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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 01:00
Centrafrique: accord de cessez-le-feu entre groupes armés
Centrafrique: accord de cessez-le-feu entre groupes armés
Centrafrique: accord de cessez-le-feu entre groupes armés

 

 

 

 

11/10/17 (AFP)

 

Plusieurs groupes armés ont signé lundi un accord de cessez-le-feu et de libre circulation dans deux préfectures du centre-est de la Centrafrique, a appris l'AFP mardi auprès de représentants de ces groupes.

 

"A cause des combats, les gens ont fui la région. Ils vivaient dans la misère des camps de déplacés. Cet accord est pour dire aux gens +revenez à la maison+", a expliqué à l'AFP l'un des signataires, l'Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), un groupe disant défendre les intérêts des éleveurs peuls.

 

Cet accord, signé à Ippy (centre-est), inclut différents groupes armés issus de l'ancienne coalition pro-musulmane Séléka, a pu confirmer l'AFP auprès de deux d'entre eux: le Front pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) emmené par Nourredine Adam, et l'UPC.

 

"Depuis juin (2017), nous avons ouvert les discussions, sur (notamment) comment mettre en place une force militaire conjointe pour sécuriser le corridor de transhumance", a dit à l'AFP un coordonnateur politique du FPRC, sous couvert d'anonymat, confirmant que le FPRC a signé l'accord.

 

Selon une source onusienne, deux autres groupes armés sont aussi signataires: le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), et le RDR (Rassemblement des républicains, un groupe anti-Balaka récemment créé).

 

Depuis l'éclatement de l'ex-Séléka en 2014 et malgré différentes tentatives de discussion, l'UPC emmené par Ali Darassa se battait contre la coalition formée autour de Nourredine Adam, homme de main de l'ex-président Michel Djotodia.

 

Cet accord ne concernerait que les préfectures de la Ouaka (centre-est) et Basse-Kotto (sud-est), selon les signataires. Il intervient "dans des zones où il y a beaucoup d'affrontements", note une source onusienne.

 

La Centrafrique est en proie depuis 2013 à des violences intercommunautaires, après le renversement la même année de l'ex-président François Bozizé par les milices Séléka prétendant défendre la minorité musulmane, ce qui avait entrainé une contre-offensive des milices anti-Balakas majoritairement chrétiens.

 

Les groupes armés en Centrafrique s'affrontent pour le contrôle des ressources naturelles (diamants, or, bétail...) et dans d'intenses luttes politiques pour accéder aux maigres ressources du pouvoir, dans l'un des pays les plus pauvres du monde.

 

Mi-septembre, le nombre de réfugiés et de déplacés ayant fui les violences en Centrafrique a atteint son "plus haut niveau" avec 1,1 million de personnes sur 4,5 millions d'habitants.

 

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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 00:58
Centrafrique : des Casques bleus mauritaniens accusés à leur tour de viol

 

 

 

Une jeune femme affirme avoir été droguée et violée par un ou des Casques bleus en Centrafrique, indiquent mercredi l’ONU et Amnesty International, qui évoquent respectivement une victime âgée de 16 ans ou 19. Dans ce nouveau cas, qui se serait produit le 30 septembre à Bambari (sud), ce sont des Casques bleus envoyés par la Mauritanie au sein de la Minusca qui sont suspectés, selon Amnesty International. L’ONU a demandé au pays contributeur d’enquêter sur ces allégations. La victime a raconté avoir été droguée en buvant un thé à un point de contrôle et s’être réveillée plusieurs heures après presque nue.


Ce n’est pas la première fois que des abus sexuels perpétrés par des Casques bleus en Centrafrique sont rapportés. Une délégation de plusieurs centaines de Casques bleus du Congo-Brazzaville, présents sur place dans le cadre de la Minusca, a ainsi été rapatriée durant l’été, après des plaintes au sujet du comportement de ses plus de 600 soldats. La décision de les renvoyer avait été annoncée en juin. Outre des agressions sexuelles, les soldats congolais étaient accusés de trafiquer du carburant et de manquer de discipline. En 2016, 120 soldats de ce même contingent avaient été renvoyés à la suite d’accusations d’abus sexuels sur plusieurs victimes, dont des enfants.


La Centrafrique a basculé dans l’anarchie en 2013 avec le renversement de l’ancien président François Bozizé par des groupes armés Séléka pro-musulmans, entraînant une contre-offensive des milices à majorité chrétienne anti-balakas. Récemment, et malgré la présence de milliers de Casques bleus de la Minusca, une résurgence inquiétante de violences dus à des groupes armés a été observée.

 

source: Belga

 

 

Centrafrique: nouvelle accusation de viol contre des Casques bleus

 

AFP Publié le mercredi 11 octobre 2017 à 22h55 - Mis à jour le mercredi 11 octobre 2017 à 22h56

 

Une jeune femme, âgée de 16 ans selon l'ONU, 19 selon Amnesty international, affirme avoir été droguée et violée par un ou des Casques bleus en Centrafrique, ont indiqué mercredi les deux organisations.

 

Des membres de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) ont déjà été accusés dans le passé d'abus sexuels. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui doit effectuer prochainement une visite en Centrafrique et s'entretenir avec des victimes, a édicté une tolérance zéro à ce sujet.

 

Ce nouveau cas de viol se serait produit le 30 septembre à Bambari, dans le sud du pays, selon le porte-parole de l'ONU, Stephane Dujarric. L'ONU a réclamé une enquête au pays d'origine des Casques bleus suspectés, a précisé le porte-parole.

 

En vertu des règles en vigueur aux Nations unies, il revient au pays contributeur en Casques bleus d'enquêter et de sanctionner le cas échéant les crimes imputés à ses militaires.

 

Selon Amnesty international, les Casques bleus suspectés du nouveau cas de viol viennent de Mauritanie. La victime a raconté avoir été droguée en buvant un thé à un point de contrôle et s'être réveillée plusieurs heures après presque nue.

 

La Minusca, déployée depuis 2014 en Centrafrique, compte quelque 12.000 militaires. En juin, un bataillon de plus de 600 soldats du Congo-Brazzaville avait été renvoyé dans ce pays après des accusations d'agressions sexuelles et de divers trafics. En 2016, 120 Casques bleus congolais avaient déjà été renvoyés chez eux après des allégations d'agressions sexuelles.

 

La Centrafrique connait depuis plusieurs mois une recrudescence d'affrontements entre groupes armés, qui se disputent le contrôle des ressources naturelles et des zones d'influence.

 

Si l'intervention de la France (2013-2016) et celle de la Minusca ont permis un certain retour au calme, les violences ont progressivement repris depuis le départ de la force française Sangaris. Pour des faits remontant à 2014, des militaires français avaient aussi été mis en cause pour des abus sexuels présumés en Centrafrique.

 

AFP

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 23:41
UN PACTE COLONIAL PERPETUEL ? par David KOULAYOM-MASSEYO

 

 

 

 

   De plus en plus d’Africains se lèvent aujourd’hui pour constater ce qui tombe sous le bon sens : l’indépendance politique nominale est une coquille vide si elle n’est pas solidement adossée à une indépendance économique . Des générations d’Africains ont grandi sans bien comprendre ce qu’on leur racontait dans leur jeunesse sur des prêts obtenus par leurs pays auprès de certains pays et malheureusement bloqués à Paris par la Banque de France .  Cette pratique scandaleuse, cette prise en otage a rendu l’Afrique francophone complètement exsangue …

 

    Pour maintenir la fiction de cet espace francophone, la France a soutenu sans vergogne des autocrates, des dictateurs, des ennemis de leurs peuples qui continuent d’alimenter son Trésor . Tant et si bien que c’est à Chamalières ( banlieue de Clermont Ferrand) que sont fabriqués les fameux francs CFA( Comptoirs Français d’Afrique devenus Colonies françaises d’Afrique ) .

 

    Plus de cinquante après les indépendances, voilà un noble défi à relever pour l’ Afrique francophone : frapper sa propre monnaie pour signifier son raz-le bol à une France ingrate .

 

Le premier pacte colonial

 

    Il était caractérisé essentiellement par le système de l’Exclusif qui consacre une économie de prédation avec son pillage intégral des matières premières africaines, son esclavage pour le travail forcé ( un nègre par traverse pour le Congo Océan écrivait Albert Londres ), le portage généralisé ( la France préférait ce moyen de transport au chemin de fer entre l’Oubangui-Chari et le Tchad par exemple) . Cette économie de prédation est solidement verrouillée : la colonie est condamnée à écouler exclusivement ses matières premières vers la métropole .

 

    D’ailleurs il suffit de comparer n’importe quelle colonie française à une colonie anglaise pour voir les différences entre le maillage ferroviaire, la densité des routes, l’importance des ports pour ne pas parler des installations sanitaires et autres architectures urbaines dans les colonies anglophones .

 

    Le credo de la colonisation française se résumait à ceci : « la colonie ne doit rien coûté à la métropole » . Conséquemment, une colonie comme l’Oubangui-Chari a été littéralement abandonnée à dix sept compagnies concessionnaires qui y faisaient la pluie et le beau temps .       

Le manque chronique de formation des Africains en dehors des nécessaires auxiliaires de l’administration, d’ailleurs formés au rabais par les pères missionnaires arrivés concomitamment avec les militaires et les colons est venu parachever « l’œuvre civilisatrice » de la France en Afrique . Ce manque de formation fut à l’origine de l’émergence d’une catégorie de personnages particuliers appelés interprètes qui ont causé un tort considérable dans les régions où ils ont sévi .  

 

    L’introduction de nouvelles maladies (syphilis, fièvre jaune…), la propagation d’autres ( maladie du sommeil,  kwashiorkor …) ont fini de dépeupler le continent .

 

  2 . Un nouveau pacte colonial qui ne dit pas son nom

 

    La traumatisante dévaluation du franc CFA en 1994 par le gouvernement Balladur est venue éclairer d’un jour nouveau l’œuvre de destruction méthodique de l’économie africaine et des Africains par un libéralisme forcené . D’abord l’école et l’administration africaines ont été sapées par le DVA ( Départ Volontaire Anticipé ) qui consiste à appâter les fonctionnaires les mieux formés, les enseignants les plus aguerris, les infirmiers les plus doués etc…pour qu’ils abandonnent leurs postes moyennant quelques milliers de francs CFA, cette monnaie de singe ! Entretemps, les Bouygues, les Bolloré, les Suez, les Orange et autres entreprises françaises se sont jetés sans vergogne, comme des charognards, sur une Afrique agonisante pour prendre le contrôle , qui des moyens de communication, qui des ports, qui des télécommunications, jusque y compris l’eau que beaucoup d’Africains au sud du Sahara ne considèrent pas comme une marchandise, mais un don gratuit du ciel .

 

    Ces nouvelles sociétés françaises ont-elles seulement résolu les problèmes africains ? Les ont-elles adoucis ? L’Afrique se porte-elle mieux depuis leur implantation ? Quel Africain peut-il comprendre l’incroyable information brandie par France 2 d’un Congo Brazzaville endetté à plus de 140% de son PIB et non 70% officiellement soutenu par les autorités ? Si le Congo, producteur de pétrole en est là, que penser des autres pays moins bien lotis ?

 

Toutefois, dans sa grande magnanimité, la directrice du Fonds Monétaire International, la Française Christine Lagarde, a promis son indulgence à l’autocrate de Brazzaville …

 

    L’Afrique francophone peut-elle maîtriser son destin dans un monde mondialisé en fonctionnant comme une périphérie de la France en lui confiant et ses matières premières et la confection de sa MONNAIE ?

 

    Le 25 septembre 2017, Air France crée une succursale « low cost »tournée vers l’Europe et non vers le Congo et le Gabon qui fournissent presque gratuitement du pétrole à la France, ni vers le Niger, source d’uranium pour les 58 centrales nucléaires françaises, ni vers le Tchad qui se bat aux côtés des soldats français au Mali !

 

    Pour le Centrafrique, aller au pays se traduit par un prix de billet exorbitant de plus de mille cinq cents euros pour Bangui . Mille cinq cents euros suffisent pour nourrir une famille centrafricaine pendant des années ou construire une petite maison au pays !

 

    Peu de Français de France savent ce que fait leur gouvernement en Afrique . La majorité se contente de bénéficier des retombées de l’exploitation éhontée de l’Afrique : ils cautionnent par leur silence des pratiques qu’ils ne veulent pas connaître . Posez-leur la question de savoir où sont leurs champs pétrolifères, leurs mines d’uranium, leurs mines d’or, leurs mines de diamants, leurs cacaoyers, leurs mines de coltan …

 

 

    L’Afrique est pauvre de ses richesses qui profitent EXCLUSIVEMENT aux autres et en premier lieu à la France en ce qui concerne l’Afrique francophone . Voilà la triste réalité qu’il s’agit maintenant de changer . Barack OBAMA l’a martelé à Accra : « l’Afrique a besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts » . La première de ces institutions que nous appelons de nos vœux est la souveraineté monétaire de l’espace francophone qui regroupe quinze pays, suivie du départ des soldats français et leurs quincailleries de guerre stationnés en Afrique sous des prétextes ineptes . Cette présence massive n’a guère empêché l’entrée triomphale des Séléka à Bangui ni celle des Forces Nouvelles à Abidjan .

 

    L’Afrique n’a pas d’autre choix que de se fédérer pour faire barrage un jour à ses exploiteurs et usuriers de toujours . C’est une question de vie ou de mort . La jeunesse africaine réclame cette fédération, les peuples épuisés l’escomptent et les vieux dirigeants inféodés corps et âme à la France sont à bout de souffle . Les récentes insultes du président français Macron contribuent également à cette prise de conscience d’une Afrique désireuse de prendre son destin en mains . Vivement une monnaie africaine pour que nous déchirions allègrement les billets de francs CFA, symboles d’un temps honni !

 

 

                                Le 10 Octobre 2017

                              

David KOULAYOM-MASSEYO .

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Centrafrique-Presse.com
10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 23:36
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : L’ACAT appelle au retrait de la peine de mort dans l’arsenal judiciaire du pays

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 10 OCTOBRE 2017

 

BANGUI,  10 Octobre 2017(RJDH)—L’Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture et la Peine de mort en Centrafrique (ACAT-RCA) insiste dans son plaidoyer en faveur du retrait de la peine de mort de l’arsenal judiciaire du pays. Plaidoyer fait par Me Bruno Hyacinthe Gbiegbia lors d’une conférence de presse ce 10 octobre à Bangui.   

  

La peine de mort est l’une des sanctions prévues dans le dispositif pénal en vigueur du pays. Peine prévue par article 26 du code pénal centrafricain stipule que : « tout condamné à mort sera fusillé ». Ce que l’ACAT-RCA n’entend pas de son oreille et qualifie de cruel, dégradant, inhumain et humiliant.

 

Pour cette 15ème journée  mondiale de la peine de mort célébrée ce 10 octobre, le Président de l’ACAT Me Bruno Hyacinthe Gbiégba insiste à nouveau sur le retrait  de cette sanction dans l’arsenal judiciaire du pays. « Nous voulons à cette occasion exhorter les autorités à abolir définitivement la peine de mort dans les textes pénaux centrafricains et de déclencher la procédure de ratification. Car le maintien de cette sanction ignoble dans notre arsenal juridique n’a aucun caractère dissuasif » a insisté Me Bruno Hyacinthe Gbiégba de l’ACAT.

 

Il rappelle le gouvernement que la RCA est signataire du protocole abolissant la peine de mort et de ce fait, il n’y a pas de raison que le pays reste dans les textes pénaux du pays. Cependant, il constate que « cette question reste un tabou » dit-il.

 

Le gouvernement s’est engagé à Oslo de retirer la peine de mort du dispositif centrafricain en 2016. Mais l’application de la décision reste un défi majeur du moins pour l’instant. Depuis 1981, la peine de mort n’a pas été appliquée dans le pays jusqu’aujourd’hui.

 

 

Centrafrique : Début des opérations de démantèlement des barrières sur l’axe Ippy-Bria

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 10 OCTOBRE 2017

 

IPPY, 10 Octobre 2017(RJDH) — L’opération de démantèlement des barrières érigées par des groupes armés au centre du pays est lancée ce mardi 10 octobre 2017 un jour après la signature de l’accord entre 4 groupes armés de la zone.

 

Des informations de sources concordantes ont confirmé au RJDH le démantèlement des barrières érigées par les groupes armés signataires de l’accord d’Ippy. Ce démantèlement concerne l’axe Ippy-Bria et d’autres axes menant dans les villages périphériques et contrôlés par les bandes armés dont les éléments du FPRC d’Abdoulaye Hissène.

 

Abdoulaye Hissène leader du FPRC et initiateur de cette opération contacté par le RJDH, justifie cette opération par une volonté de cessation des hostilités et du respect de l’accord signé consensuellement par les groupes armés à Ippy, « l’heure n’est plus à la guerre, ni à la violence. Nous savons tous que la population a beaucoup souffert, mieux vaut se réconcilier et aller vers le développement », a-t-il dit.

 

Malgré la signature de l’accord, Abdoulaye Hissène reconnait que beaucoup restent à faire au côté des hommes en armes, «  l’opération que nous venons de lancer n’est pas facile, car il faut sensibiliser les groupes armés pour qu’ils libèrent les barrières, et se ranger du côté de la paix et du développement » a-t-il reconnu.

 

Christ Junior Kenguemba, porte-parole du RDR, une branche des Anti-Balaka, et signataire de cet accord salue le début de la tournée dans la région et projette dans les autres régions, « nous ne voulons pas que cela reste seulement au centre du pays et que cela atteigne toutes les régions où sévissent encore les combattants afin de faciliter le retour de la paix et le déclenchement du développement de notre pays », a-t-il annoncé.

 

Plusieurs points sont contenus dans cet accord dont la cessation des hostilités et le retour des éleveurs peulhs. Le démantèlement des barrières est le premier acte à noter après la signature.

 

 

Centrafrique : Les députés de la Haute Kotto accusent le gouvernement de faire le faux dans le recrutement des policiers et gendarmes

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 10 OCTOBRE 2017

 

BANGUI, 10 octobre 2017(RJDH)—Les députés de la Haute-Kotto ont critiqué le gouvernement et la Minusca de faire le faux et exige du gouvernement l’organisation du concours de la police et de la gendarmerie dans cette localité. Position exprimée par Arsène Kongbo, député de Bria lors d’une interview accordée au RJDH.

 

L’accusation des députés du centre du pays fait suite au fait que leur zone était sous occupation et n’avait pas composé le concours d’entrée au sein de la police et de la gendarmerie. Selon ces élus, grande est leur surprise de constater un admis au nom de leur préfecture et ils rendent responsable le gouvernement et la Minusca.

 

Arsène Kongbo, député de Bria estime que cette pratique ne participe pas à la rupture « la ville de Bria et de Bangassou sont sous tension sécuritaires au moment où y avait le concours des policiers et gendarmes. Alors que nous attendons l’organisation du concours dans ces localités, grande a été notre surprise de voir le nom d’une personne représentant notre préfecture. Nous accusons le gouvernement et la Minusca qui ont organisé ce recrutement car nos population tiennent à la transparence et ces genres de pratiques relèvent du passé » a-t-il déploré.

 

Ces députés poursuivent en demandant au gouvernement de faire de la transparence « nous demandons au gouvernement de réorganiser le concours, mais si le gouvernement dit qu’à partir de ce moment il a déjà ces 500 policiers et gendarmes, à partir de ce moment on avisera. Mais je crois que c’est un processus et ce n’est que justice s’il faut réorganiser ce concours dans ces deux localités » a-t-il ajouté.

 

La réaction des élus de Bria fait suite quatre jours après la publication des résultats du concours d’entrée dans la police et la gendarmerie que le gouvernement a qualifié de succès.

 

 

Centrafrique : La célébration de la Journée Mondiale de l’Alimentation reportée pour le 05 novembre

 

PAR JEAN CLAUDE GNAPOUNGO LE 10 OCTOBRE 2017

 

BERBERATI, 10 0ctobre 2017(RJDH)—La journée mondiale de l’alimentation (JMA) initialement prévue pour le 16 Octobre est reportée pour une durée d’un mois. Ce report est justifié par le retard enregistré dans les travaux préliminaires de la journée.

 

La célébration de la Journée Mondiale de l’Alimentation est un investissement important pour le gouvernement. Elle permet de réhabiliter les pistes rurales, équiper les logements. Le gouvernement n’a pas encore satisfait à ces exigences. C’est dans ce contexte que le gouvernement opte pour le report.

 

Le ministre de l’hydraulique Herbert Gontran Djono Ahaba en mission a Berberati,  a annoncé  le report, « beaucoup de choses restent à faire dans la ville avant que Berberati ne puisse accueillir cette festivité dans de très bonne condition. Mieux vaut repousser au 05 Novembre pour permettre à tout le monde de mieux se préparer et de finir les travaux de réhabilitation en cours », a-t-annoncé.

 

Un report salué par la population de la ville de Berberati qui attend cette célébration, « l’embellissement de la ville, les travaux de réhabilitation des routes ne sont pas encore achevé, c’est une occasion pour permettre au comité d’organisation de tout faire afin qu’on puisse accueillir les invités dans de très bonne condition et éviter des cas d’accidents de circulation », a salué un habitant de Berbérati.

 

Berbérati succède à Mbaïki dans l’organisation de la JMA un rendez du monde agricole avec les consommateurs et décideurs.

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Centrafrique-Presse.com
10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 23:34
Centrafrique: un chef de guerre accuse Bangui d'alimenter les violences

 

 

 

 

10/10/17 (AFP)

 

"Aujourd'hui nous sommes en plein combat. A Bangui, le gouvernement dit qu'il y a la paix. Mais sur le terrain, en province, ce n'est pas vrai!": pour Ali Darassa, tout-puissant chef d'un groupe armé peul du centre-est de la Centrafrique, la guerre est loin d'être terminée.

 

"Ceux qui nous attaquent, ce sont les antibalaka (...), des antibalaka (milices majoritairement chrétiennes, NDLR) qui agissent pour le compte du gouvernement et qui attaquent les éleveurs, les paysans, les commerçants...", affirme à l'AFP le leader de l'UPC (Union pour la paix en Centrafrique), depuis son fief d'Alindao, localité perdue du Sud-Est.

 

Chassé de Bambari - troisième ville du pays et son QG pendant plus de deux ans - par la force de l'ONU (Minusca) en février 2017, Ali Darassa s'est retranché à Alindao, à 120 km. Il faut onze heures de trajet sur une route défoncée pour s'y rendre depuis Bambari, en franchissant une dizaine de barrages.

 

L'UPC contrôle la majeure partie d'Alindao, ville coupée en deux. Plus de 15.000 déplacés, en majorité chrétiens, ont trouvé refuge autour de l'église, marquant une séparation de fait avec le reste de la ville.

 

- 'Eleveur de père en fils' -

 

Discret sourire aux lèvres et barbichette poivre et sel, Ali Darassa reçoit le journaliste de passage dans son principal camp militaire. Il trône sur un fauteuil de bois, entouré d'une dizaine d'hommes en armes et de quelques "conseillers" en civil.

 

L'homme de 41 ans est massif. Il se définit comme "Peul centrafricain et général de l'UPC". Né entre Kabo et Bambari, "éleveur de père en fils".

 

Il poursuit sa rhétorique : "Les éleveurs ont toujours été victimes de pillages et de violences. Et les Peuls ont toujours été oubliés, (...) marginalisés". Darassa assure oeuvrer "pour leur sécurité et leur libre circulation, j'offre un sanctuaire de protection et de soutien".

 

"On arrêtera (la guerre) le jour où tout le monde pourra circuler sans incidents, de Obo (est) jusqu'au Cameroun (ouest)".

 

Ali Darassa aurait fait ses armes en 2005 auprès de Baba Laddé, un rebelle tchadien, avant de rejoindre en 2013 la coalition de la Séléka, à dominante musulmane. "J'ai été nommé général de la Séléka, puis par décret du président de la Transition, Michel Djotodia (d'août 2013 à janvier 2014), commandant de la 5e région basé à Bambari".

 

C'est à Bambari qu'il créera l'UPC. Depuis l'éclatement de l'ex-Séléka en 2014 et malgré différentes tentatives de discussion, le groupe armé de Darassa se bat contre la coalition formée autour de Nourredine Adam, homme de main de l'ex-président Djotodia.

 

Jusqu'en 2015, cette région, riche en or, café, diamants et bois, n'avait jamais été occupée par des groupes armés. L'UPC se financerait aujourd'hui via divers "impôts" sur la population, les commerçants, les têtes de bétail... Quels sont les bailleurs et les sources de financement de cette petite armée? "C'est confidentiel," lance en souriant Ali Darassa.

 

L'UPC et son chef sont régulièrement cités dans les rapports internationaux comme les principaux responsables d'exactions contre les civils. "Où sont les preuves?", répond Darassa, qui dénonce les rapports "politiques" d'Amnesty International.

 

Malgré leur engagement à participer à différents dialogues de paix et leur inscription dans le processus de paix de désarmement, l'UPC n'a pas déposé les armes. Le processus est "une vieille chanson pour endormir les gens", accuse Darassa. "Nous avons fait recommandation sur recommandation, mais ça n'avance pas", déplore-t-il, assurant toutefois que l'UPC "ne va pas quitter le processus".

 

A Alindao, Ali Darrassa a apparemment le soutien de leaders communautaires, d'anciens fonctionnaires et d'une partie de la population. Ses hommes font face à des groupes "d'autodéfense" et des éléments antibalaka. Pour l'UPC, la lutte armée est donc toujours "une nécessité". "Parce que l'Etat ne fait pas son travail, il n'assure pas la sécurité des populations" alors que les "régions sont abandonnées à elles-mêmes", se défend-il.

 

"Ce sont les représentants de l'Etat sur le terrain qui alimentent les antibalaka", soutient-t-il. "Je parle des chefs de quartier en passant par les députés, jusqu'aux préfets". Et de conclure : "Le gouvernement encourage la population à devenir des (formations d') autodéfense, c'est ça qui va faire le génocide".

 

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Centrafrique-Presse.com
10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 23:32

 

 

 

10 octobre 2017 à 15h04  Par Jules Crétois

 

Plusieurs personnalités politiques ont été entendues ce lundi à Bangui au sujet des violences de mai 2017 à Bangassou et Bria. D'autres ont rencontré un représentant de la CPI en déplacement à Bangui.

 

Le tout Bangui jase depuis quelques heures au sujet de « convocations ». En effet, plusieurs personnalités politiques sont passées par le bureau du procureur de la Cour d’appel de Bangui ce 9 octobre 2017. Alexandre-Ferdinand Nguendet, ancien président du Conseil national de transition (CNT) entre 2013 et 2016 et ex-chef de l’État centrafricain par intérim en 2014 et Crépin Mboli-Goumba, ex-ministre de l’équipement, des travaux publics et du désenclavement entre 2013 et 2014, ont été entendus sur les événements qui se sont déroulés du 6 au 20 mai 2017 à Bangassou et Bria, selon un document transmis à Jeune Afrique.

 

Joint par téléphone, le procureur n’a pas voulu en dire plus. Mais selon une source judiciaire, les deux hommes n’ont pas été mis en examen. Joachim Kokaté, militaire et homme politique qui a récemment accusé le parlementaire Anicet-Georges Dologuélé de projets de déstabilisation de l’État centrafricain, ainsi que Nicolas Tiangaye, ancien Premier ministre, auraient eux aussi été entendus.

 

En mai 2017, des violences ont frappés la Centrafrique, causant de nombreux décès et déplacés. Une Commission d’enquête avait été mise en place pour faire la lumière sur les raisons des combats.

 

Les partis dénoncent

 

Les partis politiques dont Nguendet et Mboli-Goumba sont présidents, respectivement le Rassemblement pour la république (RPR) et Patrie, ont émis un communiqué commun dénonçant la volonté du « pouvoir en place » de « régler son compte par tous les moyens à l’opposition ». Le communiqué va jusqu’à mettre en question la légalité de la convocation : selon les deux formations politiques, la Commission d’enquête judiciaire était arrivée à son terme ce 30 septembre.

 

Nguendet a rapidement pris ses distances avec Faustin-Archange Touadéra après l’investiture de ce dernier et Mboli-Goumba, de son côté, a publiquement critiqué le directeur de cabinet du président, Firmin Ngrebada.

 

Un représentant de la CPI à Bangui

 

À Bangui, si les rumeurs ont enflé autour des « convocations », c’est aussi parce que selon des sources concordantes, en plus de celles chez le procureur, ces derniers jours plusieurs personnalités ont été entendues par le substitut du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Kweku Vanderpuye. Ce dernier était en visite à Bangui et aurait reçu, pour des discussions plus ou moins formelles et afin de recueillir des témoignages, Joachim Kokaté ainsi que Didacien Kossimatchi, un proche de Faustin-Archange Touadéra qui a récemment accusé le président de l’Assemblée nationale Abdou Karim Meckassoua de volonté de conspiration contre l’État.

 

 

Lu pour vous : Centrafrique : plusieurs personnalités entendues par la justice ces derniers jours à Bangui
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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 23:29

 

 

 

 http://afrique.latribune.fr Par Khadim Mbaye  |  10/10/2017, 16:10

 

S’il y a un pays qui profite peu de ses richesses minières c’est bien la Centrafrique. Il pleut des diamants dans le pays de Faustin-Archange Touadéra, mais la RCA, minée par une crise politique sérieuse, peine à réguler le commerce de ses pierres précieuses. Aujourd’hui, le pays qui vient de mettre en place une nouvelle mercuriale veut transformer «ses diamants de sang» en de véritables richesses profitables aux centrafricains.

 

En Centrafrique, les diamants extraordinaires ne font pas la valeur du pays. Frontières poreuses, corruption, le tout couronné par un risque imminent d'un génocide dans un pays ravagé par une crise politique qui dure depuis 2013... Les goulots qui étranglent l'exportation des raretés géologiques centrafricaines sont légion. Mais la donne pourrait bien changer.

 

C'est en tout cas la volonté affrichée par le gouvernement centrafricain qui vient de mettre en place un mécanisme de contrôle, plus accru, de manière à valoriser ses diamants qui remportent tous les suffrages sur le marché mondial des pierres précieuses sans que la Centrafrique n'en tire profit.

 

Ce mécanisme appelé mercuriale, permettra à l'Etat centrafricain d'avoir des ressources financières importantes pour faire face à ses obligations. Le pays disposait déjà d'une liste des prix, mais la réglementation n'est plus adoptée au marché mondial actuel, caractérisé par l'augmentation du prix du diamant et or, selon les experts, note l'Agence APA.

 

Laver les diamants de sang

 

La nouvelle liste mise en place par le bureau d'évaluation et de contrôle de diamants et or (BECDOR), organisme chargé de l'exportation des minéraux en Centrafrique, via des fonds de 'USAID, une organisation américaine de développement qui a réuni ce samedi 7 octobre à Bangui, les experts et autres intervenants du secteur minier en RCA, selon toujours la même source, permettra au pays de Faustin-Archange Touadéra de se mettre au diapason.

 

Concrètement, la nouvelle réglementation va aider le pays à obstruer le circuit de la fraude qui bat son plein dans le secteur minier puisque le prix pratiqué sur les ressources minérales empruntant la voie normale ne répond pas à la réalité dans le monde et les producteurs véreux se multiplient», a encore indiqué l'agence de presse. Alors qu'un secteur minier réorganisé est le meilleur moyen pour la Centrafrique d'attirer plus d'investisseurs, d'éviter les exportations frauduleuses et de valoriser ses richesses minières, gage de stabilité économique et de prospérité. Un idéal qui changerait à jamais la face sombre de l'économie centrafricaine durement pénalisée par les guerres et autres crises politiques.

 

Si le calme semble revenu aujourd'hui dans de nombreuses localités du pays, notamment la ville de Bocaranga, au nord-ouest de la Centrafrique, libérée samedi dernier grâce à une opération coup de point de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), «les diamants du sang» continuent d'alimenter le conflit livré par les groupes armés au gouvernement centrafricain. Parmi ces groupes, les anti-balaka du général autoproclamé Passy Goulou et le groupe 3R et ses alliés. Ils opèrent encore dans de nombreuses zones qui échappent au contrôle de Bangui.

 

Lu pour vous : Mines : la RCA confectionne une liste de prix pour laver « ses diamants de sang »
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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 23:28
RCA : Bocaranga a été pillée par les rebelles, selon les habitants

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) 10/10/17 - Les habitants de Bocaranga, ville au nord-ouest de Centrafrique d’où les casques bleus ont chassé ce week-end les rebelles de 3 R (Retour, Réclamation, Réconciliation), ont témoigné ce lundi sur les médias à Bangui, que leur localité a été mise à sac et qu’il est difficile d’y trouver de la nourriture.

 

Les habitants qui étaient réfugiés auprès de la base de la MINUSCA durant l’opération de nettoyage, ont été désagréablement surpris de constater à leur retour que la plupart de leurs biens avaient été volés ou incendiés par les rebelles.

 

Toutefois, les casques bleus sont parvenus à récupérer certains biens avant de les remettre aux autorités locales qui les tiennent à la disposition de leurs propriétaires.

 

Les rebelles de 3 R avaient occupé une semaine durant la ville de Bocaranga, y faisant, outre les pillages, beaucoup de morts parmi les civils. Après plusieurs sommations, la MINUSCA a été obligée de les chasser par la force, durant les journées de samedi et dimanche.

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 23:43

 

 

 

Par Achille Mbembe  LE MONDE Le 09.10.2017 à 18h09 • Mis à jour le 09.10.2017 à 18h10

 

Achille Mbembe fait la radiographie d’un régime parmi les plus délétères du continent, alors que s’esquisse une possible dislocation du pays avec la sécession anglophone.


Au Cameroun, pour qui veut les égrener, les symptômes de la décadence sautent aux yeux et ne cessent de s’accumuler. Arrivé au pouvoir de manière inattendue en 1982 après la démission d’Ahmadou Ahidjo, premier chef d’Etat camerounais, Paul Biya ne fit guère longtemps illusion.

 

Brutalement ramené à la réalité en 1984 au lendemain d’une tentative sanglante de coup d’Etat qui coûta la vie à des centaines de mutins originaires pour la plupart du nord du pays, il rangea très vite au placard les velléités de réforme dont il s’était fait, un temps, le porte-parole. Puis, s’appuyant en partie sur les dispositifs et techniques de répression hérités de son prédécesseur, il entreprit de mettre en place l’un des systèmes de gouvernement parmi les plus opaques, les plus centralisés et les plus prosaïques de l’Afrique postcoloniale.

 

« Paul Biya entreprit de mettre en place l’un des systèmes de gouvernement parmi les plus opaques de l’Afrique postcoloniale »

 

A la place d’un Etat de droit, il privilégia un mode de gouvernement personnel dont on constate, trente-cinq ans plus tard, l’étendue des dégâts, alors même que s’esquisse la possibilité d’une dislocation pure et simple du pays.

 

Pendant longtemps, le drame se joua à huis clos. Tel n’est plus le cas, même s’il faudra sans doute un peu plus que le soulèvement des régions anglophones pour signer une fois pour toutes la fin d’un régime désormais noyé dans ses propres contradictions et acculé à l’impasse.

 

Gouvernement par l’abandon et l’inertie

 

Mais la crise s’internationalisant et la pression interne et externe s’accentuant sans cesse, ce qui pendant longtemps fut prestement mis sous le boisseau est désormais étalé sur la place publique.

 

Presque chaque semaine sont mises en circulation des centaines d’images de citoyens camerounais des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest brutalisés ou tués par les forces de l’ordre dans des conditions atroces. Une colère jusque-là amorphe est, petit à petit, prise en charge par toutes sortes d’acteurs désormais décidés à la politiser.

 

Comment en est-on arrivé là ? Et, surtout, comment en sortir ?

 

Est-il vrai que le principal architecte de ce retentissant échec est M. Paul Biya lui-même ? Et si tel était effectivement le cas, la sortie de la crise n’impliquerait-elle pas, ipso facto, le départ de celui que la rue nomme le « grand absent » ? Telles sont les questions que posent désormais, à haute voix, bon nombre de Camerounais.

 

Encore faut-il aller au-delà de l’individu et prendre l’exacte mesure du système qu’il a mis en place, et qui risque fort de lui survivre.

 

Car, pour juguler la contestation et consolider son emprise sur ce pays menacé constamment par le risque de paupérisation et de déclassement des classes moyennes, par la fragmentation tribale et le poids des structures patriarcales et gérontocratiques, il n’eut pas seulement recours à la coercition. Il inventa une méthode inédite de gestion des affaires de l’Etat qui combinait le gouvernement par l’abandon et l’inertie, l’indifférence et l’immobilisme, la négligence et la brutalité, et l’administration sélective de la justice et des pénalités.

 

« Il inventa une méthode inédite de gestion des affaires de l’Etat qui combinait le gouvernement par l’abandon et l’inertie, l’indifférence et l’immobilisme, la négligence et la brutalité »

 

Pour son fonctionnement quotidien et sa reproduction sur le long terme, un tel mode de domination requérait, entre autres, la miniaturisation et la systématisation de formes à la fois verticales et horizontales de la prédation.

 

Par le haut, de nombreux hauts fonctionnaires et directeurs ou membres des conseils d’administration des sociétés parapubliques puisent directement dans le Trésor public. Par le bas, mal rémunérées, bureaucratie et soldatesque vivent sur l’habitant.

 

Les niches de corruption prolifèrent et les activités illégales sont omniprésentes dans toutes les filières bureaucratiques et secteurs économiques.

 

En réalité, tout est prétexte à détournements et surévaluations, qu’il s’agisse de la gestion des projets, des activités de passation et d’exécution des marchés publics, des indemnisations de tout genre ou des transactions au titre de la vie quotidienne.

 

Les crédits alloués aux ministères, délégués aux régions ou transférés aux collectivités territoriales ne sont guère épargnés. En trente-cinq ans de règne, le nombre de marchés passés de gré à gré et celui des chantiers abandonnés se compte par centaines de milliers. En 2011, un document de la Commission nationale anti-corruption estimait qu’entre 1998 et 2004, au moins 2,8 milliards d’euros de recettes publiques avaient été détournés. (A suivre...)

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 23:34

 

 

POINT DE VUE

 

L’impossible révolte par les urnes

 

La démocratisation du droit de ponctionner est telle que la corruption sévit à tous les niveaux de la société. Une partie du tissu social et culturel s’articulant non pas autour d’institutions impersonnelles, mais de rapports sociaux privatisés, marchandage et micro-arnaque sont devenus la norme. La corruption est devenue un véritable système de redistribution sociale en même temps que le facteur structurant des inégalités entre régions et tribus.

L’instrumentalisation des institutions étatiques et de toute parcelle de pouvoir et d’autorité a des fins personnelles, familiales et tribales étant devenue la règle, la lutte politique est réduite à une lutte pour l’accès aux gisements de corruption. Les rapports de faveur priment sur la loi. Tout, systématiquement, peut être vendu ou acheté. D’où l’étiolement de toute notion de service public.

 

« La démocratisation du droit de ponctionner est telle que la corruption sévit à tous les niveaux de la société. Les rapports de faveur priment sur la loi. »

 

Vexé ou lésé, l’on ne peut que rarement faire appel à la loi. L’Etat de droit n’étant qu’une fiction aux fins de propagande externe, seule compte la volonté du prince, qui fait force de loi, et celle des puissants dont les citoyens ne sont que des créatures.

On mesure aujourd’hui à quel point ce régime de ponction généralisée et d’abandon a fini par faire de l’Etat une menace contre laquelle individus et communautés locales cherchent à se protéger, faute de pouvoir à leur tour l’utiliser comme un moyen de survie, d’ascension sociale ou d’enrichissement. Intégrés au fonctionnement quotidien de la société et des institutions, la corruption et les instincts tribaux empêchent toute auto-organisation populaire durable et annulent toute possibilité d’une révolte par les urnes.

 

M. Paul Biya n’est pas seul responsable de la situation dans laquelle se trouve le pays.

 

A coups de nominations et de prébendes, il a, au cours des trente-cinq dernières années, engrangé le soutien d’une protobourgeoisie essentiellement parasitaire, faite d’éléments issus de la bureaucratie, de l’armée, des sociétés parapubliques, des élites politiques traditionnelles, de multiples réseaux parallèles souvent occultes et de quelques « princes de l’Eglise ».

 

Grâce au travail de sape de ces réseaux prédateurs, l’on a aujourd’hui affaire à une société épuisée, dont les ressorts rationnels ont été cassés, tandis que la propension aux croyances magiques et à la pratique de l’occultisme a été décuplée. Une grande partie de l’énergie sociale est investie par les églises charismatiques, les cultes à mystère et les pratiques d’éblouissement, lorsqu’elle n’est pas dépensée dans d’interminables veillées de prière, la chasse aux démons et les innombrables procès en sorcellerie.

 

Le mythe de la « colonisation heureuse »

 

Fondé sur une conception mythologique des bienfaits supposés de la colonisation britannique, le nationalisme anglophone, fait de repli et essentiellement victimaire, n’est qu’une traduction parmi d’autres de cette lassitude.

Il ne repose pas seulement sur l’idée d’un peuple et d’une société anglophones qui se distingueraient des francophones du seul fait d’avoir été dominé par un maître différent de tous les autres. Il s’agirait également d’un peuple dont la principale caractéristique serait d’avoir été dupe, trompé et manipulé.

 

Dans un geste paradoxal de rétrocélébration de l’asservissement, les tenants de la sécession entretiennent le mythe d’une « colonisation heureuse » avec laquelle il s’agirait de renouer en rompant unilatéralement avec leurs congénères.

Ils veulent faire croire que moins d’une quarantaine d’années de fréquentation indirecte auraient fait de nos compatriotes d’outre-Moungo un peuple ayant plus d’affinités avec les sujets de Sa Majesté la reine d’Angleterre qu’avec leurs voisins historiques : les Bamiléké, les Bamoum et Tikar de l’Ouest et du Nord-Ouest, ou les ensembles côtiers du Sud (Bakweri, Bakossi, Douala, Batanga).

 

« Dans un geste paradoxal de rétrocélébration de l’asservissement, les tenants de la sécession entretiennent le mythe d’une “colonisation heureuse” avec laquelle il s’agirait de renouer »

 

L’Histoire d’avant la colonisation n’existerait pas, celle au cours de laquelle l’ensemble de la région était structurée par une chaîne de sociétés relativement distinctes, mais communiquant entre elles par le biais du commerce, des échanges religieux et linguistiques, voire des liens de parenté. Seule l’histoire coloniale britannique conférerait une identité. Ce qui suppose, pour les besoins de la cause, de mettre convenablement sous le boisseau l’épisode allemand qui dura plus de trente ans (1884-1918).

 

La faiblesse intellectuelle du mouvement sécessionniste nonobstant, il existe, pour des raisons d’ordre historique et juridique, une singularité de la question anglophone. La reconnaître est un préalable à toute résolution du conflit. La colonisation a en effet laissé en héritage deux modèles de gouvernement. D’un côté, le modèle commandiste français et, de l’autre, le modèle coopératif anglo-saxon, dont l’indirect rule – loi – était la formule typique.

 

La francophonisation de l’Etat, des institutions et de la culture politique sur le modèle du commandisme est bel et bien l’une des raisons qui ont conduit à l’impasse actuelle.


Comment expliquer, en effet, l’absence relative des anglophones aux postes-clés du gouvernement et leur faible représentativité dans les grandes instances du pouvoir depuis la réunification ? Que dire de la politique forcenée d’assimilation qui a abouti à la quasi-abolition de leurs systèmes juridiques et d’éducation et à la minoration de la langue anglaise dans la gestion quotidienne de l’Etat et de ses symboles ? Et, puisqu’on y est, quels bénéfices concrets les anglophones ont-ils tiré de l’exploitation du pétrole dont les principaux gisements se trouvent sur leur partie du territoire ?

 

« Défrancophoniser »

 

Pour le moment, le pays est au bord de la rupture. Dans l’Extrême-Nord, la guerre d’usure menée par Boko Haram contre les populations civiles et les troupes régulières continue de prélever son lourd tribut en vies humaines tout en saignant le Trésor public.

Le long de la frontière centrafricaine se greffe progressivement un vaste corridor sillonné par des milices. Ponctions et trafics de toutes sortes – y compris l’or et le diamant – alimentent un marché de la violence d’assise désormais régionale.

 

Pour le reste, l’accoutumance progressive à des épisodes sanglants – qu’il s’agisse des fréquents attentats contre les civils au Nord, ou des tueries à répétition dans le cadre de la militarisation de la zone anglophone – est fort avancée.

La possibilité d’une révolte par les urnes étant presque nulle, l’hypothèse d’une lutte armée fait de plus en plus l’objet de débat au sein de groupuscules radicaux, de plus en plus nombreux notamment au sein de la diaspora anglophone.

Pour sortir de la logique de l’engrenage, il faut entreprendre, sciemment, de « défrancophoniser » l’Etat, c’est-à-dire d’en achever la décolonisation.

 

« La possibilité d’une révolte par les urnes étant presque nulle, l’hypothèse d’une lutte armée fait de plus en plus l’objet de débat au sein de groupuscules radicaux »

 

La dissidence anglophone a choisi de formuler ses revendications historiques en des termes identitaires plutôt que dans des termes relativement plus universels qui auraient permis de revisiter la question nationale dans la perspective d’un véritable Etat panafricain, démocratique et multiculturel.

En formulant ses revendications en termes identitaires – et à l’intérieur d’un paradigme purement colonial –, elle n’a pas su s’attirer la sympathie des citoyens africains qui ne se reconnaissent ni dans la britannité, ni dans la francité.

Le véritable problème national camerounais est celui de la décolonisation de l’Etat, de sa transformation en Etat de droit et de sa radicale démocratisation. Le Cameroun n’a besoin ni d’un Etat francophone, ni d’un Etat anglophone, mais d’un Etat panafricain décolonisé, multiculturel, multilingue, et démocratique.


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/09/au-cameroun-le-crepuscule-d-une-dictature-a-huis-clos_5198501_3212.html#KGR6HYA6v4w8wGjH.99

 

« Au Cameroun, le crépuscule d’une dictature à huis clos » par Achille Mbembe (suite et fin)
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