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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 23:42




N'DJAMENA, 8 avril 2008 (PlusNews) - Quand un patient séropositif démuni des alentours de Danamadji, dans le sud du Tchad, doit aller à l'hôpital, il n'a parfois pas d'autre choix que d'y aller en charrette à boeufs. Mieux vaut ne pas être trop faible : il faut jusqu'à un jour et demi pour y arriver, à condition de ne pas être attaqué en route par des éléphants.

 

Grâce à l'engagement des bailleurs de fonds et du gouvernement tchadien ces dernières années, la décentralisation des services VIH/SIDA a pu être initiée, mais dans de nombreuses zones isolées de cet immense territoire de près de 1,3 million de kilomètres carrés peuplé de moins de 10 millions d'habitants, elle n'est pas encore devenue une réalité, pas plus que la gratuité.

 

A Danamadji, une localité située au sud-est de Sahr, près de la frontière avec le République centrafricaine (RCA), effectuer un test de dépistage du VIH, en principe gratuit, est déjà un acte hors de portée des plus pauvres, a noté Randjita Beoudoum, coordonnateur de l'association Union pour la persévérance et l'action de vie positive (UPAV+).

 

« Il n'y a pas d'électricité, donc quand quelqu'un veut faire un test, on lui demande de payer 150 francs CFA (0,36 dollar) parce qu'il faut du carburant pour démarrer le groupe électrogène », a dit cet homme de 42 ans, marié et père de sept enfants, qui vit avec le VIH depuis 21 ans. « On a crié à la radio jusqu'à (en être) fatigué, au moins pour avoir un centre de dépistage mobile, mais on ne nous aide pas ».

 

Son association, qui revendique environ 400 membres infectés ou affectés par le VIH/SIDA dans quatre sous-préfectures de la région, doit donc faire avec les moyens du bord pour venir en aide aux personnes séropositives, dont la plupart habitent des villages de brousse.

 

« Nous faisons des visites à domicile dans chaque village avec notre charrette à boeufs, et là où on arrive et que (le patient) ne tient pas debout... on l'emmène », a raconté à IRIN/PlusNews M. Beoudoum, qui est sous ARV depuis 2003. « Quand on a deux ou trois personnes, on part pour l'hôpital de Sahr ».

 

Il faut une journée et demi pour parcourir en charrette les 125 kilomètres qui séparent Danamadji de Sahr, la seule ville de la zone où les antirétroviraux (ARV) sont disponibles. « On perd des gens sur le chemin, ils meurent parce qu'ils sont trop (faibles) », a-t-il regretté, précisant que son association déplorait cinq décès en 2007.

 

Et un danger inattendu les guette. « Il y a beaucoup d'éléphants dans la région, et ils peuvent nous attaquer. Pour leur échapper, on a une sono sur la charrette et on met la musique très fort pour les effrayer et traverser les forêts », a-t-il raconté. « Une fois, on n'avait pas mis la musique, des éléphants nous ont attaqués, on a abandonné les boeufs et on s'est enfui. Ensuite, les villageois sont venus à notre secours ».

 

Dans le sud, l'« axe de la mort »

 

Avec des pics d'infection au VIH jusqu'à 9,8 pour cent, contre 3,3 pour cent à l'échelle nationale, le sud est l'une des régions du Tchad les plus touchées par l'épidémie. La zone est traversé par ce que de nombreux Tchadiens surnomment l'« axe de la mort », une route venant de la RCA et menant à N'Djamena, la capitale tchadienne, à des centaines de kilomètres plus au nord, en passant par les zones pétrolifères de Doba.

 

L'argent qui circule dans cette zone de forte activité économique attire les commerçants, populations locales ou originaires d'autres pays de la région, et constitue en même temps un risque de propagation de l'épidémie dans un secteur où les services VIH/SIDA sont encore peu disponibles, selon les acteurs de la lutte contre le sida.

 

« Des filles viennent du Tchad et aussi de la RCA et de la RDC (République démocratique du Congo) pour 'faire leur marché' dans la zone du pétrole, elles se font (belles), et quand elles ont trouvé (un homme), elles repartent et d'autres viennent », a dit à IRIN/PlusNews une femme membre de l'association de personnes séropositives SOS++ à Bébédjia, dans la zone pétrolifère.

 

Dans d'autres régions, le déni et l'ignorance

 

La situation n'est pas plus aisée pour les patients d'Oum-Hadjer, dans le département du Batha-est, dans le centre du Tchad. Les patients qui résident dans ce chef-lieu de département et ont besoin d'ARV ou de test CD4 (pour évaluer la résistance du système immunitaire) doivent se rendre à Abéché, quelque 150 kilomètres plus à l'est. La majorité de ces patients est démunie.

 

« Les ARV sont gratuits maintenant (depuis 2007) mais pour nous cette gratuité est théorique, parce que se rendre à Abéché coûte 5 000 francs CFA (12 dollars) aller-retour », a dit Giscard Sirrobe Ignabaï, président de la jeune association de personnes vivant avec le VIH Annidal (le combat, en arabe), créée en mars 2007. « Et après, il reste encore à payer le logement, la nourriture, la prise en charge des infections opportunistes. Peu de (patients) font le trajet ».

 

« Quand on trouve un malade (faible) et qu'il reste un peu d'argent dans la caisse de l'association, on l'aide pour son suivi médical, mais on s'épuise et on réduit forcément notre espérance de vie », a regretté M. Sirrobe Ignabaï, dont trois des 20 membres fondateurs de l'association sont déjà décédés.

 

Dans ces régions de la partie est et nord du Tchad, peuplées majoritairement de populations musulmanes, les acteurs de la lutte contre le sida ont noté qu'il était beaucoup plus difficile de sensibiliser les communautés sur les questions liées à la sexualité et au sida, un obstacle supplémentaire à surmonter.

 

« Les populations font semblant d'ignorer l'existence du mal », a dit M. Sirrobe Ignabaï. « Pour beaucoup de gens ici, c'est un blasphème de parler de sexualité et de sida. On essaye de lancer un cri d'alarme, mais les gens refusent de nous écouter ».

Sur les 16 415 personnes dépistées au VIH en 2006 dans tout le pays, seuls trois pour cent ont fait le test dans l'est et le nord, contre 66 pour cent dans le sud et 31 pour cent dans la capitale, selon les statistiques officielles.

 

...Quand on trouve un malade (faible) et qu'il reste un peu d'argent dans la caisse de l'association, on l'aide pour son suivi médical, mais on s'épuise et on réduit forcément notre espérance de vie...

 

Des difficultés reconnues

 

Toutes ces difficultés, les autorités en charge de la lutte contre le sida les connaissent, mais le gouvernement a souligné être confronté à un certain nombre d'obstacles dans la décentralisation des soins.

Outre les problèmes de gestion du financement VIH/SIDA de la Banque mondiale, puis de celui du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui ont mené à la suspension pendant plusieurs mois de ces financements en 2006 et 2007 et retardé l'expansion des services VIH/SIDA dans les provinces, le Tchad fait face à une pénurie de personnels de santé, qui touche surtout les provinces.

 

« Nous n'avons pas plus de 300 médecins sur tout le territoire, et moins de 200 d'entre eux ont reçu une formation à la prescription d'ARV », a noté le docteur Djouater Barou, coordonnateur du Programme national de lutte contre le sida (PNLS). « Et ils ne sont pas partout : à l'hôpital général de N'Djamena, il y a en a une trentaine, mais dans certains districts (de province), il n'y en a qu'un ».

 

Par manque de données statistiques, les acteurs de la lutte contre le sida éprouvent également des difficultés à évaluer les besoins des différentes régions, ce qui, ajouté au manque de formation de certains gestionnaires des ARV dans les provinces, a mené à des ruptures d'approvisionnement de ces médicaments dans certains centres.

 

Pour pallier ce déficit en praticiens et en formation dans les provinces, le PNLS et ses partenaires, notamment les agences des Nations Unies, ont initié la formation d'infirmiers capables au minimum de prescrire le renouvellement des ordonnances d'ARV, tandis que des responsables de la gestion des stocks d'ARV doivent aussi être formés en 2008.

 

Il tentent en même temps de combattre les idées fausses sur la maladie et de développer des programmes de prévention de l'infection dans les zones à risque du sud et dans les régions isolées de l'est et du nord, les régions les plus exposées à l'insécurité due aux tensions avec le Soudan voisin.

 

En attendant, de nombreuses personnes infectées continuent à mettre leur vie en danger par ignorance de leur statut, même lorsqu'elles ont fait le test, ont noté des personnes vivant avec le VIH et des acteurs de la lutte contre le sida.

 

« Comme il n'y avait pas de traitements (dans ma région), le médecin a voulu me cacher (mon) résultat (du test de dépistage du VIH) », a raconté une veuve de 37 ans, mère de cinq filles. « Il m'a caché que j'étais séropositive, il m'a menti, mais j'ai insisté parce que je me doutais de quelque chose. Heureusement que j'ai insisté, parce que c'est grâce à cela que je viens de fêter mes (10 ans) de vie avec le VIH ».

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 23:34

 

Ici, vendeurs de pain à Sam Ouandja (RCA)



20 Minutes, éditions du 08/04/2008 - 07h23 

 

Les prix flambent et l'indignation monte. Ces derniers mois, le riz, devenu depuis les années 1970 un aliment de base dans de nombreux pays d'Afrique, aurait augmenté de 50% en Côte d'Ivoire et en Centrafrique, de 39% au Cameroun, jusqu'à atteindre 300% de hausse en Sierra Leone. Mais ce n'est pas la seule céréale dont le coût connaît une hausse exponentielle. Selon l'Unesco, les prix du soja et du blé ont crû respectivement de 87% et 130% depuis mars 2007. Des augmentations qui provoquent de sérieuses tensions sociales, notamment au Cameroun, où des émeutes auraient fait une quarantaine de morts fin février.

 

Comment expliquer cette envolée des prix? En ce qui concerne le riz, Frédéric Lançon, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), explique que dans un contexte de stocks peu importants, «la baisse des exportations de la Chine et de l'Inde? soucieuses de pourvoir à leur propre marché? conjuguée à l'entrée sur le marché des importateurs du Ban­gladesh en raison d'un accident climatique à l'automne» ont suffi à provoquer des tensions, et, de fait, une flambée des prix.

 

La solution? Pour les ministres africains de l'Economie et des Finances réunis le 2 avril dernier à Addis-Abeba, en Ethiopie, un des moyens à court terme d'endiguer la hausse des prix consiste à suspendre ou diminuer les taxes sur certains produits. Mais, à long terme, l'enjeu serait, évidemment, d'accéder à l'autosuffisance.



Armelle Le Goff



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Centrafrique-Presse.com - dans Economie
8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 18:30

 

Bangui, 4 avril 2008 – (XINHUA)- Les consommateurs centrafricains ont menacé de descendre la rue pour protester contre l'envolée des prix de denrées de première nécessité, a rapporté vendredi la radio Africa Numéro Un.

Les prix sont devenus insupportable pour le riz, sel, savon, lait, farine et allumette, avec l'augmentations atteignant 100% dans certains cas, selon la radio influente sur le continent africain.

Le mécontentement est d'autant plus remontée chez les fonctionnaires qui accusent plusieurs mois d'arriérés de salaires.

Le gouvernement centrafricain a accusé les commerçants d'avoir fait de la surenchère afin de provoquer la colère des consommateurs, mais les commerçant expliquent que la flambée des prix résulte de la hausse de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qu'inflige l'Etat centrafricain.

Par ailleurs, le ministère des Finances a reproché à certains commerçants de ne pas déclarer exactement ce qui perçoivent et ne pas être en règle vis-à-vis du fisc, ce qui a compliqué la tâche aux personnels des impôts, qui sont parfois obligés de recourir à la force pour la perception d'impôts.

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie
8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 18:18



APA – Libreville 08-04-2008 (Gabon) Le «groupe de contact» sur la crise Tchado-soudanaise, mis sur pied le 13 mars dernier à Dakar (Sénégal), en marge du 11ème sommet de l’organisation de la conférence islamique (OCI), tient sa première réunion ministérielle, jeudi prochain à Libreville, a annoncé le ministère gabonais des affaires étrangères, dans un communiqué rendu public mardi dans la capitale gabonaise.

Outre les Etats membres du groupe de contact - Libye, Congo, Sénégal, Erythrée, Gabon, Tchad et Soudan -, cette réunion va enregistrer aussi la participation des secrétaires généraux de la Communauté des Etats sahalo-sahariens (CEN-SAD) et de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC).

Il n’est pas exclu que des représentants des Etats-Unis, de la France, de l’ONU, de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA) y prennent part également, a indiqué, dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères.

Le groupe de contact a reçu pour principale mission de suivre l’application de l’accord de paix signé à Dakar par les présidents tchadien et soudanais Idriss Deby Itno et Omar Hassan El Béchir, en marge du 11ème sommet de l’OCI, sous les auspices du président sénégalais Abdoulaye Wade.

Cet accord, destiné à mettre un terme à la crise entre ces deux pays voisins qui s’accusent mutuellement de déstabilisation, dispose que les ministres des Affaires étrangères des pays membres du groupe de contact doivent se réunir une fois par mois dans une des capitales des Etats membres du groupe, en compagnie des secrétaires généraux de la CEN-SAD et de la CEEAC.

Conformément à l’accord de Dakar, le Tchad et le Soudan se sont engagés à tout mettre en œuvre pour que leurs territoires ne soient plus utilisés comme bases arrières par des rebelles ou mouvements visant à déstabiliser leurs régimes respectifs.

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 17:33

 

Bangui, 8 avril 08 (C.A.P)- Plusieurs centaines d’éléments de l’ex UFDR de Zakaria Damane et d’Abdoulaye Miskine qui ont été désarmés, regroupés et cantonnés dans la garnison de Bouar, 450 km au nord Ouest de Bangui, aux termes des accords dits de paix signés entre Bozizé et Damane et Miskine de l’autre, végètent avec un viatique de 150 F CFA par jour qu’ils jugent très insuffisant.

           Zakaria Damane

Selon l’envoyée spéciale de RFI actuellement en reportage dans la localité, par oisiveté et ne mangeant pas à leur faim, ceux-ci constituent un réel danger car se transforment souvent en coupeurs de route pour rançonner les passants et les usagers de la route.

 

Il y a peu, quelques uns avaient fondu dans la nature avec plusieurs armes et munitions de guerre qu’ils s’étaient procurées de la poudrière de la base militaire de Bouar.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 17:11



APA Bangui 08-04-2008 (Centrafrique) La ministre déléguée centrafricaine chargée de la coopération internationale, Mme Marie Reine Hassan, a procédé, mardi à Bangui, au lancement du nouveau projet d’assistance aux populations affectées par les conflits armés en République centrafricaine et la sous-région» de l’Afrique centrale, a constaté APA.

 

«Ce projet s’inscrit dans le cadre des actions du gouvernement centrafricain en faveur de la lutte contre la pauvreté, comme moyen d’amorcer le développement», a expliqué Mme Hassan.

 

Le programme devrait permettra d’informer les partenaires du programme alimentaire mondial (PAM) ainsi que le gouvernement sur les objectifs immédiats et stratégiques de mise en œuvre qui seront exécutés du 1er avril 2008 au 31 septembre 2009, a-t-elle ajouté.

 

Pour sa part, le représentant résident du PAM à Bangui, M. Sittaïkaï-Kaï, a indiqué que « l’intervention aura pour objectif de sauver la vie des personnes déplacées internes affectées par les conflits en RCA et dans la sous-région, contribuer à l’amélioration de leur sécurité alimentaire et celle des populations hôtes, renforcer le capital humain et réhabiliter les actifs productifs à travers un appui alimentaire adapté».

 

Le PAM fournira, en appui à ce projet, des services de transport aérien humanitaire depuis Bangui vers les zones affectées par les conflits dans le nord du pays, dans le cadre d’une opération spéciale, a ajouté M. Sittaïkaï-Kaï.

 

Le dernier programme du PAM, qui a démarré ses activités en Centrafrique en 1969, a pris fin le 31 mars 2008 et a bénéficié à 260.000 personnes.

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 17:03




Faustin Archange Touadéra






APA Bangui08-04-2008 (Centrafrique) Le Premier ministre centrafricain, Faustin Archange Touadéra, a dressé mardi à Bangui, un tableau sombre de la situation sanitaire dans son pays, à l’ouverture d’un forum national de trois jours (8-10 avril) sur le financement de la santé et l’accessibilité aux soins.

Selon le chef du gouvernement centrafricain, le taux de prévalence du SIDA est de 6,2% en Centrafrique.

Il a indiqué que la mortalité maternelle dans le pays avait augmenté, passant de 643 pour 1000 naissances vivantes en 1998 à 1355 actuellement alors que la mortalité infanto-juvénile est de 176 pour 1000.

Par ailleurs, le chef du gouvernement a fait état d’un réveil des foyers de trypanosomiase humaine africaine.

Auparavant, le ministre centrafricain de la santé, Faustin Ntelnoumbi, avait indiqué que le forum national sur le financement de la santé s’inscrit dans la mise en œuvre des actions attendues de la table ronde des bailleurs de fonds qui s’est déroulée en 2007 à Bruxelles.

Son objectif «est d’engager des réflexions qui conduiront à l’adoption d’une initiative de mise en place d’un système supportable économiquement et financièrement par toutes les parties prenantes, à savoir les finances publiques, les communautés et les ménages, les collectivités, le secteur privé ainsi que les partenaires au développement», a-t-il souligné.

Selon les résultats d’une enquête sérologique effectuée en 2006, la Centrafrique occupe le premier rang en Afrique centrale et le 10ème mondial sur la liste des Etats les plus touchés par la pandémie du VIH/SIDA.



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Centrafrique-Presse.com - dans Société
7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 21:08


(Cent Papiers 07/04/2008)

 

« La ruée soudaine et mal inspirée vers la conversion de nourriture comme le maïs, le blé, le sucre et huile de palme — en biocarburants est une recette pour le désastre », a déclaré aux Nations Unies le rapporteur spécial, Jean Ziegler (et auteur de L’Empire de la honte (Fayard, 2005). Il a qualifié cette pratique de « crime contre l’humanité » et plaidé pour un moratoire de l’ONU. « Si l’on veut couvrir 20% du besoin croissant en produits pétroliers avec des biocarburants, comme cela est prévu, il n’y aura plus rien à manger », a prévenu le PDG de Nestlé, Peter Brabeck, dans une interview accordée au journal allemand NZZ am Sonntag, le 25 mars dernier.

A l’origine, cette pratique était considérée comme un bon moyen d’inciter les gouvernements et l’industrie à investir dans les agrocarburants (n.d.r : incorrectement appelés biocarburants), afin de réduire la dépendance de l’Europe aux importations de pétrole et de contribuer à la lutte contre le changement climatique. Mais voilà. Les agrocarburants, reposant sur des produits agricoles, concurrencent fortement la production destinée à l’alimentation. Ce qui a entrainé une augmentation des prix des denrées alimentaires surtout que certains agriculteurs, particulièrement aux États-Unis, ont remplacé leurs cultures de blé et de soja, par du maïs, qu’ils transforment ensuite en éthanol. Jean Ziegler craint lui aussi que les agrocarburants causent une aggravation de la faim dans le monde. Les grands perdants seront les plus démunis, obligés, eux, d’importer des céréales, comme le Kenya, l’Éthiopie, le Soudan, les Philippines ou le Pérou.

Un exemple : l’huile de palme est cruciale pour les 234 millions d’Indonésiens pour leur cuisson. Cette huile à usage alimentaire a, en très peu de temps, augmenté de 70 % pour atteindre 12.000 roupies (1,30 dollar) le litre, valeur que l’augmentation des salaires ne suffit pas à compenser, ce qui force de nombreuses familles à se restreindre. La conséquence de cette mutation ressemble à un cauchemar lorsque ces familles doivent basculer au-dessous du seuil de pauvreté. Avec une pareille augmentation, combien parviendront à faire frire leur plat national, le « nasi goreng » (riz frit) ainsi que les poissons et volailles qui accompagnent ce repas principal ?

Autre exemple : aux États-Unis, la course à l’éthanol, soutenue par des subventions de l’ordre de 6 milliards de dollars par an, s’est traduite par une augmentation massive des surfaces de maïs et le détournement des exportations vers les usines de production. Conséquence sur le marché international : les cours ont bondi de 74 % en un an. La première victime de cette situation - qui a fait, fait et fera le bonheur des agriculteurs américains et des grandes compagnies de négoce - a été le Mexique, gros importateur de maïs américain. Les Mexicains ont ainsi vu flamber le prix de la farine indispensable à la fabrication des tortillas, l’aliment de base des plus pauvres d’entre eux.

Comme l’indique Futura Sciences, pour devenir le premier producteur mondial d’huile de palme, le gouvernement indonésien a entrepris de faire raser d’immenses forêts naturelles, dont une majeure partie sur tourbières. Or, une forêt sur tourbière contient en moyenne trente fois plus de carbone qu’une forêt conventionnelle. Sa destruction suivie de sa conversion en plantation conduit au dégagement d’énormes quantités de gaz carbonique, à retrancher du gain obtenu par l’utilisation de cet agrocarburant. Une étude récemment parue dans Science affirme qu’il faudrait 840 ans pour compenser cette émission supplémentaire de CO2. L’Indonésie est déjà passée du 21ème au 3ème rang des plus importants pays émetteurs de gaz à effet de serre, juste derrière les États-Unis et la Chine.

Le développement des agrocarburants pourrait priver le secteur agricole des terres arables dont il a besoin pour répondre à la demande croissante d’alimentation. Chaque pourcentage supplémentaire d’agrocarburants dans les carburants traditionnels nécessiterait plus de 700.000 nouveaux hectares de plantations de soja chaque année. Selon la banque d’affaires américaine Goldman Sachs, les niveaux de production espérés pour 2015 nécessiteraient l’affectation de 110 millions d’hectares. « A terme, il y aura, vraisemblablement, des problèmes de surfaces », souligne un spécialiste. Le monde est confronté à un immense défi : nourrir 3 milliards d’hommes de plus en 2050. Or les seules réserves de terres arables vraiment exploitables se trouvent en Amérique latine et en Afrique. A condition de raser l’Amazonie et les forêts du Congo !

La production en masse d’agrocarburants entraîne un certain nombre de risques en matière de déforestation, d’augmentation des prix de l’alimentation et de pénurie d’eau. « À chaque fois que dans un pays une surface cultivée est dédiée au carburant, le prix (de la denrée cultivée) monte et d’autres agriculteurs en produisent davantage, en s’étendant en bonne partie sur des forêts et des pâturages », souligne Timothy Searchinger, un expert de l’université américaine Georgetown. Et selon Joe Fargione, un des auteurs de l’étude publiée dans Science : « la réduction des superficies cultivées de soja a causé l’augmentation de son prix, ce qui pourrait par exemple inciter des villageois brésiliens à davantage déboiser l’Amazone pour en planter ».

À Bangkok, les négociations sur le réchauffement climatique réunissent cette semaine une quantité d’experts. Selon eux, la demande en agrocarburants pourrait finalement causer davantage de mal que de bien à l’environnement. Des scientifiques remettent de plus en plus en doute le caractère écologique des agrocarburants, en particulier à cause des déforestations que leur production engendre. Les délégués doivent poser les jalons d’un accord ambitieux visant à réduire les émissions de GES. Le texte doit être signé en 2009. La filière des agrocarburants, malgré des publicités où l’on peut admirer des voitures parcourant un paysage bucolique agrémenté de fleurs et d’oiseaux gazouillants, a du plomb dans l’aile. Les dirigeants européens s’étaient engagés, en mars 2007, à faire passer la part des agrocarburants dans les transports à 10% d’ici 2020, par rapport aux niveaux actuels (2%).

Ces mesures prises peut-être un peu précipitamment par certains gouvernements sont peut-être à revoir. Comme vient de le faire l’Allemagne. Le Premier ministre italien, Romano Prodi, sceptique sur les bénéfices des biocarburants a affirmé qu’un passage aux agrocarburants aurait un impact négatif sur la production alimentaire. Le ministre allemand de l’Environnement, Sigmar Gabriel, l’Allemagne pourrait abandonner l’idée d’augmenter la proportion des agrocarburants dans les carburants traditionnels, face au nombre possible de véhicules qui ne supporteraient pas ce mélange. « Nous n’introduirons pas de nouvelle réglementation tant que les chiffres ne seront pas clairs. Et nous y renoncerons si le nombre de véhicules ne supportant pas le mélange dépasse un million ».

Des scientifiques du ministère britannique de l’Environnement ont, selon The Guardian, annoncé que les agrocarburants pourraient davantage participer au réchauffement climatique plutôt qu’à sa lutte. Il n’en fallait pas plus pour que, de son côté, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, s’apprête à contester le bien-fondé de la politique de soutien aux agrocarburants défendue par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Selon le Professeur Bob Watson, conseiller scientifique en chef au Département britannique pour l’Environnement, l’Alimentation et les Affaires Rurales, il ne faut pas introduire des quotas obligatoires pour l’utilisation des agrocarburants dans l’essence et le gazole avant que leurs effets aient été correctement évalués.

« L’incertitude est trop grande pour pouvoir déterminer si l’objectif de 10% de biocarburants développé par l’UE conduira ou non à une économie en gaz à effet de serre », affirme une étude dévoilée par EurActiv. Dans ce document de travail non publié, le Centre Commun de Recherche de la Commission (Joint Research Centre – JRC) dresse un bilan accablant des plans européens de promotion des agrocarburants. Selon ces derniers : « la décision de viser spécifiquement la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports réduit les bénéfices qui pourraient être atteints différemment avec les mêmes ressources ». En termes de réduction des gaz à effet de serre par hectare de terrain, « il est substantiellement plus efficace d’utiliser la biomasse à la production d’électricité plutôt que de produire des biocarburants conventionnels », notent ces experts.

Réplique immédiate de Rob Vierhout, secrétaire général de l’Association Européenne pour les Biocarburants (European Bioethanol Fuel Association - eBIO) : « Je ne suis pas surpris par le rapport car il a toujours été dans les plans du Centre commun de recherche de discréditer les biocarburants depuis qu’ils ont commencé leur projet Well-to-Wheel avec les industries pétrolière et automobile ». Monsieur Vierhout voit dans le dévoilement de ce rapport une tentative délibérée de l’industrie pétrolière pour détruire la politique européenne sur les agrocarburants. Adrian Bebb, des Amis de la Terre, ne voit pas comment la Commission pourrait poursuivre sa politique sur les biocarburants maintenant. Ce rapport confirme qu’elle n’est pas efficace en termes de coûts, de réductions des gaz à effet de serre, et ne créera aucun emploi.

José Manuel Barroso est le plus ardent défenseur des 10 % d’agrocarburants en 2020, et a récemment qualifié d’« excessives » les allégations selon lesquelles les agrocarburants pourraient contribuer de façon notable à la flambée des prix alimentaires et à la déforestation. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) est venue au secours du président Barroso. Selon les premières conclusions d’une étude réalisée par l’Ademe, les agrocarburants représenteraient bien une alternative intéressante et « durable » en Europe, en terme énergétique et de réduction de gaz à effet de serre. « En l’état actuel des connaissances, les gains énergétiques et de gaz à effet de serre des biocarburants produits en Europe resteront significatifs et, en tout état de cause, supérieur au seuil d’éligibilité environnemental proposé dans le projet de directive européenne sur les énergies renouvelables (35 %) », dévoile l’Ademe qui apporte ainsi, comme l’indique Enviro2b, une pierre au moulin de la filière des agrocarburants, un peu chahutée ces derniers temps, et justifie en même temps la politique européenne dans ce domaine. Selon les experts, « le plan biocarburant conserve une justification sur le plan de l’énergie et de la réduction des gaz à effet de serre ».

Il appartiendra très certainement à la France de trancher la question durant sa présidence de l’Union.

Sources : AFP, Enviro2b, EurActiv, Futura Sciences, L’Express)

le 6 avril 2008

© Copyright Cent Papiers

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Sciences
7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 15:10

 

Technologies

 

BRUXELLES 07/04/08 à 14:39:00 (Reuters) - L'avion, ultime havre de paix à l'abri du téléphone portable, sera dans six mois au plus tard le dernier salon où l'on cause pour passer et recevoir des coups de fil sans aucune autre limitation que les tarifs.

 

La Commission européenne a adopté lundi deux textes qui harmonisent les conditions techniques de lancement des services de communication paneuropéens à bord des avions qui survolent le territoire des 27 pays de l'UE.

 

"La téléphonie mobile à bord peut devenir un nouveau service très intéressant, en particulier pour les personnes en voyage d'affaires qui doivent pouvoir communiquer où qu'elles soient, où qu'elles aillent", a déclaré la commissaire européenne chargée des Télécommunications, Viviane Reding.

 

Dans six mois au plus tard, les États membres de l'UE devront avoir mis sur pied les réglementations nécessaires à ce service qui a déjà été testé avec succès par Air France.

Les seuls moments de tranquillité seront le décollage et l'atterrissage pour éviter les interférences lorsque les téléphones portables recherchent des bornes terrestres.

Une fois une certaine altitude atteinte, le commandant de bord branchera une borne qui les reliera par satellite au réseau terrestre, sans risque pour la sécurité intérieure, puisqu'un système empêchera la connexion au réseau terrestre survolé.

 

Le niveau des tarifs déterminera si le service sera largement utilisé, 90% des passagers embarquant avec leur téléphone portable, mais la Commission ne les réglemente pas.

L'exécutif européen laisse en outre les compagnies aériennes décider des limitations éventuelles à apporter à ce service.

Certaines pourront décider de les limiter aux "textos" et aux courriels, mais rien n'empêchera les avions de ressembler à un poulailler dans lequel il sera impossible de lire ou de dormir, notamment pendant les vols transatlantiques.

 

Yves Clarisse

 

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Centrafrique-Presse.com - dans EUROPE
7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 15:01

 

 

Avant de vaporiser notre armée en croisades planétaires, grenouille aux talons du bœuf américain lancé aux trousses d’une prétendue barbarie censée menacer la civilisation du bien (celle qui entretient Guantanamo sans piper ?), pourrait-on envisager de recentrer ses missions sur la protection de ressortissants et d’intérêts français qui semblent de plus en plus visés ?

 

Le Ponant capturé en haute mer... Pschitt ! Le plan « pirate mer » aussitôt déclenché. On s’indigne, on typhone à tous les étages, on s’alliotmarise... La France fera tout pour récupérer l’équipage du navire subtilisé par une poignée de gueux au nez et à la barbe de l’armada chargée de la sécurité de la navigation commerciale dans le nord de l’océan Indien. Pensez !

Je plains les malheureux marins du Ponant et leurs familles... Mes amis, à vos amulettes, aux trèfles ! Et vous, pirates, tremblez ! En haut lieu, on étudie toutes les options, envoyer nos commandos de marine, le GIGN, Rambo et Steven Seagal si ça ne suffit pas... Et pourquoi pas le Kop Boulogne du PSG, le groupe Indochine (Nicola Sirkis jle kif grav il me fé tro tripé ptdr) ou Tokio Hotel (Danke das war mal wieder echt’n geiler tag). De grâce ! N’en jetez plus !

Bien que des vies humaines soient exposées, la tentation est forte de redorer le blason militaire français à bon compte, sur le dos d’une poignée de brigands. Et ainsi de régler par l’épée ce que nous avons été parfaitement incapables de prévenir par l’épée. Ah quel formidable coup médiatique cela ferait, dans un contexte où l’emploi de notre armée fait débat. N’y cédons surtout pas et prions pour que cette affaire finisse par une grosse valise de billets livrée par la DGSE à l’adresse indiquée par les pirates. Dans l’intérêt des otages, ce serait infiniment préférable.

 

Petit retour sur les faits et autres maritimes précisions (j’ai fait ce métier un temps). Au printemps, le Ponant, navire de croisière de l’armement français CMA-CGM, rallie sa base estivale de Méditerranée depuis celle, hivernale, des Seychelles, selon un rite aussi immuable que la migration de l’hirondelle. Lors de ce convoyage, il ne porte qu’un équipage réduit, aucun passager (ce n’est pas une croisière). La route normale depuis les Seychelles (un peu plus de 3 200 milles) le fait croiser au large des côtes somaliennes, traverser le golfe d’Aden puis remonter la mer Rouge avant d’embouquer le canal de Suez et atteindre Alexandrie où la première croisière commerciale débute le 21 avril (ceux qui en sont peuvent décommander).

 

Cependant, bien incapable, lui, de voler comme l’hirondelle, il est bien forcé de naviguer dans une zone où les attaques de piraterie sont fréquentes. Une zone sous contrôle de la Task Force 150. Ta Ta Ta ! Déployée dans le cadre du dispositif « Enduring Freedom » cette force maritime d’environ une douzaine de navires, hélicoptères et avions de patrouille maritime (Atlantique 2) a pour mission la surveillance et le contrôle de la navigation commerciale dans le golfe d’Aden et le nord de l’océan Indien.

 

Son commandement est assuré par le contre-amiral français Jean-Louis Kérignard qui a succédé, le 25 février 2008, au commodore pakistanais Khan Hasham Bin Saddique. Pour son baptême, il est servi.

Dans cette région, comme dans le détroit de Malacca, les navires français bénéficient du contrôle naval volontaire (ou CNV). Selon les recommandations du Quai-d’Orsay, ils doivent « éviter la trop grande proximité des côtes somaliennes » (au passage notons que les assurances maritimes ne couvrent pas le risque si le navire est attaqué à moins de 75 milles du littoral). Sur un plan pratique, tout navire français doit s’identifier auprès du dispositif de contrôle naval volontaire, communiquer sa position toutes les 12 heures et, en cas de besoin, faire immédiatement appel aux marines nationales de la TF 150.

 

Dans ces conditions, on peut s’étonner que de misérables pirates somaliens se risquent à aller chercher leur proie jusqu’à plus de 200 milles de leurs côtes. Certes, la zone est vaste et nécessité fait loi, mais tout de même... Rejoindre discrètement un navire comme le Ponant, y prendre pied, s’en assurer la maîtrise, puis le « rapatrier » sur plus de 150 milles jusqu’en eaux territoriales somaliennes... En dépit des patrouilles aériennes, des navires de guerre qui sillonnent la zone en permanence et des moyens de surveillance hyper-sophistiqués dont dispose la coalition alliée. C’est prestidigitateur... Lupinesque ! J’en vacille.

 

Peut-on seulement poser la question de la responsabilité de la Task Force 150 et de son commandement français dans cette affaire ? Où était-elle donc la cavalerie censée prévenir ce genre d’attaque ? C’était concours de boules, merguez et anisettes à gogo, le 4 avril, au camping de la TF 150 ? On repassait Pirates des Caraïbes sur écran géant ? Jack Sparrow contre le capitaine Nicolas Barbossa ?


Et où est-elle aujourd’hui ? Le Ponant fait route au sud le long des côtes du Puntland. Selon Hervé Morin « Il est suivi dans les eaux somaliennes par le commandant Bouan, un aviso de la marine nationale, membre de la Task Force 150 ». Il avait été « survolé vendredi par un hélicoptère militaire français pour s’assurer que des pirates étaient bien à bord, après avoir lancé son appel de détresse ». Soyons rassurés : les pirates étaient bien à bord. Et ils y sont toujours. On en est sûrs. La situation est donc sous contrôle. Ouf !


Mais à quoi servent donc nos frégates, nos hélicoptères survoleurs, nos avisos suiveurs, tous ces épais blindages, avec d’énormes hélices dehors et plein de missiles dedans, si cette gigantesque quincaillerie est incapable de bloquer une poignée de pirates avant qu’ils ne passent à l’acte ?

 

Petit rappel : le coût des opérations extérieures (Opex) de la France battra cette année un record, selon le ministère de la Défense : 850 millions d’euros, soit 390 millions de plus que les 460 millions prévus et inscrits au budget 2008 voté par les parlementaires.
Et, dans le même temps, notre déficit annoncé à 2,5 % du PIB (ce qui fait de la France le cancre de la classe euro) pourrait, selon les experts financiers, dépasser la barre fatidique des 3 % du PIB.

 

Alors peut-on poser la question : elle file où notre caillasse militaire  ? En bruits de belotes et rideaux de fumée atlantistes ! Et notre armée ? Réintégrée en catimini au commandement intégré de l’Otan, postée aux intersections de l’infini, en Afghanistan, au Kosovo, au Tchad... Au Darfour et au moulin ! Dévouée à lubrifier chaque rouage de l’axe du bien.
Ah scolopendres, vous voudriez la voir où elle serait plus utile à la protection des intérêts ou des ressortissants Français ? Niet ! Pour ça, faut plus compter sur elle. On organisera une distribution de talismans à l’entrée du golfe d’Aden. Une patte de lapin par-ci, une racine de mandragore par-là... Question efficacité ça sera idem, en plus économe.

 

Aujourd’hui, la barbarie semble évoluer proportionnellement au nombre de militaires de l’« axe du bien » déployés pour la combattre.


L’Irak trempe dans un bain de sang permanent, en Afghanistan le taliban règne et le commerce de la drogue n’a jamais été aussi prospère, le terrorisme est toujours bien présent, Ben Laden et mollah Omar aussi et dans le golfe d’Aden la piraterie progresse (selon le Centre d’information sur la piraterie du Bureau maritime, en 2007, 154 personnes ont été prises en otages et 31 attaques recensées contre 10 l’année précédente). Mais à quoi donc, au fond, servent les militaires si la situation doit empirer dès qu’ils interviennent ?

 

Dans ces conditions, on peut s’inquiéter quand on voit notre épée nationale prête à engager nos soldats aux quatre coins de l’univers habité, quand on l’entend apostropher les barbares, plus tutti frutti que jamais, laïusseur émérite d’un pays qui peut se vanter d’en posséder de fameux, bien engagé derrière les oreilles, œil de basilic et naseau fumant du dragon au saut du nid.

Mais à force de la brumiser en pet du cul amerloque, il en fera quoi de notre armée ? A quel prix et pour quels résultats ? Ruineuses déconfitures et piteux naufrages ? Des mètres cubes de vent... l’énergie dérisoire d’un tractopelle brassant le vide intersidéral nulle part entre la Grande Ourse et Sirius.

 

On en viendrait à regretter l’époque bling-bling et croisière sur le Nil, son lot de comédies mineures, de petites pitreries, aimables, bénignes, genre mondain, qui nous occupaient un temps, à moindres frais, et nous amusaient même, parfois. Pour l’heure, il ne nous reste plus qu’à être solidaires des marins du Ponant, jusqu’au bout du monde, en espérant un dénouement heureux à cette couillonnade en haute mer.

 Agoravox 7 avril 2008

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