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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 02:44

 



parce qu’elle a apporté la pauvreté en Afrique: Avec le FMI, elle est contre le développement de l’Afrique.


(La Nouvelle Tribune (Bn) 19/08/2008)

Le Potentiel a saisi l’opportunité de la rencontre dernièrement à Brazzaville des écrivains de la République démocratique du Congo et de la République du Congo pour s’entretenir avec le professeur Théophile Obenga...

(...) non seulement sur les liens entre les deux pays mais aussi sur les questions d’actualité. Historien et héritier de Cheik Anta Diop, il aborde avec Le Potentiel le passé, le présent et l’avenir de l’Afrique. Cela après avoir encouragé la poursuite des échanges culturels entre Congo-Kinshasa et Congo-Brazzaville. Ci-dessous, l’interview.

Vous êtes bien connu dans les milieux intellectuels africains en général et congolais en particulier. Nous venons d’assister aux rencontres entre les écrivains de deux Congo. Quel est votre avis sur cet événement ?

 Théophile Obenga : C’est très bien de continuer les relations culturelles et intellectuelles entre les deux rives du fleuve Congo, entre Kinshasa et Brazzaville, entre le Congo démocratique et le Congo-Brazzaville. Je crois que chaque génération a les mêmes ambitions. Vous savez que, pendant la colonisation, l’Afrique équatoriale française (AEF) avait une revue qui s’appelait Liaison. Et le directeur général de cette revue à Brazzaville était Paul Lomami Tchibamba, un romancier du Congo-Kinshasa, avec son roman « Ngando ».

Moi, je me trouvais encore à Brazzaville au lycée Savorgnan De Brazza. Ensuite, avec les indépendances, les cercles culturels de Poto-Poto, de Bacongo seront animés aussi par les autres amis de l’autre côté du fleuve. Nous nous appelions aussi « Bana Béa » (Brazzaville). De l’autre côté, les habitants de Kinshasa s’appelaient « Bana Kin ». Il y avait des amitiés, des conflits, des jeux, etc. Et il faut dire que tous les grands musiciens de Brazzaville, sans exception, ont été formés à Kinshasa. Jean-Serge Essous était même chef d’orchestre à l’OK Jazz. Il a dirigé ensuite les Bantous de la capitale. Donc, il y a toujours eu ces liens-là. Il en est de même dans le domaine de football.

Celui qu’on a appelé Omela Trouet, grand footballeur de Kinshasa, jouait ici à Brazzaville. Notre grand joueur Mambeke, Boucher de la plaine, dans le Bacongo, c’était Fumanchi, le professeur Masengo, etc. Il y avait tout le temps de l’amitié, des rivalités, des ambitions communes partagées, jusqu’à nos jours. Ce que la génération actuelle fait n’est qu’une continuité. Moi-même, j’ai enseigné à l’Université de Lubumbashi. J’ai tenu plusieurs conférences universitaires à Kinshasa, soit dans les salles de cinéma, soit dans les auditoires de l’Université de Kinshasa. Feu le cardinal de Kinshasa, Albert Joseph Malula assistait à mes conférences. Donc, il y a toujours eu ces liens entre les deux capitales.

Vous ne parlez que des rapports culturels …


Théophile Obenga : Cela à tous les niveaux : commercial, culturel, intellectuel, religieux, spirituel (le Kimbanguisme a commencé à Kinshasa et aujourd’hui, un grand mouvement existe ici à Brazzaville depuis longtemps. De tout temps, il y a eu, bien avant la colonisation, le pays Bateke à Brazzaville comme à Kinshasa ainsi que des noms qui se ressemblaient. Lorsque Grand Kallé chantait Indépendance cha cha, c’était l’indépendance de toute l’Afrique centrale. On a fêté Lumumba autant à Brazzaville qu’à Kinshasa. C’était un même pays, un même espoir. Je me rappelle que, quand j’étais ministre des Affaires étrangères, j’ai rencontré le roi des Belges à Bruxelles. Il m’avait dit que les Brazzavillois avaient accueilli les Belges lors des troubles qui avaient émaillé l’indépendance. Je lui ai dit que c’est un même pays. Quand les Belges sont maltraités à Kinshasa, ils viennent à Brazzaville. Et quand les Français le sont à Brazzaville, ils vont à Kinshasa. Quand il pleut à Kinshasa, il pleut à Brazzaville. C’est bien que les jeunes continuent cette tradition. Le fleuve, en fait, ne sépare pas, mais il unit.

 Vous passez au plan international comme l’héritier de Cheik Anta Diop. Aujourd’hui, avec tous vos travaux, avez-vous l’impression que les hommes politiques ont pris conscience de l’unité de l’Afrique ?

Théophile Obenga : On croit que ceux qui parlent de l’Union africaine, ce sont eux qui font son unité. Les chefs d’Etat, aujourd’hui, croient que l’Union africaine, c’est leur affaire. Tant mieux. Mais en fait, c’est depuis le 19ème siècle qu’on parle de cette affaire-là. Marcus Garvey, un Jamaïcain, est le créateur du panafricanisme. Il y a les Blee Dem, Dubois et autres. C’est une longue tradition. Ils ont organisé le congrès panafricain. Ensuite, il y a les Blaise N’Diaye, Kwame Nkrumah, avec les Jomo Kenyatta et Julius Nyerere, Kenneth Kaunda qui leur ont emboîté le pas. Puis, a suivi la génération de Cheick Anta Diop jusqu’à Lumumba, Luis Cabral et Thomas Sankara.

Lumumba, présent au Sommet d’Accra, nous a ramené le panafricanisme en Afrique centrale. De tout temps, ces idées de renaissance africaine, de panafricanisme, d’union africaine, de solidarité, de destin commun ont toujours drainé la politique africaine. Parfois, très rapidement. Parfois, très lentement. Des fois, on fait semblant d’oublier. De toute façon, si nous lisons le monde aujourd’hui, la Chine a déjà plus d’un milliard d’habitants. Un pays très puissant. D’ici 20 ou 30 ans, la Chine sera peut-être la première puissance du monde, au point de vue économique. Le Japon est une puissance. Il en est de même de l’Inde. L’Europe va se construire avec l’union. Les Européens veulent même détacher les pays africains de la Méditerranée, en constituant l’Union méditerranéenne.

Les pays de l’Amérique latine tels que la Colombie avec Hugo Chavez, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay, le Brésil veulent faire leur marché commun, leur unité économique. Les Etats-Unis veulent faire un grand ensemble avec le Canada et le Mexique. Pouvons-nous tenir devant ces nouvelles masses continentales, cette géopolitique de la nouvelle mondialisation ? Nous ne pouvons pas tenir dans l’isolement actuel. On crée la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe), tout ça va passer.

 Ce panafricanisme demeure-t-il un rêve ?

Théophile Obenga : Non. En tout cas, nous arriverons, au cours du siècle, même à la fin de celui-ci, à l’unité continentale de l’Afrique. Et nous arriverons à l’Etat fédéral panafricain. C’est ça le destin africain. Et nous avons les ressources matérielles pour le faire. Nous sommes le continent le plus riche de la terre. Nous avons des intelligences, une population, etc. Nous avons tous les moyens. Tenez ! Qu’est-ce qui se passe ? Tout le monde se développe avec les richesses africaines, en l’occurrence l’Europe et les pays asiatiques. Tandis que les pays africains s’appauvrissent. Ce qui est paradoxal. Il faut développer l’Afrique. Et ce faisant, développer l’Humanité. L’Afrique, on ne s’en rend pas compte, est une puissance.

Donnez-vous donc raison au président libyen, Mouammar Kadhafi, qui veut que soient créés les Etats-Unis d’Afrique ?

Théophile Obenga : Oui. Mais Kadhafi n’est pas le premier. Nkrumah en avait parlé. L’Afrique doit s’unir. Le président Kadhafi pousse ce destin-là que nous soutenons. Mais il faut de la méthode. Faisons des Etats fédérés avec un gouvernement fédéral qui aura des représentants ministres. En ce moment-là, nous pèserons en tant qu’Etat dans la communauté internationale. C’est ça la démarche. Il faut réaliser l’unité politique, d’abord. C’est l’unité gouvernementale de gestion. Comment voulez-vous gérer s’il n’y a pas de gouvernement. Il faut d’abord faire un Etat politique. Et la politique commande l’économie. Il faut connaître l’orientation, l’idéologie, les ambitions.

Qu’on ait avant tout le royaume politique et tout le reste viendra après. Voilà pourquoi les ensembles économiques ne marchent pas. La CEMAC ne marche pas bien parce qu’il y a ce vide, parce qu’il n’y a pas de contenu politique, idéologique. On ne fait la critique de personne. Mais, c’est de petits projets économiques de ceci ou cela. Mais quelle est l’ambition, la vision, l’idéologie politique ? Parle-t-on de la protection du peuple africain au sein de la CEMAC, de la libre circulation ? Quels sont les droits des peuples de la CEMAC ? Comment favoriser leur bien-être ? C’est ça, d’abord. Ce n’est pas protéger ce qui est très passager. Voilà pourquoi ça ne marche pas, on traîne sur les visas. Les Européens n’ont pas commencé par le contrôle des visas. Ils ont débuté par réaliser l’Union européenne où l’on compte aujourd’hui 27 pays membres. La CEMAC n’a pas l’idéologie de l’Unité africaine. Voilà pourquoi ça marche très lentement.

On se rend compte que la présence française en Afrique centrale handicape le processus de formation des Etats-Unis d’Afrique ?

 Théophile Obenga : Les intérêts français, européens ou américains profitent de la faiblesse politique du vide politique, du leadership. Chacun sauve ses intérêts. Nous sommes dans un monde des loups. La mondialisation, c’est quoi ? C’est la lutte des intérêts au niveau planétaire. Alors, chacun défend ses intérêts. Si j’étais Français, j’allais défendre les intérêts de mon pays en Afrique. A qui la faute, si les Africains ne défendent pas leurs intérêts ? Aujourd’hui, les Chinois ne viennent pas en Afrique parce qu’ils aiment ce continent mais pour leurs intérêts.

C’est pour se développer qu’ils viennent chercher le pétrole, l’uranium, l’or …. C’est normal. L’Inde, le Japon, la Russie, les pays européens feront la même chose. Il faut que l’Afrique apprenne à défendre ses intérêts. Et du coup, à coopérer, à dialoguer avec les autres. Mais nous coopérons, nous dialoguons sans défendre nos intérêts. C’est-à-dire que le patriotisme africain fait défaut, en quelque sorte. Ce patriotisme dont faisaient preuve les Lumumba. Ils n’avaient pas parlé d’économie et des trucs. Mais, d’abord, de la dignité africaine, du respect africain, des intérêts africains à sauvegarder. C’est ça qui va nous mobiliser pour bâtir le pays. Et construire le pays pour défendre ses intérêts va nous faire respecter des autres. Quand ceux-ci nous respectent, on peut alors dialoguer librement et à égalité. Comme le déclare la Déclaration universelle des droits de l’Homme, tous les hommes sont libres et égaux.

Nous croyons toujours que nous sommes inférieurs par rapport à l’homme blanc. Les Belges, qui connaissent la pagaille entre Flamands et Wallons, veulent avoir un regard moral sur les affaires du Congo démocratique. Mais de quel droit ? Les Africains ont-ils un droit de regard sur les affaires de la Belgique, de la France, du Portugal ou de l’Espagne ? Ils arrêtent les gens comme ils veulent.

 Nous n’avons jamais traduit en justice, à la Cour pénale internationale de La Haye, le Belge qui a assassiné Lumumba. Il en est de même du Portugais qui a tué Cabral et des assassins de Samora Machel, Boganda, Sankara. Et la communauté internationale, formée de quatre pays (Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne) régente tout. Mais c’est de la fiction.

Que doit pour cela faire l’Afrique ?


Théophile Obenga : Il faut que l’Afrique défende ses intérêts. Le jour que cela deviendra réalité, ils viendront se mettre à genoux pour renégocier les contrats, les affaires. Quand nous dirons que le diamant de Mbuji-Mayi nous appartient et que nous le vendons à qui nous voulons, et qu’Anvers n’est pas la capitale du diamant, et que c’est nous qui sommes la capitale du diamant.

En ce moment-là, ils vont nous respecter. Ils viendront pour la réconciliation, nouer des amitiés. Parce que dans le sous-sol européen, il n’y a rien. Donc, ils auront toujours besoin de nous. On ne leur doit rien du tout. Il y a des choses que je n’ose pas dire. La Banque mondiale, par exemple, c’est l’institution la plus corrompue de la terre. Elle a donné de l’argent au président Mobutu en sachant l’usage qu’il faisait de cet argent. Mobutu mort, il devient dictateur. Et le peuple congolais doit payer cet argent.

 En dehors de puissances néo-coloniales, les institutions de Bretton Woods ne poursuivent-elles pas la néo-colonisation ?


Théophile Obenga : Nous respectons les institutions internationales telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Ces institutions ont-elles été créées pour résoudre la misère africaine ? Est-ce que la philosophie des institutions de Bretton Woods vise le soulagement de la misère africaine ? Elles n’ont pas été créées pour cela. Les Etats-Unis, aujourd’hui, ont un budget déficitaire. Pourquoi ils ne s’endettent pas auprès de la Banque mondiale, qui est à 5 minutes de la Maison Blanche. Mais les Etats-Unis se sont tournés vers la Chine pour s’endetter. Pourquoi la France déficitaire dirige le Fonds monétaire international pour ne pas s’endetter auprès de la Banque mondiale. Elle aussi est allée frapper à la porte des Chinois.

 Et ils nous demandent de nous rabattre à la Banque mondiale. Ces institutions respectables n’ont pas été créées pour nous. Nous devons simplement quitter la Banque mondiale parce qu’elle a apporté la pauvreté en Afrique. Elle a élaboré, soi-disant, des programmes d’ajustement structurel. Le Ghana était le meilleur exemple. Mais il est dans la misère absolue aujourd’hui. Ces institutions favorisent la culture de rente de coton au Mali. Elles sont contre les cultures vivrières. Si nous avons la crise alimentaire, c’est à cause de la Banque mondiale. Avec le FMI, elle est contre le développement de l’Afrique. Il n’y a que celle-ci à ne pas le comprendre. Quel pays ont-elles développé dans le monde ? Ont-elles développé le Bangladesh ? Même le Maroc qui a quitté ces institutions n’en
est pas mort. Elles n’ont développé aucun pays dans le monde avec des conseils, des subventions.

Les dettes contractées auprès de la Banque mondiale ne sont pas justes. Car l’argent qu’elles donnent à un chef de l’Etat africain va dans les poches des dirigeants en place. Et les experts de ces institutions, les plus corrompus de la terre, le savent. L’ancien directeur du Fonds monétaire international, Paul Wolfowitz, payait sa maîtresse comme salariée de la Banque mondiale. Est-ce que les Africains font cela ?

Les Africains sont-ils si naïfs, qu’ils acceptent n’importe quoi ?

Théophile Obenga : Oui. Nous sommes des naïfs. Le cas de Wolfowitz est là. Les gouvernements français, belge, britannique … sont les plus corrompus. Ils sont dans la magouille. Les Italiens, n’en parlons pas. Ils achètent même des matches de football. Vous avez déjà vu un président africain acheter à l’avance les matches de football ? La Juventus a été punie pour cela. Mais qui a acheté ce match ? C’est le premier ministre de l’époque, Berlusconi, qui est revenu au pouvoir. Comme les africains sont naïfs, ils laissent faire. Pourtant, ils ont des experts en économie. La Chine s’est développée sans coopération. L’Europe également. La France s’est développée en coopérant avec qui ? Des experts anglais ? Les capitaux anglais ont-ils développé la France ? Les experts hollandais ont-ils coopéré avec leurs homologues belges pour développer la Belgique ? Est-ce que ce sont les Italiens qui développent l’Espagne ? Pourquoi les Africains acceptent-ils cette fameuse coopération ?

Il est temps que l’Africain libère un peu son imaginaire parce qu’il pense toujours qu’étant Noir, il est inférieur à l’homme blanc, il est sous-développé. Il faut que le développement vienne de l’Europe …

Théophile Obenga : Vous avez touché le problème essentiel. C’est-à-dire l’homme pris dans son état primitif dans la philosophie bantoue du père Tempels. Et tout ça, c’est l’art sauvage, primitif. On lui inculque le sentiment d’infériorité. Donc, on cultive chez moi la peur de ma culture et de moi-même, l’adoration du modèle européen occidental. Dans ce complexe qu’on développe exprès, on ne peut rien faire. On ne prend pas son destin en main. Il faut nous décomplexer mentalement. Après, on peut chercher les voies et moyens, avec la coopération que nous choisirons librement. On n’est pas contre la coopération, mais qu’on ne nous impose rien du tout.

On est assez grand pour décider nous-mêmes de notre destin. Les Occidentaux ont créé, notamment, la Banque mondiale et le FMI pour nous emprisonner. Parce que si l’Afrique se développe, l’Europe va changer car elle n’a rien. Tout le monde est
en République démocratique du Congo, y compris les Chinois. Ils ont pris d’assaut la province du Katanga, se ruant vers le cobalt. Heureusement que le gouverneur de cette province a doublé le prix. Il devait même tripler, voire quadrupler. Les chinois vous envoient de la pacotille, avec des serrures qui ne tiennent pas. On nous envoie des assiettes pourries, des carreaux qui ne tiennent pas … et on les accepte.

A supposer que le Nigeria, la République démocratique du Congo, l’Afrique du Sud soient éveillés, debout, ces pays n’accepteraient pas n’importe quoi. C’est pour cette raison que je soutiens le président Mugabe. Je n’ai jamais toléré que les européens critiquent un chef d’Etat africain. Nous devons régler nos problèmes nous-mêmes. Ils n’ont de leçons à donner à personne. Ils ne font pas mieux que nous. Ce sont des corrompus et des violateurs de la loi, quotidiennement. Voyez comment ils traitent les Noirs qui vivent en Europe, les immigrés, les Sans papiers. Quand les Blancs critiquent Mugabe, c’est qu’il est bon. Le fait de reprendre les terres pour les rentabiliser est bon. Ce sont des terres à nous. Les autres n’ont qu’à aller chez eux.
Vous avez fait appel à la jeunesse africaine. La recherche scientifique serait-elle une utopie ?

Théophile Obenga : En Afrique subsaharienne, le nombre des jeunes dans la tranche d’âge de 15 à 35 ans est de 400 millions. Ils sont en chômage. Ils ne vont pas à l’école, parce qu’il n’y en a pas. Ceux qui sont près des Canaries préfèrent se faire bouffer par l’Océan. Et la police aérienne et navale espagnole leur tire dessus à bout portant. C’est un crime. Et la Cour pénale de La Haye ne dit rien. On dit qu’ils sont des naufragés sans nous montrer les cadavres parce qu’ils sont criblés de balles.

Ils montrent les soi-disant rescapés. Un crime dont l’Union africaine ne parle pas. En outre, on va vers le Yémen, chez les Asiatiques qui sont aussi racistes. Donc, cette jeunesse-là, qui va diriger l’Afrique demain, doit bénéficier d’une éducation. Il faut lui assurer le travail. Voilà pourquoi je propose qu’on conçoive une université africaine à notre manière. Au 21ème siècle. Si nous voulons, comme le dit Thabo Mbeki, que le 21ème siècle soit celui de l’Afrique, de la renaissance africaine, je pense que cela doit fondamentalement commencer par l’éducation. Eduquer la jeunesse, la doter d’outils modernes. Sinon, elle ne saura pas diriger l’Afrique.

Elle ne pourra pas non plus participer à la gouvernance du monde, aux organismes qui dirigent le monde. Parce qu’elle n’aura pas été préparée. Que fait aujourd’hui les jeunes américains entre 15 et 35 ans ? Ils sont tous à l’université. Il en est de même des jeunes européens. Et c’est des millions qui font le bac. Les Indiens font eux-mêmes leur bombe atomique. Ils n’ont pas besoin d’experts américains ou européens. La jeunesse chinoise prépare l’avenir de la Chine.

Il me semble que vous évitez, par pudeur, de citer nommément des hommes politiques
au pouvoir sur qui pèse la responsabilité de cette débâcle...

Théophile Obenga : Tout est politique. Le pouvoir politique sert à quoi ? Le pouvoir sert à protéger le peuple. Exemple : on sort de la deuxième guerre mondiale, en France, c’est la catastrophe. De Gaule arrive au pouvoir. Il a le pouvoir d’Etat. Il crée la 5ème République avec une nouvelle Constitution pour régulariser le jeu politique. Après le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki, De Gaule a dit que le monde a changé. Il a créé la puissance nucléaire française dissuasive, en commençant par des essais nucléaires au Sahara, puis plus tard, dans les Polynésies. Il a créé une école nationale d’administration (ENA) pour que les Français puissent utiliser leur intelligence à la gestion du patrimoine national. Les anciens de cette école ont dans tous les domaines de la vie nationale française. La France est dirigée par les Enarques.

Mais pourquoi les hommes d’affaires, les hommes politiques africains ne se décident-ils pas de faire changer les choses ?

Théophile Obenga : On ne fait pas la politique sans idéologie. On est fils de paysans, parents pauvres. Brusquement, on accède au Trésor public. Il faut payer décemment les fonctionnaires, les agents de l’Etat, les ministres, les députés, les sénateurs pour les mettre à l’aise. Il faut affecter d’autres sommes d’argent aux autres secteurs de la vie nationale. Il faut amener chaque individu, homme et femme, à libérer son humanité, son intelligence. Avez-vous déjà entendu parler du développement de la Belgique, de la France, des Etats-Unis ? Non. C’est plutôt de la civilisation. Mais, en Afrique, on nous parle du développement, du sous-développement, du développement durable qui sont des vocables sans aucun sens. Les autres profitent de notre ignorance pour nous exploiter.

En bref, nous devons bâtir la civilisation africaine moderne, là où chacun d’entre nous peut exprimer, selon ses talents, son génie créateur. C’est ça le bien-être. Ce n’est pas faire des routes, construire des hôpitaux. Ces infrastructures servent à créer une civilisation. Et les autres disent que nous sommes indignes de civilisation mais que nous sommes bons pour le développement. Mais …

Etes-vous hanté par le pessimisme ?

Théophile Obenga : Je suis très optimiste parce que l’Afrique est le berceau de l’Humanité. Nous sommes les premiers êtres dans cette Humanité. Les premiers hommes à faire l’amour sur cette terre sont les Africains. Ils sont aussi les premiers à voir quelqu’un naître, un homme mourir. Les premiers à voir la nature, à s’interroger sur celle-ci, sur le destin de l’Homme et sur le sens même de la vie. Ce sont les africains qui ont philosophé d’abord, ont organisé la société jusqu’au stade de l’Homo Sapiens. Nous ne sommes pas en dehors de l’Histoire. Maintenant que les choses évoluent, l’Homme s’adapte à son environnement. Il peut changer de peau, de couleur des yeux. L’Humanité ne peut pas se faire sans les Africains et l’Afrique. Nous avons été esclaves, colonisés, nous sommes encore là. Nous pouvons encore régénérer le bonheur de l’Humanité.

Le Potentiel (R.D. Congo), Edition 4377 du Lundi 07 Juillet 2008

© Copyright La Nouvelle Tribune (Bn)

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 03:39

 


Bangui, 20 août (ACAP) - Le médiateur de la République, le professeur Abel Goumba, a déclaré mercredi 20 août 2008 au cours d'un point de presse à Bangui , que « le Conseil national de la médiation n'a pas le pouvoir de s'autosaisir des problèmes ou crises survenues dans le pays ».

Le professeur Abel Goumba répondait ainsi aux populations et à certains organes de presse qui accusent son institution de garder un silence indifférent, jouant du coup selon ces derniers, « un rôle passif » dans la vie politique nationale, allant jusqu'à parler de la « démission du Conseil national de la médiation ».

Le Médiateur de la République a expliqué que les textes qui régissent le Conseil national de la médiation exigent que « le conseil soit saisi par une requête écrite, de l'une des parties avant une quelconque intervention du Médiateur de la République. Cette saisine passe obligatoirement par le biais d'un député ou d'un organisme de droits de l'homme ou consulaire qui apprécie l'opportunité de transmettre la requête au Conseil national de la médiation ».

Il a par ailleurs précisé que face à cette restriction juridique qui pénalise les initiatives de son institution, le Conseil national de la médiation a initié un projet de texte à l'endroit du parlement, dont l'adoption pourrait renforcer sa capacité d'intervention; ajoutant qu'en dehors des contraintes d'ordre juridique qui empêchent le Conseil national de la médiation de bien faire son travail, il existe également des difficultés d'ordre matériel et financier.

« Par rapport au processus du dialogue politique inclusif, le Conseil national de la médiation a toujours exprimé sa disponibilité de jouer un rôle déterminant, bien qu'il ne soit pas jusqu'à ce jour associé au processus, pour des raisons qu'il ignore », a-t-il relevé.

« A propos de l'imaginaire démission du Médiateur de la République, je déclare ici à quiconque veut l'entendre, que c'est de plein gré que j'ai accepté de jouer le rôle de Médiateur de la République, que je considère comme la suite logique de la longue lutte que j'ai menée pour l'instauration de la démocratie dans ce pays », a indiqué le professeur Abel Goumba.

« Je n'ai pas de position à donner, je dois être neutre et impartial compte tenu de mon statut de médiateur de la République », a-t-il répondu à la question concernant son appréciation de la médiation du président gabonais El Adj. Omar Bongo Ondimba et sa position personnelle par rapport à la crise politique en Centrafrique.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 03:37



APA Bangui 2008-08-20 (Centrafrique) Un nouveau parti politique dénommé la Nouvelle alliance pour le progrès (NAP) vient d’être crée en Centrafrique par Jean Jacques Démafouth, le leader de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), un des trois grands groupes rebelles basés au nord-ouest du pays.

La nouvelle formation politique a été officiellement reconnue mardi par le ministère centrafricain de l’intérieur qui lui a donné son quitus de reconnaissance. «La création de la NAP est une stratégie qui va permettre à Démafouth de briguer la magistrature suprême en 2010», a confié à APA M. Gaston Dagbia, membre du bureau politique de la NAP, un proche de Jean Jacques Démafouth.

«Les élections présidentielles de 2010 approchent et Démafouth, qui tient à se présenter comme candidat du peuple, n’entend pas le faire sous le statut d’un chef rebelle», a-t-il dit, soulignant que «c’est pour cela qu’il a décidé de créer son parti».

M. Dagbia a ajouté que «l’APRD sera fondue dans la NAP après la tenue du dialogue politique qui est censé faire disparaître tous les mouvements de rébellion»

Ancien ministre de la défense nationale sous le régime déchu d’Ange Félix Patassé, Démafouth s’est exilé en France en 2002 à la suite de ses dissensions avec Patassé. Il a été désigné président de l’APRD en février dernier par les dirigeants de ce mouvement rebelle.

La Nouvelle alliance pour le progrès (NAP) de Démafouth porte à 49 le nombre des partis politiques officiellement reconnus en Centrafrique.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 05:02

 


Lors de la célébration des festivités du 13 août 2008 qui ont eu lieu cette année dans la ville de Nola, chef lieu de la préfecture de la Sangha-Mbaéré, plusieurs compatriotes ont reçu des médailles des mains de Bozizé. Là où on reste pantois c’est de savoir que parmi ces heureux récipiendaires, figure un certain  lieutenant colonel Sylvain Ndoutingaï, ministre d'Etat aux mines, à l'énergie et à l'hydraulique qui lui, a été élevé à la dignité de Grand Croix dans l'ordre du mérite centrafricain, la plus haute distinction du pays. Ces distinctions honorifiques ont-t-elles encore un sens en Centrafrique aujourd'hui ? Qu'a-t-il fait  d'extraordinaire ? Quels sont ses exploits patriotiques ?

Pourtant le bilan de ce Ndoutingaï à la tête de cet important ministère est véritablement désastreux pour le pays et ne pouvait pas décemment donner lieu à une telle distinction qui est une apparaît indiscutablement comme prime à la médiocrité et à l’échec.  Sa gestion est plutôt florissante pour leurs portefeuilles, Bozizé et lui. On peut en juger pas la récente crise énergétique où Bangui a vécu plus d’un mois une grave pénurie de courant électrique avec d’inévitables conséquences sur la fourniture d’eau potable à la ville. A propos de l’eau potable, autre secteur dont Ndoutingaï a la charge, on ne peut aussi que faire le constat de la mauvaise qualité de l’eau que fournit la SODECA qui est à l’origine d’une épidémie chronique de fièvre typhoïde à Bangui. Au ministère qu’il dirige, le tribalisme Gbaya est porté à son paroxysme. Depuis les plantons jusqu’à lui, n’ont voix au chapitre que les Gbaya. C’est une affligeante réalité.  

En dehors de ses liens familiaux avec Bozizé qui peuvent constituer à ses yeux un atout certain, on a tout de même quelque mal à se convaincre des compétences intrinsèques de ce  que fait d’extraordinaire pour le pays ce Sylvain Ndoutingaï depuis leur coup d’Etat du 15 mars 2003. Bozizé qui paraît être seul à être subjugué par lui, tombe littéralement sous le charme de ses qualités et compétences dont le commun des Centrafricains a beaucoup de mal à s’en apercevoir. Non sans évidente arrière-pensée, il lui a confié dès la composition de son premier gouvernement au lendemain du putsch du 15 mars 2003, le département toujours très convoité des mines et de l’énergie. Il y demeure sans discontinuité jusqu’à présent.

Son niveau intellectuel ne lui a pas permis de franchir le cap de la première année de l’Institut universitaire de gestion des entreprises de Bangui. Sous-lieutenant au sortir de la longue rébellion de Bozizé où il a surtout excellé dans le juteux trafic avec les musulmans tchadiens des véhicules volés et arrachés aux tiers à Bangui, Ndoutingaï n’a pas tardé à prendre du galon, dans tous les sens du terme. Passé directement commandant, il ne tardera pas non plus à devenir lieutenant-colonel puis ministre d’Etat. A un moment donné, c’est aussi à lui que Bozizé a dû faire brièvement appel pour le portefeuille des finances. Devant les critiques qui n’ont pas tardé à fuser, il a battu en retraite et lui a retiré cette fonction or entre temps, Ndoutingaï s’est fait adjoindre un ministre délégué à l’énergie qui n’est autre que son beau-frère, Chrysostome Mékondongo.

L’activisme de Ndoutingaï porte surtout sur les mines et ce que peuvent lui générer les dessous de table, les bureaux d’achats de diamant et autres  postulants aux permis miniers obligés de cracher au bassinet. Très rapidement, lui et Bozizé se sont considérablement enrichis avec leur business louche avec l’Afrique du Sud et URAMIN. L’acquisition de leurs cossues villas au Burkina Faso et en France, de leurs comptes bancaires bien garnis en Suisse et dans d’autres paradis fiscaux, sont là pour en témoigner. Voilà ce qu’ils sont venus chercher par la force en ayant levé des rébellions dévastatrices et voilà aussi ce qu’ils cherchent à faire perdurer au-delà de 2010, qu'on se le dise...!  

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 16:33



APA Bangui 2008-08-19 (Centrafrique) Le personnel de la Société centrafricaine des télécommunications (SOCATEL) a décidé lundi, au cours d’une assemblée générale, de reconduire la grève déclenchée le 11 août dernier pour revendiquer le paiement de trois mois d’arriérés de salaires et le financement du projet de la téléphonie mobile pour un coût de 1milliard de FCFA.

«Le mouvement de grève est reconduit une fois de plus pour une durée de huit jours car nos revendications sont restées insatisfaites jusqu’au jour d’aujourd’hui», a indiqué à APA le délégué du personnel Etienne Kangabé, qualifiant «d’infondées» les informations faisant état du versement de 500 millions de FCFA par le gouvernement centrafricain.

«La SOCATEL n’a reçu aucun rond dans sa caisse de la part du gouvernement et donc la grève va se poursuivre jusqu’à satisfaction totale des revendications», a conclu M. Kangabé.

Dans un communiqué publié dimanche dernier, le président du conseil d’administration de la SOCATEL, M. Lévys Yakité, a appelé le personnel à reprendre le travail dès lundi matin car le gouvernement venait de débloquer 500 millions CFA représentant la moitié de la somme revendiquée pour payer les arriérés de salaires et les équipements techniques.

La grève du personnel de la SOCATEL perturbe le réseau Internet dans les cybers café à Bangui.

Ndlr Centrafrique-Presse : La prétendue « libération » des Centrafricains depuis le 15 mars 2003 tourne pour eux en véritable cauchemar. C’est étrange d’entendre le bouffon de Fidèle Ngouandjika parler encore sur RFI de « mauvaise gestion à la SOCATEL » alors que depuis le coup d’Etat on croyait qu’ils avaient viré tous les mauvais gestionnaires et désigné de meilleurs. C’est tout simplement un aveu d’incompétence et le retour de bâton pour lui et ses obligés de PCA et de DG de la SOCATEL. Ils totalement déréglé le paysage des télécommunications du pays, sont tous corrompus jusqu’à la moelle mais continuent de faire du bruit. C'est bien connu, les tonneaux vides....! 

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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 16:13




APA Bangui 2008-08-19 (Centrafrique) Les centrales syndicales centrafricaines ont exigé l’apurement des cinq mois d’arriérés de salaires dus aux travailleurs par l’actuel régime du président François Bozizé, au pouvoir depuis mars 2003, dans un communiqué rendu public, lors d’une rencontre d’évaluation des travaux du comité mis en place après la rencontre entre le gouvernement et les six centrales syndicales, le 25 février.

Les syndicats exigent aussi le déblocage des effets financiers des avancements dans la fonction publique, indique le communiqué, ajoutant que les partenaires sociaux viennent d’être désagréablement surpris que le collectif budgétaire examiné par l’actuelle session extraordinaire de l’assemblée nationale ne prenne pas en compte la question du déblocage et des arriérés de salaires de l’actuel régime.

«Comme par hasard, la mise en circulation de ce document coïncide avec l’heureux dénouement du contentieux opposant le gouvernement centrafricain à la société AREVA, lequel s’est traduit par la signature, le 1er août 2008, d’un protocole d’accord contenant entre autres clauses, l’engagement de AREVA de verser la somme de 18 milliards de FCFA dans la caisse du trésor public centrafricain», observe le communiqué.

«Il est donc temps que les décideurs centrafricains songent à débloquer, à augmenter les salaires et à apurer les nombreux arriérés que les différents régimes ont tour à tour générés afin de permettre aux fonctionnaires et agents de l’Etat de sortir la tête de l’eau», conclut le communiqué.

Les travailleurs centrafricains du secteur public ont déclenché une grève illimitée le 2 janvier dernier, à l’appel des syndicats, pour réclamer le paiement de sept mois d’arriérés de salaires et le déblocage des effets financiers des avancements dans la fonction publique.

Le mouvement a pris fin suite à l’engagement du gouvernement de verser aux grévistes deux mois de salaires. A cette occasion, le gouvernement s’était aussi engagé à payer deux autres mois d’arriérés de salaires et envisagé la possibilité du déblocage des salaires à partir de juillet 2008.

 

Ndlr Centrafrique-Presse : Les fonctionnaires ne peuvent en effet pas demeurer en reste de ces retombées financières du contrat avec AREVA alors que Bozizé vient de distribuer une pluie d’étoiles à des généraux pantouflards des Faca avec effets financiers immédiats. S’il est vrai que 18 milliards aient été versés au trésor, la plus grande transparence doit être exigée dans l’utilisation et le dispatching de ces fonds. Cela n’avait pas été le cas avec URAMIN dont le droit d’entrée avait été empoché directement par Bozizé et Ndoutingaï sans que le trésor national n’en ait vu la moindre couleur. La durée du bras de fer du gouvernement centrafricain et AREVA avant la signature d’un accord s’explique justement par l’exigence de celle-ci de ne verser ce qu’elle doit à l’Etat centrafricain que sur un compte ouvert au trésor national.

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 17:03





Malgré son désastreux bilan de la gestion du pays, en dépit de son incompétence criarde tant dénoncée et d’une grande et réelle impopularité auprès de ses compatriotes, notamment dans les préfectures dont les suffrages des électeurs décident du vainqueur de la présidentielle, c’est un secret de polichinelle que Bozizé aimerait se succéder encore à lui-même lors des présidentielles de 2010. Il faut dire que l’homme n’a pas beaucoup de choix. Sauf à fuir ou à bénéficier également des dispositions de la loi d’amnistie générale que tout le monde appelle de ses vœux afin de permettre la tenue du dialogue inclusif et ipso facto, une paix durable en RCA, l’avenir et le sort de Bozizé en dehors du fauteuil présidentiel sont très sombres. En clair, il est condamné à demeurer président.

Or il est conscient de son impopularité qui est telle qu’il lui sera très difficile voire quasiment impossible de battre quelque candidat que ce soit en 2010. Sachant pertinemment que dans les bastions patassistes du Nord Ouest, du Centre Nord, du Nord Est, il est grillé à jamais à cause de sa politique criminelle de terre brûlée, Bozizé semble se résoudre à ne pouvoir tabler que sur l’électorat de la Lobaye et d’une partie de celui de  l’Ombella-Mpoko, qu’il croît à tort lui être acquis d’office.

Il multiplie en direction des ressortissants de la Lobaye et de son chef lieu Mbaiki, des opérations de charme et de séduction. C’est ainsi que récemment, il a demandé à un curé du coin une messe d’action de grâce pour les mémoires de Jean Bedel Bokassa et David Dacko, deux personnalités phare de cette préfecture qu’il est inutile de présenter. Il est allé lui-même inaugurer à Mbaiki il y a quelques mois, une auberge que son fils Francis Bozizé y a fait construire. Tout cela est loin d’être fortuit et obéit à d’évidents calculs politiciens opportunistes.

Il vient aussi de faire tomber une pluie d’étoiles sur les épaules de certains officiers supérieurs et généraux de l’armée dont certains de ses promotionnaires de l’ESFOA. Plusieurs d’entre eux sont des ressortissants de la Lobaye, tels que Sylvestre Yangongo qui a eu sa quatrième étoile, Michel Bémakassoui qui est passé général de division, Guillaume Lapo est devenu général de brigade. Il vient aussi de nommer le ministre des finances et non moins son beau frère, Emmanuel Bizot, lui aussi ressortissant de la Lobaye, magistrat hors hiérarchie à la cour des comptes. Ce n’est pas par pur hasard.

Néanmoins, Bozizé et sa clique du KNK sont conscients de leurs nombreuses faiblesses et songent ainsi sérieusement à déployer le cas échéant, leur arsenal de fraude et d’achat des consciences qui leur ont permis de triompher lors de la mascarade  électorale de 2005. C’est cette peur de perdre les élections si celles-ci sont libres et réellement transparentes qui fait hésiter et louvoyer Bozizé quant à la tenue du dialogue politique inclusif. Il est pris d’une peur panique devant la perspective d’un retour au bercail du président Patassé car celui-ci est à lui seul une redoutable force électorale. L’idée d’affronter Patassé à une élection présidentielle est insupportable et un véritable cauchemar pour Bozizé. Sa volonté de verrouiller l’organisation et la tenue du dialogue politique inclusif ainsi que ses nombreuses hésitations ne s’expliquent pas autrement.

Le problème est que plus il est impopulaire, plus Bozizé se retranche et se repose sur son clan familial et une poignée d’obligés médiocres zélés. C’est Ndoutingaï par-ci, c’est Wafio, Gonda, Kéléfio par là. La pitoyable affaire des trois projets de loi sur l’amnistie générale qu’il est contraint de retirer en est une illustration. Il aura convoqué une session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour rien. Il va falloir en convoquer à nouveau une autre ou prolonger l’actuelle, avec les incidences financières en termes d’indemnités pour les députés que cela entraînera. C’est du cafouillage, de la médiocrité pour ne pas dire de la vacuité de pouvoir.

 

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 16:59




UNION DES FORCES DEMOCRATIQUES          REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

POUR LE RASSEMBLEMENT                                        Unité  - Dignité - Travail

             (UFDR)

BUREAU EXECUTIF

N° 0017 /UFDR/BE/08                                                                        Bangui, le 10 Août 2008

Au

Président de l’Assemblée Nationale

Bangui

Objet : Position de l'UFDR

Par rapport au projet de la Loi d’Amnistie

 

Très Honorable Président,

Honneur vous donner par la présente, la position de l’UFDR à 1a lecture du projet de loi déposé par le gouvernement sur le bureau de l’Assemblée Nationale pour examen.

L'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement animée par la volonté de paix est partie prenante du processus de paix depuis la signature de l'Accord de Paix de Birao le 13 Avril 2007.

Depuis, elle l’a démontré en observant strictement les clauses de cet Accord jusqu’à la signature de l’Accord de Paix Global de Libreville le 21 juin 2008.

C'est avec regret qu'elle constate que l'Article 3 et suivants concernant 1'Amnistie des groupes politico-militaires comportent des clauses qui ne vont pas dans le véritable sens d'une réconciliation Nationale pouvant apaiser les esprits surchauffés.

Par conséquent l'UFDR rejette avec force les dispositions des  articles susmentionnés et  demande une révision allant dans le sens de la paix véritable.

Très humble considération

Fait à Bangui le 10/08/08

 

CHEICK Tidjiani DEYA

Ampliations :

Président de l'Assemblée Nationale

 Ministre Chargé de Relation avec le Parlement  

Ministre Chargé du Dialogue Inclusif

BONUCA

Ambassade France  

Député de Birao II

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 16:54




Colonel Charles MASSI

Coordonnateur Politique de l’UFDR

A

Monsieur Michel AM NON DROKO DJOTODIA

Président du Bureau Politique de !'UFDR

Objet : Démission de l'UFDR

Monsieur le Président,

Le 12 Mai 2008, vous m'aviez fait l'honneur en me désignant, par Décision W 02/UFDR/PR, Coordonnateur Politique de l'UFDR.

Le maintien en activité de deux UFDR : celle de Zakaria DAMANE, qui a usurpé la signature de l'Accord Global de Paix de Libreville du 21 JUIN 2008 et celle de sa branche politique à l'extérieur est un handicap pour la visibilité de notre positionnement et de notre stratégie sur l'échiquier politique national, rendant nécessaire une mutation pour plus de clarté et d'efficacité

Nos longues discussions ne nous ont pas permis de sortir de cette dualité. Considérant que ce ne sont pas les sigles qui font la force d'une Organisation, mais plutôt, la Foi et l'engagement déterminés de ses combattants, j'ai décidé de me retirer de !'UFDR en vous remettant ma démission, à compter de la date du jour.

Les dernières nominations au sein du Bureau Politique, étant peu conformes aux dispositions statutaires de l'UFDR, qui stipulent que tout Membre du Bureau Politique puisse élu par l'Assemblée Générale Extraordinaire et non nommé par Décision du Président, je ne peux prétendre démissionner en tant que Premier Vice Président de l'UFDR.

Notre lutte commune se poursuit jusqu'à son terme, mais, à compter de ce jour, sous des bannières différentes.

En vous remerciant de m'avoir permis de travailler à vos côtés sur la destinée de notre si cher pays, la République Centrafricaine;

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sincères salutations.

Fait le 14 AOUT 2008

Le Coordonnateur Politique

 

Charles MASSI


Ndlr Centrafrique-Presse : Après avoir misé sur un mauvais cheval, c'est le cas de le dire, Charles Massi s’est vu dans l’obligation de démissionner du pompeux titre de Coordonnateur politique dont Michel Djotodia l’avait gratifié.
Contraint en effet de faire le constat de l’impasse due à l’existence de facto de deux UFDR dont il aurait pourtant dû se rendre compte dès le départ, l’une que revendique Michel Djotodia depuis Cotonou et l’autre que contrôle sur le terrain dans le Nord Est du pays Zakaria Damane - qui a pris l’autre de vitesse en allant signer à Libreville l’Accord de Paix Global au nom de l’UFDR - Massi a même trop traîné à tirer les leçons de cette pantalonnade. Entre temps, Abakar Sabone avait aussi claqué la porte avec fracas de la plateforme qui regroupait l’UFDR et son MLCJ.
Ce retrait ne pouvait qu’affaiblir l’UFDR et surtout isoler la fraction Michel Djotodia et donc Charles Massi qui l’a compris en jetant ainsi l’éponge. Reste qu’il lui faut à présent retrouver un espace politique pour y évoluer, Bozizé lui ayant verrouillé toutes les portes de sortie.On peut toujours compter sur les talents politiciens de Charles Massi pour dégoter d'ici là, un artifice politique comme il en a l'habitude et nous le brandir.
 

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 16:33



APA Bangui 15-08-2008 (Centrafrique) Dix techniciens chinois sont arrivés jeudi à Bangui à la demande pressante des autorités centrafricaines pour aider l’Energie centrafricaine (ENERCA), la société nationale de production et de distribution d’électricité, à mettre en oeuvre son projet d’installation des deux turbines de l’usine de Boali, à 100 km à l’ouest de Bangui, a appris APA de sources officielles.

Selon le ministre centrafricain délégué à l’énergie, M. Jean Jacques Mékondongo, le renouvellement des turbines de Boali va permettre à l’ENERCA de faire passer sa capacité de 18 à 35 voire 40 mégawatts, et de mettre un terme aux multiples coupures d’électricité dans la capitale centrafricaine.

«Les techniciens chinois vont se rendre dans un premier temps à l’usine de Boali pour étudier la faisabilité du projet», a-t-il dit, soulignant que l’installation des nouvelles turbines devrait débuter dans deux semaines.

Le renouvellement des deux turbines de l’usine de Boali va coûter 117 millions de dollar Us (5,5 milliards de FCFA) qui seront débloqués par la Chine. Jamais l’ENERCA n’a renouvelé ses installations techniques depuis sa création en 1965.

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