ressources forestières de leur pays. En effet, face aux changements climatiques devenus aujourd’hui une réalité, les Centrafricains ont intérêt à « alléger les pressions qu’ils exercent sur les ressources naturelles », a recommandé le président de la république. Bien plus, ceux-ci sont  appelés à devenir des acteurs de développement durable, par un changement de comportement en faveur de la protection de l’environnement.

  

Pour donner l’exemple, le président de la république, entouré des membres du gouvernement et d’invités de marque, a procédé au planting d’arbres à Bangagolo, devant la foule, émerveillée.     

 

Combattre la déforestation  

  

Au-delà du planting d’arbres, le chef de l’Etat veut pousser ses compatriotes à se préoccuper des effets néfastes de la dégradation de l’environnement en général et de la déforestation en particulier. Ce d’autant plus que les forêts centrafricaines, comme celles des autres pays de la sous-région, subissent régulièrement les pressions liées aux actions de l’homme. La surexploitation des bois-énergie, le feu de brousse, le défrichement agricole, le surpâturage, etc. sont autant d’activités dévastatrices des forêts.

 

Pourtant, les forêts centrafricaines regorgent d’importantes ressources qui doivent être valorisées au maximum afin qu’elles  contribuent efficacement à booster l’économie nationale.  

 

Précisons que les forêts centrafricaines couvrent 40 millions d’ha. Elles comprennent 5,5 millions d’ha de forêts denses humides localisées dans le Sud - Ouest et le Sud-est, 6,5 millions d’ha de forêts denses sèches et 26,3 millions d’ha de forêts claires et de savanes arborées.

 

Toutes ces énormes potentialités naturelles doivent être sauvegardées, a renchéri Faustin Archange Touadera. La RCA, a-t-il ajouté, gagnerait en profitant de l’opportunité offerte par la création de la Commission climat du bassin du Congo et son principal outil financier, le Fonds bleu pour le bassin du Congo, pour poursuivre les programmes et projets visant l’exploitation, la gestion durable des ressources naturelles, la promotion des énergies renouvelables, la conservation de la biodiversité et l’augmentation des stocks de carbone.

 

Des efforts restent à faire

 

Comme on le voit, la Journée nationale de l’arbre version 2018 a permis d’éveiller la conscience des Centrafricains sur la nécessité de veiller sur les richesses naturelles dont leur pays regorge. Elle a également permis d’évaluer les efforts déployés, jusque-là, par les autorités du pays en faveur de la conservation et la valorisation de la biodiversité.

Précisons que le gouvernement centrafricain a élaboré plusieurs instruments  de planification appropriés tels que le Document de préparation à la réduction des émissions de gaz dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, etc. Il a par ailleurs créé, entre autres structures de gestion durable du secteur forêt-environnement,  la Coordination nationale climat (CN-Climat) dont la mission vise l’élaboration et l’orientation stratégique de la politique nationale en matière de changements climatiques. 

Mais pour le chef de l’Etat, des efforts doivent davantage être menés afin de faire du secteur du bois un véritable outil de développement national.  

                                              

Par Jules YANGANDA,

 

Consultant en Production médiatique   auprès du Projet Préparation à la RDEDD+ - Coordination Nationale Climat (CN-Climat).

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 23:35
Centrafrique : quand l'armée patrouille à Bangui

 

 

27.08.2018 à 22:09 par TV5MONDE

 

La police militaire sécurise désormais Bangui avec comme objectif de débusquer les faux soldats ou bien ceux qui ne respecteraient pas les règles de l'armée nationale. Reportage de notre correspondant Samuel Thierry Nzam.

 

Anatole Ngaya et ses soldats ont une mission : faire le tri entre les vrais militaires et ceux qui prétendent l'être. A Bangui, difficile de savoir qui est qui, il y a des armes partout et des hommes en uniforme dans chaque quartier.

Aujourd'hui, ils se rendent dans le quartier Combattant, un des fiefs des anti-balaka.

 

Après la débâcle de l'armée en 2013, beaucoup ont rejoint ces miliciens en emportant avec eux armes et tenues. Un homme est arrêté pour être interrogé. Il ne figure dans aucun registre, il porte pourtant un uniforme de l'armée nationale.
 

 

Anatole Ngaya, commandant de la police militaire, constate : "C'est un civil soi-disant auxiliaire, il n'est pas des forces armées centrafricaines, il n'a pas de numéro matricule."


Faux soldat, ancien membre de l'armée ou militaire indiscipliné, beaucoup abusent du privilège de l'uniforme, et sous couvert de protection, rackettent les habitants des quartiers, comme Claver.

 

Ils rackettent les gens dans le marché et disent que ce sont eux les autorités.                                                                                                       

Claver, un habitant du quartier

 

"Ces gens avec les uniformes, ils font tout, ils rackettent les gens dans le marché et ils disent que ce sont eux les autorités. Ils mettent même les gens en prison dans une petite pièce. Alors oui nous sommes heureux, parce que nous en avons assez de tout cela" explique-t-il.

Le recensement des forces de l'ordre et le port obligatoire d'un matricule devraient permettre de faire le tri entre les soldats assermentés et ceux qui espèrent encore tirer profit de leurs anciennes fonctions.

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Centrafrique-Presse.com