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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 11:27
Au Tchad, des décès et des disparitions inexpliquées
Au Tchad, des décès et des disparitions inexpliquées

 

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Au Tchad, des décès et des disparitions inexpliquées

dw.com

Au Tchad, depuis la répression du 20 octobre, les nombreuses disparitions inexpliquées et les découvertes de cadavres sèment la peur à travers le pays.

Au Tchad, depuis les événements tragiques du 20 octobre dernier, les découvertes de corps sans vie se multiplient en brousse, à N’Djamena et dans certaines villes des provinces du Sud.

Les organisations de défense des droits humains exigent que la vérité soit faite sur ces meurtres et disparitions.   

Le cas le plus récent est celui du jeune Dionio Déoupal, arrêté le 21 octobre par les forces de l’ordre avant que ses parents ne découvrent son corps en pleine brousse à Moundou, dans le sud du Tchad.

Selon son frère cadet, Mogombaye, "le véhicule est venu avec six personnes enturbannées à bord. Elles ont tiré sur lui et cassé ses jambes avant de l'embarquer. Nous sommes allés voir les autorités qui nous ont dit qu'il est dans les locaux de l'agence nationale de sécurité. Ils nous ont dit qu’il serait en train d'être soigné."

"Exécutions extrajudiciaires"

Mogombaye Déoupal explique que le corps de son frère a finalement été retrouvé le 16 novembre. "On a seulement pu mettre ses os dans le cercueil pour l’enterrer", se souvient-il. 

La semaine dernière, quatre corps sans vie ont été ont été découverts dans des circonstances similaires, dont deux à Moundou et à N’Djamena.

Pour l’avocat Salomon Nodjitoloum, le président de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture au Tchad, la situation est très grave.  

Pour lui, "ce sont des exécutions extrajudiciaires et cela doit interpeller l'opinion nationale et internationale. Le Tchad fait partie des Etats de droit. Si une personne a commis une faute en manifestant pacifiquement, il s'agit de le traduire devant les juridictions et de le condamner conformément à la loi. Mais arrêter les jeunes et les exécuter, c'est une violation des droits de l’homme très grave."

La répression des manifestations le 20 octobre dernier auraient fait au moins 50 morts

Le gouvernement veut des preuves

Face à ces accusations, considérées comme "très graves" par le gouvernement, le ministre de la Justice demande d’apporter les preuves de ces crimes.

"Si quelqu'un a une liste nominative avec des identités précises et l'endroit où il a été de manière extrajudiciaire, mais qu'il dépose plainte. Qu'il apporte la preuve, la justice travaille avec les preuves donc s’il y a des preuves nous sommes preneurs", assure le ministre tchadien de la Justice, Mahamat Ahmat Alhabo. 

Jusqu’à ce jour, une centaine de familles sont sans nouvelles de leurs enfants ou de leurs parents arrêtés ou enlevés à leur domicile à la suite des manifestations du 20 octobre dernier.  

 

Tchad: les opposants se sentent « traqués» un mois après les manifestations sanglantes

AFP Publié le 23 novembre 2022

« Les gens sont traumatisés. La traque continue. Ils ont peur de passer devant les Transformateurs, peur d'être interpellés», assure Gabin, 30 ans, militant du parti qui se cache depuis quatre semaines

Dans un rapport du 4 novembre, des experts mandatés par l'ONU estimaient qu'entre 50 et 150 personnes ont été tuées, 150 à 184 autres ont « disparu», 1 369 arrêtées et 600 à 1 100 « déportées» à Koro Toro

N'DJAMENA: Certains jettent des regards inquiets en passant devant le siège abandonné du parti les Transformateurs, dans le quartier d'Abena, épicentre à N'Djamena des manifestations réprimées dans le sang au Tchad il y a près d'un mois.

Le jeune président du mouvement, Succès Masra, assure à l'AFP avoir été "contraint" de fuir son pays le 1er novembre. Il est le plus virulent des opposants au général Mahamat Idriss Déby Itno, comme auparavant à son père Idriss Déby Itno auquel il a succédé à la tête d'une junte militaire en 2021, quand le chef de l'Etat a été tué par des rebelles.

"Les gens sont traumatisés. La traque continue. Ils ont peur de passer devant les Transformateurs, peur d'être interpellés", assure Gabin, 30 ans, militant du parti qui se cache depuis quatre semaines.

Les portes ont été cadenassées par les voisins pour éviter les intrusions mais les fenêtres brisées rappellent les violences du 20 octobre.

Ce jour-là, une cinquantaine de personnes ont péri, officiellement, essentiellement de jeunes manifestants sous les balles des policiers et soldats. Bien davantage, selon l'opposition et des ONG.

Les Transformateurs et la plateforme de l'opposition Wakit Tamma voulaient protester contre la prolongation de deux ans de Mahamat Déby à la présidence, décrétée sur recommandation d'un dialogue de réconciliation nationale qu'ils avaient boycotté.

Un an et demi plus tôt, le 20 avril 2021, l'armée annonçait la mort au front du maréchal Déby, qui dirigeait le Tchad depuis 30 ans d'une main de fer, et proclamait son jeune fils de 37 ans chef de l'Etat à la tête d'une junte de 15 généraux. Tout en promettant de remettre le pouvoir aux civils par des élections après une transition de 18 mois.

A l'aube du 20 octobre, les pneus brûlaient et les premiers tirs visant les manifestants retentissaient, en prélude à une journée d'enfer à N'Djamena et au moins trois autres villes de ce vaste pays d'Afrique centrale.

Rafles

Quelques traces des affrontements sont encore visibles dans Abena: pneus brûlés, édifices saccagés ou incendiés. Mais globalement, la vie a repris son cours normal même si la peur des arrestations ou de nouveaux affrontements reste palpable. Boutiques, débits de boisson et salons de coiffure sont fréquentés plus timidement que d'ordinaire, et chacun se hâte vers son domicile à l'approche du couvre-feu de 22h00, décrété le 20 octobre.

Le soir des manifestations, des soldats ont pénétré au QG des Transformateurs, selon Succès Masra. "Ils venaient me chercher mais, comme je ne m'y trouvais pas, ils ont arrêté 27 membres de mon équipe", raconte l'opposant au téléphone à l'AFP depuis un pays inconnu. Il assure que 23 ont, depuis, été "assassinés", concluant: "la chasse à l'homme se poursuit dans tout le pays".

"Comme tous nos militants, je suis entré en clandestinité", explique aussi à l'AFP Max Loalngar, leader de Wakit Tamma, au téléphone quelque part dans le pays. "Depuis le 20 octobre, les forces de l'ordre passent de maison en maison, ils prennent n'importe qui", assure-t-il. "Chaque matin, on repêche des corps" dans le fleuve Chari "et d'autres sont enterrés dans le désert", lâche l'opposant, en écho à des témoignages, non authentifiés, sur les réseaux sociaux.

«Exécutions extrajudiciaires»

Aujourd'hui, l'opposition, des ONG internationales, des experts de l'ONU et des responsables de l'Union africaine (UA) accusent le pouvoir de continuer à traquer les opposants. Transformateurs et Wakit Tamma assurent que 1.500 à 2.000 personnes ont été arrêtées depuis le 20 octobre et dénoncent des "exécutions extrajudiciaires".

"Qu'ils déposent une plainte et qu'ils en apportent la preuve", a rétorqué vendredi le ministre de la Justice, Mahamat Ahmat Alhabo, ne reconnaissant que l'arrestation de 621 personnes, dont 83 mineurs, transférées à la prison de haute sécurité de Koro Toro, en plein désert, en attente de passer devant des juges pour notamment pour "tentative d'insurrection", selon les mots mêmes du général Déby.

L'UA et l'Union européenne (UE) avaient "condamné fermement" une répression disproportionnée et les "graves atteintes aux libertés d'expression et de manifestation".

"Ils sont venus chez moi pour m'interpeller", raconte Gabin à l'AFP. Six de ses voisins ont été arrêtés, ajoute-t-il.

"Les policiers ont saisi nos numéros de téléphone au siège des Transformateurs, ils nous appellent en se faisant passer pour une agence de voyage et nous tendent des pièges", assure à l'AFP un militant anonyme.

Le frère de Nouba Nadjilem a été interpellé dans la capitale le 20 octobre. L'adolescent de 15 ans "allait juste chercher du sucre", se lamente sa soeur, "sans nouvelles" de lui depuis.

Le neveu de Marie-Thérèse, 50 ans, a été pris le lendemain "devant la maison, avec certains camarades". "Je n'ai plus de nouvelles", se désespère cette femme de ménage.

Dans un rapport du 4 novembre, des experts mandatés par l'ONU estimaient qu'entre 50 et 150 personnes ont été tuées, 150 à 184 autres ont "disparu", 1 369 arrêtées et 600 à 1 100 "déportées" à Koro Toro.

Vendredi, le président de la Commission de l'Union africaine, le Tchadien Moussa Faki, a dénoncé dans un rapport une "répression sanglante" et des cas signalés de "tortures, exécutions extrajudiciaires et enlèvements de plusieurs civils".

 

 

Résurgence de Boko Haram et l'ISWAP dans la région du lac Tchad

dw.com

Analyse de la situation dans la région du lac Tchad, repaire de groupes djihadistes. Une attaque a fait plusieurs morts dans les rangs des militaires tchadiens.

Aux confins du Tchad, du Niger, du Cameroun et du Nigeria, le lac Tchad est une vaste étendue d'eau et de marécages parsemés de centaines d'îlots. Certains de ces îlots servent de repaires à des groupes très mobiles de Boko Haram et à l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest, l'ISWAP. Dans cette zone, le paysage ne permet pas de déplacer des blindés et des équipements lourds. Les djihadistes s'attaquent donc régulièrement aux armées et aux civils.

Pour l'attaque de mardi, les djihadistes ont opéré en plein milieu de la nuit et visé une unité de l'armée "dépêchée en éclaireuse pour installer un poste avancé dans l'île de Bouka-Toullorom", près de Ngouboua. C'est ce qu'explique dans un communiqué le porte-parole de la présidence tchadienne, Brah Mahamat"Il y a eu une dizaine de morts et des blessés, tous des éléments des forces de défense", a-t-il précisé à l'AFP, imputant l'attaque à "Boko Haram". 

Ce nouvel assaut survient dix jours après une tournée dans la zone du président, le général Mahamat Idriss Déby Itno, qui y avait proclamé publiquement, non loin des lieux de l'attaque, que les jihadistes "aujourd'hui" n'avaient "plus la force de s'attaquer aux casernes" et ciblaient désormais "la population et ses biens". Alors que des opérations militaires sont souvent conduites pour venir à bout de ces djihadistes, l'ampleur de cette nouvelle attaque soulève une fois encore la question de leur capacité de nuisance.

Il est chargé de recherche au Centre national de la recherche scientifique, le CNRS, et a travaillé sur le mouvement djihadiste Boko Haram. 

 

Au Tchad, des décès et des disparitions inexpliquées
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Centrafrique-Presse.com
27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 11:18
Centrafrique: les vendeurs d'essence à la sauvette prospèrent
Centrafrique: les vendeurs d'essence à la sauvette prospèrent

 

 

26 NOV 2022 Mise à jour 26.11.2022 à 10:00 Par Annela NIAMOLO

© 2022 AFP

Sur l'avenue Boganda, la station d'essence Tradex est déserte, seule une chèvre erre entre les pompes à sec: à Bangui, la capitale de la Centrafrique, plusieurs stations ne sont plus approvisionnées depuis parfois sept mois et les vendeurs de carburant à la sauvette prolifèrent.

A quelques mètres de cette station d'ordinaire très fréquentée, Princia Omah, 18 ans, arrange ses bouteilles remplies d'essence et de fioul à l'abri d'un parapluie multicolore qui la protège d'un soleil ardent.

"Je vends du carburant pour faciliter la tâche aux gens véhiculés", explique la jeune femme.

La Centrafrique, deuxième pays le moins développé au monde selon l'ONU, connaît régulièrement des problèmes d’approvisionnement en hydrocarbures. Mais depuis mars, le pays traverse une dramatique pénurie.

"Ce sont les conséquences de la guerre en Ukraine et les difficultés d'acheminement des hydrocarbures car le pays n'a pas d'ouverture sur la mer", explique à l'AFP Ernest Fortuné Batta, directeur général de la Société centrafricaine de stockage des produits pétroliers (SOCASP).

- Marché noir -

À Bangui, le prix à la pompe est bloqué par les autorités à 865 francs CFA (1,32 euros) le litre depuis plusieurs années. Mais dans les rues, le carburant se vend en bouteille 30 à 40% plus cher.

Ces revendeurs se fournissent pour la plupart au marché noir, et achètent des produits souvent coupé et de mauvaise qualité.

"Mon père se fournit chez des contrebandiers dans le quartier musulman à 5 km du centre-ville, cela vient généralement du Tchad ou du Cameroun", raconte Princia Omah.

Aux abords des stations fermées, les vendeurs à la sauvette ont ainsi remplacé les pompistes dont plusieurs centaines sont au chômage technique.

Les dernières qui résistent sont prises d'assaut par des processions de véhicules, tous en quête de quelques litres du précieux liquide.

"Je n'ai pas le choix, je suis obligé de prendre le carburant chez ces revendeurs pour me permettre de faire mes courses et aller au travail même si parfois ces carburants sont mélangés et que ça peut causer des problèmes à la voiture", se lamente Cédric Banam, qui en achète trois fois par semaine.

"On ne s'attendait pas à ce que la crise atteigne ce niveau. J'ai beaucoup plus de clients qu'auparavant", raconte Maurice Gbeza, 29 ans, vendeurs à la sauvette depuis un an.

Conséquences, les prix des transports grimpent en flèche au diapason de la colère des usagers.

"Avant je dépensais 1.000 francs CFA par jour (environ 1,5 euros) mais maintenant il me faut au moins 2.000 francs pour une journée, c'est trop, le salaire, lui, n'a pas bougé", déplore Pamela Mayevosson, secrétaire administrative.

"Le gouvernement doit vite rétablir la situation sinon le pays risque de devenir un désert", lâche-t-elle.

"Aucune solution n'est prévue pour pallier cette situation", enrage Franck Ngaïckom, président du syndicat des motos-taxis, ajoutant: "le gouvernement ne se rend pas compte que la population souffre. Beaucoup de conducteurs ont arrêté de travailler".

- Parmi les plus pauvres -

Selon M. Batta, le gouvernement "a pris contact avec d'autres fournisseurs pour mettre fin à cette crise", sans donner plus de détails.

Sollicité à plusieurs reprises par l'AFP sur la pénurie des carburants, le gouvernement n'a pas répondu.

Mi-mars, le ministre de l'Energie et de l'Hydraulique, Arthur Bertrand Piri, avait voulu rassurer la population en annonçant l'arrivée de camions pour ravitailler la capitale. Mais depuis, la situation ne cesse de se dégrader.

"Trois camions-citernes viennent d'arriver pour alléger la situation, on a encore un stock d'hydrocarbures mais on limite les livraisons pour éviter de tomber dans la sécheresse totale", affirme M. Batta.

"Venez chez maman M16, c'est à 1.100 francs la bouteille", hèle Marguerite Goungbon, 52 ans, du fond de sa chaise en plastique.

"Quand j'ai vu que la majorité des stations étaient fermées à cause de la crise je me suis mise à vendre l'essence", explique cette ancienne marchande de beignets. "Mais quand la crise sera finie, j’arrêterai de vendre", conclut-elle.

Pays toujours en guerre civile depuis 2013, même si elle a considérablement baissé d'intensité depuis quatre ans, la Centrafrique est totalement enclavée au cœur du continent africain, et un des pays les plus pauvres du monde malgré sa richesse en ressources naturelles, notamment l'or et le diamant, mais aussi avec un potentiel intéressant en pétrole.

La Banque mondiale estime que 71% des quelque 6 millions d'habitants vit au-dessous du seul international de pauvreté (moins de 2,15 euros par jour par personne). Près de la moitié souffre de l'insécurité alimentaire et dépend de l'aide humanitaire internationale, selon l'ONU.

 

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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 11:16
Guninée E: Teodoro Obiang Nguema, un record mondial de longévité au pouvoir

 

Guinée équatoriale: Teodoro Obiang Nguema, un record mondial de longévité au pouvoir

 

26 NOV 2022 Mise à jour 26.11.2022 à 22:00

© 2022 AFP

Avec plus de 43 années, il détient le record mondial de longévité au pouvoir pour un chef d'Etat encore vivant, hors monarchies. Le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a été réélu sans surprise avec 94,9% des voix pour un 6e mandat samedi dans ce petit Etat pétrolier d'Afrique centrale au régime parmi les plus fermés et autoritaires au monde.

Déjà réélu en 2016 avec 93,7% des suffrages, il semblait pourtant préparer ces dernières années un dauphin, un de ses fils, le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, alias Teodorin, jet-setteur invétéré connu pour son train de vie luxueux et condamné en France dans l'affaire des "biens mal acquis".

A 80 ans, le chef de l'Etat limitait depuis deux ans ses apparitions publiques quand Teodorin prenait de plus en plus la lumière à mesure que s'effaçait le patriarche. Le tout-puissant et redouté vice-président Teodorin, chargé de la Défense, ne renonçait pas toutefois à s'afficher sur les réseaux sociaux entourés de naïades ou au volant de voitures de courses aussi rares que chères.

Mi-décembre 2021, tout le monde s'attendait à ce que le parti au pouvoir le désigne candidat à la place de son père.

Mais les caciques de ce pouvoir clanique, ainsi que la garde rapprochée de Teodoro Obiang, jugeaient qu'il était trop tôt et trop provocateur de le propulser officiellement successeur au moment où la chute des revenus des hydrocarbures depuis 2014 et la pandémie de Covid-19 rendaient son pays encore plus dépendant de l'aide et des financements extérieurs.

Le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE) avait alors décidé, contre toute attente, de ne nommer personne encore et ce n'est que deux mois avant le scrutin que le chef de l'Etat a rempilé.

"Cela fait trop longtemps que je suis au pouvoir mais le peuple veut encore que je sois son président. C'est la dernière fois que je me présente", avait-il pourtant confié à l'hebdomadaire Jeune Afrique juste avant sa réélection en 2016. Alors titillé sur la succession préparée pour Teodorin, il avait rétorqué: "La Guinée équatoriale n'est pas une monarchie, (...) mais je n'y peux rien s'il a du talent".

Le très austère Teodoro Obiang - l'opposé de son fils - est réputé mener une vie d'ascète, avoir une bonne hygiène de vie et pratiquer du sport quotidiennement.

- Hantise du coup d'Etat -

Le 3 août 1979, c'est par les armes, avec des officiers, qu'il renverse son oncle, le sanguinaire dictateur Francisco Macias Nguema, fusillé deux mois plus tard.

Il en a gardé la hantise du coup d'Etat. Sa garde prétorienne est composée de militaires de son clan réputés fidèles mais - on n'est jamais trop prudent - ses gardes du corps les plus proches sont israéliens et la sécurité du palais est en partie confiée à des Zimbabwéens et des Ougandais.

Depuis son accession au pouvoir, il affirme avoir déjoué au moins dix tentatives de coup d'Etat ou d'assassinat et, à chacune, Malabo a répondu par une répression accrue, accusant pêle-mêle l'opposition en exil et "des puissances étrangères".

Teodoro Obiang, d'abord chef d'un pays sans grandes ressources et traité avec suffisance par les autres présidents africains, a bénéficié de la découverte de pétrole dans les eaux territoriales au début des années 1990.

Les cartes sont rebattues, le pays s'enrichit. En 2021 ce pays, très peu peuplé, est le troisième le plus riche d'Afrique en PIB par habitant, selon la Banque mondiale, mais la richesse est concentrée dans les mains de quelques familles, une très grande majorité du 1,4 million d'habitants vivant sous le seuil de pauvreté.

- Prince Teodorin -

La Guinée équatoriale est régulièrement citée par les ONG comme l'un des pays où la corruption est la plus élevée.

Teodorin Obiang a ainsi été définitivement condamné à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d'euros d'amende dans une affaire de "biens mal acquis" en juillet en France, ses avoirs sont gelés et il est interdit de séjour au Royaume-Uni depuis 2021 pour "corruption" et "détournement de fonds publics" dans son pays et a dû renoncer à 26 millions de dollars d'avoirs aux Etats-Unis pour mettre fin à des poursuites pour corruption la même année.

Seule une opposition de façade est tolérée dans le pays. Jusqu'en 1991, le PDGE était parti unique, avant que le pouvoir ne tolère des petits mouvements satellites ou "d'opposition", que M. Obiang fait supprimer lorsqu'ils deviennent trop menaçants.

Dans ce petit pays volontiers surnommée par les détracteurs des Obiang la "Corée du Nord d'Afrique", les arrestations ou disparitions d'opposants sont fréquentes, et beaucoup d'entre eux ont trouvé refuge à l'étranger, notamment en Espagne, ancienne puissance coloniale.

 

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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 10:23
Nouvelles nationales sur RNL
Nouvelles nationales sur RNL

 

Centrafrique : Ferdinand Alexandre Nguendet en passe de perdre son statut d’ancien chef d’Etat ?

https://www.radiondekeluka.org/ samedi 26 novembre 2022 16:44

La justice centrafricaine projette de retirer à Ferdinand Alexandre Nguendet son statut d’ancien chef d’Etat. Sur instruction du ministre d’Etat à la Justice, le parquet de Bangui a ordonné au Trésor public de suspendre le versement des pensions à cet ancien chef d’Etat de transition par intérim. La raison évoquée est le « défaut de qualité ». Une procédure jugée illégale par les avocats du concerné. 

C’est dans un message porté en date du 18 novembre 2022 que le parquet de Bangui a enjoint l’agent comptable central du Trésor public de suspendre les indemnités d’ancien chef d’Etat accordées à Ferdinand Alexandre Nguendet. Ce dernier avait assuré en janvier 2014 et ce, pendant deux semaines, la fonction du chef d’Etat de transition par intérim ; après la démission à Ndjamena au Tchad du président Michel Djotodia.

Le procureur de la République, Benoit Narcisse Foukpio, a indiqué à Radio Ndeke Luka que le parquet s’est fondé sur les dispositions de la loi fixant le régime de pension accordé aux anciens présidents de la République. Pour lui, seuls les présidents élus démocratiquement, à l’issue d’un suffrage universel direct, peuvent bénéficier de ces avantages. Ce qui justifie, selon lui, la raison de « défaut de qualité » évoquée.

« Il n’appartient pas au parquet de le déchoir »

Cette procédure est qualifiée d’illégale par les avocats de l’ancien président du Conseil national de transition. Lesquels demandent au parquet de produire les actes de déchéance de la qualité de leur client, en tant qu’ancien chef d’Etat. Pour la défense de Nguendet, il n’appartient pas au parquet de déchoir son client de son statut d’ancien chef d’Etat de transition.

« Dans un Etat de droit, lorsqu’il y a une décision concernant une personne, cette personne doit en être informée. M. Ferdinand Alexandre Nguendet qui a été président du Conseil national de transition, qui a assumé aussi les fonctions d’ancien chef d’Etat par intérim, a été surpris de lire sur les réseaux sociaux que la pension dont il est bénéficiaire lui était désormais supprimée. Nous, avocats qui assurons sa défense, avons écrit au procureur de la république lui demandant de nous donner les éléments justifiant cette mesure » a indiqué Me Nicolas Tiangaye, un des avocats de Ferdinand Alexandre Nguendet. La question que se pose la défense de M. Nguendet est de savoir s’il s’agit d’un défaut de qualité ou d’une « perte de qualité ».

Devoir de neutralité politique

En 2020, l’Assemblée nationale a adopté une loi qui prévoit, notamment, une pension pour les anciens présidents démocratiquement élus. En son article 2, il est attribué une allocation spéciale aux anciens présidents de la République et, par décret, aux anciens chefs d’État de Transition comme l’indique l’article 12 de ladite loi. Le texte exige aux anciens présidents et chefs d’Etat la « neutralité politique » de peur de perdre les avantages qui leur sont attribués.

Membre du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016, Ferdinand Alexandre Nguendet, tout comme une grande partie de l’opposition démocratique, s’oppose au projet de modification de la loi fondamentale en vigueur. Sa prise de position officielle est considérée par le pouvoir comme une violation de la loi relative au statut d’anciens présidents de la République et chefs d’Etat.   

 

 

Centrafrique : la Banque mondiale offre 900 tonnes de médicaments et équipements biomédicaux au ministère de la Santé

https://www.radiondekeluka.org/  jeudi 24 novembre 2022 12:22

C’est un début de solution aux problèmes de médicaments enregistrés dans certains hôpitaux en République centrafricaine. La Banque mondiale, à travers le projet SENI Plus, vient d’offrir des médicaments et équipements biomédicaux au ministère de la santé. Ceci, pour améliorer la santé de la population. La remise officielle du lot de ces médicaments a été faite le mardi 22 novembre 2022 à Bangui, en présence du chef de l’Etat, du ministre de la santé et de certains partenaires.

Le don comprend 900 tonnes de médicaments essentiels composés des antibiotiques, des antipaludiques et des équipements biomédicaux tels que les kits de césarienne et des équipements de bloc opératoire qui ont un coût de plus de 3 milliards de francs CFA. La Représentation nationale de la Banque mondiale précise que ces médicaments doivent être distribués gratuitement.  

100.000 femmes enceintes et 426.000 enfants de moins de 5 ans visés 

"Le projet SENI Plus vise l’offre des soins de santé de qualité à plus de 42% de la population centrafricaine dont plus de 100. 000 femmes enceintes et 426.000 enfants de moins de 5 ans. Il aidera à l’accroissement de l’utilisation des services de santé essentielle de qualité en appuyant plus de 492 centres de santé et 15 hôpitaux de districts" a précisé Guido Rurangwa, représentant résident de la Banque mondiale.

Le ministre de la santé, Docteur Pierre Somsé, réaffirme son engagement à mettre en place une stratégie de distribution de ces médicaments et équipements biomédicaux dans les districts sanitaires ciblés.

Un déploiement accéléré prévu

"Le plan de répartition de ces équipements et médicaments est prêt et les dispositions sont prises pour les déployer de façon accélérée" a rassuré Docteur Pierre Somsé, ministre de la santé publique.

Le projet SENI Plus qui sera exécuté en République centrafricaine pour une durée de 5 ans, cible les districts sanitaires de la Nana-Mambéré, de la Mambéré-Kadéï, de la Sangha-Mbaéré, de l’Ouham-Pendé, de la Kémo, de la Nana-Gribizi, de la Ouaka, du Bamingui-Bangoran et de la Basse-Kotto.

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Centrafrique-Presse.com
24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 12:02
Et en même temps, la fin de l’influence française en Afrique
Et en même temps, la fin de l’influence française en Afrique

 

Lu pour vous

 

Et en même temps, la fin de l’influence française en Afrique. La chronique d’Eric Bazin

https://www.opinion-internationale.com/ 16H25 - mercredi 9 novembre 2022

En arrivant à l’Elysée en 2017, Emmanuel Macron voulait avoir une relation décomplexée avec l’Afrique, refusant, compte tenu de son âge, de porter l’héritage de la Françafrique et du temps des colonies, qu’il n’a pas connues !

Aujourd’hui, devant le recul de Paris dans ses relations avec le Continent, le président français préconise de développer un nouveau narratif face à l’influence de la Russie, de la Chine ou encore de la Turquie, même si malheureusement, il n’est pas toujours utile d’agiter ces oripeaux ou étendards étrangers pour déchaîner la haine de foules dans les rues du continent.

« Ne nous résignons pas à la fracture du monde », « La situation de notre planète accroît nos exigences », « Ce à quoi nous assistons depuis le 24 février, date de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, est un retour à l’âge des impérialismes et des colonies »…

Les propos du chef de l’Etat français à la tribune des Nations unies, à New York, le 20 septembre 2022, sont l’illustration de son positionnement pour la mise en place de « nouvelles coopérations » entre les Etats de la planète face aux conflits, au dérèglement climatique et aux pandémies.

A New-York, le locataire de l’Elysée avait ainsi voulu alerter ses homologues étrangers face aux nouveaux défis qui se présentent à eux, notamment le « nouvel ordre » souhaité par les autocraties. Le « nouveau contrat », entre le Nord et le Sud, appelé par Emmanuel Macron, correspond parfaitement à sa stratégie développée pour combattre « le narratif russe, chinois ou turc », et leurs relais locaux, qu’il avait déjà dénoncé, le 1er septembre 2022, lors de la conférence des ambassadeurs à l’Elysée.

Quelques semaines plus tôt, en effet, au Palais de l’Elysée, Emmanuel Macron avait, lors de la Conférence des ambassadeurs, exhorté ses troupes, en appelant nos représentants engagés aux quatre coins du continent à « une stratégie d’influence, en étant plus agressifs et mobilisés ». Visées, les incursions et succès de la Russie, à travers le groupe Wagner en Centrafrique, Tchad, Mali et certainement prochainement Burkina et Niger !

« Notre pays est souvent attaqué. Il est attaqué dans les opinions publiques, par les réseaux sociaux et les manipulations » dénonçait Emmanuel Macron. « Il ne s’agit pas de faire de la propagande, mais de contrer les propagandes antifrançaises, de combattre les narratifs mensongers, les informations fausses et défendre la réalité de notre action », estimait-il.

La situation observée récemment en Afrique de l’Ouest semble lui donner raison, mais n’est-ce pas une prise de conscience tardive ?

Lors du coup d’Etat dans le coup d’Etat au Burkina Faso, le 30 septembre 2022, mené par le capitaine Ibrahim Traoré, on a vu dans les rues de Ouagadougou des manifestants accueillir les nouveaux putschistes avec des drapeaux russes, scandant des slogans comme « A bas la France ! » et « France dégage ! ». A cela se sont ajoutées des violences à l’égard de l’ambassade de France, tandis qu’à Bobo-Dioulasso, les locaux de l’Institut Français ont été la cible de leur colère. Il est vrai que certains ont accusé la France de soutenir le colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba ou de l’aider à rétablir le régime de l’ancien président Blaise Compaoré.

Les « news fakers wagneriens » s’en sont donnés à cœur joie. Selon eux, des parachutistes français étaient largués, toujours à Bobo-Dioulasso, la seconde ville du pays, pour venir en aide au lieutenant-colonel Paul Henri-Sandaogo Damiba…tout fraîchement putschiste lui aussi, huit mois plus tôt ! Cet épisode expressément démenti par les diplomates du Quai d’Orsay et la cellule Afrique de l’Elysée n’avaient rien vu venir ! Et pour cause, les émissaires français sont hors-sol, au Burkina-Faso, mais aussi au Mali, en Centrafrique ou encore au Tchad. Même au Sénégal un sentiment anti-français prévaut, adroitement entretenu par Ousmane Sonko, maire de Ziguinchor, la capitale de la Casamance, imperturbable opposant à l’entente cordiale entre Macky Sall et Emmanuel Macron. Il est bon pour autant de rappeler que la France reste le 1er partenaire économique du Sénégal.

Au Mali, où des militaires dirigent le pays depuis le putsch d’août 2020, le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a accusé Paris de « pratique coloniale, condescendante, paternaliste et revancharde », tout en saluant les « relations de coopération exemplaire et fructueuse » entre son pays et la Russie de Vladimir Poutine. « Les autorités françaises, profondément anti-françaises pour avoir renié les valeurs morales universelles, en trahissant le lourd héritage humaniste des philosophes des Lumières, se sont transformées en une junte au service de l’obscurantisme », a-t-il déclaré à la tribune des Nations-Unies en septembre dernier. Pour conclure son propos vengeur, il expliquait : « Paris fournit des renseignements, des armes et des munitions aux groupes terroristes, instrumentalisant les différends ethniques, en oubliant si vite sa responsabilité dans le génocide des Tutsi au Rwanda. » Moins de dix ans après l’arrivée triomphale des troupes françaises avec « Serval » en 2013, puis « Barkhane » à partir de 2014, et même si le retrait de ces mêmes troupes fut interprété comme un abandon, « parce que le job n’avait pas été terminé en matière de sécurisation de la zone », c’est difficile à entendre, à fortiori, devant des nations, plutôt désunies, sur ce cas précis !

Nombreux sont ceux qui continuent à pointer du doigt les prises de position, étonnantes, à géométrie variable, du président Emmanuel Macron en Afrique.

Nul ne peut ignorer ses attaques multiples contre le régime putschiste au Mali, alors qu’il s’était précipité à N’Djamena, en avril 2021, pour avaliser la transition non démocratique, imposée par l’armée tchadienne. Pourtant, après avoir soutenu pendant trente ans, le père, Idriss Déby, mort au combat au lendemain d’une énième élection arrangée, Emmanuel Macron se précipite aux obsèques nationales pour adouber le fils, Mahamat Idriss Déby, au prétexte de « stabilité » du pays dans la zone ciblée par les djihadistes. Entre temps, le 20 octobre dernier, plus de 50 personnes ont perdu la vie sous les tirs des forces gouvernementales. Paris condamne du bout des lèvres pareille répression.

Ce grand écart, entre déclarations bienveillantes – et certainement de bonne foi du locataire de l’Elysée – mais trop intéressées, et aujourd’hui, le rejet de la France dans ces pays, est très difficile à justifier.

Le 6 octobre 2022, une fondation pour la démocratie en Afrique, avec statut d’organisation non-gouvernementale, a vu le jour au sein de l’Université de Witwatersrand, en Afrique du Sud, sur financement français, du moins pour son démarrage.

Son initiateur, l’historien, auteur camerounais, Achille Mbembé – un temps enrôlé par Emmanuel Macron pour la préparation du Sommet Afrique-France d’octobre 2021 et chargé de rédiger un rapport sur les relations entre Paris et le Continent –, a assuré qu’elle n’avait pas vocation à se mettre « au service de l’influence française » ni à « réduire le sentiment antifrançais » en Afrique.

Reste à voir quel accueil les Africains lui réserveront, notamment parmi les élites qui se sont montrées très déçues par l’attitude de l’actuel hôte de l’Elysée.

Celui-ci entame son second mandat dans un contexte de désintérêt de la France envers le Continent, en dehors des questions sécuritaires et migratoires.

Enfin, les promesses de renouvellement de la relation entre la France et les pays francophones, issus d’une colonisation ravageuse, à travers une conquête hasardeuse des diasporas – cf le score aux présidentielles du candidat Macron face à Mélenchon auprès de ces jeunes bi nationaux, toujours promptes à fouler les pelouses des jardins de l’Elysée, une fois cornaqués par les envoyés spéciaux du président pour rassembler les foules aveuglées, restent toujours floues.

A force de jouer cette délicate partition du « en même temps », cherchant à satisfaire les anciens dirigeants – certains comme Paul Biya, récemment visité et président du Cameroun depuis plus de 40 ans, affichant au compteur plus du double d’années de vie qu’Emmanuel Macron – comme les nouvelles générations, Emmanuel Macron est tombé, tout seul, dans un véritable gué…apens dont il va être désormais difficile de s’extraire.

 Eric Bazin

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24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 11:55
Sécurité transfrontalière: le Cameroun et la Centrafrique renforcent leur coopération
Sécurité transfrontalière: le Cameroun et la Centrafrique renforcent leur coopération

 

 

La Centrafrique et la Russie expriment leur volonté d'intensifier la coopération bilatérale

Par : Yann |  French.china.org.cn | Mis à jour le 12-11-2022

Les présidents de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, et de la Russie, Vladimir Poutine, ont exprimé dans un échange téléphonique leur volonté de renforcer la coopération bilatérale en matière de politique, de commerce et d'économie, a indiqué vendredi l'ambassade de Russie en République centrafricaine (RCA) sur les réseaux sociaux.

En échangeant sur la situation alimentaire, le président russe a déclaré que son pays était prêt à contribuer à l'approvisionnement du continent africain dont la RCA par des produits alimentaires et des engrais.

Concernant la sécurité, les deux homologues sont convenus de poursuivre l'interaction afin de renforcer la souveraineté, la sécurité et la stabilité en RCA.

De son côté, M. Touadéra a exprimé sa reconnaissance pour l'assistance multiforme fournie par la Russie à son pays. Il a en outre confirmé sa participation au 2e Sommet Russie-Afrique, qui aura lieu en été 2023 à Saint-Pétersbourg, en Russie.

Source: Agence de presse Xinhua

 

Sécurité transfrontalière: le Cameroun et la Centrafrique renforcent leur coopération

Mis à jour : 11 Nov 2022 par Alain Nwaha

Les ministres de la Défense des deux pays se sont réunis pour la 3e fois de l’année le 10 novembre à Ngaoundéré.

Le ministre camerounais de la Défense, Joseph Beti Assomo et son homologue centrafricain, Claude Rameaux Bireau, se sont réunis avec leurs chefs d’état-major respectifs dans le cadre de la 3e rencontre sur la sécurité transfrontalière entre les deux pays au titre de l’année 2022. Cette rencontre avait pour but l’amélioration du climat sécuritaire et de la stabilité au niveau de la frontière commune entre les deux pays.

Longue de 797 km, cette frontière fait face aux menaces et autres conflits multiformes qui mettent en mal la cohabitation pacifique des populations camerounaises et centrafricaines. Il s’agit notamment de l’infiltration des rebelles centrafricains à l’Est Cameroun. Cette rencontre survient après les assises de la 5e session de la Commission Ad-hoc des frontières et de la 2e session de la Commission mixte permanente de sécurité transfrontalière entre la République du Cameroun et la République centrafricaine, tenues du 13 au16 juin derniers à Yaoundé.

Des assises qui ont abouti à une vingtaine de recommandations. Elles portent entre autres sur la mise en place d’une commission mixte des frontières, la coopération transfrontalière, l’adoption des mesures de lutte contre la criminalité transfrontalière, la mise en œuvre et le suivi de la démarcation de la ligne de la frontière entre les deux pays.

 

 

Centrafrique : Bangui prend de plus en plus ses distances avec Paris

https://www.fratmat.info/ Par Aboubakar Bamba Le 08/11/22 à 20:40 modifié 08/11/22 à 20:40

La dégradation des relations entre les gouvernements français et centrafricains a enregistré une accélération le 8 novembre 2022, lorsque la ministre centrafricaine des Affaires étrangères, Sylvie Baïpo-Temon, a écrit à son homologue française, Catherine Colonna, pour lui signifier que son pays met fin au décanat accordé au Haut représentant de la France auprès du Chef de l’État centrafricain.

Bangui met donc fin « au privilège totalement symbolique dont jouissait l’ambassadeur de France depuis le jour de l’indépendance de ce pays, le 13 août 1960, d’être le doyen du corps diplomatique », a écrit la cheffe de la diplomatie centrafricaine.

Paris perd ainsi un statut qui a toujours fait de l’ambassadeur de France en Rca, le doyen du corps diplomatique accrédité à Bangui en vertu d’un accord de coopération entre les deux pays, selon Rfi.

Ce développement surprend un peu bon nombre d’observateurs des relations franco-centrafricaines. Puisqu’alors que la pression de Bangui se faisait déjà de plus en plus forte pour le départ des militaires de l’Hexagone, Sylvie Baïpo-Temon avait essayé de faire baisser la tension en septembre 2022, en appelant au dialogue entre les deux parties. Paris ayant annoncé en juin 2022, la suspension de la coopération militaire avec la République centrafricaine.

Dans les échanges qui deviennent de plus en plus durs entre les deux pays, la ministre des Affaires étrangères centrafricaine, Sylvie Baïpo-Temon, n’avait pas hésité le 21 octobre 2022, sur les antennes de TV5Monde, à qualifier les propos de son homologue français Jean-Yves Le Drian "de mensongers".

Dix jours plus tôt, la Mission de formation de l`Union européenne en République centrafricaine (Eutm-Rca) avait été suspendue, le dernier contingent de 130 soldats français se préparait à déjà quitter le pays avant fin 2022.

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24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 11:51
Les forces françaises pourraient quitter le Burkina Faso

 

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Les forces françaises pourraient quitter le Burkina Faso

dw.com

Paris n'écarte pas un départ de ses troupes basées au Burkina Faso, où une manifestation contre la présence militaire française a eu lieu vendredi dernier.

Paris n'écarte pas un départ de ses troupes basées au Burkina Faso, où une manifestation contre la présence militaire française a eu lieu vendredi dernier.

Une manifestation qui a visé l'ambassade de France à Ouagadougou et la base militaire de Kamboisin, en périphérie de la capitale, où est stationné un contingent des forces spéciales françaises.

Le lendemain, c'est le Premier ministre du Burkina Faso qui critiquait les partenaires internationaux de son pays qui n'ont "pas toujours été loyaux" selon lui, dans la lutte antidjihadiste que son pays mène depuis plusieurs années. 

"Certains partenaires n'ont pas été loyaux"

"Nous pensons, peut-être à tort, que certains partenaires n'ont pas toujours été loyaux", a estimé Apollinaire Kyélem de Tembela dans sa déclaration de politique générale, devant les députés, sans citer de pays.

Le bilan paradoxal de Barkhane, revendiquant des succès militaires mais constatant un…

 

L'armée burkinabè peine à venir à bout des djihadistes

"Comment comprendre que le terrorisme gangrène notre pays depuis 2015, dans l'indifférence, si ce n'est avec la complicité de certains de nos prétendus partenaires ? N'avons-nous pas été jusque-là trop naïfs dans nos relations avec nos partenaires ? Sans doute", s'est-il demandé.

"Les nouvelles autorités du Burkina ont sorti récemment une décision d'interdiction de survol du territoire sans autorisation par la force Sabre (force française). Tout logiquement, la France ne pouvait pas faire autrement. Nous ne pouvons pas continuer à faire semblant de ne pas voir l'inefficacité des forces étrangères. Une bonne partie du territoire est hors contrôle de l'Etat. La France est en première ligne et ses faits et gestes sont scrutés. Le retrait de la France n'aura aucune conséquence sur le Burkina Faso", estime Ali Mana, expert des questions de sécurité et de défense.

La France, qui déploie encore quelque 3.000 militaires au Sahel, après avoir compté jusqu'à 5.500 hommes, a officiellement mis fin à son opération antijihadiste Barkhane, et s'est donné six mois pour finaliser sa nouvelle stratégie en Afrique.

"Il n'est plus question de lutter contre le terrorisme à la place de nos partenaires, mais de le faire avec eux, à leurs côtés", indique  le ministre français des Armées.

Paris, qui a déjà quitté le Mali avec qui il entretient des relations exécrables, souhaite néanmoins conserver une présence militaire au Sahel, notamment au Niger.

 

Burkina : le capitaine Ibrahim Traoré lâche ses « vérités »

Publié le 14.11.2022 à 17h18 par APA

Le président de la transition burkinabè a entamé une série de rencontres avec les forces vives de la nation pour, dit-il, dépeindre « la réalité du Burkina ».Dans une vidéo de 12mn45 rendant compte d’une rencontre avec les partis politiques et la société civile, tenue vendredi 11 novembre 2022 et diffusée sur la télévision nationale et la page Facebook de la présidence du Faso dimanche soir, le capitaine Ibrahim Traoré a dépeint une situation sécuritaire difficile.

Au pouvoir depuis début octobre 2022, le chef de l’Etat a rappelé les origines du terrorisme au Burkina, dû essentiellement à une mauvaise gouvernance. « J’ai marché pour traverser le Sahel (…). Il n’y a rien là-bas. Qu’avons-nous construit ? Qu’avons-nous fait de sérieux dans cette zone ? Qui en est responsable ? C’est nous », a décrit Ibrahim Traoré.

Malgré les alertes, rien n’a été fait en termes d’actions de développement en faveur de plusieurs régions, aujourd’hui sous le joug des groupes armés terroristes. « C’est nous qui avons créé cette situation. On a tout fait pour abandonner certains peuples (…) à cause de nos intérêts égoïstes (…). Nous sommes responsables du malheur qui nous arrive », a insisté le capitaine.   

Dans un franc-parler que les Burkinabè découvrent, il s’en est vivement pris aux hommes politiques qu’il a accusés d’avoir « infiltré » et « politisé » l’armée au point que chaque soldat « agit en fonction de certain bord politique ». Avec le coup d’Etat du 24 janvier 2022 qui avait porté le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba au pouvoir, il a un temps espérer que « ça va cesser, mais ça continue ».

Le capitaine Traoré a également fustigé l’attitude des citadins qui, selon lui, ne mesurent pas encore la gravité de la situation. « Je parie que les gens ignorent sérieusement la situation dans laquelle nous nous trouvons. Dans les grandes villes, la vie est tout autre. Hors de ces villes, vous n’imaginez même pas ce qui se passe. Est-ce que vous êtes conscients que le territoire est presque perdu ? », a-t-il demandé à l’assistance. 

Pour illustrer ses propos, il a pris l’exemple des attaques terroristes régulières sur la Route nationale N°1, reliant Ouagadougou à Bobo-Dioulasso. « C’est quand la route sera coupée que certaines personnes vont prendre conscience », a poursuivi le Chef de l’Etat du Burkina Faso.

Conséquence directe de la crise sécuritaire, le capitaine Traoré a dépeint une situation humanitaire des plus catastrophiques. Loin du folklore urbain, il a évoqué le cas de « ces enfants qui ont la peau sur les os, ces vieillards qui meurent de faim, ces femmes qui ne peuvent plus allaiter parce qu’elles n’ont plus rien dans leur sein (…), des gens qui mangent des herbes » dans les localités occupées par les jihadistes.

Dans un « langage de vérité », il a aussi dénoncé le manque de solidarité des Burkinabè dans ce contexte difficile. Des commerçants ont fait de la surenchère dans la location de camions pour ravitailler les zones sous blocus des groupes armés terroristes. « C’est quoi l’intégrité ? Burkina Faso, où est l’intégrité ? (…) Il n’y a aucune pitié (…). Le Burkinabè n’a pas pitié du Burkinabè (…) Les gens meurent ailleurs, mais à Ouagadougou on fait la fête », a déploré le capitaine.

Il a invité les acteurs politiques et de la société civile à faire leur « introspection » et leur « mea culpa ». « L’avenir de ce pays est entre vos mains. (…) Chacun [est] libre, à partir de cet instant de son action future, soit pour la patrie, soit contre la patrie », a tranché le capitaine Traoré.

Pour Fabé Mamadou Ouattara, journaliste au quotidien national Sidwaya, le capitaine Ibrahim Ouattara a dit ses « vérités » à la classe politique et à la société civile, parce qu’il estime que « ce sont eux qui ont mené le pays dans cette situation ». Comme le capitaine veut « asseoir son autorité, il surfe sur la vague de discrédit qui pèse sur ces acteurs », a dit l’observateur de la vie politique Burkinabè. 

« Le capitaine Ibrahim Traoré accuse l’armée, mais il semble dire qu’il se charge de mettre l’armée au pas et demande aux autres de faire profil bas s’ils ne veulent pas aller dans le sens de la transition », a analysé Fabé Mamadou

 

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24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 11:45
Pour Paris, la Russie s’attaque indirectement à la France

Lu pour vous

 

Influence : Pour Paris, la Russie s’attaque indirectement à la France en ciblant certains pays africains

http://www.opex360.com/ PAR LAURENT LAGNEAU · 21 NOVEMBRE 2022

Fin 2017, la Russie obtint une dérogation à l’embargo sur les armes imposé à la Centrafrique auprès du Conseil de sécurité des Nations unies. Pour cela, elle avait eu recours à une procédure dite de « silence », laquelle permet d’obtenir un avis favorable à une requête si aucun des cinq membres permanents ne manifeste son opposition. Et la France resta muette.

La suite est connue : sous le prétexte de former les soldats centrafricains au maniement des armes qu’elle venait de leur livrer, la Russie envoya des « instructeurs militaires civils » à Bangui. Puis, de fil en aiguille, elle y renforça son influence, sur fond de « fausses nouvelles » visant la France. Depuis, le groupe paramilitaire russe Wagner s’y est implanté, dans une logique de prédation des ressources minières du pays. En outre, il est régulièrement accusé par l’ONU d’y commettre des « actes de torture » et d’infliger des « traitements cruels, humiliants, inhumains et dégradants, y compris sur des dépositaires locaux de l’autorité de l’Etat dans l’arrière-pays ».

Quant à la France, sa présence militaire en Centrafrique va encore se réduire prochainement, avec la rétrocession du camp de M’Poko [à Bangui] aux forces armées centrafricaines [FACa], la Mission logistique [MISLOG] qui relève des Éléments français au Gabon [EFG] devant prendre fin.

Au Mali, la Russie a su jouer de ses relais locaux et profiter du double coup d’État qui a mis le colonel Assimi Goïta au pouvoir pour y restaurer l’influence qu’elle avait à l’époque de la Guerre Froide. Et l’arrivée du groupe Wagner dans le pays, sur fond d’une hostilité de plus en plus manifeste de la junte à l’égard de la France et de lutte informationnelle, a conduit au retrait de la force Barkhane.

Le Burkina Faso, qui a connu deux coups d’États cette année, pourrait suivre la même pente. Pour le moment, et selon le chef d’état-major des armées [CEMA], le général Thierry Burkhard, on n’en est pas encore là. En effet, un possible rapprochement avec la Russie « n’est pas perceptible, à se stade, dans le déclarations du capitaine Traoré », le nouvel homme fort du pays, a-t-il dit, lors d’une audition au Sénat.

Cependant, dans un entretien au Journal du Dimanche, le 20 novembre, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a évoqué le possible départ du détachement de forces spéciales « Sabre » de Ouagadougou. Plus généralement, a-t-il développé, « les Russes ont compris que l’Afrique faisait partie de notre profondeur stratégique, avec notre histoire, avec le partage de la francophonie, avec les diasporas. Ils s’attaquent donc indirectement à nous en attaquant certains pays d’Afrique », notamment ceux « ayant des fragilités économiques, militaires ou institutionnelles sont des proies potentielles ».

Et si certains d’entre-eux « ont barré la route » à Wagner, a poursuivi M. Lecornu, il n’en reste pas moins que l’organisation paramilitaire russe est « très opportuniste » et « se crédite parfois de succès dont elle n’est pas responsable, comme le récent coup d’État au Burkina ».

Dans le même registre, et alors qu’il a récemment annoncé que « l’influence » deviendra une nouvelle fonction stratégique, au même titre que la dissuasion, la prévention, la protection, l’intervention, et la connaissance/anticipation, le président Macron a profité du sommet de la Francophonie, le 20 novembre, à Djerba [Tunisie], pour s’en prendre vigoureusement à la Russie.

« Je ne suis pas dupe, beaucoup d’influenceurs, y compris parfois des gens sur vos plateaux, sont payés par les Russes. On les connait », a dit M. Macron alors qu’il était interrogé par TV5 Monde. « Plusieurs puissances, qui veulent bâtir une influence en Afrique, développent cela pour abîmer la France, abîmer sa langue, faire douter, mais surtout aller chercher des intérêts », a-t-il poursuivi.

« Il suffit d’aller voir ce qu’il se passe en ce moment en Centrafrique ou ailleurs pour voir très clairement le projet russe qui y est à l’oeuvre quand la France est bousculée. C’est un projet de prédation », a encore dénoncé Emmanuel Macron.

Quoi qu’il en soit, si la France perd de l’influence en Afrique, c’est parce que, en grande partie, elle ne s’est plus donnée les moyens de l’entretenir. Du moins, c’est ce qu’on peut déduire des propos tenus par le général Burkhard devant les sénateurs.

« Comment gagner la guerre des coeurs et des esprits en Afrique? Nous la menons depuis longtemps, mais l’on voit bien que la guerre dans le champ des perceptions prend encore plus d’importance avec les réseaux sociaux et les nouvelles technologies, notamment au sein de la jeunesse africaine », a d’abord relevé le CEMA.

Aussi, a-t-il estimé, la « France doit donc repenser sa présence, mais cela ne relève pas seulement des Armées ». En effet, a noté le CEMA, « il y a encore quelques dizaines d’années, des centaines de coopérants civils étaient présents en Afrique aux côtés des militaires, dans des domaines divers, sport, éducation, culture, développement, etc. Ce nombre a considérablement diminué, alors que les forces armées n’ont pas réduit leur présence dans les mêmes proportions. Cela explique peut-être en partie l’évolution de l’image de la France ».

Sur ce point, la réduction du nombre de coopérants évoquée par le général Burkhard s’explique par la fin de la conscription, le Service national ayant eu, à partir de loi Messmer de 1965, un volet « coopération ».

Quoi qu’il en soit, pour le CEMA, cette « reconquête des coeurs et des esprits passe par un effort interministériel coordonné, mais aussi sans doute par une moindre visibilité des armées ». D’où la refonte annoncé du dispositif militaire français en Afrique.

Cela étant, les forces françaises ont également leur rôle à jouer en matière d’influence. « Un exemple est la formation en France des militaires étrangers. Dans le passé, nous avons beaucoup fait venir des stagiaires, mais, depuis quinze ou vingt ans, nous privilégions les formations sur place », a dit le général Burkhard.

Et pour cause : avec les réformes successives et les contraintes budgétaires, les moyens de formation des armées ont été « redimensionnés en ne prenant en compte que nos besoins propres », a expliqué le CEMA. « On a fait la chasse à tout ce qui semblait surdimensionné, y compris les infrastructures, et on a donc réduit l’outil de formation, sans prendre en compte l’accueil de stagiaires étrangers », a-t-il rappelé.

Qu’en sera-t-il à l’avenir? Dans l’entretien accordé au Journal du Dimanche, M. Lecornu a livré quelques pistes de réflexion au sujet de cette « influence militaire ». En Afrique, « nous travaillons à une organisation du format de nos bases militaires existantes. Elles devront garder certaines capacités pour protéger nos ressortissants, par exemple, mais aussi se tourner davantage vers la formation des armées locales », a-t-il dit. « Nous souhaitons développer une offre plus ambitieuse, en intimité avec les armées locales, qui peut aller jusqu’à l’installation d’antennes des écoles [de] Saint-Cyr ou [de] Saint-Maixent sur quelques-unes de nos bases, qui restent à définir avec les pays hôtes », a-t-il expliqué.

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24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 11:36
Au Tchad, la difficile opposition depuis la répression du 20 octobre
Au Tchad, la difficile opposition depuis la répression du 20 octobre

 

Lu pour vous

 

dw.com11/14/2022

Le 11 novembre, la justice tchadienne a annoncé que plus de 600 personnes avaient été arrêtées lors des manifestations du 20 octobre. N'Djamena accuse les manifestants d'avoir attaqué les institutions.

Colère, tristesse et rage sont les qualificatifs qui caractérisent les sentiments de certains membres de la société civile au Tchad.  

La répression des manifestations du jeudi 20 octobre dernier a coûté la vie à une cinquantaine de personnes selon Human Rights Watch, qui demandait au lendemain des événements qu’une enquête impartiale soit ouverte sans tarder sur le comportement des forces de sécurité.

La menace est toujours là

Depuis les massacres du mois dernier, tout le monde est concentré sur les disparus, les morts et ceux qui sont emprisonnés. Et les responsables d’associations et des partis politiques craignent pour leur vie, nous confie Michel Barka, le président de l’Union des syndicats du Tchad. 

"Pour le moment, je ne pense pas qu’une association quelconque ou qu’un parti politique soit en train de préparer des manifestations, déclare-t-il au  micro de la DW Nous vivons une situation qui est telle que les menaces ne sont pas terminées, il y a des arrestations et des disparitions qui continuent. Les manifestations sont l’expression de la démocratie mais dans la situation où nous nous trouvons actuellement, nous n’avons aucune liberté de penser ou de réfléchir autrement."

Les défenseurs des droits humains et les opposants dénoncent la violence des autorités dirigées par Mahamat Idriss Deby Itno

La lutte continue de l’extérieur

"Nous avons perdu des hommes, nous avons perdu des camaradesmais nous restons focalisés sur notre lutte", explique de son côté Serge Ngardji, responsable chargé de l'impact social du parti Les Transformateurs.

Bien que, comme plusieurs membres du parti, il vive aujourd’hui en exil, il affirme que la lutte continue de s’organiser. "La lutte ne concerne pas un individu ! Celui qui est concerné par la justice, celui qui est concerné par la dignité humaine c’est un leader et là où il se trouve, il doit se battre pour la liberté, affirme Serge Ngardji. Sur place, nous avons des militants, le combat n’est pas seulement physique, le combat est stratégique. J’espère que nous allons gagner cette lutte parce que ce n’est pas une lutte pour un être humain ni celle d’un individu. Ce que nous faisons est plus grand que l’homme, c’est pour la dignité et la justice. "

Arrestations, disparitions et exécutions extrajudiciaires

Un sentiment que partage également Eric Hervé Pando, il est le président de l’Association des jeunes pour la défense des droits humains

"L’opposition a pu faire l’essentiel malgré qu’elle soit combattue par les autorités de transition avec tous les moyens de l'Etat, l’argent pour dissuader et corrompre certains de ses membres. Mais l’opposition reste ferme sur sa décision, assure Eric Hervé Pando. On utilise les uns et les autres, on utilise les pouvoirs de l'Etat, on nous intimide mais les gens sont déterminés à faire régner la justice dans notre pays. "

L'Organisation mondiale contre la torture évoquait déjà fin octobre plus de 2.000 arrestations pendant et après les manifestations réprimées. Les Nations Unies s'inquiètent aussi de la situation.

L'opposition et des ONG locales assurent que les arrestations se poursuivent et parlent également de disparitions, d’exécutions extrajudiciaires et de tortures.

 

Droits de l’Homme : l’Onu évalue la situation au Tchad

dw.com11/10/2022

Cette évaluation survient après les manifestations meurtrières au Tchad ayant fait officiellement une cinquantaine de morts et des centaines de blessés.

La situation des droits de l'Homme au Tchad a été beaucoup critiquée à la suite de la répression meurtrière des manifestations du 20 octobre dernier. Selon les autorités tchadiennes, une cinquantaine de personnes ont été tuées et près de 300 blessées lors de ces manifestations contre la prolongation de la transition. Mais les défenseurs des droits de l'Homme évoquent un bilan beaucoup plus élevé.

Le 1er novembre dernier, un rapport sur la répression des manifestants au Tchad a été présenté au Comité contre la torture à Genève. Il s’intitule : "Tchad, tourner la page de la torture pour écrire une nouvelle histoire". 

Ce rapport a été rédigé par l'Organisation mondiale contre la torture avec des associations tchadiennes de défense des droits de l'Homme. 

Des crimes impunis

Dans ce document, les auteurs souhaitent alerter le monde entier sur ce qui se passe au Tchad. Agnès Ildjima Lokiam est présidente de l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits Humains. Nous l'avons jointe depuis Genève où elle est venue défendre ce rapport. 

Selon elle, "L'opinion internationale, généralement, n'est pas très bien renseignée sur ce qui se passe chez nous".

"Nous avons pensé que c'est notre devoir de leur donner ces informations. Nous voulons saisir ce comité afin que lumière soit faite sur la situation qui prévaut au Tchad en ce moment, indique Agnès Ildjima Lokiam à la DW. Il y a beaucoup de crimes qui sont restés impunis, il y a beaucoup des disparitions forcées, il y a beaucoup d'exactions et le monde n'est pas au courant. Nous attendons que lumière soit faite, que les sanctions puissent tomber, que les autres Etats sachent ce que le Tchad est en train de faire. Le Tchad a quand même ratifié des conventions, on doit lui rapper qu'il doit respecter ces conventions."

Des faiblesses dans le respect des droits humains

Les autorités tchadiennes contestent le fait que la situation des droits de l'Homme au Tchad se serait aggravée. L'ambassadeur Ahmad Makaila, représentant permanent du Tchad à Genève, affirme que le gouvernement fait des efforts pour respecter les droits de l'Homme.

"Nous reconnaissons nos faiblesses mais nous, gouvernement, nous travaillons pour améliorer les indicateurs et faire en sorte que les droits de l'Homme soient effectivement respectés, promus et défendus, fait savoir Ahmad Makaila à la DW. Je ne pense pas du tout qu'on soit en régression, nous avons bien conscience qu'il y a des zones à améliorer mais de façon générale, considérer que la situation est en régression, je pense c'est une lecture qui n'est pas tout à fait juste. Ce que nous attendons de ce rapport, ce sont les recommandations nous mettant, bien évidemment, j'imagine, devant nos responsabilités. Nous sommes sereins et nous pensons que ces recommandations viendront nous aider à améliorer ce que nous faisons déjà".  

Le rapport examiné à la session du Comité contre la torture à Genève suggère des réformes institutionnelles et législatives importantes pour la réussite de la transition au Tchad, notamment en matière de lutte contre la torture. 

Le 7 novembre dernier, les autorités tchadiennes ont accepté le déploiement d'une mission d'enquête internationale pour faire la lumière sur les violences du 20 octobre dernier.

 

Le rapport de Moussa Faki Mahamat qui agace à N'Djamena

dw.com11/11/2022

L’Union africaine, longtemps critiquée pour son inaction dans la crise politique au Tchad, pourrait s’apprêter à prendre des sanctions contre N’Djamena.

C’est du moins le sens d’un rapport du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, qui a fuité dans la presse. Dans le document, le président de la Commission de l’Union africaine menace de prendre des sanctions contre le pouvoir de transition tchadien. 

Le sujet est discuté ce vendredi (11.11.2022) à la session du Conseil de paix et de sécurité de l’organisation alors qu’une médiation au Tchad a été confiée au président congolais Félix Tshisekedi par la CEEAC, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, et que le chef de l’Etat de la RDC n’a pas encore rendu son rapport. 

Une collision entre les deux institutions alors que l’Union africaine, en vertu du principe de subsidiarité, devrait attendre le résultat de la médiation de la CEEAC.

Dany Ayida, responsable des programmes pour l’Afrique centrale du National Democracy Institut (NDI), parle de cacophonie : "Cette règle de fonctionnement qui voudrait que l'Union africaine confie à une organisation sous régionale la primauté dans la gestion des crises dans un pays d'une région donnée de l'Union, effectivement, ne dépouille pas l'institution panafricaine de toutes ses prérogatives réelles."

L’Union africaine, longtemps critiquée pour son inaction dans la crise politique au Tchad, pourrait s’apprêter à prendre des sanctions contre N’Djamena.

C’est du moins le sens d’un rapport du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, qui a fuité dans la presse. Dans le document, le président de la Commission de l’Union africaine menace de prendre des sanctions contre le pouvoir de transition tchadien. 

Le sujet est discuté ce vendredi (11.11.2022) à la session du Conseil de paix et de sécurité de l’organisation alors qu’une médiation au Tchad a été confiée au président congolais Félix Tshisekedi par la CEEAC, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, et que le chef de l’Etat de la RDC n’a pas encore rendu son rapport. 

Une collision entre les deux institutions alors que l’Union africaine, en vertu du principe de subsidiarité, devrait attendre le résultat de la médiation de la CEEAC.

Dany Ayida, responsable des programmes pour l’Afrique centrale du National Democracy Institut (NDI), parle de cacophonie : "Cette règle de fonctionnement qui voudrait que l'Union africaine confie à une organisation sous régionale la primauté dans la gestion des crises dans un pays d'une région donnée de l'Union, effectivement, ne dépouille pas l'institution panafricaine de toutes ses prérogatives réelles."

Le 20 avril 2021, à l'annonce de la mort du maréchal Déby, l'armée avait proclamé son fils Mahamat Déby, général alors âgé de 37 ans, président à la tête d'une junte pour une période de transition de 18 mois

Des mesures préconisées par Moussa Faki Mahamat

Dany Ayida, également, représentant résident de NDI à Kinshasa, précise que : "j’étais au Tchad il y a encore quelques semaines et je vous assure que l'Union africaine, en tant qu'institution, est connue et respectée par les Tchadiens. Mais actuellement, et depuis le début de la crise, quand l'Union africaine se prononce, on ne sait pas véritablement si c'est l'institution qui le fait ou si c’est Moussa Faki Mahamat qui est un citoyen tchadien… Mahamat à qui certains prêtent l'intention de se porter candidat aux prochaines élections. Vous voyez toutes ces choses-là ? C'est ça que je qualifie de cacophonie."

Le document préconise des mesures fortes à l’encontre des autorités tchadiennes et exige une cohérence avec la position constante de l’Union africaine concernant les autres cas de changements anticonstitutionnels sur le continent. 

En admettant que les exigences de l’UA ont été ignorées par les autorités de la transition, Moussa Faki Mahamat est dans son rôle, estime certains observateurs de la situation politique en Afrique.  

"Moussa Faki Mahamat gère donc l'institution panafricaine et en tant que tel, on lui prête beaucoup d’intentions. Il se pourrait que cela soit vérifié, mais je ne suis pas de cet avis-là. La commission Paix et sécurité fonctionne sur la base d'une charte qui est la Charte de la démocratie et des élections et de la bonne gouvernance", a expliqué le politologue tchadien Evariste Toldé.

Evariste Toldé estime qu"en principe, pour l'Union africaine, le nouveau gouvernement ne doit pas voir le jour. Les 18 mois de la première transition devaient aboutir à une élection. Donc il doit avoir le passage de flambeau entre un président démocratiquement élu et le président du CNT."

"Vous savez, on retombe dans les mêmes travers et on craint que le fait d'ouvrir la voie à une candidature du président du CNT, du président de transition lui ouvre encore la voie à une éventuelle réélection et un maintien au pouvoir pour une durée indéterminée. C'est ce que dénonce l'Union africaine", a précisé le politologue tchadien Evariste Toldé.  

Le Premier ministre Saleh Kebzabo, ex-ténor de l'opposition nommé par le président Mahamat Idriss Déby Itno après le dialogue national

La faiblesse du président de la Commission

Le document de la Commission de l’Union africaine accuse le pouvoir tchadien d’avoir ignoré les recommandations de l’UA. Moussa Faki Mahamat y préconise la nomination d’un facilitateur de l’UA au Tchad, tout en ignorant les résolutions du sommet de la CEEAC de Kinshasa. Ce qui selon Dany Ayida de NDI, souligne la faiblesse du président de la Commission. 

"Il y a un aveu d'impuissance. Et j'ai l'impression que quand le président de la Commission fait ce constat là, ce n'est pas tant celui de l'Union africaine qu’il fait, mais parfois de lui-même. Mais sa marge de manœuvre par rapport à la crise a connu des limites évidentes qu'il aurait dû constater dès le départ. On l'a vu tout au long du processus avec des condamnations, des prises de position qui n'ont pas été prises en compte. En définitive, la crise se situe plus entre l'Union africaine et le président de sa Commission et les autorités tchadiennes qu'entre la CEAAC et l'Union africaine", analyse Dany Ayida de NDI.

Le rapport de Moussa Faki Mahamat dénonce certaines décisions prises récemment dans le pays, notamment la prolongation de la transition et la possibilité pour les membres du Conseil militaire de transition d’être candidats lors des élections futures.

Le Premier ministre Saleh Kebzabo, ex-ténor de l'opposition nommé par le président Mahamat Idriss Déby Itno après le dialogue national

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24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 11:33
Bientôt interdit, le whisky en sachet reste très prisé au Cameroun

 

 

Par Le Figaro Vin / Avec AFP Publié le 12/11/2022

Au Cameroun, une frange de la population, souvent défavorisée, consomme des liqueurs très alcoolisées et bon marché, communément appelées «whisky en sachet» ou «sachets», malgré l'origine douteuse de certains breuvages et leur dangerosité.

Après une journée exténuante, Guy Bertrand gare son taxi dans une rue de Yaoundé, capitale camerounaise. Il dégaine alors un sachet d'alcool offert par ses amis qu'il avale d'une traite. «On cherche des sensations fortes», lâche-t-il derrière son volant. «Après une dure journée de travail, pour vite se soûler, on prend le raccourci en buvant des sachets», plaide le jeune homme de 26 ans.

En septembre 2014, le gouvernement avait interdit la vente de ces liqueurs ainsi conditionnées, donnant deux ans aux producteurs pour écouler leurs stocks. Mais huit ans plus tard, partout à Douala, capitale économique, comme à Yaoundé, les berlingots aux couleurs vives et aux noms racoleurs – Tir, Bullet, Shooter, Fighter...– pendouillent des baleines des parasols des petits marchands, ambulants ou non, souvent aux côtés d'autres contenant du lait en poudre ou bien de sucreries pour enfants. Depuis l'interdiction, des moratoires ont été accordés aux producteurs qui ont désormais jusqu'à fin 2022 pour retirer ces produits du marché, selon un responsable du ministère de l'Industrie ayant requis l'anonymat.

L'équivalent de sept bières, six fois moins cher

La bière, «c'est 5 % d'alcool. King Arthur (une des marques), c'est 43 %. C'est l'équivalent de sept bières et six fois moins cher», calcule de façon hasardeuse Guy Bertrand. À moins de deux mois de la date butoir, les liqueurs en sachets s'arrachent en ville comme en campagne, pour une clientèle au faible pouvoir d'achat, notamment les jeunes. Au point kilométrique 19, le "PK19", dans la périphérie nord de Douala, des jeunes ouvriers et taxi-motos – parfois très jeunes – se saoulent en s'abreuvant d'un liquide blanchâtre, le «matango», vin de palme artisanal alcoolisé, auquel ils mélangent des berlingots de ces liqueurs, à l'abri d'un soleil de plomb sous la tonnelle en branches de palmier du «Club des Salopards». «Ça nous réveille un peu le corps, quoi...», ânonne l'un d'eux. Tous admettent que c'est dangereux, mais que cela leur donne force et courage pour des journées de labeur harassantes.

Le whisky en sachet tue

Au cœur de Douala, sur le très populaire et grouillant marché Mboppi, Alphonse Ayissi Abena et un collègue, gilets orange fluo sur le dos, se faufilent entre les étals et les taxi-motos qui fourmillent dans la ville, armés de leurs écriteaux «Le whisky en sachet tue». «Comme on n'arrive pas à bloquer la source d'approvisionnement, on essaie de vous sensibiliser», dit-il en hélant ces pilotes habiles, mais souvent casse-cou et responsables de nombreux accidents, qui transportent parfois jusqu'à trois passagers sur leurs motos, pour des prix très modiques. 

M. Ayissi Abena est le président de la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco). «C'est dangereux, mais ça nous donne la force, tout le monde est appelé à mourir, j'en bois, je vais mourir, j'en bois pas, je vais mourir… Donc, je préfère en boire et mourir», lui rétorque Ebenezer Massing, pilote de taxi-moto de 23 ans. Gin, rhum, vodka, ou prétendument... l'offre est variée. Le prix du sachet oscille entre 100 et 150 francs CFA (15 à 23 centimes d'euro). Une vingtaine de personnes, jeunes et moins jeunes, se retrouvent quotidiennement au «Parlement», espace de causeries sous un petit hangar d'Ekoumdoum, quartier populaire de Yaoundé. Ici, le sachet est roi. «En dormant, tout le monde est saoul», rigole Cédric. Un peu plus loin, deux consommateurs en état d'ébriété en viennent aux mains, l'un est blessé. 

Un vide juridique total

Ces breuvages sont «très toxiques pour l'organisme», avertit la docteure Djomo Kopa, gastro-entérologue à l'hôpital général de Douala. «On ne connait pas la quantité d'alcool que contient le sachet, ni le degré, ni la composition exacte parce que la plupart de temps, c'est du whisky frelaté», déplore-t-elle. «L'arrêté d'interdiction de 2014, qui fait l'objet de moratoires sans fin, interdit l’alcool en sachet en plastique, un dérivé du pétrole, notamment parce que "l'interaction" entre ce contenant et certains alcools utilisés peut être nocive», explique M. Ayissi Abena. Mais la dangerosité vient surtout du fait, selon lui, que le vide juridique de facto créé par les moratoires successifs permet aux compagnies productrices d'échapper à tout contrôle. «Ils ne reçoivent pas de certificat de conformité et utilisent notamment du méthanol», assure-t-il. L'alcool méthylique – ou méthanol – est utilisé comme substitut de l'éthanol dans des boissons alcoolisées frelatées, un fléau dénoncé régulièrement par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans de nombreuses régions défavorisées du monde. «L'attitude du gouvernement qui a accordé ces moratoires nous écœure, s'offusque le président de la Focaco, qui parle de chèque en blanc à ces producteurs pour continuer à empoisonner les Camerounais». Contactées par l'AFP, les autorités n'ont pas réagi.

 

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