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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 17:38
RCA : Des diamants de conflit pénètrent les marchés internationaux via le Cameroun

 

 

 

http://www.africtelegraph.com/ LAZARD OBIANG 2 DÉCEMBRE 2016

 

Le Processus de Kimberley doit réagir à la suite de la parution d’un nouveau rapport. Ledit rapport révèle que des lacunes dans les procédures de traçabilité du Cameroun créent des possibilités de contrebande. Les diamants centrafricains transitent par ce pays.

 

Le Cameroun permet à des diamants de conflit provenant de la Centrafrique de franchir ses frontières. Et par la suite de pénétrer la chaîne d’approvisionnement légale. C’est en raison de ses faibles contrôles, de la contrebande et de la corruption. Partenariat Afrique Canada l’affirme, dans un rapport publié aujourd’hui.

 

Le rapport est intitulé « Du conflit à l’illégalité : Cartographier le commerce des diamants de la République centrafricaine au Cameroun ». Il examine l’incapacité du Cameroun à mettre en œuvre le Processus de Kimberley. C’est le système international de certification des diamants destinés à mettre un frein au commerce des diamants de conflit.

 

Le rapport paraît à la veille de la visite d’examen au Cameroun du Processus de Kimberley. Celui-ci doit évaluer la mise en œuvre, par le pays, de contrôles internes régissant la production et le commerce des diamants.

 

Les exportations de diamants depuis la République centrafricaine ont été frappées d’un embargo international. Ce, après qu’un coup d’État eut déclenché une guerre civile en 2013. Plus tôt cette année, le Processus de Kimberley a levé partiellement l’embargo dans des zones qu’il jugeait conformes et libres de conflit. Pourtant, Partenariat Afrique Canada a constaté que le commerce illicite des diamants de conflit se poursuit encore aujourd’hui.

 

« Bien que le tollé international soulevé par le financement de la guerre au moyen des +diamants du sang+ en Centrafrique ait entraîné l’adoption de mesures pour arrêter le commerce, on n’a pas porté la même attention aux voisins de la RCA. Notre examen montre la réalité sur le terrain et la façon dont les diamants de conflit provenant de la RCA ont conservé des points d’entrée sur les marchés internationaux par l’entremise du Cameroun », a dit Joanne Lebert, directrice générale de Partenariat Afrique Canada.

 

En entrevue, des mineurs, des négociants et des exportateurs ont décrit en détail la contrebande des diamants de la République centrafricaine qui traversent la frontière de 900 km que ce pays partage avec le Cameroun; la corruption parmi les fonctionnaires chargés de vérifier l’origine des diamants; et les importantes expéditions de diamants de conflit sous embargo qui passent par les carrefours de transit du Cameroun sans être déclarées.

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 17:28

 

                                                                                                        

 

Dans son discours d'investiture, le Président élu avec une écrasante majorité a érigé la rupture en mode de travail. Cette notion de rupture conçu comme un nouveau concept par les centrafricains se définit comme une cassure, une fin annoncée de gestion traditionnelle d'avec les régimes précédents. Après trois trimestres de tâtonnements et d'initiatives infructueuses, le pouvoir central de Bangui campe sur sa stratégie et mode de travail et ne veut faire un revirement par crainte d'acter un constat d'échec. Ce tâtonnement n'est pas l'échec d'un homme mais d'une politique.

 

Logiquement, après la réussite de la table ronde de Bruxelles, le renouvellement du gouvernement avec un nouveau premier ministre s'impose. Un nouveau dispositif avec une nouvelle politique pour gérer l'après Bruxelles. Il s'avère ainsi normal que tous les partis politiques qui ont contribué à la préparation et à la négociation de Bruxelles doivent également être impliqués dans la mise à disposition et la gestion de la manne financière. La Centrafrique étant le pays de tous les paradoxes, on assiste à une incompréhension voire une confusion totale relative aux décrets portant nomination ou confirmation du personnel de quelques ministères (finances, communication et éducation ) alors qu'un nouveau gouvernement est imminent.

 

Est-ce une manière de renouveler sa confiance aux chefs de ces trois départements ministériels ? Si tel n'est pas le cas, comment les nouveaux ministres apprécieront l'harmonie du travail avec une équipe qu'ils n'ont pas contribué au choix ? N'est-ce pas les embryons d'une autre crise qui s'ajoutera à celle déjà existante ? A l'occasion de la fête du 1er décembre, le Président de la République dans son adresse à la nation a confirmé comme il l'a fait précédemment sur les ondes de RFI son intention d'opter pour le désarmement négocié avec les groupes armés. Nous sommes tentés d'adhérer à cette stratégie mais nous sommes très dubitatifs.

 

N'oublions pas qu'il existe de façon non exhaustive quatorze groupes armés recensés et lourdement outillés disséminés sur l'ensemble du territoire national. Le Président de la République pense pouvoir négocier et trouver un compromis avec ces différents groupes armés ? Aura-t-il les moyens nécessaires pour mettre autour d'une même table des groupes armés avec des intérêts et ambitions différents ? D'ailleurs, il faut rappeler que les groupes armés ne s'accordent pas entre eux à l'instar des derniers affrontements sanglants de Bria. La conquête géopolitique de la ville de Bria n'est pas le fruit du hasard. Cette zone étant diamantifère, la paternité et l'appropriation sont devenus des objectifs. Et c'est dans ce climat d'affaires de diamants que le Président de la République va proposer un consensus ou un compromis ?

 

Le DDRR étant un processus, il doit prendre en compte l'évolution du terrain et les paramètres liés au processus. Ainsi, le chef de l'Etat doit adapter, actualiser et mettre en phase sa politique, sa stratégie par rapport aux données réelles. Pour votre gouverne, le désarmement négocié suppose des rencontres, des négociations, des propositions. En outre, on ne peut pas résoudre un problème sans en connaître les causes d'où la nécessité de savoir pourquoi ils ont pris les armes pour finir sur la satisfaction des revendications politiques. Ne perdons pas de vue que certains groupes armés sont capricieux, récalcitrants, indélicats, non structurés, non hiérarchisés et se plaisent dans des actes incontrôlés.

 

Est-ce utile de négocier dans ces circonstances ? Face à la dégradation spectaculaire de la situation sécuritaire dans les arrières pays, n'êtes-vous pas tenter de changer de stratégie ? Entendez-vous toujours maintenir le désarmement négocié ? À quel rythme ? Car les centrafricains n'arrêtent pas d'enterrer leurs morts. Vous fûtes premier ministre et vous avez déjà par le passé géré un processus identique, vous en savez assez pour ne pas commettre les mêmes erreurs. En terme de bilan sécuritaire, des avancées sont-elles enregistrées ? Il est vrai que Bangui est un peu calme certes, mais vous n'êtes pas seulement le Président des Banguissois ? Qu'en est-il des autres provinces ?

 

Concernant l'organisation du défilé du 1er décembre, nous vous adressons nos sincères félicitations et reconnaissances pour sa réussite car cette fête est le symbole de l'unité et de la cohésion nationale. En dehors des festivités de la fête de la proclamation de la République, nous avons un sentiment de stupéfaction mélangé avec de l'émotion. D'où sortent ces vaillants militaires bien habillés qui ont défilé ? L'opinion publique ne savait pas qu'on avait une armée aussi hiérarchisée et structurée ? Quel est le véritable problème des forces armées centrafricaines ? C'est un problème d'effectif ? de matériel ? En dehors de l'embargo, les forces armées centrafricaines n'ont pas le matériel minimum pour une armée ? En cas d'affirmative, pourquoi la sécurité du Président de la République est toujours assurée par des forces étrangères ?

 

Cela ébranle notre souveraineté. La logique veut que les forces étrangères viennent en appui à une force nationale. Pour finir et en guise de contribution, nous nous permettons de rappeler au chef de l'Etat qu'en politique la légitimité est fondamentale, vous avez été élu démocratiquement, vous devrez oser quitte à se faire des ennemis pour assurer la sécurité de votre peuple. Votre discours politique actuel est en déphasage total avec la réalité. Occupez-vous des vrais problèmes des centrafricains en commençant par la restauration de la sécurité sur l'ensemble du territoire national. L'imminent gouvernement doit changer de cap, de stratégie pour éviter l'agonie politique. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.                                       

 

Paris le 3 décembre 2016

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

Juriste, Administrateur des Elections.

LA POLITIQUE DE LA RUPTURE EST-ELLE EN PHASE AVEC LE QUOTIDIEN DES CENTRAFRICAINS ? par Bernard SELEMBY DOUDOU
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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 17:05

 

 

 

QUI : John Ging, Directeur des opérations du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Bruno Lemarquis, Directeur adjoint de l'Unité de réponse aux crises du PNUD, Manuel Fontaine, Directeur régional de l'UNICEF, Richard Danziger, Directeur régional de l’OIM, Félix Loïteohin Yé, Représentant régional de l’UNESCO, Millicent Mutuli, Directrice régionale adjointe du HCR, Bob Kitchen, Directeur de l’unité de préparation et de réponse aux urgences de l’ONG International Rescue Committee (IRC).

 

QUOI : Visite en République centrafricaine des Directeurs des secours d’urgence du Comité permanent inter-organisations (IASC) et du Groupe des Nations Unies pour le développement pour la région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre

 

QUAND : Du 4 au 6 décembre 2016

 

La délégation effectuera du 4 au 6 décembre une mission conjointe en République centrafricaine afin de faire le bilan de la crise humanitaire, de la réponse apportée à ce jour et d’appréhender les efforts de relèvement qui ont été entrepris. A Bangui comme à l’intérieur du pays, la délégation s’entretiendra avec les plus hautes autorités nationales et les partenaires opérationnels sur les voies et moyens afin d’apporter des réponses durables aux besoins des personnes affectées par la crise. Les discussions porteront également sur l’accès humanitaire et la protection des civils. Avec les autorités nationales en particulier, la délégation reviendra sur le suivi de la Conférence des bailleurs de la RCA qui s’est tenue à Bruxelles le 17 novembre dernier.

 

La RCA continue de faire face à des défis complexes et interdépendants, exigeant l’engagement et le soutien de la communauté internationale comme cela a été le cas depuis l’éclatement de la crise en décembre 2012. Plus de 2,3 millions de personnes - près de la moitié de la population - ont encore besoin d'une aide humanitaire. Plus de 800 000 Centrafricains sont déplacés dans leur propre pays ou réfugiés dans les pays voisins. La persistance de l'insécurité et l'insuffisance des infrastructures rendent difficile l'accès aux communautés touchées.

 

Pour plus d’informations, veuillez contacter 


Yaye Nabo Séne, Cheffe, Information publique, OCHA, +236 70 08 75 65, seney@un.org 
Alpha Seydi Ba, Spécialiste de la communication, PNUD, +236 75 00 50 06, ba.alpha-seydi@undp.org



----------------------------------------- 
Ms. Yaye Nabo SENE 
Head, Public Information |United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA)
Central African Republic (CAR) 
Email: seney@un.org | Mob: +236 70087565 | Skype: yayenabosene 
car.humanitarianresponse.info | unocha.org/car | humanitarian.id | reliefweb.int 

 

Visite en République centrafricaine des Directeurs des secours d’urgence du Comité permanent inter-organisations (IASC) et du Groupe des Nations Unies pour le développement pour la région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 22:12
L'Eglise craint que la RDC sombre dans une situation incontrôlable

 

 


Kinshasa - AFP / 02 décembre 2016 21h43 - Les évêques catholiques de la République démocratique du Congo ont déclaré vendredi craindre que le pays ne sombre dans une situation incontrôlable en l'absence d'un compromis politique avant la fin du mandat du président Kabila le 20 décembre. 



L'heure est grave, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), prenant à témoin le peuple congolais et la communauté internationale en appelle à la responsabilité et à la bonne volonté politique des uns et des autres pour éviter à notre pays de sombrer dans une situation incontrôlable, a déclaré l'abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco lors d'une conférence de presse à Kinshasa.



L'appel des évêques intervient après plusieurs semaines de médiation entre le Rassemblement (coalition de la majeure partie de l'opposition) d'une part, et la majorité au pouvoir et une frange minoritaire de l'opposition ayant participé au dialogue national en septembre.



En octobre, les participants à ce forum ont convenu de renvoyer à une date indéterminée la présidentielle et les législatives qui auraient dû avoir lieu cette année, ainsi que du maintien au pouvoir de M. Kabila au delà du 20 décembre.



Nous avons pris acte de cet échec de la médiation de la Cenco, nous recommandons au président de la République, aux autres institutions ainsi qu'au facilitateur de l'Union africaine, l'ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo de poursuivre la mise en oeuvre de l'accord politique, a déclaré à la télévision publique Geneviève Inagosi, une porte-parole de la Majorité présidentielle (MP). 



Le Rassemblement rejette pour l'heure ce compromis, tout en affirmant être ouvert à la médiation des évêques pour une sortie pacifique de la crise.



Vendredi soir, ce regroupement politique a promis de donner incessamment sa position officielle aussi bien sur la déclaration des évêques que celle de la majorité.



Depuis des jours, le Rassemblement agite la menace des manifestations populaires le 19 décembre pour contraindre M. Kabila de quitter le pouvoir en cas d'échec de cette tentative de rapprochement menée par les évêques.



La Cenco estime que, autour d'une table (...) un compromis politique est encore possible si les parties prenantes s'y engagent et font preuve de bonne volonté, a encore dit l'abbé Nshole.



La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par la non-tenue de la présidentielle et des législatives.



M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Le chef de l'État reste sourd aux exhortations de ses détracteurs qui le pressent de déclarer publiquement qu'il ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle. 


(©)

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 20:33
C'est une nouvelle Gambie, déclare à l'AFP le président élu Adama Barrow
C'est une nouvelle Gambie, déclare à l'AFP le président élu Adama Barrow

 

 


KOLOLI (Gambie) - AFP / 02 décembre 2016 20h11 - Adama Barrow, candidat d'une coalition de l'opposition déclaré vendredi vainqueur de la présidentielle dans son pays, a salué une nouvelle Gambie, se disant confiant dans l'attente de la réaction officielle de Yahya Jammeh, battu après 22 ans au pouvoir.



Le message pour les populations gambiennes: il est temps de se mettre au travail. C'est une nouvelle Gambie, une nouvelle attitude, pour le changement et le développement de notre pays, a déclaré M. Barrow à Kololi, sur la côte, à une trentaine de km à l'ouest de Banjul, dans un entretien à l'AFP, le premier avec la presse depuis l'annonce de sa victoire. 



Alors que beaucoup en Gambie et à l'étranger redoutaient d'éventuels débordements de partisans ou de l'entourage de Yahya Jammeh - dont la réaction était toujours attendue vendredi soir - Adama Barrow s'est déclaré confiant.



M. Jammeh a dirigé pendant 22 ans la Gambie d'une main de fer. Sa défaite - avec 36,6% des voix derrière Barrow, crédité de 45,5% - a été annoncée vendredi après-midi par la commission électorale.



Cependant, jusqu'à vendredi soir, Jammeh lui-même ne s'était toujours pas publiquement prononcé sur le sujet.



Le pouvoir appartient au peuple. Donc, c'est le peuple, pas le président qui décide, les Gambiens ont décidé, nous respectons cette décision, a encore déclaré M. Barrow.



Il y a de l'espoir, parce que j'ai une très bonne équipe, qui est très expérimentée, très instruite, il y a donc un espoir pour la Gambie. Je pense que nous allons grandement changer les choses, a-t-il assuré.



Adama Barrow, 51 ans, homme d'affaires et patron d'une agence immobilière, était peu connu du grand public jusqu'à ce qu'une large coalition de l'opposition le désigne comme candidat à la présidentielle. Il était l'un des trois prétendants à la tête de la Gambie, avec Yahya Jammeh et un ancien cadre du parti de Jammeh, Mama Kandeh.


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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 19:48
Angola : le président dos Santos ne se présentera pas à un nouveau mandat en 2017

 

 


Luanda - AFP / 02 décembre 2016 19h40 - Le président angolais José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis trente-sept ans, ne sera pas candidat à un nouveau mandat à la tête du pays lors des élections générales de 2017, a annoncé vendredi soir la radio officielle.



M. dos Santos, âgé de 74 ans, va céder sa place à la tête du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA) à l'actuel ministre de la Défense João Lourenço, a précisé à l'AFP un membre du comité central du parti, João Pinto.



La Constitution angolaise ne prévoit pas de scrutin présidentiel, mais précise que le poste de chef de l'Etat revient au chef du parti qui remporte les législatives.



M. dos Santos a officiellement lancé vendredi la campagne de son parti pour les élections de 2017 lors d'un discours devant son comité central, sans toutefois y préciser s'il serait candidat à un nouveau mandat.



Le communiqué officiel du MPLA publié à l'issue de cette réunion n'a pas non plus évoqué sa succession, mais à l'issue de sa lecture, la radio nationale a précisé en citant des sources internes au parti que M. Lourenço avait été désigné pour lui succéder.



Le président José Eduardo dos Santos ne sera pas candidat à sa succession à la tête du pays, a confirmé à l'AFP M. Pinto.



Le nom de M. Lourenço, qui avait été nommé vice-président du MPLA en août, sera officiellement dévoilé lors du 60e anniversaire du parti le 10 décembre, selon cet élu.



Le chef de l'Etat avait été réélu en août à la tête du MPLA. Il avait semé le trouble en affirmant en mars qu'il quitterait le pouvoir en 2018, un an après les prochaines élections.



Depuis plusieurs semaines, l'Angola bruisse de rumeurs sur l'état de santé du président, qui suggèrent qu'il s'apprête à prendre sa retraite politique.



Le MPLA est arrivé au pouvoir en 1975 lorsque l'Angola a acquis son indépendance du Portugal. José Eduardo dos Santos a pris les rênes du pays quatre ans plus tard après la mort du chef historique du parti, Agostinho Neto.



En trente-sept ans, il a imposé un règne sans partage sur le pays, plus gros producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne avec le Nigeria, mais qui reste l'un des plus pauvres du monde.


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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 19:37
Le Cameroun, "principal pays de transit" pour le trafic des diamants de Centrafrique (rapport)
Le Cameroun, "principal pays de transit" pour le trafic des diamants de Centrafrique (rapport)

 

 

 

02 Déc 2016  Par  AFP

 

Le Cameroun est le principal pays de transit des diamants illégaux issus des zones de conflit en Centrafrique avant d'être recyclés sur le marché international en raison de "ses faibles contrôles" et de la "corruption", selon un rapport publié vendredi.

 

Le Cameroun "est sans aucun doute le principal pays de transit du commerce illicite des diamants de conflit de la République centrafricaine vers le marché légitime des diamants", rapporte Partenariat Afrique Canada (PAC), une organisation mondiale spécialisée dans la promotion de la bonne gouvernance des ressources naturelles notamment dans les zones de conflit.

 

Le diamant centrafricain est sous-embargo depuis 2013 en raison de l'insécurité dans ce pays. Cet embargo a été partiellement levé en 2016.

 

Le Cameroun permet à ces diamants illégaux "de franchir ses frontières et de pénétrer la chaîne d’approvisionnement légale en raison de ses faibles contrôles, de la contrebande et de la corruption", pointe PAC dont les enquêteurs ont suivi les acteurs de la filière clandestine de diamant en Centrafrique et au Cameroun.

 

D'après l'organisation, les contrebandiers bénéficient de "l'impunité" des autorités camerounaises, et les trafiquants clairement identifiés par un groupe d'experts des Nations unies ne sont pas inquiétés.

 

"Une de ces personnes est Patrick Ayandho, qui gère le plus grand bureau d'achat de diamants à Kentzou, dans la région orientale (Est) du Cameroun", cite PAC.

 

Les enquêteurs du PAC ont décelé deux procédés grâces auxquels le diamant centrafricain part des zones minières pour les marchés internationaux en passant successivement par l'Est, la capitale Yaoundé puis le port de Douala.

 

Premièrement, explique PAC dans son rapport, le diamant des zones centrafricaines en conflit entre "illégalement sur le marché mondial par l’entremise du Cameroun, après avoir reçu des certificats du processus de Kimberley valides, émis par des autorités compétentes du gouvernement camerounais".

 

"Dans ce cas, les diamants de conflit sont exportés +légalement+, comme si la marchandise provenait du Cameroun", souligne l'organisation.

 

Le processus de Kimberley est un régime international de certification en vigueur depuis 2003 pour éviter que les groupes rebelles ne financent leurs activités grâce à la vente sur le marché international de diamant issu des zones en guerre ou "diamant de sang". Le Cameroun est devenu membre de cette initiative en 2012.

 

Deuxièmement, "les contrebandiers utilisent le Cameroun simplement comme une entrée vers d’autres pays où ils peuvent blanchir les diamants" centrafricains, selon PAC.

 

De même source, cette deuxième forme de trafic est beaucoup plus nuisible et "implique" également de "nombreux participants au processus de Kimberley".

 

En 2016, un faux certificat du processus de Kimberley, établi au Cameroun pour "blanchir" 4.523 carats, soit plus de la production diamantifère annuelle du pays (3000 carats), a été "intercepté", selon PAC.

 

Le Cameroun "n’a pas la capacité de faire respecter les normes minimales du (processus de Kimberley) ou d’éliminer avec autorité la présence des diamants de conflit de son territoire".

 

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 19:32
Centrafrique : Rétrocession des matériels de forage à la Croix Rouge Centrafricaine

 

 

http://rjdh.org/ PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 2 DÉCEMBRE 2016

 

BANGUI, 2 décembre 2016 (RJDH) — La Croix Rouge Française a rétrocédé des matériels de Forage et des véhicules à la Croix-Rouge Centrafricaine le 30 novembre 2016 à Bangui. Ce don intervient  après la fin du projet eau et hygiène réalisé depuis 2011 à Bambari.

 

Bambari et des régions de la RCA ne disposent pas de réseaux d’eau potable. Pour fournir une eau saine à la population, des ONG nationales et internationales ont réalisé des forages au bénéfice de la population. C’est ainsi qu’après la réalisation de ces points d’eau à Bambari, la Croix Rouge Française a décidé de rétrocéder ces matériels à son homologue centrafricain.

 

Lors de cette rétrocession de matériels de forage et de véhicules, le responsable de la Croix Rouge Française (CRF) a souligné que cela permettra de renforcer les capacités de la Croix Rouge Centrafricaine. « La foreuse et les autres équipements du projet ont été rétrocédés à la Croix-Rouge Centrafricaine en vue de renforcer ses moyens et capacités dans le domaine de l’accès à l’eau pour répondre aux besoins des plus vulnérables », lit-on dans le communiqué de la CRF.

 

La vice-présidente de la CRCA, Adja Zénaba Katara, a salué ce geste avant de déclarer qu’« il y a trop de problème d’eau dans l’arrière-pays. Nous allons nous attaquer à ce problème pour atténuer la souffrance de la population ». Elle a ajouté que cette remise de matériels « est le fruit d’une longue négociation de l’équipe de la CRCA ».

 

Ce don met fin au projet « Amélioration de l’accès à l’eau potable ainsi que des pratiques d’hygiène pour les populations de la sous-préfecture de Bambari ». Ce projet est mis en œuvre de juin 2011 à mai 2016 par la CRF en collaboration avec la CRCA, grâce au financement de l’Union Européenne. Il a permis à 65.507 résidents de Bambari d’accéder à des points d’eau potable et d’être sensibilisés sur les pratiques hygiéniques. 63 forages ont été réalisés et 62 autres réhabilités.

 

La Chef de la Délégation de la CRF, Marine Durand a exprimé sa gratitude à la Direction de l’Union Européenne et aux autres bailleurs de fonds du projet. La cérémonie de clôture du projet d’accès à l’eau a également été marquée par la fermeture de la sous délégation de la CRF à Bambari.

 

Présente en Centrafrique depuis 2006, la Croix-Rouge Française a exécuté plusieurs programmes dans les domaines de la santé, le psychosocial, la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau et l’assainissement à Bangui, Bambari et Berberati. Elle a consacré ses efforts à Berberati et Bangui.

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 14:46
Lu pour vous : La Centrafrique transformée en tour de Babel militaire

 

 

 

  Par Jeune Afrique

 

État failli où prospèrent les groupes armés, la Centrafrique est aussi devenue, bien malgré elle, le pays hôte de contingents venus d’horizons les plus divers.

 

Outre les 11 000 Casques bleus de la Minusca (Pakistanais, Rwandais, Burundais, Camerounais, Sénégalais, Gabonais, Mauritaniens, Égyptiens…), on compte 350 militaires français à Bangui et une centaine de Chinois, dont certains ont été déployés sur le site de prospection pétrolière de Boromata, dans le Nord, en renfort d’une société privée de sécurité centrafricaine.

 

Des combattants tchadiens et sud-soudanais ont été signalés au sein de l’ex-Séléka. Huit cents soldats ougandais sont installés dans la région orientale du Haut-Mbomou, où, sous couvert de lutte contre les derniers rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), de Joseph Kony, certains se livrent au trafic de diamants et de bois. Enfin, la présence la plus mystérieuse est celle des Américains.

 

350 hommes des forces spéciales sont répartis entre Bangui, où ils protègent leur ambassade, et les environs d’Obo, dans l’extrême Est, où ils disposent d’une vaste zone interdite, équipée d’une piste d’atterrissage et ravitaillée depuis l’Ouganda et le Kenya par des convois militaires. Officiellement, les Américains interviennent en appui des Ougandais. Leur mission dépasse manifestement ce cadre.

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 14:30
Lu pour vous : Des diamants de conflit de la RCA pénètrent les marchés internationaux via le Cameroun

 

 

 

http://pacweb.org/ Ottawa, Canada — le 2 décembre 2016

 

Le Processus de Kimberley doit réagir à la suite de la parution d'un nouveau rapport révélant que des lacunes dans les procédures de traçabilité du Cameroun créent des possibilités de contrebande et de corruption

 

Partenariat Afrique Canada affirme, dans un rapport publié aujourd'hui, que le Cameroun permet à des diamants de conflit provenant de la République centrafricaine de franchir ses frontières et de pénétrer la chaîne d'approvisionnement légale en raison de ses faibles contrôles, de la contrebande et de la corruption.

 

Le rapport, intitulé Du conflit à l'illégalité : Cartographier le commerce des diamants de la République centrafricaine au Cameroun, examine l'incapacité du Cameroun à mettre en œuvre le Processus de Kimberley — le système international de certification des diamants destiné à mettre un frein au commerce des diamants de conflit. Le rapport paraît à la veille de la visite d'examen au Cameroun du Processus de Kimberley, qui doit évaluer la mise en œuvre, par le pays, de contrôles internes régissant la production et le commerce des diamants.

 

Les exportations de diamants depuis la République centrafricaine ont été frappées d'un embargo international après qu'un coup d'État eut déclenché une guerre civile en 2013. Plus tôt cette année, le Processus de Kimberley a levé partiellement l'embargo dans des zones qu'il jugeait conformes et libres de conflit. Pourtant, Partenariat Afrique Canada a constaté que le commerce illicite des diamants de conflit se poursuit encore aujourd'hui.

 

« Bien que le tollé international soulevé par le financement de la guerre au moyen des "diamants du sang" en République centrafricaine ait entraîné l'adoption de mesures pour arrêter le commerce, on n'a pas porté la même attention aux voisins de la RCA. Notre examen montre la réalité sur le terrain et la façon dont les diamants de conflit provenant de la RCA ont conservé des points d'entrée sur les marchés internationaux par l'entremise du Cameroun », a dit Joanne Lebert, directrice générale de Partenariat Afrique Canada.

 

En entrevue, des mineurs, des négociants et des exportateurs ont décrit en détail la contrebande des diamants de la République centrafricaine qui traversent la frontière de 900 km que ce pays partage avec le Cameroun; la corruption parmi les fonctionnaires chargés de vérifier l'origine des diamants; et les importantes expéditions de diamants de conflit sous embargo qui passent par les carrefours de transit du Cameroun sans être déclarées.

 

Le rapport suit des négociants camerounais qui achètent des diamants de l'autre côté de la rivière – en République centrafricaine – pour les apporter ensuite aux bureaux d'achat de la région orientale du Cameroun. Les diamants sont « auto-déclarés » comme provenant du Cameroun, et des certificats du Processus de Kimberley sont émis, attestant leur statut de diamants libres de conflit, ce qui permet leur exportation vers les marchés internationaux.

 

« Au moment de visiter le Cameroun, le Processus de Kimberley doit agir sans délai et montrer aux sociétés, aux détaillants — et par-dessus tout aux consommateurs — qu'il est capable de mettre un terme au flux de diamants de conflit », a dit Offah Obale, chercheur chez Partenariat Afrique Canada et auteur du rapport.

 

Partenariat Afrique Canada appelle le Processus de Kimberley à imposer des mesures spéciales au Cameroun, exigeant un resserrement des contrôles internes dans un délai de trois mois, période durant laquelle aucun diamant ne quitterait le Cameroun sans une surveillance par des experts externes.

 

Le rapport demande aussi qu'on adopte une approche régionale pour s'attaquer au commerce illicite des diamants de conflit de la RCA, en y intégrant d'autres voisins tels que la République démocratique du Congo et l'Angola afin de mettre en œuvre une stratégie harmonisée.

 

Personne-ressource pour les médias :

 


Zuzia Danielski


Directrice des communications, Partenariat Afrique Canada


+1-613-237-6768, poste 10 / +1-613-263-0661
zdanielski@pacweb.org

 

 

Partenariat Afrique Canada (PAC) est un chef de file mondial en matière d'élaboration d'approches novatrices pour renforcer la gouvernance des ressources naturelles dans les zones de conflit ou à haut risque. Depuis 30 ans, PAC collabore avec ses partenaires pour favoriser le dialogue sur les politiques et le renforcement des capacités — notamment par l'entremise de la création du Processus de Kimberley, qui a valu à PAC une nomination pour le prix Nobel de la paix en 2003.

 

 

DU CONFLIT À L’ILLÉGALITÉ : Cartographier le commerce des diamants de la République centrafricaine au Cameroun

 

SOMMAIRE EXÉCUTIF

 

La République centrafricaine (RCA) est la seule source de diamants de conflit, tels que traditionnellement définis, dans le monde aujourd’hui. Depuis mai 2013, les exportations de ses diamants sont sous un embargo international décrété à la fois par les Nations Unies et par le Processus de Kimberley (PK), l’initiative qui réglemente la production et le commerce des diamants bruts.

 

La RCA a été suspendue du PK à la suite d’un coup d’État, en mars 2013, qui a déclenché des troubles civils généralisés dans le pays. Le coup était le résultat inévitable des années d’instabilité politique qu’avait entretenue une coalition de groupes rebelles, connue sous le nom de Séléka, qui attaquait le gouvernement et saisissait progressivement des territoires saisis, y compris Bria, une ville stratégique en matière d’exploitation minière de diamants1. Le 24 mars 2013, Séléka capturait la capitale, Bangui, et renversait le gouvernement, amorçant un virulent conflit interne qui couve encore aujourd’hui.

 

La guerre civile et le changement de régime ont forcé les Nations Unies et la communauté internationale à imposer des sanctions économiques à la RCA. Non seulement toutes les exportations de diamants ont-elles été interdites, mais le PK a fortement recommandé aux pays faisant le commerce des diamants d’exercer une vigilance accrue et de s’assurer que les diamants produits en RC soient saisis et interdits de circulation dans le commerce légitime2.

 

Bien que l’embargo sur les exportations de la RCA ait été partiellement levé en 2016 pour les régions jugées conformes au PK, cela n’a pas interrompu le flux de diamants de conflit de la RCA vers les marchés internationaux — alors qu’ils étaient sous un embargo total — ou qu’ils provenaient de régions où ce commerce est encore interdit aujourd’hui.

 

Ce rapport examine la contrebande des diamants de la République centrafricaine vers le Cameroun. En outre, il met l’accent sur l’impact qu’a ce commerce illicite sur les contrôles internes du Cameroun, de même que sur l’intégrité générale de la chaîne d’approvisionnement des diamants. Le rapport décrit les méthodes utilisées et les principaux acteurs impliqués dans ce commerce illicite. Il conclut que le PK et les pays de première ligne comme le Cameroun doivent en faire davantage pour que cesse le commerce illicite des diamants de conflit de la RCA; ils doivent se soutenir l’un l’autre et prendre des mesures.

 

PRINCIPALES CONSTATATIONS

 

Le Cameroun comme carrefour de transit Le rapport présente plusieurs constatations clés. La première est que le Cameroun est sans aucun doute le principal pays de transit du commerce illicite des diamants de conflit de la République centrafricaine vers le marché légitime des diamants. En tant que l’un des plus récents membres du PK, le Cameroun n’a pas la capacité de faire respecter les normes minimales du PK ou d’éliminer avec autorité la présence des diamants de conflit de son territoire. Le fait que le Cameroun a une faible capacité d’application de la loi exacerbe cette situation. Le Cameroun n’a pas encore mis en œuvre des mesures de vigilance améliorer malgré le fait qu’il soit en première ligne du commerce illicite en provenance de la RCA. Partenariat Afrique Canada a aussi découvert que le commerce de contrebande est encouragé et soutenu par des fonctionnaires camerounais chargés de la mise en œuvre du Processus de Kimberley.

 

La contrebande et les faux certificats

 

Le présent rapport identifie aussi deux types de commerce illicite des diamants. Dans le premier cas, les diamants de conflit de la RCA entrent illégalement sur le marché mondial par l’entremise du Cameroun, après avoir reçu des certificats du Processus de Kimberley valides, émis par des autorités compétentes du gouvernement camerounais. Dans ce cas, les diamants de conflit sont exportés « légalement », comme si la marchandise provenait du Cameroun. La corruption intervient effectivement ici, et l’absence de mesures de diligence raisonnable neutralise la capacité du gouvernement d’offrir une quelconque assurance quant à la provenance de ses diamants ou une quelconque protection contre les diamants de contrebande.

 

La deuxième forme de contrebande nuit beaucoup plus à l’efficacité du Processus de Kimberley et implique de nombreux autres participants du PK. Dans ce cas, le Cameroun ne sert que de point de transit aux flux à grande échelle d’expéditions de diamants entièrement non déclarées et non certifiées de la RCA. La taxe à l’exportation exagérément élevée de 24,5 % du Cameroun — un taux huit fois plus élevé que celui de la plupart des autres gouvernements africains — est le principal moteur de ce commerce. Les contrebandiers utilisent le Cameroun simplement comme une entrée vers d’autres pays où ils peuvent blanchir les diamants à un taux de taxation plus avantageux. Cela explique dans une large mesure pourquoi la « production » à valeur ajoutée n’apparaît pas dans les statistiques officielles sur le commerce. D’autres pays africains, surtout la République démocratique du Congo et la Côte d’Ivoire, semblent agir comme points de sortie possibles pour ces diamants de la RAC sous embargo.

 

Des deux pays, c’est la production de la RCA qui éclipse celle du Cameroun. En 2012, selon les plus récentes statistiques officielles sur la production enregistrée, la RCA avait produit 365 917 carats3. À l’époque, il s’agissait du 10e plus grand producteur de diamants selon la valeur4. Inversement, la production totale officielle du Cameroun entre 2013 et 2016 s’élevait en moyenne à 3 000 carats par année5. Bien que l’embargo sur les diamants de la RCA n’ait engendré aucune augmentation perceptible de la production ou des exportations du Cameroun, un faux certificat du Processus de Kimberley en provenance du Cameroun atteste

 

Du conflit à l’illégalité : Cartographier le commerce des diamants de la République centrafricaine au Cameroun Partenariat Afrique Canada 3 de l’étendue du commerce illicite. Intercepté au cours de la première moitié de 2016 et signalé au PK, le certificat falsifié était destiné à blanchir 4 523 carats6 — une quantité de beaucoup supérieure à la production annuelle entière du pays.

 

L’impunité pour les contrebandiers

 

Le rapport constate en outre que des personnes identifiées par le Groupe d’experts des Nations Unies pour leur implication dans le commerce des diamants de conflit en Afrique centrale continuent d’acheter et d’exporter des diamants en toute impunité. Une de ces personnes est Patrick Ayandho, qui gère le plus grand bureau d’achat de diamants à Kentzou, dans la région orientale du Cameroun. Cela témoigne du manque actuel de volonté politique de combattre la contrebande au Cameroun.

 

Données inexactes

 

Le rapport constate aussi que les statistiques sur la production recueillies par les représentants camerounais du PK sont inexactes et ne respectent pas les exigences minimales du Processus de Kimberley. En raison de la nature informelle du secteur du diamant, les chiffres relatifs à la production au Cameroun sont plutôt des chiffres relatifs aux achats. Ces chiffres représentent la situation géographique du bureau d’achat de diamants où les diamants bruts ont d’abord été achetés pour l’exportation, rejoignant ainsi l’économie officielle, et ont été inscrits dans les registres du Secrétariat national permanent du Processus de Kimberley. Au lieu de retracer le lieu d’extraction des diamants, les représentants du PK retracent plutôt le lieu où ils ont été achetés. Il s’agit d’une faille dans la traçabilité, puisque ces renseignements devraient faire partie de la documentation au niveau du site minier.

 

Le Cameroun recueille des statistiques sur les exportations légales de diamants au lieu de recueillir les véritables chiffres relatifs à la production. Ces chiffres sur les exportations légales sont les seuls qui puissent faire office de chiffres relatifs à la production de diamants. Toutefois, comme le montrera ce rapport, les exportations légales ne représentent qu’une fraction de l’ensemble de la production et du commerce des diamants dans le pays.

 

Les réfugiés et le commerce illicite

 

Le rapport constate aussi que les réfugiés de l’Afrique centrale qui arrivent dans la région orientale du Cameroun agissent comme intermédiaires pour le flux de diamants de conflit qui traversent la frontière illégalement. Le Cameroun est le plus grand pays d’accueil de réfugiés en provenance de la RCA; plus de 252 000 réfugiés résidaient dans les régions orientales et dans l’État d’Adamawa à la fin de 20157. Un grand nombre de ces réfugiés travaillent soit comme mineurs artisans au Cameroun, soit comme bailleurs de fonds pour l’exploitation minière artisanale en RCA. Le présent rapport ne cherche pas à stigmatiser les réfugiés qui jouent ce rôle, mais plutôt à encourager le gouvernement du Cameroun et le PK à tenir compte de ces faits lorsqu’ils élaborent des solutions sur le plan des politiques.

 

Manque d’officialisation

 

Enfin, le rapport fait ressortir le croisement entre les aspects liés au développement du secteur minier artisanal (EMAPE) et son manque d’officialisation, et la façon dont cela influe sur la 4 traçabilité des minéraux, du site minier au point d’exportation. Le manque d’officialisation et la faiblesse de la traçabilité au Cameroun, comme dans beaucoup de pays africains, contribuent à la capacité de certaines personnes de faire de la contrebande et de tirer profit de la faiblesse des contrôles internes. De tels défis en matière de développement sont une première étape pour favoriser le passage des diamants de conflit dans toute la chaîne des diamants, des principales plaques tournantes du commerce aux ateliers de transformation et, finalement, aux détaillants partout dans le monde.

 

RECOMMANDATIONS

 

Ce rapport laisse entendre que les préoccupations internationales à propos des diamants de conflit et les préoccupations plus régionales à propos du trafic transfrontalier illicite des diamants devraient réellement être considérées comme faisant partie d’un même problème. Le trafic transfrontalier illicite des diamants frappe au cœur même du mandat du Processus de Kimberley qui est d’endiguer le flux des diamants de conflit. Le fait de ne pas s’attaquer au commerce illicite équivaut à un échec des efforts pour endiguer le flux des diamants de conflit.

 

Au Processus de Kimberley :

 

Imposer des mesures spéciales au Cameroun et exiger du Cameroun qu’il resserre ses contrôles internes dans un délai de trois mois, période durant laquelle aucun diamant ne serait exporté sans la surveillance d’experts externes8.

 

Être plus vigilant, insistant et prêt à prendre des mesures pour s’assurer que ses normes et exigences soient appliquées par les pays participants afin d’empêcher que des diamants de conflit ne pénètrent dans la chaîne d’approvisionnement légale.

 

Dresser et faire respecter une liste noire de personnes et de sociétés participant au commerce illicite qui apporte des diamants de conflit de la RCA au Cameroun, et ensuite sur les marchés internationaux.

 

Adopter une approche régionale de la conformité au PK en raison de la nature transactionnelle de l’exploitation minière et de la contrebande des diamants, de la perte de revenus fiscaux pour les trésors publics ainsi que des répercussions de l’instabilité et de la crise des réfugiés en RCA sur la sécurité. Cette approche devrait s’inspirer de celle qui est actuellement en voie d’élaboration dans les pays de l’Union du fleuve Mano, en Afrique occidentale. En plus de la RCA et du Cameroun, l’initiative devrait comprendre l’Angola, le Congo-Brazzaville et la République démocratique du Congo.

 

Au gouvernement du Cameroun :

 

Élaborer et diffuser un plan de vigilance, tel que requis par la Décision administrative de 2013 du Processus de Kimberly sur la République centrafricaine. Révoquer les permis commerciaux et le statut d’immigrant des personnes ou des sociétés impliquées dans le commerce illicite des diamants de la RCA. Tenir responsables les acteurs qui, jusqu’à maintenant, ont été en mesure de fonctionner impunément. Effectuer des études géologiques détaillées sur les capacités réelles et potentielles de production dans les régions minières, et mettre en place un système de cadastre opérationnel afin de conserver une information exacte et à jour sur les zones de production et sur les permis d’exploitation minière accordés. Alimenter et contre-vérifier l’information recueillie d’après les enregistrements au cadastre et la comparer avec celle des rapports de production. Appliquer les obligations juridiques voulant que les titulaires de permis et les détenteurs de titres miniers soumettent des rapports périodiques, présentant les données relatives à la production et au nombre des mineurs sur leur site. Le fait d’appliquer les exigences en matière de production de rapports fournirait de l’information importante sur les mineurs artisans et la production artisanale, et créerait des conditions propices à la traçabilité. Créer un réseau d’agents de terrain dans les zones minières, ayant la capacité d’effectuer des visites régulières sur le terrain auprès de tous les sites artisanaux dans leur région géographique. Il s’agit d’un élément essentiel d’un système efficace de contrôles internes. Organiser fréquemment des dialogues communautaires dans les collectivités qui accueillent des réfugiés de la RCA, et effectuer des évaluations de la sécurité en regard des menaces transfrontalières en vue de favoriser la cohésion sociale afin de prévenir les conflits et de corriger les problèmes liés à la gouvernance des ressources. Modifier les dispositions fiscales qui régissent les exportations de diamants afin de les harmoniser avec celles des partenaires régionaux pour exercer un effet dissuasif sur la contrebande. Cela demanderait de réduire la taxe à l’exportation de 24,5 % à 3 %, soit le taux des pays voisins de la RCA. Se concerter avec la RCA en matière de politique régionale en partageant de l’information et en renforçant les contrôles aux frontières de façon à s’attaquer au commerce illicite transfrontalier des diamants. Le Cameroun et la RCA devraient coopérer afin de concentrer la mise en application des mesures dans les zones frontalières et dans les aéroports internationaux de la région, en particulier à Bangui, Douala et Yaoundé. Ces zones frontalières et ces aéroports servent de goulets d’étranglement pour les exportations de diamants de la région.

 

À l’industrie du diamant :

 

Étudier officiellement, avec l’OCDE, la possibilité de créer un Supplément sur les diamants qui puisse être ajouté au Guide OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque. Depuis la mise en vigueur du PK en 2003, le Conseil mondial du diamant s’en remettait à un système de garanties pour compléter le certificat du PK et pour donner aux consommateurs une Du conflit à l’illégalité : Cartographier le commerce des diamants de la République centrafricaine au Cameroun Partenariat Afrique Canada 6 assurance additionnelle attestant que leurs achats étaient « libres de conflit ». La facilité avec laquelle les diamants de conflit de la RCA pénètrent sur le marché légal atteste de la vacuité du système de garanties et du manque de diligence raisonnable au sein de l’industrie du diamant, montrant le besoin d’une surveillance accrue qui soit exercée par une tierce partie. Essentiellement, un Supplément de l’OCDE servirait aussi à partager plus équitablement les responsabilités de la gouvernance des diamants entre le secteur privé et les gouvernements — qui supportent actuellement tout le poids de la conformité aux normes du Processus de Kimberley.

 

http://www.diamondfacts.org/pdfs/media/news/2006_11_9_KPCommunique.pdf.

 

1 Omayra Bermúdez-Lugo, « The Mineral Industry of the Central African Republic », 2013 Minerals Yearbook: Central African Republic [Publication anticipée]. U.S. Geological Survey, 2013.

 

2 « 2014 Administrative Decision on the Central African Republic », Processus de Kimberley, juin 2014, https://www.kimberleyprocess.com/en/2014-administrative-decision-car.

 

Du conflit à l’illégalité : Cartographier le commerce des diamants de la République centrafricaine au Cameroun Partenariat Afrique Canada 2

 

3 « Kimberley Process Rough Diamond Statistics », consulté le 11 juin 2016, https://kimberleyprocessstatistics.org.

 

4 Ilya Gridneff, « Smugglers Defy Conflict-Diamonds Ban in Central African Republic », Bloomberg, 22 mars 2015, http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-03-22/smugglers-defy-conflict-diamonds-ban-in-central-african-republic.

 

5 « Kimberley Process Rough Diamond Statistics », consulté le 11 juin 2016, https://kimberleyprocessstatistics.org

 

6 Davi Brummer, « KP Calls for Vigilance Over Fake Cameroon Certificates », IDEX Online, 31 mars 2016, http://www.idexonline.com/FullArticle?Id=41821.

 

7 « People of Concern: Cameroon 2015 Year End Report », Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés,

 

http://reporting.unhcr.org/node/2525#_ga=1.185418604.496891805.1468269996.

 

8 Il existe un précédent au sein du Processus de Kimberley. Lorsqu’en 2006, un rapport du Conseil de sécurité des Nations Unies déclarait que le Ghana avait certifié des diamants de conflit de la Côte d’Ivoire, le Processus de Kimberley avait pris des mesures, exigeant du Ghana qu’il resserre ses contrôles internes dans un délai de trois mois, période durant laquelle aucun diamant ne serait exporté sans une surveillance externe par des experts. Une mission spéciale d’examen du Processus de Kimberley a été mise sur pied pour visiter le Ghana à la fin des trois mois afin d’évaluer les progrès. Des visites de suivi régulières par des experts du PK au Ghana ont suivi de près et ont mesuré les progrès.

 

Voir « Final Communiqué of Kimberley Process Plenary November 6-9, 2006 Gaborone, Botswana », Processus de Kimberley, 9 novembre 2006,

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