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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 23:08

 

 

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Kabongo 29 Mai 2010 Africa Info (Douala)

  Ai-Bangui — Le coordonnateur du projet de renforcement de l'Etat de droit (Pred) près du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) en Centrafrique Jean Jacques Ninga-Hong, a remis le 28 mai au ministre de la justice Laurent Ngon Baba, des toges.

Des outils de travail pour les magistrats et greffiers de la Cour d'Appel et du Tribunal de Grande Instance de Bangui. C'était en présence des présidents des tribunaux et des cours, a appris l'agence Ai.

Ce don de 26 toges d'audiences avec épitoges, toques, et rabat assortis pour les magistrats et 10 toges et toques d'audiences pour les greffiers d'un coût total de 9 396 517 FCFA, est destiné aux juridictions et rentre dans le cadre des réformes de la justice. Ces toges vont permettre aux magistrats de tenir des audiences en toute dignité.

«Cette troisième remise faite ce jour par le Pred à la justice, témoigne de la volonté et de la détermination du Pnud d'apporter tout son soutien à la justice centrafricaine» a dit le coordonnateur. «Ce don fait suite au renforcement des capacités et la formation du personnel, la réalisation des infrastructures juridiques et pénitentiaires ainsi qu'à la dotation en équipement, matériel informatique, ouvrages juridiques et moyens logistiques », a-t-il ajouté.

Selon Ninga-Hong, «pour que la justice centrafricaine puisse assurer une meilleure protection des droits et personnes, elle a besoin de l'appui de tout le monde. Et c'est ainsi que, le Pred a, en plus de ce don d'aujourd'hui, déjà oeuvré pour le renforcement de capacité et la formation du personnel».

«C'est un grand honneur de recevoir du projet Pred ce lot de matériels qui permettra certainement à nos magistrats de réunir les conditions essentielles pour l'accomplissement de leur mission» s'est réjouit le Ministre de la Justice en réceptionnant ce don.

Il a, par ailleurs, indiqué que, ce lot de matériel fait suite aux dons d'autres matériels déjà livrés au ministère de la justice. Il a invité les chefs de cour des tribunaux, les magistrats de prendre soins de cet important matériel pour asseoir l'image du magistrat centrafricain.

Pour Ngon-Baba, avec le programme décennal de réforme de la justice, les partenaires aideront donc la République Centrafricaine à améliorer les conditions de travail de magistrat centrafricain. «Ce qui permettra au département de la justice de répondre aux aspirations du peuple centrafricain » a-t-il conclu.

La nouveauté avec ces toges neuves de grandes qualités est que le nom de chaque juridiction y est d'ailleurs gravé dessus, a constaté l'agence Ai.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 22:58

 

 

Bozizé reporte les élections

 

Kabongo 30 Mai 2010 Africa Info (Douala)

 

Ai-Rca — De sources généralement bien informées, le Président de la République François Bozize a conféré le 28 mai au Palais de la Renaissance avec les représentants de la communautaire internationale.

Il était entouré pour la circonstance du premier ministre Archange Touadera, des ministres délégués à la Défense et du DDR, respectivement Francis Bozize qui expliquait l'avancement du processus du Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) et Paul Raymond Ndougou. Etaient également présents, quelques membres du cabinet présidentiel, la communauté internationale représentée par les ambassadeurs de France, des Etats Unis d'Amérique, de l'Union Européenne, de l'Union Africaine et le représentant du Bureau intégré des Nations Unies en Centrafrique (Binuca).

Selon une source proche de la présidence, il s'est agi lors de cette rencontre de la relance du processus électoral de 2010.

Selon cette même source, cette relance du processus aura donné lieu à un débat houleux sur des points chauds tels : le rachat des armes entre les mains des ex-combattants, la méthode hybride de recensement électoral et l'épineux problème des troupes de la Lord Army Resistent (LRA) de Joseph Kony sur le territoire centrafricain.

Sur ces différents points évoqués et débattus, seul un point n'a pas rencontré l'adhésion de la communauté internationale et surtout de l'Union Européenne qui l'a d'ailleurs réfuté : celui du rachat des armes. Sur d'autres points, chacun a promis d'apporter son soutien dans la mesure du possible pour pacifier le pays avant la relance du processus électoral.

A en croire notre source, en plus de ces points évoqués plus haut, est venu s'ajouter ceux du nouveau chronogramme que devrait proposer la Commission Electorale Indépendante (CEI) et son budget de fonctionnement.

Après un échange fructueux et avec espoir de se retrouver très prochainement pour des propositions concrètes, le Président de la République François Bozize a tenu a rappelé à la communauté internationale qu'aucune date ne peut être fixée pour l'heure tant que la Cei n'a pas dit son dernier mot relatif au processus électoral et tant que la question de sécurité n'est pas encore résolue.

« A entendre le Président de la République, c'est comme si la communauté internationale lui mettait des pressions pour qu'il organise très vite les élections. Certainement du nouveau sortira de leur prochaine rencontre », a confié un participant à cette rencontre qui a requis l'anonymat.

 

NDLR : Tout dans le comportement de Bozizé montre qu'il n'a pas l'intention que les élections aient lieu bientôt, se fondant sur la prorogation de son mandat par la loi anticonstitutionnelle votée par les députés le 10 mai dernier. Son refus de la mise en place du Centre de Traitement en vue de prendre en charge le recensement électoral et l'édition des cartes d'électeurs et autres est bien la preuve qu'il veut absolument frauder les élections. Il entretient par ailleurs à dessein l'insécurité dans certaines zones du pays pour en prendre prétexte pour renvoyer aux calendes grecques les élections.   

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 22:39

 

 

drapeau françafricain

 

 

31/05/10  

Le sommet Afrique-France, les 31 mai et 1er juin à Nice (sud-est de la France) est le 25e depuis l'instauration de ces rencontres par le président Georges Pompidou en 1973. Le « vieux couple fatigué » tente de repartir sur de bonnes bases.

· 1973 -Paris

Le premier sommet entre la France et le continent, principale bassin de ses anciennes colonies, est créé par la volonté de Georges Pompidou. L'enjeu principal, à cette date, est géopolitique : après la guerre israélo-arabe, il s'agit de participer, et de faire participer l'Afrique, à la construction de la paix autour du bassin méditerranéen.

· 1975 -Bangui

· 1976 -Paris

· 1977 -Dakar

Valéry Giscard d'Estaing parle de la « montée des périls » en Afrique, sous-entendu l'influence grandissante de l'URSS. Sur le plan économique, la fièvre inflationniste semble le danger conjoncturel le plus immédiat, à côté des questions récurrentes de développement.

· 1978 -Paris

· 1979 -Kigali

· 1980 -Nice : le deuxième choc et pétrolier, et la sécheresse au Sahel, sont les événements qui touchent au plus près les deux partenaires en ce début de décennie.

· 1981 -Paris : François Mitterand s'est installé à l'Elysée. De l'autre côté de la Méditerranée, le président ivoirien Houphouët-Boigny, lui, est aux commandes depuis longtemps. Le nouveau chef de l'Etat français est « proche de la sensibilité africaine », déclare le sage de la Côte-d'Ivoire.

· 1982 -Kinshasa

· 1983 -Vittel : La question du Tchad sera au centre du sommet.

· 1984 -Bujumbura

· 1985 -Paris : Mitterrand « l'Africain » assure que l'aide française au développement a grimpé de 0,36% de son PIB en 1981 à 0,55% en 1985, et que cet engagement particulier, parmi les pays développés, perdurera.

· 1986 -Lomé

· 1987 -Antibes  

Le président zaïrois Mobutu demande un effort aux riches, sur fond d'augmentation de la dette du continent et de baisse des prix des matières premières africaines.

· 1988 -Casablanca

· 1990 -La Baule   : Le sommet marque un tournant dans la politique africaine de la France. Le lien entre démocratie et développement y est souligné. Le président François Mitterrand déclare que l'aide française sera plus «tiède» pour les régimes autoritaires, «enthousiaste» envers ceux qui s'ouvriront à la démocratie.

· 1992 -Libreville : Sommet axé sur les problèmes économiques, face à la crise qui frappe le continent.

· 1994 -Biarritz -François Mitterrand critique les contraintes imposées par la Banque mondiale aux pays africains. Le sommet adopte le principe de la création d'une force interafricaine d'intervention. Tenue en novembre, cette rencontre intervient après deux événements majeurs en Afrique: la dévaluation du franc CFA et le génocide au Rwanda, donnant lieu à de violentes critiques quant au rôle de la France dans ce pays.

· 1996 -Ouagadougou -

Le premier sommet de Jacques Chirac. Les rencontres sont dominées par les crises dans la région des Grands Lacs et en Centrafrique. Plus de 40 délégations sont présentes, parmi lesquelles un nombre record de pays anglophones, dont le Nigeria. Jacques Chirac déclare que seule «la bonne gouvernance» permet un «développement durable», précisant qu'elle est une condition essentielle pour le maintien de l'aide des pays industrialisés.

· 1998 -Paris -Sommet consacré à la sécurité sur le continent, miné par de nombreux conflits, dont une rébellion en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) qui a dégénéré en une guerre régionale.

· 2001 -Yaoundé -Cette réunion, consacrée aux défis de la mondialisation, a essentiellement porté sur la situation en RDC, après l'assassinat du président Laurent-Désiré Kabila. 52 pays sont représentés, plus importante participation depuis 1973. Pour la première fois, un président algérien, Abdelaziz Bouteflika, assiste à un sommet Afrique-France.

· 2003 -Paris

Officiellement consacré aux «nouveaux partenariats entre l'Afrique et la France», le sommet auquel assiste le secrétaire général de l'ONU porte essentiellement sur la crise en Côte d'Ivoire. La présence du président zimbabwéen Robert Mugabe, accusé de graves atteintes aux droits de l'Homme, suscite protestations et manifestations.

· 2005 -Bamako : Le sommet est centré sur la nécessité d'aider des millions de jeunes Africains à sortir de la pauvreté et sur la lutte contre l'immigration clandestine. Pour la première fois, la totalité des 53 pays africains sont représentés dont 23 par leur chef d'Etat.

· 2007 -Cannes

 Dernier sommet du président Chirac, dominé par la guerre au Darfour (Soudan). Le président français enjoint les puissances occidentales de penser aux intérêts du continent, notamment au sein de l'Organisation mondiale du commerce.

· 2010 -Nice : Le 25e sommet Afrique-France se tient aujourd'hui et demain à Nice et s'ouvre pour la première fois aux chefs d'entreprise français et africains. Au menu, la place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale, mais aussi la négociation d'accords sont attendus en matière sociale, énergétique et environnementale.

 

NDLR : Les Centrafricains savent –t-ils que c’était à Bangui que s’était déroulé le deuxième sommet France-Afrique en 1975 sous le règne de Jean Bedel Bokassa avec Valéry Giscard d’Estaing. Aujourd’hui, une telle réunion avec autant de délégations est inconcevable à Bangui car elle implique des infrastructures hôtelières, des moyens de transport, de sécurité et de communications, une logistique lourde et autant d’autres choses dont la capitale centrafricaine sous le règne actuel d’un certain François Bozizé, est presque totalement dépourvue. Bozizé ne parvenant même pas à assurer la sécurité, la fourniture du courant électrique et de l’eau, de la capitale.  

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 22:34

 

 

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lundi 31 mai 2010

Source : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=9444

 

" Que fait l'armée française en Afrique ? (1) ", c'est le titre du dernier " Dossier noir " de l'association Survie paru aux éditions Agone. Un dossier on ne peut plus actuel en cette année de commémoration du cinquantenaire des indépendances africaines. Rencontre avec son auteur, Raphaël Granvaud, qui revient sur certaines questions abordées dans ce dossier.

La troisième partie de votre livre s'intitule "la réhabilitation du colonial", j'ai ressenti un vrai malaise à sa lecture. Je ne savais pas que l'armée française, du moins les forces spéciales opérant en Afrique, étaient travaillées à ce point par la nostalgie du colonialisme. Je me demande s'il ne faut pas voir dans la forte implication militaire française en Afrique, au-delà des enjeux économiques et géopolitiques, une manifestation de puissance. Comme si la France n'avait toujours pas digéré les indépendances africaines, comme si elle ne pouvait renoncer à être une "plus grande France" (formule qui désignait l'empire français)…

Les hommes politiques le revendiquent très clairement, qu'il s'agisse de Mitterrand, de Chirac ou de Sarkozy, on retrouve toujours dans leurs discours l'idée que "la France doit garder son rang dans le monde". On sent bien que c'est l'argument qui légitime le maintien de cette présence militaire en Afrique. Bien sûr cette présence offre de nombreux avantages : elle conditionne, dans une large mesure, la possibilité d'entretenir des situations de monopole économique dans certains pays et de surveiller des ressources stratégiques.

D'ailleurs certains régimes africains comme ceux du Tchad ou de la Centrafrique ne tiennent que par la force des armes, que par le soutien de l'armée française.

Depuis les indépendances, le prétexte majeur du maintien de la présence militaire française c'est de défendre les pays africains, avec lesquels on a passé des accords militaires, contre des agressions extérieures. Dans les faits, il n'y a quasiment jamais eu d'agressions extérieures, l'armée française n'a servi qu'à gérer les problèmes internes à des régimes confrontés à des rébellions armées ou à des mouvements populaires.

Le plus souvent, les armées des Etats africains postcoloniaux se comportent vis-à-vis de leurs propres populations comme des armées d'occupation. Leurs forces armées sont conçues avant tout pour répondre au péril de l' "ennemi intérieur" et non à celui d'une agression extérieure. Vos analyses montrent clairement la responsabilité de la France dans cet état de choses.

Absolument, ça faisait partie du kit théorique doctrinal qui a été inculqué aux officiers africains formés dans les écoles militaires françaises. Il faut rappeler qu'au moment des indépendances, les armées africaines sont créées de toute pièce : elles constituent alors une sorte de prolongement de l'armée coloniale française. Les armées africaines sont des filiales de l'armée française, elles sont structurées sur le même modèle, formées à partir de la même idéologie : la doctrine militaire de la "guerre révolutionnaire", de la "contre-insurrection" qui veut que le rôle principal de l'armée soit le "contrôle de la population". Mais pour les armées africaines, il ne s'agit pas du contrôle d'une population étrangère comme dans le cas de l'armée française en Algérie. La mission des militaires africains est de contrôler leurs propres populations, mais avec les mêmes méthodes que l'armée française a employées dans ses guerres coloniales. C'est ce qui s'est passé au Cameroun, au moment de l'indépendance, dans la guerre sanglante menée contre les maquis de l'UPC (Union des Populations Camerounaises). Dans le cas du Rwanda, le chercheur Gabriel Périès a retrouvé des mémoires d'officiers rwandais, formés en France dans les années 80-90, dans lesquels on retrouve cette obsession de lutter contre l'ennemi intérieur, de mettre en œuvre des tactiques contre-insurrectionnelles. Menée à son terme, la logique du " contrôle de la population " conduit au génocide…

En dressant la généalogie de la guerre contre-insurrectionnelle, votre livre souligne les continuités et similitudes qui existent entre guerres coloniales d'Indochine et d'Algérie et guerres postcoloniales du Cameroun (une guerre occultée) et du Rwanda.

Je n'ai fait que rapporter des travaux qui existent sur le sujet. Officiellement, depuis la fin de la guerre d'Algérie, ces théories contre-insurrectionnelles sont remisées et des méthodes comme la torture ou la guerre psychologique proscrites. Dans les faits, il y a eu une première vague d'exportation des tactiques anti-subversives françaises à destination des dictatures sud-américaines : des gens comme le général Aussaresse (connu pour ses révélations sur l'usage systématique de la torture en Algérie) ont pu ainsi continuer à transmettre leur " savoir-faire "… Puis ce savoir-faire anti-insurrectionnel a été recyclé en Afrique francophone pour gérer les indépendances et la période post-indépendance. Moi, ce que j'ai essayé de montrer, c'est que cette tradition de la "guerre révolutionnaire" se poursuit aujourd'hui, de façon plus subtile. Quand on lit les publications militaires contemporaines, on retrouve des références à des gens comme Trinquier (théoricien principal de la "guerre contre-insurrectionnelle"), mais aussi des références aux techniques de conquête coloniale de Lyautey ou de Gallieni (guerres coloniales de "pacification" fin 19ème - début 20ème siècle) ; des stratèges qui reviennent au goût du jour quand il s'agit de penser des situations de conflit comme celles de l'Afghanistan ou de la Côte d'ivoire.

Sur le plan des savoir-faire et des discours, l'armée française entretient donc un rapport intime avec son histoire coloniale. Y a-t-il une spécificité de l'armée française de ce point de vue là ?

Les militaires français considèrent qu'il y a une tradition culturelle française plus forte que celle des anglo-saxons sur le plan du contact avec les populations. L'armée française prétend détenir un vrai savoir-faire lui permettant de mieux se faire accepter en tant qu'armée d'occupation. C'est la question du "contrôle des populations". Pour les militaires français, il ne faut pas faire comme les Américains qui arrivent, militairement par la force, et qui ensuite se barricadent. L'armée française se flatte d'être capable d'agir de manière psychologique, en menant des opérations "civilo-militaires" pour faire accepter auprès des populations civiles la présence des militaires. Toujours avec cette idée, qui remonte à l'Indochine, qu'on va pouvoir séparer dans la population le bon grain de l'ivraie, et couper les rébellions de leurs bases populaires.

L'armée française a-t-elle recours à des savoirs de type ethnologique dans son approche des populations des pays occupés ?

Quand on gratte un peu, on retombe toujours sur une espèce de prêt à penser, directement issu de la période coloniale. Les forces spéciales françaises sont sensées, en plus d'un savoir-faire proprement militaire, posséder un savoir culturel, ethnologique qui les rendrait plus à même d'opérer dans certaines zones géographiques du monde, en particulier en Afrique. Ces savoirs "culturalistes" reposent sur des conceptions complètement dépassées d'un point de vue universitaire. Quand on lit des interventions d'officiers dans des colloques, on trouve des choses absolument ahurissantes comme : "la présence de l'armée française est nécessaire parce que les Africains ont du mal à se projeter dans l'avenir". Les mêmes clichés éculés qui émaillaient le discours de Dakar de Sarkozy : ce vieux fond colonial qui prétend être une connaissance permettant une intervention sur des populations.

Revenons sur le cas du Cameroun, le premier pays africain, en 1960, à accéder à l'indépendance (le 1er janvier). Du milieu des années 50 au début des années 70, il s'est produit une véritable guerre dans ce pays : des dizaines de milliers de morts, plus de 100 000 selon certaines sources. Cette guerre menée contre l'UPC par un régime à la solde de la France relève-t-elle, elle aussi, de la guerre "anti-insurrectionnelle" ?

Le chercheur Gabriel Périès a montré récemment comment les dispositifs mis en place en Algérie ont été décalqués au Cameroun à la même époque (2). Le quadrillage des territoires, la torture à grande échelle, la déportation des populations, la politique de la terre brûlée, tout ce qui se faisait en Algérie a été repris tel quel au Cameroun. Il faut signaler sur le sujet l'excellent documentaire "Autopsie d'une indépendance" (3) dans lequel on peut entendre Mesmer déclarer à propos des bombardements des villages au napalm que "ce n'est pas important". Ce sont des choses qui, ces dernières années, commencent à remonter à la surface.

Cela remet donc complètement en question le mythe d'une "décolonisation douce"…

La " décolonisation en douceur " reste la version officielle si l'on se réfère aux programmes scolaires en histoire au collège ou au lycée. Un des enjeux de l'étude de la décolonisation c'est de montrer qu'il y a eu, d'un côté, une décolonisation violente, celle de l'Algérie et, de l'autre, une décolonisation qualifiée de pacifique, de "douce". Les cas du Cameroun et de Madagascar suffisent à montrer que c'est un mythe complet : le mythe des indépendances en douceur préparées par Deferre et de Gaulle après la conférence de Brazzaville en 46. Dans les faits, tout ce qui a été concédé par la France l'a été contre le gré de la métropole, souvent après des tentatives désespérées de reprise en main violentes. Cela s'est accompagné d'un processus d'élimination des mouvements indépendantistes et de leurs leaders, mais aussi de la promotion d'hommes politiques à la dévotion des intérêts français. Dans l'après-guerre, il y a eu une émergence de mouvements indépendantistes, autonomistes, progressistes, révolutionnaires, un vent d'espoir irrésistible : il y avait des idéologies variées qui mobilisaient les populations, et ces mouvements ont été étouffés, brisés, parfois, comme dans le cas du Cameroun, complètement éradiqués. Il y a donc eu une longue période où les populations africaines ont été orphelines d'un certain nombre de mouvements et de leaders. Ça commence à renaître maintenant avec les mouvements sociaux africains et les contre-sommets où la question de la domination néocoloniale est au centre des préoccupations de la société civile ; qu'il s'agisse de la présence française ou de systèmes plus mondialisés comme la dette et les politiques imposées par le FMI et la Banque Mondiale.

Revenons à l'armée française. Dans votre livre vous mentionnez un "détail" qui fait froid dans le dos : les troupes de marine sont toujours surnommées la "Coloniale"…

Les questions de tradition et d'identité sont des questions extrêmement fortes, en particulier dans les forces spéciales, dans cette composante de l'armée française issue de l'armée coloniale. Les troupes de marine sont extrêmement fières de leur passé colonial, elles en revendiquent l'esprit et les méthodes. Les prises d'armes comme les éditoriaux de leur revue L'Ancre d'or continuent à se clôturer sur ces mots " Et, au nom de Dieu, vive la Coloniale ! "

Et j'imagine qu'on retrouve souvent ces troupes de marine dans les opérations françaises menées en terre africaine.

Elles composent en effet la majeure partie des forces spéciales auxquelles on fait appel lors des opérations sensibles : des opérations "coups de poing", des opérations à forte teneur en renseignement. On les retrouve également dans les opérations européennes (EUFOR). Lors de la première d'entre elles, en République Démocratique du Congo, en 2003, la France s'était flattée d'avoir inculqué un certain nombre de méthodes à des forces militaires européennes, en particulier aux forces spéciales suédoises. Depuis on se demande quelles méthodes puisque parmi ces forces suédoises, certains militaires s'étaient plaints auprès de leur hiérarchie d'avoir eu à subir la vision d'actes de torture pratiqués par des militaires français sur des congolais. Ca a fait beaucoup de bruit en Suède, beaucoup moins en France…

Est-ce qu'il y a un contrôle du Parlement français sur les opérations militaires menées en Afrique ?

Théoriquement, depuis la modification constitutionnelle opérée à l'été 2008, il y a un droit de regard du parlement sur les opérations extérieures, mais un droit extrêmement limité. Les députés ont le droit d'être informé d'une opération extérieure dans les 3 jours après son déclenchement, ils restent donc mis devant le fait accompli. Le parlement ne possède un pouvoir de contrôle que sur les opérations lourdes de plus de 4 mois (qui ne représentent qu'une petite partie des opérations militaires) dont il peut refuser le renouvellement. Il n'y a aucun contrôle par contre sur les opérations secret-défense spéciales et les opérations clandestines de la DGSE.

Le Tchad et la République Centrafricaine (RCA) représentent certainement aujourd'hui l'exemple le plus caricatural de l'ingérence militaire française dans certaines régions d'Afrique. Vous consacrez d'ailleurs une place importante dans votre livre à ces deux terrains d'intervention.

 En 2006, en RCA, la France a monté une opération du même type que Kolwezi (sauvetage du régime de Mobutu grâce à l'intervention des parachutistes français) : l'armée française a largué des parachutistes pour reconquérir Birao, dans l'ignorance totale de la population française mais aussi des parlementaires. Cette opération a sauvé le régime du président centrafricain Bozizé. Ce type d'opération reste aujourd'hui tout à fait possible. Plus récemment, lors de la dernière offensive sérieuse des rebelles sur la capitale tchadienne, il y a eu une intervention officielle de l'armée française sous prétexte de sécuriser ses ressortissants. Cette opération a permis de sécuriser l'aéroport d'où ont pu décoller les mercenaires d'Idriss Deby… D'après le journal La Croix, la "sécurisation" de l'aéroport de N'Djamena s'est accompagnée aussi d'une intervention militaire des forces spéciales françaises qui ont pris directement part aux combats contre les rebelles : une opération clandestine qui n'est toujours pas reconnue par les autorités françaises...

Dans son dernier rapport sur la Centrafrique, Human Rights Watch est très critique par rapport aux dernières interventions de l'armée française en RCA.

Dans le rapport qu'elle a publié en 2007, l'ONG a pointé un certain nombre de choses : elle a détaillé la politique de terre brûlée menée par l'armée centrafricaine à l'égard des populations du Nord, des populations accusées de soutenir les mouvements rebelles. Là aussi, on retrouve les techniques coloniales françaises : il s'agit de terroriser les populations afin de priver de leur soutien les mouvements rebelles. Les exactions les plus graves ont été commises dans le sillage direct des interventions militaires françaises. Après la reprise de Birao par l'armée française, cette ville a été ravagée par les forces centrafricaines. A l'époque, dans les journaux, les militaires français ont fait peser la responsabilité des destructions sur les rebelles. On sait depuis qu'il s'agissait d'une tentative de dissimulation qui relève de la complicité de crime de guerre. Il y a également dans le rapport de HRW des photos qui interrogent : on voit des officiers français à proximité directe de l'OCRB (Office Central de Répression du Banditisme), une sorte de milice qui se livre à des exécutions sommaires.

Vu la nature de ses interventions en Afrique, la France est-elle vraiment en mesure de commémorer le cinquantenaire des "indépendances" africaines ?

On sent qu'il y a un gros malaise au niveau de la commémoration de ce cinquantenaire. Ce malaise n'est pas étranger au fait que toutes les interventions orales de Nicolas Sarkozy sur la question de l'Afrique affirment une volonté de rupture avec les pratiques de ses prédécesseurs. Mais en dehors des discours, de rupture on n'en voit pas : c'est toujours le règne des pressions diverses, des émissaires occultes, des accords secrets, des opérations clandestines. On va avoir en guise de célébration des choses assez caricaturales : un défilé du 14 juillet où, sous couvert de rendre hommage aux tirailleurs africains, on va inviter des armées comme celles du Cameroun ou du Congo connues pour leurs exactions envers les populations. La véritable décolonisation et la célébration de cette décolonisation restent à faire...

 

1. Que fait l'armée française en Afrique ? Editions Agone, oct. 2009.

2. cf. Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994), Gabriel Périès et David Servenay, Editions La Découverte, 2007.

3. Cameroun, Autopsie d'une indépendance, réalisation Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf, durée 52', production : France 5 / Program 33, 2007.

Quelques références :

En Centrafrique, stratégie française et enjeux régionaux

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/02/MUNIE/15569

État d'anarchie (rapport Human Rights Watch sur la RCA)

Rébellions et exactions contre la population civile

http://www.hrw.org/fr/reports/2007/09/13/tat-d-anarchie

Cameroun : retour sur une décolonisation sanglante

http://www.afriscope.fr/spip.php?article182

Où est le "centre" de l'Afrique ?

http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=7250

Marchés militaires et économie de la prédation, des pays du lac Tchad et du Soudan occidental au Golfe de Guinée. http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=4394

Cinquante ans de décolonisation africaine

http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=9139

 

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 14:42

 

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Lundi 31 mai de 18h10 à 19h (heure de Paris) sur AFRICA N°1

Le Grand débat est une émission lancée dans le cadre du cinquantenaire des indépendances. Le thème est "Qu'a fait la République centrafricaine de son indépendance ?". Après un rapide bilan de ces cinquante dernières années, il sera surtout évoqué la situation actuelle et les pistes pour sortir de l'impasse.

Avec M. Prosper N’douba, ancien Porte parole à la Présidence centrafricaine, Directeur de Publication de Centrafrique-Presse  M. Saturnin Ndombi du Fodem France et par téléphone, depuis Bangui Martin Ziguélé ancien Premier Ministre et Président du MLPC et candidat à l'élection présidentielle.

L'émission est présentée par Francis Laloupo.

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 14:32

 

 

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 1990 : l'utopie de la démocratie dans les ex-colonies

 

En 1990, à la Baule, François Mitterrand lie démocratie et développement devant les chefs d'Etats africains. Mais pour les anciennes colonies françaises, la partie est loin d'être gagnée.

 

"Il nous faut parler de démocratie", lance le président français François Mitterrand lors du 16e sommet France-Afrique de la Baule, en juin 1990. A cette date, le sujet n'est pourtant pas nouveau. La bataille pour l'indépendance était déjà justifiée par l'absence de démocratie. En 1960, lorsque quatorze colonies s'affranchissent du joug de la France , une nouvelle ère d'espoir semble s'ouvrir. Très vite pourtant, l'enthousiasme retombe.

 

Le parti unique, prôné par les nouveaux chefs d'Etats africains, devient la norme. Le système évitant, selon eux, les luttes ethniques et tribales.

Les révisions constitutionnelles sont en outre l'occasion, pour les chefs d'Etats, de renforcer leur pouvoir personnel.

Au Sénégal, le président Léopold Sedar Senghor fait emprisonner son Premier ministre pour tentative de coup d'Etat. Par référendum, la Constitution est modifiée en 1963. Le régime présidentiel est instauré et le poste de Premier ministre supprimé.

En Côte d'Ivoire, Félix Houphouët fait rédiger une nouvelle Constitution qui établit un exécutif puissant. Les députés sont désignés directement par lui.

En Centrafrique, Jean-Bedel Bokassa va même jusqu'à s'autoproclamer "empereur". Philippe Hugon, directeur de recherche à l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), voit dans la toute puissance de ces chefs d'Etats "une réinterprétation du pouvoir africain qui appartient à une seule personne, un ancien, qui le garde jusqu'à sa disparition". 

 

Prime à la démocratisation

 

A la fin des années 80, la situation économique et sociale de bon nombre d'Etats africains est dégradée.

 Ce qui conduit François Mitterrand à lier, dans son discours de 1990, démocratie et développement. La France, par la voix de son président, annonce que "l'aide sera plus tiède envers ceux qui se comporteraient de façon autoritaire, et plus enthousiaste envers ceux qui franchiront, avec courage, ce pas vers la démocratisation".

 

François Mitterrand se fait le chantre du multipartisme. "C'est le chemin de la liberté sur lequel vous avancerez en même temps que vous avancerez sur le chemin du développement. On pourrait d'ailleurs inverser la formule : c'est en prenant la route du développement que vous serez engagés sur la route de la démocratie", déclare-t-il.

 

Les anciennes colonies semblent alors s'engager pour une meilleure gouvernance.

Un scrutin libre se tient au Mali. En République centrafricaine, les premières élections multipartites se déroulent en 1993 et Ange-Félix Patassé est élu président de la République, mettant fin au long règne d'André Kolingba. La même année, un régime parlementaire est instauré à Madagascar.

 

Les différents partis politiques se réunissent lors de conférences nationales au Bénin, au Congo-Brazzaville et au Niger. Pourtant, la multiplicité des partis politiques ne fait pas tout. "Le multipartisme n'est pas forcément un mieux démocratique quand il est basé sur des corporatismes", souligne Philippe Hugon.

 

 Entre crises et guerre civile

 

Après ce bref sursaut démocratique, les Etats s'enfoncent dans l'instabilité et la violence. Le Congo-Brazzaville tente bien de renouer avec le multipartisme, et une nouvelle Constitution est adoptée après un soulèvement en 1990. Mais trois guerres civiles successives ravagent le pays (1993,1997 et 1998-1999). Au départ, les partisans du président Pascal Lissouba et ceux du maire de la capitale, Bernard Kolela, s'affrontent. Ensuite, les deux groupes s'allient contre les partisans de l'ancien président Denis Sassou-Nguesso. Celui-ci gagne la guerre civile. Son adversaire, le président démocratiquement élu, Pascal Lissouba, fuit le pays.

 

En 1999, la Côte d'Ivoire entre elle aussi en crise. Le 24 décembre, le général Gueï arrive au pouvoir après un coup d'Etat. Une révolte armée s'en suit en septembre 2002. Des soldats du Burkina Faso tentent de s'emparer des villes d'Abidjan, Bouaké et Korhogo.

 

Les rebelles, qui se baptisent "Forces Nouvelles", occupent peu à peu le nord. Le pays est coupé en deux zones distinctes : le sud est tenu par les Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire et le nord est dirigé par les Forces Armées des Forces Nouvelles.

 En Mauritanie, le président Sidi Cheikh Abdallahi est arrêté après le coup d'État militaire du 6 août 2008, mené par le général Abdel Aziz.

 

A Madagascar, en 2009, Andry Rajoelina, maire de la capitale Antananarivo confisque le pouvoir à Marc Ravalomanana. Le pays est secoué par de violentes émeutes et manifestations.

Selon Philippe Hugon, "ces conflits s'expliquent par la non-légitimité du pouvoir en place, qui ne redistribue pas les rentes". "Les guerres civiles éclatent quand des groupes n'ont pas accès au foncier", souligne-t-il.

 

Le nombre de mandats en question

 

La remise en cause de la limitation du nombre de mandats est fréquente.

 

Au Cameroun, la Constitution de 1996 stipule que le président ne peut cumuler que deux mandats. Mais l’Assemblée nationale supprime toute limitation du nombre de mandats en 2008, permettant ainsi au président Paul Biya de se représenter en 2011.

 

Au Gabon, la Constitution est changée en 2003, laissant le champ libre au président Omar Bongo, qui a pu être réélu en 2005.

 

 Au Niger, la Constitution de 1999 limite le nombre de mandats présidentiels à deux quinquennats consécutifs et ne peut "faire l'objet d'aucune révision". Après un référendum le 4 août 2009, le président Mamadou Tandja acquiert la possibilité de prolonger son deuxième mandat de trois ans, puis de se représenter autant de fois qu’il le souhaite.

 

Au Tchad, la Constitution de 1996 est modifiée en 2005 pour supprimer la limitation du nombre de mandats. Idriss Deby se représente donc pour la troisième fois en 2006, et est réélu.

 

Au Togo, la limitation des mandats est supprimée en 2002, pour permettre à Gnassingbé Eyadama d’accomplir un troisième mandat.

 

 Transmission familiale du pouvoir

 

 

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Autre frein à la démocratie : la transmission familiale du pouvoir.

 

Après le décès en 2005 du président togolais Gnassingbé Eyadema, l’armée installe son fils Faure Gnassingbé au pouvoir. En 2009, Omar Bongo décède, après avoir dirigé pendant 42 ans le Gabon. Ali Bongo, son fils, lui succède après l'élection présidentielle du 30 août 2009. Une élection contestée.

 

Des instances tentent pourtant de réaffirmer les principes démocratiques. Les quinze pays appartenant à la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont adopté un protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance. La CEDEAO a suspendu le Niger en octobre 2009 pour punir le président Tandja, qui a maintenu des élections législatives boycottées par l'opposition. De même, l’Organisation internationale de la Francophonie a suspendu la Mauritanie, après le coup d’État du général Abdelaziz.

 

 Ces décisions restent toutefois minoritaires.

 

"Système représentatif, élections libres, multipartisme" : le "schéma tout prêt" que proposait François Mitterrand aux Africains n'a décidément pas fait école.

 

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 05:17

 

 

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Voici les informations qui ont filtré de celle du vendredi 28 mai, les désormais réunions régulières des vendredis à Sassara ou à Boali entre Bozizé et ses « tontons  macoutes » :

 

Il en ressort en effet que Bozizé est très remonté contre le président de la Commission Electorale Indépendante (CEI) le vrai faux pasteur Joseph Binguimalé à qui il reproche d'avoir signé la décision de mise en place d’un Centre national de traitement (CNT). Rattachée à la CEI, cette structure devrait prendre en charge l'informatisation des listes électorales, des cartes d’électeurs, etc, comme cela a été le cas en 2005 mais avec la différence que les logiciels viendront du PNUD et que les experts internationaux y seront étroitement associés. Le financement également viendra du Fonds de Consolidation de la Paix des  Nations Unies.

 

Informé par une fiche de Jean Bruno Vickos DG de l’ONI qui a immédiatement perçu le risque de perte de leur capacité de manipulation des résultats électoraux comme en 2005, Bozizé a évidemment perçu à son tour le danger que pourrait représenter pour lui cette structure et a refusé net le principe même de sa mise en place. Il convoque dare-dare le vrai faux pasteur pour l'engueuler, allant même jusqu’à l'accuser d" avoir vendu "  les élections. Par la suite et malgré son insistance pour le voir, Bozizé a refusé de recevoir Joseph Binguimalé.

 

Il a même promis au cours de la réunion de Sassara que dès son retour de Nice, il va  virer Binguimalé de la présidence de la CEI et changer aussi les représentants de la majorité qui y siègent, ceux-là mêmes qui ont approuvé la mise en place de cette cellule informatique en question. (Ndlr : Il est évident que s'il se confirme que Bozizé ne veut pas de cette cellule, il ouvrira de fait une grave crise qui bloquera encore pour longtemps la CEI. Il démontrera ipso facto la matérialité de ses intentions de frauder les élections qui seront ainsi avérées).

 

Les quatre jeunes informateurs qui avaient il y a quelques semaines appelé de Boali Ouéfio et Gonda pour les informer de la présence de Bozizé en personne à la réunion et qui s'étaient fait prendre par le contrôle de leurs portables, ont été transférés hier samedi 29 mai à 20 heures à la tristement célèbre prison spéciale de Bossembélé appelée « Guantanamo » par les Centrafricains.

 

Bozizé a redit à ses agents que tout doit être mis en oeuvre pour empêcher que le MLPC ne parvienne au pouvoir car il se dit convaincu qu'en cas de victoire du MLPC, ses responsables se vengeront contre lui et ses proches. Il a répété que pour lui, Ziguélé ou Patassé, c'est pareil: ils sont tous MLPC et ils chercheront à se venger contre lui et ses proches, donc il ne faut pas leur laisser le moindre espace.

 

Il a dit qu'il est convaincu, après l'enlèvement ce jeudi 27 mai de trente habitants de Sam-Ouandja par la LRA, qu'il y a un accord secret entre la LRA et l'UFDR de Zakaria Dahmane pour se partager les mines de diamant dans cette zone.  Il a chargé le tristement célèbre capitaine Eugène Ngaïkoisset alias « le boucher de Paoua », d'effectuer une mission dans la zone pour "récupérer" Zakaria Dahmane. Il devrait pour ce faire se déguiser en voyageur musulman et se rendre sur les lieux en compagnie d'un connaisseur du coin. Si cela est impossible, qu'il l'élimine physiquement. Eugène Ngaïkoisset prépare donc activement cette mission actuellement.

 

C'est suite au refus des soldats plus expérimentés du Régiment Mixte d’Intervention (RMI) et du RDOT qui ont refusé de monter sur Ndélé au motif que depuis le 15 mars 2003, à chaque date anniversaire de son putsch le 15 mars, Bozizé ne fait que donner des grades à titre exceptionnel à ses soldats ex « libérateurs » alors que les FACA n'ont droit à rien. C'est ainsi que Bozizé a décidé d'envoyer des jeunes GP inexpérimentés, presque des enfants soldats qui se sont fait littéralement tailler en pièces là-bas.

 

Bozizé  a demandé à Yves Gbeyoro, ex-Dga de l'Office Central de Répression du Banditisme (OCRB)  et de la Police, et actuel DG de l'émi-immigration, de faire reprendre du service aux 206 auxiliaires de police qui avaient été dégagés de l'*OCRB.

 

Aristide Reboas ex directeur du Bureau National de la Documentation (BND), service de renseignement de Bozizé entre temps impliqué dans des démêlés judiciaires car poursuivi en justice par le Procureur Feindiro et remis en liberté après un procès bizarre, a repris du service et s'est vu confier la surveillance du secteur PK 12 sortie Nord de la capitale où habite Bozizé et son clan.  Il reçoit ses agents de renseignement dans les locaux de l'ex-ORSTOM.

 

Les instructeurs sud-africains sont revenus en force, après leur départ en décembre dernier. Ils forment la GP à Bouar où ils se sont installés. D'autres sont à Bangui et Ndélé.

 

Firmin Feindiro le Procureur de la République est pratiquement 24h /24 avec Bozizé, et c'est lui qui est chargé de moucharder dans le milieu de la justice contre ses collègues et aussi des relations avec la Cour constitutionnelle dans le cadre de  la loi anticonstitutionnelle de prorogation de mandat qui vient d'être votée par l’Assemblée nationale.

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 03:01

 

 

drapeau françafricain

 

 

Sommet Afrique-France: 38 dirigeants africains se réunissent à Nice pour un «sommet du renouveau»

 

Par RFI lundi 31 mai 2010

France, devrait réunir 38 dirigeants africains, dont le président sud-africain Jacob Zuma, qui aura un déjeuner en tête-à-tête avec le président français Nicolas Sarkozy. Invité notable aussi : le président algérien Abdelaziz Bouteflika, ce qui selon les observateurs pourrait marquer un dégel des relations entre Alger et Paris. Par contre, on sait depuis longtemps que le président ivoirien Laurent Gbagbo ne viendra pas. Cette rencontre est annoncée comme celle du « renouveau ».et sera axée sur l'économie, avec une série de rendez-vous entre entreprises françaises et africaines.


Avec notre envoyé spécial à Nice,
Jean-Karim Fall

Sur la promenade des anglais, les touristes côtoient des dizaines de policiers en tenue ou en civil. Des panneaux électroniques indiquent aux Niçois que la circulation sera perturbée. Dans les palaces, le ballet des limousines est incessant. Les délégations commencent à arriver. 33 chefs d’Etat et cinq Premiers ministres sont attendus.

Pendant 24 heures, entre lundi midi et mardi midi, les participants vont plancher, lors de trois réunions à huis clos, sur les sujets suivants :

- La place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale, en clair le rôle et la place de l’Afrique au sein du Conseil de sécurité des Nations unies.

- Le renforcement de la paix et de la sécurité sur le continent. On évoquera, lors de ce huis clos, les questions relatives aux menaces transnationales, le trafic de drogue, le terrorisme dans la bande sahélo saharienne, et la piraterie.

- Climat et développement. Dans la foulée de Copenhague, les Français et les Africains souhaitent préparer ensemble le prochain sommet à Cancun, au Mexique.

Un mini-sommet sur les grands lacs était initialement prévu. Il n’aura pas lieu en raison de l’absence du président Kabila. « C’est embêtant », affirme-t-on côté Français.

Abdelaziz Bouteflika est attendu. C’est un évènement car les relations entre Paris et Alger ne sont pas au beau fixe actuellement.

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Le 25ème sommet Afrique-France s’ouvrira demain à Nice paix, sécurité, climat et développement au cœur des discussions

(La Tribune d'Algérie 29/05/2010)

C’est demain que s’ouvrira à Nice le 25e sommet Afrique-France, en présence d’une quarantaine de chefs d’Etat, dont Abdelaziz Bouteflika, le premier président algérien à avoir participé, en 2001, à Yaoundé (Cameroun), à cet important rendez-vous entre l’ancienne puissance coloniale et le continent noir. Prévu initialement en février dernier à Charm El Cheikh, en Egypte, ce sommet a été reporté et transféré à Nice en accord avec le pays hôte, Paris ayant refusé la présence, souhaitée par Le Caire, du président soudanais Omar El Béchir, sous le coup d’un mandat d’arrêt international.

 Accusé de graves atteintes aux droits de l’Homme dans son pays, le président zimbabwéen Robert Mugabe ne sera pas aussi présent à cette rencontre. Son homologue ivoirien, Laurent Gbagbo, a désigné Laurent Dona Fologo, président du Conseil économique et social, pour le représenter, estimant que la situation politique qui prévaut dans son pays ne lui permet pas de quitter le territoire national.

La réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, la participation active de l’Afrique aux travaux du G8 et du G20, la lutte contre le terrorisme transnational, le changement climatique et la pauvreté, ainsi que le développement économique et la sécurité alimentaire sont autant de questions que le sommet de Nice aura à aborder pendant deux jours. Pour la première fois, le sommet Afrique-France verra la participation de 150 entreprises africaines et 80 des plus importantes entreprises françaises, en plus des représentants de plusieurs syndicats des deux côtés.

Les ministres chargés du secteur de l’économie devront discuter des moyens à engager pour faciliter aux petites et moyennes entreprises (PME) africaines un meilleur accès aux financements qui les aideront à se développer, afin de leur permettre d’améliorer leur rendement et avoir la place espérée sur le marché mondial. Le volet de la formation professionnelle au sein des PME africaines ne peut donc être ignoré par les participants au sommet de Nice qui doit déboucher sur des propositions concrètes. Concurrencée par les Etats-Unis, l’Australie et surtout la Chine, la France, qui a beaucoup perdu de son influence en Afrique, devra désormais se conformer à la logique du gagnant-gagnant. A la veille du sommet de Nice, la France a décidé de revaloriser les pensions des anciens combattants issus de ses anciennes colonies africaines, qu’ils aient ou non la nationalité française. Le gouvernement français avait annoncé fin 2006 que les 84 000 anciens combattants de 23 nationalités verraient le montant de leurs pensions, gelé après l’indépendance des ex-colonies, aligné sur celles de leurs frères d’armes français.

A noter que 52 Etats africains ont été invités à participer au sommet, ainsi que les représentants de l’Union européenne, de l’Organisation internationale de la francophonie, de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, de la Commission de l’Union africaine et de la Banque mondiale.

 
Par Lyes Menacer

© Copyright La Tribune d'Algérie

 

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 02:20

 

 

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L’Observateur Paalga 30 Mai 2010

Scissiparité de l'UFC à l'horizon

C'est pratiquement un tsunami politique qui a secoué le Togo ce 27 mai 2010 lorsque Gilchrist Olympio, le leader historique de l'opposition, a décidé via 7 de ses collaborateurs de participer au gouvernement de "cohabitation" du président Faure Gnassingbé, le fils de "son ennemi de 40 ans".

L'événement aurait eu moins de relief si l'entrée dans ce gouvernement n'avait concerné que de seconds couteaux de l'Union des Forces du changement (UFC). Mais son fondateur en personne avec 7 de ses affidés regroupés au sein des Amis de Gilchrist Olympio (AGO), c'est un peu fort de café !

Gilchrist Olympio n'est pas n'importe qui au Togo, puisque bien qu'il soit le fils du premier président du pays, il ne s'en est pas contenté et s'est forgé un prénom, jusqu'à incarner, à lui tout seul, l'icône de l'opposition au Togo. Lorsqu'il vint au monde le 26 décembre 1936, Gilchrist avait déjà un avenir tout tracé : brillantes études au Hamilton College à New York, doctorat à l'université d'Oxford à Londres ; une carrière tout aussi réussie : économiste au secrétariat général des Nations unies à New York, premier Africain francophone au FMI et, enfin, chef de multiples entreprises industrielles.

Mais c'est véritablement dans la politique que l'intéressé excella : en 1967, il créa à l'étranger le Mouvement togolais pour la démocratie (MTD), qui s'opposa au régime de Gnassingbé Eyadéma. Rentré au pays le 7 juillet 1991, après un quart de siècle d'exil, il porta sur les fonts baptismaux l'UFC en février 1992. Suivront, après, une série de déconvenues électorales :

1993 : écarté de la présidentielle pour cause de certificat médical non conforme, signé par des médecins français au lieu de togolais ;

1998 : interdiction de faire campagne au Nord, présidentielle qu'il remporta, du reste, mais qui fut interrompue par Eyadéma, qui se proclama vainqueur ;

2005 : empêchement de nouveau pour cause de non- résidence, mais "Gil" réussit à présenter son compagnon d'études Bob Akitani ;

2010 : impossibilité d'aller à la course à la présidentielle pour cause de maladie.

Pourquoi alors, après tant de combats qui se poursuivent d'ailleurs après la présidentielle du 4 mars 2010, le "miraculé de Sondou" a-t-il décidé ce 27 mai de rejoindre avec armes et bagages le régime du RPT ? Plusieurs lectures sont tirées de ce sabordage qui ne dit pas son nom : 1) Participe-t-il à ce gouvernement pour des raisons financières ? C'est une raison trop sommaire, même si ses activités industrielles ne sont pas actuellement au top, il ne sera pas le premier à manger la vache enragée en cas de coup dur.

Déçu de ses militants qui l'ont caillassé le 17 avril 2010, lors d'un meeting de contestation des résultats de la présidentielle ? L'argument ne vole pas haut.

A-t-il toujours l'adoubement de Jean-Pierre Fabre au travers de la gorge ? Cet argument est le plus brandi, car le pygmalion du SG de l'UFC a visiblement mal digéré le choix de Fabre comme candidat à la présidentielle sans son feu vert à lui, à tout le moins son feu orange.

Il y a enfin une autre raison : au soir de sa carrière politique, "Gil" veut aussi exercer un tant soit peu la réalité du pouvoir, qu'un écart abyssal sépare souvent de l'opposition de tous les jours. Ce qui est légitime aussi, car combien sont-ils, ceux qui vouent Gilchrist aux gémonies, qui sont capables de son endurance, de ses sacrifices ?

On entend certains couiner qu'il a "trahi", mais la politique n'est-elle pas aussi l'art du compromis, même si quelquefois, entre ce consensus et la compromission, la ligne de démarcation n'est pas très nette ? Des raisons qui ne constituent pas une excuse absolutoire pour ce vétéran de la politique togolaise qui a tardé à passer la main à la génération montante.

Jean-Pierre Fabre a toujours été aux côtés de son mentor mais, n'eût été le mal de dos de ce dernier, le "Obama" togolais n'aurait pas été choisi comme le champion du FRAC. A tarder trop à s'éclipser avant que les choses ne l'éclipsent, "le fondateur de l'UFC" a fait du tort à son parti et le schisme qui en a résulté augure, au mieux, un avenir de plus en plus hypothétique pour l'UFC ; au pire, sa disparition. Car on voit mal comment une UFC bicéphale pourrait survivre longtemps dans un Togo où le vote est une question de donne personnelle.

A présent, c'est véritablement le chef de l'Etat Faure Gnassingbé qui boit du petit lait. Il engrange une victoire, car c'est sa politique de la main tendue qui commence à prendre corps. Certes, ceux qui se sont embarqués dans cette aventure avec le RPT peuvent, un jour, le payer cash. Me Yawovi Agboyibo est bien avisé pour le savoir. Mais c'est cela aussi, la politique.

 

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 17:04

 

 

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dimanche 30 mai 2010

Le président de l’Assemblée nationale de la République centrafricaine, Célestin Leroy Gaombalet, a invité samedi la Commission électorale indépendante (CEI) à "proposer un chronogramme aussi précis que possible pour permettre au peuple centrafricain de se faire une idée de la durée de la prolongation du mandat du Président de la République et des députés".

"Je voudrais lancer le même appel aux différents responsables du programme de Désarmement, démobilisation et réinsertion des ex- combattants (DDR)", a-t-il déclaré à l’occasion de la clôture de la première session ordinaire 2010 de l’Assemblée nationale à Bangui.

Pour ce dernier, "il faut en effet éviter de donner consistance à la rumeur selon laquelle le Président François Bozizé aurait renvoyé les élections aux calendes grecs pour s’éterniser au pouvoir", dit-il.

Le président de l’Assemblée nationale a indiqué que le sujet phare de la session est sans conteste le projet de loi constitutionnelle qui autorise François Bozizé, dont le mandat arrive à terme le 11 juin prochain, à rester en poste jusqu’aux prochaines élections.

Pour lui, à partir du moment cette loi a été adoptée par l’Assemblée nationale et validé par la Cour Constitutionnelle, les polémiques n’ont plus aucune raison d’être. "Il nous faut désormais nous atteler à la préparation des consultations électorales afin qu’elles aient lieu dans un meilleur délai", a-t-il ajouté.

A la demande de la CEI qui souligne le manque de financement et l’insécurité à cause des mouvements rebelles à l’intérieur du pays, les élections présidentielles et législatives ont été reportées sine die après avoir été convoquées pour le 23 avril puis le 16 mai 2010.

Par l’Agence de Presse Xinhua

 

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