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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 17:23
Putsch manqué/Obiang N’Guema: ‘’Le financement venait de certaines personnalités de la France’’

 

 

 

GUINÉE ÉQUATORIALE. OBIANG NGUEMA: "LES PUTSCHISTES SONT FINANCÉS DEPUIS LA FRANCE"

 

Mise à jour le 17/01/2018 à 15h21 Publié le 17/01/2018 à 15h17 Par Mar Bassine

 

Interviewé par Radio France Internationale, Teodoro Obiang Nguema, le président équato-guinéen, n'y va pas avec le dos de la cuiller. Selon lui, la tentative de coup d'Etat de fin décembre a bel et bien eu lieu et les putschistes sont venus du Cameroun voisin. Il explique qu'il s'agit d'un commando multinational. "Je disais qu’un groupe de terroristes du Tchad - de nationalités tchadienne et centrafricaine, notamment Seleka (l’ex-rébellion centrafricaine) - est arrivé aujourd’hui à convertir en groupe terroriste un groupe de Soudanais, préparé avec certaines personnalités en France", a-t-il expliqué aux deux journalistes Marc Perelman et Christophe Boisbouvier, qui semblaient douter de la version officielle. 


Selon Obiang Nguema, certaines personnalités françaises ou basées en France ont bel et bien "financé le recrutement de mercenaires venant des pays cités". Le principal exécutant est Mahamat Kodo Bani, présenté comme un ex-général de l'armée tchadienne. Mais l'appartenance de ce dernier à l'armée d'Idriss Déby a été démentie par N'Djaména. Toujours est-il que le président de la Guinée équatoriale explique que c'est de la frontière tchadienne que le cerveau militaire de la tentative de putsch est parti avant de traverser tout le Cameroun pour atteindre son pays. Les détails qu'il donne ne sont pas anodins. Ils indexent ses voisins qui sont indirectement accusés de laxisme.


D'ailleurs, cette tentative de coup d'Etat a sérieusement remis en question le pacte de libre circulation mis en application un mois plus tôt dans les pays d'Afrique centrale. La Guinée équatoriale et le Gabon ont rétabli le contrôle aux frontières. 

En ce qui concerne les commanditaires en France, Obiang Nguema est formel, même s'il ne peut les identifier. "Je ne suis pas, en ce moment, en mesure de citer des noms. Je demande la collaboration du gouvernement français pour mener l’enquête. Selon les éléments dont je dispose en ce moment, le financement venait de certaines personnalités de France", conclut-il.

 
Ce n'est pas la première fois que la thèse du coup d'Etat fomenté par des organismes ou des personnalités basés en France ou en Angleterre est évoquée. Le site Médipart avait établi des liens clairs entre l'ONG Sherpa et 


 

Le 17/01/2018 Par Mar Bassine

 

http://afrique.le360.ma/autres-pays/politique/2018/01/17/18162-guinee-equatoriale-obiang-nguema-les-putschistes-sont-finances-depuis-la-france-18162

 

Putsch manqué/Obiang N’Guema: ‘’Le financement venait de certaines personnalités de la France’’

 

https://www.fratmat.info  mercredi, 17 janvier 2018 14:39

 

Le Président équato-guinéen, Teodoro Obiang N’Guema, a dénoncé ce mercredi 17 janvier 2018, l’implication de citoyens français dans le coup d’Etat manqué en Guinée Équatoriale, fin décembre, qui a failli l’emporter.

 

Dans une interview qu’il a accordée à Rfi, le Président a été sans détour. « Le financement pour le recrutement des mercenaires venait de la France. Le problème a commencé en France », a-t-il insisté, sans toutefois accuser directement le gouvernement français.



Selon lui, ce commando armé venu du Tchad et de la Centrafrique a passé les frontières de la Guinée Équatoriale avec l’implication de certaines personnalités de son pays.



Teodoro Obiang N’Guema va même plus loin en affirmant qu’il a été informé qu’un recrutement de mercenaires avait eu lieu depuis ces pays susmentionnés (Tchad et Centrafrique). « J’ai même prévenu le Président Touadera de la Centrafrique », souligne-t-il.

Le Chef de l’Etat équato-guinéen ajoute par ailleurs que c’est « l’enquête qui va révéler le niveau d’implication des personnes, des institutions, de certains organismes terroristes » dans ce projet de déstabilisation de son pays. Une enquête pour laquelle, il demande tout de même « la collaboration » des autorités françaises.

Edouard Koudou


edouard.koudou@fratmat.info                     

 

 

 

INVITE AFRIQUE SUR RFI

 

Tentative de putsch en Guinée équatoriale: Obiang Nguema demande l’aide de la France

 

Par Christophe Boisbouvier

 

 

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 17:21
CENTRAFRIQUE: CRISE HUMANITAIRE À PAOUA: PLUS DE DÉPLACÉS QUE D'HABITANTS
CENTRAFRIQUE: CRISE HUMANITAIRE À PAOUA: PLUS DE DÉPLACÉS QUE D'HABITANTS

 

 

Centrafrique: une crise humanitaire touche le nord-ouest du pays

 

Mardi 16 Janvier 2018 19:40

 

Une grave crise humanitaire frappe la ville de Paoua, dans le nord-ouest de la Centrafrique, théâtre de combats entre groupes armés, où les réfugiés sont plus nombreux que les habitants. "Si tout se passe bien et que les combats cessent, la crise ne sera pas résolue avant plusieurs mois", prévient d'emblée Jean Ospital, coordinateur de l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) à Paoua. Selon le bureau humanitaire de l'ONU, Ocha, ils sont plus de 60.000 à être arrivés en quinze jours à peine dans cette ville qui compte normalement 40.000 habitants.

 

 

CENTRAFRIQUE: CRISE HUMANITAIRE À PAOUA: PLUS DE DÉPLACÉS QUE D'HABITANTS

 

Mise à jour le 17/01/2018 à 15h19 Publié le 17/01/2018 à 15h17 Par Le360 Afrique - Afp

 

"Si tout se passe bien et que les combats cessent, la crise ne sera pas résolue avant plusieurs mois", prévient d'emblée Jean Ospital, coordinateur de l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) à Paoua, conscient de l'ampleur des besoins pour les milliers de personnes qui ont trouvé refuge à Paoua.


Selon le bureau humanitaire de l'ONU, Ocha, ils sont plus de 60.000 à être arrivés en quinze jours à peine dans cette ville qui compte normalement 40.000 habitants. Ils fuient les combats entre deux groupes armés rivaux, qui se battent pour le contrôle des checkpoints, une de leurs principales sources de revenus dans cette région de transhumance vers le Tchad qui voit passer beaucoup de troupeaux, dont chaque tête est taxée.


Pour la plupart, leur maison a été brûlée et ils ont fui en précipitation, laissant leur vie derrière eux. A Paoua, la priorité consiste à les loger, selon les ONG sur place. Les déplacés ont d'abord été dirigés dans des familles d'accueil, mais "la capacité d'accueil des familles hôtes de Paoua est déjà dépassée", a souligné début janvier Ocha.

"Ils sont souvent plus de 40 déplacés par famille, ce qui va créer très rapidement des problèmes d'approvisionnement en eau et nourriture", avait de son côté prévenu MSF à la même période. C'est le cas de Bernadette Corta, 24 ans, qui affirme héberger plus de 100 personnes dans ses deux maisons. "Si on mange, on mange tous, sinon on ne mange pas", explique-t-elle, alors que le puits le plus proche de sa maison s'est tari.


Les derniers arrivés dorment sur les terrains de la vingtaine d'églises de Paoua, abrités par des bâches distribués par l'OIM, l'organisme des Nations Unies chargé des migrations, ou sous les manguiers. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a commencé, jeudi, à distribuer une aide alimentaire d'urgence aux 12000 ménages bénéficiaires: du riz, des haricots, de la farine, de l'huile et du sel.


En plus d'avoir plus que doublé la population de la ville, les combats ont entravé son ravitaillement par camions, venant du Cameroun notamment. Résultat: les prix au marché explosent à mesure que les stocks s'amenuisent. "On est en train de vider ce qui nous reste. Dans une semaine on va devoir fermer", déplore Blaise Badagele, 41 ans, vendeur au marché du centre-ville.


Alors, le manioc a doublé de prix quand le kilo de sucre est passé de 900 à 1.250 francs CFA (d'un euro cinquante à deux euros). Face à cette hausse, Jean-Hubert Nambele, vendeur de cigarette au marché, se résigne: "On va devoir se priver".

En plus des pillages qu'ils ont subis, certains déplacés qui cultivaient leurs champs ont perdu leurs sources de revenu, notamment le coton. "Les gens ont fui à un moment critique, pendant les récoltes", explique Jean Ospital, de MSF. L'ONU a un temps envisagé de créer un camp de déplacés, un de plus dans ce pays d'Afrique centrale où une personne sur cinq a été forcée de fuir son domicile.


Mais l'idée n'a pas suscité l'adhésion. "Les déplacés ne veulent pas aller dans un camp car si on en crée un, ils y resteront pour longtemps", explique à l'AFP Joseph Inganji, chef de bureau Ocha pour la Centrafrique. "Les gens attendent de retourner chez eux".



Une possibilité conditionnée à la fin des violences et à la reconstruction des maisons brulées. Tous les agriculteurs déplacés interrogés par l'AFP affirment attendre ainsi avec impatience de reprendre leurs activités agricoles avant le début de la saison des pluies, fin avril-début mai

 

http://afrique.le360.ma/autres-pays/societe/2018/01/17/18164-centrafrique-crise-humanitaire-paoua-plus-de-deplaces-que-dhabitants-18164 

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 17:15
NOTE D’INFORMATION MINUSCA

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

LA MINUSCA REND HOMMAGE AUX HOMMES ET FEMMES EN UNIFORME

AU SERVICE DE LA PAIX EN CENTRAFRIQUE

 

 

Bangui, le 17 janvier 2018 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaines (MINUSCA) a salué mercredi, le travail de ses soldats de la paix dans le pays et a encouragé ces derniers à continuer à faire preuve de courage et sacrifice au cours de l’année 2018. « La Mission encourage chaque femme et chaque homme en uniforme à faire sienne/sien le message du Secrétaire général lors de sa visite en République centrafricaine en octobre dernier, c’est-à-dire faire preuve de courage, de patience et de sacrifice », a indiqué le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro.

 

Lors de la conférence hebdomadaire, le porte-parole a annoncé que la MINUSCA « rend hommage à ses casques bleus de la Force et la Police en ce début d’année 2018, pour leur engagement, leur professionnalisme et leur esprit de sacrifice dans l’exercice de leurs missions, particulièrement celle de protéger les civils ». Il a précisé que cet engagement leur a valu la reconnaissance des autorités centrafricaines, des responsables locaux et des populations, tout en regrettant que « ce travail mené de manière impartiale fait souvent l’objet de critiques injustes par certains secteurs qui semblent exiger de la MINUSCA qu’elle fasse la guerre ». Le porte-parole a appelé la population à faire confiance en la MINUSCA et « à voir en ses soldats de la paix des amis venus d’autres pays pour les protéger et aider la République centrafricaine à retrouver la paix durable, souvent au péril de leur vie ».

 

En réaction aux préoccupations des journalistes sur la situation sécuritaire et humanitaire à Paoua, Kaga Bandoro et Bangassou, le porte-parole de la MINUSCA a indiqué que des milliers de soldats de la paix de la MINUSCA sont en ce moment à pied d’œuvre dans les 16 préfectures. « Malgré l’engagement sur presque tout le territoire et la géographie du pays, la MINUSCA parvient à répondre aux nouvelles menaces en déployant des soldats de la paix comme à Kouki, par exemple, où des militaires viennent d’y être envoyés comme mesure préventive », a-t-il déclaré.

 

De son côté, le porte-parole de la Force de la MINUSCA, le Lieutenant-Colonel Côme Ndayiragije, a indiqué que la situation sécuritaire au cours de cette semaine semble stable sur l’ensemble du territoire centrafricain quoique perturbée par quelques actes de violences entre les groupes armés ȧ Paoua et une explosion ȧ Bouar. « A Paoua, la Force a tout mis en œuvre pour assurer la protection de la population déplacée dans la ville et ses environs afin de créer les conditions propices ȧ son retour progressif sur les lieux d’habitation. La Force poursuit ses patrouilles de longues et courtes distances », a précisé le porte-parole militaire.

 

Pour sa part, la porte-parole de la Police, Oana Andreea Popescu a souligné que,  le fait marquant de cette semaine a été le lancement du projet de « postes de police avancés à Bambari, dans les sites des déplacés Elevage et PK-8 ». « Ils sont opérationnels et permettront de répondre aux préoccupations des personnes déplacées notamment l’accueil des victimes, l’assistance et le secours à la population, la lutte contre la petite et moyenne délinquance ainsi que la réalisation des procédures judiciaires simples », a dit la porte-parole de la Police.

 

Lors de sa conférence de presse, la MINUSCA a indiqué avoir documenté, entre le 11 et le 17 janvier, 81 incidents d’abus et de violations des droits de l’homme ayant fait au moins 95 victimes. Les auteurs présumés sont des groupes armés et des agents de l’État. Parmi les activités de cohésion sociale, la Mission a annoncé le début jeudi de plusieurs activités éducatives, culturelles et sportives à Bambari, Bouar, Kaga-bandoro, Bossangoa, Mbaïki, Berberati et Nola, dans le cadre de la campagne sur la culture de la paix au profit des jeunes. Ces activités sont organisées jusqu’à samedi avec le soutien de la MINUSCA, en partenariat avec le Ministère de la jeunesse, les autorités locales, les associations de jeunes, les établissements scolaires et les comités de paix et de réconciliation.

______________________________________________________________________________

Division de Communication Stratégique et d'information publique 

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine 

https://minusca.unmissions.org  | @UN_CAR |

 

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 17:10
COMMUNIQUE NECROLOGIQUE DU MLPC

 

 

COMMUNIQUE

 

Le Secrétaire Général du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a la profonde douleur d’annoncer aux militantes et militants des huit arrondissements de Bangui, Bimbo, des provinces et de l’étranger, le décès des camarades :

 

Gilbert DANGNAM, Ancien Député de Bocaranga et membre du Bureau Politique du MLPC, survenu le 14 janvier 2018 à Bangui des suites de maladie ;

 

Et de Joseph BOYKOTA ZOUKETIA , Ingénieur en chef de Télécommunications, Ancien Directeur Général de SOCATEL , Ancien Député du 8ème arrondissement de Bangui, Ancien Député de Paoua, survenu le lundi 15 janvier 2018 à Bangui des suites de maladie ;

 

Au nom du camarade Martin ZIGUELE, Président du Parti, du Conseil Politique National (CPN) du Bureau Politique et des Bureaux nationaux MLPC, MLJC, le Secrétaire Général adresse aux familles et proches éprouvés, ses condoléances les plus émues.

 

Le Secrétaire Général

 

 

Etienne MALEKOUDOU

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 00:00
Paoua : viols et pillages par des hommes armés à cheval
Paoua : viols et pillages par des hommes armés à cheval

 

 

 

http://www.radiondekeluka.org  lundi 15 janvier 2018 13:05

 

Confusion générale au sujet des auteurs des violences dans les environs de Paoua. En plus des groupes rivaux Seleka et RJ qui se battent sur les principaux axes menant à Paoua dans l’Ouham-Pendé, certains déplacés se plaignent des cas de viols et de pillage systématiques de leurs biens par des hommes armés.

 

Les témoignages recueillis par RNL à Béboura, Benamkor, Bédaya et Béboye attestent de la présence des éléments armés venus du Tchad et du Soudan, frontaliers avec la RCA. Ceux-ci, circulant à cheval vont de village en village pour piller, violer, tuer avant de brûler les cases et les greniers des villageois. Conséquence, la situation sécuritaire reste confuse dans la région de Paoua et environs.

 

« Il y a beaucoup de gens qui circulent à cheval dans le village, la situation dépasse notre entendement », se désole Placide, un jeune de 27 ans rencontré par RNL dans le village Béokoumbo à 2 km de Béboura.   

 

« Si c’était les Seleka avec les motos ou ceux qui marchent à pied, on pourrait rester mais ceux que j’ai vu de mes propres yeux circulent sur des chevaux, c’est ce qui  nous a fait peur nous poussant à nous cacher dans la brousse », relate Charles, un agent de santé au village Békoro mission, situé à 2 km de Bémal dans la commune de Bah-Béssar.

 

Une situation que certains déplacés attribuent à la porosité des frontières de la République Centrafricaine avec le Tchad et le Soudan. 

 

S’il est aujourd’hui difficile d’établir avec exactitude un bilan des combats, des déplacés interrogés par RNL signalent que « certains corps jonchent encore le sol »  tandis que d’autres se plaignent de ne pas « avoir les nouvelles de leurs proches ».  

 

C’est depuis environs trois semaines que les rebelles du général Bahar se battent contre ceux du groupe Révolution Justice (RJ). Conscient de la situation humanitaire catastrophique, le gouvernement avec l’appui de la Coordination des affaires humanitaires a effectué les 12 et 13 janvier à Paoua, une mission d’évaluation des besoins des déplacés.

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 23:45
Le président du CICR alerte sur la détérioration en Centrafrique

 

 

 

https://www.swissinfo.ch  16. JANVIER 2018 - 16:07

 

La moitié de la population en Centrafrique a besoin d'aide. Cette crise constitue "l'une des tragédies humanitaires les plus négligées dans le monde", a déclaré mardi à Bangui le président du CICR Peter Maurer au dernier jour de sa visite dans ce pays.

 

 

Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la situation "se détériore rapidement". Au total, 20% de la population a dû fuir les violences, la part la plus élevée depuis le début des affrontements communautaires en 2013. Près de la moitié a été directement confrontée aux affrontements.

 

Le nord-ouest et le sud-est du pays sont les régions les plus touchées. Les déplacés ont souvent dû dormir dans des zones cachées "pendant des semaines et des mois", a rappelé M. Maurer. Et cela, "pratiquement sans abri, nourriture ou eau potable".

 

Malgré des besoins énormes et une "souffrance incessante", il a déploré le sous-financement des activités sur place. "Le CICR et les autres organisations ont le plus grand mal à garantir que les victimes aient accès" à une assistance, a-t-il dit.

 

La Centrafrique est le pays où des travailleurs humanitaires et des personnels de santé sont les plus ciblés dans le monde. En 2017, 13 collaborateurs de la Croix-Rouge ont été tués.

 

Rencontre avec le président

 

M. Maurer a lancé "un appel urgent à la communauté internationale pour qu’elle porte toute son attention sur ce pays et s'engage à faire davantage". Il souhaite une amélioration des conditions de manière durable.

 

Pendant quatre jours, M. Maurer a notamment rencontré le président Faustin Archange Touadéra et plusieurs ministres. Il a par ailleurs salué la volonté des autorités et les efforts du personnel de la Croix-Rouge.

 

Malgré les circonstances, il s'est réjoui de la volonté d'entreprendre "prometteuse" constatée auprès de la population. Il a notamment discuté avec la responsable d'une association de femmes dans le camp de Bambari. Celle-ci pourrait étendre davantage ses affaires avec une amélioration de la situation sécuritaire.

 

M. Maurer a aussi rencontré de nombreux enfants. "Il est bon de les voir s'amuser", a-t-il souligné. Le camp de Bambari accueille 20'000 personnes au total.

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 23:41
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

 

Centrafrique : Le procureur général requiert les travaux forcés à perpétuité contre « le général Andjilo »

 

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 16 JANVIER 2018

 

BANGUI, 16 janvier 2018 (RJDH)—Travaux forcés à perpétuité, c’est la peine requise par le ministère public contre le général Andjilo, un cadre militaire de la milice Anti-Balaka. Ce réquisitoire fait suite à cinq jours de débat contradictoire.

 

Des parents, des témoins et des victimes étaient en larmes lorsque le procureur général Eric Didier Tambo met un terme à son réquisitoire en requérant la perpétuité pour l’accusé Andjilo. Un avocat de la partie civile tente une interprétation, « ces larmes, c’est la preuve que Andjilo a marqué négativement ces familles qui ne vivront jamais comme avant », explique ce dernier visiblement satisfait.

 

Le parquet général s’est remis à la sagesse de la cour en ce qui concerne les intérêts civils tout en faisant la demande à la cour de recevoir chacun des plaignants.

 

Le réquisitoire du procureur fait suite à plusieurs plaidoiries des avocats de victimes et des organisations de défense des droits de l’homme qui se sont constituées partie civile dans cette affaire. Certains avocats dans leur intervention, s’étaient remis au réquisitoire du procureur général. La plaidoirie de la défense est attendue demain mercredi 17 janvier. Elle sera suivie le lendemain du verdict qui mettra un terme à ce procès en première instance.

 

 

Centrafrique : Antoinette Kogale, l’une des centenaires centrafricaines s’en est allée à plus de 105 ans

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 16 JANVIER 2018

 

BANGUI, 16 Janvier 2017(RJDH)— Antoinette Kogale âgée de 105 ans s’est éteinte le mercredi 10 janvier 2017, à son domicile à Bimbo des suites d’une courte maladie. Dans un pays où l’espérance de vie chez les femmes est de 55% elle est perçue comme ayant battu le record de longévité.

 

Née vers 1913, Antoinette Kogale, mère de trois enfants dont deux filles et un garçon, est un trésor inestimable pour avoir vu grandir son pays avant et pendant sa décente aux enfers jusqu’à ce que la mort fatale l’arrache ce 10 janvier 2018.   Elle a été de son vivant une mère sans enfants, ses deux filles ayant rendu l’âme dès leur bas âge. Le garçon qui survécut devint Instituteur et mis au monde neuf (9) enfants mais trouva la mort avant leur maman.

 

Antoinette Kogale n’a pas fréquenté l’école depuis sa naissance. Ses principales activités se résument à l’agriculture, à la pêche, et à la chasse. Rien des activités que menaient les hommes n’était étranger à Antoinette Kogale sa vie durant. Sa longévité viendrait-elle de son régime alimentaire qu’elle mettait un point d’honneur à respecter scrupuleusement? Sans doute.

 

Antoinette Kogale est mère de trois(3) enfants, neuf(9) petits-fils, vingt trois arrières petits fils et ceux de la quatrième génération. A l’âge de 105 ans, Antoinette continua de pratiquer la marche. Elle laisse derrière elle quatre générations.

 

Comme l’a si bien dit l’écrivain sénégalais Amadou Hampâté Bâ, «en Afrique, quand un vieillard meurt, c’est tout une bibliothèque qui brûle».

 

La Rédaction du RJDH s’associe à ce deuil qui a frappé cette famille et prie pour que cette aïeule rejoigne ses congénères qui l’ont précédée dans l’au-delà.

 

 

Centrafrique: Des organisations de la société civile présentent le rapport de l’atelier sur la RSS/J d’Addis-Abeba

 

PAR VIANNEY INGASSO LE 16 JANVIER 2018

 

BANGUI, 16 Janvier 2018 (RJDH)— Dans le domaine de la Réforme du Secteur de Sécurité et de la Justice (RSS/J) s’est tenu à Bangui au siège de l’AGETIP-CAF le 12 janvier la restitution de l’atelier inaugural d’une série de formations et de renforcement des capacités sur l’engagement des organisations de la Société civile(OSC).

 

C’était l’occasion pour les organisations de la société civile de mettre en place un cadre d’orientation pouvant leur permettre de s’approprier les questions relatives à la Réforme du Secteur de Sécurité et de la Justice.  Cet atelier inaugural sera suivi d’une série d’ateliers de formations sur la RSS/J en faveur de la société civile pour permettre d’établir un partenariat entre le Réseau Africain de la Société Civile. A cet effet, huit (8) organisations de la société civile centrafricaine avaient pris part à cette rencontre avec l’appui financier d’OXFAM  et Cordaid en RCA. Il était question pour elles avec leurs consœurs du continent de mettre en place une plateforme de la société civile continentale.

 

Cette rencontre a permis aux OSC de revoir leur implication réelle dans le processus de Réforme du Secteur de Sécurité et de la Justice. Car longtemps absentes des débats liés sur la RSS/J, elles veulent se positionner comme de nouveaux acteurs sur lesquels les pouvoirs exécutif et législatif doivent désormais compter.

 

Léa Koyassoum-Doumta Mboua, membre de la Société civile y voit une occasion unique pour les OSC de fédérer leur action commune pour impliquer davantage la population. «Nous voudrions qu’il y ait un cadre de concertation plus inclusive entre les acteurs politiques et la société civile. Favoriser une communication transparente afin de permettre à la population de s’impliquer davantage dans la question de sécurité et de justice», dit-elle.

 

Thierry Vackat, président de la Commission défense au Parlement, apprécie l’implication de la société civile. «Nous avons initié par le passé beaucoup d’ateliers dans le sens de la Réforme du Secteur de Sécurité. Aujourd’hui nous voyons que la société civile s’approprie en fait cette initiative. Donc cela permet de toucher la base. Il faudrait que le peuple centrafricain arrive à comprendre ce que c’est que la Réforme du Secteur de Sécurité» a-t-il déclaré.

 

Pour Isabelle Solange Maradas Nado, Chargée de mission en matière de Réforme du Secteur de Sécurité, la question de Réforme du Secteur de Sécurité et de la Justice est transversale. «La sécurité n’est pas seulement l’apanage des porteurs de tenue mais c’est une affaire de tous. Si aujourd’hui la société civile s’implique dans la question de RSS/J, pour nous, c’est un signe positif. »

 

Des échanges fructueux entre les OSC ont abouti à la décision de mettre en place un cadre national des OSC pour leur engagement réel dans les questions de RSS/J qui échappent encore à la connaissance des Africains.

 

La Réforme du Secteur de Sécurité et de la Justice reste un grand défi pour la Centrafrique et son impact sur la vie de la population centrafricaine demeure encore superficiel.

 

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 23:39

 

 

Billets d’Afrique / 2016 / 253 - janvier 2016

 

 

SALVES

 

 

https://survie.org  Rédigé le 3 janvier 2016 (mis en ligne le 16 janvier 2018) - Thomas NoirotYanis Thomas

 

Les accusations d’abus sexuels sur des enfants révélées en avril 2015 incriminent l’opération française Sangaris. Mais selon un des témoignages, des faits pourraient mettre en cause des soldats français sous uniforme européen.

 

NDLR : Cet article date de janvier 2016, nous le mettons en ligne suite à l’ordonnance de non-lieu rendue le 11 janvier 2018 par les juges d’instruction français concernant les soldats français de l’opération Sangaris. Voir aussi le communiqué de l’association Survie, le 30 avril 2015, au début du scandale. On ignore aujourd’hui si l’hypothèse soulevée par l’article ci-dessous a été étudiée par les juges français...

 

Fin avril 2015, le journal britannique The Gardian révèle qu’un rapport de l’ONU documente des accusations d’abus sexuels commis entre décembre 2013 et juin 2014 par des soldats français sur de jeunes garçons en Centrafrique. On pense évidemment aux soldats de l’opération Sangaris, déclenchée à partir du 5 décembre 2013, et toujours en cours dans le pays. Mais les suspects, français, sont­-ils forcément engagés sous la bannière de l’opération française au moment des faits ? En effet, à partir du 30 avril 2014, une compagnie du 152ème Régiment d’Infanterie est détachée statutairement de l’opération Sangaris pour « basculer au sein de l’opération européenne EUFOR RCA », selon les termes même du point de situation du ministère de la Défense. Ces soldats, déjà sur place, changent donc de statut mais pas immédiatement de mission – et pas forcément de pratiques. Est­-il envisageable que des actes criminels aient alors été commis sous la bannière de la force européenne, officiellement mise sur pied le 1er avril 2014 et déployée dans les semaines qui ont suivi ? Un témoignage d’un des enfants entendus par les enquêteurs de l’ONU [1] sème le doute.

 

Témoignage à charge

 

Un gamin des rues de 13 ans affirme que plusieurs de ses amis ont été régulièrement abusés sexuellement par des membres des forces internationales en l’échange de nourriture. Il témoigne avoir vu un de ses amis effectuer deux fellations à un soldat français surnommé « Batman » au check point Alpha 2, au sud­-est du parking de l’aéroport Mpoko. La dernière aurait eu lieu quelques jours avant l’interview, donc début juin 2014, et « Batman » et son complice « Yo Yo » demeureraient à la base UCATEX (du nom d’une ancienne usine textile). L’enfant rapporte par ailleurs avoir vu un de ses amis effectuer une fellation à un certain « David » au check point piéton de l’aéroport quelques jours avant l’interview avec les enquêteurs. David et son binôme « Jounjou », lui aussi mis en cause, seraient des snipers habituellement postés sur le toit de l’aéroport et seraient logés sur la base UCATEX. L’enfant rapporte aussi les cas détaillés de deux abus sexuels sur des amis à lui par d’autres militaires français (« Nico » et « Jean ») eux aussi basés à l’ex­ usine UCATEX et affectés à la sécurité de l’aéroport (respectivement « Nico », au check point piéton de l’aéroport fin mars, et « Jean », au niveau de la tour de contrôle mais sans précision de date).

 

Faisceau d’indices

 

La mention de la base UCATEX n’est pas anodine, car ce site a été choisi pour accueillir le camp de la force européenne : les travaux de démolition des restes de l’usine et de construction de la nouvelle base n’ont débuté que le 8 mai 2014, pour accueillir à partir du 11 juin les soldats de l’opération EUFOR RCA [2] . Si les soldats accusés par ce garçon résidaient effectivement à la base UCATEX vers les mois de mai et juin 2014, ils pourraient donc relever des forces françaises mises à disposition de cette opération – et non plus de Sangaris, dont les troupes étaient stationnées ailleurs.


D’autre part, ce témoignage fait état de viols commis début juin sur des check points gardant l’aéroport Mpoko. Or, depuis le transfert d’autorité intervenu entre la force française Sangaris et l’EUFOR RCA le 30 avril 2014 [3], la sécurité et la protection de l’aéroport sont officiellement assurées par la force européenne – y compris avec des soldats français relevant précédemment de Sangaris.


Enfin, quatre membres du 152ème Régiment d’Infanterie ont été auditionnés le 8 décembre 2015 dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte en France sur ce scandale de viols, l’un sous le statut de la garde­-à­-vue, les trois autres libres « mais néanmoins en qualité de mis en cause et non de témoin » (RFI, 8/12). Il s’agit justement du régiment dont une compagnie a été placée sous l’autorité de l’EUFOR RCA – même si rien, à ce stade, ne nous permet d’affirmer que ces quatre soldats appartenaient à cette compagnie­-là.

 

Les implications

 

L’implication de soldats français de l’EUFOR RCA n’est ici qu’une hypothèse. Cependant, si elle était confirmée, elle amènerait évidemment à s’interroger sur l’action de l’Union européenne vis­-à­-vis de tels actes commis sous sa bannière [4]. Il faudrait notamment établir si l’état­-major de la force européenne, qui était placée sous les ordres du général français Philippe Pontiès et commandée sur place par un autre général français, Thierry Lion, a pris les mesures qui s’imposaient en initiant des procédures d’enquête sur la base, a minima, du témoignage de ce garçon.

 

[1] Il s’agit de l’interview n° 5 du rapport d’enquête du 18 juin 2014, dont une version anonymisée a été publiée par Mediapart (14/07/2015)

 

[2] « The great UCATEX story », Service d’action extérieure de l’Union européenne, 1/08/2014.

 

[3] « EUFOR RCA en charge de la sécurité à l’aéroport de Bangui », communiqué de l’Union européenne, 30 avril 2014

 

[4] Comme l’a révélé France Info (30/04/2015), des accusations ont également été portées contre la compagnie géorgienne déployée dans le cadre de l’EUFOR­RCA.

 

Lu pour vous ; CENTRAFRIQUE : LA FORCE EUROPÉENNE IMPLIQUÉE DANS LE SCANDALE DES VIOLS ?

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 13:32
Décès d'Emmanuel DOKOUNA

 

 

 

La famille DOKOUNA a le profond regret d’annoncer aux parents, amis et connaissances le décès de l’ancien Ministre d’Etat chargé des Finances et du Budget, Ancien Directeur Général de la Banque de Développement d’Afrique Centrale (BDEAC),  Emmanuel DOKOUNA survenu le 8 Janvier 2018 à Rabat au Maroc.

 

Elle informe par ailleurs les intéressés de l’arrivée de la dépouille mortelle prévue le Mercredi 17 Janvier 2018 à l’aéroport Bangui M’Poko à 7 h 25 par le vol Royal Air Maroc.

 

De même un livre de condoléances est ouvert  à la résidence du défunt sis quartier combattant.

 

Les obsèques auront lieu le Vendredi 19 Janvier 2018 et un communiqué passera ultérieurement pour informer du programme détaillé.

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 01:38
Sant’Egidio, la communauté catholique qui œuvre pour la paix en Afrique

 

 

 

 

https://geopolis.francetvinfo.fr  Par Laurent Ribadeau Dumas@GeopolisAfrique | Publié le 15/01/2018 à 09H11, mis à jour le 15/01/2018 à 09H11

 

La communauté catholique Sant’Egidio est souvent citée pour son rôle actif de médiation dans des négociations de paix en Afrique. Notamment récemment en Casamance (Sénégal) ou en Centrafrique. Enquête sur une communauté très discrète. Admirée. Mais aussi critiquée.

 

 «La Communauté de Sant'Egidio naît à Rome en 1968, au lendemain du Concile Vatican II. C'est aujourd'hui un mouvement de laïcs auquel participent plus de 50.000 personnes, investies dans l'évangélisation et dans la charité à Rome, en Italie et dans plus de 70 (en fait 75, NDLR) pays des divers continents», raconte son site. Un demi-siècle après, elle est toujours installée dans un ancien monastère carmélite de la Ville éternelle, construit au XVIIe siècle. Elle tient son nom de l’église Sant’Egidio (Saint Egide en français, forme italienne de Saint Gilles l’ermite).


L’année 1968, celle notamment de grands changements sociétaux dans les pays occidentaux, ne doit rien au hasard. Sant’Egidio a donc été créée cette année-là par Andre Riccardi, fils de banquier, «et un groupe d’étudiants désireux de reconnecter l’Eglise avec les plus démunis», raconte Le Monde. Tous laïques. «Un temps imprégnés de marxisme, (ils) ont fait leurs classes dans les bidonvilles romains, mais aussi auprès des handicapés, des réfugiés et des personnes âgées esseulées».


Des interventions qui se poursuivent aujourd’hui. Dans le même temps, la communauté a essaimé ailleurs dans le monde, notamment dans une vingtaine de pays africains. En Côte-d’Ivoire, ses militants mènent par exemple des actions d’alphabétisation.



De fil en aiguille, Sant’Egidio s’est spécialisée dans les relations internationales. L’écart entre une action au niveau d’un quartier ou d’une ville d’un côté, à celui du vaste monde de l’autre peut paraître incommensurable à l’observateur moyen. Pas à Angelo Romano, recteur de la Basilique Saint-Barthélémy, professeur à l’Université pontificale urbanienne à Rome. Lui-même «fait partie du groupe travaillant actuellement pour la réconciliation en Casamance (Sénégal)», précise le site de la communauté.



«Action sociale et action internationale»


«Il y a une continuité entre notre action sociale et notre action internationale, qui correspondent toutes deux à notre vocation de communauté chrétienne. Quand nous agissons lors de négociations, il s’agit de se mettre au service de la paix et de répondre à des requêtes. Nous n’avons pas changé de voie. Nous restons enracinés dans la vie chrétienne et la charité. C’est ce qui nous donne notre crédibilité», explique Angelo Romano. La communauté est ainsi intervenue un peu partout dans le monde: au Guatemala, en Albanie, au Kosovo. Mais aussi, et beaucoup, en Afrique: en Algérie (pendant la guerre civile dans les années 90), au Burundi, en Centrafrique, en Côte-d’Ivoire, au Liberia, en Libye, au Mozambique, au Soudan du Sud

 

Sant’Egidio a, en quelque sorte, fait ses classes lors de la guerre civile au Mozambique au début des années 90. «Les représentants du gouvernement et du mouvement de guérilla Renamo ont négocié chez nous pendant sept mois», se souvient l’universitaire catholique. Avant d’aboutir à un accord le 4 octobre 1992, qui reste visiblement un grand objet de fierté pour la communauté. Mais en 2016, des combats ont à nouveau opposé les ex-belligérants. 


Les moyens pour parvenir à un tel accord? «Une structure très légère constituée de bénévoles», répond Angelo Romano. En l’occurrence une dizaine de personnes qui composent le bureau international de la communauté. Pour les négociations sur le Mozambique, Sant’Egidio avait mis sur pied une équipe de quatre personnes, dont un archevêque mozambicain. Angelo Romano reste discret quand on lui demande sur qui, en général, s’appuie la communauté au niveau local. «Nous sommes enracinés dans 75 pays, ce qui permet d’avoir une certaine connaissance du terrain et nous fournit une richesse de compréhension», répond-il sans plus de précision.  

La «force» des bénévoles


Dans le même temps, le fait que les négociateurs de la communauté soient «des bénévoles est une force», poursuit l’universitaire. «Cela nous donne une énorme crédibilité». Une crédibilité pour aider à résoudre des conflits parfois insolubles pour les diplomates professionnels.

   

«Nous faisons quelque chose de différent», dit Angelo Romano. C’est-à-dire? «Nous n’avons pas de projet ni de solution préétablis. Nous essayons en premier lieu d’écouter et de comprendre les protagonistes. Chaque conflit a ses raisons et son histoire. Il s’agit de comprendre les peurs et les méfiances des uns et des autres. Cela nécessite du temps, ce que des diplomates professionnels ne peuvent pas forcément se permettre.» Pour autant, ces derniers peuvent être associés au travail de Sant’Egidio. Comme le fut l’ambassadeur de France au Vatican lors des discussions sur la Centrafrique.

 

Une fois les négociations sur les rails, les protagonistes en choisissent le rythme. Pendant les discussions, «nous nous efforçons de mettre au centre ce qui les réunit et de mettre de côté ce qui désunit». Objectif: échafauder des compromis pour arriver à un accord. «Il s’agit de ne pas être pressé: il faut tester les plus petites chances pour parvenir à une solution pacifique. Cela peut donc prendre des années.» Comme en Casamance où les pourparlers ont commencé en 1991 et où un accord de paix a été signé en 2004. Mais où la situation n’est toujours pas stabilisée«Nous avons aussi la liberté d’échouer», estime Angelo Romano. Comme en Algérie en 1995 où le pouvoir n’est finalement pas venu à la table des négociations.



«Acceptation de l’ordre injuste des rapports de force»?


Certains apprécient la méthode. Comme l’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine qui évoque «une belle diplomatie», «à contre-courant» et qui «s’abstient de donner des leçons». Mais l’institution est aussi critiquée. «La paix de Sant’Egidio est devenue celle de l’acceptation de l’ordre injuste des rapports de force», estime ainsi Médiapart. Selon le site, l’accord politique de Kinshasa, signé sous le patronage de l’épiscopat congolais fin 2016 avec l’aide de la communauté permet «d’abord au régime de Kabila de gagner du temps et de se renforcer». Une communauté qui s’inscrirait «dans une tradition ecclésiale classique, celle de la compassion au bénéfice de l’ordre établi».



Des analyses auxquelles Angelo Romano ne juge pas nécessaire de répondre directement. Et d’expliquer : «Nous agissons comme avec un blessé. Il ne s’agit pas d’ouvrir une discussion avec le malade. Mais de soigner ses blessures. Si elles ne sont pas soignées, il risque une infection. Or la guerre est une blessure horrible. Quand vous parlez avec des personnes engagées dans un conflit, ils ne vous diront jamais qu’il s’agit là d’une expérience positive. Comme le dit Erasme de Rotterdam, "Dulce bellum inexpertis": "La guerre est douce pour ceux qui ne la connaissent pas."»

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