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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 17:49

 


Nairobi AFP / 14 avril 2015 17h33 - Les ex-présidents centrafricains François Bozizé et Michel Djotodia, longtemps accusés de saper la transition dans leur pays, ont signé mardi à Nairobi une déclaration dans laquelle ils s'engagent à rejoindre le processus de réconciliation, a constaté un journaliste de l'AFP.


Nairobi a accueilli depuis début décembre, dans une certaine discrétion, des pourparlers de paix entre les deux groupes armés rivaux en Centrafrique, les ex-rebelles majoritairement musulmans de la Séléka et les miliciens majoritairement chrétien anti-Balaka, qui ont signé le 8 avril dans la capitale kényane un accord de cessation des hostilités et une déclaration à rejoindre le processus de réconciliation.

A deux tables séparées dans une salle de la présidence kényane, MM. Bozizé et Djotodia ont à leur tour signé mardi une déclaration inconditionnelle soutenant l'accord de Brazzaville et s'engageant à participer au Forum (de réconciliation) de Bangui, prévu fin avril, a expliqué le maître de cérémonie.


Le texte signé mardi, pas plus que la Déclaration de Nairobi du 8 avril, n'ont été rendus publics et il était difficile d'en apprécier la portée.


L'accord de Brazzaville, arraché en juillet auprès de la Séléka et des Antibalaka, était censé garantir un cessez-le-feu et relancer une transition politique en panne. Mais le cessez-le-feu avait été immédiatement violé et les nouvelles autorités rapidement contestées.

A Nairobi, Antibalaka et ex-Séléka avaient initialement réclamé une amnistie générale et une refonte de la transition. Selon un médiateur, le texte adopté le 8 avril ne demande plus qu'une amnistie conforme aux pratiques internationales et des discussions sur les structures de la transition.


François Bozizé a confié à l'AFP que le texte signé mardi ne contenait aucun engagement de sa part ou de celle de M. Djotodia à ne pas se présenter à la prochaine présidentielle prévue en juillet ou août, en même temps que des législatives.

On en a parlé (...) mais ça n'a pas abouti, a-t-il simplement indiqué. La communauté internationale est très hostile à ce que les deux ex-dirigeants, jugés responsables du chaos centrafricain, prennent part au scrutin.


La cérémonie de mardi s'est déroulée en présence du président kényan Uhuru Kenyatta, de son vice-président William Ruto, des médiateurs kényans, et d'envoyés du président congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur international pour la Centrafrique, et du président ougandais Yoweri Museveni, mais en l'absence notable de représentants des autorités de transition en place à Bangui.

Les deux ex-chefs de l'Etat, s'appelant mon cher frère Djotodia et Bozizé, cher grand frère dans leurs discours de remerciement, n'ont pas échangé un regard durant la signature, glaciale, mais se sont finalement serré la main, sans effusion, à la demande des médiateurs à la fin de la cérémonie.


Je suis personnellement engagé au côté de mes frères et soeurs centrafricains pour aller vers une paix réelle, passant par la réconciliation et le forum inclusif de Bangui, a assuré M. Bozizé dans son discours. C'est un départ, nous allons continuer dans ce sens, a-t-il ensuite expliqué à l'AFP, interrogé sur la portée du texte signé.

M. Djotodia a de son côté évoqué un moment historique et décisif (...) pour trouver une solution à la crise centrafricaine. Nous avons pris l'engagement ferme de ramener la paix en Centrafrique, a-t-il souligné.


La Centrafrique a plongé dans la violence depuis que la Séléka, conduite par M. Djotodia, a renversé en mars 2013 le président Bozizé.


L'ex-rébellion a été évincée du pouvoir en janvier 2014 après une intervention de l'armée française, consécutive à un cycle sanglant de violences et de représailles entre combattants de la Séléka et milices antibalaka.



(©)

RCA: les ex-présidents Bozizé et Djotodia s'engagent pour la réconciliation à Nairobi
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 14:44

 

 

Entretien

 

Propos recueillis par Sébastien Hervieu (Johannesburg, correspondance) Le Monde.fr Le 13.04.2015 à 17h55

 

Le pillage des ressources naturelles en Afrique est-il aussi « systématique » que vous l’affirmez ?

 

Effectivement. Pendant près de vingt ans, les économistes ont diagnostiqué une « malédiction des matières premières », un paradoxe par lequel les nations les plus riches en ressources naturelles souffrent souvent d’une grande pauvreté, d’une mauvaise gouvernance et de conflits. Pendant les années où j’ai vécu en Afrique, ce qui m’a frappé est que même si c’était sûrement vrai, ce n’était pas un accident, pas une bizarrerie de l’économie. C’était un système de pillage organisé.

 

Comment cela fonctionne-il ?

 

Au cœur de cette machine à piller se trouve l’abus d’une fonction publique à des fins privées. Quand des compagnies comme Royal Dutch Shell et KBR (une ancienne filiale du groupe parapétrolier américain Halliburton) soudoient des fonctionnaires africains, ils sapent le pacte de base de l’Etat – à savoir que les titulaires de fonctions publiques œuvrent pour l’intérêt général.

 

Les pillards ne sont donc pas seulement des dirigeants africains ?

 

Les classes dirigeantes africaines sont certainement coupables dans de nombreux cas, mais ce sont surtout des réseaux transnationaux branchés sur l’économie mondiale qui servent leurs propres intérêts. Les alliés de ces classes dirigeantes comprennent des multinationales qui remportent des contrats pétroliers et miniers en partenariat avec des sociétés écrans détenues par les autorités locales, ainsi que des entreprises du système bancaire international qui les aident à déplacer leur fortune personnelle à l’étranger.

 

Le rôle d’institutions financières mondiales comme la Banque mondiale apparaît aussi controversé…

 

De nombreux Africains ont ressenti les souffrances que les industries extractives leur ont infligées. Comme ces déversements de cyanure au Ghana, ces mauvaises conditions de travail qui ont conduit aux horreurs à Marikana en Afrique du Sud, cette dictature financée par le pétrole au Tchad. Mais la Banque mondiale a soutenu des projets mis en cause dans ces trois exemples. Quand une étude de leurs propres services a suggéré il y a une dizaine d’années que les industries pétrolières et minières pourraient accroître la pauvreté, les responsables de la banque l’ont largement ignoré.

 

La machine à piller va-t-elle tomber en panne un jour ?

 

Aujourd’hui, des pays comme le Nigeria dépendent du pétrole pour près de 70 % de leurs revenus, et seulement 4 % de leurs recettes proviennent des impôts prélevés sur les contribuables. Donc, les gouvernants ne se sentent pas redevables à l’égard des gouvernés. Leur jeu est de capturer des rentes liées aux ressources. Une économie plus diversifiée s’appuyant sur un plus grand secteur manufacturier permettrait d’avoir davantage d’emplois formels, et donc plus de contribuables pour financer l’État et obliger le gouvernement à rendre des comptes.

 

Retrouvez la version longue de cette interview sur le blog du Monde Ressources africaines

Sébastien Hervieu Johannesburg, correspondance


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/04/13/matieres-premieres-chronique-d-un-pillage-systematique_4615251_3212.html#Q8JTPf6EOr4kvgYm.99

 

Lu pour vous : Matières premières : chronique d’un « pillage systématique »
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 14:05

 

 

14/04/15 (Dw-World)

 

Alors que dans deux semaines, à partir du 27 avril, doit avoir lieu le Forum de Bangui pour la réconciliation nationale, les habitants de la capitale n'ont pas d'informations sur les élections prévues à partir de juin. Il y a déjà eu des consultations populaires en prévision de ce Forum et le rapport de la commission préparatoire a été remis au début de ce mois à la présidente Catherine Samba Panza. Le processus est donc encore loin d'être achevé, alors même que les autorités avaient annoncé la tenue d'élections dès le mois de juin. Le calendrier électoral est encore assez flou, ce qui provoque le doute chez certains habitants de Bangui.

 

"On n'arrive pas à avoir des informations précises sur ces élections" (un Banguissois)

Un calendrier électoral flou en RCA
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 13:04

 

 

http://www.radiondekeluka.org  mardi 14 avril 2015 11:47

 

Le chef du gouvernement de la transition, Mahamat Kamoun, n'a pas convaincu les conseillers nationaux (les parlementaires de la transition) après plusieurs heures de débats lundi au siège du parlement de la transition au sujet des trois décrets signés le 4 avril par la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza. Ces décrets   portent  organisation du Forum de Bangui, notamment celui portant désignation des membres du comité technique d'organisation du Forum de Bangui, dont Jean Jacques Démafouth est le coordinateur général.


Les conseillers nationaux ont relevé de manière consensuelle que ces trois décrets ont violé l'article 103 de le Charte constitutionnelle de la transition qui prévoit le consensus autour des décrets présidentiels. Ils doivent donc être abrogés comme le souligne Alexandre Ferdinant Nguéndet, président du conseil national.


« La question qu'on se pose, est-ce que nous voulons aller aux élections ? Est-ce que nous voulons que le peuple centrafricain retrouve la paix ou est-ce que nous voulons perdurer la transition pour nos intérêts personnels ? Nous lançons un appel patriotique et fraternel à l'attention du Chef de l’État de la transition, de faire preuve de compromis dynamique en rapportant purement et simplement les textes et de  convoquer une concertation avec toutes les forces vives de la nation, afin que dans la paix, l'unité et la concorde nationale, nous puissions trouver une solution idoine à la crise qui perdure en Centrafrique », a expliqué le président du CNT.


L’exécutif, de son côté, ne promet rien quant à l'abrogation des trois décrets. Mahamat Kamoun, Premier ministre de transition a invite simplement les Conseillers nationaux à transcender leurs divergences pour réussir le forum qui commencera le 27 avril prochain. Par ailleurs, Mr Kamoun annonce la tenue d'une rencontre avec toutes les forces vives de la Nation d’ici la fin de la semaine pour réfléchir sur toutes les questions.

 
« Nous avons entendu les conseillers nationaux, nous allons analyser leurs préoccupations et prendre les mesures qui s'imposent. Les raisons profondes de cette crise s'articulent autour des problèmes de personnes. Les conseillers nationaux ont souhaité que ceux qui s'en occupent soient relevés », a relevé le Premier Ministre.


« D'ici la fin de la semaine, toutes les forces vives de la nation seront réunies autour du Chef de l’État pour débattre des questions relatives aux aspects du Forum », a rassuré Mahamat Kamoun.


Pendant que les trois décrets sont contestés, la présidente de la transition Catherine Samba-Panza a pris un autre décret le 12 avril 2015, modifiés les trois premiers, ce qui ne rencontre toujours pas l’agrément des différents contestataires.

Organisation du Forum de Bangui : le CNT non convaincu par Mahamat Kamoun
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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 12:40

 

 

Par RFI 14-04-2015 à 06:46

 

En Centrafrique, la présidente prend des mesures d'apaisement face à la fronde du Conseil national de transition (CNT) qui reprochait notamment le manque de concertation autour de l'organisation du forum de Bangui. Lundi 13 avril, le Premier ministre Mahamat Kamoun s'est expliqué devant le Parlement provisoire. Il a notamment annoncé qu’un membre du CNT ferait partie du présidium du forum de Bangui.

 

Devant la gronde des parlementaires, l'exécutif a décidé de lâcher du lest en ce qui concerne le présidium du Forum de Bangui. Mahamat Kamoun a annoncé qu'un membre du Conseil national de transition (CNT) serait désormais intégré à ce bureau. Une bonne nouvelle, mais qui ne satisfait pas entièrement Léa Mboua Doumta, vice-présidente du CNT.

 

« C'est une très très bonne chose, j'estime que nous allons dans la bonne direction. Mais le décret le plus controversé c'est celui qui porte sur la désignation des membres du comité d'organisation », détaille-t-elle.

 

Ce qui pose problème, c'est bien la nomination de Jean-Jacques Demafouth au poste de président du comité technique d'organisation du forum. Mais pas question pour l'instant pour l’exécutif de revenir sur cette décision. Le Premier ministre a néanmoins annoncé qu'une réunion de concertation serait organisée dans les prochains jours entre le CNT et la présidence.

 

« Vous savez l'esprit qui anime la transition dans la charte constitutionnelle, c'est le consensus, la concertation. Il faut écouter les forces vives. Ça fait une semaine que nous demandons ça, affirme la parlementaire Gina Sanzé. S'il y a une concertation demain, après-demain pourquoi pas. Peu importe la date si nous voulons accélérer les choses, consultons les forces vives pour voir ce qu'ils disent afin de mettre en place une équipe qui puisse réunir tout le monde. »

 

La présidence a voulu calmer le jeu, deux semaines avant le forum de Bangui. La majorité des membres du CNT sont d'ailleurs satisfaits des mesures annoncées par Mahamat Kamoun, même s'ils déplorent avoir dû pousser « un coup de gueule » pour arriver à se faire entendre.

 

 

RCA : le Premier ministre interpellé

 

14/04/15 (BBC)

 

L’interpellation du Premier ministre par le parlement provisoire obéit aux soucis liés à l’organisation du forum national de Bangui prévu du 27 avril au 04 mai.

 

Au centre des débats : la demande par le parlement provisoire de l'abrogation des décrets présidentiels relatifs à la création du comité technique d'organisation dudit forum. Les conseillers nationaux déplorent ne pas y être associés, ni même consultés avant la nomination dudit comité technique dont Jean Jacques Démafouth (personnalité contestée par les Centrafricains lors des travaux de consultations populaires) en est le coordonnateur général.

 

Les débats ont été houleux et duré près de six heures de temps. De manière consensuelle, les conseillers nationaux ont relevé que les trois décrets pris par Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition violaient l'article 103 de la Charte constitutionnelle de la transition qui prévoit le consensus autour des décrets présidentiels.

 

Alexandre Ferdinand Nguendet, le président du parlement provisoire a déclaré que 99% des conseillers nationaux exigent le retrait de ces textes querellés. Il invite de ce fait les chefs de l’Exécutif à une concertation urgente pour une ‘’décision sage’’. Le Premier ministre Mahamat Kamoun semble prendre en compte cette exigence. Il promet un compte-rendu au chef de l’Exécutif Catherine Samba-Panza avant toute éventuelle nouvelle décision.

 

Sur le point de la personne de Jean-Jacques Demafouth qui suscite des controverses, Mahamat Kamoun a expliqué que ce n’est pas le comité technique coordonné par ce dernier qui va organiser le forum de Bangui, mais plutôt le présidium qui en aura la lourde responsabilité.

 

Les trois décrets contestés portent respectivement sur la mise en place du comité technique d’organisation du forum de Bangui, la nomination des membres dudit comité et, le présidium de ce forum national.

RCA: le CNT satisfait des compromis réalisés par la présidente
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 22:07

 

 

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr 

 

Le centre d’études stratégiques de l’armée de Terre annonce un cycle de quatre conférences–témoignages, ayant pour objet l’opération SANGARIS en République Centrafricaine.

 

Ces conférences auront lieu entre le 5 mai et le 11 juin 2015. Les témoignages seront donnés par les chefs ayant été en situation de commandement lors de l’opération:


- 5 mai: témoignage du général Brethous, patron du CPCO


- 12 mai: témoignage du colonel Wallaert, ancien commandant du GTIA Dragon


- 19 mai: témoignage du colonel Goujon, ancien chef ops de Sangaris


- 11 juin: témoignage du général Soriano, premier commandant de la force.

 

Les conférences sont libres d’accès, en fonction des places disponibles, sur présentation d’une pièce d’identité et sur inscription préalable par le biais d’un formulaire en ligne à l’adresse suivante :

 

http://www.penseemiliterre.fr/sangaris_1016373.html  

 

La durée des conférences est fixée à une heure environ suivie d’un temps d’échanges avec le conférencier. Elles ont lieu soit dans l'amphi Des Vallières soit dans l'amphi De Bourcet.

 

Sangaris: quatre conférences en mai et juin pour mieux comprendre l'opération en RCA
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 21:52

 

 

 

Bangui, 13 Avril 2015(RJDH) les policiers centrafricains ont mis en exécution leur plan de grève ce lundi 13 Avril 2015 devant leur direction générale à Bangui pour annoncer la cessation pure et simple du travail et le boycott de toutes couvertures sécuritaires dans la ville.

 

Un manifestant a expliqué au RJDH que «c’est depuis le samedi que les policiers sont en grève pour revendiquer leurs statuts particuliers. Nous demandons l’application pure et simple de ce statut dont le fond n’a pas été respecté. Et cela fait plus de quinze ans que les policiers n’ont pas eu le droit à l’avancement de leur galon».

 

Ces derniers demandent la ‘’ révision du Décret n°09.011 du 16 Janvier 2009, fixant les règles d’application de la loi n°08.16 du 20 Mai  2008, portant Statut Spécial de la Police Centrafricaine, et le deuxième point porte sur l’avancement à titre normal des officiers, Sous-officiers, Gradés, et Hommes de rang de la police’’.

 

Une source proche de la direction générale de la police a indiqué que « le Ministre de la Sécurité Publique et l’Émigration-Immigration a personnellement présidé le grand rapport du 11Avril 2015 au cours duquel il a informé les policiers de la bonne volonté du gouvernement à accéder favorablement à leurs revendications ».

 

Les policiers menacent de déclencher une grève illimitée si le gouvernement ne répond pas à  leurs principales revendications. /

 

Judicaël Yongo

Centrafrique/Bangui : la police centrafricaine en colère, elle demande la mise en application de ses statuts particuliers
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 21:21

 

 

Invité Afrique

 

 

Par   RFI  lundi 13 avril 2015

 

En Centrafrique, les anciens combattants Seleka et anti-Balaka doivent se retrouver à la fin de ce mois d’avril dans un grand forum de réconciliation. Ce Forum de Bangui est indispensable à la tenue ensuite d’une élection présidentielle. Mais une figure de la société civile tire la sonnette d’alarme. Jusqu’à la semaine dernière, Béatrice Epaye présidait la commission préparatoire du Forum. Aujourd’hui, elle est limogée, et elle craint que cette future table ronde ne soit « prise en otage » par quelques proches de la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza. Béatrice Epaye s’en explique au micro de Christophe Boisbouvier.

 

RFI : Un forum de réconciliation c’est bien, mais après les massacres de ces deux dernières années, est-ce que ça va suffire ?

 

Béatrice Epaye : C’est une grande question, mais c’est le but du forum, c’est que les Centrafricains se réunissent autour d’une même table pour la réconciliation et la reconstruction du pays.

 

Le premier enjeu est la sécurité, mais à Bangui, dans le quartier Boy-Rab par exemple, il n’y a pas du tout de sécurité.

 

Si, la sécurité s’est beaucoup améliorée comparée à décembre 2013. A Bangui dans certains quartiers effectivement il subsiste encore des zones de braquage, d’assassinats, mais aujourd’hui il n’y a plus d’affrontement, même à Boy-Rab, entre les belligérants. C’est juste du banditisme.

 

Mais est-ce que la plupart des musulmans de Bangui n’ont pas du quitter la ville ?

 

Si, en 2014 beaucoup sont partis, mais certains sont restés, beaucoup plus au niveau du kilomètre 5. Les choses s’améliorent tout doucement.

 

Et dans le nord du pays ?

 

Voilà, tout le problème, c’est toutes ces zones-là du nord-ouest, du nord-est et du centre, beaucoup plus dans la région de l’Ouham, vers Markounda, Batangafo, Kabo, il y a un problème de sécurité grave avec la transhumance. Et dans les zones du nord-est, c’est entre ex-Séléka, les gens se battent pour le contrôle des gisements d’or et de diamants. C’est pour ça qu’il faut ce forum pour que les gens se parlent. Il faut qu’on se réconcilie, on va vers la paix.

 

Est-ce que les représentants ex-Séléka et anti-balaka ne vont pas venir à ce forum avec la volonté de faire passer l’amnistie pour les criminels ?

 

Je ne pense pas. Les résultats des consultations à la base nous ont guidés, les gens se sont exprimés sur la justice, ils sont contre l’impunité donc ils ne vont pas accepter que les gens viennent demander l’amnistie, il faut que la justice se fasse pour une fois dans ce pays. C’est parce que la justice ne s’est pas faite jusqu’à présent que nous avons connu cette spirale de violence pendant des décennies.

 

Les anciens présidents, François Bozizé et Michel Djotodia, faut-il les inviter à ce forum ?

 

François Bozizé et Michel Djotodia sont des Centrafricains parmi tous les Centrafricains, mais nous, la commission préparatoire, avons tenu compte des résultats des consultations à la base. Le peuple a demandé qu’il y a ait la justice et la réparation. Alors ceux qui ont commis des crimes doivent aller devant la justice.

 

Donc vous pensez qu’il ne vaut mieux pas qu’ils viennent ?

 

Je ne le dis pas comme ça, je voudrais juste indiquer que la personne qui se sent coupable de quelque chose, ce n’est pas la peine de venir rouvrir encore la souffrance du peuple centrafricain.

 

Mais s’ils ne viennent pas, ne vont-ils pas tout faire pour saboter les travaux de ce forum ?

 

Je ne pense pas. Ce sont des responsables de groupes de personnes, ils peuvent envoyer des représentants pour parler en leur nom.

 

Après ce forum est prévue une élection présidentielle d’ici le mois d’août, mais est-ce que les délais pourront être tenus ?

 

En tout cas, les élections, il faut que ce soit bien organisé. Il faudra que les résultats soient acceptés.

 

Donc vous préférez un retard pour que l’élection soit la plus transparente possible ?

 

Non, je ne parle pas de retard. Pour l’instant, je vous dis que seule l’autorité nationale des élections peut nous donner le chronogramme.

 

Jusqu’à ces derniers jours, vous présidiez les travaux préparatoires de ce forum et tout à coup nous avons appris que vous étiez remplacée par Jean-Jacques Démafouth, l’un des plus proches conseillers de la présidente Samba-Panza. Quelle est votre réaction ?

 

Je n’ai pas de réaction. La commission préparatoire avait pour objectif que nous déposions à la fin de notre mission un rapport. J’ai déposé ce rapport le mardi 7 avril et c’est à la discrétion de la chef d’Etat de transition de prendre un autre décret et donc elle a préféré Jean-Jacques Démafouth pour continuer le processus. Je prends acte.

 

Vous prenez acte, mais vous êtes surprise ?

 

J’ai le sentiment d’un travail non fini, en tout cas je préfère vous le dire, mais j’irais au forum comme tout le monde.

 

Vous avez le sentiment qu’on ne vous a pas fait confiance jusqu’au bout ?

 

Je suis trop indépendante et je ne souhaite pas que ce forum soit orienté au profit de quelques groupes de personnes au détriment du peuple centrafricain. Le forum est le dernier rempart de notre peuple et s’il est pris en otage par un groupe d’individus, il est fort probable qu’on retombe encore dans des violences. Ma peur c’est ça. Donc il faut que Catherine Samba-Panza puisse écouter le peuple parce que le peuple a parlé puisqu’on a commencé le processus du forum par des consultations populaires à la base dans les 17 préfectures de notre pays. Donc il ne faut pas faire fi de l’opinion du peuple.

 

Craignez-vous que ce forum soit pris en otage par des conseillers des membres de l’entourage de la présidente Samba-Panza ?

 

Ca c’est un conseil que je lui donne, il faut qu’elle soit à l’écoute du peuple. Souvent, les gens qui sont proches n’ont pas le même agenda que le peuple.

 

Est-ce que vous serez candidate à la présidentielle ?

 

Ca, ce sont des questions qu’on ne pose pas ! Je ne sais pas, attendons de voir, je ne peux pas répondre en ce moment.

 

Vous y pensez ?

 

Oh non, ce n’est pas la priorité pour moi.

 

Vous verrez après le forum ?

 

Comme je vous l’ai dit, le forum pour moi, c’est vraiment pour qu’on reconstruise le pays, qu’on se réconcilie entre nous. Mais après faire des calculs par rapport au forum ça ne peut pas venir de moi.

Invité Afrique  - Béatrice Epaye: en RCA, «que les gens se parlent, se réconcilient»
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 21:05

 

 

13/04/2015 à 15:03 Par Didier Niewiadowski

 

Didier Niewiadowski est universitaire et ancien conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France à Bangui.

 

En Centrafrique, on cultive l’embrouillamini, avec une certaine constance. A quatre mois du 17 août 2015, échéance normale de la Transition, l’amateurisme, les intérêts personnels, les pressions claniques et le cynisme ont conduit les autorités de la Transition à multiplier les chausse-trappes au point de rendre illisible leur feuille de route et de compromettre le retour à la paix.

 

Un pouvoir exécutif hors sol et une médiation hors jeu

 

Le chemin vers la réconciliation nationale est de plus en plus sinueux. La faute en incombe évidemment d’abord aux belligérants de l’ex-Séléka et des anti-balaka, désormais divisés en factions rivales. Le pouvoir exécutif n’est pas aussi exempt de reproches. Les chevauchements  entre les compétences des ministres membres du gouvernement et celles, plus occultes, des ministres-conseillers de la chef de l’État polluent l’action politique. Dans ce méli-melo gouvernemental, les agitations politico-médiatiques de Jean-Jacques Demafouth, cousin de Catherine Samba-Panza, compromettent, un peu plus, la  réconciliation nationale que devait faciliter le Forum national de Bangui, prévu du 27 avril au 4 mai 2015. En prenant trois décrets, le 3 avril 2015, concernant un comité technique et un praesidium de ce  forum, la chef de l’État a suscité l’ire du Conseil national de la transition (CNT) et une nouvelle condamnation de la classe politique.

 

En évinçant la commission préparatoire du forum qui faisait consensus et en nommant des parents ou des proches, Catherine Samba-Panza a peut-être mis un terme au processus de réconciliation nationale, déjà semé d’embûches. L’Accord de Brazzaville de fin des hostilités, du 23 juillet 2014, devait être fondateur. Il n’en fut rien. L’Appel de Rome, du 27 février 2015, signé par plusieurs présidentiables, ne faisait qu’accroître la cacophonie et l’absence de leadership du pouvoir exécutif. Quant à l’Accord de Nairobi, du 8 avril 2015, il met surtout en exergue les profondes dissensions dans les camps des ex-Séléka et des anti-balaka et la volonté du Médiateur de la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso, de sous-traiter sa médiation.

 

Un CNT peu légitime et en somnolence

 

Le CNT n’est pas une assemblée d’élus de la nation. Il a été constitué par deux arrêtés du tandem Michel Djotodia-Nicolas Tiangaye, en avril 2013. Sa composition de 135 membres a été validée par l’article 50 la Charte constitutionnelle qui énonce simplement que le CNT est composé de "représentants les différentes catégories politiques et socioprofessionnelles". La plupart des 135 conseillers, toujours en place en avril 2015, sont d’anciens sympathisants de l’ex-Séléka et des nostalgiques des présidences Kolingba et Patassé. De par sa création et sa composition, ce CNT peut difficilement exprimer la souveraineté nationale et engager l’avenir du pays, à travers sa Constitution.

 

Il aura fallu dix-neuf mois pour que le CNT adopte, le 16 février 2015, un avant-projet de Constitution. Après la consultation du gouvernement, un atelier national devra procéder à l’ "enrichissement" du texte amendé par le gouvernement. La réunion de cet atelier prendra du temps et les débats risquent de ne pas être une simple formalité. La Cour constitutionnelle donnera ensuite son avis et il reviendra au CNT de soumettre, au référendum, le projet de  loi  constitutionnelle. Étant donné que la transition se terminera le 17 août 2015, il est peu probable que ce référendum puisse avoir lieu, d’autant que l’article 163 du code électoral, concernant le référendum,  rappelle que "les électeurs sont convoqués au moins soixante jours avant le jour du scrutin".

 

La politique de l’autruche arrive bientôt à son terme

 

Étant donné le contexte centrafricain, que le Groupe international de contact (GIC-RCA) refuse obstinément de prendre en compte (comme par exemple la saison des pluies, les camps de réfugiés et de déplacés non administrés, l’exil en brousse de dizaines de milliers de villageois, la destruction des services de l’état-civil et du fichier électoral), des élections crédibles ne pourront pas se tenir en juillet-août 2015. Comment organiser en cent jours un référendum et des élections législatives couplées à une élection présidentielle, alors que les préliminaires ne sont pas encore réunis ?

 

Après deux prolongations, la transition se terminera normalement le 17 août 2015, soit 24 mois après la prestation de serment du chef de l’État déchu, Michel Djotodia. L’alinéa 2 de l’article 102 de la charte constitutionnelle prévoit néanmoins qu’"en cas de nécessité", la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC peut examiner la durée de la Transition. Quels seront les nouveaux arguments de la demande conjointe de la chef de l’État, du Premier ministre et du président du CNT ? Sans véritable plan de vol, avec des pilotes ayant montré les limites de leur compétence et des alarmes qui ne peuvent plus désormais être négligées par les aiguilleurs du ciel du GIC-RCA, "l’avion" centrafricain ne pourra arriver à destination des élections crédibles et transparentes. Un changement d’équipage est prévisible, comme l’avait imposé la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC, le 10 janvier 2014.

Tribune - Y a t-il encore un pilote dans "l'avion" centrafricain ? par Didier Niewiadowski
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 18:44

 

 

http://www.radiondekeluka.org   lundi 13 avril 2015 15:33

 

Le Conseil national de transition (CNT, le parlement provisoire centrafricain) prend ses responsabilités pour exiger des éclaircissements sur les trois décrets signés le 4 avril dernier à Bangui par le Chef d’État de la transition, Catherine Samba-Panza. Les décrets ont suscité beaucoup de controverses au sein de la classe politique et ont alimenté les débats depuis leur publication.

 
Pour faire la lumière, les parlementaires de la transition ont interpellé ce lundi au siège du CNT le Premier ministre, Mahamat Kamoun. Le chef du gouvernement devra donner des explications sur la position prise par l'exécutif en ce qui concerne la nomination unilatérale des membres du comité technique d'organisation, particulièrement le choix de Jean Jacques Démafouth (personnalité contestée par les Centrafricains lors des travaux de consultations populaires) comme coordinateur général.
 
Avant la phase d’interpellation, le président du Conseil national de transition, Alexandre Ferdinand Nguéndet et les membres du G8 se sont retrouvés pour en savoir davantage et donner leur mot d'ordre quant au choix des membres des différents comités devant organiser le prochain dialogue national prévu du 27 avril au 4 mai 2015.


Dans ses propos liminaires, le chef du gouvernement de la transition a reconnu que « le prochain Forum de Bangui est une étape importante » dans la recherche des solutions à la sortie de crise en République Centrafricaine. Selon Mahamat Kamoun, l'exécutif, piloté par Catherine Samba-Panza, ne fait que répondre « aux exigences de la communauté internationale ».


A la tribune du CNT, les parlementaires ont mis l'accent sur les divergences de voix qui se sont élevées au lendemain de la publication de la liste des membres des différents organes devant conduire la destinée du Forum de Bangui. De manière consensuelle, les conseillers nationaux ont relevé que les trois décrets pris par Catherine Samba-Panza ont violé l'article 103 de la Charte constitutionnelle de la transition. « Un manque de consultation préalable en amont », a été constaté par un conseiller national qui estime que ce manquement est susceptible d'entraver « la légalité constitutionnelle ».

 
Dans une déclaration publiée mardi 7 avril, les parlementaires provisoires ont exigé l'annulation pure et simple des décrets signés par l'exécutif de la transition. Ils ont dénoncé par la même occasion le non respect du consensus dans la mise en place du comité d'organisation du Forum de Bangui. Les décrets ont aussi été contestés par une frange de la classe politique centrafricaine, notamment le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) et le parti travailliste Kwa na kwa (KNK), qui réclament une concertation autour de la question.


Le Premier ministre avait été interpellé pour la première fois le 9 avril dernier mais n'a pu se présenter pour faute de calendrier chargé.

Forum de Bangui : le CNT fustige les décrets signés par Samba-Panza
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