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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 13:37

 

 

Par Joan Tilouine LE MONDE Le 13.06.2016 à 18h18 • Mis à jour le 13.06.2016 à 20h24

 

En plus du dossier des « biens mal acquis » qui vise le président congolais Denis Sassou-Nguesso et ses proches à Paris, une autre affaire inquiète Brazzaville. Cette fois, c’est entre les Etats-Unis et la France que se déroule l’offensive judiciaire de l’homme d’affaires anglo-libanais né au Nigeria, Mohsen Hojeij, 60 ans, actionnaire majoritaire de la société de BTP Commissions Import Export (Commisimpex) qui fut l’un des plus grands groupes privés du Congo. Cette société est détenue à 89 % par M. Hojeij, le reste du capital étant entre les mains d’un associé américain, John Grosso.

 

La dette vertigineuse que le créancier réclame au petit pays pétrolier d’Afrique centrale remonte à des travaux impayés réalisés entre 1983 et 1986. De près de 100 millions d’euros en 1992, le montant s’élève à 675 millions d’euros en 2013 pour atteindre aujourd’hui un milliard d’euros. Une créance qui équivaut à 17 % du budget de l’Etat congolais. De quoi faire vaciller le régime et gâcher le séjour américain de la première dame, Antoinette Sassou-Nguesso.

 

« Prête-noms et conseils de Sassou-Nguesso »

 

Jeudi 9 juin, alors qu’elle séjournait à l’hôtel Four Seasons de Washington, Mme Sassou-Nguesso, 73 ans, s’est vu signifier en main propre par un officier de la cour du district de Columbia une assignation à comparaître au cabinet d’avocats White & Case, défendant M. Hojeij. Ainsi l’épouse du chef de l’Etat, connue pour son train de vie fastueux, sera-t-elle contrainte de livrer des d’informations relatives aux sources de revenus et aux biens de sa famille aux Etats-Unis lors de sa convocation, le 27 juin, à 10 heures précises.

 

L’assignation détaille les documents escomptés : comptes bancaires, titres de propriété, sociétés détenues, avoirs et actifs, preuves et origines de dépenses en espèces, dettes et contrats liant le Congo à des partenaires étrangers. Et ce, pour la première dame et pour plusieurs autres membres du clan Sassou-Nguesso, dont certains occupent des fonctions officielles.

 

Cette fois, la première dame est priée de livrer tous les éléments dont elle dispose sur les avoirs et les activités du président, du fils de celui-ci, Denis Christel Sassou-Nguesso – issu d’un premier mariage. Egalement député, le quadragénaire est l’administrateur général de l’unique raffinerie du pays, la Coraf. Habitué des clubs de Miami, où il disposerait d’un vaste appartement, il aime aussi y louer des bateaux de luxe. Surnommé « Kiki le pétrolier », Denis Christel Sassou-Nguesso voit également certains de ses amis figurer sur la liste, comme les traders pétroliers Lucien Ebata et Jean-Philippe Amvame Dong. Tous trois apparaissent dans les « Panama papers ».

 

Antoinette Sassou-Nguesso sera également interrogée sur certaines des filles du président, comme Claudia, chargée de la communication de la présidence, Judith Cendrine qui préside le comité de direction de l’Agence pour la promotion des investissements, et Julienne, soupçonnée d’orchestrer les affaires pétrolières du clan et elle aussi visée par l’enquête des « biens mal acquis ».

 

Sur la liste établie par le cabinet d’avocats de M. Hojeij sont aussi inscrits les noms du neveu du président et puissant chef des services de renseignement depuis quinze ans, Jean-Dominique Okemba, le ministre des grands travaux, Jean-Jacques Bouya, ou encore l’homme d’affaire français et ami proche du président, Jean-Yves Ollivier. En tout, 63 personnalités sont visées. « Que des gens connus pour avoir été des prête-noms ou des conseils de M. Sassou-Nguesso », explique-t-on dans l’entourage de M. Hojeij.

 

Six millions récupérés sur un milliard

 

Cette stratégie désormais plus agressive fait suite à un jugement rendu le 16 décembre 2015 par les autorités judiciaires américaines ordonnant à l’Etat congolais de lui livrer la liste de ses biens et actifs à l’étranger, en vue d’éventuelles saisies. Ce que n’a pas respecté Brazzaville. « Cette demande procède d’une ingérence qui n’appelle donc pas de réponse, explique Simone Bernard-Dupré, avocate de l’Etat congolais. Et je ne pense pas que Mme Sassou-Nguesso se rende à cette convocation, qui me semble particulièrement déplacée, s’agissant d’une première dame d’un pays souverain et indépendant. »

 

Antoinette Sassou-Nguesso peut toujours faire valoir son immunité diplomatique et contester cette assignation. Mais l’étau judiciaire américain se resserre encore un peu plus sur le clan Sassou-Nguesso qui apprécie pourtant les fastes de l’hôtellerie de New York et des manoirs de Miami.

 

« Nous n’avons jamais dérogé à notre conviction que nous devons protéger nos droits et, tout en cherchant une solution à l’amiable, nos équipes légales ont cherché les moyens qui nous permettraient de recouvrer le montant total de notre créance le plus rapidement possible, confient M. Grosso et M. Hojeij. La semaine dernière, elles ont franchi la dernière étape de ce processus. »

 

Le dossier Commisimpex empoisonne Denis Sassou-Nguesso, 72 ans, et son entourage, tout en menaçant l’économie du pays. D’autant que le Congo a déjà été condamné à deux reprises, en 2000 et en 2013, par la cour d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris. Des sentences arbitrales reconnues par la justice américaine.

 

Une saisie de 6 millions d’euros puisés dans les comptes en banque des autorités congolaises en France a déjà été permise par le tribunal de grande instance de Paris en juillet 2015 et en décembre 2015. De quoi grever le fonctionnement de l’ambassade du Congo à Paris, dont le crédit du compte à la Société générale a été saisi, sans pour autant être gelé, conformément au droit français. Pas suffisant pour M. Hojeij. Les experts qu’il a mandatés continuent méthodiquement leur traque aux biens et actifs du Congo à l’étranger.

 

Entre-temps, la justice congolaise a tenté d’inverser les rôles en déclarant en faillite Commisimpex en 2012. Et de lui attribuer une dette fiscale de 700 millions d’euros. Une décision rejetée par les tribunaux américains et français. « La liquidation orchestrée par la justice congolaise est grossièrement frauduleuse, tranche Jacques-Alexandre Genet, avocat français de Commisimpex. Faute de négociation possible, M. Hojeij a été contraint à mener ces actions judiciaires qui se prolongeront tant que sa dette n’aura pas été réglée. »

 

Toutefois, pour Me Simone Bernard-Dupré, c’est bien la République du Congo qui est créancière de 700 millions d’euros dus par la société de M. Hojeij et M. Grosso. « La liquidation de la société Commisimpex a été confirmée de façon définitive au Congo, mais aussi par la Cour commune de justice et d’arbitrage [CCJA, composée de 17 Etats africains, sous l’égide de l’ONU] le 29 février 2016 », veut justifier l’avocate.

 

Déstabiliser l’économie congolaise

 

Au Congo, pays d’Afrique centrale riche de son pétrole et de son bois, plus de la moitié des 4,7 millions d’habitants vit toujours avec moins d’un dollar par jour, selon la Banque mondiale. Après avoir fait modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir et réprimé ses opposants, Denis Sassou-Nguesso, qui cumule plus de trente-deux ans à la tête de l’Etat, a été réélu en mars dès le premier tour lors d’une élection contestée par la communauté internationale.

 

Denis Sassou-Nguesso gouverne entouré de son clan, régulièrement accusé par les organisations non gouvernementales de confisquer la richesse du pays et de détourner massivement des revenus du pétrole qui assurent 69 % des recettes publiques. Plusieurs membres du premier cercle du président pourraient être prochainement inquiétés par la justice française dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis », une enquête débutée en 2007 et diligentée par les magistrats Roger Le Loire et René Grouman. Mais cet autre front judiciaire entretenu par l’opiniâtre M. Hojeij menace clairement le budget de l’Etat congolais, miné par la chute des cours du pétrole et en baisse de 8 % en 2016. S’il parvenait à ses fins, M. Hojeij pourrait déstabiliser l’économie du pays et fragiliser encore un peu plus son ancien ami le président.

 

Joan Tilouine

 

 

Lu pour vous : La fortune du clan Sassou-Nguesso dans le viseur de la justice américaine
Centrafrique-Presse.com
28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 13:15

 

 

28 juin 2016(AFP)

 

Enlèvement de policiers en plein Bangui, villages attaqués en province, rebelles qui ne désarment pas: après plusieurs mois d’accalmie, la Centrafrique renoue avec les violences au moment où la force militaire française Sangaris s’en va.

 

Tous voulaient y croire, lorsqu’en novembre 2015, le pape François en visite à Bangui est venu délivrer son message de paix. Et la trêve fut bien réelle, le temps pour les Centrafricains d’élire un nouveau président, Faustin-Archange Touadéra, chargé de mettre fin à une transition politique chaotique et de redresser un pays miné par trois années de conflit.

 

Mais la situation sécuritaire demeure extrêmement fragile, comme l’a démontré le regain de tensions à Bangui la semaine dernière, le plus fort depuis l’élection de M. Touadéra fin février. Six policiers ont été pris en otage par un « groupe d’autodéfense » du PK5, le quartier musulman de Bangui, où une opération des Casques bleus de la Minusca s’est soldée par sept morts et une vingtaine de blessés, selon des sources hospitalières.

 

« Nous sommes face à des groupes armés qui détiennent toujours des armes de guerre en quantité », a réagi le ministre de la Sécurité, Jean-Serge Bokassa, joint par l’AFP: « tant qu’ils ne seront pas désarmés, il n’y aura pas d’accalmie durable et on continuera d’enregistrer des pics de violences ».

 

« Ces groupes sont des criminels et rien d’autre, ils se livrent à des activités de grand banditisme et tuent impunément mais n’ont pas d’agenda politique », estime le ministre, qui « espère qu’avec la Minusca, nous arriverons à neutraliser tous ceux qui défient l’autorité de l’Etat ».

 

Les 12.000 soldats de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) déployés dans le pays se retrouvent aujourd’hui seuls en première ligne, en attendant la refondation – encore lointaine – d’une armée centrafricaine.

 

La France vient en effet de sonner le glas de l’opération Sangaris, déclenchée dans l’urgence en décembre 2013 pour stopper les massacres intercommunautaires entre ex-rebelles Séléka et milices chrétiennes anti-balaka.

 

Les effectifs français se résument désormais à 350 hommes – contre 2.500 au plus fort des tensions -, censés constituer « une force de réserve tactique » en appui à la force onusienne, selon l’état-major à Paris.

 

Interrogés par l’AFP, certains habitants de Bangui ne cachent pas leur « inquiétude » après le départ des Français. « Depuis que le président François Hollande a annoncé le retrait de la force Sangaris, les exactions se multiplient. C’est comme si les groupes armés avaient retrouvé leur terrain de prédilection », s’alarme, Valentin Kouangabé, commerçant.

 

– Retour à la case départ –

 

La province est loin d’être épargnée. Une vingtaine de personnes ont été tuées les 19 et 20 juin dans le nord lors de combats opposant d’ex-séléka à des Peuls armés, qui mènent régulièrement des représailles en réaction à des vols de bétail.

 

L’ONG Médecins sans frontières vient de suspendre durant trois jours toutes ses opérations jugées non essentielles pour protester contre le meurtre d’un chauffeur dans l’attaque d’un de ses convois, le 17 juin, dans le centre-est. C’était le deuxième en un mois.

 

« Je viens de séjourner à l’intérieur du pays. Il ne se passe plus un seul jour sans qu’il y ait des attaques contre des villages, des véhicules sur la route qui va de Sibut (centre) à Bambari (est) », témoignait récemment Joseph Bendounga, président du MDREC, un petit parti politique centrafricain.

 

Plusieurs factions dissidentes de l’ex-Séléka, qui avait pris le pouvoir en mars 2013 avant d’en être chassée début 2014 – continuent les exactions dans leurs fiefs du nord et de l’est, notamment le Front populaire pour la renaissance de Centrafrique du « général » Nourredine Adam, visé par des sanctions internationales.

 

Exaspéré, un étudiant, Axel Ndingkpi, accuse « l’absence de fermeté » du gouvernement qui négocie le processus de DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion) avec « des individus qui prennent tout un peuple en otage et osent revendiquer leur entrée au gouvernement ».

 

« Nous sommes revenus à la case départ. On a chassé Bozizé (renversé par la Séléka) en 2013 et élu Touadéra, son ex-Premier ministre, en 2016 », commente un ancien officier centrafricain sous couvert d’anonymat. « Un seul individu est parti, mais le même système est en train de se remettre en place ».

 

Centrafrique: regain de tensions au moment où les Français s’en vont
Centrafrique-Presse.com
28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 12:54

 

 

Par Le Monde Afrique

 

LE MONDE Le 28.06.2016 à 12h10 • Mis à jour le 28.06.2016 à 12h26

 

Selon une enquête de l’ONG Human Rights Watch (HRW) rendue publique lundi 27 juin, dix-huit personnes ont été exécutées de sang froid et sans procédure judiciaire, à Bangui, la capitale centrafricaine, par les membres de l’Office central de répression du banditisme (OCRB), entre avril 2015 et mars 2016.

 

Robert Yékoua-Ketté, ancien directeur de l’OCRB, démis de ses fonctions le 8 juin, serait impliqué directement dans treize de ces meurtres. HRW réclame au nouveau gouvernement de Faustin-Archange Touadéral’ouverture « d’une enquête efficace et transparente sur toutes les exécutions extrajudiciaires qui auraient été commises par l’OCRB » afin de « montrer aux Centrafricains que même les commandants “intouchablesdevront rendre des comptes. »

 

Robert Yékoua-Ketté a été affublé du surnom de « shérif de Bangui » à cause son chapeau de cow-boy et de sa réputation de tuer sans autre forme de procès des criminels présumés. Interrogé par RFI, il a déclaré : « Non, mais écoutez ! Vous parlez de quoi, là ? De tueries extrajudiciaires ? Moi, je ne sais pas. De toute façon, ce n’est pas Yékoua-Ketté qui l’a fait, se justifie-t-il, c’est l’Office central de répression du banditisme. Ce n’est pas un individu, c’est l’OCRB. »

 

Extraits du rapport de HRW sur l’identité des dix-huit victimes et des circonstances de leur exécution.

 

Alfred Yawi, tué entre le 24 et le 26 avril 2015

 

Alfred Yawi, 35 ans, quatre enfants, a été arrêté par M. Yékoua-Ketté et des agents de l’OCRB près du quartier PK13 à Bangui, dans l’après-midi du 24 avril. Un témoin rapporte qu’il n’a pas résisté à son arrestation. Le 26 avril, des membres de sa famille ont entendu une annonce à la radio indiquant qu’un corps avait été retrouvé au bord du fleuve Oubangui dans le 2e arrondissement. La victime, identifiée comme étant Yawi, avait les mains liées dans le dos au moment de son exécution.

 

Nathan Badi et Saint-Cyr Dezoua, tués le 31 juillet 2015

 

Des témoins ont vu Nathan Badi, 28 ans, et Saint-Cyr Dezoua, 25 ans, fuir en courant un véhicule de l’OCRB dans le quartier Miskine le 31 juillet 2015. Ils n’étaient pas armés. Un témoin a déclaré avoir « entendu des coups de feu, environ une minute après les avoir vus fuir ». « Le lendemain, je suis allé directement à la morgue et j’ai vu les garçons. Saint-Cyr avait deux balles dans la poitrine. »

 

Emmanuel Régavé et Isaac, tués le 22 octobre 2015

 

Emmanuel Régavé a été arrêté par la police en même temps qu’un ressortissant congolais connu sous le nom d’Isaac, le 22 octobre dans le quartier Ouango. Les deux hommes étaient accusés de vol. « L’un des hommes de Yékoua-Kétté a tiré deux balles en l’air pour nous faire fuir, puis il a tiré rapidement sur Emmanuel et le Congolais », a rapporté un témoin.M. Yékoua-Ketté était présent. Les corps ont été laissés au sol.

 

Samson Ndakouzou et Urie Kolaba, tués le 24 octobre 2015

 

Ndakouzou, suspecté de vol et Kolaba, complice présumé de Régavé, ont été tués dans un secteur du 7e arrondissement, appelé le Jardin des fleurs, un terrain vague à proximité de quelques maisons. Un témoin a déclaré que M. Yékoua-Ketté avait supervisé l’exécution : « Après avoir tiré sur Urie, ils ont demandé à Samson de se retourner. Il avait les mains attachées dans le dos. Ils ont tiré dans le dos et à la gorge. »

 

Romaric Vounbo, tué le 28 octobre 2015

 

Romaric Vounbo, 28 ans, a été arrêté pour vol et détenu à la prison de Ngaragba. Le 28 septembre, il fut l’un des 500 à 700 prisonniers à s’enfuir lors d’une évasion massive. Des passants l’ont identifié le 28 octobre alors qu’il prenait un verre dans un bar de La Kouanga. La police est venue l’arrêter. Il a ensuite été emmené près du Jardin des fleurs, où M. Yékoua-Ketté l’a exécuté en personne. Il lui a tiré dans le ventre à deux reprises. L’un des témoins a précisé que, comme il ne s’écroulait pas : « Yékoua-Ketté lui a ordonné d’ouvrir la bouche, mais [Vounbo] a refusé. Yékoua-Ketté a mis de force son revolver dans la bouche et a tiré. Sa cervelle a explosé à l’arrière du crâne. » Un autre témoin s’est étonné : « Comment peuvent-ils arrêter quelqu’un à 16 heures et le tuer comme ça à 17 h 30 ? »

 

Gervais Magna, tué le 4 novembre 2015

 

Gervais Magna dirigeait un groupe anti-balaka, ces milices d’autodéfense majoritairement chrétiennes et animistes. Le 3 novembre 2015, une adolescente de 16 ans est morte dans son village et Gervais Magna a pris la tête d’un groupe qui battu à mort une vieille femme accusée d’avoir causé la mort de la jeune fille par sorcellerie. Des témoins ont affirmé que Yékoua-Ketté est arrivé l’après-midi suivant et a emmené Magna. Le lendemain matin, la famille a reçu un appel indiquant que le corps de Magna avait été retrouvé le long de la route principale menant à la capitale.

 

Jordi Befio, tué entre le 5 et le 7 décembre 2015

 

Jordi Befio, 19 ans, a été arrêté le 5 décembre par l’OCRB au cours d’une bagarre au marché de Pétévo. Un témoin a déclaré que M. Yékoua-Ketté est arrivé pendant la lutte et est sorti de son pick-up pour évaluer la situation. Le témoin a expliqué que Befio avait un couteau, mais l’a lâché immédiatement sur les ordres des agents de l’OCRB, qui l’ont arrêté. Le 7 décembre, la famille a retrouvé son corps le long des rives du fleuve Oubangui.

 

Raymond Gongalut, tué le 24 ou le 25 décembre 2015

 

Raymond Gongalut, membre présumé d’un groupe anti-balaka, a été arrêté sur sa moto le 24 décembre 2015. Des témoins ont déclaré qu’il tenait une grenade mais n’a pas résisté quand les agents de l’OCRB l’ont désarmé. Son corps a été retrouvé le lendemain à la morgue avec quatre balles dans le ventre.

 

Senele Ombade, tué le 10 janvier 2016

 

M. Yékoua-Ketté et ses agents ont arrêté Senele Ombade, chauffeur de taxi-moto de 31 ans, le 10 janvier, pour un motif qui reste obscur. Un de ses proches a déclaré : « Lorsque j’ai entendu qu’il avait été emmené par l’OCRB, je me suis rendu immédiatement au quartier général. Il n’était pas là. Ensuite, j’ai entendu dire que des corps avaient été retrouvés à Ouango[un quartier du 7e arrondissement]. J’ai retrouvé son corps sur la route. On lui avait tiré dans la tête. »

 

Cyril Ndourogbo, tué le 14 ou le 15 janvier

 

M. Yékoua-Ketté en personne a arrêté Cyril Ndourogbo lors d’un enterrement, dans la soirée du 14 janvier. La famille de l’interpellé s’est rendue au quartier général de l’OCRB le 15 janvier, mais n’a obtenu aucune information. Elle y est retournée le lendemain. Plusieurs membres de la famille ont déclaré que M. Yékoua-Ketté s’est énervé et a demandé à ses hommes de les expulser de force. Il leur a crié : « J’étais à sa [Ndourogbo]recherche. Quand je l’ai trouvé, je l’ai tué. Vous trouverez son corps dans un sac sur le fleuve Oubangui. » Sa dépouille n’a pas été retrouvée.

 

Rufen Balekouzou, tué entre le 17 et le 20 janvier

 

Le 16 janvier, des agents de l’OCRB ont arrêté Rufen Balekouzou sur son lieu de travail. Le lendemain, des membres de sa famille lui ont rendu visite dans le centre de détention de l’OCRB. Lorsqu’ils y sont retournés le 20 janvier, il leur a été dit que Rufen Balekouzou avait été transféré à la prison centrale de Ngaragba, mais il n’y était pas. Le même jour, une annonce à la radio indiquait la découverte d’un corps le long du fleuve Oubangui. C’était Rufen Balekouzou, criblé de quatre balles.

 

Faustin Ngoudi, tué vers le 20 janvier

 

Faustin Ngoudi, 26 ans, que des connaissances ont décrit comme un criminel endurci, a été tué par les hommes de l’OCRB autour du 20 janvier.« C’était entre 9 heures et 10 heures du matin, a expliqué un témoin.Lorsque le pick-up de l’OCRB est passé avec des agents à l’arrière, je l’ai remarqué [Ngoudi]. Juste après, j’ai entendu huit ou neuf coups de feu près du marché de Kokoro… J’ai couru. » Faustin Ngoudi avait reçu quatre balles dans le ventre.

 

Jean-Noël Bebona, tué le 27 janvier

 

Jean-Noël Bebona, ancien combattant anti-balaka, a été arrêté et exécuté par l’OCRB alors qu’il vendait des produits près du marché de Poumale. Des témoins l’ont vu implorer pour sa vie avant d’être exécuté par balle.

 

Romaric Yakoro, tué le 13 février

 

Romaric Yakoro, 19 ans, alias « Likolo », a été arrêté pour vol la nuit du 12 février par des soldats dans le quartier de Yassi-Mandji. Le 13 février, il a été transféré au poste de l’OCRB à Ngouciment. « Il était environ 11 h du matin. Je m’étais arrêté pour prendre de l’essence lorsque j’ai vu le pick-up de l’OCRB passer à toute vitesse, se souvient un chauffeur de taxi-moto.Likolo à l’arrière. Yékoua-Ketté conduisait. J’ai suivi le véhicule pensant qu’ils allaient amener Likolo à [la prison de] Ngaragba, mais ils ont dépassé la prison. » Une demi-heure plus tard, le véhicule est revenu, phares allumés. Le hayon était ouvert et deux pieds dépassaient. Yakoro avait reçu deux balles dans l’abdomen.

 

Hervé Zangouli, tué le 4 ou le 5 mars

 

Hervé Zangouli a été arrêté par l’OCRB le 4 mars alors qu’il fumait de la marijuana le long du fleuve Oubangui, d’après des témoins. Il a été vu pour la dernière fois à l’arrière d’un pick-up de l’OCRB. Son corps a été retrouvé tôt le lendemain matin au bord du fleuve, une balle dans la poitrine.

 

Versements de rançons à l’OCRB

 

Human Rights Watch a répertorié deux cas dans lesquels M. Yékoua-Ketté a retenu personnellement des prisonniers en échange d’une rançon réclamée à leurs familles.

 

Une femme de 18 ans a été détenue pendant six semaines entre le 22 octobre et début décembre 2015, sans être accusée de quoi que ce soit. Elle a déclaré que M. Yékoua-Ketté l’a menacée de mort à de multiples reprises et qu’elle avait fait une fausse couche dans la prison de l’OCRB :« J’ai dû rester deux jours dans mon propre sang avant qu’ils n’autorisent ma famille à me donner du savon pour que je puisse me laver. » Yékoua-Ketté a réclamé 100 000 francs CFA (environ 152 euros) à sa famille, qui a obtenu de verser moins d’argent.

 

Le 28 avril 2016, M. Yékoua-Ketté et ses hommes ont arrêté le long du fleuve Oubangui un ex-combattant anti-balaka de 25 ans accusé d’avoir commis un vol à main armée. Il a été battu en public et emmené au quartier général de l’OCRB. Le « shérif de Bangui » a ensuite réclamé 100 000 francs CFA pour sa libération, intervenue dix jours plus tard, sans qu’aucune poursuite ne soit retenue contre lui.

 

Le Monde Afrique

 

Exécutions en RCA: HRW demande aux autorités de juger Robert Yékoua-Ketté

 

Par RFI  28-06-2016 Modifié le 28-06-2016 à 04:39

 

En République centrafricaine (RCA), au moins 18 personnes « et peut-être plus » ont été exécutées « illégalement » par une unité de police anti-criminalité, entre avril 2015 et mars 2016. C'est ce qu'affirme Human Rights Watch (HRW), ce lundi 27 juin. L'ONG accuse l'ex-directeur de l'Office central de répression du banditisme (OCRB), Robert Yékoua-Ketté, d'avoir personnellement mené une exécution et d'en avoir ordonné cinq autres. HRW suggère aux autorités centrafricaines de le traduire en justice.

 

Surnommé le « shérif de Bangui », Robert Yékoua-Ketté est accusé par HRW d’une dizaine de meurtres extrajudiciaires, dix-huit exécutions vérifiées, documentées et de douze autres, selon des informations jugées crédibles. Il a été limogé, le 8 juin dernier, par le gouvernement du président Faustin-Archange Touadéra.

 

Robert Yékoua-Ketté affirme ne pas avoir de comptes à rendre à Human Rights Watch et que c’est l’OCRB qu’il faut interroger.

 

« Je n’ai pas de problèmes. Je n’ai pas de comptes à rendre à Human Rights Watch. Il faut voir que c’est l’institution de l’Office central de répression du banditisme qui est en cause. Ce n’est pas Yékoua-Ketté qui a créé l’OCRB. Donc, on ne peut pas indexer Yékoua-Ketté qui a été nommé là pour réprimer le banditisme dans le cadre même des attributions de l’OCRB. C’est tout. Il n’a rien à voir avec cette histoire que nous raconte HRW. Donc, je m’arrête là », a-t-il fait savoir à RFI.

 

Yékoua-Ketté renvoie la balle à l'OCRB

 

Mais alors, que répond-il aux accusations de l’organisation de défense des droits de l’homme portant notamment sur les dix-huit exactions extrajudiciaires ? Robert Yékoua-Ketté insiste et dit ne pas comprendre. « Non, mais écoutez. Vous parlez de quoi, là ? De tueries extrajudiciaires ? Moi, je ne sais pas. De toute façon, ce n’est pas Yékoua-Ketté qui l’a fait, c’est l’Office central de répression du banditisme. Ce n’est pas un individu, c’est l’OCRB », a-t-il insisté.

 

Enfin, sur le fait de savoir pourquoi on l’appelait le « shérif de Bangui» et si ce n'était parce qu’il avait la gâchette trop rapide, Yékoua-Ketté, se veut péremptoire : « J’ai commencé à porter le chapeau depuis mon enfance. Vous parlez de gâchette rapide. Moi, je ne sais pas. Gâchette rapide, ça c’est vous qui le dites », a-t-il souligné.

 

Chapeau de cowboy vissé sur la tête, le « shérif de Bangui » pourrait répondre à la justice centrafricaine si une enquête est ouverte.

Lu pour vous : Centrafrique : qui sont les 18 victimes de l’unité spéciale du « shérif de Bangui » ?
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Centrafrique-Presse.com
27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 17:34
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : HRW demande l’ouverture d’une enquête sur les exécutions sommaires de l’ancien directeur de l’OCRB

 

http://rjdh.org/ PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 27 JUIN 2016

 

BANGUI, 27 juin 2016 (RJDH)—L’ancien directeur de l’Office Centrafricain de Répression du Banditisme (OCRB), colonel Robert Yékoua-Ketté est visé par le rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW) publié ce jour. Cette organisation de défense des droits de l’homme réclame l’ouverture d’une enquête sur les crimes que cet officier aurait commis.

 

L’ancien directeur de l’OCRB, Robert Yékoua-Ketté, selon HRW  serait directement impliqué dans dix-huit exécutions sommaires « nous avons confirmé 18 cas de personnes tuées sous la direction de Robert Yékoua-Ketté. Ces chiffres dépassent même les 18 » a confié Lewis Mudge, chercheur auprès de la division Afrique de HRW, joint depuis Nairobi par le RJDH.

 

Cette ONG réclame l’ouverture d’une enquête indépendante sur ces allégations « le message que nous voulons lancer au gouvernement, c’est qu’il a fait une bonne étape de limoger Yékoua-Ketté. Mais lorsqu’il est libre, il est un exemple de l’impunité qui règne en Centrafrique. Si le gouvernement veut lancer une enquête indépendante par rapport aux violations des droits de l’Homme, cela va signifier pour tous que le règne de l’impunité vient de terminer» affirme le chercheur.

 

A travers son rapport, HRW entend dénoncer les abus faits par l’OCRB et ensuite inviter le gouvernement à traduire l’ancien directeur et certains membres de l’OCRB en justice, selon Lewis Mudge.

 

Le Colonel de l’armée nationale, Robert Yékoua-Ketté n’a pas été joignable sur ses numéros pour sa version des faits. Entre novembre 2015 et avril 2016, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 47 personnes au sujet des exactions commises par l’OCRB, parmi lesquelles des témoins d’arrestations par des agents de l’OCRB, des témoins des exécutions, et des membres des familles des victimes.

 

Ce rapport est le premier en 2016 visant directement une institution de la République Centrafricaine. Le colonel de l’armée Robert Yékoua-Ketté nommé directeur de l’OCRB par le régime de la transition a été limogé le 08 juin dernier par le nouveau pouvoir soit dix-neuf jours avant la publication de ce rapport.

 

 

Bimbo : Des urnes brûlées lors du 1er tour des législatives partielles

 

http://rjdh.org/ PAR SANDRINE MBAGNA LE 27 JUIN 2016

 

BIMBO, 27 juin (RJDH)—Trois urnes ont été brûlées, le samedi dernier à Bimbo 1 où devrait se tenir le 1er tour des législatives partielles. Des jeunes supposés être à l’origine de cette situation ont été arrêtés par la gendarmerie.

 

Selon les informations du RJDH, ces urnes étaient vides lorsqu’elles ont été brûlées. Une source bien informée a indiqué que l’acte s’est produit après le déploiement des matériels fait par l’Autorité Nationale des Elections. Cette information a été confirmée par un cadre de l’Autorité Nationale des Elections qui a précisé que cet incident n’a pas eu des effets sur les élections « je confirme que des urnes ont été brûlées mais très vite, nous avons changé ces urnes ce qui a permis la tenue correcte du second tour de ces législatives partielles dans la circonscription de Bimbo1 » a fait savoir cette source.

 

La gendarmerie a procédé à l’arrestation de quelques jeunes considérés comme auteurs de cet acte. Un des jeunes arrêtés met en cause l’un des candidats «  le samedi nous étions au niveau de Samba à 12 kilomètres de Bangui quand le candidat Rufin Molomadon nous a fait appel. Il nous a promis de l’argent en échange de cette opération. C’est ce que nous avons fait mais certains ont réussi à fuir et j’ai été arrêté » confie-t-il. Il est difficile de confirmer ces propos à l’heure actuelle. Le RJDH a tenté aussi en vain d’entrer en contact avec  le candidat mis en cause pour sa version des faits même si une source communale a confirmé les soupçons. Rufin Molomadon est l’un des candidats dont les dossiers ont été rejetés par l’Autorité Nationale des Elections dès le début du processus.

 

Le 1e tour des législatives est organisé le dimanche 26 juin 2016 à Bimbo après trois annulations par la Cour Constitutionnelle de Transition.

 

 

Centrafrique : Les activités reprennent au Km5 après une semaine de crise

 

http://rjdh.org   PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 27 JUIN 2016

 

BANGUI, 27 juin  2016 (RJDH)—L’ambiance reprend son cours au km5 après une semaine d’inactivité due à la prise en otage de cinq policiers par un groupe armé de ce secteur. C’est un constat fait ce matin par le RJDH lors d’une descente sur le terrain.

 

Les taxis de l’avenue Boganda qui s’arrêtaient au pont Jackson, atteignent maintenant le marché du km5 où les activités commerciales ont repris.  Lebon Zama, un chauffeur de taxi rencontré au km5 se dit avoir été rassuré par la libération des otages « la semaine dernière, il nous était difficile de venir jusqu’au km5 à cause de l’insécurité. Mais quand les policiers ont été libérés, nous avons été rassurés c’est pourquoi, nous avons repris la ligne ce matin » a-t-il expliqué.

 

Presque toutes les boutiques ont rouvert leurs portes. De nombreux clients se sont rendus au km5 à la joie de Hamit Kassim, un des vendeurs retrouvé devant sa boutique en train d’échanger avec les clients « durant la semaine dernière, c’était la galère. Nos activités étaient au ralenti mais aujourd’hui les choses ont repris et nous en sommes fiers » confie-t-il avant de regretter l’attitude des hommes armés « ces groupes armés ont fragilisé l’économie de beaucoup de personnes. Nous avons décidé unanimement la réouverture des magasins et l’engouement de la clientèle est considérable à l’heure actuelle. Le comportement de ces hommes armés est regrettable  », a-t-il affirmé.

 

Une femme qui s’est rendue au km5 pour ses achats, témoigne de la reprise des activités « l’ambiance est calme ici et c’est pour cela que je suis là pour acheter des  articles de ménage, des habits pour les enfants » reconnait cette dernière qui relève une situation contraire au niveau de certaines zones « cette reprise n’est pas totale pace qu’à certains endroits, il y a encore problème surtout là où se trouvent les groupes armés ».

 

Le commissariat de police du 3ème arrondissement est toujours sous contrôle des forces de Nations-unies dont les chars sont restés positionnés à l’intérieur et à l’entrée.

 

La reprise de ces activités est constatée après une semaine d’inactivité au km5, une zone commerciale du 3ème arrondissement où six policiers centrafricains ont été pris en otage la semaine dernière.

Centrafrique-Presse.com
27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 17:01

 

 

Il faut enquêter sur l’ancien commandant de l’OCRB impliqué dans des exactions

 

 (Nairobi, le 27 juin 2016) – Des membres d’une unité spéciale de lutte contre la criminalité en République centrafricaine ont exécuté illégalement au moins 18 personnes, et peut-être plus, entre avril 2015 et mars 2016, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

 

L’ancien directeur de cette unité, l’Office central de répression du banditisme (OCRB), Robert Yékoua-Ketté, qui a été démis de ses fonctions le 8 juin, serait directement impliqué dans 13 incidents, et devrait faire l’objet d’une enquête en vue de poursuites.

 

« Le gouvernement a eu raison de destituer Yékoua-Ketté, en tant que premier pas dans la lutte contre l’impunité, mais des habitants l’ont vu lui et ses hommes tuer des gens au grand jour », a déclaré Lewis Mudge, chercheur auprès de la division Afrique à Human Rights Watch « Les Centrafricains ne pourront croire au principe de l’État de droit et vivront dans la peur de l’OCRB tant que l’homme qu’ils ont vu tuer des personnes ne sera pas traduit en justice. » 

 

Des témoignages indiquent que sur les 18 exécutions, Yékoua-Ketté en a personnellement mené une, ordonné cinq autres et qu’il était présent lors de l’arrestation par l’OCRB de sept hommes exécutés par la suite.

 

Le gouvernement centrafricain devrait rapidement ouvrir une enquête efficace et transparente sur toutes les exécutions extrajudiciaires qui auraient été commises par l’OCRB, qui opère dans la capitale, Bangui, a déclaré Human Rights Watch. Compte tenu de ses longs antécédents en matière d’implications dans des exactions, si l’enquête établit la responsabilité de cette unité de police pour des crimes graves, le gouvernement devrait envisager sa dissolution. Les bailleurs de fonds, notamment l’Union européenne, la France, et les États-Unis, qui œuvrent avec le gouvernement centrafricain à rétablir la sécurité et l’État de droit, devraient veiller à ce que la priorité soit donnée au fait de rendre des comptes.

 

Entre novembre 2015 et avril 2016, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 47 personnes au sujet des exactions commises par l’OCRB, parmi lesquelles des témoins d’arrestations par des agents de l’OCRB, des témoins des exécutions, et des membres des familles des victimes.

 

Les chercheurs de Human Rights Watch ont documenté 18 incidents d’exécutions par l’OCRB et ont reçu des informations crédibles concernant 12 autres personnes tuées de manière semblable entre mars 2015 et mars 2016. Une victime, Samson Ndakouzou, âgée de 14 ans, avait été accusée de vol. Des témoins ont déclaré que le garçon avait été emmené avec une autre victime sur un terrain vague où les hommes de Yékoua-Ketté lui ont tiré une balle dans le dos et à la gorge alors qu’il avait les mains liées dans le dos.

 

En février 2016, Human Rights Watch a partagé ses recherches sur ces exécutions avec de hauts responsables de la police qui n’ont pas contesté les conclusions.

 

Bien que certaines victimes semblent avoir été liées à des activités criminelles, Human Rights Watch a conclu que les circonstances de leur arrestation ou de leur exécution ne justifiaient pas l’emploi de la force létale et que les meurtres constituaient des exécutions extrajudiciaires en violation du droit international.

 

Selon des témoins, Romaric Vounbo, âgé de 28 ans et père de deux enfants, a été exécuté par Yékoua-Ketté directement le 28 octobre 2015. Ils ont déclaré à Human Rights Watch que Yékoua-Ketté lui avait tiré dans le ventre à deux reprises. L’un des témoins a ajouté que, comme il ne s’écroulait pas : « Yékoua-Ketté a dit à Romaric Vounbo d’ouvrir la bouche, mais il [Vounbo] a refusé. Yékoua-Ketté lui a mis son revolver dans la bouche par la force et a tiré. Sa cervelle a explosé à l’arrière de son crâne. »

 

Une autre victime, Urie Kolaba, âgée de 20 ans, a été arrêtée le 22 octobre et retenue dans les locaux de l’OCRB. Un témoin a expliqué : « Yékoua-Ketté a demandé à Urie de dire ses derniers mots à ses parents, mais Urie a déclaré qu’il n’avait rien à dire. Yékoua-Ketté lui [Kolaba] a alors ordonné de se tourner et l’un de ses agents lui a tiré dans la tête. » Human Rights Watch a vu des clichés d’Urie Kolaba pris à la morgue sur lesquels il apparaît qu’on lui a tiré dans l’œil droit.

 

Des membres parmi les familles de certaines victimes ont affirmé à Human Rights Watch que Yékoua-Ketté lui-même leur avait dit que leurs proches avaient été tués tandis qu’ils étaient sous la garde de l’OCRB. Yékoua-Ketté a dit à un proche d’Urie Kolaba qu’il n’était plus dans les locaux de l’OCRB, mais que son corps se trouvait à la morgue.

 

Yékoua-Ketté a personnellement arrêté une autre victime, Cyril Ndourogbo, le 14 janvier 2016. Des proches ont rapporté que le 16 janvier, Yékoua-Ketté leur avait déclaré qu’il « étai[t] à sa recherche [Ndourogbo]. Quand je l’ai eu, je l’ai tué. Vous trouverez son corps dans un sac sur le fleuve Oubangui. »

 

Dans d’autres cas, Human Rights Watch a été en mesure de confirmer grâce à des témoins oculaires que l’OCRB avait arrêté la victime avant que son corps ne soit retrouvé soit le jour même soit quelques jours plus tard sur les rives du fleuve Oubangui. Human Rights Watch a également documenté deux cas et entendu parler de plusieurs autres, dans lesquels les familles des prisonniers avaient été forcées de verser un pot-de-vin à Yékoua-Ketté pour obtenir la libération de leurs proches de la prison de l’OCRB.

 

Human Rights Watch a établi que 16 des victimes n’étaient pas armées lors de leur arrestation et qu’elles ne présentaient aucune menace pour la vie des policiers ou du public. Deux victimes auraient été armées au moment de leur arrestation avant d’être désarmées par les policiers, puis exécutées ultérieurement. Deux autres victimes étaient suspectées de jet de grenades lors d’une tentative de vol, blessant au moins cinq personnes, mais n’étaient pas armées lors de leur arrestation et exécution. Human Rights Watch a corroboré qu’au moins cinq individus dont Samson Ndakouzou, 14 ans, avaient été détenus dans un cachot de l’OCRB avant d’être sommairement exécutés.

 

Human Rights Watch a rencontré Yékoua-Ketté en novembre 2015. Il avait alors déclaré que les taux de criminalité à Bangui avaient augmenté, en particulier depuis une évasion de la prison centrale de Ngaragba à Bangui et qu’il avait « trop de travail à faire avec trop peu de moyens », mais qu’il veillait à ce que ses hommes opèrent dans le cadre de la loi.

 

Human Rights Watch a partagé les conclusions de ses recherches avec le gouvernement transitoire et a demandé la suspension de ses fonctions de Yékoua-Ketté ainsi que l’ouverture d’une enquête le concernant dans une lettre confidentielle en date du 29 mars 2016. Human Rights Watch a réitéré sa demande dans une lettre datée du 26 avril 2016 adressée au gouvernement actuel, entré en fonction le 30 mars 2016.

 

L’organisation n’a reçu aucune réponse des autorités gouvernementales de transition. Toutefois, des membres haut placés du gouvernement actuel ont assuré à Human Rights Watch que des mesures seraient prises pour démettre Yékoua-Ketté de ses fonctions. Depuis, de hauts représentants de la justice ont déclaré à Human Rights Watch être prêts à enquêter sur les exécutions et à entamer des poursuites judiciaires si les allégations étaient fondées.

 

« Robert Yékoua-Ketté et ses hommes ont clairement pensé qu’ils pouvaient exécuter les gens en toute impunité », a déclaré Lewis Mudge. « Le nouveau gouvernement, soutenu par la communauté internationale, a pris la bonne décision en démettant Yékoua-Ketté de ses fonctions. Mais il doit à présent montrer aux Centrafricains que même les commandants "intouchables" devront rendre des comptes. »

 

La composante des droits humains de la MINUSCA, la mission de maintien de la paix des Nations Unies en République centrafricaine, a enquêté sur les exécutions perpétrées par l’OCRB depuis mars 2015 et a soulevé le problème à plusieurs reprises, tant de manière informelle que dans le cadre de correspondances officielles avec les autorités de transition et le nouveau gouvernement. Yékoua-Ketté a reconnu devant des représentants de la MINUSCA avoir ordonné l’exécution d’au moins deux hommes, Nathan Badi et Saint-Cyr Dezoua, tous deux tués par des agents de l’OCRB dans le quartier Miskine, le 31 juillet 2015.

 

Le droit international et celui de la République centrafricaine interdisent les exécutions arbitraires et sommaires de détenus ou de suspects. Les principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application de la loi exigent de ces derniers le recours à des moyens non violents dans la mesure du possible et celui à la force meurtrière seulement pour protéger des vies humaines. Ces principes exigent également des gouvernements de veiller à ce que l’utilisation arbitraire ou abusive de la force et des armes à feu par les responsables de l’application de la loi soit punie par la législation comme une infraction passible de sanctions pénales.

 

Plusieurs membres des familles des victimes ont déclaré à Human Rights Watch qu’ils poursuivraient Yékoua-Ketté devant les tribunaux locaux s’ils se sentaient en sécurité pour ce faire. Le mandat de la MINUSCA inclut le soutien à la police nationale et aux institutions judiciaires. Il pourrait aussi englober la protection des témoins dans le cadre d’affaires sensibles comme les poursuites engagées contre Yékoua-Ketté pour meurtres commis par lui-même ou des hommes placés sous son commandement.

 

La MINUSCA devrait prêter assistance au gouvernement national en matière de justice, d’enquête et de protection dans le cadre de ses efforts pour que l’OCRB ait à répondre de ses actes.

 

« C’est une bonne chose que Yékoua-Ketté ait été démis de ses fonctions, mais cela ne doit pas s’arrêter là », a déclaré le père d’une victime à Human Rights Watch.« J’ai la photo de mon fils sur moi et je la garderai sur moi jusqu’au jour où Yékoua-Ketté comparaîtra devant un juge pour expliquer pourquoi il a assassiné mon fils de sang-froid. »

 

Pour davantage d’informations sur les exactions commises par l’OCRB, veuillez lire la suite.

 

Pour consulter d’autres communiqués et rapports de Human Rights Watch sur la République centrafricaine, veuillez consulter ce lien :

 

https://www.hrw.org/fr/afrique/republique-centrafricaine

Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter :


À Nairobi, Lewis Mudge (anglais, français) : +254-700-65-75-69 (portable) ; ou +1-646-637-3801 ; ou mudgel@hrw.org. Sur Twitter :

@LewisMudge  

                                                                 

À Paris, Bénédicte Jeannerod (anglais, français) : +33-1-43-59-55-31 ; ou +33-6-74-32-88-94 ; ou jeanneb@hrw.org. Sur Twitter : @BenJeannerod

 

À New York, Philippe Bolopion (anglais, français) : +1-212-216-1276 ; ou +1-917-734-3201 (portable) ; ou bolopion@hrw.org. Sur Twitter : @Bolopion

 

L’OCRB

 

L’OCRB est une unité spéciale de la police créée pour s’occuper de la montée du banditisme à la suite d’une série de mutineries de l’armée en 1996 et 1997. L’unité a été principalement active à Bangui. De 2006 à 2013, elle a été impliquée dans des actes de détention illégale, de torture et des meurtres extrajudiciaires, y compris dans la disparition hautement médiatisée de Jean Bianga, chauffeur de l’ancien ministre des Finances, en 2012.

 

En décembre 2015, la MINUSCA a publié un rapport sur les droits humains dans lequel elle a souligné l’arrestation et le passage à tabac de 21 enfants des rues par l’OCRB. Les enfants ont été détenus pendant deux jours, puis relâchés.

 

Le siège de l’OCRB est situé dans le centre de Bangui, près du PK0, mais il dispose de représentants dans les bureaux de police de Damala, 92 Logements, Ngouciment, PK13, Bangouma, et Katine Plateau.

 

Yékoua-Ketté a été nommé directeur de l’OCRB par un décret de la présidente de transition, Catherine Samba-Panza, en février 2015, alors que le pays sortait de plus deux ans de conflit sectaire prolongé. La violence était particulièrement extrême à Bangui, où des combats de grande envergure se sont déroulés pas plus tard qu’en novembre 2015. La criminalité de rue a également augmenté pendant le conflit.

 

Bien que d’autres allégations d’abus par l’unité de lutte contre la criminalité précèdent la nomination de Yékoua-Kétté au poste de directeur, Human Rights Watch a constaté une vague de meurtres depuis sa prise de fonction début 2015.

 

Pendant sa direction, Yékoua-Ketté a été affublé du titre de « shérif de Bangui » à cause de sa réputation de tuer des criminels présumés sur-le-champ et de son habitude de porter un chapeau de cowboy. Yékoua-Ketté est lieutenant dans l’armée nationale, mais s’est déclaré colonel et a rejoint les rangs de la Séléka, une coalition de rebelles principalement musulmans ayant contrôlé Bangui de mars 2013 à janvier 2014. Le règne de la Séléka a été marqué par de graves violations des droits humains.

 

Victimes d’exécutions extrajudiciaires commises par l’OCRB entre avril 2015 et mars 2016

 

Alfred Yawi, tué entre le 24 et le 26 avril 2015

 

Âgé de 35 ans et père de quatre enfants, Alfred Yawi a été arrêté par Yékoua-Ketté et des agents de l’OCRB hors de son domicile près du quartier PK13 à Bangui, dans le début de l’après-midi du 24 avril. Yawi n’a pas résisté à l’arrestation, a rapporté un témoin. Un membre de la famille a déclaré : « Nous savions qu’il avait été emmené dans les locaux de l’OCRB, mais nous ne sommes pas allés le chercher car il est difficile, voire dangereux, de s’y rendre pour parler au "shérif de Bangui" sans avoir été invité. »

 

Deux jours plus tard, des membres de la famille ont entendu une annonce à la radio indiquant qu’un corps avait été retrouvé au bord du fleuve Oubangui dans le 2earrondissement. Des membres de la famille ont identifié le corps comme étant celui de Yawi, qui avait apparemment eu les mains liées dans le dos au moment de son exécution. Un témoin qui avait vu l’unité de police l’arrêter a affirmé : « Il portait les mêmes vêtements que lorsqu’il a été emmené. Son corps avait déjà commencé à se décomposer, nous n’avons donc pas eu d’autre choix que de l’emmener au cimetière. »

 

Nathan Badi et Saint-Cyr Dezoua, tués le 31 juillet 2015

 

Des témoins ont vu Nathan Badi, 28 ans, et Saint-Cyr Dezoua, 25 ans, fuir en courant un véhicule de l’OCRB dans le quartier Miskine le 31 juillet 2015. Ils n’étaient pas armés. « Je me trouvais devant une maison près du rond-point lorsque j’ai vu les deux jeunes hommes marcher », a déclaré un témoin. « Je connaissais Saint-Cyr. Un pick-up de l’OCRB s’est arrêté avoir les avoir dépassés et les deux se sont mis à courir. Le véhicule a fait demi-tour et a accéléré à leur poursuite. Environ une minute plus tard, j’ai entendu des coups de feu. Le lendemain matin, j’ai entendu dire dans la rue que les hommes de Yékoua-Kétté avaient tué deux bandits. Je savais qu’ils devaient parler de Saint-Cyr. Je suis allé directement à la morgue et j’ai vu les garçons. Saint-Cyr avait reçu deux balles dans la poitrine. »

 

Des représentants de la morgue ont indiqué à Human Rights Watch que lorsque les corps ont été déposés, un agent de l’OCRB a déclaré qu’il s’agissait de voleurs. D’autres sources ont rapporté que les hommes avaient été accusés d’avoir jeté une grenade pendant un cambriolage dans le quartier 36 Villas, causant cinq blessés.

 

Emmanuel Régavé et Isaac, tués le 22 octobre 2015

 

Âgé de 23 ans et père d’un enfant, Emmanuel Régavé a été arrêté par la police en même temps qu’un ressortissant congolais connu sous le nom d’Isaac, le 22 octobre dans le quartier Ouango. Les deux hommes étaient accusés de vol et avaient été identifiés par des personnes locales à la police la nuit précédente. Des témoins ont raconté que la police avait appelé l’OCRB après avoir arrêté Emmanuel Régavé. Ils ont décrit que Yékoua-Ketté était arrivé avec ses hommes et, dès qu’il a vu Emmanuel Régavé, il s’est exclamé « Ah ! Maintenant, tu vas mourir ! »

 

Plus tôt ce jour-là, l’OCRB avait arrêté un complice présumé de Régavé, Urie Kolaba. Kolaba, Régavé et Isaac ont été détenus un court instant devant le domicile de Régavé avant que Yékoua-Ketté n’ordonne à Kolaba de monter dans le pick-up de police, dans lequel se trouvait déjà un voleur présumé de 14 ans, Samson Ndakouzou, selon les affirmations de témoins.

 

À cet instant, plus d’une dizaine de témoins assistaient à la scène. Des témoins ont déclaré que Yékoua-Ketté avait ordonné à ses hommes de tirer sur Régavé et Isaac alors qu’ils se tenaient hors du domicile de Régavé. Isaac a tenté de s’enfuir lorsqu’il a entendu l’ordre, mais a été rapidement rattrapé. « L’un des hommes de Yékoua-Kétté a tiré deux balles en l’air pour nous faire fuir, puis il a tiré rapidement sur Emmanuel et le Congolais », a rapporté un témoin. « L’OCRB est ensuite parti avec les prisonniers. » Isaac n’était pas mort, selon les dires d’un autre témoin : « Il était vivant, il pouvait demander de l’eau. L’OCRB est revenu environ 30 minutes plus tard pour l’achever. » Les corps ont été laissés par terre.

 

Samson Ndakouzou et Urie Kolaba, tués le 24 octobre 2015

 

Samson Ndakouzou, suspecté de vol, a été arrêté par les autorités locales dans le 7e arrondissement le 22 octobre. Le même jour, il a été remis aux mains de l’OCRB qui l’a gardé en détention dans son quartier général pendant deux jours.

 

Urie Kolaba a également été arrêté le 22 octobre et emmené au quartier général de l’OCRB après l’exécution d’Emmanuel Régavé et d’Isaac. Un proche est venu rendre visite à Kolaba le 22 et le 23 octobre et a pu lui parler. Il a raconté avoir imploré pour la vie de Kolaba auprès de Yékoua-Ketté, mais ce dernier lui a répondu : « Non, c’était un voleur qui a essayé de voler avec son ami, alors nous le tuerons. » Ce proche a indiqué que Kolaba lui a dit : « Ils disent qu’ils vont me tuer, ils ne s’en cachent pas. J’ai tellement peur. »

 

Ndakouzou et Kolaba ont été tués dans un secteur du 7e arrondissement appelé le Jardin des fleurs, un terrain vague à proximité de quelques maisons. Un témoin a déclaré que Yékoua-Ketté avait ordonné à ses hommes de tirer dans le dos des deux hommes : « Après avoir tiré sur Urie, ils ont demandé à Samson de se retourner. Il avait les mains attachées dans le dos. Ils lui ont tiré dans le dos et à la gorge. » Le proche qui avait rendu visite à Kolaba en prison a vu son corps à la morgue : « Urie avait reçu trois balles, une dans la tête, une dans le cou et une dans le dos. »

 

La famille de Ndakouzou a récupéré son corps plus tard à la morgue.

 

Romaric Vounbo, tué le 28 octobre 2015

 

Romaric Vounbo, 28 ans, a été arrêté pour vol et détenu à la prison de Ngaragba. Le 28 septembre, il fut l’un des 500 à 700 prisonniers à s’enfuir lors d’une évasion massive. Des passants l’ont identifié le 28 octobre alors qu’il prenait un verre dans un bar de La Kouanga. La police a été mise au courant et est venue l’arrêter. Ses amis l’ont suivi jusqu’au poste de police dans le 2e arrondissement et l’ont vu être embarqué par un véhicule de l’OCRB. Il a été emmené dans la périphérie du 7earrondissement, près du Jardin des fleurs, où Yékoua-Ketté l’a exécuté.

 

Un témoin a déclaré :

 

Nous nous cachions dans les herbes hautes. Les hommes de Yékoua-Kétté ont fait asseoir Romaric sur le sol près du véhicule. Nous avons vu Yékoua-Ketté sortir du pick-up et les gardiens ont dit à [Vounbo] de se lever. Il semblait avoir mal mais il s’est levé. Les hommes l’ont poussé vers Yékoua-Ketté et lui ont ôté ses menottes. Il l’a ensuite forcé à se mettre à genoux. Yékoua-Ketté a pointé un fusil sur lui et a crié « Est-ce que c’est vrai ? Est-ce que vrai ? Parle maintenant ! » Romaric disait« Je suis désolé, pardonnez-moi ! » Il avait les mains étendues. Yékoua-Ketté lui a tiré dans le ventre, mais Romaric n’est pas tombé. Il a commencé à saigner, mais il n’est pas tombé. Yékoua-Ketté a tiré un deuxième coup, il ne tombait toujours pas. Yékoua-Ketté a secoué la tête et est retourné à sa voiture pour chercher son revolver. Il est revenu... a mis de force son revolver dans la bouche de Romaric et lui a tiré dans la tête.

 

Un proche de Vounbo a dit : « J’ai vu son corps. L’arrière de sa tête avait explosé. Son visage était intact, mais le crâne était vide. Il avait aussi reçu deux balles dans la poitrine... Comment peuvent-ils arrêter quelqu’un à 16 h et le tuer comme ça à 17 h 30 ? »

 

Gervais Magna, tué le 4 novembre 2015

 

Âgé de 33 ans et père de 6 enfants, Gervais Magna dirigeait un groupe anti-balaka, des milices majoritairement chrétiennes et animistes ayant lutté contre la Séléka, dans la province de Lobaye. Le 3 novembre 2016, une fille de 16 ans est morte dans son village et Magna a pris la tête d’un groupe qui accusa une vieille femme d’avoir causé la mort de la fille à coup de sorcellerie. Le groupe a battu la femme à mort. La police a arrêté Magna, qui a résisté à l’arrestation et s’est battu avec la police. La police a appelé Yékoua-Kétté. Un proche de Magna a déclaré : « Nous savions qu’ils avaient appelé l’OCRB, mais nous pensions qu’il serait amené à Mbaïki [la capitale de la province de Lobaye]. »

 

Des témoins ont affirmé que Yékoua-Ketté est arrivé l’après-midi suivant et a emmené Magna. Les proches de Magna ont tenté d’accompagner le véhicule de l’OCRB mais Yékoua-Ketté ne l’a pas autorisé. L’un de ses hommes a annoncé à la famille : « Suivez-nous jusqu’à Bangui et retrouvez-le au quartier général de l’OCRB. » Le lendemain matin, tandis que la famille collectait de l’argent pour payer les transports jusqu’à Bangui, elle a reçu un appel indiquant que le corps de Magna avait été retrouvé la nuit précédente près d’une plantation forestière le long de la route principale menant à la capitale. « Nous sommes allés dans la zone indiquée et nous avons retrouvé son corps enveloppé dans un tissu », a rapporté un proche. « On lui avait tiré dessus deux fois, une fois dans la tête, une fois dans le dos. »

 

Jordi Befio, tué entre le 5 et le 7 décembre 2015

 

Jordi Befio, 19 ans, a été arrêté le 5 décembre par l’OCRB au cours d’une bagarre au marché de Pétévo. Un témoin a déclaré que Yékoua-Ketté est arrivé pendant la lutte et est sorti de son pick-up pour évaluer la situation. Le témoin a expliqué que Befio avait un couteau pendant la lutte, mais l’a lâché immédiatement sur les ordres des agents de l’OCRB. Befio a été arrêté par Yékoua-Ketté et ses hommes. Sa famille l’a cherché sans succès pendant deux jours dans les postes de police locaux, et le 7 décembre, elle a retrouvé son corps le long des rives du fleuve Oubangui dans le 2earrondissement. Un proche a déclaré : « J’ai vu son corps. Il avait reçu deux balles dans le flanc. Son abdomen et ses intestins ressortaient. Nous avons placé le corps dans un cercueil et nous sommes allés directement l’enterrer car il commençait à se décomposer. Ce n’était pas un criminel. Il a juste pris une mauvaise décision ce jour-là lors de la bagarre. Il ne méritait pas cela. »

 

Raymond Gongalut, tué le 24 ou le 25 décembre 2015

 

Âgé d’une cinquantaine d’années et père de trois enfants, Raymond Gongalut, membre présumé d’un groupe anti-balaka, a été arrêté sur sa moto le 24 décembre dans le 8e arrondissement par des agents de l’OCRB. Des témoins ont déclaré que Gongalut tenait une grenade au moment de l’arrestation mais qu’il n’a pas résisté et que les agents de l’OCRB l’ont désarmé sur place sans user de force.

 

Un proche s’est rendu au quartier général de l’OCRB le jour même pour le voir :« Lorsque nous sommes arrivés à l’OCRB, ils ont confirmé qu’il était là mais ils ne nous ont pas laissés le voir. Le lendemain matin, nous y sommes allés à 6 h du matin. Cette fois encore, nous avons demandé à voir Raymond et l’agent a dit " Nous l’avons emmené à 4 h"J’ai eu peur car cela signifie qu’il faut aller à l’hôpital pour récupérer le corps. Nous sommes allés à l’hôpital et avons trouvé son corps à la morgue. » Il avait reçu quatre balles dans le ventre.

 

Senele Ombade, tué le 10 janvier 2016

 

Yékoua-Ketté et des agents de l’OCRB ont arrêté Senele Ombade, chauffeur de taxi moto âgé de 31 ans, le 10 janvier près du carrefour d’Abed Goumba dans le 5e arrondissement, selon les dires de témoins. Les motifs de son arrestation restent obscurs.

 

Un proche de Ombade a déclaré : « Lorsque j’ai entendu dire qu’il avait été emmené par l’OCRB, je me suis rendu immédiatement au quartier général pour le chercher. Il n’était pas là. Ensuite, alors que j’étais en ville, j’ai entendu dire que des corps avaient été retrouvés à Ouango [un quartier du 7e arrondissement]. Je suis allé à Ouango et j’ai retrouvé son corps sur la route en direction de Kassai. Il avait été jeté là et personne n’avait réclamé le corps. On lui avait tiré dans la tête. »

 

Cyril Ndourogbo, tué le 14 ou le 15 janvier 2016

 

Yékoua-Ketté a arrêté Cyril Ndourogbo, âgé de 24 ans et père de deux enfants, lors d’un enterrement dans le quartier UCATEX dans la soirée du 14 janvier. Un témoin a raconté : « Yékoua-Ketté est arrivé et a enfoncé son revolver dans la poitrine de Cyril, puis lui a ordonné de bouger. Je les ai suivis jusqu’au parking et j’ai vu Cyril être embarqué dans le pick-up de l’OCRB. Ils l’ont forcé à s’allonger à l’arrière. Yékoua-Ketté conduisait et ses hommes étaient derrière. » La famille de Ndourogbo s’est rendue au quartier général de l’OCRB le 15 janvier mais n’a pu obtenir aucune information officielle à son sujet. Toutefois, un prisonnier de l’OCRB qu’ils connaissaient de leur quartier leur a dit : « Cyril a été tué hier et son corps a été placé dans un sac. J’ai dû aider à jeter le sac dans le fleuve. »

 

Le 16 janvier, la famille est retournée dans les locaux de l’OCRB. Plusieurs membres de la famille ont déclaré que Yékoua-Ketté s’est énervé contre eux et a demandé à ses hommes de les faire sortir de force de l’enceinte. Avant qu’ils ne partent, il leur a crié : « J’étais à sa [Ndourogbo] recherche. Quand je l’ai trouvé, je l’ai tué. Vous trouverez son corps dans un sac sur le fleuve Oubangui. » Son corps n’a pas été retrouvé.

 

Rufen Balekouzou, tué entre le 17 et le 20 janvier 2016

 

Le 16 janvier, des agents de l’OCRB ont arrêté Rufen Balekouzou, âgé de 32 ans et père de deux enfants, sur son lieu de travail au Kilomètre 5 et l’ont embarqué dans leur véhicule. Le jour suivant, des membres de sa famille ont rendu visite à Balekouzou dans le centre de détention de l’OCRB. « J’ai payé 500 francs (environ 0,85 dollars US) pour parler à Rufen », a expliqué un proche. « Nous avons parlé pendant une heure environ. Il m’a expliqué qu’il était accusé de vol. Il m’a dit "J’ai très peur, les conditions sont très mauvaises ici." »

 

Lorsque des membres de la famille sont retournés lui rendre visite le 20 janvier, on leur a dit qu’il avait été transféré à la prison centrale de Ngaragba, mais ils n’ont pas pu le trouver là-bas. Plus tard le même jour, ils ont entendu une annonce à la radio indiquant la découverte d’un corps le long du fleuve Oubangui. C’était celui de Balekouzou. Il avait reçu quatre balles.

 

Faustin Ngoudi, tué aux alentours du 20 janvier 2016

 

Âgé de 26 ans et père d’un enfant, Faustin Ngoudi, que ses connaissances ont décrit comme un criminel réputé, a été tué par balle par l’OCRB à Kina autour du 20 janvier. « C’était entre 9 h et 10 h du matin », a expliqué un témoin. « C’était après le conflit d’octobre dernier, le quartier avait été abandonné. J’y retournais parfois pour vendre du pain et voir ce qui se passait. À cette heure-là, il était rare de voir un véhicule passer. Alors, lorsque le pick-up de l’OCRB est passé avec des agents à l’arrière, je l’ai remarqué. Juste après son passage, j’ai entendu huit ou neuf coups de feu près du marché de Kokoro... Des personnes sont alors venues de cette direction en courant, en criant que des hommes venaient d’être abattus là-bas. J’ai couru et j’ai vu que Faustin avait été tué par balle. »

 

Un autre témoin a vu un véhicule de l’OCRB lâcher le corps de Ngoudi près de l’église Notre-Dame de Fatima, plus tard ce jour-là. Faustin Ngoudi avait reçu quatre balles dans le ventre.

 

Jean-Noël Bebona, tué le 27 janvier 2016

 

Âgé de 33 ans et père de trois enfants, Jean-Noël Bebona, ancien combattant anti-balaka, a été arrêté et tué par l’OCRB alors qu’il vendait des produits près du marché de Poumale, à l’extérieur du 7e arrondissement. Des témoins l’ont vu implorer pour sa vie avant d’être tué par balle. Un proche a déclaré : « Lorsque nous sommes arrivés à la morgue, un gardien est venu et nous a demandé ce que nous voulions. Je lui ai dit "Nous cherchons un corps qui a été emmené ici par l’OCRB." Il a répondu"Oui, ils ont déposé un corps ici." J’ai vu son corps, il avait reçu une balle dans la tête et dans le dos. »

 

Romaric Yakoro, tué le 13 février 2016

 

Romaric Yakoro, 19 ans, alias « Likolo », a été arrêté pour vol la nuit du 12 février par des soldats dans le quartier de Yassi-Mandji. Le 13 février, il a été transféré au poste de l’OCRB à Ngouciment. Yékoua-Ketté est venu le chercher peu de temps après. Un chauffeur de taxi moto qui connaissait Yakoro a déclaré :

 

Il était aux alentours de 11 h du matin. J’emmenais un client en ville près de l’hôtel Oubangui. Je m’étais arrêté pour prendre de l’essence lorsque j’ai vu le pick-up de l’OCRB passer à toute vitesse. Lorsqu’il est passé, j’ai vu Likolo à l’arrière. Il était avec deux agents de l’OCRB. Yékoua-Ketté conduisait. Je savais que Yékoua-Ketté tuait des criminels en ville et je savais que Likolo était en danger. J’ai donc laissé mon client et j’ai suivi le véhicule de l’OCRB jusqu’au 7e arrondissement. Nous nous sommes dirigés vers Ouango. J’étais juste derrière eux et j’ai vu Likolo à l’arrière avec les deux policiers. Je pensais qu’ils allaient amener Likolo à [la prison centrale de] Ngaragba, mais ce ne fut pas le cas, ils dépassèrent la prison. Je me suis donc arrêté et j’ai attendu qu’ils reviennent.

 

Environ 30 à 40 minutes plus tard, le véhicule est revenu les phares allumés. Le hayon était ouvert et deux pieds dépassaient. Les pieds basculèrent sur le côté.

 

Je suis allé à Yassi-Mandji et j’ai raconté que j’avais vu Likolo se faire embarquer par l’OCRB et qu’il semblait avoir été tué. On m’a dit qu’il avait été emmené plus tôt par les militaires jusqu’à la base de l’OCRB et que Yékoua-Ketté l’avait récupéré. Nous savions donc qu’il était mort.

 

Des proches ont finalement retrouvé le corps de Yakoro à la morgue. Yakoro avait reçu deux balles dans l’abdomen.

 

Hervé Zangouli, tué le 4 ou le 5 mars 2016

 

Hervé Zangouli a été arrêté par l’OCRB le 4 mars alors qu’il fumait de la marijuana le long du fleuve Oubangui River près du PK0, d’après des témoins. Il a été vu vivant pour la dernière fois à l’arrière d’un pick-up de l’OCRB. Son corps a été retrouvé tôt le lendemain matin au bord du fleuve Oubangui. Un membre de la famille a déclaré à Human Rights Watch que Zangouli avait reçu une balle dans la poitrine.

 

Versements de rançons à l’OCRB

 

Human Rights Watch a noté deux cas dans lesquels Yékoua-Ketté a retenu personnellement des prisonniers en échange d’une rançon réclamée à leurs familles.

 

L’unité de police a détenu une femme de 18 ans pendant environ 6 semaines entre le 22 octobre et début décembre 2015. Elle a déclaré que Yékoua-Ketté l’a menacée de mort à multiples reprises et qu’elle avait fait une fausse-couche dans la prison de l’OCRB : « J’ai dû rester deux jours dans mon propre sang avant qu’ils n’autorisent ma famille à me donner du savon pour que je puisse me nettoyer. » Yékoua-Ketté a réclamé 100 000 francs (environ 170 dollars US) à sa famille, mais ils ont pu négocier un prix plus bas. La femme n’a jamais été accusée de crime.

 

Le 28 avril 2016, Yékoua-Ketté et ses hommes ont arrêté un ancien combattant anti-balaka âgé de 25 ans, le long du fleuve Oubangui. L’homme était accusé d’avoir commis un vol armé plus tôt dans l’année. Yékoua-Ketté a ordonné à ses hommes de battre l’homme en public et l’a emmené au quartier général de l’OCRB. Yékoua-Ketté a ensuite réclamé 100 000 francs (environ 170 dollars US) à la famille pour libérer l’ancien combattant anti-balaka. Au bout de 10 jours, la famille a pu négocier un prix plus bas et leur proche a été libéré sans aucune poursuite.

 

République centrafricaine : Une unité de police a tué 18 personnes de sang-froid (HRW)
République centrafricaine : Une unité de police a tué 18 personnes de sang-froid (HRW)
Centrafrique-Presse.com
26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 20:33

 

 

 

Après deux ans de suspension pour cause de conflit, la compagnie aérienne Kenya Airways a décidé d’augmenter ses vols à destination de Centrafrique, selon un communiqué de la représentation de la compagnie à Bangui. Kenya Airways a repris depuis un an ses vols à destination de Centrafrique, indique-t-on. Désormais les vols de Kenya Airways passent de deux à trois fois par semaine.

 

La destination Centrafrique devient fréquentable et constitue un plus pour l’économie centrafricaine. Bangui n’attire plus depuis un certain temps les compagnies aériennes à cause de l’insécurité qui y règne.

 

Apanews

KENYA AIRWAYS AUGMENTE LE NOMBRE DE SES VOLS À DESTINATION DE BANGUI
Centrafrique-Presse.com
26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 20:30

 

 

La cérémonie marquant la fin de la quatrième et la dernière session de formation des douaniers sur le nouveau régime de transit communautaire en zone CEMAC s’est déroulée le 17 juin 2016 à la salle de conférence de l’Institut des Statistiques et Etudes Economiques et Sociales (ISEES) à Bangui. En présence de M. Bertin Dimanche, chargé de mission en matière des recettes et représentant du Ministre des finances et du budget empêché. Le rideau est tombé sur la quatrième et la dernière session de formation des cadres et agents de la Douane centrafricaine sur la nouvelle procédure du régime de transit communautaire en zone CEMAC.

 

Démarrée le 8 février 2016, cette série de formations organisée par le Projet de Facilitation des Transports et du Transit en zone CEMAC (PFTTCEMAC) – Composante centrafricaine grâce au financement de la Banque Mondiale vise à renforcer les capacités des participants afin de les « hisser au rang de leurs pairs de la sous-région », a précisé le coordonnateur dudit projet, Noël Gbeba. Dans la mesure où « la vulgarisation de la nouvelle procédure du régime de transit communautaire constitue, aujourd’hui, l’une des mesures phares de modernisation de l’administration centrafricaine », a pour sa part renchéri Frédéric Théodore Inamo, Directeur Général des Douanes et Droits Indirects.

 

Problèmes et solutions

 

Les participants aux différents ateliers de formation organisés par le PFTT-CEMAC ont été outillés sur les bases juridiques du nouveau régime de transit communautaire en zone CEMAC, les éléments principaux tels que le cautionnement unique et les simplifications au régime, les échanges électroniques des informations et la juxtaposition des systèmes sydonia++ et world transit. Lors de débats, très enrichissants, les participants ont égrené un chapelet de difficultés qui mettent à mal le fonctionnement de la Douane centrafricaine ces temps-ci. Outre l’insuffisance en personnes ressources, la Douance centrafricaine est confrontée au manque de moyens logistiques et autres équipements pour assurer la surveillance tant terrestre que fluviale.

 

A cela s’ajoute le manque de formation des douaniers constatés dans différents domaines spécifiques, le retard dans le traitement des manifestes par les autorités portuaires camerounaises et les tracasseries que subissent les transporteurs centrafricains à Yassa au Cameroun. Les participants aux ateliers de formation ont choisi comme solutions : la transmission automatique des manifestes aux douaniers du guichet unique de transit de la Douane par les autorités camerounaises ; la création d’une aire de stationnement pour les transporteurs centrafricains à Yassa ; la mise en œuvre des mesures incitatives du point de vue des salaires, du plan de carrière pour motiver les douaniers aux fins de leur permettre de bien sécuriser et renflouer la caisse de l’Etat ; la formation dans les domaines spécifiques comme la lutte contre les stupéfiants et des médicaments contrefaits ; le recrutement d’autres agents d’exécution à la Douane ; la réhabilitation du poste de contrôle douanier du pk 26 ; la dotation de la Douane en moyens roulants, en outil de communication et équipements spécifiques (torches, marquages à décharges électroniques, gilets de protection, ballons gonflables de secours…).

 

La Douane centrafricaine, un grand chantier Comme on le voit, beaucoup de chemin reste à parcourir pour la Douane centrafricaine. Frappée de plein fouet par la dernière crise militaro-politique, cette structure se doit de sortir la tête de l’eau à cette ère de la dématérialisation des administrations douanières marquée par la promotion du concept « douane numérique ».

 

C’est pourquoi, la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects gagnerait « à saisir l’opportunité qu’offre la Banque Mondiale pour préparer la mise en œuvre de la nouvelle procédure de transit communautaire », a souligné Frédéric Théodore Inamo. Notons que la Banque Mondiale a toujours été au chevet de la Douane centrafricaine. Appui d’autant plus justifié que les recettes de la Douane centrafricaine représentent plus de 40% du budget de l’Etat. Aujourd’hui, la Banque se propose d’injecter d’autres milliards de francs CFA dans les projets de réforme de cette Douane, dans le but d’aider la RCA à sortir du marasme économique.

 

Source : Cellule de la Communication du PFTT-CEMAC-Composante Centrafricaine

Les Douaniers centrafricains recommandent de mesures vigoureuses pour sauver leur maison
Centrafrique-Presse.com
26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 20:26

 

 

Communiqué de presse

 

24 JUIN 2016

 

Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge exprime sa vive préoccupation face au regain de violences observé ces derniers jours à Bangui et dans plusieurs villes et localités de la République centrafricaine (RCA) et leurs conséquences sur la situation humanitaire déjà très difficile des populations civiles.

 

« Nous appelons toutes les parties ainsi que les acteurs impliqués dans les violences à épargner les populations civiles et les combattants qui ont cessé de se battre », affirme Monsieur Jean-François Sangsue, chef de la délégation du CICR en RCA.


« Face à la hausse de criminalité dans le pays, laquelle affecte toutes les couches de la société, nous insistons sur le fait que les travailleurs humanitaires ont besoin de sécurité pour être en mesure d'apporter soutien et assistance aux plus nécessiteux », déclare Monsieur Antoine Mbao Bogo, président national de la Croix-Rouge Centrafricaine (CRCA).


Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est représenté en RCA par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le Comité international de la Croix-Rouge, la Croix-Rouge Centrafricaine, la Croix-Rouge française et par le Croissant-Rouge du Qatar.

 

Pour la CRCA : Antoine Mbao-Bogo, Président national


Pour la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge :

Richard Hunlede, représentant-pays

 

Pour le CICR : Jean-François Sangsue, chef de délégation

 

Informations complémentaires :


Germain Mwehu, CICR Bangui, tél. : +236 75 64 30 07

République Centrafricaine: La Croix-Rouge s’inquiète pour les populations civiles et ceux qui leur portent assistance
Centrafrique-Presse.com
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 20:43
Obsèques de Mme Tanga née Jeanne Matrou Yangbanga
Obsèques de Mme Tanga née Jeanne Matrou Yangbanga

 

Elle a été inhumée au cimetière familial au village Gbango au PK 40 Route de Damara

 

Vie militante

 

  • Militante de la première heure du MLPC
  • A gravi tous les échelons, de la cellule au Bureau Politique en passant par l’OLFC devenue MLFC
  • Conseillère politique nationale (CPN) du Haut-Mbomou
  • Directrice Régionale de Campagne pour le Mbomou et le Haut-Mbomou lors des dernières élections
  •  

Vie associative

 

  • Membre du CIAF/Centrafrique
  • Membre du Comité Ad hoc chargé de la préparation du Congrès de l’OFCA
  • Membre de la Fraternité St Joseph
Centrafrique-Presse.com
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 20:05

 

 

APA Bangui (Centrafrique) 2016-06-25 13:55:14 Les membres du gouvernement et du cabinet présidentiel réfléchissent depuis ce samedi à Bangui, sur le processus de mise en place de la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation en Centrafrique.


La Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations Unies pour la République centrafricaine, Diane Corner, mentionne que ce mécanisme de résolution de conflit répond bien au contexte centrafricain.


‘‘La Commission vérité, justice, réparation et réconciliation en Centrafrique apparait comme un ensemble de mécanisme permettant de sauver des situations conflictuelles graves, ou encore confirme des objectifs réalistes permettant d’échapper à l’escalade de la violence et de la vengeance’’, a déclaré Diane Corner.


Et d’ajouter : ‘’Je pense que ces définitions répondent à la situation actuelle de la République centrafricaine qui vient de connaître des situations de conflits et qui sont est résolues’’.


Selon elle, ce mécanisme judiciaire permet aux victimes collectives et individuelles de faire connaître leur souffrance et de pouvoir décider de leur avenir. 


Il offre aussi, poursuit-elle, une occasion historique unique aux décideurs actuels et aux citoyens centrafricains de rechercher la vérité sur tout ce qui a divisé la société et de mener avec succès le processus de la réconciliation. 


En séjour ce samedi à Bangui pour une visite du travail, le vice-président de la Commission-Paix et Sécurité de Burundi, membre du Parlement de la Région des Grands Lacs, Simon Bizimungu a exprimé la ferme détermination du parlement des Grands Lacs à soutenir les nouvelles autorités centrafricaines et les à encourager dans certaines initiatives relatives à la reconstruction du pays.


« L’objectif de notre mission est d’évaluer et apprécier les projets réalisés dans le domaine de la consolidation de la paix en République Centrafricaine », a-t-il dit. 


Simon Bizimungu a apprécié à sa juste valeur les élections qui se sont déroulées en République Centrafricaine, et qui ont abouti par la mise en place de nouvelles institutions.

Il a rappelé que certains parlements de la sous-région des grands lacs ont eu par le passé des expériences similaires à celles qu'a connues la République Centrafricaine. 

Il estime que les parlementaires de la région des grands lacs, par leurs expériences, peuvent aider la République Centrafricaine à se reconstruire.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=4856003#sthash.oxThsFFE.dpuf

Bientôt une commission justice et vérité en Centrafrique
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