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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 16:26
Centrafrique : Distribution des non-vivres aux déplacés de Paoua au nord du pays

 

 

 

Par Auguste Bati-Kalamet le 7 février 2018

 

 

PAOUA, 07 Février 2018 (RJDH)—Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) en collaboration avec le Conseil Danois pour les Réfugiés (DRC) ont procédé à la distribution du 5 au 6 février, des kits composés des non vivre aux déplacés de Paoua. Cette distribution précède celle des vivres en mi-janvier 2018.

 

Cette distribution intervient dans un contexte où la situation sécuritaire dans la ville de Paoua connait une nette amélioration après le déploiement des FACA dans cette localité. Plus de 65.000 déplacés ont fui depuis décembre 2017 des combats dans les périphéries de la ville pour trouver refuge à Paoua.

 

Selon les explications de Saint Floris, chargé de retour et de la réintégration des réfugiés au UNHCR, les besoins des déplacés sont énormes, « la distribution des non-vivres précèdent à la distribution des vivres. Ce que nous avons donné ne répond pas aux besoins globaux des déplacés.  Il leur faut une alimentation régulière», confie-t-il.

 

Luc-Nicolas Ndinga, Sous-préfet par intérim de Paoua, confirme la précarité dans laquelle les déplacés vivent, « ce geste du DRC en collaboration avec le UNHCR prouve un début de solution. Nous sommes émerveillés de la distribution de ces non vivres. Ils ont passé la nuit à même le sol sur des pagnes et ensemble avec les bœufs. Mais, les besoins sont énormes, les déplacés veulent repartir » a-t-il dit.

 

L’UNHCR projette appuyer davantage les personnes en situation difficile à Paoua.

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Centrafrique-Presse.com
7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 16:08
Centrafrique : Patrick Albert Djoka antropologue, chercheur justifie les actions de Faustin Archange Touadera

 

 

 

Par Jean Fernand Koena le 7 février 2018

 

BANGUI, le 7 Février 2018(RJDH)—Dans une interview accordée au RJDH, Patrick Albert Djoka, l’un des proches de Faustin Archange Touadera, justifie ses actions par la reprise des activités économiques dans le pays. Il l’a dit dans une interview accordée au RJDH.

 

RJDH : Monsieur Patrick Albert Djoka, bonjour

 

PAD : Bonjour monsieur le journaliste

 

RJDH : Alors près de deux ans du retour à l’ordre constitutionnel en République Centrafricaine, quelle lecture faites-vous de la situation globale de la RCA sur le plan économique et social ?

 

PAD : Vous savez, après  plus de deux ans aujourd’hui, la RCA  a connu une avancée très considérable. C’est vrai, on sort de très loin avec tout ce qui s’est passé dans le pays. Tous ces soubresauts, tous ces mouvements politico-militaires et étrangers qui se sont invités dans l’affaire centrafricaine pour nous mettre en péril, petit à petit, c’est  comme une grande maladie.

 

Et vous savez que quand une personne est gravement malade  et qu’on arrive à trouver un bon médecin à ses côtés, eh bien elle se remet progressivement. Ce qui dit qu’aujourd’hui on ne peut toujours pas être pessimiste. Je crois que ma vision aujourd’hui est optimiste parce que je vois que le pays est en train de se reprendre progressivement en main. Il suffit juste de regarder les grands carrefours de la ville de Bangui tous les matins. Vous allez voir que la circulation est dense et on voit des embouteillages un peut partout. C’est un signe positif.

 

RJDH : Vous êtes optimiste alors que l’évidence est celle de constater aujourd’hui que beaucoup de Centrafricains vivent avec moins d’un dollar et que la pauvreté est le quotidien même des Centrafricains.

 

PAD : Vous avez raison, je vous ai dit tout à l’heure que nous sortons de très loin. On ne doit pas perdre cela de vue. En principe, la RCA en tant que telle ne devrait pas exister avec tout ce qu’on a connu dans ce pays. Vous imaginez que  nous avons été touchés au profond de nous-mêmes. Donc pour se remettre aujourd’hui, on va progressivement. Ce n’est pas un bâton magique pour dire toute de suite, aujourd’hui. Tous les centrafricains vont vivre au-delà de ce qu’ils ont. Non ! C’est progressivement.

 

RJDH : Mais si vous dites que ce n’est pas un bâton magique. Alors à quoi sert le leadership? Parce que gouverner c’est prévoir, c’est porter des ré,formes pouvant solutionner les problèmes.

 

PAD : Très bien, monsieur le journaliste. Gouverner c’est prévoir, c’est porter des réformes pouvant solutionner les problèmes que nous avons eus. Justement on est en train de voir ces problèmes. Le gouvernement sous l’égide du premier Ministre et le président de la République sont en train de travailler. Il y’a aussi des Centrafricains qui travaillent d’arrache-pied. Vous avez appris qu’à nos côtés, on est  allé jusqu’à ressortir les anciens accords avec d’autres pays amis qu’à un moment donné, on a pratiquement oubliés.

 

RJDH : Par exemple la Russie ?

 

PAD : Par exemple. Je veux parler de la Russie, de l’ancien Etat d’Israël. Vous savez que la RCA est le tout premier pays au monde à reconnaitre l’Etat d’Israël et la Chine est en train de nous faire des grandes choses. Là où le siège du RJDH dans le 2ème arrondissement est très proche du 6ème, vous avez le Pont Sapéké qui s’était effondré il y’a longtemps et aujourd’hui cet axe sera opérationnel d’ici très peu de temps. C’est pour vous dire que ce sont des actes qui sont en train de se poser progressivement. C’est pour montrer que les gens ne sont pas en train de dormir, mais de travailler. Et il y’a un certain nombre de choses qui se font dont on n’a même pas besoin de parler. Mais on voit seulement l’évidence.

 

RJDH : Votre optimisme se heurte à certaines réalités, à savoir le rapport de la Banque Mondiale qui place la RCA parmi les pays les plus pauvres de la planète et même la corruption dans le dernier rapport place la RCA parmi les pays les plus corrompus au monde. N’êtes-vous pas en contradiction avec vous-même ?

 

PAD : Non, je ne suis pas en contradiction avec moi-même ! Effectivement cela confirme ce que nous avons dit. On sort de très loin. Et tout ça, ce sont les conséquences de ce qui s’est produit qui a amené le Centrafricain lambda à arriver sur ce point pour survivre. Vous savez que l’homme doit survivre. Et pour survivre, il faut trouver des moyens. Mais les conditions dans lesquelles se trouve le Centrafricain aujourd’hui ne le lui permettent pas. Excusez-moi, je peux aller loin pour vous dire que le fonctionnaire centrafricain qui construit une maison aujourd’hui est un voleur. Voleur parce qu’il aurait détourné quelque part. Parce que le salaire qu’il perçoit ne suffit pas à couvrir ne serait-ce que ses besoins. Alors les gens sont obligés de contourner.

 

RJDH : Malheureusement que ces avancées que vous soutenez n’ont pas influencé les conditions de vie d’un fonctionnaire aujourd’hui.

 

PAD : Les conditions de vie d’un fonctionnaire sont en train d’être influencées. Je vous parle tout de suite. Si vous faites un tour en ville, vous allez voir plein des gens devant les banques.

 

RJDH : Mais le paiement de salaires n’influence pas. C’est un service fait et c’est la contrepartie de ce service. Mais quand on dit amélioration de condition de vie, de salaire, c’est un salaire décent.

 

PAD : Le salaire décent ne se fera que lorsqu’on mettra toutes les bases ensemble en place. Et c’est ce que l’Etat est entrain de faire. L’Etat est en train de mener des efforts pour que toutes les bases pour qu’une vie décente des centrafricains soit mise en place. Et ça, d’ici peu de temps, on va s’en apercevoir très clairement.

 

RJDH : Parlons un peu de la diplomatie. Vous venez de toucher un point sur la diplomatie russe qui revient au devant de la scène. Beaucoup sont des Centrafricains qui se posent des questions avec le bloc de l’Est et le conflit éternel qui existe entre les communistes, les capitalistes et les socialistes. Ne pensez-vous pas que la main tendue de Touadera pourrait être un problème pour l’avenir?

 

PAD : Un petit rectificatif. Ce n’est pas la main tendue de Touadera, c’est la main tendue de la RCA, représentée par son Excellence, le Président de la République parce qu’à un moment donné de l’histoire de la RCA, ce pays a signé un accord de coopération avec la Russie. Ce n’est pas  Monsieur Touadera, mais c’est un ancien chef d’Etat qui l’a fait. Et il y’a ce qu’on appelle la continuité du service de l’Etat. Si par ce canal on peut trouver des voies et moyens pour que pays puisse prospérer, je crois qu’il n’y a pas de soucis. Le problème qui se pose c’est l’adaptation de la condition de vie des Centrafricains sur l’échiquier international. Nous devons voir les choses de manière positive pour que la RCA figure en bonne place parmi les nations du monde.

 

RJDH : Aujourd’hui, beaucoup sont ceux qui pointent du doigt la diplomatie centrafricaine et parlent même de déliquescence avec ce qui se passe entre la RCA et la Guinée Equatoriale. Que répondez-vous ?

 

PAD : La Guinée Equatoriale est un pays frère de la RCA. N’oubliez pas qu’à un moment de l’histoire de la RCA, le président Jean-Bedel Bokassa avait apporté un appui à la Guinée Equatoriale. Et le président guinéen le sait très bien. En revanche, la Guinée Equatoriale revient à son tour pour prêter main forte à la RCA. Mais il y’a une insurrection des bandits extérieurs qui sont venus prendre le pays. On les retrouve au Mali. Vous vous souviendrez que des véhicules immatriculés RCA ont été retrouvés au Mali, au Tchad et un peu partout. Et ces mêmes bandits parcourent l’Afrique pour semer la zizanie. Ce n’est pas la RCA, ce sont des bandits.

 

RJDH : Même ce sont des bandits, dès lors que des ressortissants centrafricains sont cités dans l’affaire. Et le Président centrafricain, fut-il Faustin Archange Touadera, dit à son homologue qu’il ne contrôle pas la situation en RCA. Est-ce que cela vous choque ou pas ?

 

PAD : je crois qu’il faut prendre les choses d’une autre manière.

 

RJDH : Laquelle ?

 

PAD : La manière est la suivante. Le chef de l’Etat défend les Centrafricains. Il ne défend pas les bandits. Aujourd’hui vous êtes Centrafricain, vous posez un acte ignoble, s’il faut que vous répondiez de votre acte devant la justice, vous allez répondre. Et donc la RCA ne cautionne pas les bandits.

 

RJDH : Mais Ahmed Yalo n’est pas loin de Touadera. Il est le petit frère de Sani Yalo qui est un agent qui a financé la campagne de Touadera.

 

PAD : Je crois qu’il ne faut pas faire  ce rapprochement.

 

RJDH : C’est ce que pense l’opposition démocratique.

 

PAD : Voilà ! C’est ce que pense l’opposition démocratique. Et on ne peut pas empêcher quelqu’un de penser. Même penser que la personne est diable, parce que la seule chose la plus libre au monde est la pensée. Vous ne pouvez pas embrouiller la pensée de quelqu’un. Mais reste à savoir si cette pensée est réelle. C’est là la question.

 

RJDH : Mais un Chef d’Etat, c’est l’homme le plus renseigné du pays. Il est à même de connaître ce qui se passe sur son territoire. On ne peut pas organiser la déstabilisation d’un Etat sur le territoire centrafricain ?

 

PAD : Ce que vous dites n’engage que vous, Monsieur le journaliste. Parce qu’en aucun cas, le chef de l’Etat a donné mission à ces gens d’aller déstabiliser la Guinée Equatoriale qui est un pays frère. Non ! C’est des bandits. Vous ne pouvez pas contrôler des bandits.

 

RJDH : Aujourd’hui la République Démocratique du Congo reproche à la RCA le fait de demander l’extradition des deux rebelles qui se sont évadés dans la prison du  Camp de Roux. Comment vous trouvez cette situation-là ?

 

PAD : Cette situation nous préoccupe  tous. Cela remet justement en cause un certain nombre de choses et cela donne l’occasion même au gouvernement de réfléchir sur cet endroit aussi stratégique que quelqu’un peut arriver à s’y évader. Cela donne matière à réflexion.  Mais actuellement des investigations sont en train d’être faites pour chercher à savoir ce qui a été fait et des mesures seront prises pour éviter ce genre de situation.

 

RJDH : Devant le refus de l’extradition des deux rebelles congolais par la Centrafrique, aujourd’hui nous sommes devant les faits accomplis. Ne pensez-vous pas que la diplomatie centrafricaine a pris un coup ?

 

PAD : je ne vais pas dire que la diplomatie centrafricaine a pris un coup et rien ne prouve que la RCA ait refusé l’extradition de ces deux Congolais…

 

RJDH : La RDC a formulé la demande et l’extradition a tardé.

 

PAD : Oui ! Mais il faut remplir toutes les conditions…

 

RJDH : Lesquelles ?

 

PAD : Les conditions sécuritaires et tout. Il y a des accords qu’il faut respecter.

 

RJDH : Et la coopération judiciaire entre la Centrafrique et le Congo Démocratique est-il au beau fixe ?

 

PAD : Tout à fait. Et justement c’est dans cette optique de coopération judiciaire qu’on doit respecter les normes.

 

RJDH : Pour cela ce processus ne doit pas prendre 7 ou 8 mois ?

 

PAD : Un processus est un processus. Il faut mettre les bases. Mais entre le temps que cela a mis il y a eu un coup de théâtre.

 

RJDH : Comparaison n’est pas raison. Ceux qui sont en train d’être jugés sont des Centrafricains et jugés par la juridiction nationale. Mais pour les cas de ces évadés c’est des Congolais qui doivent être jugés par le Congo.

 

PAD : La RCA peut avoir aussi compétence de juger ces Congolais ici. Mais il fallait attendre que le processus atteigne son cours. Hussein Habre a été jugé au Sénégal et non au Tchad. Il y a des conventions et des normes au niveau de la justice que seuls les spécialistes peuvent expliquer et clarifier.

 

RJDH : Leur évasion pose un sérieux problème sur les criminels qui sont jugés et reconnus coupables aujourd’hui. Pensez-vous que pour leur sécurité, ils vont rester à la prison pour purger leur peine ?

 

PAD : Je vous dis que ces choses sont arrivées et tout ce qui arrive n’est pas nécessairement mauvais. Cela permet au pays de revoir le système de sécurité dans nos prisons pour éviter ce genre de situation.

 

RJDH : Toujours sur la question de la justice. Comment appréciez-vous le déroulement de session de la cour criminelle actuellement ?

 

PAD : Je pense que les cas Andjilo et du gendarme retraité qui a violé une fille de 9 ans montrent qu’il y a une maturité aujourd’hui de la justice centrafricaine. Et les chaines internationales en ont parlé. Je crois qu’il faut aussi faire confiance aux fils du pays.

Beaucoup des gens pensent que c’est des Anti-balaka qui sont jugés mais  pas les Seleka. Récemment à Paoua, la MINUSCA a arrêté quelques hommes de la Seleka qui seront transférés à la justice et il appartiendra à la justice de les juger bien que la population de la ville de Paoua s’y soit opposée. Seule la Cour peut décider de leur innocence ou de leur culpabilité.

 

RJDH : Mais aujourd’hui, beaucoup sont ceux qui s’interrogent du fait que certains proches du Président Touadera qui ont leur dossier enrôlé ne sont pas jugés. Est-ce qu’on peut parler aujourd’hui de l’indépendance de la justice ?

 

PAD : Je crois que les gens se portent en faux et il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Le processus de la Cour criminelle est en cours. Et dans une  année la Cour criminelle a deux sessions : le début de l’année et puis 6 mois plus tard. C’est le premier qui a débuté et la seconde suivra.

Tous ceux qui se verront mains et pieds liés  ou accusés et que les faits sont établis seront jugés. Aucune personne ne peut se dire aujourd’hui qu’elle est au-dessus de la loi, tout le monde est soumis à la loi.

 

RJDH : Malheureusement, l’opinion constate que ceux qui ont des carnets d’adresses échappent à la justice

 

PAD : C’est faux ! Ce que vous êtes en train de dire et c’est une conclusion hâtive. La porte du Tribunal est ouverte à tout le monde. Même moi, j’ai été condamné et écroué en prison  3 mois à Ngaragba. J’ai interjeté appel et j’ai été innocenté.

Si les faits reprochés à ces personnes sont criminels, elles répondront devant la Cour criminelle. Si les faits sont d’ordre civil, cela sera inscrit au rôle civil.

 

RJDH : Monsieur Patrick Albert Djoka, je vous remercie !

 

Propos recueillis par Jean Fernand Koena

 

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 15:42
RDC: fin de cavale pour le rebelle congolais Freddy Libeba

 

 

 

Par RFI Publié le 07-02-2018 Modifié le 07-02-2018 à 10:33

 

Le rebelle congolais Freddy Libeba a été arrêté dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC), près de la frontière centrafricaine. Avec son comparse Alexandre Mitshiabu, ils s'étaient évadés il y a deux semaines de leur prison de Bangui, où ils avaient été détenus pendant 7 mois durant lesquels Kinshasa avait demandé à Bangui leur extradition, sans succès.

 

Sa cavale aura duré un peu plus de deux semaines. Le 17 janvier, Freddy Libeba et son comparse Alexandre Mitshiabu s'étaient évadés du « camp de Roux », à Bangui, où ils avaient passé sept mois derrière les barreaux. Arrêtés en juin dernier dans la capitale centrafricaine, ils étaient soupçonnés de liens avec des membres de l'ex-Seleka.

 

Contacté par RFI après cette évasion, Freddy Libeba avait expliqué qu'il ne nourrissait aucun projet de déstabilisation contre la République centrafricaine, mais qu'il avait pour objectif, à la tête de son mouvement, l'Armée libre Kongolaise (ALK), de renverser le président Joseph Kabila en RDC. Son arrestation a été annoncée par le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba en même temps que l'extradition de Tanzanie d'un autre chef rebelle congolais, John Tshibangu, présenté comme son complice.

 

Lors de leur incarcération en Centrafrique, Freddy Libeba et Alexandre Mitshiabu avaient échappé à l'extradition plusieurs fois demandée par Kinshasa. Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme notamment avaient fait pression sur le gouvernement centrafricain pour empêcher cette extradition, au nom du respect du droit humanitaire et des risques pour leurs vies ou leur intégrité physique.

 

« A l'heure actuelle, on ne sait pas où il est », a commenté ce mardi soir le numéro 2 de l'ALK joint par RFI. « S'il est vivant, qu'il n'a pas été liquidé, qu'on nous le prouve » a-t-il ajouté. Libeba, qui s'était défendu de tout lien avec Tshibangu, devrait être poursuivi comme lui pour « rébellion ».

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 15:25
Centrafrique : L’entrée en masse des armes à Bria inquiète la population

 

 

Par Bienvenue Marina Moulou-Gnatho le 6 février 2018

 

BRIA, 06 Février 2018(RJDH)—La population de Bria vit dans la psychose suite à des nouvelles d’entrées d’armes de guerre en provenance des villes périphériques et à destination du Soudan. Informations confirmées ce jour par des sources concordantes qui réclament du gouvernement le déploiement des FACA.

 

L’inquiétude et la psychose ont refait surface à Bria après les douloureux évènements qui ont frappé la ville occasionnant le déplacement de milliers de personnes sur les sites des déplacés. Cette nouvelle intervient dans un contexte de calme précaire observé ces derniers temps suite à la rencontre des autorités administratives de la Haute Kotto avec les groupes armés.

 

Les habitants de la ville parlent de cargaisons d’armes qui affluent depuis cinq(5) jours dans la localité puis les villes voisines. Un habitant qui pressent déjà le danger relate les faits, «c’est depuis cinq(5) jours que nous voyons des armes transportées en motos qui entrent dans la ville. Hier, on a vu six(6) motos transportant des armes dans des sacs à la sortie du village Aïbondo et qui faisaient leur entrée dans la ville. Nous avons automatiquement informé la Minusca »,a-t-il expliqué sous couvert de l’anonymat.

 

Une autre source se dit inquiète du fait de la porosité des frontières et appelle le gouvernement au déploiement urgent des FACA, «nous n’avons pas des éléments des forces nationales entre notre pays et le Soudan. Donc nous ne sommes pas surpris que les armes entrent facilement à Bria. Nous souhaitons que les Forces Armées Centrafricaines soient déployées à Bria pour assurer notre sécurité comme cela en a été le cas à Paoua», a-t-elle souhaité.

 

La circulation des armes à Bria intervient après la publication des rapports des Nations Unies sur les armes dans le pays impliquant les pays voisins.

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 09:40
Centrafrique: l'ONU condamne l'attaque d'un hôpital ayant fait 17 morts civils
Centrafrique: l'ONU condamne l'attaque d'un hôpital ayant fait 17 morts civils

 

 

 

06.02.2018 à 11:00 (AFP)

 

L'ONU a fermement condamné l’attaque en décembre d'un hôpital civil à Ippy, dans le centre de la Centrafrique, et pointe du doigt deux groupes armés qui avaient par le passé nié en bloc avoir attaqué l'établissement et tué 17 civils.

 

"La Minusca a dépêché une mission d'établissement des faits au mois de janvier 2018, qui a confirmé l'attaque délibérée contre les civils à l'hôpital d'Ippy", a déclaré la mission de l'ONU en Centrafrique, la Minusca, dans un communiqué reçu mardi par l'AFP.

 

Les combattants de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC) et du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) avaient encerclé l'hôpital et ouvert le feu sur le personnel civil de l'hôpital et sur les patients, tuant 12 hommes, une femme, trois enfants et un nourrisson, selon des témoignages recueillis par la Minusca.

 

Par le passé, ni l'UPC ni le FPRC avaient reconnu être à l'origine de l'attaque de l'hôpital.

 

"La Minusca rappelle aux commandants de l'UPC et du FPRC à Ippy, respectivement le +général+ Ahmat Wadal Woundal et le +colonel+ Adam Moktar, que les attaques dirigées contre des hôpitaux et l'utilisation de civils comme boucliers humains constituent de graves violations du droit international des droits de l'homme, et peuvent également constituer des crimes de guerre", continue le texte.

 

L'attaque de l’hôpital d'Ippy a eu lieu durant un cycle de violences meurtrières dans le centre du pays début décembre. Les combats opposaient des membres du FPRC alliés aux combattants de l'UPC à des anti-balaka sous le commandement du chef Gaëtan Boade, alliés à une branche dissidente du FPRC emmenée par le "général" Azor Khalit.

 

Gaëtan Boade avait été tué dans ces combats.

 

Le carrefour stratégique du centre du pays, entre les villes de Bakala, Ippy et Bambari, est sujet à de nombreux combats entre des groupes armés qui s'allient selon les circonstances et leurs intérêts locaux (contrôle de mines, racket routier, vol de bétail).

 

La Centrafrique est embourbée dans un conflit meurtrier depuis 2013. L'Etat n'a de contrôle que sur une maigre partie du territoire national, tandis que les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle du diamant, de l'or et du bétail dans ce pays qui est un des plus pauvres du monde.

 

 

© 2018 AFP

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 09:26

 

 

Centrafrique : une centaine d'ex-rebelles rejoignent les rangs de l'armée nationale

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 07-02-2018

 

Un total de 101 ex-rebelles issus de différentes bandes armées centrafricaines ont intégré lundi les rangs des Forces armées centrafricaines (FACA) lors d'une cérémonie au Camp Kassaï à Bangui, la capitale centrafricaine, a-t-on appris mardi d'une source proche du ministère de la Défense nationale.

 

Cette incorporation des ex-rebelles dans l'armée nationale est le fruit du projet pilote DDRR (Désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement) lancé fin août dernier par le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra.

 

Des ex-rebelles provenant de treize groupes armés parties prenantes du projet ont choisi de regagner la vie civile, tandis que d'autres ont préféré l'armée. Ceux qui ont choisi la carrière des armes ont suivi une formation militaire durant trois mois au camp militaire Kassaï, avec le concours des partenaires tels que la mission européenne de formation des militaires centrafricains (EUTM/RCA) et la mission onusienne en Centrafrique MINUSCA. L'accent, au cours de cette formation, a été mis sur le droit international humanitaire.

 

Lors de la cérémonie, le président Touadéra a demandé aux ex-rebelles de montrer au peuple centrafricain que désormais ils sont "les garants de sa sécurité".

 

"Vous n'appartenez plus aux groupes armés. Vous n'appartenez plus aux groupes politico-militaires. Vous n'êtes plus les bourreaux du peuple, des auxiliaires du désordre, de la violence illégitime", a-t-il déclaré, cité par la source sécuritaire, qui a confié qu'une seconde vogue suivra à compter du 12 février prochain qui concernera 139 ex-rebelles.

 

Le représentant du secrétaire général des Nations Unies, Parfait Onanga-Anyanga, lui, a cru "au succès en Centrafrique", conformément à la main tendue du chef de l'Etat aux groupes armés.

 

Selon un des instructeurs militaires de la mission européenne, les nouvelles recrues ont répondu positivement aux objectifs de la formation, ce qui leur offre légitimement le statut de soldats capables d'œuvrer aux côtés de leurs frères de l'armée. F

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

 

Centrafrique : plus de cent anciens rebelles intègrent l’armée

 

http://www.adiac-congo.com  Mardi 6 Février 2018 - 12:18

 

Le premier groupe ayant participé au projet-pilote du programme centrafricain de désarmement a été engagé dans l'armée nationale après quatre mois de formation.

 

Le Centrafrique a connu en 2003, 2008 et 2013 des programmes de désarmement,  démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR), un long processus souvent raillé par son immobilisme et son inefficacité. Pour le premier groupe issu du programme de désarmement, le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, présent à la cérémonie, a exprimé son « grand plaisir » de voir ces résultats, reconnaissant que « l'immense chantier » du DDRR n'a pas eu de « réel succès » par le passé.

 

« Il faut l'implication de tous, et une dose de patience et de bonne volonté », a estimé Faustin-Archange Touadéra. « Les résultats sont encourageants et permettent de valider le processus de DDRR », a affirmé, pour sa part, le général Herminio Maio, commandant de la mission européenne de formation (EUTM).

 

Le programme DDRR, lancé par le gouvernement en septembre et soutenu par l'ONU, a pour but de faire déposer les armes par les groupes armés en leur proposant une réinsertion, dans l'armée pour les uns, dans divers secteurs de l'économie pour d'autres. « Vous n'appartenez plus aux groupes armés, vous n'appartenez plus aux groupes politico-militaires, vous n'êtes plus les bourreaux du peuple, les auxiliaires du désordre et de la violence illégitime. Montrez au peuple que vous êtes les garants de sa sécurité (...) contre les mercenaires étrangers qui écument nos villages et pillent nos ressources », a déclaré le président centrafricain.

 

Faustin-Archange Touadéra a précisé que cent trente-neuf nouveaux volontaires étaient prêts à démarrer un nouveau cycle de formation de quatre mois dans le cadre de ce programme. Deux cent quarante autres ont été réorientés vers des programmes de formation économique avec le soutien de la Banque mondiale.

 

Josiane Mambou Loukoula

 

 

Centrafrique. Un premier détachement d’anciens rebelles réintégré

 

https://www.bruxelles2.eu  7 FÉV 2018 

 

(B2) C’est l’aboutissement d’un long travail de conviction, de formation. Une première « cohorte » d’une centaine d’anciens rebelles a été officiellement intégrée lundi (5 février) à l’armée nationale après quatre mois de formation, au cours d’une cérémonie officielle au Centre de Formation de Kassaï, à Bangui (1). C’est un peu moins que l’effectif envisagé au départ (140 personnes, cf. ci-dessous). Mais c’est un pas essentiel : la première réalisation du projet pilote de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR) de l’armée centrafricaine. Les militaires ont été notamment durant quatre mois entraînés et formés par la mission européenne EUTM Rca.

 

Une route à parcourir encore longue

 

« Ce projet incarne l’engagement du peuple centrafricain sur la voie de la réconciliation et de la paix. (…) La voie du relèvement du pays est devant nous. Suivons-là dans l’unité, avec dignité, par le travail [NB : les trois mots de la devise centrafricaine]. La reconstruction de la Centrafrique comme la réconciliation nationale sont inscrites dans cette belle devise. Et si la route à parcourir est encore longue, nous savons que nous arriverons au but, car nous sommes plus forts ensemble » a souligné le général portugais Hermínio Maio, commandantde  l’EUTM-RCA.

 

« Vous n’êtes plus les bourreaux du peuple »

 

Le président centrafricain Touadera qui n’a pas caché sa satisfaction de voir ce programme se concrétiser : « Beaucoup de stratégies avaient été essayées dans les années précédentes, mais sans réels succès » (2) . Il a aussi apostrophé les nouveaux militaires pour leur demander de laisser de côté leur ancienne appartenance. « Vous n’appartenez plus aux groupes armés, vous n’appartenez plus aux groupes politico-militaire, vous n’êtes plus les bourreaux du peuple, les auxiliaires du désordre et de la violence illégitime. Montrez au peuple que vous êtes les garants de sa sécurité (…) contre les mercenaires étrangers qui écument nos villages et pillent nos ressources ».

 

Un projet pilote visant 560 ex combattants

 

La phase pilote du programme DDRR proprement dit, avait été lancée fin août 2017 sous l’égide de la communauté internationale, impliquant notamment la MINUSCA et EUTM RCA. Elle concerne 560 ex-combattants, sélectionnés venant de 13 des 14 groupes rebelles qui ont accepté de participer à ce programme et sert de test au programme  complet qui vise au total à désarmer, démobiliser et réintégrer 7.000 ex-combattants.

 

Une moitié réintégrée dans l’armée, l’autre dans l’économie

 

La moitié d’entre eux devraient être réintégrés au final dans l’armée, dans deux vagues de 140 personnes, après désarmement, vérification de leur éligibilité, et formation par la mission militaire de formation de l’UE. L’autre moitié de 280 personnes doit être démobilisée et orientée, avec l’appui de la Banque mondiale, vers la réintégration socio-économique et communautaire. Ils recevront un appui aux activités génératrices de revenus individuelles ou collectives, ainsi que des subventions de projets en matière de relèvement de la communauté.

 

Une réintégration qui avait déjà anticipée par quelques initiatives. Ainsi début 2017, un atelier de menuiserie tenu par d’anciens rebelles de la Séléka a été inauguré au sein du camp Kassaï (lire : Transition en douceur à Bangui).

(NGV)

 

(1) Une cérémonie réunissant les principales autorités centrafricaines — le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, le général Ngaïfei, chef d’état-major des armées, la Premier Ministre, le 1er vice-président de l’Assemblée Nationale, de membres du gouvernement – de représentants européens comme l’ambassadeur de l’UE en République centrafricaine, Samuela Isopi, et le chef d’EUTM RCA, le général Hermínio Maio ; ainsi que des organisations internationales, comme le représentant spécial de l’ONU.

 

(2) Trois programmes de DDR ont été menés en effet en 2003, 2008 et 2013 sans réel résultat.

 

 

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 23:49

 

 

 

https://www.africatopsports.com  LE 2 FÉV 2018 À 16:39

 

C’était l’attraction du jour à la 40è Assemblée générale de la CAF (Confédération africaine de football). L’élection de nouveaux membres au sein du Comité exécutif. La zone Centre était au coeur de toutes les attentions avec ses deux candidats dont le Centrafricain Patrice Edouard Ngaissona, ancien chef de guerre dans son pays (anti-balaka) accusé de crimes contre l’humanité.

 

Malgré ce passé sulfureux et les nombreuses voix qui s’élevaient contre sa candidature, Ngaissona a été élu vendredi par 30 voix contre 23 pour le Gabonais Pierre-Alain Mouguengui, comme membre du Comité exécutif de la CAF. Le président de l’UNIFFAC (Union des Fédérations de Football d’Afrique centrale) comble ainsi le vide laissé par le Congolais Constant Omari, membre du Comité exécutif de la FIFA.

 

La CAF avait pris une résolution interdisant le cumul de fonctions de certains de ses membres.

 

Dans les autres zones, uniques candidats en lice, le Burkinabé Sita Sangaré, le Sénégalais Augustin Senghor et le Libyen Jamal El Jaafri sont respectivement élus au sein du Comité exécutif dans les zones Ouest A, Ouest B et Nord.

 

 

 

Le décrié Ngaissona élu, Mounguengui qui accuse… Election polémique à la CAF

 

 

http://www.afrik-foot.com  SAMEDI 3 FÉVRIER 2018 / PAR ROMAIN LANTHEAUME

 

L’élection partielle des membres du comité exécutif de la CAF a donné lieu à deux polémiques vendredi avec en toile de fond l’élection du controversé Patrice Edouard Ngaissona, chef de la coordination antibakala en Centrafrique.

 

Réunie en assemblée générale vendredi à Casablanca, la CAF a procédé à un renouvellement partiel des membres de son comité exécutif. Sans rivaux, le Libyen Jamal Jaafri (Zone Nord), le Sénégalais Augustin Senghor (zone Ouest A) et le Burkinabè Sita Sangare (Zone Ouest B) ont été élus tranquillement. En revanche, le scrutin a donné lieu à une double polémique dans la zone Centre où le controversé Patrice Edouard Ngaissona a eu les faveurs des votants avec 30 voix contre 23 pour le Gabonais Pierre Alain Mounguengui (plus une abstention).

 

Président de la Fédération centrafricaine, Ngaissona était aussi chef de la coordination antibakala, un groupe armé soupçonné de graves exactions durant la guerre civile qui a déchiré la Centrafrique entre 2013 et 2015. Ce passé suscite forcément quelques réserves voire l’indignation de certains observateurs. La CAF a refusé de commenter cette polémique, affirmant seulement que la candidature du dirigeant a été validée en début de mois en "prenant en compte des critères strictement statutaires".

 

Mounguengui charge Omari

 

Adversaire malheureux du Centrafricain, Mounguengui ne conteste pas la légitimité de son adversaire, mais il a tenu à dénoncer les présumées manœuvres du Congolais Constant Omari avant le scrutin. "Nous sommes dans une élection où il y a deux candidats et il est normal que les autres associations choisissent en toute autonomie. Mais je n’ai pas apprécié l’attitude du 1er vice-président de la CAF, M. Constant Omari Selemani qu’il utilise le nom du président Ali Bongo Ondimba (président du Gabon, ndlr) en disant : ’ne votez pas Mouguengui parce que le Président Bongo n’en veut plus’", a fustigé le dirigeant devant la presse, avant de poursuivre.

 

"Je ne peux pas penser un seul instant que M. Omari soit le confident du président de la République du Gabon. Je veux bien qu’il choisisse un candidat mais de là à utiliser le nom du président Bongo pour demander à mes pairs de ne pas voter pour moi, je n’ai pas apprécié." Cette élection n’a décidément pas fini de faire parler…

 

Lu pour vous : PATRICE EDOUARD NGAISSONA UN ACTEUR CONTROVERSÉ AU SEIN DE LA CAF
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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 01:55

 

 

 

vendredi, 02 février 2018 14:00 (Agence Ecofin) - Cette année, la composante congolaise du projet Central Africa Backbone (CAB Congo) va se focaliser sur l’interconnexion par fibre optique de la République du Congo au Cameroun et à la Centrafrique ; soit 550 kilomètres de câble à déployer dans le cadre de sa phase 2. C’est ce qui a été décidé lors du comité de pilotage du Cab Congo, tenu  le 31 janvier 2018 sous la présidence de Franck Siolo, le directeur de cabinet du ministre des Postes, Télécommunications et économie numérique.

 

Au-delà de l’installation du lien de fibre optique avec la Cameroun et la Centrafrique, la phase 2 du CAB Congo inclut également la mise en place d’un centre national de données et la mise en œuvre d’un certain nombre d’applications et services TIC (Système d’Alerte d’Urgence, e-Poste, etc.). Franck Siolo a souligné que tous les projets inscrits dans la phase 2 seront réalisés dans les délais, car les fonds sont disponibles. 43 658 000 000 FCfa sont en effet dans les caisses de l’Etat pour cette étape du projet. 21,8% des fonds sont apportés par le Congo, soit 9 520 000 000 FCfa,  tandis que le reste de la somme -34 138 000 000 FCfa- est un prêt de la Banque Africaine de Développement (BAD), remboursable d’ici 2036.

 

Yvon Didier Miéhakanda, le coordonnateur national du projet CAB Congo, a déclaré qu’un appel d’offres pour recruter le constructeur du réseau sera lancé courant février 2018. Cette opération interviendra à quelques jours du bouclage de la phase 1 du projet CAB Congo prévu pour mars prochain. Lancé en mai 2015, la phase 1 du CAB Congo d’un coût de 15 milliard FCfa, visait l’interconnexion par fibre optique du Congo et du Gabon.

Le Congo entame son interconnexion par fibre optique au Cameroun et à la Centrafrique cette année, après le Gabon
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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 01:42
Le chef d’un groupe armé centrafricain élu au comité exécutif de la CAF

 

 

Le chef d'un groupe armé centrafricain élu au comité exécutif de la CAF

 


https://www.lesechos.fr  02/02 À 15:54 

 

Patrice Edouard Ngaissona, chef de la "coordination antibalaka", un groupe armé centrafricain, a été élu vendredi au comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) après un vote de l'assemblée générale réunie à Casablanca.

"Le Maroc est une terre bénie pour moi aujourd'hui", a déclaré M. Ngaissona à l'AFP après le vote de l'assemblée générale de la CAF, organe où il siège en tant que président de la Fédération centrafricaine de football.

Sa candidature au comité exécutif a recueilli 30 voix, contre 23 pour le Gabonais Pierre Alain Mounguengui qui briguait comme lui le siège réservé à la zone centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, RD Congo, Sao Tomé & Principe, Tchad) au sein de l'instance dirigeante de la CAF. Un vote a été déclaré nul.

Tout sourire, M. Ngaissona s'est levé après l'affichage des résultats du vote secret et a serré quelques mains autour de lui.

Les milices antibalaka (antimachettes) ont été parties prenantes de la crise sans précédent qui avait secoué la Centrafrique entre 2013 et 2015 et ont été accusées de graves exactions.

Patrice Edouard Ngaissona n'avait pas pu participer à la présidentielle de 2015 dans son pays, du fait des soupçons sur son rôle durant cette période.

"Si ces allégations étaient vraies, je ne serais pas là aujourd'hui. Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait dans le bien de mon pays", a-t-il déclaré vendredi à l'AFP en précisant "ne pas vouloir mélanger politique et sport".

M. Ngaissona, proche de l'ancien président François Bozizé, est président de la fédération centrafricaine de football depuis 2008 et fut brièvement ministre des Sports en 2013.

Cet ancien député, âgé d'une cinquantaine d'années, se présente depuis la crise de 2013 comme le "coordinateur politique" des antibalaka, milices autoproclamées d'"autodéfense" qui disent défendre les intérêts des chrétiens.

 

© AFP - FADEL SENNA

 


En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/sport/football/afp-00651319-le-chef-dun-groupe-arme-centrafricain-elu-au-comite-executif-de-la-caf-2150426.php#W4A0czICdQjmr5D5.99

 

 

RCA: Ngaïssona nommé au comité exécutif de la CAF

 

Par RFI Publié le 02-02-2018 Modifié le 02-02-2018 à 23:24

 

Patrice-Edouard Ngaïssona, le président de la Fédération centrafricaine de football, a été élu vendredi 2 février au comité exécutif de la Confédération africaine de football pour représenter l'Afrique centrale. Mais ce nouveau membre de la CAF est également l'un des coordonnateurs des ex anti-balaka et a joué un rôle majeur durant la crise centrafricaine.

Sans surprise, chez les anti-balaka on se réjouit de cette élection dans les instances du football international. Igor Lamaka, leur porte-parole, souligne que le vote de la CAF n'est finalement que « le fruit des efforts faits pour la jeunesse et que là, nous sommes couronnés par nos frères africains ». « Nous ne sommes pas des criminels, mais des résistants », continue-t-il en avec cet éternel argument du mouvement.

Du côté de l'exécutif, si on estime que c'est une fierté pour le pays d'avoir un Centrafricain à la CAF, on ne se prononce pas sur le volet judiciaire du coordonnateur des anti-balaka. Ce n'est pas au gouvernement de s'immiscer dans les affaires de la justice. Mais la CAF a dû avoir des éléments d'appréciation quant à son élection, relève le ministère de la Communication.

Chez les ONG de défense de droits de l'homme, en revanche, on s'insurge contre ce vote. Pour Lewis Mudge de Human Rights Watch (HRW), cela montre que l'impunité est toujours d'actualité en Centrafrique malgré les efforts faits avec les sessions criminelles et la future mise en place de la Cour pénale spéciale.

Samira Daoud, d'Amnesty International, ne dit pas le contraire, tout en mettant en garde les autorités centrafricaines qui ne peuvent pas d'un côté promouvoir la justice et de l'autre protéger des personnes dont il est avéré qu'elles étaient à la tête de groupes responsables de crimes très graves contre les civils. Et de rappeler qu'un mandat d'arrêt avait été émis en 2014 pour crimes contre l'humanité et incitation au génocide à l'encontre du nouveau membre du comité exécutif de la CAF.

 

De la machette au ballon rond: un chef antibalaka à la CAF

 

http://maliactu.net  2 février 2018

 

Malgré un lourd passif en Centrafrique à la tête des milices antibalaka, dont il est toujours l’un des principaux leaders politiques, le président de la fédération centrafricaine de football, Patrice-Edouard Ngaissona, a été élu vendredi au comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF).

 

« Le Maroc est une terre bénie pour moi aujourd’hui », dit à l’AFP, tout sourire, le quinquagénaire au visage rond, qui écarte d’un revers de la main les commentaires sur le rôle qu’il a joué durant la crise centrafricaine: « Si ces allégations étaient vraies, je ne serais pas là aujourd’hui ».

 

Son nom est pourtant régulièrement cité dans les rapports de l’ONU et dans les notes d’enquête de la justice centrafricaine comme l’une des têtes de pont des milices antibalaka qui ont semé la terreur dans le pays.

 

Créées en 2013 après la prise de pouvoir par la force de la coalition musulmane de l’ex-Séléka, ces milices peu structurées ont pris les armes en prétendant défendre les intérêts des chrétiens, et en représailles aux exactions des groupes armés musulmans. A la chute du président de la Séléka, Michel Djotodia, en 2014, les antibalaka se sont employés à une chasse aux musulmans dans Bangui et ses environs, faisant des centaines de morts.

 

Depuis, les milices antibalaka continuent de combattre dans une large partie du territoire, tantôt contre des groupes armés issus de l’ex-Séléka, tantôt contre d’autres milices antibalaka, pour le contrôle des territoires et ressources du pays.

« Il faut une reconnaissance de ce qu’ont fait les antibalaka », disait sans détour à l’AFP M. Ngaissona en 2014, lui qui s’affirmait « porte-parole » de ces milices et reste aujourd’hui leur « coordonnateur politique ».

 

A l’AFP, l’homme affirme aujourd’hui « ne pas vouloir mélanger politique et sport », et préfère citer à l’envi son rôle dans le football centrafricain, lui qui a été éphémère ministre des Sports en 2013 et est président de la fédération depuis 2008.

 

-‘Un travail bien fait’-

 

« C’est le fruit d’un travail bien fait depuis de années au sein de la jeunesse centrafricaine », pense lui le porte-parole des antibalaka, Igor Lamaka, une phrase qui ferait grincer des dents ses détracteurs tant l’enrôlement de mineurs dans les groupes armés est une problématique épineuse en Centrafrique.

 

Ailleurs en Centrafrique, cette nomination laisse un goût amer à ses anciens ennemis. « Ngaissona a commis des crimes, comment son casier judiciaire peut aujourd’hui être vide pour aller se présenter aux élections et à des postes internationaux? », s’indigne à l’AFP un leader du Front populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (Fprc), groupe armé fer de lance de l’ex-Séléka, lui-même responsable de nombreuses exactions dans le pays.

 

Plusieurs fois déjà, Ngaissona a été dans le viseur de la justice: en 2014, une vaste opération militaire de l’armée française dans son fief de Boy-Rabe, quartier de nord de Bangui, vise à l’appréhender, sans succès. Quelques semaines plus tard, les médias congolais fanfaronnent en annonçant en Unes des journaux locaux son arrestation au Congo; « je n’ai pas été arrêté », répondra-t-il quelques jours plus tard.

 

Il a bien été incarcéré au début des années 2000 pour enrichissement illicite, mais semble passer entre les mailles de tous les filets depuis.

 

A Bangui, ses détracteurs lient son inexorable ascension – jusqu’à se présenter à l’élection présidentielle de 2015 – à ses liens avec l’ancien président Bozizé (2002-2013), et ses connexions présumées avec le nouveau président en place, Faustin-Archange Touadéra.

 

Sa candidature à la présidentielle sera néanmoins rejetée, une décision qui provoque barricades et échauffourées dans les quartiers. Par ailleurs, Ngaissona avait été élu député dans son fief du 5e arrondissement sur les listes du KNK, parti de Bozizé.

 

Durant les troubles de 2014, « Ngaissona, qui coordonnait les milices antibalaka, a été soutenu par Bozizé qui tentait un retour au pouvoir », rappelle Nathalia Dukhan, chercheuse pour Enough Project. « Pour éviter la justice, Ngaissona continue d’entretenir certaines milices », accuse-t-elle.

 

« Vus les crimes dont les antibalaka se sont rendus coupables, la place de leur ancien coordinateur est probablement moins dans une réunion de la CAF ou la tribune d’honneur d’un stade de football que dans un tribunal », lâche Antonin Rabecq, de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

 

Son élection « nous fait mal, par rapport au climat d’impunité » qui règne en Centrafrique, ajoute à l’AFP Me Nzapani, du collectif des avocats contre l’impunité en RCA.

 

Du côté antibalaka, M. Lamaka renvoie la balle sans sourciller: « Quelles sont les preuves, quels sont les faits ? Sa nomination prouve que ce n’est pas un criminel, pas un assassin, c’est un homme du fair play, un sportif de haut niveau ».

 

CAF : Le Centrafricain Ngaissona élu au comité exécutif malgré la polémique

 

 

02 février 2018, 15:55 UTC

 

Le Centrafricain Patrice-Edouard Ngaissona, dont la candidature avait fait polémique, a été élu vendredi au comité exécutif de la CAF.

 

Réunie vendredi en assemblée générale, la Confédération africaine de football a pourvu quatre postes jusqu’alors vacants de son comité exécutif. La bataille la plus rude a opposé dans la zone Centre (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République démocratique du Congo, Sao Tomé et Principe, Tchad) le Gabonais Pierre-Alain Mounguengui au Centrafricain Patrice-Edouard Ngaissona, dont la candidature avait fait polémique en raison de son rôle dirigeant au sein des milices antibalaka, impliquées dans les violences de 2013-2014 dans le pays. Ce qui ne l’a pas empêché de recueillir 30 voix, contre 23 pour son adversaire. Seuls candidats dans leur zone respective, Jamal El Jaafri (Libye, Nord), Augustin Senghor (Sénégal, Ouest A) et Sita Sangaré (Burkina Faso, Ouest B) ont été élus sans surprise.

 

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Le chef d’un groupe armé centrafricain élu au comité exécutif de la CAF

 

Par AFP — 2 février 2018 à 15:54

 

Patrice Edouard Ngaissona, chef de la «coordination antibalaka», un groupe armé centrafricain, a été élu vendredi au comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) après un vote de l’assemblée générale réunie à Casablanca.

 

«Le Maroc est une terre bénie pour moi aujourd’hui», a déclaré M. Ngaissona à l’AFP après le vote de l’assemblée générale de la CAF, organe où il siège en tant que président de la Fédération centrafricaine de football.

 

Sa candidature au comité exécutif a recueilli 30 voix, contre 23 pour le Gabonais Pierre Alain Mounguengui qui briguait comme lui le siège réservé à la zone centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, RD Congo, Sao Tomé & Principe, Tchad) au sein de l’instance dirigeante de la CAF. Un vote a été déclaré nul.

 

Tout sourire, M. Ngaissona s’est levé après l’affichage des résultats du vote secret et a serré quelques mains autour de lui.

 

Les milices antibalaka (antimachettes) ont été parties prenantes de la crise sans précédent qui avait secoué la Centrafrique entre 2013 et 2015 et ont été accusées de graves exactions.

 

Patrice Edouard Ngaissona n’avait pas pu participer à la présidentielle de 2015 dans son pays, du fait des soupçons sur son rôle durant cette période.

 

«Si ces allégations étaient vraies, je ne serais pas là aujourd’hui. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait dans le bien de mon pays», a-t-il déclaré vendredi à l’AFP en précisant «ne pas vouloir mélanger politique et sport».

 

M. Ngaissona, proche de l’ancien président François Bozizé, est président de la fédération centrafricaine de football depuis 2008 et fut brièvement ministre des Sports en 2013.

 

Cet ancien député, âgé d’une cinquantaine d’années, se présente depuis la crise de 2013 comme le «coordinateur politique» des antibalaka, milices autoproclamées d'«autodéfense» qui disent défendre les intérêts des chrétiens.

 

Ces milices sont une myriade de groupes armés peu structurés et formés pour, selon elles, protéger les chrétiens face aux exactions de la coalition promusulmane de l’ex-Séléka, qui avait pris Bangui en 2013 avant d’en être chassée en 2014.

 

La candidature de Patrick Edouard Ngaissona avait été validée début janvier par le comité exécutif de la CAF qui «prend en compte des critères strictement statutaires», comme l’a expliqué à l’AFP un responsable médias de la CAF, en précisant que la Confédérations africaine n’a pas de commission d’éthique.

 

La seule candidature recalée cette année a été celle de l’Algérien Bachir Ould Zmirli, dont le dossier a été déposé «hors délai».

 

Candidats uniques sur les trois autres postes vacants au comité exécutif de la CAF, le Libyen Jamal El Jaafri, le Sénégalais Augustin Senghor et le Burkinabè Sita Sangaré ont également été élus vendredi.

 

AFP

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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 01:37
Lu pour vous : La République centrafricaine, « un condensé des malheurs du continent noir »
Lu pour vous : La République centrafricaine, « un condensé des malheurs du continent noir »

 

 

ENTRETIEN 

 

La République centrafricaine, « un condensé des malheurs du continent noir »

 

https://www.alternatives-economiques.fr   02/02/2018

 


Jean-Pierre Tuquoi Journaliste

 

Dans son livre Oubangui-Chari, le pays qui n’existait pas, l’ancien journaliste au Monde Jean-Pierre Tuquoi, brosse le portrait d’une République centrafricaine qui avait tout pour assurer la prospérité de ses habitants – sols riches en matières premières, absence de sécheresses, forêts, savoir-faire etc. -, mais qui a été mené à « l’agonie ». C’est aujourd’hui un pays « en lambeaux », miné par la violence et une pauvreté extrême, qui touche sept habitants sur dix. Mardi 30 janvier, le conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé pour un an l’embargo sur les armes imposé à la République centrafricaine, en raison des menaces que constituent les groupes armés, et les craintes d’un risque de nettoyage ethnique.  

 

Vous parlez d’un « pays fantôme créé de toutes pièces »  et d’un « immense gâchis ». Peut-on tirer le fil d’une responsabilité française dans cette désolation ?

 

Elle n’explique pas tout, mais elle est indéniable. Le Centrafrique – l’Oubangui-Chari d’avant l’indépendance – est une création de la colonisation française, au même titre que le Tchad, le Gabon ou le Cameroun. Les frontières, la langue, la religion, la monnaie, la division administrative… Tout ce qui aujourd’hui caractérise le pays a été voulu par la France. Le pays n’existait pas auparavant. C’était une immense tâche blanche au cœur du continent africain, un territoire saigné par la traite négrière arabe.

 

Le Centrafrique est une immense tâche blanche au coeur du continent africain, un territoire saigné par la traite négrière arabe

 

Mais si la France a colonisé le pays elle l’a fait a minima, sans se donner les moyens de le développer. Pour comprendre ce désintérêt, il faut remonter le cours de l’Histoire jusqu’à l’épisode de Fachoda en 1898. Fachoda, un village du Soudan du Sud, c’est l’affrontement de deux impérialismes, français et britannique. Les Français  voulaient établir une continuité territoriale entre leurs possessions sur la côte ouest africaine et celles de la côte est.

Si le projet s’était réalisé, l’Oubangui-Chari devenait une position charnière, à mi-chemin. L’opposition britannique a ruiné le projet et enlevé tout intérêt à cette colonie éloignée de tout, sans accès à la mer. Paris s’en est donc désintéressé. Les fonctionnaires coloniaux étaient très rares en Oubangui. Paris s’est déchargé de tout et a, en quelque sorte, privatisé la colonie. Le développement en était confié à des intérêts privés. C’était le pire des choix.

 

L’histoire coloniale pèse-t-elle toujours beaucoup ?

 

Oui, bien sûr. On ne gomme pas un demi-siècle de colonisation comme ça. Surtout lorsque de cette colonisation est issue une grande partie de ce qui constitue l’essence moderne du pays.

 

Paris s’est déchargé de tout et a confié le développement du Centrafrique à des intérêts privés. C’était le pire des choix

 

J’ajoute que les Centrafricains jouent de ce passé colonial. Ils le mettent en avant pour se dédouaner, et s’exonérer de toute responsabilité dans le drame de leur pays. Face à un problème, leur réflexe immédiat est de se tourner vers Paris et d’attendre de l’ex colonisateur qu’il règle le problème. Un ancien responsable politique centrafricain d’une grande envergure, Jean-Paul Ngoupandé, avait inventé une expression pour qualifier cette attitude. Il parlait du « syndrome Barracuda », du nom de l’opération militaire française qui avait abouti à l’éviction de l’empereur Bokassa. Je crois que le syndrome Barracuda » existe toujours.

 

Dans votre récit, un seul Président semblait avoir l’envergure nécessaire, Barthélémy Boganda, mort dans un accident en 1959. Qu’est-ce qui a empêché selon vous l’arrivée sur la scène politique d’une personnalité équivalente par la suite ?

 

Imaginez la situation du pays à la disparition de Boganda. Il est vaste, très peu peuplé, avec une culture traditionnelle omniprésente. Il n’y a pas d’élite locale. La France n’en a pas formé. Combien de bacheliers au total ? Une douzaine, plus deux ou trois diplômés de l’Université ? Barthélémy Boganda, parce que c’était un ancien prêtre, était l’intellectuel de ce pays en gestation. Il était l’homme le plus instruit. A sa disparition, s’affrontent des hommes d’une trentaine d’années, sans expérience, sur fond de guerre froide. C’est ainsi qu’un soudard comme Bokassa va prendre le pouvoir avec, disons-le, la bénédiction de la France.

 

Le président Boganda voulait que les anciennes colonies de l’Afrique francophone se rapprochent et ne fassent plus qu’un. C’était une belle utopie

 

Boganda avait conscience de la faiblesse de son pays et des pays voisins.  Pour cette raison il s’était fait le chantre des Etats-Unis d’Afrique. Il voulait que les anciennes colonies de l’Afrique francophone se rapprochent et ne fassent plus qu’un. C’était une belle utopie.  

 

La France n’a eu de cesse de s’immiscer dans les affaires de son ancienne colonie. Comment analysez-vous le rôle de la France, notamment depuis le départ des troupes françaises ?

 

Dans le contexte de la guerre froide, disposer d’une base militaire au cœur du continent africain avait du sens. C’était une sorte de porte-avion. L’armée française a tout fait pour maintenir cette présence, d’autant que, dans les années 1980, elle affrontait un colonel Kadhafi qui avait des visées sur le Tchad et au-delà.

 

Aujourd’hui, avec la fin de la guerre froide, le Centrafrique n’a plus d’importance stratégique

 

Aujourd’hui, avec la fin de la guerre froide, le Centrafrique n’a plus d’importance stratégique. Maintenir une présence militaire française n’est pas une priorité. Sur le plan économique, le Centrafrique est un nain. Les entreprises tricolores sont une poignée sur place. Le chiffre d’affaires global de Total, numéro 1 sur le marché des carburants, ne doit pas dépasser celui d’une station d’autoroute en France.

 

Vous écrivez que le salut ne viendra pas du président Touadéra, élu en 2016, alors qu’il disposait pourtant d’une vraie légitimité. Pourquoi ?

 

Je suis convaincu qu’il a gagné l’élection présidentielle à la loyale. J’étais sur place lors du scrutin. Les habitants voyaient surtout en lui un homme non corrompu, un universitaire qui, tout premier ministre qu’il était du chef de l’Etat précédent, avait continué à donner des cours à l’université.

 

Il fallait un président exceptionnel pour relever ce pays. Touadéra ne l’est pas

 

Hélas, il n’a pas tenu les promesses. Il s’est révélé pusillanime, faible, sans grande consistance. Il fallait un président exceptionnel pour relever ce pays. Touadéra ne l’est pas. C’est un président « normal » dans le mauvais sens du terme.

 

L’Eglise pèse-t-elle encore beaucoup ?

 

Oui, je pense même que c’est l’unique force qui subsiste. Elle a beaucoup d’influence et lorsque les responsables catholiques, protestants et musulmans parlent d’une seule voix, celle-ci porte. Les politiques sont obligés de les entendre.

 

L’Eglise demeure l’unique force qui subsiste, ce qui ne vaut pas d’ailleurs que pour le Centrafrique

 

Ca ne vaut pas d’ailleurs que pour le Centrafrique. Observez ce qui se passe dans le pays voisin, en République démocratique du Congo :  c’est l’Eglise qui est la principale force d’opposition au président Kabila.

 

Qu’y a t-il à attendre de la société civile, encore peu développée ?

 

En Centrafrique, elle n’existe pour ainsi dire pas. Il y a des individus souvent estimables mais leur écho est faible. Se revendiquer de la société civile, créer une ONG, c’est surtout un moyen pour obtenir des subsides de la communauté internationale. Il faut bien vivre dans ce pays en ruines…

 

De bien des manières, ce pays semble concentrer les difficultés de plusieurs pays du continent…

 

Oui, vous avez raison, et c’est pour cette raison qu’il m’intéresse particulièrement.

 

Le drame de ce pays, c’est d’être situé dans une région on ne peut plus instable

 

C’est un condensé des malheurs du continent noir. On y retrouve les mêmes problèmes qu’ailleurs mais à une échelle plus importante.

 

Quelles graines d’espoir entrevoyez-vous ?

 

A court terme, je n’en vois guère. C’est un pays qui dispose de ressources suffisantes pour se développer. Son agriculture peut nourrir les habitants des pays voisins. Il a du diamant et de l’or, sans doute un peu de pétrole, des ressources forestières importantes.

Sur le plan touristique, il pourrait attirer tous les fous de la forêt tropicale. Son drame, c’est d’être situé dans une région on ne peut plus instable. Et de ne pas disposer d’une classe politique digne de ce nom, de dirigeants soucieux du bien commun.

 

Ancien journaliste au Monde, Jean-Pierre Tuquoi est l’auteur de plusieurs ouvrages. Il vient de publier « Oubangui-Chari. Le pays qui n’existait pas » aux éditions La Découverte (2017).  

 

PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE ANDRÉ

 

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