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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 23:01

 

 

 

 

PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 5 SEPTEMBRE 2017

 

BANGUI, 05 Septembre 2017 (RJDH)–Le succès du processus DDRR dépend de la sécurité, c’est ce qu’a déclaré Noel Sélésson, ministre conseiller à la Présidence en matière de DDRR. Il l’a dit lors du désarmement des éléments de l’une de faction Séléka rénovée, inscrit de la phase pilote lancée à Bangui.

 

La phase pilote du processus DDRR est lancée la semaine dernière par le chef de l’Etat Faustin Archange Touadera. Chaque groupe armé siégeant au comité consultatif devra envoyer 40 personnes dont 20 seront intégrer dans les corps en uniformes et 20 autres pour la démobilisation et réinsertion communautaire. C’est dans ce contexte que le colonel Noel Selesson appelle les groupes armés à la sécurité alors que plusieurs villes de l’intérieure du pays constituent encore des foyers de tensions.

 

Selon Noel Selesson, la sécurité reste la seule garantie pour la réussite du DDRR « nous travaillons pour faire en sorte que ce DDRR soit bien mené et que les groupes armés, ceux qui désirent intégrer les corps en uniforme le soient et ceux qui optent pour la réinsertion soient aussi réinsérer. Notre souci c’est la sécurité qui reste un défi majeur pour la réussite du processus » a-t-il présenté comme aboutissement du processus.

 

Le commandant des ex-Séléka rénovées Geffray basé au camp du RDOT à la sortie nord de Bangui, a confirmé avoir déposé son arme pour son réintégration dans les forces armées centrafricaines, « je suis ressortissant des FACA, je dois regagner le rang. Et, il y’a deux tendances des ex-Séléka rénovées, 20 personnes des 400 éléments ont déposé leurs armes ce matin. Les 20 autres éléments de cette même faction se trouvent à Kaga-Bandoro, qui bénéficierons aussi de ce programme pilote  dans les jours à venir », a-t-il confié.

 

Dans le cadre d’exécution du programme DDRR, la stratégie adoptée par le comité stratégique, l’opération pilote comprend deux volets à savoir la réintégration communautaire et la réinsertion au sein des FACA. Environ 560 combattants sont déjà enregistrés dans le cadre du projet pilote.

Centrafrique : La sécurité reste la seule garantie pour la réussite du DDRR, selon Noël Selesson

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 22:58
Vers le déploiement de 750 soldats Camerounais en Centrafrique

 

 

 

 

APA-Douala (Cameroun) 05/09/17- Quelque 750 soldats Camerounais choisis pour être déployés en République centrafricaine dans le cadre de la Mission multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA) viennent d’achever leur formation de pré-déploiement à Douala en présence des représentants des Etats-Unis qui ont financé ladite formation, a constaté APA mardi dans la métropole économique du Cameroun.

 

Le déploiement de cet autre contingent de soldats camerounais en Centrafrique devrait intervenir courant septembre, après le report du mois d’août, ont renseigné des sources proches du ministère de la Défense (MINDEF).

 

Etalée sur 10 semaines, cette formation était essentiellement axée sur les combats aux armes de petits calibres et aux armes lourdes, à la défense du camp de base, à la négociation et au respect des droits de l’Homme, a-t-on indiqué.

 

Ces soldats vont prochainement intégrer le 4è contingent du bataillon camerounais engagé à la MINUSCA pérennisant une tradition pour le Cameroun, se sont félicité les autorités nationales.

 

Avant de s’engager dans la MINUSCA en avril 2014, le Cameroun a participé à la Force multinationale de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (FOMAC) d’octobre 2002, à la Force de consolidation de la paix (FOMAC, MICOPAX) juillet 2008, à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) de décembre 2013.

 

Avec plus de 1000 soldats déjà déployés dans ce pays, le Cameroun est l’un des plus gros contributeurs en troupes dans le cadre de la pacification et de la sécurisation de la Centrafrique.

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 22:47

 

 

 

 

BANGUI, 05/09/17 (Xinhua) -- A travers une charte dénommée Conseil des Leaders Politiques et Sociaux, en abrégé CLPS, signée le dimanche 3 septembre 2017 à Bangui et dont Xinhua a été témoin, douze leaders des partis politiques se sont imposés les élections comme seul moyen de conquête du pouvoir.

 

En plus de ce principe, la charte a préconisé l'implication des signataires dans la recherche des solutions aux crises qui secouent la République Centrafricaine presque tous les dix ans.

 

D'après Raymond Adouma, un des leaders politiques qui a présidé les échanges et la signature de la charte, "le Conseil des Leaders Politiques et Sociaux est la conséquence des réflexions des leaders politiques sur la situation générale de la République Centrafricaine" .

 

Toujours selon lui, les hommes politiques centrafricains devraient prendre leurs responsabilités en poussant des réflexions sur des solutions pouvant sauver leur pays des récurrentes crises.

 

Il a annoncé que d'ici peu, les autres leaders qui n'ont pas signé la charte politique le feront, puisqu'ils l'ont préalablement signifié.

 

Au sujet de la conquête du pouvoir par la force, le représentant du secrétaire général des Nations Unies en République Centrafricaine et chef de la Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA), Parfait Onyanga Anyanga prévenait trois jours plutôt que "l'Union Africaine et la communauté internationale n'accepteraient jamais ou ne toléreraient jamais une prise de pouvoir par la force. Ceux qui réussiront une telle aventure en Centrafrique ne seront pas couverts par une reconnaissance internationale" .

Centrafrique : les leaders des partis politiques s'imposent les élections comme moyen de conquête du pouvoir

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 19:31
LE FOURVOIEMENT DE L’ONU EN CENTRAFRIQUE par David KOULAYOM-MASSEYO

 

 

 

 

 

     Primitivement, c’était Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères qui avait évoqué pour la première fois le génocide en Centrafrique .

 

     Aujourd’hui, Mr Stephen OBRIEN, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires remet le mot génocide sur le tapis en Centrafrique , mais dans une autre perspective sans un mot de compassion pour les Centrafricains agressés sur leur propre territoire par une armée de mercenaires recrutés à l’étranger, formés et envoyés en RCA avec un plan diabolique .

« Alea jacta est » . Le sort en est jeté pour les Centrafricains : l’ONU et ses douze mille soldats ne sont pas là pour vous libérer ! Alors libérez-vous vous-mêmes …

 

     Monsieur Stephen O’Brien est un sujet britannique . Qu’a-t-il pensé de l’homme qui a tué sur Tower Bridge, attaqué l’entrée de Westminster et qui a été purement et simplement abattu par la police anglaise? Et celui qui a roulé en fourgonnette sur un trottoir bondé d’un quartier branché de Londres ?

 

Pourquoi n’a-t-il pas mis à profit son long voyage de New York et/ou de Genève à Bangui pour prendre connaissance des nombreux rapports et dossiers consacrés à la RCA ? Cela lui aurait évité de tout focaliser sur le seul quartier Tokoyo à Bangassou . Faire un aussi long voyage pour en tirer une conclusion tendancieuse, alors que n’importe quel bébé centrafricain qui vient de naître lui aurait brossé le calvaire vécu par les Centrafricains depuis quatre ans, prouve à suffisance que l’ONU qui est bonne fille, continue de dépenser sans compter pour ses fonctionnaires . Etait-il vraiment nécessaire de faire ce déplacement pour comprendre ce qui prévaut en Centrafrique ? Cet homme, tellement emballé par sa manipulation,  ne se rend même pas compte d’un paradoxe qu’il soulève : les deux mille musulmans menacés de génocide sont protégés dans une église chrétienne !

 

     La RCA ( France+ Bénélux et non deux fois la France comme le soutient Mr O’Brien) était une terre de paix(On parlait de Suisse africaine), riche de ses Hommes ( bons, humbles travailleurs,  hospitaliers pour leur malheur ), riche de son sol abondamment arrosé et de son sous-sol .

 

     Même sous les pires dictatures militaires de Bokassa, Kolingba et Bozizé, ce pays n’a jamais touché le fond comme avec l’arrivée de la horde sauvage de la Séléka en 2013 : assassinats de masse, vols, viols, pillages, incendies des villes et villages, destruction de l’Etat Civil, des infrastructures administratives, des écoles, bref de tout ce qui symbolise un Etat . Quel projet machiavélique sous- tendait ces pratiques barbares ? Mr O’Brien peut-il nous expliquer ce qu’implique la seule destruction de l’Etat Civil centrafricain par des apatrides ? 

 

     Si le génocide est bien « la destruction de tout ou partie d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux », ce qui se passe depuis quatre ans en Centrafrique y ressemble non pas comme le subodore Mr O’Brien, mais bien comme « une destruction d’une partie d’un groupe national » avec la couverture /complicité des troupes de l’ONU qui ne respectent pas les Résolutions de l’ONU, qui exfiltrent et installent les mercenaires djihadistes dans l’arrière-pays  ( 14 préfectures sur 16 occupées ! ), imposent un embargo implacable à nos forces armées,  les forment au ralenti, refusent de les associer à leurs patrouilles alors que les soldats de l’ONU ne comprennent pas les langues nationales centrafricaines … Cela revient en effet à livrer la RCA pieds et poings liés à la Séléka qui continue à recevoir des armes et munitions du Tchad, des deux Soudan et des deux Congo .

 

     Nous constatons également des oublis fâcheux de Mr le secrétaire adjoint aux affaires humanitaires : pas un mot sur les viols sur les mineurs centrafricains par les soldats de l’ONU, le non-respect des Résolutions de l’ONU, les villes et villages incendiés qu’il a longuement survolés avant d’atteindre Bangassou ! Son plaidoyer aurait plus de « gueule », s’il dénonçait également les commanditaires des souffrances infligées aux Centrafricains ; à tout le moins le premier d’entre eux : Idriss Déby, l’autocrate tchadien qui, non content de mettre le feu en Centrafrique, est en train de plonger son propre pays dans le chaos !    

 

 

     Par ses actes quotidiens, ses prises de position…l’ONU se conduit comme une alliée objective des intégristes en Centrafrique . Sa mission de désarmement des agresseurs se transforme sous nos yeux en mission de protection d’une minorité agressive qui a révélé sa face hideuse aux Centrafricains en soutenant les voleurs de la Séléka .

 

     Faut-il rappeler à l’ONU en particulier et à l’Occident en général que ce sont les mêmes hommes, avec la même idéologie, les mêmes financements qui vous terrorisent à Paris, Londres, Berlin et récemment Barcelone . Chez vous, en Occident, vous les appelez terroristes, djihadistes, intégristes, ennemis de la liberté …Vous créez même des centres extrêmement onéreux pour les déradicaliser avec les résultats que l’on sait . Pourquoi changez-vous de vocabulaire en RCA ? Comment devons-nous les appeler alors ?

 

    L’alternative pour l’ONU reste toujours simple en RCA : désarmer ou partir .

 

                                         Le 30 Août 2017

 

 

                                         David KOULAYOM-MASSEYO . 

 

 

 

 

COMMUNIQUE GOUVERNEMENTAL

 

Dans un communiqué de presse publié le 21 Août 2017, le mouvement Antibalaka aile MOKOM se dit mécontent de l’attitude de la MINUSCA et se propose de mener des actions, comme ce fut le cas en décembre 2013, dans le but, selon ce groupe, de défendre la souveraineté nationale.

Ce communiqué exprime rien d’autre qu’une volonté d’embrasement du pays et représente à cet égard une réelle menace à la paix et à la stabilité.

Le Gouvernement que dirige Monsieur Simplice Mathieu SARANDJI, Premier Ministre, Sous la Très Haute impulsion et le leadership éclairé de Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA, Président de la République, Chef de l’Etat, dénonce, avec fermeté, une telle déclaration qui se situe aux antipodes de toutes les démarches de paix entreprises jusque-là.

Le Gouvernement rappelle qu’il est le seul garant de l’ordre public conformément à la Loi et par conséquent, seul responsable de la sécurité du pays.

Tout en étant conscient de la situation sécuritaire préoccupante du pays, le Gouvernement demande à cette branche d’Antibalaka de demeurer dans le processus DDRR auquel elle a souscrit. Il lui rappelle les engagements pris dans le cadre de l’Accord de paix de Libreville, du Pacte républicain issu du Forum de Bangui, de l’Accord de Sant'Egidio à Rome et de la Feuille de route de l’Union Africaine.

Le Gouvernement met en garde quiconque venait à enfreindre la Loi de la République, qu’il ne manquera pas de saisir la Justice à travers la Cour Pénale Spéciale déjà opérationnelle, conformément à ses prérogatives.

Par ailleurs, le Gouvernement rassure la population centrafricaine en général et les groupes armés en particulier qu’il prendra toutes les mesures nécessaires, avec l’appui de la Communauté Internationale pour prévenir tout acte de violence préjudiciable au rétablissement de la cohésion sociale dans notre pays.

Le Gouvernement profite de cette occasion pour demander aux différents belligérants de cesser immédiatement et sans condition tout affrontement et d’adhérer résolument au processus DDRR, seule issue de sortie de crise et de rétablissement de la paix durable dans notre cher et beau pays.

         Fait à Bangui, le 23 Août 2017

 

 

         Théodore JOUSSO

     

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 19:03
Lu pour vous : Les derniers amis africains de la Corée du Nord

 

 

CHRONIQUE

 

Les derniers amis africains de la Corée du Nord

 

Pyongyang exporte ses armes et va jusqu’à former les militaires sur le continent. Loin des regards de la communauté internationale, décrypte notre chroniqueur.

 

Par Sébastien Le Belzic (chroniqueur Le Monde Afrique, Pékin) LE MONDE Le 04.09.2017 à 12h35


Le dernier essai nucléaire nord-coréen a beau faire rugir la communauté internationale, certains pays d’Afrique continuent malgré tout à commercer avec le régime ermite. Les échanges entre le continent africain et la Corée du Nord auraient atteint près de 200 millions d’euros en 2016.

 

Dans quelle ville peut-on trouver une avenue Kim Il-sung, l’ancien leader de Corée du Nord et grand-père de l’actuel dirigeant Kim Jung-un ? A Pyongyang bien sûr, mais aussi, plus surprenant, à Kampala. La guerre froide est terminée, mais pas sur le continent, où il reste quelques irréductibles à soutenir encore contre vents et marées – et pour quelques poignées de dollars – la dictature nord-coréenne.

 

La Corée du Nord s’est ainsi fait une spécialité dans la construction de monuments imposants et au goût parfois douteux sur le continent. La société Mansudae Overseas Project a érigé ses statues dans neuf pays d’Afrique, comme en Namibie, le Mémorial de l’indépendance ou, au Sénégal, le Monument de la renaissance africaine.

 

Mais les statues ne sont pas la seule source de revenus en Afrique de Pyongyang.

 

« Activités à caractère clandestin »

 

« Si certains pays comme le Zimbabwe ou l’Ouganda ont officiellement pris leur distance avec la Corée du Nord, Pyongyang a conservé des liens économiques et militaires avec plusieurs pays africains, nous confirme Samuel Ramani, spécialiste de la Corée du Nord à l’Université d’Oxford. C’est le cas, notamment, de la Namibie, où deux conglomérats militaires nord-coréens opèrent depuis 2016 ; du Nigeria, qui a conservé des accords de coopération avec Pyongyang ; de l’Angola, de la Guinée équatoriale, de l’Erythrée et de l’Ethiopie, où des comptes bancaires du gouvernement nord-coréens sont hébergés et servent à acheter des armes. »

 

Un rapport de l’ONU publié cette année confirme ces relations interdites entre de nombreux pays africains et la Corée du Nord.

 

Des relations qui concernent essentiellement la vente d’armes nord-coréennes que l’on a même retrouvées utilisées par des casques bleus en Centrafrique ! Un comble.

 

« Les enquêtes du groupe d’experts ont dévoilé l’existence par le passé d’un commerce d’armes et d’activités de coopération de la République populaire démocratique de Corée en Afrique, y compris des activités à caractère clandestin menées à grande échelle », souligne le rapport de 2017.

 

Onze pays africains sur cinquante-quatre ne respectent pas les mesures de sanctions votées par les Nations unies. « Pour beaucoup, il s’agit de pays en marge de la communauté internationale et qui ont besoin d’équipements militaires », précise Samuel Ramani.

 

Les enquêteurs de l’ONU tracent ainsi la livraison d’armes au régime de Joseph Kabila, notamment des pistolets automatiques pour la garde présidentielle. Le président congolais qui s’est pris d’affection pour la Corée du Nord à mesure que les pressions internationales pour qu’il quitte le pouvoir se faisaient plus pressantes. Ainsi, l’interception en août 2016 du Jie-Shun dans le canal de Suez. Ce navire nord-coréen transportait 30 000 rockets PG-7 à destination de RDC. Des armes cachées sous 2 300 tonnes de limonite, un amas d’hydroxydes de fer microcristallin, en violation des résolutions de l’ONU.

 

Autre exemple, en Angola, où la victoire aux dernières élections du MPLA au pouvoir depuis 1975 devrait faire sourire les généraux nord-coréens dont les instructeurs continuent de former les membres de la garde présidentielle aux arts martiaux.

 

En Namibie, le rapport de l’ONU révèle également la construction d’une usine d’armement et d’un centre de formation militaire par les entreprises nord-coréennes Mansudae Overseas project et Korea Mining Development Trading Corporation (KOMID). Les Etats-Unis considèrent KOMID comme l’un des principaux vendeurs d’armes de la Corée du Nord.

 

La couverture chinoise

 

Au total, les échanges commerciaux entre le continent africain et la Corée du Nord auraient atteint près de 200 millions d’euros en 2016. Pêche, minerais et surtout armements continuent ainsi d’alimenter en devises étrangères le fragile cordon ombilical qui permet à la Corée du Nord de survivre aux sanctions.

 

Les relations entre l’Afrique et la Corée du Nord sont restées constantes depuis les guerres d’indépendance des années 1960 et le soutien aux mouvements de libération procommunistes. Ce coup de pouce de Pyongyang à certains pays africains s’est mué au fil des années et des sanctions internationales en soutien discret de certains régimes africains à la Corée du Nord, lui permettant de contourner discrètement les sanctions de l’ONU sous un vernis commun : la lutte contre l’impérialisme occidental.

 

Sur ces pays, la Chine pourrait faire pression. Mais il y a peu de chance qu’elle ne se mêle directement de ces affaires africaines, d’autant qu’elle y est parfois elle-même impliquée.

 

L’Ambassade de Corée du Nord à Pékin aurait ainsi servi, selon l’ONU, à financer le transport de composants de missiles nord-coréens vers l’Egypte via l’entreprise chinoise BLH Global Cargo Co. Ltd. Le commerce Chine-Afrique est une bonne couverture aux trafics de Pyongyang sur le continent, comme le montre l’interception en 2016 d’une livraison d’armes chinoises et nord-coréennes à destination cette fois de l’Erythrée. L’ONU pointe ainsi le rôle d’entreprises chinoises qui servent de couverture pour le transport de ces cargaisons à destination de l’Afrique et de citer plusieurs entreprises de Pékin et Hongkong ayant pignon sur rue.

 

« La réticence chinoise à appliquer strictement les sanctions de l’ONU concernant la Corée du Nord est un chèque en blanc fait aux pays d’Afrique, selon l’universitaire Samuel Ramani. La Chine n’a pris aucune mesure pour faire pression sur ses partenaires africains, contrairement aux mesures punitives prises par exemple contre la Namibie par le Japon ou contre l’Egypte par les Etats-Unis. »

 

La Corée du Sud a également engagé un vaste programme pour bouter la Corée du Nord hors du continent à coup de promesses et de dollars.

 

 « Pyongyang reste un partenaire très attractif pour certains pays d’Afrique malgré les sanctions de l’ONU. D’abord parce qu’elle vend des armes à n’importe qui et ensuite parce qu’elle assure la formation et le transfert de technologie. La Chine, la Russie et les Etats-Unis vendent des armes, mais ne permettent pas aux acheteurs de produire localement les munitions, par exemple, ou certains équipements. La Corée du Nord assure la vente, la formation et même la production locale. Le tout à des coûts très intéressants et loin des radars de la communauté internationale », conclut Samuel Ramani.


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/09/04/les-derniers-amis-africains-de-la-coree-du-nord_5180757_3212.html#zkoSkr1JxkcFIAmK.99

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 18:19

 

 

Anticiper les questions de la gouvernance en RCA avec des dirigeants compétents : une étape clé d’une transmission réussie pour la génération future.

 

Cela se résume en deux mots « la compétence et de l’expérience ».

 

La pérennité de l’état en Centrafrique, doit se repose notamment sur  une existence structurée de la gouvernance efficace et accepté par tous les composants et acteurs socio-politiques, ainsi que la société civile. Il est essentiel de les mettre en place dans une logique d’anticipation des crises actuellement, pas toujours compté sur la communauté internationale, en particulier pour préparer sereinement la transmission des institutions d’États, et une alternance  future. Tourner en round et faire du surplace sera fatal encore de plus pour la République Centrafricaine, si ce qui se profile en préambule dans l’arrière-pays, des exactions continuelles sur la population, en vue de l’installation d’une nouvelle crise dans le Pays. Encourager de part et d’autre dans les postures calamiteuses des uns et, des autres sans qu’on puisse voir clairement une bonne démarche de résolution pour en sortir de cette crise. On propose au peuple des méthodes réchauffées, inefficaces sans espoir. La plus grande différence réside dans la gestion de cette crise. Les belligérants jouent sur la lenteur des décisions et les moyens qui pouvaient être déployés, à l’occurrence du dispositif de programmation, de désarmement, démobilisation, réinsertion (DDR), un avancé pénible, aucune perspective ou prospective d’avenir pour le peuple Centrafricain, alors en fait de la diversion en abusant les Centrafricains via les déclarations tonitruantes par des exhibir.

 

L’état Centrafricain doit s’inscrire dans une relation de confiance surtout vis-à-vis des Centrafricains (es), les partenaires internationaux, et notamment avec les bailleurs qui finance cette crise Centrafricaine. Ce lien permet aux dirigeants d’anticiper au mieux leurs besoins de la gouvernance, mieux embrayer  le processus de la reconstruction du Pays (infrastructure administrative, cadre juridique, cadre sanitaire, solvabilité socio-urbaine, l’éducation…etc.), et de la réconciliation entre le peuple Centrafricain, par un plan clair, programmatique de la bonne gouvernance, ainsi d’un retour d’État de droit plus ferme « la restauration, la réinstallation de l’autorité de l’État ». Il en va de même pour les aspects liés au développement économique, progressivement pour que la Centrafrique ne tombe plus aussi bas qu’elle en ait déjà. Le peuple à trop souffert des bêtises des politiciens affairistes et cruelles, ainsi que d’autres barbouses sanguinaires, schizophrène qui ont aucune logique politique, encore moins une vision de la gouvernance d’un État.

 

Certains pourraient, à ce titre, penser que gouverner, est tout simplement une histoire d’avoir le  pouvoir, au détriment de l’intérêt général. Il n’en est rien et cela représente à mon sens l’une des caractéristiques les plus importantes quand on se dit politicien. Les postures du passé, de beaucoup des hommes politiques, qui se qualifient à juste titre, nous ont emmenées tout droit au mur. Les mêmes faits continus de plus belle, sans aucune leçon tirée du passé. En Centrafrique, ce qui est très étonnant, ce manque de culture de responsabilité des gouvernants, absence d’une analyse profonde des situations. Chacun vont vers son intérêt personnel et égoïste.  Ainsi  de même l’opposition politique, les gouvernants ont laissés le pouvoir décisionnel dans la main, non seulement des assaillants « des rebelles de toute borne », et ainsi la communauté internationale qui démontre ces limites.

 

Par ailleurs les gouvernants, cachent leurs incompétences dans les calomnies, les manipulations. Quant à certains hommes politiques, que paradoxalement brillent, les uns et les autres dans les chrysanthèmes pour exister et persuadé se disent qu’ils font de la politique, via des  publicités mensongères  sous couvert de réseaux sociaux. C’est ça la politique à la Centrafricaine. 

 

Ou on va-t-on ? En Centrafrique ! À qui profitent les crimes sur les innocents de : (Bangui, Bambari, Bangassou, Bria, Zemio …etc.). ?!

 

Le retour de la Paix, la réconciliation toujours pas amorcé ! Aucune direction qu’amorcent le gouvernement actuel  et son n’équipe, afin de garantir l’avenir et la mise en confiance des uns et des autres, et le peuple centrafricain !

 

J’invite les dirigeants Centrafricains de prendre l’exemple de la réhabilitation de l’État Rwandais, ainsi que la restauration de l’autorité de l’État par Mr. le Président Paul KAGAME. Qui a su, et réussit la mise en place des processus de réconciliation véritable, sans cloisonnement ethnique, ni équipe des clubs des amis sans qualification (des bras cassés), et incompétents. Mr. le Président Paul KAGAME est non seulement a assuré, qu’il est le garant de l’unité et de la réconciliation du peuple Rwandais. Sa légitimité tient à la stabilité de son Pays, qu’il a su établir avec des acolytes compétents sans disqualification dans les franges de la population et la diaspora après le génocide de 1994. Parce qu’ils ont partagé le pouvoir avec les différentes composantes de ces compatriotes cadre intellectuels, scientifiques, sans oublié la jeunesse bien formée…etc. En tenant compte des leurs compétences et expériences, intégrités.

 

Par ailleurs, intégré certains éléments des Forces armées rwandaises dans la nouvelle armée patriotique. Unanimement, la bonne gouvernance, souvent mise au crédit du Mr. Le  Président Paul KAGAME, l’avenir nous dirons certainement, l’alternance se fera un jour dans la continuation de ce peuple mature, aimant leur Pays avec dignité, intégrité, respectabilité.

 

Fait, à Lyon 30/08/2017

 

Diaspora,

 

Mr. Aubin-Roger KOMOTO

Anticiper les questions de la gouvernance en RCA avec des dirigeants compétents par Aubin-Roger KOMOTO

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 18:11

 

 

 

 

BANGUI, 04/09/17 (Xinhua) -- Les groupes armés qui continuent de semer la désolation au centre est, au nord, au nord-est et au sud-est de la République centrafricaine sont des bandits et devraient être distingués d'autres groupes armés du pays, a indiqué dimanche le colonel Larry Nordine Mahalba au nom d'un groupe armé ayant adhéré à un processus de paix.

 

En représentant le Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLCJ), Larry Nordine Mahalba avait signé en juin dernier à Rome un cessez-le-feu avec douze autres groupes armés centrafricains. Néanmoins, les nouveaux affrontements ont été survenus au lendemain de l'accord à Bria dans l'est du pays, faisant des dizaines de morts.

 

Pour M. Mahalba, les groupes de bandits brillent par le massacre des populations dans les localités qu'ils écument et l'incendie des maisons d'habitation, et ce sans aucune raison.

 

En revanche, "les groupes armés identifiés et ayant accepté le processus du DDRR contrôlent leurs hommes" , a-t-il soutenu avant de déploré toutefois le fait que "ne nombreux accords sont signés en République Centrafricaine et que leurs mises en œuvre ne sont jamais respectées" .

 

Mercredi dernier, le président centrafricain Faustin Archange Touadéra a officiellement lancé le projet pilote du processus du Désarmement, Démobilisation, Reconversion et Rapatriement (DDRR) en vue de la restauration de paix dans le pays.

 

Le représentant du secrétaire général des Nations Unies en République Centrafricaine Parfait Onyanga Anyanga a également mis en garde les groupes armés qui se comportent mal lors de sa participation au lancement officiel du projet DDRR.

 

D'après lui, "les Nations Unies, à travers les troupes qui sont stationnée en République centrafricaine, veilleront à la restauration de l'autorité de l'Etat et empêcheront toutes les velléités de conquête du pouvoir par la force" .

entrafrique : le MLCJ distingue nettement les groupes armés et les groupes de bandits qui sèment la désolation en RCA

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 17:42
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : Signature à Bangui de la charte des leaders politiques et sociaux

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 4 SEPTEMBRE 2017

 

 

BANGUI,  4 Septembre 2017(RJDH)—12 partis politiques et organisations de défense de droit de l’Homme ont signé leur charte au siège du PDCA ce 3 septembre à Bangui. Cette charte a pour but la concertation inter-leaders politiques et sociaux et un cadre de réflexion selon les organisateurs.

 

La signature de cette charte intervient deux mois après la réflexion des leaders politiques sur initiative du Parti Démocratique Centrafricain (PDCA) à Bangui. Cette plate-forme dénommée (CLPS) regroupe des partis extraparlementaires et se veut une force de proposition dans un contexte de l’union sacrée exprimée par Faustin Archange Touadera.

 

Raymond Adouma, président du présidium de la signature considère cette plate-forme comme un plus pour la démocratie « l’objectif premier pour nous est de continuer à alimenter les réflexions pour qu’une solution politique soit trouvée pour sortir la République centrafricaine de la crise. Et puis après chacun va défendre sa chapelle » a-t-il précisé.

 

Evrard Bondade représentant de l’observatoire des droits de l’Homme OCDH signataire de la charte explique les motivations de son organisation « nous ne sommes pas des politiques, nous sommes de la société civile, mais nous voulons par cet acte participer à la réflexion sur notre pays pour faire en sorte que la solution ne vienne pas de l’extérieur et les textes de cette charte énoncent clairement l’indépendance de chaque entité et je dis bien que nous ne sommes pas des politiques pour conquérir le pouvoir et l’exercer » a-t-il insisté.

 

La signature de cette charte intervient après la volonté exprimée de Faustin Archange Touadera de faire l’ouverture lors de son discours à la nation du 13 Aout dernier.

 

 

Centrafrique : L’ONU nomme un nouveau Représentant spécial adjoint pour sa mission dans le pays

 

PAR NINA VERDIANE NIABODE LE 28 AOÛT 2017

 

 

BANGUI, 28 Aout 2017 (RJDH)… Kenneth Gluck de nationalité américaine est nommé Représentant spécial adjoint pour la République centrafricaine et Chef adjoint de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation dans ce pays (MINUSCA). La nomination a été actée depuis New York rendue publique le samedi dernier par le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres.

 

Kenneth Gluck succède à Mme Diane Corner, du Royaume-Uni, qui a fini sa mission comme Représentant spécial adjoint de la MINUSCA à la fin du mois de juin dernier.

 

Né en 1962, titulaire d’une licence de sociologie de l’Université de Harvard, le Nouveau Représentant Adjoint dispose d’une expérience dans le domaine de la médiation et de la consolidation de la paix, notamment en tant que Chef de cabinet de l’Équipe conjointe Union africaine-ONU d’appui à la médiation (2008-2011), Administrateur général du Bureau du Conseiller spécial pour le Yémen (2013), Directeur et Directeur adjoint du Bureau d’appui à la consolidation de la paix de l’ONU (2013-2015).  Kenneth Gluck était, depuis 2015, adjoint de l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen.

 

Avant de rejoindre l’ONU, il a travaillé pour des organisations non gouvernementales internationales qui fournissent une assistance humanitaire dans des situations d’urgence complexes.  De 2001 à 2006, il a exercé les fonctions de Directeur des opérations de Médecins Sans Frontières (MSF) et a été Chef de mission pour MSF en Fédération de Russie et dans le Caucase du Nord entre 1999 et 2001, ainsi qu’en Somalie en 2006 et au Soudan en 2007 et 2008.

 

Kenneth Gluck est nommé au moment où son pays les Etats-Unis, principal bailleurs de la MINUSCA, menacent de réduire son aide à la mission des Nations-Unies en Centrafrique qui a accueilli la semaine dernière une mission des sénateurs américains engagés pour évaluer l’appui américain à la mission onusienne.

 

 

Centrafrique : Les victimes opposées à la transformation des comités locaux de paix en comités des victimes

 

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 4 SEPTEMBRE 2017

 

 

BANGUI, 4 septembre 2017 (RJDH)–Le ministère des affaires sociales a organisé une journée de réflexion avec les associations des victimes pour présenter le projet de la transformation des comités de paix en comité des victimes. Ces associations se sont opposées à ce projet. Elles optent pour un comité national des victimes.

 

La crise qui a frappé la Centrafrique depuis 2013 continue de faire des victimes tant à Bangui que dans les villes de provinces. Plusieurs initiatives ont été prises pour organiser les victimes en association. Du côté du gouvernement, afin d’éviter de faire d’autres victimes, les comités locaux de paix et de la réconciliation ont été créés dans chaque arrondissement de Bangui. C’est dans ce contexte que le gouvernement a présenté son projet dans le souci d’avoir un comité de paix qui va regrouper aussi des victimes.

 

Les associations des victimes invitées à cette rencontre ont rejeté cette idée. Etienne Omba, coordonnateur de l’association des victimes de Gobongo estime que les deux structures ne sauraient avoir les mêmes objectifs, « nous rejetons l’idée de la transformation des comités locaux de Paix en Comité des victimes car, les objectifs poursuivis ne sont pas les mêmes. Nous réclamons justice et réparation, les comités de paix parlent de la paix et de la réconciliation. Je ne vois pas pourquoi on doit les mettre ensemble », a-t-il confié au RJDH en marge de cette rencontre.

 

Pour lui, les associations des victimes se penchent maintenant vers la création de coordination nationale, afin de fédérer celles-ci et faire porter leur voix.

 

Mme Yandoka, présidente de l’association des femmes et filles mères victimes, rejette aussi l’idée, « nous avons déjà nos propres associations et nous travaillons avec les organisations des droits de l’homme, le RJDH, les femmes juristes. Notre proposition c’est que les Affaires Sociales acceptent nos organisations et le projet de la création de la coordination nationale des associations des victimes », a-t-elle soutenu.

 

Plusieurs autres membres des associations des victimes ne soutiennent pas l’idée. « Je pense que l’essentiel est de rendre la justice et la réparation. Aussi, le gouvernement devrait s’atteler à mettre en place la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation que de nous distraire sur ce point », a souligné un participant.

 

Un leader de la société civile dénonce une tentative de récupération, « l’Etat doit rester en dehors de ce circuit. Mais avec cette approche, si les comités locaux mis en place par le gouvernement venaient à être transformés, la structure serait dans les mains de l’Etat qui va l’utiliser comme bon lui semble. Or les victimes veulent être indépendantes et partenaires du gouvernement pour que nous puissions arriver à atteindre les vrais objectifs sans manipulation ni récupération », explique-t-il avant de soutenir l’opposition des victimes, « je trouve logique l’opposition des victimes à cette idée. Il faut qu’on tienne compte de cette préoccupation pour éviter un passage en force qui serait fatal pour la suite ».

 

Au moins huit (8) associations des victimes travaillent avec Cordaid dans le cadre du Partenariat Stratégique, lobbying et plaidoyer ‘’Les victimes d’Abord ‘’.  Elles ont leur couverture juridique pour œuvrer afin de réclamer la justice et la réparation.

 

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 17:22

 

 

 

 

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Au cœur de la vague de violence qui a déstabilisé la Centrafrique entre 2013 et 2016, il y a eu un moment d’incertitude : les motifs des belligérants étaient-ils uniquement politiques ou y avait-il un ferment délétère de haine interreligieuse ?

 

  Dans un pays multiculturel et pluri-religieux comme la Centrafrique, où les périodes d’instabilité n’avaient jamais réussi à endommager le sentiment d’appartenance nationale, cette question a immédiatement préoccupé les responsables des religions les plus représentées : Mgr Dieudonné Nzapalainga, 50 ans, archevêque de Bangui et aujourd’hui cardinal ; l’imam Oumar Kobine Layama, 57 ans, actuellement président de la Communauté islamique centrafricaine et membre de l’Union des oulémas d’Afrique et le pasteur protestant Nicolas Guérékoyamé Gbangou, 59 ans. Nous avons rencontré les deux premiers à Bangui, en avril dernier, à l’archevêché. Le troisième, souffrant, n’avait pu se joindre à l’entretien.

 

Pourquoi vous être alliés, deux chrétiens et un musulman, comme pour confirmer que les violences étaient bien d’origine religieuse alors que votre discours allait dans un sens totalement inverse ?

 

K : Nous étions les représentants les plus visibles des religions. En Centrafrique, il y a environ 20 % de musulmans et 80 % de chrétiens, à peu près bien répartis entre protestants et catholiques. C’était donc à nous de mettre en valeur ce qui nous unissait et non ce qui nous divisait.

N : Nous avons eu une idée : nous sommes allés au Vatican pour demander du soutien au dialogue interreligieux. Le pape François était une personnalité mondialement connue, qui pouvait être écoutée si nous, nous ne l’étions pas… Il s’est montré sensible à notre situation et il est venu à Bangui, conformément à sa promesse, en dépit de l’attitude des Français, qui ont tout fait pour le décourager. « J’ai davantage peur des moustiques que des armes », a-t-il répondu.

 

Considérez-vous la crise terminée depuis l’élection du président de la république, Faustin-Archange Touadéra ?

 

N : La cohésion sociale reste menacée. Rendez-vous compte : l’ancien président François Bozizé a raconté, sur les ondes de la radio nationale, que les djihadistes arrivaient. Nous avions le devoir de défendre nos communautés réciproques, bien sûr, au même titre que les athées ou les animistes.

K : Je me suis mis à dire et répéter partout qu’un musulman ne tue pas son prochain, qu’il ne pille pas, qu’il ne viole pas mais c’était déjà trop tard : il y avait des gens qui incitaient les Antibalakas à se liguer et à organiser des assassinats ciblés.

N : Nous avons toujours refusé de dire des Antibalakas qu’ils étaient des chrétiens. C’étaient des assassins, un point c’est tout. C’est pour cela que nous avons créé la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC) afin d’affirmer l’unité de nos religions.

 

Mais qu’est-ce qui a motivé l’arrivée des Antibalakas ?

 

K : L’objectif final était bien sûr politique : les politiciens et eux seuls ont jeté deux communautés l’une contre l’autre. Ce sont les événements mondiaux – l’existence de Daech, les attentats en Occidents, les événements de Syrie et d’Irak – qui ont rendu crédible un certain discours : désormais, lorsque l’on veut manipuler les gens, on leur fait croire qu’ils sont menacés dans leur pratique religieuse et dans leur foi. On ressort les vieilles histoires de croisades, et c’est parti ! Il y a quelques décennies, c’étaient les antagonismes ethniques qui avaient leur faveur, aujourd’hui c’est la religion…

 

Pensez-vous vraiment qu’il puisse y avoir « unité » des religions en

Centrafrique ?

 

N : Ne jouons pas sur les mots : par « unité », nous voulons dire « bonne entente », avec un objectif commun : garantir une vie spirituelle apaisée pour chacun, quelle que soit sa croyance. Sur le terrain, quand le pape François est venu à Bangui, la messe a été organisée dans le stade « 20 000 places ». Lorsqu’il y est entré, tout le monde s’est levé pour l’acclamer. Quand l’imam Kobine est entré à son tour, il a reçu exactement le même accueil : le public l’a ovationné. Le peuple centrafricain est multiple et bigarré, nul n’est semblable à autrui, mais ensemble nous avons une seule et même nation, la Centrafrique.

 

Comment poursuivez-vous votre action aujourd’hui ?

 

N : Peut-être avons-nous le pouvoir de désarmer les cœurs de nos concitoyens, mais en aucun cas nous ne pouvons leur ôter leurs armes. Pour cela, nous avons besoin de l’aide de la communauté internationale. L’élection présidentielle a assaini l’atmosphère, mais hélas il y a encore trop de calculs politiques et la sécurité arrive à pas de caméléon.

K : Je ne suis pas sûr que Touadéra ait les moyens de sa politique et il n’a pas d’armée digne de ce nom. Il a demandé aux leaders des combattants, toutes origines confondues, de s’asseoir autour d’une table. Chose étonnante : il a réuni tous les groupes sauf deux : celui commandé par François Bozizé et celui de Michel Djotodia. Ils sont implantés dans les zones aurifères et n’agissent qu’en fonction de leurs intérêts économiques. Vous comprenez qu’il y a autre chose que de l’antagonisme religieux dans cette histoire !

 

La sécurité est-elle vraiment revenue à Bangui ?

 

N : Le problème est que les combattants qui terrorisaient Bangui se sont enfuis sous la pression de la force Sangaris et de la Minusca, mais ils sont partis avec armes et bagages, au sens propre du terme. Si la communauté internationale agit pour rétablir la sécurité, elle doit le faire jusqu’au bout, c’est-à-dire désarmer aussi ceux qui trouvent refuge au Tchad ou au Soudan, comme Nourredine Adam par exemple.

 

Sur le plan de la politique intérieure, le nouveau gouvernement a-t-il normalisé la situation ?

 

N : Oui, mais l’on commence à entendre des âneries comme « il faut des postes pour les musulmans » dans le gouvernement ! Comme si nous étions au Liban et qu’une harmonie devait régner entre les religions dans les institutions. Nous ne voulons pas de ce piège à cons [sic… ndlr] !

K : On nous a même proposé des postes, à nous trois. Nous avons décliné l’offre, bien sûr ! Ce n’est pas du tout notre mission. Il faut des compétences et de l’intégrité pour gérer le pays. Nous avons l’intégrité, mais pas les compétences !

 

On a déjà vu des religieux occuper des postes à responsabilité… N’y aurait-il pas quelque chose à faire pour moraliser la vie politique ?

 

K : Certes, il y a un problème éthique, mais il y a aussi une crise chronique dont souffre la Centrafrique. La religion, quelle qu’elle soit, accomplit son devoir dans ses centres de culte, mais n’oubliez jamais : l’homme est ingrat. Nos politiciens sont à peu près tous croyants, mais ils ne sont que des hommes, c’est-à-dire instables. Très vite, leurs intérêts prévalent sur toute autre considération.

 

N : En 2014, au début des événements, nous avions rédigé et signé une lettre pastorale, qui contenait des citations coraniques et bibliques appelant au calme et à l’unité du pays. Lorsque nous avons voulu la remettre à François Bozizé, il a refusé de nous recevoir. Il avait d’autres enjeux, d’autres calculs…

 

L’engagement de la France vous a-t-il été utile ? Doit-elle faire mieux ? Davantage ?

 

N : La Minusca peut nous aider, pas la France. Il y a eu trop de scandales liés à la force Sangaris. En dépit des aumôniers militaires, dont la fonction est de dire qu’une armée doit servir et non se servir. Il faut que les Forces armées centrafricaines soient réhabilitées, réorganisées, formées sur le plan éthique et déontologique et réarmées.

K : Si nous devions transmettre un message au futur chef de l’État français, ce serait d’aider le pays à éviter trois choses : la partition ; le chaos ; la mise sous protectorat, qui serait perçue comme une seconde colonisation. La France doit nous aider à sortir de l’impasse, pas nous y pousser.

 

Vous pensez que la France n’a pas agi pour votre bien ?

 

K : Durant la crise, de nombreuses familles musulmanes ont été rassemblées dans une certaine zone géographique. Dès lors, l’ancien secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a énoncé la « partition de fait » en Centrafrique. Or tous les trois, nous nous sommes obstinés à naviguer à contre-courant. L’ancien ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, n’avait rien compris à notre situation, il estimait que la France n’avait pas d’autre solution que de diviser le pays pour protéger les minorités musulmanes contre leurs agresseurs, mais c’était une erreur politique grave, soutenue d’ailleurs par l’Organisation mondiale des migrations (OIM). On pourrait même porter plainte contre elle pour… déportation !

 

Que fallait-il faire ?

 

N : Ce que nous avons fait nous-même, à notre petite échelle mais avec détermination : affirmer la Centrafrique une et indivisible, soutenir la cohabitation de toutes les confessions, dire et redire que les racines de la crise étaient politiques et qu’en aucun cas ce n’était un conflit interreligieux : les antibalakas n’étaient pas des « milices chrétiennes », comme l’affirmaient les médias occidentaux, c’étaient des tueurs sans foi ni loi !

 

Lu pour vous : Centrafrique – Mgr Nzapalainga et l’imam Kobine : « Les Antibalakas n’étaient pas des « milices chrétiennes », mais des tueurs ! »

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 16:52
Centrafrique: un Burkinabè nommé représentant spécial de l'UA

 

 

 

 

FASOZINE.COM * PAR LA RÉDACTION 01 SEPTEMBRE 2017 À 09:58

 

 

L'ancien ministre burkinabè des Affaires étrangères, Bedializoun Moussa Nébié a été nommé représentant spécial de l'Union Africaine auprès de la République Centrafricaine et de l'Afrique centrale fin août 2017 par le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat.

 

Le diplomate burkinabè succède à Mohamed El Hacen Lebatt de Mauritanie nommé conseiller spécial du président de la Commission, chargé des questions stratégiques, selon un communiqué de l'UA.


Ancien ministre des Affaires étrangères sous la Transition politique (2014-2015) Moussa Nébié était jusqu'ici ambassadeur du Burkina Faso au Kenya depuis mai 2017.

L'ancien président de la transition Michel Kafando quant à lui a été nommé représentant de l'ONU au Burundi où il doit chercher une solution à une crise politique qui secoue ce pays depuis ces dernières années.

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