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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 15:38
RCA : à Bangui, les habitants partagés entre inquiétude, colère et confiance
RCA : à Bangui, les habitants partagés entre inquiétude, colère et confiance

 

Centrafrique: à Bangui, les habitants partagés entre inquiétude, colère et confiance

Cela ressemble à un dimanche ordinaire à Bangui: le marché de Noël résonne de chants, les fidèles se pressent devant la cathédrale, les taxi-motos arpentent les rues. Les bruits de bottes à plus de 100 km de la capitale centrafricaine, à l'approche des élections, ravivent pourtant des souvenirs.

Selon le gouvernement, à une centaine de kilomètres de là, sur plusieurs axes menant à cette ville d'un million d'habitants, une coalition de groupes armés mène une offensive contre les forces nationales et les Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), chargés de sécuriser les élections présidentielle et législatives dont le premier tour est prévu dans une semaine.

Samedi, le gouvernement a accusé l'ex-chef de l'Etat François Bozizé de tentative de coup d'Etat avec une "intention manifeste de marcher avec ses hommes sur la ville de Bangui". Le parti de M. Bozizé a démenti dimanche ces accusations.

Une menace difficile à ignorer dans un pays marqué par les coups d'Etat et les guerres civiles à répétition.

"Je suis inquiète pour notre pays, à cause des rebelles qui viennent, on a peur pour nos enfants", murmure d'une voix lasse Geneviève, employée dans un commerce.

-Mauvais souvenirs-

Comme les autres habitants, elle n'a pas oublié les horreurs de 2013, après qu'une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le Président François Bozizé. Et plongé le pays dans un tourbillon sanglant d'affrontements communautaires, avec la contre-insurrection de milices anti-balaka essentiellement chrétiennes et animistes.

Les violences à Bangui et dans les provinces entre Séléka et anti-balaka avaient fait des milliers de morts.

"Parler encore de la Séléka réveille des mauvais souvenirs. Cette nouvelle situation nous énerve car nous voulons vaquer à nos activités librement. Courir à chaque fois, ce n'est pas bon", s'agace John, un jeune conducteur de taxi-moto.

François Bozizé, revenu d'exil en 2019, est accusé par le gouvernement et l'ONU d'avoir repris le chemin de la rébellion --ce que son camp dément-- depuis que sa candidature à la présidentielle a été invalidée par la Cour constitutionnelle.

Lui dénonce de son côté, à l'unisson de l'opposition, des fraudes massives du camp du président sortant Faustin Archange Touadéra pour assurer sa réélection dès le premier tour le 27 décembre.

"Nos homme politiques s'entendent bien entre eux, mais ils nous poussent à nous diviser, à nous entretuer", s'emporte Hubert Wanto, financier sans emploi en route vers la messe du dimanche.

Du côté des partisans du pouvoir, toutefois, la confiance est de mise. Samedi, ils étaient environ 4.000 à s'être massés dans le plus grand stade de Bangui de 20.000 places pour venir soutenir leur président menacé, selon lui, par un coup d'Etat.

Concert de vuvuzelas, danse traditionnelle, ambiance de fête…

"Je ne suis pas inquiet, nos militaires ont déjà infligé une lourde défaite aux rebelles", assure Vianney, un entrepreneur arborant comme le reste de la foule le tee-shirt bleu et blanc aux couleurs du parti présidentiel, Mouvement Cœurs Unis (MCU).

"Ce ne sont pas des rebelles, ce sont des bandits", le corrige un homme qui exhibe sa carte d'électeur tout juste délivrée. Tout le monde veut croire au maintien des élections dans une semaine.

- Minusca critiquée -

Face à la foule, M. Touadéra est apparu comme toujours suivi de près par ses gardes du corps, les gardes privés russes en premier cercle et les Casques bleus rwandais autour. Il n'a évoqué qu'à demi-mot la rébellion que son gouvernement dénonce et haranguait la foule en lançant: "27 décembre !"

A Bangui, la Minusca concentre facilement les critiques. Dimanche, des jeunes distribuent des tracts appelant à manifester devant son siège pour réclamer une réponse plus ferme face aux rebelles.

Ici, pas question d'évoquer la débandade de certaines forces armées, démunies et peu entraînées encore, et qui ont déserté en plusieurs points, selon des sources sécuritaires et onusiennes.

Samedi, le stade était surveillé par des soldats de la garde présidentielle. Mieux équipés et mieux formés, ces fidèles du président vêtus de treillis russes, incarnent les espoirs du régime et de ses partisans. Vianney en est sûr: "cette fois, l'histoire ne se répètera pas".

Par Camille LAFFONT © 2020 AFP  Mise à jour 21.12.2020 à 00:00

 

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 16:23
RCA : Déclaration du Procureur de la Cour pénale internationale, Mme Fatou Bensouda

 

Déclaration :  18 December 2020

Déclaration du Procureur de la Cour pénale internationale, Mme Fatou Bensouda, à l’approche des élections en République centrafricaine : « La tenue d’élections dans un climat apaisé est essentielle en République centrafricaine pour prévenir l’émergence d’une spirale de la violence

Le 27 décembre 2020, la population de la République centrafricaine (RCA) élira son Président et ses représentants à l'Assemblée nationale.

Au cours des enquêtes menées par mon Bureau depuis 2014 et à l'occasion de ma dernière visite à Bangui notamment, j'ai pu constater par moi-même les efforts déployés par les Centrafricains pour instaurer une paix durable dans le pays. Je suis de près l'évolution de la situation et je suis préoccupée par les rapports et les informations publiques qui me parviennent relatant un regain des tensions et le risque d'un déferlement de violences à l'approche des élections.

J'appelle, entre autres, toutes les parties, tous les groupes armés, les acteurs politiques et leurs partisans au calme et à la retenue.

La tenue d'élections dans un climat apaisé est essentielle en République centrafricaine pour prévenir l'émergence d'une spirale de la violence.

À cet égard, je souhaite réitérer mes déclarations précédentes et insister sur ce point : quiconque commet des crimes visés au Statut de Rome, ordonne leur commission, y incite, l'encourage et y contribue, de quelque manière que ce soit, est passible de poursuites devant les tribunaux centrafricains ou la Cour pénale internationale.

Mon Bureau poursuit ses enquêtes dans la situation en République centrafricaine et reste déterminé à tout mettre en œuvre pour que justice soit rendue à l'ensemble des victimes d'atrocités dans le pays, et que les responsables de ces crimes rendent des comptes à la justice, quel que soit le bord auquel ils appartiennent dans le conflit.

Le Bureau du Procureur de la CPI mène des examens préliminaires, des enquêtes et des poursuites à propos du crime de génocide, des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre et du crime d'agression, en toute impartialité et en toute indépendance. Depuis 2003, le Bureau enquête sur plusieurs situations relevant de la compétence de la CPI, notamment en Afghanistan (demande de sursis à enquêter présentée au titre de l'article 18 en suspens), au Bangladesh/Myanmar, au Burundi, en Côte d'Ivoire, au Darfour (Soudan), en Géorgie, au Kenya, en Libye, au Mali, en Ouganda, en République centrafricaine (deux situations distinctes) et en République démocratique du Congo. Le Bureau conduit également des examens préliminaires à propos des situations en Bolivie, en Colombie, en Guinée, aux Philippines et au Venezuela (I et II) et attend qu'une décision judiciaire soit rendue dans le cadre de la situation en Palestine.

Pour en savoir plus sur les « examens préliminaires » et les « situations et affaires » portées devant la Cour, veuillez cliquer ici et ici.

 

Source : Bureau du Procureur

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 16:02
En Centrafrique, des casques bleus ont été déployés
En Centrafrique, des casques bleus ont été déployés
En Centrafrique, des casques bleus ont été déployés

 

En Centrafrique, des casques bleus ont été déployés et le chef de l’ONU appelle « à cesser toute hostilité »

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 02h23, mis à jour à 07h45 

Selon des sources humanitaires et onusiennes, des groupes armés se sont emparés de plusieurs localités situées sur les axes qui desservent Bangui, la capitale.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé, vendredi 18 décembre, par la voix de son porte-parole, à la cessation des hostilités en Centrafrique, à l’approche des élections présidentielle et législatives du 27 décembre. M. Guterres « condamne l’escalade de la violence et appelle tous les acteurs à cesser toute hostilité de manière urgente, et à travailler ensemble pour assurer des conditions favorables à la tenue d’élections crédibles, inclusives et pacifiques », a indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric dans un communiqué.

Au moins trois des plus importants groupes armés qui occupent deux tiers de la Centrafrique ont menacé de s’en prendre au pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra si ce dernier organise des fraudes, comme ils l’en accusent, pour obtenir un second mandat. Selon des sources humanitaires et onusiennes, les groupes armés se sont emparés de plusieurs localités situées sur les axes qui desservent la capitale Bangui, désormais menacée par un blocus à distance.

Casques bleus déployés

Le secrétaire général de l’ONU a appelé les parties à résoudre « tout différend de manière pacifique », dans l’intérêt du peuple centrafricain, qui a, selon lui, « souffert pendant trop longtemps du conflit et de l’instabilité ».

Plus tôt vendredi, la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) avait annoncé dans un communiqué que des casques bleus avaient été déployés dans l’ouest du pays pour empêcher les groupes armés « de perturber les élections » du 27 décembre.

La Minusca « a déployé vendredi des forces à Bossemptélé et à Bossembélé, deux localités de la préfecture de l’Ombella-MPoko cibles d’attaques [menées] par des éléments armés du 3R, du MPC et des anti-balaka », a précisé dans ce texte Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca. « Le renforcement des moyens de la Minusca, y compris avec des moyens aériens, est une réponse aux violences commises par ces groupes armés et qui ont également touché Yaloké et Bozoum », à l’ouest, faisant deux morts parmi les forces du gouvernement.

Très vives tensions

Les tensions sont très vives en République centrafricaine, où le gouvernement a accusé mercredi l’ancien président François Bozizé, exclu du scrutin par la Cour constitutionnelle, de préparer un « plan de déstabilisation du pays » alors que l’opposition craint des fraudes massives aux élections.

La République centrafricaine a été ravagée par la guerre civile après qu’une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le régime du général François Bozizé en 2013. Les affrontements entre Séléka et milices chrétiennes et animistes anti-balaka avaient fait des milliers de morts. Depuis 2018, la guerre a évolué en un conflit de basse intensité, où les groupes armés se disputent le contrôle des ressources du pays, bétail et minerai principalement, tout en perpétrant régulièrement des exactions contre les populations civiles.

Le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC), les 3R (Retour réclamation réhabilitation) et les deux groupes anti-balaka avaient publié jeudi un communiqué où ils s’engageaient à « rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire national par tous les moyens », y compris les « moyens de coercition, dans l’hypothèse où le pouvoir exécutif s’obstine à manipuler l’organisation du scrutin pour faire un hold-up électoral ».

Mercredi, la Minusca, chargée de sécuriser les élections avec ses 11 500 casques bleus, avait appelé François Bozizé « à œuvrer sincèrement pour un retour véritable de la paix (…) plutôt que de tisser des alliances avec des leaders de groupes armés pour déstabiliser le pays ».

Le Monde avec AFP

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 15:56
COMMUNIQUE DE PRESSE  MINUSCA
COMMUNIQUE DE PRESSE  MINUSCA
COMMUNIQUE DE PRESSE  MINUSCA
COMMUNIQUE DE PRESSE  MINUSCA
COMMUNIQUE DE PRESSE  MINUSCA

 

LA MINUSCA DÉPLOIE DES RENFORTS DANS L’OUEST POUR METTRE FIN AUX ATTAQUES ARMÉES  

 

Bangui, le 18 décembre 2020 – La MINUSCA a déployé vendredi des forces à Bossemptélé et à Bossembélé, deux localités de la préfecture de l’Ombella-M’Poko cibles d’attaques par des éléments armés du 3R, du MPC et des anti-Balaka. Dans d’autres régions, y compris la capitale Bangui, les casques bleus sont en alerte maximale dans le cadre du mandat de protection des populations civiles et de sécurisation des élections.   

Au cours de ce déploiement, les casques bleus ont dispersé les éléments armés qui bloquaient la route Bossemptélé-Bossembélé à hauteur de Yaloké. A Bossangoa, les casques bleus ont bloqué des éléments armés à moto qui ont tenté de quitter la ville.  

Le renforcement des moyens de la MINUSCA, y compris avec des moyens aériens, est une réponse aux violences commises par ces groupes armés et qui ont également touché Yaloké et Bozoum. La MINUSCA présente ses condoléances au Gouvernement et aux familles des deux membres des forces de défense et de sécurité tombés lors de l’attaque à Yaloké. Le leadership de la Mission est en contact permanent avec le Gouvernement centrafricain et travaille en étroite coordination avec l’état-major des FACA et les forces de sécurité intérieure dans le cadre du Plan Intégré de Sécurisation des élections. Par ailleurs, le travail d’enquête judiciaire a immédiatement commencé en vue d’identifier, d’arrêter et de traduire devant la justice les auteurs de crimes, ainsi que leurs chefs ou commanditaires de ces attaques.   

La MINUSCA condamne fermement ces attaques survenues en pleine campagne électorale pour les scrutins présidentiel et législatifs du 27 décembre. La Mission souligne que ces attaques coordonnées et dans des zones bien identifiées, supposent une tentative délibérée de perturber les élections. La MINUSCA note que, suite à l’invalidation de la candidature de l’ancien Président Bozizé, et après ses récentes rencontres avec les trois groupes armés sus mentionnés, les incidents sécuritaires se sont multipliés et intensifiés.   

La MINUSCA condamne également les alliances entre acteurs/partis politiques et groupes armés qui visent à fragiliser le pays et à perturber le processus électoral, tout en dénonçant les tentatives visant à imposer une nouvelle transition politique en Centrafrique et à priver la population de son droit de choisir librement et en toute sécurité ses futurs dirigeants. Ces actes ne resteront pas impunis.   

La MINUSCA appelle le 3R, le MPC et les anti-Balaka à cesser immédiatement les attaques visant à la fois les candidats aux élections, les acteurs humanitaires et la population en général.   

La MINUSCA demande à la population de ne pas céder à la panique et d’apporter leur concours nécessaire aux forces de sécurité nationales et aux casques bleus.  

 

Strategic Communication & Public Information Division

MINUSCA HQ, PK4 Avenue B. Boganda

BP : 3338, Bangui, Central African Republic

Mail : publicinformation-minusca@un.org

Website: https://minusca.unmissions.org │

Facebook https://www.facebook.com/minusca.unmissions

Twitterhttps://twitter.com/@UN_CAR

Flickr https://www.flickr.com/photos/unminusca/

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 15:48
Situation en RCA : Le SG de l'ONU suit de près les choses avec inquiétude

 

Le Secrétaire général suit de près et avec inquiétude les rapports faisant état d’une montée des tensions en République centrafricaine.  

Il condamne l’escalade de la violence et appelle tous les acteurs à cesser toute hostilité de manière urgente, et à travailler ensemble pour assurer des conditions favorables à la tenue d’élections crédibles, inclusives et pacifiques le 27 décembre. Le Secrétaire général invite tous les acteurs à éviter la désinformation, les discours de haine et l’incitation à la violence.  

Le Secrétaire général appelle les parties prenantes politiques à résoudre tout différend de manière pacifique, en conformité avec la Constitution et dans l’intérêt du peuple centrafricain, qui a souffert pendant trop longtemps du conflit et de l’instabilité.  

Le Secrétaire général appelle aussi les parties signataires à mettre en œuvre de manière stricte l’Accord politique pour la paix et la réconciliation signé en février 2019, et à s’abstenir de toute action qui pourrait compromettre la stabilité nationale et la tenue d’élections.  

Le Secrétaire général réaffirme l’engagement des Nations Unies à travailler ensemble avec les partenaires nationaux, régionaux, et internationaux, pour soutenir le peuple et le gouvernement centrafricains dans leurs efforts pour faire avancer la paix et assurer un processus démocratique pacifique.  

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 15:43
Nouvelles nationales sur RFI
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Centrafrique: tensions au Nord-Ouest du pays à l’approche des élections

https://www.rfi.fr/ De notre envoyée spéciale à BanguiFlorence Morice

Le climat sécuritaire se tend en Centrafrique à neuf jours des élections du 27 décembre. Des descentes d’hommes en armes et des tirs ont été signalés dans plusieurs villes du Nord-Ouest du pays depuis ce matin. Une situation qui préoccupe à Bangui où la sécurité a été renforcée.

C’est très tôt ce matin, que la situation s’est dégradée dans plusieurs localités du Nord-Ouest. À Bozoum, des témoins rapportent avoir vu arriver des dizaines d’hommes en armes à bord de motos et véhicules 4x4, puis rester quelques heures en ville avant de poursuivre leur route vers Yaloke où des tirs ont été signalés. Ainsi qu’à Bossembele où des témoins parlent de « crépitements d’armes lourdes » en ville.

En fin de journée, ils se faisaient plus lointains. L’identité de ces hommes armés est incertaine. Le curé de Bossembele parle d’un « rassemblement hétéroclite » d’hommes parlant pour certains le français, d’autres le sango et d’autres l’arabe. Il explique aussi qu’ils sont venus dans sa paroisse pour essayer de s’y installer et demander du ravitaillement avant de renoncer à la vue d’hélicoptère de la Minusca survolant la zone.

Pas de communication des autorités

Ce soir, plusieurs témoins assurent qu’une partie de ces hommes en armes est toujours en ville, visible, tandis qu’un second groupe a repris la route de Boali plus au sud. Selon nos informations, ils ne s’en prennent pas à la population. Les autorités centrafricaines n’ont fait aucune communication sur la situation.

Des actions diplomatiques régionales et internationales sont en cours pour tenter d’apaiser la situation tandis qu’à Bangui, la capitale, la sécurité a été renforcée en plusieurs points stratégiques de la ville.

 

Centrafrique: le défi de l'acheminement du matériel électoral dans les zones reculées

https://www.rfi.fr/ 18/12/2020 - 03:48 Avec notre correspondante à Bangassou et Yongofongo, Charlotte Cosset

En Centrafrique, c’est la dernière ligne droite avant les élections groupées – présidentielle et législatives – qui doivent se tenir le 27 décembre prochain. Le matériel électoral, qui représente plusieurs tonnes, est en cours de déploiement jusque dans les zones les plus reculées du pays. Un véritable défi logistique. C'est la Minusca qui achemine le matériel dans les préfectures, comme dans celle de Bangassou, où l’équipe sous-préfectorale, aidée de la mission onusienne, s’organise.

Le matériel électoral est stocké à la mairie de Bangassou. Toutes les équipes sont dans l’effervescence. Il s’agit désormais de bien s’organiser pour déployer le matériel. Théodore Motry est le rapporteur général de l’autorité sous-préfectoralé de Bangassou. Il explique :

« Présentement, nous sommes dans un atelier d'échanges avec tous les démembrements du Mbomou pour voir comment évolue le processus électoral. Nous devons être au même diapason. Il reste moins de deux semaines. A partir du 19 décembre, nous allons commencer à distribuer les cartes aux électeurs. »

Des motos pour rallier les bureaux les plus difficilement accessibles

Sous escorte, les camions de la Minusca distribuent les urnes, les isoloirs et les cartes d’électeurs jusque dans les sièges de démembrement, comme à Yongofongo. Mais là, encore ce n’est pas terminé, explique José Simplice Monguiaga, le président de démembrement de l’autorité locale des élections :

« C'est maintenant à notre tour d'acheminer ce matériel dans les centres et les bureaux de vote. C'est le travail le plus dur, très sensible. Il faut acheminer ce matériel à temps pour le déroulement de ces élections. C'est une course. Les bureaux les plus éloignés sont à 130 kilomètres, 125 kilomètres... Mais la route est très difficile. On va utiliser des motos. »

Pour les bureaux de vote les plus reculés, il faudra encore faire au moins quatre heures de moto sur les pistes accidentées.

 

Centrafrique: des groupes armés réclament des concertations sur l’accord de Khartoum

https://www.rfi.fr/ 18/12/2020 - 14:28 Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Florence Morice

Plusieurs groupes armés anti-balaka et ex-Séleka s’unissent, dans un communiqué commun daté du mercredi 16 décembre, pour dénoncer l’accord de Khartoum, insuffisamment appliqué selon eux. Ils menacent d’utiliser « tous les moyens » si le gouvernement ne consent pas à organiser des concertations à ce sujet avant l’organisation de la présidentielle et des législatives, prévues le 27 décembre. En cause : l’incapacité, selon eux, du gouvernement centrafricain à faire appliquer l’accord signé en février 2019 et censé ramener la paix dans le pays.

Le communiqué de deux pages est paraphé par six leaders de groupes armés ou de leurs représentants. Parmi les plus influents signataires de l’accord de Khartoum : UPC, MPC, FPRC, 3R, et deux groupes anti-balaka. Jeudi soir, la moitié avait confirmé à RFI l’authenticité du document, signé mercredi 16 décembre à Kamba Kota, dans la préfecture de l’Ouham, dans le nord-ouest du pays.

Les auteurs y dénoncent l’« incapacité », selon eux, du gouvernement à faire appliquer l’accord de Khartoum... qu’ils sont eux-mêmes régulièrement accusés de violer. Ils placent le pouvoir de Bangui face une alternative : soit accepter d’organiser une « large concertation nationale » avant la tenue des élections, soit s’obstiner à « manipuler », disent-ils, l’organisation du scrutin en vue d’un « hold-up » électoral, et s’exposer à ce que ces groupes armés utilisent « tous les autres moyens de coercition » pour obtenir gain de cause.

L'ONU s'inquiète de possibles perturbations autour des élections

Cette déclaration menaçante intervient alors que depuis plusieurs jours, d’importants mouvements de troupes sont signalés dans le nord-ouest du pays. La Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine) y a renforcé ses barrières de contrôle et ses patrouilles, sur l’axe Bossangoa Bangui notamment. L’ONU s’est plusieurs fois inquiétée, ces derniers jours, d’un risque de perturbations du processus électoral par des groupes armés, et a appelé les acteurs politiques, notamment l’ex-président François Bozizé, à s’abstenir de toute tentative d’alliance avec eux.

Plusieurs sources, sécuritaires et au sein des groupes armés font état de la présence du candidat invalidé François Bozizé lors de la signature de ce texte, ce que dément son porte-parole Christian Guénbem. Il assure que l'ancien chef d'État est, au contraire, engagé dans une « dynamique politique », comme en témoigne selon lui l'alliance nouée au même moment mercredi entre son parti, le KNK, et Anicet Georges Dologuélé pour la présidentielle.

Par ailleurs, ce vendredi matin, des incidents sécuritaires ont signalés à Bossembélé, mais aussi Bozoum et Yaloké, trois localités du nord-ouest de la Centrafrique. Ni l’ampleur de ces incidents, le bilan ou l’identité des hommes en armes impliqués ne sont encore confirmés. La Minusca est en train de suivre la situation, son porte-parole assure qu’elle va agir, sans plus de précision pour le moment, la sécurité a également été renforcée à Bangui, la capitale où la situation est calme.

 

 

Centrafrique: François Bozizé soutient Anicet-Georges Dologuélé pour la présidentielle

https://www.rfi.fr/  Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Florence Morice

François Bozizé annonce son soutien à l’ex-Premier ministre centrafricain Anicet-Georges Dologuélé à la présidentielle, 10 jours après l’invalidation de sa candidature par la cour constitutionnelle. Les deux hommes l’ont annoncé, ce mercredi à Bossangoa, où Anicet Georges Dologuélé est venu trouver l'ancien président, pour finaliser leur alliance.

Leur possible alliance faisait l’objet de discussions intenses depuis quelques jours. Elle est désormais officielle. Et c’est François Bozizé qui l’a annoncé mercredi à la presse dans son fief de Bossangoa à l’issue une rencontre entre les deux hommes : « Le parti Kwa na Kwa soutient la candidature du président Dologuélé. Nous sommes tombés d’accord, c’est une décision du bureau politique Kwa na Kwa. Et nous ne faisons que l’exécuter maintenant. »

Pas de candidature unique en vue pour l'opposition

En plus de son soutien politique, François Bozizé promet donc de mettre à la disposition d’Anicet-Georges Dologuélé les cadres du parti et son infrastructure. Cette annonce, l’ex-Premier ministre l'a accueilli avec « joie » et fierté : « Avoir le soutien du président Bozizé et du parti Kwa na Kwa, c’est vraiment… J’ai envie de dire que c’est deux gros soutiens. Nous essayerons moi et mon parti de mériter cette confiance que le Kwa na Kwa et le président Bozizé ont décidé de placer en nous. »

Aucun détail supplémentaire sur les termes de cette alliance n’a filtré. Il y a quelques semaines encore, François Bozizé apparaissait comme le principal concurrent du président sortant dans cette présidentielle avant que sa candidature ne soit invalidée par la Cour constitutionnelle. Il est en effet sous le coup d'un mandat d’arrêt et de sanctions des Nations unies. En revanche, l'appel lancé mardi par François Bozizé à l’ensemble des leaders de la coalition de l’opposition à s’entendre sur une candidature unique est restée sans suite pour le moment.

La pression s'accentue sur Bozizé

Dans le même temps, autorités centrafricaines et Minusca multiplient les messages à son encontre pour prévenir toute éventuelle tentative de « déstabilisation » du processus électoral. La mission des Nations unies s’est adressé à l’ex-président Bozizé au cours de son point presse mercredi pour l’appeler à « éviter de mener des actions de nature à déstabiliser ou perturber le processus électoral ». Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca, insiste : « Ses activités à l’intérieur du pays et ses contacts pris avec les groupes armés ne sont pas de nature à contribuer à un processus électoral pacifique que nous souhaitons tous et pour lequel nous travaillons. »

La veille c’est le procureur général de la cour d’Appel de Bangui, Éric Didier Tambo, qui s’est livré à une mise en garde, visant explicitement François Bozizé. Il a brandi la menace de poursuites judiciaires contre quiconque tenterait de « semer la zizanie » avant et pendant le scrutin.

Le week-end dernier, l’ex-président Bozizé s’est justifié au sujet de ses récentes rencontres avec des responsables de groupes armés. Il a affirmé qu’il s’agissait simplement de venir les saluer dans le cadre des déplacements de campagne qu’il mène pour soutenir ses candidats aux législatives.

 

Nouvelles nationales sur RFI

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 15:30
« Il est dans l’intérêt de tous les partenaires de la Centrafrique de réduire les tensions politiques »

Lu pour vous

 

« Il est dans l’intérêt de tous les partenaires de la Centrafrique de réduire les tensions politiques »

TRIBUNE

Hans De Marie Heungoup et Richard Moncrieff

International Crisis Group appelle les acteurs africains, l’Europe, la France et la Russie à « veiller à la bonne préparation des élections » prévues le 27 décembre.

Le 6 février 2019, la signature d’un accord de paix entre le gouvernement centrafricain et quatorze groupes armés nourrissait l’espoir d’une stabilisation de la Centrafrique, un des Etats les plus fragiles du continent africain. Mais vingt-deux mois plus tard, à la veille d’élections générales prévues le 27 décembre, le pays continue d’être le théâtre de violences perpétrées par des groupes armés contre des civils, auxquelles se superpose désormais une forte polarisation de la scène politique susceptible de déraper en crise électorale.

La Centrafrique ne peut se permettre le luxe d’une telle crise, dont pourraient tirer profit les groupes armés, et aura à cet égard besoin du soutien de ses partenaires internationaux les plus influents. Parmi ceux-ci, les pays voisins ou l’Union africaine (UA), mais aussi la France, ancienne puissance coloniale, et la Russie, dont l’engagement en Centrafrique a augmenté ces dernières années ; deux pays qui devront mettre de côté leurs différends sur le dossier centrafricain pour éviter au pays une déstabilisation encore plus prononcée.

A deux semaines des élections, l’insécurité demeure prégnante sur la majeure partie du territoire, les actes de violences des groupes armés et de prédation contre les civils sont quasi quotidiens, alors que la petite criminalité augmente même dans la capitale, Bangui. Certes, la plupart des groupes armés ne semblent pas délibérément cibler le scrutin, mais dans le nord-ouest, le sud-est et le centre du pays, ils ont perturbé les opérations d’enregistrement des électeurs en bloquant l’accès aux membres de l’organe chargé des élections, l’Autorité nationale des élections (ANE), ou en enlevant ses responsables. Ils ont également entravé l’avant-campagne électorale de certains candidats et proféré des menaces contre d’autres. La capacité de nuisance des groupes armés, combinée à la très faible présence de l’Etat dans certaines régions, crée par ailleurs un contexte peu favorable à la tenue de la campagne électorale et pourrait faire baisser le taux de participation.

Déclarations martiales

Parallèlement, la tension entre le pouvoir et l’opposition s’intensifie. En septembre, une modification du code électoral ayant étendu d’un mois le délai de publication des listes électorales, sans pour autant reporter le scrutin – comme l’espérait l’opposition –, a mis le feu aux poudres.

Les esprits se sont encore plus échauffés mi-novembre. La garde présidentielle du chef de l’Etat sortant, Faustin-Archange Touadéra, et les militaires centrafricains protégeant l’ex-président et candidat François Bozizé sont passés à deux doigts d’un affrontement après une altercation lors des obsèques de l’épouse de Jean Serge Bokassa, fils de l’ancien président Bokassa, à Bangui. Le face-à-face a été suivi de déclarations martiales de la part de Bozizé ainsi que du porte-parole de la présidence, Albert Yaloké Mokpeme.

Puis, début décembre, la Cour constitutionnelle a invalidé la candidature de Bozizé, évoquant les sanctions des Nations unies et le mandat d’arrêt du gouvernement centrafricain contre l’ancien président. Au vu des sympathies que conserve Bozizé au sein du mouvement armé anti-balaka, de l’armée et de sa communauté d’origine, les Gbaya, beaucoup redoutent que ses partisans n’aient recours à la violence avant ou pendant les élections. En face, le gouvernement semble opter pour l’intransigeance. Au lendemain de la décision de la cour, des éléments de la garde présidentielle ont en effet perquisitionné la résidence du fils de Bozizé à Bangui, saccageant ses biens.

Au vu de ces circonstances, la nécessité d’un scrutin crédible et apaisé est d’autant plus importante. Une intensification des tensions pourrait engendrer une crise électorale qui serait à coup sûr exploitée par les groupes armés et fragiliserait davantage l’Etat. Fort heureusement, même dans ce contexte, certaines institutions sortent du lot. Contrairement à l’ANE, que l’opposition considère comme favorable à Touadéra, la Cour constitutionnelle a le mérite d’afficher une certaine neutralité et de faire une quasi-unanimité au sein de la classe politique. Cette année, elle a rendu plusieurs décisions allant à l’encontre tantôt de la position gouvernementale, tantôt de celle de l’opposition.

Divergence d’intérêts

Depuis plusieurs années, les acteurs internationaux – africains ou autres – présents dans le pays jouent par ailleurs un rôle diplomatique et de soutien logistique accru, qui sera d’autant plus important lors de ces élections. Le soutien de l’UA et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEAAC) s’est notamment traduit par l’envoi de missions de maintien de la paix et de stabilisation, de 2003 à 2013, et par l’initiative de plusieurs accords de paix, dont celui de 2019.

En dehors de l’Afrique, Paris et Moscou sont sans conteste les plus influents en Centrafrique. La France y est présente de multiples manières, notamment dans l’aide au développement, l’assistance humanitaire et la réforme du secteur de la sécurité. La Russie, quant à elle, est surtout présente dans les domaines de la coopération sécuritaire, l’exploitation minière et dans une moindre mesure forestière. Elle a aussi joué un rôle prépondérant pour convaincre les groupes armés de signer l’accord de paix de 2019.

Mais l’attachement commun de ces acteurs extérieurs à la stabilité de la Centrafrique ne signifie pas pour autant que leurs violons sont accordés. Moscou a développé des liens étroits avec Touadéra et soutient sa réélection, tandis que Paris ne semble pas soutenir publiquement de candidat, les intérêts français en Centrafrique dépendant moins d’une relation fusionnelle avec le chef de l’Etat. Un soutien russe inconditionnel à Touadéra, s’il venait à perdre l’élection, pourrait le pousser à refuser de laisser le pouvoir et d’accepter une médiation.

Malgré la divergence de leurs intérêts en Centrafrique, les partenaires internationaux ont prouvé par le passé qu’ils pouvaient laisser leurs différends de côté lorsque les circonstances l’exigent. Les Nations unies, la France et la Russie, inquiétées par le haut niveau de violence à travers le pays en 2018, ont par exemple soutenu la médiation de l’UA et de la CEEAC ayant abouti à la signature de l’accord de 2019. Et en octobre, lors de discussions sur le renouvellement de l’embargo du Conseil de sécurité sur les armes en Centrafrique, la France, qui était opposée à la levée de l’embargo, et la Russie, qui souhaitait sa levée totale – du moins publiquement –, ont trouvé un modus vivendi : la levée partielle de l’embargo.

Diplomatie préventive

Il est dans l’intérêt de tous les partenaires internationaux de réduire les tensions politiques avant les élections et d’éviter une contestation violente par la suite. Les acteurs africains, l’Europe, la France et la Russie doivent renforcer leur diplomatie préventive, veiller à la bonne préparation des élections et être prêts à soutenir une médiation africaine entre le gouvernement et l’opposition. Il est à cet égard essentiel qu’ils fassent pression sur les différents candidats pour qu’ils s’engagent à respecter toute décision sur les élections émanant de la Cour constitutionnelle.

Après des décennies de violences et d’instabilité, les élections de décembre constituent un moment important pour l’avenir de la Centrafrique. Le scrutin ne pourra pas à lui seul résoudre tous les problèmes du pays, mais il offre la possibilité d’y ancrer la stabilité et la transparence, une étape indispensable en vue de restaurer, à terme, l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire et ainsi faire reculer les groupes armés.

 

Hans De Marie Heungoup est analyste principal d’International Crisis Group (ICG) pour l’Afrique centrale, Richard Moncrieff est directeur du projet Afrique centrale d’ICG.

Hans De Marie Heungoup et Richard Moncrieff

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 15:23
En Centrafrique, fausses informations et discours de haine prolifèrent
En Centrafrique, fausses informations et discours de haine prolifèrent

Lu pour vous 

 

En Centrafrique, fausses informations et discours de haine prolifèrent à l’approche des élections

 

L’irruption de la Russie sur la scène diplomatique du pays depuis 2018 a coïncidé avec une forte poussée de discours agressifs visant souvent d’autres partenaires internationaux.

Par Gaël Grilhot(Bangui, correspondance)

La campagne officielle vient de débuter en République centrafricaine (RCA), mais une autre joute électorale se déroule depuis déjà longtemps dans les médias et les réseaux sociaux. A l’approche du double scrutin présidentiel et législatif du 27 décembre, le débat y est vif. « Les contenus médiatiques en RCA sont bourrés de désinformation et de discours de haine, la campagne électorale a accentué ce phénomène », constate Rosmon Zokoué, coordonnateur de la future plate-forme de fact-checking Yefanda (« preuve » en langue sango), dont le lancement est prévu dimanche 20 décembre.

Bien des observateurs font valoir que l’irruption de la Russie sur la scène diplomatique centrafricaine, depuis 2018, a coïncidé avec une forte poussée de discours agressifs visant souvent des partenaires internationaux, comme la France, l’Union européenne, ou encore la Mission des nations unies en Centrafrique.

Lire aussi  La Centrafrique, un Etat sous perfusion de l’aide internationale

Pour le chercheur associé à l’Institut français des relations internationales Thierry Vircoulon, qui scrute les réseaux sociaux pendant la campagne, « le trollisme est incontestablement lié à l’arrivée des Russes ». Même si, observe-t-il, les animateurs de la campagne du Mouvement cœurs unis, du président sortant Faustin-Archange Touadéra, qu’il qualifie de « griots numériques », sont aujourd’hui à l’origine d’une bonne partie des fausses informations circulant sur les réseaux.

« Allégations d’une éventuelle ingérence russe »

« Chacun des candidats cherche à déstabiliser ses adversaires en propageant des fausses informations et des fausses images », nuance Rosmon Zokoué. D’où la nécessité, selon lui, de « débunker » ces rumeurs pour améliorer le débat démocratique, grâce notamment à Yefanda, dont le financement est assuré par l’Organisation internationale de la francophonie.

Mardi 15 décembre, Facebook a affirmé avoir fermé des réseaux gérés depuis la Russie – mais aussi depuis la France – accusés de mener des opérations d’interférence, notamment en Centrafrique. Selon l’entreprise, certains de ces faux comptes seraient proches de l’armée française, ils postaient « des allégations d’une éventuelle ingérence russe dans les élections en RCA ».

Même si toute participation institutionnelle à cette opération est officiellement démentie, la nouvelle fait tache. « C’est quand même très gênant, abonde Thierry Vircoulon, parce qu’on ne peut pas à la fois financer des meilleures formations de journalistes, soutenir le Haut Conseil à la communication, etc. et soi-même, faire de la désinformation. »

Rosmon Zokoué, lui, ne voit pas de raison d’être inquiet quant à une quelconque répercussion sur les activités de Yefanda en tant que vérificateur d’informations : « Le but de notre dispositif n’est pas d’être un média en faveur d’une puissance ou d’une autre. Il est de proposer des contenus viables. »

Depuis quelques jours, une lettre à première vue officielle circule sur les réseaux sociaux, prétendument signée par le premier ministre, qui sollicite une intervention aérienne de la France contre les groupes armés. « Pour l’instant, nous pensons que ce document est un faux, parce que les cachets sont retouchés, les en-têtes sont faux, et de manière officielle la RCA n’a pas besoin de passer par l’ambassade de France pour une quelconque intervention française. »

Guerre numérique

Récemment, certaines émissions de radio ont été suspendues, en raison de discours trop violents et répétés, mais aucune sanction n’a, pour le moment, concerné des propos tenus sur Facebook ou d’autres réseaux sociaux. Cette guerre numérique peut-elle avoir une influence sur les élections ? Avec 2,5 % de taux de pénétration, la RCA se trouve en queue de peloton dans les classements mondiaux concernant l’usage des réseaux sociaux. On compte à peine 122 000 utilisateurs de Facebook en RCA. Mais, pour Thierry Vircoulon, « les réseaux ont une influence qui dépasse largement le nombre d’usagers. Les opinions qui y circulent ne restent pas enfermées, elles se promènent après par le bouche-à-oreille ».

Le principal danger, serait, pour Rosmon Zokoué, que, « ces fausses informations ne servent à alimenter des discours de haine de plus en plus violents, et, comme par le passé, à justifier la commission de crimes ». La Centrafrique se remet douloureusement d’une guerre civile, qui, depuis 2013, a mis le pays à feu et à sang, et a laissé une bonne partie du territoire sous le contrôle des groupes armés. Un conflit dans lequel les médias et les réseaux ont joué un rôle non négligeable.

Selon les Nations unies, qui ont publié le 9 décembre un rapport sur cette thématique, le conflit politico-militaire a eu pour conséquence le développement de positionnements de plus en plus clivants entre les communautés, ciblant « des groupes en soulignant leurs différences de manière dégradante (…) stigmatisante, et engendrant des violations et abus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire ».

Gaël Grilhot (Bangui, correspondance)

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17 décembre 2020 4 17 /12 /décembre /2020 01:59
Amnesty International appelle le prochain président à placer la lutte contre l’impunité au cœur de ses priorités 

 

Centrafrique : Amnesty International appelle le prochain président à placer la lutte contre l’impunité au cœur de ses priorités 

 

BANGUI, le 16 décembre 2020(RJDH)---Un manifeste pour les droits humains, destiné aux candidats à l’élection présidentielle en République centrafricaine (RCA), a été lancé par Amnesty international ce mardi 15 décembre 2020. Il est question du futur président de la Centrafrique, selon Tity Agbahey, chargée de campagne pour l’Afrique centrale à Amnesty International de placer la lutte contre l’impunité au cœur de son quinquennat.

L’Amnesty international reconnait les efforts des autorités centrafricaines dans la lutte contre l’impunité, mais malgré tout cela, des actes violences continuent d’être perpétrés sur l’ensemble du territoire national.

« Malgré l’engagement des autorités à mettre fin à l’impunité des crimes relevant du droit international commis depuis 18 ans par les parties en conflit, des avancées concrètes restent à faire. Les victimes et leurs familles continuent de voir ceux qui ont tué, violé et pillé marcher librement et certains de leurs chefs occuper des fonctions officielles ».

L’Amnesty dans le manifeste https://www.amnesty.org/fr/documents/afr19/3462/2020/fr/ appelle les candidat(e)s à l’élection présidentielle à renverser cette situation et de faire en sorte que la justice pour les victimes des graves crimes et leurs familles soit la règle, et non l’exception, « le(a) prochain(e) président (e) devra s’engager immédiatement à prendre des mesures fortes, notamment en améliorant la qualité du système de justice pénale, en accordant au Ministère de la justice le budget suffisant pour faire son travail et en abolissant la peine de mort comme la République centrafricaine s’y est engagée devant ses pairs » a lancé Tity Agbahey, chargée de campagne pour l’Afrique centrale à Amnesty International.

Amnesty International publie le manifeste destiné aux candidats à l’élection présidentielle du 27 décembre prochain en République centrafricaine. Le pays, rappelle-t-il, a connu depuis 2002, plusieurs vagues de violence émaillées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ces crimes ont notamment été commis au cours du conflit de 2002-2003, et de celui en cours depuis 2012, à l'occasion de la prise du pouvoir par la Seleka puis lors des affrontements entre groupes armés ex-Seleka et anti-Balaka. 

Judicaël Yongo.

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17 décembre 2020 4 17 /12 /décembre /2020 01:24
Le procureur général Éric Didier Tambo  menace l’ancien Président François Bozizé
Le procureur général Éric Didier Tambo  menace l’ancien Président François Bozizé

 

RCA : crise préélectorale, le procureur général Éric Didier Tambo  menace l’ancien Président François Bozizé de poursuite judiciaire

 

Bangui, mercredi, 16 décembre 2020, 11:27:04 ( Corbeaunews-Centrafrique ).

À quelques jours de la fin de campagne électorale en vue des élections présidentielle et législatives du 27 décembre 2020, la justice centrafricaine s’est prononcée sur les agissements de l’ancien Président de la République François Bozizé. Le procureur général, le magistrat Éric Didier Tambo menace l’ancien Président ainsi que ses complices de poursuite judiciaire.

 Après ses investigations, le parquet général affirme avoir recensé  les différentes atteintes au processus  électoral en cours.

Ainsi, ce mardi 15 décembre 2020, le procureur général, le magistrat  Éric Didier Tambo, dans une déclaration faite sur les ondes de la radio nationale, menace  et met en garde ceux qui pourront encore semer de trouble dans l’organisation de ces élections.

« Conformément à l’article  26 du code  du procédure pénale centrafricain, et sous la surveillance du parquet général  près la cour d’appel de Bangui,  il a été mis en place  en date du 30 novembre 2020 , une cellule judiciaire coordonnée par le Procureur général, et regroupant en son sein tous les procureur de la République du ressort ainsi que tous les officiers de police judiciaires. La cellule est chargée de constater dans le ressort de ladite cour les infractions liées au processus électoral prévues et punies par les articles 249 à 277 du code électoral ainsi que les infractions connexes  prévues et punies par le Code pénal centrafricain.  L’objectif recherché est d’investiguer et coordonner toutes les infractions liées au processus avant, pendant, et après les élections. Les informations parvenues  à la cellule font état de  ce qu’après la publication de la liste des candidats à l’élection présidentielle le 3 décembre 2020 par la Cour constitutionnelle, l’un des cinq candidats,   dont la candidature a été invalidée, notamment le candidat investi par le parti kwa na Kwa (KNK),  en campagne dans le nord-ouest de la RCA, aurait procédé à des recrutements et à l’enrôlement des mercenaires  étrangers, des  miliciens et des enfants soldats. La même source indique que  des rencontres et des contacts  entre les candidat malheureux du KNK avec d’autres chefs  de la région ont eu lieu », a déclaré le Procureur général Éric Didier Tambo qui a également indiqué qu’au « cour de  cette réunion,  un plan machiavélique aurait  été mis en place par  cette nébuleuse coalition  aux fins de dissuader, décourager, intimider et terroriser les électeurs à ne pas aller  voter le jour du scrutin. Bref ! Semer la zizanie et la panique de manière concertée, planifiée et coordonnée dans les différentes zones  qui sont sous leur contrôle avant et pendant  le jour du scrutin ».

D’après lui, le parquet général  tient à informer  l’opinion nationale et internationale  que ces présumés actes criminels ne resteront pas  impunis.

Notons que les différents candidats à la présidentielle et aux législatives poursuivent leur campagne sur le terrain. Le chef de l’État Faustin Archange TOUADERA se trouve actuellement à Birao, Martin Ziguélé au Nord-ouest, et les autres à Bangui.

 

 

 

Centrafrique : Le parquet général de Bangui annonce l’ouverture d’une enquête sur les violences à l’intérieur du pays

  

BANGUI, le 16 décembre 2020(RJDH)---Des informations judiciaires sont ouvertes par le parquet général de Bangui relative aux mouvements armés ces deux derniers jours à Bossangoa, Bossemptele, Markounda. C’est à travers un communiqué rendu public mardi soir, que le procureur général Didier Éric Tambo a annoncé également, l’arrestation d’un des présumés auteurs.

Plusieurs violences ont été enregistrées ce début de la semaine. Une autre remonte le lundi 14 décembre à Markounda où des équipements de la candidate aux législatives de la circonscription de la sous-préfecture madame Béatrice Epaye ont été emportés par des hommes armés non identifiés.

Les derniers cas sont relatifs aux attaques des éléments de forces de défense intérieure par des bandes armées dans l’Ouham et l’Ouham-Pende. Ces faits selon le parquet général sont attribués aux groupes appartenant aux milices anti-Balaka.

« Nous avons arrêté un élément qui est un ancien soldat de l’armée. Les enquêtes sont ouvertes pour déterminer l’identité de ces mouvements armés qui ont perpétré ces violences notamment à Markounda, à Bozoum, Bossembele... dans l’objectif de perturber la tenue des élections générales dans le pays », dit-t-il au téléphone au RJDH.

Dans le communiqué, le parquet accuse l’ancien président François Bozize, d’être le commanditaire de ces actes de violences à l’intérieur du pays.

Contacté par le RJDH, le camp de l’ancien président promet réagir sur la déclaration du parquet général.

Déjà sur le terrain, plusieurs candidats ont suspendu leur vol pour battre la campagne électorale à destination de Bossangoa et d’autres villes dont la présence de ces éléments armés a été signalée.

Judicaël Yongo.

 

 

Centrafrique : Des mouvements armés renforcent leurs positions à environs 150 km de la capitale

 

BANGUI, 16 Décembre 2020 (RJDH) --- Les hommes en armes en provenance de Bossangoa et Bozoum ont renforcé leur présence proche de la capitale. De sources bien introduites, parlent de la présence signalée à Yaloke et Bossembele, respectivement à 200 et 160 kilomètres de Bangui. Une situation qui inquiète les habitants et qui crée de mouvement de déplacement.

Selon les sources locales contactées par le RJDH ce mercredi 16 décembre 2020, « il s’agit des éléments identifiés comme des milices anti-Balaka en provenance de Bossangoa et Bozoum qui ont fait leur entrée depuis 48 heures dans la ville de Yaloke. Ils ont occupé la ville de Yaloke ensuite, récupéré les véhicules de la société chinoise de construction de route reliant Bossembele à Bossangoa. Depuis qu’ils se sont installés dans un quartier appelé Cameroun, ces hommes en armes maintiennent leurs positions », confient ces sources avant de parler de la fuite de la population. « La population a peur d’une éventuelle attaque, c’est pourquoi elle était obligée de trouver refuge dans la brousse. A l’heure où je vous parle, la ville est vidée de sa population il n’y a que quelques hommes qui circulent », concluent d’autres sources.

Difficile pour le RJDH, d’avoir des précisions au niveau des sources militaires dans la ville de Bossembele, car il n’y a que des éléments de la police qui sont sur place dans la localité, mais cette source contactée ce matin a précisé que la ville reste toujours vide et calme, et c’est la psychose et les rumeurs qui gagnent de plus en plus la ville.

Le préfet de l’Ouham, lors de la conférence de presse de la Minusca de ce mercredi 16 décembre 2020, dément les informations d’attaques à Bossangoa mais plutôt confirme des cas de braquages de « quelques véhicules des humanitaires par des hommes armés à destination de Batangafo ».

Ketsia Kolissio

Le procureur général Éric Didier Tambo  menace l’ancien Président François Bozizé

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