Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 16:33

 



 

N'DJAMENA (AFP) - jeudi 24 avril 2008 - 15h17 - Avec l'entrée au gouvernement de quatre opposants, le président tchadien Idriss Deby Itno amorce une "ouverture" réclamée par la communauté internationale pour restaurer la paix, et divise une opposition auparavant unie depuis la "disparition" d'Ibni Oumar Mahamat Saleh.

 

Dans l'équipe formée mercredi par le nouveau Premier ministre


                                                               PM Youssouf Saleh Abbas

Youssouf Saleh Abbas, un ex-rebelle rallié au président Deby dont il était devenu le conseiller diplomatique, deux figures historiques de la politique tchadienne, les opposants Wadal Abdelkader Kamougué et Jean Bawoyeu Alingué, obtiennent respectivement les portefeuilles de la Défense et de la Justice.

 

 

 

 

Deux autres membres de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC) décrochent des postes: l'Aménagement du territoire pour Hamit Mahamat Dahalob, porte-parole adjoint de la principale coalition de l'opposition, et l'Agriculture pour Naimbaye Lossimian.

 

"Le pays doit aller de l'avant, il ne peut pas s'arrêter", affirme à l'AFP l'opposant sudiste Kamougué, expliquant que la communauté internationale plaidait auprès du chef de l'Etat en faveur d'une telle "ouverture".

 

Après un dialogue réussi entre le pouvoir et l'opposition, qui avait permis la signature, le 13 août 2007, d'un accord censé aboutir à des élections démocratiques en 2009, tout contact avait été rompu après l'attaque rebelle ratée des 2 et 3 février à N'Djamena.

 

A l'issue de ce raid, qui a failli faire tomber Idriss Deby, trois opposants ont été arrêtés, selon des témoignages concordants, par les services de sécurité tchadiens. Deux d'entre eux ont depuis recouvré la liberté, mais le troisième, le porte-parole de la CPDC Ibni Oumar Mahamat Saleh, est toujours porté "disparu".

 

Jusqu'ici, la CPDC faisait de sa "libération immédiate et inconditionnelle" un préalable à toute reprise du dialogue, notamment au sein du comité de suivi de l'accord du 13 août.

Nombre d'opposants estiment toutefois, sous couvert de l'anonymat, qu'Ibni Oumar est décédé. "En entrant au gouvernement, ils semblent avoir fait son deuil", souligne un observateur étranger qui a également requis l'anonymat.

 

"Nous ne faisons pas le deuil de notre collègue, nous n'avons pas mis de côté notre revendication le concernant", proteste le nouveau ministre de la Défense.

Mais déjà, des voix discordantes se font entendre au sein de l'opposition, à commencer par celle du parti de l'opposant "disparu", qui "regrette" l'entrée au gouvernement "alors que nous sommes toujours sans nouvelles d'Ibni".

 

"Ils vont au gouvernement à titre personnel, à leurs risques et périls", renchérit un autre responsable de la CPDC, Salibou Garba, évoquant des "débauchages individuels". "La CPDC en tant que telle n'est pas au gouvernement".

 

Selon lui, "Deby essaye de diviser la CPDC, et c'est de bonne guerre".

Plusieurs opposants redoutent enfin que ces ministres n'aient guère d'influence au sein d'un gouvernement dominé par des proches du chef de l'Etat, comme le titulaire des Infrastructures Adoum Younousmi, son collègue de l'Intérieur Ahmat Mahamat Bachir ou encore l'ex-directeur du cabinet présidentiel Mahamat Hissène, nommé à la Communication.

 

"C'est la CPDC qui crédibilise le gouvernement", note Saleh Kebzabo. Or, déplore-t-il, elle n'y représente que "la portion congrue". "Quel rôle va-t-elle jouer? J'ai un doute là-dessus".

"La CPDC risque de voler en éclats", pronostique déjà un observateur proche du pouvoir, "car ceux qui n'ont pas eu de postes sont en colère".

Le premier test de l'unité de l'opposition aura lieu dans les prochains jours, lorsqu'elle devra se prononcer sur une reprise de sa participation au comité de suivi de l'accord du 13 août.

 

 

 

TCHAD Quatre opposants au gouvernement

 

LIBREVILLE, 24/04 - L`entrée de quatre membres de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC) dans le nouveau gouvernement tchadien "c`est peu", a estimé jeudi Saleh Kebzabo, l`une des personnalités de cette coalition de l`opposition.

"Je pense qu`on aurait pu au niveau de la CPDC être à un plus haut niveau tant en nombre qu`en qualité. Quatre personnes pour la principale organisation de l`opposition qui a permis les accords du 13 août (2007) et les crédibilise, c`est peu", a indiqué à l`AFP M. Kebzabo à Libreville.

Cet accord entre la majorité présidentielle et l`oppo-sition prévoit le "renforcement du processus démocratique au Tchad", ainsi que des élections libres et transparentes en 2009.

"Je pensais que la CPDC devait prendre la tête parce que sans la CPDC, le gouvernement n`a pas de crédibilité. C`est la CPDC qui crédibilise le gouvernement. La portion congrue revient (dans le nouveau gouvernement) à la CPDC. Quel rôle va-t-elle jouer? J`ai un doute là-dessus", a-t-il ajouté.

 
"Elle a eu la Défense et la Justice, qui sont deux postes considérés comme extrêmement sensibles. C`est un piège. Kamougué, tout général qu`il est, aura du mal à commander (l`armée), car c`est (le président) Deby qui nomme juqu`à la moindre brigade de endarmerie. Quant à la Justice, aucun criminel n`a jamais été jugé (...) Le Tchad est un pays où règne l`impunité par excellence", a précisé M. Kebzabo.

 
Le nouveau Premier ministre tchadien Youssouf Saleh Abbas avait offert vendredi à l`opposition "d`entrer dans son gouvernement" pour travailler à "la restauration de la paix". Il lui a confié mercredi quatre ministères dans son exécutif.


Wadal Abdelkader Kamougué, une figure de l`opposition originaire du sud du Tchad, a obtenu la Défense. Jean Bawoyeu Alingué est le nouveau garde des Sceaux, alors que le porte-parole adjoint de la CPDC Hamit Mahamat Dahalob est devenu ministre de l`Aménagement du territoire et qu`un quatrième membre de la CPDC Naimbaye Lossimian a obtenu l`Agriculture.

 

 

 

TCHAD: L`opposition entre dans le nouveau gouvernement

 

N`DJAMENA, 24/04 - L`opposition tchadienne a fait mercredi son entrée dans le gouvernement du nouveau Premier ministre Youssouf Saleh Abbas avec quatre ministères dont la Défense et la Justice, a annoncé la radio nationale citant un décret du président Idriss Deby Itno.


Wadal Abdelkader Kamougué, un opposant connu du sud du Tchad, a obtenu le portefeuille de la Défense. Jean Bawoyeu Alingué, autre membre de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), principale coali- tion de l`opposition, est le nouveau garde des Sceaux, alors que le porte-parole adjoint de la CPDC Hamit Mahamat Dahalob hérite, lui, du ministère de l`Aménagement du territoire, de l`Urbanisme et de l`Habitat.

Un quatrième membre de la CPDC Naimbaye Lossimian obtient le maroquin de l`Agriculture.

Nommé le 16 avril, le nouveau Premier ministre tchadien Youssouf Saleh Abbas, ancien conseiller diplomatique du président Deby, avait offert vendredi à l`opposition "d`entrer dans son gouvernement" pour travailler à "la restauration de la paix".


Ancien chef rebelle et ex-opposant en exil qui a rallié le pouvoir actuel en 2006, M. Abbas avait affirmé que sa "première priorité" était "de former un gouvernement d`ouverture.

 

 

 

Quatre ministres d'opposition pour jouer l'ouverture

 

par Laurent Correau

 

Article publié le 24/04/2008 RFI

 

Le nouveau Premier ministre, Youssouf Saleh Abbas, possède maintenant un gouvernement. Sa composition a été annoncée mercredi soir par décret. Quatre membres de la CPDC, la coalition de l'opposition, ont été intégrés à la nouvelle équipe.

 

L'opposant Wadal Abdelkader Kamougué obtient le ministère de la Défense. C'est l'annonce la plus spectaculaire de ce gouvernement. Mahamat Ali Abdallah, le sortant, celui qui était resté à la présidence lors de l'attaque sur Ndjamena les 2 et 3 février... Mahamat Ali Abdallah, qui semblait prendre depuis une place croissante au sein du régime, se trouve relégué à l'élevage.

 

Ils ne sont finalement que quatre opposants de la CPDC, la Coalition des partis pour la Défense de la Constitution, à faire leur entrée dans ce gouvernement annoncé comme gouvernement de « large ouverture ». Outre Kamougué qui prend la Défense, on trouve Jean Alingué à la Justice, Hamit Mahamat Dahalob l'Aménagement du territoire, l'Urbanisme et l’Habitat. Le quatrième, Naimbaye Lossimian, occupera le ministère de l'Agriculture...

 

Le ministre des Affaires étrangères sortant, Ahmat Allam-Mi quitte le gouvernement. Il est remplacé à la tête de la diplomatie tchadienne par Moussa Faki, ancien Premier ministre et actuel président du Conseil économique et social. Autre partant : Abbas Tolli, ministre des Finances et neveu du président.

 

Deux proches du chef de l'Etat sont maintenus à leur poste : Adoum Younousmi, le ministre des Infrastructures et Ahmat Bashir, celui de l'Intérieur. La Communication échoit au directeur de cabinet civil du président Déby, Mahamat Hissène.


Liste du gouvernement tchadien

 

APA-N’Djamena 24-04-2008 (Tchad) Voici la liste du nouveau gouvernement tchadien formé mercredi par le Premier ministre Youssouf Saleh Abbas :

Ministre de la Défense : Kamougue Wadal Abdelkader

Ministre des Affaires Extérieures : Moussa Faki Mahamat

Ministre de la Justice Garde des Sceaux : Jean Bowoyeu Alingue

Ministre de la Communication Porte-parole du Gouvernement : Mahamat Hisseine

Ministre des Infrastructures : Adoum Younousmi

Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique : Ahmat Mahamat Bachir

Ministre de l’Environnement, de l’Eau et des Ressources Halieutiques : Mme Khadidja Abdelkhader

Ministre des Finances et du Budget : Abakar Mallah Mourcha

Ministre de l’Economie et du Plan : Ousman Matar Breme

Ministre de l’Elevage et des Ressources Animales : Mahamat Ali Abdallah

Ministre de la Santé publique : Pr Avocksouma Djona

Ministre de l’Education Nationale : Abderaman Koko

Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et la Formation Professionnelle : Dr Oumar Idriss Alfaroukh

Ministre de l’Agriculture : Naimbaye Lossimian

Ministre des Mines er de l’Enrgie : Emmanuel Nadingar

Ministre du Pétrole : Mahamat Nasser Hassane

Ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat : Hamid Mahamat Dahlob

Ministre de l’Action Sociale, de la Solidarité Nationale et de la Famille : Mme Ngarmbatina Camel SOU IV

Ministre chargé des Droits de l’Homme et des Promotions des Libertés : Mme Fatim Issa Ramadane

Ministre de la Fonction Publique et du Travail : Mme Fatime Tchombi

Ministre des postes et des Technologies de l’Information et de la Communication : Pahimi Padacke Albert

Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat : Mahamat Abdoulaye Mahamat

Ministre chargé du Contrôle Général d’Etat et de la Moralisation : Mahamat Bechir Okormi

Ministre de a Culture, de la Jeunesse et des Sports : Djibert Younous

Ministre du Développement Touristique : Ahmat Barkai Animi

Ministre Délégué auprès du Premier Ministre chargé de la Décentralisation : Abderaman Djasnabaye

Ministre Secrétaire Général du Gouvernement Chargé des Relations avec l’Assemble Nationale : Kalzeube Payimi Deubet

Secrétaire d’Etat aux Affaires Extérieures Chargé de la Coopération Internationale et de l’Intégration Africaine Djidda Moussa Outman

Secrétaire d’Etat à la Défense Nationale Chargé des Anciens Combattants et Victimes de Guerre : Hassan Saleh Algadam Aldjinedi

Secrétaire d’Etat à l’Agriculture Chargé de la Formation Professionnelle et de la Sécurité Alimentaire : Dr Haoua Outman Djame

Secrétaire à l’Economie et au Plan Chargé de la Microfinance et de Lutte contre la Pauvreté : Mme Azziza Baroud

Secrétaire d’Etat aux Finances Chargé du Budget : Oumar Boukar Gana

Secrétaire d’Etat aux Infrastructures Chargé des Transports : Hassan Terap

Secrétaire d’Etat à l’Environnement Chargé de l’Hydraulique villageoise et Pastorale : tahar Sougoudi

Secrétaire d’Etat à l’Education Nationale Chargé de l’Enseignement de Base : Mme Hapsita Alboukhari

Secrétaire Général du Gouvernement Chargé des Relations avec l’Assemblée Nationale : Yaya Dillo

 

 

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 16:30



 

Par Clément Boursin | Acat-France | 24/04/2008 | 16H33

 

Tandis que la communauté internationale se penche sur les conflits imbriqués "Tchad-Darfour-Centrafrique", la dégradation de la situation politique au Cameroun intéresse peu. Ce pays, l'un des derniers encore stable dans la région, devrait pourtant mériter l'attention de la communauté internationale pour éviter une détérioration qui conduirait à de graves atteintes aux droits de l'homme.

 

Tout commence par un discours du président camerounais, Paul Biya, le 31 décembre 2007, dans lequel il fait part de son souhait de réformer la Constitution de 1996 afin de lever l'amendement de l'article 6-2, qui prévoit que "le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois". La nation camerounaise est prévenue: Paul Biya veut rester au pouvoir et il s'en donnera les moyens.

 

Les Camerounais sont pourtant fatigués de sa présidence qui perdure depuis 1982: absence de développement économique et social, paupérisation croissante de la population, corruption généralisée dans tous les secteurs de l'Etat et absence de véritable démocratie.

 

Les opposants interdits de manifestation

 

Sur la scène internationale, le président camerounais est toutefois perçu comme le garant de la stabilité du pays. Pour ne pas nuire à cette image idyllique, les autorités camerounaises décident d'interdire, le 18 janvier 2008, les manifestations prévues par l'opposition contre le projet de réforme constitutionnelle.

 

Le 23 février, un meeting de l'opposition, à Douala, est annulé par les organisateurs du fait de la présence massive de policiers. L'assistance est dispersée avec force par ces derniers, occasionnant des affrontements violents (deux morts, plusieurs centaines de blessés).

Echaudée par l'interdiction de manifester et profitant de la grève lancée par les transporteurs routiers, le 25 février, contre la montée des prix du carburant, la jeunesse camerounaise investit les rues des principales villes de l'ouest du pays pour exprimer son ras-le-bol généralisé.

 

Des émeutes sévèrement réprimées

 

Rapidement, plusieurs villes s'embrasent, y compris la capitale politique, Yaoundé. Les autorités répondent par une répression sanglante (tirs à balles réelles, arrestations massives). Le bilan est lourd: une centaine de morts selon l'ACAT-Littoral, 40 selon les autorités camerounaises. Plusieurs centaines de personnes sont également arrêtées. Des défenseurs des droits de l'homme et des journalistes sont intimidés (tabassage, brève arrestation, menaces).

Plusieurs médias (Equinoxe TV et radio, Magic FM), qui diffusent des images de la répression ou qui permettent aux auditeurs de s'exprimer librement sur la situation dans le pays, sont fermés manu militari par la police. Mis en garde, les autres médias audiovisuels éviteront par la suite tout sujet qui fâche. Le 29 février, la situation se stabilise. A grand renfort de soldats puissamment armés, les villes à risque sont de nouveau sous contrôle.

 

Paul Biya obtient le droit de se représenter et l'immunité

 

Le 10 avril 2008, les députés de l'Assemblée nationale -dominée par le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, qui détient 153 des 180 sièges de députés)- adoptent, à la majorité absolue, la révision constitutionnelle par un vote public (les noms des députés ayant participé au scrutin et la nature de leur vote sont connus et proclamés). Cinq articles de la Constitution, concernant le président de la République, sont remaniés, dont un concernant la levée de la limitation des mandats (art. 6-2) et un autre concernant l'immunité du chef de l'Etat (art. 53-3).

 

Paul Biya, âgé de 75 ans, pourra donc se présenter aux élections de 2011 et, si un jour il quitte le pouvoir, il ne pourra être poursuivi en justice. Dans la foulée, les députés reçoivent quelques cadeaux: leur crédit automobile est désormais une prime non remboursable, les salaires du personnel de l'Assemblée nationale sont revalorisés, et enfin l'Assemblée nationale aura un nouveau siège avec un bureau pour chaque député.

 

Aujourd'hui, le Cameroun est à un tournant historique. Le pays, en crise, a besoin d'une réforme profonde de ses structures politiques, économiques et sociales. Le gouvernement en place a trois ans pour améliorer les conditions de vie de ses concitoyens avant la tenue de l'élection présidentielle de 2011. L'opposition observe et compte bien faire barrage au candidat Paul Biya, qui vraisemblablement se présentera une énième fois à la présidence.

 

Le sentiment de la jeunesse est que "le pire est à venir"

 

La préparation et la tenue de ce scrutin auront donc une importance primordiale quant au devenir du pays. Même si le Cameroun reste indéniablement l'un des pays les plus stables d'Afrique centrale, il pourrait basculer dans des violences postélectorales comme au Kenya ou au Zimbabwe, dans le cas d'une élection ni transparente ni démocratique qui verrait le clan Biya reconduit.

 

La communauté internationale a donc, dès maintenant, intérêt à travailler d'arrache-pied avec les autorités compétentes au Cameroun pour que les élections en 2011 soient irréprochables sur tous les plans. A l'heure actuelle, le sentiment général qui prime au sein de la jeunesse camerounaise est que "le pire est à venir".

 

Le bilan définitif des violences de fin février 2008 ne sera jamais établi faute d'enquête. Face au silence des autorités sur cette question, seule une enquête internationale aurait pu établir la vérité. Malheureusement, la communauté internationale a, elle aussi, préférée rester silencieuse sur le sujet.

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 18:55





MISE AU POINT DES DEPUTES DE PAOUA

SUR LA DECLARATION DU PRESIDENT BOZIZE

LE 02 AVRIL 2008 A PAOUA

--------------

 

Par leur déclaration du 28 février 2008, les Députés de l’Ouham Péndé, toutes tendances confondues, ont voulu attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la gravissime situation sécuritaire de leur région.

Dans cette déclaration d’une extrême importance, ils avaient suffisamment édifié l’opinion nationale et internationale sur l’origine de cette insécurité, de ses conséquences et de ses commanditaires. Ladite déclaration n’a jamais été démentie. Elle est d’ailleurs d’actualité, au regard de l’inauguration de la caserne militaire de Paoua le 02 avril 2008 par le Président de la République. Les ambassadeurs de l’Union Européenne et de la France, principaux bailleurs du site contrairement aux affirmations du Général Bozizé, prenaient également part à cette cérémonie.

Les Députés de Paoua se réjouissent donc de cet événement et expriment par la même occasion toute leur gratitude au nom de la population de Paoua, à l’Union Européenne et à la France.

Les deux hauts représentants auront vite compris le mobile de l’exclusion des élus de cette localité par le Général Bozizé qui s’était juré de ne jamais les recevoir jusqu’à la fin de son mandat.

En dépit de cette exclusion, les trois Députés de Paoua ont suivi avec une plus grande attention le déroulement de cet événement, et le discours indigeste, truffé de contre vérités du Général Bozizé, suite à celui haute politique, responsable et émouvant de l’Ambassadeur de l’Union Européenne, interrompu plusieurs fois par des applaudissements nourris.

Que dire donc d’un Chef d’Etat qui se glorifie d’avoir contraint une partie importante de sa population à ne vivre que de la manne internationale et qui le revendique en publique ? Nous citons : « Après la ville de Bangui, c’est celle de Paoua qui compte le plus grand nombre d’ONG [voulant parler des humanitaires] a-t-il assené sans sourciller, devant une population médusée auprès de laquelle il a, à chaque fois, insisté pour être applaudi. En disant cela, le Chef de l’Etat reconnaît que la région de l’Ouham Péndé en général, celle de Paoua en particulier a été durement éprouvée par sa calamiteuse rébellion, ce qui confirme l’échec total de sa prétendue politique de réconciliation. C’est également est une condamnation sans équivoque de son régime par la communauté internationale.

Que pensez encore d’un Chef d’Etat qui prêche la violence et qui demande à la population de Paoua et aux autorités locales de « chicoter » tous ceux qui ne sont pas de son bord politique ?

L’exclusion des élus de Paoua de cet événement suffit à elle seule à expliquer la haine viscérale que le Général Bozizé porte, non seulement contre les représentants de cette région, mais surtout contre sa population.

Pire encore, le Général Bozizé a qualifié les élus de cette région de « a zo ti houssou houssou » c’est-à-dire des fauteurs de trouble.

Les hauts représentants de l’Union Européenne et de la France et la population de Paoua qui ne sont pas dupes auront compris les motifs réels du lourd tribut que cette dernière a payé et continue de payer encore aujourd’hui, ainsi que le rejet de ses élus par le Général Bozizé qui, du reste, a proféré des menaces contre les élus de Paoua quant aux échéances électorales futures.

Les Députés de Paoua voudraient saisir l’occasion pour prendre une fois de plus, l’opinion nationale et internationale à témoin, pour attirer leur attention sur le danger réel que fait peser sur lé région de Paoua de tels propos, tenus par le Chef de l’Etat qui, de surcroît, est sensé être le garant la Constitution de notre pays sur laquelle il a prêté serment.

Dans leur déclaration rappelée ci-haut, les Députés de Paoua ont fait savoir qu’il leur était impossible de se rendre auprès de leurs électeurs depuis mai 2005, date de leur élection. Les propos haineux du Chef de l’Etat à l’endroit de ceux-ci confirment les craintes exprimées par ces derniers concernant leur sécurité. Comme l’ont toujours souligné ces élus, la jeune démocratie centrafricaine est véritablement en danger depuis le 15 mars 2003.

La population de Paoua, à l’instar des populations des autres régions de la République Centrafricaine, n’aspirent qu’à la paix et à la liberté. Elles ne demandent que la remise en état de l’usine d’égrenage de coton de la Péndé, l’indemnisation due aux paysans spoliés de leurs milliers de bœufs et de charrues et le retour du DROP et de l’ACADOP dont les centaines de véhicules et engins de travaux publics ont été convoyés par la rébellion du Général Bozizé au Tchad, pour reprendre ses activités agricoles. Elle demande au Général Bozizé qui est la source de toutes les convulsions politiques dans notre pays depuis 1982 d’aller plus vite au dialogue politique inclusif afin de permettre le retour au bercail de centaines de milliers de ses concitoyens exilés au Tchad et au Cameroun, au lieu de continuer à remuer le couteau dans une plaie qui tarde à se cicatriser.

Maçon, le Général Bozizé s’est proclamé. Mais à l’œuvre depuis cinq ans, le maçon n’a pu poser aucune fondation pour entamer la reconstruction du pays que sa rébellion a mis à mal.

 

                                                                                  Fait à Bangui, le 14 Avril 2008

 

Les Députés de PAOUA


 

Joseph BOYKOTA-ZOUKETIA, PAOUA I

 

 

Christophe NDOUBA, PAOUA II

 

  

Luc Apollinaire DONDON KONAMABAYE, PAOUA III

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 14:40



 

23-04-2008

La Coordination des partis politique pour la défense de la constitution (CPDC), le groupe principal de l'opposition au Tchad, a remis jeudi un document à la présidence tchadienne posant des conditions pour sa participation au gouvernement d'ouverture proposé par le nouveau Premier ministre Youssouf Saleh Abbas, a rapporté vendredi la Radio nationale camerounaise.

Dans ce document intitulé « Propositions pour la reprise de l'accord politique du 13 août 2007 », la CPDC demande que l'on fasse d'abord la lumière sur la situation d'Ibni Oumar Mahamat Sale, l'opposant disparu au début du mois de février 2008.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 14:33

 

 

Bruxelles 23/04/2008 Belgique (PANA) - Un colonel suédois, Hans Am, en opération au sein de la Force européenne au Tchad et en Centrafrique (EUFOR) a été relevé de ses fonctions par la hiérarchie militaire de son pays, pour "rétention d'informations", a appris mercredi la PANA de source officielle à Bruxelles.


Le colonel Hans Am est accusé par l'armée suédoise "d'avoir dissimulé des informations sur les actes de torture commis sur un milicien congolais par des soldats français de l’opération Artémis, en juillet 2003, en Ituri", en République démocratique du Congo.


Un haut fonctionnaire européen à Bruxelles a confié à la PANA que l’affaire est suivie de près par Javier Solana, Haut représentant de l’Union européenne pour la politique extérieure et de sécurité commune, responsable politique direct des opérations militaires de l’Union européenne.

Le colonel suédois a été révoqué de l’armée de son pays en même temps que le vice-amiral Jorgen Ericson, qui était responsable du contingent suédois lors de l’opération Artémis.

Placée sous le commandement de la France, cette mission militaire européenne fut lancée d’avril à juillet 2003, pour sécuriser la ville de Bunia, qui était le théâtre des massacres interethniques.

Les milices commandées par des chefs de guerre se disputaient le contrôle de mines d’or de l’Ituri (est de la RD Congo) qui se trouve être le champs aurifère le plus étendu du monde.

L’affaire a éclaté en Suède suite à la diffusion à la télévision d’un reportage montrant un milicien congolais attaché par un lacet à la gorge et mené ainsi jusqu’à la base franco-suédoise de Chem-Chem à Bunia. Au cours d’un interrogatoire qui a duré plusieurs heures, les soldats français ont soumis le Congolais a une simulation de noyade pour lui arracher des aveux.

Selon le témoignage des soldats suédois, les cris du prisonnier congolais étaient entendus dans toute la base de Chem-Chem où il a été soumis à un simulacre d’exécution par un officier français.

Les soldats suédois témoins de ces scènes auraient par la suite remis un rapport à l’officier supérieur, commandant du contingent suédois de l’Artémis, qui lui n’a pas retransmis l’information à sa hiérarchie.


A Bruxelles, dans le milieux des institutions européennes, on tient désormais à éviter que de tels actes ne puissent se reproduire au cours de l’opération EUFOR-Tchad/RCA, déployée depuis le 12 février dans l'est du Tchad et en Centrafrique, pour y assister une mission de police de l'ONU et protéger quelque 450.000 réfugiés du Darfour (ouest du Soudan) et déplacés tchadiens et centrafricains.


Pour être au complet, l'EUFOR devrait être composée, à partir de mai, de 3.700 soldats venant de 16 pays européens, dont 2 100 Français.

 


Un colonel du 1er RPIMA de Bayonne accusé de torture

 

EITB 24 23/04/2008

 

Les faits remontent à 2003. Les soldats suédois qui étaient aux côtés des français pour rétablir l'ordre au Congo, auraient été témoin de la simulation d'exécution sur un prisonnier congolais.

Le 2 avril dernier, une équipe de la télévision publique suédoise, la SVT a diffusé un documentaire révélant que des soldats français auraient maltraité un prisonnier congolais pendant l'opération Artémis, en juillet 2003, dans la province de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo.


Parmi les hommes mis en cause figure le colonel Christophe Rastouil, ancien chef du 1er RPIMA de Bayonne qui commandait des forces spéciales françaises en Ituri.

Les soldats suédois qui étaient aux côtés des français pour rétablir l'ordre au Congo, auraient été témoin de la simulation d'exécution sur un prisonnier congolais réalisée par des soldats français.

 

Le colonel Rastouil a écrit une lettre à la télévision suédoise pour démentir ces accusations et il a qualifié ces accusations de "diffamatoires". L'armée française va demander une "enquête approfondie" sur les faits.

 

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 14:30




 

APA Bangui 23-04-2008 (Centrafrique) Face à la flambée des prix de produits de première nécessité, le gouvernement centrafricain envisage d’adopter une politique structurelle d’autosuffisance alimentaire afin de juguler cette crise latente, selon le directeur général du commerce au ministère centrafricain du commerce, Dieudonné Ouéfi.

 

Les autorités centrafricaines préconisent également une rencontre avec les partenaires au développement, afin d’envisager avec eux la possibilité de réduire certaines taxes et des mesures de compensation en tenant compte de la tension sociale.

L’objectif est d’éviter les manifestations de rue.

 

M. Ouéféï a indiqué que trois principales causes exogènes sont à l’origine de la hausse vertigineuse des prix sur les produits de première nécessité, entre janvier et mars 2008, notamment l’insuffisance de la production de blé qui a entraîné celle de la farine et la hausse du prix du carburant.

 

Au nombre des causes endogènes, il a cité la hausse du prix du carburant qui s’est répercutée sur les prix des marchandises et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) introduite par le gouvernement sur les produits de première nécessité. Cette taxe autorise le ministère des finances à faire payer l’impôt sur les marchandises par les consommateurs, a expliqué le directeur général du commerce.

 

Le journaliste Guillaume Wangale du quotidien Le Citoyen a expliqué, pour sa part, que la flambée des prix des produits de première nécessité résultait de la dépendance de la Centrafrique vis-à-vis de l’Occident et des pays limitrophes.

«Les produits manufacturés ainsi que des produits de première nécessité nous viennent de l’extérieur», a noté M. Wangale.

 

Il a déploré notamment la hausse du prix du kg de sucre qui est passé de 550 à 800 FCFA alors que la Centrafrique dispose d’une fabrique de sucre.

Cependant, la capacité de production de la SUCAF ne permet plus de couvrir la consommation nationale, a-t-il dit, ajoutant que pendant la période de soudure comprise entre juin et décembre, c’est généralement le Gabon qui ravitaille la Centrafrique.

 

Et le sucre en provenance de ce pays est nettement plus cher que celui fabriqué localement.

Le journaliste a également dénoncé la hausse vertigineuse du prix du sac de ciment de 50 kg qui, en l’espace de deux ans, est passé de 7 500 à 17.000 FCFA.

Le contraste est que lorsque le prix des produits manufacturés augmente, celui des denrées alimentaires stagne, a noté M. Wangale.

 

Il a fait observer, par ailleurs, les difficiles conditions de la population depuis la dévaluation du FCFA en 1994, pour laquelle la Centrafrique n’a bénéficié d’aucune mesure d’accompagnement.

A cette dépréciation monétaire s’est ajoutée le blocage, depuis 1985, des effets financiers des avancements des fonctionnaires centrafricains par le régime l’ancien président André kolingba.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Economie
23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 00:29





Libreville, 22 avril (GABONEWS) - Le chef de l’Etat Centrafricain le général François Bozizé est arrivée mardi, en fin de soirée à Libreville, accompagné d’une forte délégation, pour une visite de travail et d’amitié de 24 heures où il a été reçu à sa descente d’avion à l’aéroport international Léon Mba, par son homologue gabonais, Omar Bongo Ondimba, a constaté GABONEWS.


Ndlr : Cette visite intervient après celle que Bozizé a effectuée la semaine dernière à Tripoli pour s'entretenir avec le colonel Khadafi au sujet entre autre de la tenue prochaine du dialogue politique incllusif en Centrafrique. On suppose que c'est également de cela que Bozizé s'entretiendra avec le président Ondimba Bongo.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 00:04



 

LE MONDE | 22.04.08 | 15h38  •  Mis à jour le 22.04.08 | 15h38

 

L'épopée du An Yue Jiang, le navire chinois transportant des armes et des munitions à destination du Zimbabwe, pays en proie à une vive tension politique et sociale, se poursuit. Le bateau, qui devait décharger sa cargaison au port de Durban (Afrique du Sud), en a été empêché à la fois par un mot d'ordre du syndicat des dockers et par une décision judiciaire qui a interdit le transport des armes par voie terrestre.

 

Vendredi 18 avril, le An Yue Jiang avait dû quitter Durban et faisait route vers Luanda (Angola), mais les autorités de ce pays ont annoncé, lundi, qu'elles n'avaient pas autorisé le navire à "entrer en Angola".

 

Le navire transporte trois millions de cartouches destinées à des fusils d'assaut AK 47, 1 500 lance-roquettes et plus de 3 000 mortiers. Les armes pourraient être utilisées par le régime zimbabwéen du président sortant, Robert Mugabe, dans la répression contre l'opposition qui revendique la victoire aux élections du 29 mars, dont le résultat n'est toujours pas publié.

 

Le refus angolais intervient alors que les Etats-unis multiplient les pressions sur les pays de la région pour qu'ils refusent le déchargement. Le message a été diffusé par Washington aux ambassades américaines au Mozambique, en Namibie et en Angola : autoriser le passage des armes compromettrait leurs relations avec les Etats-Unis. Jendayi Frazer, la secrétaire d'Etat adjointe chargée de l'Afrique, ira elle-même l'expliquer sur place dans quelques jours. Washington voudrait aussi obtenir des pays de la région qu'ils exigent du Zimbabwe la publication des résultats électoraux.

 

A Harare, la capitale zimbabwéenne, le porte-parole du parti au pouvoir a défendu, lundi, le "droit souverain" du pays d'"acheter des armes de toute provenance légale" pour "se défendre". "Nous n'avons besoin de l'autorisation de personne", a-t-il insisté. Le porte-parole a également nié l'existence de milices semant la terreur dans les quartiers favorables à l'opposition. Ces accusations, a-t-il déclaré, "ne sont que des mensonges destinés à légitimer une intervention internationale (...) comme en Irak".

 

Lundi, une trentaine de militants de l'opposition ont été inculpés à Harare de "violences publiques" tandis que Morgan Tsvangirai, le leader de l'opposition, a demandé à l'ONU et à l'Union africaine "une intervention" dans la crise.

 

Philippe Bernard (avec AP et AFP)

Article paru dans l'édition du 23.04.08

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 23:59

 



 

Un an après son élection, seuls 28% des personnes s’affirment satisfaites de l’action du Président, selon un sondage pour «Paris-Match».

 

AFP LIBERATION.FR : mardi 22 avril 2008

 

 

72% des Français se disent mécontents du bilan de Nicolas Sarkozy, contre 28% qui s'affirment satisfaits, un an après son élection à la présidence de la République le 6 mai 2007, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Paris-Match à paraître jeudi. Ce chiffre vient amplifier celui de notre propre sondage publié lundi, dans lequel 59 % des personnes considèrent que cette première période du quinquennat est «plutôt un échec».

 

Le chef de l'Etat fait beaucoup moins bien que son prédécesseur à l'Elysée Jacques Chirac qui, en avril 2003, un an après sa réelection, recueillait 58% de jugements positifs sur son action. Les Français ne sont en outre que 35% à considérer que Nicolas Sarkozy a tenu, durant l'année écoulée, les engagements qu'il avait pris durant sa campagne présidentielle, 65% étant d'un avis inverse. La façon de présider du chef de l'Etat n'est jugée meilleure que celle de ses prédécesseurs que par 17% de Français (et seulement 42% des sympathisants UMP), 35% la trouvant «moins bonne» et 48% «ni meilleure ni moins bonne». Quant à son projet pour la France, s'il est jugé «ambitieux» par 62%, 50% l'estiment «peu crédible», tandis que 40% pensent qu'il «va dans la bonne direction» et qu'il est «clair».


Ce jugement sévère se double d'un fort pessimisme pour l'avenir, notamment sur le plan économique. 6% seulement pensent que la situation économique s'est plutôt améliorée durant la première année de mandat de Nicolas Sarkozy, contre 48% qui considèrent qu'elle s'est détériorée et 46% qu'elle n'a pas changé. En outre, la mise en place d'un plan de rigueur est jugée inéluctable par 80% des personnes interrogées, contre 19% d'un avis opposé. Un an après son élection, 58% des Français disent ne pas faire confiance au Président pour «mettre en place les réformes nécessaires» contre 42% qui lui font toujours confiance.

Sondage réalisé par téléphone les 17 et 18 avril auprès d'un échantillon national de 956 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée à la Commission des sondages.

 


 

Coopération : "Nicolas Sarkozy entre mercantilisme et militarisme",

 

Quotidien Mutations 22 Avr 2008

 

Analyses des rapports entre la France et l'Afrique depuis l'arrivée il y a près d'un an d'un nouveau locataire à l'Elysée.


Par Achille Mbembe*


En visite en Afrique du Sud où la France souhaite décrocher de très juteux contrats dans les domaines de l'énergie électrique et nucléaire, Nicolas Sarkozy a prononcé, le 28 février dernier, un discours devant le Parlement sud-africain réuni au Cap. L'an dernier à Dakar, il s'était fait rabrouer par l'intelligentsia africaine et certains milieux intellectuels français à la suite d'une péroraison sur " l'homme noir " aux relents racistes et colonialistes.

Le handicap français


Le poids des liens commerciaux entre la France et l'Afrique du Sud aidant, le chef de l'État français a cette fois été un invité plus courtois, ce qui lui a valu quelque bienveillance de la part de ses hôtes. Malgré ces progrès en matière de bienséance, force est de constater que la méfiance, le scepticisme et, dans certains cas, l'opposition à la politique française en Afrique persistent.


Exaspération, gêne et fatigue ont progressivement gagné et les élites intellectuelles et politiques, et les milieux d'affaires, et la jeunesse africaines. Nombreux sont désormais ceux pour qui la manière dont la France se comporte sur le continent depuis l'époque coloniale et le traitement réservé aux Africains en situation irrégulière ont largement érodé le peu de crédit moral dont elle pouvait encore se prévaloir. Il faudra donc sans doute plus que des mots pour convaincre l'opinion africaine qu'un changement radical est en cours.

Malgré l'ampleur de la défection, deux points du discours de Sarkozy valent pourtant la peine que l'on s'y arrête. Il y a d'abord l'intention proclamée de "refonder" les relations entre la France et l'Afrique par le biais, entre autres, d'une révision des accords militaires signés à la veille des indépendances. Il y a, d'autre part, les considérations sur l'immigration et, entre les deux, l'annonce d'une initiative de deux milliards et demi d'euros en cinq ans comportant la création d'un fonds d'investissement et d'un fonds de garantie dotés chacun de 250 millions d'euros, et le doublement de l'activité de l'Agence Française de Développement en faveur du secteur privé.

À supposer que cette dernière initiative prenne effectivement corps (alors que l'État français est à peu près en faillite), les sommes en jeu sont simplement dérisoires lorsqu'on les compare aux dizaines de milliards d'euros qu'Alsthom et le consortium dirigé par Areva engrangeront d'ici l'an 2025 en Afrique du Sud. Elles sont, en outre, largement inférieures aux ressources financières mobilisées par la Chine en Afrique au cours de la même période.
Les échanges commerciaux entre l'Afrique et la Chine s'élèvent désormais à plus de 50 milliards de dollars par an. Avant la fin de la décennie, cette somme sera multipliée par deux. Dans la nouvelle course vers les richesses de l'Afrique qui marquera les cinquante prochaines années, le handicap français reste donc lourd.

Des réformes en trompe-l'oeil


L'intention de refonder les rapports franco-africains n'est, quant à elle, guère originale. Chaque nouveau chef d'État français, de Pompidou à Giscard d'Estaing, Mitterrand et Chirac, s'est fendu d'une telle proclamation en arrivant au pouvoir. On sait ce qui est arrivé par la suite. Par ailleurs, sur le plan symbolique, cette proclamation aurait sans doute eu un bien plus puissant éclat si elle avait été faite dans une capitale du " pré carré ", royaumes de satrapes nègres que la France n'a eu cesse de soutenir aveuglément depuis la décolonisation. C'est en très grande partie à cause de ce soutien que la plupart de ces pays sont aujourd'hui au bord de la ruine et de la guerre civile, tandis que l'essentiel de leurs jeunesses et de leurs forces vives n'a plus en tête que de s'en aller ailleurs. À la vérité, en appelant à refonder les relations franco-africaines, Sarkozy cherche surtout à neutraliser une revendication qui risque de servir de cri de ralliement à l'opposition africaine contre la France dans les décennies qui viennent. Il s'inscrit dans la logique des "petites réformes " inaugurée par De Gaulle lors du discours de Brazzaville en 1944.

L'on sait aujourd'hui que la décolonisation à la française a ressemblé, en bien des points, aux traités inégaux que l'on impose aux pays vaincus lors des guerres. Les accords signés par la France et les nouveaux dirigeants africains au moment des indépendances avaient été rédigés dans le secret le plus absolu. Ils ne légalisaient pas seulement le régime de capitations qui avait permis le pillage des richesses africaines par les firmes françaises au milieu du XIXème siècle.
L'un des aspects les plus scandaleux de ces traités est celui qui octroie à des soldats français stationnés dans des bases militaires en Afrique le droit de tirer sur des citoyens africains lors de dissensions internes ou au cas où la France jugerait ses intérêts menacés en Afrique. Depuis presque 50 ans, les mouvements africains d'émancipation exigent l'abrogation de ces traités de la honte. Nicolas Sarkozy dit maintenant vouloir les " adapter aux réalités du temps présent ". On l'y encourage et on le jugera sur les faits.

Les dangers d'un nouvel interventionnisme


Pour le moment et comme cela a souvent été le cas dans le passé, le contraste entre le discours et la réalité est saisissant. Un nouvel interventionnisme français en Afrique se dessine. Il combine mercantilisme et militarisme tout en sacrifiant verbalement à l'humanitaire, cette vieille piété du XIXème siècle dépoussiérée et remise au goût du jour par les croisés du " droit d'ingérence ".
Le Tchad, où la France est impliquée dans des guerres intestines depuis l'époque coloniale est, pour l'instant, le lieu privilégié d'expérimentation de ce nouvel interventionnisme, et pour cause. Avec la Centrafrique et Djibouti, il n'est pas seulement un immense terrain d'entraînement pour les armées de la république et un dépotoir pour toutes sortes de déchets militaires. Il fait aussi partie du ventre mou de ce cordon pétrolier africain qui va désormais du Golfe de Guinée à l'extrémité orientale du Sahara et jusqu'aux confins nilotiques.

Dans son intervention dans cette région, la France a réussi à s'abriter sous le parapluie européen. Après ce qui est arrivé au Rwanda, elle compte ainsi externaliser les risques, dans cette poudrière où un cycle de massacres est en cours au Darfour. Contrairement à l'hécatombe rwandaise du siècle dernier, le génocide au Darfour n'est pas sans lien avec le nouveau cycle de la prédation des richesses africaines engagé par les puissances externes (Chine, États-Unis) pour le contrôle des ressources pétrolières, sur fonds de guerre contre le terrorisme.


Au demeurant, il n'est pas exclu que d'autres régimes soutenus par la France et faisant partie de cet arc pétrolier soient, dans un avenir pas tout à fait lointain, aspirés par le tourbillon de conflits liés à ce nouveau cycle de la prédation. C'est notamment le cas du Cameroun où l'autocrate local s'efforce de changer la Constitution afin de pouvoir régner à vie. Pour leur reproduction, de tels conflits dépendent généralement de la constitution de véritables marchés militaires liés à, et soutenus par, des réseaux internationaux.

Sarkozy veut également associer le Parlement français aux grandes orientations de la politique de la France en Afrique. Viendrait-elle à se réaliser, cette initiative constituerait sans doute, sous certaines conditions, une belle avancée démocratique. Car sous la Vème République, la politique africaine fait partie du domaine éminent du Prince qui la conçoit, la dirige et la conduit à la manière d'un fief, dans le secret le plus total. L'opacité qui entoure cette politique, sa quasi-privatisation par les présidents français successifs et l'absence totale de transparence qui la caractérise ont largement contribué à en faire une arme absolue de violence et de corruption.

Immigration et xénophobie d'État


La partie sans doute la plus démagogique du discours de Sarkozy avait trait à l'immigration. Il va de soi que chaque État a le droit de déterminer librement sa politique dans ce domaine. Encore faut-il que cette politique soit en accord avec les droits humains fondamentaux et, pour ce qui nous concerne, qu'elle ne soit le prétexte ni à l'instauration d'une xénophobie d'État, ni à une réactualisation des formes de racisme que la colonisation avait largement utilisé. Or, on sait qu'en France, cette ligne est aujourd'hui des plus ténues. Sarkozy suggère que la France et l'Afrique ont un même intérêt à une meilleure régulation de la mondialisation. Or, l'une des contradictions de la mondialisation est de favoriser l'ouverture économique et financière tout en durcissant le cloisonnement du marché international du travail. Le résultat est la multiplication des empêchements à la circulation des gens et la normalisation des conditions liminales dans lesquelles sont enfermées les populations jugées indésirables au nom de la raison d'État.

En France en particulier, l'on a assisté au cours des dix dernières années à une formidable expansion et miniaturisation des logiques policières, judiciaires et pénitentiaires ayant trait à la police et l'administration des étrangers. Sarkozy lui-même a contribué à mettre en place des dispositifs juridiques et réglementaires visant non seulement à produire chaque fois un nombre considérable de " sans-papiers ", mais aussi à justifier les pratiques d'entreposage, de rétention, d'incarcération, de cantonnement dans des camps, de rafles et d'expulsions des étrangers en situation irrégulière.


Il en a résulté non seulement une prolifération sans précédent de zones de non droit au coeur de l'État de droit, mais aussi l'institution d'un clivage d'un genre nouveau entre les citoyens auxquels l'on s'efforce d'assurer protection et sécurité d'une part, et d'autre part une somme de gens, pour la plupart des Noirs d'Afrique, littéralement privés de tout droit, livrés à une radicale insécurité et ne jouissant d'aucune existence juridique.
Toutes proportions gardées, l'institutionnalisation, l'extension et le renforcement d'un état permanent d'exception vis-à-vis des étrangers est en passe de devenir pour la France ce que Guantanamo est pour les États-Unis. Dans les deux cas, il s'agit de priver l'étranger ou le présumé terroriste de tout droit, y compris ceux qui leur sont officiellement reconnus par les conventions internationales.
C'est ce racisme d'État qui fait de son discours sur l'immigration un exemple de démagogie. Or, tant que perdure cette xénophobie d'État, il sera difficile de convaincre les Africains qu'une refonte radicale des relations franco-africaines est en cours.

La volonté d'ignorance


Pour le reste, la connaissance que Sarkozy a des dynamiques des sociétés africaines sur le temps long reste très superficielle. L'histoire du continent est réduite à deux moments traumatiques : l'esclavage dont il reconnaît qu'il fut un crime, et la colonisation dont il continue de penser qu'elle ne fut qu'une " faute ".
D'autre part, il continue d'en percevoir les réalités à travers les clichés traditionnels - les paysans, les " chefs " et les " anciens ", ces poncifs de l'ethnologie africaine du dimanche. Il a encore beaucoup de peine à ouvrir les yeux sur les dimensions modernes, urbaines, diasporiques et cosmopolites du Continent - l'Afrique des méga-villes, des jeunes éduqués et sans emplois formels, des intellectuels, écrivains, artistes, entrepreneurs, juristes et avocats, des gens qui bougent, inventent, créent, et sont très largement au fait des mutations du monde de notre temps. Certes, il admet la distension de la relation franco-africaine mais en propose une analyse escamotée. Que les intentions du gouvernement français en Afrique fassent en permanence l'objet de suspicions découle d'une longue tradition de duplicité qui consiste à faire un éloge rhétorique des valeurs universelles tout en soutenant aveuglément des tyrans brutaux et corrompus qui ont causé la ruine de leurs pays.

Par ailleurs, la perception selon laquelle la France se ferme sur elle-même n'est pas une illusion d'optique. Il suffit de se rendre dans n'importe quel consulat de France sur le continent pour se rendre compte de l'indignité à laquelle sont exposés les demandeurs de visas, les professionnels y compris. Il faut, affirme-t-il, " changer le modèle des relations entre la France et l'Afrique si l'on veut regarder l'avenir ensemble ". Le point de départ de la refondation des rapports franco-africains ne saurait se limiter, comme l'indique Sarkozy, à la reconnaissance par la France de ses intérêts et au fait de les assumer. Le point de départ, c'est la recherche d'un point d'équilibre entre ses intérêts et ceux des peuples africains.

*Professeur de sciences politique à l'université du Witwatersrand, Johannesburg, Afrique du Sud.

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 23:33


 

Source: Première Urgence (PU) Date: 22 Apr 2008


Depuis début 2005, le Cameroun fait face à un afflux de ressortissants centrafricains qui s’est intensifié dans le courant de l’année 2006. Ces réfugiés centrafricains, composés principalement de pasteurs Mbororos continuent à affluer dans les provinces camerounaises de l’Est et de l’Adamaoua, frontalières avec la République Centrafricaine. A ce jour, plus de 45.000 réfugiés ont été enregistrés par l’UNHCR. La présence massive de cette population sur le territoire camerounais (provinces de l’Est et de l’Adamaoua) résulte du climat d’insécurité qui prévaut toujours dans le Nord et l’Ouest de la République centrafricaine.

 

Hébergement des familles centrafricaines réfugiées au Cameroun.

 

Les camerounais habitant dans cette zone et plus particulièrement les réfugiés centrafricains patissent de conditions médiocres d’accès à l’eau mais également de la précarité des structures de santé. Des tensions existent entre réfugiés et populations autochtones pour l’accès à l’eau, les points d’eau n’étant pas suffisants et souvent en mauvais état (30% des pompes à main équipant les puits et forages seraient défectueux).

 

Maternité de Bertoua, Est Cameroun.

 

Dans les centres de santé, l’état des locaux est parfois déplorable et représente en lui même un danger pour la santé (déchets médicaux peu brûlés, aiguilles utilisées non jetées et 30% des structures de santé n’ont pas accès à l’eau).

Première Urgence a donc décidé d’ouvrir une nouvelle mission dans la partie Est du Cameroun afin de venir en aide aux populations centrafricaines vulnérables.

 

Les programmes qui vont être mis en place, avec le soutien financier de l’UNHCR et de l’UNICEF, doivent permettre un accès aux infrastructures de santé et à l’eau et l’assainissement dans des conditions acceptables en faveur de 600.000 personnes et en particulier les populations vulnérables, réfugiées, maternelles, et infantiles dans la région de l’Adamaoua et de l’Est.

Corinne Hannion, Chef de Mission au Cameroun est partie le 19 avril pour mener à bien ce programme.

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Société