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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 23:39

 

 

Billets d’Afrique / 2016 / 253 - janvier 2016

 

 

SALVES

 

 

https://survie.org  Rédigé le 3 janvier 2016 (mis en ligne le 16 janvier 2018) - Thomas NoirotYanis Thomas

 

Les accusations d’abus sexuels sur des enfants révélées en avril 2015 incriminent l’opération française Sangaris. Mais selon un des témoignages, des faits pourraient mettre en cause des soldats français sous uniforme européen.

 

NDLR : Cet article date de janvier 2016, nous le mettons en ligne suite à l’ordonnance de non-lieu rendue le 11 janvier 2018 par les juges d’instruction français concernant les soldats français de l’opération Sangaris. Voir aussi le communiqué de l’association Survie, le 30 avril 2015, au début du scandale. On ignore aujourd’hui si l’hypothèse soulevée par l’article ci-dessous a été étudiée par les juges français...

 

Fin avril 2015, le journal britannique The Gardian révèle qu’un rapport de l’ONU documente des accusations d’abus sexuels commis entre décembre 2013 et juin 2014 par des soldats français sur de jeunes garçons en Centrafrique. On pense évidemment aux soldats de l’opération Sangaris, déclenchée à partir du 5 décembre 2013, et toujours en cours dans le pays. Mais les suspects, français, sont­-ils forcément engagés sous la bannière de l’opération française au moment des faits ? En effet, à partir du 30 avril 2014, une compagnie du 152ème Régiment d’Infanterie est détachée statutairement de l’opération Sangaris pour « basculer au sein de l’opération européenne EUFOR RCA », selon les termes même du point de situation du ministère de la Défense. Ces soldats, déjà sur place, changent donc de statut mais pas immédiatement de mission – et pas forcément de pratiques. Est­-il envisageable que des actes criminels aient alors été commis sous la bannière de la force européenne, officiellement mise sur pied le 1er avril 2014 et déployée dans les semaines qui ont suivi ? Un témoignage d’un des enfants entendus par les enquêteurs de l’ONU [1] sème le doute.

 

Témoignage à charge

 

Un gamin des rues de 13 ans affirme que plusieurs de ses amis ont été régulièrement abusés sexuellement par des membres des forces internationales en l’échange de nourriture. Il témoigne avoir vu un de ses amis effectuer deux fellations à un soldat français surnommé « Batman » au check point Alpha 2, au sud­-est du parking de l’aéroport Mpoko. La dernière aurait eu lieu quelques jours avant l’interview, donc début juin 2014, et « Batman » et son complice « Yo Yo » demeureraient à la base UCATEX (du nom d’une ancienne usine textile). L’enfant rapporte par ailleurs avoir vu un de ses amis effectuer une fellation à un certain « David » au check point piéton de l’aéroport quelques jours avant l’interview avec les enquêteurs. David et son binôme « Jounjou », lui aussi mis en cause, seraient des snipers habituellement postés sur le toit de l’aéroport et seraient logés sur la base UCATEX. L’enfant rapporte aussi les cas détaillés de deux abus sexuels sur des amis à lui par d’autres militaires français (« Nico » et « Jean ») eux aussi basés à l’ex­ usine UCATEX et affectés à la sécurité de l’aéroport (respectivement « Nico », au check point piéton de l’aéroport fin mars, et « Jean », au niveau de la tour de contrôle mais sans précision de date).

 

Faisceau d’indices

 

La mention de la base UCATEX n’est pas anodine, car ce site a été choisi pour accueillir le camp de la force européenne : les travaux de démolition des restes de l’usine et de construction de la nouvelle base n’ont débuté que le 8 mai 2014, pour accueillir à partir du 11 juin les soldats de l’opération EUFOR RCA [2] . Si les soldats accusés par ce garçon résidaient effectivement à la base UCATEX vers les mois de mai et juin 2014, ils pourraient donc relever des forces françaises mises à disposition de cette opération – et non plus de Sangaris, dont les troupes étaient stationnées ailleurs.


D’autre part, ce témoignage fait état de viols commis début juin sur des check points gardant l’aéroport Mpoko. Or, depuis le transfert d’autorité intervenu entre la force française Sangaris et l’EUFOR RCA le 30 avril 2014 [3], la sécurité et la protection de l’aéroport sont officiellement assurées par la force européenne – y compris avec des soldats français relevant précédemment de Sangaris.


Enfin, quatre membres du 152ème Régiment d’Infanterie ont été auditionnés le 8 décembre 2015 dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte en France sur ce scandale de viols, l’un sous le statut de la garde­-à­-vue, les trois autres libres « mais néanmoins en qualité de mis en cause et non de témoin » (RFI, 8/12). Il s’agit justement du régiment dont une compagnie a été placée sous l’autorité de l’EUFOR RCA – même si rien, à ce stade, ne nous permet d’affirmer que ces quatre soldats appartenaient à cette compagnie­-là.

 

Les implications

 

L’implication de soldats français de l’EUFOR RCA n’est ici qu’une hypothèse. Cependant, si elle était confirmée, elle amènerait évidemment à s’interroger sur l’action de l’Union européenne vis­-à­-vis de tels actes commis sous sa bannière [4]. Il faudrait notamment établir si l’état­-major de la force européenne, qui était placée sous les ordres du général français Philippe Pontiès et commandée sur place par un autre général français, Thierry Lion, a pris les mesures qui s’imposaient en initiant des procédures d’enquête sur la base, a minima, du témoignage de ce garçon.

 

[1] Il s’agit de l’interview n° 5 du rapport d’enquête du 18 juin 2014, dont une version anonymisée a été publiée par Mediapart (14/07/2015)

 

[2] « The great UCATEX story », Service d’action extérieure de l’Union européenne, 1/08/2014.

 

[3] « EUFOR RCA en charge de la sécurité à l’aéroport de Bangui », communiqué de l’Union européenne, 30 avril 2014

 

[4] Comme l’a révélé France Info (30/04/2015), des accusations ont également été portées contre la compagnie géorgienne déployée dans le cadre de l’EUFOR­RCA.

 

Lu pour vous ; CENTRAFRIQUE : LA FORCE EUROPÉENNE IMPLIQUÉE DANS LE SCANDALE DES VIOLS ?

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 13:32
Décès d'Emmanuel DOKOUNA

 

 

 

La famille DOKOUNA a le profond regret d’annoncer aux parents, amis et connaissances le décès de l’ancien Ministre d’Etat chargé des Finances et du Budget, Ancien Directeur Général de la Banque de Développement d’Afrique Centrale (BDEAC),  Emmanuel DOKOUNA survenu le 8 Janvier 2018 à Rabat au Maroc.

 

Elle informe par ailleurs les intéressés de l’arrivée de la dépouille mortelle prévue le Mercredi 17 Janvier 2018 à l’aéroport Bangui M’Poko à 7 h 25 par le vol Royal Air Maroc.

 

De même un livre de condoléances est ouvert  à la résidence du défunt sis quartier combattant.

 

Les obsèques auront lieu le Vendredi 19 Janvier 2018 et un communiqué passera ultérieurement pour informer du programme détaillé.

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 01:38
Sant’Egidio, la communauté catholique qui œuvre pour la paix en Afrique

 

 

 

 

https://geopolis.francetvinfo.fr  Par Laurent Ribadeau Dumas@GeopolisAfrique | Publié le 15/01/2018 à 09H11, mis à jour le 15/01/2018 à 09H11

 

La communauté catholique Sant’Egidio est souvent citée pour son rôle actif de médiation dans des négociations de paix en Afrique. Notamment récemment en Casamance (Sénégal) ou en Centrafrique. Enquête sur une communauté très discrète. Admirée. Mais aussi critiquée.

 

 «La Communauté de Sant'Egidio naît à Rome en 1968, au lendemain du Concile Vatican II. C'est aujourd'hui un mouvement de laïcs auquel participent plus de 50.000 personnes, investies dans l'évangélisation et dans la charité à Rome, en Italie et dans plus de 70 (en fait 75, NDLR) pays des divers continents», raconte son site. Un demi-siècle après, elle est toujours installée dans un ancien monastère carmélite de la Ville éternelle, construit au XVIIe siècle. Elle tient son nom de l’église Sant’Egidio (Saint Egide en français, forme italienne de Saint Gilles l’ermite).


L’année 1968, celle notamment de grands changements sociétaux dans les pays occidentaux, ne doit rien au hasard. Sant’Egidio a donc été créée cette année-là par Andre Riccardi, fils de banquier, «et un groupe d’étudiants désireux de reconnecter l’Eglise avec les plus démunis», raconte Le Monde. Tous laïques. «Un temps imprégnés de marxisme, (ils) ont fait leurs classes dans les bidonvilles romains, mais aussi auprès des handicapés, des réfugiés et des personnes âgées esseulées».


Des interventions qui se poursuivent aujourd’hui. Dans le même temps, la communauté a essaimé ailleurs dans le monde, notamment dans une vingtaine de pays africains. En Côte-d’Ivoire, ses militants mènent par exemple des actions d’alphabétisation.



De fil en aiguille, Sant’Egidio s’est spécialisée dans les relations internationales. L’écart entre une action au niveau d’un quartier ou d’une ville d’un côté, à celui du vaste monde de l’autre peut paraître incommensurable à l’observateur moyen. Pas à Angelo Romano, recteur de la Basilique Saint-Barthélémy, professeur à l’Université pontificale urbanienne à Rome. Lui-même «fait partie du groupe travaillant actuellement pour la réconciliation en Casamance (Sénégal)», précise le site de la communauté.



«Action sociale et action internationale»


«Il y a une continuité entre notre action sociale et notre action internationale, qui correspondent toutes deux à notre vocation de communauté chrétienne. Quand nous agissons lors de négociations, il s’agit de se mettre au service de la paix et de répondre à des requêtes. Nous n’avons pas changé de voie. Nous restons enracinés dans la vie chrétienne et la charité. C’est ce qui nous donne notre crédibilité», explique Angelo Romano. La communauté est ainsi intervenue un peu partout dans le monde: au Guatemala, en Albanie, au Kosovo. Mais aussi, et beaucoup, en Afrique: en Algérie (pendant la guerre civile dans les années 90), au Burundi, en Centrafrique, en Côte-d’Ivoire, au Liberia, en Libye, au Mozambique, au Soudan du Sud

 

Sant’Egidio a, en quelque sorte, fait ses classes lors de la guerre civile au Mozambique au début des années 90. «Les représentants du gouvernement et du mouvement de guérilla Renamo ont négocié chez nous pendant sept mois», se souvient l’universitaire catholique. Avant d’aboutir à un accord le 4 octobre 1992, qui reste visiblement un grand objet de fierté pour la communauté. Mais en 2016, des combats ont à nouveau opposé les ex-belligérants. 


Les moyens pour parvenir à un tel accord? «Une structure très légère constituée de bénévoles», répond Angelo Romano. En l’occurrence une dizaine de personnes qui composent le bureau international de la communauté. Pour les négociations sur le Mozambique, Sant’Egidio avait mis sur pied une équipe de quatre personnes, dont un archevêque mozambicain. Angelo Romano reste discret quand on lui demande sur qui, en général, s’appuie la communauté au niveau local. «Nous sommes enracinés dans 75 pays, ce qui permet d’avoir une certaine connaissance du terrain et nous fournit une richesse de compréhension», répond-il sans plus de précision.  

La «force» des bénévoles


Dans le même temps, le fait que les négociateurs de la communauté soient «des bénévoles est une force», poursuit l’universitaire. «Cela nous donne une énorme crédibilité». Une crédibilité pour aider à résoudre des conflits parfois insolubles pour les diplomates professionnels.

   

«Nous faisons quelque chose de différent», dit Angelo Romano. C’est-à-dire? «Nous n’avons pas de projet ni de solution préétablis. Nous essayons en premier lieu d’écouter et de comprendre les protagonistes. Chaque conflit a ses raisons et son histoire. Il s’agit de comprendre les peurs et les méfiances des uns et des autres. Cela nécessite du temps, ce que des diplomates professionnels ne peuvent pas forcément se permettre.» Pour autant, ces derniers peuvent être associés au travail de Sant’Egidio. Comme le fut l’ambassadeur de France au Vatican lors des discussions sur la Centrafrique.

 

Une fois les négociations sur les rails, les protagonistes en choisissent le rythme. Pendant les discussions, «nous nous efforçons de mettre au centre ce qui les réunit et de mettre de côté ce qui désunit». Objectif: échafauder des compromis pour arriver à un accord. «Il s’agit de ne pas être pressé: il faut tester les plus petites chances pour parvenir à une solution pacifique. Cela peut donc prendre des années.» Comme en Casamance où les pourparlers ont commencé en 1991 et où un accord de paix a été signé en 2004. Mais où la situation n’est toujours pas stabilisée«Nous avons aussi la liberté d’échouer», estime Angelo Romano. Comme en Algérie en 1995 où le pouvoir n’est finalement pas venu à la table des négociations.



«Acceptation de l’ordre injuste des rapports de force»?


Certains apprécient la méthode. Comme l’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine qui évoque «une belle diplomatie», «à contre-courant» et qui «s’abstient de donner des leçons». Mais l’institution est aussi critiquée. «La paix de Sant’Egidio est devenue celle de l’acceptation de l’ordre injuste des rapports de force», estime ainsi Médiapart. Selon le site, l’accord politique de Kinshasa, signé sous le patronage de l’épiscopat congolais fin 2016 avec l’aide de la communauté permet «d’abord au régime de Kabila de gagner du temps et de se renforcer». Une communauté qui s’inscrirait «dans une tradition ecclésiale classique, celle de la compassion au bénéfice de l’ordre établi».



Des analyses auxquelles Angelo Romano ne juge pas nécessaire de répondre directement. Et d’expliquer : «Nous agissons comme avec un blessé. Il ne s’agit pas d’ouvrir une discussion avec le malade. Mais de soigner ses blessures. Si elles ne sont pas soignées, il risque une infection. Or la guerre est une blessure horrible. Quand vous parlez avec des personnes engagées dans un conflit, ils ne vous diront jamais qu’il s’agit là d’une expérience positive. Comme le dit Erasme de Rotterdam, "Dulce bellum inexpertis": "La guerre est douce pour ceux qui ne la connaissent pas."»

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 01:20
Centrafrique : MSF s’inquiète de la situation des milliers de déplacés
Centrafrique : MSF s’inquiète de la situation des milliers de déplacés

 

 

 

http://adiac-congo.com  Lundi 15 Janvier 2018 - 15:45

 

Depuis plusieurs années, la République centrafricaine (RCA) traverse une crise politique majeure, avec pour conséquences des déplacements et la violence qui sont considérables pour la population.

 

Médecins sans frontières (MSF) travaille en Centrafrique depuis 1997 et s’inquiète de la situation des déplacés qui s’aggrave de jour en jour. Selon cette ONG, ils seraient plusieurs dizaines de milliers aujourd'hui et le manque de nourriture, d'eau et de capacités de soins se fait sentir. « Même si les affrontements ont baissé d'intensité, ces derniers jours, les déplacés qui fuient les récents combats entre deux groupes armés de la région arrivent en masse dans cette petite ville », a expliqué le 14 janvier, Gwenola François, cheffe de mission MSF, qui vient de séjourner dans la zone.

 

En effet, les besoins sanitaires sont immenses : le paludisme reste la principale cause de mortalité dans le pays, notamment chez les enfants de moins de 5 ans, le taux de prévalence du VIH  est très élevé et les besoins en santé mentale sont très importants, avec une population traumatisée par les violences, atrocités et insécurité permanentes subies depuis des années.

 

Alors que les taux de couverture vaccinale en RCA étaient déjà en deçà des objectifs nationaux avant 2013, la crise a encore entraîné une réduction des activités de vaccination dans le pays (13% seulement des enfants de moins d’un an sont totalement couverts et protégés en ce qui concerne la vaccination).

 

MSF a, en outre, rappelé qu’en 2016, elle avait entrepris, en collaboration avec le ministère de la Santé, la campagne de vaccination préventive la plus importante dans l’histoire des interventions de l’association en RCA. Toujours en cours, la campagne vise à protéger les enfants de moins de 5 ans contre un certain nombre de maladies : la poliomyélite, le tétanos, la diphtérie, la coqueluche, l’hépatite B, la rougeole et certaines formes de pneumonie et de méningite, y compris dans les zones rurales difficiles d’accès.

 

En septembre 2017, six cent mille personnes étaient encore déplacées en Centrafrique. A cela s’ajoutaient les cinq cent mille réfugiés centrafricains qui ont fui vers les pays limitrophes.

 

Bien qu’en 2015 la violence ait reculé à Bangui et dans certaines régions de la RCA, les groupes armés encore actifs et le grand banditisme rendent la situation sécuritaire très fragile. L’insécurité persistante dans de nombreuses zones du pays continue d’entraver la capacité de MSF à atteindre les personnes ayant besoin d’assistance.

 

En 2014, vingt-deux personnes dont trois employés de MSF ont été tuées dans l’attaque de l’hôpital de Boguila. En mai et juin 2016, un chauffeur de MSF et une autre personne faisant partie d’un convoi transportant du matériel MSF ont trouvé la mort lors de violents incidents.

 

C’est depuis fin décembre 2017 que des affrontements entre le MNLC d'Ahmat Bahar et un autre groupe armé, RJ (Révolution justice), se sont accentués autour de la ville de Paoua (nord-ouest de la Centrafrique), non loin de la frontière tchadienne. Cinq mille personnes seraient arrivées au Tchad. Cinqante-huit mille à Paoua même, selon les derniers chiffres du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU.

 

Le député centrafricain, Martin Ziguélé, natif de Paoua et ancien Premier ministre, a lancé un cri d’alarme et en appelle à une intervention militaire de la Minusca, comme elle l’a fait à Bocaranga, en octobre dernier.

 

« Nous voulons que la Minusca intervienne, comme cela a été fait à Bocaranga, insiste le député. La Minusca a mis en garde les troupes de Sidiki, qui avaient occupé Bocaranga. Et ces troupes-là n’ont pas voulu quitter Bocaranga et la Minusca a réagi immédiatement et fermement. C’est exactement la même chose, la même réaction, la même réactivité, la même fermeté que nous attendons de la Minusca. »

 

Yvette Reine Nzaba

 

 

Centrafrique : Les déplacés à Paoua refusent leur installation sur les sites

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 15 JANVIER 2018

 

PAOUA, 15 Janvier 2018 (RJDH)— Les déplacés regroupés dans la ville de Paoua, dans l’Ouham Pendé s’opposent à la création d’un site en leur faveur. Ils demandent la sécurisation de leurs communes respectives avant d’y retourner. Propos tenus lors d’une rencontre avec la Ministre de l’Action Humanitaire et de la Réconciliation Nationale, Virginie Mbaïkoua.

 

Près de trois semaines après les violents combats entre les éléments de la Révolution Justice (RJ) et du Mouvement National pour la Libération de la République centrafricaine du gl Ahmat Bahar, plus de 65.000 déplacés sont arrivés dans la ville de Paoua dont la plupart sont logées dans des familles d’accueil. Un site devrait être construit pour les regrouper mais ceux-ci s’y opposent et réclament plutôt la sécurisation de leurs localités par la Minusca afin de permettre leur retour.

 

Les déplacés enregistrés, viennent de plusieurs villages répartis dans cinq (5) communes que sont Mia-Pendé, Bah-Bessar, Nana-Baria, Banh et Malé.

 

Quelques chefs de ménages interrogés par le RJDH ne cachent pas leurs intentions. «La Minusca a fait un effort pour limiter les effets pervers des violences. Maintenant il est question de sécuriser nos communes afin de permettre notre retour. Nous avons nos champs et c’est la période des récoltes», a souligné Bernard, visiblement remonté à cause de cette situation qui handicape ses affaires.

 

«Ici dans l’Ouham Pendé, nous sommes éduqués à nous prendre en charge nous-mêmes. Pas question d’assistanat. Nous ne voulons pas de site car, cela va nous maintenir longtemps ici. Moi, j’ai mes champs de riz, de sésame etc. Ce n’est pas à cause des vivres qu’on est là mais juste pour sauver notre vie. Retourner à Bémal, c’est ma priorité », a soutenu une mère de 10 enfants avec lesquels elle est accueillie dans une famille.

 

La ministre de l’Action Humanitaire et de la Réconciliation nationale, Virginie Mbaïkoua, trouve que le gouvernement et la coordination des affaires humanitaires ne pourront pas aller à l’encontre de la volonté des déplacés. «Nous devons les accompagner et les assister en tenant compte de leur vœu. C’est ce que l’on s’est dit. Ici l’assistanat ne figure pas dans la culture des gens et chacun se bat pour prendre en charge sa famille», a-t-elle souligné.

 

Joseph Inganji, Chef de bureau de Ocha plaide pour que la Minusca sécurise les communes afin de permettre aux déplacés de retourner chez eux. «Je lance cet appel à tous les acteurs y compris la Minusca pour tout mettre en œuvre afin de permettre aux déplacés de rentrer chez eux», a-t-il confié au RJDH, lors de la mission dans la ville de Paoua.

 

Plusieurs notables de la localité rencontrés ont rappelé que si la Minusca a réussi à libérer Bocaranga, ville sise dans la même préfecture, c’est qu’elle peut répliquer la même chose à Paoua notamment chasser les groupes armés basés dans la région.

 

L’espace retenu pour la construction du site est nettoyé mais reste encore vide. Aucun abri n’y est encore construit à ce jour, sauf le local que l’ONG MSF a bâti pour les soins médicaux.

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 00:57
Centrafrique: les évêques demandent aux groupes armés de déposer les armes
Centrafrique: les évêques demandent aux groupes armés de déposer les armes
Centrafrique: les évêques demandent aux groupes armés de déposer les armes
Centrafrique: les évêques demandent aux groupes armés de déposer les armes
Centrafrique: les évêques demandent aux groupes armés de déposer les armes

 

 

 

15 JAN 2018  Mise à jour 15.01.2018 à 11:00 (AFP)

 

Les évêques de Centrafrique ont demandé aux groupes armés qui règnent dans une grande partie du pays de "déposer les armes sans condition", à l'issue de la session ordinaire de la conférence épiscopale de Centrafrique dimanche à Bangui.

 

"Au nom de Dieu, nous demandons aux groupes armés de déposer les armes sans condition", afin de "mettre fin aux crimes de tout genre et aux souffrances de nos compatriotes, aux pillages des ressources naturelles et aux dysfonctionnements de l'Etat", ont lancé les évêques lors d'une messe dans la cathédrale de Bangui.

 

La cérémonie clôturait la session ordinaire de la conférence épiscopale et a été célébrée en présence des hautes autorités de l'Etat dont le président Faustin-Archange Touadéra.

 

Les évêques ont condamné la lenteur du processus de désarmement des groupes armés (DDR) ainsi que la "lenteur et l'inaction de certains contingents de la Minusca", la force de maintien de la paix des Nations unies en Centrafrique.

 

Les évêques espèrent le redéploiement rapide des forces armés centrafricaines (FACA), même si, ajoutent les chefs religieux, "à peine redéployés, certains éléments de ces forces excellent déjà dans les +rackets+ ironiquement appelés formalités, au même titre que les groupes armés".

 

Les FACA sont en phase difficile de reconstruction, alors qu'un embargo sur l'acquisition d'armes est en vigueur en RCA depuis 2014. Mi-décembre, la Russie a néanmoins été autorisée par l'ONU à livrer des armes, et la Chine des équipements militaires, en octobre.

 

Les chefs religieux ont enfin condamné l'agression début janvier d'un abbé à Bangassou, ainsi que "toutes les tentatives d'intimidation des agents pastoraux".

 

La Centrafrique est embourbée dans un conflit meurtrier depuis 2013. L'Etat n'a de contrôle que sur une maigre partie du territoire national, tandis que les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle du diamant, de l'or et du bétail dans ce pays, un des plus pauvres du monde.

 

Mise à jour 15.01.2018 à 11:00

 

© 2018 AFP

 

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 00:43

 

 

 

 

   Entre avaler ses hamburgers, ses hot dogs, ses quatre heures de télévision quotidiennes, son détricotage systématique de toutes les lois de l’ère Obama, sa décision unilatérale de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, ses tweets rageurs sur tout et rien, l’homme qu’une partie de l’Amérique a envoyé à la maison blanche simplement parce que blanc a encore trouvé le temps de baver sur les Haïtiens, les Salvadoriens et les Africains .

 

   En revenant à son racisme primaire , voire élémentaire, Trump se trahit tout seul car sa dernière sortie révèle quelque peu ses fragilités : il est gâteux ! Il ne se souvient plus que de la dernière personne rencontrée et la dernière en date est l’ambassadeur de Norvège en Amérique . D’où la « fine » allusion trumpienne de son souhait d’accueillir des Norvégiens plutôt que des basanés . Ce délire récurrent, ses éructations racistes ne sont même plus démentis par la maison blanche, tant l’homme est coutumier du fait . Dans un article précédent, je faisais remarquer que les Noirs américains étaient là avant l’arrivée de son grand père, parti de son Allemagne natale pour faire fortune avec leurs sueurs . Mais Donald Trump, cet homme infatué, qui se définit lui-même comme un « génie stable », connaît-il seulement l’histoire de l’Amérique ?

 

   Dans le même ordre d’idée, quel est le dernier livre que Donald Trump a lu ces derniers temps ? Quelles pensées positives cet homme a émises depuis qu’il est élu ? Il parlerait comme ses électeurs de base ? Mais le président d’une hyper puissance comme l’Amérique qui dispose du bouton nucléaire n’a pas le droit de parler comme un bouseux du Middle West !

 

   Regarder Fox News en boucle n’est pas la meilleure façon d’exercer son sens critique, mais tout de même !

 

   On croyait sa haine d’Obama mâtinée de calculs électoraux en vue de la présidence…On se trompait . L’homme est viscéralement raciste, partisan d’un nouvel apartheid maintenant au XXI ème siècle, en Amérique .

 

    Pour une fois, les Haïtiens, les Botswanais et l’Union Africaine ont réagi aux insultes de Trump . C’est bien, mais la réponse unanime d’une Afrique fédérée aurait eu plus de poids !

 

    Mon éducation centrafricaine m’interdit de répéter les éructations du président américain . Seulement, il faut le prendre pour ce qu’il est : un gros raciste dangereux pour son pays qu’il veut plonger dans la guerre civile et le reste du monde qu’il menace de plonger dans les ténèbres . Par principe, je me méfie des hommes qui se définissent comme des génies et qui n’en ont pas un échantillon sur eux . A une époque où les extrêmes droites connaissent une résurgence inquiétante, Donald Trump est devenu un objet historique à étudier .

 

 

                              Le 14 janvier 2018

 

                              David KOULAYOM-MASSEYO .   

TRUMP OU LA FACE HIDEUSE D’UN RACISME ORDINAIRE EN AMERIQUE  par David KOULAYOM-MASSEYO

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 00:38
Centrafrique : Flambée des prix sur les marchés de Paoua

 

 

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 15 JANVIER 2018

 

PAOUA, 15 Janvier 2018 (RJDH)— Les prix des produits de premières nécessités et des denrées alimentaires ont sensiblement augmenté ces derniers jours à Paoua dans l’Ouham Pendé, suite à la présence massive des déplacés dans la ville. Constat du RJDH ce vendredi dernier dans la ville.

 

Les violences autour de Paoua qui ont fait fuir des nombreuses familles vers la ville depuis près de trois semaines ont engendré une surenchère sur les prix des denrées alimentaires et autres produits sur les marchés. Deux faits justifient cette situation notamment l’effectif des habitants qui a triplé et la destruction des greniers dans les trois communes qui ravitaillaient la ville.

 

Les prix des produits alimentaires tels les légumes, le manioc, l’oignon, la viande pour ne citer que ceux-là ont sensiblement augmenté et ces produits tendent à disparaitre sur les marchés, « je vends du manioc. Ici, la cuvette de manioc se vendait à 1.250 FCFA mais maintenant, nous l’achetons à 3.000 FCFA. C’est pour cela que nous avons augmenté le prix au détail», confie Catherine.

 

«La viande de bœuf se faire rare. Les groupes armés ont volé des troupeaux entiers et cela a généré  cette carence que nous vivons en ce moment. Les étals de viande sont vidés avant midi. Nous n’avons plus rien à vendre», a confié Ibrahim qui visiblement est attristé par cette situation qui affecte aussi les populations autochtones de Paoua.

 

Bien que le marché soit animé, les moyens financiers des ménages sont en décadence, «Je suis en train de tourner en rond depuis une heure. Je ne sais quoi acheter. Je n’ai que deux mille FCFA pour nourrir ma famille. Tout est en hausse sur les marchés. Je ne trouve pas de viande de bœuf, nous n’avons plus d’économie, c’est dur», regrette Carole, une jeune dame de Paoua.

 

Cette hausse de prix sur les marchés ne laissent pas indifférents certains déplacés qui prennent de gros risques pour approvisionner la ville. «Je suis reparti dans mon village, à 15 Km pour chercher des arachides pour venir vendre afin de subvenir à nos besoins urgents», a relevé un habitant déplacé à Paoua.

 

Selon les informations humanitaires, plus de 100.000 personnes sont affectées par ce phénomène de déplacement massif de populations à Paoua suite aux violences survenues dans la périphérie de la ville. Les familles d’accueil en surnombre et les déplacés se partagent le peu que l’on trouve sur les marchés.

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 00:16
Centrafrique: autour de Paoua, les combats n'ont laissé que des villages fantômes
Centrafrique: autour de Paoua, les combats n'ont laissé que des villages fantômes
Centrafrique: autour de Paoua, les combats n'ont laissé que des villages fantômes
Centrafrique: autour de Paoua, les combats n'ont laissé que des villages fantômes

 

 

 

 

15/01/2018 à 16:28 | AFP

 

Lorsque le convoi de l'ONU arrive à Bedaya 1, aucun enfant n'accourt comme il est d'usage. Aucun adulte non plus.

 

Pas âme qui vive dans ce village à une vingtaine de km au nord de Paoua, localité du nord-ouest de la Centrafrique, à part quelques chiens faméliques au pelage clairsemé. Tout le monde a fui les combats qui font rage depuis des semaines.

 

Les maisons en briques de terre sont vides. Des tabourets renversés et quelques ustensiles de cuisine abandonnés autour des cendres d'un récent feu témoignaient, samedi dernier, de la précipitation dans laquelle les habitants sont partis, a constaté un correspondant de l'AFP, un des rares journalistes à s'être rendu dans la zone.

 

Devant le convoi et les Casques bleus, une poignée d'hommes apparaît de nulle part, dit être venue récupérer de la nourriture pour leurs familles réfugiées à Paoua. Mais une sagaie nichée sous un toit de paille ou un long poignard caché derrière un tronc indiquent d'autres intentions.

 

Des villages fantômes comme celui-ci, le convoi en a croisé une dizaine, et pour cause: plus de 60.000 personnes, selon le bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), ont fui les villages de la région pour se réfugier à Paoua.

 

Les combats opposent depuis fin décembre le groupe armé Mouvement national pour la libération de la Centrafrique (MNLC) du "général" Ahamat Bahar, au groupe armé Révolution et Justice (RJ) d'Armel Sayo.

 

Jusqu'à fin décembre, ils cohabitaient bon gré mal gré et se partageaient la garde des check-points, une de leur principales sources de revenus sur cette route de transhumance vers le Tchad qui voit passer beaucoup de troupeaux, dont chaque tête est taxée.

 

Mais l'assassinat le 28 novembre par le MNLC d'un chef de RJ, Raymond Bélanga, accusé de nombreuses exactions contre la population, a fissuré cette alliance: les combattants RJ ont quitté les barrages avant de les attaquer, parfois avec l'aide de milices d'autodéfenses locales.

 

Depuis, le MNLC, bien mieux armé et mieux doté en munitions, mène une riposte impitoyable contre les RJ et surtout contre la population, suspectée d'accointance avec ces derniers.

 

'Des cavaliers avec des kalachnikovs'

 

Violences contre les civils, politique de la terre brûlée... Les témoignages de civils recueillis par l'AFP sont nombreux.

 

"On a d'abord entendu des coups de feu", raconte Charles Tambe, 52 ans, chef du dispensaire médical de Bekoro Mission, à une quarantaine de km au nord-est de Paoua.

 

"Puis on a vu arriver les chevaux, avec deux ou trois cavaliers par monture, armés de kalachnikovs, de fusils, d'arcs et de flèches. Ils tiraient sur tout le monde, alors on a fui dans la brousse." "Il y a des cadavres qui pourrissent là bas", ajoute-t-il.

 

Aucun bilan n'a pu être établi à ce jour tant les environs de Paoua sont difficiles d'accès.

 

Selon plusieurs témoignages concordants, les cavaliers seraient des Peuls - groupe ethnique généralement éleveurs et nomades- venus du Tchad, en renfort du MNLC.

 

"Ils ont pillé, brûlé le centre de santé et toutes les maisons", poursuit Charles Tombe. L'ONG Médecins sans frontières (MSF), avait dû fermer 7 centres de santé situés autour de Paoua début janvier.

 

Lanissa Né Oumangue, 16 ans est également parvenue à s'enfuir, avec son bébé d'un an, lorsque son village, Bémal, à 50 km de Paoua, a été attaqué le 3 janvier par les hommes du MNLC.

 

Son mari a été froidement abattu. Elle affirme avoir vu des hommes armés jeter un nourrisson par terre pour le tuer. 

 

"La Séléka (le MNLC est issue de l'éclatement de la rébellion de la Séléka) a tué ma mère et mon petit frère devant moi", murmure Prince, 24 ans, chauffeur de taxi moto - que les assaillants ont volé.

 

Lui aussi a dû fuir son village, Bedoua, à une trentaine de km de Paoua. "Ils ont même brulé une maison avec des gens dedans", dit-il.

 

Comme Prince, des milliers de personnes affamées s'agglutinaient devant trois camions garés sur la place poussiéreuse de l'église de la Sainte Famille, vendredi 12 janvier, à Paoua.

 

Au milieu de la foule, un camion décharge des vivres du Programme alimentaire mondial (PAM). Des disputes éclatent, lorsque certains réalisent qu'ils ne toucheront pas leur aide d'urgence aujourd'hui.

 

Des sacs de nourriture écartelés par plusieurs paires de mains se craquellent. Des enfants se jettent sur les quelques grains de riz qui tombent dans la poussière.

 

Une ONG locale parvient à calmer les esprits. La distribution continuera dimanche, pour une population qui n'a plus rien.

 

Les habitants de Bedoua ne sont pas seuls à souffrir de la faim. En Centrafrique, plus de la moitié des 4,5 millions d'habitants dépend de l'aide humanitaire, selon l'ONU.

 

15/01/2018 16:27:49 -          BEDAYA (Centrafrique) (AFP) -          

© 2018 AFP

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 00:11
L’Église de Centrafrique appelle les groupes armés à « déposer les armes sans condition »
L’Église de Centrafrique appelle les groupes armés à « déposer les armes sans condition »
L’Église de Centrafrique appelle les groupes armés à « déposer les armes sans condition »

 

 

 

https://www.la-croix.com  Lucie Sarr, à Abidjan , le 15/01/2018 à 17h30

 

Dimanche 14 janvier, la conférence épiscopale de Centrafrique (Ceca) a célébré la messe de clôture de sa première assemblée plénière annuelle en présence du président de la République Faustin-Archange Touadéra.

 

La cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Bangui a accueilli, dimanche 14 janvier, la messe de clôture de la première assemblée plénière de la conférence épiscopale de Centrafrique (Ceca). Les évêques centrafricains, réunis depuis le 8 janvier, ont délivré leur message final en présence du président de la République Faustin-Archange Touadéra et de l’imam Kobine Layama.

 

Dans son adresse, l’épiscopat centrafricain a demandé « Au nom de Dieu » aux groupes armés « de déposer les armes sans condition », afin de « mettre fin aux crimes de tout genre et aux souffrances de nos compatriotes, aux pillages des ressources naturelles et aux dysfonctionnements de l’État. »

 

La République centrafricaine est empêtrée dans une crise depuis la chute du président François Bozizé, en 2013, chassé par une coalition de groupes armés à majorité musulmane venue du nord du pays et de mercenaires venus du Tchad et du Soudan. Cette coalition appelée Séléka s’est repliée dans le nord à la suite de l’intervention militaire française en décembre 2013.

 

En réaction aux actions de la Séléka, des milices d’autodéfenses « anti-balaka », composées d’animistes et de chrétiens, se sont formées. Ces milices s’en sont prises aux musulmans, donnant au conflit une tournure religieuse.

 

Appel aux forces de sécurité

 

Les évêques de la République centrafricaine ont, en outre, demandé que les forces régulières de sécurité soient déployées partout dans le pays tout en reconnaissant qu’elles sont parfois les auteurs d’exactions contre les populations. « À peine redéployés, certains éléments de ces forces excellent déjà dans les rackets ironiquement appelés formalités, au même titre que les groupes armés », ont-ils dénoncé.

 

L’épiscopat de RCA a, par ailleurs, invité les forces de la Mission des Nations unies pour la Centrafrique (Minusca) à développer une franche collaboration avec le gouvernement, à faire un bon usage de leur mandat afin de promouvoir la sécurité et la paix dans les zones qui sont sous occupation des groupes armés.

 

S’adressant au peuple centrafricain, la Ceca l’a encouragé à promouvoir la paix par des actes et des comportements patriotiques, notamment le rejet de la haine, le respect, l’unité, la dignité et le travail.

 

En réponse à ce message, le président Touadéra a déclaré avoir pris bonne note du message tout en faisant remarquer qu’il concerne l’ensemble du peuple centrafricain.

 

Les responsables religieux ont enfin condamné l’agression début janvier d’un prêtre à Bangassou, ainsi que « toutes les tentatives d’intimidation des agents pastoraux ».

 

80 000 déplacés à Paoua (nord-ouest)

 

L’appel des évêques de Centrafrique intervient alors que depuis deux semaines, le pays connaît un regain de violence, notamment dans le Nord-Ouest et le Sud-Est. Les affrontements entre troupes de la Séléka et membres du groupe armé anti balaka « Révolution et Justice » ont obligé de nombreuses personnes à se déplacer.

 

Environ 80 000 Centrafricains ont ainsi fui les violences dans leurs villages et se sont réfugiés à Paoua (nord-ouest). À Markounda (nord), 4 000 personnes se sont réfugiées dans la paroisse catholique.

 

Alors que la moitié des Centrafricains dépend de l’aide humanitaire, celle-ci est inaccessible dans les zones touchées par l’insécurité, faisant craindre une catastrophe humanitaire.

 

Lucie Sarr, à Abidjan

L’Église de Centrafrique appelle les groupes armés à « déposer les armes sans condition »

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 00:04
Viols d'enfants par des soldats en Centrafrique : un non-lieu qui ne dissipe pas le malaise

 

 

 

Non-lieu pour les soldats français accusés de viol en Centrafrique

 

PARIS 15 JANVIER 2018 / 16:16 (Reuters) - Les juges d‘instruction ont rendu jeudi dernier une ordonnance de non-lieu dans l‘enquête sur les accusations de viol portées par des enfants contre des soldats français en Centrafrique, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

 

Cette décision est conforme aux réquisitions du parquet de Paris, qui s’était prononcé dans le même sens en mars 2017.

 

Le parquet avait alors estimé qu‘on ne pouvait pas exclure que des abus aient été commis mais que “les éléments recueillis lors de l‘ensemble des investigations et la variation des témoignages ne permettaient pas d’établir des faits circonstanciés et étayés à l‘encontre des militaires”, a-t-on dit de source proche du dossier.

 

L‘association Ecpat, qui lutte contre l‘exploitation sexuelle des enfants, a fait savoir à Reuters qu‘elle étudiait la possibilité de faire appel du non-lieu.

 

L‘affaire avait éclaté en avril 2015 avec la diffusion d‘une note interne des Nations unies relatant les auditions de six enfants qui dénonçaient des abus sexuels commis par des militaires dans un camp de déplacés à Bangui, en échange de rations de nourritures, entre décembre 2013 et juin 2014.

 

Cette enquête visait la force Sangaris, qui n‘est pas sous commandement de l‘Onu.

 

Elle est distincte des enquêtes menées par les Nations unies sur des allégations d‘abus sexuels concernant la mission de l‘Onu (Minusca).

 

Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

 

JUSTICE

 

Viols d'enfants par des soldats en Centrafrique : un non-lieu qui ne dissipe pas le malaise

 

Par Maria Malagardis — Libération 15 janvier 2018 à 19:09

 

Des crimes possibles, mais pas de coupables identifiés. C'est ce qui ressort de la décision de la justice française dans l'affaire des accusations de viols d'enfants par des militaires français au camp de M'Poko en Centrafrique. Certaines parties civiles déplorent les lacunes de l'enquête.

 

Qui a menti ? Les enfants ou les militaires ? Sans trancher sur le fond, la justice française a ordonné un non-lieu dans l’affaire des militaires français accusés de viols d’enfants en Centrafrique. Annoncée lundi par l’AFP, la décision de clore le dossier, prise en réalité dès jeudi par les trois juges d’instruction en charge depuis mai 2015 de cette sulfureuse affaire, risque de laisser un goût d’inachevé. Et de continuer de nourrir l’ère du soupçon, puisque personne ne dit «qu’aucun abus sexuel n’a été commis». Mais que «des incohérences matérielles» et «la variation des témoignages» n’ont pas permis d’établir «des faits circonstanciés» à l’encontre des militaires suspectés. Ce sont du moins les éléments de langage repris par la presse, qui avaient filtré en mars lors des réquisitions du parquet, préconisant déjà un non-lieu, auquel les juges se sont donc eux aussi résolus.

 

Bref, des viols possibles, mais pas de coupables. «Certes, les non-lieux, ça arrive dans beaucoup d’affaires judiciaires irrésolues», souligne Emmanuel Daoud, l’avocat de l’association Ecpat, qui combat la prostitution et la pornographie infantiles et s’est portée partie civile dans ce dossier. «Reste que dans cette instruction, il y a des éléments qui n’ont pas été pris en compte, une demande d’acte que le président de la chambre de l’instruction a décidé de ne pas transmettre, et des témoignages d’enfants recueillis dans des conditions inappropriées», poursuit l’avocat qui se réserve la possibilité de faire appel. 

 

 «Perdu beaucoup de temps»

 

Petit rappel des faits : fin 2013, la France déploie une opération militaire, baptisée Sangaris, en Centrafrique, pays alors en proie à une spirale de violences meurtrières. Dans le chaos qui règne alors dans la capitale, un gigantesque camp de déplacés, fuyant les massacres dans leurs quartiers, émerge à M’Poko, juste à côté de l’aéroport et de la base des forces françaises. Laquelle, au plus fort des tensions, totalise 2 500 hommes.

 

Un an et demi plus tard, le scandale éclate : le 29 avril 2015, le quotidien britannique The Guardian révèle l’existence d’un rapport d’enquête de l’ONU, transmis à la France, et qui accuse des soldats français, mais aussi des Casques bleus tchadiens et équato-guinéens, d’avoir sexuellement abusé d’enfants. Le plus souvent en échange de rations de nourriture.

 

En ce qui concerne la France, six enfants sont concernés au premier stade de l’information judiciaire, qui finit par être ouverte à Paris en mai 2015. Certes, sitôt les premiers éléments de l’ONU transmis, le parquet avait déjà ouvert une première enquête préliminaire dès juillet 2014 mais sans l’annoncer publiquement. «On a perdu beaucoup de temps alors qu’on connaît l’importance de l’immédiateté dans une affaire pénale, surtout lorsqu’il s’agit d’entendre des enfants», déplore MeDaoud pour lequel «la première responsabilité incombe à l’ONU qui a traîné des pieds» avant que le scandale n’éclate publiquement grâce aux révélations du journal d’outre-Manche.

 

«Stress» des enfants

 

En France, l’enquête est confiée aux gendarmes de la prévôté. Un corps militaire chargé d’enquêter sur les délits commis par des militaires français à l’étranger, mais dont la première mission est aussi «de contribuer au succès des opérations françaises à l’étranger», comme le rappelle la journaliste Justine Brabant, auteure d’une enquête sur les viols d’enfants en Centrafrique, publiée cet automne dans l’ouvrage collectif Impunité Zero. «Je ne tiens pas à accabler la prévôté», note de son côté MDaoud, qui regrette cependant que les enfants aient «été entendus tardivement, dans des locaux officiels à Bangui, sans avocats ni psychologues. Ce qu’on aurait jamais autorisé pour des mineurs en France». Et l’avocat de s’interroger : «Vous imaginez le stress de ces enfants entourés de Blancs et sommés de justifier leurs accusations ?»

 

Du côté des militaires, cinq seront entendus par les juges. Et l’un d’eux sera même placé en garde à vue, après la découverte de matériel à caractère pédophile sur son ordinateur. Ils étaient pourtant 14 militaires, mis en cause par les potentielles victimes. Ces enfants qui pour certains témoigneront dans l’émission Envoyé spécial en octobre 2015, et dont le nombre ne va faire que croître jusqu’à 41, au fur et à mesure de l’enquête. Plus embarrassant encore, au moment où se déroule cette enquête déjà délicate, des jeunes filles de la région de Dékoa vont à leur tour raconter avoir été elles aussi violées par des militaires français. Evoquant même parfois des actes de zoophilie. Cette seconde affaire va déclencher une nouvelle enquête préliminaire, ouverte à Paris en avril 2016, et, elle, toujours en cours.

 

Face à cette cascade d’accusations, les autorités françaises ont régulièrement promis de «faire toute la lumière». Reste à savoir si un non-lieu ne contribue pas plutôt à obscurcir la vérité, sans dissiper le malaise.

 

Maria Malagardis

 

 


Accusations de viols contre des soldats français en Centrafrique : non-lieu ordonné

 

Le Monde | 15.01.2018 à 13h06

 

Un rapport des Nations unies est à l’origine d’une enquête du parquet de Paris sur des « abus sexuels sur mineurs » qu’auraient commis des soldats en 2013 et 2014.


Les juges d’instruction ont ordonné un non-lieu dans l’enquête sur les accusations de viols en Centrafrique, portées par des enfants contre des soldats français de l’opération « Sangaris ».

 

Conformément aux réquisitions du parquet de Paris, en mars 2017, les juges ont rendu jeudi 11 janvier, un non-lieu dans ce dossier clos sans aucune mise en examen, selon une source judiciaire. Dans ses réquisitions, le parquet soulignait qu’« il ne peut être affirmé à l’issue de l’information qu’aucun abus sexuel n’a été commis », mais il estimait que les incohérences matérielles et « la variation des témoignages ne [permettaient] pas d’établir des faits circonstanciés et étayés à l’encontre des militaires », selon une source proche du dossier.

 

Appel probable

 

« Il est vraisemblable que nous allons faire appel pour ne pas donner le sentiment, à celles et ceux qui se sont battus dès le départ, que l’affaire est terminée et que nous renoncerions à identifier les auteurs des infractions et à établir les responsabilités et les culpabilités », a déclaré à l’AFP Emmanuel Daoud, avocat de l’ONG Ecpat qui lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants.

 

L’affaire avait été révélée en avril 2015 par le quotidien britannique The Guardian qui avait fait état d’une note interne de l’ONU relatant les auditions de six garçons de 9 à 13 ans. Ils accusaient des militaires français d’avoir abusé d’eux, entre décembre 2013 et juin 2014, dans le camp de déplacés de l’aéroport M’Poko de Bangui, en échange de rations de nourriture.

 

Saisi par le ministère de la défense, le parquet de Paris avait ouvert dès juillet 2014 une enquête préliminaire, distincte des enquêtes menées par les Nations unies sur des allégations d’abus sexuels concernant la mission de l’ONU (Minusca), mais cette enquête était restée secrète et ce silence avait été reproché aux autorités françaises, ainsi qu’à l’ONU. Depuis, d’autres scandales ont éclaté concernant des contingents d’autres pays et les Nations unies ont souvent été critiquées pour leur manque de réactivité face au phénomène.

 

La force « Sangaris » de l’armée française a été déployée en 2013 en Centrafrique alors en proie au chaos après des violences entre rebelles musulmans, les Séléka, et miliciens chrétiens, les anti-balaka.

 

Les accusations visaient une dizaine de militaires, dont plusieurs désignés comme pouvant être des agresseurs et qui ont été entendus, dont un en garde à vue. Les enquêteurs se sont rendus sur place en 2015 et 2016 pour entendre de nouveau les enfants.


http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/01/15/accusations-de-viols-contre-des-soldats-francais-en-centrafrique-non-lieu-ordonne_5241936_1653578.html#1rPzwe9JsxYLxpqu.99

Viols d'enfants par des soldats en Centrafrique : un non-lieu qui ne dissipe pas le malaise

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