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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 00:13

 

 

 

pylone-electrique.jpg

 

Radio Ndéké Luka Dimanche, 17 Avril 2011 14:02

La ville de Bangui connaitra bientôt une réduction considérable des heures de délestage. Les travaux d’installation de la turbine de l’usine de Boali 3 démarrent bientôt. Pour cela, une centaine d’habitants de la ville de Boali (95 kilomètres de Bangui), ont été sensibilisés ce dimanche 17 avril 2011, sur les éventuels dommages que causeront lesdits travaux.

L’information est confirmée ce dimanche par le correspondant de Radio Ndeke Luka. Selon Ousmane Moussa, Directeur des études à l’Energie Centrafricaine (ENERCA), des lignes électriques traverseront les champs et les habitations. La population devra donc quitter les lieux concernés. De ce fait, a-t-il précisé « les propriétaires de ces biens seront dédommagés en conséquence ».

Pour Pierre Bellot Kamo, chef du village Vangué (deux kilomètres de la ville), « l’initiative du gouvernement centrafricain est salutaire et résoudrait en partie l’épineux problème du délestage ». Tirant l’expérience du passé qui consistait à recruter la main d’œuvre externe au détriment de la population locale, Elodie Gonéndji, habitante a plaidé pour le « recrutement massif » des jeunes locaux. Pour elle, « cette faveur contribuerait à réduire le taux du chômage de ces derniers ».

Cette turbine viendra compléter les deux autres construites il y a plus de 50 ans. Celles-ci sont d’ailleurs dans un état de délabrement avancé.

Signalons que la consommation de la ville de Bangui est tombée depuis plusieurs années à moins de 20 mégawatts. Les turbines produisaient entre 40 et 50 mégawatts au départ.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 00:08

 

 

Fini Kode logo

 

 

MANIFESTE POUR UNE NOUVELLE REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

Plus de cinquante ans après l’accession de notre pays à l’indépendance, notre peuple n’a  connu que déception et désillusion. Le bilan dans tous les domaines est catastrophique à tout point de vue. Les promesses répétées d’une société juste, moderne, prospère et harmonieuse ne se sont pas réalisées. Un échec, qui, en un demi-siècle est à la hauteur de notre désenchantement.

La République Centrafricaine, malgré ses nombreuses potentialités en ressources naturelles nettement supérieures à beaucoup d’autres pays africains, est demeurée en queue de peloton. En 2009, elle était classée 179ième sur 182 pays au niveau de l’indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Autrement dit, ni la souveraineté politique encore moins l’indépendance économique et sociale de notre pays ne sont assurées.

La célébration en 2010 des cinquante ans d’indépendance, contraste donc singulièrement avec la misère criarde de la majorité de nos concitoyens. Sitôt  les lampions éteints, les mêmes mots et les mêmes attitudes qui sont à l’origine de nos maux depuis ces cinq dernières décennies ont ressurgi et sont toujours d’actualité ; pire, ils se sont accentués de régime en régime.

Tous les régimes qui se sont succédé au pouvoir ont agi de la même manière. Les dirigeants respectifs se sont placés, sans aucune exception, dans une posture post et néocoloniale dans le seul but d’opprimer le peuple, de satisfaire aux diktats et autres recommandations de leurs mentors. Aucun de ces régimes n’a pu prendre un véritable tournant décisif pour impulser le pays sur la voie du développement social durable. Pour ces dirigeants, s’enrichir le plus rapidement possible a toujours été un leitmotiv, afin disent-ils, de prendre une revanche sur l’on ne sait qui ni quoi. Le syndrome de l’enrichissement rapide et illicite a contaminé tous les hauts cadres, cadres, agents de l’administration publique et des entreprises paraétatiques. La corruption, le détournement des fonds  et des biens publics, les abus de confiance, ce,  avec la bénédiction des principaux dirigeants politiques en sont les désastreuses conséquences.

En l’absence d’une éthique et d’une déontologie, ces « hommes politiques » irresponsables ont fonctionné de la même manière. Pour des besoins bassement égoïstes, ils n’ont eu de cesse de diviser la Nation, en surfant sur la fibre clanique et tribale. Ils ont ainsi sacralisé la médiocrité en nommant à la tête des sociétés paraétatiques et dans les hautes fonctions de l’État, leurs enfants, parents et amis incompétents. Ils ont fait preuve d’un manque de vision et d’une stratégie à long terme qui aurait pu jeter les bases d’une société moderne et performante. Cette gouvernance à vue s’est traduite par une totale absence de politique sociale depuis un demi-siècle. Ce faisant, ils ont sciemment bloqué le processus de compétition qui aurait pu galvaniser et faire émerger une classe moyenne.

De même, une multitude de partis politiques à l’idéologie indéterminée, prête à tisser des alliances contre-nature avec le régime en place au gré de leurs intérêts du moment. Ces formations politiques à la tête desquelles se trouvent des leaders versatiles, cupides et sans conviction ont complètement faussé et tronqué le jeu politique qui consiste à proposer une véritable alternance. En permanence dans une stratégie de repositionnement, ils se sont compromis, définitivement, et ont perdu toute crédibilité.

Par ailleurs, une certaine intelligentsia conformiste, ayant lamentablement échoué dans sa stratégie de l’entrisme, étonnamment muette, n’aspire désormais qu’à la tranquillité qu’offre la proximité du pouvoir au lieu de jouer son rôle d’avant-garde, de précurseurs d’idées, de leaders d’opinions. Alors qu’en d’autres lieux, les intellectuels sont les défenseurs des sans voix, en Centrafrique, ils ont la particularité de collaborer avec les bourreaux du peuple. Ils sont de ce fait des complices plus ou moins actifs de l’oppression de nos concitoyens.    

De l’illégitimité du régime en place

Aujourd’hui, la gestion de l’État est plus que jamais marquée par l’omniprésence d’un cercle familial et clanique qui s’est avéré être nuisible dans les structures étatiques ainsi que dans les circuits économiques de notre pays. Par népotisme, le clan familial du président a verrouillé l’accès de ces organismes aux plus méritants de nos concitoyens pour ne privilégier que les médiocres. Avec la bénédiction de son chef, la milice de la garde présidentielle cultive et entretient une politique de la terre brûlée pour soumettre par la cruauté et la terreur  notre bon et généreux peuple. Le régime illégitime du Général- Président a ainsi érigé les violations massives et répétées des droits de l’homme en méthode de gouvernement.

 

En falsifiant les résultats des dernières élections groupées, le pouvoir de Bangui a méprisé et confisqué au peuple centrafricain son libre droit de manifester sa souveraineté à travers l’expression du suffrage universel. De ce fait, ce régime a créé toutes les conditions pour diviser notre jeune Nation. En cela et pour cela, il n’est plus légitime.

 

D’ailleurs, et nous le disons, un régime légitime ne peut tuer des centaines de ses habitants ni provoquer la fuite et le refuge de plus de 300.000 Centrafricains au Sud du Tchad, à l’Ouest du Cameroun et au Sud du Soudan, encore moins forcer à l’abandon de leurs foyers et au déplacement intérieur plus d’un demi million de nos concitoyens obligés de se terrer dans des zones insalubres, inhabitables et ce, dans le dénuement le plus total. De même un gouvernement responsable ne peut assister d’une manière aussi passive aux exactions d’étrangers armés tels que la LRA (l’armée de résistance du seigneur) sur le territoire national.

 

Un pouvoir légitime ne laisse pas ses populations mourir de faim comme c’est le cas à Berberati avec la malnutrition aigüe, conséquence logique d’une politique de prédation. 

 

De la nécessité d’agir

Nous sommes un groupe de citoyens responsables, qui compte désormais prendre part activement à tous les débats sur les problématiques sociétales dans notre pays, proposant des solutions innovantes et pragmatiques en rupture totale avec les anciennes pratiques. 

 

Ainsi, nous voulons provoquer une prise de conscience de notre population. Nous sommes conscients que la pérennité de la Nation centrafricaine passe par sa capacité à survivre dans ce monde en perpétuelle compétition. Pour cela, elle passe nécessairement par la compréhension et  l’assimilation des codes et des règles qui régissent les sociétés humaines, tant au niveau nationale, régionale qu’internationale. Ceux-ci ne s’acquièrent que par l’éducation et la réappropriation d’un savoir ancestral approprié à la modernité.

 

Le mouvement citoyen Fini Kodé qui veut dire en Sango, notre langue nationale, « la nouvelle manière de faire ou la nouvelle manière de pratiquer » résulte en fait d’une longue maturation qui a abouti sur  une profonde prise de conscience de ses membres fondateurs. Elle s’inscrit  dans une logique de rupture avec cette mentalité de soumission de l’homme  envers l’homme. Au fil du temps et des générations, le Centrafricain a intégré dans son comportement le réflexe de la soumission au point de ne pas revendiquer son propre droit, le droit à une meilleure vie, le droit de vivre tout simplement comme un homme dans un pays qui est le sien.

La résignation et le sentiment d’impuissance sont si profonds que nos compatriotes d’une manière générale se sont habitués à attendre très peu de leurs gouvernants, par conséquent à fournir peu d’effort. Au fil du temps, les différents régimes qui se sont succédé ont plutôt  encouragé la médiocrité au dépend du mérite. Cela a eu le désavantage de décourager les bonnes volontés et de les réconforter dans cette position.

La démission est devenue la solution dans un pays où l’impression d’abandon prédomine, tant les problèmes sont nombreux et variés. Ce qui favorise et développe une culture de fatalité, de refuge systématique dans des confréries et autres sectes confessionnelles.

En revendiquant le droit au respect et à la souveraineté, le mouvement citoyen Fini Kodé affirme sa volonté de s’émanciper des tutorats, des diktats et de toutes les dérives autoritaristes. Par ailleurs, il proclame son refus catégorique du clanisme, de la pauvreté, de la misère sous toutes ses formes et érige le pragmatisme, la citoyenneté, l’équité en méthode de fonctionnement. En même temps, celui-ci promeut en des principes intangibles dans la vie publique des valeurs morales, du mérite, de la compétence, de l’équité, de la laïcité et du droit. En cela, il consacre la citoyenneté comme valeur fondamentale.

Un  nouveau départ  s’impose pour notre pays, car les partis politiques classiques et les leaders qui ont exercé le pouvoir politique dans notre pays ont lamentablement échoué. L’heure est venue de s’engager pour notre pays. Il vous appartient maintenant de vous investir et de prendre des responsabilités dans un cadre nouveau et ouvert à toutes les bonnes volontés, à toutes les bonnes compétences.

Personne ne viendra vous dire que vous êtes des militants de la vingt-cinquième heure, personne ne viendra vous dire que vous êtes trop jeune ou que vous manquez d’expérience pour prendre des responsabilités, personne ne viendra vous dire que vous n’êtes pas de la bonne ethnie ou de la bonne famille pour prendre des responsabilités. Baptisons ensemble la nouvelle République Centrafricaine. Elle commence dès aujourd’hui avec vous et avec toutes les bonnes volontés. Cette œuvre s’édifiera uniquement sur des considérations objectives basées sur la compétence et le mérite. Avec Fini Kodé, l’homme qu’il faut doit être à la place qu’il lui faut. Sinon nous referons ce que nos aînés ont fait en tombant tout simplement dans le piège destructeur de la préférence clanique et du clientélisme par conséquent de la médiocrité.

Par ce manifeste, nous, membres fondateurs du Mouvement citoyen Fini Kodé en appelons à la responsabilité historique de nos concitoyens, de tous les républicains et démocrates qui veulent ici et maintenant que s’opère un véritable changement dans notre pays  à nous rejoindre en vue de mener des actions, au-delà des positionnements partisans, des intérêts catégoriels, claniques et politiciens pour atteindre l’objectif commun : La renaissance d’une République Centrafricaine animée de l’esprit Fini Kodé.

 

 Fait à Bangui, le 18 avril 2011

Les premiers signataires

Franck SARAGBA, Politologue

Adrien POUSSOU, Journaliste/Consultant en communication

Aboubakar SAMORY, Analyste financier

Gaston N’GUÉRÉKATA, Professeur/Chercheur

Prosper YAKA MAÏDÉ, Expert en communication

Michel MABOU, Docteur en géographie

Pierre ZAWÉLÉ, Juriste/Avocat au barreau de Centrafrique.

 

Pour signer le Manifeste, merci d’envoyer un mail à cette adresse : assofinikode@gmail.com

 

 

COMMUNIQUÉ RADIO N°002/FK/01

Après le constat d’échec, qui, en un demi-siècle d’indépendance est à la hauteur du désenchantement du peuple centrafricain, le Mouvement citoyen Fini Kodé propose, à travers son Manifeste pour une Nouvelle République Centrafricaine, un nouveau pacte social.

Par ce manifeste, les membres fondateurs du mouvement en appellent à la responsabilité historique de toutes les Centrafricaines, de tous les Centrafricains, de l’ensemble des Républicains et Démocrates qui veulent ici et maintenant que s’opère un véritable changement dans le pays à les rejoindre en vue de mener des actions, au-delà des positionnements partisans, des intérêts catégoriels, claniques et politiciens pour atteindre l’objectif commun : La renaissance d’une République Centrafricaine animée de l’esprit Fini Kodé.

C’est pourquoi, le Conseil Exécutif du mouvement citoyen Fini Kodé a le plaisir d’inviter les Centrafricaines et les Centrafricains épris de paix et de justice sociale à adhérer au manifeste par leur signature.

Pour signer le manifeste, il suffit d’envoyer un mail à l’adresse suivante :  assofinikode@gmail.com

 

Fait à Bangui, le 18 avril 2011

 

Pour le Conseil Exécutif

 

Le Coordonnateur

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 01:57

 

 

 

libye carte-copie-1

 

 


par
Ignacio Ramonet   Le Monde diplomatique mars avril 2011

"Tous les peuples du monde qui ont bataillé pour la liberté ont fini par exterminer leurs tyrans."


Simon Bolivar

Les insurgés libyens méritent l’aide de tous les démocrates. Le colonel Kadhafi est indéfendable. La coalition internationale qui l’attaque n’est pas crédible. On ne bâtit pas une démocratie avec des bombes étrangères.

Parce qu’elles sont en partie contradictoires, ces quatre évidences nourrissent un certain malaise, notamment au sein des gauches, à propos de l’opération Aube de l’Odyssée lancée en Libye le 19 mars dernier.

L’insurrection des sociétés arabes constitue l’événement politique international le plus important depuis l’écroulement, en Europe, du socialisme autoritaire d’Etat en 1989. La chute du Mur de la peur dans les autocraties arabes est l’équivalent contemporain de la chute du Mur de Berlin. Un authentique séisme mondial. Parce qu’il se produit dans la zone où sont localisées les principales réserves d’hydrocarbures de la planète, et parce que son épicentre se trouve au sein du "foyer perturbateur" du monde (cet "arc de toutes les crises" qui va du Pakistan au Sahara Occidental, en passant par l’Iran, l’Afghanistan, l’Irak, le Liban, la Palestine, la Somalie, le Soudan, le Darfour et le Sahel), ses ondes d’expansion bouleversent toute la géopolitique mondiale.

Quelque chose s’est brisé pour toujours dans le monde arabe le 14 janvier dernier. Ce jour-là, des manifestants tunisiens qui réclamaient pacifiquement depuis des semaines la liberté et la démocratie réussirent à renverser le despote Ben Ali. Commençait alors le dégel des vieilles tyrannies arabes. Un mois plus tard, en Egypte, cœur de la vie politique arabe, un puissant mouvement de protestation sociale expulsait également du pouvoir le général Moubarak. A partir de cet instant, comme s’ils découvraient soudain que les régimes autoritaires, du Maroc à Bahreïn, étaient des colosses aux pieds d’argile, des dizaines de milliers de manifestants arabes envahirent les places en criant leur ras-le-bol infini des ajustements sociaux et des dictatures [1  ].

La force spontanée de ces vents de liberté prit par surprise l’ensemble des chancelleries du monde. Lorsqu’ils commencèrent à souffler sur les dictatures alliées de l’Occident (en Tunisie, Egypte, Maroc, Jordanie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Oman, Yémen), les grandes capitales occidentales, notamment Washington, Paris et Londres, gardèrent un silence gêné, ou multiplièrent des déclarations révélatrices de leur profond malaise devant la perspective de perdre leurs "amis dictateurs [2  ]".

Le plus surprenant toutefois, durant cette première phase qui va de la mi-décembre à la mi-février, ce fut le silence des gouvernements progressistes d’Amérique latine, considérés par une partie de la gauche internationale comme sa principale référence contemporaine. Surprise d’autant plus grande que ces gouvernements ont de nombreux points communs avec l’actuel mouvement insurrectionnel arabe : arrivés au pouvoir par les urnes, ils sont soutenus par de puissants mouvements sociaux (au Venezuela, Brésil, Uruguay, Paraguay) lesquels, dans plusieurs pays (Equateur, Bolivie, Argentine), après avoir résisté à des dictatures militaires, ont également renversé pacifiquement des gouvernants corrompus.

Leur solidarité avec les insurrections arabes, répliques en quelque sorte de leurs propres révoltes, aurait dû être immédiate. Ce ne fut pas le cas. Pourtant le caractère progressiste du mouvement ne faisait nul doute. L’intellectuel marxiste égyptien Samir Amin le décrit en ces termes : " C’est un mouvement puissant, démocratique, anti-impérialiste et à tendance sociale forte. Il réunit toutes ces dynamiques en même temps. Les forces principales à l’œuvre pendant les mois de janvier et de février étaient de gauche. Elles ont démontré qu’elles avaient un écho populaire gigantesque puisqu’elles sont arrivées à entraîner 15 millions de manifestants à travers le pays ! Les jeunes, les communistes, des fractions des classes moyennes démocratiques composent la colonne vertébrale de ce mouvement [3  ]."

Malgré cela, il fallut attendre le 14 février - soit trois jours après la chute de Moubarak et un jour avant le début de l’insurrection populaire en Libye - pour que, enfin, un leader latino-américain qualifie la rébellion arabe de "révolutionnaire" dans une déclaration qui expliquait avec lucidité : "Les peuples ne défient pas la répression et la mort, et ne passent pas des nuits entières à protester énergiquement, pour des questions simplement formelles. Ils le font lorsque leurs droits légaux et matériaux sont sacrifiés sans pitié à cause des exigences insatiables de politiciens corrompus et des cercles nationaux et internationaux qui saccagent le pays [4  ]."

Mais lorsque, naturellement, la révolte gagna les États autoritaires du prétendu "socialisme arabe" (Algérie, Libye, Syrie), un lourd mutisme s’abattit de nouveau sur les capitales de l’Amérique latine progressiste... A ce stade, on pouvait encore l’interpréter de deux façons : soit il s’agissait d’un simple prolongement du silence prudent que ces pays avaient jusqu’alors globalement observé par rapport à des événements éloignés de leurs principales préoccupations ; soit c’était l’expression d’un malaise politique devant la crainte de perdre, dans leur bras de fer avec l’impérialisme, des alliés stratégiques...

Craignant que cette seconde option l’emporte, plusieurs intellectuels de renom [5  ] avertirent immédiatement qu’une telle position serait impensable pour des gouvernements se réclamant du message universel du bolivarisme. Car elle reviendrait à affirmer qu’une relation stratégique entre Etats est plus importante que la solidarité avec des peuples en lutte pour leur liberté. Que cela conduirait, tôt ou tard, à fermer les yeux devant d’éventuelles violations des droits de l’homme. Et qu’alors l’idéal fraternel de la révolution latino-américaine sombrerait dans les eaux glacées de la "realpolitik" [6  ].

Sur l’échiquier des relations internationales, la "realpolitik" (définie par Bismarck, le "chancelier de fer" prussien, en 1862) considère que les pays se réduisent à leurs Etats. Elle ne tient jamais compte des sociétés. Selon elle, les Etats n’agissent qu’en fonction de leurs intérêts. L’objectif central de leurs alliances stratégiques étant la préservation de l’Etat, pas la protection de la société.

Depuis la paix de Wesphalie, en 1648, la doctrine géopolitique établit que la souveraineté des États est intouchable en vertu du principe de non-ingérence, et qu’un gouvernement, quelle que soit la manière dont il est arrivé au pouvoir, a la liberté la plus absolue de faire ce qu’il veut en matière d’affaires internes.

Une telle conception de la souveraineté - toujours dominante - a vu sa légitimité s’éroder depuis la fin de la guerre froide en 1989. Et cela au nom des droits du citoyen, et d’une idée plus éthique des relations internationales. Les dictatures, dont le nombre se réduit d’année en année, apparaissent de moins en moins légitimes au regard du droit international. Ne serait-ce que parce qu’elles dépossèdent les personnes de leurs attributs de citoyens.

Sur la base de ce raisonnement, au cours des années 1990, émergea le concept de droit d’ingérence ou de droit d’assistance qui conduisit, sous d’acceptables prétextes de façade, à des désastres politico-humanitaires de très grande envergure au Kosovo, en Somalie, en Bosnie... Pour finalement, sous la conduite des "neocons" américains, se fracasser totalement lors de la guerre d’Irak [7  ].

Cependant, de si tragiques échecs n’ont pas ruiné l’idée qu’un monde plus civilisé doit se résoudre à abandonner peu à peu une conception de la souveraineté interne établie il y a près de quatre siècles et au nom de laquelle des pouvoirs non élus démocratiquement ont commis (et commettent) d’innombrables atrocités contre leurs propres peuples.

En 2006, les Nations Unies, dans leur résolution 1674 [8  ], ont fait de la protection des civils, y compris contre leur propre gouvernement lorsque celui-ci fait usage d’armes de guerre pour réprimer des manifestations pacifiques, une question fondamentale. Qui modifie, en matière de droit international, pour la première fois depuis le Traité de Wesphalie, la conception même de la souveraineté interne et le principe de non-ingérence. La Cour Pénale Internationale (CPI), créée en 2002, va exactement dans le même sens.

Et c’est d’ailleurs dans cet esprit que de nombreux dirigeants latino-américains ont dénoncé, à juste titre, la passivité ou la complicité de grandes démocraties occidentales devant les violations commises contre la population civile, entre 1970 et 1990, par les dictatures militaires au Chili, Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay et tant d’autres pays martyrs d’Amérique centrale et du sud.
D’où la surprise devant l’absence du moindre message en provenance d’Amérique latine de solidarité avec les victimes civiles quand, en Libye, à partir du 15 février, commencèrent les protestations pacifiques, immédiatement réprimées par les forces du colonel Kadhafi avec une violence extrême (233 morts dès les premiers jours [
9  ]). Rien non plus lorsque, le dimanche 20 février, éclata la bombe sociale que n’importe quel Latino-américain aurait qualifié de "Tripolitazo". C’est-à-dire l’irruption dans les rues de la capitale de la Libye de quelque 40 000 manifestants dénonçant la vie chère, la dégradation des services publics, les privatisations imposées par le FMI et l’absence de libertés.

Comme durant le "Caracazo" du 27 février 1989 au Venezuela, cette insurrection, diffusée vers l’étranger par des dizaines de témoins oculaires [10  ], s’étendit comme une trainée de poudre à tout le centre de la ville. Les manifestants mirent le feu au ministère de l’intérieur et au siège du gouvernement, ils saccagèrent les locaux de la radio et de la télévision officielles, occupèrent l’aéroport et assiégèrent le palais présidentiel. En 48 heures à peine, le régime libyen parut sur le point de s’effondrer.

Dans de semblables circonstances, tout autre dirigeant raisonnable aurait compris que l’heure de négocier et d’abandonner le pouvoir avait sonnée [11  ]. Pas le colonel Kadhafi. Au risque le plonger son pays dans une guerre civile, le "Guide", au pouvoir depuis 42 ans, expliqua que les manifestants étaient "des jeunes qu’Al-Qaida avait drogués en versant des pilules hallucinogènes dans leur Nescafé... [12  ]" Et ordonna à ses forces armées de réprimer les protestations à coups de canon. La chaîne Al Jazeera montra les avions militaires mitraillant des civils [13  ].

A Benghazi, pour se défendre contre de telles brutalités, un groupe de protestataires prit d’assaut un arsenal de la garnison locale et s’empara de milliers d’armes légères. Plusieurs détachements militaires dépêchés par Kadhafi pour étouffer la contestation, passèrent avec armes et bagages du côté des insurgés. En conditions très défavorables pour les rebelles, commençait alors la guerre civile. Un conflit imposé par Kadhafi contre un peuple qui réclamait pacifiquement le changement.
Jusqu’alors, les capitales de l’Amérique latine progressiste demeurent silencieuses. Nul mot de solidarité, pas même de compassion à l’égard des civils insurgés qui luttent et meurent pour la liberté.

Il faudra attendre le 21 février. Ce jour-là, dans une manœuvre pour dévier l’attention des médias, la diplomatie britannique (dont la responsabilité est majeure depuis 2004 dans la réhabilitation internationale du colonel Kadhafi), par la voix du ministre des Affaires étrangères William Hague, "révèle" que le président libyen "pourrait avoir fui de son pays et être en train de se diriger vers le Venezuela [14  ]."

C’est faux. Et Caracas dément sur le champ. Mais les médias internationaux mordent à l’hameçon, et redirigent immédiatement leurs regards vers la connexion suggérée par le Foreign Office. Oubliant les spectaculaires accueils réservés au dictateur libyen à Rome, Londres, Paris ou Madrid, la presse internationale va désormais insister sur les relations du "Guide" avec Caracas. Kadhafi lui-même se prête à l’opération et mentionne à son tour le Venezuela dans son premier discours (un parapluie à la main) depuis le début de la contestation.

Il le fait pour démentir sa fuite, mais cela relance les spéculations sur "l’axe Tripoli-Caracas". Kadhafi ajoute : "Les manifestants sont des rats, des drogués, un complot d’étrangers, d’Américains, d’Al Qaida et de fous [15  ]."

Ce prétexte commode du "complot américain [16  ]" est vite repris comme argument valable par plusieurs dirigeants progressistes sud-américains ; Daniel Ortega, président du Nicaragua, entre autres. A partir de là, chacun à sa manière, ces leaders vont exprimer clairement leur soutien au dictateur libyen. Sans une phrase de compassion pour un peuple insurgé contre un tyran militaire qui ordonne de tirer contre ses propres citoyens. Nulle allusion non plus à la fameuse citation du Libertador Simon Bolivar : "Maudit soit le soldat qui retourne les armes contre son peuple", doctrine fondamentale du bolivarisme.

L’énormité de l’erreur politique atterre. Une fois encore, des gouvernements progressistes accordent la priorité, en matière de relations internationales, à de cyniques considérations stratégiques qui contredisent d’ailleurs leur propre nature politique.

Un tel raisonnement les conduira-t-il à exprimer également leur soutien à un autre tyranneau local, Bachar Al Assad, président de la Syrie, un pays qui vit sous la loi d’urgence depuis 1962 et où les forces antiémeutes n’ont pas hésité, en mars dernier, à tirer à balles réelles contre de pacifiques manifestants désarmés ?

Concernant la Libye, la seule initiative latino-américaine constructive a été celle du président du Venezuela Hugo Chavez. Le 1er mars dernier, il a proposé d’envoyer à Tripoli une Commission internationale de médiation, composée de représentants de pays du Sud et du Nord, pour tenter de mettre fin aux affrontements et rechercher un accord politique entre les parties. Refusée par Seïf el Islam, fils du "Guide", mais acceptée par Kadhafi, cette importante tentative de médiation a été maladroitement écartée par Washington, Paris et Londres, puis par les insurgés eux-mêmes.

Depuis lors, les chancelleries progressistes latino-américaines insistent sur leur soutien à un véritable illuminé. Il y a en effet des décennies que Mouammar Kadhafi a cessé d’être ce capitaine révolutionnaire qui, en 1969, renversa la monarchie, expulsa de son pays les bases militaires américaines et proclama une singulière "République arabe et socialiste".

Depuis la fin des années 1970, son parcours erratique et ses délires idéologiques (cf. son surréaliste Livre vert) ont fait de lui un dictateur imprévisible, versatile et ostentatoire. Semblable aux tyrans fous que l’Amérique latine connut au XIXe siècle sous le nom "caudillos barbares [17  ]"... Deux témoignages de ses délires : l’expédition militaire de 3 000 hommes qu’il lança, en 1978, pour venir en aide au sanguinaire Idi Amin Dada, président également dément de l’Ouganda... Et son goût pour un jeu érotique avec de jeunes mineures, le "bunga bunga", qu’il enseigna à son compère italien Silvio Berlusconi [18  ]...

Kadhafi ne s’est jamais soumis à aucune élection. Il a établi, autour de son image, un culte de la personnalité qui voudrait faire de lui une sorte de Dieu sur terre. Dans la "massocratie" (Jamahiriya) libyenne il n’y a pas aucun parti politique, seulement des "comités révolutionnaires". Comme il s’est autoproclamé "Guide" à vie, le dictateur se considère au-dessus des lois. En revanche, le lien familial serait, selon lui, source de droit. Ce qui lui a permis de nommer ses enfants aux plus hauts postes de responsabilité de l’Etat ainsi qu’à ceux de plus forte rentabilité dans les affaires.

Après l’invasion (illégale) de l’Irak en 2003, craignant d’être le suivant sur la liste, Kadhafi fit allégeance à Washington, signa divers accords avec l’Administration Bush, se débarrassa de ses armes de destruction massive et indemnisa les victimes de ses attentats. Pour plaire aux "neocons" américains, il s’érigea en implacable persécuteur d’Ossama Ben Laden et du réseau Al Qaida. Il établit également des accords avec l’Union européenne pour empêcher, moyennant finances, l’émigration clandestine en provenance d’Afrique. Il intégra le FMI [19  ], créa des zones spéciales de libre échange, céda les gisements d’hydrocarbures aux multinationales occidentales et élimina les subventions aux produits alimentaires de base. Il mit en route la privatisation de l’économie, ce qui entraîna une importante augmentation du chômage et creusa les inégalités.

Le "Guide" fut le seul dirigeant arabe à protester contre le renversement du dictateur Ben Ali qu’il considérait comme "le meilleur gouvernant de l’histoire de la Tunisie". En matière d’inhumanité, ses méfaits sont innombrables. Depuis son soutien à de nombreuses organisations terroristes jusqu’à sa participation à des attentats odieux contre des avions civils, en passant par son acharnement contre cinq innocentes infirmières bulgares, ou l’exécution sans jugement, dans le sinistre bagne Abou Salim de Tripoli, en 1996, d’un millier de prisonniers originaires de Benghazi [20  ].

La révolte actuelle commença précisément dans cette ville lorsque, le 15 février, les familles de ces fusillés, encouragées par la vague de protestations dans les autres pays arabes, manifestèrent pour exiger pacifiquement la libération de l’avocat Fathy Terbil qui défend depuis quinze ans leur droit à récupérer les dépouilles de leurs parents exécutés [21  ].

Les images montrant la brutalité de la répression contre ces paisibles manifestants - diffusées par les réseaux sociaux et par Al Jazeera -, scandalisèrent les Libyens. Dès le lendemain, les protestations s’étaient étendues à tout le pays. Dans la seule ville de Benghazi, la police et les milices kadhafistes allaient abattre 35 personnes [22  ].

Un si haut degré de brutalité contre les civils [23  ] fit légitimement craindre, vers la mi mars, lorsque les forces de Kadhafi se présentèrent aux portes de Benghazi, qu’un nouveau bain de sang se préparait. D’autant que, dans un discours adressé aux "rats" de cette ville, le "Guide" n’oculta pas ses intentions : "Nous arrivons ce soir. Commencez à vous préparer. Nous irons vous chercher jusqu’au fond de vos placards. Nous serons sans pitié [24  ]."

Aux rebelles libyens assiégés qui réclamaient à grand cri l’aide internationale, ce sont les peuples récemment libérés de Tunisie et d’Egypte qui auraient dû leur porter, en toute urgence, secours [25  ]. C’était leur responsabilité. Lamentablement, les gouvernements de ces deux pays n’ont pas su être à la hauteur des circonstances historiques.

Dans ce contexte d’urgence, le Conseil de sécurité de l’ONU adopta, le 17 mars, la résolution 1973 qui établit une zone d’exclusion aérienne en Libye dans le but de protéger la population civile et faire cesser les hostilités [26  ]. La Ligue arabe avait donné son aval préalablement. Et, chose exceptionnelle, la résolution fut présentée para un Etat arabe : le Liban (avec la France et le Royaume Uni). Ni la Chine, ni la Russie, qui disposent du droit de veto, ne s’y sont opposées. Le Brésil et l’Inde n’ont pas voté contre. Plusieurs pays africains se sont prononcés en sa faveur : l’Afrique du Sud (patrie de Mandela), le Nigéria et le Gabon. Aucun Etat ne s’y est opposé.

On peut hostile à la structure actuelle (injuste) des Nations Unies. Ou estimer que son fonctionnement laisse à désirer. Ou que les grandes puissances occidentales dominent cette organisation. Ce sont là des critiques parfaitement recevables. Mais, pour le moment, l’ONU est la seule source de droit international admise par tous. En ce sens, et contrairement aux guerres du Kosovo ou d’Irak qui n’ont jamais eu le feu vert de l’ONU, l’intervention actuelle en Libye est légale, selon les critères du droit international ; légitime, d’après les principes de solidarité entre démocrates ; et souhaitable, sur la base de la fraternité internationaliste qui unit les peuples en lutte pour la liberté.

On pourrait ajouter que des puissances musulmanes au départ réticentes, comme la Turquie, ont fini par participer à l’opération.

Ajoutons que si Kadhafi, comme c’était son intention, avait noyé dans le sang l’insurrection populaire, il aurait adressé un signe néfaste aux autres tyrans régionaux. Il les aurait encourager à en finir eux aussi, par des méthodes radicales, avec les protestations locales. Il suffit d’ailleurs d’observer que, dès que troupes kadhafistes approchèrent à feu et à sang de Benghazi, devant la passivité internationale, les régimes de Bahreïn et du Yémen n’hésitèrent plus à faire feu à balles réelles contre les manifestants. Ils ne l’avaient pas fait jusqu’alors. Eux aussi misaient sur l’immobilisme international.

Dans la crise actuelle, l’Union européenne a une responsabilité spécifique. Pas seulement militaire. Elle doit penser à la prochaine étape de consolidation des nouvelles démocraties qui surgissent dans cette région si proche. Elle se doit de soutenir le "printemps arabe". Et la meilleure manière de le faire serait de lancer un véritable "Plan Marshall" d’aide économique "semblable à celui qui fut mis sur pied pour aider l’Europe de l’Est après la chute du mur de Berlin [27  ] ".

Tout cela signifie-t-il que l’opération militaire en cours ne pose pas de problèmes ? Evidemment non.

En premier lieu, parce que les Etats ou organisations qui la conduisent (Etats-Unis, France, Royaume Uni, OTAN) sont les "suspects habituels" impliqués dans de multiples aventures guerrières sans la moindre couverture légale, légitime ou humanitaire. Même si, cette fois, les objectifs de solidarité démocratique semblent plus évidents que les liens avec la sécurité nationale des Etats-Unis, il faut tout de même se demander : depuis quand ces puissances se sont-elles intéressées à la démocratie en Libye ? C’est pourquoi elles manquent de crédibilité.

Deuxièmement : il y a d’autres injustices dans la région - la souffrance palestinienne, l’intervention militaire saoudienne à Bahreïn contre la majorité chiite sans défense, la brutalité disproportionnée dont font preuve les autorités du Yémen ou de Syrie contre leur population... - à l’égard desquelles, les puissances qui attaquent Kadhafi ferment les yeux.

Troisièmement : l’objectif de l’intervention doit être celui que définit la résolution 1973, et seulement celui-là. Ni invasion terrestre, ni victimes civiles. L’ONU n’a pas autorisé le renversement de Kadhafi, même s’il semble être l’objectif final (et illégal) de l’opération. En aucun cas cette intervention ne doit servir de précédent à d’autres aventures guerrières visant des Etats dans le collimateur des puissances occidentales dominantes.

Quatrièmement : l’histoire enseigne (et le cas de l’Afghanistan le démontre) qu’il est plus facile d’entrer en guerre que d’en sortir.

Cinquièmement : l’odeur de pétrole de toute cette affaire empeste.

Les peuples arabes soupèsent sans doute le juste et l’injuste de cette intervention militaire en Libye. Dans leur grande majorité ils soutiennent les insurgés (même si on ne sait toujours pas qui ils sont exactement, et même si on soupçonne qu’il y a parmi eux des éléments indésirables). Pour l’instant, jusqu’au 31 mars, aucune manifestation hostile ne s’était produite dans aucune capitale arabe contre l’opération militaire. Au contraire, comme si cela les avait encouragées, de nouvelles protestations contre les autocraties se sont même intensifiées au Maroc, au Yémen, à Bahreïn... Et surtout en Syrie.

Dès la fin mars, les deux principales exigences de la résolution 1973, zone d’exclusion aérienne et protection de la population de Benghazi, étaient obtenues. D’autres ne l’étaient pas encore (cessez-le-feu des forces kadhafistes, et garantie d’accès sécurisé à l’aide humanitaire internationale), mais les bombardements auraient dû cesser. D’autant que, depuis le 31 mars, l’OTAN a assumé la conduite de l’intervention militaire sans en avoir reçu mandat des Nations unies.

La résolution 1973 n’autorise pas non plus à armer, entrainer et commander militairement les rebelles. Cela suppose un minimum de forces étrangères ("commandos spéciaux") présentes sur le sol libyen. Ce qui est explicitement exclu para la décision du Conseil de sécurité.

A ce stade du conflit, il est donc urgent que les membres de ce Conseil de l’ONU se consultent à nouveau ; qu’ils tiennent compte des réserves actuelles de la Chine, de la Russie, de l’Inde et du Brésil pour imposer un cessez-le-feu et rechercher une issue non militaire au drame libyen.

Une solution qui prenne aussi en considération l’initiative de l’Union africaine, garantisse l’intégrité territoriale de la Libye, préserve les richesses de son sous-sol (lorgnées par des puissances étrangères), mette fin à la tyrannie et réaffirme l’aspiration à la liberté et à la démocratie des citoyens.
Dans un tel cadre, seule une issue négociée par toutes les parties serait juste

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 01:56

 

 

 

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Arusha, 15 avril 2011 (FH) - A un mois du jugement, une douzaine de documents confidentiels ont été admis comme éléments de preuve de la défense de l'ancien chef de la gendarmerie rwandaise, le général Augustin Ndindiyilimana. Il a comparu au Tribunal pénal international pour le Rwanda avec trois autres accusés. Parmi eux, l'ancien chef d'état-major de l'armée, le général Augustin Bizimungu. Le jugement est attendu le 17 mai.

Selon une décision de la chambre datée de mardi, l'admission de ces pièces vise à réparer le tort causé par le procureur au général Ndindiliyimana.

Par ailleurs, dans le procès de l'ex-ministre du Plan Augustin Ngirabatware, les juges ont ordonné au procureur de divulguer une série d'émissions de la radio gouvernementale rwandaise en avril et mai 1994.

Selon l'ordonnance, ces émissions pourraient corroborer la défense d'alibi de l'ex-ministre.

A la CPI, le procès du chef milicien congolais Thomas Lubanga est entré jeudi dans sa dernière ligne droite. Le dernier témoin de la défense a entamé sa déposition qui se poursuivra la semaine prochaine. Le réquisitoire du procureur et les plaidoiries de la défense seront plaidés les 25 et 26 août. Lubanga est accusé de crimes de guerre pour avoir enrôlé des enfants de moins de 15 ans dans ses troupes.   

Toujours à La Haye, le procès du sénateur congolais Jean Pierre Bemba a été reporté jeudi au 3 mai prochain. Cette semaine, la chambre a notamment entendu le médecin chef du service de psychiatrie de l'hôpital de Bangui. Le docteur André Tabo a longuement évoqué la situation actuelle des femmes violées durant la guerre en Centrafrique, en 2002 et 2003. Bemba est poursuivi pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre perpétrés par ses miliciens du Mouvement de libération du Congo (MLC). Ils avaient été envoyés en Centrafrique pour soutenir le président d'alors, Ange-Félix Patassé, qui était menacé par une rébellion.

ER/GF

© Agence Hirondelle

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 23:36

 

 

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DECISION N°001/CIEP/CAB/2011

Le Porte Parole de Son Excellence,  le Feu Ancien Président Ange Félix Patassé,

Vu le mandat n°033/CAB/CIEP/03/2011 donnant pouvoir de représentation de Son Excellence Ange Félix PATASSE,

Après constat fait sur l’usage frauduleux des effigies de l’Ancien Président Ange Félix Patassé,

DECIDE

Art.1er : A compter de ce jour, interdiction formelle est faite pour l’utilisation des images du Président Patassé sans en avoir l’autorisation préalable.

 

Art.2 : La présente décision est délivrée pour servir et valoir ce que de droit.

Fait à Bangui, le 9 Avril 2011.

 

 

 

INSTRUCTIONS

Le Porte Parole de Son Excellence,  le Feu Ancien Président Ange Félix Patassé,

Vu le mandat n°033/CAB/CIEP/03/2011 donnant pouvoir de représentation de Son Excellence Ange Félix PATASSE,

Le Camarade Michel DOROKOUMA est autorisé à mettre en place un Comité d’Organisation des obsèques en relation avec la famille du Président à Paris. Ce Comité d’Organisation rend compte au Comité National d’Organisation des obsèques officielles à Bangui en Centrafrique.

Il est tenu de veiller au respect scrupuleux de ces instructions.

 

Fait à Bangui, le 9 Avril 2011.

 

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 23:30

 

 

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Sebastian Chi Elvido quotidien Mutations 15 Avril 2011

L'incident s'est produit à la frontière au cours d'une partie de chasse illégale dans les forêts camerounaises. Des braconniers centrafricains ont tiré et blessé huit personnes, dont 6 Pygmées. C'était au cours d'une partie de chasse illégale il y a deux semaines dans les forêts de la Bouba-et-Ngoko, à l'Est du Cameroun. Parfait Afanda, un éco-garde qui était en patrouille avec ses collègues dans la partie envahie par les Centrafricains au moment de cet incident, raconte : «Ils ont tiré sur six Pygmées Baka qui créaient un passage dans une zone de chasse, blessant certains au dos et d'autres aux bras. Avant l'attaque, nous les avons encerclés et fait un tir de sommation auquel ils ont répliqué, ratant de peu de tuer un de nos collègues. Néanmoins, ils ont abandonné leur cargaison de viande de brousse et pris la fuite.»

Ce dernier ajoute : «Ces braconniers menacent sérieusement aussi bien la faune que les personnes vivant dans ces forêts. D'ailleurs, ils ont laissé un message selon lequel ils n'hésiteraient pas à tirer sur des éco-gardes camerounais au cas où ils les rencontreraient en forêt.»

Chasse cynégétique

Frederik Dumont, le directeur de Rainforest Safari, une zone de chasse sportive, a pris très au sérieux cette menace, au point de décider de suspendre les activités dans cette zone. Pour atteindre le territoire camerounais, ces chasseurs, tous armés de fusils de fabrication artisanale, passent par Bayanga, Salo et Zendi, des villages centrafricains. Et ce n'est pas leur seule voie d'accès sur les forêts camerounaises.

Selon Ottou Balla, le chef de service départemental de la Faune de la Boumba-et-Ngoko, «ils traversent les fleuves Sangha et Gobounou, et se livrent au braconnage dans les concessions forestières et les zones de chasse cynégétique autour des parcs nationaux de Lobeke et de Boumba-Bek.».

Selon les statistiques obtenues auprès du Fonds mondial pour la nature (Wwf) à Yokadouma, le combat engagé contre le braconnage depuis janvier 2011 a conduit à l'interpellation, et à la détention de 20 braconniers centrafricains.

Ces derniers ont été interpellés avec 10 fusils de chasse en leur possession, et sont depuis lors gardés à vue à la prison de Yokadouma. Au cours de leur interrogatoire à la délégation départementale des Forêts et de la Faune de la Boumba-et-Ngoko à Yokadouma, les accusés ont déclaré qu'ils sont fournis en armes de feu et automatiques à partir de Salo et Nola, des localités de la République centrafricaine.

Au cours du même interrogatoire, ils ont avoué au chef de service départemental de la Faune qu'ils tuent toutes les espèces fauniques, avec une préférence pour les éléphants, les gorilles, les chimpanzés et les panthères.

Pour justifier leur intérêt pour la chasse dans les forêts camerounaises, les braconniers centrafricains évoquent non seulement la disparition des espèces fauniques dans leurs forêts, mais aussi le fait qu'ils ignorent les limites des frontières entre la Centrafrique et le Cameroun.

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 23:27

 

 

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Des résultats de vote invalidés par la Cour constitutionnelle

Vendredi, 15 Avril 2011 14:29

La Cour Constitutionnelle centrafricaine a délibéré ce 14 avril 2011 sur les contentieux électoraux des élections législatives du  23 janvier 2011. Des requêtes ont été déclarées recevables par ladite cour. Toutefois, plusieurs autres requêtes ont été rejetées. Cette délibération se fait après le second tour de ces législatives qui s’est déroulé le 27 mars dernier.

A Bangui, les résultats des élections ont été annulés par la Cour dans la 1ère circonscription électorale du 5e arrondissement. D’autres suffrages invalidés sont les résultats de la circonscription électorale de Bayanga et de Bossangoa 1.

Pourtant des candidats ont été déjà déclarés admis dans ces circonscriptions par la Commission électorale indépendante (CEI) à l’issu du 2nd tour de ces législatives. Certains candidats entendent également introduire des requêtes auprès de la Cour pour le 2nd tour dont les résultats provisoires ont été annoncés  par la CEI le 6 avril dernier.

Ces résultats interviennent dans un contexte où l’incertitude au sujet de la nomination d’un premier ministre en Centrafrique préoccupe la population. Un mois après la prestation de serment de François Bozizé, la République Centrafricaine est toujours sans premier ministre et sans gouvernement. Cette nomination devrait en effet suivre la prestation de serment selon la Constitution du pays.

 

Les ARV distribués à Bangui après 3 mois de rupture

Vendredi, 15 Avril 2011 14:29

Fin de calvaire pour les personnes vivant avec le VIH/Sida. Elles bénéficient désormais d’une prise en charge en anti rétroviraux. Ces patients retrouvent ainsi ce traitement à prendre à vie, depuis mercredi 13 avril 2011, après 3 mois de rupture. Une rupture provoquée par le gel du financement octroyé au gouvernement centrafricain par le Fonds Mondial.

« L’approvisionnement couvrira une période de 4 à 6 mois, selon Blaise DIOUSSA, responsable de suivi et évaluation de l’UCM (Unité de Cession de Médicament) » interrogé par Radio Ndeke Luka. « Nous sommes obligés de travailler par anticipation pour éviter les problèmes de résistances pour ces malades en manque de ces médicaments depuis plusieurs jours », indique Dioussa.

Il ajoute que les sites concernés sont entre autres l’hôpital Communautaire, l’Amitié, l’Hôpital du jour au Centre Hospitalier Universitaire de Bangui, Complexe Pédiatrique, Caritas Centrafrique et l’Association Vaincre Le Sida. « L’approvisionnement concerne pour l’instant les malades de Bangui, car nous manquons de moyens pour un acheminement en province », conclut-il.

D’après Solange Gounkofe, présidente de l’Association Vaincre Le Sida, « les patients n’attendaient que ces molécules pour leur survie ». Un autre qui préfère garder l’anonymat, affirme que la satisfaction  est totale de son côté  et  se dit soulagé après une longue période de rupture qui aurait pu lui être fatale.

Toutefois, la situation se complique pour les séro-ignorants. Les Centres de Dépistages Volontaires (CDV) manquent encore des réactifs  pour la confirmation du test de sérologie du VIH/Sida.

 

Centrafrique : Don d’ouvrages dans un lycée par l’Ambassadeur de France

Ai- Rca- Vendredi, 15 Avril 2011 08:55  - L’Ambassadeur de France en République Centrafricaine M. Jean Pierre Vidon a remis le 12 Avril dernier un lot d’ouvrages au Lycée de Mbaiki, localité située non loin de la capitale Bangui.

Ce geste intervient dans le cadre de la mise en place progressive de l’espace culturel francophone et selon le diplomate Français, « Mbaiki, parce que proche de la capitale Bangui est un lieu idéal pour le développement de la francophonie. L'an dernier on avait organisé une caravane partie de Rafai pour venir jusqu'à Bangui et cette caravane s'arrêtait dans les différentes villes qu'elle a eu à traverser » a-t-il rappelé.

Celle de Mbaiki aux yeux du donateur veut montrer l’importance qu’il y a à aller à l’extérieur de la capitale. Elle vise également plusieurs objectifs « le premier objectif  est de remettre un prix qui avait été décerné à la suite d'un concours organisé sur toute l'étendue du territoire par l'association des professeurs de français et quasiment tous les lauréats de la capitale sauf un… L'un des lauréats est précisément originaire de Mbaiki et élève au Lycée de Mbaiki. Donc c'est important pour nous de nous déplacer pour illustrer le mérite de ce garçon" a ponctué M. Vidon

Il convient de préciser que, L'Odyssée de Mongou de Pierre Sammy Mackfoy, écrivain d’origine centrafricaine, était dans le lot des ouvrages offerts.

Kabongo, Ai Bangui

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 02:26

 

 

 

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Obo, 14/04/2011 Le Chef de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), Joseph Kony a déclaré qu’il exterminerait tous les étrangers qu’il a enlevé avant d’être capturé, a rapporté ce matin radio Zéréda d'Obo.

 

Selon cette même source, l'information est donnée le 9 avril par Rose OMONI une fille de 20 ans enlevée depuis 4 ans mais a réussi à s'échapper. Au cours de sa première tentative de fuite, elle avait reçu une balle à la jambe droite.


Elle explique que Joseph Kony a affirmé qu’il a décidé d’éliminer toutes ces victimes avant son éventuelle capture. La plupart de ces enlevés sont des centrafricains, soudanais et congolais.

A sa sortie, cette jeune femme a été accueillie par les femmes victimes de la LRA de Mboki (75 KM d'Obo) avant d'être remise à l'hôpital des Forces armées ougandaises pour des soins
.

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 02:14

 

 

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BANGUI, 14 avril (Beafrika Sango) -- Le second mandat du président François Bozizé s’annonce mal. A peine a-t-il prêté serment qu’il a commencé à s’écarte de ses engagements. Demain 15 avril 2011, voilà un mois jour pour jour que le président réélu a prêté serment, mais n’arrive pas à choisir un premier ministre ni mettre en place le nouveau gouvernement, preuve que la récréation n’est pas terminée.

« La récréation est définitivement terminée », disait-il pourtant dans son discours d’investiture le 15 mars dernier au complexe sportif Barthélemy Boganda à Bangui. Mais la situation sociopolitique que traverse le pays en ce moment revoit les Centrafricains au bout du désenchantement.

Lorsque le Président François Bozizé avait annoncé que la récréation était terminée, le public avait crié et sauté de joie, croyant qu’il brûlait d’envie d’entamer rapidement la mise en œuvre de son projet de société.

 Erreur d’appréciation ! Depuis un mois rien ne bouge, le pays est sans gouvernement. Toujours pas de Premier ministre. Cela dure, tout est bloqué, le pays tourne au ralenti. Le choix d’un premier ministre peut-il prendre tout un mois ?

En tout cas, c’est la GRANDE RECREATION, dirait-on au contraire.

« Pour ce quinquennat, il n’aura donc pas place ni pour les agitateurs, ni pour les fossoyeurs de la République, ni pour les corrupteurs et corrompus, ni pour les paresseux », avait annoncé François Bozizé.

Serait-il coincé dans et dans le choix du nouveau Premier ministre et des futurs membres du gouvernement ? Parce qu’il rêverait d’un gouvernement composé « d’hommes et de femmes de bonne volonté, compétents, ayant la passion de l’intérêt général » pour traduire dans les faits les projets de société ?

Serait-il encore en quête de l’homme idéal ou des hommes idéaux ? Des hommes intègres ? Ou cherche-t-il encore les moyens de se débarrasser des « agitateurs » ? Réserve-t-il des surprises désagréables aux agitateurs du KNK ?

L’inquiétude grandissante est qu’il ne dit même mot pour rassurer la population qui commence à s’interroger. Cette attitude du Président Bozizé fait croire que son second mandat démarre mal. Il faut éviter la grande récréation

 

 

NDLR : La vérité est qu’il n’y a rien à attendre des premiers ministres et gouvernements de Bozizé. C’est la logique des choses dans un régime démocratique qui voudrait qu’après en principe l’investiture d’un vrai président de la République démocratiquement élu à l’issue d’élections transparentes donc aux résultats non contestables qui confèrent la légitimité à un candidat, qu’on doit s’attendre à la désignation d’un premier ministre et celle des membres de son gouvernement pour la gestion des affaires du pays, comme c’est le cas actuellement du Niger.

En Centrafrique, un mois environ après le hold-up électoral, les diplomates des pays qui comptent et décident en réalité de l’avenir du pays, en sont à aller tirer les oreilles de celui qui a fait décréter qu’il a gagné l’élection présidentielle dès le premier tour alors qu’il n’a fait que bourrer les urnes, au sujet des entraves faites au droit et à la liberté de circulation des personnes sur le territoire national et vers l’étranger ainsi que des nombreux cas de violations de droits de l’homme et d’arrestations et détentions arbitraires de citoyens.

Bozizé a été averti des risques de sanctions et de mise sous quarantaine qu’il fait courir à son pays du fait de son hold-up électoral maintenant avéré, de sa mauvaise gouvernance bref, du grave déficit démocratique de son régime à l’heure actuelle avec les incessants agissements de ses tristement célèbres lieutenants et capitaines Gbaya ainsi que les exactions de sa soldatesque au quotidien à travers le territoire national qui ne sont plus un secret de polichinelle et que les diplomates n’hésitent plus à lui mettre sous le nez. Contrairement à ses allégations, Bozizé est donc toujours en récréation !  

 

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 23:17

 

 

 

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L’HIRONDELLE n°2549 du jeudi 14 avril 2011

 

Guy Samzun reprécise l’esprit du rapport de l’Union Européenne

Hier dans les dernières heures de l’après-midi, l’ambassadeur haut représentant de l’Union Européenne auprès de la République centrafricaine, M. Guy Samzun était face à la presse au siège de ladite institution sise sur l’avenue Barthélemy Boganda afin de faire le point sur la rencontre de ce dernier avec le président de la République le vendredi 8 avril 2011 au Palais de la Renaissance. L’ambassadeur a discuté longuement mais énormément avec les professionnels des médias présents ce jour sur plusieurs points entre autres la situation postélectorale dans le pays.

Le vendredi 8 avril 2011, le président de la République centrafricaine François Bozizé avait rencontré deux personnalités à savoir les ambassadeurs M. Guy Samzun haut représentant de l’Union Européenne auprès de la République centrafricaine et Jean-Pierre Vidon haut représentant de la France. Après la suite de leur rencontre, M. Guy Samzun  a convié la presse hier mercredi 13 avril 2011 au siège de l’Union Européenne pour leur rendre compte de sa rencontre avec le Chef de l’Etat.

Selon M. Guy Samzun, la rencontre qui avait pour but de mettre des choses au clair, était basée sur plusieurs points :  

Le premier point était de lui remettre une lettre de Mme Ashton,  Haute Représentante de la politique étrangère, Vice-présidente de la commission européenne qui rappelait en substance les inquiétudes de l’Union Européenne dans ce processus électoral et qui incitait fortement la Cour Constitutionnelle à faire son travail en toute impartialité et toute équité avec tout le professionnalisme.

Le deuxième point portait sur le communiqué de la porte-parole de Mme Ashton sur le problème lié à la libre circulation des personnes et à un certain nombre de cas d’arrestations et de détentions arbitraires.

Sur ce point, la discussion se basait sur une décision du Chef de l’Etat empêchant de sortir tous les leaders de l’opposition, même pour des raisons sanitaires (ndlr C.A.P : cas Patassé qui a malheureusement entraîné le décès de ce dernier). Mais aussi sur le même dossier, les deux diplomates ont fait savoir au Président de la République leur inquiétude du nombre d’arrestations et des détentions arbitraires.

Quelques cas ont été cités à savoir : le cas de certains membres la famille de Me Symphorien Balemby et de Jean Daniel Dengou arrêtés arbitrairement et sans chef d’accusation, et détenus à la prison de Bossembélé jusqu’aujourd’hui  sans que rien ne soit décidé par rapport à leur sort ; le cas du candidat Mbessa, mais aussi les pressions sur Maître Otto qui vivrait en ce moment dans la clandestinité totale. Un coin de voile a également été levé sur le citoyen tchèque arrêté dans la localité de Mbaiki. Pour lui, de nombreuses prisons, au lieu que la sécurité soit assurée par les services compétents, sont gardées par des éléments des forces de l’ordre et de sécurité.

M.Samzun a également fait savoir à la presse qu’au Chef de l’Etat, il a souligné le problème majeur qui constitue également la restriction aux libertés de circuler.

Ce problème n’est autre que les nombreuses barrières érigées sur des axes des provinces : sur ces barrières il s’y passe des choses peu orthodoxes empêchant certains citoyens centrafricains de circuler librement.

Le troisième point était la question du rapport des élections en République Centrafricaine. Selon lui, ce rapport n’était pas de l’Union Européenne, mais plutôt des experts internationaux qui ont travaillé sur le financement de l’Union Européenne, sur le modèle européen. Il a poursuivi que ce rapport est trop inquiétant pour la démocratie en République Centrafricaine.

De nombreuses irrégularités ont été relevées à savoir, des problèmes de dysfonctionnement, de désorganisations, de fraudes massives, de de manipulations et de pressions des hommes et des femmes politiques, des autorités administratives et des forces de sécurité pour terroriser les électeurs et certains candidats. Ce rapport est la juste confirmation des faits.

C’est tout ce qui a fait que l’Union Européenne et ses Etats membres qui défendent les valeurs démocratiques trouvent cela pénible.

Par ailleurs, M. Samzun a également précisé qu’il a (avec M. Vidon) demandé au Chef de l’Etat de trouver tous les moyens pour ouvrir un dialogue entre les hommes politiques, selon l’article 8 de l’accord de Cotonou : ce dialogue qui sera le seul moyen de sauver la facette de la tension post-électorale et la démocratie en République Centrafricaine. Il précise par ailleurs que l’Union Européenne n’est pas présente en République Centrafricaine pour des polémiques mais plutôt pour accompagner, aider, conseiller dans le bon sens.

Plusieurs autres points ont été abordés lors de cet entretien avec la presse sur les problèmes en République Centrafricaine notamment sur la pauvreté, l’insécurité, etc. Selon M. Guy Samzun, le vrai problème centrafricain doit être géré et tranché par des Centrafricains.

Pacôme PABA  

   

NDLR : Selon nos informations, les deux diplomates auraient bien fait comprendre à Bozizé à quoi son régime s’exposerait s’il n’acceptait pas au moins l’annulation des élections législatives à défaut d’annuler tous les deux, y compris la présidentielle car la façon avec laquelle la machine à bourrer les urnes a fonctionné à plein tube par le KNK avec la complicité du vrai faux pasteur, le nullissime et escroc Joseph Binguimalé, tel que le rapport des experts électoraux en ont rendu compte est totalement insupportable. Bozizé lui-même  doit avoir honte d’être prétendument élu dès le premier tour avec des résultats immédiatement contestés parce que frauduleux.

Le mandat de cinq ans qu’il croît entamer est gravement entaché de fraude et manque totalement de crédibilité et de légitimité. Dans quelle langue faut-il en parler pour que Bozizé comprenne ? En s’entêtant pour s’accrocher au pouvoir comme il compte le faire, il fait courir au pays le risque qu’il soit sanctionné par les instances partenaires au développement dont la RCA ne peut se permettre de se priver du soutien. Si nos informations se confirment, l’OIF aurait déjà amorcé la procédure visant à sanctionner la RCA au titre de la Déclaration de Bamako, pour non transparence des élections et grave déficit démocratique et violations répétées de droits de l’homme. Les mots ont bel et bien un sens. Bozizé ne peut indéfiniment continuer à rouler tout le monde tout le temps dans la farine. Le sort qui vient d’être fait par sa soldatesque à un ministre, membre de son gouvernement, de surcroît son beau-frère, le sieur Emmanuel Bizot, est  une parfaite illustration de la vraie nature du régime de Bozizé.

Malheureusement, couard et manquant totalement de personnalité, le craintif ministre Emmanuel Bizot a cru devoir se fendre d’un scandaleux communiqué diffusé sur les antennes de la Radio nationale pour minimiser les conséquences de sa brève arrestation et les fouilles illégales de son domicile et son cabinet ministériel par les éléments de la garde présidentielle commandés par le tristement célèbre capitaine Eugène Ngaikoisset à la vaine recherche d’une cache d’armes destinées à faire un coup d’Etat. D’après certaines rumeurs qui circulent à Bangui, l’affaire Bizot aurait été montée de toutes pièces par l’entourage tribaliste de Bozizé, totalement  hostile à l’intention prêtée à Bozizé de désigner celui-ci Premier Ministre afin de lui barrer le chemin de la primature pour laquelle Bozizé a toujours un mal fou à trouver un candidat. Plusieurs personnalités approchées ont décliné purement et simplement ses offres, ce qui fait que le pays vit depuis un mois que Bozizé a prêté serment et que Faustin Touadéra a remis la démission de son cabinet, dans une insupportable attente.  

 

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