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15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 03:18
Nouvelles nationales sur Mondafrique
Nouvelles nationales sur Mondafrique

 

 

Centrafrique, le dossier Camille Lepage volatilisé

 

Par La rédaction de Mondafrique 14 mai 2018

 

Une nouvelle affaire d’impunité vient de toucher les procédures judiciaires centrafricaines. Cela fait quatre ans, jour pour jour que la journaliste française, Camille Lepage trouvait la mort dans une embuscade à Bouar (Ouest Centrafrique) au cours d’un reportage. Ses assassins ne sont pas encore identifiés et son dossier d’instruction vient de disparaître à Bangui.

 

L’avocat de la famille Lepage, Maître Vincent Fillola était à Bangui il y a quelques semaines. Celui-ci s’est confronté à de nombreuses difficultés dans son travail. « Le dossier d’instruction sur l’affaire Camille Lepage a tout simplement disparu », a indiqué Reporters Sans Frontières.

 

 

Lynchage de deux Sénégalais à Bangui

 

Par La rédaction de Mondafrique 3 mai 2018

 

Des appels au calme sont lancés dans les mosquées au Sénégal après la lapidation de deux paisibles Sénégalais, le 1er mai à Bangui. En représailles des dramatiques événements de l’église Fatima de Bangui où une vingtaine de fidèles ont été tués et une centaine de blessés, plusieurs musulmans ont été lynchés. La vindicte populaire s’est notamment portée contre deux commerçants sénégalais qui ont été lapidés, avant que leurs corps ne soient brûlés. Cette affaire est prise très au sérieux par le président sénégalais Macky Sall et le milieu politique Sénégalais. Les nombreux Centrafricaine de Dakar très inquiets. Des explications officielles sont demandées au président centrafricain Touadera qui ne contrôle plus sa capitale.

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 13:10
RCA : première messe en l'église de Fatima depuis l'attaque du 1er mai

 

 

 

13 MAI 2018 Mise à jour 13.05.2018 à 21:45 par Laure de Matos Avec Pacôme Pabandji

 

 

Il y a moins de deux semaines, une vingtaine de fidèles de l'église Notre Dame de Fatima, à Bangui, a été tuée par des hommes armés, en pleine cérémonie religieuse. Ce dimanche, les survivants de l'attaque ont assisté à une messe, donnée par le cardinal Nzapalainga.

 

Les jeunes du quartier de Fatima, à Bangui, sont en colère.


Il y a deux jours, c'est le Président Touadéra qu'ils ont tancé ici même, alors qu'il venait saluer les forces de l'ordre, postées près de l'église du même nom.


Ce dimanche, ils refusent l'accès des lieux au cardinal Nzapalainga.


Le prélat a dû abandonner sa voiture et être escorté, à pied, jusqu'au bâtiment.


Ces jeunes qui conspuent l'archevêque de Bangui se sentent abandonnés par les autorités qu'elles soient religieuses ou politiques.


Le traumatisme est encore trop prégnant. Il y a moins de deux semaines, une vingtaine de personnes a été tuée ici, par des hommes armés, en pleine cérémonie religieuse.


Ce qui est arrivé, c’est le diable qui l'a fait, ce n’est pas un enfant de Dieu.


Le diable entre dans le coeur d'une personne pour la pousser à faire du mal à son prochain, à tuer son prochain. Toi qui a fait cela, ne t’en glorifie pas, ce que tu as fait est mal. Dieu n’aime pas le mal. Notre Dieu est un Dieu de bonté.", déclame le cardinal Dieudonné Nzapalainga, dans son homélie.


Beaucoup de ces fidèles étaient là le 1er mai dernier. Ils sont heureux de retrouver leur église, même si l'atmosphère reste lourde. A l'extérieur, des miliciens présumés se font entendre...


"Nous avons peur parce que nous sommes sans armes et donc si nous sommes ici, c'est par la grâce de Dieu et nous savons que c'est par la grâce de Dieu que nous sommes aujourd'hui en vie.", raconte Bienvenu Gustave Dalé, fidèle de l'église.


"Dieu est amour, l'amour c'est Dieu,  martèle le cardinal Nzapalainga. Nous voulons que cet amour gagne le coeur de tous les croyants, de tous les Centrafricains pour que nous recommencions à nous aimer les uns les autres et faire renaître ce pays, la République centrafricaine.". Et pour rappeler cet amour divin, un coeur, de sable, dessiné sur le sol va servir de lieu de recueillement, en  mémoire des victimes de l'attaque.

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 12:27
Nouredine Adam brade nos richesses ! par Pierrot NAMSENE

 

 

 

 

Pendant que les Russes cherchent à se jeter sur les ressources naturelles de notre pays qui a déjà tant souffert, certains profitent de la situation pour s’enrichir à nos dépends. Le plus célèbre et le plus connu de ces ennemis de la paix, Noureddine Adam, profite pleinement de l’arrivée des Russes pour brader les mines du sous-sol qui nous appartient

 

 

En effet les Russes ont commencé à négocier secrètement avec Noureddine Adam pour pouvoir exploiter les mines et se déplacer librement dans le Nord. Une rencontre très discrète a eu lieu au Soudan en janvier entre les deux parties qui ont mis le Nord du pays en coupe réglée.

 

 

Selon ses accords Noureddine Adam autoriserait les russes à piller nos mines en échange d’un pourcentage de 30% de l’exploitation mais aussi en leur livrant des armes de guerre de gros calibres (lance-roquettes/ mitrailleuses lourdes/mortiers).

 

 

En parallèle Noureddine Adam à crée des brigades minières qui pillent les honnêtes citoyens méritant dans le nord. Ces brigades nouvellement mise en place se substituent à l’autorité de l’Etat et sont une source de financement particulièrement lucrative pour son groupe le FPRC. Son objectif est d’ailleurs assumé, il veut diviser notre pays en deux et créer son propre sultanat le Dar Al Kouty sur lequel il regnerait sans partage !

 

 

Cet argent ne va pas servir à construire des écoles et des hôpitaux. Non ! Il va servir à acheter encore plus d’armes et recruter de nouveaux mercenaires soudanais : les cruels janjawids. A la solde de Noureddine Adam, ils provoquent des razzias et violent nos femmes dans le nord. Ils sont un fléau pour la région et inspirent la crainte dans les cœurs centrafricains.

 

 

Noureddine enrichit son groupe mais surtout s’enrichit lui-même aussi grâce aux Russes. Ceux-ci, pour le remercier, lui ont déjà donné deux à trois sacs remplis d’argent qu’il s’est empressé d’envoyer à des proches au Tchad ce qui a créée plusieurs tensions au sein des chefs de son mouvement le FPRC. En effet, Noureddine semble être le seul avoir eu ce large paiement et se vante même en privé de gagner un véritable pactole grâce à l’arrivée des Russes. Il vient d’ailleurs d’acquérir une nouvelle villa particulièrement spacieuse à Ndjamena.

 

 

Ces accords secrets qui s’ourdissent dans l’ombre doivent être dénoncés publiquement par tous les patriotes car ils empêchent la restauration de notre Etat tout en enrichissant les groupes armés ! 

 

 

Pierrot NAMSENE

 

 

 

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 12:21
Lu pour vous ; Que fait la Russie en Centrafrique ?

 

 

 

https://www.tsa-algerie.com    Par Walid Abdelbari 14 Mai 2018 à 09:10

 

 

Depuis mars dernier, la protection rapprochée du président de la Centrafrique, Faustin-Archange Touadera, est assurée par des éléments des forces spéciales russes. Cette tâche fait partie d’un accord militaire plus vaste mis en œuvre après l’obtention par la Russie d’une dérogation du Conseil de sécurité pour la livraison d’un stock d’armes de guerre à ce pays en proie à une guerre civile chronique et sous embargo international sur les armes depuis 2013.

 

Cette présence militaire russe dans un pays – et plus largement un espace géopolitique, l’Afrique francophone – longtemps considéré comme le bastion de la France, signe-t-il un retour en force de la Russie dans le continent noir ? Est-ce là, en d’autres termes, le fruit d’une stratégie de redéploiement d’une puissance mondiale voulant changer les rapports de force sur un continent où les intérêts économiques et militaires occidentaux sont très présents ? Ou bien est-ce seulement une opération conjoncturelle faite à la demande de la Centrafrique ?

 

Une Centrafrique en guerre civile et sous embargo sur les armes

 

La Centrafrique est déchirée depuis 2004 par une guerre civile qui n’en finit pas. Après le coup d’Etat du général François Bozizé en 2003, s’ensuit en 2004, une rébellion armée emmenée par Michel Djotodia, qui ne s’arrête qu’à la signature en 2007 d’un éphémère accord de paix. Car en 2012, les combats reprennent. Cette fois, à la tête de la Séléka, une coalition rebelle plus large qui accuse le gouvernement de Bozizé de ne pas respecter les accords de paix, Michel Djotodia prend le pouvoir en 2013 et s’autoproclame président de la Centrafrique à l’issue d’un putsch. La Séléka et Djotodjia quitteront le pouvoir en 2014 sous la pression de la communauté internationale.

 

Dans un pays qui compte 80% de chrétiens et 20% de musulmans, le conflit s’enlise en un affrontement intercommunautaire. La Séléka, à majorité musulmane, commet des exactions contre les civils chrétiens. En représailles, les anti-Balakas, une milice à majorité chrétienne, s’attaque aux civils musulmans. Dans tout cela, les Forces armées centrafricaines (FACA) connues pour leurs mutineries et leurs attaques répétées contre les civils sous Bozizé, sont totalement dépassées. Ni Michel Djotodia et la Séléka, ni le Conseil national de transition, formé en 2014, ni le nouveau président Touadera, élu en 2016, n’arrivent à rétablir la sécurité dans le pays.

 

Face à cette situation, le Conseil de sécurité de l’ONU soumet les FACA à un embargo sur les armes, autorise la France, d’abord réticente, à déployer une opération militaire baptisée « Sangaris », et décide de l’envoi de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA), une force d’interposition composée essentiellement de militaires africains. L’efficacité de la présence des forces internationales est très limitée. La sécurité est rétablie à Bangui la capitale, mais les combats entre factions armées de l’ex-Séléka et des anti-Balakas continuent à faire de nombreuses victimes.

 

De plus, les forces internationales font aussi face à la contestation de la population centrafricaine suite aux abus sexuels commis par des soldats français de l’opération « Sangaris » et des soldats congolais de la MINUSCA sur des enfants centrafricains. Cela déclenche des manifestations populaires dirigées contre la présence des troupes internationales, et surtout françaises. Le Congo retire ses troupes en 2016 et l’opération « Sangaris » prendra fin la même année. D’ailleurs, les ressentiments et la méfiance à l’égard de la France au sein de la population et des dirigeants de la Centrafrique sont assez répandus dans ce pays et se nourrissent d’un passé chargé.

 

La Russie dans un ancien bastion de la Françafrique

 

Ancienne colonie française, la Centrafrique bénéficiait d’une place de choix dans la politique africaine de la France des années 1960 et 1970. Connue sous le vocable de « Françafrique », cette politique initiée par le général De Gaulle et conduite jusqu’au temps de Jacques Chirac, consistait, avec l’aide opérationnelle des services secrets français, à s’assurer l’accès aux ressources naturelles des pays africains anciennement colonisés par la France en faisait en sorte que les régimes en place dans ces pays soient favorables aux intérêts français.

 

Pour ce faire, les services secrets français, et la cellule « Afrique » de l’Elysée, alors dirigée par un certain Jacques Foccart, s’employaient à tisser des réseaux de cooptation au sein des appareils étatiques et armées africains, à organiser des coups d’Etat ou à soutenir des régimes, mêmes dictatoriaux, en fonction de la docilité de ces derniers vis-à-vis de Paris. Le principe pour les dirigeants africains cooptés de cette manière était de céder l’exploitation des ressources naturelles de leur pays à la France en échange du soutien de cette dernière pour la conservation du pouvoir.

 

La Centrafrique ne faisait pas exception. Riche en uranium et en diamants, et se trouvant au cœur de l’Afrique, à une position géographique stratégique à cheval entre le Sahel et la région des Grands Lacs, la Centrafrique est longtemps, après son indépendance en 1960, dans ce qui était appelé « le pré-carré » africain de la France. Cette dernière, à une époque où elle développait son industrie nucléaire, avait besoin de l’uranium centrafricain. Elle a ainsi tour à tour aidé à renverser le premier président centrafricain, David Dacko en soutenant son successeur Jean-Bedel Bokassa, pour ensuite organiser le renversement de ce dernier et le retour du premier au pouvoir. C’est dire tout le passif de la France dans ce pays où elle y suscite toujours ressentiment, méfiance et défiance, comme l’illustre la décision du gouvernement centrafricain de faire appel à la Russie pour la protection de son président, Faustin Touadera.

 

Ressentiment car, il semblerait que le passé ne soit pas totalement étranger à cette décision. Des sources dans l’entourage du président centrafricain, citées par Jeune Afrique, font explicitement référence à l’absence de passé colonial de la Russie en Afrique puisqu’elle « n’a jamais colonisé un pays et ce n’est pas avec [la Centrafrique] qu’elle le fera » déclarait Fidèle Gouandjika, conseiller de Touadera. Méfiance, car les dirigeants centrafricains estiment que « la Russie n’a pas d’intérêts cachés », et ils n’excluent pas non plus la possibilité d’un coup d’Etat contre Touadéra. Ce dernier serait d’ailleurs « conscient des choses qui se manigancent contre lui depuis l’accord militaire avec la Russie » car « des occidentaux sont capables d’organiser [sa] chute » selon un autre conseiller du président cité par Jeune Afrique. Défiance, puisque l’entourage du président a bien conscience de gêner les intérêts français en faisait appel aux Russes.

 

Toujours selon Gouandjika, cette livraison d’armes constituait « un marché très important que la France voulait obtenir : elle se battait aussi pour obtenir la même dérogation [que les Russes]. Mais nous avons conclu avec la Russie, parce que ces dotations nous coûtent moins que celles de la France » déclarait le conseiller du président à Jeune Afrique. La France s’était en effet opposée à une première demande de dérogation russe au Conseil de sécurité, pour cette livraison d’armes, en brisant ce qui est appelé une « procédure de silence » qui veut que si aucun membre du Conseil ne s’y oppose, cette procédure est acceptée. La France s’est abstenue lors d’une seconde « procédure de silence » lancée par la Russie. En plus de livrer des armes et d’assurer la sécurité présidentielle, la Russie aidera aussi à former l’armée centrafricaine et à l’organiser.

 

La Russie, nouvelle force géopolitique en Afrique ?

 

Une question maintenant se pose : que fait la Russie en Centrafrique ? Est-elle juste en train de vendre des armes à un autre pays africain et de former ses forces armées ? Est-elle là pour bénéficier des ressources centrafricaines ? Ou bien la Russie est-elle en train de signer son retour en tant que force géopolitique majeure sur le continent africain après une absence de 27 ans depuis la chute de l’Union soviétique, en essayant de modifier les rapports de force sur un continent où se disputent intérêts américains, français et surtout chinois ?

 

En tout cas la Russie ne part pas de rien sur ce plan. Elle entretient avec l’Afrique une relation longue et solide, depuis l’époque où l’URSS soutenait politiquement et surtout militairement les mouvements africains de libération, notamment en Afrique australe. Après les indépendances, l’ex-URSS offrait sa coopération technique aux pays africains nouvellement indépendants, surtout à ceux qui avaient choisi son camp durant la guerre froide, pour les aider à bâtir leurs infrastructures. Nombreux aussi étaient les étudiants africains à avoir fait leurs études en URSS et qui occupent aujourd’hui des postes clés dans leurs gouvernements respectifs. Même à ce jour, la Russie n’est pas totalement absente en Afrique puisque certaines de ces entreprises sont présentes dans les secteurs des énergies et des mines africains, surtout en Afrique australe (Afrique du sud, Angola, Mozambique, Zimbabwe), mais aussi en Afrique de l’Ouest (Guinée, Mali, Ghana, Libéria et Côte d’Ivoire), l’objectif étant de participer à la compétition internationale pour les ressources naturelles. L’industrie russe de l’armement compte aussi de nombreux clients avec de gros acheteurs au nord (Algérie, Egypte), alors que de nombreux pays subsahariens souhaitent moderniser leurs arsenaux soviétiques. Cependant, la relation commerciale Russie-Afrique est très faible, puisqu’elle ne dépassait même pas les 5 milliards de dollars en 2013.

 

Ce chiffre illustre un peu le potentiel de la Russie à devenir une puissance géopolitique de premier plan en Afrique, car elle traine en fait deux handicaps majeurs, l’un sur le plan économique et l’autre sur le plan de la doctrine de sa politique étrangère.

 

D’abord, comme toute économie dépendante aux hydrocarbures, l’économie russe est vulnérable aux chocs externes tout en étant dépendantes aux importations de produits finis. Dans ce cas, difficile pour la Russie de projeter aussi bien ses produits que ses entreprises dans des contrées aussi lointaines pour y faire des affaires. Mis à part le secteur des énergies et des mines, la Russie ne dispose pas d’entreprises d’envergure mondiale dans les banques, les infrastructures, l’informatique par exemple, ou d’autres secteurs stratégiques à haute valeur ajoutée, qui pourraient venir concurrencer les entreprises américaines, françaises ou chinoises en Afrique.

 

Ensuite, dans la doctrine de la politique étrangère russe, sont définis deux espaces géographiques principaux : l’étranger proche et l’étranger lointain. La Russie, pour des considérations historiques, géographiques et géopolitiques qui lui sont propres, est surtout tournée vers son « étranger proche ». Cet espace comprend principalement, ses frontières occidentales avec l’Ukraine et les pays baltes, l’Asie mineure et le Caucase, qui est sa zone d’influence historique, ainsi qu’un peu de l’espace turcophone et une partie du Moyen-Orient, en Syrie principalement où la Russie possède une base navale à Tartous. Elle a même quelque peu délaissé l’Orient asiatique où la Chine, le Japon et la Corée du sud sont les principales puissances avec qui la Russie s’emploie à nouer des relations cordiales.

 

Pour ce qui est du deuxième espace, l’étranger lointain, la Russie qui se pense comme une citadelle en raison de l’étendue de son territoire et du peu d’alliés autour d’elle, s’en soucie moins. Elle est davantage préoccupée à sécuriser son espace immédiat, une préoccupation moins aigue chez les autres puissances mondiales, telles que les Etats-Unis et la Chine, ou même les Européens.

 

Le seul véritable atout de la Russie demeure sa puissance militaire et sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité qui lui permettent à tout le moins de conserver une posture défensive, sinon d’opposition dans cet « étranger lointain », qui peuvent de manière ponctuelle y gêner les intérêts d’autres puissances, comme ceux de la France en Centrafrique. Il ne serait pas étonnant d’ailleurs de voir la Russie se limiter à y apporter son savoir-faire militaire en échange d’un accès aux ressources minières centrafricaines. Mais là, seul l’avenir dira ce qu’il en est vraiment.

 

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Les partenaires traditionnels de la RCA tardaient à équiper le premier Bataillon des Forces Armées Centrafricaines formé par les instructeurs européens. Ne pouvant rester les bras croisés devant les tueries massives des factions de la Seleka qui constituent les 98 % des groupes de rebellions dans ce pays, le Président Touadera s'est adressé à la Russie qui avait mis en veto sur la livraison des armes arraisonnées au large la Somalie, armes qui avaient été proposées à la RCA.

 

Or d'après les traités internationaux, les armes arraisonnées doivent être détruites. Pire, ces armes n'étaient pas neuves. Pour montrer sa bonne foi et suite à l'offensive diplomatique du Président Touadera, la Russie a décidé de faire un don de 5000 armes, soit le double de celles qui ont été saisies entres les mains des shebabs. Les armes russes étant de nouvelle génération, l'homme du 30 mars a obtenu que les instructeurs de ce pays viennent aider à leur maniement en Centrafrique. Cette transaction s'est passée dans la transparence.

 

Maurice Wilfried Sebiro

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 00:31
RCA: inquiétude de l'UNICEF sur le sous-financement de l'aide humanitaire

 

 

Par RFI Publié le 12-05-2018 Modifié le 12-05-2018 à 00:03

 

Lors de sa visite en Centrafrique, Marie-Pierre Poirier, la directrice régionale de l'Unicef pour l'Afrique de l'Ouest et Afrique centrale, s'est rendue au nord de Bambari où de nombreuses familles sont déplacées, dans un contexte de baisse des budgets.

 

A la sortie d'une entrevue avec le Premier ministre, Marie-Pierre Poirier a fait le point sur ce voyage et notamment sur sa visite à Seko où entre le 21 mars et le 3 avril derniers des combats entre groupes armés avaient causé la mort de dizaines de personnes et le déplacement de plus de 5200 d'habitants dont la moitié sont des enfants.

 

 « Nous avons discuté avec les autorités de façon à ce que les centres de santé soient maintenus ouverts, que les fonctionnaires de l'Etat soient présents en santé, en éducation. Il faut que les établissements soient renforcés, que les écoles soient augmentées et que les fonctionnaires soient payés », insiste la directrice de l'institution onusienne.

 

De son côté, Félix Moloua, le ministre de l'Economie et du Plan, estime que cette visite a été salvatrice dans la coopération entre l'agence onusienne et le gouvernement : « Nous avons convenu que ces ressources doivent être rapidement mises en oeuvre et nous privilégions les résultats. C'est d'ailleurs grâce à ces résultats que nous pourrons mobiliser d'autres ressources. »

 

Sur les 48 millions de dollars dont l'Unicef a besoin cette année, seuls 15% de ce budget a pour le moment été alloué. Ce qui n'entache pas la détermination de Marie-Pierre Poirier : « Pour l'instant, la Centrafrique n'est plus au centre des priorités des bailleurs, peut-être parce que la communauté internationale baisse les bras. Nous Unicef, nous disons : la situation des enfants ne permet pas cela. »

 

En parallèle de cette visite, le bureau de coordination humanitaire en RCA publiait son bilan au premier trimestre : en 2017, il avait reçu 23% de son budget contre 8% aujourd'hui.

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 23:54
Lu pour vous : "En Centrafrique, le clivage religieux est utilisé pour déstabiliser le pouvoir"
Lu pour vous : "En Centrafrique, le clivage religieux est utilisé pour déstabiliser le pouvoir"
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https://www.rts.ch 

 

La guerre civile qui ravage la Centrafrique depuis 2013 a fait plus de 3000 morts et près d'un million de déplacés. Le pays est livré à une multitude de factions qui se disputent le contrôle des gisements d'or et de diamants.

 

"C'est une lutte pour le pouvoir, pas une lutte pour une idéologie", précise d'emblée l'invitée de Géopolitis Caroline Vuillemin, directrice de la Fondation Hirondelle. L'ONG suisse est présente en Centrafrique depuis 18 ans.

 

Dans cette guerre civile, deux mouvements principaux s'affrontent, semant la terreur parmi les populations civiles. La Seleka, alliance musulmane aujourd'hui fragmentée en une multitude de factions rivales, et les Anti-balaka, milice d'autodéfense chrétienne et animiste. Déployés en 2014, les casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca) semblent incapables de venir à bout de cette crise souvent décrite comme un conflit d'ordre confessionnel. "C’est vraiment un raccourci", nuance Caroline Vuillemin. "Le clivage religieux est utilisé par les seigneurs de guerre pour déstabiliser le pouvoir en place et les institutions. La population centrafricaine n'est pas divisée entre chrétiens et musulmans."

 

Espoir démocratique en 2016

 

En 2016, l’élection démocratique du président Faustin Archange Touadéra avait soulevé l'espoir qu'une page allait se tourner. Mais comment restaurer l’autorité de l'Etat sur un pays en lambeaux?

 

"Depuis l'indépendance, on est dans un contexte de mauvaise gouvernance, de pseudo-démocratie sans réel état de droit avec des partis politiques ancrés sur la recherche du pouvoir plutôt que sur des idées", souligne Caroline Vuillemin. L’absence d’une volonté politique reflète la situation catastrophique du pays. "Pauvreté, inégalités, manque d’accès aux soins, à l’éducation, aux services de base. Ça va de mal en pis."

 

Au-delà des complications internes, les infiltrations de pays voisins ont aussi miné la stabilité de l'Etat centrafricain. Au début des années 2000, les troupes congolaises de Jean-Pierre Bemba et les rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur, avaient commis des crimes de guerre lors d'incursions vers la République.

 

Ingérences post-coloniales

 

Tout comme d'autres pays du continent, la Centrafrique conserve les séquelles de l’époque coloniale. Après l’indépendance, les grandes entreprises françaises n’ont pas cessé de manoeuvrer en coulisses en poursuivant leurs intérêts. Le pétrolier Total, le groupe Bolloré, France Télécom, Areva, tous y font des affaires.

 

La Chine et la Russie se disputent aussi le contrôle et l’exploitation des ressources du pays. "Officiellement les Russes ont le mandat de former les troupes centrafricaines. Pour les habitants, cette présence ne pose aucun problème. Elle représente une solution pour plus de sécurité", relève Caroline Vuillemin.

 

Si l'idée d’une partition du pays a souvent été évoquée, elle n'est pas une solution pour Caroline Vuillemin. "Je ne crois pas à la partition du pays. Les Centrafricains forment un peuple uni, pacifique. Le processus de paix sera compliqué, mais si on trouve les dirigeants politiques qui ont la volonté d'arrêter les seigneurs de guerre et remettre le pays en marche, l’avenir peut être meilleur", conclut-elle.  

 

Oliver Galfetti

 

La Fondation Hirondelle en bref

 

La Fondation Hirondelle est une ONG suisse qui encourage l'information indépendante dans des contextes de conflits ou de crises humanitaires. 


Basée à Lausanne, l’organisation crée des médias, forme et soutient des journalistes. La Radio Ndeke Luka, présente depuis 18 ans en Centrafrique, est le média le plus populaire et le plus écouté du pays, avec une audience d'environ 3 millions de personnes.

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 23:46
Congo-Brazzaville : le général Mokoko condamné à vingt ans de prison

 

 

 

Le Monde.fr avec AFP Le 11.05.2018 à 21h13

 

L’ex-chef d’état-major avait été arrêté en 2016 après avoir refusé avec d’autres candidats de reconnaître la réélection du président Sassou Nguesso, au pouvoir depuis près de 35 ans.

 

Le général et opposant congolais Jean-Marie Michel Mokoko a été condamné vendredi 11 mai à vingt ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat », à l’issue d’un procès qu’il a qualifié de « règlement de comptes politique ».

 

M. Mokoko, ex-chef d’état-major, était conseiller du président Denis Sassou Nguesso, qu’il a finalement défié à l’élection présidentielle de 2016. Il dispose de trois jours pour se pourvoir en cassation.

 

Sept co-accusés également condamnés

 

En mars 2016, le général avait terminé troisième de l’élection présidentielle, recueillant moins de 14 % des voix. Le scrutin avait abouti à la réélection dès le premier tour du président Sassou-Nguesso (avec 60 % des suffrages), qui cumule près de 35 ans au pouvoir. Avec d’autres candidats, le général Mokoko, 71 ans, avait alors refusé de reconnaître la réélection du président et appelé à la « désobéissance civile », avant d’être arrêté en juin.

 

La cour a condamné par contumace à la même peine sept co-accusés dont six Français et un Congolais pour complicité « de l’infraction d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ».

 

« La décision de la cour criminelle ne nous surprend par parce que tout a débuté dans l’illégalité en violation de l’immunité juridictionnelle de notre client », a déclaré l’avocat du général Mokoko, Eric Yvon Ibouanga. Selon sa défense, il tient son immunité de son titre de « dignitaire de la République », un argument rejeté par l’accusation.

 

 

« Il ne me reste que mon honneur », écrit le général Mokoko depuis sa prison de Brazzaville

 

L’ancien militaire, jugé pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », garde le silence au tribunal mais s’exprime dans une lettre que « Le Monde » s’est procurée.

 

Par Joan Tilouine  LE MONDE Le 09.05.2018 à 14h22 • Mis à jour le 09.05.2018 à 14h37

 

Son écriture est élégante et précise. C’est celle d’un homme qui croupit depuis près de deux ans dans une cellule de la prison de Brazzaville, isolé pour avoir osé défier dans les urnes un chef d’Etat autoritaire, au pouvoir depuis une trentaine d’années. C’était lors de l’élection présidentielle du 20 mars 2016 remportée par le président sortant, Denis Sassou-Nguesso, à l’issue d’un scrutin contesté par la communauté internationale.

 

Le général Jean-Marie Michel Mokoko et ses soutiens avaient été empêchés de faire campagne, harcelés par les forces de sécurité. Les télécommunications avaient même été interrompues dans le pays. « Je me suis heurté à la machine totalitaire, écrit aujourd’hui Jean-Marie Michel Mokoko, dans une lettre datée du 8 mai que Le Monde a pu obtenir. Cette machine, via ses émissaires congolais et ses complices étrangers, [a]essayé en vain de me faire plier en exigeant de moi la reconnaissance des résultats que le monde entier savait avoir été grossièrement truqués. Face à mon refus, la dictature a ensuite entrepris de m’intimider, d’arrêter et de torturer mes compagnons, de dépenser des fortunes avec des consultants et des complices étrangers pour me diaboliser. »

 

Conditions de détention

 

Général saint-cyrien et ancien chef d’état-major des armées du Congo (de 1987 à 1993), Jean-Marie Michel Mokoko, 71 ans, avait suscité l’espoir d’une partie de la population de ce pays pétrolier d’Afrique centrale, dont les richesses captées par le clan au pouvoir font l’objet d’enquêtes en France, en Suisse et aux Etats-Unis. Il est arrivé en troisième position, avec moins de 14 % des voix selon les résultats officiels. Puis, après avoir été maintenu à résidence, il a été jeté en prison, astreint à « rester dans une pièce dont il ne peut pas sortir », selon ses avocats. Cette version contredit celle de Gérard Devillers, l’un des avocats français de l’Etat congolais, qui avait assuré sur le plateau de la chaîne TV5 Monde que M. Mokoko bénéficiait de conditions de détention privilégiées. Sa famille, menacée par les nervis du régime, n’a pas pu lui rendre visite.

 

M. Mokoko a été inculpé le 16 juin 2016 d« atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et [de] détention illégale d’armes et munitions de guerre ». Ces derniers mois, les avocats congolais ont été surpris de ne pas être convoqués aux audiences préalables au procès, qui s’est ouvert le 7 mai dans la capitale en l’absence des représentants de la presse internationale, empêchés d’y assister. Ces derniers ont finalement été admis dans l’après-midi.

 

Hasard du calendrier, le fils cadet du chef de l’Etat, Denis Christel Sassou-Nguesso, 43 ans, publiait justement sur son site Internet un opuscule livrant sa vision du « Congo de demain ». Ce député, élu avec près de 100 % des voix dans le fief familial, et qui a la haute main sur le secteur pétrolier, semble envisager de succéder à son père lorsque ce dernier quittera le pouvoir. Il le cite d’ailleurs pour énumérer les « antivaleurs » qui mineraient ce pays criblé de dettes, dont plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté malgré ses ressources en or noir et en bois. « Il s’agit de la corruption, du détournement, de la cupidité, de la concussion, de la fraude, de la paresse, du vol ou même de l’incivisme », écrit Denis Christel Sassou-Nguesso, lui-même mis en cause dans plusieurs procédures judiciaires pour corruption et concernant des « biens mal acquis », aux Etats-Unis et en France.

 

Silence de l’expert

 

Pendant ce temps, à Brazzaville, les militants de la société civile, les journalistes et les intellectuels opposants du régime sont traqués par les forces de sécurité, arrêtés et emprisonnés. Et Jean-Marie Michel Mokoko est jugé. Il s’est présenté droit et digne, le visage fermé. Il a d’abord invoqué son immunité puis a souhaité exercer son droit au silence malgré les invectives de la cour, dont le président s’est estimé « outragé »« Nous en tirerons toutes les conséquences juridiques mais les débats doivent se poursuivre »a déclaré Me Devillers.

 

Présent dans la salle, un expert en armement convoqué par la cour a refusé de témoigner sur les armes retrouvées dans la résidence de l’accusé, qui a toujours expliqué qu’elles appartenaient à sa garde. « J’ai reçu ordre de ma hiérarchie de ne pas intervenir à ce stade », a-t-il précisé à Radio France internationale (RFI).

 

« C’est un procès grotesque où les droits de la défense sont complètement bafoués, souligne Etienne Arnaud, l’un des trois avocats français de M. Mokoko. C’est totalement exubérant et grossièrement politique, avec des décisions délirantes, tordant le cou au droit congolais. » Quant à l’accusation selon laquelle le général aurait souhaité mener un « coup d’Etat », le principal témoin qui devait la soutenir ne s’est pas présenté. Le régime congolais avait pourtant mandaté des spécialistes français de l’investigation privée pour tenter d’étoffer le dossier, comme Bernard Squarcini, l’ancien directeur de la direction centrale du renseignement intérieur. En vain.

 

« Après plus de quarante ans d’une carrière militaire sans tache au service du peuple congolais, et au terme de deux ans de prison, il ne me reste que mon honneur, […] je n’ai pas l’intention d’en faire offrande à ce régime, visiblement d’un autre âge »écrit M. Mokoko dans sa missive de deux pages manuscrites. Il cite le visionnaire socialiste français Jean Jaurès et appelle ses compatriotes à avoir le courage « de rechercher la vérité et de la dire ». Et de conclure : « Il nous faut par conséquent continuer d’espérer car rien n’est perdu, contrairement aux apparences ».

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/05/09/il-ne-me-reste-que-mon-honneur-ecrit-le-general-mokoko-depuis-sa-prison-de-brazzaville_5296687_3212.html#h8SZhjWd9orzxSk3.99

 

Congo-Brazzaville : le général Mokoko condamné à vingt ans de prison

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 23:42
Lu pour vous : Au Congo-Brazzaville, les évêques critiquent sévèrement la gestion du pays
Lu pour vous : Au Congo-Brazzaville, les évêques critiquent sévèrement la gestion du pays

 

 

 

https://africa.la-croix.com

 

Réunis à Brazzaville du 8 au 9 mai en session extraordinaire, les évêques congolais ont publié, jeudi 10 mai, un message dans lequel ils jugent sévèrement la crise sociopolitique et économique que traverse le pays.

 

Dans un message, publié jeudi 10 mai, les évêques de la Conférence épiscopale du Congo se sont livrés à un diagnostic sans concession des « origines du mal » qui mine le Congo-Brazzaville. Ils ont également invité les différents acteurs de la vie sociale, politique et économique à sortir de leur torpeur.

 

Aux yeux des évêques de la République du Congo réunis en session plénière extraordinaire du 8 au 9 mai, les difficultés que traverse le pays sont liées au changement de Constitution intervenu en 2015. Entrée en vigueur en novembre 2015, la nouvelle loi fondamentale congolaise a été adoptée grâce à un référendum. Elle a notamment permis au président Denis Sassou Nguesso de se présenter et de remporter les élections présidentielles de 2016 malgré le mécontentement de l’opposition et d’une partie de la société civile.

 

À la veille du vote du référendum, dans leur message de Noël 2014, les évêques congolais étaient montés au créneau pour mettre en garde contre le changement de Constitution. Ils avaient, en outre, publié en 2016, un message dans lequel ils appelaient le président Sassou Nguesso « à sauver la République en imprimant un nouvel agir ».

 

La crise du Pool

 

Les évêques congolais ont, par ailleurs, affiché leur scepticisme sur l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités signé dans le département du Pool. Cet accord a été conclu le 23 décembre 2017 entre le gouvernement congolais et les rebelles du pasteur Ntumi, qui s’étaient soulevés en avril 2016 contre Brazzaville. « Des accords de paix sur le papier ne suffiront pas, ont-ils prévenu. Il faudra aller plus loin, en intégrant l’exigence de vérité sur les origines de cette crise récurrente. »

 

Dans ce message fort, les évêques de la République du Congo ont fustigé la gestion des ressources pétrolières. « Comment s’expliquer notre manque actuel de ressources et notre endettement excessif après dix ans d’embellie au cours desquels le pays avait engrangé des richesses si énormes que même un fonds avait été créé pour les générations futures », se sont-ils demandé en appelant à « l’avènement de l’éthique dans le commerce des matières premières ».

 

Critiquant durement les inégalités socio-économiques, la Conférence épiscopale congolaise a dénoncé le comportement d’une minorité de Congolais qui s’enrichissent alors que « dans les familles, même le repas unique qui était devenu la règle apparaît de plus en plus comme un privilège ». Dans le même esprit, l’épiscopat du Congo-Brazzaville a condamné les pratiques des entreprises spécialisées dans l’exploitation et le commerce des matières premières, estimant que celles-ci ruinent le pays en y installant la corruption.

 

Traque des délinquants économiques

 

Dans leur message du 10 mai, les évêques congolais ont, en outre, soutenu l’initiative de la majorité présidentielle, qui, dans une déclaration rendue publique le 4 avril, a émis le vœu de voir tous les délinquants économiques, impliqués dans le vol des deniers publics être traduits en justice. « Ceux qui ont pris de l’argent appartenant au Congo doivent, en effet, le rendre au peuple qui en est le seul propriétaire », ont-ils commenté.

 

Les évêques congolais ont enfin appelé au dialogue politique et à la libération des prisonniers politiques. Ils ont aussi invité les laïcs à s’engager dans des actions citoyennes pour bâtir et consolider la démocratie et l’état de droit.

 

Lucie Sarr

 

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 23:38
Les ONG étrangères s’inquiètent de la situation à Bangui

 

 

AFP

 

Les organisations humanitaires internationales présentes à Bangui tirent la "sonnette d'alarme" sur leurs conditions de travail dans les zones de la capitale centrafricaine "affectées par les dernières violences communautaires". 


"Depuis début avril 2018, la situation humanitaire dans ces zones est en train de se détériorer rapidement", écrit dans un communiqué parvenu jeudi à l'AFP le Comité de coordination des ONG internationales en Centrafrique (CCO). 


Le CCO "tire la sonnette d'alarme quant à l'absence d'accès humanitaire dans certains quartiers de la ville, plus particulièrement" dans le quartier majoritairement musulman et commerçant du PK5 "et ses quartiers périphériques". 


"Les populations n'ont pas accès aux services de base, dont les services de santé. Les acteurs humanitaires se voient refuser l'accès aux femmes, hommes et enfants qui attendent une assistance", selon le CCO qui ajoute: "L'impact de la situation sécuritaire sur les besoins humanitaires à Bangui est extrêmement inquiétant". 


Le CCO rappelle que "les principes humanitaires de neutralité et d'impartialité sont au coeur de l'action des acteurs humanitaires". "En aucun cas le personnel humanitaire et les blessés ne doivent être ciblés par des actes de violence", indique Benjamin Viénot, directeur en Centrafrique de l'ONG Action contre la faim (ACF), cité dans le communiqué. 


Bangui connaît depuis le 1er mai un regain de tension et de violences. Ce jour-là, l'arrestation d'un chef de milice armée dans le PK5, avait provoqué un déchaînement de violences, faisant au moins 24 morts et 170 blessés. Une église avait notamment été ciblée, provoquent la mort de plusieurs civils, dont un prêtre. 


Divers barrages de jeunes et de milices, ainsi que les points de contrôle des forces de sécurité centrafricaines, se sont multipliés ces dix derniers jours, limitant la libre circulation des véhicules, y compris de ceux des humanitaires. 


En outre, des tirs à l'arme automatique ont été régulièrement entendus depuis le 1er mai au PK5 et alentour. 


Dimanche, au moins deux personnes ont été tuées et 10 blessées, victimes de ces tirs opposant parfois les forces de sécurité centrafricaines à des hommes armés, d'autres étant d'origine inconnue. 


Une marche de protestation contre les violences qui ont resurgi depuis dix jours à Bangui, organisée à l'appel d'un opposant, a été dispersée par la police, a rapporté un journaliste de l'AFP. 


La marche, qui rassemblait quelques dizaines de personnes et se déroulait au centre-ville, a été dispersée par des tirs de la police. Par crainte de violences, boutiques et magasins ont aussitôt fermé et les taxis, taxis-motos et minibus de transport de passagers, ont quitté précipitamment le centre-ville. 


Cette marche pacifique avait été organisée à l'appel de l'opposant Joseph Bendounga, président du Mouvement démocratique pour la renaissance de Centrafrique (MDREC), pour dénoncer les violences à Bangui et en province. 
Joseph Bendounga a été brièvement arrêté et remis en liberté. Mais il a ensuite choisi de se constituer prisonnier, demandant à être inculpé. Les policiers l'ont alors emmené de force à bord d'un véhicule jusqu'à son domicile. 


Cette marche est survenue au lendemain d'une journée "ville morte", également organisée contre les violences à l'appel de la société civile, diversement suivie. Une précédente journée "ville morte" s'était déjà déroulée vendredi. 


Ces manifestations pour exiger la fin des violences ont lieu à la suite d'un regain de tension dans la capitale centrafricaine depuis le 1er mai.

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 23:34
Quand la nuit tombe sur Bangui, les barrages de fortune se dressent
Quand la nuit tombe sur Bangui, les barrages de fortune se dressent
Quand la nuit tombe sur Bangui, les barrages de fortune se dressent
Quand la nuit tombe sur Bangui, les barrages de fortune se dressent

 

 

 

11 mai 2018 (AFP)

 

Quand la nuit tombe sur Bangui, la capitale centrafricaine où depuis dix jours la violence a repris ses droits, des jeunes masqués, souvent armés, prennent position sur des barrages de fortune érigés dans plusieurs quartiers pour « contrôler » les passages.

 

À partir de 20H00 (19H00 GMT), à toutes les entrées du quartier de Lakouanga, dans le sud de la ville, se dressent des barricades faites de bric et de broc, tables, chaises, morceaux de bois, a rapporté un journaliste de l’AFP.

 

Des jeunes masqués, armés de couteaux ou de machettes, assurent le « service d’ordre ». « On commence par fouiller les voitures qui veulent passer et si un passager n’est pas du quartier, on lui pose des questions », explique, poignard à la main, un jeune coiffé d’un béret noir, le visage caché derrière un masque de chantier.

 

Selon lui, les barrages nocturnes ont commencé à apparaître après le 1er mai, journée marquée par une explosion de violences qui a fait au moins 24 morts et 170 blessés. Une église, l’église de Fatima, a été prise sous le feu d’hommes armés venus du quartier musulman du PK5: des civils y ont été tués, dont un prêtre.

 

Dans la foulée, au moins deux musulmans ont été lynchés et deux mosquées pillées, alimentant la réthorique de ceux qui tentent de confessionnaliser le conflit.

 

L’objectif officiel du barrage de Lakouanga est d’empêcher des membres de milices armées du PK5 d’entrer dans le quartier.

 

« On n’a pas les moyens matériels de se défendre contre eux mais on peut surveiller pour donner l’alerte », poursuit la sentinelle, qui évoque les barricades du quartier Castors, près du PK5, avec une pointe d’admiration : « Là-bas, il y a de vrais guerriers, ils sont bien armés »

 

Certains des jeunes qui tiennent les barrages dans les quartiers de Bangui sont sous l’empire de l’alcool ou de la drogue. À Lakouanga, ils font le tour des maisons pendant la journée pour obtenir quelques francs CFA afin d’organiser la « protection » de leur zone.

 

– PK5 en état de siège –

 

Le quartier commerçant du PK5, qui abrite la majorité des musulmans de Bangui, est aujourd’hui pratiquement en état de siège: aux barrages de fortune des jeunes des quartiers alentour, s’ajoutent les check-points des milices armées et des forces de sécurité centrafricaines.

 

« Il est inadmissible qu’on élève des barricades et qu’on empêche les gens de circuler », a déclaré à l’AFP Vladimir Monteiro, porte-parole de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca).

 

A plusieurs reprises, la Minusca est intervenue dans Bangui pour détruire des barrages, essuyant des jets de pierre. Un Casque bleu a été blessé mardi lors de l’une de ces interventions contre un barrage érigé par des jeunes dans un quartier jouxtant le PK5, où l’accès aux soins devient de plus en plus difficile.

 

« Nous sommes très préoccupés par le manque de respect de la mission médicale », déclare à l’AFP Jean-François Sangsue, chef de la délégation centrafricaine du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

 

Le CICR peine à y faire fonctionner le centre de santé Henri Dunant, géré par la Croix-Rouge centrafricaine.

 

« Lundi matin, nous avons essayé de procéder à l’évacuation médicale de 17 blessés stabilisés au niveau » de ce centre « dont l’état exigeait leur transfert dans des hôpitaux, mais c’était impossible », déplore M. Sangsue.

 

Ils ont finalement pu être évacués en début de semaine par des ambulances du ministère de la Santé, sous escorte de la Minusca, excepté quatre d’entre eux, morts des suites de leurs blessures entre temps.

 

« Aucun camion ne rentre »

 

Même escortées, certaines personnes blessées au PK5 refusent de sortir du quartier, par peur des représailles.

 

Le 1er mai, un groupe d’individus munis d’armes blanches a fait irruption dans l’hôpital communautaire, à la recherche de patients musulmans. Une personne est morte, selon le CICR.

 

Dans les quartiers autour du PK5, les barricades entravent la circulation.

 

« Dimanche, entre le PK5 et Petevo (à environ quatre km au sud), il y avait près de 10 barrages. A pied, on peut passer, mais la circulation des voitures est interdite. Les jeunes cassent les vitres des véhicules qui veulent passer », explique un agent de sécurité, qui a vu son temps de trajet doubler pour aller travailler. « À Kpetene, il y a des snipers musulmans dans les arbres, qui tirent sur les chrétiens », prétend-il.

 

Ces rumeurs d’attaques, souvent instrumentalisées, attisent la méfiance entre chrétiens et musulmans.

 

L’impossibilité de circuler étouffe également l’activité commerciale de PK5, souvent décrit comme le poumon économique de la ville.

 

« Aucun camion ne rentre ou ne sort de PK5 depuis le 1er mai », explique Abdoul Salam, porte-parole de l’association des commerçants de PK5. « On est bloqué, il n’y a plus d’activité ».

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