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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 21:10

 

 

 "Many are those who wonder about State and Governance in Central African Republic. They are citizens, diplomats, journalists, judges, professors, presidents, prime ministers, representatives of Non Government Organisations, artists, financiers, lawyers and recenlty monks. They say : what could be said on the State of Central African Republic ? Oh ! nothing says a few. Oh ! a trouble, a black hole,  a contradiction, a confusion, a black hole say others. For them this country is in gloom. Efforts have to be managed to overcome these predicaments. Doubts and uncertainties transcend their mind about the real worth existence of State in Central African Republic.

 

Then, questions raise about  those who lead this State. Are they clever? Do they understand the sense of State? Are they capable to eke out Central African Republic from its crises? So, despair is the final word that convenes to Central African Republic. By the way, it is a non-sense to trust such State. May be or sure there is no Power of State. That is why, for the success of the National Inclusive Dialogue on Central African Republic crises, political forum should take place abroad . And Libreville is well indicated to receive this forum, regarding the output of the former political agreement between Messr Jean-Jacques Dematfouth of APRD, Zacharie Damane of UFDR and the government "

 

 

Talking about State and Governance in Central African Republic at that moment is very relevant.  This country is exceptional. A resourceful country. Raw materials are immense. Climate is favorable for agriculture. Soil is fertile. Water is in abundance. But, it is not well-governed. It is in leeway. Those who rule the country now do not give evidence of good governance. It is so pitiful. But, they come on the Power of State by coup d'Etat. It supposes they have not the sense of State and not the sense of governance.They took the Power of State by greed just for their individual satisfaction. Making the Power of State the path of stealing the country's wealth.

 

They are predators of the State. Their obsession is to control and grasp the Power of  State. The result of such behaviour is : the institutions of the State are confused with those who rule the country. Transparency and separation of powers are squeezed. From that, State fails to offer public utilities to citizens. The case of Central African Republic is a good example which shows this inadequation. As the modernity had transformed the global world, rulers in Central African Republic have failed to assume their responsability. Since the coup d'Etat, the role of State is eroded .Incompetence of the government explains this failure. Central African Republic is becoming a failed State. Observing the state of this country, what could be said is that : the government does not understand the purpose of State.

 

Governement has to stimulate and modernise the State by playing its role as a main stakeholder of development, progress and prosperity  in the country. Unfortunately it is a despair, a desolation and a melancholy for citizens. Power of State is not in  hands of the regime of Bozize. What is important to say about this State : it is a State of disorder ; it is a State of looters. It is so heavy like a charge. But it is true. It should be right to add recurrent violation of individual rights. Poverty is obvious. Now the State under Bozize regime is in turmoil. The Power of State is failed. For that change is to be done. Bozize regime is not deserved the Power of State. This is a matter of thinking. A matter which will bring freedom and Power of State.

 

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Le régime Bozizé est singulier. L'on ne peut contester. Mais ce qui explique sa singularité est très aveuglant et même inélégant pour un régime qui pense être le sauveur de la Centrafrique. Ah!, il est où l'Etat. Tout près l'on suppute, l'Etat n'existe plus depuis le coup d'Etat. A dire vrai, la Centrafrique souffre. Et elle le dit au travers le Pouvoir de l'Etat. Celui-ci est incapable d'assurer sa mission de service public. Alors que dire de l'Etat? Il n'existe plus pour les citoyens. Par contre il existe pour le régime Bozize. Entendez, ce Pouvoir de l'Etat qui lui permet de spolier la Centrafrique ; de contrôler les richesses de la Centrafrique ; de considérer de telles richesses comme sa propriété.

 

Ainsi l'Etat est Bozizé. Et Bozizé est l'Etat. Et l'on a une symétrie par laquelle il est pertinent de mettre en valeur ce dysfonctionnement de l'Etat ou mieux encore la mort de celui-ci. La Centrafrique dispose de l'eau ; son sous-sol est très riche ; son climat favorable pour l'agriculture ; un atout précieux pour son développement économique. Mais où est l'Etat ? C'est de la chimère. Pourtant, celle-ci explique mieux la déconfiture de l'Etat. L'Etat n'existe pas. L'absence des infrastructures l'explique. Bozizé et son régime se servent de l'Etat comme passerelle pour s'enrichir. Des prédateurs, ils sont. Ils pillent la Centrafrique. Que dire de l'Etat.? Il inspire désespoir, mélancolie, grogne et rogne.

 

Le régime Bozizé ne comprend pas le sens de l'Etat, notamment le sens moderne de celui-ci. C'est dire que le régime Bozizé n'est pas salvateur comme il le croit. C'est un régime incompétent. Et le mot est approprié vu les réalités économique, sociale et économique de la Centrafrique. Le régime a failli. Au final le syndrome de Sauveur dont certains citoyens ont acquis auprès du régime Bozizé s'est dissipé. Ces citoyens discernent le bien et le mal. Alors la Centrafrique est dans l'imposture. L'Etat est en déliquescence parfaite. La désillusion fait place à la réalité.

 

Que les citoyens prennent la mesure de l'incertitude dans laquelle le régime Bozizé les a placés. Que dire de l'Etat ? En toute franchise, un failed State. Le régime Bozizé est responsable de cette déconfiture de l'Etat. La Centrafrique en est meurtrie. Elle meurt la Centrafrique. Cependant, la paupérisation des citoyens s'accroit. La Centrafrique est dans les mains des cyniques. L'Etat a disparu. Mais, il appartient aux démocrates de faire renaître l'Etat. Ce, sans Bozizé et son régime. Pour ce faire la démocratie s'invite dans le Dialogue Inclusif National. Et l'on doit faire confiance en la démocratie.

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 21:02



 

12-07-2008        Source : Gaboneco.com 

 

Un stage de formation a été ouvert le 10 juillet dernier à l’Ecole d’Etat major de Libreville à l’intention des officiers des forces armées des pays d’Afrique centrale qui sont appelés à occuper des postes de responsabilité au sein des forces multinationales. Dans le cadre du transfert de compétence de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) à la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), la Force multinationale en Centrafrique (FOMUC) deviendra le 12 juillet prochain la Mission de consolidation de la paix (MICOPAX), regroupant davantage de pays.

 

Pour préparer les officiers de la sous région à leurs nouvelles fonctions au sein de la MICOPAX, la mission de consolidation de la paix qui va remplacer la Force multinationale en Centrafrique, un stage de formation a été ouvert le 10 juillet à l’Ecole d’Etat major de Libreville avec le soutien de la coopération militaire française et de l’Union européenne.

Avec le transfert de compétence entre la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) et la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), les forces multinationales vont changer de tutelle et de composition, ce qui appelle une préparation des officiers qui seront appelés à occuper des postes de responsabilité au sein de la nouvelle force multinationale.


«Conscients du rôle et de la mission de la FOMUC dans notre espace géographique, (…) ce stage et cette formation vous donneront les outils qui vous permettront de travailler efficacement sous l’Etat major» a déclaré le Lieutenant Colonel Jean Marie Obame Eyeghe, le comandant de cette école, à l’ouverture des travaux.

 
Cette initiative qui est soutenue par la coopération militaire française devrait être «constructif grâce à l’expérience des formateurs. La FOMUC a fait un travail remarquable et il convient de continuer cette œuvre en l’adaptant au cadre élargi de la CEEAC. Il est important d’évoquer l’implication de l’Etat major régional, de la partie française et de l’Union européenne» a rappelé le général de corps d’armée Ebomi.


Dans le cadre du transfert de compétence de la CEMAC à la CEEAC, décidé lors des dernières assises du Conseil de paix et sécurité en Afrique centrale (COPAX), les forces multinationales déployées dans la sous région vont changer de tutelle et renforcer la représentation sous régionale dans leurs rangs.


La Force multinationale africaine en Centrafrique (FOMUC) devient ainsi à compter du 12 juillet prochain la Mission de consolidation de la paix dans ce pays (MICOPAX) sous l'autorité de la CEEAC.


Outre les contingents militaires, cette nouvelle force comprend une branche civile destinée notamment à aider au démarrage du dialogue politique inclusif préparé en République centrafricaine.

Jusqu'à présent la FOMUC, qui compte 500 hommes déployés depuis 2002, comprenait des contingents issus de la CEMAC. Elle est désormais élargie à CEEAC après l'accord de Brazzaville d'octobre 2007 entre les chefs d'Etat de la CEEAC.


La CEMAC comprend le Tchad, la République centrafricaine, le Gabon, le Congo, le Cameroun et la Guinée équatoriale. Créée en 1983, la CEEAC regroupe, en plus de ces six Etats, l'Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et Sao Tomé et Principe.

Initialement, la FOMUC avait été déployée pour protéger l’ancien chef de l'Etat centrafricain, Ange-Félix Patassé, confronté à une rébellion dans son pays.Après son renversement par le général François Bozizé le 15 mars 2003, cette force a vu son mandat transformé en mission de sécurisation et appuie les Forces armées centrafricaines (FACA) dans sa lutte contre les coupeurs de route, les bandes armées, opérant dans le nord du pays.

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 20:56



 

Bangui, 12 juil. (ACAP)- L'Ambassadeur de Belgique auprès des Nations Unies et Président en exercice de la Commission de l'ONU Pour la consolidation de la Paix en République centrafricaine, M. Jan K.F. Grauls, a annoncé vendredi 11 juillet 2008, au cours d'une conférence de presse, l'organisation par son institution d'une « réunion spéciale » pour la Centrafrique en octobre prochain à New York.

 

L'objectif de la mission de l'ambassadeur K.F. Grauls, qui a séjourné à Bangui du 10 au 12 juillet 2008, était de discuter avec les autorités centrafricaines de l'inscription de la République Centrafricaine sur l'agenda de la commission de consolidation de la paix pour la RCA, dont il est le président.

 
« Il y a beaucoup de priorités en Centrafrique, mais il faut choisir des priorités prioritaires », Selon Jan K.F. Grauls, qui a indiqué que la réunion d'octobre prochain devrait permettre à la République Centrafricaine de présenter à la commission les priorités du gouvernement.

Il a déclaré que les priorités de la République Centrafricaine qui pourraient attirer l'attention de la Commission sont notamment le Dialogue Politique Inclusif en perspective, la réforme du secteur de la sécurité (RSS), la bonne gouvernance et l'Etat de Droit.


Il a expliqué que la Commission est un forum qui réunit des partenaires autour de la Centrafrique pour l'appuyer dans ses efforts en matière de consolidation de la paix.

« Elle peut avoir un effet mobilisateur si nous parvenons à élaborer ensemble des projets crédibles qui pourraient convaincre les nouveaux partenaires à s'engager de nouveau dans le pays », a-t-il fait remarquer, soulignant que la République Centrafrique commence à présenter un bon visage alors qu'il y a plus d'une dizaine d'années, « la République centrafricaine n'avait pas une bonne réputation » en raison des événements extrêmement violents qu'elle a connus.

 
Pour ce qui concerne le Dialogue Politique Inclusif en perspective, M. K.F Grauls a fait remarquer que la Commission de consolidation de la paix entend jouer un rôle important dans la mise en œuvre des résolutions de ces assises.


Au cours de sa mission, M. Grauls a rencontré successivement le Président de la République François Bozizé, le Premier Ministre, le professeur Faustin Archange Touadéra, le ministre d'Etat à l'Economie, au Plan et à la Coopération Internationale, M. Sylvain Maliko et la Société Civile, entre autres.

 
Soulignons que la Commission de consolidation de la paix pour la Centrafrique compte plus de 38 représentants des pays membres de l'ONU ainsi que des partenaires tels que la Commission européenne, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 20:31



 

Bangui, 12 juil (ACAP)- Six centrales syndicales ont remis samedi au gouvernement centrafricain un manifeste contenant des recommandations destinées à résoudre l'épineux problème de la flambée des prix, a constaté l'ACAP sur place.

 

Les centrales syndicales recommandent au gouvernement l'adoption de mesures dites de décrispation parmi lesquelles le déblocage et l'augmentation des salaires dans la fonction publique, l'indexation des salaires après concertation entre le gouvernement, les employeurs et les travailleurs dans le secteur privé et para public, la stricte application des lois et règlements en matière de commerce, le rôle régulateur de l'Etat dans le contexte de libéralisation des prix et le recouvrement effectif des taxes due à l'Etat.


Considérant leur acte comme une alerte, les syndicats, par la voix de leur coordonnateur, M. Noël Ramadan, ont déploré les conséquences de la flambée désordonnée des prix ont indiqué avoir choisi la voie de la sagesse en demandant « au gouvernement, à l'Assemblée Nationale, au Conseil Economique et Social et dans une certaine mesure aux partenaires bi- et multilatéraux de la RCA de prendre la mesure de cette inestimable contribution des organisations syndicales ».

 
Selon M. Ramadan, le niveau général des prix est arrivé à un seuil critique qui rend l'accessibilité à certains produits de première nécessité très difficile, même pour les classes moyennes.

Il a indiqué, à titre d'exemple, que de 1999 à 2007, la variation des prix pour les produits pétroliers, les féculents y compris le maïs, la viande de bœuf, la volaille et le poisson a été respectivement de 58,9%, 38,8% et 51,2% ».


Parmi les facteurs explicatifs de l'inflation observée, « on peut citer la baisse de la production agricole par tête, le volume vivrier par tête qui est passé 257,5kg en 1987 à 255 kg en 2007, ce qui traduit se notamment par une situation de marché caractérisé par une production inférieure à la demande et favorable à la hausse des prix ».

 
« Depuis 1986, le niveau des salaires est bloqué, alors que le coût de la vie s'est renchéri énormément, par conséquent le pouvoir d'achat s'est sérieusement effrité, rendant la couverture des besoins primaires de plus en plus problématique pour la plupart des ménages centrafricains », a encore expliqué M. Ramadan.


Rappelons qu'en février dernier, le gouvernement et les six centrales syndicales avaient signé un accord mettant un terme à une grève déclenchée le 2 janvier 2008 pour réclamer le déblocage des salaires et l'apurement des arriérés de salaires accumulés depuis une quinzaine d'années.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 18:15

 

LE MONDE | 11.07.08 | 14h55  •  Mis à jour le 11.07.08 | 14h55

 

NAIROBI, CORRESPONDANT

 

En visant  la tête de l'Etat soudanais, la Cour pénale internationale (CPI) prend le risque de frapper, par ricochet, beaucoup plus largement.

Première victime collatérale potentielle : le processus de négociations entre le pouvoir et les groupes rebelles du Darfour. Or il semble exclu d'arrêter la violence au Darfour sans négociations, même si celles-ci sont au point mort, du fait de la mauvaise volonté des parties et de la maladresse de l'équipe de négociateurs Nations unies-Union africaine. Un nouveau médiateur conjoint, le Burkinabé Djibril Bassolet, vient d'être nommé. Il ne pourrait commencer sa mission sous de plus mauvais auspices. Avec quels interlocuteurs négociera-t-il désormais ? "Il ne faut pas oublier que Khartoum n'a pas perdu la guerre. Qu'on le veuille ou non, il faut parler à ce régime, on a donc besoin d'eux pour trouver une solution au Darfour", rappelle une source proche du dossier.

 

Lundi 14 juillet, le président burkinabé, Blaise Compaoré, doit rencontrer le président américain, George Bush, à Washington pour évoquer le processus de paix. Au même moment, la demande de mandat de la CPI sera en train d'exclure de fait l'une des parties, le président soudanais Omar Al-Bachir, accusé d'être responsable de crimes de guerre.

 

L'autre victime potentielle de cette décision pourrait être la force conjointe ONU-Union africaine, la Minuad, chargée de favoriser le retour à la paix au Darfour. Dès sa conception, la Minuad avait été en butte à l'hostilité de Khartoum, qui était parvenu à saper sa première version en excluant la participation de casques bleus occidentaux, estimant que ceux-ci constitueraient une force de "recolonisation" du Soudan. La mission de la Minuad, déjà ralentie par les obstacles dressés par les autorités soudanaises, n'est encore déployée qu'à 40 %. Si Khartoum devait durcir sa position, la force pourrait être complètement paralysée avant d'avoir été opérationnelle.

 

Ce blocage serait d'autant plus dangereux que le conflit au Darfour n'est pas terminé. Au cours des deux années écoulées, les attaques contre la population, orchestrées par le pouvoir, ont diminué d'intensité, en comparaison avec les destructions touchant des régions entières en 2003 et 2004. Mais de nombreux signes indiquent que le conflit est sur le point de reprendre.


Le gouvernement soudanais, les rebelles du Darfour, mais aussi le Tchad, "porte" de sortie et voie d'approvisionnement de ces derniers, menacent de lancer des opérations militaires. Entre le Tchad et le Soudan, se mène depuis 2005 une guerre par rebelles interposés en voie d'aggravation accélérée. Il serait plus facile pour le Tchad de justifier des affrontements avec un régime dont le chef est accusé par la CPI d'être un criminel de guerre.

 

A Khartoum, où on renforce les défenses de la capitale, sous couvert d'"exercices", la montée en puissance des options militaires est sensible. Fin mai, le président soudanais, devant des officiers des groupes paramilitaires des services de renseignement qui prêtaient devant lui le "serment de la mort et du sacrifice", a affirmé ne plus se sentir lié par un cessez-le-feu avec les groupes rebelles. Le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) - le groupe rebelle du Darfour, désormais le plus puissant, qui avait traversé la moitié du Soudan en mai pour frapper Khartoum - déclare également se préparer à de nouvelles attaques (voir Le Monde du 9 juillet).

S'estimant acculé, le régime soudanais va-t-il également procéder à une escalade des menaces visant la présence internationale ? En juin, devant une vaste assemblée de miliciens des Forces de défense populaires (PDF), le président Bachir a déjà menacé d'appeler à un "djihad" contre "les étrangers". Au cours des années précédentes, les Nations unies ont vécu dans la crainte d'être frappées par un attentat, des services de renseignement ayant identifié l'existence de cellules préparant des attentats.

 

De plus, après vingt-quatre années de guerre, Khartoum et la rébellion sudiste avaient signé en 2005 un accord de paix dont l'une des étapes importantes est l'organisation d'élections générales dans tout le Soudan en 2009. Il est à redouter que le processus de négociation entre les ex-ennemis ne soit, lui aussi, condamné par cette nouvelle situation, qui disqualifie une des parties et relance le risque de guerre.

 

Jean-Philippe Rémy


Article paru dans l'édition du 12.07.08

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 17:50

 

Huitième assemblée générale de l’ACERAC

 

ROME, Jeudi 10 juillet 2008 (ZENIT.org) - La 8ème assemblée plénière de l'Association des Conférences épiscopales de la région de l'Afrique centrale (ACERAC), a achevé ses travaux le week-end dernier, à Bangui (Centrafrique), sur une série de recommandations et de résolutions « pour une meilleure gestion des biens dans nos Eglises d'Afrique centrale », thème central des discussions, soulignent les évêques dans leur message final.

 

Samedi a eu lieu la clôture officielle à l'Assemblée nationale, et dimanche la messe d'action de grâce sur le parvis de Notre-Dame, à la cathédrale de l'Immaculée Conception de Bangui, en présence de milliers de fidèles et du président de la République, François Bozizé et de son épouse.

 

« Les évêques sont interpellés par le drame humanitaire qui attriste le cœur de millions d'hommes et de femmes au Darfour et qui a un impact négatif sur la qualité de la vie dans d'autres régions, particulièrement au Tchad et en République centrafricaine », peut-on lire dans le communiqué final rendu public lors de la cérémonie de clôture.

 

Les évêques assurent toutes les victimes de leur prière et « demandent à tous ceux qui sèment la mort et le désespoir dans cette région d'enterrer la hache de guerre, d'aller au-delà des ambitions individuelles ethniques, pour travailler à la recherche de la paix durable au Darfour, au Tchad et en République centrafricaine ».

 

Les travaux de l'Assemblée de Bangui ont permis aux participants d'échanger leurs réflexions respectives sur la gestion des Eglises, les évêques rappelant d'emblée dans leur message que « le droit de l'Eglise offre des structures et une discipline pour une gestion correcte et ecclésiale des biens, qui doivent être respectées et appliquées ».

 

Le message est signé par Mgr François-Xavier Yombandje, évêque de Bossangoa en Centrafrique, qui, au cours des travaux de l'assemblée, a été remplacé à la présidence de l'ACERAC par Mgr Timothée M. Zokela, évêque de Franceville au Gabon.

 

Après avoir constaté que « malgré la générosité et la bonne volonté des fidèles, les diocèses, paroisses et institutions dépendent encore en grande partie de l'aide extérieure ; que toutes les potentialités locales ne sont pas suffisamment exploitées ; et que les biens de l'Eglise ne sont pas toujours correctement gérés », les évêques ont rappelé les trois qualités requises pour une bonne gestion : « Transparence, honnêteté et respect du bien commun ».

 

Mais une meilleure gestion des biens suppose « des efforts, des changements de mentalités et de comportements », affirment les évêques de Centrafrique, du Cameroun, du Congo, du Gabon, du  Tchad et de Guinée équatoriale (membres de l'ACERAC) contre « toute attitude de paresse et de négligence qui entraverait le cheminement vers l'autofinancement ».

 

« Cela exclut tout esprit d'intérêt personnel, de népotisme et de corruption et requiert un style de vie simple et évangélique », ont-ils ajouté avant de conclure : « Aujourd'hui, dans nos Eglises, les exigences d'une nouvelle évangélisation requièrent non seulement la disponibilité des personnes mais aussi des moyens financiers (..). L'autonomie financière de nos Eglises, quant à leurs besoins essentiels, est devenue un objectif urgent ».

 

L'Assemblée plénière de l'ACERAC se tient tous les trois ans. La prochaine assemblée aura lieu au Gabon en 2011.

 

Isabelle Cousturié

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 17:43



 

APA Bangui 2008-07-11 (Centrafrique) Le premier vice-président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), Jean Edouard Koyambounou, a demandé, au cours d’un point de presse vendredi à Bangui, la démission du président centrafricain François Bozizé, pour parjure, forfaiture et trahison.

 

Au cours du point de presse axé sur «la faillite du régime Bozizé», M. Koyambounou a averti la communauté internationale de la situation en Centrafrique et des conséquences qui pourraient en découler. Il a exhorté le peuple centrafricain à se rassembler pour mener la lutte pour une véritable libération, synonyme d’émancipation, d’espérance et de prospérité.

 

Par ailleurs, le premier vice-président du MLPC s’est dit favorable à la tenue du dialogue politique inclusif censé ramener une paix durable dans le pays. Selon M. Koyambounou, il est de la responsabilité du gouvernement de faire en sorte que toutes les parties puissent signer l’accord de paix global pour garantir le caractère inclusif de ces pourparlers de paix inter-centrafricains qui doivent s’ouvrir normalement le 21 juillet.

 

L’accord de paix global, préalable à la tenue du dialogue politique centrafricain, a été signé à Libreville (Gabon), le 21 juin dernier par le gouvernement centrafricain, l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) et l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD).

 

Cet accord n’a pas encore été signé par l’aile de l’UFDR dirigée par Michel Am Non Droko Ndjotodja, qui vit au Bénin, le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) d’Abdoulaye Miskine, qui vit en Libye, et l’Union des forces pour la République (UFR) du Lieutenant Florent Ndjadder.

 

M. Koyambounou a indiqué qu’il allait tout faire pour que le gouvernement puisse amener toutes les parties concernées à signer l’accord de manière à ce que soient réunis tous les préalables en vue de la tenue du dialogue politique.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 15:07

 

(S/2008/444)

 

Source: United Nations Security Council

Date: 08 Jul 2008


I. Introduction

 

1. Le présent rapport est soumis en application de la résolution 1778 (2007), par laquelle le Conseil de sécurité m’a prié de lui présenter tous les trois mois un rapport sur la situation sur les plans de la sécurité et de l’humanitaire dans l’est du Tchad, dans le nord-est de la République centrafricaine et dans la région, y compris les mouvements de réfugiés et de personnes déplacées, et sur les progrès accomplis dans la création de conditions de sécurité favorables à leur retour librement consenti. Il rend compte des principaux faits survenus depuis mon rapport du 1er avril 2008 (S/2008/215), y compris en ce qui concerne le déploiement de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT), la Force de l’Union européenne (EUFOR Tchad/République centrafricaine) et le Détachement intégré de sécurité (DIS).

 

II. Évolution récente de la situation

 

A. Situation politique

 

2. Les efforts visant à favoriser le dialogue entre le Gouvernement et les groupes d’opposition ont donné des résultats mitigés au cours de la période considérée. Si le dialogue entre le Gouvernement et les partis politiques a bien été relancé dans le cadre de l’accord du 13 août 2007, aucun progrès n’a été accompli dans l’ouverture d’un tel dialogue avec les groupes d’opposition armés tchadiens. Bien que ces derniers aient appelé au dialogue, ils n’ont pas renoncé à l’action militaire, comme indiqué à la section B ci-après. Lors d’une réunion avec les dirigeants des partis politiques de la majorité, qui s’est tenue le 25 mars, le Président Idriss Déby Itno a réaffirmé sa volonté d’appliquer pleinement l’accord du 13 août 2007 sur le renforcement du processus démocratique au Tchad. Dans un communiqué publié le même jour, le Président a également réaffirmé son attachement au dialogue avec les partis politiques et la société civile et invité les partis d’opposition à reprendre leur participation au comité de suivi et d’appui créé pour faciliter l’application de l’accord du 13 août 2007. Le Président Déby a en outre demandé à la Commission nationale d’enquête, établie le 2 avril afin d’examiner les événements survenus au début de février 2008, de se mettre immédiatement au travail.

 

3. Toutefois, le 28 mars, des membres de la coalition d’opposition, appelée Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), ont publié une déclaration dans laquelle ils mettaient en doute la volonté du Président d’entamer un dialogue politique sans exclusive. La CPDC a également demandé la « libération » immédiate de son porte-parole, qui est également chef du Parti pour les libertés et le développement, Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont le sort demeure inconnu.

 

4. Le Rassemblement des forces pour le changement (RFC), dirigé par Timane Erdimi, se serait scindé en deux groupes au cours de la période considérée. Une des deux factions a engagé des négociations avec le Gouvernement, tandis que l’autre a rejoint l’Alliance nationale, nouvelle coalition de groupes d’opposition armés tchadiens, dirigée par le chef de l’Union des forces pour la démocratie et le développement, Mahamat Nouri. Le 25 mars, un petit groupe d’éléments armés du RFC s’est rendu à N’Djamena pour y déposer les armes, alors que l’Union des forces pour le changement et la démocratie annonçait qu’elle intégrait le groupe armé Alliance nationale. Le 14 avril, à Tripoli, le Ministre libyen des affaires étrangères a annoncé l’ouverture de négociations de paix intertchadiennes entre le Gouvernement tchadien et le RFC.

 

5. Le 15 avril, le Président Déby a nommé au poste de Premier Ministre Youssouf Saleh Abbas, qui occupait jusqu’alors les fonctions de Représentant spécial du Président pour la MINURCAT et l’EUFOR et de chef de la Coordination nationale d’appui à la force internationale (CONAFIT). Le Président Déby a par la suite signé un décret présidentiel portant création du nouveau Gouvernement, composé notamment de quatre anciens opposants politiques aux postes de ministre de la justice, de la défense, de l’agriculture et de l’administration territoriale. Ces mesures, qui vont dans le sens d’un gouvernement d’ouverture, ont reçu un soutien considérable sur le plan national.

 

6. Le 6 mai, dans son premier discours devant l’Assemblée nationale, le Premier Ministre Saleh Abbas a présenté les grandes lignes du programme de son gouvernement, notamment en ce qui concerne l’application de l’accord du 13 août 2007. Il a également annoncé que des émissaires du Gouvernement avaient entamé des négociations directes avec les groupes d’opposition armés tchadiens en vue de leur faire respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord de paix signé le 25 octobre 2007 à Syrte (Jamahiriya arabe libyenne) entre le Gouvernement et les principaux groupes d’opposition armés tchadiens. Il convient de rappeler qu’en vertu de l’accord de Syrte, le Gouvernement et les groupes d’opposition armés se sont engagés à respecter la Constitution, à mettre fin aux combats, à accorder l’amnistie aux rebelles, à autoriser les groupes rebelles à participer à la gestion des affaires publiques et à intégrer les forces rebelles dans l’Armée nationale tchadienne.

 

7. Le 10 avril, Abdoulaye Wade, Président du Sénégal, en consultation avec le dirigeant de la Jamahiriya arabe libyenne, Muammar Kadhafi, et le Président du Gabon, Omar Bongo, a convoqué à Libreville la première réunion du groupe de contact établi pour suivre l’application de l’accord de Dakar entre le Tchad et le Soudan. Des membres du Groupe de contact, notamment la Jamahiriya arabe libyenne, le Congo, le Sénégal, le Gabon, l’Érythrée, le Tchad, le Soudan, la Communauté des États sahélo-sahariens, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et l’Union africaine, se sont réunis au niveau ministériel, pour examiner la possibilité de déployer des observateurs et d’organiser des patrouilles communes pour surveiller la frontière entre le Tchad et le Soudan. Les participants ont par ailleurs exhorté les Présidents Déby et Al-Bashir à mettre fin pacifiquement aux tensions entre leurs pays. Le groupe de contact a décidé de se réunir tous les mois pour assurer le suivi de l’application de l’accord de Dakar.

 

8. Dans le contexte des initiatives politiques régionales actuelles et à l’invitation du Ministre libyen des affaires étrangères, Ali Triki, mon Représentant spécial pour la République centrafricaine et le Tchad s’est rendu à Tripoli, les 23 et 24 avril, pour informer les autorités libyennes du mandat de la MINURCAT et pour mieux comprendre les vues de Tripoli sur l’application de l’accord de Dakar.

 

9. Au nord-est de la République centrafricaine, la situation reste calme. En dépit des récentes luttes pour le pouvoir au sein de la direction politique de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le mouvement continue de respecter le cessez-le-feu prévu dans l’accord de paix de Birao signé en avril 2007. Un accord de paix complet, comprenant des dispositions relatives au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion des groupes rebelles centrafricains, a été signé entre le Gouvernement et l’UFDR et l’Armée pour la restauration de la République et la démocratie le 21 juin à Libreville. Le Front démocratique du peuple centrafricain, qui avait participé aux réunions préliminaires, n’a pas signé l’accord, son chef, Abdoulaye Miskine, n’ayant pas autorisé les négociateurs à le faire au nom du mouvement. L’accord jouera un rôle déterminant dans le futur dialogue politique sans exclusive, processus de réconciliation visant à résoudre la crise politique et les problèmes de sécurité du pays. Une commission internationale composée d’autres États d’Afrique centrale et de membres de l’Union européenne assurera le suivi de cet accord.



 

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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 14:53

 

par  RFI le 10/07/2008 à 14:51 TU

 

Les coupures d'électricité prennent une tournure dramatique à Bangui. Les syndicats centrafricains demandent au gouvernement « de tout mettre en œuvre » pour trouver « une solution d'urgence ». L'une des deux centrales hydroélectriques qui alimentent la capitale, à partir du barrage de Boali situé à 80 kilomètres au nord de la capitale, est tombée en panne le 24 juin. C'est la foudre qui aurait causé la panne. Les câbles des paratonnerres des centrales hydro-électriques ont été volés, il y a bien longtemps. Aujourd'hui, la polémique gagne du terrain à Bangui, où vivent 800 000 personnes.

 

A l'hôpital, des patients sont déjà morts en salle de réanimation faute d'électricité, les cadavres entreposés à la morgue se décomposent. Depuis le 24 juin, les quartiers populaires sont soumis à de longues coupures de courant et d'eau potable. La Société d'approvisionnement en eau ne parvient plus à faire fonctionner correctement ses installations. Car, depuis le 24 juin, les deux turbines de la centrale Boali-2 sont carrément à l'arrêt et l'on est passé de 18 mégawatts de production disponible à seulement 7 mégawatts. Il faudrait 23 mégawatts pour alimenter correctement la capitale.

Un parti d'opposition, l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), dénonce l'irresponsabilité du gouvernement incapable, selon lui, de prendre les mesures qui s'imposaient pour prévenir cette crise annoncée. Selon des sources concordantes, un programme de plus de 4 millions d'euros est disponible depuis un an auprès de l'Agence française de développement pour réparer les deux centrales de Boali. En fait, Bangui s'est plutôt tournée vers la Chine, espérant l'installation de nouvelles turbines, pour un coût de 100 millions de dollars. La Chine n'a pas encore donné sa réponse.

 

En attendant, toute la production d'électricité de Bangui ne repose plus, aujourd'hui, que sur une seule centrale, celle de Boali-1. C'est la plus ancienne. Elle est tellement vétuste qu'elle tient comme par enchantement.

 

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 18:43

 

 Lefaso

 

L’expérience démocratique en cours depuis plusieurs années en Afrique est en péril. Parce que les transitions sont toujours mal gérées. Des conférences nationales souveraines aux gouvernements d’union nationale, des coups d’État jugés salvateurs aux rébellions armées, on aura tout essayé.

 

En vain. Il semble que la méfiance et la mauvaise foi manifeste l’emportent toujours, même aux lendemains d’élections transparentes, ouvertes, libres et crédibles, consacrant l’alternance ou le retour de l’ancien régime sous diverses formes.

 

De plus en plus, la classe politique africaine, toutes tendances confondues, a mal à sa carrière. Outre que l’appareil d’État et les économies sont très souvent mal gérés, un mal ronge continuellement et dangereusement les pays du continent : la faillite des acteurs politiques. Nouveaux ou anciens, tenants du pouvoir et opposants se montrent habiles manoeuvriers pour détruire, mais piètres architectes lorsque vient le temps de se concerter pour rebâtir ensemble. Exit alors cohésion et respect mutuel, vive intrigues, trahisons et complots qui montrent que la confiance ne dure jamais que le temps du passage des médiateurs.

 

Plusieurs conflits ont pour origine le déficit démocratique. Parfois, pourtant, des opposants parvenus au faîte du pouvoir, par le jeu de l’alternance démocratique font davantage preuve d’opportunisme. En voulant se débarrasser de l’ancien régime, ils n’hésitent pas à pactiser avec le diable au risque de compromettre les acquis et de mettre en danger le fonctionnement de l’appareil d’État.

 

Plus sérieusement se pose la question des mécanismes de la transition. Ceux-ci ne sont pas toujours aussi viables, l’instinct de conservation du pouvoir pour soi l’emportant sur les autres aspects. Tel est le cas en Côte d’Ivoire où la tentation est grande d’accentuer la division au sein des nouveaux venus à la conquête de l’électorat. Des difficultés subsistent également au Burundi, au Congo démocratique, en Ouganda et au Soudan où subsistent des velléités de reprise des combats suite à un mauvais partage du gâteau.

 

La classe politique pèche du fait de l’inobservance de la morale et du non-respect des principes de vie démocratique. Cela se ressent à travers la gestion même de l’appareil d’État : les nouveaux venus brillent par leur inexpérience, pendant que les anciens tenants du pouvoir sont à l’affût, tissent des intrigues et exploitent la moindre faiblesse.

 

De manière générale, la faillite dans la gestion des institutions publiques est aussi tributaire de la création et de la vie interne des partis politiques. En effet, un grand nombre d’entre eux reflètent la personnalité du fondateur qui se croit généralement exempt de toute critique. Aidé de ses proches et de ses inconditionnels, il cultive l’anti-démocratie au sein du parti, tout en exigeant l’alternance au pouvoir. Comment donc s’étonner que par le jeu de la reproduction sociale, de nouveaux autocrates s’installent au pouvoir, tout aussi assoiffés de mégalomanie que leurs prédécesseurs ?

 

La reconversion est surtout difficile pour ceux qui viennent par les coups d’État militaires, les rébellions et autres formes de lutte armée. En règle générale, la méfiance règne entre les ennemis d’hier, soudainement alliés pour la cause de la transition. On le voit au Tchad où il apparaît fort hasardeux de se mettre dans la peau d’un démocrate après des décennies de vie dans les maquis aux frontières de la Libye, du Soudan ou de la RCA. En Côte d’Ivoire, la crise de confiance et les incertitudes des lendemains minent la concrétisation du programme DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion). Dans les pays qui l’ont expérimentée, la pertinence de la formule de la commission vérité-justice-réconciliation reste encore à prouver dans une Afrique où de multiples facteurs socio-culturels font obstacle à la lutte contre l’impunité, matérialisés par les violences faites aux femmes et le non-respect des droits humains.

 

En fait, de nos jours, la cruauté de la vie politique réside dans le manque de confiance entre acteurs politiques, l’indignité, la mauvaise foi manifeste. Au manque de courage d’oser répond le manque de courage de partir. De sorte que la transmission de valeurs d’intégrité et de probité morale manque cruellement entre générations. Les repères manquent.

 

La bonne démocratie ? Elle suppose que sont résolus les problèmes de droits humains, de l’alternance à tous les niveaux, de ceux d’une jeunesse consciente des enjeux et qui s’implique. Elle nécessite surtout une véritable reconversion des mentalités au sein de la classe politique, et donc un dépassement de soi. D’où l’importance de la médiation.

 

Deux dictateurs ne pouvant s’entendre, le mythe et le charisme d’un médiateur averti peuvent forcer l’admiration et préparer les protagonistes à faire contre mauvaise fortune bon coeur. Ainsi en est-il de Kofi Annan, ancien Secrétaire général des Nations-unies, qui est parvenu non sans mal, à convaincre les acteurs politiques kényans de la nécessité d’œuvrer de concert pour le mieux-être de la population.

 

Des lueurs d’espoir cependant : la Sierra Leone et le Liberia. Même si l’influence des USA et de la Grande-Bretagne, qui accompagnent le processus, n’est pas négligeable. À l’évidence, l’Afrique est toujours à la recherche de cette formule magique qui sauverait ses filles et fils des griffes de certains dirigeants mafieux, corrompus et sans scrupules.

 

Débutante, balbutiante, bancale ou même acceptable, l’expérience de la transition démocratique semble traduire presque partout l’incapacité des acteurs politiques à aller au bout de leur propre engagement, à respecter l’éthique, sinon à honorer tout simplement leur signature. Faudrait-il se résoudre à les contraindre à respecter la parole donnée en impliquant continuellement ceux qui, hier seulement, infantilisaient les Africains ?

 

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