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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 18:42
LA MINUSCA DENONCE LES VIOLENCES CONTRE LES CIVILS A BOCARANGA

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

Bangui, le 03 février 2017 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) condamne avec la plus grande fermeté les récentes violences contre les populations civiles et les organisations humanitaires commises par les groupes armés à Bocaranga, dans la préfecture de l’Ouham Pende (nord-est de la République centrafricaine). La Mission réitère également son engagement à travailler avec tous les partenaires, en particulier les autorités centrafricaines, en vue d’une solution durable à la crise à Koui et Bocaranga.

 

Bocaranga a été la cible d’attaques et de pillages, jeudi matin, perpétrés par des éléments appartenant aux 3R (Retour, Réclamation et Réparation) et aux Anti-Balakas. Des centaines de personnes ont fui le centre de Bocaranga, dont certaines pour se réfugier près de la base de la MINUSCA. Ces nouvelles violences, qui ont visé un site où étaient hébergées des personnes déplacées ainsi que les bâtiments d’organisations humanitaires, aggravent la vulnérabilité de populations civiles déjà affectées par l’insécurité qui perdure dans la région de Koui et Bocaranga.

 

Conformément à son mandat, les casques bleus de la MINUSCA déployés à Bocaranga sont intervenus pour arrêter les violences et ont ouvert le feu contre les éléments des deux camps. L’intervention impartiale des casques bleus a ramené le calme dans la ville et a été suivie par des patrouilles. La protection du camp de déplacés, de l’hôpital et des installations des ONGs a été renforcée. Un hélicoptère de la Force de la MINUSCA a par ailleurs procédé au survol de Bocaranga jeudi après-midi.

 

A Koui, la situation reste tendue et rend difficile le travail des organisations humanitaires, essentiel pour la survie des populations.

 

La MINUSCA met en garde les 3R et les Anti-Balaka dans l’Ouham Pende contre toute forme de violence contre les populations civiles et les acteurs humanitaires et rappelle aux groupes armes leur responsabilité au regard du droit international humanitaire et des droits de l’homme.

 

La MINUSCA poursuit ses efforts, aux côtés d’autres partenaires, dans la recherche d’une solution pacifique. Néanmoins, la mission prendra toutes les dispositions nécessaires pour protéger les populations civiles contre les menaces et les violences commises par les 3R et les Anti-Balakas dans l’Ouham Pende.

______________________________________________________________________________

 

Bureau de la Communication et de l'information publique

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

https://minusca.unmissions.org | @UN_CAR | https://www.facebook.com/minusca.unmissions

 

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 22:31

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

 

 

Bangui, le 2 février 2017 – Les Représentants spéciaux du Secrétaire général des Nations Unies pour l'Afrique centrale et en République centrafricaine (RCA) appellent à la cessation immédiate des hostilités entre la coalition dirigée par le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) et le Mouvement pour l’Unité et la Paix en Centrafrique (UPC) dans les préfectures de la Ouaka (centre) et de la Haute Kotto (est).

 

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique centrale et Chef de l’UNOCA, François Louncény Fall, et le Représentant spécial en RCA et Chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, affirment qu’il est impérieux que cessent ces affrontements qui ont trop duré et ont surtout affecté les populations civiles, en causant de nombreuses pertes en vies humaines et des milliers de déplacés.

 

Les Représentants spéciaux du Secrétaire général des Nations Unies dénoncent le fait que ces affrontements aient lieu au moment où de nombreuses initiatives de paix sont menées tant par le Gouvernement centrafricain que par la région.

 

Les Représentants spéciaux du Secrétaire général des Nations Unies demandent aux groupes armés de cesser immédiatement et sans conditions les hostilités pour démontrer leur volonté de dialogue pour parvenir à un accord politique en vue d’une paix durable en RCA. Ils appellent les dirigeants de ces groupes armés à la raison et leur rappellent leur responsabilité au regard du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme pour les souffrances infligées aux populations civiles.

 

Les Représentants spéciaux du Secrétaire général des Nations Unies réitèrent l’engagement de l’Organisation des Nations Unies à faire avancer la cause de la paix en RCA. Ils exhortent à cet égard le FPRC et l’UPC ainsi que l’ensemble des groupes armés à cesser les hostilités, adhérer et participer de bonne foi au programme de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement (DDRR) initié par le Président Touadéra afin de créer les conditions idoines à un dialogue serein et franc entre centrafricains.

 

Les Nations Unies restent déterminées à prendre toutes les dispositions nécessaires pour protéger les populations civiles contre les menaces et les violences commises par les groupes armés en RCA.

 

 

United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic

 

 

Vladimir Monteiro

 

Spokesperson/Porte-parole

MINUSCA - Avenue Barthélemy Boganda BP 3338 Bangui, Central African Republic

Cellphone: + 236 75980772 / 72259932 Extension : (173) 5545/5506 | E-mail: monteiro6@un.org

 

La MINUSCA et l’UNOCA appellent à la fin immédiate des combats entre l’UPC et la coalition dirigée par le FPRC
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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 22:02
Centrafrique: un groupe armé sème la terreur dans l'intérieur du pays

 

 

 

AFP  02/02/2017

 

Un groupe armé, déjà accusé d'exactions contre des civils, a attaqué jeudi une ville en Centrafrique, ont indiqué à l'AFP les Nations unies et un député, signe de tensions persistantes dans l'intérieur du pays.

 

Des éléments présumés du groupe "3R" (réconciliation-réintégration-réparation) du chef rebelle Sidicki ont attaqué et pillé jeudi matin la ville de Bocaranga (nord) près du Cameroun et du Tchad, a annoncé à l'AFP Bernard Dilla, député de Bocaranga.

 

"On ne connaît pas le bilan de cette attaque. Mais ces hommes sans foi ni loi ont indubitablement fait des victimes parmi les civils", a affirmé le député, qui évoque la fuite d'une cinquantaine de personnes vers la base de la Mission des Nations unies pour la Centrafrique (Minusca).


"Les hommes de Sidicki ont pillé des maisons de commerce, notamment des magasins et kiosques. Ils ont également emporté une importante somme (prise) à l'Eglise catholique de Bocaranga, promettant de revenir", a poursuivi le député.

 

Comme lors d'autres attaques dans le passé, il a déploré la passivité de la Minusca (12.000 hommes au total). "Pour le moment, la situation est sous contrôle de la force", a répondu un porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro, qui a confirmé l'attaque.

 

Selon un autre député, Eusèbe Ngaïssé, "des éléments 3R se livrent aussi à des exécutions sommaires. Ce nouveau groupe armé prétendant défendre les Peuls a tué "au moins" 50 civils depuis sa création fin 2015, a accusé en décembre Human Rights Watch (HRW).

 

L'attaque de Bocaranga survient au lendemain d'un échange de tirs entre groupes armés anti-Balaka et ex-Séléka, dans la région de Ngakobo (centre est).


L'incident, qui a fait un mort et au moins trois blessés, a été déclenché par le meurtre d'un Peul par des hommes armés qui seraient des anti-Balaka. L'activité était paralysée jeudi dans la localité.

 

La Centrafrique peine à se relever du conflit provoqué en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par des groupes armés Séléka prétendant défendre la minorité des 20% de musulmans parmi 4,5 millions de Centrafricains.


La contre-offensive des anti-Balakas majoritairement chrétiens a provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

 

L'intervention de la France et des Nations unies a permis la fin des massacres de masse, l'élection d'un nouveau président et le retour d'un calme relatif dans la capitale Bangui.

 

 

Un élu dénonce le "laxisme total" de la Minusca face aux violences de Bocaranga en Centrafrique

 

http://www.voaafrique.com/

 

En RCA, la ville de Bocaranga au nord-ouest attaquée dans la matinée de ce jeudi par des hommes armés du 3R (Retour, Réclamation et Réparation). Plusieurs personnes auraient été tuées et des bases des humanitaires pillées.

 

Jusqu’en début de la soirée, la tension était encore vive dans cette ville sécurisée depuis plusieurs mois par la Minusca. Il est difficile de dire avec exactitude ce qui s’y passe en ce moment, car toutes les communications téléphoniques sont coupées.

 

Pour Bernard Dilla, député de Bocaranga 1 dénonce l’inaction des Casques bleus. "Il y a un laxisme total de la Minusca", dénonce-t-il.

 

"La Minusca est à Bocaranga, et les attaques continuent, sous le regard de leur impuissance", accuse-t-il.

 

La Minusca n’a pas encore officiellement réagi à cette montée de violence.

 

Selon une source proche du bureau de la coordination des affaires humanitaires à Bangui, plusieurs bases des humanitaires ont été pillées et certains personnels seraient en danger ou en cavale dans la nature.

 

D’autres sources confirment l’attaque de l’Église catholique de Bocaranga abritant plus de 15 000 déplacés internes. Plusieurs personnes également auraient trouvé la mort et de nombreux autres en fuite.

 

L'attaque de Bocaranga survient au lendemain d'un échange de tirs entre groupes armés anti-Balaka et ex-Séléka, dans la région de Ngakobo (centre est).

 

L'incident, qui a fait un mort et au moins trois blessés, a été déclenché par le meurtre d'un Peul par des hommes armés qui seraient des anti-Balaka. L'activité était paralysée jeudi dans la localité.

 

La Centrafrique peine à se relever du conflit provoqué en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par des groupes armés Séléka prétendant défendre la minorité des 20% de musulmans parmi 4,5 millions de Centrafricains.

 

La contre-offensive des anti-Balakas majoritairement chrétiens a provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

 

L'intervention de la France et des Nations unies a permis la fin des massacres de masse, l'élection d'un nouveau président et le retour d'un calme relatif dans la capitale Bangui.

 

Freeman Sipila, correspondant à Bangui

 

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 19:05
RCA : la Minusca se réorganise autour de Bambari

 

RCA : la Minusca se réorganise autour de Bambari

 

Par RFI Publié le 02-02-2017 Modifié le 02-02-2017 à 11:29

 

En Centrafrique, la situation impose à la Minusca un redéploiement de ses troupes. Les bases les plus petites sont abandonnées au profit de regroupement de forces plus importantes. La situation est particulièrement tendue dans le Centre et l'Est du pays notamment autour de la ville de Bambari. Depuis plusieurs semaines des combats font rage entre groupes armés issus de l'ex-Seleka.

 

Des combats violents qui opposent l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), qui a son quartier général à Bambari, à une coalition Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique-Mouvement patriotique centrafricain (FPRC-MPC), en particulier autour des deux localités d'Ippy et de Bakala.

 

Du coup, la Minusca craint une offensive de la coalition sur Bambari et a renforcé son dispositif pour protéger la ville. « Par rapport à l’expérience qu’on a eue, on a vu que, quand même dans cette ville, on n’avait pas le droit de laisser les combats se dérouler avec les conséquences en pertes humaines, en déplacement des populations », indique le général Balla Keita, commandant de la Minusca

 

« On a tracé une ligne là-bas, c’est une ligne d’engagement. C’est clair et net, on a communiqué avec l’ensemble des groupes armés. Quiconque commencera à bouger en direction de Bambari par rapport à cette ligne, on va s’engager avec nos moyens aériens », prévient encore le responsable de la Minusca.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 18:53
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : Des tirs entendus dans la ville de Bocaranga

 

PAR NOURA OUALOT LE 2 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 2 février 2017—Des tirs d’armes légères ont été entendus ce matin dans la ville de Bocaranca a-t-on appris de sources militaires, généralement bien informées. Quelques boutiques auraient été pillées par les hommes armés qui sont entrés dans cette ville.

 

Ces tirs sont entendus à Bocaranga à lorsque le chef de l’Etat et son gouvernement séjournent à Bossangoa, chef-lieu de l’Ouham, préfecture voisine de Bocaranga. Selon les informations du RJDH, les tirs ont commencé au petit matin sauf que personne ne connait ni l’identité ni les motivations des assaillants.

 

La Minusca qui dispose d’une base à Bocaranga, parle d’un acte de banditisme « très tôt ce matin des hommes armés ont commencé à tirer en l’air dans la ville. Par la suite, ils ont pillé quelques boutiques. Nous ne connaissons pas l’identité de ces hommes armés que nos patrouilles ont contraint à se retirer. Je pense que c’est un acte de banditisme », a confié Vladimir Montéiro, porte-parole de la Minusca joint à la mi-journée.

 

De sources concordantes, plusieurs personnes ont trouvé refuge à coté de la base de la Minusca. Difficile d’avoir des contacts avec les habitants de Bocaranga où depuis ce matin, les réseaux téléphoniques ne passent pas.

 

Le député de Bocaranga, Anicet Georges Dologuelé, contacté par le RJDH dit avoir été informé des tirs entendus à Bocaranga. La ville de Bocaranga où sont constitués plusieurs groupes Antibalaka, est menacée depuis par des rebelles de 3R, un nouveau mouvement armé essentiellement composé de peulhs armés et opérationnel dans l’Ouham Pendé.

 

Il y a trois mois, les députés de l’Ouham Pendé s’étaient rendus dans la région pour discuter de la paix avec les groupes armés. Malgré cette initiative, les attaques et les affrontements ont continué dans le nord du pays.

 

 

Centrafrique : Des déplacés encore sur le site de l’aéroport après la fin de l’opération « Noel à la maison »

 

PAR RJDH LE 2 FÉVRIER 2017ACTUALITÉS, DÉPLACÉS

 

BANGUI, le 02 Février 2017(RJDH)—Plus de 1000 déplacés continuent de vivre sur le site des déplacés de l’aéroport Bangui M’poko après la fin officielle de l’opération Noel à la maison, conduite par le gouvernement. Ces déplacés disent attendre les mesures d’accompagnement promises par la ministre des affaires sociales.

 

Alors que le département des Affaires Sociale annonce la fin de l’opération « Noël à la maison », plus de 1000 déplacés de l’aéroport continuent de vivre sur le site. Tous ceux qui sont restés sur le site, disent attendre l’argent qui a été remis aux autres, « nous sommes tous restés parce que nous n’avons pas eu les fonds qui nous ont destinés. C’est ainsi que nous sommes restés » a expliqué un d’eux.

 

Certains déplacés présents sur le site accusent le comité de gestion de mauvaise organisation, « c’est une désorganisation de la part des responsables des sites. Beaucoup d’intrus venus des quartiers ont bénéficié de l’argent alors qu’ils ne sont pas les vraies cibles. Nous demandons au gouvernement de se pencher sur notre cas, les ayant-droit. Nous attendons cela pour rentrer » a indiqué Jordanne Mongana.

 

Le ministère des Affaires Sociales rejette ces accusations qui, selon le Directeur de Cabinet du ministre ne sont pas fondées, « aujourd’hui, il ne reste que des cas litigieux qui ne dépassent pas 50. Alors le chiffre de 1000 avancé, relève de la machination. C’est une histoire montée de toutes pièces, car beaucoup ont quitté le site avant le profilage, c’est lorsqu’ils ont appris qu’on va intéresser les gens qu’ils sont revenus sur le site après le profilage. Le ministère de la Sécurité publique doit avoir l’œil sur la situation » a confié Antoine Maximilien Mbaga, Directeur de cabinet au ministère des Affaires Sociales.

 

L’opération « Noël à la maison », lancée en décembre 2016 par le chef de l’Etat, visait à libérer le site de l’aéroport qui est le plus grand site des déplacés de la République Centrafricain. Malgré la fin officielle de cette opération, plusieurs déplacés sont encore sur place. Notons que la communauté internationale a décaissé 10 milliards de fonds pour cette opération qui doit être étendue sur l’ensemble du territoire.

 

 

Centrafrique : Plus de 700 ménages sans abris après un incendie sur le site des déplacés de Kaga Bandoro

 

PAR DANIEL NGUERELESSIO LE 2 FÉVRIER 2017

 

Bangui, le 02 Février 2017 (RJDH)–Une partie du site des déplacés de Kaga-Bandoro (Bloc 2) a été détruite par un incendie, le mercredi 1er Février aux environs de 14h30 mn. Une incidence ménagère serait la cause du drame.

 

L’incendie a ravagé détruit au moins 778 ménages, affectant plusieurs personnes. De sources hospitalières 17 personnes reçoivent des soins à l’hôpital préfectoral et à la base de la Minusca. Enoch Nago Ngoya, Président du site des déplacés de Kaga-Bandoro, justifie cet incident par des manipulations du feu de cuisine, « tout est parti d’un incident de cuisine favorisé par la chaleur qui est intense. Les tentes sont trop rapprochées les unes des autres à tel point que la chance de faire l’économie des dégâts était maigre » a-t-il indiqué, avant de déplorer le sort des affectés, « pour l’heure, nous n’avons pas encore identifié les sans-abris. Mais nous voyons la souffrance des victimes qui sont sous la chaleur pendant le jour et de la nuit jusqu’au petit matin elles souffrent de froid ».

 

Les abris de fortune de ces déplacés sont partis en fumée dans un contexte météorologique difficile et cinq mois après les attaques contre les populations civiles sur le site des déplacés de l’évêché. Les acteurs humanitaires avaient souhaité la délocalisation du site des déplacés près de la base de Minusca au profit du nouveau site de Lazari aménagé par des ONG. Redoutant des attaques de groupes armés, les déplacés avaient refusé de rejoindre le nouveau site. Aujourd’hui, les acteurs humanitaires se désengagent de plus en plus.

 

Cet incendie est signalé sur le site de déplacés après celui du 2 février 2016.

 

 

Centrafrique : Tension à la gendarmerie suite à des mouvements du Directeur Général

 

Par RJDH Centrafrique - 02/02/2017

 

Les mouvements des gendarmes faits ces derniers jours par le Directeur Général Thiery-Marie Metinkoe, sont bloqués. Plusieurs commandants de brigade et des hommes de rang, ont refusé de céder leurs postes.


De sources concordantes, les mouvements faits par le Directeur Général de la gendarmerie, seraient dictés par des proches du chef de l’Etat. Selon un document dont le RJDH a eu copie, le ministre conseiller au DDRR, Séléson a saisi le Directeur Général par un courrier confidentiel à la date du 19 janvier pour lui faire part des doléances des proches du chef de l’Etat qui souhaiteraient que des gendarmes dont la liste est jointe au document, soient nommés à des postes de responsabilité. Le bras de fer entre Jean Serge Bokassa, ministre de la sécurité publique et le Directeur Général de la gendarmerie, Thiery-Marie Metinkoe serait lié à cette affaire. Le Directeur Général, d’après nos sources, aurait rejeté plusieurs instructions du ministre qui, à son tour aurait fait bloquer les mouvements opérés par le général Metinkoe.

 

De sources bien informées, le ministre Jean Serge Bokassa aurait demandé sans succès au Directeur Général de la gendarmerie d’arrêter les mouvements du personnel, « par message porté, le ministre a demandé la suspension des mouvements mais le Directeur n’a pas voulu. Il y a des collaborateurs du ministre qui n’ont pas été reçus par le DG sur cette affaire » a expliqué une autre source.



Le 31 janvier 2017, le général Metinkoe a pris une note de service pour interdire l’accès des casernes de la gendarmerie au lieutenant-colonel Roger Koi-Kouassi, chargé de mission défense globale au ministère de l’intérieur et au chef d’escadron Roger Toukia, inspecteur central. Ce sont ces deux personnalités que le ministre avait envoyées au Directeur Général pour traiter de la question des mouvements.



Dans l’entourage du Directeur Général de la gendarmerie, on évoque la tentative du ministre de manipuler la gendarmerie à des fins politiques, « la réalité est là. Le ministre veut tout contrôler et utiliser son influence pour des fins politiques » a confié un proche de Thiery-Marie Metinkoe.


Le ministre de la sécurité publique n’a pas été joignable. Le Directeur Général de la gendarmerie, contacté n’a pas souhaité faire des commentaires. La gendarmerie est aujourd’hui divisée à cause de cette tension.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 02:00
RDC: l'opposant historique Étienne Tshisekedi est mort mercredi à Bruxelles (parti)
RDC: l'opposant historique Étienne Tshisekedi est mort mercredi à Bruxelles (parti)

 

 

 


Kinshasa - AFP / 01 février 2017 21h12 - Étienne Tshisekedi, opposant historique en République démocratique du Congo (RDC), est mort mercredi à Bruxelles à l'âge de 84 ans, a-t-on appris à Kinshasa auprès de son parti, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).



"Le président Tshisekedi est décédé aujourd'hui à 17H42 à Bruxelles" (16H42 GMT), a déclaré à l'AFP Bruno Tshibala, secrétaire-général adjoint de l'UDPS.



Selon un proche du vieil opposant, Tshisekedi est mort à l'hôpital Sainte-Élisabeth de Bruxelles, dans des circonstances qui n'ont pas été révélées.



Le décès de "Tshitshi", comme le surnommaient affectueusement ses partisans est survenu huit jours après son départ de RDC, en pleines négociations politiques sur un partage du pouvoir entre l'opposition et la majorité soutenant le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.



"Il n'est pas mourant, mais il doit partir pour un contrôle (médical) à Bruxelles", avait alors déclaré à l'AFP un proche de la famille Tshisekedi.



Mais un haut cadre de l'UDPS avait indiqué que la santé du "Vieux", comme l'appelaient certains dirigeants du parti, s'était brusquement dégradée.



Concurrent malheureux de M. Kabila à la présidentielle de novembre 2011, marquée par des irrégularités massives, M. Tshisekedi n'avait jamais reconnu la victoire de M. Kabila et s'était proclamé "président élu" de la RDC après l'annonce des résultats officiels.


(©)

 

 

Etienne Tshisekedi, l'opposant historique congolais, est décédé à Bruxelles (PORTRAIT)

 

http://www.lalibre.be/  MARIE-FRANCE CROS Publié le mercredi 01 février 2017 à 20h36 - Mis à jour le mercredi 01 février 2017 à 21h26

 

Tous les jours de ma vie, j’ai rêvé de devenir Président de la République”, avait-il avoué lors de la campagne présidentielle de 2011 - la seule à laquelle il participa et qui fut marquée par une fraude massive. Etienne Tshisekedi est mort ce mercredi 1er février 2017 à 17h42 à Bruxelles, sans avoir réalisé son rêve malgré “30 ans” de lutte à la fois courageuse, égoïste et erratique. Selon Félix Tshisekedi, son fils interrogé par Jeune Afrique, il aurait succombé à une embolie pulmonaire.

 

Commissaire adjoint à la Justice

 

Né en 1932 à Kananga (Kasaï occidental) d’un père catéchiste, il fut l’un des premiers docteurs en Droit sortis de l’université Lovanium de Kinshasa. Mais il était encore étudiant lorsqu’il devint ministre adjoint de la Justice après le premier coup d’Etat de Mobutu, de septembre 1960 à février 1961.

 

Ses adversaires l’accusent d’avoir participé, en tant que tel, à l’envoi des compagnons de Lumumba - contre lequel il exige de la fermeté - vers le Sud-Kasaï sécessionniste, où ils connurent un sort funeste. Etienne Tshisekedi était entré dans la vie politique en 1958-59 comme “conseiller” du MNC-Kalonji, du nom d’un dissident fédéraliste kasaïen. De 1960 à 62, Albert Kalonji dirigea la sécession kasaïenne; son premier gouvernement, rendu public en juin 1961, annonce Etienne Tshisekedi au poste de ministre de la Santé. Mais il semble que celui-ci ait préféré exercer, à Léopoldville, les fonctions de recteur de l’Ecole nationale de droit et d’administration.

 

Au second coup d’Etat de Mobutu, en novembre 1965, Tshisekedi devient ministre de l’Intérieur, jusqu’en août 1968. C’est sans état d’âme qu’il justifiera, face à la caméra, la pendaison publique, en 1966, des “Martyrs de la Pentecôte”, trois ex-ministres et l’ex-Premier ministre Evariste Kimba, accusés de “complot” contre Mobutu.

 

Baron du mobutisme

 

Il est un des barons du mobutisme. En 1967, il est ainsi un des rédacteurs de la Constitution qui met fin au multipartisme pour n’admettre que deux partis au maximum - une idée que Tshisekedi tentera en vain d’imposer à la place du multipartisme, admis en 1990. Il participe à la création du Mouvement populaire de la Révolution (MPR) et ne bronchera pas lorsque ce dernier devient parti unique en 1970. Et pour cause: depuis deux ans, et jusqu’en 1972, il en est le secrétaire national, tout en acceptant une ambassade au Maroc, puis le poste de vice-président de l’Assemblée nationale, jusqu’en 1974. De 1977 à 1980, il sera aussi président du conseil d’administration d’Air Zaïre.

 

C’est dans la seconde moitié des années 70 que celui que Mobutu appelait “l’aigri” change de camp. Si certains citent des ambitions non réalisées, c’est à coup sûr le massacre de Katekelay, dans son Kasaï natal, en 1978, qui pousse Tshisekedi à la rébellion: 100 à 300 chercheurs clandestins de diamant - la crise économique commence à frapper les plus faibles - sont tués par l’armée.

 

En 1980, il signe, avec douze autres parlementaires, une lettre à Mobutu réclamant la démocratisation du régime; tous sont relégués en province. Deux ans plus tard, ils créent l’UDPS, l’Union pour la démocratie et le Progrès social. Cela leur vaudra une condamnation à 15 ans de prison, suivie d’une amnistie en 1983.

 

C’est là que tourne le destin de Tshisekedi.

 

Dix ans d’avanies et de gloire

 

Car la création de ce second parti, interdit par la Constitution, va ouvrir pour le Kasaïen dix ans d’avanies, dix ans durant lesquels il ne sera libre que 14 mois - le reste passant en détention, liberté surveillée ou relégation. Dix ans de pressions qu’il subira sans faiblir, contrairement à nombre de ses compagnons. Dix ans à dire “non”, bien planté sur ses deux jambes, le torse puissant faisant face aux coups, refusant, comme un sanglier, de fuir quand on l’attaque.

 

Mais aussi, précisément pour cette résistance qui démythifie Mobutu le Léopard, dix ans de gloire grandissante. Dix ans durant lesquels Tshisekedi devient, pour les Zaïrois, l’opposition faite homme, l’espoir de lendemains qui dansent, le “Moïse” qui les sortira de l’esclavage du mobutisme.

 

En 1992, Etienne Tshisekedi est élu Premier ministre par 70% des 2800 membres de la Conférence nationale souveraine, mise sur pied dans le sillage de l’ouverture au multipartisme décidée en 1990 par Mobutu, toujours habile à flairer le vent. Cette consécration est aussi le commencement de la chute.

 

Les années qui suivent ne seront, en effet, plus celles de la confrontation brutale entre le dictateur et lui, mais un jeu du chat et de la souris, auquel le léopard est infiniment plus habile que le sanglier. Là où le premier ruse, pousse d’une patte légère ou feint de dormir, le second n’a qu’une stratégie, foncer.

 

Trois fois Tshisekedi sera nommé Premier ministre par son vieux rival; trois fois, l’exercice tourne court. De fin septembre à fin octobre 1991; le Kasaïen est remercié pour avoir biffé de sa prestation de serment la mention “garant de la Nation” attribuée au chef de l’Etat. Premier ministre encore d’août 1992 à février 1993. Et d’avril à mai 1997, à la veille de la fuite de Mobutu devant les armées coalisées des pays voisins, alliés à Laurent Kabila.

 

La république de la rue des Pétunias

 

En février 1998, Etienne Tshisekedi est arrêté par Laurent Kabila pour avoir voulu organiser une manifestation. L’ère Kabila va-t-elle relancer la roue du destin pour le Kasaïen?

 

Non. Comme si la mort de Mobutu lui avait enlevé sa rage de vaincre, Tshisekedi interprète, désormais, le rôle de Tshisekedi. Il joue au Premier ministre - puis, après les élections frauduleuses de 2011, au Président - dans sa parcelle de la rue des Pétunias, à Kinshasa, recevant des envoyés parmi des militants UDPS jouant au protocole d’Etat.

 

Loin de la rue des Pétunias, le grand parti qu’avait construit la fermeté de Tshisekedi face au Léopard s’est effrité. Parce que le chef est plus obstiné que résolu. Parce que ses choix fédéralistes kasaïens sont devenus un ethnisme luba qui vide peu à peu l’UDPS de ses membres non lubas. Parce que quand les Lubas du Kasaï, en 1992, sont victimes de pogroms au Katanga, après avoir fêté avec morgue la nomination de leur héros au poste de Premier ministre, celui-ci ne lève pas le petit doigt pour les aider: “Je n’interviens pas, pour éviter d’être accusé par les autres Zaïrois d’être intervenu dans le dossier de mes frères”, justifiera-t-il. Parce que le “leader maximo” ne quitte la capitale congolaise que pour aller se faire soigner - des mois, des années durant - en Afrique du Sud et en Belgique. Parce que le culte, parfois délirant, de sa personne finit par lasser les plus fidèles, tout comme sa paresse proverbiale, son autoritarisme (il faudra attendre 28 ans le premier congrès de l’UDPS) et les décisions erratiques qu’il impose au parti.

 

Erreur stratégique

 

Ainsi, en 2006, il commet l’erreur stratégique de ne pas participer aux élections pluralistes organisées sous la surveillance de la communauté internationale; l’UDPS sera donc absente du parlement. Il participe à celles de 2011 après s’être proclamé “Président” avant même le scrutin et avoir refusé toute concertation avec le reste de l’opposition sur une candidature unique: “Je n’ai pas lutté pendant 30 ans pour laisser ma place à un autre (...) S’il y a quelqu’un d’autre qui veut que ce soit sa candidature qui passe, cela ne peut pas se faire”. On sait que des fraudes massives ont diminué son nombre de voix au profit du président sortant Joseph Kabila.

 

Ce fut le dernier tour de piste de Tshisekedi, qui se replie sur sa famille, désormais toute puissante et soupçonnée de rédiger sous son nom les communiqués de la présidence du parti, alors que dissidences et excommunications achèvent d’assécher ce dernier. “Le Vieux” a cessé d’être l’homme providentiel lorsqu’il réussit inopinément, en juin 2016, à se remettre en selle: le “conclave” de l’opposition, à Genval - réputé financé par le milliardaire Katebe Katoto, grand frère de Moïse Katumbi, l’ex-gouverneur du Katanga passé à l’opposition et seul rival de Tshisekedi dans la popularité auprès des Congolais - le nomme président d’un Rassemblement d’opposition qui doit conduire la lutte contre la prolongation du dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila. Mais si l’opposition s’est largement unie derrière son panache blanc, la monture du “Vieux” n’avance pas: la répression a raison des manifestations et Kabila est prolongé pour un an. Mais les négociations pour parvenir à ce résultat montrent une famille Tshisekedi âpre au gain, réclamant la présidence du Comité de suivi de la transition pour Etienne et le poste de Premier ministre pour son fils, Félix. Trop c’est trop, même pour le “Vieux”, qui a présumé de ses forces. Avant même la fin des négociations - et n’étant plus apparu en public depuis six semaines - Etienne Tshisekedi est emmené pour “un check up” médical à Bruxelles par avion privé le 24 janvier.

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 01:48
Lu pour vous : Des tortionnaires français au banc des accusés (Survie)

 

 

 

http://survie.org/   le 1er février 2017

 

(rédigé le 5 octobre 2016) par Yanis Thomas

 

Alors que l’opération militaire française Sangaris, une intervention extérieure déclenchée début décembre 2013 en République centrafricaine, est en pleine mutation, une procédure disciplinaire au sein de l’armée vient éclairer les agissements de certains de ses membres.

 

La nouvelle avait provoqué quelques remous avant l’été : le quotidien Ouest­-France (04/06) révélait que des militaires français appartenant au 2ème régi­ment d’infanterie de marine étaient sous le coup d’une mesure disciplinaire pour avoir tabassé deux Centrafricains au PK12, un quartier au nord de Bangui (la capitale), au début de l’année 2014 [1]. Le passage de cinq militaires devant un conseil d’enquête mili­taire fin septembre a permis de lever, en partie, le voile sur la réalité des exactions commises. Pour une histoire d’engagement commercial non honoré (non livraison de baïonnettes gravées déjà payées), un com­merçant a été sévèrement passé à tabac et menacé. Les informations rapportées par le journal Le Parisien (29/09) sont édifiantes : « "il y a eu des coups donnés, reconnaît un participant. Je peux dire que le marchand servait de punching­-ball." Groggy, la vic­time est attachée à un arbre, mains dans le dos, un sac en plastique sur la tête. Il reste­ra dans cette position plusieurs heures. Un officier finit par le libérer, non sans l’avoir menacé fusil à la main. "Si tu parles, ou si on te revoit dans les parages, c’est finex (sic) pour toi", a­-t­-il averti, selon un té­moin » . Des actes bien loin des reportages laudateurs de la propagande officielle en­tourant l’intervention française en Centra­frique.

 

Une pratique généralisée ?

 

Au delà de cette affaire, la question se pose concernant les « méthodes » em­ployées par les soldats français, ici au cours de l’opération Sangaris. Un autre témoi­gnage de militaire amène à penser que le re­cours à des sévices physiques contre des citoyens centrafricains serait monnaie cou­rante. Il s’agit des confidences recueillies en 2015 par le magazine Vice auprès d’un sol­dat, lui aussi en poste au PK12. Son récit d’une interpellation est glaçant :

 

« Pas le temps de négo­cier, vous savez pour­ quoi vous êtes là. »

 

« ce jour­-là, le mec refuse de se faire fouiller. Il porte des gris­-gris comme ceux des Anti­-Balaka [mi­lices opposées au groupe armé ayant pris le pouvoir en mars 2013, les Séléka], qui sont animistes. Il a un sac. T’es quasi sûr qu’il transporte des munitions ou des grenades. Avec deux gars de l’équipe vous l’emmenez à l’écart de la foule pour régler ça. Der­rière la cahute. Vous êtes trois. Deux pour le tenir, le troisième monte la garde. Il a deux grenades dans son sac mais il dit : "je ne sais rien". Pas le temps de négocier, vous savez pourquoi vous êtes là. Les gars en­chaînent direct. Mains dans le dos, ba­layette. Il se retrouve à plat ventre, la semelle de ta Ranger appuyée sur sa che­ville gauche, de tout ton poids, le genou du capo sur sa tempe. Tu croises son regard. Globules exorbités. Après ça ne dure jamais bien longtemps, quelques coups, le Famas [fusil d’assaut de l’armée française] dans la gueule. Ni plaisir, ni dégoût. Vous en­chaînez les coups-­menaces-­questions. Jus­qu’à ce qu’il vous dise sous quelle pierre ils cachent leurs trois Kalash. Une fois que vous êtes lancés, plus le choix. Faut avoir l’info, pour justifier le reste. Ne pas douter. Aller jusqu’au bout » [2]. Jusqu’où d’autres soldats français sont-­ils allés pour « justifier le reste »... ?

Paix franco-tchadienne

Le Parisien (29/09) rapporte les pro­pos de 5 militaires français jugés pour violences en Centrafrique. Ceux­-ci té­moignent (et parfois en rajoutent visible­ment pour excuser leur propre violence) sur les exactions auxquelles ils ont assis­té au début de l’opération Sangaris, no­tamment de la part des contingents tchadiens censés participer au maintien de la paix : « "On est montés crescendo jusqu’au massacre de la population par les Casques bleus tchadiens (NDLR : ils n’étaient en réalité, à cet instant­-là, pas encore mandatés par l’ONU). Il y avait au moins 30 corps. Là, on était pris à partie par les feux tchadiens", se souvient cet officier. Or dans ce conflit, le Tchad est un allié de la France. Face au bain de sang qui se déroule sous leurs yeux, les marsouins restent im­passibles, faute de directives contraires. "J’étais obligé de poster les mecs en leur donnant l’ordre de ne ja­mais ouvrir le feu sur les Tchadiens. Nous n’avons jamais reçu de conduite à tenir du [poste de commandement] sur cette action des Tchadiens" ». Mais si c’est le prix à payer pour que Jean­ Yves Le Drian puisse continuer à tu­toyer Idriss Déby...

 

Schizophrénie onusienne

 

L’ONU est une habituée des postures contradictoires. L’agence d’information IRIN (02/09), rattachée au Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, vient d’en donner un brillant exemple grâce à un cas emblématique en Centrafrique. Ses journalistes ont dé­couvert que les locaux à Bangui de la Mi­nusca, la force de maintien de la paix onusienne présente dans le pays, appar­tiennent à... Badica, une entreprise dia­mantaire sanctionnée (gel de ses avoirs) par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour son soutien aux groupes armés qui dé­chirent le pays. Badica, qui fait partie du groupe Abdoulkarim, dirigé par l’homme d’affaire centrafricain Abdoul­ karim Dan Azoumi (basé à Anvers, en Belgique), servirait d’intermédiaire à ces groupes pour exporter illégalement de l’or et des diamants. L’ONU aurait versé plus d’un demi million de dollar de loyer à cette compagnie pour bénéficier de cette emprise dans la capitale. On croit rêver !

 

[1] Le parquet a ouvert par la suite une enquête préli­minaire pour « violences volontaires en réunion », « menaces avec armes » et « non­-assistance à victime » (RFI, 21/06/2016).

 

[2] Lire sur : http://www.vice.com/fr/read/souveni...

 

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 19:57
Lu pour vous : Union africaine : les trois raisons de la victoire du Tchadien Moussa Faki Mahamat

 

 

 

Le nouveau président de la Commission de l’UA a été élu au septième tour de scrutin, avec un score confortable de 39 voix.

 

Par Seidik Abba (chroniqueur Le Monde Afrique, Addis-Abeba, envoyé spécial)

 

LE MONDE Le 31.01.2017 à 12h49 • Mis à jour le 31.01.2017 à 13h26


 

L’éclatement du vote des blocs régionaux

 

En théorie, lors du premier tour, les chefs d’Etat votent pour le représentant de leur région. Soutenu par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Abdoulaye Bathily n’a pourtant obtenu que dix des quinze voix de son organisation sous-régionale au premier tour. Avec seize voix, Amina Mohamed a fait, quant à elle, le plein des voix de l’Autorité intergouvernementale pour le développement de l’Afrique de l’Est (IGAD), prenant ainsi la première place du premier tour. Le Tchadien Moussa Faki Mahamat est arrivé deuxième à ce stade du scrutin avec quatorze voix, principalement venant de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC).

 

Déjà mise à mal au premier et au deuxième tour, la logique de vote par bloc sous-régional a totalement été abandonnée aux troisième et quatrième tours. Résultat : Abdoulaye Bathily a été éliminé au quatrième tour avec trois voix seulement, le candidat équato-guinéen Agapito Ba Mokuy a été écarté également avec deux voix, tout comme la Botswanaise Pelonomi Venson-Moitoi, sortie de la compétition avec huit voix.

 

Moussa Faki Mahamat a ainsi bénéficié du report des voix de la Cédéao et a pu compter sur le soutient de la CEEAC et des pays d’Afrique du Nord, notamment l’Algérie, la Libye et la Mauritanie. Avec 26 voix au cinquième tour, il est arrivé à faire jeu égal avec la candidate kényane Amina Mohamed qui a obtenu 27 voix. Ce n’est qu’au sixième tour que le ministre tchadien des affaires étrangères a pris le dessus sur la candidate qui a obtenu 25 voix, alors que lui en a obtenu 28. Conformément aux règles de l’UA, le candidat tchadien est resté seul en lice au septième et dernier tour du scrutin. Il a ainsi obtenu 39 voix pour et 15 abstentions.

 

Les dividendes de l’engagement anti-terroriste

 

Dès le premier tour, plusieurs Etats ont choisi de voter pour le candidat tchadien en reconnaissance de l’action de son pays dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. Ainsi, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, qui appartiennent avec le Tchad au G5 Sahel, ont préféré voter pour le candidat tchadien plutôt que pour celui de la Cédéao, leur organisation sous-régionale. La Mauritanie, autre membre du G5 Sahel, a également voté pour le candidat tchadien. Pays membre avec le Niger, le Cameroun et le Tchad de la Force mixte multinationale (FMM), créée pour combattre la secte extrémiste Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, le Nigeria a aussi choisi la reconnaissance envers l’engagement anti-terroriste du Tchad par rapport à la solidarité à l’égard du candidat sous-régional.

 

Le vote anti-Sénégal

 

Le candidat tchadien a tiré profit du fort rejet, non pas d’Abdoulaye Bathily, mais de l’action diplomatique de son pays, le Sénégal. Ainsi, l’Angola, l’Ouganda et le Zimbabwe, qui ne souhaitaient pas le retour du Maroc au sein de l’UA, ont fortement soutenu la candidature de Moussa Faki Mahamat. Car, pour eux, le candidat sénégalais ferait le jeu du Maroc une fois élu à la présidence de la Commission. En Afrique de l’Ouest, les mauvaises relations en ce moment entre le Sénégal et certains pays de la sous-région ont profité dans les urnes au ministre tchadien des affaires étrangères. Ces tensions ont été manifestes lors de la crise post-électorale en Gambie. Alors que Macky Sall poussait pour le déclenchement d’une opération militaire afin de sortir Yahya Jammeh du palais présidentiel, le guinéen Alpha Condé a jusqu’au bout privilégié la voie diplomatique en vue d’obtenir une résolution pacifique de la crise.

 

Avec 39 voix, Moussa Faki Mahamat a donc été confortablement élu président de la Commission de l’UA pour les quatre prochaines années. Passée l’euphorie suscitée par sa désignation dans les rangs de la délégation tchadienne, il devra d’abord convaincre les quinze pays qui se sont abstenus de voter pour lui au septième tour. Il lui faudra également redynamiser une organisation continentale sortie affaiblie de quatre années de gouvernance de NKosazana Dlamini-Zuma.

 

Seidik Abba  chroniqueur Le Monde Afrique, Addis-Abeba, envoyé spécial


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/01/31/union-africaine-les-trois-raisons-de-la-victoire-du-tchadien-moussa-faki-mahamat_5072242_3212.html#0HTCVrBdEEOY8Gyt.99

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 19:26
Lu pour vous : Un fidèle de Denis Sassou-Nguesso, le président du Congo, mis en examen à Paris

 

 

Par David Bensoussan @@david_bensouss    Le 01.02.2017 à 13h02

 

 

EXCLUSIF

 

 Justin Koumba, l'actuel président de l'Assemblée congolaise, est visé par une information judiciaire pour blanchiment, ouverte à Paris. Il est proche du président Sassou-Nguesso dont la famille est aussi dans le collimateur de la justice française.

 

Les hauts dignitaires congolais n’ont pas la côte auprès des juges français. Selon nos informations, l’actuel président de l’Assemblée nationale du Congo-Brazzaville, Justin Koumba, âgé de 69 ans, a été mis en examen dans le cadre d’une information judiciaire menée à Paris par la juge Patricia Simon. Les enquêteurs de l’Office centrale de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) le soupçonnent d’avoir blanchi en France de l’argent issu de détournements de fonds sur des marchés publics passés par l’Assemblée de Brazzaville. Ce fidèle du président Denis Sassou-Nguesso, en poste depuis dix ans, effectue des séjours réguliers à Paris où il détient notamment deux appartements, avenue Georges V et rue François 1er, dans le 8ème arrondissement. Ses avocats français, Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoit, n’ont pas souhaité faire de commentaire.

 

Plusieurs membres de la famille Sassou-NGuesso sont, par ailleurs, dans le collimateur du juge Roger Le Loire, qui mène l’enquête sur les « biens mal acquis » du Congo, du Gabon et de la Guinée équatoriale. Le fis du président, Denis-Christel, son gendre Guy Johnson, et ses neveux Edgar, directeur des grands travaux, et Wilfrid, qui a la main sur les taxes pétrolières, risquent eux aussi une mise en examen dans les prochaines semaines. Le clan est soupçonné d'avoir détourné des fonds publics via des sociétés offshores aux Seychelles et à Maurice, ayant des comptes bancaires à San Marin. La justice a déjà saisi plusieurs appartements à Paris, Neuilly et Courbevoie, et une villa au Vésinet.

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 19:16
RCA : Dernière Résolution du Conseil de sécurité n° 2339 (suite et fin)

 

 

Embargo sur les armes

 

1. Décide que, jusqu’au 31 janvier 2018, tous les États Membres devront continuer de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la République centrafricaine, à partir de leur territoire ou à travers leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen de navires battant leur pavillon ou d’aéronefs immatriculés chez eux, d’armements et de matériels connexes de tous types, y compris les armes et les munitions, les véhicules et les matériels militaires, les équipements paramilitaires et les pièces détachées correspondantes, ainsi que toute assistance technique ou formation et toute aide financière ou autre en rapport avec les activités militaires ou la fourniture, l’entretien ou l’utilisation de tous armements et matériels connexes, y compris la mise à disposition de mercenaires armés venant ou non de leur territoire, et décide également que cette mesure ne s’applique pas :

 

a) Aux fournitures destinées exclusivement à l’appui de la MINUSCA, de la Force régionale d’intervention (FRI) de l’Union africaine, des missions de l’Union européenne et des forces françaises déployées en République centrafricaine, ou à leur utilisation par celles-ci;

 

b) Aux livraisons de matériel non létal et à la fourniture d’une assistance, y compris les activités de formation opérationnelles et non opérationnelles dispensée aux forces de sécurité de la République centrafricaine, dont les services publics civils chargés du maintien de l’ordre, exclusivement destinés à soutenir le processus de réforme de la sécurité en République centrafricaine, ou à être utilisés dans le cadre de celui-ci, en coordination avec la MINUSCA, et sur notification préalable au Comité, et demande à la MINUSCA de lui faire rapport sur la contribution de cette exemption au processus de réforme du secteur de la sécurité, dans le cadre des rapports périodiques qu’il lui soumet;

 

c) Aux fournitures apportées en République centrafricaine par les forces soudanaises ou tchadiennes pour leur usage exclusif dans le cadre des patrouilles internationales de la force tripartite créée le 23 mai 2011 à Khartoum par la République centrafricaine, le Soudan et le Tchad, pour renforcer la sécurité dans leurs zones frontalières communes, en coopération avec la MINUSCA, telles qu’approuvées préalablement par le Comité;

 

d) Aux livraisons de matériel militaire non létal destiné exclusivement à un usage humanitaire ou de protection et à l’assistance technique ou à la formation connexes, qui auront été approuvées à l’avance par le Comité;

 

e) Aux vêtements de protection, dont les gilets pare-balles et les casques militaires, temporairement exportés en République centrafricaine, pour leur usage personnel uniquement, par le personnel des Nations Unies, les représentants des médias et les agents humanitaires et du développement ou le personnel connexe;

 

f) Aux livraisons d’armes légères et autre matériel connexe destinés exclusivement à être utilisés dans le cadre des patrouilles internationales qui assurent la sécurité dans l’aire protégée du Trinational de la Sangha afin de lutter contre le braconnage, la contrebande d’ivoire et d’armes, et d’autres activités contraires au droit interne de la République centrafricaine ou aux obligations que lui impose le droit international, dont le Comité aura préalablement reçu notification;

 

g) Aux livraisons d’armes et autre matériel létal connexe, destinés aux forces de sécurité centrafricaines, dont les services publics civils chargés du maintien de l’ordre, et devant être utilisés exclusivement aux fins de la réforme du secteur de la sécurité ou de l’appui à celle-ci, sous réserve de l’approbation préalable du Comité; ou

 

h) Aux autres ventes ou livraisons d’armes et de matériels connexes, ou à la fourniture d’une assistance ou de personnel, sous réserve de l’approbation préalable du Comité;

 

2. Décide d’autoriser tous les États Membres qui découvrent des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par le paragraphe 1 de la présente résolution à les saisir, à les enregistrer et à les neutraliser (en les détruisant, en les mettant hors d’usage, en les entreposant ou en les transférant à un État autre que le pays d’origine ou de destination aux fins de leur élimination), et décide également que tous les États sont tenus de coopérer à cet effort;

 

3. Demande de nouveau aux autorités centrafricaines de s’attaquer, avec l’aide de la MINUSCA et des partenaires internationaux, au transfert illicite, à l’accumulation déstabilisatrice et au détournement d’armes légères et de petit calibre en République centrafricaine et d’assurer de façon sûre et efficace la collecte et la destruction des stocks excédentaires et des armes et munitions saisies, non marquées ou détenues illicitement, et souligne à quel point il importe d’intégrer ces éléments à la réforme du secteur de la sécurité et aux programmes de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement;

 

4. Engage vivement les autorités de la République centrafricaine à renforcer leurs capacités, avec l’appui de la MINUSCA, du Service de la lutte antimines, ainsi que des autres partenaires internationaux, pour ce qui est de stocker et gérer les armes et munitions qu’elles détiennent, y compris celles qui sont transférées des stocks de la MINUSCA, conformément aux pratiques internationales optimales et aux normes internationales, tout en veillant à ce que les forces armées centrafricaines et les forces nationales qui reçoivent de telles armes et munitions soient pleinement formées et contrôlées;

 

Interdiction de voyager

 

5. Décide que, jusqu’au 31 janvier 2018, tous les États Membres devront continuer de prendre les mesures nécessaires pour interdire l’entrée ou le passage en transit sur leur territoire des personnes désignées par le Comité, étant entendu que rien dans les dispositions du présent paragraphe n’oblige un État à refuser l’entrée sur son territoire à ses propres nationaux, et demande à cet égard au Gouvernement de la République centrafricaine de renforcer la coopération et les échanges d’informations avec les autres États;

 

6. Engage les États Membres à exiger des compagnies aériennes opérant sur leur territoire, s’il y a lieu et conformément à leur droit interne et aux instruments juridiques et documents cadres internationaux pertinents, qu’elles communiquent à l’avance aux autorités nationales compétentes des informations sur les passagers afin de détecter le départ de leur territoire, ou la tentative d’entrée sur leur territoire ou de transit par leur territoire, à bord d’appareils civils, de personnes désignées par le Comité;

 

7. Engage également les États Membres à signaler au Comité le départ de leur territoire, ou toute tentative d’entrée sur leur territoire ou de transit par leur territoire, de personnes désignées, ainsi que d’en informer l’État de résidence ou de nationalité s’il y a lieu et conformément à leur droit interne et à leurs obligations internationales;

 

8. Demande instamment aux autorités centrafricaines de veiller, lorsqu’elles mettront en œuvre les mesures énoncées au paragraphe 5 ci-dessus, à ce que les passeports et autres documents de voyage faux, falsifiés, volés ou perdus, ainsi que les passeports diplomatiques annulés, soient dès que possible retirés de la circulation conformément aux lois et pratiques nationales, et de communiquer les informations qu’elles possèdent sur ces documents aux autres États Membres en passant par la base de données d’INTERPOL;

 

9. Engage les États Membres à transmettre, lorsqu’ils en disposent et dans le respect de leur législation nationale, des photographies et les données biométriques des personnes désignées par le Comité afin qu’elles puissent figurer sur les notices spéciales INTERPOL-Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies;

 

10. Décide que les mesures imposées par le paragraphe 5 ci-dessus ne s’appliquent pas dans les cas suivants :

a) Lorsque le Comité établit que tel ou tel voyage se justifie par des raisons humanitaires, y compris un devoir religieux;

b) Lorsque l’entrée ou le passage en transit est nécessaire aux fins d’une procédure judiciaire;

c) Lorsque le Comité conclut que telle ou telle dérogation favoriserait la réalisation des objectifs de paix et de réconciliation nationale en République centrafricaine et la stabilité dans la région;

 

11. Souligne que les violations de l’interdiction de voyager peuvent mettre en péril la paix, la stabilité ou la sécurité en République centrafricaine et que les personnes ou entités qui facilitent délibérément le voyage d’une personne inscrite sur la liste en violation de l’interdiction de voyager peuvent être considérées par le Comité comme remplissant les critères de désignation prévus dans la présente résolution et engage toutes les parties et tous les États Membres à coopérer avec le Comité et avec le Groupe d’experts sur l’application de l’interdiction de voyager;

 

Gel des avoirs

 

12. Décide que, jusqu’au 31 janvier 2018, tous les États Membres resteront tenus de geler sans délai les fonds et autres avoirs financiers et ressources économiques se trouvant sur leur territoire en la possession ou sous le contrôle direct ou indirect des personnes ou entités désignées par le Comité ou de toute personne ou entité agissant pour le compte ou sur les ordres de celles-ci ou de toute entité en leur possession ou sous leur contrôle, et décide en outre que tous les États Membres doivent continuer d’empêcher leurs nationaux ou toute personne ou entité se trouvant sur leur territoire de mettre à la disposition de ces personnes ou entités des fonds, avoirs financiers ou ressources économiques ou d’en permettre l’utilisation à leur profit;

 

13. Décide que les mesures visées au paragraphe 12 ci-dessus ne s’appliquent pas aux fonds et autres avoirs financiers ou ressources économiques dont les États Membres concernés auront déterminé :

 

a) Qu’ils sont nécessaires pour régler des dépenses ordinaires – denrées alimentaires, loyers, mensualités de prêts hypothécaires, médicaments, soins médicaux, impôts, primes d’assurance, factures de services collectifs de distribution – ou pour régler ou rembourser des dépenses engagées dans le cadre de la prestation de services juridiques, notamment des honoraires, conformément à la législation nationale, ou des frais ou commissions liés au maintien en dépôt de fonds et autres avoirs financiers ou ressources économiques gelés, conformément à la législation nationale, après que l’État Membre concerné a informé le Comité de son intention d’autoriser, dans les cas où cela serait justifié, l’accès à ces fonds et autres avoirs financiers ou ressources économiques et en l’absence de décision contraire du Comité dans les cinq jours ouvrables suivant cette notification;

b) Qu’ils sont nécessaires pour régler des dépenses extraordinaires, à condition que le ou les États Membres concernés en aient avisé le Comité et que celui-ci ait donné son accord; ou

c) Qu’ils font l’objet d’un privilège ou d’une décision judiciaire, administrative ou arbitrale, auquel cas ils peuvent être utilisés à cette fin, à condition que le privilège ou la décision soient antérieurs à la date de la présente résolution, que le créancier privilégié ou le bénéficiaire de la décision judiciaire, administrative ou arbitrale ne soit pas une personne ou une entité désignée par le Comité et que le privilège ou la décision judiciaire, administrative ou arbitrale aient été portés à la connaissance du Comité par l’État ou les États Membres concernés;

 

14. Décide que les États Membres pourront autoriser le versement, aux comptes gelés en vertu des dispositions du paragraphe 12 ci-dessus, des intérêts et autres rémunérations revenant à ces comptes ou des paiements dus au titre de marchés, d’accords ou d’obligations souscrits avant la date à laquelle ces comptes ont été assujettis aux dispositions de la présente résolution, étant entendu que ces intérêts, rémunérations et paiements resteront assujettis auxdites dispositions et resteront gelés;

 

15. Décide que les mesures visées au paragraphe 12 ci-dessus n’interdisent à aucune personne ou entité désignée d’effectuer des paiements au titre d’un contrat passé avant son inscription sur la liste, dès lors que les États concernés se sont assurés que le paiement n’est pas reçu directement ou indirectement par une personne ou entité visée au paragraphe 12 ci-dessus et qu’ils ont signifié au Comité avec un préavis de 10 jours leur intention d’effectuer ou de recevoir de tels paiements ou d’autoriser, selon qu’il conviendrait, le déblocage à cette fin de fonds et autres avoirs financiers ou ressources économiques;

 

Critères de désignation

 

16. Décide que les mesures visées aux paragraphes 5 et 12 s’appliquent aux personnes et entités que le Comité aura désignées comme se livrant ou apportant un appui à des actes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité en République centrafricaine, notamment des actes qui menacent ou entravent la stabilisation et la réconciliation ou alimentent les violences;

 

17. Décide également, à cet égard, que les mesures visées aux paragraphes 5 et 12 s’appliquent aussi aux individus et entités que le Comité aura désignés comme :

 

a) Agissant en violation de l’embargo sur les armes imposé au paragraphe 54 de la résolution 2127 (2013) et prorogé au paragraphe 1 de la présente résolution ou ayant directement ou indirectement fourni, vendu ou transféré à des groupes armés ou à des réseaux criminels opérant en République centrafricaine des armes ou du matériel connexe ou des conseils techniques, une formation ou une assistance, notamment financière, en rapport avec des activités violentes, ou en ayant été les destinataires;

b) Préparant, donnant l’ordre de commettre ou commettant, en République centrafricaine, des actes contraires au droit international des droits de l’homme ou au droit international humanitaire ou constituant des atteintes aux droits de l’homme ou des violations de ces droits, notamment des attaques dirigées contre des civils, attentats à motivation ethnique ou religieuse, attentats commis contre des écoles et des hôpitaux, enlèvements, déplacements forcés;

c) Préparant, donnant l’ordre de commettre ou commettant des actes de violence sexuelle ou sexiste en République centrafricaine;

d) Recrutant des enfants ou utilisant des enfants dans le conflit armé en République centrafricaine, en violation du droit international;

e) Apportant un appui à des groupes armés ou à des réseaux criminels par l’exploitation ou le trafic illicites de ressources naturelles de la République centrafricaine telles que les diamants, l’or, la faune et la flore sauvages ou les produits qui en sont tirés;

f) Faisant obstacle à l’acheminement de l’aide humanitaire destinée à la République centrafricaine, à l’accès à cette aide ou à sa distribution dans le pays;

g) Préparant, donnant l’ordre de commettre, finançant ou commettant des attaques contre les missions de l’ONU ou les forces internationales de sécurité, notamment la MINUSCA, les missions de l’Union européenne et les forces françaises qui les soutiennent;

h) Dirigeant une entité désignée par le Comité en application des paragraphes 36 et 37 de la résolution 2134 (2014), des paragraphes 11 et 12 de la résolution 2196 (2015), des paragraphes 12 et 13 de la résolution 2262 (2016) ou de la présente résolution, ou ayant apporté un soutien à une personne ou une entité désignée par le Comité en application des paragraphes 36 et 37 de la résolution 2134 (2014) des paragraphes 11 et 12 de la résolution 2196 (2015), des paragraphes 12 et 13 de la résolution 2262 (2016) ou de la présente résolution ou à une entité appartenant à une personne ou une entité désignée ou contrôlée par elle, ou ayant agi en son nom, pour son compte ou sur ses instructions;

 

18. Se félicite des mesures prises par les États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs pour mettre en œuvre l’Initiative régionale contre l’exploitation illégale des ressources naturelles approuvée dans la Déclaration de Lusaka de 2010, notamment la promotion de l’utilisation par les acteurs économiques de directives en matière de diligence telles que le Guide OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque, et encourage tous les États, en particulier ceux de la région, à continuer de faire connaître les directives de ce type;

 

Comité des sanctions

 

19. Décide que le mandat du Comité s’applique aux mesures prévues aux paragraphes 54 et 55 de la résolution 2127 (2013) et aux paragraphes 30 et 32 de la résolution 2134 (2014), reconduites par la présente résolution;

 

20. Souligne qu’il importe de tenir des consultations régulières avec les États Membres concernés, les organisations internationales, régionales et sous-régionales, selon que de besoin, en particulier les États voisins et les États de la région, afin d’assurer la mise en œuvre de toutes les mesures reconduites dans la présente résolution et, à cet égard, encourage le Comité à envisager, le cas échéant, que son président ou ses membres se rendent dans certains pays;

21. Engage tous les États Membres, en particulier les États voisins et ceux qui sont membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, à user des procédures de notification préalable et d’exemption énoncées au paragraphe 1 de la présente résolution pour restituer des armements et matériels connexes de tous types appartenant aux Forces armées centrafricaines, ou pour fournir toute assistance technique ou formation et toute autre aide en rapport avec les activités militaires menées par les forces de sécurité et de défense nationales centrafricaines, et demande à cet égard au Groupe d’experts d’apporter l’aide voulue en application du paragraphe 28 b) de la présente résolution;

 

22. Demande au Comité de recenser tout cas de non-respect des mesures visées aux paragraphes 1, 2, 5 et 12 ci-dessus et de décider pour chaque cas de la conduite à suivre, et prie le Président du Comité de lui rendre compte des activités menées par le Comité sur cette question dans les rapports qu’il lui présentera en application du paragraphe 37 ci-après;

 

23. Constate que le Processus de Kimberley a décidé que la République centrafricaine pouvait reprendre le commerce de diamants bruts en provenance de « zones conformes » établies aux conditions fixées par le Processus, note que le Processus entend tenir le Conseil de sécurité, le Comité et son groupe d’experts, ainsi que la MINUSCA, informés de ses décisions, et prie la présidence du Groupe de travail chargé du suivi d’informer régulièrement le Comité des travaux de l’Équipe de suivi pour la République centrafricaine et notamment de toute décision concernant les zones désignées comme « zones conformes » et le commerce des stocks de diamants bruts détenus en République centrafricaine;

 

24. Demande aux centres diamantaires et aux États de la région de redoubler de vigilance pour appuyer l’action que mènent les autorités de la République centrafricaine afin de rétablir le commerce légitime et tirer parti de ses ressources naturelles; et se félicite de ce que la République centrafricaine prenne des mesures spéciales pour améliorer la traçabilité des diamants en provenance de zones conformes afin qu’ils ne soient pas utilisés au profit de groupes armés ni pour la déstabiliser;

 

25. Engage le Processus de Kimberley à régler la question des stocks de diamants en coopération avec les autorités de la République centrafricaine et en consultation avec le Comité d’experts;

 

Groupe d’experts

 

26. Exprime son appui sans réserve au Groupe d’experts sur la République centrafricaine créé par le paragraphe 59 de la résolution 2127 (2013);

 

27. Décide de proroger jusqu’au 28 février 2018 le mandat du Groupe d’experts, entend réexaminer le mandat et faire le nécessaire concernant sa reconduction le 31 janvier 2018 au plus tard, et prie le Secrétaire général de prendre dès que possible les dispositions administratives voulues pour soutenir son action;

 

28. Décide que le Groupe d’experts devra notamment exécuter les tâches suivantes :

 

a) Aider le Comité à s’acquitter du mandat défini dans la présente résolution;

b) Réunir, examiner et analyser les informations reçues des États, des organismes des Nations Unies compétents, des organisations régionales et d’autres parties intéressées, concernant l’application des mesures édictées dans la présente résolution, en particulier les violations de ses dispositions, notamment pour fournir aux États Membres, à leur demande, une assistance en matière de renforcement des capacités;

c) Remettre au Conseil de sécurité, après concertation avec le Comité, un bilan à mi-parcours le 30 juillet 2017 au plus tard et lui présenter d’ici au 31 décembre 2016 un rapport final sur la mise en œuvre des mesures visées aux paragraphes 54 et 55 de la résolution 2127 (2013) et aux paragraphes 30 et 32 de la résolution 2134 (2014), reconduites aux paragraphes 1, 2, 5 et 12 de la présente résolution;

d) Présenter des mises à jour au Comité, en particulier dans les situations d’urgence ou lorsque le Groupe d’experts le juge nécessaire;

e) Aider le Comité à préciser et à actualiser les informations concernant la liste des personnes et entités désignées par le Comité conformément aux critères réaffirmés aux paragraphes 16 et 17 ci-dessus, notamment en fournissant des données biométriques et d’autres renseignements pouvant servir à établir le résumé des motifs présidant à leur inscription sur la liste, qui est rendu public;

f) Aider le Comité en lui fournissant des renseignements sur les individus et entités susceptibles de remplir les critères de désignation énoncés aux paragraphes 16 et 17 ci-dessus, notamment en communiquant ces renseignements au Comité à mesure qu’ils deviennent disponibles, faire figurer dans ses rapports écrits les noms des individus et entités à inscrire, les informations permettant de les identifier et tous éléments tendant à montrer que ces critères de désignation sont réunis;

g) Coopérer avec l’Équipe de suivi du Processus de Kimberley pour la République centrafricaine pour appuyer la reprise des exportations de diamants bruts en provenance de la République centrafricaine et signaler au Comité si la reprise du commerce déstabilise le pays ou profite à des groupes armés;

 

29. Demande au Secrétariat de lui présenter, d’ici au 30 mai 2017, des options concernant la définition de critères, en coordination avec l’EUTM et d’autres partenaires s’occupant des questions de réforme du secteur de la sécurité et en consultation avec les autorités centrafricaines, qui permettent d’évaluer les mesures d’embargo sur les armes au regard des progrès accomplis dans la réforme du secteur de la sécurité, y compris en ce qui concerne les FACA et les forces de sécurité nationales et leurs besoins, ainsi que de lui fournir des renseignements supplémentaires sur le groupe de travail chargé de l’embargo sur les armes dont le Groupe d’experts lui a recommandé d’envisager la création à la MINUSCA, notamment sur sa composition, ses tâches, son fonctionnement, ses besoins en ressources et les conséquences qui en découleraient pour l’exécution du mandat de la MINUSCA, en se référant aux expériences analogues ayant eu lieu dans d’autres missions de maintien de la paix des Nations Unies;

 

30. Demande au Groupe d’experts de coopérer activement avec les autres groupes d’experts qu’il a créés, si cela est utile à l’exécution de leur mandat;

 

31. Se déclare préoccupé en particulier par les informations selon lesquelles des réseaux de trafiquants continuent de financer et d’approvisionner les groupes armés en République centrafricaine, et encourage le Groupe d’experts à prêter une attention particulière à l’analyse de ces réseaux dans le cadre de l’exécution de son mandat;

 

32. Prie instamment la République centrafricaine, les États voisins et les autres États membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs de coopérer au niveau régional en vue d’enquêter sur les réseaux criminels et les groupes armés impliqués dans l’exploitation illégale et la contrebande des ressources naturelles, notamment l’or et les diamants, et le braconnage et le trafic d’espèces sauvages;

 

33. Demande instamment à toutes les parties et à tous les États Membres, ainsi qu’aux organisations internationales, régionales et sous-régionales, de coopérer avec le Groupe d’experts et d’assurer la sécurité de ses membres;

 

34. Prie instamment tous les États Membres et tous les organismes compétents des Nations Unies de permettre au Groupe d’experts de consulter toutes personnes et d’accéder à tous documents et sites, afin qu’il puisse s’acquitter de son mandat;

 

35. Demande à la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé et à la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit de continuer de communiquer au Comité des informations sur ces questions, conformément au paragraphe 7 de la résolution 1960 (2010) et au paragraphe 9 de la résolution 1998 (2011);

 

Notification des mesures prises et suivi de la situation

 

36. Demande à tous les États, en particulier ceux de la région et ceux dans lesquels se trouvent des personnes ou des entités désignées, de mettre en œuvre activement les mesures prévues par la présente résolution et de rendre régulièrement compte au Comité de ce qu’ils font pour appliquer les mesures prévues aux paragraphes 54 et 55 de la résolution 2127 (2013) et aux paragraphes 30 et 32 de la résolution 2134 (2014), reconduites aux paragraphes 1, 2, 5 et 12 de la présente résolution;

 

37. Prie le Comité de lui faire oralement au moins une fois par an, par la voix de son président, un bilan de ses travaux, le cas échéant avec le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine, et de lui rendre compte en tant que de besoin de la situation en République centrafricaine, et invite le Président du Comité à tenir régulièrement des réunions d’information à l’intention de tous les États Membres intéressés;

 

38. Affirme qu’il continuera de suivre l’évolution de la situation en République centrafricaine et se tiendra prêt à examiner l’opportunité des mesures énoncées dans la présente résolution, et notamment à apprécier s’il convient de les renforcer par de nouvelles mesures, de les modifier, de les suspendre ou de les lever, en fonction des progrès accomplis dans la stabilisation du pays et le respect de la présente résolution;

 

39. Décide de rester activement saisi de la question.

 

(suite et fin)

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