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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 23:47
Lu pour vous : Tueries à répétition en Centrafrique

 

 

COMPTE RENDU

 

Tueries à répétition en Centrafrique

 

La communauté peule, musulmane, a une fois de plus été la cible d’une attaque des anti-balaka. Les massacres successifs qui n’épargnent personne continuent de creuser les divisions.

 

Par Cyril Bensimon LE MONDE Le 20.10.2017 à 06h47 • Mis à jour le 20.10.2017 à 17h52


 

Le bilan est incertain, les motivations encore troubles mais un massacre a été commis, mercredi 18 octobre, en République centrafricaine (RCA). Un de plus dans le sud-est du pays, région longtemps préservée par les violences apparues en 2012 avec la Séléka mais qui, ces six derniers mois, subit une lame de fond meurtrière où les civils sont ciblés en fonction de leur appartenance communautaire.

 

D’une voix ne laissant transparaître aucun affect, le général Bello de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC, un groupe armé constitué principalement de Peuls, qui sont musulmans) affirme que mercredi, « vers 5 heures, les anti-balaka menés par des soldats des FACA [les forces armées centrafricaines] et mélangés à des mercenaires ougandais, sud-soudanais et congolais ont attaqué Pombolo, car c’est une ville majoritairement peule. » « Ils ont tué plus de 140 personnes et fait une soixantaine de blessés, assure l’officier joint mercredi matin sur son téléphone satellitaire. Nous les avons repoussés, mais il n’y a personne pour secourir les blessés. » Selon un document interne des Nations unies, des casques bleus dépêchés sur les lieux avaient, jeudi après-midi, « découvert jusque-là les corps de 26 civils, de 2 miliciens de l’UPC et 56 blessés. »


Huit jours plus tôt, le 10 octobre, Kembé, à une dizaine de kilomètres de là, avait subi une attaque du même ordre. Entre 20 et 30 musulmans furent alors écharpés. Situées entre Alindao, le fief de l’UPC, et Bangassou, cernée par les anti-balaka qui seraient désormais près de 10 000 dans cette région selon les estimations, les deux localités sont installées le long d’un axe stratégique qui relie le pays d’est en ouest mais que les 12 000 soldats et policiers de l’ONU s’avèrent incapables de sécuriser. « Pour l’instant, nous arrivons toujours après les faits. Nous n’avons les moyens que de protéger nos convois, pas de mettre fin aux exactions », concède un responsable onusien.

 

Le gouvernement centrafricain a réagi, vendredi, en exprimant sa « ferme condamnation de ces actes de barbarie », selon un communiqué du ministre de l’administration du territoire, Jean-Serge Bokassa. Il a appelé la Mission des Nations unies (Minusca) à « faire preuve de plus d’engagement et à réévaluer son mode d’intervention dans le cadre de la protection des civils ».

 

« Population piétinée depuis quatre ans »

 

La veille de l’attaque sur Pombolo, le président Faustin-Archange Touadéra s’était rendu à Bangassou, ville où 2 000 musulmans vivent assiégés, réfugiés dans l’enceinte du petit séminaire. Critiqué pour sa passivité, il a promis qu’un préfet serait bientôt sur place et a rencontré des chefs anti-balaka. « Le chef de l’Etat fait des efforts. Il a écouté les recommandations de l’Union africaine et donné des postes [au gouvernement] à des ex-Séléka et des anti-balaka, mais les plus radicaux veulent maintenir le chaos afin de le discréditer et de le renverser », estime un observateur étranger.

 

Depuis la frontière soudanaise où il se trouverait, le général Noureddine Adam, le chef du FPRC, une autre faction de l’ex-Séléka, fulmine et accuse. « Le président Touadéra est allé en Russie pour récupérer des armes achetées à l’époque de Bozizé. Pour contourner l’embargo, elles ont été acheminées par l’Ouganda, puis sont rentrées par Obo, à l’est du pays. Leur objectif est de remonter sur nos zones et de nous en chasser avec tous les musulmans du pays », avance celui qui inspire la terreur chez nombre de Centrafricains.

 

Cette charge destinée à dénoncer le nettoyage ethnique dont sont victimes les musulmans est aussi pour le chef du FPRC une manière de se dédouaner des crimes dont il est accusé et de se poser en protecteur de la communauté islamique. Avant de trouver ces derniers jours un terrain d’entente avec l’UPC – « une alliance de bandits pour se partager le butin des mines, des taxes sur le bétail et des passages de barrières », selon la source précédemment citée –, les deux factions se sont rendues coupables d’un nombre effrayant d’exactions durant leurs affrontements. Dans les seules régions de Bria (est) et de Bakala (centre), entre novembre 2016 et février 2017, l’UPC a, selon un rapport de la Minusca, tué 111 civils et le FPRC, 22. Cette dernière dit par ailleurs avoir des « allégations crédibles » concernant la mort de « 293 autres civils », tués par ces deux groupes (167 par l’UPC et 126 par le FPRC). « Pour comprendre la vague de violences actuelles, il faut savoir que la Séléka piétine la population depuis plus de quatre ans », résume Mgr Juan José Aguirre Munos, l’évêque de Bangassou.

 

« Répondre aux besoins tragiques des Centrafricains »

 

A la veille de son voyage en RCA prévu du 24 au 27 octobre, le patron de l’ONU, Antonio Guterres, a estimé dans un entretien à l’AFP et RFI que « la Centrafrique est très loin des attentions de la communauté internationale. Le niveau de souffrances du peuple, mais aussi les drames subis par les humanitaires et les forces de maintien de la paix méritent une solidarité et une attention accrues (…) Il faut tout faire pour que les groupes armés puissent rendre leurs armes et que tout le monde puisse s’engager sérieusement dans la réconciliation et la paix », tout en regrettant le « manque de fonds » de la communauté internationale. « Nous n’avons qu’à peu près 30 % des fonds qui seraient nécessaires pour répondre avec le minimum d’efficacité aux besoins tragiques du peuple centrafricain », a ainsi déploré le secrétaire général des Nations unies.

 

Décriée pour son incapacité à protéger la population, la Minusca espère bénéficier de 900 soldats supplémentaires après le renouvellement de son mandat en novembre. Une augmentation de troupes qui semble bien dérisoire pour arrêter le nettoyage ethnique en cours.

 

Alors que douze casques bleus et autant de travailleurs humanitaires ont été tués depuis le début de l’année en RCA, que 215 000 personnes ont dû fuir leur domicile durant le premier semestre, cinq ONG (Acted, Actions contre la faim, Médecins du monde, Première Urgence Internationale et Solidarités International) ont lancé jeudi un appel à l’ONU et aux Etats membres pour « donner les moyens à la Mission de renforcer la protection des civils ». En clair, que celle-ci remplisse son mandat.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/20/tueries-a-repetition-en-centrafrique_5203564_3212.html#6SgoyxhXJ7V5tbFp.99

 

 

RCA: De nombreuses violences signalées dans le Sud-Est du pays

 

par FRÉDÉRIC POWELTON - 20 OCTOBRE 2017

 

Selon plusieurs sources concordantes, la localité de Pombolo, dans le Sud-Est du pays, a été le théâtre cette semaine de violents combats qui ont coûté la vie a de nombreux civils, au moment où la Minusca, la force onusienne en Centrafrique, a publié un rapport sur les abus commis les divers groupes armés.

 

Les principaux belligérants sont le mouvements armé UPC (Union Pour la Paix en Centrafrique) d’Ali Darassa et des groupes d’autodéfense locaux. La cause à l’origine du déclenchement de ces combats n’est pas très claire.

 

Toutefois, ce n’est pas la première fois que l’UPC, milice composée en majorité de chrétiens, s’attaque à des villages sans défense. Ce mouvement armé rebelle est régulièrement accusé d’exécutions sommaires de civils. L’UPC mène une guerre contre les groupes issus de l’Ex-Séléka, à majorité musulmans.

 

La Minusca a publié mardi un rapport sur les exactions commises contre des civils dans deux des principaux foyers de tensions dans le pays. En tout, au moins 133 civils auraient été exécutés sommairement par l’UPC. Un rapport qui intervient moins d’une semaine avant la venue d’Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, en Centrafrique.

 

Ce rapport affirme également qu’au moins 293 autres civils auraient été victimes de luttes intestines dans d’autres régions du pays depuis l’entrée en jeu de l’UPC dans la guerre que se livrent les groupes armés rivaux en Centrafrique.

 

 

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 23:45
Le Gabon ouvre ses frontières à la libre circulation dans la CEMAC et au delà
Le Gabon ouvre ses frontières à la libre circulation dans la CEMAC et au delà

 

 

 

Libreville, 20 octobre (Gabonactu.com) – Le ministre gabonais de l’Intérieur, Lambert Noël Matha dans un communiqué a annoncé ce vendredi que le Gabon autorise la libre circulation dans son territoire aux citoyens des pays membres de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), des pays du G 20 et du Conseil de Coopération du Golfe (CCG).

 

Les 5 pays de la CEMAC concernés sont : Cameroun, Centrafrique, Congo, Guinée Equatoriale et Tchad. L’unique condition est d’être détenteur d’un passeport ordinaire biométrique, d’un passeport diplomatique ou de service.

 

La mesure est applicable dès ce vendredi 20 octobre 2017.

 

Les ressortissants du G 20 et du CCG recevront un visa dès leur arrivé à l’aéroport international Léon Mba de Libreville.

 

La décision vise à renforcer l’attractivité du Gabon et son ouverture d’avantage  à l’Investissement Direct Etranger (IDE), explique le gouvernement.

 

Le Gabon et la Guinée Equatoriale étaient les deux seuls pays qui bloquaient la libre circulation dans la CEMAC. Elle est effective depuis plusieurs années entre le Cameroun, la Centrafrique, le Congo Brazzaville et le Tchad. La décision du Gabon laisse la Guinée Equatoriale seule à imposer un visa aux ressortissants de la CEMAC.

 

Martin Safou

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 23:44

 

                                       

 

Suite à la prise de conscience tardive de l'échec du gouvernement par le President de la République, un nouveau gouvernement budgétivore et comprenant les bourreaux du peuple a été mis en place le 12 septembre 2017. Des calculs politiciens se sont invités et dans l'optique de rempiler en 2021, l'ancien ministre de l'intérieur s'est vu brusquement et brutalement dépouiller du précieux département de la sécurité publique au profit d'un cacique du cercle réduit de Damara. Le désormais ministre de l'administration du territoire...territoire occupé et administré à 80% par les groupes armés a ressenti une frustration car humilié, diminué, miniaturisé et tout cela au mépris du rang d'arbitre occupé aux dernières élections présidentielles. Cet affront ou camouflet vient s'ajouter à l'imposition de ses collaborateurs directs ( Directeur et membres de cabinet ) par le premier ministre est devenu par la même occasion la goutte d'eau qui a débordé le vase.

 

Pour montrer son mécontentement ou son désaccord, le co-héritier de la Cour impériale de Berengo s'est terré à son domicile dans un mutisme assourdissant laissant la place aux spéculations, supputations et interprétations. Le scénario inédit au sommet de l'Etat n'est ni un droit de grève, inscrit dans le préambule de la constitution et qui doit respecter une règle de procédure, ni un droit de retrait qui est une possibilité donnée par la loi à un salarié de se retirer du travail lorsque ce dernier présente pour sa vie ou sa santé un danger grave et imminent. Le fatidique vendredi 13 octobre, le célèbre ministre a rompu le silence en organisant un point presse pour annoncer avec méfiance et prudence pour son avenir politique le grand retour au sein du gouvernement..

 

Hébété, le citoyen lambda qui n'a que ses yeux pour regarder s'interroge : l'ancien ministre de l'intérieur n'était-il pas content parce que son ministère a été morcelé avec la perte du département de la sécurité publique ? Ce mécontentement est-il lié à sa relégation dans le rang protocolaire du gouvernement ? Rester chez soi est-il synonyme de démission ? Avait-il le droit ou le devoir de se mettre en grève dans un climat sécuritaire aussi tendu ? Si le ministre se permet de faire une capricieuse grève, pourquoi est-il le premier à envoyer les forces de l'ordre pour mater les marches ou manifestations des syndicats de travailleurs ? En étant le premier gréviste du département, va t-il soutenir ou comprendre les cadres de son département qui sont en grève suite au décret portant nomination des préfets et sous préfets ? Les jours non travaillés seront-ils payés ?

 

Quand on voit de l'autre côté un premier ministre qui manque du respect aux cadres de son ministère brandissant de menaces pour couper les salaires des grévistes. S'il s'agissait d'un salarié ordinaire, ses jours d'absence devraient être payés ? À son retour au gouvernement et en siégeant au conseil des ministres, n'avait-il pas honte d'affronter le regard des autres collègues ? À t-il conscience de son poids dans le gouvernement ? Quelles images ou leçons a t-il projeté à l'égard des ambassadeurs accrédités en Centrafrique ? Et si chaque ministre se mettait en grève pour une raison quelconque, qu' adviendrait le gouvernement ? À l'état actuel des choses, le ministre allait-il revenir au gouvernement si on était en 2020 c'est à dire la veille des Présidentielles ? Est-il revenu au gouvernement pour attendre la veille des échéances électorales pour se démarquer ? Craignait-il de pointer au chômage non rémunéré en attendant 2021 ? Les avoirs ou réserves bancaires n'étaient-ils pas suffisants pour atteindre 2021 ? Qu'est-ce que le Président de la République lui a promis comme gage de son retour ? Et si éventuellement il est encore contrarié dans les jours à venir sur certains dossiers, que va t-il faire ?

 

Le désormais ministre de l'administration du territoire doit redescendre sur terre et surtout comprendre qu'à l'instar du Che Guevara, Sankara, Lumumba et Mandela, " on ne fait pas la révolution à moitié ".. Une révolution digne de ce nom doit se distinguer de relation familiale où le fils peut bouder son père, se réfugier dans sa chambre en attendant la compassion de son père. En outre, il doit comprendre qu'une révolution ne se décrète pas même si notoirement la démission est absente de la culture politique centrafricaine. La révolution s'engage sur la base de conviction et d'idéologie. Dans ce contexte, un ministre de la République légitimement nommé par décret n'a que deux options en cas de désaccord : soit on démissionne, soit on reste et on subit.

 

En conséquence, on devient complice du désordre et de la mauvaise gouvernance. Il s'agit aussi d'une complicité frontalière de la prostitution politique qui elle même est la dérivée des alliances contre nature. Lorsqu'on ne croit plus à un groupe, on en sort pour honorer sa carrière, son éducation, sa famille, ceux qui ont cru en vous et surtout la jeunesse de Lakouanga dont vous êtes issus. Ainsi, dès lors qu'on est pas apte à faire une révolution, mieux vaut s'abstenir au lieu de faire des tapages médiatiques. Pour finir, le Président de la République et son premier ministre doivent prendre leur responsabilité devant l'histoire en engageant une procédure disciplinaire contre le ministre récalcitrant pour servir de jurisprudence de référence. Mais attention, ne le dîtes à personne. Si on vous demande, ne dîtes pas que c'est moi.                                                                                                                   

 

Paris le 20 octobre 2017

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections.     

 

CENTRAFRIQUE : LES LEÇONS D'UN MINISTRE QUI DOIT APPRENDRE À SES DÉPENS QU'ON NE FAIT PAS LA RÉVOLUTION À MOITIÉ...par Bernard Selemby Doudou

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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 00:05
Sur le "corridor", seule route commerciale de Centrafrique: accidents, pillages et racket

 

 

 

 

19/10/17 (AFP)

 

"Enfin à Bangui, et sans encombre!". Evelin Bokassa est soulagé: il vient de finir son périple vers la capitale centrafricaine, après cinq jours de camion sur les routes depuis Douala, au Cameroun. Le "corridor", comme il l'appelle, est la seule voie de ravitaillement de Bangui, capitale enclavée au coeur de l'Afrique centrale.

 

Sur l'une des rares routes bitumées de Centrafrique, les tensions liées au conflit sont retombées mais les défis se multiplient: mauvais état de la chaussée, racket des camionneurs, vol de marchandises, lourdeurs administratives...

 

"Tu arrives dans un contrôle, on t'exige 2.000 francs (CFA, 3 euros), 3.000... Pourquoi? On ne comprend plus. Trop de tracasseries!", s'exclame Evelin Bokassa, qui dit être un petit fils du fantasque despote dont il n'a d'héritage que le nom.

 

Dans la cabine de son 30 tonnes chargé d'huile de palme, de cinq chèvres, de canapés et autres sacs de semoules, Evelin qui est aussi délégué du convoi pour l'Union des syndicats de conducteurs centrafricains, slalome entre les nids de poule, les carcasses de camions abandonnées sur le bas côté et les quelques motos qui circulent sur l'axe.

 

Sur sa remorque, une vingtaine de passagers ont grimpé sur les marchandises contre 5.000 francs (7 euros) pour rejoindre Bangui, faute de bus public. Le trajet est long, la poussière rougit les tee-shirts et les bonnets.

 

Gardé par deux véhicules onusiens, en tête et en queue, le convoi avance lentement. Il serpente et s'étire sur une dizaine de kilomètres, au rythme des pannes mécaniques et autres aléas.

 

La longue file indienne comprend officiellement aujourd'hui 45 camions, certains transportant du matériel onusien -les seuls qui seront gardés s'ils tombent en panne-, mais la plupart emportent tout un fatras de marchandises commerciales. Sont venus se greffer en queue de peloton une cinquantaine d'autres poids lourds.

 

- Villageois et pillards –

 

"Je suis bloqué là", lâche Idriss, dépité, adossé à son camion arrêté. L'engin de ce camerounais de 27 ans vient de tomber en panne avant Bossembélé, à mi-chemin entre la frontière camerounaise et Bangui.

 

"J'ai peur que les villageois arrivent avec des armes pour me menacer", explique le jeune homme, seul avec un passager centrafricain. Il est 18H00. Bientôt, la nuit noire reprendra ses droits. Des Casques bleus bangladeshi viennent finalement prendre position autour de son camion. "Parfois, ils ne s'arrêtent pas, je ne comprends pas", s'étonne, soulagé, le routier.

 

Les Casques bleus ont des consignes précises: si les camions en panne ne transportent pas de matériel onusien, les soldats de l'ONU continuent leur route, après avoir fait signer une décharge au conducteur. Idriss ne le sait pas mais il est chanceux: sur sa remorque trône un véhicule estampillé "ONU".

 

Le blindé et le poids-lourd resteront ensemble jusqu'à l'aube, sans mot dire - faute de langue commune pour communiquer, attendant qu'un autre camion revienne remorquer celui d'Idriss.

 

Plus loin, sur le bas côté, un camion est dans le fossé. Des villageois l'entourent, fusils de chasse et machettes à la main. "Ils sont là pour lui proposer de sécuriser le véhicule", raconte Evelin en dépassant le véhicule.

 

"Mais ce sont les mêmes villageois qui reviendront piller son chargement si le conducteur refuse de payer les 10.000 ou 15.000 francs (23 euros) qu'ils demandent".

 

- Taxes -

 

Les camionneurs se plaignent de tout le temps devoir mettre la main à la poche: à Béloko, un groupe armé - le FPDC- a installé un barrage, et taxe chaque camion, sous les yeux des Casques bleus. "C'est 2.000 francs ou ils te tuent", assure froidement Thierry, chauffeur centrafricain.

 

A Binenge, ce sont les habitants qui refont la route en terre creusée par la pluie. "On ne veut pas d'accident, (alors) on a arrangé la route", sourit l'un de ces cantonniers d'occasion, qui exige des routiers un billet de 1.000 francs pour soulever sa petite barrière de bois.

 

Les armes ne sont jamais loin, et les conducteurs n'ont d'autre choix que de se plier aux volontés des coupeurs de route.

 

Ce tronçon du voyage long d'une soixantaine de km est le plus pénible: la route n'est pas bitumée, et nombreux sont les camions qui restent bloqués dans la boue. Chaque arrêt ralentit toute la suite du convoi.

 

"Aujourd'hui, on a de la chance, il n'a pas plu et on a rejoint Bangui en cinq jours", dit Evelin. Mais quand les trombes d'eau viennent s'ajouter aux tracas de la route, il n'est pas rare que le convoi reste des jours à attendre.

 

"Cette route est compliquée. Le seul tronçon qui est bon est celui en dur, construit par l'empereur" Bokassa, explique Evelin.

 

Lui repartira dans quelques jours faire le même trajet, en sens inverse. "Ca fait douze ans que je fais ça. J'ai envie d'autre chose", dit-il. "Pourquoi pas aller travailler en Europe, il paraît que les routes sont belles là-bas, n'est-ce pas?"

 

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 23:54

 

 

 

http://geopolis.francetvinfo.fr  Par Laurent Ribadeau Dumas@GeopolisAfrique | Publié le 19/10/2017 à 17H47, mis à jour le 19/10/2017 à 18H03

 

Le conflit en Centrafrique est une «crise oubliée», a affirmé le 18 octobre 2017 le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. En août, le responsable de l’organisation internationale pour les affaires humanitaires, Stephen O’Brien, avait mis en garde contre des «signes avant-coureurs de génocide».


Sans parler ouvertement de génocide, Antonio Guterres a indiqué que «des opérations de nettoyage ethnique» se poursuivent dans plusieurs endroits du pays.

Le 18 octobre, l’ONU signalait que des violences ont éclaté dans le sud-est du pays et «auraient coûté la vie à de nombreux civils» entre Alindao et Bangassou, zone qui est le théâtre de violences depuis plusieurs mois. La localité de Bangassou est occupée depuis mai par des groupes anti-Balaka. Celle d’Alindao est le fief du groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC), groupe armé peul issu des factions rivales de l'ex-Séléka.



Les parties en présence

 


Depuis 2013, la Centrafrique est en proie à des violences après le renversement de l'ex-président François Bozizé par les milices (officiellement dissoutes) de la Séléka. Laquelle est «une alliance de mouvements rebelles issus du nord-est du pays, zone à majorité musulmane et marginalisée par Bangui», selon La Croix.


Ces violences avaient entraîné une contre-offensive des milices anti-Balaka, «au départ une constellation de milices d’auto-défense villageoises apparues en septembre 2013 en réaction aux exactions de la Séléka». Souvent identifiées comme des groupes à majorité chrétienne, ces milices «obéissent souvent à des chefs animistes», observe le journal chrétien. Le terme anti-balaka dériverait de l’expression «anti-balle Aka», pour AKA 47, diminutif de Kalachnikov, signale le site alwihdainfo.com«Bardés de leurs grigris divers, les anti-Balaka se pensent ainsi protégés des balles de leurs ennemis». 


Aujourd'hui, les groupes armés, au nombre de 14 selon France 24, se battent essentiellement pour le contrôle des ressources naturelles et des zones d’influence. Selon Antonio Guterres, ces groupes ont reçu «des appuis venus de l’extérieur». Sans plus de précision.

 

Chaos


Combats et massacres ont commencé en 2013 dans l’ouest du pays, ainsi que dans le nord. Difficile aujourd’hui de donner un bilan sur le nombre de victimes. Rien qu’entre décembre 2013 et octobre 2014, il y aurait eu plus de 3000 civils tués. Il faut aussi évoquer le déplacement de 600.000 personnes(sur une population de 4,5 millions d’habitants) à l’intérieur du pays et le départ de 500.000 autres vers les pays limitrophes, surtout au Cameroun, au Tchad et en RDC.


L’intervention de la France, entre 2013 et 2016 dans le cadre de l’opération Sangaris (2500 hommes), et celle de la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique) ont permis un certain retour au calme. Mais les violences ont progressivement repris.


Selon France 24, le chaos «a simplement changé d’emplacement». De l’ouest, «le conflit s’est déplacé dans le centre et le sud-est». «Les groupes armés sont en train de prendre le contrôle de cette zone, qui avait été épargnée» au départ de la crise «mais qui connaît aujourd’hui le même phénomène qu’en 2014: une chasse aux musulmans et des affrontements entre factions», observe Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales, cité en août par le site de la chaîne.

 


La violence n’épargne pas les humanitaires: le 8 août, de violents combats à Gambo (sud) ont fait au moins trois morts parmi le personnel de la Croix-Rouge centrafricaine.

 

Des violences sexuelles

 


Dans ce contexte, le pays est complètement à la dérive. Les autorités sont aux abonnés absents, les militaires ont été désarmés. Déployée depuis 2014, la Minusca compte quelque 12.000 hommes sur le terrain. Mais pour Thierry Vircoulon, les casques bleus sont «toujours trop lents» et «jamais en mesure d’éteindre les braises». Depuis janvier, onze casques bleus «ont été tués dans des actes malveillants» en République centrafricaine, rapportaient fin juillet les Nations Unies.


D’une manière générale, Human Rights Watch affirme, dans un rapport que «les violences sexuelles sont utilisées comme armes de guerre»«les groupes armés ont régulièrement commis des viols et pratiqué l’esclavage sexuel».


A plusieurs reprises, Amnesty International a, par ailleurs, «recensé des allégations de viol et de violences sexuelles visant la Minusca et d'autres forces de maintien de la paix (…), notamment le viol d'une fillette de 12 ans, à Bangui, en août 2015». L’organisation de défense des droits de l’Homme a mis en cause des casques bleus mauritaniens et congolais. Des militaires français de Sangaris ont, eux aussi, été accusés. Une affaire, révélée au départ par le Guardian, pour laquelle le parquet de Paris a requis un non-lieu.


Dans ce contexte d’anarchie et de complète désorganisation, le pays fait face «à une situation d’urgence sanitaire chronique», rapporte Médecins sans Frontières«72% des structures de santé ont été endommagées ou détruites». Tandis que «le paludisme reste la principale cause de mortalité» et que le nombre de personnes atteintes par le VIH reste «très élevé».

Lu pour vous : La Centrafrique, un pays en plein chaos, livré aux violences des groupes armés
Lu pour vous : La Centrafrique, un pays en plein chaos, livré aux violences des groupes armés

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 23:45
COMMUNIQUÉ DE PRESSE MINUSCA

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

LES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA SONT ARRIVÉS DANS LA LOCALITÉ DE POMBOLO

 

19 octobre 2017 – Suite aux informations reçues mercredi faisant état de violences d’une grande ampleur survenues à Pombolo (Basse Kotto, sud de la RCA) et ayant coûté la vie à de nombreux civils, la Mission de stabilisation multidimensionnelle intégrée des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) avait immédiatement envoyé un hélicoptère pour une reconnaissance aérienne et décidé de déployer des casques bleus sur place. Ce jeudi matin, 19 octobre 2017, une escorte de soldats de la paix provenant de Bangassou est arrivée à Pombolo.

 

Les casques bleus de la Force ont commencé à prendre position dans Pombolo afin d’apprécier la situation et d’y répondre correctement. Jusqu’à ce jour, la MINUSCA ne disposait d’aucun soldat de la paix dans cette localité.

 

Les soldats de la paix vont vérifier les informations qui faisaient état de violences qui auraient fait plusieurs victimes innocentes. 

 

https://minusca.unmissions.org/les-casques-bleus-de-la-minusca-sont-arrivés-dans-la-localité-de-pombolo

______________________________________________________________________________

 

Division de Communication Stratégique et d'information publique 

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine 

https://minusca.unmissions.org  | @UN_CAR |

 

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 17:48
Lu pour vous : Centrafrique : les ONG face à une nouvelle crise majeure

 

 

 

 

http://www.france24.com 19/10/2017

 

La Centrafrique s'enfonce dans le chaos, ont alerté, jeudi, plusieurs ONG internationales qui, sur le terrain, sont de plus en plus fréquemment la cible des groupes armés qui contrôlent désormais 80 % du pays.

 

"Nous voulons alerter sur une situation dramatique qui se dégrade de mois en mois", prévient Jean-François Corty, directeur des opérations de Médecins du Monde (MDM). Son ONG, ainsi qu'Action contre la Faim (ACF), Acted, Solidarités International et Première Urgence Internationale ont dénoncé, jeudi 19 octobre, lors d'une conférence de presse, le "chaos global" qui règne en Centrafrique. Depuis le début de l’année, le pays est frappé par une nouvelle crise majeure, affirme Jean-François Corty.

 

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterresest attendu dans le pays du 24 au 27 octobre dans le cadre du renouvellement du mandat de la Minusca – mission de maintien de la paix en Centrafrique – en novembre. Les ONG demandent que ce mandat soit "clarifié" alors que cette mission est "de plus en plus vue par la population comme partie prenante dans le conflit". "La protection des civils doit être au cœur de ce mandat avec des moyens adaptés", souligne Hélène Quéau de Première Urgence Internationale.

 

La Centrafrique est le pays le plus pauvre au monde selon l’Indice du développement humain (IDH), un habitant sur deux dépend de l’aide humanitaire. Hélène Camus, directrice pays d’Acted, décrit une "population exsangue" à laquelle il est de plus en plus compliqué d’apporter de l’aide face à une "recrudescence des attaques visant des humanitaires".

 

Les ONG prises pour cible

 

Pour la troisième année consécutive, la Centrafrique est le pays enregistrant le plus d’incidents visant les ONG. "Depuis le début de l'année, nous avons recensé plus de 280 incidents qui ont directement touché les ONG. Sur le dernier semestre, on avait une moyenne de 43 incidents par mois", précise Marilyn Cittadini, cheffe de mission pour Solidarités International.

 

"Dans les derniers mois, nous avons fait évacuer nos équipes de trois villes, cela correspond à 100 000 personnes qui perdent accès à tous les services de base. Et sept villes ont été évacuées partiellement depuis mai", se désole Hélène Quéau. "Nous, les ONG, sommes le premier employeur du pays et donc une cible de choix pour les groupes armés qui ont besoin de se financer", poursuit-elle.

 

"Cette réduction de l’espace humanitaire pourrait transformer la crise centrafricaine en une catastrophe humanitaire sans précédent", prévient Isabelle Robin, directrice régionale d'Action contre la faim.

 

Le pays contrôlé à 80 % par les groupes armés

 

La Centrafrique est aujourd’hui contrôlée à 80 % par des groupes armés, officiellement une quinzaine, issus majoritairement de l’ex-rébellion Séléka et des milices anti-balaka. "De nouvelles crises, des nouveaux affrontements éclatent chaque jour", constatent les ONG. Dans ce contexte, face à une multiplication des braquages et des attaques, 35 % de l’aide humanitaire stockée à Bangui ne peut être acheminée vers les populations dans le besoin, principalement dans le sud-est.

 

Environ 1,1 million de centrafricains ont quitté leurs foyers en raison des violences : 600 000 sont déplacés à l'intérieur du pays et 513 000 ont trouvé refuge dans des pays voisins, notamment le Cameroun et la RDC.

 

"La communauté internationale n’est pas à la hauteur des enjeux", estime Jean-François Corty. L’aide humanitaire promise cette année au pays n’a été financée jusqu’à présent qu’à hauteur de 30 %. Un pourcentage en baisse chaque année.

 

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 16:31
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : La Minusca s’oppose à l’amnistie en faveur des auteurs des crimes

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 19 OCTOBRE 2017

 

BANGUI,  19 Octobre 2017(RJDH) —Dans un rapport de mi-octobre, la Minusca  a recommandé au gouvernement de rejeter toute question d’amnistie sur les violations et abus graves des droits de l’Homme commis dans le pays. Recommandations faites lors de sa traditionnelle conférence de presse ce mercredi à Bangui.

 

Le rapport de la Division des droits de l’Homme a été rendu public dans un contexte d’affrontements entre les fractions de la coalition Séléka dans les préfectures de la Ouaka et de la Haute Kotto peu avant l’arrivée du secrétaire général de l’ONU dans le pays.

 

Ce rapport indique que des graves violations et abus des droits de l’Homme et des violations généralisées du droit international humanitaire ont été commis dans le centre et le centre-est du pays entre le 21 novembre 2016 et le 21 février 2017. Ces violations et les abus documentés sont entre autres, « des meurtres, des blessures, des enlèvements, des viols, des dénis de soins médicaux et d’assistance humanitaire, des expropriations et des destructions de propriétés ainsi que des restrictions de la liberté de circulation sont attribués au FPRC et l’UPC» peut-on lire dans le document.

 

Selon les statistiques de la Division des Droits de l’Homme de la Minusca « au moins 133 civiles dont 82 hommes, 16 femmes, 10 enfants et 25 personnes d’âge et de sexe inconnus ont été tués. La DDH a pu attribuer 111 de ces meurtres vérifiés à l’UPC et 22 à la coalition du FPRC » a indiqué la Minusca.

 

Le Porte-parole de la Minusca Vladimir Monteiro, appelle le gouvernement à ne pas mettre dans le programme la question de l’amnistie devant toutes ces formes de crimes commis dans le pays, « dans ce rapport il est recommandé au gouvernement qu’il n y est pas d’amnistie aux auteurs de ces crimes. Et le rapport recommande également à la communauté internationale de renforcer le financement de l’opérationnalisation de la Cour Pénale Spéciale, puisse que cette cour est très importante pour lutter contre l’impunité en RCA » exige la Minusca.

 

Adama Dieng conseiller spécial du secrétaire général des Nations Unies lors de sa rencontre avec Mathieu Simplice Sarandji se sont convenus sur la question et la position du gouvernement reste celle du forum de Bangui même si les groupes armés siègent au gouvernement.

 

 

Centrafrique : Un chef de village tué par les groupes armés à Batangafo au nord du pays

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 19 OCTOBRE 2017

 

BANGUI, 19 Octobre 2017’RJDH)—Un chef du  village Kagoué2, localité de Batangafo a été tué avec un jeune du village ce 14 Octobre. Acte attribué aux hommes armés assimilés aux Séléka. L’information a été confirmée au RJDH par plusieurs sources dont Marc Déloro député de cette circonscription.

 

En représailles à un affrontement armé entre les groupes armés la veille du 14 octobre, les groupes armés identifiés comme Séléka, basé à Houngo se sont affrontés aux forces rivales du village Hiro. Un leader Séléka tué dans le combat  et parenté au chef de Séléka basé au village dont le chef a été assassiné.

 

 Le député de Batangafo 2 Marc Deloro saisie de la situation décrit les scènes « c’était le vendredi 13 Octobre que y’a eu accrochage entre les ex-Séléka basés à houngo et les auto-défenses du village Hiro. Lors de l’attaque le chef de base de Séléka de  houngo et son garde-corps seraient tués. Etant informé de la mort de son frère, le chef de base de l’ex-Séléka de Kagoué2 est parti tiré à bout portant sur le chef et il est mort avec un frère à côté », relate-il.

 

Le partenaire révèle un jeu de ping-pong qui se fait au sein des forces de la Minusca sur la sécurisation totale de la ville, «  c’est vraiment ridicule ce qui se passe, si tu arrives à Bossangoa, on te dit que ce sont les forces de la Minusca basées à Batangafo qui doivent sécuriser toute la sous-préfecture. Une fois à Batangafo ces forces te diront que c’est le contingent Cameroun de Bossangoa qui doit veiller sur l’autre côté de la sous-préfecture. Du coup cela devient un jeu de ping-pong » a-t-il regretté.

 

Le chef du village est tué dans un contexte de retour de l’autorité de l’Etat encore fragile pour ne pas dire difficile dans les zones sous contrôle des forces négatives.

 

 

Centrafrique : La visite de Touadera à Bangassou est un plus pour la consolidation de la paix selon Serge Singha Bengba

 

PAR NOURA OUALOT LE 19 OCTOBRE 2017

 

BANGUI, 19 octobre 2017(RJDH)—Serge Singha Bengba député de Bangassou soutient la présence du secrétaire des Nations Unies et qualifie de dangereux le travail de la société civile tendant à boycotter sa visite. Il l’a dit lors d’une interview accordée au RJDH relative à sa visite avec Touadera dans sa circonscription.

 

RJDH : Honorable Serge Singha Bengba bonjour !

 

Serge Singha Bengba : bonjour

 

RJDH : Un jour après la visite de Faustin Archange Touadéra à Bangassou, sous quelles perspectives pouvons-nous placer cette visite ?

 

SSB : c’était une visite très importante et très attendue. Bangassou est une ville aujourd’hui où les habitants se déchirent, donc, il était important que le père vient réconforter ses enfants, leur donner des conseils et leur montrer le chemin. Et donc cette visite était placée sous le gage d’espoir. Et effectivement le chef d’Etat a réconforté toutes les communautés.

Il a rencontré les forces vives de la Nation, les femmes, les jeunes, les notables, les déplacés du Petit séminaire et les auto-défenses, il leur a exprimé sa solidarité. Il leur a dit qu’il est resté connecté à Bangassou c’est pourquoi, il leur avait envoyé plusieurs fois la ministre de la réconciliation Virginie Baikoua avec les humanitaires pour apporter une assistance humanitaire. Pour la deuxième fois, elle est venue mettre en place les comités locaux de paix. Le président  a fait montre de fermeté  par rapport aux attaques faites contre les forces onusiennes. Au mois de mai, les populations avaient demandé un préfet militaire et il était allé avec le préfet commandant qu’il a nommé à leur demande. Il a appelé la population au pardon et à la paix pour favoriser le plan de RCPCA dans la localité. C’était un message de réconfort, de fermeté et d’espoir.

 

RJDH : Plusieurs membres de la communauté de Bangassou ont traversé vers le Congo RDC est-ce que avec ce discours que vous qualifiez de fermeté peut permettre à ceux-ci de regagner Bangassou ?

 

SB : oui vous savez, la crise de Bangassou est venue brusquement. Maintenant que les faits sont là, chacun doit apporter sa contribution pour qu’on puisse petit à petit résorber cette crise, et l’acte que le président a posé contribue à cela.   Et surtout, il leur a montré le chemin de pardon et de la cohésion sociale.

 

RJDH : Dans ce même dynamique, le secrétaire général de l’ONU est attendu à Bangui, vous qui êtes député de la région de Bangassou fragilisé par les conflits quelles sont vos attentes ?

 

SSB : nous attendons beaucoup, il y’a beaucoup de pays dans le monde qui sont en difficulté et quand le secrétaire général vient ici pour nous c’est un grand honneur et nous devons tout faire pour que cette visite se passe bien. Je vois qu’il y’a des gens qui sont en train de travailler à boycotter cette visite. C’est très dangereux pour nous. Il ne faut pas que nous luttions contre nos propres intérêts. C’est intéressant que le secrétaire général se préoccupe encore de Centrafrique. Donc, nous allons profiter de cela pour exprimer un certain nombre de besoins de la population notamment comment faire pour mettre hors d’état de nuire les forces du mal afin que les centrafricains reprennent leur vie normalement. Un jour, le vice-président de la banque mondiale est venu et je lui ai posé la question sur la dette intérieure, on fait le DDRR moi je considère cela pour les bourreaux mais il faut indemniser les victimes, payer la dette intérieure et aujourd’hui, on voit que les discussions sont avancé avec le fond monétaire international pour le paiement de la dette intérieure. Donc, je pense que c’est à travers des discussions avec les hautes autorités des institutions internationales que nous pouvons avoir des solutions pour notre pays.

 

RJDH: Honorable, le gouvernement et la Minusca ont organisé le concours de recrutement de 500  gendarmes et policiers, dans votre localité les gens n’ont pas composé, mais aujourd’hui dans les résultats on voit les noms des gens de votre localité, comment réagissez-vous à cela.

 

SSB : je crois qu’il y’a eu erreur, j’ai discuté avec la Minusca et le responsable des examens m’a dit que les copies de Bangassou n’ont pas été servi donc, je pense que ces noms-là sont  apparus sous la rubrique Bangassou par erreur. Maintenant il faudrait que nous députés de Mbomou, nous allons dans le cadre de la coordination essayer de discuter avec les Nations Unies pour voir s’il y’a possibilité de faire comme pour les examens et concours pour que les ressortissants de nos régions aient droit de citer parmi les retenus. Vous savez  la RSS préconise une véritable armée nationale et si on commence à oublier des zones on ne va pas sortir de cette crise. Il faut que dans l’armée nationale toutes les régions soient représentées et nous demandons  aux populations de nos villes de faire la paix pour qu’elles puissent aussi à l’instar de ce qui se passe dans d’autres régions profiter du fruit de la renaissance du pays.

 

RJDH : Honorable Serge Singha Bengba député de Bangassou merci !

 

Serge Singha Bengba : c’est moi qui vous remercie !

 

Propos recueillis par Noura Oualot.

 

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 16:04
Transcription du message du Secrétaire général à la veille de sa visite en RCA

 

 

 

 

Mes chers amis centrafricains,

 

Comme vous le savez,  je visiterai bientôt votre beau pays.

 

Je  commencerai cette visite le 24 octobre, la Journée des Nations Unies. J’ai voulu par-là vous exprimer ma solidarité personnelle et l’engagement sans faille des Nations Unies à vos côtés.

 

Lors de ma visite, je vais échanger avec le Gouvernement sur les stratégies concrètes pour relancer un dialogue afin de sortir une fois pour toutes de la crise.  

 

Cette visite me permettra d’évaluer les besoins de notre Mission sur le terrain afin qu’elle puisse mieux protéger la population civile.

 

Je lance un appel à tous ceux : choisissez la paix et privilégiez le dialogue.

 

Travaillons ensemble pour la paix et le relèvement de la Centrafrique.

 

Je vous remercie

 

SINGUILA MINGI.

 

______________________________________________________________________________

Division de Communication Stratégique et d'information publique 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine 

https://minusca.unmissions.org  | @UN_CAR |

 

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 03:34

 

 

 

COMPTE RENDU

 

Plusieurs morts au Togo lors d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre

 

L’opposition avait appelé à manifester pour demander la démission du président Faure Gnassingbé, héritier d’une famille au pouvoir depuis cinquante ans.

 

Le Monde.fr avec AFP • 



Au moins quatre personnes ont été tuées par balle, mercredi 18 octobre, au cours d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre dans les deux principales villes du Togo, a déclaré le ministre de la sécurité, Yark Damehame.

 

Au cours d’un point presse, il a précisé que « les forces de l’ordre n’étaient pas les seules à détenir des armes ». « Il est donc difficile de dire qui a tiré », a-t-il ajouté.

 

Marches interdites

 

L’opposition, qui avait appelé à manifester, fait pour sa part état de « deux morts, dont un élève de 11 ans » et « au moins de vingt blessés graves »dans la capitale, Lomé, où la situation est toujours très tendue ainsi que dans la ville de Sokodé. Elles sont quadrillées par un impressionnant dispositif mis en place par les forces de sécurité. Récemment, le gouvernement avait interdit les marches pendant les jours de semaine.

 

Mercredi, des manifestants ont dressé des barricades de fortune, et les boutiques sont restées fermées dans plusieurs quartiers de la capitale. La police a procédé à de nombreuses reprises à des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène à Bé, un quartier de Lomé, d’où devaient partir les marches visant à demander la démission du président Faure Gnassingbé, héritier d’une famille au pouvoir depuis cinquante ans.

 

Un pays agité depuis août

 

L’arrestation d’un imam proche des opposants du Parti national panafricain (PNP), lundi, a mis le feu aux poudres. Yark Damehame avait justifié cette décision sur les ondes de Radio Victoire en affirmant que « dans ses prêches, [Alpha Alassane] appelle ses fidèles à la violence et à la haine ». Des échauffourées avaient alors éclaté dans la soirée. A Sokodé, un fief du PNP, deux adolescents ont été tués et deux soldats ont été lynchés par la foule mardi.

 

Le PNP s’est allié à treize autres partis de l’opposition pour demander le retour à la Constitution de 1992, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels, et la démission de M. Gnassingbé, élu en 2005 dans un climat de violence. Le pays est agité par cette contestation depuis août. Douze personnes, dont une majorité d’adolescents, ont été tuées en à peine deux mois.

 

Le gouvernement a assuré qu’il soumettrait son projet de réforme au peuple « d’ici à la fin de l’année », par voie de référendum. Mais l’opposition rejette le texte en bloc : la limitation prévue par le gouvernement n’est pas rétroactive et permettrait donc au président de se représenter en 2020 et en 2025.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/18/plusieurs-morts-lors-d-affrontements-entre-manifestants-et-forces-de-l-ordre-au-togo_5202954_3212.html#cMjYWEfBQYXgFURo.99

Plusieurs morts au Togo lors d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre

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