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26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 18:49
Lu pour vous : Centrafrique, Échec et Mat pour le président Touadera

 

 

 

https://mondafrique.com  par Aza Boukhris  25 décembre 2017

 

 

Élu au suffrage universel par un peu plus de 62% des 1 108 000 suffrages exprimés, le 20 février 2016, le professeur d’université et ancien recteur de l’Université de Bangui, Faustin-Archange Touadera avait suscité beaucoup d’espoirs. On est aujourd’hui loin du compte!

 

Le  “candidat des pauvres” annonçait dans son discours d’investiture, le 30 mars 2016, “une rupture avec le passé”. Les Centrafricains, les médias occidentaux et les diplomates avaient cru naïvement qu’il s’agissait d’une rupture notamment  avec le régime du général-président François Bozizé que Faustin-Archange Touadera avait servi durant cinq ans (2008-jusqu’aux Accords de Libreville du 11 janvier 2013), en qualité de Premier ministre. Ils avaient mal interprété ou pas lu le discours présidentiel. Le passé ne concernait que la période postérieure aux Accords de Libreville et surtout le régime de Michel Djotodia, le vainqueur de Bozizé avec les bandes de la Seleka venant du nord-est du pays, renforcées par des pillards soudanais et tchadiens.

 

Le changement dans la continuité

 

Alors qu’un boulevard vers la réconciliation nationale et le relèvement de l’Etat se présentaient devant l’élu du peuple centrafricain, les premiers choix du président Touadera l’amèneront progressivement vers un remake de la mauvaise gouvernance bozizéenne et dans l’actuelle impasse. Son premier ministre et son directeur de cabinet, qui sont à ses côtés depuis une dizaine d’années, l’accompagnant toujours dans ses différents postes, étaient déjà à la manoeuvre à la Primature, lorsque Faustin-Archange Touadera était Premier ministre. Adeptes de la mauvaise gouvernance avec ses fondements que sont le népotisme, le clanisme et le clientélisme, leur prise en otage du pouvoir exécutif s’est faite sans opposition. La plupart des anciens politiciens du régime de Bozizé, renversé par Michel Djotodia, sont revenus soit au gouvernement soit dans les nombreux postes de ministres-conseillers ou dans les sinécures alimentaires créées à cet effet. Manquera toutefois à l’appel, le Senat qui aurait été la cerise sur le gâteau-mangeoire. Seule l’Assemblée nationale a pu échapper à cette main-mise. En effet, comme les élections législatives se sont déroulées en même temps que l’élection présidentielle, la plupart des députés ne sont pas redevables de leur mandat au chef de l’Etat. De ce fait, les 140 députés constituent les seuls relais de la misère et de l’horreur dans lesquelles est plongée la population de l’arrière-pays. Il va de soi que le Président de l’Assemblée Nationale et les chefs de l’Opposition parlementaire sont les cibles des attaques les plus viles des officines du pouvoir exécutif. L’union nationale et la réconciliation des Centrafricains, notamment avec la bonne gouvernance, ne sont que de vieux rêves entrecoupés de cauchemars.

 

Un bilan catastrophique soutenu par les bailleurs

 

En dépit de la mauvaise gouvernance certes endémique en Centrafrique, il n’est pas une semaine où le régime bicéphal Sarandji-Touadera ne soit encouragé par des déclarations officielles de soutien venant de l’ONU, de la Minusca, de l’Union africaine, de l’Union européenne et de la France.

 

Pourtant, depuis 2016, notamment au nord-ouest, au centre et au sud-est, les victimes se comptent par dizaines de milliers, désormais 14 sur 16 préfectures ( départements) ne sont plus contrôlées par l’Etat, les seigneurs de la guerre refusent toute autorité représentant l’Etat et occupent, manu militari, les bâtiments publics y compris les établissements scolaires. L’impunité est encore le puissant moteur de la crise politique, financiere et humanitaire et de la disparition de l’Etat de droit. Les personnalités sous sanctions internationales et nationales circulent en toute liberté. La Cour Pénale Spéciale (CPS), intégrée dans le système judiciaire centrafricain, par une loi du 3 juin 2015, n’est toujours pas opérationnelle. Certes les personnels étranger et centrafricain de la CPS sont déjà dotés et rémunérés, sans service fait. La blancheur de leur hermine n’a d’égale que les pages blanches des enquêtes et des instructions. Les bailleurs devront bientôt renflouer le budget de ce prolongement de la Cour Pénale Internationale qui a mis treize ans pour juger, en première instance, les crimes du chef de milice congolais, Jean-Pierre Bemba, commis en 2003. De même, le DDRR est encore au stade de la phase pilote et ne pourra évidemment être appliqué que dans les zones contrôlées par l’Etat. Déjà en période de non crise, le budget national était équivalent à celui d’une ville française de 200 000 habitants. Désormais, il n’est plus qu’indicatif pour le seul FMI qui s’en accommode parfaitement, même lorsque le Président et le Premier ministre s’attribuent, pour 2018, une augmentation de plus de 500 % de leurs fonds spéciaux, non contrôlables.

 

Vers la fin de partie ?

 

Lorsque tout va mal, il reste le recours aux forces surnaturelles et occultes. De nombreuses réunions officielles ne peuvent commencer que par des prières, des chants évangéliques avec des vrais-faux Pasteurs, ignorant souvent le bénévolat. Le Président et son Premier ministre, comme de nombreux ministres, sont des Pasteurs, tout en prenant des libertés avec les canons de leurs églises dites du réveil. En fonction des oracles, les nominations se font et se défont, les contrats sont signés ou dénoncés, les alliances se nouent ou se dénouent. Au niveau diplomatique, le langage est à géométrie variable donc de moins en moins crédible par les alliés historiques et sérieux de la République centrafricaine. La situation du Président centrafricain ressemble, de plus en plus, à celle du Roi dans le jeu d’échecs lorsqu’il est menacé de fin de partie : on est proche de l’Echec et Mat !

 

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26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 11:00
Centrafrique: le chef de guerre Noureddine Adam menace de « marcher sur Bangui »
Centrafrique: le chef de guerre Noureddine Adam menace de « marcher sur Bangui »
Centrafrique: le chef de guerre Noureddine Adam menace de « marcher sur Bangui »

 

 

 

26.12.2017 à 09h32 par AFP

 

Il se dit « homme de paix » mais Noureddine Adam, l’un des principaux chefs de groupe armé qui sévissent en Centrafrique, fait la guerre et veut la continuer.

 

Dans un entretien exclusif à l’AFP, il parle d’une « ligne rouge » dont « le gouvernement s’approche » et qui pourrait le pousser à lancer ses hommes, comme en 2013, sur Bangui.

 

Leader d’une large coalition de groupes armés impliqués dans de nombreuses exactions ces dernières années en Centrafrique, il sert le thé à ses invités. Parfumé, dans un boubou soigné, Adam arbore un large sourire. Ses paroles restent guerrières.

 

« Un jour, on va devoir prendre nos responsabilités pour libérer le pays », menace-t-il depuis Birao, capitale de la Vakaga, région du nord de la Centrafrique, et quartier-général de son groupe armé, le Front populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC).

 

Physique longiligne et lunettes fines, il se dit faiseur de roi dans le pays le moins développé du monde, revendiquant « 5.000 à 8.000 » hommes au FPRC et une myriade de groupes armés sous ses ordres.

 

« Nous en sommes au même point qu’en 2012 », quand la coalition pro-musulmane de la Séléka – dont il est cofondateur – s’apprêtait à prendre le pouvoir, dit-il en pesant ses mots.

 

Assis dans la cour sablonneuse de la résidence du sultan de la Vakaga, – l’une des rares habitations en dur de Birao – il affirme avoir toujours autorité sur toutes les anciennes factions de la Séléka, et ce malgré de violents affrontements et dissensions entre elles ces derniers mois.

 

– Touadéra le ‘criminel’-

 

Il s’est allié en 2015 à un groupe armé antibalaka (milices prétendument créées pour se défendre contre l’ex-Séléka musulmane) et ancien ennemi: « Avant tout, il faut qu’on lave les cœurs. Intégrer ces gens, c’est y participer ». Ce ralliement a des allures de prise de guerre.

 

L’homme, une pierre précieuse verte au doigt, prétend – comme de nombreux autres chefs de milices et groupes armés – « vouloir la paix avant tout ».

 

Mais Noureddine Adam reste un chef de guerre, et le président Faustin-Archange Touadéra est aujourd’hui sa cible principale.

 

Après le départ de la Séléka provoqué par l’intervention militaire française Sangaris, suivi de deux ans de transition, Touadéra a été élu en 2016, soutenu par la France et l’Onu qui ont vu en lui un espoir démocratique dans un pays qui n’a connu depuis son indépendance en 1960 que coups d’Etat et instabilité politique.

 

« C’est un criminel », assène Adam. « Il n’a aucune chance de finir son mandat ».

 

Retranché chez lui, dans la Vakaga, aux confins des frontières du Soudan et du Tchad, il répète à l’envie le mal qu’il pense du pouvoir actuel, qui soutiendrait et armerait selon lui les antibalaka à travers tout le pays.

 

Alors que l’imam de la mosquée voisine appelle à la prière du soir, Noureddine Adam continue sa diatribe guerrière. La force de l’ONU (Minusca, présente dans le pays depuis 2014) est « l’avocate du gouvernement; ce n’est pas son rôle », accuse-t-il.

 

Seules les sanctions onusiennes et américaines – interdiction de voyager, gel des avoirs – lui semblent « normales »: « Ce n’est pas seulement moi qui a été visé, il y a aussi les ex-présidents Michel (Djotodia) et Bozizé. Il y a des crimes qui ont été commis du côté musulman et du côté chrétien. On ne peut pas contrôler tout le monde. Depuis 2002, on est en train de s’entretuer. »

 

« Je n’ai pas peur d’aller me justifier à Bangui », dit-il, affirmant néanmoins qu’il faut d’abord rétablir la paix « avant de voir qui a tué qui, et qui a commis des crimes. »

 

Mais « on ne peut pas juger (ces crimes) sans être au pouvoir », ajoute-il d’emblée, laissant paraître une volonté prononcée de revenir à Bangui, où il a été quelques mois chef des renseignements sous Djotodia. Et accusé d’avoir commandité dans ces fonctions des actes de torture selon l’ONU.

 

– Finie la sécession –

 

Entouré de son état-major et de sa garde rapprochée, il se voit président: « Si c’est pour amener la paix et la sécurité, pourquoi pas? ».

 

Plus question de la sécession du nord, comme il l’a prôné par le passé après la perte de Bangui par la Séléka, son but est de nouveau la capitale.

 

Et si la communauté internationale s’y oppose? « Ca sera dommage ».

 

Alors qu’il se dit victime, il commande depuis son bastion désertique les attaques de ses hommes armés, au nombre généralement estimé à plusieurs centaines. Ceux-ci sont impliqués dans le meurtre de civils et le déplacement de dizaines de milliers d’autres dans le pays.

 

Noureddine Adam réfute les accusations de recrutement de mercenaires étrangers, mais n’hésite pas à menacer: « si les Faca (l’armée centrafricaine) sont déployées dans nos zones, c’est fini, c’est le chaos », martèle-t-il. « Nous sommes les fils de ce pays, nous avons un rôle important à jouer. »

 

Fin 2017, en Centrafrique, un civil sur deux dépend de l’aide humanitaire et près d’une personne sur cinq a dû fuir son domicile.

 

Mi-décembre, l’Onu a autorisé la Russie à donner des armes au gouvernement de Touadéra. « Avec cette livraison, on approche de la ligne rouge », prévient, calme, Noureddine Adam.

 

 

Par Amaury HAUCHARD

 

© 2017 AFP

Mise à jour 26.12.2017 à 10:00

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25 décembre 2017 1 25 /12 /décembre /2017 18:58
Centrafrique : un chef de groupe armé tué dans l'extrême-ouest du pays

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 26-12-2017

 

Un chef d'un prétendu groupe d'autodéfense anti-balaka a été tué lundi matin par une patrouille des forces de sécurité dans la ville centrafricaine de Béléko (Extrême-Ouest), près de la frontière avec le Cameroun, a appris Xinhua d'une source locale.

 

Au cours de leur patrouille ce lundi matin de Noël, les forces de défense intérieure, de gendarmes et de policiers réunis, étaient sur le point de désarmer un groupe d'autodéfense de la localité, lorsque leur chef, Elvis Grakangba, a été le premier à ouvrir le feu, a précisé la source.

 

En réponse, les forces de sécurité ont réagi, tuant ce chef et appréhendant quatre de ses éléments. Des kalachnikovs, des cordes et couteaux servant à la torture de victimes ont été récupérés.

 

Après cet incident ayant momentanément perturbé la joie de Noël, le calme est revenu dans la localité, selon les forces de sécurité qui contrôlent actuellement la ville. F

 

Source: Agence de presse Xinhua

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25 décembre 2017 1 25 /12 /décembre /2017 12:47
Centrafrique : 2017 marquée par une économie en berne

 

 

 

 

 APA News décembre 25, 2017 à 08:27

 

La Centrafrique a vécu une année 2017 compliquée avec une économie soutenue de bout de bout par la communauté internationale plus précisément les institutions de Bretton Woods, à cause surtout de l’occupation de plus de 80 % du territoire par des groupes armés qui perçoivent les taxes et autres impôts dus à l’Etat, privant le pays de ressources financières. Cette morosité économique, induit une baisse sensible du taux de croissance en 2017

 

De 5,2% en 2016 selon les prévisions de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale(BEAC), ce taux de croissance chute à  4,8 % en 2017.

 

Le FMI a conclu un programme économique avec le pays qui l’a bien respecté. Ce qui lui a valu l’octroi de plusieurs facilités élargies de crédit en 2017.

 

En dépit de conditions de sécurité et humanitaires difficiles, le pays mène son programme économique conclu avec le FMI de manière satisfaisante explique un communiqué de presse de cette institution financière dont le conseil d’administration a pris la décision d’appuyer encore le gouvernement en vue de juguler les dettes sociales et commerciales afin de soutenir la croissance économique et la cohésion sociale dans le pays.

 

Ainsi, au cours de cette année 2017, près de 100 milliards de FCFA ont été octroyés à la RCA par le FMI.

 

Le Plan national de relèvement et de consolidation de la paix en Centrafrique (RCPCA) présenté aux bailleurs de fonds à Bruxelles en 2016 connait des difficultés de financement.

 

Selon le Président de la République, Faustin-Archange Touadéra, «les décaissements en 2017 ont atteint 138 milliards de Fcfa, soit environ 210 millions d’euros», alors que les bailleurs ont promis 2,5 milliards de dollars.

 

La Banque Mondiale et l’Union Européenne, la Banque Africaine de Développement ont annoncé l’augmentation de leur aide à la RCA afin de faciliter son relèvement économique.

 

Ainsi, les infrastructures routières et des bâtiments administratifs et scolaires sont reconstruits grâce au financement de ces institutions.

 

Ajoutons que plusieurs personnalités qui dirigent ces institutions financières ont visité la RCA pour toucher du doigt les réalités des difficultés que le pays le traverse.

 

C’est le cas en janvier de Christine Lagarde directrice générale du FMI. Il a été suivi par Moctar Diop, directeur zone Afrique de la Banque Mondiale, en mars dernier

 

Grace à ces institutions financières internationales, l’Etat arrive à faire face à ses obligations régaliennes à savoir le paiement des salaires, pensions et bourses.

 

En novembre dernier, un forum des investisseurs a été organisé par le ministère du commerce en vue d’améliorer le climat des affaires et faire revenir les bailleurs qui ont fui le pays à cause de l’insécurité qui a détruit leurs outils de productions.

 

Les productions agricoles connaissent des difficultés à cause des violences des groupes armés qui empêchent les activités champêtres.

 

La culture du café est presque abandonnée par les paysans puisque la production est fortement taxée par les groupes armés si bien qu’ils sont découragés.

 

Le coton et le cacao renaissent mais doivent être subventionnés pour avoir un meilleur rendement.

 

Concernant les mines, une partie du pays, l’ouest, est autorisée par le processus de Kimberley, pour exploitation et exportation.

 

Pour cette année, l’Etat a fixé une nouvelle taxation de ces pierres précieuses afin d’avoir des recettes dans ses caisses, car l’ancienne taxation qui date de plus de trente ans constitue un manque à gagner pour l’Etat.

 

La RCA et l’Afrique du Sud ont aussi signé un protocole d’accord dans le domaine de mines au mois d’aout.

 

Il s’agit pour l’Afrique du Sud d’aider la Centrafrique à apprendre et à adopter les meilleures pratiques en matière de réforme législative et de législation minière.

 

L’accent est mis dans le protocole sur les institutions de géologie, l’échange d’expérience, de compétence et le renforcement des capacités en ressources humaines dans le secteur minier en faveur des Centrafricains

 

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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 19:39
Que fait l’ONU en Centrafrique ?
Que fait l’ONU en Centrafrique ?
Que fait l’ONU en Centrafrique ?

 

 

Détérioration de la sécurité et retour des seigneurs de la guerre

 

Que fait l’ONU en Centrafrique ?

 

 

le 24.12.17 | 12h0

 

Dans le sud-est du pays, et à Bangassou particulièrement, l’ONU note le recrutement en cours par ces nouveaux groupes de combattants locaux et l’accroissement du trafic d’armes et du matériel militaire avec la RDC voisine.

 

La situation va de mal en pis en Centrafrique. Des experts de l’ONU estiment, dans un rapport dont le contenu a fuité hier dans la presse internationale, qu’il y a «une détérioration des conditions de sécurité» dans le pays. Cette détérioration est, selon la même source, causée par une expansion des groupes autoproclamés d’«autodéfense», une meurtrière lutte d’influence entre groupes armés et le peu de progrès de la restauration de l’autorité de l’Etat en province, estime-t-on.

 

L’émergence de nouveaux groupes autoproclamés d’«autodéfense» est encouragée en Centrafrique par la «montée d’un discours incendiaire et discriminatoire» de personnalités politiques à Bangui vis-à-vis des communautés musulmanes, estime le panel des experts de l’ONU sur la Centrafrique, chargé par le Conseil de sécurité d’enquêter de façon indépendante sur la crise centrafricaine. Ces discours «bellicistes» sont «de plus en plus» présents et ont un effet mobilisateur sur les milices anti-Balaka prétendant défendre la majorité chrétienne et les groupes autoproclamés d’autodéfense, soutient le rapport en question.

 

Dans le sud-est du pays, et à Bangassou particulièrement, le panel note le recrutement en cours par ces nouveaux groupes de combattants locaux et l’accroissement du trafic d’armes et du matériel militaire avec la RDC voisine. En mai 2017, Bangassou avait été attaquée par des groupes autoproclamés d’autodéfense ciblant les musulmans de la ville. Ceux-ci sont toujours réfugiés dans l’enceinte du petit séminaire et Bangassou reste aux mains de ces groupes.

 

Par ailleurs, le panel note que les groupes armés pro-musulmans maintiennent une «emprise sur de nombreuses régions» centrafricaines. Le texte relève la subsistance d’une violente lutte d’influence entre ceux-ci, dans le centre du pays notamment, encouragée par des rivalités économiques liées à l’exploitation illégale des ressources naturelles. Aussi, «peu de progrès ont été observés s’agissant du rétablissement de l’autorité de l’Etat» en Centrafrique, constate le rapport, alors que le gouvernement tente depuis plusieurs mois d’étendre son autorité hors de Bangui, avec notamment une tentative de déploiement de préfets.

 

Enfin, le rapport rappelle que la Centrafrique est «l’endroit le plus dangereux au monde pour les acteurs humanitaires» et que «l’année 2017 aura été  l’année la plus meurtrière pour les soldats de la paix» (12 morts parmi les Casques bleus de la Minusca, force présente dans le pays depuis 2014).

 

Les experts de l’ONU ne répondent par contre pas aux critiques des ONG de défense des droits de l’homme qui soutiennent que la communauté internationale ne fait pas assez pour neutraliser les seigneurs de la guerre qui sapent à chaque fois tous les efforts de stabilisation du pays.

 

A. Z. et agences

 

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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 19:34

 

 

 

 

En Centrafrique, des fonctionnaires et agents de l'Etat, non-habitués à la chaleur torride de ce début de saison sèche, se sont évanouis devant le siège du ministère centrafricain des Finances, en attendant le paiement des arriérés de salaires de novembre et décembre 2013, a constaté Xinhua sur place jeudi et vendredi.

 

Face à cette situation, un service de secours d'urgence a été mis en place dans le but de procéder à l'évacuation des victimes vers les centres de santé les plus proches.

 

Voulant tout faire pour exécuter l'ordre du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, concernant le paiement des arriérés avant la fin de cette année, les autorités du ministère des Finances ont exigé de nombreuses pièces supplémentaires des fonctionnaires et agents de l'Etat.

 

Il s'agit notamment de la copie d'une pièce d'identité, les copies des bulletins de solde d'un mois quelconque de 2013 et de novembre 2017, le coupon de la perception du dernier salaire de 2017 ou la copie d'une carte magnétique et le relevé d'identité bancaire portant clairement le numéro du compte du bénéficiaire.

 

Ainsi, des fonctionnaires et agents de l'Etat se sont retrouvés devant le Trésor public pour justifier leur existence. Comme rien n'avait été prévu pour accueillir un tel monde, et qu'il n'y a pas d'arbres devant le Trésor pour faire de l'ombre, ces fonctionnaires et agents de l'Etat ont été exposés, des heures durant, au soleil, d'où les cas d'écroulement et d'évanouissement.

 

Certains fonctionnaires et agents de l'Etat soupçonnent une manœuvre visant à repousser le paiement de ces arriérés de 2013. En octobre et novembre dernier, le ministère des Finances leur avait demandé de se présenter aux guichets du Trésor public avec la copie de leur bulletin de solde de 2013 et leur relevé bancaire. D'autres font remarquer que les bulletins de solde comportent les numéros matricules de chacun, ainsi que les numéros de compte.

 

Depuis que le président déchu François Bozizé a ordonné la bancarisation des fonctionnaires et agents de l'Etat, toutes les informations exigées pour déterminer un bénéficiaire sont contenues dans une disquette produite par l'Office national de l'informatique (ONI).

 

Pour défendre la démarche gouvernementale, le directeur de cabinet du ministère des Finances, Jacob-Désiré Ngaya, a dit vouloir garantir que ces arriérés aillent dans les bonnes mains.

 

© Source : Xinhua

 

CENTRAFRIQUE : DES FONCTIONNAIRES S'ÉVANOUISSENT DEVANT LE TRÉSOR PUBLIC EN ATTENDANT LE PAIEMENT DES ARRIÉRÉS

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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 19:23
Centrafrique : Bangui interdit les jouets "violents"

 

 

 

 

Mise à jour 24.12.2017 à 17:15 par TV5MONDE Thibault Cavaillès

 

 

En République centrafricaine, un pays ravagé depuis 2013 par une guerre civile qui a fait des milliers de morts, le maire de la capitale Bangui a pris la décision d'interdire la vente de jouets "violents" sur les marchés de la ville.

 

Devant les étals d'un vendeur de jouets sur un marché de Bangui, les policiers veillent. Leur mission en cette période de Noël : vérifier la conformité des jouets proposés. Une petite moto qui clignote, une peluche ou un clown et son tambour: pas de problème !


Mais s'il s'agit d'un soldat ou d'une arme en plastique ou encore de pétards, là, le policier sévit.


Car dans ce pays troublé par une instabilité chronique, où depuis 2013 plusieurs milliers de personnes ont été tuées dans des conflits inter religieux, les autorités veulent protéger les plus jeunes. En interdisant les jouets violents, elles souhaitent faire en sorte que la culture de la guerre de s'immisce pas dans les esprits des enfants. 



"Nous ne voulons plus de cela !" témoigne Nadège, une mère de famille rencontrée sur le marché. "Quand tu achètes aux enfants des armes, ils n'ont que l'idée de la guerre en tête. Je ne peux pas leur acheter une arme ou un pétard. Je leur achète des voitures, des téléphones, des poupées et des jeux vidéos... Ca ne peut que les aider." 

 


Evidemment sur les marchés, on peut encore trouver certains de ces jouets ou des pétards. Mais les commerçants, pour la plupart, veulent bien jouer le jeu. "Consciencieusement, nous ne voulons plus vendre des  objets explosifs", explique Narcisse. "Notre pays a traversé des moments difficiles qui nous empêchaient de nous distraire. Mais là ça s'est calmé, on est en ville, il y a de l'activité, on est contents.  Alors oui c'est vrai, nos marchandises ne sont pas écoulées, mais nous gardons patience en attendant que tombent les salaires."

 


Une véritable prise de conscience pour éviter "de renforcer la culture de la violence en Centrafrique", explique le maire de Bangui, Emile-Gros Raymond Nakombo. Il dit avoir travaillé avec la force de l'ONU dans le pays, la Minusca pour faire en sorte que cet arrêté soit respecté. Et permettre ainsi de préserver les plus petits d'un monde d'adulte parfois un peu trop lourd à supporter. Même pour les plus grands. 

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23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 16:57
Congo: accord de cessez-le-feu entre Brazzaville et les rebelles du pool

 

 

 

Brazzaville - AFP / 23 décembre 2017 15h36 - Un accord de "cessez-le-feu et de cessation des hostilités" a été signé samedi entre le gouvernement congolais et les rebelles de la région du Pool du pasteur Ntumi, qui s'étaient soulevés en avril 2016 contre Brazzaville, a constaté un correspondant de l'AFP.



Le ministre congolais de l'Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou, a supervisé la signature de cet accord avec les représentants de l'ex-chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, selon la même source.



"L'accord entre en vigueur aujourd'hui" (samedi), a déclaré devant la presse le représentant des rebelles, Jean-Gustave Ntondo, secrétaire général du Conseil national des républicains (CNR), la formation politique du Pasteur Ntumi.



Les rebelles du Pool, une région fertile au sud de Brazzaville, avaient pris les armes en contestant la réélection du président Denis Sassou Nguesso en avril 2016.



Se déroulant à huis-clos, hors présence médiatique, les attaques des rebelles et la réponse militaire avaient mis 138.000 personnes en situation humanitaire difficile dans ce pays d'Afrique centrale d'à peine cinq millions d'habitants.



Les violences avaient aussi arrêté en novembre 2016 le chemin de fer Congo-Océan entre Brazzaville et Pointe Noire, principal axe du pays.



Le conflit avait empêché la tenue des élections législatives en juillet dans neuf des quatorze circonscriptions du Pool.



Selon cet accord, le Révérend Pasteur Ntumi Bintsamou Frédéric s'engage à "faciliter le ramassage des armes détenues par les ex-combattants" et à "ne créer aucune entrave" au rétablissement de l'autorité de l'Etat dans le département du Pool.



Le gouvernement s'engage lui à garantir "le processus de démobilisation, de réinsertion professionnelle, sociale et économique des ex-combattants après le ramassage des armes".



Brazzaville veut aussi garantir "la réinstallation des populations dans leurs localités d'origine" et la "libre circulation des personnes, des biens et des services dans le département du Pool".



Une commission mixte sera mise en place pour l'application de l'accord.


(©)

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23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 16:43
Centrafrique: accord de cessation des hostilités entre deux groupes armés
Centrafrique: accord de cessation des hostilités entre deux groupes armés

 

 

 

 

Bangui - AFP / 23 décembre 2017 15h19 - Deux groupes armés rivaux de la région de Bouar, dans le nord-ouest de la Centrafrique, ont signé un accord de cessation des hostilités, a annoncé samedi le Centre pour le dialogue humanitaire (HD), qui a oeuvré en faveur de cet accord.


Signé mi-décembre, cet accord de cessation des hostilités concerne une faction antibalakas (antimachettes - milice prétendant défendre la majorité chrétienne), et le groupe 3R (qui prétend protéger la communauté peule) à Bouar, dans la province de Nana-Mambéré, a annoncé HD.


Fruit d'une médiation menée ces 11 derniers mois par HD, il "engage les deux groupes à observer conjointement un ordre inconditionnel de cessez-le-feu ainsi qu'une cessation des hostilités et de toute agression" entre les deux parties, selon un communiqué de l'organisation basée en Suisse.


"Il proscrit l'usage des armes, ainsi que tout acte offensif tel que les incendies de villages et de greniers, le vol de bétail, le lancement de nouvelles attaques contre les civils (...)", précise ce communiqué.


Ce pacte prévoit "en outre la libre circulation des personnes et des biens y compris des organisations humanitaires, le libre accès aux établissements de santé, aux établissements scolaires et à tout autre édifice public, l'engagement en faveur du retour de tous les déplacés (...), l'interdiction de toute atteinte aux biens et propriétés privés, et enfin l'interdiction à toute personne de circuler dans la province en étant armé".


"S'il ne règle pas le conflit centrafricain", cet accord "démontre néanmoins que des efforts de médiation entre groupes armés peuvent contribuer à pacifier des portions du territoire", se félicite HD, qui se dit favorable à "multiplier ce genre d'accords afin de créer les conditions nécessaires au désarmement des groupes armés, au redéploiement de l'Etat, et au processus de réconciliation nationale".


(©)

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23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 16:27

 

 

 

PAR JEAN FERNAND KOENA LE 23 DÉCEMBRE 2017

 

BANGUI, 23 Décembre 2017(RJDH) — Les ressortissants de Kabo se disent inquiets de la détérioration de la situation sécuritaire dans cette localité. Ils invitent le pouvoir central à mener des actions pour éradiquer ce phénomène de la vente des armes et sollicitent la protection des ONG humanitaires qui sont souvent victimes d’agressions d’hommes armés. Positions exprimées lors des échanges avec les ressortissants ce 23 décembre à Bangui.

 

La ville de Kabo au nord de la RCA, ville frontalière avec le Tchad est sous le contrôle des groupes armés du MPC. Selon l’élu du peuple, Clément Nobona, les armes sont vendues à vil prix sur le marché de Kabo. Le fusil kalachnikov se vend à 50 000 FCFA. Cet appel au secours est né du constat que les organisations humanitaires présentes dans la localité se plaignent de l’environnement du travail. Les ressortissants de Kabo ont exprimé leur soutien aux ONG «Solidarité» et «Intersos» et à bien d’autres œuvrant dans la localité.

 

Philipe Danzéo, premier adjoint au maire de la commune de Kabo, interpelle le gouvernement en ces termes: «ce qui se passe est horrible et terrifiant. Les groupes armés prennent de force des bœufs à leurs propriétaires. La population ne peut plus aller au champ. La situation est telle que nous avons abandonné nos enfants pour venir ici. Mais un enfant a besoin de l’encadrement de ses parents pour bien étudier et réussir dans ses études. Les Tchadiens et les Soudanais viennent avec des armes et avec leurs bœufs pour détruire les champs. Aujourd’hui, ils vendent les armes à ciel ouvert sur le marché. Quand on écoute ce qui se passe dans l’Ouham Pendé, on se demande quand  surviendra l’intervention des autorités pour permettre à la population de Kabo de respirer. Nous avons élu les autorités pour rester à l’ombre et non sous le soleil».

 

Avis partagé par l’honorable Clément Nobona, député de Kabo 1 exhorte le gouvernement à s’impliquer dans la résolution de ce phénomène. Il déclare : «à l’heure où nous sommes, la ville de Kabo est devenue un marché à armes et à munitions. Je n’ai pas manqué d’interpeller le gouvernement sur tout ce qui se passe à Kabo. Vous savez que Kabo constitue une frontière très poreuse où les hommes viennent de partout piller, violer détruire les champs et voler des bœufs. J’ai toujours lancé un appel pour que les autorités de l’Etat jettent un regard sur ce qui se passe dans la sous-préfecture en particulier et de la ville de Kabo en général».

 

Hugues Ndolingar, député de Kabo 2 propose une présence de la Minusca pour dissuader les groupes armés :«nous nous sommes réunis parce que la situation sécuritaire et sociale à Kabo nous interpelle. Lorsque la Minusca était encore présente dans la localité, la situation était moins alarmante, mais aujourd’hui elle se dégrade et impacte négativement sur les activités des humanitaires » a-t-il déploré.

 

Les ressortissants de Kabo dénoncent le marché d’armes, un an après le sommet d’El Fasher où le Tchad, le Soudan et la Centrafrique s’engagent sur la foi d’un accord tripartite à garantir la sécurité aux frontières des trois pays.

Centrafrique : La ville de Kabo au nord du pays est devenue un marché d’armes locales
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