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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 23:49

 

 

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par Dolgin Elie

Source : Nouvelles de la nature; le 21 mai 2010

Le virus semblable au VIH qui infecte les singes date d’au moins 100.000, voire des millions d'années, ont rapporté cette semaine des scientifiques lors d'une réunion de l'Académie des Sciences de New York. L'âge de la majorité du virus du singe, qui ne cause pas la maladie chez la plupart de ses hôtes, suggère qu'il pourrait prendre un certain temps pour le VIH à devenir aussi bénigne chez l'homme.

"Ne vous attendez pas à l'évolution humaine de se déployer dans un délai qui n’a rien de bon pour nous», a déclaré Michael Worobey, un biologiste évolutionniste de l'Université de l'Arizona à Tucson, participant à la réunion. "Nous n'allons pas faire évoluer les adaptations qui permettront d'atténuer ce virus dans les délais acceptables, nous avons donc besoin d'autres solutions."

La plupart des chercheurs conviennent que la souche pandémique du VIH qui infecte actuellement plus de 33 millions de personnes dans le monde entier a commencé en Afrique centrale il y a 100 ans, lorsque les chasseurs ont contracté le virus par le biais de viande de brousse contaminée. Mais l'âge de l'ancêtre primate du VIH - le virus de l'immunodéficience simienne (SIV) - reste très contesté. De l’utilisation de données sur les séquences d'ADN prélevées sur des souches SIV, certains ont estimé que le SIV est de quelque milliers d’années, tandis que d'autres suggèrent que le virus ne remonte qu'à quelques centaines d'années.

Ces projections laissent cependant supposer que les séquences d'ADN du SIV ont muté au même rythme que le rythme moderne de l'évolution du VIH dont beaucoup disent que c'est beaucoup plus rapide que les taux historiques de changement. Ainsi, certains chercheurs ont cherché d'autres preuves. Un virus apparenté se trouve incorporé dans le génome des lémuriens de Madagascar a fait à une échelle de tant de millions d'années. Et bien que les chimpanzés infectés par le SIV restent sensibles à la maladie (voir "les chimpanzés sauvages du SIDA comme une maladie»), d'autres singes sauvages qui ont coexisté avec SIV pour plus longtemps, y compris les mangabeys enfumés et des singes verts africains, semblent avoir développé une immunité totale aux virus, ce qui indique une période prolongée de la coévolution.

L’horloge géologique

Pour cerner l'âge de SIV, l’équipe de Worobey avec Preston Marx, un virologue de l'Université de Tulane à la Nouvelle Orléans en Louisiane qui, depuis 2001, a fait des recherches sur le virus sur la viande de brousse de singe pris à Bioko, une île située à 32 kilomètres au large de la côte ouest du Cameroun. Marx et ses collègues ont découvert de nouvelles souches du virus dans trois espèces de singes qui n'avaient jamais été démontré comme ayant été auparavant exposés au SIV y compris la guenon à oreilles rouges (Cercopithecus erythrotis), ainsi que d'un quatrième singe (Mandrillus leucophaeus), proche des babouins.

Worobey a comparé les séquences d'ADN prises sur les souches SIV ayant infecté les échantillons à la fois à Bioko et sur le continent. Fondamentalement, il savait à partir des dossiers géologiques que l'île est séparée de l'Afrique continentale autour de 12.000 ans. En supposant que les souches avaient eu au moins 12.000 ans pour évoluer en dehors, il a déterminé que le taux de mutation du SIV est beaucoup plus lent qu'on ne le pensait. En utilisant cette approche, il a suggéré que des calculs antérieurs basés sur l'ADN étaient erronés et a estimé que le SIV doit dater d’au moins 100.000 ans.

«Il est impérieux et clairement évident d’affirmer que le SIV est beaucoup plus vieux que nous ne le pensions», explique Sarah Schlesinger, une immunologiste des cellules de l'Université Rockefeller à New York, qui a co-organisé la réunion de New York.

L’utilisation des données biogéographiques de Bioko "est certainement la bonne façon de de l’appréhender cela», dit Paul Sharp, un biologiste évolutionniste à l'Université d'Édimbourg, Royaume-Uni, qui étudie le VIH. "Mais qu'est-ce qu'il fait est qu'il vous donne un âge minimum plutôt que de fixer un âge." Sharp, qui n'a pas participé à l'étude, dit que le SIV est probablement âgé de plus de cinq millions d'années.

Indépendamment de l'âge exact, Béatrice Hahn, une chercheuse du VIH à l'Université de l'Alabama à Birmingham, a déclaré que l'étude montre qu'il a fallu probablement beaucoup de temps pour que le SIV ne soit inoffensif chez la plupart des singes. En tant que tel, les gens ne doivent pas compter seulement sur l'évolution pour lutter contre la menace du VIH, met-elle en garde: "Est-ce que l'homme va finir par se transformer en singe pour apprendre à y faire face? Peut-être. Ai-je envie d'attendre cela? Non"

 

Traduction de l'Anglais par la rédaction de C.A.P 

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Centrafrique-Presse.com - dans Sciences
23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 16:06

 

 

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Après le coup d'Etat constitutionnel de Bozizé consacré par l'adoption parlementaire d'une loi anticonstitutionnelle lui prorogeant son mandat après son expiration le 11 juin prochain, et les torrents de sarcasmes et d'insultes déversés sur lui ainsi que sur d'autres leaders de l'opposition non seulement par les griots et autres thuriféraires de Bozizé mais y compris par ce dernier lui-même, celui qui s'impose de plus plus comme l'incontournable leader de l'opposition centrafricaine et principal challenger à l'élection présidentielle du même général président sortant et candidat du KNK François Bozizé, Martin Ziguélé reprend la main sereinement dans la tribune ci-dessous pour recentrer le débat sur l'essentiel à savoir, l'impérieuse nécessité de conclure un accord politique au plus haut niveau du pays entre Bozizé et l'opposition afin de gérer la période de vide constitutionnel dans laquelle se retrouvera la RCA dans quelques semaines pour ne pas dire dans quelques jours. Sauf à vouloir le chaos pour la RCA, Bozizé dont le bilan à la tête du pays est déjà si catastrophique ne peut continuer comme il le fait à traiter les leaders de l'opposition de sorciers et se dérober indéfiniment à l'indispensable dialogue avec ceux-ci.

Rédaction C.A.P  

 

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La  lutte pacifique et démocratique que nous avons engagée aux côtés de nos partis frères du Collectif des Forces du Changement, pour une alternance politique dans notre pays, a connu un pic qui ne m’a pas laissé le temps, ces dernières semaines, de m’adresser à vous.

En effet, après que le pouvoir ait décidé par son décret du 30 mars 2010 de fixer  les élections au 16 mai 2010, le régime a intensifié ses manœuvres dérisoires de manipulation du processus électoral. Les médias publics, le gouvernement, l’administration, la confrérie des nouveaux pasteurs, et même certains membres éminents de la CEI, ont été mis à contribution pour amplifier et  relayer la vision du pouvoir, à savoir que tout était en marche pour que les élections aient lieu le 16 mai 2010. Au passage, des Goebbels tropicaux et en herbe se chargeaient de déverser des flots d’injures sur des opposants qui, bien sûr, constituent sous toutes les dictatures la cinquième colonne, empêchent le « Père de la Nation » de conduire le peuple vers un bonheur garanti….

Ce peuple, qui a en déjà vu d’autres, ne s’est pas laissé prendre à ce jeu. La fuite en avant a en effet conduit à la plus lamentable opération de recensement (recensement ou révision, je ne saurais le dire)  que notre pays ait connue, et c’est le rapport du Président du Comité de Suivi des recommandations du DPI qui en a fait le constat.

Comme disait Lénine, « les faits sont têtus », y compris bien sûr en RCA. Dès le 23 avril 2010, le pouvoir saisit la Cour Constitutionnelle pour demander son avis sur un projet de loi constitutionnelle prorogeant le mandat du Président de la république au-delà de son terme du 11 juin 2010. Puis, comme nous sommes en Centrafrique, il convoque une rencontre-spectacle le 29 avril 2010 au Palais de la Renaissance pour amuser la galerie en faisant semblant de vouloir prendre l’avis des uns et des autres par rapport à la date problématique des élections. En réalité tout était bouclé, le pouvoir ayant choisi de violer la constitution pour demeurer aux affaires au-delà du 11 juin 2010, en lieu et place d’un accord politique seul à même d’asseoir sa légitimité. Le Président de l’Assemblée nationale, bien sûr, a été préalablement mis dans le coup.

C’est suite à ce mauvais film de série B que nous nous retrouvons avec une loi anticonstitutionnelle que bien sûr nous nous engageons à abroger dès l’alternance obtenue.

Pour l’heure, il est impératif d’arriver à un accord politique qui permettra de préparer « consensuellement » et de manière plus professionnelle des élections nationales, crédibles et inclusives. La légitimité des institutions après le 11 juin 2010, qu’il ne faut confondre à leur légalité, est soumise à cette condition évidente.

Les marches instrumentalisées par ceux-là même qui ont échoué à organiser des élections à date et heure, les interdictions de sortie du pays faites aux responsables de l’opposition, les injures proférées à leur encontre par un mercenaire étranger de la plume et de la salive aussi volubile que ridicule et insignifiant – à propos, de quoi se mêle-t-il, celui-là, alors que son patron et ses marcheurs occasionnels ont  interdit à la communauté internationale de se mêler de nos affaires? - tout cela, je vous l’assure, ne fait que renforcer notre détermination dans cette lutte.

Unis nous vaincrons ! La lutte continue !

 Bangui, 23 mai 2010

Martin ZIGUELE

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 14:49

 

 

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(HNS Info 21/05/2010)



De retour de République Centrafricaine où elle a occupé pendant plus d’un an la fonction de chef de mission, Chloé Schmitt revient sur les activités d’ACF dans ce pays trop souvent oublié de l’aide internationale. Après la dernière urgence nutritionnelle de l’automne 2009 dans le sud du pays, peut-on croire à une amélioration de la sécurité alimentaire des populations ou doit-on se préparer à une nouvelle urgence ?


Une situation politique fragile


La situation politique de la République Centrafricaine (RCA) reste depuis plusieurs années, fragile. Depuis 2005 des affrontements entre les groupes d’opposition armés et l’armée régulière provoquent d’importants déplacements de population dans le nord du pays. C’est dans ce contexte de conflit et de violence que sont arrivées la plupart des ONG. Action contre la Faim pour sa part, a été appelée en RCA par UNICEF afin de mener une évaluation de la situation nutritionnelle. « Même si les résultats n’étaient pas alarmants, ACF a décidé d’intervenir car il n’y avait quasi aucune capacité de prise en charge de la malnutrition dans le pays », précise Chloé. Le premier projet d’ACF en RCA, en 2006, qui se poursuit à ce jour, a donc consisté à renforcer les capacités du Ministère de la Santé à Bangui et à Bossangoa, sur la détection et la prise en charge thérapeutique de la malnutrition.


Soutenir les populations déplacées au Nord malgré le contexte sécuritaire


« Très vite, en 2007, d’autres programmes ont été mis en place, notamment dans la sous-préfecture de Markounda, à la frontière tchadienne, en appui aux populations victimes du conflit suite aux combats entre rebelles et forces gouvernementales ». Car pour éviter ces conflits, une grande partie des habitants ont quitté leurs villages. « La plupart d’entre eux ont fui à moins de 10 kilomètres. Ils se sont réfugiés près de leurs champs, loin des pistes où avaient lieu les affrontements », raconte Chloé. Pour aider ces déplacés à reprendre le cours de leur vie, les équipes d’ACF développent des programmes de sécurité alimentaire avec un appui à la relance agricole, mais aussi d’eau et assainissement avec la construction de puits de brousse et des campagnes de promotion de l’hygiène, et de santé mentale avec une aide psychologique aux victimes des conflits. Toutefois, la peur ne quitte pas les villageois. « Pendant longtemps, au début de l’intervention des humanitaires dans la zone, même quand c’étaient nos équipes qui arrivaient dans les villages, tout le monde restait caché. Au moindre bruit de moteur, ils craignaient l’arrivée d’un danger », explique Chloé.


Malheureusement, en janvier 2009, suite à deux incidents de sécurité, ACF se voit contrainte de fermer la base de Markounda. Les missions qui y étaient menées sont alors relocalisées : après une évaluation approfondie, les activités de santé mentale et d’eau et assainissement sont lancées à Paoua, près de Markounda, qui connait les mêmes problématiques humanitaires ; des programmes d’eau et assainissement sont également mis en place à Bossangoa. Mais à Markounda le manque d’eau se fait rapidement ressentir. « Les communautés nous ont écrit pour nous demander de revenir travailler sur l’accès à l’eau », raconte Chloé. Face aux alertes de plus en plus pressantes, une nouvelle évaluation des besoins en eau et de la situation sécuritaire est alors menée. « Suite aux résultats de l’évaluation, nous avons décidé début 2010 de revenir à Markounda où nous avons déjà réalisé trois forages positifs et où nous nous apprêtons à remettre en service trente points d’eau améliorés ». Les problèmes de sécurité restent très préoccupants et nécessitent, au quotidien, un dialogue avec les responsables locaux pour s’assurer que la présence et le travail des humanitaires sur le terrain seront protégés.


Loin de la zone de conflits, l’urgence nutritionnelle au Sud


Mais l’année 2009 a également connu d’autres rebondissements. « Mi-juillet, nous avons mené une évaluation rapide de la situation nutritionnelle à Berberati, au sud-ouest du pays. Les résultats étaient alarmants, le taux de malnutrition aigüe sévère chez les enfants de moins de 5 ans était de 7%, alors que le seuil d’alerte fixé par l’OMS est de 2% ». Plusieurs mesures sont alors prises rapidement. « Nous avons ouvert un Centre Nutritionnel Thérapeutique en partenariat avec l’hôpital de Berberati afin de traiter gratuitement les enfants les plus touchés par la malnutrition. Quatre structures de traitement ambulatoires ont également été mises en place pour diagnostiquer les enfants atteints de malnutrition sévère et, selon la gravité, prendre en charge les enfants en ambulatoire ou les référer à l’hôpital de Berberati. Enfin, des visites à domicile quotidiennes ont été effectuées par des employés locaux d’ACF dans le but de sensibiliser les habitants. On leur a notamment expliqué les symptômes de la malnutrition, les moyens de prévention et l’existence d’une prise en charge gratuite » précise Chloé.


Car il faut dire que dans certaines régions de la RCA, il existe des tabous alimentaires et des croyances culturelles qui peuvent être aggravantes pour les enfants. « Il se dit par exemple dans certaines régions qu’une femme enceinte ou avec un enfant en bas âge ne doit pas manger de poisson de rivière sous peine de déclencher une malédiction », explique Chloé. Une croyance qui prive les jeunes enfants d’un des rares apports protéiques disponibles. D’où l’importance de sensibiliser et de former les familles à la reconnaissance de la malnutrition.

A Berberati, grâce à l’ensemble de ces actions, environ 1 500 enfants malnutris ont pu être pris en charge par ACF en 2009. Et les choses ne s’arrêtent pas là. « Depuis février 2010, nous sommes entrés dans une phase de transfert de compétences. Nous avons formé du personnel, fait des dotations en matériel médical, en PlumpyNut [pâte très nutritive à base d’arachide] et en lait thérapeutique », explique Chloé. Et c’est ainsi que début mai, les équipes d’ACF ont pu se retirer de la région et laisser aux structures locales le soin de détecter et prendre en charge la malnutrition aigüe sévère.


Un avenir incertain, tant sur le plan politique qu’humanitaire


Malgré les progrès réalisés, l’avenir n’en est pas moins préoccupant. Fin 2008, un processus de « Dialogue Politique Inclusif » a eu lieu, marquant un pas important vers la pacification du pays avec la signature d’un accord de paix par plusieurs parties au conflit. Si des avancées vers la stabilisation du pays ont eu lieu depuis malgré l’émergence de nouvelles zones de conflit sur le territoire, les élections présidentielles qui devaient avoir lieu en avril ont finalement été annulées pour des raisons techniques et suite à un boycott de l’opposition. L’Assemblée nationale va donc devoir résoudre le vide constitutionnel qui interviendra dès le 11 juin, date de fin de mandat de l’actuel président.


Sur le plan humanitaire aussi, des questions restent en suspens. « La période de soudure, en juin prochain, pourrait constituer un risque d’une potentielle nouvelle urgence à Berberati », redoute Chloé, « nous n’avons aucun recul sur les années précédentes car il n’existe aucunes statistiques, nous ne savons donc pas du tout comment cela va se passer ». En effet dans cette période de quelques mois qui suit les récoltes, les populations sont tributaires de la richesse de leurs réserves et de leur pouvoir d’achat. Or les enquêtes menées par les équipes d’ACF à l’été 2009 puis au début de l’année 2010 permettent de penser que les ménages vont faire face à de graves difficultés. C’est pourquoi ACF a recommandé qu’un programme de sécurité alimentaire soit mis en place dans la région de Berberati en relais des programmes de nutrition : distribution de coupons permettant d’acheter des produits maraichers sur les marchés, distribution de semences et d’outils pour relancer l’agriculture, et séances de formation aux bonnes pratiques alimentaires et nutritionnelles.


Ce programme n’a à ce jour pas trouvé de financement et c’est aujourd’hui une des rares certitudes qui persiste en RCA : le pays souffre d’un manque de soutien de la part des bailleurs de fonds. « Le problème, c’est que seules les zones de conflits sont considérées, alors que la RCA est un pays qui souffre avant tout d’une grande pauvreté. L’espérance de vie y diminue tous les 6 mois ! Dans ce contexte, il est évident que le moindre choc prend d’énormes proportions. », conclut-elle. Ce fût le cas à l’automne 2009 où la fermeture des mines de bois et de diamants a engendré la crise que nous avons connue. Tout porte à croire qu’une nouvelle difficulté économique ou politique pourrait avoir les mêmes conséquences cette année.



Source / auteur : Action contre la faim


© Copyright HNS Info

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 00:41

 

 

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  Le président du MLPC et candidat à l'élection présidentielle Martin Ziguélé revient dans cette importante interview qu'il a bien voulu accorder à notre confrère de l'AGORA que nous reproduisons ici avec son accord, sur d'importants sujets d'actualité touchant à la vie politique de la RCA et aussi  à sa situation personnelle, notamment au sujet des tracasseries arbitraires et  politico-policières qu'il a subies récemment à l'aéroport Bangui Mpoko où il a été empêché de voyager et son passeport lui a même été confisqué par le pouvoir aux abois de Bozizé, pour ne lui être restitué en catimini que 48 heures seulement après non à son domicile mais chez sa mère.

Martin Ziguélé parle sans détours dans cette interview de la double cassure qui s'est produite le 10 mai dernier entre d'une part les Centrafricains et les députés de leur Assemblée nationale et d'autre part, entre le président Bozizé et le pays dans son ensemble avec l'adoption de la loi anticonstitutionnelle prorogeant sans limite dans le temps ce qui revient à lui donner un véritable chèque à blanc. Au passage le président du MLPC dit des choses extrêmement importantes sur la vision moderne qu'il a de la gouvernance et  sur les institutions d'un pays, donne sa conception sur ce que devrait être la Constitution de notre pays et prend l'engagement que s'il accédait à la magistrature suprême, cette loi anticonstitutionnelle serait le premier texte qui devrait revenir devant les députés pour être discuté et abrogé.

Martin Ziguélé, après qu'il eût exprimé ses idées modernes et sa conception du nécessaire changement à apporter dans la gouvernance du pays, s'est attiré le déchaînement et la hargne de Bozizé et ses griots qui tentent vainement de le diaboliser,le traitant de sorcier et autres noms d'oiseau. C'est en réalité parce que les idées de Ziguélé tranchent nettement avec celles de Bozizé qui sont mises en oeuvre depuis sept ans qu'il est au pouvoir et dont les résultats sont désastreuses pour notre pays. Le drame est que malgré son bilan négatif , Bozizé entend mourir au pouvoir à la tête de la RCA. La RCA a plutôt besoin en effet d'un fils jeune, ayant des idées porteuses de changement qulaitatif, une vision moderne et des ambitions nobles pour son pays, comme Martin Ziguélé.      

Rédaction C.A.P

 

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L’Agora (A) : Monsieur le Président Bonjour !

  Martin Ziguélé (MZ) : Bonjour !

 

A : Le samedi dernier, vous avez été empêché de voyager, votre passeport ayant été confisqué au niveau de l’aéroport de Bangui Mpoko. Qu’est ce qui se cache derrière un tel incident ?

M.Z.: C’est un incident qui est symptomatique de la perception que le pouvoir centrafricain a réellement de la démocratie et de la Constitution de notre pays. Dans un pays, nous voyons où le pouvoir décide de s’en prendre individuellement à des citoyens sous prétexte que ce sont  des leaders d’opinion, sous prétexte que c’est des personnes nuisibles parce que, tout simplement, ils sont dans l’opposition. Nous entrons droit, il faut appeler un chat par son nom, nous entrons droit dans des pratiques dictatoriales. Nous proclamons tous très rapidement que nous sommes respectueux de la Constitution. Mais il faut que chacun s’asseye pour faire ne bonne lecture de cette Constitution.

         Lorsque vous violez les dispositions de la Constitution telles que celles qui sont relatives aux libertés individuelles, aux libertés d’aller et de venir, aux libertés d’association vous êtes entrain de défaire la démocratie dans notre pays. C’est comme quelqu’un qui a tricoté un maillot qui commence à tirer les fils  de ce maillot, à la fin il n’y a plus de maillot. Je pense que ce jeu est extrêmement dangereux.  Et il faut qu’il cesse, parce qu’on ne peut pas aller aux élections, au nom de la Constitution, et en même temps empêcher les citoyens Centrafricains d’aller et de venir en violation des dispositions de cette Constitution. C’est une question de cohérence dans la démarche.

A : M. le Président, autour du Président François Bozizé, on trouve une gamme de personnalités, des gens qui ont dirigé ce pays il y a longtemps, qui se sont retrouvés pratiquement sous tous les régimes et qui aujourd’hui gravitent autour du Président Bozizé, quelle lecture faites-vous de l’évolution de la qualité des hommes politiques centrafricains, surtout sur le plan de la morale politique ?

 M.Z.: Oui, cher Monsieur, je ne fais pas la même analyse que vous. Je pense que Bozizé, lorsqu’il a pris le pouvoir le 15 Mars 2003, a voulu crédibiliser son régime ou plutôt faire accepter son régime en coptant un certain nombre de personnalités qui ont une grande vision morale, qui ont un passé totalement dévoué au service de ce pays, il a voulu les prendre autour de lui. Mais tout le monde a cru que c’était pour les écouter pour qu’ils l’aident à bien gérer ce pays ou du moins à mieux le gérer par rapport aux pratiques du passé. Mais en réalité ce n’était pas ça l’objectif de sa démarche. Il avait aligné ces personnalités autour de lui justement pour tromper la vigilance des Centrafricains et présenter un tableau convenable. En réalité, la vraie question qu’on se pose est de savoir s'il écoute ces conseillers ? Je n’en suis pas sûr. Car, il reproduit les mêmes schémas politiques de ceux qu’il a combattus hier. Je suis presque convaincu, à la lumière du spectacle que j’ai vu le 29 Avril 2010 au Palais de la Renaissance, qu’il n’écoute pas ses conseillers et non seulement il ne les écoute pas mais il est plutôt agacé par ceux-ci et même il les désavoue. J’en suis convaincu jusqu’à preuve du contraire.

  L’Agora (A) : Mais M. le Président, en Centrafrique les Conseillers, lorsqu’ils ne sont pas écoutés, ne démissionnent jamais. Qu’en dites –vous ?

 Martin Ziguélé (M.Z.): Oui, je crois que ça c’est un autre problème. Vous savez, en politique, comme on dit, la critique est aisée mais l’art est difficile.

        Vous avez des personnalités qui pensent travailler pour leur pays et je pense qu’effectivement qu’ils sont convaincus qu’il leur faut apporter leur contribution de part leur expérience, n’est-ce pas ? Ils souhaitent donner cette expérience à leur pays et je pense que l’occasion leur sera donnée. Bien sûr, il y a la solution facile de la démission. Mais, je ne pense pas qu’il faut leur jeter la pierre. Je pense plutôt que les Centrafricains doivent être exigeants envers le Président de la République ; parce que le Président de la République, c’est l’Institution centrale du pays. Et il est responsable de la jurée devant la Constitution de tout mettre en œuvre pour que le pays marche normalement. C’est une obligation et de moyens et de résultats obtenus comme le disent les juristes.

            Et il ne faut pas être complaisant envers le Président de la République en rejetant la responsabilité de ce qui ne marche pas chez ses Conseillers qui ne sont que des Conseillers et il faut que quelqu’un accepte d’écouter les conseils d’un Conseiller pour que celui-ci soit efficace. Si la personne à conseiller refuse par avance d’écouter ce qui ne lui plait pas ou ce qui ne convient pas à ses propres intérêts personnels, catégoriels ou partisans ; mais qu’est-ce-que vous voulez que le conseiller fasse.

C’est comme si vous demandez à une hirondelle à elle toute seule de faire le peloton.

A : M. le Président, nous venons d’assister au vote d’une loi qui proroge les mandats électifs actuels. A votre avis, est-ce-que le pouvoir en place est réellement animé d’une volonté d’aller aux élections ?

  M.Z. : Je dois d’abord vous dire que je n’ai pas du tout été surpris par le vote de cette loi. Je n’ai pas été du tout surpris dès le jour où après cette rencontre du 29 avril au Palais de la Renaissance, deux jours après, j’ai lu dans la presse qu’en fait, la Cour Constitutionnelle était saisie depuis le 23 avril pour se prononcer sur la recevabilité d’un projet de loi prorogeant le mandat du Président de la République. J’ai compris que la machine était déjà en marche avant même qu’on nous réunisse pour cette concertation.

            Et ça me fait penser à une deuxième chose. C’est que le Président de la République savait déjà plusieurs jours à l’avance que les élections ne pouvaient pas se tenir le 16 mai en cours. Je pense que s’il avait un courage politique, il aurait pu faire l’économie de cette réunion et annoncer tout simplement que les élections ne pouvaient pas avoir lieu et qu’il demandait aux uns et aux autres de réfléchir sur la manière de maintenir l’institution de la Présidence de la République en place pour nous permettre d’aller aux élections dans la transparence. Cela pourrait nous faire l’économie de tous ces déclenchements d’état d’âme que nous avons vécus là-bas et qui, je le répète encore, ne sont pas dignes d’une République où la sérénité doit être de rigueur.

            Ceci dit, je voudrais que vous voyiez un peu le voyage de ce projet de loi à travers les institutions.

            Lorsque le Président de la République avait saisi la Cour Constitutionnelle le 23 avril, il n’a proposé la prorogation que de son mandat à lui seul en tant que Président de la République. Le courrier arrive à la Cour Constitutionnelle et comme on est jamais bien servi que par soi-même, la Cour Constitutionnelle ajoute la prorogation de son propre mandat et pensant à son parent l’Assemblée Nationale en ajoutant aussi la prorogation du mandat de l’Assemblée Nationale. Le projet de loi continue sa navigation et arrive donc au bureau de l’Assemblée Nationale qui, comme par hasard, s’est réveillée au cours de cette réunion là et s’est souvenue qu’elle existe dans le pays et qu’elle peut intervenir dans la vie de la Nation. Mais  cette fois-ci, l’Assemblée Nationale ne renvoie pas l’ascenseur à la Cour Constitutionnelle et traite son projet de mandat à lui ainsi que celui du Président de la République, et oublie la Cour Constitutionnelle. On n’a plus besoin de la Cour Constitutionnelle puisqu’elle a déjà donné un avis favorable à un projet de loi et qu’elle ne pourra pas se déjuger.

            Comme le Collectif des Forces du Changement avait dit solennellement  devant cette assemblée ce jour là « quelle ne demanderait pas le départ du Président de la République », les Centrafricains doivent s’exprimer clairement, dans la transparence. Il s’agit de faire un accord politique pour s’enquérir de la légitimité du Président de la République au sommet de l’Etat quitte à ce que par la suite un habillage juridique fasse l’objet d’un compromis. Le Président de la République a délibérément  refusé la voie du consensus et je ne sais pas si les Centrafricains perçoivent le message que le Président Bozizé distille aux centrafricains. C’est que dans sa tête, il considère qu’il y a une catégorie de Centrafricains qui sont ses ennemis à qui, il ne parlera jamais, c’est ceux qu’il considère comme des ennemis sur un champ de bataille c’est comme ça que moi je perçois la chose et comme il est le Président de la République, il faut qu’il arrive à comprendre  qu’il est le Président de tous les Centrafricains. Qu’il les aime ou qu’il ne  les aime pas, c’est son problème personnel. Il doit aller au-delà de ses sentiments personnels et considérer tous ses compatriotes comme des compatriotes à qui il doit parler, avec qui il doit discuter c’est tout !  Il doit prendre des décisions en tant que Président de la République, mais il ne doit pas refuser la  discussion avec une catégorie de centrafricains parce qu’après le Président de la République c’est Dieu dans un pays.  Donc il est le Président de tous les Centrafricains, il doit écouter tous les centrafricains quelque soit son sentiment personnel pour ces centrafricains. Il reprochait hier à Patassé de refuser d’écouter les Centrafricains, j’espère qu’il n’a pas pris le pouvoir pour faire la même chose donc il faut qu’il se regarde également un peu dans le rétroviseur et qu’il relise ce qu’il avait dit lui même hier. Donc pour ça,  j’invite le Président de la République à plus de  sérénité  et à considérer de manière inclusive sa démarche envers ses compatriotes.

  A : M. Le Président, je voudrais rebondir sur le passage de cette loi de la Cour Constitutionnelle. Lorsque nous avons suivi les débats sur les ondes nationales, le Porte-parole du RDC, Emile Gros Nakombo affirmait que le document qui a été  soumis à l’examen des ne comporte que la seule signature du Président de la Cour Constitutionnelle,  pas celles des autres Conseillers.  A votre avis, ne pensez- vous pas que si   jamais cette même Cour a été saisie  par l’opposition pour annuler cette loi, pensez-vous qu’elle soit en mesure de se prononcer valablement ?

  M.Z : Vous savez qu’il y a un précédent à l’intérieur de la Cour Constitutionnelle. Souvenez-vous que sur l’affaire Total, lorsque le Président de la Cour Constitutionnelle avait sa manière de voir les choses et les autres membres leur lecture  aussi. Ils ont été privés d’activité des mois durant, il a fallu les interventions vigoureuses de l’extérieur pour que la Cour soit rétablie  dans ses droits. C’est pour cela que je me méfie des jugements généraux; c’est pour cela que je vous ai dit tout à l’heure que, ce ne sont pas les Conseillers du Chef de l’Etat qu’il faut accuser,  mais  le Chef de l’Etat lui-même parce qu’il a refusé d’écouter les Conseillers,  parce qu’il les a nommés pour orner la galerie. De la même manière, il ne faut pas penser que la Cour Constitutionnelle est constituée de  personnes qui  n’aiment pas leur pays ou qu’ils ne défendent pas l’intérêt général. Si ces personnes sont mises dans des certaines conditions pour se prononcer de manière indépendante, elles sauront défendre les intérêts nationaux... Nul n’a le monopole du patriotisme. Les membres de cette Cour, ce sont des Centrafricains  qui vivent dans ce pays, dont ils  connaissent les réalités. Ils se prononcent en connaissance de cause. Il faut encore qu’on leur permette de s’exprimer. J’allais dire qu’il y a des démarches qui ne permettent pas à ces hauts magistrats de s’exprimer. Il y a des documents qui peuvent parvenir à la Cour Constitutionnelle, sans que cela ne reflète forcément l’opinion majoritaire des conseillers. Je ne suis pas juriste et je ne suis  pas membre de la Cour Constitutionnelle,  mais je crois que c’est à la majorité des voix que les conseillers prennent des décisions. Et s’il n’y a pas, comme a affirmé le Député Nakombo, la signature de l’ensemble des conseillers, je pense qu’il appartient à la Cour de vérifier,  et nous y arriverons.

  A : M. Le Président, permettez-moi d’insister sur un petit point,  la démarche utilisée par le pouvoir public pour obtenir  la modification de la Constitution.  Est- ce tout cela ne remet pas les élections aux calendes grecques ? N’allons-nous pas ressembler  à la Côte d’Ivoire finalement ?

M.Z : Mais de toute façon, vous connaissez la position du MLPC qui a été exprimée par l’honorable Christophe NDOUBA avec brio et je ne pourrais pas être aussi brillant que lui dans l’exposé de la position du groupe parlementaire MLPC, et vous aurez remarqué que le groupe parlementaire RDC, le groupe parlementaire LONDO, le groupe parlementaire ADP, tous ont  repris dans l’esprit des mêmes positions. Pour nous, cette loi est anticonstitutionnelle pour la simple raison que nul n’a le droit de réviser de cette manière la Constitution,  et c’est déjà l’engagement que je prends si le peuple centrafricain choisit l’alternance, c’est sera la première loi qui sera soumise à l’Assemblée pour être abrogée,  parce qu’elle est anti constitutionnelle et il ne faut pas ouvrir la voie au malheur. Quand vous êtes Président de la République, quand il y a un problème dans le pays, vous ne changez pas le lendemain la Constitution, vous trouvez d’abord une solution politique,  et s’il n’y a pas une solution politique, vous explorez une autre solution. Vous ne commencez par prendre des mesures au niveau constitutionnel pour changer la Constitution. Ces précédents sont extrêmement dangereux. Tout ce qui se fait sous la pression, tout ce qui se fait dans la précipitation est toujours un sujet à caution.  Je suis clair là-dessus.  Donc notre position c’est que nous considérons cette loi  comme anticonstitutionnelle et nous réclamons toujours et plus que jamais d’ailleurs un accord politique pour asseoir la légitimité et confirmer la légitimité du Président de la République, donc il faut régler par un accord politique et nous sommes disposés à le régler entièrement. Nous le pensons et beaucoup de voix l’ont affirmé  avant moi. Le problème de la Constitution de la République Centrafricaine peut être débattu le moment venu,  pas en période électorale.  C’est pour cela-et vous devez le constater - la population centrafricaine est troublée, elle se demande si cette loi là n’est pas un chèque à blanc accordé au Président de la République ? Je vous dirai tout de suite que le risque existe et le risque est grand,  parce qu’aujourd’hui au fait pour un simple prétexte, les élections peuvent être repoussées de jour en jour et d’années en années,  mais il se peut qu’il y ait un ou deux mandats blancs puisque la loi n’a pas visé la limite dans le temps à cette prorogation, que personne n’a fixé le temps dans lequel cette loi  va être appliquée.  C’est bien un chèque en  blanc et c’est notre lecture au sein du Collectif ou au sein de l’Opposition et je suis heureux de constater que la population a également fait la même lecture. Ce qui souligne bien le divorce qu’il y a entre l’opinion centrafricaine et la représentation parlementaire et j’espère qu’elle en tirera les conséquences.

  A : L’opposition et le pouvoir public peuvent-ils encore, tenant compte du climat actuel, sereinement et consensuellement préparer les élections à venir ? Je veux parler des activités  du DDR et de la CEI.  

  M.Z : Vous voulez que je vous dise que je suis inquiet, je suis réellement inquiet. Lorsque je vois l’état d’esprit du pouvoir par rapport aux solutions de sortie de crise, face à cette situation, mais comme il ne faut pas désespérer il faut continuer de croire. Nous avons saisi un Médiateur de la République qui est l’homme de Dieu et qui contrairement aux injures indirectes proférées contre lui par un parlementaire hier à la tribune de l’Assemblée Nationale… Je crois qu’il n’appartient à aucun parti politique qui cherche le bien pour ce pays et qu’il dirige aussi spirituellement. Vous voyez les attaques en direct contre le Médiateur de la République, qui ont pour objectif de  décrédibiliser la démarche de l’opposition qui a saisi Mgr POMODIMO pour arriver à ce débat. Bon Dieu, je ne comprends pas quelqu’un qui est au pouvoir qui a aussi peur de discuter avec ses propres compatriotes. J’ai aussi la faiblesse d’esprit, j’ai un peu étudié la psychologie du comportement lorsque j’étais étudiant. Lorsque j’étais beaucoup plus jeune qu’aujourd’hui et je ne pense pas qu’il y a un problème avec l’autre quand on est au sommet de  l’Etat et on ne peut pas expliquer ce refus systématique de s’ouvrir au débat, il faut qu’on discute pour remettre les pendules à l’heure notamment au sein de la CEI,  pour savoir ce qu’il faut faire, informer les Centrafricains qui détiennent la souveraineté. 

  A : Quelle  est votre appréciation de la nature de notre Assemblée Nationale ?

M.Z : J’ai toujours la même démarche aussi bien lorsque  vous avez demandé mes appréciations par rapport aux conseillers du Président de la République que pour les membres de la Cour Constitutionnelle(…) vous avez parlé de la réaction de la population lorsque cette loi a été amendée, comment ils ont vécu dans leur chair, le renoncement, les trahisons qu’ils sachent distinguer l’homme qui au pouvoir. Comme disait Nelson Mandela (…) lorsque les Centrafricains se souviennent que nous serons appelés à faire un choix, et que c’est ce choix que auront à vivre  pendant les 5 années qui viendront après. Il faut qu’ils se souviennent toujours parce que notre avenir comme Dieu l’a dit : « Nous devons nous aider et qu’il nous aidera ».

 

Propos recueillis par  Albert MBAYA Wandakpando, Directeur Publication de l’AGORA

 

 

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 00:36

 

 

enfants-de-r-fugi-s-centros.jpg

 

 

 

 

New York (ONU) 21 mai 2010 – L'insécurité chronique et les affrontements en République centrafricaine continuent d'affecter quotidiennement des dizaines de milliers d'enfants, a déploré vendredi la porte-parole du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Christiane Berthiaume.

« Les distributions d'aide dans les régions touchées par le conflit sont extrêmement difficiles et le manque de ressources financières les complique encore plus », a-t-elle poursuivi, lors d'une conférence de presse à Genève.

Plus d'un million de personnes sont affectées par le conflit en République centrafricaine, dont 190.000 déplacés, auxquels il faut ajouter 25.000 réfugiés venus de la République démocratique du Congo (RDC) et 5.000 autres venus du Soudan.

« L'UNICEF et ses partenaires continuent de répondre aux besoins humanitaires de la population, en donnant la priorité à la santé, l'alimentation, l'approvisionnement en eau et l'assainissement, mais sur les 12 millions de dollars demandés à la communauté internationale en 2010 pour poursuivre les opérations, seulement deux ont été versés », a regretté la porte-parole, ajoutant que l'urgence était de trouver 4 millions de dollars pour les trois prochains mois.

« Si les fonds nécessaires ne sont pas levés, au moins 300.000 enfants de moins de cinq ans et 100.000 femmes enceintes n'auront plus accès à des aides sanitaires et alimentaires, 150.000 enfants de moins de 5 ans et 500.000 ménages resteront sans protection face au paludisme, 274.000 enfants vivant dans les campagnes continueront de ne pas avoir accès à l'eau potable, 50.000 adolescents porteurs du virus du sida et 500.000 jeunes à risques ne bénéficieront plus de campagne de sensibilisation et de prévention, 1.000 enfants-soldats ne profiteront pas de programmes de démobilisation et de réinsertion dans la vie civile, enfin 100.000 orphelins n'auront plus accès à des services de protection », a prévenu la porte-parole de l'UNICEF.

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 17:20

 

 

vote d'une femme en Afrique

 

 

 

(InfoSud) Sandra Titi-Fontaine - 21 mai 10 - Obligé de repousser une nouvelle fois le scrutin présidentiel et législatif, le chef de l’Etat Centrafricain, François Bozizé, a surtout craint de possibles sanctions des donateurs extérieurs en cas d’élections peu crédibles. Trop dépendant de l’aide internationale, son régime ne peut se permettre ce risque.

Face à la pression de la communauté internationale, le chef de l’Etat centrafricain, François Bozizé, a fini par céder : initialement prévues le 25 avril puis le 16 mai, le double scrutin présidentiel et législatif est repoussé à « une date inconnue ». Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2003, puis élu à la tête du pays en 2005, ce militaire de carrière n’avait en fait pas trop le choix.

Mi-mars, le Comité de Pilotage des élections – composé des principaux bailleurs : Union Européenne, France, USA et Nations-Unies - a fait valoir que rien n’était préparé, à commencer par la mise à jour des listes d’électeurs, alors que plus de 300 000 Centrafricains sont encore déplacés en interne, ainsi qu’au Tchad et au Cameroun. Des élections forcément tronquées d’avance pour la communauté internationale, qui a bloqué une partie des 9 milliards de FCFA (13,7 millions d’euros) nécessaires à leur organisation. Et aurait pu remettre en cause son soutien financier indispensable non seulement à la survie économique du pays, mais aussi au maintien de Bozizé à la tête de l’Etat.

Pour s’assurer la victoire, le calcul du Président centrafricain était pourtant simple. Il lui fallait organiser un scrutin au plus vite, pour profiter de l’important retard accusé par la Commission Electorale indépendante (CEI), notamment au Nord. Dans cette région violemment opposée au régime de Bangui, le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-rebelles peine à se mettre en place. Contrôlant la zone, l’Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD) pourrait aussi profiter d’un vide constitutionnel et tenter de s’emparer du pouvoir par la force si les élections ne sont pas organisées avant le 11 juin, date de fin du mandat du Président et de l’Assemblée Nationale.

La transparence de ce scrutin constitue une exigence sine qua non des donateurs qui perfusent, avec une lassitude grandissante, ce pays où le PIB par habitant ne dépasse pas 350 dollars. Si l’aide au développement et aux actions humanitaires est passée de 63 millions de dollars en 2002 à 295 millions de dollars en 2008, l’année dernière, qui devait se concentrer au relèvement économique du pays, seuls 225 millions de dollars de fonds ont été péniblement levés.

Au cours de la dernière décennie, la RCA a connu près de onze coups d’Etat et mutineries. Depuis 2007, les contributions des bailleurs internationaux ont apporté un soutien décisif à la stabilisation de la paix. Début février 2010, les Nations Unies ont débloqué 20 millions de dollars supplémentaires pour alimenter le Fonds de consolidation de la paix. Nombre de rebelles soudanais et tchadiens ont fait du Nord du pays leur base arrière, tandis que dans l’extrême sud-est, les milices ougandaises de l’Armée de libération du Seigneur (LRA) rackettent, pillent et violentent les populations.

Cette insécurité chronique a fragilisé la reprise de l’activité économique en 2009. Depuis septembre 2008, les recettes tirées du bois ont chuté de 20% - le marché asiatique s’étant brusquement contracté-, alors qu’elles représentent près de la moitié des exportations, soit près de 85 milliards de FCFA en 2007. Les sociétés d’exploitations forestières ont licencié la majorité de leurs employés, notamment dans le sud-ouest et l’ouest, accélérant la paupérisation de régions jusque-là attractives. Second produit d’exportation, le diamant ne se porte guère mieux, notamment depuis la restructuration du secteur par le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique, le Colonel Sylvain Ndoutingaï. Ce neveu du Président a provoqué la colère des petits exploitants de diamants dans les régions bordant le Cameroun, où les stocks de gemmes ont été saisis chez les négociants principalement Tchadiens, et les concessions familiales fermées les unes après les autres. Considérée comme l’un des poumons économiques du pays, il n’est pas certain que cette zone revote en faveur du président Bozizé et de son parti Kwa Na Kwa (KNK).

Mais en 2010, dans un contexte de remontée des cours mondiaux de matières premières et sous réserve d’une stabilisation sécuritaire, la croissance pourrait rebondir et dépasser 3,5%. Selon la COFACE, groupe d’analyse des risques commerciaux, « le BTP et les institutions en particulier pourraient bénéficier des efforts de reconstruction soutenus par les institutions multilatérales ».

Maintenant, le président Bozizé va devoir maintenir tant bien que mal une stabilité politique et économique déjà très fragile, jusqu’à l’organisation des élections, probablement après la fin de la saison des pluies, en septembre. Chaque soir, le chef de l’Etat quitte le Palais Présidentiel du centre-ville pour se réfugier dans sa maison « bunker » du PK12 : en cas d’urgence, il pourrait alors fuir par « le goudron » vers son fief de Bossangoa.

Un soutien international essentiel

Ce soutien appuyé de la communauté internationale a permis à la RCA d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvres et Très Endettés (PPTE) en juin 2009. Le pays a alors bénéficié d’une annulation substantielle de sa dette contractée auprès du Club de Paris, et d’une annulation totale de celle auprès du FMI et de la Banque Mondiale. Mais le pays reste très dépendant des bailleurs de fonds internationaux pour financer la réhabilitation des infrastructures de transport et d’énergie. La Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) du Fonds Monétaire International (FMI) a ainsi été prolongée jusqu’à juin 2010.

Quant à la Banque Mondiale, sa représentante à Bangui vient d’annoncer un appui budgétaire de 5 milliards de FCFA, pour aider le pays à faire face aux effets de la crise financière, « dont la première tranche serait versée avant juillet ».

Source : droitshumains-geneve.info

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 17:12

 

 

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Il s’agit de l’immeuble Bangui 2000 (centre commercial et bureaux en face du supermarché  Bamag pour ceux qui connaissent la ville de Bangui), propriété du groupe SODEXAFRIQUE. Ce groupe s'étant désengagé du pays suite à diverses tracasseries politico judiciaires, quasiment abandonné avec plusieurs locataires occupant des bureaux et divers magasins.

Voilà que le prédateur Firmin Findiro s'est emparé du dossier et a écrit aux dits locataires, leur faisant croire qu'il était chargé de percevoir les loyers, comme l'aurait fait un administrateur de biens (alors qu'il n'y en avait pas!). Ainsi les locataires se sont mis à lui verser directement les loyers, ce, depuis plusieurs mois...l'engraissant ainsi personnellement, jusqu'à ce qu’ils apprennent il y a quarante huit heures que le libanais propriétaire du supermarché voisin "RAYAN", en était devenu propriétaire.

Cette nouvelle leur est parvenue sous forme d'une sommation sans préavis de vider les lieux. C’est ainsi que manu militari, le cabinet du bâtonnier Me Balembi qui se trouve dans cet immeuble a été pris d’assaut par les éléments de l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB).  Les dossiers du bâtonnier se sont se retrouvés pêle-mêle dans le hall de l’immeuble. La présence musclée de l'OCRB n'a cependant pas fait fléchir Jean Daniel Dengou patron d’une entreprise d’informatique et fournisseur d’accès internet (ADMN) de surcroît membre du Conseil économique et social. Celui-ci  a organisé une résistance par tous moyens malgré la menace de mort proférée contre sa personne par le chef de mission de l'OCRB. Il a dit avoir adressé une lettre au Ministre de la justice avec copie au président Bozizé pour information.

C’est sans doute pour mettre le bon droit de son côté que ce citoyen entreprend cette démarche mais il ne devrait pas se faire trop d’illusion sur Bozizé et son Procureur Findiro qui ont mis le pays en coupe réglée depuis longtemps. La fortune personnelle qu’ils ont accumulée depuis sept ans qu’ils sont au commandes du pays ne s’explique pas autrement que par les incessants rackets et spoliations des opérateurs économiques, des commerçants libanais, des diamantaires et autres. Comment expliquer qu’un simple magistrat fût-il Procureur de la République, puisse en si peu de temps avoir en France plusieurs comptes bancaires bien garnis et acheter un appartement à plus de 100.000 euros !

Un jour viendra, espérons que cela soit le plus tôt possible, où l’origine de l’enrichissement sans cause et colossal de Bozizé, son fils Francis, Sylvain Ndoutingai, Firmin Findiro notamment éclatera au grand jour et les Centrafricains seront situés sur leurs diverses magouilles et autres trafics mafieux ficelés plusieurs années durant dans l’ombre. Ils en apprendront sur leurs villas cossues au Burkina, leurs milliards cachés sur des comptes bancaires dans les paradis fiscaux notamment aux îles vierges britanniques et autres. Une chose est sûre, le Procureur Findiro dont le sort est intimement lié à Bozizé est corrompu jusqu’à la moelle.

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 02:01

 

 

F Bozizé Yangouvonda

 

 

 Plus on approche de la date d’expiration de son mandat du 11 juin, plus Bozizé n’est visiblement pas tranquille et perd sa sérénité. Malgré la prorogation de ce mandat qu’il a obtenue par un vote illégal à l’Assemblée nationale d’une loi anticonstitutionnelle, il croît devoir orchestrer des soi-disant marches de soutien à sa modeste personne comme celle qui a eu lieu dans la capitale le mercredi dernier.

On a délibérément fermé pour toute une journée certains lycées et collèges des quartiers Nord de Bangui et mis dans la rue moyennant quelques petites coupures de F CFA, quelques centaines de jeunes scolaires et adolescents désoeuvrés, pas à même de comprendre toute cette odieuse manipulation  bozizéenne, pour effectuer ladite marche de soutien. A en juger au contenu des slogans inscrits sur les quelques banderoles déployées, les organisateurs et commanditaires de la marche avaient des comptes à régler avec la communauté internationale, particulièrement la France et l’Union Européenne qui soutiennent les leaders de l’opposition, diabolisés et traités de tous les noms d’oiseau. Pourquoi cette nervosité et toutes ces agitations pour quelqu’un qui est au pouvoir ?  Bozizé a-t-il besoin de marche de soutien ?

Quelques jours avant ces marches, le mercenaire communicant étranger de Bozizé, Henri Pascal Bolanga venu auprès de lui chercher du CFA, se permet d’invectiver gratuitement un leader politique comme Martin Ziguélé.  D’autres griots patentés comme le nouveau DG de la presse présidentielle le thuriféraire Zama Javan Papa et le DG de la radio nationale David Gbanga obligé de défendre son poste, ont dans des tribunes abondamment reprises sur les antennes de la radio d’Etat et dans les papiers de l’Agence Centrafrique Presse (ACAP), ciblé les leaders de l’opposition, notamment Martin Ziguélé et tous ceux qui les soutiennent, pour les diaboliser et les traiter de tous les noms d’oiseau. Ils s’en sont particulièrement pris à ceux qui critiquent le régime de leur maître Bozizé sur les différents sites et blogs internet, tentant au passage de minimiser l’influence de ce média. Si internet n’était pas si influent, pourquoi s’en émeuvent-ils tant ?

Ce que ces bozizistes ne veulent pas reconnaître, c’est que la vérité distillée à longueur de pages internet sur le pouvoir dictatorial et sanguinaire de Bozizé, sur sa mauvaise gouvernance, sur tous ses méfaits contre le peuple centrafricain, porte réellement car les citoyens qui ont accès à internet photocopient les écrits et les distribuent et font lire à d’autres. Le pouvoir le sait bien et n’y peut rien.  

Selon nos informations, il compte expédier dans tous les pays de la CEMAC des véhicules 4x4 qu’il a achetés pour sa campagne électorale sur l’argent viré par le FMI à toutes les sections de son parti le KNK.  Elles pourraient ainsi organiser également dans ces pays, des activités de soutien pour afin de faire comprendre aux chefs d’Etat de ces pays voisins, la nécessité qu’ils appuient Bozizé à rempiler. Une mission du KNK doit également se rendre en France pour tenter de faire la même chose en direction des autorités françaises.

Tout permet de croire que Bozizé en a gros sur la poire d’avoir déjà claqué beaucoup de fric sans que son hold-up électoral ait pu se réaliser. Quand bien même son mandat a été prolongé par les députés, il a conscience que cela s’est fait par une violation de la Constitution et que dès le 11 juin venu, il s’attend à se faire contester sa légitimité par l’opposition à qui il a refusé la proposition qu’elle lui a faite de signature d’un accord politique pour gérer le vide constitutionnel du pays, d’où son manque de sérénité. Ne disposant pas d’un bilan ne serait-ce que globalement positif comme dirait l'autre, à présenter à ses concitoyens en vue de solliciter leur suffrage, Bozizé n’a d’autre stratégie que le recours à la violence et aux armes de guerre qu’il a stockées en assez grande quantité. Il a d’ailleurs déjà commencé à en distribuer à ses « tontons macoutes » et aux ministres. De sombres nuages s’amoncellent donc hélas dans le ciel centrafricain du fait de la seule volonté de Bozizé de forcer son destin.  

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 01:49

 

 

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Kabongo, Ai Bangui Africa Info (Douala)

 

Ai-Rca -19 Mai 2010 - Venues des 8 arrondissements de Bangui, elles ont marché ce jour sur les grandes artères de la capitale pour d'une part témoigner leur adhésion à la loi constitutionnelle adoptée et promulguée par le Président de la République et d'autre part, leur soutien aux élus de la nation, a constaté Ai.

Selon les organisateurs de cette marche de soutien au Président de la République et aux élus de nations, différents sites sont prévus dans chaque arrondissement pour le point de départ et la destination est la Place de la République où les attendait le chef de l'Etat.

Sur les grandes artères de la capitale, les organisateurs de cette marche ont successivement remis le mémorandum au représentant de l'Union Européenne Guy Samzun, à la patronne du Bureau intégré des Nations Unies en Centrafrique (Binuca) Sahle Work Zewde, à l'ambassade de France où les attendait le premier conseiller et au Président de la République. Parallèlement, une motion de remerciement a été remise au président de l'assemblée nationale.

Dans le mémorandum remis au Président Bozize, on pouvait lire : "Filles et Fils de Centrafrique de toutes les couches sociales et de toutes les tendances politique, en cette occasion de grande marche nationale, d'un seul coeur, et unis dans la philosophie de l'Unité de la Dignité et du Travail promu par Barthélemy Boganda, à travers la devise de la République Centrafricaine, vous exprimant le soutien indéfectible du peuple centrafricain dans les actions salutaires que vous ne cessez de poser dans l'intérêt de la démocratie de la paix et de la réconciliation nationale et du développement de notre pays. Au de-là des manipulations, des tergiversations et de la mauvaise foi des certains fils du pays vous avez toujours su vous placer au dessus des querelles intestines, mêlées subversives, comportement antipatriotiques notoires pour ne vous consacrer qu'à votre propre responsabilité afin de promouvoir le dialogue et la conciliation, de l'esprit de consensus dans l'intérêt de la paix, de la sécurité et du bien être du peuple centrafricain. Vos mérites sont reconnus par le peuple et la communauté internationale sur les plans de votre gouvernance démocratique, de vos acquis sociaux et économique, de vos actions en faveur de la paix et de la concorde nationale ».

Dans le document réceptionné par le premier conseiller près de l'ambassade de France à Bangui, c'était écrit: "Nous souhaiterons que la France aide la République Centrafricaine. Nous souhaiterons que la France aide la jeunesse centrafricaine dans ce processus de paix pour qu'il y ait un véritable développement, pour qu'il y ait un véritable épanouissement de la jeunesse centrafricaine".

Le Président François Bozize dans un discours improvisé en langue nationale a remercié les organisateurs de cette marche avant de fustiger devant les cinquante mille personnes «le comportement antipatriotique de certains leaders de l'opposition démocratique en Centrafrique». Il n'a pas manqué de décrier les exactions de l'ancien régime."Nous avons beaucoup souffert. Nous ne voulons plus que la RCA recule. Il est temps de travailler dur pour faire avancer les chose" a-t-il dit.

Et de poursuivre "jeunesse centrafricaine, je vous demande la vigilance car les personnes de mauvaise foi sont parmi nous aujourd'hui, les nationaux tout comme les étrangers"

L'agence Ai a aussi constaté que, les cours dans les établissements scolaires ont été suspendus ce jour et presque tous les élèves ont été conviés à aller prendre part à cette marche de soutien.

 

NDLR : Le chiffre avancé par la police centrafricaine de l'effectif de ces marcheurs est sujet à caution. En réalité, il y avait un peu moins de 10.000 jeunes de 14 à 16 ans en moyenne, ne pouvant même pas se douter de la vraie signification du rôle qu'on leur fait jouer. Il est fort curieux que le vote de la loi anticonstitutionnelle prorogeant le mandat d'un potentat puisse donner lieu à une marche de soutien avec ferméture des classes pour les élèves et remise de mémorandum aux diplomates. C'est la preuve que Bozizé n'est pas serein et redoute quelque chose. Que craint-il ? Toute cette manipulation politicienne est scandaleuse et grotesque.  

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 00:22

 

 

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Source: Des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF)

Date: 20 mai 2010


Au-delà des trois prochains mois l’UNICEF a besoin de 4,2 millions de dollars pour répondre aux besoins les plus urgents des enfants et des femmes touchées par l'insécurité et les conflits chroniques en République centrafricaine

L'insécurité et les conflits chroniques en République centrafricaine continuent d'impacter des dizaines de milliers de vies d'enfants dans les régions septentrionales et orientales du pays. On estime qu'au moins un quart de la population a été touchée par le conflit. D'autres défis sont fréquents, flambées de maladies épidémiques, hausse des prix des denrées alimentaires et autres produits essentiels, l'accès humanitaire dans certaines parties du pays et des ressources limitées pour répondre aux besoins humanitaires.

En étroite collaboration avec les partenaires locaux, nationaux et internationaux, l'UNICEF continue de répondre aux besoins humanitaires de la population touchée par le conflit dans les domaines prioritaires de la santé, la nutrition, se laver, le VIH / SIDA, l'éducation et la protection de l'enfance. L'état du financement global de la représentation demeure une préoccupation, les programmes d’assistance pour la santé, le VIH / SIDA étant particulièrement sous-financé.

Dans le cadre de l'HAR 2010 et l'appel conjoint de la PAC, l'UNICEF a actuellement encore besoin des Etats-Unis 10.148.270 $ pour être en mesure de répondre aux besoins des enfants et des femmes en République centrafricaine. La réponse de la communauté des donateurs a été limitée jusqu'à présent, avec seulement 2.569.720 US $, ou 20 pour cent, a reçu à ce jour. Les priorités de financement les plus urgents au cours des trois prochains mois se montent à US $ 4.200.000.

 

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