Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 20:50
Sensibilisation sur des armes et munitions récupérées des mains des groupes armés en Centrafrique

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique)  septembre 28, 2017 à 19:37 - L’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR), a entamé jeudi à Bangui une évaluation sur la gestion des armes et munitions, en collaboration avec le gouvernement centrafricain à travers la Commission nationale sur les armes légères et de petit calibre (COMNAT-ALPC), avec l’appui du Service de lutte anti-mines de l’ONU (UNMAS) en RCA et la mission onusienne MINUSCA.

 

Le but de cette évaluation de quatre jours est d’apporter un appui à la Centrafrique pour permettre au pays de mieux gérer les armes et minutions récupérées des mains des groupes armés.

 

Pour le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en Centrafrique, Kenneth Gluck, « l’objectif de la rencontre est de soutenir le gouvernement de la République centrafricaine à établir une base de référence en ce qui concerne la gestion des armes et des munitions, conformément aux instruments internationaux et régionaux pertinents ».

 

Il faut éviter que ces armes et munitions soient mal entreposées car elles risquent de constituer un danger pour la population en cas d’explosion.

 

Rappelons qu’il n’y a pas longtemps des rumeurs faisant état de disparition et de vol d’armes et de munitions récupérées des mains des groupes armés et gardées au Camp de Roux à Bangui, ont circulé obligeant les responsables de l’UNMAS à les démentir publiquement.

 

Ces rumeurs ont provoqué la psychose au sein des habitants qui ont craint que ces armes ne se retrouvent à nouveau entre les mains des groupes avec tous les risques de violences envers les populations.

 

La question de la gestion de ces armes et munitions récupérées se pose avec acuité en raison des dysfonctionnements notés dans les services de sécurité.

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 20:01
Centrafrique : une ONG alerte sur le retour des massacres, Bangui appelle à l'aide

 

 

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com  Timothée Vilars le 28 septembre 2017 à 07h04

 

 

Alors que le pays subit les exactions de multiples groupes armés, le président Touadéra implore la communauté internationale.

 

Comme le résume le rédacteur en chef international du "JDD" François Clemenceau, "ce n’est pas un retour à la case départ mais presque". La tenue d'élections démocratiques, au tournant 2015-2016, avait suscité un espoir de sortie de la situation pré-génocidaire dans laquelle s'était enfoncée la Centrafrique. Hélas, note l'ONG Crisis Group dans un rapport paru ce jeudi 28 septembre, les tensions ethnico-religieuses qui avaient provoqué le déploiement de l'opération militaire française Sangaris fin 2013 sont toujours d'actualité.

 

Non seulement les élections n'ont pas réglé le problème, mais le pays connaît actuellement un fort regain de violence : "Tandis que les groupes armés s’enracinent dans les provinces, les autorités et leurs partenaires internationaux ne parviennent pas à freiner l’escalade ni à trouver des solutions durables de sortie de crise", note l'International Crisis Group, ONG basée à Bruxelles et dirigée par l'ancien secrétaire général adjoint de l'ONU aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno.

 

"L’incapacité des casques bleus à instituer un rapport de force favorable avec les rebelles et celle du gouvernement à répondre aux fortes tensions communautaires qui divisent le pays ainsi que la concurrence entre diverses médiations internationales contribuent à l'enlisement."

 

Malgré une brève accalmie sécuritaire, qui a conduit au départ de la force Sangaris en octobre dernier, "la légitimité du président Faustin-Archange Touadéra, acquise par les urnes, ne lui a fourni aucun levier d’influence efficace contre les rebelles", déplore le rapport de Crisis Group, consulté par "l'Obs" : "Depuis fin 2016, des foyers de violence s’embrasent dans presque tout l’arrière-pays. Le regain d’activité des groupes armés a entraîné la mort de nombreux civils et des déplacements massifs de populations."

 

Prédation sur le bétail et les matières premières (café, or, diamants), tensions intercommunautaires, explosion du nombre de milices locales, attaques à répétition contre les minorités musulmanes : les affrontements ont repris à grande échelle depuis le mois d'avril en dehors de la capitale Bangui, relativement sécurisée. "Le pire est peut-être à venir", alerte Crisis Group.

 

"Une répétition des événements de 2013 et un retour de la guerre civile ne sont pas à exclure. La normalisation de la situation sécuritaire en RCA est très improbable dans un avenir proche, et une défaite militaire des groupes armés est encore moins envisageable."

 

Minorités musulmanes pourchassées

 

La coalition à dominante musulmane Seleka (issue de la minorité peule), qui avait pris le pouvoir par coup d'Etat en 2013, s'est de nouveau fragmentée en une multitude de groupes rivaux qui recrutent désormais des combattants étrangers. Quant aux milices antibalaka, créées en résistance à la Seleka, "elles ont renforcé leurs activités criminelles et conservent un agenda clairement antimusulman", note Crisis Group. Le 13 mai, des milices locales chrétiennes ont massacré plus d'une centaine de personnes à Bangassou, au sud-est du pays, s'en prenant aux différentes minorités musulmanes malgré la présence des casques bleus de la Minusca.

 

Ces attaques, d'inspiration identitaire et ethnico-religieuse, mettent également en relief "des jalousies sociales tenaces, liées notamment aux activités commerciales" et peuvent prendre la forme de "règlements de comptes collectifs", souligne Crisis Group : à Bangassou, où les vendeurs musulmans se voyaient reprocher par leurs concurrents chrétiens de pratiquer des prix trop bas, c'est le quartier commerçant Tokoyo qui a été le premier visé, avec de multiples pillages à la clé. 

 

Le 19 juin, un accord de paix entre le gouvernement et les groupes armés, signé sous l'égide de la communauté catholique, maintient un fragile espoir. Mais dès le lendemain, des affrontements entre antibalaka et ex-Seleka font au moins une centaine de morts à Bria, dans le centre du pays. Le 7 août, le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires, Stephen O'Brien, déclare :

 

"Les signes avant-coureurs de génocide sont là. Nous devons agir maintenant, ne pas réduire l'effort de l'ONU et prier pour ne pas avoir à vivre en le regrettant."

 

Au 31 août, le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations-Unies recense 600.000 déplacés au sein du territoire, auxquels s'ajoutent plus de 500.000 réfugiés dans les pays voisins : en tout, un quart de la population a désormais fui les violences. L'aggravation de la situation sécuritaire a en outre dû contraindre plusieurs ONG, harcelées par les attaques et les rackets de groupes armés depuis le début de l'année, à suspendre leurs opérations dans le pays.

 

Faiblesse des casques bleus

 

Le 15 septembre, Faustin-Archange Touadéra surprend en annonçant un remaniement de "réconciliation nationale", qui permet le retour de représentants de groupes armés au gouvernement. Mais cette politique de main tendue n'apaise pas la situation. Quelques jours plus tard, inquiet de l'oubli de la communauté internationale, le président centrafricain entame une tournée mondiale. A l'Assemblée générale de l'ONU le 19 septembre, il réclame un renforcement des capacités de la Minusca (seulement 12.000 hommes sur le terrain). Le 25 septembre, il est reçu à l'Elysée par Emmanuel MacronLe 27 septembre, il s'exprime à Genève au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, où il réfute le terme de "génocide".

 

"Comme beaucoup de missions onusiennes, la Minusca présente plusieurs faiblesses majeures", déplore le rapport de Crisis Group. "Complètement débordée" face à une quinzaine de groupes armés disposant parfois d'armes lourdes, "elle est d’abord sous-dimensionnée et sous-équipée". 

 

Alors que le Département des opérations de maintien de la paix des Nations unies s’apprête à demander des renforts au Conseil de sécurité, la France y semble favorable. Les Etats-Unis, eux, se montrent perturbés par les affaires d'abus sexuels impliquant des contingents onusiens, et demandent des sanctions plus dures.

 

Viols en Centrafrique : l'honneur sali de l'armée française

 

"Afin d’inverser la tendance, le gouvernement et ses partenaires doivent mettre les rebelles sous pression – tout particulièrement en s’attaquant à leurs sources de revenus et en exerçant une dissuasion militaire plus forte –, mais aussi regagner la confiance des populations des régions périphériques", préconise l'ONG. Les populations locales ont en effet tendance à se méfier des troupes de la Minusca, qu'elles accusent, en raison du grand nombre de casques bleus musulmans, de protéger les ex-Seleka.

 

La priorité des forces internationales devrait être la lutte contre les trafics les plus rémunérateurs des groupes armés, selon l'ONG. "La reprise des principaux sites miniers que se disputent les groupes armés à l’Est présenterait plusieurs avantages", conclut-elle.

 

"Elle permettrait de priver les groupes armés de cette manne financière mais aussi, peut-être, d’éroder le soutien des acteurs du diamant, qui figurent parmi les principaux commerçants et notables des villes minières de l’Est, aux groupes de l’ex-Seleka. Une relance contrôlée du commerce pourrait redonner du travail aux jeunes, relancer l’économie locale et désolidariser les acteurs économiques des groupes armés."

 

Tout reste à faire. En 2016 selon le PNUD, la Centrafrique pointait à la 188e et dernière place mondiale de l'Indice du développement humain (IDH).

 

T.V.

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 19:52
Centrafrique: il faut "s'attaquer aux finances" des groupes armés
Centrafrique: il faut "s'attaquer aux finances" des groupes armés
Centrafrique: il faut "s'attaquer aux finances" des groupes armés

 

 

 

 

28/09/17 (AFP)

 

Il faut "s'attaquer aux finances" des groupes armés en Centrafrique, qui se battent pour le contrôle des ressources naturelles, estime un rapport du centre d'analyse International Crisis Group (ICG) jeudi alors qu'un regain de violences ravage le pays depuis plusieurs mois.

 

Le groupe de réflexion estime que la lutte contre "les trafics les plus rémunérateurs" (diamants, or, bétail...) doit être au coeur de la stratégie de sortie de crise.

 

Pour l'ICG, une "reprise, par des forces internationales, des principaux sites miniers" de l'est du pays, "présenterait plusieurs avantages": priver les groupes armés de ce financement, "éroder le soutien des acteurs du diamant" qui commercent avec les groupes armés, et relancer la filière minière pour redonner de l'emploi aux jeunes et désolidariser les acteurs économiques des groupes armés.

 

Concernant le trafic de bétail, ICG appelle la Centrafrique à plus de coopération avec les pays voisins, Cameroun en tête, qui sont "des filières d'écoulement du bétail volé".

 

Le centre de recherche souligne que le mandat actuel de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) est "flou" sur la question des trafics.

 

Le regain de violences depuis plusieurs mois en Centrafrique a causé des centaines de morts. Selon l'ONU, un quart des 4,5 millions d'habitants a fui son lieu de vie, plus haut pourcentage "jamais observé" dans un pays empêtré dans des violences depuis 2013.

 

L'intervention de la France (2013-2016) et de la Minusca (12.500 hommes) ont certes permis un retour du calme à Bangui, mais pas dans les provinces, qui restent majoritairement contrôlées par les groupes armés.

 

Pour l'ICG, une plus forte présence de Casques bleus - demandée par le président Touadéra et certains cadres de l'ONU avant le très probable renouvellement de la Minusca en novembre - sera "insuffisante".

 

L'ONU doit aussi, selon le centre de recherche, donner les moyens à ses Casques bleus de traquer les trafics de ressources et d'arrêter les "seigneurs de guerre", par un renforcement de la "capacité de renseignement et d'arrestation rapide".

 

L'ICG propose un "mécanisme de vérification" et d'identification des leaders de groupes armés pour "éviter de (les) propulser dans le processus politique, même local".

 

L'ICG suggère au président Touadéra, qui a appelé devant l'ONU la communauté internationale à "ne pas oublier" la Centrafrique, de faire preuve de "courage politique" et reconnaître les crimes commis par les précédents présidents - Michel Djotodia et François Bozizé en tête - "afin de tirer un trait sur le passé et d'ouvrir une nouvelle page".

 

 

lire le rapport à ce lien : 

file:///C:/Users/Administrateur/Downloads/centrafriquerapportcrisisgroup.pdf 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 19:48
La réponse de Pierre-Marcel Favre à l'«appel au secours d’un musulman»

 

 

La réponse de Pierre-Marcel Favre à l'«appel au secours d’un musulman»

 

https://www.letemps.ch

 

Interpellé par un courrier de lecteur, Pascal Gemperli livrait début septembre dans «Le Temps» des exemples de «terrorisme prétendument chrétien» mis en regard du «terrorisme prétendument islamique». L’éditeur Pierre-Marcel Favre lui donne la réplique

 

Cet appel à l'aide vient de Pascal Gemperli, président de l’Union vaudoise des associations musulmanes, publié par Le Temps il y a quelques jours. C’est théoriquement assez habile de sa part de renverser la situation en employant la victimisation.

 

Retrouvez ici le texte de Pascal Gemperli L’appel au secours d’un musulman

 

Il y a, tous les jours, de par le monde, des attentats ou des préparations d’attentats, revendiqués au nom de l’islam, qu’il le veuille ou non. De l’Espagne à la Suède, de la Russie à la Thaïlande, de l’Indonésie à l’Australie, du Maroc à la Turquie, du Nigeria à la Tunisie, etc., etc.

 

Ce responsable musulman agrège des situations sans rapport pour tenter de faire croire que l’islam est une victime et les chrétiens et quelques autres des terroristes. Qu’en est-il en réalité?

 

Reprenons ses citations.

 

Les anti-balaka, vous ne savez probablement pas qui ils sont. Précisons tout d’abord que l’ancien président Bozizé de Centrafrique a été balayé par des milices musulmanes venues du Nord, aidées par des pays voisins, les salakas. «Anti-balaka» signifierait «anti-machettes». Ces milices ont été fondées pour contrer les bandits de grand chemin, coupeurs de routes. Ils sont avant tout animistes plus que chrétiens et ce sont des résistants à une agression. Certes, dans la confusion générale et la guerre civile qui se sont ensuivies, ils ont aussi été coupables d’excès. Mais de là à les présenter comme des combattants chrétiens…

 

Pas de rapport avec la chrétienté

 

Le militant Gemperli évoque le Front national de libération de Tripura comme une nuisance chrétienne. Ce n’est pas sérieux. Il s’agit d’une minuscule secte indienne dont les membres sont estimés entre 150 et 850 (contre 1,4 milliard d’habitants pour le pays). Ils se prétendent chrétiens issus d’une église baptiste fondée par des Néo-Zélandais en 1940. Et ils ont à leur passif quelques attentats, exclusivement contre des hindous. Quoi de général, de massif?

 

Le Ku Klux Klan n’a aucun rapport avec l’islam ni même avec le christianisme

 

Notre héros musulman évoque aussi le Conseil national socialiste du Nagaland. C’est presque comique. Je reviens de l’Assam, immense territoire indien à l’est du Bangladesh. Le Nagaland est un des sept Etats de l’Assam. On a affaire à une ethnie très différente de ses voisines, qui réclame son indépendance, souhaitant se débarrasser de la tutelle de l’Etat central indien depuis 1947. Quel est le rapport avec la chrétienté et l’islam? Aucun.

 

Gesticulation avec un drapeau vert

 

Le grand historien et géographe Gemperli tient à évoquer le Ku Klux Klan. Ces horribles racistes s’opposent violemment aux Noirs et aux Juifs, localement, dans le sud des USA. Ces encagoulés étaient 4 millions en 1920. Bien heureusement, aujourd’hui, ils ne seraient plus que 8000 membres (de trop…). Encore une fois, aucun rapport avec l’islam ni même avec le christianisme.

 

Pour finir cette gesticulation avec un drapeau vert, notre converti évoque l’Armée de résistance du Seigneur en Ouganda. De nouveau, aucun rapport avec l’islam et guère avec le christianisme. Il y a en Afrique et en Amérique du Sud des dizaines voire des centaines de prophètes prétendument chrétiens qui fondent une «Eglise». Et ils ont un certain écho auprès de populations désorientées. Ainsi, le tristement fameux Joseph Kony a embarqué des enfants soldats dans des troubles invraisemblables. Ils seraient, dans la brousse, entre 500 et 3000. Mais qu’est-ce que cela vient faire quand on évoque l’islam et la chrétienté? Rien. Il s’agit de phénomènes régionaux, ethniques et spécifiques.

 

Je me garderai d’en dire plus. Tenter de banaliser les excès de l’islam par des exemples sans consistance n’est pas très efficace.

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 19:39
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

 

Centrafrique : La Cour des comptes européenne épingle le Fonds Bêkou

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 28 SEPTEMBRE 2017

 

BANGUI, 28 septembre 2017 (RJDH)— La cour des comptes européenne dans son rapport d’audit publié la semaine dernière a critiqué les procédures de recrutement des organisations de la mise en œuvre du Fonds Bekou en Centrafrique ainsi que les résultats de ce fonds, crée pour répondre aux besoins des populations vulnérables de la Centrafrique.

 

Le rapport de ce audit épingle la préparation « imparfaite » de cette initiative avec une impression « d’à peu près dans la gestion des 146 millions € promis ». Le rapport souligne aussi qu’avant le lancement du Fonds, la Commission Européenne n’a pas suffisamment bien évalué les canaux de financement. Elle n’a pas davantage analysé de manière exhaustive les besoins de Bangui et la procédure de sélection des ONG mettant en œuvre les réalisations de ce fonds ne sont pas claire et ne répondent pas au protocole de la Commission de l’Union-Européenne en la matière. Pire, il y a peu de preuves que ce fonds ait véritablement aidé à consolider les actions de la communauté internationale en Centrafrique.

 

Poursuivant, la Cour des Comptes déplore que « les procédures appliquées par le fonds fiduciaire Bêkou dans le choix des organisations d’exécution pour les projets n’ont pas été formalisées dans les lignes directrices sur les fonds d’affectation spéciale de l’UE ».

 

Elle déplore en « outre un nombre limité de contrats de service, le fonds fiduciaire de Bêkou a utilisé trois méthodes différentes pour sélectionner les organisations pour la mise en œuvre des projets: quatre accords de coopération délégués, dix prix directs et douze prix suite à un appel restreint aux manifestations d’intérêt ». Selon le rapport d’audit regrette qu’« il n’était pas totalement transparent de la manière dont les organisations chargées de l’exécution avaient été choisies ».

 

Le rapport relève aussi que le fonds fiduciaire de Bêkou n’a pas de cadre pour mesurer son rendement « puisqu’il n’a pas établi une chaîne de résultats complète pour son objectif général, en précisant les résultats escomptés (résultats, résultats, impact), avec des indicateurs correspondants ».

 

En dépit de certaines insuffisances, les auditeurs estiment que le choix de mettre en place le fonds était adapté aux circonstances. « Sa gestion n’est pas encore optimale dans trois domaines: « la coordination entre les parties prenantes; la transparence, la rapidité et le rapport coût-efficacité des procédures; les mécanismes de suivi et d’évaluation ».

 

Les point positifs du fonds Bêkou sont « les résultats qu’il a permis d’obtenir jusqu’à présent sont cependant globalement positifs. Nos recommandations devraient contribuer à améliorer la conception et la gestion de ce fonds fiduciaire en particulier et des fonds fiduciaires de l’UE en général », ont noté les auditeurs.

 

Le fonds fiduciaire Bêkou de l’Union-Européenne pour la République Centrafricaine, premier fonds de ce type géré par la Commission européenne, a été créé en 2014. Ce Fonds est alimenté par la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, l’Italie et la Suisse, pour accompagner la sortie de crise en Centrafrique.

 

Le Fonds Bêkou est mis en œuvre en Centrafrique par plusieurs organisations internationales qui ont sous-traité avec certaines ONG nationales et le gouvernement. Ce fonds contribue depuis la transition à la reconstruction du pays, à travers la restauration de l’administration, la relance économique et les services essentiels, notamment l’électricité, les transports, la santé et l’éducation.

 

 

Le panel des facilitateurs de l’UA projette des discussions avec les groupes armés d’ici fin Octobre, selon le représentant de la CEEAC à Bangui

 

PAR NOURA OUALOT LE 28 SEPTEMBRE 2017

 

Les discussions avec les groupes armés pourraient être amorcées d’ici fin octobre, annonce faite par Adolph Nahyo, ambassadeur de la CEEAC, membre du panel des experts. L’objectif de ces discussions sera de sensibiliser les groupes armés sur l’initiative et obtenir leur adhésion.

 

Lors de sa première réunion, les facilitateurs de la feuille de route de l’Union Africaine ont projeté d’amorcer les discussions avec les groupes armés afin de préparer le dialogue global. Adolph Nahyo, ambassadeur de la CEEAC, membre du panel des experts indique que quant à lui ces discussions pourraient commencer d’ici octobre :  « nous sommes en contact avec les groupes armés tout en dépendant du calendrier des uns et des autres. Mais cela devrait être possible avant  la fin du mois d’octobre », a confié le diplomate, pour qui, l’initiative africaine prend déjà toute sa forme, « mais le format du dialogue politique inclusif n’est pas du ressort du panel mais du gouvernement », a précisé Mr Adolph Nahyo.

 

Les pourparlers  pour la paix sont en cours selon le diplomate, Adolph Nayo, membre du panel des experts qui participent à la mise en œuvre de la feuille de route de l’Union Africaine. Il est confiant quant à la tenue des discussions de paix dans le pays : « nous accompagnons le gouvernement. Maintenant s’il faut changer de format, cela n’appartient pas à la facilitation de le dire mais cau gouvernement d’apprécier et de proposer », a-t- il  fait savoir avant de préciser que cette question n’a pas été  abordée lors de la première réunion des experts sur la feuille de route de l’Union Africaine.

 

Cette feuille de route est un fichier unique panafricain en faveur de la RCA incluant, la CEEAC, l’Angola, le Congo, le Gabon, le Tchad et la RCA.

 

 

« Nous sommes rassurés aujourd’hui de l’unanimité qui se crée autour de la feuille de route de l’UA», affirme Mohamed El Hacen Lebatt de l’UA

 

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 28 SEPTEMBRE 2017

 

 

Une réunion du Panel des Facilitateurs de l’Initiative Africaine pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine (RCA) s’est tenue à Bangui du 11 au 12 septembre 2017, au siège de la Mission de l’Union africaine pour la Centrafrique et l’Afrique Centrale (MISAC). Dans une interview accordée au RJDH, le Coordonnateur du Panel des Facilitateurs, le Professeur Mohamed El Hacen Lebatt, Conseiller stratégique Principal du Président de la Commission de l’Union africaine (UA), a exprimé la ferme volonté du Panel d’œuvrer pour la paix durable en RCA.

 

Professeur Mohamed Hacen El Lebatt bonjour !

 

MHEL : bonjour monsieur le Journaliste !

 

Vous êtes le Conseiller stratégique Principal du Président de la Commission de l’Union africaine (UA) et le Coordonnateur du Panel des Facilitateurs. Du 11 au 12 septembre une première réunion du Panel des facilitateurs s’est tenue au siège de l’UA à Bangui. Quelles sont les principales recommandations pour la mise en œuvre de la feuille de route de l’Union Africaine ?

 

MHEL : Nos nouvelles orientations sont dégagées dans le chronogramme que nous avons adopté. Il y a une série d’actions. Nous allons travailler d’arrache-pied à réunir les conditions techniques, logistiques, financières de ressources humaines, de communication, de cartes complètes de tous les groupes  qui portent les armes aujourd’hui sur l’ensemble du territoire. Lorsque cette opération technique très complexe aura terminé, nous allons entreprendre une vaste opération de contact sur le terrain non seulement avec un représentant d’acteurs des groupes armés sur le terrain mais aussi leurs commandements globaux sur le terrain, pour que les discussions englobent le maximum d’acteurs  et pour que nous puissions échanger avec le maximum d’acteurs et les écouter, dans une logique d’inclusivité totale sans exclure qui que ce soit de toutes les fragmentations de l’ex Séléka et d’Anti-Balaka et autres groupes. Par ce qu’on nous parle des autres groupes qui se sont créés et nous voulons parler avec tout le monde, encourager tout le monde à se retrouver avec les représentants du gouvernement sous l’œil de l’Initiative Africaine et de ses accompagnateurs, dont la communauté internationale, pour qu’enfin tous ensemble on se donne la main, on se met d’accord sur un Accord qui rétablit la paix définitive sur lequel tous sont d’accord.

 

Quelle est l’approche de la feuille de route de l’Union Africaine par rapport à la question de l’amnistie sur laquelle elle n’a pas encore une position vraiment claire ?

 

MHEL : Il n’appartient pas à l’Union Africaine ni la CEEAC, ni aux composantes de l’Initiative Africaine de décider sur quoi que soit à la place des Centrafricains eux-mêmes. Ceci, c’est de nous mettre sur épaule ce qui doit être exclusivement sur vos épaules. Si vous voulez poursuivre la guerre et les tueries, ce sera votre responsabilité. Si vous voulez faire la paix entre vous et instaurer un climat propice à l’évolution favorable sur le plan démocratique, économique et social de votre pays c’est votre responsabilité. Notre apport c’est quoi : La feuille route, c’est pour faciliter les rencontres et les discussions entre tous les Centrafricains sans exception. C’est de vous offrir les cadres de vos discussions, échanges, négociations, revendications, demandes et compromis éventuels. Il ne nous appartient pas, sur une quelque question de Justice, de démocratie, d’associations, d’application de loi pénale et d’impunité de vous proposer quoi que soit. Nous ne vous proposons rien…… nous vous créons un cadre plus propice pour la solution de vos problèmes. Je ne peux pas être plus claire…

 

Après cet appel lancé vers les Centrafricains, est-ce que vous voyez un aboutissement à cela ?

 

MHEL : Je voudrais dire que, nous ne sommes pas là pour plaisanter ni remplir la galerie. Nous ne sommes pas là pour chercher un accord de plus. Nous sommes là pour faire aboutir cette initiative et nous sommes déterminés à le faire. Nous sommes rassurés aujourd’hui de l’unanimité qui se crée autour de la feuille de route de l’Union Africaine, après avoir suscité à des moments donnés des questionnements, des doutes… Nous venons de sortir d’une audience extrêmement instructive et extrêmement  positive avec le Président de la République, et nous avons discuté avec le Président de l’Assemblée Nationale; nous allons discuter avec tous les partenaires, mais nous allons surtout discuter en tant qu’africains avec les Centrafricains et avec ceux qui sont responsables de violences aujourd’hui en Centrafrique.

 

Quel est le cadre de collaboration avec l’institution de l’UNDAF

 

MHEL : Notre principe est de collaborer avec tous ceux qui peuvent nous aider sans aucune exclusivité. Je tiens à préciser que les membres de panel, réunis ici à cette rencontre, n’ont aucune intention de faire de la paix en Centrafrique un fonds de commerce pour eux, ni de monopoliser l’œuvre pour la paix. Tous ceux qui peuvent nous aider, nous allons nous adresser à eux, qu’ils soient des Centrafricains ou des étrangers.

 

Quelle est votre appréciation par rapport au respect des droits de l’Homme en Centrafrique ?

 

MHEL : Je trouve intolérable, insupportable la poursuite de la scène à laquelle nous assistons aujourd’hui. Que des centrafricains continuent d’assassiner, de tuer, d’égorger des Centrafricains. Je trouve qu’il est inacceptable qu’on continue de tolérer cela et tolérer l’image que cela renvoie de ce pays qui a un peuple merveilleux. Tous les Centrafricains devraient se soulever en un seul homme pour dire : y en marre !

 

Donc, dans ce cadre, le respect des Droits de l’Homme et de l’être humain et de sa dignité, de son intégrité et sa santé sont quelque chose de primordial.

 

Monsieur le Professeur Mohamed El Hacen Lebatt je vous remercie !

 

 

Les missions du panel et qualités recommandées aux experts membres du panel

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 28 SEPTEMBRE 2017

 

Après l’intervention panafricaine aux côtés de la Centrafrique au plus fort de la crise à travers la Misca, une feuille de route a été initiée et adoptée le 17 juillet 2017 à Libreville, au Gabon. Cette feuille de route prévoit un mécanisme africain pour la résolution de la crise.

 

Se mettre autour de la table malgré les divergences et se parler pour obtenir la paix, c’est l’objectif de la feuille de route de l’Union Africaine, selon le ministre congolais des Affaires Etrangères Mr Jean Claude Gakosso.

 

Cette feuille de route, loin d‘être une initiative sans lendemain,  a connu l’implication des pays partenaires pour la paix et des organisations qui se sont réunis à Bangui, dans un panel des experts qui se sont assignés les missions suivantes : convoquer les rencontres avec les parties prenantes et modérer les discussions ; faciliter la recherche de consensus et de compromis entre les Parties centrafricaines ; faire observer les principes directeurs édictés dans la Feuille de route en vue de favoriser un climat de paix entre les parties prenantes centrafricaines.

 

« La mission est délicate, mais la méthodologie pourra faciliter les choses », d’après le ministre congolais des Affaires Etrangères, Jean Claude Gakosso qui définit les qualités attendues des facilitateurs : « la probité morale, la neutralité, l’unité,  l’engagement à toute épreuve, la persévérance car il n’y a pas d’alternative à la paix » a-t-il insisté.

 

Faire de la paix en RCA une exigence, les Etats africains s’investissent davantage et ne se montrent pas fatigués pour accompagner ce pays au sortir du chao. Mais les centrafricains doivent jouer leur partition en comprenant qu’ils ne sont pas les seuls et qu’il faut sauver la paix à tous les prix.

 

Le gouvernement centrafricain signataire de la feuille de route mesure les enjeux de l’initiative, à travers son ministre des Affaires Etrangères Charles Armel Doubane, qui qualifie l’initiative de « cette initiative de dernière chance pour les Centrafricains  de créer les conditions d’une accalmie durable devant déboucher forcement sur la paix de laquelle dépend la relance, le relèvement, puis le développement de la RCA ».

 

Faustin Archange Touadera, favorable à l’initiative africaine a désigné un point focal : Jean Wilibiro Sacko, ministre conseiller à la Présidence en charge du DDRR, RSS et Réconciliation nationale au sein du panel des experts pour porter les questions essentielles. Une mission additionnelle placée sur la même trajectoire du gouvernement pour faire un DDR négocié et aboutir à une réconciliation apaisée.

 

L’initiative africaine, qui ne met pas entre parenthèse la justice, se veut raisonnable et pratique. Le dénominateur commun, c’est l’adhésion des groupes armés réputés farouches et leur disponibilité à parler dans un cadre et format de dialogue inclusif. Est-ce que le panel des experts et les négociations qui s’en suivront, aboutiront au dialogue global pour la paix ? Voilà la grande interrogation et si cela arrive, ce sera un pas de franchi.

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 23:07
Lu pour vous : Pourquoi la Centrafrique appelle à nouveau au secours

 

 

 

 

 

Le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, sera entendu aujourd’hui par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. Lundi, il était à Paris en provenance de New York. Partout, il ne cesse de demander de l’aide. Au micro d’Europe 1, la chronique du rédacteur en chef international du JDD, François Clemenceau.

 

Pour dire les choses clairement, ce n’est pas retour à la case départ mais presque. D’après le dernier rapport des émissaires de l’ONU en Centrafrique, le pays a replongé dans une violence inédite depuis les massacres de 2014 qui avaient justifié le déploiement en urgence de l’opération militaire française Sangaris. Des milliers de victimes, des centaines de milliers de villageois déplacés et aucune région à part la capitale n’est épargnée par les actes de nettoyage ethnique ou de prédation tandis que les bandes armées se sont emparées des exploitations de minerais ou de diamant. Il y a bien un président démocratiquement élu, Faustin-Archange Touadéra, un embryon d’armée, 15.000 casques bleus, mais dans ce pays plus grand que la France, ce n’est pas suffisant pour ramener l’ordre et reconstruire.

 

Et pourtant, il y a eu des progrès. Il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître, on ne passe pas d’une situation pré-génocidaire dans l’un des pays les plus pauvres du monde à une démocratie de canton suisse. Mais les progrès politiques ont été lents à produire du consensus au sommet et les bailleurs de fond, ceux qui maintiennent cette nation sous perfusion et qui avaient promis l’an dernier plus de deux milliards de dollars pour relancer les chantiers de l’Etat de droit et de l’économie, ne débloquent les fonds qu’en s’assurant que l’argent ne sera pas dilapidé.

 

Faudrait-il que la France intervienne à nouveau en Centrafrique?

 

C’est ce décalage des calendriers, le temps politique et social et celui de l’extrême violence et de l’impunité qui sont décalés. Un seul exemple : la présidence a initié une Commission de vérité et réconciliation pour que les groupes armés rendent les armes et intègrent les forces de sécurité, elle bénéficie de l’aide formidable de l’organisation Sant Egidio qui a fait des miracles ailleurs en Afrique et en Amérique latine. Mais le projet, toujours expérimental, ne concerne que des poignées de combattants repentis, alors que le pays est à feu et à sang.

 

Faudrait-il alors que la France ou d’autres se redéploient militairement sur place? C’est ce qu’on pense toujours, d’abord la sécurité puis viendra le développement. Mais on voit bien au Mali ou en République du Congo que ce n’est pas si simple. Les habitants veulent les deux en même temps et c’est normal. La France a fait son travail avec l’opération Sangaris, elle a passé le relais aux Nations Unies, elle a permis des élections libres. Elle continue avec les Européens de former une armée centrafricaine capable de se battre mais il y en a pour des années.

 

Emmanuel Macron a dit au président Touadera à Paris qu’il souhaitait un Etat fort mais que c’était à l’ONU de venir en aide à la Centrafrique, à la fois en moyens militaires et en moyens de développement. Ce qui traduit en creux le débat actuel parmi ceux qui redoutent une forme de pérennité du néo-colonialisme mais qui, lorsque le multilatéralisme prend le relais, se plaignent de ses insuffisances.

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 22:55
Centrafrique : des déplacés s’entassent à Bozoum, après un regain de violence

 

 

 

 

http://observers.france24.com  27/09/2017

 

Des milliers d’habitants de Bocaranga et Niem, au nord-ouest de la Centrafrique, ont fui précipitamment samedi 23 septembre à l’aube, alors que leur ville était attaquée par deux groupes armés. Beaucoup se sont réfugiés à Bozoum, à 127 km au sud, où des responsables catholiques et des habitants tentent de les accueillir mais où la situation demeure très tendue.

 
Le mouvement de déplacés est conséquent : au total, 23 000 personnes (15 000 habitants à Bocaranga et 8 000 à Niem) ont fui les violences. Selon plusieurs sources, dont notre Observateur, deux groupes ont attaqué de concert Bocaranga : le groupe 3R, une milice armée qui dit vouloir défendre les Peuls, minoritaires dans la région, et qui s’est alliée à des éléments du groupe MPC (Mouvement patriotique pour la Centrafrique), une branche de l’ex-Seleka [milice composée principalement de combattants musulmans]. 


Deux morts ont été comptabilisés à Bocaranga, mais le bilan n’est, mercredi 27 septembre, toujours que provisoire. Car selon notre Observateur, les groupes armés occupent toujours la ville, y rendant l’accès impossible. 

 

"J’ai vu des assaillants tirer sur des habitants"

 

Aux environs de 5 h 30 samedi matin, j’ai entendu de très fortes détonations, ce n’étaient pas de simples coups de fusils. Depuis la veille, des rumeurs circulaient sur une tentative de groupes armés pour prendre la ville. Donc je n’ai pas hésité : avec ma femme et ma fille, nous avons fui en brousse, comme quasiment tous les habitants de la ville. 


Dans la rue nous avons croisé des assaillants. Pour moi il est clair qu’ils étaient issus du 3R, puisqu’ils criaient des slogans en peul. Les éléments antibalaka [milices rurale composée majoritairement d’éléments chrétiens et animistes, opposés à la Seleka] n’ont guère pu riposter, car ils n’ont pas d’armes d’assaut, tout juste des armes de chasse, ça ne faisait pas le poids.


C’était la panique, les gens prenaient ce qu’ils pouvaient comme affaires, certains fuyaient en moto, d’autres comme moi, à pied. Nous avons dans un premier temps stationné sur une colline à l’extérieur de la ville, depuis laquelle on a vue sur Bocaranga. J’ai vu des assaillants s’en prendre violemment à des habitants et leur tirer dessus. 

Dans la débandade en quittant Bocaranga, j’ai perdu ma fille. J’ai marché pendant trois jours jusqu’à Bozoum, où je suis arrivé mercredi matin. Dès mon arrivée j’ai lancé des SOS pour la retrouver et heureusement elle avait été amenée ici par d’autres habitants. Nous avons été recueillis par l’église chrétienne à Bozoum, puis par un ami de longue date. Nous ne savons pas combien de temps on restera ici.


Notre Observateur à Bozoum, le père Aurelio Gazzera, nous a fait parvenir ces photos prises lundi des déplacés de Bocaranga qui ont trouvé refuge dans la mission chrétienne et chez les habitants.

Mardi, une patrouille de la Minusca (Mission des Nations unies en Centrafrique) a été empêchée de rentrer dans Bozoum, rapporte par ailleurs notre Observateur. "Des jeunes n’ont pas accepté qu’ils entrent, ils les accusaient de n’avoir pas protéger Bocaranga. Ils ont tiré en l’air, fait des barricades, puis les choses se sont apaisées" rapporte-t-il. 
 

Que se passe-t-il à Bocaranga ?


Il est très difficile d’avoir des informations et des images récentes de la ville. 

Dans un rapport de décembre 2016 de Human Rights Watch, le groupe 3R (pour Retour, Réclamation et Réhabilitation) était accusé par l’ONG d’avoir "tué et violé des civils, et provoqué des déplacements de population à grande échelle au cours de l’année écoulée" dans la région de Bocaranga. Début février 2017, il avait déjà essayé de prendre la ville. Une milice antibalaka dirigée par un général autoproclamé lui a fait opposition et est également accusée par HRW d’avoir tué des civils. 

Depuis deux semaines, les tensions ont redoublé dans la région entre le groupe 3R et les milices anti-balakas. Le porte-parole du groupe 3R a notamment été assassiné début septembre. Ces tensions ont favorisé une alliance entre 3R et le MCP, qui se seraient répartis la ville de Bocaranga, affirme notre Observateur. 

 

Selon la Minusca, une situation "sous contrôle"


Contactée par la rédaction des Observateurs de France 24, la Minusca affirme que "la situation est sous contrôle des Casques bleus". "Les forces de la Miusca, qui étaient en patrouille à différents endroits de la ville au moment de l’attaque, ont aussitôt réagi et réussi à repousser [les] éléments armés. Depuis samedi, les éléments 3R sont à l’extrémité sud et les éléments antibalaka à l’extrémité nord de la ville, mais il n’y a pas eu d’affrontements". La Minusca affirme par ailleurs que des habitants se sont réfugiés dans sa base à Bocaranga, y dorment la nuit mais circulent dans la ville en journée.

 
Après des années de crise, la Centrafrique connaît une relative stabilité, à l’exception du nord-ouest, encore traversé par de sérieux troubles. Selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), à la mi-septembre, le nombre de réfugiés et de déplacés ayant fui les violences en Centrafrique a atteint son "plus haut niveau ", soit 1,1 million de personnes sur 4,5 millions d’habitants.

 

Centrafrique : des déplacés s’entassent à Bozoum, après un regain de violence

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 22:37

 

 

 

 

27/09/2017 (AFP)

 

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a estimé mercredi que parler de génocide en Centrafrique, terme employé fin août par le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires de l'époque, n'est pas "justifié".

 

"Génocide, nous pensons que ce n'est pas très justifié", a déclaré M. Touadéra lors d'une conférence de presse à Genève, en marge de la 36e session du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies.


"Parler dans cette étape de génocide, nous pensons que c'était trop avancé", a-t-il dit, en réponse à une question sur les propos tenus en août par celui qui était encore alors secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Stephen O'Brien. Il a depuis été remplacé.


"Les signes avant-coureurs de génocide sont là", avait déclaré ce responsable onusien en rendant compte lors d'une réunion à l'ONU de récents voyages menés en Centrafrique et en République démocratique du Congo.

 

M. Touadéra a expliqué que ces propos avaient été tenus par M. O'Brien après une visite dans son pays, où il avait visité la ville de Bangassou (sud-est), "où il y avait effectivement des violences, surtout intercommunautaires".


"Génocide pour nous c'est un mot très fort", a jugé le président centrafricain.
"Des gens de même ethnie se trouvent de part et d'autre dans les communautés qui se battent", a-t-il ajouté.

 

Le conflit en Centrafrique a commencé avec le renversement en 2013 de l'ex-président François Bozizé par les milices Séléka prétendant défendre la minorité musulmane, entraînant une contre-offensive des anti-balaka majoritairement chrétiens.


La quinzaine de groupes armés recensés en Centrafrique se battent aujourd'hui pour le contrôle des ressources naturelles (diamants, or, bétail...).

 

Devant le Conseil des droits de l'Homme, le président centrafricain a souligné que "la situation sécuritaire et humanitaire demeure fragile" en Centrafrique et a affirmé sa volonté de mettre fin à l'impunité.


Il a également assuré, devant les médias, que la Cour pénale spéciale, créée légalement en 2015 et qui doit instruire et juger les multiples crimes contre l'humanité et les crimes de guerre commis en Centrafrique depuis 2003, sera "très bientôt opérationnelle", "d'ici la fin de l'année".

Centrafrique: parler de génocide n'est pas "justifié", selon le président Touadéra

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 22:33
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

 

Centrafrique : la Société Civile projette une journée nationale de deuil suite aux violences de Bocaranga.

 

PAR NOURA OUALOT LE 27 SEPTEMBRE 2017

 

Bangui, 27 septembre 2017(RJDH)— Le Groupe de Travail de la Société Civile sur la crise centrafricaine (GTSC) projette décréter une journée de deuil national en mémoire des victimes de violences dans la Nana-Mambéré et Ouham Pendé. Cette déclaration a été faite ce matin à Bangui.

 

Pour le groupe de travail de la Société civile sur la crise centrafricaine, le gouvernement et la Minusca sont les principaux responsables qui ont endeuillé la ville de Bocaranga, « face à ces violences, nous avons remarqué une passivité de la Minusca, l’inaction du gouvernement qui n’a même pas tenu un discours condamnant les exactions ni adressé un discours de condoléances aux familles endeuillées. Le silence fort et inquiétant des parlementaires censés défendre les populations en détresse. Si on n’y prend pas garde les violences vont atteindre la Mambéré-Kadéi.  Nous tenons pour responsables le gouvernement et la Minusca des morts de nos citoyens centrafricains lâchement abattus par des terroristes déguisés », a expliqué Paul Crescent Beninga porte-parole par intérim du groupe de travail.

 

La société civile penche pour une journée nationale de deuil en mémoire des personnes tombées lors de ces évènements, « ainsi, nous allons décréter dans un bref délai une journée nationale de deuil sur toute l’étendue du territoire en la mémoire de nos compatriotes assassinés notamment ceux de Bocaranga ».

 

L’attaque de Bocaranga a été aussi condamnée par le coordonnateur humanitaire en Centrafrique Najat Rochdi qui parle d’importants déplacements des populations de cette localité dans la brousse, « où ils ne peuvent avoir accès à l’assistance humanitaire ». Le coordonnateur humanitaire rappelle que plusieurs humanitaires ont été contraints de suspendre leurs activités dans la région suite aux violences entretenues par les groupes armés.

 

La ville de Bocaranga  a été attaquée le 23 septembre 2017  par des groupes armés considérés comme des combattants de 3R dirigés par Sidiki. Plus de la moitié des quinze mille habitants de la ville ont rejoint Bozoum suite à cette attaque.

 

 

Centrafrique : Les activités de la ligue de basketball perturbées par les programmes de l’Onasport

 

PAR JUVENAL KOHEREPEDE LE 27 SEPTEMBRE 2017

 

BANGUI 27 septembre 2017 (RJDH)—Le staff managérial du basket-ball déplore la mauvaise gestion des infrastructures par l’office national du sport (ONASPORT). Laquelle gestion impacte négativement sur le championnat en cour. Frustration exprimée au RJDH par les leaders de basket-ball à Bangui.

 

L’Onasport organe de gestion des infrastructures est cité dans l’incompatibilité de programme avec celui de la fédération centrafricaine de basket-ball. Les activités religieuses priorisées en lieu et place du sport constituent le nœud de discorde avec conséquence immédiates le bouleversement dans le programme de l’éliminatoire du premier tour dans le cadre du play off.

 

Hervé Kouroussou déplore la gestion irrationnelle de l’infrastructure.  « Quand l’Onasport met le palais de sports en location, c’est nous au niveau de la ligue qui dépensons le peu qu’on a pour entretenir les lieux », a dit Hervé Kouroussou, le premier vice-président de la ligue de Basketball de Bangui avant d’ajouter que « l’Onasport programme ces mises en location sans tenir compte de la programmation des rencontres de la ligue ».

 

Cette situation perturbe les séances d’entrainement de certains clubs à l’exemple du club BEAC selon Bruno Darlan coach dudit club. « Pour le moment je ne peux pas modifier mon rythme de travail, je ne connais pas la date de la reprise de peur de détruire mon élan de travail », a-t-il dit.

 

Les responsables de l’Onasport n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations. Cette perturbation intervient dans un contexte de renouvellement de talent des fauves version basket-ball.

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 01:17

 

 

 

 

https://mondafrique.com  Par  La redaction de Mondafrique  25 septembre 2017

 

Ancien journaliste au “Monde” en charge de l’Afrique et du Maghreb, Jean-Pierre Tuquoi raconte dans son livre “Oubangui-Chari, le pays qui n’existait pas”, à quel point la Centrafrique, appelée aussi l’Oubangui Chari, est une invention française. Ce pays fantôme a été créé de toutes pièces par une poignée de missionnaires sans états d’âme, d’aventuriers extravagants et de militaires jeunes et exaltés. De ce vaste et lointain territoire ont hérité, pendant la période coloniale, des sociétés concessionnaires qui se sont payées sur la bète. Lorsqu’au début des années 1960, l’indépendance fut octroyée à “la Cendrillon de l’Empire” , le pays avait tout pour se déliter. Ce qu’il a fait, dans l’indifférence au fond de l’ancienne puissance coloniale qui n’a pas réussi à redonner la moindre vigueur à ce non pays. Un entretien avec Marie Hirtzberger.

 

Mondafrique. Pourquoi avoir préféré utilisé pour votre titre l’ancien nom de la Centrafrique, l’Oubangui-Chari? Est-ce vraiment un pays à l’agonie, comme vous le suggérez ?

 

Jean-Pierre Tuquoi. J’ai préféré conserver le nom d’Oubangui-Chari, le nom du Centrafrique lorsqu’il était colonisé, pour donner au titre une dimension mystérieuse, onirique, un peu romanesque. J’aurais pu tout aussi bien l’intituler « Le pays fantôme ». C’est ce qu’il est. L’Etat est en lambeaux. L’administration, un souvenir. La société civile, inexistante. Peut-être que l’histoire aurait été différente si le pays avait conquis son indépendance les armes à la main. Un lien fort cimenterait la nation. Mais l’indépendance lui a été octroyée par la France, qui voulait partir le plus vite possible.

 

Mondafrique : Pourquoi qualifier ce pays de « figure maudite de l’historiographie coloniale » ?

 

J-P. T. : Les malheurs de cette colonie viennent [ndlr : de la crise] de Fachoda, qui a opposé les impérialismes anglais et français à la fin du 19ème siècle. Si les Français avaient réussi à contrôler une zone reliant la côte ouest africaine à la côte est, le Sénégal à Djibouti, l’Oubangui-Chari aurait été une étape à mi-chemin, donc un point stratégique. Mais comme la France a échoué dans son entreprise, l’Oubangui-Chari a perdu tout intérêt stratégique. La colonie est devenue une impasse. La France s’est désintéressée et elle a été livrée à des intérêts privés.

 

Mondafrique : Vous évoquez le statut de « notable évolué » ou tout simplement d’ « Evolué » dans votre livre : très peu de Noirs d’Oubangui l’obtiennent entre 1941 et 1961. Comment analysez-vous ce phénomène ?

 

J-P. T. : Les « évolués » c’était l’embryon de classe moyenne sur laquelle le colonisateur voulait s’appuyer. C’était une avancée à l’époque. La France n’a rien inventé. Les Belges ont fait pareil au Congo. Etre « évolué » ça se méritait. Il fallait réunir tout un tas de conditions bien précises. Seuls quelques centaines d’individus ont bénéficié du statut en Oubangui-Chari, une colonie très peu peuplée. Avec le recul, on voit les choses différemment.

 

Mondafrique : Pourquoi la France intervient-t-elle toujours en Centrafrique ? Quel est le rôle des autres pays frontaliers dans la configuration politique et leurs intérêts sont-ils les mêmes ?

 

J-P. T. : La dernière intervention a eu lieu pour conjurer le fantôme du génocide au Rwanda. La France redoutait je pense d’être mise en accusation dans son ancienne colonie en cas de génocide. Les intérêts économiques ont peu pesé. Ils sont dérisoires. En Centrafrique y a de l’or, du diamant, du bois, sans doute un peu de pétrole. Mais ça n’est pas l’Arabie saoudite ni l’Afrique du sud.

François Hollande, au moment d’envoyer les troupes françaises, avait insisté sur le caractère très bref de l’opération. Elle ne devait pas durer plus de deux ou trois mois. Il s’est lourdement trompé. Je pense que les militaires français l’avaient convaincu qu’ils allaient rapidement régler le problème, qu’ils connaissaient bien le terrain, qu’ils allaient rétablir l’ordre sans tarder. En fait, ils ont eu tout faux.

Aujourd’hui, les militaires français ont plié bagage. Ne restent que quelques centaines d’hommes. Peut-être seront-ils renforcés si la situation continue à se détériorer. Ceux qui sont censés faire le travail désormais ce sont les Casques bleus. Il y en a plus d’une dizaine de milliers sur place. Mais ils n’ont pas la capacité de rétablir l’ordre.

Vous m’avez parlé des pays frontaliers. Ils sont tous fragiles et secoués par des crises. Disons qu’ils sont autant une des sources du problème centrafricain que de sa solution.

 

Mondafrique : La France entretient un rapport intime avec son histoire coloniale (en particulier en République Centrafricaine). Y a-t-il une spécificité de l’armée française de ce point de vue ?

 

J-P. T. : L’armée avait des bases importantes pendant la Guerre froide. Le Centrafrique c’était un porte-avion au cœur du continent noir. L’intérêt de la France pour son ancienne colonie était d’ordre militaire et stratégique. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout la même chose. La guerre froide est terminée. Et le colonel Kadhafi, qui voulait étendre son influence sur le continent noir, est mort. Le Centrafrique n’a plus d’intérêt aux yeux des militaires. Emmanuel Macron est allé au Mali. Pas au Centrafrique.

 

Mondafrique : Qu’est ce qui a changé depuis que les forces françaises ont quitté le terrain en 2016 ?

 

J-P. T. : « Les Centrafricains ont une conscience de colonisés » affirmait Jean-Paul Ngoupandé, un ancien Premier ministre très brillant. Il voyait juste. Les hommes politiques centrafricains – et les Centrafricains – attendent tout de la France. Dès qu’ils sont confrontés à un problème ils se tournent vers l’ancienne puissance coloniale. Ngoupandé avait une expression pour désigner cet état d’esprit. Il parlait du « syndrome Barracuda », du nom de l’opération militaire française montée pour se débarrasser de l’empereur Bokassa.

 

Mondafrique : Le dernier chapitre de votre livre s’intitule L’agonie : quelle est la part de responsabilité de la colonisation dans cette agonie ? Quels sont les autres responsables ?

 

J-P. T. : La France n’a pas accompagné le pays devenu indépendant, comme elle aurait dû. Ancien prêtre, le premier président, Barthélémy Boganda était un visionnaire. Il était convaincu que les Etats de l’ancienne Afrique équatoriale française – le Gabon, le Congo, le Tchad et le Centrafrique – devaient se regrouper, s’unir pour être viables. Il rêvait des Etats-Unis d’Afrique latine, sur le modèle de l’Amérique latine, en élargissant le cercle à l’Angola, au Rwanda, à l’ex Congo belge… C’était très bien vu mais ça venait trop tard. Il aurait fallu préparer le rapprochement avant les indépendances.

Mais la faillite d’un pays comme le Centrafrique n’est pas que de la responsabilité de la France, l’ancienne puissance coloniale. Les élites locales sont tout aussi coupables. Il n’y a pas de classe politique digne de ce nom pas de société civile, pas de presse… La seule véritable force du pays, c’est l’Eglise. La visite du Pape dans la capitale a permis de rompre un temps le cercle de violence.

J’ai écrit le chapitre intitulé L’agonie il y a six mois. Depuis, la situation n’a cessé de se dégrader. Je me demande parfois si un individu à poigne qui s’emparerait du pouvoir ne serait pas un soulagement pour tout le monde…

 

Mondafrique : Est ce la France ou son armée qui entretient un rapport intime avec son histoire coloniale (en particulier en République Centrafricaine) ?

 

J-P. T. : L’armée avait une base importante en Centrafrique avant la Guerre froide. C’était un porte-avion au cœur du continent noir. L’intervention française se justifiait alors car elle avait un intérêt stratégique majeur. Mais aujourd’hui, ce n’est plus du tout la même chose. Emmanuel Macron ne se rendra sans doute pas en Centrafrique. Aujourd’hui, la France interviendra seulement, si elle doit le faire,  pour évacuer les Européens.

 

Mondafrique : Qu’est ce qui a changé depuis que les forces françaises ont quitté le terrain en 2016

 

J-P. T. : « Les Centrafricains ont une conscience de colonisés » affirmait Jean-Paul Ngoupandé, l’ancien Premier ministre du pays pendant la présidence d’Ange Félix Patassé. Les hommes politiques centrafricains attendent encore beaucoup de la France qui pourtant a largement retiré ses troupes.

 

 Mondafrique : Le dernier chapitre de votre livre s’intitule L’agonie : quelle part de responsabilité de la colonisation dans cette agonie ? Quels sont les autres responsables ?

 

J-P. T. : La France a littéralement abandonné le pays à l’indépendance. C’est une faiblesse énorme. Le premier président, Boganda, avait raison. Il pensait qu’il fallait que les Etats africains se regroupent pour créer une sorte d’« Afrique latine » et cela devait être enclenché avant l’indépendance. Mais finalement, rien n’a été fait.

Toute la responsabilité n’est pas à incomber à la France, mais aussi aux élites locales. Il n’y a pas d’homme politique d’envergure en Centrafrique, pas d’administration. La seule véritable force du pays, c’est l’Eglise. La visite du Pape dans la capitale a permis de rompre le cercle de violence. L’Eglise locale a d’ailleurs relayé le même message de paix dans tout le pays. Le conflit n’a pas été instrumentalisé par les forces religieuses. Je me demande parfois si un individu à poigne qui s’emparerait du pouvoir ne serait pas un soulagement pour tout le monde…

 

Mondafrique. Votre livre ne plaide guère pour un avenir radieux….

 

J.P.T. Sans doute, mais il y a également des gens sympathiques, optimistes qui forcent l’admiration dans ce pays en lambeaux. Ainsi ce directeur d’école de la commune de Damara, Jean Blaise Armand Bayakou, que j’évoque à la fin de mon livre, m’a vraiment impressionné. Damara, c’est le dernier verrou avant la capitale, Bangui, sur la route qui vient du Tchad, où le vieil hôpital pour lépreux a été abandonné aux herbes. C’est par là qu’ont défilé toutes les rébellions: les hordes de Bemba, les troupes de Bozizé, les combattants de la Séléka ou les milites antibalaka. Et bien, cet instituteur très digne, chemise blanche et costume sobre, croit toujours  en ce qu’il fait. Il incarne ce qui reste de l’Etat dans ce pays à genoux lorsqu’il note dans un grand cahier, d’une écriture désuète et splendide, la liste des écolières qui habitent parfois à dix kilomètres de l’école.

S’il y avait quelques milliers de types comme celui là à qui on donnerait les moyens d’agir, c’est sûr que ce pays marcherait mieux.

 

Oubangui-Chari, le pays qui n’existait pas (Jean-Pierre Tuquoi, éd. La Découverte, 21€)

 

Lu pour vous : A lire : Jean Pierre Tuquoi: la Centrafrique, ce pays qui n’existe pas

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com