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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 23:32
Meurtre des journalistes russes en Centrafrique

 

Lu pour vous 

 

Ce que nous révèle la correspondance des journalistes russes tués en Centrafrique

 

https://fr.sputniknews.com  14:23 29.08.2018

 

 

Le correspondant de guerre Alexandre Kots a analysé les échanges de messages entre les journalistes russes et leurs employeurs pour parvenir à la conclusion qu'économiser sur les dépenses intéressait davantage les commanditaires du reportage que la sécurité du groupe.

 

«Plus je lisais cette correspondance, plus je ressentais une rage professionnelle. Je me plaçais involontairement à la place des reporters partis pour la première fois dans un pays d'Afrique inconnu plein de dangers inconnus et de «surprises». Et j'étais étonné de la patience des journalistes qui recevaient des consignes tout simplement suicidaires de Moscou de la part de leurs superviseurs du «Centre de gestion des enquêtes» Khodorkovski. La correspondance met clairement en lumière que la préparation de la mission par les collaborateurs du centre s'était déroulée à un niveau amateur, sans estimations réelles des risques et des dépenses financières. Et de toute évidence, la minimisation des dépenses intéressait davantage le commanditaire que la sécurité du groupe. Ils ont même dû s'occuper eux-mêmes de souscrire une assurance avant le voyage: «Alfa Assurance offre des assurances pour la Centrafrique, allez dans n'importe quel bureau (le central se trouve à Chabolovka), 3000 roubles»», écrit la rédactrice en chef adjointe du centre Anastasia Gorchkova. Dans son mail, elle cite le devis du reportage:

 

«Frais de nourriture: 40 dollars par jour (840 dollars chacun). Logement: 2150 dollars, 16 nuits, sur la base d'une moyenne de 2250 dollars à Bangui. Chauffeur-traducteur, paiement maximal: 15 jours à 150 dollars en dehors de la ville (n'oubliez pas qu'à Bangui il faut lui payer 90 dollars). 1500 dollars pour les autres dépenses (comme le taxi depuis l'aéroport si Martin n'était pas à l'accueil, des pots-de-vin, etc.) S'il vous plaît, tenez un registre de toutes les dépenses.»

 

L'un des destinataires de cette correspondance était le rédacteur en chef du Centre de gestion des enquêtes Andreï Koniakhine. Immédiatement après le meurtre d'Orkhan Jemal, de Kirill Radtchenko et d'Alexandre Rastorgouev il a déclaré avoir évoqué toutes les questions de sécurité avec un certain collaborateur de l'Onu. Cependant, cet aspect n'est jamais mentionné dans la correspondance publiée par l'agence riafan.ru. Rien n'est dit sur la sécurité. Si, une seule chose: «L'horreur». C'est ainsi qu'Andreï Koniakhine a répondu à la note citée par Alexandre Rastorgouev dans la correspondance concernant un niveau de criminalité effarant en Centrafrique. Visiblement, par économie, au lieu de loger le groupe dans un hôtel protégé, le Centre de gestion des enquêtes a essayé de réserver sur internet une villa privée. Toutefois, à l'arrivée des journalistes à Bangui, Koniakhine et ses collègues n'ont réussi à leur trouver ni logement, ni chauffeur, ni traducteur.

 

En revanche, Andreï Koniakhine donne des consignes qui échappent à toute logique. Il ordonne d'abord de préparer pour le groupe des cartes de presse et, on ne sait pourquoi, un insigne de l'Onu pour le véhicule. Puis il demande aux journalistes de se débarrasser démonstrativement de leurs documents: «Filmez absolument comment vous vous débarrassez de vos cartes de presse!!! Artistiquement, avec des commentaires. Un journaliste en contact avec Gorchkova vient d'écrire qu'il faut d'abord s'entendre avec le ministère de la Presse et des Communications)) C'est ça))» La présence de parenthèses symbolisant un sourire montre que le Centre était au courant de la nécessité d'accréditation, mais qu'il n'avait pas l'intention de perdre son temps avec celle-ci.

 

Bien évidemment, sans accréditation, les journalistes n'ont pas été autorisés à pénétrer sur le territoire de la base militaire abritant la résidence de Bokassa (Berengo) où, entre autres, étaient logés des spécialistes civils russes. Et comme si cela ne suffisait pas, les pseudo-touristes sans sécurité ni autorisation journalistique se faisait constamment «plumer» en versant des pots-de-vin allant jusqu'à 550 dollars. Ces dépenses n'ont pas plu à Andreï Koniakhine, confortablement assis dans son bureau de Moscou.

 

«Ils vont bientôt faire la queue pour vous. Ça fait trop. La prochaine fois soyez plus fermes, vous avez enfreint quoi? Dites que vous irez à l'ambassade, etc.», suggère le rédacteur en chef avant de renvoyer les journalistes à la base militaire. «Allez-y vous-mêmes, vous avez donné beaucoup de fric pour vous rendre dans ce pays et visiter la tombe de Bokassa, vous n'en avez rien à foutre des autorisations.» De plus, Koniakhine demande de filmer en caméra cachée le versement de pots-de-vin.

 

Comment, sans armée derrière soi ni accréditation du ministère de la Défense local, s'introduire sur un site protégé en se vantant d'avoir «balancé du fric» à droite et à gauche. Kirill Radtchenko, l'une des victimes, a répondu sur un ton diplomatique:

 

 «Pénétrer sur un territoire protégé est une utopie.»

 

Cette correspondance donne l'impression que pour la partie moscovite des «investigateurs», qui ne comprennent absolument rien à la spécificité de la Centrafrique ni au journalisme de guerre extrême, le voyage de Jemal, Rastorgouev et Radtchenko était une simple aventure à sensations. A chaque niveau survenaient des difficultés que le Centre tentait de régler «selon Wikipedia», c'est-à-dire de manière complètement non professionnelle. Au final, toutes ces complications ont constitué un enchaînement conduisant à la tragédie.

 

 

Centrafrique: Le jeu trouble des russes dans le processus de paix

 

A l’initiative d’un conseiller du président Vladimir Poutine, les russes négocient depuis quelques jours avec des chefs rebelles centrafricains à Khartoum au Soudan. Cette rencontre qui se tient en marge des assises conduite par l’UA à Bouar en Centrafrique serait liée à l’assassinat des journalistes russes.

Depuis lundi, les russes négocient avec les rebelles centrafricains à Khartoum au Soudan. Le but de ces négociations officiellement est d’arracher un accord de paix avec les chefs de guerres.

Un accord qui selon eux devrait ramener la paix en Centrafrique. Sauf que du côté de Bangui, personne n’a mandaté les russes pour une telle initiative.

Car le gouvernement croit savoir que ce rôle revient à l’UA.  D’ailleurs depuis lundi, les experts de l’UA discutent avec 14 groupes rebelles à Bouar au Nord-Ouest de la Centrafrique.

Au terme de cette rencontre les 14 groupes rebelles doivent remettre leurs revendications aux panels d’expert de l’UA afin de les présenter au gouvernement.

Par conséquent, la rencontre entre les russes et certains chefs rebelles au Soudan sème le trouble dans les esprits. Beaucoup d’observateurs croient savoir que l’initiative russe serait liée à l’assassinat récent de leurs trois journalistes.

On se souvient que des témoignages faisaient état de ce que les assassins étaient des hommes enturbannés parlant arabes. Les russes seraient-ils donc en négociation avec les rebelles pour assurer leurs sécurités et celles de leurs compatriotes ?

Ce qui est le plus inquiétant et le plus troublant c’est la nature de l’accord que les russes pourraient conclure avec ces chefs de guerres pour garantir leur survie en Centrafrique.

Car l’accord pourrait certainement ne pas avoir les mêmes termes que celui issu des assises de Bouar. Ceci pourrait donc plomber tout le travail effectué par l’UA et qui est reconnu et soutenu par le gouvernement Centrafricain et la communauté internationale.

De part cette attitude, la présence russe en Centrafrique suscite de plus en plus des interrogations, sur les motifs réelles de leur mission.

Rappelons que la présence russe en Centrafrique, avaient des buts militaire, et humanitaire. Les militaires russes devaient former, entraîner et équiper les FACA. Ce qui est en train d’être fait. Tandis que les médecins russes devaient s’occuper des  populations.

C’est ce qui explique la construction des unités de clinique mobile dans plusieurs coins reculés du pays. Seulement, les richesses naturelles de ce pays ont aiguisé rapidement les appétits des russes.

Ceux-ci ont obtenu du gouvernement un accord d’exploitation des minerais. Par la suite de nombreux mercenaires venues de Moscou ont pris d’assaut la Centrafrique où ils entretiennent des liens étroits avec les groupes rebelles.

 

Par  N. Mballa, CNC.

 

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 23:20
« Diamants de sang : pourquoi il faut réformer le processus de Kimberley »

 

 

Lu pour vous 

 

POINT DE VUE

 

« Diamants de sang : pourquoi il faut réformer le processus de Kimberley »

 

Par Elise Rousseau  LE MONDE Le 28.08.2018 à 11h11 • Mis à jour le 29.08.2018 à 12h58

 

Pour la chercheuse Elise Rousseau, l’extraction de diamants se déroule souvent dans un contexte de violence qui n’est pas défini par la charte.

 

Tribune. Depuis janvier, l’Union européenne assume la présidence tournante annuelle du Processus de Kimberley (PK), un forum international tripartite réunissant acteurs étatiques, membres de la société civile et d’autres de l’industrie du diamant, chargé de surveiller le commerce mondial de diamants bruts afin d’empêcher la diffusion des diamants de conflit.

Selon la définition retenue par l’ONU, les diamants de conflit sont « des diamants bruts utilisés par les mouvements rebelles pour financer leurs activités militaires, en particulier des tentatives visant à ébranler ou renverser des gouvernements légitimes ». Cette définition restrictive, adoptée en 2000, s’adapte mal aux réalités conflictuelles contemporaines et gagnerait à être étendue.

Dimension néocoloniale

Actuellement, seuls les diamants produits dans certaines zones de République centrafricaine (RCA) sont considérés comme étant des diamants de conflit. Or, dans bien des endroits encore, l’extraction de diamants se déroule dans un contexte de violence, étatique par exemple, non appréhendé par le PK. Par ailleurs, l’implication de sociétés militaires privées sur le terrain tend à complexifier davantage la situation. L’assassinat de trois journalistes russes en RCA le 30 juillet, alors qu’ils enquêtaient sur les liens supposés entre le groupe Wagner, une société militaire privée russe, et le trafic de diamants centrafricains, montre qu’aborder le problème sous le prisme de la rébellion uniquement n’est plus suffisant.

Plusieurs Etats, d’Afrique australe principalement, refusent pourtant toute modification de la définition, dénonçant la dimension néocoloniale de ce projet essentiellement porté par des Etats occidentaux. L’argument économique est aussi avancé : si le mandat du PK devait être étendu, plusieurs gouvernements se verraient dans l’impossibilité de remplir les conditions minimales nécessaires à leur participation au commerce des diamants. Ceci aurait des conséquences importantes pour les pays dont l’économie s’est construite autour de l’exportation de cette matière première.

Cependant, de par sa position particulière au croisement entre commerce international et résolution des conflits, la « Kimberley Family » possède une responsabilité d’action face aux exactions commises en lien direct et indirect avec le secteur du diamant. Ne rien faire, refuser de discuter de l’intégration de la défense des droits fondamentaux au mandat du PK, reviendrait à cautionner ces actes, sinon à s’en rendre complice.

Réalisme prudent

Dans ce contexte difficile, l’Union européenne (UE) avance avec un réalisme prudent à la hauteur du rôle d’impulsion limité que lui confère sa présidence. Aux côtés des Etats-Unis et du Canada, elle met l’accent sur la question du développement et espère inscrire l’action du PK dans la ligne des objectifs de développement durable de l’ONU. Ce discours est plutôt bien accueilli au sein du forum, car il répond à l’inquiétude économique de certains, sans que ne soit abordée la délicate question de la souveraineté. Mais est-ce suffisant ?

Etendre le mandat du PK au développement représenterait certes une avancée majeure et permettrait, sans doute, à terme, aux communautés locales de profiter des bénéfices économiques de l’extraction des diamants. Si le PK devait, lors de son assemblée plénière de novembre, faire un pas dans cette direction, ce serait déjà une étape salutaire. Cependant, l’urgence humanitaire demeurerait encore extérieure au mandat du PK et des situations dramatiques telles que celles observées à Marange (Zimbabwe) ou encore durant l’opération Brilhante (Angola) il y a quelques années continueraient de se produire.

Il serait certes impossible pour le PK d’agir seul. La coopération avec d’autres organisations internationales, telle qu’envisagée par l’UE dans le domaine du développement, pourrait permettre au PK d’apporter un début de réponse aux situations où l’humanité est en péril en raison du commerce des diamants.

De la mine au bijou

Enfin, parler de diamants bruts dans la définition revient à circonscrire le mandat du PK aux étapes de la chaîne d’approvisionnement situées entre la mine et le centre de taille. Le forum n’a donc pas vocation à surveiller ce qui se passe entre le centre de taille et le sertissage du diamant. Par ailleurs, l’opacité qui caractérise ce commerce ou encore le transit croissant des pierres par des centres peu scrupuleux en matière d’éthique, tel que Dubaï, ne permettent pas d’assurer un acheminement transparent.

Face à ce problème, et à la demande croissante de diamants éthiques, certaines entreprises ont développé une filière qui garantit le respect des droits, de la mine au bijou. Ainsi, en promouvant la transparence tout le long de la chaîne, ces projets complètent, et dépassent même, le PK. A terme, si des coopérations systématiques entre le PK et les autres acteurs impliqués ne sont pas imaginées, ce type d’initiative ad hoc où l’industrie diamantaire est à la fois juge et partie, risque de rendre le forum international caduc, les consommateurs allant chercher ailleurs la solution au problème des diamants de sang.

Elise Rousseau est chercheuse au Fonds de la recherche scientifique (FRS-FNRS), rattachée à la Chaire Tocqueville en politique de sécurité de l’université de Namur (Belgique). Elle a contribué à la rédaction du premier Manuel de diplomatie en langue française, récemment paru aux Presses de Sciences Po Paris (2018).

 

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 00:23
 Évaluation des besoins humanitaires à Paoua et ses environs
 Évaluation des besoins humanitaires à Paoua et ses environs

 

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 25 AOÛT 2018

 

BANGUI, 25 aout 2018 (RJDH)–La Coordination humanitaire et le ministère de l’action humanitaire ont organisé du 22 au 23 aout une mission autour de Paoua au nord du pays, afin d’évaluer les besoins des retournés pour une réponse appropriée.

Près de 75.000 personnes avaient fui leurs localités pour se réfugier à Paoua suite aux violences qui ont opposé les groupes armés rivaux dans la région. Huit mois après cette vague de déplacement, il n’en reste que 2.500 dans la ville de Paoua. Les personnes retournées se sont confrontées à des difficultés dans leurs zones de retour. C’est dans ce contexte que cette mission élargie d’évaluation s’est diligentée dans les villages et communes de retour de ces retournés.

Najat Rochdi, coordonnatrice humanitaire en Centrafrique a présenté l’objectif de ce déplacement « Nous sommes là pour comprendre les déficits des retournés. Nous ne voulons pas que les gens restent dans les camps. La meilleure solution ce qu’ils retournent dans leurs villages et nous voulons nous rassurer dans quelles conditions ils vivent », a-t-elle déclaré.

De Paoua à Bémal en passant par Bétoko, les besoins des retournés sont presque les mêmes. « Il nous manque de centre de santé ainsi que les médicaments, de l’eau potable et nous éprouvons le problème lié à l’éducation. Bientôt sera la rentrée scolaire mais l’école manque de tout », a confié un retourné de Bétoko.

« Nombreux sont ceux qui n’ont pas encore reconstruit leurs maisons incendiées par des rebelles », a  énuméré Philémon, un habitant de Bémal, localité à plus de 600 Km de Bangui et à 17 Km de la frontière avec le Tchad.

Même si les gros problèmes restent la santé, l’eau,  l’éducation et l’alimentation équilibrée, la relance de l’agriculture dans cette zone considérée comme « le grenier de la Centrafrique » reste encore timide. « Nous ne pouvons pas aller au-delà de 5 km pour cultiver. Nous avons encore la peur de rencontrer les rebelles, bien que les FACA et les casques bleus sont là », s’est inquiet une habitante de Beboura 3.

Virginie Mbaïkoua, ministère Centrafricaine de la réconciliation nationale et de l’action humanitaire projette les retombées de cette mission d’évaluation, « Avec la délégation humanitaire ici présente, nous allons préparer les réponses appropriées. Déjà, quelques distributions des semences sont en cours et les non-vivres suivront. Les questions de la santé, de l’éducation, de la sécurité, nous allons nous attelés », a confié le membre du gouvernement.

« Le gros problème de l’axe Pendé reste l’accès. Les ponts sont cassés et des hommes armés ont creusé des trous sur d’autres afin d’empêcher les patrouilles et l’accès humanitaire. Pour tout le long jusqu’à la frontière, il nous faudra réhabiliter ou construire 17 ponts. Je ferais le plaidoyer au gouvernement », a souligné Virginie Mbaïkoua.

Cette mission conjointe d’évaluation précède à une réponse humanitaire à ces retournés qui n’aspirent qu’à la sécurité afin de reprendre normalement les activités agricoles, poumons économique de la région de l’Ouham-Pendé au nord du pays.

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 00:17
Centrafrique, la déroute des Nations unies par Juan Branco

 

Lu pour vous 

 

Le Monde diplomatique  par Juan Branco  samedi 1 septembre 2018 - 2069 mots, p. 17

 

Un massacre qui discrédite les missions internationales

 

Au coeur de Bangui, en ce 10 avril 2018, la rumeur enfle : un groupe armé aurait enlevé une mère et sa fille. Nous sommes à la lisière du quartier PK5, enclave musulmane de quelques milliers d'habitants et poumon commercial de la capitale centrafricaine. Depuis le renversement, en mars 2013, du président François Bozizé, les affrontements entre anti-balaka, chrétiens et animistes, partisans pour la plupart du chef de l'État destitué, et la Seleka, coalition hétéroclite à majorité musulmane, ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Lancée par la France avec l'aval de l'Organisation des Nations unies (ONU) en décembre 2013, l'opération « Sangaris » (1) a été rejointe en avril 2014 par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca). En janvier 2015, alors que les affrontements avaient déjà fait six mille morts, l'ONU a accusé les deux camps de « nettoyage ethnique ». Malgré la signature d'un accord de paix en juin 2017, le conflit se poursuit. Le gouvernement du président Faustin-Archange Touadéra, élu en 2016, ne contrôle que 20 % du territoire.

Depuis le 8 avril 2018, une opération militaire de la Minusca, nommée « Sukula », sème le trouble dans la capitale. Les raids des casques bleus, qui visent à reprendre le contrôle d'un quartier tombé aux mains de milices, sont quotidiens. La mémoire des camions de réfugiés fuyant vers le Tchad en 2013, harcelés par les anti-balaka sous le regard indifférent des forces internationales, se ravive. La Minusca cherche à débusquer M. Nimery Matar Djamous, alias « Force », un milicien d'autodéfense qui règne sur ce quartier. Déserteur de l'armée centrafricaine, à la tête d'une centaine de jeunes désoeuvrés, il est en lien direct avec les chefs rebelles du nord et de l'est du pays, des ex-Seleka qui prirent temporairement la capitale en 2013 et qui menacent de redescendre à Bangui. Ici, nul n'entre sans son autorisation, et les organisations humanitaires ont plié bagage. Narguant l'autorité du président Touadéra, « Force » mine désormais la crédibilité de troupes internationales, déjà très décriées. La Minusca ne parvient pas à reprendre le contrôle du quartier.

Diamantaires libanais et pétroliers russes

Ce 10 avril, la population excédée cerne le commissariat où viennent de s'installer les Forces armées centrafricaines (FACA). Très tendue, la situation dégénère rapidement. Les troupes formées par l'Union européenne, accompagnées de mercenaires russes du groupe Wagner, paniquent. La population se réfugie près de la mosquée; des hommes de « Force » se mêlent aux manifestants; le contingent onusien, composé d'une vingtaine de soldats rwandais appuyés par deux véhicules, ouvre le feu. Alors que les miliciens répliquent, un blindé tombe en panne, obligeant les soldats à s'enfuir à pied. L'un des casques bleus est abattu. Le lendemain, dix-sept corps sont déposés devant le quartier général de la Minusca par des manifestants silencieux arborant des linceuls blancs. Parmi les cadavres, des icônes du quartier reconnues pour leurs exploits sportifs, des femmes et des enfants. En mission à Bangui, M. Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l'ONU chargé du maintien de la paix, évoque des « incidents » dont la responsabilité incombe à des miliciens qui « manipulent les jeunes ».

Entre le 8 et le 10 avril, la Croix-Rouge centrafricaine a dénombré 32 morts et 145 blessés, dont une majorité de civils. Si la Minusca a officiellement lancé quatre enquêtes sur les faits qui se sont déroulés à PK5, aucune n'a débouché sur la moindre sanction ou reconnaissance de culpabilité. Tous les rapports concluent à un usage « proportionné » de la force et au respect des règles d'engagement face à des « mouvements militairement structurés aux actions sophistiquées ». À la suite de nouvelles dénonciations, la pression s'accroît; le secrétaire général adjoint commande un autre rapport à la division des droits humains de la Minusca. Le 11 juillet 2018, M. Parfait Onanga-Anyanga, le chef de la Minusca, en trois pages « strictement confidentielles », exclut toute faute.

Passent à la trappe les témoignages recueillis sur place par journalistes et experts, mais aussi le rapport pourtant sans ambiguïté du commandement des forces des opérations spéciales, signé par le responsable adjoint des opérations spéciales Ikram Ul Haque et par le lieutenant-colonel rwandais Jean-Paul Ruhoraohza, chargés de l'opération : les casques bleus ont bien ouvert le feu les premiers sur une foule désarmée, dont seules les deuxième et troisième lignes étaient en apparence infiltrées par des miliciens demeurés inactifs. Ces documents confidentiels s'ajoutent aux rapports de la police civile des Nations unies (Unpol), du département des opérations de maintien de la paix, ainsi que d'une équipe conjointe d'enquête de la Minusca et de la police militaire nationale. Ceux-ci confirment la violence d'une opération qui s'est soldée par la fuite à pied de soldats rwandais tirant à l'aveugle à chaque carrefour de la zone la plus dense du pays pour prévenir d'éventuelles représailles.

Petit pays pivot, frontalier du Tchad et de la République démocratique du Congo (RDC), la Centrafrique a longtemps été la clé de voûte de la stratégie coloniale française au sud du Sahara, le contrôle de ce territoire n'ayant jamais été qu'un moyen au service de luttes d'influences entre puissances qui consument encore la région. Resté en jachère, entravé par une centralisation économique et commerciale autour de sa capitale, le pays a vécu au rythme des caprices d'un ancien officier de l'armée française, Jean-Bedel Bokassa (au pouvoir de 1966 à 1979), couronné « empereur » en 1977 au terme d'une cérémonie qui coûta le tiers du budget du pays.

La suite a été une succession de déceptions. La Centrafrique, malgré ses ressources naturelles - dont le diamant et le coltan restent les plus prometteuses -, a souffert du désintérêt croissant de son ancienne puissance coloniale. La reconfiguration militaire française depuis vingt ans a fait perdre à ce terrain de jeu pour barbouzes et néocolons le peu de superbe qu'il lui restait. Dans le prolongement de la fermeture de la base militaire de Bouar, officiellement pour raisons financières, et de celle de Béal, les troupes françaises se sont redéployées au Tchad voisin, à N'Djamena, à Abéché et à Faya-Largeau. Peu à peu, les rares Français qui exploitaient sucre, bois et coton se sont retirés, remplacés par les diamantaires libanais, les pétroliers russes et chinois, les marchands d'or sahéliens et les gardes forestiers américains. Areva et Total, un temps installés dans le pays (2), sont partis dans la foulée.

La guerre civile de 2013 a marqué un tournant. Après l'effondrement du pouvoir de transition incarné par M. Michel Djotodia, piètre successeur de M. Bozizé, le pays a sombré dans le chaos : les préfets n'étaient même plus nommés. Peu à peu, les groupes rebelles ont pris le contrôle de l'essentiel du pays. Autrefois bien accueilli, l'étranger, le mungiu, surpayé, entretenant une économie de prédation, est maintenant perçu comme le spoliateur d'une population privée de souveraineté - et qui vit avec 89 centimes d'euro par jour en moyenne, tandis que le moindre fonctionnaire international touche cent fois ce revenu. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant est de 382 dollars; la richesse produite par les cinq millions de Centrafricains, nettement inférieure aux bénéfices annuels de Total. La Minusca, symbole d'une présence étrangère parasitaire, concentre toutes les haines.

La force internationale (14 787 soldats et agents de plus de dix nationalités) accumule les scandales. Les rapports officiels relèvent ses « insuffisances », son incapacité à assurer la protection des populations et le manque de formation de ses contingents (3). En juin 2017, les 629 casques bleus congolais ont été renvoyés pour agressions sexuelles, après le retrait forcé des Tchadiens, accusés de partialité et de soutien aux forces musulmanes. En mai 2018, le contingent gabonais, dont le retrait avait été annoncé, a été retenu in extremis après de longues négociations impliquant le Quai d'Orsay, soucieux de garder un oeil sur la Centrafrique, alors que les mêmes accusations d'agressions sexuelles venaient de faire surface. Auparavant, des soldats de plusieurs nationalités ont quitté le pays sur fond de trafic d'armes, de viols, d'assassinats crapuleux... Redéployée alors que « Sangaris » prenait fin sans gloire, en décembre 2016, au milieu d'accusations de pédophilie organisée, la Minusca a déjà perdu soixante-treize soldats.

Ainsi se multiplient les missions en tout genre, censées renforcer des institutions nationales inexistantes. Les experts dépêchés par l'ONU se succèdent. Rémunérés 500 dollars (435 euros) la journée, ils produisent des rapports stéréotypés que personne ne lit au sujet d'un pays qu'ils n'ont jamais parcouru. La chute de l'aide bilatérale, au profit de fonds multilatéraux, aurait dû mettre fin à cette gabegie et parer aux urgences humanitaires. L'espérance de vie à la naissance est passée de 44 ans en 2002 à 52 ans en 2016. Elle reste la plus basse du monde, selon la Banque mondiale.

Les 8 et 10 avril, les FACA, infiltrées par ceux qu'elles sont censées combattre, avaient révélé les détails de l'opération imminente de la Minusca aux miliciens de « Force », précipitant le drame. À quelques centaines de kilomètres de là, le proto-État constitué par le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), ancienne colonne vertébrale de la Seleka, a appelé les forces rebelles à se réunir pour préparer une prise de Bangui en réaction au massacre. Les Mirage français stationnés au Tchad ont effectué des survols à basse altitude pour les effrayer et éviter le pire. Mais que serait le pire ? Le remplacement d'un pouvoir fantoche par un autre, la reproduction du drame de 2013, lorsque, par irritation, la France avait laissé tomber son allié Bozizé au profit d'une force hétéroclite (la Seleka) qui n'en attendait pas tant, surprise d'avoir si facilement pris la capitale, s'effondrant à peine arrivée à Bangui, multipliant pillages et violences ?

La France, qui avait alors laissé faire, promet cette fois encore qu'elle n'interviendra pas. L'ambassadeur nous le dit et nous le répète tandis que les forces rebelles se réunissent au Tchad sous l'égide de l'allié Idriss Déby. Son premier conseiller nous montre la nouvelle carte d'un pays où figurent les déploiements d'organisations non gouvernementales (ONG) forestières contrôlées en sous-main par la Central Intelligence Agency (CIA) pour contrer l'influence grandissante des mercenaires russes et des opérateurs économiques chinois. La France, qui tient le stylo sur les sujets africains au Conseil de sécurité de l'ONU, a étrangement accordé une exemption à la Russie sur l'embargo sur les armes imposé depuis la guerre civile. Le pré carré si longtemps gardé n'est plus. La présence russe est devenue patente dans les concessions minières ou les rues de la capitale : 175 instructeurs et près de 8 000 armes ont été débarqués.

Déjà, des scandales touchent les mercenaires russes, affiliés pour une grande partie d'entre eux à la société privée Wagner, et que l'on soupçonne d'avoir commandité l'assassinat sauvage de trois journalistes d'investigation de leur pays venus enquêter sur place. Bientôt, la garde rapprochée du président Touadéra, dirigée par un certain Valeri Zakharov, pourrait être remplacée par des forces spéciales françaises venues appuyer la rébellion du Nord. Cela dépendra de la réaction de Paris et des pressions que l'appareil sécuritaire américain exercera sur son allié. Entre-temps, quelques marchands de rêve profitent de l'attente pour vendre à peu de frais leur médiation, et des représentants de M. Erik Prince, fondateur de Blackwater, la société américaine de mercenaires, se laissent voir dans le seul hôtel de luxe de la ville.

Dans ce contexte délétère, la Cour pénale spéciale est née. Institution hybride mêlant droit centrafricain et international, elle a pour objectif de mettre fin à l'impunité. Après trois ans d'inactivité, et alors que son budget représente un treizième des recettes de l'État centrafricain, sa gestion opérationnelle et sa protection ont été confiées à la Minusca, rendant illusoires les promesses d'indépendance de l'institution. Doté d'une douzaine d'officiers de police judiciaire et appuyé par des juges d'instruction internationaux, son procureur Toussaint Muntazini n'a pas lancé la moindre enquête depuis sa nomination en 2017, dans un pays où les premiers procès de criminels de guerre, en janvier 2018, avaient pourtant connu un grand retentissement. Dans ces limbes, les regards de la population, d'une domination à l'autre, se durcissent imperceptiblement. Les forces coloniales devenues multilatérales continuent, elles, de peupler, indifférentes, les nuits d'un pays où l'espérance de vie se négocie au prix des silences les plus coupables.

 

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 00:10

 

 

A l’occasion de la 34ème Journée nationale de l’arbre célébrée le 18 août 2018 à Bogangolo, sous-préfecture située à 172 km au nord-ouest de Bangui, le chef de l’Etat, Faustin Archange Touadera, a recommandé à ses compatriotes de s’investir pleinement dans la lutte contre la déforestation. 

 

 

Pour cette Journée nationale de l’arbre édition 2018, le thème retenu est simple mais plein de signification : « Arbre, source de vie et de richesse ». Selon le chef de l’Etat Faustin Archange Touadera, ce thème invite tous les Centrafricains à une gestion responsable des ressources forestières de leur pays. En effet, face aux changements climatiques devenus aujourd’hui une réalité, les Centrafricains ont intérêt à « alléger les pressions qu’ils exercent sur les ressources naturelles », a recommandé le président de la république. Bien plus, ceux-ci sont  appelés à devenir des acteurs de développement durable, par un changement de comportement en faveur de la protection de l’environnement.

  

Pour donner l’exemple, le président de la république, entouré des membres du gouvernement et d’invités de marque, a procédé au planting d’arbres à Bangagolo, devant la foule, émerveillée.     

 

Combattre la déforestation  

  

Au-delà du planting d’arbres, le chef de l’Etat veut pousser ses compatriotes à se préoccuper des effets néfastes de la dégradation de l’environnement en général et de la déforestation en particulier. Ce d’autant plus que les forêts centrafricaines, comme celles des autres pays de la sous-région, subissent régulièrement les pressions liées aux actions de l’homme. La surexploitation des bois-énergie, le feu de brousse, le défrichement agricole, le surpâturage, etc. sont autant d’activités dévastatrices des forêts.

 

Pourtant, les forêts centrafricaines regorgent d’importantes ressources qui doivent être valorisées au maximum afin qu’elles  contribuent efficacement à booster l’économie nationale.  

 

Précisons que les forêts centrafricaines couvrent 40 millions d’ha. Elles comprennent 5,5 millions d’ha de forêts denses humides localisées dans le Sud - Ouest et le Sud-est, 6,5 millions d’ha de forêts denses sèches et 26,3 millions d’ha de forêts claires et de savanes arborées.

 

Toutes ces énormes potentialités naturelles doivent être sauvegardées, a renchéri Faustin Archange Touadera. La RCA, a-t-il ajouté, gagnerait en profitant de l’opportunité offerte par la création de la Commission climat du bassin du Congo et son principal outil financier, le Fonds bleu pour le bassin du Congo, pour poursuivre les programmes et projets visant l’exploitation, la gestion durable des ressources naturelles, la promotion des énergies renouvelables, la conservation de la biodiversité et l’augmentation des stocks de carbone.

 

Des efforts restent à faire

 

Comme on le voit, la Journée nationale de l’arbre version 2018 a permis d’éveiller la conscience des Centrafricains sur la nécessité de veiller sur les richesses naturelles dont leur pays regorge. Elle a également permis d’évaluer les efforts déployés, jusque-là, par les autorités du pays en faveur de la conservation et la valorisation de la biodiversité.

Précisons que le gouvernement centrafricain a élaboré plusieurs instruments  de planification appropriés tels que le Document de préparation à la réduction des émissions de gaz dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, etc. Il a par ailleurs créé, entre autres structures de gestion durable du secteur forêt-environnement,  la Coordination nationale climat (CN-Climat) dont la mission vise l’élaboration et l’orientation stratégique de la politique nationale en matière de changements climatiques. 

Mais pour le chef de l’Etat, des efforts doivent davantage être menés afin de faire du secteur du bois un véritable outil de développement national.  

                                              

Par Jules YANGANDA,

 

Consultant en Production médiatique   auprès du Projet Préparation à la RDEDD+ - Coordination Nationale Climat (CN-Climat).

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 23:35
Centrafrique : quand l'armée patrouille à Bangui

 

 

27.08.2018 à 22:09 par TV5MONDE

 

La police militaire sécurise désormais Bangui avec comme objectif de débusquer les faux soldats ou bien ceux qui ne respecteraient pas les règles de l'armée nationale. Reportage de notre correspondant Samuel Thierry Nzam.

 

Anatole Ngaya et ses soldats ont une mission : faire le tri entre les vrais militaires et ceux qui prétendent l'être. A Bangui, difficile de savoir qui est qui, il y a des armes partout et des hommes en uniforme dans chaque quartier.

Aujourd'hui, ils se rendent dans le quartier Combattant, un des fiefs des anti-balaka.

 

Après la débâcle de l'armée en 2013, beaucoup ont rejoint ces miliciens en emportant avec eux armes et tenues. Un homme est arrêté pour être interrogé. Il ne figure dans aucun registre, il porte pourtant un uniforme de l'armée nationale.
 

 

Anatole Ngaya, commandant de la police militaire, constate : "C'est un civil soi-disant auxiliaire, il n'est pas des forces armées centrafricaines, il n'a pas de numéro matricule."


Faux soldat, ancien membre de l'armée ou militaire indiscipliné, beaucoup abusent du privilège de l'uniforme, et sous couvert de protection, rackettent les habitants des quartiers, comme Claver.

 

Ils rackettent les gens dans le marché et disent que ce sont eux les autorités.                                                                                                       

Claver, un habitant du quartier

 

"Ces gens avec les uniformes, ils font tout, ils rackettent les gens dans le marché et ils disent que ce sont eux les autorités. Ils mettent même les gens en prison dans une petite pièce. Alors oui nous sommes heureux, parce que nous en avons assez de tout cela" explique-t-il.

Le recensement des forces de l'ordre et le port obligatoire d'un matricule devraient permettre de faire le tri entre les soldats assermentés et ceux qui espèrent encore tirer profit de leurs anciennes fonctions.

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 23:29
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : La frontière du pays avec le Congo tenue par un nombre insignifiant des FACA

 

PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 27 AOÛT 2018

 

MONGOUMBA, 27 Aout 2018 (RJDH)—Les habitants de Mongoumba à la frontière avec le Congo Brazzaville exigent davantage du gouvernement le renforcement de la présence militaire dans cette partie du pays. Exigence exprimées au RJDH lors de son passage dans la localité.

 

Au moment où les FACA sont déployées progressivement dans les zones considérées comme foyer de tension, certaines zones du pays expriment plus de besoin de voir leur armée proche d’elles pour assurer la sécurité et la protection. C’est dans ce contexte que la population de Mongoumba dont son élu est le président de la Commission Défense à l’Assemblée nationale plaide pour plus d’effectif  et des moyens pour la protection de la frontière sud du pays avec le Congo.

 

Au ministère de la Défense on dit prendre cette question au sérieux mais le déploiement des FACA se fait en fonction de l’agenda de l’état-major et des priorités stratégiques. A soufflé au RJDH un officier de l’armée qui ne rien laisser à l’abandon pour l’instant et que la protection du peuple est l’affaire de son armée.

 

L’armée centrafricaine frappée par un embargo monte progressivement en puissance avec l’entrainement des forces européennes ainsi que les russes qui poursuivent ces séries de formation à Berengo.

 

 

Centrafrique : Plusieurs maisons écroulées à Kabo au nord suite à la pluie diluvienne

 

PAR NOËLLA SENGBE LE 27 AOÛT 2018

 

 

KABO, le 27 08 2018 (RJDH)—Environ 500 maisons d’habitation sont écroulées à Kabo après la pluie diluvienne qui s’est abattue dans la ville ce 26 Aout dans la localité. Information confirmée au RJDH par le président de la délégation spéciale de la commune de Kabo Amza Mahamat ce matin.

 

Outre ces maisons 5 personnes sont blessées et se trouvent à l’hôpital où elles reçoivent des soins. Difficile pour l’instant de joindre la croix rouge locale pour plus de précision ainsi que des dispositions déjà prises pour aider les personnes en détresse. Mais un habitant de Kabo que le RJDH a pu joindre parle d’une situation très difficile pour les familles et la récolte.

 

« L’inondation survenu des pluies abattues sur la ville de Kabo laisse des signes de désespoirs pour les familles qui non seulement n’ont pas la sécurité pour bien cultiver et vaquer à leurs occupations. C’est un coup dur et pour l’instant nous ne savons quoi faire. Nous appelons seulement la population à la solidarité pour ceux qui sont à l’hôpital et bien sûr ceux qui ont vu leurs habitations touchées » a rapporté cet habitant de Kabo.

 

La ville de Kabo est sous contrôle des groupes armés, difficile pour l’instant de parler de l’action humanitaire pour le gouvernement pour l’instant où l’autorité de l’Etat n’existe pas. Les regards des victimes sont orientés vers les ONG et la Croix Rouge pour une action qu’elles espèrent tant.

 

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 23:27
Centrafrique: l’Union africaine rencontre les groupes armés

 

 

Lundi 27 Août 2018 - 17:10

 

Le panel de facilitateurs de l’organisation panafricaine a entamé, le 27 août, sa troisième mission auprès des groupes armés pour leur présenter un document unique synthétisant les revendications des quatorze groupes armés.

 

Le processus mené par l’Union africaine (UA) doit aboutir au dialogue et au retour à la paix. Des organisations des droits de l’homme et de la société civile ont déjà partagé leur inquiétude quant à la possibilité d'accorder l'amnistie aux chefs de guerre.
Cette rencontre doit permettre la signature d’un document commun mais aussi rassurer les différents acteurs sur la tenue du futur dialogue. Si les quatorze groupes armés acceptent de signer le document, il servira alors de base de négociation avec le gouvernement centrafricain.


L’initiative de l’UA a débuté en juillet 2017 avec la signature d’une feuille de route de sortie de crise qui tient, elle-même, compte des conclusions du forum de Bangui de 2015.


Un agenda ambitieux qui, en plus de prévoir la facilitation du dialogue entre les groupes armés et le gouvernement, aborde la question de la décentralisation; du désarmement, démobilisation et réinsertion; de la justice transitionnelle ou encore du statut des anciens chefs d'Etat.


Par le passé, plusieurs tentatives de médiation ont été menées sans succès en Centrafrique: accord de Sant’Egidio en 2017, forum de Bangui en mai 2015, forum de Brazzaville en juillet 2014...


Malgré ces tentatives, près de 80% du territoire reste sous la coupe de groupes armés et l'autorité étatique ne dépasse guère les faubourgs de la capitale, Bangui.
Les groupes armés combattent notamment pour le contrôle des ressources. L'intervention de la France (2013-2016) et de la Mission des Nations unies (Minusca, quelque douze mille cinq cents hommes depuis 2014) ont permis, début 2016, l'élection d'un nouveau président, Faustin-Archange Touadera.


La Centrafrique est embourbée dans un conflit meurtrier depuis 2013. Le renversement du président François Bozizé par l'ex-rébellion de la Séléka avait entraîné une contre-offensive des milices d'"autodéfense" antibalaka, entraînant les 4,5 millions d'habitants dans une spirale de violences.

Yvette Reine Nzaba

 

 

Nouvelles discussions pour sortir de la crise centrafricaine

 

https://www.dw.com 27.08.2018

 

C’est aujourd’hui 27 août que débute la rencontre entre le panel d'experts de l'Union africaine et les 14 groupes armés qui sévissent dans le pays. Une rencontre axée sur les revendications des groupes rebelles.

 

C’est à Bouar, dans le nord-ouest de la République centrafricaine, que l’Union africaine et les 14 groupes armés se rencontrent. Censée faciliter le dialogue entre ces derniers et le gouvernement, l’Union africaine leur remettra ce 27 août la synthèse de leurs revendications.

 

Si un point d’accord est trouvé à l’issue des trois journées de négociations, le panel de facilitation du dialogue pourra avancer vers une nouvelle étape qui sera de présenter les revendications au gouvernement. Francis Che, Porte-parole de l’Union africaine en Centrafrique : 

 

"Le panel de facilitation a récolté les revendications de chaque groupe armé. Elles ont fait l’objet d’un document unique qui sera présenté à chacun des représentants de ces groupes pour voir s’ils se reconnaissent dans le document. Ce document sera ensuite remis au gouvernement et plus particulièrement au président de la République comme base de négociations entre les deux parties."

 

La crainte des Organisations de la Société Civile

 

Alors que les revendications sont pour l’heure inconnues, certains membres de la société civile redoutent que des chefs de groupes bénéficient d’une amnistie. Notamment depuis la publication d’un document le 22 août, faisant état de 12 revendications non-négociables parmi lesquelles figure l’amnistie généralisée. Et si l’authenticité du document a été invalidée par certaines sources au sein des groupes rebelles, l’avocat Matthias Morouba, président de l’Observatoire centrafricain des droits de l’homme, reste inquiet concernant l’issue des négociations.

 

"Le gouvernement qui a accepté de négocier peut-il donner son accord sur ces revendications ? C’est la raison pour laquelle nous estimons que l’initiative africaine et sa feuille de route constitue un nouveau piège pour le peuple centrafricain, sinon au gouvernement, contre lequel nous nous élevons", indique-t-il. 

 

Une énième tentative de sortie de crise 

 

L’Initiative africaine n’est pas sa première tentative politique de sortie de crise en République centrafricaine. Brazzaville en 2014, Nairobi en 2015, San Egidio en 2017, tant de négociations qui ont abouti sur des accords non respectés jusqu’alors.

 

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 23:20
[Reportage] RCA dans la région de Paoua, des déplacés encore traumatisés
[Reportage] RCA dans la région de Paoua, des déplacés encore traumatisés
[Reportage] RCA dans la région de Paoua, des déplacés encore traumatisés

 

 

Par RFI Publié le 27-08-2018 Modifié le 27-08-2018 à 12:17

 

En République centrafricaine, dans la région de Paoua, de violents affrontements entre groupes armés ont déplacé plus de 70 000 personnes en décembre 2017. Aujourd'hui, depuis que la Minusca, la Mission des Nations unies sur place, a mis en place des bases temporaires sur les axes routiers, un calme relatif est revenu dans la zone et la majorité des populations, désoeuvrées et sans réelles ressources à Paoua, est rentrée dans les villages. Mais le retour est récent et les séquelles toujours présentes, notamment dans le village de Bemal.

 

A Bemal, en Centrafrique, le maïs vert pousse sur les bas-côtés de la piste. Les populations sont de retour dans les champs. Mais l'activité agricole reste compliquée dans cette zone. Dans la région de Paoua, de violents affrontements entre groupes armés ont déplacé plus de 70 000 personnes en décembre dernier avant que la Minusca, la mission de l'ONU sur place, ne mette en place des bases temporaires.

 

« Il y a des hommes armés qui sont là, s'inquiète Hervé, un cultivateur. Ce sont des gens qui se déguisent. Parfois, la Minusca patrouille mais après, ces hommes reviennent. La population ne peut pas aller au-delà de 5 kilomètres du village pour cultiver. C'est notre souci. On est obligés de cultiver proche du village. »

 

Tout recommencer

 

Bemal se trouve à deux jours à pied de Paoua, mais seulement à une quinzaine de kilomètres de la frontière tchadienne. Ici, des déplacés ne veulent pas rentrer chez eux car ils sont encore traumatisés. Freddy a quitté son village il y a trois semaines. Ce cultivateur doit désormais tout recommencer.

 

« J'ai fui avec seulement mes habits, les gens ont tout détruit et ils ont brûlé ma maison, raconte-t-il. J'ai perdu tout ce qui est récolte. J'ai perdu aussi les boeufs que j'avais pour l'agriculture. Pour le moment, on partage ce qu'il y a dans la famille. Je n'ai pas d'autres sources de revenus à part l'aide de mes parents. Mes parents ont plusieurs champs. Je vais leur en demander un pour cultiver. »

 

Des ONG distribuent déjà des semences pour soutenir les populations dans la reprise de leurs activités. Il faudra des mois à ces communautés pour retrouver leur vie d'avant.

 

"J'ai fui avec seulement mes habits. Les gens ont tout détruit et ils ont brûlé ma maison."

 

[Reportage] En Centrafrique, dans la région de Paoua, les séquelles des déplacés

 

27-08-2018 - Par Charlotte Cosset

 

 

INVITÉ AFRIQUE

 

RCA: «L'assistance humanitaire n'est pas la solution, c'est une réponse d'urgence»

 

Par Charlotte Cosset  RFI  dimanche 26 août 2018

 

En RCA, la Minusca a mis en place des bases temporaires pour venir en aide aux déplacés et les faire revenir dans leur village d’origine. De retour de Paoua, Najat Rochdi, représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l’ONU, coordinatrice résidente du système des Nations unies, coordinatrice humanitaire et représentante du PNUD, répond aux questions de Charlotte Cosset.

 

RFI: Vous venez de réaliser une visite à Paoua, dans le nord-ouest du pays. Quelle est la situation, aujourd’hui ?

 

Najat Rochdi: Depuis un mois et demi – depuis, en fait, que la Minusca a mis en place ses bases temporaires tout au long des axes - on a commencé à voir le retour des déplacés vers leurs villages d’origine.

La première chose qui était formidable, c’était de voir la joie revenir, des visages plus sereins que quand on les avait rencontrés à Paoua.

La deuxième chose, c’est que les activités, au niveau des champs, ont repris.

Ceci dit, il y a encore un gap en termes d’abris, soit des toits qui manquent - avec la saison des pluies évidemment il faudrait accélérer ça - soit carrément des maisons qu’il faut reconstruire.

Il y a aussi un gap au niveau de l’accès à l’eau. Nous avons vu qu’il y avait un puits pour 800 personnes, ce qui, bien évidemment, est bien au-deçà des standards.

Le troisième élément qui est vraiment assez tragique, c’est l’absence de Centres de santé, dans beaucoup d’endroits.

L’autre élément sur lequel tout le monde a insisté, c’est la mise en place d’activités génératrices de revenus et de moyens de subsistance, d’abord pour donner des alternatives aux jeunes et les encadrer parce que c’est quand même le meilleur pari sur la paix. Ensuite, pour les aider à se relever. Nous avons vu aussi beaucoup de souffrance. Ils ont subi beaucoup de choses… des violences. Ce n’est pas évident.

 

Quelle est la situation des autres déplacés dans le reste du pays en Centrafrique ?

 

Je vous avoue que, pour nous, Paoua fait partie des meilleures nouvelles. A Kaga-Bandoro, nous avions vraiment commencé un bon mouvement de relocalisation des déplacés mais, malheureusement, les derniers incidents sécuritaires ne nous ont pas permis d’aller plus loin.

A Bangassou, nous continuons de travailler d’arrache-pied avec l’espoir que les déplacés du petit séminaire - qui sont à l’évêché - pourront avoir toutes les conditions de sécurité pour retourner dans leur quartier.

À Bria, nous essayons aussi de déclencher ce mouvement de retour. Seulement, le mouvement de retour dépend aussi de la volonté des déplacés. Si les déplacés ne sont pas rassurés, ils ne vont pas accepter de partir. Par conséquent, nous travaillons, en fait, sur plusieurs plans en collaboration avec la Minusca, les forces de sécurité intérieures et autres pour mettre en place les conditions de retour ainsi que les conditions de sécurité. Bien évidemment, nous travaillons aussi avec les humanitaires pour mettre en place toutes les ressources nécessaires pour ces retours.

 

Faites-vous face à des difficultés particulières dans votre travail ?

 

Oui. Nous devions aller dans un village qui était à 60 km de Paoua. Après deux heures et demie de route, nous avons dû rebrousser chemin tout simplement parce que c’était impossible de traverser. Les voitures ou les pickups étaient totalement embourbés. Imaginez ce qu’il en est si c’est un camion, plein de nourriture, allant faire de l’assistance alimentaire.

Nous rencontrons également des difficultés d’incertitude en termes de sécurité, dans un certain nombre de zones.

Par ailleurs, la troisième difficulté évidente, c’est le manque de financement. Nous sommes actuellement à 28 / 30 % de financement. C’est pour cela aussi que mettre les retours au centre de notre stratégie ou encore réussir les retours des déplacés de Paoua, c’est un message d’espoir pour tout le monde et un message pour dire que nous n’allons pas rester tout le temps juste dans la gestion de la crise humanitaire. Oui, on peut se déplacer vers ce fameux nexus entre l’humanitaire et le développement où l’on sort de l’urgence et on rentre dans la résilience.

 

Aujourd’hui, la crise humanitaire est liée à la crise politique et sécuritaire du pays. Menez-vous des actions concrètes, à ce sujet ?

 

En tant que coordinatrice humanitaire, j’ai bien-sûr, régulièrement, des consultations avec les acteurs politiques, les acteurs humanitaires et les acteurs sécuritaires. Il y a aussi un travail en coopération car, en effet, tout le monde est bien conscient qu’une population qui souffre, qui est frustrée et qui ne peut pas voir un changement dans sa vie n’est pas une population qui, un jour, sera prête à se réconcilier.

Mes contacts avec les groupes armés concernent la négociation de l’accès humanitaire et la sécurisation du personnel humanitaire. C’est dans ce cadre que je les rencontre régulièrement et c’est quelque chose que nous continuerons à faire car dans beaucoup de cas, cela a vraiment permis de sauver beaucoup de vies.

Le contact avec les groupes armés, c’est aussi pour leur dire que quand des ONG ou des humanitaires suspendent leur assistance, ce sont  les communautés, les populations vulnérables qui payent, seules, le prix. Ils ne peuvent donc pas me dire que d’un côté, ils sont là pour défendre les communautés et que d’un autre côté, ils fassent en sorte que ceux qui sont là juste pour les aider soient à un moment donné obligés de fermer et de partir.

C’est aussi un plaidoyer pour leur dire : Ok, les ONG sont importantes. Dans ce cas, faites en sorte qu’on ne les attaque pas et qu’on n’attaque pas leurs bases, qu’on ne vole pas leur assistance parce que c’est la communauté qu’on vole. Quand on vole de la nourriture, on la vole de la bouche des déplacés, de la bouche des populations vulnérables. Quand on vole des médicaments, on l’enlève aux personnes qui en ont besoin.

Nous avons aussi, bien sûr, des réunions sur l’initiative africaine, sur ce qui est attendu de l’initiative africaine et auxquelles je peux participer parce que tout le monde est bien conscient que l’assistance humanitaire, ce n’est pas la solution.  C’est une réponse d’urgence. Donc la solution viendra bien sûr du relèvement, de la sécurité et de la réconciliation.

 

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 22:07
Centrafrique: affrontements meurtriers entre groupes armés à Bria

 

 

AFP 26/08/2018

 

Des affrontements meurtriers ont opposé samedi et dimanche des groupes armés à Bria, dans le centre-est de la Centrafrique, a-t-on appris auprès de la Mission de l'ONU dans ce pays et de témoins.

 

"Il y a eu des affrontements entre les antibalaka (prétendant défendre les non-musulmans, NDLR) et le FPRC (Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique) avec des pertes dans les deux camps", a déclaré le porte-parole de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca), Vladimir Monteiro. Les forces de sécurité centrafricaines et "la police de la Minusca ont pris des mesures de sécurité et sont en alerte dans la ville".

 

Des témoins ont précisé à l'AFP que ces heurts avaient fait au moins quatre morts et plusieurs blessés, un bilan non confirmé par la Minusca. Des dizaines de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile.

 

Les combats entre les antibalaka et les milices de l'ex-rébellion de la Seleka avaient cessé dimanche après-midi, mais des tirs sporadiques étaient toujours entendus dans la soirée, selon des habitants de la ville.

 

Le FPRC a reçu le soutien d'un autre groupe de l'ex-Seleka, l'Unité pour la Centrafrique (UPC), lors de ces affrontements.

 

Les heurts entre antibalaka et éléments du FPRC auraient pour origine un règlement de comptes entre des éléments des deux camps à propos du vol d'une moto, selon les témoins.

 

Depuis 2013, la quasi-totalité du territoire de la Centrafrique vit sous la coupe de groupes armés et de milices qui commettent d'innombrables violences et exactions.

 

La chute cette année-là du président François Bozizé, renversé par l'ex-rébellion de la Seleka qui se proclamait protectrice des musulmans, avait entraîné une contre-offensive des milices antibalaka.

 

Groupes armés issus de la Seleka et milices s'affrontent aujourd'hui pour le contrôle des ressources dans ce pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus pauvres au monde, mais riche en diamants, or et uranium.

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