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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 04:10


 

Bangui, 18 nov. (ACAP) – Le président de la République Centrafricaine, François Bozizé a lancé « un vibrant appel à l’endroit de la communauté internationale pour accompagner le gouvernement centrafricain dans son programme de lutte contre la faim et la malnutrition », lundi 16 novembre 2009, au cours du sommet de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), à Rome, en Italie, selon une dépêche de la presse présidentielle.

Selon Lord Esaïe Nganamokoy de la presse présidentielle, le Président François Bozizé s’est entretenu avec la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM) pour discuter des questions relatives à la cantine scolaire, la table ronde sectorielle de l’agriculture et l’appui du PAM au programme de Désarmement, démobilisation et de réinsertion (DDR) des ex-combattants.

Le Président François Bozizé a également été reçu par le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki Moon pour échanger au sujet de la consolidation de la paix, l’évolution du programme DDR en Centrafrique et les prochaines échéances électorales.

Rappelons que les Chefs d’Etat et de gouvernement qui ont pris la parole à la tribune du sommet ont dressé un tableau sombre de l’insécurité alimentaire dans leurs pays respectifs avant d’envisager la mise en place de bonnes stratégies pour lutter contre la faim et la malnutrition.


NDLR : Il a fallu le tintamarre médiatique fait autour du sommet de la FAO à Rome et que les alarmes soient tirées de partout au sujet de la malnutrition infantile sévère qui sévit dans son propre pays pour que Bozizé qui a fait le mort et  jusqu'ici et la sourde oreille, daigne enfin rompre son mutisme. Bozizé doit expliquer aux Centrafricains comment Berbérati et Carnot, deux villes dynamiques de la préfecture de Mambéré-Kadéi qui n'ont jamais entendu parler de la faim dans le passé puissent connaître brutalement le drame de famine qu'elles vivent actuellement. N'est-ce pas les conséquences d'une certaine politique dont il est lui-même responsable ? Une chose est de s'adresser au PAM pour faire face au plus pressé, une autre est de mettre en place une bonne gouvernance pour le développement multi-sectoriel du pays afin d'assurer l'auto-suffisance alimentaire aux Centrafricains, toutes régions confondues. Bozizé et sa clique en sont manifestement incapables.  

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 03:55




 


(Mutations 18/11/2009)

Les mutations récurrentes à la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale sont considérées comme un handicap à son décollage.

Réuni à Douala le jeudi 29 octobre 2009 en marge de l'atelier régional sur " le développement du marché financier de la Cemac", le collège de la Commission de surveillance du marché financier d'Afrique centrale (Cosumaf) a décidé de maintenir la suspension du Directeur général de la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (Bvmac), Willy Ontsia. Le collège a accepté, dans la forme, la requête introduite le 29 septembre dernier (en vertu de l'article 14 du règlement général de la Cosumaf) par le conseil d'administration de la Bvmac (conseil présidé par Jean Claude Oyima, par ailleurs Administrateur directeur général de Bgfi Bank, le premier groupe bancaire de la zone Cemac), mais l'a rejetée, dans le fond, estimant qu'il n'y a pas eu de nouveaux éléments versés au dossier. En attendant donc la désignation d'un nouveau Directeur général à la tête de la Bvmac, le conseil d'administration a nommé Monsieur Claude Ayo Igueda comme administrateur délégué.

 Willy Ontsia avait été suspendu suite à un incident survenu lors d'un contrôle à la Bvmac des inspecteurs de la Cosumaf. Le Directeur général aujourd'hui suspendu avait alors, selon les termes d'un communiqué rendu public par la Cosumaf, porté atteinte à l'intégrité physique du chef de cette mission. Avec le maintien de cette suspension et donc la mise à l'écart de façon définitive de Willy Ontsia, la Bourse régionale des valeurs mobilières d'Afrique centrale connaît ainsi son quatrième dirigeant, en moins de dix ans d'existence. Avant le Gabonais Willy Ontsia, deux Centrafricains ont dirigé la Bourse avec plus ou moins de bonheur.

Ce furent, d'abord, Marlyn Moulliom et, ensuite, Yvon Psimhis. A la direction générale de la Bvmac à Libreville, l'on soutient que le choix des tout premiers dirigeants de la bourse n'a pas tenu compte des compétences, mais plutôt des arrangements entre les Etats.
L'arrivée de Willy Ontsia avait alors sonné comme une avancée. Mais hélas ! Mais les changements récurrents qui surviennent à la tête de cette bourse sont diversement appréciés par les observateurs des questions boursières.

De sources introduites à la Cosumaf, par exemple, soutiennent que l'exploitation de l'entreprise continue normalement puisque les postes, en dehors du celui du Directeur général, sont techniques et occupés par des techniciens avérés. Le fonctionnement n'est donc pas affecté. " Les postes élevés comme ceux de Directeur général sont essentiellement précaires ", soutient un chef d'entreprise basé à Douala. Qui explique par exemple qu'au sein de la plupart des multinationales, les directeurs partent avec des accords de deux à trois ans, renouvelables. "Mais le charisme d'un Directeur général est un élément de crédibilité de la place boursière", explique ce dirigeant qui a requis l'anonymat.

Dans le cas d'une bourse, bien que le poste soit soumis aux mêmes contraintes d'une multinationale, c'est-à-dire le changement permanent à ce poste, le problème le plus important peut venir de l'hésitation de certains émetteurs à venir en bourse du fait de l'image que renvoient ces changements répétitifs, parfois occasionnés par des dérapages qui ne sont pas propres à rassurer de potentiels client du marché financier.

 
Lazare Kolyang

© Copyright Mutations

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 03:42




Source: Human Rights Watch (HRW)

Date: 17 Nov 2009


Ils doivent profiter de la réunion annuelle des 110 membres pour répondre aux détracteurs de la Cour et renforcer la justice internationale

(La Haye)- Les pays membres de la Cour pénale internationale devraient profiter de leur réunion annuelle pour renforcer le soutien international à la mission et à l'indépendance de la Cour, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. L'Assemblée des Etats parties à la CPI, qui supervise l'administration de la Cour, va se réunir à La Haye pendant neuf jours à partir du 18 novembre 2009.

La CPI a réalisé des avancées notables cette année, notamment avec l'ouverture de son premier procès, a souligné Human Rights Watch. Mais la Cour est confrontée à des défis importants, notamment un certain nombre de mandats d'arrêt encore en suspens dans trois des quatre pays faisant l'objet d'enquêtes et des tentatives pour porter atteinte à la Cour menées par les alliés du Président Omar el-Béchir du Soudan, qui est recherché pour crimes contre l'humanité au Darfour.

« Le travail de la CPI n'est peut être pas parfait », a déclaré Elizabeth Evenson, conseillère au Programme Justice Internationale à Human Rights Watch. « Mais les 110 pays membres de la CPI devraient conjuguer leurs efforts pour soutenir son rôle crucial de tribunal de dernier recours et pour répondre énergiquement à ceux qui essaient de saper sa mission. »

De nombreux Etats parties à la CPI, y compris des Etats africains, s'emploient à réaffirmer leur engagement envers la justice internationale. Par exemple, au moins deux membres africains de la CPI -l'Afrique du Sud et le Botswana- ont rejeté une décision prise en juillet par l'Union africaine visant à refuser la coopération de ses membres au sujet de l'arrestation et du transfert du Président el-Béchir. Human Rights Watch a appelé les membres de la CPI à profiter de la réunion annuelle pour réaffirmer avec force la fonction essentielle de la CPI et pour encourager la Cour à renforcer ses propres activités d'information du public.

Les membres de la CPI se réuniront également au mois de mai prochain à Kampala, en Ouganda, pour une conférence de révision prévue par le Statut de Rome, le texte fondateur de la Cour et qui est entré en vigueur en 2002. Lors de cette réunion, les pays membres feront le point sur l'état de la justice pénale internationale et examineront des amendements au Statut de Rome. Elargir la portée de la justice internationale et évaluer son impact sur les communautés affectées par les crimes relevant de la compétence de la CPI sont parmi les sujets que les Etats devraient traiter lors de cette conférence, a suggéré Human Rights Watch.

« Faire le point sur les réussites et les lacunes de la justice internationale lors de la conférence de révision contribuera à identifier les défis et à leur répondre dans les années à venir », a indiqué Elizabeth Evenson. « Les pays membres de la CPI doivent s'atteler à une préparation minutieuse de la conférence de révision maintenant afin d'obtenir des résultats à Kampala. »

Une plus grande coopération internationale est essentielle à la réussite de la Cour, a insisté Human Rights Watch. Les pays membres de la CPI devraient renforcer ces efforts en créant un groupe de travail permanent pour traiter des questions telles que la réinstallation des témoins et les accords d'application de peines.

Au moment d'examiner le budget annuel de la Cour lors de la réunion, les pays membres devraient garantir que la Cour dispose des ressources nécessaires à La Haye et pour assurer sa présence dans les pays où elle mène des investigations, ainsi que dans des capitales clés comme New York et Addis Abeba. Le procureur de la CPI a annoncé récemment qu'il allait demander l'autorisation d'ouvrir une cinquième enquête de la CPI, au Kenya.

« Développer les activités de la CPI et répondre à de plus grandes attentes en matière de justice implique que les Etats membres vont devoir continuer à investir dans le Cour », a remarqué Elizabeth Evenson.

Dans un mémorandum adressé aux Etats parties la semaine dernière, Human Rights Watch a attiré l'attention sur un certain nombre d'autres questions susceptibles de faire l'objet de discussions au cours de la réunion de l'Assemblée des Etats parties. Ces questions comprennent par exemple la nécessité d'établir une politique pour les visites familiales financées par la Cour pour les détenus indigents de la CPI, celle de s'assurer que les deux juges devant être élus au cours de la réunion sont bien les candidats les mieux qualifiés, et la préparation des élections du prochain procureur de la CPI. Human Rights Watch a aussi rappelé la nécessité pour les fonctionnaires de la Cour de continuer à progresser dans la construction d'une institution efficace, équitable et crédible.

Contexte

La Cour pénale internationale est le premier tribunal international permanent mandaté pour traduire en justice les auteurs de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide, quand les tribunaux nationaux sont dans l'incapacité de le faire ou n'en ont pas la volonté.

Le procureur de la CPI a ouvert des enquêtes en République démocratique du Congo, dans le nord de l'Ouganda, dans la région du Darfour au Soudan, et en République centrafricaine. Sur la base de ces enquêtes, 13 mandats d'arrêt et une citation à comparaître ont été émis. Le procureur de la CPI examine aussi un certain nombre d'autres situations dans d'autres pays du monde. Il s'agit du Kenya, de la Colombie, de la Géorgie, de la Côte d'Ivoire, de l'Afghanistan et de la Guinée. L'Autorité nationale palestinienne a aussi présenté une demande au procureur de la CPI, acceptant la compétence de la Cour pour les crimes commis à Gaza.

A ce jour, quatre personnes sont détenues par la CPI à La Haye. Une cinquième personne, Bahr Idriss Abu Garda -qui est accusé de crimes de guerre en lien avec une attaque contre des soldats du maintien de la paix de l'Union africaine au Darfour- a comparu volontairement pendant les audiences préliminaires visant à déterminer si un procès contre lui sera ouvert. Le 26 janvier 2009, la Cour a entamé son premier procès, celui du chef de milices congolais Thomas Lubanga Dyilo; elle a terminé les audiences préliminaires dans deux autres affaires cette année. Le deuxième procès de la Cour, contre les chefs rebelles congolais Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui, devrait s'ouvrir le 24 novembre prochain.

En plus du Président el-Béchir et de deux autres personnes dans la situation au Darfour, des mandats d'arrêt sont en instance pour des chefs de l'Armée de résistance du seigneur dans le nord de l'Ouganda et pour Bosco Ntaganda, un ancien commandant rebelle qui est maintenant intégré dans l'armée nationale congolaise.

L'Assemblée des Etats parties a été créée par le Statut de Rome pour assurer un contrôle de gestion de l'administration de la Cour. Elle est composée de représentants de chaque Etat membre et elle doit se réunir une fois par an au moins, ou plus souvent en cas de besoin.

La compétence de la CPI peut être déclenchée de trois façons différentes. Les Etats parties ou bien le Conseil de sécurité de l'ONU peuvent référer une situation (c'est-à-dire un ensemble précis d'événements) au procureur de la CPI, ou le procureur de la CPI peut solliciter de lui-même l'autorisation d'une chambre préliminaire de juges de la CPI pour ouvrir une enquête.

Le Statut de Rome prévoit que sept ans après l'entrée en vigueur du traité, le secrétaire général de l'ONU convoque une conférence de révision pour examiner des amendements éventuels au traité. Lors de leur septième Assemblée des Etats parties, en 2008, les membres de la CPI ont décidé que la conférence se déroulerait à Kampala. Son ouverture est prévue pour le 31 mai 2010.

© Copyright, Human Rights Watch 350 Fifth Avenue, 34th Floor New York, NY 10118-3299 USA

 

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 03:23




 

Les 15 membres du Conseil "ont fermement condamné les attaques continuelles et croissantes commises par la LRA en République démocratique du Congo (RDC), en République centrafricaine (RCA) et au Soudan, qui se sont soldées par la mort, l'enlèvement ou le déplacement de milliers de civils", a déclaré à la presse l'ambassadeur d'Autriche, Thomas Mayr-Harting, président du Conseil en novembre.

Ils se sont félicités de la "coopération accrue" entre les Etats de la région "face à la menace posée par la LRA" et les ont encouragés à coopérer avec l'ONU, afin "de faire tous les efforts possibles pour protéger les civils", a poursuivi l'ambassadeur.

De même, ils ont appelé les missions de l'ONU dans toute la région à "coordonner leurs stratégies et leurs informations pour la protection des civils, à la lumière des attaques commises par la LRA".

Parmi ces missions, sont citées la Monuc (RDCongo), la Minus (Sud-Soudan), la Minuad (Darfour), le Bonuca (Centrafrique) et la Minurcat (Tchad et Centrafrique).

Dirigée par Joseph Kony, la LRA est apparue en 1988 dans le nord de l'Ouganda. Depuis 2005, ses combattants se sont éloignés de leurs bases pour s'installer dans l'extrême nord-est de la RDC.

Les armées ougandaise et congolaise ont mené de décembre 2008 à mars dernier, avec le soutien du Sud-Soudan, une vaste offensive qui a échoué à capturer Kony ou à neutraliser son mouvement dans cette partie très isolée de l'ex-Zaïre.

La LRA a multiplié depuis lors les attaques contre les populations, en RDC et dans l'est de la Centrafrique.

Au Sud-Soudan, des hommes de la LRA ont attaqué cette année des points de distribution d'aide alimentaire, tué des centaines de civils, kidnappé des enfants et forcé le déplacement de milliers de personnes dans la région d'Equateur-Occidental.

Deux incidents ayant peut-être impliqué des hommes de Joseph Kony ont été recensés au cours des dernières semaines dans la région sudiste voisine du Bahr al-Ghazal Occidental, qui jouxte la Centrafrique et le Darfour, ce qui a alimenté les spéculations sur une migration de la LRA vers le Darfour.

Joseph Kony et ses deux principaux adjoints sont recherchés par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre.

New York 17.11.09 | 23h23 (AFP) - Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné mardi les exactions continuelles commises dans toute la région des Grands Lacs africains par la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), l'une des guérillas les plus brutales au monde.
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 03:15




Source : senego.com 17 novembre, 2009 à 5 h 21 min

L’Inter-17/11/2009

*La réaction des artistes

De retour en Côte d’Ivoire, voici ce qui se raconte sur eux dans la capitale centrafricaine. « Gohou et ses amis se sont fait rouler dans la farine par un des leurs qui vit ici en Centrafrique. Ils ont séjourné et mangé dans un hôtel. A la fin, ils ne voulaient pas payer la facture d’hôtel. Il a fallu la gendarmerie pour qu’ils règlent la note… », a révélé la presse centrafricaine dans une de ses publications. « Les soirées qu’ils ont organisées n’ont été que des fiasco, sauf la dernière qui leur a permis de régler un certain nombre de problèmes. De plus, ils sont venus en surnombre… », a soutenu pour sa part une consœur de la radio nationale centrafricaine dans un message qu’elle nous a fait parvenir. A Bangui, on soutient que c’est une compagnie de téléphonie mobile qui a payé les billets retour de Gohou et ses amis. « Les billets retour des artistes ivoiriens ont été payés par la maison Nation-Link téléphonie mobile… », assure-t-on au pays de Bozizé.

Ambroise Bady, manager du groupe Espoir 2000 ayant pris part au périple Bangui, s’est dit surpris par cette information qui circule en Centrafrique, lorsque nous l’avons joint au téléphone hier vendredi 13 novembre 2009 « Nos billets d’avion retour sont venus d’Abidjan. C’est moi qui suis rentré en contact avec le président Gadji Céli qui est allé voir le ministre Augustin Komoé. Lequel a vu le Président Gbagbo qui a débloqué la situation en nous expédiant des billets d’avion. Ils nous ont envoyé exactement 16 billets, car la structure 225 qui s’occupe de la carrière de Gohou, Nastou, Bohiri, s’est attelée à payer les billets. C’est ça qui est la vérité… », a -t-il-insisté.

Il a indiqué que ce qui se raconte sur le compte des artistes ivoiriens en ce moment à Bangui et donc faux. De plus, il a estimé qu’il y a des artistes ivoiriens qui n’ont pas pu être du voyage, il n’est pas bon de dire que les artistes étaient partis en surnombre au pays de Bozizé. Interrogée, l’artiste Betika n’a pas voulu se prononcer sur la question. « C’est une situation difficile que nous avons vécue là-bas, je ne souhaite plus revenir sur cette affaire… », a-t-elle coupé. Comme on le constate, l’affaire des artistes ivoiriens bloqués en Centrafrique n’a pas fini de livrer ses secrets.

Cet article est aussi publié sur presse.ivorian.net: lien

http://presse.ivorian.net/article/?p=8600

 
NDLR : Jean Francis Bozizé et l'inévitable Patrice Edouard Ngaissona qui avaient cru faire des affaires avec la venue de Gohou et sa bande, étaient pourtant mêlés à ce business qui a fini par tourner au vinaigre.

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 03:09




               Jean-Pierre Oyiba l'ex dircab de
                  Ali Bongo qui a démissionné

16/11/2009 12:24:36 | Jeune Afrique | Par : François Soudan

L'onde de choc du scandale du Bureau de Paris, révélé par J.A., n'a pas fini d'éclabousser les personnalités de la région...

Jean-Marie Ogandaga Ndinga est un homme prudent. Délégué du gouverneur au Bureau extérieur de Paris de la Banque des États de l’Afrique centrale, le BEP, depuis juillet 2008, ce haut cadre gabonais avait, en avril dernier, volontairement omis de remettre à la mission du contrôle général de la Beac chargée d’enquêter sur les détournements de fonds en son sein une dizaine de copies de chèques douteux en sa possession. Motif: l’identité « sensible » de leurs bénéficiaires. Mais une fois le scandale révélé par Jeune Afrique et le tsunami déclenché, il a bien fallu qu’il s’exécute.

Dans le rapport d’enquête qu’elle vient de rédiger, la direction du contrôle précise donc que lors de son dernier séjour à Paris, fin septembre, sa mission s’est finalement fait remettre lesdites copies des chèques qualifiés de frauduleux. Et l’on comprend mieux, à la lecture des noms des quatre bénéficiaires, que le délégué du gouverneur ait (sur ordre?) longuement tergiversé avant de livrer aux enquêteurs les photocopies qu’il avait lui-même reçues de la Société générale.

Si l’on en croit le rapport, ont bénéficié de « chèques supposés frauduleux, qui n’ont pas été retracés régulièrement dans la comptabilité ou dont la prestation ne semble pas avoir été réalisée au bénéfice de la banque » : Mme Annie Mebiame, épouse de Léon Mebiame, ancien Premier ministre du Gabon ; le général André Oyini, ancien commandant de la garde républicaine d’Omar Bongo Ondimba, neveu de ce dernier et donc cousin de l’actuel président Ali Bongo Ondimba ; Mathias Dzon, ex-ministre congolais de l’Économie et des Finances, ancien directeur national de la Beac à Brazzaville et candidat à la présidentielle de juillet 2009. Enfin : Jean-Pierre Oyiba, ex-directeur de l’Office des ports et rades du Gabon, l’Oprag, et actuel directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, dont il est l’un des très proches.

Les montants en cause varient entre l’équivalent de 14 millions de F CFA (André Oyini) et 136 millions (Mme Mebiame), en passant par 58 millions (Mathias Dzon) et 65,6 millions (Jean-Pierre Oyiba). Ces chèques, qui remontent pour la plupart à la période 2005-2007, émanent tous du compte ouvert par le BEP à l’agence Champs-Élysées de la Société générale. Le rapport d’enquête de la Beac est formel : que leurs bénéficiaires en aient ou non été informés, il s’agit là du produit de détournements réalisés au moyen de chèques frauduleux (imitation de signatures, doubles paiements…) établis par le comptable Armand Brice Ndzamba et ses complices « pour approvisionner leurs comptes personnels ou ceux de leurs relations ». 

Grosses surprises

Un nouveau rebondissement, donc, qui touche au cœur du nouveau pouvoir gabonais – selon nos informations, le président Ali Bongo Ondimba, très engagé dans son opération de « nettoyage », aurait signifié à son ami Oyiba qu’il ne le couvrirait pas s’il s’avérait qu’il avait fauté –, mais sans doute pas le dernier, puisqu’une revue des comptes de la Beac depuis le début des années 1990, préconisée par les partenaires occidentaux de la banque, risque de révéler de grosses surprises.

Contraint par le FMI, qui a gelé ses programmes et décaissements en faveur des pays membres en attendant que toute la lumière soit faite sur ce scandale, le conseil d’administration de la Beac, institution jusque-là réputée pour son opacité, se livre depuis la mi-octobre à un bel exercice de transparence. À la publication sur le site Internet de la banque des principales pièces du dossier succèdent les auditions en chaîne des coupables et des responsables. L’ancien vice-gouverneur et ex-ministre congolais des Finances, Pacifique Issoibeka, et l’actuel directeur général de l’exploitation de la Beac, l’Équato-Guinéen Lucas Abaga Nchama, sont ainsi venus s’ajouter à la liste des dirigeants passés ou présents dont la responsabilité est – à des degrés divers – engagée : Jean-Félix Mamalepot, Philibert Andzembé, Gata Ngoulou, Rigobert Roger Andely. Quant aux coupables, à la fois auteurs et bénéficiaires des malversations, ils sont pour certains en prison (Armand Brice Ndzamba et son épouse), inculpés ou en voie de l’être (Maurice Moutsinga), et, pour d’autres, recherchés par Interpol en France et au Maroc (l’ex-secrétaire du BEP Marie-France Robert).

Reste une troisième liste: celle des « simples » bénéficiaires présumés de détournements, selon les rapports d’enquête. Ils sont plusieurs dizaines, dont, on l’a vu, certaines personnalités « sensibles ». Si les faits étaient confirmés, la moindre des exigences à leur égard serait qu’ils remboursent à la Beac cet argent mal acquis.

 

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 03:03


LE MONDE | 14.11.09 | 14h24  •  Mis à jour le 14.11.09 | 14h24

Ce n'est qu'un symbole, mais il est de taille. Le continent africain aura franchi le seuil du milliard d'habitants au cours de l'année 2009. Ce passage, discrètement relevé dans un récent bulletin du Population Reference Bureau, une organisation indépendante basée à Washington, marque le spectaculaire envol démographique d'un continent resté longtemps sous-peuplé, saigné par la traite négrière (11 millions d'hommes en trois siècles) et les épidémies.

Il intervient à un moment où inquiétudes et fantasmes se concentrent plus que jamais sur l'Afrique. Vu de la partie développée et vieillissante du monde, le continent noir peut être perçu comme celui de tous les dangers - pauvreté, faim, émigration, terrorisme, conflits armés - qu'une démographie incontrôlée peut exacerber.

Le choc des chiffres, il est vrai, est rude. Alors qu'en 1950 l'Afrique (225 millions d'habitants) n'accueillait qu'un humain sur dix, le continent abrite aujourd'hui un homme sur sept. Et cette proportion devrait atteindre un sur cinq à l'horizon 2050, lorsque la population africaine aura doublé pour atteindre 2 milliards.

Aujourd'hui, déjà, un enfant sur quatre naît en Afrique, continent qui cumule les records démographiques : la plus forte fécondité (4,6 enfants par femme contre 2,5 de moyenne mondiale) et celui de la jeunesse (43 % des Africains subsahariens ont moins de 15 ans). Le troisième pays de la planète par sa natalité est le Nigeria, pays où naissent, chaque année, plus de bébés (6 millions) que dans l'ensemble de l'Union européenne (5 millions). Quant à l'Ouganda, c'est le pays le plus jeune du monde : 56 % de sa population a moins de 18 ans.

Ces marques de dynamisme se doublent d'indicateurs nettement moins enthousiasmants : la durée moyenne de la vie d'un Africain ne dépasse guère 53 ans en moyenne, soit quinze ans de moins que la moyenne planétaire ; la mortalité infantile y est vingt fois plus élevée qu'en Europe de l'Ouest, et la contraception 2,4 fois moins pratiquée qu'en Europe ou en Asie.

"C'est le moment de l'Afrique", estime néanmoins Gilles Pison, directeur de recherches à l'Institut national d'études démographiques (INED). "On a l'impression que rien ne change, que les Africains ont toujours beaucoup d'enfants. C'est à la fois vrai et faux", nuance le démographe, en soulignant la baisse continue de la natalité sur le continent. A un tableau immuable et catastrophique, il préfère la description d'une réalité contrastée, variant entre les Etats et entre zones rurales et urbaines.

Déjà, en dehors même du Maghreb, en pleine transition démographique (2,3 enfants par femme en Algérie et au Maroc, 1,9 en Tunisie), certaines zones du continent sont marquées par une nette baisse de la fécondité : 5 enfants par femme au Kenya contre 8 voilà trente ans ; 4,5 au Sénégal contre 7 il y a vingt-cinq ans. Même l'espérance de vie a fait de - lents - progrès, en dépit du sida : seize années ont été gagnées depuis 1950, grâce notamment aux campagnes de vaccination.

"La voie qu'empruntera l'Afrique subsaharienne vers la baisse de la fécondité sera probablement différente des autres régions du monde, indique M. Pison. Croire que des obstacles culturels y font irrémédiablement barrage n'est pas forcément juste. Ceux qui expliquaient voici quelques années que les machos sud-américains auraient toujours besoin de faire beaucoup d'enfants pour montrer leur virilité se sont trompés. On sous-estime la capacité de changement des sociétés."

SCOLARISATION

Tout porte à croire que la baisse de la fécondité continuera d'être plus lente en Afrique qu'ailleurs. La polygamie, clé de voûte de la structure familiale, favorise la multiplication des naissances. Mais cette inertie n'est pas à mettre au seul débit des populations. L'un des principaux vecteurs de ce changement est la scolarisation, singulièrement celle des filles, qui retarde les grossesses et facilite l'accès à la contraception. Or, pour l'heure, seuls 30 % des jeunes Africains fréquentent un établissement d'enseignement secondaire, soit la moitié de la moyenne mondiale.

"La contraception peut se diffuser à vive allure dans des campagnes africaines peu favorisées socio-économiquement", écrit Emmanuelle Guyavarch, de l'INED, qui, avec Gilles Pison, suit trois villages sénégalais sur une longue durée. Les freins et les échecs, estime-t-elle, "ne tiennent pas tant à une méconnaissance de la contraception (...) ou à un refus qu'à la difficulté d'y accéder."

Enquête à l'appui, les démographes montrent comment, dans un dispensaire rural, le seul remplacement d'un infirmier actif et convaincu par un autre, plus réticent, peut faire dégringoler la pratique de la contraception. Pointant les effets de "services souvent mal organisés et peu efficaces", ils concluent : "Les femmes et les hommes d'Afrique sont, plus qu'on ne l'imagine, prêts au changement."

Si plusieurs pays - Afrique du Sud, Namibie, Kenya, Zimbabwe - mènent une véritable politique de planning familial, la contraception reste souvent perçue en Afrique comme le produit d'une intervention étrangère. "Certains responsables entonnent un discours politiquement correct, favorable à la limitation des naissances, quand ils s'adressent aux bailleurs de fonds internationaux, constate un observateur africain averti. Mais entre Africains, ils n'en pensent pas un mot." Les influences religieuses encouragent aussi ce double langage, qui revient à présenter la contraception comme une arme des pays riches offensant les traditions locales.

Philippe Bernard

 

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 13:51




17/11/2009 11:51:19 | Jeune Afrique | Par : Christophe Boisbouvier
 

« Nous avions le doyen de la sous-région, maintenant nous avons le Petit Poucet… Nous savons bien que le leadership du Gabon c’est fini, reconnaît un diplomate de Libreville. Mais nous voulons être un maillon fort de la nouvelle chaîne de commandement. » Avec quel autre maillon? C’est toute la question.

Par les liens de famille, ABO aurait dû se tourner naturellement vers le Congo. Mais depuis le décès, le 14 mars, d’Édith Lucie Bongo, épouse du président gabonais et fille du président congolais, les rapports entre les deux pays se sont compliqués. Ces derniers mois, le Gabon s’est plutôt tourné vers le Cameroun. Dès le 15 juin, veille des obsèques du « doyen » à Libreville, le Tchadien Idriss Déby Itno et le Centrafricain François Bozizé sont allés voir discrètement le Camerounais Paul Biya dans sa villa de la Cité de la démocratie et lui ont dit: « C’est toi, le nouveau doyen. » Et le 15 août, quand le Congolais Denis Sassou Nguesso a suggéré à Brazzaville – lors du sommet ad hoc de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) – l’idée de faire adopter par tous les candidats gabonais un code de bonne conduite, Ali n’a pas trop apprécié. Il a d’ailleurs été reconnaissant à Paul Biya de ne pas avoir fait le déplacement de Brazzaville.

Logiquement, c’est donc à Yaoundé que, dès le 11 septembre, le président élu a effectué sa première sortie à l’étranger. « Nous voulons renforcer l’axe Gabon-Cameroun, commente un décideur à Libreville. Comme la France et l’Allemagne, il faut que nos deux pays règlent toutes leurs divergences à huis clos avant de parler avec les autres pays de la sous-région. Le problème, c’est que Biya n’est pas très assidu aux sommets… »

Premier test fin novembre à Bangui (Centrafrique), à la prochaine conférence des chefs d’État de la Cemac. Après la révélation par Jeune Afrique du scandale de la Beac (Banque des États de l’Afrique centrale) – 19 milliards de F CFA détournés –, ABO a décidé de rappeler le gouverneur de la Banque centrale, le Gabonais Philibert Andzembé, en vue de son remplacement. Il donne des gages de bonne gouvernance à ses pairs pour obtenir la nomination d’un nouveau Gabonais. Forte de ses réserves en devises, la Guinée équatoriale lorgne-t-elle le poste ? Veut-elle casser le « consensus de Fort-Lamy », qui, depuis 1973, accorde le gouvernorat de la Banque au Gabon et fixe le siège à Yaoundé, au Cameroun ? Réflexion d’un conseiller d’Ali: « Comme le Cameroun a intérêt à maintenir les termes essentiels du consensus de 1973, on n’est pas trop inquiets. » À Bangui, l’axe Gabon-Cameroun sera à l’épreuve.

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 12:58





 Libération 16/11/2009 à 00h00 Par CHRISTIAN LOSSON envoyé spécial à Carnot et Berberati (République centrafricaine)

 Reportage

Tandis qu’à Rome soixante chefs d’Etat discutent sécurité alimentaire, la République centrafricaine subit depuis six mois une grave famine.

On peut lire ces mots sur le fronton de l’hôpital de Berberati, la deuxième ville de la République centrafricaine : «Je ne veux pas savoir qui tu es, ce que tu fais, ta race, ta religion, tu souffres et cela me suffit.» La souffrance, au-delà des cris et des pleurs, s’écrit ici en silence. Des regards perdus d’enfants hagards. Des tourments de mères résignées. Des chiffres sur des feuilles d’enregistrement. «Adèle, 7 mois, 1,7 kilo, rapport poids-taille inférieur à 70%…» Malnutrition aiguë. Des chiffres, Nadine, n’en livre aucun. Elle ignore jusqu’à son âge. «Pas plus de 17», selon un infirmier de l’unité thérapeutique nutritionnel, créée par Action contre la faim (ACF). De ses trois enfants (1 mois, 3 ans, et 4 ans), elle dit juste qu’elle doit «les laisser à la maison pour aller au champ». En rentrant, elle leur donne leur unique repas de la journée. Un peu de manioc. Et des feuilles pilées. Elle a manqué «quatre jours de travail», 500 francs CFA (80 centimes d’euros), pour les acheminer. Elle dit : «Vous allez les sauver ?»

La vie à Berberati ? Figée. Entre parenthèses du développement. Pour y parvenir, un jour et demi de routes cahoteuses et de pistes en latérite jalonnées de kodros, des cases en briques de terre cuite. Mais derrière les images d’une Afrique d’Epinal, la détresse vient frapper à notre voiture à chaque arrêt. «Aidez-moi, mon fils a la maladie de la famine», implore un vieillard. Voilà six mois que la crise de malnutrition a débuté. Un jeune médecin, Daniel Wea, débarquait à peine à Carnot, la troisième ville du pays, située à trois heures de piste de Berberati. «J’ai vite noté des signes de la maladie, raconte-t-il dans son bureau éclairé par un groupe électrogène. Décoloration de la peau et des cheveux, ballonnement abdominal et gonflement des membres et du visage.» Les enfants tombent par dizaines. Daniel Wea alerte alors les «autorités sanitaires». Rien… Il interpelle le ministre de l’Agriculture sur la crise alimentaire. Rien… Il lance un message à la radio nationale. «Le lendemain, 122 gosses faméliques submergeaient l’hôpital», raconte le médecin. Et le ministère de la Santé ne débourse qu’une aide de 3 000 euros.

Sorcellerie. «Une étude réalisée en juin avec Médecins sans frontièresévaluait le taux de malnutrition des enfants à 21% à Carnot, 7% à Berberati», rappelle Céline, nutritionniste à Action contre la faim. L’Organisation mondiale de la santé fixe le seuil d’urgence à 2%… On a alors beaucoup parlé de sorcellerie. Mais aussi «des petits poissons, les nguengue, ou des cubes Maggi, sourit l’abbé Hubert Tamambéré. Mais les racines du mal sont ailleurs». Le drame vient avant tout de la crise mondiale qui a fait basculer dans le chaos un Etat fantôme, déjà en proie à une pauvreté et à une insécurité alimentaire chroniques. «On paie aussi le prix de dix ans de troubles militaro-politiques, note Joël Parefa, le préfet de la région du Mambéré-Kadéï. Le drame, c’est le diamant et le bois. Les gens ont trop misé dessus et délaissé l’agriculture.» La demande de bois s’est effondrée de plus de 40%. Les sociétés forestières ont viré plus de la moitié de leur personnel. Un coup terrible après que l’Etat a décidé, l’an passé, de faire le ménage dans les bureaux d’achat de diamant. «La plupart ont fermé», raconte Abba, un négociateur. Or, ce business très pyramidal touchait la majorité de la population. «Un collecteur fait vivre 20 chefs de chantier, qui à leur tour font vivre 20 chercheurs de diamants», précise un Libanais. Et comme, en plus, le prix mondial a chuté, beaucoup se sont retrouvés sans rien.

Le plus désespérant est peut-être qu’il «existe une dépendance cruelle au manioc, rappelle Isaac, un nutritionniste d’ACF. Le tubercule, peu riche en vitamines, contient du cyanure qui peut en plus être très nocif quand il est mal lavé et mal préparé». Jean Dimasse le sait bien. Il anime une petite ONG qui tente de pousser les paysans à se regrouper, et à diversifier leur culture. Il rappelle combien la flambée des prix alimentaires de 2007 a laissé des séquelles et comment la crise économique a joué le rôle d’étincelle. «Quand les gens ont été virés du bois ou du diamant, ils ont regagné les champs, dit Jean Dimasse. Mais même si la terre est riche, il y a un manque de formation désarmant, pas un seul tracteur.» Il s’agace aussi de l’impact des subventions à l’exportation des pays riches : «Sur le marché, on trouve des oignons néerlandais moins cher que l’oignon local ou du Cameroun…»

«On souffre jusqu’à l’os». Comme si cela ne suffisait pas, la crise climatique s’est invitée. «Pour la première fois, il n’a quasi pas plu en mai-juin, qui est la période de semence, dit Jean Bosco Maïndo, directeur régional de l’Agence centrafricaine pour l’agriculture. On souffre jusqu’à l’os.»Il en veut à la FAO, l’agence onusienne pour l’alimentation et l’agriculture. Elle a bien reçu 10 millions de dollars en urgence, «mais on n’a toujours pas vu une semence arriver. Ni aucune assistance technique». Alors que le sommet mondial sur la sécurité alimentaire s’ouvre aujourd’hui à Rome, la République centrafricaine tient du cas d’école. La FAO dénonce, à raison, la chute de l’aide publique au développement des pays riches dédiée à l’agriculture (- 50% en vingt ans). Mais que fait-elle concrètement ? «Rien… C’est affligeant, raconte un humanitaire. On est pourtant prêt à les aider à développer de la veille et de la sécurité alimentaire.» La France ne brille guère. Derrière les plaidoyers pro domo sur la souveraineté alimentaire, «elle continue de distribuer de la nourriture plutôt que d’envoyer des formateurs», note un expert.

«à 150 par classe». Engluée dans la bureaucratie et la corruption, les salaires non payés des fonctionnaires et la mal gouvernance, la République centrafricaine compte les zones de non-développement. L’eau potable ? Moins de 30% de la population y a accès. «Il y a bien 4 000 pompes de forage, mais pas de pièces détachées de rechange», dit un ingénieur. L’énergie ? Record planétaire de non-électrification. Sauf groupe électrogène ou lampe à pétrole, le pays vit dans le noir. Les routes ? Pas plus de 450 kilomètres de chemins goudronnés sur un territoire grand comme la France et la Belgique. L’éducation ? «A Bangui, la capitale, les élèves du primaire qui peuvent payer les frais de scolarité se retrouvent à 150 par classe», se désole un instituteur de village. En province, les effectifs montent à 300 par classe. La santé ? Le sida est endémique (6% de la population serait touchée), et l’espérance de vie diminue de cinq mois chaque année depuis dix ans. «Pourtant, on a un potentiel unique, ici on peut tout faire pousser et notre terre est très riche en minerais», s’agace l’abbé, à Carnot.

En attendant un hypothétique essor, les victimes de la faim partent en silence. «Le plus dur, c’est la rechute, dit une aide-soignante. Savoir qu’un enfant remis sur pied reviendra en urgence un mois plus tard. De nouveau famélique.» Armés d’un bâton qui sert de toise, les visiteurs médicaux d’ACF arpentent les faubourgs des villes. Ils mesurent la circonférence des bras ; appuient trois secondes sur les pieds pour détecter des œdèmes, l’un des deux visages de la malnutrition : le kwashiorkhor. Bien sûr, les traitements ont évolué. Notamment grâce au Plumpy Nut, un sachet nutritionnel à base de pâte d’arachide. Les enfants de plus de 6 mois peuvent désormais rester chez eux avec une ration hebdomadaire. Les centres de nutrition sont moins engorgés. Les parents, eux, ne sont plus obligés de rester au chevet de leurs enfants et peuvent retourner travailler dans les champs.

«On sauve des vies», assure Céline d’ACF. Celle, peut-être de Roméo, 15 ans, 18 kilos. «Lorsqu’il est venu, on le transportait pour aller aux toilettes, dit Jean Bruno, animateur de l’hôpital. Il ne pouvait pas bouger.» Roméo trouve encore la force de sourire. Sa mère, elle, en est incapable. «C’est mon dernier enfant vivant, dit Rosalie. Quatre sont morts, les plus jeunes. Depuis que mon mari est au ciel, je n’ai qu’un cimetière dans la tête.» Elle a porté son fils sur 20 km. Après seize jours de soins, il pesait 16 kilos. Aujourd’hui, Roméo est en sursis. «S’il vit jusqu’à 20 ans, ce sera un petit miracle», assure une nutritionniste. Croire, s’accrocher à l’espoir dans cette ville peuplée d’églises de toutes confessions, tient plus que d’une religion : «C’est tout ce qui nous reste», dit une mère.

 

Malnutrition. Repères

16/11/2009 à 00h00

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, créée en 1945 à Québec, regroupe 190 pays membres. Son objectif suprême est «d’aider à construire un monde libéré de la faim».


République centrafricaine. Fiche technique.


5,1%. C’est le taux de fécondité de la République centrafricaine.

Mais qui se double d’un taux de mortalité infantile de près de 20 %. Le nombre d’orphelins, principalement dus au sida, s’établit à 150 000 dans ce pays de 4,3 millions d’habitants.


«Le problème est tellement immense qu’on a l’impression que c’est une calamité contre laquelle on ne peut rien faire.»

 Olivier de Schutter rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation, commentant le chiffre historique d’un milliard d’habitants souffrant de la faim en 2009.


En grève de la faim


Le directeur général de la FAO, le Sénégalais Jacques Diouf, a effectué une grève de la faim samedi à Rome afin de «sensibiliser l’opinion publique» avant l’ouverture, aujourd’hui, d’un sommet sur «la sécurité alimentaire» qui doit rassembler une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement dans la capitale italienne.

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 12:43

La rédaction de Centrafrique-Presse a la douleur d’annoncer la mort d’Augustin Yamandja, Ingénieur en Télécommunication, ancien Directeur Général de SOCATEL, intervenue le lundi 16 novembre 2009 aux environs de 23 heures à l’hôpital communautaire de Bangui des suites de ses blessures après un tragique accident de circulation qui a eu lieu quelques heures plus tôt.

Toute l’équipe de la rédaction adresse ses condoléances les plus émues à sa famille et aux proches du disparu.

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