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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 23:01


Joseph Binguimalé



Quand Bozizé et Binguimalé font la honte du pays


NDLR : Nous publions ci-dessous le prétendu rapport censé émaner de la Commission Electorale mais signé de son seul président et envoyé en catimini à Bozizé, document qui est en réalité un banal courrier qui tient en deux maigres pages, sur lequel s’est basé le président Bozizé pour prendre son décret portant convocation le corps électoral pour le premier tour du scrutin de la présidentielle le 25 avril prochain. C'est sans doute la raison pour laquelle, malgré l'insistance du Collectif des Forces du Changement à exiger que ce pseudo rapport soit rendu public, ils n'ont pas eu le courage de publier ce torchon. C’est honteux et scandaleux que la préparation et l’organisation des élections qui sont une chose très sérieuse, puisqu’il en va de l’avenir du pays, puissent être confiées à un personnage intellectuellement aussi limité et malhonnête que le prétentieux Joseph Binguimalé. Lui et son commanditaire Bozizé ne sont mus et aveuglés que par leur seule volonté d’assurer la victoire électorale de ce dernier. Afin de réaliser le hold-up électoral sur lequel ils se sont mis d’accord depuis Paris lorsque Bozizé revenait de visite de Chine, leur stratégie viserait à surprendre ses challengers à la présidentielle qui selon eux ne seraient pas du tout prêts. Ils oublient que la tenue des élections crédibles n’est pas seulement leur seule propre affaire. C’est un enjeu qui concerne tout le monde. Les citoyens centrafricains bien sûr, les partis politiques de la majorité et de l’opposition, la société civile, les pays amis et autres partenaires au développement, bref le monde entier également. Ce n’est pas à coup de forceps que le pays ira à  ces élections même si le peuple a réellement envie d’en découdre avec Bozizé dont on va commencer à dresser le bilan, maintenant qu’il s’est déclaré candidat à sa succession.

 

 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l'Etat,

 

La Loi N° 09.016 portant code électoral de la République Centrafricaine dispose en son article 18, alinéa 1 que « la CEl est mis en place dès le début du processus électoral et, en tout état de cause, quatre vingt dix jours avant le scrutin programmé».

Conformément aux dispositions de l'article cité ci-dessus, le Gouvernement a procédé à la mise en place de la CEl en charge de la préparation et de l'organisation des élections présidentielle et législative de l'année 2010 dans le délai par Décret N° 09.316 du 3 octobre 2009.

Sur la base du Décret d'application de la loi électorale:

1)   les membres de la coordination nationale ont été nommés par Décret N° 09.323 du 9 octobre 2009 modifié et complété par les dispositions du Décret n° 09 330 du 13 octobre 2009 ;

2)   le Président de la Coordination Nationale a été élu le 12 octobre 2009, laquelle élection a été entérinée par Décret n009.331 du 14 octobre 2009.

Après la prestation de serment marquant l'entrée en fonction des membres de la coordination nationale, plusieurs activités ont été menées successivement à savoir:

  - la mise en place du Bureau de la coordination nationale de la CEl, confirmée par Arrêté n° 018/MATD/DIRCAB du 27 octobre 2009:

 

- l'élaboration et l'adoption du Règlement Intérieur de la CEl;

 

- la mise en place des sous Commissions Techniques de la CEl;

- l'élaboration du budget de fonctionnement et des opérations électorales avec le concours des experts internationaux;

- l'élaboration et l'adoption du chronogramme de la CEl fixant les dates des élections présidentielle et législative le 18 avril 2010 pour le premier tour et le 23 mal 2010 pour le second tour;

   - la préparation et l'exécution ries missions de mise en place des comités locaux de la CEl tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

Tenant compte de la date du 18 avril 2010 et en vertu des dispositions de l'article 54 du code électoral, le corps électoral devait être convoqué par Décret pris en conseil des Ministres sur rapport de la CEl au plus tard le 17 février 2010.

 Malheureusement, pour des raisons indépendantes de la volonté de la CEl et de celle du Gouvernement. les conditions de convocation du corps électoral n'ont pu être réunies à ce jour d'où nécessité de modifier le chronogramme de la CEl tout en restant dans le délai légal.

En conséquence, le nouveau calendrier électoral de 2010 se présente comme suit:

- premier tour: Dimanche 25 avril 2010 ;

- deuxième tour: Dimanche 23 mal 2010.

Toutefois, la CEl demande aux acteurs de la vie politique nationale de ne plus rien faire qui puisse compromettre à nouveau le bon déroulement du processus électoral en cours.

Telle est, Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l'Etat, la substance de ce rapport que nous présentons à votre Très Haute Autorité pour appréciation.

Très Haute Considération.

 

Révérend Pasteur Joseph BINGUIMALE

Président de la Coordination Nationale de la CEI

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 21:55


bozize-stylise

 

La France, l'ONU, l'Union européenne et l'oppo­sition le souhaitaient et l'ont fait savoir à l'inté­ressé : prévue initialement à la mi-mars, puis au 25 avril, l'élection présidentielle centrafricaine sera donc vraisemblablement repoussée. Mais à quelle date? À Paris, où l'on juge « préoccupant» l'état d'avancement des préparatifs du scrutin, on estime que le mois de septembre, après la saison des pluies, serait convenable. Les autorités fran­çaises ont donc fait savoir au président François Bozizé que sa légitimité ne serait pas remise en cause par ce report extraconstitutionnel et qu'il ne serait pas tenu de former un gouvernement de transition. Mais ce dernier n'est pas sur la même longueur d'onde, du moins pour l'instant: il ne veut entendre parler que d'un report de deux à trois semaines et, en toute hypothèse, refuse toute date postérieure au 10 juin, anniversaire de son investiture. Commentaire de l'un de ses proches collaborateurs: « Le président n'entrera pas dans la zone grise qui pourrait être assimilée à un vide constitutionnel. Il va de soi que les festivités du 50ème anniversaire de notre indépendance, le 13 août, ne sauraient se dérouler sous la houlette d'un chef de l'État en vacance du pouvoir. Nous ne nous laisserons pas dicter la date de l'élection par l'extérieur.»

Source : Confidentiel  Jeune Afrique n° 2567 du 21 au 27 mars 2010

 

NDLR : Si Bozizé ne veut pas se laisser dicter la date des élections par l’extérieur, il faut au moins bien les préparer. Or le brassage de vent et les agissements de son homme de main le vrai faux pasteur n’augurent rien de bon. C’est la raison principale pour laquelle, non seulement l’opposition dénonce leurs grossières manipulations et rejette totalement leurs préparatifs de hold-up électoral, mais aussi la communauté internationale ne peut que refuser de cautionner par un silence coupable, les perspectives d’une mascarade électorale qui pourrait déboucher sur de graves troubles post-électoraux. Le cas échéant, ceux-là mêmes qui prétendent aujourd’hui qu’ils ne se laisseront pas dicter des choses par l’extérieur seront les premiers à solliciter encore l’intervention de la communauté internationale. Sans DDR, pas d'élections ! Sans recensement électoral, pas d'élections !  Si Bozizé croît que sa planche de salut pour une victoire à la pyrrhus est dans des élections organisées à la hâte et dans la précipitation, personne ne pourrait le suivre dans cette aventure.    

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 16:26


Joseph Binguimalé

DECLARATION DE L’UNION DES FORCES VIVES DE LA NATION (UFVN), RELATIVE A LA DATE D’OUVETURE DES DECLARATIONS DE CANDIDATURE POUR LES ELECTIONS PRESIDENTIELLE ET LEGISLATIVES DE 2010


Le mardi 16 mars 2010, le Président de la Commission Electorale Indépendante (CEI) a surpris plus d’un centrafricain en annonçant sur les ondes des médias public et privé, que les déclarations de candidatures peuvent être reçues par la coordination nationale de la CEI au titre des élections présidentielles et législatives de 2010. Cette décision qui traduit explicitement la volonté du pouvoir en place de mettre à mal le processus électoral appel de la part de l’UFVN les observations ci après.

CONTEXTE

 Il n’est point besoin de rappeler, que la déclaration de candidature est la procédure normale qui s’impose dans tout processus électoral, dont les étapes régulières prévues par les lois et règlements de la République ont été observées. Elle est en principe l’une des étapes la plus déterminante de tout le processus, puisqu’elle permet au corps électoral régulièrement recensé et convoqué, de connaître les futurs candidats sur lesquels il devra porter son choix. A ce titre, elle ne devrait souffrir d’aucune entorse, étant entendu que l’inobservation des règles qui la régisse est constitutive d’une violation pure et simple de la loi n° 09.016 du 02 octobre 2009 portant code électoral de la République Centrafricaine.

 En effet, le Peuple Centrafricain tout entier a suivi, non sans la moindre surprise, la décision du président de la CEI du 14 mars 2010, invitant les candidats aux prochaines élections présidentielles et législatives à faire enregistrer leurs déclarations de candidature à la coordination de la CEI. L’ayant jugé peut être inopportune, il l’a fait rapporté suivant le communiqué lu par le rapporteur général de la CEI le 14 mars 2010. Malheureusement, ce qui a paru être « un bon sens » a été rattrapé par la volonté corrosive du pouvoir de truquer les prochaines échéances en complétant le dispositif du prochain HOLD UP ELECTORAL, qui a toujours été dénoncé par l’opposition. Cette attitude suicidaire qui ne peut laissée indifférent les Partis Politiques de l’UFVN soucieux de préserver les principes élémentaires de la démocratie afin de garantir une alternance fiable, mérite d’être soumise à la présente analyse.

Sur la volonté de sabotage du processus électoral

 Il est important de souligner que dans le cadre du présent processus électoral, la stricte application de la loi renvoi à l’observation des délais par elle fixés. Il est donc paradoxal que le président de la CEI n’ait d’égards pour les questions élémentaires liées à la règle de computation des délais, lesquels sont prescrits par la loi pour permettre aux postulants de contenir leurs actes dans la période impartie à cette fin, sauf à exposer leurs candidatures à l’irrecevabilité pour cause de forclusion. La date ( !) des élections ayant été fixée au 25 avril 2010 ( ?), il convient de la retenir comme principal point de repère pour mieux relever le caractère irrationnel de la décision d’enregistrement des candidatures.

Sur la période du début de la campagne électorale (Article 54 alinéa 2)


L’article 54 alinéa 2 du code électoral dispose expressément que « …la campagne électorale est ouverte le quatorzième (14ème) jour qui précède celui du scrutin. ». En soustrayant les 14 jours prescrits par la loi, on peut valablement soutenir que, la campagne électorale commencera le 11 avril 2010. Cette précision est d’importance, puisqu’elle va nous permettre de mieux suivre les détails liés aux délais légaux fixés par la loi pour la poursuite et la réussite du processus électoral.

Sur la publication de la liste des bureaux de vote (Article 62)

Aux termes des dispositions de l’article 62 du code électoral, il est clairement stipulé que « Soixante (60) jours avant le délai de la campagne électorale, le nombre et la localisation des bureaux de vote de chaque circonscription sont arrêtés et publiés par la CEI… ». Si l’on peut se permettre de supposer que la campagne électorale doit commencer à partir du 11 avril 2010, on ne peut que partir de cette date pour être fixé sur la date de la publication du nombre des bureaux de vote par circonscription, ainsi que de leur localisation. Logiquement, la CEI aurait due publier ce nombre et faire connaître cette localisation depuis le 10 février 2010. Il est bien dommage qu’il n’en est jamais été le cas.

Sur la nomination et la publication de la liste des présidents et assesseurs des bureaux de vote, le dépôt des spécimens de leurs signatures et la notification des décisions de nomination aux intéressés (Article 63 alinéas1, 2 et 3).

Il ressort des dispositions de l’article 63 alinéa 1er in limine du code électoral que, les président et assesseurs des bureaux de vote doivent être nommés par le Ministre en charge de la décentralisation, sur proposition de la CEI, quarante cinq (45) jours avant le début de la campagne électorale. En prenant pour date de début de campagne la journée du 11 avril 2010, il est aisé de comprendre que cette liste aurait due être publiée depuis le 25 février 2010. Il y a lieu de préciser que cette observation est aussi valable pour le dépôt des spécimens des signatures des président et assesseurs, conformément aux dispositions de l’article 63 alinéa 2 sus rappelées.

 Outre ce qui précède, l’article 63 alinéa 3 fait état de ce que la décision de nomination des président et assesseurs doit être adressée au sous préfet de la localité concernée, afin qu’elle soit notifiée aux intéressés.

On peut malheureusement constater que rien de tout ce qui est décrit ci haut n’a été fait. Sur ce, la légitime question de savoir, à quelle fin la décision de l’ouverture de la période d’enregistrement de candidature à été rendue public (si ce n’est dans le but de nuire), peut avoir tout son sens.

 Sur la date de clôture des dossiers de candidature (Article 47)

L’on se souvient que lors de son adresse relative à l’ouverture de la période de déclaration de candidature faite le 16 mars 2010, le président de la CEI a soutenu sans la moindre réserve, que la date de clôture des candidatures sera fixée ultérieurement. Par cette affirmation, il s’est exclu du processus qu’il est pourtant censé conduire jusqu’à terme. Il n’est point besoin de rappeler qu’une telle attitude est l’expression du sombre tableau des limites qu’il a toujours su exposé, mais sans se faire comprendre par ses parrains. Il ne fait que démontrer qu’il n’a aucune notion de compétence, d’intégrité morale et de civisme comme la loi le recommande.

En effet, la gestion d’une aussi importante institution ne peut être confiée qu’à une personne supposée être capable de savoir faire une lecture intelligente des instruments juridiques mises à sa disposition.

Il est opportun de rappeler sur ce point précis, que l’article 47alinéa 1, 2ème et 3ème tiret du code électoral précise que les dossiers de candidature, aussi bien pour les élections présidentielle que législative, régionale ou municipale doivent être déposés au plus tard 30 jours avant l’ouverture des campagnes. C’est dire que la CEI aurait due commencer à enregistrer les candidatures depuis le 12 mars 2010 au lieu du 11 mars 2010, étant entendu que le mois de mars compte 31 jours calendaires.

 LE CONSTAT EST TRISTE.

Si jamais le président de la CEI doit poursuivre sa logique suicidaire, il amputera la loi ; soit en écourtant le délai de trente jours, soit en le prorogeant au-delà du 11 avril 2010 en violation des dispositions de l’article 47 précité. Fort de ce constat, le dépôt des dossiers de candidature, y compris celui du Président de la République, serait entaché d’irrégularités manifestes.

Sur la violation du serment par le président de la CEI

 L’article 10, 17ème tiret de la loi n° 09.016 du 02 octobre 2009 portant code électoral de la République Centrafricaine assigne à la CEI la mission d’assurer « …le respect de la stricte application du code électoral... ».

En dehors de l’institution, cette exigence légale à caractère général et impersonnel est aussi valable pour les personnalités désignées comme membre de la CEI. Tel est d’ailleurs l’esprit du serment de l’article 20 alinéa 1, 1er tiret du code électoral.

Il n’est peut être pas superflu de rappeler qu’avant leur prise de fonction, toutes les personnalités membre de la CEI prêtent serment de respecter, entre autres prescriptions légales, les dispositions du code électoral et des textes relatifs à l’organisation et au fonctionnement de la CEI.

CONCLUSION

 L’UFVN constate avec regret, que le président de la CEI ne ménage aucun effort pour créer, avec la bénédiction du pouvoir en place, des séries de crises susceptibles d’avoir des conséquences néfastes sur le processus électoral.

Faut il le rappeler, la longue crise qu’à connu notre pays dans un passé récent, à permis aux différents acteurs de la vie politique centrafricaine d’opter pour le consensus comme principal outil de travail et mode de règlement des différends. Malheureusement, la méthode voulu et imposée par le président de la CEI, révèle une volonté affichée de tout faire sans la moindre consultation des commissions spécialisées composées des autres entités membres de la CEI. A titre d’exemple, le président de la commission en charge des candidatures n’était pas informé de la date d’ouverture des dépôts de candidature. Plus grave, le président de la CEI était en plénière avec les commissaires où ils devaient débattre de la question du chronogramme de travail de ladite institution, lorsque la déclaration d’enregistrement des candidatures était diffusée sur les ondes des médias public et privé.

Au-delà de ces réalités, le président sait pertinemment que les comités locaux, aussi bien au niveau de Bangui que dans l’arrière pays, n’ont pas encore été mis en place.

 Cette démarche rétrograde fait penser légitimement, qu’au lieu de veiller et faire veiller à l’application de loi, il s’active à organiser sans aucun scrupule la transgression des normes légales. C’est pour cette raison que l’UFVN prend à témoin la communauté nationale et internationale, des CONSEQUENCES GRAVES que pourraient engendrées de tels comportements, si rien n’est fait pour que des correctifs y soient apportés.

Mardi 23 Mars 2010


Le Coordonateur

Me Henri POUZERE

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 16:03


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ASSEMBLEE NATIONALE

            --------------

GROUPE PARLEMENTAIRE DU

MOUVEMENT DE LIBERATION

DU PEUPLE CENTRAFRICAIN

            --------------

 

DECLARATION

relative à l’interpellation

du Ministre de l’Intérieur

---------------

 

Le 3 mars 2010, le Groupe Parlementaire du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a saisi le Président de l’Assemblée Nationale par une demande d’interpellation de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement afin d’informer les représentants du peuple sur les conditions des élections auxquelles le corps électoral venait d’être convoqué, alors que ni le recensement, ni le programme Démobilisation-Désarmement-Réinsertion (DDR) ne sont réalisés et que toute la moitié Nord et le Sud-Est de notre pays est toujours occupée par diverses rébellions, que la question de la mobilisation des ressources pour ces élections n’est toujours pas réglée. L’insécurité qui sévit dans la partie occupée est telle que la circulation est impossible à l’administration, à la Commission Electorale Indépendante (CEI) et aux candidats. L’interpellation du Premier Ministre se justifie en ce qu’elle doit permettre notre information complète sur les problèmes du DDR, des finances, du recensement, du découpage, de la CEI, etc.


Au lieu de « transmettre cette demande immédiatement au gouvernement » comme le stipule le règlement intérieur de l’Assemblée en ses articles 75 et 77, le Président de l’Assemblée Nationale a cru devoir la retenir par devers lui afin de requérir les avis du Bureau de l’Assemblée Nationale, de la Conférence des Présidents, des députés de la majorité et enfin du Président de la République. Au terme de cette rétention qui a duré trois semaines, jour pour jour, le Président de l’Assemblée Nationale va décider tout seul de faire interpeller le Ministre de l’Intérieur à la place du Premier Ministre.


Pris à partie par les députés de l’opposition sur cette manœuvre lors de la séance de concertation des députés le 9 mars 2010, le Président de l’Assemblée Nationale va déclarer sans se gêner le moins du monde qu’en ce qui concerne les interpellations, il procède selon « sa procédure ». Voilà comment pendant près de cinq (05), le Président de l’Assemblée Nationale a empêché l’opposition d’exercer son droit de contrôle de l’exécutif. C’est aussi pourquoi pendant toute cette durée, les interpellations des membres du gouvernement se comptent sur les doigts d’une main.


Or, saisissant l’occasion solennelle de l’ouverture de la présente session le 3 mars dernier, le Président de l’Assemblée Nationale s’est permis de déclarer, je cite : « Il revient, à tout instant, à l’opposition de harceler le gouvernement et de proposer au pays une alternative crédible. […] En fait, la question qui se pose est celle de savoir si l’actuelle opposition a pleinement joué son rôle au cours de cette législature ». Entre cette question rhétorique du Président destinée à la communauté internationale et sa pratique, comme on vient de le démontrer, il y a comme une différence entre le jour et la nuit.


En décidant volontairement de fouler ainsi aux pieds le règlement intérieur de l’Assemblée Nationale et de nous imposer sa façon de voir et de faire, le Président de l’Assemblée qui est le premier des législateurs a franchi la ligne rouge. Pris ainsi en flagrant délit d’entrave à l’exercice de notre droit le plus absolu, celui de contrôler l’action gouvernementale, Nous Députés du Groupe Parlementaire du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) décidons de nous retirer de cette séance et de laisser le Président de l’Assemblée Nationale poursuivre « sa procédure » avec le Secrétaire Général de son parti le KNK qui, à notre avis, a perdu toute neutralité dans la conduite du processus électoral et que de ce fait ne peut être notre interlocuteur.


Pour finir et en considérant que l’alinéa 2 de l’article 77 du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale dispose que « aucun Ministre ne saura se soustraire à l’interpellation sous peine d’engager la responsabilité du Gouvernement », nous reviendrons à la charge selon la procédure et les textes en vigueur.

                                                                                             
Fait à Bangui, 23 mars 2010

                                                                                             
Pour le Groupe, Le Président

 

 

 Zouketia.jpg

 

                                                                                             
Joseph BOYKOTA-ZOUKETIA




Demande-d-interpallation-PM001-1-.JPG

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 02:06


A.Diouf.jpg

J-Ping.jpg

paul-biya-g--et-sassou-nguesso-d-.jpg

 

Ce qui vient de se passer en Centrafrique au sujet du processus et de l’agenda des élections est tellement rarissime et mérite d’être souligné. Pour une fois en effet, ce qu’on appelle généralement la communauté internationale, c’est à dire les Nations Unies à travers Mme la Représentante spéciale du Secrétaire Général de cette organisation à Bangui du BINUCA, le Délégué de l’Union Européenne, les ambassadeurs des USA et de la France en Centrafrique, ont conjointement décidé de demander au président Bozizé, du fait de l’impréparation du double scrutin présidentiel et législatif, non seulement de les reporter à cause du calendrier unilatéralement fixé par lui qui est impossible à tenir fin avril, mais d’exiger aussi davantage de transparence dans le fonctionnement de la Commission électorale. Ils ont préconisé un certain nombre de solutions nouvelles à élaborer avec les responsables centrafricains pour préparer le scrutin, avec l'aide d'experts électoraux de l'ONU déjà présents sur place. Mais ces perspectives n’arrangent pas Bozizé et son complice Binguimalé qui eux, cherchent toujours à s’affranchir des conditions que souhaite voir réalisées la communauté internationale en contournant les normes et standards de fonctionnement en la matière. Aucune complaisance ne doit leur être faite.  

La démarche de ces diplomates mérite d’être d’autant plus appréciée qu’elle contraste avec le silence assourdissant actuel de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), de l’Union Africaine, de la CEMAC et de la CEEAC, qui ont visiblement comme à leur habitude, choisi d’attendre qu’il y ait d’abord le feu dans la maison Centrafrique pour dépêcher des émissaires genre l’ex président Jean-Pierre Buyoya et autres, venir constater les dégâts d’un incendie qui aurait pu, s’il avait été pris en temps et en heure, être évité. Ces organisations qui ne sont pourtant pas ignorantes des méthodes déloyales, des magouilles et des grossières manipulations éhontées de Bozizé qui cherche manifestement par tous les moyens à commettre un hold-up électoral, font semblant de ne rien savoir et le laisse faire. Sans doute, dans le plus grand secret, elles ont même déjà préparé les scandaleux messages de félicitation à lui adresser à l’issue de sa « réelection ».

En faisant porter à la tête de celle-ci un individu partial, intellectuellement limité et de mauvaise moralité mais qui a déjà choisi d’oeuvrer pour la victoire électorale de Bozizé tout en cherchant maladroitement à cacher son jeu, aucun travail préparatoire sérieux des élections ne pouvait se dérouler à la CEI. C’est une structure qui est directement pilotée au quotidien par Bozizé via le vrai faux pasteur Joseph Binguimalé et le ministre de l’Administration du territoire, le boziziste Elie Oueifio.

A la limite les choses seraient plus claires si Bozizé était officiellement le président de la CEI au lieu d’avancer masqué derrière ces deux hommes de main. Bozizé a le 30 janvier dernier complètement endormi l’opposition qui réclamait pourtant à juste raison le départ de ce vrai faux pasteur en ordonnant qu’un audit soit réalisé sur la gestion à la tête de la commission électorale mais jusqu’à présent, presque trois mois après, non seulement il n’y a toujours pas de rapport d’audit de publier, mais sieur Binguimalé continue « d’exercer » ses fonctions comme si de rien n’était. C’est devenu insupportable.

Ce monsieur doit rendre son tablier et aller vaquer à autre chose. Il est une véritable honte nationale. Tant que les partenaires de la RCA intéressés au bon déroulement du processus électoral laisseront faire Bozizé et Binguimalé, rien de bon ne sortira de la commission électorale. Les préparatifs des élections échoueront à coup sûr. Si le DDR et le recensement électoral ne sont pas effectués dans des conditions satisfaisantes, il ne sert à rien de parler d’élections en Centrafrique.

L’opposition doit demeurer vigilante et contrer toute tentative de mascarade électorale que Bozizé, Binguimalé, Oueifio et Vondo, avec la complicité tacite de l’OIF, l’Union Africaine, la CEMAC et la CEEAC, voudront organiser en lieu et place d’élections crédibles.  Selon nos informations, Bozizé a même déjà commencé à recruter et former comme miliciens qui seront en civil, des jeunes des quartiers Nord de Bangui afin d’intimider et influencer les électeurs lors des scrutins, parfaire son hold-up électoral et  provoquer les opposants en créant des troubles qui lui serviraient de prétexte pour mieux installer sa dictature.

Le report des élections doit permettre en priorité que soit enfin mené à bien le processus de "désarmement démobilisation réinsertion" (DDR), préalable pour que les élections se tiennent dans de bonnes conditions. Le report signifie aussi qu’il faudrait trouver une solution transitoire pour la prolongation du mandat du président et des députés, avec l'aval de la Cour constitutionnelle, juste le temps de préparer le vote. On peut tabler pour cela sur le génie des Centrafricains pour gérer cette période de vide certes, que Bozizé a tort d’assimiler et présenter comme un épouvantail ou un repoussoir.  


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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 00:13


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Source: Cour pénale internationale (CPI)

Date: 15 mars 2010


ICC-CPI-20100315-PR506

Cette semaine, l’ Unité de sensibilisation de la Cour pénale internationale a pris part à deux rencontres organisées par les groupes de femmes pour célébrer la Semaine de la femme.

L’Organisation des femmes centrafricaines (OFCA) a organisé un programme d'activités et de séminaires au cours de la semaine de 6 à 13 Mars. La Cour pénale internationale (CPI) a été invitée à participer à ces événements, le 10 Mars. Plus de 300 femmes y ont participé. Cette réunion a été fondée autour d'une présentation sur le mandat de la Cour, son rôle, son fonctionnement et ses activités. Les progrès de la procédure dans l'affaire du Procureur contre Jean-Pierre Bemba Gombo a également été expliqué, avec l'appui d'un film en sango. Cela a donné l’occasion aux fonctionnaires de la Cour d'expliquer à un large public la décision prise le 8 Mars par les juges de première instance III de reporter l'ouverture du procès de M. Bemba au 5 Juillet 2010. Beaucoup de femmes de l'OFCA ont posé des questions sur comment la Cour défend les fonctions et les droits des victimes - droits qui n'avaient jamais existé devant un tribunal pénal international. Les dirigeants de l'association ont adressé une invitation chaleureuse à la CPI pour revenir très bientôt pour une autre réunion à l'OFCA.

La CPI a tenu une autre session de sensibilisation le 11 Mars dans le cadre de la conférence nationale de l'Union des Sœurs de l’Ufeb (Union des églises baptistes), tenue à Bangui 10 au 13 Mars. Un total de 328 femmes se sont rassemblées dans le quartier de Fou à Bangui pour rencontrer l'équipe de sensibilisation de la CPI. Cet événement interactif a commencé par une série de chansons sur les thèmes de la paix et de justice. L'auditoire a ensuite assisté à une conférence en Sango sur la Cour. Cela a donné une nouvelle occasion à l’Unité de sensibilisation de la Cour pour expliquer que l'ouverture du procès de Jean-Pierre Bemba avait été reportée au 5 Juillet, et pour répondre aux questions. Enfin, les femmes ont eu la parole pour exprimer leurs opinions sur ce dont elles avaient juste entendu parler de la CPI. La séance s'est terminée comme elle avait commencé, avec la musique et de la fête.

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 23:52


rebelles-LRA.jpg

 

Trois villages attaqués en région éloignée

* Des unités d’élite de l'armée ougandaise prétendent traquer les rebelles de la LRA

Par Paul-Marin Ngoupana

BANGUI, 22 Mars  17:13:24 GMT (Reuters) – Les rebelles de l’armée ougandaise, Lord's Resistance Army (LRA) ont tué au moins 10 personnes et enlevé plus de 50 dans des attaques contre trois villages dans l'est de la République centrafricaine à la fin de semaine, ont dit des responsables locaux lundi.

Les attaques ont été le dernier d'une série dans le coin reculé de la République centrafricaine (RCA), où les autorités locales ont peu de présence et l'armée ougandaise a envoyé des unités d'élite pour traquer les rebelles qui ont été actifs pendant plus de deux décennies.

«Notre population a, de nouveau, été soumise à des atrocités diaboliques des rebelles de Joseph Kony (chef de la LRA) ", a déclaré par téléphone à Reuters Remy Semdoutou, le haut fonctionnaire de la préfecture de l'Est du Haut Mbomou,.

"Hier, le village de Agoumar ... a été attaqué et 10 personnes ont été tuées et plus de 50 autres ont été faites prisonnières par les rebelles, qui les utilisait pour transporter les marchandises qu'ils ont pillées, a-t-il ajouté.

Semdoutou a dit que le village voisin de Mboki 3 a également été attaqué et le chef de village adjoint tué et quatre enfants adolescents kidnappés.

Clément Loutemboli, un opérateur de radio à Obo, la principale ville de la préfecture, a confirmé les 10 morts à Agoumar et a dit que 22 personnes ont été blessées. Les villageois ont tenté de se défendre et ont capturé et brûlé vif un rebelle, a-t-il ajouté.

Loutemboli a dit qu'un autre village voisin, Zémio, a également été attaqué.

Les rebelles de la LRA ont été actifs dans le nord de l'Ouganda depuis près de deux décennies avant d'être poussés vers les pays voisins de la République démocratique du Congo et au Soudan en 2005.

L'Ouganda a mené une contre attaque contre des bases rebelles au Congo en 2008, mais l'opération n’a pas permis de mettre la main sur hauts dirigeants de la rébellion recherchés par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre.

L'Ouganda a envoyé des soldats pour suivre le groupe à travers le Congo, le Soudan et la RCA et a écrit que l'opération a été un succès. Toutefois, les combattants dispersés ont tué des centaines de civils, suscitant les critiques des organisations internationales et des fonctionnaires locaux.

"Après de multiples attaques de la LRA, notre population s’est organisée en unités d'auto-défense, qui ont résisté aux rebelles d'hier à l'aide de machettes, haches, les clubs et les fusils" a dit aussi Semdoutou.

«Je ne comprends pas le rôle de l'armée ougandaise, qui prétend traquer la LRA sur notre territoire, quand le rebelle qui a été tué par la population portait un tout nouvel uniforme de l'Armée ougandaise. Qu'est-ce que ça veut dire?" a-t-il ajouté.

(Writing par David Lewis, editing by Andrew Dobbie) (Pour plus de couverture en Afrique de Reuters et d'avoir votre mot à dire sur les principales questions, visitez: http://af.reuters.com)

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 23:09


Mme Denise Massi

     Mme Denise Neris Massi

                                                                   

 

Nous publions ci-dessous le cri d’un compatriote qui a requis l’anonymat. Profondément choqué par la brusque mort de Mme Denis Neris Massi trois mois à peine après celle atroce de son mari, ce compatriote a tenu à faire savoir son écoeurement par rapport à ce second meurtre à distance, Mme Massi étant décédée d’une hémorragie cérébrale évidemment liée à la crise d’angoisse aiguë dont elle a été victime depuis la disparition non élucidée de son mari. Le meurtrier est connu et s’appelle François Bozizé, actuel président de la République centrafricaine qui clame ouvertement sa volonté de « dépecer » tous ceux qui s'opposent ou s’opposeront à lui.

La rédaction de C.A.P

 

 

 

  
C’est la mort d’une femme centrafricaine que je ne connais pas particulièrement qui me fait sortir aujourd’hui de mes gonds. La mort de cette femme, quatre mois à peine après  la disparition de son mari dans des conditions non élucidées, interpelle tous les Centrafricains, toutes les consciences car elle rappelle le règne de Bokassa de triste mémoire.  Elle est morte sous le règne de l’ancien aide de camp de Bokassa. Cette femme s’appelle de Mme Massi née Denise NERIS.

  

Pour commencer, il faut être clair : je ne soutiens ni n’adhère aux différents mouvements et partis politiques de Monsieur Massi qui me paraît être un homme politique à convictions variables. Mais je reste viscéralement centrafricain  et c’est à ce titre que je m’élève contre les assassinats comme modes de gestion des contradictions de la société centrafricaine. Quelqu’un peut-il m’expliquer au nom de quoi, de qui, cette compatriote qui s’est rendue à Bangui, dans son propre pays, a-t-elle été expulsée vers la France ? Et pourquoi cette même France qui nous gave de discours sur les droits de l’homme n’a-t-elle pas rendu la monnaie de sa pièce aux autorités centrafricaines ? En faisant ce simple geste de réciprocité, la France aurait mis ces dites autorités devant leurs responsabilités et peut-être sauvé cette pauvre femme. Au lieu de quoi, nous avons une mort supplémentaire qui révèle les ambigüités des relations françaises. La France a des intérêts énormes en Centrafrique en ce qui concerne son parc nucléaire. Ces intérêts qui dorment dans le sol ou le sous-sol centrafricain appartiennent d’abord et avant tout aux Centrafricains. En aucun cas ils ne peuvent être la propriété d’un clan. Miser sur un groupe, armé fût-il, pour pérenniser ses intérêts pour la France serait une politique à très courte vue. Ce qu’un gouvernement a fait, un autre gouvernement peut défaire. Le peuple centrafricain qui a trop souffert, qui a longtemps été brimé, a déjà développé sa mystique de la révolte. Il l’a montrée quand le despotique régime de Bokassa a dépassé les limites en 1979.

 

La mort de Mme Massi donc, symbolise le sort du peuple centrafricain : c’est une femme qui ne cherchait qu’à retrouver son mari ou à connaître les circonstances de sa mort ; toutes choses normales pour n’importe quelle femme dans le monde sauf en Centrafrique. A l’instar de Mme Massi, le peuple veut la paix, la sécurité, la tranquillité sur le sol de ses ancêtres. Il ne faut pas lui envoyer une soldatesque sans foi ni loi, qui ferait mieux d’aller combattre la LRA à Obo, Zémio, Rafaï aujourd’hui et peut-être demain à Bangassou, Mobaye et Bambari …Le sang centrafricain a assez coulé. Basta !

 

                                                                                     Kadé

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 02:25


Zobize-Yangou.jpg

Source : Le Républicain, 22/03/2010 maliweb.net

Quand l’Onu, l’Union Européenne, les Etats-Unis et la France demandent quelque chose à un Etat africain, ils peuvent, en général, le considérer comme acquis. Or le week-end, ces importants partenaires ont demandé à Bangui, et pour cause de « retards importants », le report de la présidentielle et des législatives couplées qui devraient se tenir le 25 avril prochain.

Le président Bozizé, candidat maintenant déclaré à sa propre succession, dit prendre acte mais préfère laisser la Céni décider. Sans doute, des propos tenus pour la forme. Car on voit mal comment le président centrafricain peut faire maintenir les dates initiales. Pour cause : des insuffisances criardes déjà mises à nu par ses adversaires qui ne sont pas n’importe qui puisqu’ils s’appellent Ange Patassé, Martin Ziguélé. De plus, la levée de bouclier est quasi-unanime au sein des partis et des anciens groupes rebelles qui exigent le report.

Enfin, la communauté internationale valide le constat que la Centrafrique est loin d’organiser en avril des élections acceptables. Echantillon des carences relevées : le sempiternel problème des listes électorales, cartes d’électeurs non prêtes, Ceni incomplète et absente du Nord, processus de démobilisation-réinsertion non achevé et compromettant les élections sur l’ensemble du territoire si elles devaient se tenir dans un mois ! L’opposition, naturellement, ne pouvait qu’exiger le report et Bozizé qui se présente pour la seconde fois peut donner l’impression de ne pas marcher avec cette revendication.

A y regarder de près, il n’a pas grand-chose à perdre. Pendant le temps requis pour pacifier complètement le pays et préparer de bonnes conditions, il restera sans doute président. Et légitimement espérer gagner le jour où les élections se tiendront. La jurisprudence Gbagbo fait donc des petits. Moralité : rien n’entrave autant les démocraties africaines que les rébellions pourtant souvent nées du déficit de démocratie.

Adam Thiam

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 01:01


Bozizé en Chine

La mort de Mme Denise Neris Massi suite à une hémorragie cérébrale, trois mois seulement à peine après l’enlèvement et la brutale et barbare disparition de son mari, au-delà du dramatique destin qui est celui des deux conjoints, interpelle plus d’uns quant aux responsabilités particulières et personnelles de François Bozizé dans les causes de la mort de cette pauvre femme. C’est incontestablement lui qui a plongé l’épouse de Charles Massi dans une crise aiguë d’angoisse telle qu’elle ne pouvait que craquer de cette façon. Est-ce l’ironie du sort que cette dame décède la même semaine où ses deux avocats qui se préparent à poursuivre Bozizé devant la CPI fussent reçus à leur demande au Palais de l’Elysée !

A présent, toutes les familles centrafricaines dans lesquelles figurent des hommes politiques qui ont de légitimes ambitions pour leur pays, se posent la question de savoir qui sera le prochain sur la liste rouge ou noire, c’est selon, de Bozizé et sa clique. L’indécence, la brutalité et la violence avec lesquelles Bozizé a fait expulser de sa maison et de son pays cette dame partie seulement pour tenter de demander quelques comptes et faire la lumière sur les circonstances de la disparition de son mari sont inadmissibles et mettent en évidence le fond de coeur méchant et haineux de l’homme Bozizé et soulignent la responsabilité criminelle du président centrafricain.

L’âpreté des contradictions politiques peut-t-elle seule justifier qu’il puisse décider de supprimer la vie à quelqu’un, fût-t-il Charles Massi qui fut pourtant longtemps son ministre d’Etat avant de se retrouver exclus du système et de devoir à cause cela, embrasser l’aventure d’être chef rebelle. En commettant l’irréparable sur Charles Massi, pourtant lui aussi son frère maçonnique, Bozizé aura également plongé dans l’embarras ses autres frères appartenant à la même loge maçonnique que lui, tant centrafricains que ceux de la sous-région dont la plupart prennent leurs instructions auprès de certains parrains chefs d’Etats de pays voisins de la RCA. Malheureusement en attendant qu’ils s’en expliquent entre frères, Massi et son épouse auront déjà connu le même et tragique destin.

Mais Bozizé a-t-il une encore ce qu’on appelle une conscience là où il en est arrivé aujourd’hui où tout ce qui lui importe dorénavant est comment peut-il rempiler dans le fauteuil présidentiel qu’il occupe depuis le coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir ce 15 mars 2003 ? L’inestimable trésor de guerre dont il dispose désormais et les armes de guerre qu’il n’a cessé d’acquérir et de stocker font dire à présent à plusieurs observateurs, qu’on ne voit pas comment il pourrait perdre les élections dont par ailleurs il fait tout pour contrôler la machine en la mettant en coupe réglée. La violence des propos qui émaillent de plus en plus ses moindres allocutions, ne laisse plus de doute sur sa volonté de tuer ceux qui oseront le contredire ou contrarier ses ambitions politiques en voulant l’affronter sur le plan électoral.

Au plus profond de lui-même, Bozizé Yangouvonda doit savoir que la vacuité de son désastreux bilan ne peut lui faire espérer le moindre suffrage de ses compatriotes mais sachant que son allié le plus important et sûr est la misère dans laquelle pataugent les Centrafricains, y compris dans les couches qu’on ne peut soupçonner de la société, s’il casse ses tirelires planquées çà et là dans les Îles Vierges britanniques et en Europe, faite de différents pots de vin et autres dessous de table et les fruits de divers trafics mafieux, il pourrait acheter plusieurs consciences et votes et infléchir les résultats du scrutin présidentiel en sa faveur. Cela dit, même si la situation du pays et le contexte en 2010 ne sont pas les mêmes qu’en 1992 – 1993, on ne doit jamais désespérer des Centrafricains. Sont-ils vraiment prêts et disposés à se laisser intimider et à vendre leur âme en acceptant de prendre les gadgets électoraux de campagne et le pécule de Bozizé et son KNK en échange de leur suffrage le moment venu lorsqu’ils seront seuls dans l’isoloir ? Il est permis d’en douter. Même si feu Omar Bongo avait l’habitude de dire que « si on organise des élections, ce n’est pas pour les perdre », la RCA se souviendra encore longtemps du cas en 1993 d’un certain André Kolingba qui constitue l’exception qui confirme cette règle. Un processus électoral transparent est possible en Centrafrique et malgré sa fortune et ses armes de guerre, Bozizé peut et doit être battu pour permettre à la RCA d’avoir une chance de repartir. La perspective que ce dictateur sanguinaire puisse rempiler à la tête du pays pour un mandat supplémentaire de cinq doit déterminer tous les Centrafricains à le disqualifier et lui barrer fermement la route dans les urnes.

En imposant le report des élections que Bozizé voulait voir tenir fin avril, la communauté internationale sans laquelle aucune élection digne de ce nom ne saurait être envisagée actuellement en RCA à l’heure actuelle, vient de poser un acte important qui mérite d’être salué à sa juste valeur.   Certains candidats aux élections ainsi que les Centrafricains et surtout les démocrates et les forces de progrès qui militent de toute leur énergie pour un vrai changement dans ce pays, ont été ainsi compris dans leurs différentes requêtes en report alors que Bozizé - mu par sa seule et égoïste volonté de s’accrocher au pouvoir - voulait continuer à rester maître du jeu en fixant, contrairement à ce que prévoit le Code électoral, l’agenda des élections.    

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