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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 13:03
POURQUOI INSULTENT-ILS L’AFRIQUE ? par David Koulayom Masseyo

 

 

 

 

 

    Avez-vous remarqué que quand un président français ne sait pas quoi dire, ne domine pas bien un sujet ou s’ennuie tout bêtement, il se met invariablement à insulter l’Afrique ? Cette Afrique-serpillère, cette Afrique devenue une variable d’ajustement des carences intellectuelles élyséennes regimbe, se cabre et dit non aujourd’hui . La mauvaise foi, les données démographiques approximatives, les coups de menton, la reprise automatique des théories de la fachosphère à la mode etc …n’ont jamais fondé une base politique solide , ni servi de bons ingrédients pour un bon discours .

 

    De plus, il n’est pas interdit de réviser ses classiques, une fois parvenu à l’Elysée, que l’on soit hyper-président ou président jupitérien car la culture est une affaire personnelle .

 

     Enfin, c’est à l’Afrique régulièrement et systématiquement insultée de répondre à ces gens infatués qui font le tour de leurs nombrils à bicyclette tandis que le monde se mondialise .

 

 

Un fâcheux précédent

 

    Hier, c’était l’hyper-président Sarkozy qui, dans un délire digne d’un illettré, lisait à l’Université Cheikh Anta Diop devant un parterre des professeurs et de dignitaires sénégalais  un discours rédigé par son conseiller autodidacte Guaino, reprenant la thèse hegelienne d’une Afrique a-historique . Hegel avait plus d’excuses que Guaino et son patron ! Les Sénégalais n’ont rien dit car ils ont eu pitié pour l’indigence de leur invité .

 

    Aujourd’hui, c’est Emmanuel Macron le Président « jupitérien » qui passe allègrement de ses blagues douteuses sur les kwassa-kwassa comoriens à la grosse artillerie en fustigeant pêle-mêle une Afrique plombée par sa forte natalité, ses hommes politiques corrompus, ses filières de trafic en tous genres…N’en jetez plus Monsieur le Président ! La question du journaliste ivoirien était simple : un plan Marshall est-il envisageable au niveau du G20 pour l’Afrique ?  Que vient faire la civilisation dans votre réponse à l’emporte-pièce ? Que sous-entendez-vous par là ? Si jeune et si vieux jeu déjà ? Vous pouvez continuer sur la lignée de vos prédécesseurs à asphyxier tranquillement l’Afrique, mais de grâce, ne l’insultez pas . Le visage que vous nous avez dévoilé ce jour n’est pas agréable à voir . Vous êtes le créateur d’un parti qui s’intitule La République En Marche et vous voyez un continent de plus de cinquante états en Arrêt . Drôle de raisonnement de la part d’un homme qu’on prétend si doué, si intelligent…,Ah,  j’oubliais, puisque les références sont romaines, à Rome la roche tarpéienne est proche du Capitole .

 

    Combien de temps durera l’euphorie des cimes ?

 

       2 . Un électorat et un continent bafoués

 

    Le général De Gaulle lui-même disait que la France n’avait pas d’amis mais des intérêts à défendre . Cette théorie valait surtout pour l’Afrique où ELF par exemple a vu le jour pour une mainmise complète sur les hydrocarbures au profit exclusif de la France . Cela a capoté avec l’Algérie mais a fonctionné merveilleusement avec les rois nègres !

 

    Les indépendances bâclées de l’espace francophone africain résultent de la même théorie avilissante et paternaliste .

 

    Chaque Africain est libre de prendre sa plume et de vous répondre sur tel ou tel aspect de votre ahurissante intervention . Chaque pays peut le faire également, mais une vigoureuse réaction est espérée de l’Union africaine qui se grandirait au moins une fois !

 

     On ose espérer que par votre réaction puérile, vous avez déçu tous ceux qui ont l’Afrique au cœur, les jeunes et tous ces naïfs qui ont cru en vous . Merci donc au journaliste ivoirien qui vous a révélé au grand jour . Il a fait du bon boulot journalistique .

 

 

      3 . Quelles solutions ?

 

    Elles sont nombreuses et variées et chaque peuple africain a son génie propre . J’en propose quatre au hasard :

 

-cesser définitivement et officiellement les sommets franco-africains qui voient les chefs d’Etat africains venir s’aligner en rangs d’oignons derrière leur « homologue » français dans une cérémonie d’allégeance aussi surannée que désuète . Comment faire maintenant que vous les avez traités de corrompus et d’ incapables ?

-arrêter de soutenir ces hommes et femmes corrompus qui ne sont là que pour protéger les intérêts français au détriment de ceux du peuple .

 

-L’Afrique francophone doit sortir également de la zone euro où elle sert de béquille à une  France si peu reconnaissante . L’indépendance politique sans l’indépendance monétaire est unijambiste : elle ne peut pas bien marcher !  

-enfin, les pays africains doivent réfléchir sérieusement à la solution rwandaise pos-génocide : c’est en tournant résolument le dos à la France que le Rwanda a amorcé un réel développement national .  

 

    En contrepartie, le continent africain cessera de tendre la main à la France  car «la main qui donne, ordonne » .  Couper le cordon avec la France, se tourner vers d’autres partenaires, s’appuyer sur ses matières premières pour rebondir sont des défis dignes du continent africain au lieu de ce face à face sclérosant et stérile avec la France . Aucun peuple ne mérite d’être insulté et humilié en permanence, à plus forte raison un continent entier !

 

      De fait, en se « lâchant » ainsi, les Présidents français se définissent davantage qu’ils ne définissent l’Afrique et les Africains : ils étalent leur inculture historique, leur absence de tact diplomatique et leur manque de respect pour un continent qui leur fait peur . Aux Africains eux-mêmes d’en tirer les conclusions dans une mondialisation où ils sont appelés à jouer un rôle prépondérant 

 

                         Le 20 juillet 2017

 

                          David KOULAYOM-MASSEYO .    

 

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 12:52
La CEEAC appelle l'UA à nommer un facilitateur pour stabiliser la RCA

 

 

 

 

LIBREVILLE, (Xinhua) 21/07/17-- Les experts des onze pays membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), au terme d'une concertation jeudi à Libreville, ont exigé de l'Union africaine (UA) la nomination d'un facilitateur pour favoriser la paix et la réconciliation en République centrafricaine (RCA).

 

Les assises de Libreville regroupaient une cinquantaine de hauts fonctionnaires civils et des officiers supérieurs de l'armée, de la police et de la gendarmerie des pays membres.

 

Les participants ont demandé à l'UA de nommer un facilitateur afin de mettre en application une feuille de route spécifique, constituant désormais l'unique référence pour la promotion de la paix et la réconciliation en RCA.

 

Cette feuille de route, qui sera bientôt soumise aux parties invitées à la négociation, souligne tout particulièrement l'importance du respect de l'unité et de l'intégrité de la RCA, de ses institutions démocratiques et de l'appropriation de son processus politique de paix et de réconciliation.

 

Les participants ont unanimement exprimé leur ferme engagement et leur solidarité avec le gouvernement centrafricain et l'ensemble des acteurs politiques du pays pour le rétablissement d'une paix définitive dans l'inclusion, la réconciliation et la cohésion nationale, conformément au droit, à la justice et aux valeurs africaines.

 

Depuis décembre 2013, la République centrafricaine, un pays déjà exsangue, traverse une crise politique majeure, dont les conséquences en termes de déplacements et de violence sont considérables pour la population.

 

En mai 2017, on estimait qu'il y avait plus de 425.000 déplacés en RCA. A cela s'ajoutent les 483.000 réfugiés ayant fui vers les pays limitrophes, principalement au Cameroun, au Tchad et en République démocratique du Congo (RDC).

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 17:41
Paix en Centrafrique: l’Afrique s’implique un peu plus à Libreville
Paix en Centrafrique: l’Afrique s’implique un peu plus à Libreville

 

 

Paix en Centrafrique: l’Afrique s’implique un peu plus à Libreville

https://africtelegraph.com  Mballa 20 juillet 2017

 

Une feuille de route a été fixée le 17 juillet à Libreville au Gabon par l’Union Africaine, la communauté économique des États de l’Afrique Centrale et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

 

Après l’accord de Sant’Egidio, c’est l’Afrique qui entre dans la danse. Le continent souhaite un retour de la paix et la stabilité en Centrafrique. A cet effet, l’Union Africaine est accompagnée dans cette mission par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), ainsi que les gouvernements du Tchad, de l’Angola, du Gabon, du Congo et de la RCA qui ont signé une feuille de route pour la paix et la réconciliation en Centrafrique.

 

Déjà la feuille de route prend en compte les acquis de l’accord de paix de Sant’Egidio. Il a été signé le 19 juin à Rome en Italie. Elle prend également en compte l’initiative de paix rédigée fin mai par les parlementaires centrafricains. Ainsi que les conclusions du forum de Bangui de 2015. Cependant, toute idée d’amnistie est écartée par cette feuille de route. Un véritable soulagement pour les observateurs centrafricains qui redoutaient l’abandon des charges contre certains chefs rebelles impliqués dans des tueries. Car faut-il le reconnaître, l’impunité en Centrafrique est une source de tension et un catalyseur de crise. Elle n’a jamais été une solution durable aux crises récurrentes en Centrafrique. C’est la raison pour laquelle le chef de la diplomatie centrafricaine, Charles Doubane a indiqué « qu’une amnistie générale n’est pas envisageable. »

 

« L’opinion selon le ministre des affaires étrangères centrafricaine est contre l’amnistie tout comme le parlement. Les auteurs des crimes doivent en répondre. Le mécanisme judiciaire a déjà été mis en marche à cet effet notamment avec la création de la cour pénale spéciale (Cps) et une éventuelle cour pénale spéciale opérationnelle envisagée (Cpso) par l’Onu. »

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 17:34
940 millions décaissés pour la RCA depuis la table ronde de Bruxelles

 

 

940 millions décaissés pour la RCA depuis la table ronde de Bruxelles

 

APA-Bangui (Centrafrique) – jui 20, 2017 à 15:59  - Les bailleurs de fonds, suite à leurs promesses faites à Bruxelles en 2016, ont déjà décaissé une enveloppe de près de 940 millions de FCFA en faveur de la République Centrafricaine, indique le rapport à mi-parcours de l’avancement du plan de relèvement et de consolidation de la paix, présenté jeudi à Bangui par le ministre centrafricain de l’Economie.

 

Selon Félix Moloua, grâce à cet argent, le gouvernement a pu favoriser l’amélioration de certaines situations humanitaires.

 

Les membres du secrétariat permanent du Plan national de relèvement et de consolidation de la paix pour la République Centrafricaine (RCPA) qui étaient réunis en présence du chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra et en présence des diplomates accrédités en RCA, ont entre autres points examiné des projets devant être lancés à Bambari, une localité du centre de la RCA dévastée par les violences.

 

Les bailleurs de fonds de la RCA s’étaient réunis à Bruxelles le 17 novembre dernier pour mobiliser des ressources en vue de financer le plan de relèvement et de consolidation de la paix en Centrafrique à hauteur de 1600 milliards de FCFA.

 

L'inquiétude gagne actuellement le pays à cause de la faible mobilisation de ce fonds compte tenu des violences qui se poursuivent et détournent ainsi les investisseurs de la RCA.

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 16:48
Lu pour vous : Paix en Centrafrique, l’impuissance de la communauté internationale

 

 

 

 

http://www.la-croix.com  Laurent Larcher, le 20/07/2017 à 15h37

 

L’Union africaine et l’ONU multiplient les déclarations en faveur de la paix et de la sécurité en Centrafrique.

Mais sur le terrain, les violences se poursuivent.

 

La Centrafrique ne manque pas d’amis. Mais sont-ils efficaces ? Cette semaine, pas moins de deux grandes institutions se sont encore penchées sur elle pour promouvoir paix et la sécurité.

 

Une nouvelle feuille de route

 

Lundi 17 juillet à Libreville, l’Union africaine a promulgué une nouvelle feuille de route pour restaurer la paix en Centrafrique. Au programme, la décentralisation, le désarmement, la justice transitionnelle ou le statut des anciens chefs d’État. Signée à la fois par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), les gouvernements du Tchad, de l’Angola, du Gabon et du Congo, cette démarche s’ajoute à bien d’autres.

 

Le 19 juin, la communauté Sant’Egidio avait annoncé, à Rome, être parvenue à un accord de paix entre les groupes armés. Mais dès le lendemain, de violents combats éclataient à Bria (Haute-Kotto, dans l’est de la RCA), faisant près d’une centaine de morts en trois jours. Sans compter les heurts et les divisions violentes qui frappent le sud-est du pays.

 

Un mois après l’accord de Rome, 12 des 16 provinces de la RCA sont toujours sous la coupe réglée des groupes armés. Abdou Karim Meckassoua, le président de l’Assemblée nationale, avait aussi présenté un texte censé aider le pays à trouver la paix : « Initiative parlementaire pour l’adoption d’un plan de paix. » Mais le conflit personnel qui l’oppose au président de la République Faustin-Archange Touadéra n’est pas de nature à promouvoir la paix dans le pays. Samedi 15 juillet, le camp présidentiel a même accusé le président de l’Assemblée nationale de préparer un coup d’État. On se souvient également des résolutions prises au forum de Bangui de 2015. Un forum présenté comme celui de la réconciliation et de la paix retrouvée.

 

Impuissance de l’ONU

 

Chargés de défendre les civiles, les 13 000 Casques bleus déployés en Centrafrique (Minusca) échouent à assurer la sécurité des habitants. La confiance en la Minusca est quasi nulle dans la population. Seul le contingent portugais a fait la preuve de son efficacité comme en témoignent ses actions à Bambari, ce printemps, et à Bangassou, au mois de mai.

 

Mardi 18 juillet, Stephen O’Brien, chef des affaires humanitaires de l’ONU, a lancé un appel à la communauté internationale afin qu’elle maintienne son soutien à la RCA, déplorant que son « Plan de réponse humanitaire » ne soit financé qu’à hauteur de 24 %.

 

« Chacun d’entre nous doit faire plus pour transformer les mots et les bonnes intentions en actions concrètes dont les Centrafricains ont le plus besoin », a-t-il constaté.

 

Attaque de la paroisse Saint Louis à Bria

 

Le soir même de la déclaration de Stephen O’Brien, le site des déplacés de la paroisse catholique Saint-Louis de Bria, a été pillé par des hommes armés. Le site n’est pas protégé par la Minusca en dépit de la demande répétée de l’Église catholique.

 

Laurent Larcher

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 14:46
Nigeria: la justice confisque une luxueuse propriété à l'ex-ministre du Pétrole

 

 

 

 

 

Lagos - AFP / 20 juillet 2017 14h22 - La justice nigériane a ordonné la confiscation à titre provisoire d'une propriété appartenant à l'ex-ministre du Pétrole d'une valeur de 37,5 millions de dollars, que les juges soupçonnent de provenir de détournement de fonds publics.


La décision de la Haute Cour fédérale de Lagos, rendue mercredi soir, concerne un immeuble d'appartements appartenant à Diezani Alison-Madueke sur Banana Island, dans l'un des plus chics quartiers de la ville.


Banana Island est zone résidentielle ultra-sécurisée où vivent surtout des hommes d'affaires richissimes, des dirigeants politiques et des célébrités.


L'immeuble sera saisi avec 2,7 millions de dollars (23 millions d'euros) et plus de 84 millions de nairas (232.000 euros), suite à une requête de l'agence anti-corruption, la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC).


Ce procès fait partie d'une série d'affaires portées devant la justice par l'EFCC et impliquant Mme Alison-Madueke, qui a été ministre du pétrole sous l'ancien président Goodluck Jonathan de 2010 à 2015 et présidente de l'OPEP.


Elle est actuellement en liberté sous caution à Londres après avoir été arrêtée dans le cadre d'une enquête britannique sur un vaste scandale de corruption internationale et de blanchiment d'argent.


Son nom a également été cité dans une plainte pour corruption visant deux hommes d'affaires nigérians aux Etats-Unis et dans une enquête en Italie concernant un contrat pétrolier de 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros) avec les majors ENI et Shell.


Le président Muhammadu Buhari a été élu en 2015 sur la promesse de lutter contre la corruption endémique et l'impunité qui minent le Nigeria, mais peu d'affaires ont abouti devant les tribunaux depuis deux ans.



(©)

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 12:29

 

 

 

Oxfam appelle à l’amélioration de la protection des civils, à l'accès humanitaire et à une attention accrue en faveur de la crise en République Centrafricaine

 

Bangui, le 18 Juillet 2017, Oxfam, présente en République centrafricaine depuis 2014, exprime son inquiétude face à la recrudescence des incidents auxquelles font face les acteurs humanitaires et leurs incidences sur l’aide vitale aux populations affectées par les multiples crises qui secouent le pays.

 

Oxfam est extrêmement préoccupée par l'intensification récente des combats entre groupes armés et ainsi que la multiplication des hots spots en mai 2017, particulièrement dans l´est du pays. Ce qui a conduit à un déplacement sans précédent de populations1, a amplifié les restrictions d'accès humanitaire et entraîné une augmentation significative des besoins humanitaires des populations à travers le pays.

 

1 Depuis 2013 (100 000 nouveaux déplacés pour le seul mois de Mai selon OCHA)

 

« Nous exhortons toutes les forces en présence, à prendre toutes les précautions possibles pour s'assurer que les opérations militaires ne causent plus de préjudice aux populations civiles déjà en détresse, en particulier les femmes et les enfants. » a déclaré, Francis Ntessani, Directeur Pays d’Oxfam en République centrafricaine.

 

La flambée de violence qui a caractérisé le premier trimestre de l’année 2017 en République centrafricaine continue malheureusement d’affecter les populations civiles et directement les acteurs humanitaires. Plus de 457 incidents sur les acteurs humanitaires ont été enregistrés à l’échelle nationale depuis le début de l’année 2017. Ce chiffre place la Centrafrique parmi les pays à haut risque pour le travail humanitaire.

 

L’action humanitaire souffre d’un sous-financement chronique. La situation se détériore de plus en plus, le nombre des personnes déplacées a connue une augmentation de 6%, passant de 503 600 en mai à 534 000 personnes en juin 2017, alors que le Plan de Réponse Humanitaire de 497 millions de dollars américains n’a reçu que 24% de financement soit $97.8 million des dollars américains.

 

« Nous craignons que d'autres combats conduisent inévitablement à un nombre encore plus élevé de déplacements, et que la communauté internationale ne puisse pas être en capacité de couvrir l´ensemble des besoins de manière immédiate. » a poursuivi, Francis Ntessani. « En effet, la dernière crise survenue à Bria en mai 2017 pour laquelle Oxfam déploie une réponse d´urgence pour près de 40 000 déplacés, met en lumière les enjeux de l´action humanitaire dans une situation sécuritaire extrêmement volatile et un sous-financement chronique de l´action humanitaire. »

 

Oxfam encourage et soutient tous les efforts en cours, tant du côté de la MINUSCA, de la communauté internationale que des autorités centrafricaines pour protéger au maximum les populations et assurer l’accès humanitaire dans toutes les zones où les populations ont besoin de cette aide.

 

Oxfam tient à rappeler que les activités humanitaires sont vitales pour la population centrafricaine. Et rappelle que les travailleurs humanitaires sont présents en République centrafricaine pour fournir une assistance afin de sauver des vies et alléger la souffrance des personnes affectées par la crise. Notre objectif fondamental et nos activités sont guidées par les principes d'humanité, d'indépendance et d'impartialité. Les derniers affrontements armés dans l´est du pays prouvent une fois de plus la nécessité urgente d'assurer la protection des civils, de respecter et de protéger les humanitaires, conformément au Droit humanitaire international. Les attaques répétitives contre les acteurs humanitaires entravent l’acheminent de l'aide et empêchent également l’accès aux personnes affectées qui sont dans le besoin d’une assistance vitale.

 

Pour plus d'informations ou des entrevues :

 

 

E-mail: medocf@oxfamintermon.org, +236 72 95 09 55

 

 

Notes à l'éditeur:

 

 

Peuplée de 4.6 millions d’habitants, la République centrafricaine est l'un des pays les plus pauvres du monde et a été plongée dans une crise dramatique qui a laissé la moitié de la population dépendante de l'aide humanitaire. Cependant, seulement 24% de l'appel des Nations Unies a été financé pour couvrir cette réponse.

 

Oxfam, fournit l’assistance humanitaire en RCA depuis 2014. Nous soutenons les populations qui ont besoin d'avoir un accès sécurisé et équitable à une alimentation de base suffisante et de qualité, à des moyens de subsistance, à l'eau potable, assainissement et hygiène. Les programmes d'Oxfam cible 200 000 personnes vulnérables à Bangui, Bria, Batangafo et Paoua notamment dans les camps et sites de déplacés et les familles d’accueil. En outre, Oxfam propose: des plans d'assistance pour la protection, le plaidoyer, la gouvernance. Oxfam appuie les populations dans le renforcement de leurs capacités de résilience et de relèvement précoce. www.oxfam.org

Oxfam appelle à l’amélioration de la protection des civils, à l'accès humanitaire et à une attention accrue en faveur de la crise en République Centrafricaine
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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 12:21
RCA : Une feuille de route pour la paix et la réconciliation
RCA : Une feuille de route pour la paix et la réconciliation

 

 

 

 

http://gabonreview.com  par David Makoumba Dissumba mercredi 19 juillet 2017 à 18:43

 

 

A l’initiative de la Commission de l’Union africaine (UA), une réunion ministérielle de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine (RCA) s’est tenue le 17 juillet dernier à Libreville. Une feuille de route intégrée a été prise, elle constitue désormais l’unique référence pour la promotion de la paix et la réconciliation dans ce pays.

 

Tenue en présence du Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’UA, Smaïl Chergui et du secrétaire général de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), Ahmad Allam-mi, la réunion de Libreville recherchait davantage des voies et moyens pour aider la RCA à sortir de la crise socio-politique qui le secoue depuis quelques années. D’où l’élaboration de cette nouvelle feuille de route. Elle sera soumise aux parties invitées à la négociation et souligne tout particulièrement le nécessaire respect de l’unité et de l’intégrité de la République centrafricaine, de ses institutions démocratiques et de l’appropriation de son processus politique de paix et de réconciliation.

 

Selon le Communique final de la réunion ministérielle, les parties ont unanimement exprimé leur ferme engagement et leur solidarité avec le gouvernement et l’ensemble des acteurs politiques de ce pays pour le rétablissement d’une paix définitive dans l’inclusion, la réconciliation et la cohésion nationale. Et ce, conformément au droit, à la justice et aux valeurs africaines pertinentes.

 

Dans ce contexte de recherche de paix et de réconciliation, les parties ont décidé de mettre en place, sous l’égide de l’UA, un panel de facilitateurs où sont représentées de façon qualifiée, toutes les composantes de l’Initiative africaine. «Ce panel est doté d’un secrétariat technique pour l’opérationnalisation de cette feuille de route», note-t-on.

 

Au cours de cette réunion ministérielle, un appel a été lancé à la communauté africaine et internationale pour intensifier leur appui multiforme à la Centrafrique pour l’aboutissement au succès de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation dans ce pays. Un chronogramme sera élaboré dans les meilleurs délais pour encadrer le processus effectif de mise en œuvre de l’Initiative.

 

 

Communique final de la Réunion Ministérielle de l’initiative Africaine pour la Paix et la Réconciliation en RCA Libreville, République Gabonaise, le 17 Juillet 2017

 

http://www.peaceau.org

 

Sur l’invitation de la Commission de l’Union Africaine, une Réunion Ministérielle de l’Initiative Africaine pour la paix et la réconciliation en RCA s’est tenue le 17 juillet 2017 au Siège du Secrétariat général de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) en présence de SEM Smaïl CHERGUI Commissaire Paix et Sécurité l’Union Africaine, de l’Ambassadeur Ahmad ALLAM-MI, Secrétaire Général de la CEEAC, George Rebelo Pinto Chicoti Ministre des Relations Extérieures de la République d’Angola, Jean Claude NGAKOSSO, Ministre des Affaires Etrangères et de la coopération de la République du Congo, SEM Pacôme MOUBELET BOUBEYA, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères, de la Francophonie, de l’Intégration régionale, chargé des gabonais de l’étranger de la République Gabonaise, Charles Armel DOUBANE, Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Centrafricains de l’étranger de la République centrafricaine, et Ahmad Mahamat Bachir, Ministre de la sécurité publique et l’immigration de la République du Tchad et a procédé à un examen approfondi de la situation en République centrafricaine (RCA).

 

La Réunion Ministérielle a exprimé ses vifs remerciements à son Excellence Monsieur Ali Bongo ONDIMBA, Président de la République Gabonaise pour l’accueil et l’hospitalité qui leur ont été réservés depuis leur arrivée à Libreville.

 

Les participants ont félicité son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Ahmad ALLAM-MI pour les facilités qu’il a mises à leur disposition.

 

Ils ont félicité le Président Pr Faustin Archange Touadera et les autorités centrafricaines pour les efforts consentis dans la recherche d’une solution politique inclusive au conflit que connait le pays, ainsi que de leur plein soutien à la poursuite de l’Initiative Africaine.

 

Les participants ont salué la Déclaration des Chefs d’Etat et de Gouvernement à l’occasion du 29ème Sommet de l’Union Africaine du 4 juillet 2017 sur l’Initiative Africaine.

 

Les participants, tout en appréciant le rôle de la MINUSCAT en RCA,  ont pris acte de toutes les initiatives qui ont été entreprises dans la recherche d’une paix durable en RCA notamment l’Accord de paix conclu à Rome sous l’égide de la Communauté Saint’Egidio et des conclusions de la réunion de médiateurs tenue à Bruxelles le 21 juin 2017, et souhaitent que l’ensemble des partenaires et amis de la RCA s’inscrivent résolument dans la dynamique de l’Initiative Africaine.

 

Les participants ont adopté une feuille de route intégrée qui constitue désormais l’unique référence pour la promotion de la paix et la réconciliation en RCA.

 

Cette feuille de route, qui sera soumise incessamment aux parties invitées à la négociation souligne tout particulièrement le nécessaire respect de l’unité et de l’intégrité de la République centrafricaine, de ses Institutions démocratiques et de l’appropriation de son processus politique de paix et de réconciliation.

 

Les parties ont unanimement exprimé leur ferme engagement et leur solidarité avec le Gouvernement et l’ensemble des acteurs politiques du pays pour le rétablissement d’une paix définitive dans l’inclusion, la réconciliation et la cohésion nationale, ce conformément au droit, à la justice et aux valeurs africaines pertinentes.

 

Les parties ont décidé de mettre en place, sous l’égide de l’UA, un panel de facilitateurs où sont représentées de façon qualifié, toutes les composantes de l’Initiative Africaine. Ce panel est doté d’un secrétariat technique pour l’opérationnalisation de cette feuille de route.

 

Elles ont lancé un appel à la communauté africaine et internationale pour intensifier leur appui multiforme à la Centrafrique et au plein succès de l’Initiative Africaine pour la paix et la réconciliation en RCA.

 

Un chronogramme du déroulé de l’initiative sera élaboré dans les meilleurs délais pour encadrer le processus effectif de mise en œuvre de l’initiative.

 

Fait à Libreville, le 17 juillet 2017

 

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 12:09
Note d'information MINUSCA

 

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

LA MINUSCA APPUIE LES AUTORITES JUDICIAIRES ET PENITENTIAIRES CENTRAFRICAINES

 

Bangui, le 19 juillet – Conformément à son mandat, la MINUSCA apporte un appui aux autorités judiciaires et pénitentiaires centrafricaines comme exprimé  pendant la célébration à Bambari, le 17 juillet dernier, de la journée internationale de la Justice Internationale sous le thème « Les violences contre la population civile en République centrafricaine ne resteront pas impunies » ; « La justice pour tous, gage de paix durable » ; « Impunité Zero » Occasion pour la MINUSCA de revenir, pendant sa conférence de presse hebdomadaire ce mercredi, sur l’appui qu’accorde le système des Nations Unies aux autorités judiciaires et pénitentiaires centrafricaines.

 

Selon le Chef Adjoint de la Section des Affaires Judiciaires et Pénitentiaires, Fortuné Dako, invité spéciale à la conférence de presse,  la MINUSCA s’est associée à l’évènement de Bambari en raison du mandat que lui a confié le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans sa résolution 2301 de 2016. « En vertu de ce mandat, la MINUSCA doit apporter son assistance en faveur du renforcement de l’état de droit et la lutte contre l’impunité, y compris en appuyant l’opérationnalisation et le fonctionnement de la Cour Pénale Spéciale en Centrafrique » a-t-il indiqué. Selon lui, la MINUSCA apporte un appui multiforme dans ce secteur, à savoir, la mobilisation de 96 spécialistes des affaires pénitentiaires qui sont repartis dans les différentes prisons du pays pour concourir à leur sécurisation et fonctionnement, la réhabilitation et l’équipement des infrastructures judiciaires et pénitentiaires à Bangui, Bimbo, Bambari, Bouar, Mbaïki, Kaga-Bandoro, Bria, Obo et Bangassou.

 

Lors de la conférence de presse, la Porte-parole par intérim de la MINUSCA, Mme Uwolowulakana Ikavi Gbétanou, a souligné l’importance de la caravane de la paix qui a fait son tout premier voyage à Zemio et a Bangassou le 15 juillet, avec une délégation conjointe de haut niveau Gouvernement / MINUSCA, autorités locales et société civile pour évaluer la situation sécuritaire et humanitaire, faire retentir les messages de paix et de cohésion sociale et souligner l’impérieuse nécessité du vivre-ensemble. « Cette caravane de la paix, la première d’une série,  a pour objectifs principaux : mettre fin immédiat aux hostilités ; Etablir un ou plusieurs couloirs humanitaires pour venir en aide aux populations sinistrées, dont plus de 22.000 se trouvent dans la zone de Zémio); Reprendre progressivement le contrôle des zones sous tension afin de promouvoir le dialogue comme seule option viable de sortie de la crise et créer les conditions d''un déploiement conjoint avec les forcés de sécurité intérieure et de défenses pour une meilleure sécurisation du pays. » Mme Gbétanou a ajouté que toutes ces actions sont urgentes et sont menées en étroites coordination avec les autorités nationales compétentes.

 

Dans le domaine de réforme de la sécurité, la porte-parole par intérim a indiqué qu’un accord de partenariat a été signé le 17 juillet entre la MINUSCA, la Délégation de l’Union européenne et la Mission militaire de l’Union européenne (EUTM-RCA). Dénommée « plan de soutien sur la réforme du secteur de la sécurité et l’Etat de droit en RCA », le document vise à définir clairement la répartition des rôles entre l’Union Européenne et les Nations Unies, dans le domaine de leur appui à la RCA dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité et la promotion de l’Etat de droit.

 

Réagissant à des information diffusées sur les medias accusant les Casques bleus de tirer sur la population, notamment à Bangassou (Sud-Est du pays), Mme Gbétanou a rappelé que les Casques bleus interviennent sur le terrain pour protéger les populations sous la menace armée, en application du mandat de la MINUSCA et guidés par les règles d’engagement claires. Leur intervention se fait avec impartialité et se place au-dessus de toute considération ethnique ou religieuse, a-t-elle martelé. Elle a aussi dénoncé toute tentative d’instrumentation et de manipulation de la population et/ ou de certaines autorités locales conte les soldats de la paix, car cela les expose dangereusement, tout en affectant négativement l’efficacité de leur engagement en faveur des populations.

 

Au chapitre des droits de l’homme, depuis une semaine, la MINUSCA a pu surveiller, vérifier et documenter à travers le pays, 87 incidents d’abus et de violations des droits de l’homme ayant affecté au moins 90 victimes (72 hommes, 12 femmes, trois garçons, deux filles et une victime collective).

 

La semaine écoulée a été aussi marquée par la visite du Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Stephen O’Brien, qui est venue faire sa propre évaluation de la situation humanitaire grave dans le pays. Il a été reçu par le chef de l’Etat et eu des échanges avec plusieurs autres personnalités du gouvernement. Il s’est également rendu à Bangassou où il a discuté avec les autorités locales et des membres de la société civile.

 

Au cours de la semaine écoulée, la situation sécuritaire a été essentiellement marquée par quelques situations d’insécurité, caractérisées par des actes criminels isolés et des affrontements entre les groupes armés continuent et constituent une menace à l’encontre des populations civiles, a indiqué le porte-parole de la Police des nations Unies, Oana Popescu.

 

Pour sa part, le porte-parole de la Force, le Lieutenant-Colonel Come Ndayiragije, a noté une situation sécuritaire calme mais imprévisible tant à Bangui, qu’à l’intérieur du pays, soulignant qu’« avec le départ du contingent congolais, la Force s’est réarticulée pour éviter tout incident sécuritaire. Les positions occupées auparavant par les Congolais ont été reprises par le bataillon camerounais ».​

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 11:46
Centrafrique: guerre des chefs au sommet d'un pays ravagé par la violence

 

 

Centrafrique: guerre des chefs au sommet d'un pays ravagé par la violence

 

20/07/17 (AFP)

 

La Centrafrique, minée par la violence, est menacée dans sa reconstruction par des tensions au sommet de l'Etat entre le président de la République et celui de l'Assemblée nationale, le camp du premier ayant été jusqu'à accuser samedi le second de tentative de coup d'Etat avant de se rétracter.

 

Début 2016, l'élection du président Faustin-Archange Touadéra, sous l'égide de la France et des Nations unies, avait représenté une lueur d'espoir après le déchaînement des violences en 2013 dans ce pays pauvre de 4,5 millions d'habitants.

 

A la tête de l'Assemblée nationale, Abdoul Karim Meckassoua, un élu du PK5, le quartier musulman de Bangui, apparaissait comme un symbole de réconciliation après le déferlement de haine entre rebelles Séléka pro-musulmans et anti-Balaka pro-chrétiens.

 

Mais dans ce pays où l'Etat peine à exercer son autorité au-delà de la capitale, Bangui, les relations entre les deux hommes n'ont cessé de se dégrader jusqu'à une rumeur de coup d'Etat samedi.

 

"Nous assistons à des infiltrations de mercenaires à Bangui et ses environs", avait déclaré à la radio d'Etat un proche du président Touadéra, Didacien Kossimatchi, assurant qu'une dizaine d'entre eux, interpellés, avaient affirmé être là pour "tuer le président de la République" pour le compte de M. Meckassoua.

 

"Les accusations portées sont extrêmement graves", a répondu à l'AFP le premier vice-président de l'Assemblée, Aurélien Simplice Zingas.

 

"Il se trouve que des personnes non autorisées s'arrogent le droit de parler en lieu et place de l'exécutif, qui n'a rien à voir avec ces supputations", avait voulu conclure dimanche à la radio d'Etat le porte-parole du gouvernement, Albert Yaloké Mokpem.

 

L'animosité entre MM. Touadéra et Meckassoua, l'un de ses rivaux à la présidentielle de 2016, n'a pas diminué depuis le scrutin.

 

Les deux hommes sont tous deux d'anciens ministres influents de l'ex-président François Bozizé - Touadéra a été son Premier ministre entre 2008 et 2013 et Meckassoua ministre d'Etat entre 2003 et 2013.

 

"Le président Touadéra a pensé mettre de son côté Meckassoua en l'appuyant pour le perchoir. Mais c'était sans compter les déceptions que Meckassoua a vécues sous le régime Bozizé", affirme à l'AFP un autre ancien candidat à la présidentielle.

 

"S'il y a quelqu'un qui maîtrise les réalités et les crimes économiques ou de sang du régime Bozizé, dont Touadéra fut un des principaux acteurs, c'est bien Meckassoua. C'est une sorte de témoin gênant", déclare à l'AFP un proche du président de l'Assemblée nationale.

 

- 'Crise dans la crise' -

 

"Touadéra n'a pas compris ça, il s'est fait piéger et tente de réparer cette erreur politique", explique un proche du président de la République, qui préfère, comme beaucoup à Bangui, évoquer cette affaire sous couvert de l'anonymat.

 

"Il faut se rendre à l'évidence, cela constitue une sorte de crise dans la crise", déclare à l'AFP l'opposant Joseph Bendounga, président du Mouvement démocratique pour l'évolution et la renaissance de Centrafrique (MDREC).

 

Nombreux sont les signes de tensions exécutif/législatif: le Premier ministre de M. Touadéra, Mathieu Simplice Sarandji, ne s'est présenté que deux fois devant les parlementaires depuis 2016, suscitant leur colère. En mai, ils ont brandi la menace d'une motion de censure.

 

La transparence dans l'attribution des contrats miniers a aussi avivé les querelles dans ce pays riche en or et diamants. Le président de l'Assemblée a ainsi saisi - avec succès - la Cour constitutionnelle pour que l'attribution des marchés soient soumis à l'approbation du bureau de l'Assemblée et non à la signature des ministres.

 

"Cette situation est de nature à renforcer un système que les Centrafricains ne connaissent que trop bien: la menace structurelle de coup d'Etat", analyse la spécialiste de la Centrafrique à l'ONG américaine Enough Project, Nathalia Dukhan.

 

"Ces affaires du bac à sable banguissois montrent que le régime actuel est encore très loin d'être à la mesure des défis de stabilisation, reconstruction et réconciliation de la Centrafrique", ajoute Thierry Vircoulon, chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri).

 

Depuis plusieurs mois, la Centrafrique est en proie à un regain de violences, dans le centre (Bangassou en mai, Bria en juin, Kaga-Bandoro en juillet), et dans l'est (Zemio en juin).

 

La Centrafrique, qui a basculé dans les massacres de masse en 2013 avec le renversement du président Bozizé par l'ex-Séléka, entraînant une contre-offensive des anti-Balaka, bénéficie d'un retour au calme dans Bangui après l'intervention de la France (2013-2016) et des Nations unies. Mais les groupes armés menacent toujours les civils dans l'intérieur du pays.

 

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