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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 04:32

 

15 June 2008.- Le Premier ministre du Koweït, Cheikh Nasser Al Mohammed al Ahmed Al Sabah, a reçu dimanche son homologue de Centrafrique, Faustin Archange Touadera. Les deux pays entendent renforcer leur coopération économique. Il est vrai que la république centrafricaine en a bien besoin. Ce pays d’Afrique centrale qui a connu ces dernières années de nombreux coups d’Etat peine à retrouver la stabilité.

 

L’économie est en ruine et le budget national inexistant à tel point que le France est souvent obligée le boucler les fins de mois pour pouvoir payer les fonctionnaires. A cela s’ajoutent des troubles à l’intérieur du pays, conséquence de l’instabilité à la frontière avec le Tchad et le Soudan.


Dans ce contexte, le président François Bozizé, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2003, cherche à élargir le cercle de ses partenaires financier au delà de la France et de l’Union européenne. Le Koweit, comme d’autres pays du Golfe, sont évidemment les bienvenus.

Ce pays dispose d’une activité minière (or et diamants) et forestière (bois tropicaux). Le tissu industriel est inexistant. Reste à savoir si le bilan mitigé qu’offre la Centrafrique sera de nature à emporter l’enthousiasme des autorités et des investisseurs privés.


Ndlr Centrafrique-Presse : Après l'humiliation qu'il a subie à Paris où il n'a été reçu que par des directeurs de cabinet et des directeurs de service, voilà au moins un pays, le Koweit, qui respecte  le parallélisme des formes. Le PM centrafricain est reçu par son homologue.  

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 04:29

 

LEMONDE.FR avec AFP | 15.06.08 | 19h38

 

Alors que les rebelles tchadiens ont repris ces derniers jours leur offensive vers la capitale, N'Djamena, Bernard Kouchner a très nettement pris ses distances avec ce conflit, dimanche 16 juin à Abidjan."Il n'y a pas de position de la France à entretenir. C'est un général irlandais qui commande l'Eufor (la force européenne chargée de protéger les réfugiés), avec dix-sept nations", dont la France, a répondu le chef de la diplomatie française à la question d'un journaliste sur la position de Paris dans la crise tchadienne. "La France n'est pas intervenue et n'interviendra plus", a-t-il ajouté lors de cette conférence de presse marquant la fin de sa visite en Côte d'Ivoire.


Or Paris avait fourni un appui décisif - sans toutefois intervenir directement - en février au président Idriss Deby, encerclé dans son palais à N'Djamena lors d'une offensive rebelle. Les soldats français présents au Tchad depuis 1986 dans le cadre de l'opération Epervier n'avaient pas alors utilisés leurs avions et hélicoptères, mais avaient sanctuarisé et défendu l'aéroport, permettant ainsi aux forces gouvernementales tchadiennes de pilonner les rebelles et d'être ravitaillées.

 

Bernard Kouchner a par ailleurs démenti la progression des rebelles vers la capitale tchadienne, citant "les forces de l'Eufor (...) qui ont démenti cela". Les rebelles du Tchad, qui ont lancé mercredi depuis le Soudan une offensive dans l'est, ont occupé quelques heures samedi la ville de Goz Beida, à 75 km à l'intérieur des terres. Dimanche à la mi-journée, ils ont annoncé avoir pris le contrôle de la localité d'Am-Dam, certes plus à l'ouest, mais distante de 600 km de N'Djamena, leur objectif. Leurs annonces d'une forte progression avaient été qualifiées vendredi de "campagne d'intoxication dénuée de tout fondement" par le gouvernement. Vendredi également, les rebelles avaient demandé à la France de cesser ses missions aériennes de "renseignement" menées dans le cadre de l'opération Epervier, et menacé de prendre ses avions "pour cible".

 

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 15:16

 

Bangui - 14/06/2008 (PANA) - Le gouvernement centrafricain a dénoncé, le 2 juin dernier, la convention qui le lie à la société UNITEC Bénin, qui a mis en service en janvier 2006 à Douala, au Cameroun, un système de guichet unique destiné à sécuriser les recettes des douanes, a-t-on appris vendredi à Bangui, de source officielle.


Dans un entretien vendredi à la radio nationale, le ministre des Finances et du Budget, M. Emmanuel Bizot a justifié cette décision du gouvernement par les engagements non tenus d'UNITEC, par le refus de son directeur général, M. Philippe Bocco, de répondre à ses nombreuses injonctions et par une utilisation non transparente des fonds alloués pour la mise en oeuvre du projet.


M. Bizot a également pointé la baisse continue des recettes douanières depuis le début de l'année, autour de 600 millions de francs CFA, au même titre que les autres recettes de l'Etat, notamment les recettes fiscales.


Signée le 12 septembre 2005, cette convention de partenariat a permis à UNITEC de mettre en place un système de contrôle informatique des opérations de dédouanement des importations avant leur entrée en territoire centrafricain.


L'objectif visé était de doubler les recettes douanières qui plafonnaient alors à 1,6 milliard FCFA par mois, grâce à la mise en place de système initialement prévu pour être installé aux frontières avec le Tchad et le Congo Brazzaville.


Lors d'un séminaire sur le guichet unique à Bangui, en juin 2007, M. Bocco avait déploré la paralysie du comité de suivi du guichet unique, les nombreuses exonérations de taxes non prévues par la convention ainsi que l'obligation, également imprévue, pour UNITEC de verser des subsides aux agents du guichet de Douala confrontés à des fins de mois difficiles.

Bangui avait opté pour le système de guichet unique pour tenter de remédier à la faiblesse chronique des régies financières, régulièrement pointée par les institutions financières internationales comme source des difficultés du trésor centrafricain.


 
Ndlr. Centrafrique-Presse : C’est un honteux aveu d’échec du gouvernement qui enterre ainsi définitivement une des lubies du gouvernement Elie Doté, présentée pourtant naguère comme la meilleure solution au problème du manque de performance des douanes nationales. Dans la foulée de cette privatisation sauvage et irresponsable de cet important service de l’Etat, on avait aussi arbitrairement  dissout la douane, occasionnant un invraisemblable désordre dans ce secteur et mettant au chômage plusieurs centaines d’agents. Ce qu'on ne nous dit pas est le montant du manque à gagner que ces errements ont entraîné au budget de l'Etat. Si cela n’est pas de la mauvaise gouvernance, de quoi parle-t-on ?

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie
13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 23:44

 

Bangui - 13/06/2008 (PANA) - Le Dialogue politique inclusif censé mettre fin à la rébellion dans le Nord de la Centrafrique, pourrait démarrer dans la troisième semaine du mois de juillet prochain, a-t-on appris de bonne source, vendredi à Bangui.


Le ministre de la Communication et du Dialogue, M. Cyriaque Gonda, qui est également coordonnateur du comité d'organisation du Dialogue politique inclusif, l'a implicitement annoncé à l'issue de la première réunion de ce comité, indiquant que ce dernier, créé le 8 mai dernier par décret du président de la République, disposait de 45 jours pour remplir sa mission.

Le décret présidentiel précise quant à lui que le comité d'organisation clôture ses travaux à la veille de l'ouverture des assises du Dialogue.


M. Gonda a également annoncé son arrivée dimanche à Libreville afin de signer un accord global avec les groupes armés actifs dans le Nord du pays, à savoir le Front pour la démocratie du peuple centrafricain (FDPC) d'Abdoulaye Miskine, l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) de Michel Djotodia et l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) de l'ancien ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth.

Il convient de rappeler que dans son rapport remis au président de la République, François Bozizé, le 25 avril dernier, le comité préparatoire du Dialogue avait recommandé aux autorités centrafricaines de réaliser quelques préalables avant ce forum prévu à Bangui, à savoir notamment la signature d'un accord global avec les groupes armés et l'adoption de mesures législatives et judiciaires permettant à tous les protagonistes de la crise d'y prendre part.

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Centrafrique-Presse.com - dans DIALOGUE INCLUSIF
13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 21:23

 

LEMONDE.FR avec AFP | 13.06.08 | 20h50  •  Mis à jour le 13.06.08 | 20h50

 

Les rebelles du Tchad, qui ont déclenché mercredi une offensive dans l'est du pays, ont demandé, vendredi 13 juin à la France, de cesser ses missions de "renseignement", sous peine de prendre ses avions pour cible. Ali Gueddei, le porte-parole de l'Alliance nationale, qui s'oppose au régime du président Idriss Déby, a déclaré que "les forces armées de l'opposition" étaient favorables à la mission de l'Eufor de protection des populations civiles, mais que "la France a dénaturé la mission de l'Eufor (...) par son comportement" dans le cadre de la mission Epervier.

 

La France menait des opérations de reconnaissance pour vérifier les affirmations des rebelles, qui déclarent avoir largement pénétré dans le pays et rouler vers N'Djamena. Les autorités démentent et dénoncent une "campagne d'intoxication dénuée de tout fondement". En février, lors de la précédente offensive des rebelles sur la capitale tchadienne, la France avait été accusée d'ingérence, soupçonnée d'avoir soutenue l'armée tchadienne.

 

La France est présente au Tchad depuis 1986 dans le cadre de l'opération Epervier, avec des moyens terrestres et aériens. Elle fournit le gros des troupes de l'Eufor, force européenne déployée dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique pour protéger les réfugiés du Darfour voisin, ainsi que les populations tchadiennes et centrafricaines déplacées, soit au total 450 000 personnes.


La nouvelle rébellion au Tchad place l’Eufor sur le qui-vive

 

L'Eufor, la force de sécurité européenne stationnée dans l'est du Tchad, est sur le qui-vive au lendemain de l'annonce par la guérilla du lancement dans cette région d'une nouvelle offensive contre le régime décadent du président Idriss Déby.

 

vendredi 13 juin 2008, Reuters à 17:59 - Chargée de protéger tout à la fois les civils tchadiens déplacés par le débordement du conflit au Darfour, les réfugiés ayant fui la province soudanaise en guerre et les organisations humanitaires qui en prennent soin, l'Eufor a multiplié vendredi ses patrouilles autour des camps abritant les populations dont elle a la responsabilité.

 

De leur côté, les travailleurs humanitaires ont restreint leurs déplacements sur le terrain par précaution. A Goz-Beïda, ou est basé le contingent irlandais de l'Eufor, l'ONG Oxfam dit avoir suspendu tout déplacement "parce que la situation en matière de sécurité n'est pas claire".

 

Certains vols humanitaires prévus vendredi vers Goz-Beïda ont en outre été annulés après l'annonce par les rebelles de l'Alliance nationale du déclenchement de leur offensive dans cette même région du Ouaddaï, ou ils affirment avoir abattu un hélicoptère de l'armée tchadienne et en avoir endommagé un autre.

 

L'armée tchadienne a seulement admis qu'un de ses appareils de fabrication russe Mi-24 avait dû faire un atterrissage forcé à la suite de problèmes techniques durant un vol d'entraînement, mais un officier irlandais de l'Eufor a confirmé à Reuters qu'un appareil avait été abattu et un autre endommagé par des tirs au sol.

 

Le gouvernement tchadien a présenté comme pure propagande les déclarations de l'Alliance nationale affirmant que quatre colonnes armées rebelles avaient progressé en profondeur en vue d'atteindre N'Djamena, mais il a fait état de "mercenaires à la solde du Soudan" ayant franchi la frontière tchadienne mercredi.

 

SURVOLS D'AVIONS FRANÇAIS ?

 

En février dernier, les rebelles avaient réussi à atteindre N'Djamena et à assiéger le président tchadien dans son palais avant de battre en retraite lorsque la France, qui dispose de troupes et d'avions au Tchad, lui avait témoigné son ferme soutien. Les affrontements avaient fait des centaines de morts.

 

Les rebelles ont adjuré la France, qui dispose aussi sur place de moyens de renseignement et de logistique, de ne pas intervenir cette fois pour soutenir Déby et l'ont exhortée à agir en médiateur pour favoriser une table ronde entre toutes les factions armées et civiles du pays.

La France n'a pas confirmé la nouvelle offensive rebelle. Jeudi, l'Alliance nationale avait fait état de survols "d'intimidation et de provocation" répétés de ses positions par des avions de combat français. Paris n'a pas réagi à cette accusation.

 

Abderaman Koulamallah, porte-parole de l'Alliance, a affirmé à Reuters qu'elle était prête à suspendre son offensive si la France et l'Union européenne contraignaient Déby au dialogue: "Si la France et l'Union européenne s'impliquent pour garantir un accord, nous sommes prêts à ne pas faire la guerre."

 

On s'attendait généralement à une nouvelle offensive rebelle contre Déby - lui-même parvenu au pouvoir par la force en 1990 - depuis l'attaque de Khartoum par des rebelles darfouris le mois dernier. Le Soudan et le Tchad, qui ont signé en mars à Dakar un éphémère accord de non agression, s'accusent chacun d'entretenir l'insurrection sur le territoire de l'autre.

 

Version française Marc Delteil

 

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 18:26

  Pour la manifestation de la vérité par Franck SARAGBA

 





Si l’arrestation rocambolesque de Jean-Pierre Bemba, inculpé pour crimes de guerre et exactions commises par ses troupes en Centrafrique a suscité émois pour ces partisans et satisfactions pour d’autres, elle a eu cependant au-delà des faits qui lui sont reprochés le mérite de poser clairement le problème de la raison d’être de la cour pénale internationale.

Face à l’incompétence des juridictions internes pour se saisir et statuer sur ses accusations, il était temps que la cour pénale internationale prenne enfin ses responsabilités pour éclaircir les choses et se sortir de cette impasse. Cependant une série de questions restent en suspens.

 

La cour pénale internationale est-elle uniquement un tribunal pour les ressortissants des pays pauvres et des sans grades, un tribunal politique ?  Ou tout simplement un tribunal pour les vaincus ?  Qu’en est-il alors de ceux qui hier encore étaient à l’origine de la déstabilisation de leur pays respectif  et qui aujourd’hui sont au pouvoir par la grâce des armes après avoir tout cassé, tout saccagé, violé et tué également. Les malheureux viols commis sur les femmes ne sont-ils pas les conséquences directes des multiples coups d’états contre un régime démocratiquement élu ?  Et ce, avec la complicité directe, le silence coupable des institutions régionales, internationales ou carrément avec l’aide de certains états dont nous tairons ici les noms par simple pudeur, tant ces états  sont parés d’oripeaux démocratiques ou se réclament de la patrie des droits de l’homme. A n’y rien comprendre comme dirait l’autre.

 

Il est nécessaire pour des raisons objectives et dans une prospective intellectuelle  avant toutes autres considérations de nous arrêter un petit instant pour  nous interroger sur le fond. Sans pour autant évoquer les multiples mutineries et autres manœuvres de déstabilisation dont le régime légal , issue des deux premières élections générales jamais organisée en république centrafricaine a été victime, il est nécessaire de nous arrêter et de nous interroger sur certains aspects du problème sans lesquels la compréhension, l’intelligibilité  de tout ce qui s’est passé en Centrafrique depuis le coup d’Etat manqué du général André Kolingba du 28 mai 2001 ainsi que les nombreuses autres tentatives de putsch du général François Bozizé, de novembre 2001 et d’octobre 2002 ne soient possible.

 

Jamais en république centrafricaine un régime n’a été aussi ébranlé et vilipendé, jamais en république centrafricaine un régime civil ou militaire n’a été aussi déstabilisé par des éléments politisés de son propre armée nationale, ceux là- même qui sont sensé le protéger et ainsi assurer la souveraineté  et la pérennité de l’Etat. En d’autres lieux, l’on parlera tout simplement de haute trahison parce que ces actes contre un régime démocratiquement élu, contre les institutions de la république ont été posés non pas par de simples soldats mais par des officiers généraux. Pour mémoire, en 1961 le général De Gaulle  avait été confronté au même cas de figure, on sait ce qu’il en était advenu.

 

 Que réserve alors la cour pénale internationale aux auteurs de coup d’état souvent aux conséquences graves contre les régimes élus ? Le pouvoir au bout du canon a-t-il la bénédiction de la dite cour ? Qu’en penses l’union africaine ? Et les nations-unis ? Et la France ? La chaine de responsabilité ne doit-elle s’arrêter qu’aux vaincus et aux plus faibles ? C’est-à-dire se limiter seulement aux conséquences. Mais alors, qu’en est-il des véritables raisons ?  Voilà qui soulève la question des limites de la démocratie dans les pays pauvres face aux coups d’états financer et soutenu souvent par d’autres pays.

 

Ne serait-il pas plus juste et plus cohérent en dehors de toutes considérations partisanes et de toute passion de se poser les questions suivantes pour la manifestation de la vérité et établir une chaine des responsabilités. Les centrafricains dans leur majorité ne demandent qu’à comprendre, à connaitre la vérité. Comme toujours les véritables questions ne sont pas posées, comme toujours, on essaie de tromper la vigilance de notre bon peuple en jouant avec leur fibre affective pour dédouaner les véritables coupables. 

 

Le régime du président Patassé n’était pas parfait. Nous étions alors aux balbutiements de notre démocratie. Si la communauté internationale avait voulu sincèrement aidé la République centrafricaine afin de préserver et encourager le processus d’apprentissage de la démocratie, elle l’aurait fait en dégageant les moyens, en y mettant la pression nécessaire car la démocratie est un long apprentissage de surcroit coûteuse. Il est vrai que des erreurs ont été commises ici et là mais fallait-il prendre les armes pour déstabiliser les institutions et provoquer un état de siège  permanent ? Nous étions seulement à deux années des prochaines élections présidentielles. Pourquoi alors ce radicalisme ?  N’aurait-il pas fallu laisser le peuple souverain de Centrafrique en décider ?  Au lieu d’imposer à la population centrafricaine des hommes dont elle ne veut pas. (cf. Résultat des élections présidentielles de 1993, Bozizé = 1%)

 

L’appui militaire demandé en son temps par le président Patassé à Jean-Pierre Bemba pourrait se comprendre  même si par la suite les troupes de Bemba ont dérapé une foi éloignées de leur base. Le président Patassé, n’était-il pas  le garant de la constitution ? N’était-il pas le représentant d’un régime  légal ? Conformément à la constitution, ne devait-il pas protéger coûte que coûte la nation menacée et en péril ? Lui, le président démocratiquement élu et abandonné de tous  aussi bien par les troupes africaines de la CEMAC que par des militaires français qui devraient intervenir dans le cadre des accords de défense militaire devenus subitement caduques mais également par les soldats de sa propre garde présidentielle. S’il s’était enfui à la première tentative du coup d’état pour abandonner le pouvoir et ainsi préserver sa propre vie et celle de sa famille, pourtant, il en avait la possibilité, ne serait-il pas doublement condamnable ? Les généraux qui ont attenté à la légalité constitutionnelle à ce moment là connaissaient et savaient très bien les conséquences de leurs actes. Ils savaient très bien eux que l’on ne quitte pas ses troupes en difficulté et moins encore, un pays dont le peuple vous a investi pour assumer le pouvoir suprême.

 

C’est ainsi que deux jours  seulement (le 30 mai) après que sa résidence fut prise d’assaut dans la nuit du 27 au 28 mai 2001, le président Patassé a pu obtenir du colonel Khadafi de lui envoyer en urgence des soldats libyens pour assurer sa sécurité. En même temps sont arrivés également les éléments du MLC de Jean-Pierre Bemba.

 

Alors que les troupes libyennes étaient cantonnées quasi exclusivement à la sécurisation du périmètre autour de la résidence du président Patassé, les éléments du MLC ont pris eux, une part active aux côtés des Forces armées centrafricaine commandés par un certain général Bozizé, dans les manœuvres militaires visaient à traquer pour les mettre hors d’état de nuire, les assaillants en débandade du putsch manqué, retranchés ça et là dans certains quartiers du sud ouest et est de la ville de Bangui. Une fois la situation sécuritaire relativement stabilisée, les troupes du MLC se sont retirées et ont regagné leur base en RDC.

 

Quant aux troupes libyennes, elles sont demeurées en place bien au-delà du sommet extraordinaire de la CEMAC qui a eu lieu le 2 octobre 2001 à Libreville et qui a décidé entre autres mesures, de leur retrait du pays. Il est vrai que de fortes pressions ont été notamment exercées par plusieurs chefs d’Etat africains ainsi que par les USA et la France, tant sur le colonel Khadafi que sur le président Patassé pour que les troupes libyennes  puissent quitter Bangui et ainsi laisser le chemin libre aux putschistes.

 

La présence des troupes libyennes à Bangui n’était  pas du tout du goût du président Tchadien Déby qui se voyait pris en tenaille. Lorsque les soldats libyens ont quitté enfin Bangui en novembre 2002, le processus d’un vaste complot international destiné à renverser le président Patassé venait d’être amorcé sans aucune difficulté. Ce qui a débouché sur le coup d’Etat du 15 mars 2003 pour installer le général Bozizé au pouvoir. Sinon, comment expliquer que les soldats des contingents des pays de la CEMAC pré-positionnés à Bangui, selon les termes de l’accord du 2 octobre de Libreville pour assurer la sécurité du président Patassé soient restés l’arme au pied. La garde présidentielle du président Patassé n’a guère bronché non plus. C’est pratiquement sans coup férir que les mercenaires de Bozizé et les éléments de la garde présidentielle de Déby ont pris le contrôle de Bangui en l’absence du président Patassé dont l’avion fut empêché d’atterrir et contraint d’aller se poser à Yaoundé.

 

S’agissant des troupes du MLC, les autorités centrafricaines de l’époque leur ont fait appel pour la seconde fois après la nouvelle attaque de la ville de Bangui par les mercenaires et rebelles du général Bozizé du 25 octobre 2002 au cour de laquelle le porte parole de la présidence, Prosper N’douba fut enlevé et séquestré par les hommes de Bozizé. C’est au cours malheureusement de leur intervention qui a duré pratiquement jusqu’au coup d’Etat du 15 mars 2003, qu’elles ont commis les exactions qui font l’objet aujourd’hui des investigations de la CPI et de la procédure judiciaire engagée contre Jean-Pierre Bemba. Jusqu’aujourd’hui, plusieurs zones d’ombre demeurent d’ailleurs sur les raisons et les circonstances de leur brusque retrait devant l’avancée des hordes de mercenaires et rebelles de Bozizé alors qu’elles étaient censées constituer des « bouchons » sur les deux axes (Boali et Damara) qui mènent à Bangui.

 

Sans vouloir  chercher à trouver des excuses aux exactions commises par les troupes du MLC, on doit néanmoins commencer par se dire la chose suivante. Si le régime démocratiquement élu du président Patassé n’avait pas fait l’objet de toutes les tentatives de coup d’Etat qu’il a essuyées, en particulier celle meurtrières du 28 mai et 25 octobre 2001, le président Patassé n’aurait certainement pas fait appel à Bemba et ses troupes. Si l’accord de défense militaire entre la France et le Centrafrique avait été respecté. Si les dispositions de l’union africaine contre la prise de pouvoir par les armes étaient appliquées…  Ces postulats sont essentiels pour la compréhension de la suite des événements.

 

Il est vrai que nos mères et nos sœurs ont été violé, nos pères, nos frères ont été battus, humiliés pour finir par être tuer et cela est condamnable à plusieurs égards mais à  vouloir trop mettre l’accent sur le problème des viols de femmes et autres exactions des éléments du MLC durant leurs contre offensive, on en n’oublie même le principal motif de leur venue. Leur intervention fut décisive pour desserrer quelque peu l’étau autour du régime du président Patassé et délivrer les populations de certaines localités comme Sibut, Kaga-Bandoro, Kabo, Bouca, Bossangoa, Bozoum, Bata, complètement prises en otage plusieurs semaines durant par les mercenaires zakawa et les rebelles de Bozizé. Des documents audio et vidéo, ainsi que des photos reportage de la radio télévision nationale existent pourtant, qui relatent les témoignages accablants pour Bozizé et ses hordes, la liesse populaire et la joie des habitants de ces villes arrachés des griffes des bandits de Bozizé par les fameux « Banyamulengués » accueillis comme de véritables « libérateurs ».

 

L’acharnement que met la CPI à vouloir rendre justice aux victimes des éléments du MLC est sans doute louable mais devant quelle juridiction doivent répondre les auteurs de coups d’Etat dont les conséquences ont entraîné aussi des morts tout en constituant autant de crimes de guerre. La saisine de la CPI par le régime du principal auteur du coup d’Etat lui-même, ne  pose-elle pas problème ? Bozizé est celui-là même qui a lancé ses mercenaires à l’assaut du pouvoir de Patassé qu’il voulait renverser le 25 octobre 2001. Les conséquences de cette attaque armée ont été terrifiantes. C’est ce fait qui a entraîné l’intervention des troupes du MLC qui a engendré certes les exactions que le parquet général de Bangui s’est déclaré incapable d’instruire pour que la CPI puisse s’en saisir. Le fait qu’il soit aujourd’hui ou non à la tête du pays ne saurait absoudre ni Bozizé de son forfait, ni le général Kolingba. Un proverbe centrafricain ne dit-il pas que la source de la rivière se trouve toujours en amont ? Autrement dit la source des problèmes centrafricains n’ont-ils pas commencé avec les mutineries et les coups d’états ?

 

Informé des exactions commises par les troupes du MLC à l’époque, le président Patassé a demandé à Jean-Pierre Bemba de prendre des sanctions appropriées contre les coupables. Celui-ci a fait procéder à des enquêtes de la chaîne de commandement et réuni un conseil de guerre et des sanctions ont bel et bien été prises à l’encontre des auteurs.

 

A présent que le processus est amorcé par la cour pénale internationale, gageons que la cour pénale internationale aille jusqu’au bout de la logique et que d’une part les différentes chaines de responsabilité concernant aussi bien tous ceux qui ont occupé une fonction décisionnelle quelconque que les auteurs de coups d’états soient établi définitivement pour la manifestation de la vérité vraie pour qu’enfin la population de la république centrafricaine le sache et se réconcilie définitivement avec elle-même.

 

 D’autre part, au-delà du procès  Bemba, c’est aussi le procès des organisations internationales incapables de se prononcer définitivement et fermement sur les auteurs des coups d’états contre des régimes élus démocratiquement, C’est le procès des accords de défense non respecté, C’est le procès des Etats-Unis d’Amérique et de la France qui ont fait pression sur le régime Patassé pour se séparer des troupes libyennes  et n’ont pas proposer une alternative pour garantir la survie du régime et la sécurité des biens et des personnes , C’est le procès d’une armée nationale politisée, c’est le procès de toute la classe politique centrafricaine dans son ensemble qui sont à faire.


Franck SARAGBA

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 18:08

 

YAOUNDE, 13 juin (Xinhua) -- Des partis d'opposition non armés  en Centrafrique ont dénoncé jeudi l'absence de parité et de  consensus du comité d'organisation du dialogue inclusif créé par  le président François Bozizé, a rapporté vendredi la radio  nationale camerounaise. 

 

     Ces partis, groupés en "Union des forces vives de la nation",  ont dénoncé que la composition des membres chargés d'organiser le  dialogue sortent plus du camp présidentiel. 

     Cyriaque Gonda, ministre de la communication et président du  comité d'organisation dudit dialogue politique, a démenti cet  accusation. 

 

     "Le processus est totalement consensuel. Il a commencé depuis  la première concertation en août 2006, ensuite le comité  préparatoire a été mis en place de manière consensuel avec toute  une parité et c'est ce comité préparatoire qui a proposé que  l'organisation du dialogue politique inclusif relève totalement de la responsabilité du gouvernement", a expliqué Cyriaque Gonda. 

 

     "C'est le gouvernement qui peut déployer l'armée en vue  d'assurer la sécurité des invités, pour faire le protocole des  chef d'Etats qui viendront pour assurer l'hébergement de tout le  monde. Le comité préparatoire a été suffisamment fort pour dire  que cette organisation relève exclusivement de la responsabilité  du gouvernement", a t-il poursuivi. 

 

     "Et c'est à ce titre là que le gouvernement a mis en place ce  comité. J'ai consulté tout le monde y compris l'Union des forces  vives de la nation qui aujourd'hui trouve des raisons pour  retarder ce processus et on n'acceptera pas que le processus  puisse être retardé car, le peuple centrafricain souffre déjà  assez et, a besoin de paix", a-t-il conclu.




 
Ndlr. Centrafrique-Presse : Bozizé et son clan sont des protagonistes de la crise centrafricaine. Si leur gestion du pays était si bonne, il n'y aurait pas des mouvements armés dans tous les coins du pays et une telle misère des populations. Ils ne doivent donc pas être les maîtres du jeu de ce dialogue politique en perspective. Par conséquent, ils n'ont pas à être en surnombre dans les structures d'organisation.

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Centrafrique-Presse.com - dans DIALOGUE INCLUSIF
13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 18:06

 

 

Bangui, 13 juin (ACAP)-Le ministre de la Communication, du Civisme, du Dialogue et de la Réconciliation Nationale, Cyriaque Gonda, devrait quitter Bangui dimanche 15 juin 2008, à la tête d'une délégation pour Libreville, au Gabon où il doit signer un accord global avec les mouvements rebelles actifs dans le Nord du pays, a appris l'ACAP, de source officielle.

 

M. Gonda a fait cette annonce vendredi 13 juin 2008, à l'issue de la première réunion du Comité d'organisation du Dialogue Politique Inclusif créé le 8 juin dernier et dont il est le Coordonnateur.

Il a également indiqué que ledit comité disposait d'un délai de 45 jours à partir de sa création pour préparer les assises du Dialogue Politique Inclusif prévus pour durer quinze jours.

Pour Cyriaque Gonda, l'agenda du comité consiste à mettre en place les huit commissions, à savoir le transport, les finances, l'accueil, l'ébergement, la santé, la sécurité, le protocole ainsi que les sous-commissions.

 
Il convient de rappeler que le 8 juin dernier, le Président de la République, François Bozizé, a créé par décret un Comité d'organisation du Dialogue Politique Inclusif comprenant 15 membres issus de la majorité présidentielle, de l'opposition démocratique, de la société civile, des pouvoirs publics et des groupes armés.


Confronté à des groupes rebelles opérant dans le Nord du pays depuis juin 2005, le gouvernement a successivement signé des accords de paix le 2 février 2007 à Syrte, en Libye avec le Front pour la Démocratie du Peuple Centrafricain (FDPC) d'Abdoulaye Miskine, le 13 avril 2007 avec l'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR) de Zacharia Damane et le 9 mai 2008 avec l'Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD) de l'ancien ministre de la Défense Jean-Jacques Demafouth.

 

Une délégation du comité d’organisation du dialogue politique centrafricain se rend à Libreville dimanche

 


APA Bangui2008-06-13 (Centrafrique) Une délégation du comité d’organisation du dialogue politique inclusif centrafricain, conduite par son coordonnateur Cyriaque Gonda, quitte Bangui dimanche pour Libreville au Gabon pour signer un accord de paix global avec les trois principaux mouvements rebelles centrafricains, a appris APA vendredi à Bangui.

 

Les 15 membres du comité d’organisation du dialogue politique, nommés le 8 juin dernier par le président centrafricain François Bozizé, ont tenu leur première réunion vendredi à Bangui.

A cette occasion, M. Cyriaque Gonda a déclaré que le comité a une mission de 45 jours, à compter de la date de la nomination de ses membres, pour mettre en place les huit commissions (transport, finances, accueil, hébergement, santé, sécurité, protocole) ainsi que les sous-commissions indispensables au bon déroulement du dialogue politique qui doit durer quinze jours.

 

Avant l’accord de paix global qui va être conclu à Libreville, le gouvernement centrafricain avait déjà signé des accords de paix séparés avec le Front pour la démocratie du peuple centrafricain (FDPC) de M. Abdoulaye Miskine et l’Union des forces démocratique pour le rassemblement (UFDR), respectivement le 2 février 2007 à Syrte (Libye) et le 13 avril 2007.

Un accord de cessez-le-feu et de paix a été également signé le 9 mai dernier avec l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), un groupe rebelle actif au nord-ouest de la Centrafrique, dirigé depuis fin mars dernier par Jean-Jacques Démafouth.

 

En plus du coordonnateur, Cyriaque Gonda, ministre centrafricain de la communication, du civisme, du dialogue et de la réconciliation nationale, le comité d’organisation comprend notamment des représentants de l’Union des forces vives de la nation, de la présidence de la République, de la Primature et de la société civile.

 

Le Bureau de l’organisation des Nations unies en Centrafrique (BONUCA), le Centre pour le dialogue humanitaire, le protocole d’Etat, la gendarmerie et la police, les partis politiques, les pouvoirs publics, les groupes politico-militaires et l’administration de la communication sont également représentés dans le comité d’organisation du dialogue politique centrafricain qui a été chargé de rechercher les moyens matériels et financiers pour cette grande rencontre censée ramener une paix définitive en Centrafrique.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans DIALOGUE INCLUSIF
13 juin 2008 5 13 /06 /juin /2008 18:02

 

  

CCP/34

Comité d’organisation

6e séance – matin

 

COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX: LE PRÉSIDENT CENTRAFRICAIN SE FÉLICITE DE L’INSCRIPTION DE SON PAYS À L’ORDRE DU JOUR DE LA COMMISSION

 

Le Président de la République centrafricaine, M. François Bozizé, s’est félicité ce matin de la décision du Comité d’organisation de la Commission de la consolidation de la paix d’inscrire son pays à l’ordre du jour de la Commission. 

 

La décision a été prise après que la Commission eut reçu une lettre du Président du Conseil de sécurité approuvant cette inscription et lui demandant des avis et des recommandations sur l’instauration et la conduite d’un dialogue politique ouvert à tous; l’action menée par les autorités nationales et l’appui de la communauté internationale pour créer un secteur national de la sécurité efficace, responsable et viable; le rétablissement de l’état de droit, notamment le respect des droits de l’homme et la bonne gouvernance*. 

 

Présent ce matin, lors de la réunion du Comité d’organisation, le Président centrafricain s’est félicité de cet engagement en faveur d’un pays qui émerge d’une longue série de crises politiques et socioéconomiques récurrentes.  « Depuis les changements politiques, a-t-il affirmé, mon gouvernement travaille avec acharnement à la relance économique et au renforcement des capacités nationales, notamment dans les secteurs judiciaire, politique et social. »  « Dès 2006, je me suis personnellement engagé dans les négociations qui ont abouti à des accords de paix avec tous les groupes armés », a-t-il souligné.

 

Malgré ces progrès « considérables », a reconnu le Président, beaucoup reste à faire.  Les négociations continuent pour parvenir à un accord de paix global qui doit ouvrir la voie à un dialogue politique, a-t-il rappelé, en qualifiant un tel accord d’ingrédient indispensable à la réconciliation nationale et à une paix durable. 

 

« Nous sommes en train de renforcer la cohésion sociale et le processus démocratique », a-t-il dit, en réitérant sa détermination à investir dans les ressources humaines et matérielles pour consolider la paix.  « C’est en cela, a-t-il conclu, qu’à moyen terme, nous avons besoin de l’aide de la Commission de consolidation de la paix. »

 

Après le Burundi, la Sierra Leone et la Guinée-Bissau, les membres du Comité d’organisation ont accueilli avec satisfaction le nouveau dossier de la République centrafricaine qui, selon eux, s’acheminent sûrement sur la voie de la consolidation de la paix.

 

C’est à la faveur d’un coup d’État contre le Président Ange Patassé que M. Bozizé est arrivé au pouvoir le 15 mars 2003, avant d’être élu démocratiquement 3 ans plus tard à la tête d’un État qui a été l’hôte de plusieurs présences de l’ONU.  Depuis 2006, le Gouvernement de M. Bozizé a signé des accords distincts avec les groupes armés dont l’Accord de Libreville du 9 mai 2008 avec la principale rébellion, l’APDR.  Un accord global doit encore être signé avec l’APDR, l’UFDR et la FDPC mais aussi avec l’opposition non armée et la société civile.  Cet accord devrait ouvrir la voie à un dialogue politique inclusif. 

 

Élu Président des réunions spécifiques sur la République centrafricaine, le Représentant permanent de la Belgique, M. Jan Grauls, a souligné l’importance de la réunion de ce matin qui consacre « presque solennellement » le début d’un engagement entre la Commission de consolidation de la paix et la République centrafricaine.  La réunion est tout aussi importante pour la communauté internationale parce que, s’est-il expliqué, la République centrafricaine est sur la voie de la stabilisation et mérite pleinement l’appui indispensable à l’issue heureuse de l’évolution importante et encourageante des choses.  « Le dialogue politique inclusif est sur la bonne voie et nous attendons désormais l’accord global de paix », a-t-il dit. 

 

Le Président élu s’est aussi félicité des reformes engagées dans le secteur de la sécurité, en espérant que l’apport de la Commission fera la différence.  L’inscription de la République centrafricaine à l’ordre du jour de la Commission, s’est-il encore félicité, devrait permettre à la Belgique d’offrir son expertise et sa connaissance de la région.  La Belgique sera généreuse, a-t-il promis, en saluant cette occasion de prouver son propre engagement et sa disponibilité à la tête des réunions spécifiques sur la République centrafricaine.  

 

Parmi les orateurs qui se sont félicités de la décision du Comité d’organisation, celui de la Commission européenne, M. Charles-Michel Geurts, a rappelé que cette dernière avait déjà financé à hauteur de 10 millions de dollars les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration.  La priorité de la Commission européenne étant la sécurité et le développement, le représentant a annoncé une contribution supplémentaire de 137 millions d’euros. 

 

Pour la République centrafricaine, le moment est « excellent » pour rejoindre la Commission de consolidation de la paix, a-t-il conclu, en souhaitant un bon esprit de collaboration entre partenaires déterminés à mener une approche globale et constructive.

 

Reprenant la parole, le Président Bozizé a salué le soutien des différents intervenants.  Depuis le changement politique du 15 mars 2003, a-t-il insisté, et avec le concours de la communauté internationale, la République centrafricaine a tout mis en œuvre pour sortir de la situation dans laquelle elle se trouvait. 

 

Beaucoup a été fait et il n’est plus question de revenir en arrière, a-t-il assuré.  « Notre souhait est de maintenir le cap ensemble et nous envisageons les décisions futures de la Commission comme un coup de fouet pour aller de l’avant.  Nous mettrons tout en œuvre, a conclu le Président, pour appliquer ces décisions et pour qu’enfin notre pays mette fin définitivement à la série des crises récurrentes. »

 

*A/62/864-S/2008/383

 

Ndlr Centrafrique-Presse : Les Nations Unies ne se rendent même plus compte du danger qu’il y a à cautionner des putschistes et autres chef rebelle comme Bozizé qui s’emparent du pouvoir par des moyens anti-constitutionnels et s’arrangent pour frauder des élections et se légitimer ensuite. Cette hypocrisie de la communauté internationale est insupportable.  Par ailleurs, les déclarations de Bozizé ici rapportées, sont aux antipodes de la réalité du pays. Tous les Centrafricains admettent que la situation actuelle du pays est pire que celle qui prévalait avant le putsch de Bozizé. L’insécurité est endémique et est un véritable fléau. Le tribalisme a atteint actuellement un niveau sans précédent dans le pays. La misère des populations est indescriptible. L’affairisme et l’enrichissement illicite de Bozizé et son clan sont en revanche, sans limite et scandaleux. Où est le changement apporté par le coup d’Etat de Bozizé ?

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 23:11

 

 

 

Centrafrique-Presse : Après les élections présidentielles de 2005 où vous vous étiez porté candidat mais où il ne vous avait pas été possible de rentrer au pays battre campagne vous-même, vous avez crée un parti politique la NAP. Or sur proposition de sa base, vous venez d’accepter de prendre la direction de l’APRD qui est un mouvement armé et c’est à ce titre que vous vous êtes rendu dernièrement à Libreville signer l’Accord de cessez le feu et de paix avec le gouvernement du président Bozizé. Votre position est-elle cohérente ? Pourquoi acceptez-vous de prendre la direction d’un mouvement armé ? Que devient désormais votre parti politique ?

 

Jean Jacques Demafouth : Effectivement j’ai déposé un dossier en vue de la reconnaissance de mon parti la NAP au mois d’octobre 2006. A ce jour le ministère de l’intérieur a délivré un récépissé provisoire mais la reconnaissance définitive tarde à venir. J’ai eu un petit entretien à ce sujet avec le ministre de l’intérieur à Libreville. Quand à l’APRD vous connaissez les circonstances dans lesquelles j’ai été choisi comme Président de ce mouvement. Je suis un homme politique et mes compatriotes m’ont fait appel et je ne peux leur tourner le dos. J’ai reçu mandat de signer un accord de cessez le feu et de paix avec le gouvernement centrafricain et nous allons dans les prochains jours engager des discussions en vue de la signature d’un accord de paix global. L’action que l’APRD a menée sur le terrain doit être poursuivie sur le plan politique.  

 

C.A.P Vous avez été inculpé par le pouvoir de Bangui et condamné récemment par contumace par la dernière session de la cour criminelle de la RCA pour assassinat dans l’affaire du lieutenant Gbodo à Kembé. Pouvez-vous nous faire le point sur cette affaire et quelles y sont vos responsabilités réelles si responsabilités il y a ?

 

JJD : Merci de me permettre d’apporter une précision avant de commencer. Je n’ai jamais été condamné ni avant ni dans le cadre de cette affaire que vous évoquez. J’ai été inculpé par le tribunal militaire qui s’est ensuite déclaré incompétent et a transmis le dossier à la Cour criminelle. En 2005 la Cour criminelle avait estimée que l’état du dossier ne lui permettait pas de retenir l’affaire et l’a renvoyée devant le doyen des juges d’instruction pour complément d’information. En 2007, le doyen des juges d’instruction a renvoyé le dossier devant la chambre d’accusation de la Cour d’appel. En 2008 la chambre d’accusation de la cour d’appel a pris une ordonnance de contumace pour renvoyer cette affaire devant la cour criminelle. La cour criminelle vient de se déclarer incompétente et a renvoyé à nouveau cette affaire devant la chambre judiciaire de la cour de cassation et nous attendons son arrêt. Voilà ce qui en est de la procédure. En ce qui concerne le fond de cette affaire, c’est tout simplement une manœuvre pour discréditer monsieur DEMAFOUTH.

Rappelez-vous qu’en 1999, et surtout pendant la période de campagne électorale, la tension était montée d’un cran entre les militants du MLPC et ceux du RDC dans la préfecture de la Basse-Kotto. Plusieurs responsables locaux sont venus se plaindre aux autorités à Bangui  du comportement de certains jeunes gens détenteurs d’armes de guerre qui sévissaient dans cette région. A cette époque je n’avais pas d’activités officielles je m’occupais de ma société Télécom plus.

Le 1er novembre 1999 j’ai été nommé ministre de la défense et j’ai pris mes fonctions le 3 novembre. Le 5 novembre j’ai nommé un chef de cabinet.  Le cabinet du ministre était composé du chef de cabinet, d’un chargé de mission, d’un assistant et du personnel de l’administration.

Le 10 novembre j’ai reçu un appel téléphonique de la présidence m’invitant à une séance de travail  présidée par le chef de l’état. J’ai pris part à cette séance de travail en compagnie de mon collègue de l’intérieur. Nous avons ensemble découvert dans la salle les responsables du MLPC qui venaient  présenter au Président de la république les militants du MLPC victimes des exactions d’une bande armée dans la préfecture de la Basse-Kotto. Certains étaient encore à l’hôpital communautaire et le reste était hébergé au siège du MLPC. Après plusieurs interventions, le Chef de l’Etat avait conclu par l’envoi d’une mission de la garde présidentielle dans la zone en vue de remettre de l’ordre. La presse présidentielle était présente et l’intervention du chef de l’état a été diffusée à la radio.

Je n’ai pas été associé à la préparation ni à l’exécution de cette mission qui relevait d’un corps qui dépendait exclusivement de la Présidence. La seule chose que mon collègue de l’intérieur et moi avions  fait à l’époque, c’était de demander à rencontrer le général KOLINGBA. Mais ce dernier avait refusé. J’ai été informé de cette triste affaire par le Directeur général de la gendarmerie qui est venu tôt le matin à mon bureau. Par contre je sais que la mission de Kémbé a  été décidée sur proposition  de divers services de l’état dont l’Etat major général des armées. Vouloir absolument incriminer monsieur DEMAFOUTH relève d’une grossière volonté de nuisance pour des fins politiques. De toutes les façons, la vérité sortira un jour. Je vais me battre et je ferai en sorte que même si cette affaire est amnistiée sur le plan pénal, qu’elle soit poursuivie sur le plan civil afin de donner l’occasion aux parents des victimes de connaître la réalité des faits.

 

C.AP : Lors de la première intervention des troupes du MLC à Bangui après le coup d’Etat raté du général André Kolingba du 28 mai 2001, vous étiez ministre en charge de la défense du président Ange Félix Patassé. Certaines personnes vous accusent d’avoir des responsabilités dans la mort d’un certain nombre de personnalités notamment le général François Bédaya Ndjadder, le général Abel Abrou, le colonel de gendarmerie Alphonse Konzi, de l’universitaire Théophile Touba du RDC, etc…Que répondez-vous ?

 

JJD : Je suis surpris par ces nouvelles accusations qui sont sans fondement. J’ai lu récemment dans un communiqué signé d’un soit-disant Collectif d’officiers libres qui visiblement, ne font la rébellion que sur internet et dont on ne connaît pas le moindre cm2 du territoire national qu’ils occupent. Je pense que ce communiqué a été confectionné à partir d’un cyber café à Paris et on a mis le nom de cet officier qui vit son exil en Europe dans des conditions difficiles. C’est vraiment lamentable d’en arriver là pour prétendre à une existence politique.

Comme vous le savez le coup d’état du 28 mai 2001 m’a surpris et cela a  été démontré lors de mon procès. Mon domicile a été attaqué faisant un blessé grave. Malgré tout j’ai été accusé et envoyé en prison pour rien. Heureusement que la cour criminelle dans son arrêt a reconnu que si l’ordre a été rétabli, c’était grâce à mon travail et à l’organisation que j’avais mis en place dès le lendemain du coup d’Etat. D’ailleurs le procureur général, lors de ce procès a donné publiquement les noms de ceux qui ont tué le général Ndjadder. Quand au  général Abel Abrou, il a été tué dans des circonstances que nous n’avons pas eu le temps d’élucider et en pleine opération dans une zone non contrôlée par nos forces. Pourquoi la commission d’enquête mixte n’a-t-elle pas cherché à connaître la vérité sur cette affaire. Quand au député Touba, ce sont des éléments de la garde présidentielle dans la vague de répression qui a suivi l’attaque de la résidence du président PATASSE qui sont allés le chercher pour l’exécuter. Ces éléments sont connus. Ce sont les mêmes qui ont tué Mr BANGANZONI et ses enfants. Pendant ce temps DEMAFOUTH était assiégé chez lui par les assaillants. Je vous répète encore que monsieur DEMAFOUTH n’a jamais commandé la garde présidentielle ni avant les évènements, ni pendant ni après. Pour le cas du colonel KONZI, il était malheureusement sorti de sa cachette le jour ou le chef de l’Etat m’a retiré le commandement et avait confié l’ensemble du contrôle des opérations au Procureur Général qui était nommé Président de la Commission d’enquête mixte judiciaire. Je ne peux rien vous dire sur les circonstances dans lesquelles le colonel KONZI qui a cherché refuge au camp BEAL a été renvoyé vers la gendarmerie et a été extirpé par des éléments de la garde présidentielle pour être exécuté.

 

C.A.P : Certaines personnes vont jusqu’à vous accuser également  d’avoir quelque chose à voir dans les circonstances de la mort du colonel Alphonse REHOTE. Qu’avez-vous à en dire?

 

JJD : Je ne sais pas pourquoi on cherche absolument à me coller une affaire criminelle sur le dos. Pour ceux qui ne le savent pas j’avais des liens particuliers avec le colonel REHOTE. C’est même lui qui m’a prêté un logement lorsque je suis rentré à Bangui. Quand il a trouvé la mort j’étais en France en mission.  Une enquête avait été diligentée par la gendarmerie et le résultat a été communiqué au gouvernement.  A l’époque j’étais conseiller à la présidence et le Ministre de la défense d’alors, Pascal KADO, m’avait dit que le colonel était tombé dans une embuscade d’une bande de coupeurs de route provenant du Tchad. Voilà ce que je peux vous dire sur cette affaire.

 

C.A.P : Certaines personnes considèrent qu’après l’arrestation de Jean-Pierre Bemba, les prochains sur la liste devraient être le président Patassé et vous ? Quelle est votre lecture des événements d’octobre 2002 jusqu'au coup d’Etat du 15 mars 2003 quand bien même vous n’étiez plus aux affaires ?

 

JJD : Dans cette affaire les gens spéculent pour rien. C’est une triste affaire qui n’honore pas notre pays. Ce qui est arrivé est grave. Aujourd’hui il faut attendre la fin de l’instruction de ce dossier. Si Jean-Pierre BEMBA a été arrêté, c’est que le Procureur de la CPI a estimé nécessaire son arrestation pour la manifestation de la vérité. Maintenant c’est au Procureur qui a la charge de la poursuite dans cette affaire, de délivrer un mandat ou non. Quand au Président PATASSE, ce n’est que dans la norme des choses qu’il soit entendu. Il était le Chef de l’Etat, chef suprême des armées au moment des faits.  Il doit dire ce qui a motivé l’appel aux troupes du MLC, le mécanisme de commandement et d’exécution sur le terrain. Les gens se trompent parfois. Ce n’est pas parce que quelqu’un est arrêté qu’il  est coupable, ce n’est pas parce que quelqu’un est inculpé qu’il est coupable. Le peuple centrafricain a besoin de savoir ce qui s’est passé réellement.  Si le Président PATASSE ne s’exprime pas à ce sujet, c’est parce qu’il veut réserver la primauté de sa déclaration au Procureur du TPI et je le comprends. Il faut de la sérénité. Le peuple centrafricain lui avait confié son destin en 1993 et renouvelé sa confiance en 1999.  Que s’est-il passé ? C’est l’occasion pour lui de s’expliquer. En ce qui me concerne, je n’étais plus aux affaires, et je n’ai donc pas pris part aux évènements dans la période que vous citez. Donc je n’ai rien à y voir.

 

C.A.P : On parle encore de la nécessité de la signature toujours à Libreville, d’un accord de paix global avant la tenue du dialogue politique inclusif. L’APRD doit être de la partie n’est-ce-pas ? Quelle part compte-t-elle prendre dans le retour durable de la paix en Centrafrique ?

 

JJD : Effectivement l’APRD va être présente à Libreville pour la signature de l’accord de paix global. Le retour durable de la paix dans notre pays est une question de volonté des parties en conflit. Si nous respectons nos engagements et croyons en ce que nous faisons, la paix est imminente et irréversible. C’est ce que souhaite l’APRD.  L’accord de paix global va ouvrir les portes du dialogue national inclusif par la prise de la mesure de décrispation nationale qui est l’amnistie générale. Tous les Centrafricains, y compris les présidents PATASSE, KOLINGBA, et BOZIZE doivent être présents.

 

C.A.P : Seriez-vous candidat à l’élection présidentielle de 2010 ?

 

JJD : Pour le moment je ne le sais pas encore. Mais si c’est le désir de ceux qui  pensent que je peux proposer des solutions pour mettre notre pays sur la voie du développement, oui je serai candidat. Si non je soutiendrai volontiers un autre compatriote.

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